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Chronique d'album : FOREIGN (Opéra métal) - The Symphony Of The Wandering Jew - Part II (2020)
Le 30/03/2021
Si vous avez le goût aventurier et attendez d’être surpris par vos trouvailles musicales, ce Foreign est pour vous.
Groupe : Foreign Rock Opera (Ivan Jacquin)
Album : The Symphony Of The Wandering Jew - Part II (2020)
Genre : Metal Opera au casting international
Origine : Besançon
Par Ingrid Denis (Jirfiya, Oscil)
SORT D’UN MAUDIT VOYAGEUR
Petit saut dans le temps : si loin que remonte ma DeLorean, c’est un alias familier, un certain Ahasverus lui-même, qui me mena sur la voie d’Ivan Jacquin. Je découvrais alors son groupe Psychanoïa, et leur excellent album "Unreal Seas". Coup de cœur et curiosité désormais éveillée pour l'œuvre de ce chanteur et compositeur prolifique. C’est donc comme un retour de flamme que je partage ici, dans le cœur d’Ahasverus, le webzine métallique.
Psychanoïa - Unreal Seas (2017)
Les grands récits commencent souvent par une quête, et il y a quelques mois je participais à celle d’Ivan. A cette époque, je ne connais pas le premier opus de FOREIGN, "The Symphony Of The Wandering Jew", mais je suis conquise par le sujet, le casting (NDLR : voir in fine), sa volonté et son ambition de passionné. J’ai envie de répondre à ses appels à l’aide que partagent des milliers de musiciens, engloutis sous les clics mécaniques de milliers de surfeurs désintéressés. Je sais ce que ça leur coûte !
Et puis un matin de cette fin d’année exsangue, j’ouvre un petit boîtier, à l’ancienne. Ouais, découvrir un disque, un vrai rituel qui se perd inexorablement, mais où tu as un lien tangible avec ta rencontre musicale et le travail qu’il y a derrière. Tu as tes traces de doigts pour le customiser, et le pincement de curiosité quand tu appuies sur play et que tu entends quelques secondes le disque tourner. Et autant vous dire qu’il m’a embarquée d’emblée ce Wandering Jew, et que la symphonie a tourné tout l’hiver. Le voyage musical a du bon quand on est cloué aux frontières.
Foreign Rock Opera - The Symphony of the Wandering Jew part. I (2014)
Le Juif errant a connu presqu’autant de déclinaisons que de siècles traversés. Ce mythe non officiel de la chrétienté est d’abord un homme qui frappe dans le dos Jésus, alors en pleine Passion, avant que celui-ci ne le maudisse. Condamné ainsi à attendre la Résurrection, l’imaginaire des artistes s’impatiente pour lui et, par esprit un brin vachard, le transforme en marcheur éternel mais usé, un galérien du temps infini.
L’archétype repris par Ivan Jacquin dans sa fresque-opéra, est celui défini par Alexandre Dumas ou encore Jean “Immortel” d’Ormesson, soit un personnage qui traverse les époques et les événements historiques sur plusieurs siècles.
Alexandre Dumas, Eugène Sue, ou plus récemment Jean D'Ormesson ont popularisé l'histoire du Juif errant.
L’Immortel en témoin de l’Histoire est un thème largement exploré aussi dans la culture Pop. Pensez par exemple à la série TV Code Quantum ou à la saga littéraire et cinématographique du vampire Lestat. Traité avec fantasme pour la reconstitution historique, prétexte à imaginer les tourments engendrés par une prison temporelle, avec cet antagonisme qui fascine : la vie éternelle est-elle une malédiction ou un sort enviable ?
Highlander (1986). La vie éternelle est-elle une malédiction ou un sort enviable ?
Ivan Jacquin prend à la fois la plume et le piano pour méditer sur la question. Et un peu à la manière d’un Sam dans Code Quantum, l'Élu malgré lui du divin Ivan glisse d’une célébrité historique à l’autre, et nous croisons dans ce second volume, Omar Khayyam, poète perse, Christophe Colomb, William Shakespeare, et Isaac Laquedem qui retrouve sa place romancée laissée en suspens par Alexandre Dumas.
Ici se manifestent les qualités de conteur et de rockstar d’Ivan. En reflet jumeau de son roman, il façonne un univers musical aux structures et influences éclectiques, et en fait un Opéra Rock ambitieux qui amplifie sa démesure dans ce second opus. Il rappelle certains invités et personnages de Foreign Part.I, et allonge encore la liste des pointures: Leo Margarit, Amanda Lehmann, Zak Stevens, Andy Kuntz, pour ne citer qu’eux, s’offrant encore au passage le plaisir avoué de chanter à leurs côtés.
Ce qui frappe si l'on compare au premier, c’est que le son de ce Foreign Part. II gagne en amplitude, révélant toutes ses richesses orchestrales. Composée de dix chansons épiques et de trois instrumentaux, l’histoire de ce maudit voyageur évoque ses tourments spirituels, mais aussi l’amour, et la puissance universelle de l’art pour transcender l’Humanité.
L’album reprend la même tonalité orientale que sur le morceau d’introduction du PART. I (Ahasverus) pour son ouverture, ici à YERUSHALAÏM. Donnez-moi quelques notes de duduk et je me crois toujours dans "Le Prince d’Égypte" ! (NDLR : long métrage d'animation américain réalisé par les studios DreamWorks en 1998)
Le berceau religieux est toujours convoité dangereusement. L’ambiance éthérée devient soudainement plus martiale, et nous passons de l'horizon flou du désert à une armée qui se lève, dressée par Salâh-ad-dîn (incarné par un Zak Stevens massif) qui veut reprendre Jérusalem aux Templiers. C’est une guerre sainte qui s’amorce, la Main de Dieu est invoquée par Saladin qui touche au but… et le morceau finit comme en fumée échappée des ruines et la désolation.
On retrouve avec enthousiasme le Jésus enragé incarné par Thierry Marquez, le narrateur Arr-Brionn avec la voix de Stephane Van De Cappelle, et la voix émouvante de Marie (Marie Desdémone Xolin).
Dans RISE 1187, Saladin tente de convaincre Omar de se joindre à sa conquête, son divin massacre. Dilemme porté par deux voix masculines (Ivan Jacquin et Zak Stevens) bien rock, ancrées. Ce second morceau est une claque progressive : d’une intro métal lourde et guerrière au solo de violon presque Lockwoodien, on assiste en milieu de piste à un emballement folk rock celtique totalement inattendu, qui vous fait instantanément vous lever de votre chaise pour taper du pied et entrer dans la taverne avant le grand voyage.
MARINER OF ALL SEAS
Le tourbillon de la fête fait place à la berceuse amoureuse, dans une continuité rythmique et cordes folk ralentie par les flots. Aux craquements du bois, nous imaginons Isaac et Finna sur la proue d’un navire, sous les étoiles, rois d’un nouveau monde qui les attend et qui pourtant va les séparer.
C’est un duo magique entre la guerrière Viking et le voyageur du Temps, dont les voix s’enlacent à l’approche d’une terre à conquérir ensemble, et chantent leurs adieux dans un dernier refrain culminant avec des violons denses. Les harmonies fines, la voix enchanteresse d’Amanda Lehmann et celle chaude et profonde d’Ivan résonnent encore longtemps après écoute. Un de mes titres favoris de cet album !
HOLY LANDS
Deux par Dieu. Cette fois, Ivan assure lead et chœur dans les habits de Christophe Colomb.
Nous faisons toujours route vers un Nouveau Monde. L’illustre découvreur sera-t-il le destructeur, lui aussi au nom d’un Dieu décidément bien assoiffé de conquête ? Un brin idéaliste autant que fataliste, il n’imagine pas une colonisation pacifique et fraternelle...
Dès l’intro, un souffle aventurier traverse la chanson, porté par des cordes andalouses et des orchestrations de cuivres massives.
Conquérante mais douce, la mélodie est magnifiée par des arpèges de harpe. Cristoforo craint ses propres actes avant qu’Arr Brionn ne nous rappelle à la vérité de l’Histoire.
ETERNITY PART III
La Ritournelle du temps est de retour, l'orgue de barbarie se mêle aux bruits de la jungle, puis à un hurdy gurdy torturé.
RUNNING TIMES
Manoir hanté, sensations fortes garanties ! Arr Brionn confie sa lassitude de marcher, le violon se tord de fatigue, et nous voilà propulsés via un portail temporel, dans un manoir où le trio composé du propriétaire François 1er, de Nostradamus et de Mona Lisa, est pris dans les affres de la sorcellerie et du spiritisme. Les miroirs semblent rendre fous, ou est-ce l’image et la voix de Mona Lisa, coincée entre deux mondes ?
La course musicale effrénée se mue en valse Metal Symphonique avant de reprendre plus metal encore. Emmanuel Levy et Tom S Englund offrent une large palette et leurs timbres se complètent à merveille, tandis que les voix féminines sont encore des fils d'Ariane lumineux dans ce labyrinthe mental.
Nous refermons le portail sur Nostradamus, maître des prophéties, et ses murmures solitaires façon Gollum.
THE FOUNTAIN
Dans le jardin Renaissance, des rires d’enfants éclatent au milieu du bruissement de l’eau.
Instrumental de 3mn, où les violons et le piano dansent avec la voix de Mona Lisa/Emma Elvaston.
L’intermède bucolique fait du bien, car nous allons assister à un triptyque symphonique aux salves gorgées de personnages, dont l’obsession et l’ambition (ou la malédiction...) est de laisser une trace dans l’Histoire.
MYSTERIES TO COME
Da Ivanci Codes. Belle idée que de mettre en relation ces deux personnages ésotériques de la Renaissance, dont les secrets fascinent encore les foules. Pas besoin de boule de cristal, Nostradamus est génétiquement visionnaire et c’est là sa malédiction, tandis que le sourire énigmatique de Mona Lisa cache bien des mystères.
Moins emballant au premier abord, le morceau décolle et vrille sévèrement à 3mn30 pour une partie instrumentale bien barrée, maîtrisée par le boss Leo Margarit, David Humbert, Mike Lepond et Ivan Jacquin.
SECRETS OF ART
La marque immédiate de ce morceau c’est ce riff Funky rock excitant, qui aspire la voix d’Arr Brionn dès le début, comme dans l'œil du cyclone.
Shakespeare inspire à Ivan une interprétation plus intense et torturée, tandis qu’il entend ses futurs personnages lui confier leurs histoires dont il fera son œuvre. Est-il un imposteur, lui a-t-on soufflé ses histoires ? D’où vient l’étincelle du génie ? Ces Secrets de l’art sont comme une mise en abyme du processus créatif, de la genèse de cette Symphony et tant d’autres œuvres.
Les arrangements sont bien groovy au début, avant un long intermède aux claviers cristallins où se succèdent une “Mad Queen” Lady Jane (Jeannick Valleur), Marie, Ahasver et le dramaturge anglais, révélant la question la plus célèbre du monde : To be or not to be ?
La basse nerveuse relance l’ensemble avec le riff funky qui va nous faire glisser au prochain morceau et son héros : Mozart.
SYMPHONIC CARESS
Un titre trompeur : c’est maintenant la folie créatrice de Mozart (héroïque Andy Kuntz) qui s’exprime, après une intro matador, prête à en découdre avec son égo. Le morceau est riche en ruptures inattendues, alternant agressivité et séquences romantiques, valse et menuet se fondant avec élégance entre les guitares métalliques.
Une avalanche symphonique donc, au parfum psychédélique, avec en apothéose un dernier refrain haut perché d’Andy Kunz, et un orchestre et chœur qui donnent ses belles notes de noblesse à un Opéra Rock. Le sommet de l’album, un vrai trip de composition !
ETERNITY PART IV
La roue du temps se traîne encore, telle Sisyphe, avant de se parer d’un swing jazzy/folk du plus bel effet sous les baguettes de Leo “POA” Margarit.
REVOLUTIONS
Le morceau démarre comme aux aguets, avec un chant manquant un peu de relief, avant un couplet rap rock de Jésus explosif ! Cœurs sur Thierry Marquez. Mélodiquement un peu en dessous au début, l’entrée tout en douceur d’un nouveau personnage féminin, Pauline Borghèse, incarnée par la voix sensuelle de Fanny Deroy, en fait un sommet d’émotion et de grâce. En rupture au milieu du tumulte, sa voix se mêle au piano puis aux autres voix féminines de l’album pour une envolée de chorale splendide.
La fin est encore une fois épique avec basse et guitare soutenant le flow agressif de Jésus et les chœurs qui montent en intensité : LIE !
WITNESS OF CHANGES
Dans cet ultime morceau, apaisé, on plane au-dessus des cendres, et le timbre délicat de Fanny Deroy résonne au milieu des nappes de synthé, rappelant The Gathering. Ivan livre une belle performance de sa voix plaintive.
Isaac Laquedem, coquin jamais tout à fait perdu finalement, s’invite dans le lit de Pauline Borghèse, sœur de Napoléon Bonaparte, et veuve pas dupe. Elle lui montrera les vertus de la modernité, en ces temps changeants… Et il lui promet de toujours veiller sur elle, mais dans ces couloirs du Temps maudits et incertains, pourra-t-il honorer cette promesse ?
Marie-Madeleine observe : “All these centuries of knowledge changed you as a better man”, le Foreign Part.III nous le démontrera ou non, l’Histoire n’est pas finie...
Flûte traversière et solo de guitare nous embarquent une dernière fois, avant un dernier coup de canon en guise de cliffhanger.
Foreign - The Symphony of the Wandering Jew, Pt. II
Il faut se donner du temps pour s'immerger et explorer tous les détails d'un album si foisonnant. Si vous avez le goût aventurier et attendez d’être surpris par vos trouvailles musicales, ce Foreign est pour vous. Toujours pas fatiguée du voyage, je laisse volontairement les références pointues au Rock Heavy et Prog aux plus connaisseurs, et pour ma part je place ce “Foreign Rock Opera” aux côtés d’un “Jesus Christ Superstar” version John Farnham ou Alice Cooper, pour la réflexion spirituelle au son Glam Rock, et l’audacieux “Hamilton” qui a cassé Broadway et l’Histoire américaine avec son flow ravageur et son sens de la revisite. Soit un sommet d’émotions mélodiques, d’envie de reprendre les chansons tout en admirant leur complexité, et qui peut s’adresser à la fois à un large public en régalant les plus exigeants.
On ne peut que souhaiter un troisième opus à la hauteur de l’ambition déjà incroyablement déployée, et dans les rêves les plus fous, une adaptation scénique (ou filmique) de cette comédie musicale.
Cher Ivan, on te souhaite Broadway au Hellfest !
LINE-UP FOREIGN - THE SYMPHONY OF THE WANDERING JEW PART. II
- Chant : Amanda Lehmann (Steve Hacket Band / Finna), Andy Kuntz (Vanden Plas / Mozart), Zak Stevens (Circle II Circle, Savatage, , Trans-Siberian Orchestra / Salâh-ad-Dîn), Tom S. Englund (Evergrey / Nostradamus), Florian Pothiat (Ahasver), Stéphane Van De Capelle (Ar’Brionn), Thierry Marquez (Born Again / Jesus-Christ), Jeannick Valleur (Lady Jane), Marie Desdemone Xolin (Marie-Madeleine), Emma Elvaston (Mona Lisa), Emmanuel Levy (François 1er), Fanny Deroy (Pauline Borghese).
- Choeur The Sirens Of Time : Raphaël Favereaux, Patrice Duchêne, Benoit Hadengue, Florian Pothiat, Estelle Janod, Jeannick Valleur, Alexandra Poinsot, Florence Brusseaux.
- Batterie : Thierry Charlet, Henri-Pierre Prudent, Leo Margarit (Pain Of Salvation)
- Basse : Jean-Philippe Ciman, Jean-Baptiste Chalmandrier, Mike Lepond (Silent Assassins, Symphony X)
- Guitares : Olivier Gaudet, Patrice Culot, David Humbert, Camille Borrelly, Amanda Lehmann
- Harpe : Christine Bulle
- Hammered dulcimer : Olivier Goyet
- Flûtes : Laurence Conort
- Violoncelle : Sonia Duval
- Violon : Mathilde Armansin, Didier Gris
- Hautbois : Rachel Ruaux
- Hurdy-Gurdy : Gregory Jolivet.
- Mixage et mastering : Markus Teske (U.D.O., Mob Rules, Vanden Plas).
Ingrid Denis est chanteuse. Elle a sorti avec Jirfiya l'album "Still Waiting" le 25/11/2020. Elle prépare un nouvel opus avec OSCIL.
NO TERROR IN THE BANG : Le nouveau Big Bang ?
Le 27/03/2021
« Si nous pouvons vous faire un peu rêver avec ce disque, alors la première partie de notre objectif sera atteinte. »
Avec "Eclosion", un premier album atypique et beau, No terror in the bang rejoint Les Dogs, La Maison Tellier ou MMNQNS parmi les groupes capables de porter haut les couleurs de la scène rouennaise.
Nous avons eu le plaisir de faire plus ample connaissance avec ces musiciens au niveau extrêmement relevé, issus de milieux différents et réunis dans une formation qui brasse les influences et les styles pour en faire une recette originale à dominante métal. Voici leur interview et, parce qu'on aime l'album, nous sommes même allés chercher les explications de la photographe Louise Dumont, qui a réalisé l'artwork. 
"Ce ne sont pas les films les plus « explicites » qui sont les plus effrayants ! Il nous a semblé qu’on pouvait faire la même chose en musique : faire du contraste, et ne pas tout montrer ou faire entendre d’un coup."
Bonjour No Terror In The Bang. Jazz/hip-hop pour votre chanteuse, César de la meilleure musique de film pour votre pianiste... C'est très inhabituel de lire ça dans la bio d'un groupe de métal. Comment vous êtes-vous trouvés réunis ?
Alexis Damien (composition, batterie et orchestration) : Bonjour ! C’est vrai tu trouves ? Pas tant que ça en fait ! Les métalleux ont parfois d’autres pratiques : je lisais ce matin dans New Noise que Stéphane Buriez de Loudblast avait joué dans les Tambours du Bronx par exemple… Comme quoi… Personnellement j’aime la musique au sens large, et encore plus largement l’art, qu’il soit graphique, cinématographique, chorégraphique, ou je ne sais quoi…Le metal, j’en écoute depuis mes trois ans… Et ça reste inscrit à jamais dans mes veines… C’est une musique impérissable, énergique, sombre, violente, dont on a tellement besoin !
Sofia a des gouts variés, mais elle démontre une grande sincérité envers les musiques sombres, métal, dérangeantes… Elle est totalement libre, comme un poisson dans l’eau, dans ce projet.
Romain est un vieux compagnon de route, nous avons joué dans un groupe quelques années et fait de nombreux concerts ensemble. Il avait de plus fait des apparitions sur les albums de Pin-Up Went Down, mon projet « avant-garde metal ». Nous avons de nombreux points communs : appétence pour le cinéma, quelques héros, dont Devin Townsend.
Les autres membres du groupe font aussi partie de la scène rouennaise, qui est, croyez-moi, une ville foisonnante de talents.
No Terror In The Bang tire son nom d'une citation d'Alfred Hitchcock. Elle semblait appropriée à votre musique ?
Alexis Damien : J’adore ce nom ! C’est tiré de la citation « there is no terror in the bang only in the anticipation of it », qui a le mérite d’être claire : ce ne sont pas les films les plus « explicites » qui sont les plus effrayants ! Il nous a semblé qu’on pouvait faire la même chose en musique : faire du contraste, et ne pas tout montrer ou faire entendre d’un coup.
Tu qualifiais, dans une interview, votre album de "urbain et cinématographique". J'ai trouvé que c’était une bonne description.
Alexis Damien : Cinématographique – car on essaie de raconter des histoires. Nous avons essayé de transporter l’auditeur dans différents mondes. Des rêves, comme des cauchemars. Des moments de doute ou héroïques. On passe par différents couples d’émotions opposés : colère – joie, frénésie – contemplation, douceur – dureté, folie – lucidité, noirceur – éclairage, etc…
Urbain, oui, car le chant est très actuel. Sofia a de par son âge une façon de chanter qui renouvelle le style, elle ne copie pas les références féminines du genre. Elle apporte un côté « bad guy » et malgré tout féminin, qui me semble-t-il est assez moderne.
"La composition en groupe me laisse sceptique, cela amène des compromis souvent mauvais en musique. Il vaut mieux parfois aller au bout d’une vision personnelle et s’y tenir."
Qui a signé les compositions présentes sur "Eclosion" et vers quel univers vouliez-vous tendre ?
Alexis Damien : c’est majoritairement un travail Alexis-Sofia : j’ai composé une grande partie des musiques, avec quelques améliorations de Romain et Etienne ; Sofia a écrit toutes ses mélodies de chant et ses textes. En général, nous partons de démos qu’elle « amende » sur les structures, sur quelques détails, et elle pose son chant dessus. Il est tout à fait possible que les membres du groupe prennent plus de place dans le futur !
Pour donner un peu d’intérêt à cette réponse, je pourrais expliquer que composer est un difficile travail d’introspection. Cela peut devenir un enfer si on ne sait pas où on va, en termes de son, de forme, etc. La composition en groupe me laisse sceptique, cela amène des compromis souvent mauvais en musique. Il vaut mieux parfois aller au bout d’une vision personnelle et s’y tenir. Ceci dit, tout est possible, mais dans tous les très grands groupes que j’admire, il y a souvent un duo ou trio de compositeurs : Halford/Tipton/Downing, ou Yorke/Greenwood, ça a fait ses preuves, vous voyez ?
L'album suit-il un fil conducteur et quelles sont les thématiques abordées par vos textes ?
Sofia Bortoluzzi (chant, composition) : Les thématiques abordées dans les textes sont assez personnelles. Je me mets souvent à la place d'un personnage qui évolue dans différents univers... Et je retransmets mes émotions à travers la musique. J'utilise beaucoup de métaphores afin que l'auditeur puisse s'identifier à sa manière aux paroles et aux sentiments qui en ressortent. Le fil conducteur de l'album est basé sur un personnage sain, dans le doute, à la recherche de sa vraie personne et qui emprunte une voie le faisant tomber dans la dépravation, un univers mystérieux et sombre.
J'aime l'artwork de "Eclosion", son image, son graphisme. Il symbolise la naissance du groupe ?
Alexis Damien : La photographie de la pochette a été réalisée par Louise Dumont, une artiste au travail très tourmenté. On peut y voir plein de choses, ne vous gênez surtout pas ! Pour ma part j’y vois une introspection. Un œuf. Un peu de souffrance, et beaucoup de féminité. Cela collait complètement aux textes métaphysiques, froids et tourmentés de Sofia – et bizarrement à la naissance de notre groupe. Les nuances de bleu sont effectivement très belles, non ?
Louise Dumont (auteure de l'artwork) : C’est un autoportrait - pratique que j’exerce depuis une dizaine d’années - ou plutôt un autoportraits qui date de 2016 (?), quand ma chevelure était longue et bleutée, avec mon ami de l’époque. Nos corps, lui assez squelettique et mordoré, le mien plus en rondeur et blanc, s’entremêlent à la prise de vue, la fusion de nos enveloppes charnelles / âmes (?) est accentuée encore en post-production pour tendre à une image plus abstraite. Avec l’idée de l’œuf, symbole de vie, et par la forme ovale qui suggère l'infini, et la symbolique de la couleur bleue avec l’immortalité, je pense que c’est l'une de mes images qui touche plus au « spirituel/absolu/sublime/éthéré » que corporel. Je suis ravie qu’elle fasse la pochette de No Terror in the bang, car la musique n’est-elle pas le domaine le plus immatériel et universel ?

Le chant de Sofia se remarque au sein d'une scène métal où le growl et le chant lyrique créent des embouteillages. J'ai aussi été impressionné par la maturité de sa voix au regard de son âge.
Alexis Damien : C’est vrai que depuis un certain temps, la mode est à la chanteuse à la voix de démon… C’est souvent sympa, parfois un peu drôle – mais au moins ça prouve que les métalleux ne sont pas des vieux machos coincés et misogynes. Les deux sexes sont à égalité et on accepte tout. Donc c’est bien !
J’ai un peu plus de mal avec les voix lyriques qui sonnent finalement assez impersonnel à mon goût. Sofia propose en effet autre chose.
Elle sait aussi envoyer des lignes de chant très agressives (dans "Insight" par exemple). A-t-elle dû travailler spécialement sa technique pour "Eclosion" ?
Sofia Bortoluzzi : Ahaha ! Mon travail technique est en renouvellement perpétuel. Mais il y a un an à peine, j'étais incapable de screamer ! Ça a vraiment été un acharnement quotidien avant d'y arriver et je suis heureuse d'avoir pu orner notre album de chant saturé. Donc oui, ça a été un facteur dans mon apprentissage et dans mon processus de création.
Alexis Damien : Pour l’anecdote, un jour elle m’envoie toute timide un essai de reprise de Jinjer, et ça le faisait carrément ! Quand on a une bonne technique de chant clair, on peut alors se mettre rapidement au saturé. L’inverse fonctionne plus rarement.

Vous avez tous un beau parcours. Compter dans vos rangs un compositeur césarisé donne-t-il une forme de crédibilité "outre-métal" ?
Romain Greffe (claviers) : Je ne pense pas que cela donne une crédibilité supplémentaire.
La crédibilité vient de la qualité des compositions et des musiciens qui les interprètent. Et la qualité d'un travail ne résulte pas d'un titre ou d'une récompense obtenue par le passé, mais bien de sa construction, de son essence, de son âme, de son énergie '' présente ''.
Je crois que la sphère métal est déjà reconnue en dehors de son sein, par des groupes qui ont su la rendre populaire, au sens premier du terme. Des groupes comme Metallica par exemple.
D'autres musiciens ont su s'affranchir des cases, comme Trent Reznor, qui a justement travaillé pour des musiques de films. Après, que la musique soit appréciée, c'est autre chose ! Au mieux, cela peut engendrer une curiosité, ce qui est toujours bon à prendre !
Mais je crois que la crédibilité reste liée aux qualités du groupe : ses compositions, et ceux qui l'animent.
Quelles sont vos ambitions avec No Terror In The Bang ?
Alexis Damien : Nous partons de zéro. Il s’agit pour nous de nous faire découvrir et apprécier par le public avec ce premier album. Nous nous préparons à jouer en live, l’objectif c’est de jouer dans les festivals spécialisés.
Ambition est un mot compliqué. Si nous pouvons vous faire un peu rêver avec ce disque, vous envoyer dans un monde auquel vous n’auriez pas pensé, comme dans une aventure ludique et addictive, alors la première partie de notre objectif sera atteinte. Pour le reste, nous restons humbles et lucides, on verra bien.
Merci, No Terror In The Bang, d'avoir pris le temps de répondre à mes questions.
Alexis Damien : c’est nous qui te remercions, ainsi que tous tes lecteurs. Merci de votre soutien. Notre album est sorti le cinq mars – un clip en avril. Rendez-vous sur notre site www.noterrorinthebang.com.
Les critiques en disent :
- "No Terror In The Bang est LE groupe à suivre tant la créativité et la qualité des titres qui composent Eclosion est au rendez-vous et leur personnalité forte."
https://amongtheliving.fr - "Une diversité de genres qui fait de ces grands écarts permanents, parfois au sein du même morceau, des instants riches et inattendus."
https://skriber.fr - "Eclosion est un livre musical qui évolue tout au long de sa narration allant du plus doux, calme, ensoleillé au plus rugueux, agressif, sombre, en passant par tous les états émotionnels possibles qui donnent la vibration à cet opus transgenre."
http://www.ahasverus.fr - "Cet album est fait pour vous frapper, fort. Et il le fait avec beaucoup de passion."
https://theprogspace.com
Line-Up :
- Alexis Damien (batterie) a fait partie de plusieurs groupes de la scène metal : Pin-up went down, Carnival in coal (en live), Void Paradigm, Wormfood, Superscream. Il est aussi compositeur pour la musique à l'image, et a joué du jazz pendant de nombreuses années dans la région rouennaise.
- Sofia Bortoluzzi (chant), joue dans un projet Hip-Hop-Jazz, au sein du collectif rouennais La Charbonnerie.
- Romain Greffe (claviers) a composé la musique de "Au fond d'un trou vivait un hobbit", lecture musicale créée avec Olivier Saladin. Il a sorti plusieurs albums avec son ex-groupe Joad. Il a co-remporté le césar de la meilleure musique de film en 2019 pour "Guy" d'Alex Lutz.
- Brice Bouchard (basse) a joué dans un groupe de Rock rouennais "No Records", il joue régulièrement en orchestre classique.
- Etienne Cochin (guitare) joue dans un groupe Electro-rock 80's revival : Aelesya.
- Clément Bernard (guitare) a joué dans plusieurs groupes normands de Rock et Blues comme Mbb crew, Sto ko we, CGM et le Red Moon Orchestra...

Liens :
- Le groupe : http://www.noterrorinthebang.com/
- L'album : https://backl.ink/143834023
L'actualité de la semaine 11/21
Le 16/03/2021
LE TEMPS DU RÊVE
Peter Gothilainen, keytariste et compositeur de Dreamslave, que nous avions le plaisir d'interviewer en juin 2019 (DREAMSLAVE : Rencontre avec Peter Gothilainen), a annoncé le 17/03/2021 sur sa page Facebook le prochain retour du groupe de métal symphonique lyonnais en ces termes :
"Nous allons entrer dans une nouvelle ère dans la vie du groupe, une période différente dont vous découvrirez les détails dans un moment. Emma (NDLR : chant) et moi sommes en train de préparer ça pour vous. Nous travaillons évidemment sur la production du deuxième album de Dreamslave, dont vous pouvez imaginer qu'il a pris du retard en raison de la crise sanitaire, entre autres. Mais l’opus II arrive et ça va faire du bruit !
Enfin, d'autres surprises sont également en préparation pour les prochains mois, nous vous tiendrons informés et espérons que vous les apprécierez. Nous sommes impatients de partager nos nouvelles créations musicales, et dans la vie quotidienne notre amour de la musique et des arts avec vous."
Peter Gothilainen par Loopol.
Dreamslave est l'auteur de "Rest In Phantasy" (2015), un très prometteur premier album dont une version a été rééditée en 2015 par le label allemand MASSACRE RECORDS.
FORTUNATO : LE GRAND RETOUR
"Insurgency", qui marque le retour de Fortunato après l'excellent "Restless Fire", sortira au printemps 2021 sur le nouveau label de métal français indépendant Rock City Music Label.
Markus Fortunato (basse, chant) y est accompagné de Seb Vallée (guitares), et de David Amore (batterie).
Son artwork est signé Stan W. Decker.
Un premier titre, "For Eternity", a été dévoilé.
Markus écrivait à propos de ce titre et du nouvel album :
"Ce premier morceau est extrait de mon troisième album Insurgency, un album de power metal symphonique agrémenté de touches musclées AOR. Mes principales sources d'inspiration sont le groupe Riot et le virtuose suédois Yngwie Malmsteen. Mais vous noterez aussi quelques touches de Manowar, Guns'n'Roses et divers groupes de métal néoclassique suédois des années 2000, comme Midnight Sun, Opus Atlantica ou Space Odyssey. Alors, un conseil: soyez un leader, pas un suiveur ! Insurgency (NDLR : l'insurrection) vient à vous !"
ALEA JACTA EST
Akiavel a révélé le nom de son futur album qui sortira le 23/04/2021. Il se nommera "Vae Victis". A cette occasion, le groupe a également dévoilé sa pochette, signée TOO MANY SKULLS (by Raf The Might).
Raf The Might a travaillé notamment avec Kreator et avait réalisé l'artwork du précédent album d'Akiavel, "V".
JE T'AIME AU GIBUS
Le groupe de post new-wave JE T'AIME a mis en ligne un nouvel album : "Je T'Aime Live At The Gibus". Il s'agit d'un onze pistes capturé dans la salle parisienne le 14/11/2019.
L'album est à prix libre sur Bandcamp. C'est une excellente occasion pour découvrir cet indispensable combo qui reprend la cold wave là où The Cure l'avait laissée à la fin des 80's.
https://jetaime-music.bandcamp.com/.../je-taime-live-at...
DES CLIPS ET DES CLAPS
Les Calaisiens de Breakhead viennent de mettre en ligne le clip "Blackout".
Il est extrait de leur nouvel album "Allegiance To Materiality", disponible depuis le 19/02/2021 chez M&O Music.

JAYPEE JACOB
Il nous avait habitué à un one-man band, il revient sous la forme d'un quintette : Jaypee-jaypar s'est adjoint les services de quatre comparses pour une formule guitare / violoncelle / harmonica / basse / batterie pour un nouvel album qui sortira sous le nom de "Jaypee and the Cannibal Orgasmic Band". Que les fans se rassurent : le registre folk/rock/blues reste le même.
Jaypee-Jaypar dans le clip "City Of Light", extrait de son album "Meet Me Again" (2019).
Un financement participatif est ouvert :
Chronique d'album : EXANIMIS (Death cinématographique), Marionnettiste (2021)
Le 11/03/2021
Groupe : Exanimis
Album : Marionettiste (05/03/2021)
Genre : Death Metal Orchestral
Origine : Nancy
Par Ahasverus
Le Groupe :
Exanimis est un groupe de death metal orchestral formé à Nancy en 2015.
Le projet réunit trois anciens élèves de la Music Academy International de Nancy : Alexandre Dervieux (chant, guitare), Julien Marzano (guitare) et Julien Prost (basse).
Mélangeant leurs influences, ils allient un métal technique issu du death et du progressif, avec un arrangement symphonique inspiré de grands noms de la musique de films et du jeux vidéo. Aussi leurs références vont-elles de Dream Theater à Danny Elfman en passant par ScepticFlesh.
A propos du choix du nom, Alexandre (chant, guitare), nous expliquait :
"[Exanimis] vient du latin et signifie littéralement "sans vie"... Le but était de trouver un nom qui incarne l'idée d'un être dépourvu de vie ou d'âme, comme peuvent l'être les marionnettes, ce qui rejoint le concept de l'album."
En mars 2021, Exanimis sort son premier album :
"Marionnettiste"

Le Line-up :
- Alexandre Dervieux : Chant/Guitare
- Julien Marzano : Guitare
- Julien Prost : Basse
- Clément Denys : Batteur de session
Les Invités :
- Morgan Koch : Guitare lead
- Flavien Morel : Voix additionnelles
- Raphaël Jeandenand : Orgue Hammond
- Nathalie Theveny : Piano
- Lorine Pauget : Choeurs
- Maxime Poirot : Programmation de l’orchestre
- Guillaume Barrou, Antoine Duffour, Jean Bisello : Narration
- Yann Roy, François Toussaint, Kermheat : Soutien vocal
L'Album :
"Marionnettiste" est un neuf pistes. Ses compositions vont de deux à seize minutes pour une durée totale d'environ une heure cinq.
Alexandre (chant, guitare) explique à propos du fil rouge de "Marionnettiste" :
"Le concept global de l'album est l'idée de manipulation, de se faire contrôler par quelque chose de plus grand, de plus puissant que soi, telles des marionnettes ! Les morceaux s'enchaînent comme une série de visions cauchemardesques où l'on suit des personnages subissant cette idée."
L'artwork est signé Loïc Muzy (Loïc Muzy Art) qui a également illustré le livret de Marionnettiste".

Une illustration du livret de "Marionnettiste" par Loïc Muzy.
L'album est notamment défendu par le clip "Cogs, Gears & Clockworks", réalisé par Tom Capron (avec des effets spéciaux signés Antoine Binet, le duo Binet/Capron travaillant souvent de concert).
Les Critiques :
- "Une œuvre horrifique d’une richesse inouïe."
https://www.neoprog.eu - "Une petite pépite avec neuf titres étonnants."
http://www.emaginarock.fr - "Un album qui rivalise même avec les sommets atteints par Septicflesh, Carch Angren, Dimmu Borgir et Fleshgod Apocalypse dans sa collision entre le death metal et l'orchestration classique."
https://metaltrenches.com - "Chaque titre de cet album est un véritable plaisir d’écoute."
http://chairyoursound.com - "Au fur et à mesure qu'il s'estompe, l'envie de réécouter tout l'album est irrésistible."
https://theprogspace.com
Notre Avis :
Cinq années auront été nécessaires à la mise en place de l'ambitieux "Marionnettiste", sur lequel les Lorrains (têtes de chiens) de Exanimis n'ont rien voulu lâcher.
C'est donc un premier album très impressionnant qui atterrit sur nos lecteurs, d'abord parce que les trois anciens élèves de la M. A. I. sont des zicos et des compositeurs accomplis, ensuite parce que les fulgurances de ce "Marionnettiste" rappellent le brillant savoureux d'un "S&M (Symphony and Metallica)" à sa sortie.
Très technique, servi par un son irréprochable qui a su dégager ses priorités, "Marionnettiste" se nourrit aux mamelles du death et du prog. Il s'abreuve également avec brio à l'univers de Danny Elfman, le créateur des musiques de films de Tim Burton. "Marionnettiste" saura plaire aux amateurs de ces trois pôles. Mais quelle que soit votre chope de bière, sachez que la qualité d'écriture, d'interprétation et de réalisation de cet album saute aux oreilles, et on ne peut que vous recommander d'aller - à minima - l'écouter. Sortir un premier jet d'un tel niveau, avec un tel confort d'écoute, est chose assez rare qui justifie pleinement l'emploi noble du mot "opus".
Exanimis entendait laisser derrière lui un album à reconsidérer des années plus tard avec la même fierté - voir Exanimis : Le maître des marionnettes (interview). A notre humble avis, c'est fait !
Chronique d'album : SLEAZYZ (Horror Metal), "March Of The Dead" (2021)
Le 07/03/2021
Le métal est un exutoire, Sleazyz le pratique avec fraîcheur malgré son baluchon de vieux routier du genre.
Groupe : SLEAZYZ
Album : "March Of The Dead" (29/01/2021)
Genre : Horror Metal
Origine : Saint-Ouen/Troyes
Par Ahasverus
Le Groupe :
Sleazyz est un groupe d'horror metal, créé en 2003 par Fred "Sleazyz" Dubois à Saint-Ouen.
En 2018, Sleazyz déménage à Troyes et change de line-up. il se compose désormais de Fred "Sleazyz" Dubois (chant, basse), Ileana "Pandemonium" Rodriguez (guitare rythmique), David "Ripper" Smolinski (guitare lead) et Dominique "Speed" Parigot (batterie).
Sleazyz compte deux albums : "Schizonroll N Psychotronic" (2016) et "Funhouse" (2018).
En 2021, Sleazyz revient avec un nouvel album :
"MARCH OF THE DEAD"
L'Album :
"March Of The Dead" est un dix titres de trente-quatre minutes.
Il a été enregistré aux Studios Âme du Temple à Troyes. Les prises de son, le mixage et le mastering ont été réalisés par Jean-Marc Pinaud (No One is innocent).
"March Of The Dead" a été enregistré en cinq jours.
Les Critiques :
- "Un album d’une efficacité redoutable."
https://www.lagrosseradio.com - "Sleazyz s’est donné les moyens de nous coller dans les oreilles un album accrocheur au possible avec dix hits potentiels aussi addictifs qu’entêtants !"
https://www.soilchronicles.fr - "Un album d’horror punk qui se défend très bien !"
https://allrock.fr - "Un opus catchy et rudement bien ficelé."
https://amongtheliving.fr - "Un très bon album qu'il ne faudrait surtout pas rater !"
https://www.pavillon666.fr/ - "Un hommage touchant à tous ces trucs un peu ringards et rigolos qu'on aime tant."
https://www.verdammnis.com
Notre Avis :
Sleazyz s'est fait remarquer récemment par un clip grand-guignolesque, fun et catchy : "March Of The Dead".
Sorte de chaînon manquant entre le côté horrifique d'un Alice Cooper et la rugosité d'un Nashville Pussy, il tire son épingle du jeu en conjuguant une image très au point, un songwriting efficace et des guitares lead inspirées. Car Sleazyz est capable de vous balancer un punk rock rugueux ("Wanna Say", "Psycho Witch") ou un horror métal sautillant ("Malleus Maleficarum", "Gnome") avec la même efficacité . Le métal est un exutoire, Sleazyz le pratique avec fraîcheur malgré son baluchon de vieux routier du genre. On ne peut que vous recommander cet album plutôt court et spontané d'un groupe qui coche toutes les cases pour nous réjouir.
Les Liens :
- https://www.facebook.com/SLEAZYZofficial
- https://contactsleazyz.wixsite.com/sleazyz/music?fbclid=IwAR0PoxNRrrr3DR1fQk_RsORFU1Tqk33WKYouSzJr-95NUnsI7L2l__8PUuQ
NAWATHER : L'armada tunisienne
Le 06/03/2021
« Chaque musicien porte une cause à défendre, et notre cause c'est de partager et de faire connaître notre culture dans le monde entier. »
Disponible depuis le 26/02/2021, "Kenz Illusion", le deuxième album de Nawather, nous rappelle que la Tunisie dispose d'une armada des plus originales et des plus redoutables, capable de porter son métal au plus haut niveau de la scène internationale. Yazid ne vous dira pas le contraire, même s'il souligne la singularité de Nawather, qui place des instruments traditionnels au centre de sa musique.
Voici son interview.
Bonjour Yazid. Myrath, Persona, Carthagods, Cartagena... Le métal tunisien a le vent en poupe à l'international. Qu'est-ce qui différencie Nawather des autres formations ?
Yazid (guitare) : Ce qui nous réunit c'est notre folklore tunisien, c’est notre source principale. Par contre ce qui différencie Nawather des autres groupes c'est l'intégration du qanûn (NDLR : instrument à corde très utilisé dans le monde arabe) à notre sauce tunisienne, et ce n’est pas du tout fréquent de fusionner le métal avec un instrument aussi pertinent et distingué dans notre culture.
La naissance de Nawather coïncide avec le Printemps Arabe. La Révolution du Jasmin a-t-elle eu des conséquences sur la musique Métal de manière générale en Tunisie ?
Oui, certainement. Le Printemps Arabe a eu un impact positif sur la musique Métal en Tunisie, on a pris plus de liberté pour s'exprimer et mieux passer nos messages à travers notre musique.
Votre nom vient du maqâm nawa athar, une sorte de gamme spécifique à la musique arabe. J'ai trouvé l'idée très pertinente en ce qu'elle renvoie bien à votre identité, très empreinte de folk tunisien.
Le maqâm Nawather est peu utilisé et exploité dans notre folklore, c'est très intéressant au niveau sonorité et on a bien senti qu'il représente parfaitement notre identité.
En 2016 sortait votre premier album, "Wasted Years". Comment le considérez-vous aujourd'hui et avez-vous été satisfaits de son accueil ?
"Wasted Years" était notre premier album, et c'est le fruit d'un expérience de chacun d’entre nous. Chaque titre représente notre vécu et ce que nous avons ressenti à une époque de notre vie. C'était le départ idéal de notre histoire musicale et on est très satisfaits des retours, surtout de ceux des pays où l'on ne s'attendait pas à avoir des réactions énormes, comme l'Amérique Du Sud, le Chili, l’Argentine, la Colombie. On a eu aussi beaucoup d'avis positifs depuis l'Europe, la France, L'Angleterre, l'Allemagne, l’Asie, le Japon...
Vous sortez maintenant votre nouvel opus. Cinq ans entre les deux productions, c'est un rythme qui vous convient ?
En fait on a pris tout ce temps pour la sortie de notre deuxième album pour assurer une meilleure qualité sonore et musicale à nos auditeurs - et comme vous le savez une bonne production ça coûte cher - ce qui explique notre coopération avec le Studio Fredman, du fameux Frederik Nordstrom.
Justement, qu'est-ce qui vous a incité à solliciter Fredrik Nordstrom (Dimmu Borgir, Arch Enemy) pour la post-production ?
Tout simplement sa réputation ! Comme vous l'avez cité, il a travaillé avec des grands noms dans la scène métal et l'empreinte qu'il laisse au niveau orchestral est fantastique.
Quelle signification se cache derrière le titre "Kenz Illusion" ?
Il faut lire entre les lignes des paroles de toutes nos chansons pour révéler ce que nous voulons cacher derrière le titre de l'album. Ce que vous pouvez traduire à travers "Kenz Illusion" c'est qu'aujourd'hui on vit dans un monde d'illusions et on court toujours derrière ce qu'on ne possède pas, et on ne profite pas de ce qu'on a déjà... L'illusion d’avoir beaucoup d'argent, parce qu'on pense que ça va nous rendre heureux et nous donner du pouvoir. Je ne vous en dis pas plus !
Votre batteur Saif avançait dans une interview qu'un musicien se devait d'être un porte-parole. En quoi cela vous semble-t-il important et quelles sont les thématiques abordées par les textes de "Kenz Illusion"?
Oui tout a fait, chaque musicien porte une cause à défendre, et notre cause c'est de partager et de faire connaître notre culture dans le monde entier. On pense vraiment que le nouvel album va traduire nos efforts ; à travers les textes de "Kenz Illusion' vous allez trouver qu'on parle de nos expériences, de ce qu’on a vécu ou bien de ce qu'on a vu ces cinq dernières années.
Quel était votre cahier des charges pour la réalisation de ce nouvel album ?
On a surtout focalisé sur une musique bien plus orchestrée et rythmique et sur la qualité de la production de l'album.
Quels instruments entend-on dans "Kenz Illusion" ?
Le qanûn, bien évidemment, et surtout on a ajouté des ingrédients à notre sauce, comme le oud (NDLR : autre instrument à cordes utilisé dans les pays arabes) et d'autres instruments à percussion.
Vous avez présenté "Falleg", un premier clip, et vous en préparez un second. Savez-vous quand il sortira, et à quoi peut-on s'attendre ?
Oui on prépare un deuxième clip. Il sera disponible après la sortie de l'album, mais je ne peux pas vous dire plus...
LES LIENS :
Site: http://nawather.com/
Instagram: https://www.instagram.com/nawatherband/
Facebook: Nawather
Twitter: https://twitter.com/nawatherband
L'album - https://backl.ink/143943466
Label: M & O Music – http://www.m-o-music.com
Promotion by M & O Office – http://www.m-o-office.com
L'actualité de la semaine 9/21
Le 05/03/2021
EMMA PAR-CI, EMMA PAR-LA...
En février, la rockeuse/autrice Emma Cordenod nous invitait à découvrir Lyon sur Radio Nova (http://www.ahasverus.fr/.../l-actualite-du-mois-de...) ; on la retrouve en mars pour le premier crowdfunding de la carrière de 111.
Le power-trio 111 par Corinne Esposito
Le trio lyonnais a souhaité préciser :
"Nous avons toujours mis un point d'honneur à auto-produire nos projets et à être indépendants financièrement. Nos recettes étaient principalement issues de la vente de notre 45 tours sorti en octobre 2019, du merchandising du groupe et bien sûr... des concerts. Sans jouer sur scène depuis plus d'un an, nous avons malgré tout trouvé les ressources nécessaires pour enregistrer récemment deux singles, qui sont actuellement en cours de mixage. Ces deux nouveaux morceaux devraient faire l'objet d'un deuxième 45 tours et de deux clips. Seulement voilà, le contexte sanitaire nous stoppe net. Pas dans notre créativité et notre rage d'avancer, mais dans notre capacité à poursuivre notre auto-production. C'est la raison pour laquelle, le cœur lourd mais plein d'espoir, nous faisons appel à vous pour nous aider à poursuivre notre développement.
Quelques euros + quelques euros + quelques euros... nous permettront de faire presser notre 45 tours et de financer la réalisation de ces deux clips."
Le lien de la cagnotte est ici :
http://www.leetchi.com/c/45-tours-et-clips-111
SYNESTHESIA II
"The Omega Man", le second album de Synesthesia , est désormais disponible en version digitale sur Bandcamp (https://somanrecords.bandcamp.com/).
Synesthesia est un duo constitué par Anthon Norwell, pour la partie instrumentale, et par Martial Prevel pour le chant. Il s'était illustré en signant en 2018 un concept-album traitant du siège de Montségur.
STAN W DECKER
"Lion", le premier album de Nemesis H.P, sera disponible dès le 16/04/2021 sur toutes les plateformes, en numérique et en physique.
Il se distingue d'ores et déjà par deux atouts : un featuring de l'ex-Wasp Chris Holmes et un artwork signé par le maître Stan W Decker.
"You've Got To Regret", le premier clip de Nemesis HP.
STAN W DECKER II
Fortunato a dévoilé l'artwork de son album "Insurgency", qui sortira le 16/04/2021.
Il est signé Stan W Decker.
STAN W DECKER III
"Avaland- Theater Of Sorcery", du Grenoblois Adrien G. Gzagg , sortira le 02/04/2021 sur Rockshots Records.
Cet opéra métal de onze titres compte pour vocalistes Zaher Zorgati (Myrath), Heli Andrea (Mobius/OLANE), Zak Stevens (Ex-Savatage/TSO/Archon Angel), Ralf Scheepers (Primal Fear/ex-Gamma Ray), et Madie (Nightmare/Faith In Agony). Stephan Forté (Adagio) et Ricky Marx (Now Or Never) font partie des guitaristes présents sur l'album.
L'artwork est signé Stan W. Decker.
VOYAGE VOYAGE
Gaëlle Buswel a présenté un premier clip de son quatrième album, "Your Journey", qui sortira le 26/03/2021.
"Your Journey" sortira sous la forme d'un double album agrémenté de six bonus enregistrés à Londres aux studios Abbey Road.

On peut le précommander ici :
https://gaellebuswel.lnk.to/YourJourney
MANIGANCE EN ROUTE VERS L'ALBUM
Il a collaboré avec Epica, Sabaton, Kamelot ou Evergrey : Mattias Noren réalisera la pochette du prochain album de Manigance.
Vous pouvez retrouver ses artworks ici : https://www.progart.com/cdartwork.html
NOS CHRONIQUES DE LA SEMAINE :
- Chronique d'album : NO TERROR IN THE BANG (Métal Cinématographique), "Eclosion" (2021)
"Eclosion" est un livre musical qui évolue tout au long de sa narration allant du plus doux, calme, ensoleillé au plus rugueux, agressif, sombre, en passant par tous les états émotionnels possibles qui donnent la vibration à cet opus transgenre. - Chronique d'album : MIY (Metal Indus/Darkwave), "Work" (2021)
Un album froid et industriel qui sait se parer de paysages beaux et tristes comme l'automne. - Chronique d'album : SLEAZYZ (Horror Metal), "March Of The Dead" (2021)
Sorte de chaînon manquant entre le côté horrifique d'un Alice Cooper et la rugosité d'un Nashville Pussy, il tire son épingle du jeu en conjuguant une image très au point, un songwriting efficace et des guitares lead inspirées.
NOS INTERVIEWS DE LA SEMAINE :
- Back to the roots : HEAVY DUTY, Endgame (2016), STILL ALIVE AND WELL ?
"Depuis nos débuts en tant que musiciens de heavy metal, nous avons toujours fonctionné avec la même passion en donnant tout pour notre musique. Seulement là, devant le peu de connexions avec le milieu du rock, le manque de soutien local et l’absence d’un booker qui nous aurait permis d’aller conquérir un autre public, on a lâché l’affaire… D’où l’annonce – à demi-mot – que la partie était terminée !" - NAWATHER : L'armada tunisienne (interview de Yazid, guitariste)
"Chaque musicien porte une cause à défendre, et notre cause c'est de faire partager et connaître notre culture dans le monde entier."
GAGNEZ CINQ CD AVEC NOTRE CONCOURS en suivant ce lien (concours épinglé en haut de page) : Ahasverus - Métaux en tous genres

Chronique d'album : NO TERROR IN THE BANG (Métal Cinématographique), "Eclosion" (2021)
Le 04/03/2021
Groupe : No Terror In The Bang
Album : Eclosion (05/03/2021)
Genre : Métal Cinématographique
Origine : Rouen (France)
Label : M&O Music (distribué par Season Of Mist)
Par Dam'Aël

LE GROUPE :
No Terror In The Bang est un sextet rouennais formé en mars 2019, dont les membres sont loin d'être des novices. Je vous laisse en juger par vous-mêmes.
-
Alexis Damien (Composition, Batterie & Orchestration) a commencé la batterie à l'âge de dix ans et a fait partie de plusieurs groupes : "Pour Carnival in coal, j’étais uniquement batteur live sur une courte période, Void paradigm est un projet studio, Pin-up went down était quasiment un projet studio aussi. Je me suis produit dans de multiples autres contextes jazz. Mais No Terror in the bang est un groupe très personnel, à vocation scénique, ça c’est sûr." Alexis a aussi collaboré avec Asphodel. En cherchant un peu plus on peut y rajouter les groupes WORMFOOD, SUPERSCREAM et les années à composer pour la musique à l'image.
-
Sofia Bortoluzzi (chant, composition), jeune femme de 21 ans, née au Havre et vivant actuellement à Rouen pour ses études, joue en parallèle dans un projet hip-hop-jazz au sein du collectif La Charbonnerie avec son acolyte Mine Sale. Toute petite, la demoiselle chantait pour s'endormir... déjà tombée dans la potion magique ! Elle prend des cours de piano à l'âge de huit ans, et remarquée par Baptiste Famery à l'âge de treize ans, elle plonge dans l'univers de la chanson et enchaine des études musicales au Conservatoire du Havre Arthur Honegger, puis intégre un Cycle d’Orientation Professionnelle (COP) au Conservatoire Max Pinchard de Grand-Couronne et Petit-Couronne en chant et Musiques Actuelles, en vue de l’obtention du Diplôme d’Etudes Musicales (DEM), tout en poursuivant également une formation complémentaire au Conservatoire de Rouen. Ah, petit détail, depuis peu Sofia donne des cours de technique vocale à l’école de musiques de Quicampoix. Heu... Oyez, oyez ! Si quelqu'un a quelque chose d'autre à lui proposer à la p'tite dame...
-
Romain Greffe (claviers) a composé la musique de "Au Fond d'un Trou Vivait un Hobbit", lecture musicale créée avec Olivier Saladin. Il a sorti plusieurs albums avec son ex-groupe JOAD et a co-remporté le César de la meilleure musique de film en 2019 pour "Guy" d'Alex Lutz.
-
Brice Bouchard (basse) a joué dans un groupe de rock de Rouen NO RECORDS et il joue régulièrement en orchestre classique.
-
Etienne Cochin (guitare) joue dans un groupe electro-rock revival des années 80 AELESYA.
-
Clément Bernard (guitare)a joué dans plusieurs groupes normands de rock et blues comme MBB CREW, STO KO WE, CGM et le RED MOON ORCHESTRA...
LEUR MUSIQUE :
Le groupe aurait dû s'appeler Domovoï (origine russe, il s'agit d'un esprit protecteur pour la famille). S'il m'avait posé la question sur un nom evocateur pour leur formation ( oui bah j'suis dans mon trip...), il aurait été de bon aloi de lui suggérer Oxymoron. Watt ? What ? Elle a disjoncté la chroniqueuse... vu leur musique "bicéphale" alliant les opposés, le sextet pousse le concept jusqu'à son paroxysme, jusqu'au potentiel oxymore qui interpelle. Vous pigez ?...
Leur musique se forge sur les contraires, reprennant en quelque sorte la technique du clair obscur en peinture : jouer sur les constrastes, et je vous garantis que toutes leurs compositions en usent, donnant ainsi un évantail de nuances, d'ambiances, d'orages parfois très tempétueux et de scènes vénères et de véritable terreur. En d'autres termes, NTITB crée la bipolarité musicale. Sofia s'explique : "C’est un genre alternatif combinant à la fois métal et ambiances de musiques de film. On cherche à plonger l’auditeur dans un univers clair-obscur avec ce contraste entre un monde sombre, violent et un autre onirique qui touche au rêve." https://lh.boulevarddesartistes.com/entretien-sofia-bortoluzzi/
Influencés par des compositeurs de musiques de films : Hildur Gudnadottir, Johann Jóhannsson, Danny Elfmann, Bernard Hermann, Hans Zimmer mais aussi par des compositeurs classiques : Saint Saëns, Ravel, Stravinsky, Satie, et pour le côté rock par PAIN OF SALVATION, SYSTEM OF A DOWN, FAITH NO MORE, DEFTONES, MUSE, KORN, Devin Townsend, METALLICA... ou encore de la musique urbaine, du witch-house comme Ghostmane, Ic3peak, Jazmin Bean, Poppy... Vous imaginez la palette musicale en toile fond que propose les Rouennais... alors y rajouter la capacité vocale de Sofia par dessus laisse présager du jamais vu. En effet la vocaliste s'inspire du monde du hip hop, metal mais aussi du jazz : "Amy Whinehouse et Lana Del Ray ont fait partie de mon éducation musicale, je les écoute depuis très jeune. Bien avant que je ne commence à prendre des cours de technique vocale, j'étais autodidacte. je dispose d'un ambitus assez large" dixit Sofia. https://www.musicwaves.fr/frmArticle.aspx?ID=2560
Alors si je vous apprends qu'elle s'expérimente au chant saturé, la môme nous prépare quelques futures lignes de chant des plus épiques, infusant une décoction à géometrie variable, voire même très variable.
Pour conclure sur la musique de NTITB, vous prenez un shaker, vous y mettez quelques dl de rock, de rap, de hip hop, de musique cinématographique, du jazz, du witch-house, de l'urbain, vous émulsionnez à la fois par le chant clair et un chant quelque peu saturé, vous secouez, vous aurez tout sauf ce subtil mélange à couches variables et nuancées que seul NTITB est capable de vous servir sur un plateau des plus brillants.
A noter que la formation sortira deux singles dès 2019, "Saule Pleureur" qui sera la première piste de leur futur album dont la sortie est prévue le 5 mars 2021, et "Imagination" qui n'y figure pas.
ECLOSION
L'ALBUM :
Lorsque vous ouvrirez l'écrin de ce petit bijou, vous découvrirez un treize titres d'environ quarante-sept minutes présenté sur une soyeuse production de haute couture. Yeux éblouis, ouvrez au maximum votre esprit tant Eclosion vous amène dans des dimensions différentes, étonnantes, surprenantes, bouleversantes. Votre émotion du jour risque d'être secouée dans ce tout-terrain musical. Allez let's go, on s'engage illico presto sur la piste hexagonale NTITB2021.
1. "Saule-pleureur" 1er single sorti en octobre 2019
Introduction sur douce musique cinématique presque enfantine, "Saule Pleureur" prend ses racines dans une ambiance mid tempo très éthérée, sombre et cinématographique à la Tim Burton, privilégiant le piano et la contre-basse, avant l'explosion Metal insufflant un blast vocal qui éraille un tantinet la voix de Sofia sur certains de ces passages, et un très spécifique aux arrangements de game-music très électronique. Ce titre alterne ses tempi et ses styles de musique sur plages à durée tout aussi variable. La bipolarité a déjà pris sa place sur courant plutôt alternatif.
2. "Another Kind Of Violence"
Très hip hop, ce titre allie de nouveau la musique électronique à l'estampe très urbaine même si le piano classique lui fait un pied de nez de temps en temps, au risque de provoquer... la ligne de chant est rageuse, nourrit par la dynamique d'une colère très clairement exprimée par ce chant saturée livrant quelques growls furieux sur riffs puissants. Trip sous drogue a des effets illusoires...
3. "No More Helpful Peace Part I"
Place aux guitares saturées qui ouvrent sur une mélodie très colérique teintée de nuances exotiques vite converties en atmosphère électrique haut voltage. Certaines parties me renvoient au Nu-Metal des années 90, du temps de Watcha. Sofia excelle dans ces accords saturés.
4. "No More Helpful Peace Part II" Après la précédente tempête orageuse, place au calme, mais pour combien de temps ? On aura au moins profité d'un petit moment de répit de 2'47 pour reprendre son soufle et se poser de nouvelles questions sur des thèmes sensibles.
5. "Micromégas"
Retour à une construction très urbaine avec ce phrasé "rap" parfaitement maîtrisé qui n'est autre qu'une entrée en matière slamée. Je souligne au passage, et il s'agit d'un élément essentiel dans cette galette, la capacité d'éxécution vocale de la chanteuse qui manie à la perfection la ponctuation de ces lignes mélodiques quelqu'en soit le style, jusqu'à même exceller dans sa déclamation en anglais. Les plages guitaristiques sont très belles - créant chez moi une connotation musicale très forte sans avoir réussi à savoir à quoi ces riffs me connectaient -. Les 6 cordes soutiennent avec panache cette rythmique entêtante à la résonnance shamanique dont les flashs sont martérialisés par des spots électroniques très saccadés.
6. "21 Grams"
Il s'agit d'une transition purement instrumentale, un joli duo synthé (jouant des violons) / piano.
7. "Poison"
"Poison" est un titre entre witch house et art-rock, aux sonorités classiques, électroniques, contemporaines. Il offre ce côté étrange, perdu, occulte et désorienté ; une ambiance très troublée. On peut juger du panel vocal dont Sofia fait preuve, avec ces quelques notes très basses parfaitement exécutées (32''). Incontestablement très visuel via l'imagination. Hitchcock aurait su y associer de superbes séquences de "Sueurs Froides" y intégrant des caméos de Sofia sans "l'Ombre d'Un Doute".
8. "Insight"
Parlons aussi du piano joué par Romain Greffe, ce multi-touches blanc-noir qui, à son insu, symbolise à merveille l'univers de NTITB et sa dualité. Les plages classiques proposées dans "Eclosion" sont distillées avec talent, maîtrise, à la manière d'un orfèvre qui dose sur chacune des notes la pression exercée afin de générer l'émotion qu'il désire insispirer. La voix sensuelle de Sofia est, sans être excessive dans mon approche, comme habitée ... On assiste aussi à un très bon duo batterie/guitares dont la synergie martèle la rythmique de "Insight".
9. "Uncanny" "Uncanny" nous plonge directement dans un court métrage horrifique et de terreur de 3'57 qui peut donner certains frissons d'angoisse. Beaucoup d'émotions s'entrechoquent, s'entremêlent avec les passages de guitares tranchantes et percuttantes ou en présence d'orchestrations mélodiques qui donnent cette puissance au titre.
10. "Preacher Of Steel"
Non rassurez-vous, votre téléphone ne s'en mêle pas ; il s'agit bien d'une effet voulu dans cette orchestration moderne qui monte en puissance tout au long de ces 4'07 très melodieuses.
11. "In Memory Of Waif Part I"
Morceau très cinématographique qui est l'estampillage de NTITB.
12."In Memory Of Waif PartII"
Cette douzième piste est très Metal teinté de Hip Hop et colorée par des guitares lourdes que le synthé et la basse soutiennent. L'atmosphère est sombre, la folie pas très loin....
13. "Broken Mind"
Morceau très sombre, déstructuré dans sa composition. Nulle doute qu'il puisse surprendre. Une outro des plus étonnantes, déconcertantes, mais d'une qualité qui ne quitte à aucun moment cette galette.
"Eclosion" a été enregistré avec l'ingé-son et producteur Sébastien Langle qui a non seulement fait un travail remarquable, mais qui a aussi laissé sa pâte dans plusieurs morceaux. Nous avons enregistré dans plusieurs lieux : la batterie à la Gare aux musiques de Louviers, le chant, guitares et claviers dans nos studios personnels et la basse dans le studio de Sébastien. Le mastering a été réalisé par Pierrick Noel de l'atelier mastering (Kadinja, Hypno5e, Kloneetc…)".
La photographie de la pochette est réalisée par Louise Dumont,qui n'est autre que l' autoportrait de l'artiste, doublée, repliée sur elle-même. On y voit une longue chevelure bleue. "Cela m'a immédiatement fait penser à un œuf – à Alien d'ailleurs, de Ridley Scott, dans une version plus humaine, féminine, avec des os et beaucoup de froideur. Cela correspondait à notre style." (Alexis - https://mad-breizh.com/index.php/editorial-madbreizh/news/no-terror-in-the-bang).
La photographe du groupe est Marie Guillemette.
NOTRE AVIS :
"Eclosion » est riche, particulièrement fouillé et bien construit. Il sait tenir son auditoire en émoi et en haleine tant les émotions sont nombreuses et en perpétuel mouvement doté d'une cohérence parfaite qui résulte d'un enchainement réalisé avec minutie titre après titre. L'alternance brutale ne crée cependant pas la fracture chez l'auditeur qui pourrait lâcher l'affaire. Il semblerait que ce soit la voix qui crée le liant entre ses mouvements diamétralement opposés et qui façonne cette cohérence par la récurrence de certains schémas ; des schémas presque codés qui générent une fluidité parmi les fractures de rythme et de styles . "Eclosion" est un livre musical qui évolue tout au long de sa narration allant du plus doux, calme, ensoleillé au plus rugueux, agressif, sombre, en passant par tous les états émotionnels possibles qui donnent la vibration à cet opus transgenre.
Le chant de Sofia tout au long de cet opus met en évidence (sans l'ombre d'un doute) sa qualité et sa capacité vocale à partir dans différents registres. Il est à penser que d'autres surprises sont à envisager dans l'avenir quant à la production vocale de la chanteuse, et qu'il lui en reste encore beaucoup sous le pied pour venir avec aisance et fermeté, piétiner les scènes locales, nationales et internationales. A préciser que le phrasé et l'accent exprimé dans la langue de Shakespeare est de haut niveau aussi.
Les compositions instrumentales ne sont pas en reste non plus. Tout est parfaitement écrit, joué avec finesse et beaucoup d'émotion. Le niveau des musiciens est sans contexte excellent et laisse s'exprimer toutes leurs influences qu'elles soient tirées du classique, du jazz, du métal, du blues, du hip hop ou autres.
La production est réalisée avec beaucoup de talent donnant volume, rugosité, éclat aux compositions déjà excellentes. En d'autres termes, elle offre l'écrin au joyau que nous a façonné NTITB.
A s'offrir ou à offrir les yeux fermés mais en gardant les écoutilles bien ouvertes... pour se laiser aller à la bipolarité musicale...
Ah, au fait... la formation aimerait réaliser la bande originale d'un film... A bon entendeur, salut!
LA PRESSE EN PARLE :
"No Terror In The Bang a su créer une musicalité semblable à un champ de roses : aussi magnifique que piquante. Une part égale d’ombre et de lumière". http://www.shootmeagain.com/chroniques/7668_noterrorinthebang_eclosion
"No Terror In The Bang signe ici un premier opus d'une qualité impressionnante (sans compter qu'il s'agit de leur premier album). Le groupe entame 2021 de la plus belle des façons..." https://mad-breizh.com/index.php/editorial-madbreizh/news/no-terror-in-the-bang
"Tic-tac, tic-tac : de temps en temps, une personnalité musicale fait exploser les règles et les conventions avec bonheur." https://www.paris-normandie.fr/id156498/article/2021-01-15/
" La normande sera très certainement une valeur sûre de la scène musicale normande." https://lh.boulevarddesartistes.com/entretien-sofia-bortoluzzi/
". Cette mise en lumière de la musique expérimentale devrait combler les plus grands adorateurs de heavy metal et de rythmiques rap." http://www.loudtv.net/2021/01/chronique-du-nouveau-single-de-no-terror-in-the-bang-uncanny.html
"No Terror in the Bang est sans aucun doute l'un des groupes les plus authentiques que j'ai entendus depuis un certain temps." https://metalheadcommunity.com/no-terror-in-the-bang-poison-song-review/
"No Terror In The Bang... démontre sa richesse musicale et conceptuelle en attendant dans l'année un album plein de promesses qui sera porté notamment par la voix exceptionnelle de sa chanteuse." https://www.musicwaves.fr/frmReview.aspx?ID=18697&REF=NO-TERROR-IN-THE-BANG_Sublimation
" Comme une araignée, le groupe tisse sa dentelle autour de l'auditeur, entre fragilité et fureur. Cette dualité se retrouve dans nombre de ses morceaux..." https://hardforce.com/actu/33536/no-terror-in-the-bang-poison-single-nouvel-album
LES LIENS :
Site web officiel: https://www.noterrorinthebang.com/
Youtube: https://www.youtube.com/channel/UCE8hbyo91XH-SMaue-RlPCg
Bandcamp: https://noterrorinthebang.bandcamp.com/
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