Sorties 2024

DJIIN (rock psychédélique), Mirrors (03/05/2024)

DJIIN (stoner psychédélique), Mirrors (03/05/2024)

Le 20/05/2024

Djiin se lâche dans des développements débridés parfois gonflés, faisant du psychédélisme sa règle d'or.
Par Ahasverus
L'aventure commence en 2015 sur le quai de la gare de Rennes par la rencontre fortuite d'Allan Guyomard (batterie) et de Johann Godefroy, premier guitariste du groupe. Ils font la connaissance de Chloé Panhaleux, une harpiste. Sa voix les interpelle, ils lui proposent le poste de chanteuse dans ce qu'ils veulent bâtir : DJIIN, pour la force hypnotique des esprits, pour la polysémie du nom selon les traditions : le bienveillant, le malveillant, la transe...
Djiin credit djiinDJIIN fait du stoner rock psychédélique. Il tire ses influences de formations telles que Them Witches, King Gizzard and the Lizard Wizard, The Doors, et d'une manière plus générale du rock progressif 70’s au krautrock en passant par le doom et le heavy période Black Sabbath. Le quatuor sort deux Live avant d'enregistrer son premier album studio, « The Freak », en 2019. Puis vient « Meandering soul » en 2021. Sa personnalité se soude autour de la voix rauque de Chloé Panhaleux, sa chanteuse-harpiste. 
En mai 2024, DJIIN revient avec « Mirrors » un cinq titres long comme le bras. L'artwork est de Maureen Piercy.
Djiin mirrors artworkDJIIN indique que ces nouveaux morceaux ont été pensés comme cinq récits aussi indépendants qu'ils sont complémentaires, s'appuyant sur des thématiques fortes comme le handicap, la maladie, la psychose, les violences faites aux femmes, la vanité ou encore la mort.  
L'album est conçu comme les deux faces d'un miroir, l'une lumineuse, solaire et psychédélique, l'autre torturée, sombre et douloureuse.
Ne lésinant pas sur une forte patte progressive, DJIIN se lâche dans des développements débridés parfois gonflés, faisant du psychédélisme sa règle d'or.
Il se déchaîne (« Blind »), nous entraîne dans un rock psyché moderne, envoutant et hypnotique, qui nous submerge. La violence est à l'affût, sa dissonance en bandoulière, l'ensemble est d'une liberté rare, tournant sur lui-même jusqu'à l'ivresse.
La formation rennaise propose peut-être là l'album le plus osé de sa discographie.
Toujours en mouvement mais fidèle au son Stoner, DJIIN a fait appel à Peter Deimel (Black Box Studio) pour l'enregistrement, le mixage et le mastering. 
« Mirrors » est disponible depuis le 03 Mai 2024 chez Klonosphere/Season Of Mist.

ETWAS (black symphonique), Rites of the Damned - Chvpter. II

ETWAS (black symphonique), Rites of the Damned - Chvpter. II (16/05/2024)

Le 17/05/2024

Etwas confirme avec cette nouvelle réussite qu'il fait partie d'une jeune génération de caractère qui propose ses propres nuances à la scène Metal française. 
Par Ahasverus
ETWAS  (traduisez  : « quelque chose ») emprunte son nom à la langue allemande et c'est en 2017 que se forme ce groupe nîmois avec Silver Croze à la guitare, Victoria Hove au chant, Florian Bestion à la basse et Clément Jost à la batterie. L'EP « Behind The Veil » pose les bases discographiques du quartet avec des fonds de tiroirs composés par Silver, puis le groupe s'attelle à l'écriture de « Enochian Keys - Chvpter I », son premier album.
EtwasCe premier album sort en 2022. Il mêle la grandeur du métal symphonique à l'agressivité du black metal. Victoria Hove, soprano colorature, s'appuie sur un chant essentiellement lyrique mais utilise aussi quelques chuchotements et un peu de growls pour installer une ambiance saisissante.
« Enochian Keys - Chvpter I » reçoit un accueil chaleureux. Les Eternels saluent « un premier album de metal symphonique agressif, solide et inspiré » tandis qu'eMaginerock vante les  « dix pistes à la fois prenantes et vraiment bien composées ». Spirit Of Metal parle d' une « œuvre à l'ingénierie du son plutôt soignée, où se mêlent impulsivité, évanescence, noirceur et sensibilité » et Satan Bouche Un Coin apprécie « une musique extrême avec un chant féminin remarquable ». L'investissement vocal est aussi souligné par Nightfall In Metal Heart, qui estime que « la prestation impeccable de Victoria est à saluer ».
Forts de ces critiques positives, Etwas honore quelques dates : Nancy, Paris, Fréjus, Nice, avec en point d'orgue une scène montpelliéraine partagée avec Vision Of Atlantis et Autumn Bride.
Mai 2024, la formation nîmoise revient avec un deuxième long format intitulé « Rites of the Damned - Chvpter. II ».
Etwas 1A nouveau le quatuor parvient à installer une ambiance ésotérique dès « Rites of the Damned », la courte introduction qui donne son titre à l'album.
La direction musicale reste la même, faite de black et de métal symphonique, de mélodies, de chuchotements, de chant lyrique à portée presque liturgique beaucoup plus contrebalancé cette fois par un growl bien maîtrisé qui donne un excellent contrechamp.
Etwas va donc plus loin dans son maniement des contraires déjà présent sur le premier album, tandis que ses rythmiques pilonnent régulièrement le terrain. L'alternance chant lyrique/growls est très efficace et son rendu démontre tout le travail réalisé par Victoria Hove pour élargir le territoire de sa formation vers un black malsain. Etwas a bien mis à profit le temps qui sépare la réalisation de ses deux longs formats, et il poursuit sur la lancée d'un excellent premier album avec une nouvelle proposition dans sa droite ligne, aussi efficace mélodiquement et encore plus aboutie vocalement. Le chemin est cohérent et la jeune discographie est si agréable qu'on ne saurait dire si l'on préfère « Enochian Keys - Chvpter I »  ou « Rites of the Damned - Chvpter. II » tant les deux chapitres sont complémentaires malgré l'évolution du second par rapport au premier. Etwas confirme avec cette nouvelle réussite qu'il fait partie, avec Oïkoumen dont il partage parfois l'affiche, d'une jeune génération de caractère qui propose ses propres nuances à la scène Metal française. 
« Rites of the Damned - Chvpter. II » est disponible depuis le 16/05/2024.
Le lien : 

SONIC UNIVERSE (groove metal), It Is What It Is (10/05/2024)

SONIC UNIVERSE (groove metal), It Is What It Is (10/05/2024)

Le 15/05/2024

Le funk est omniprésent sur l'album, intimement lié à sa dominante metal. Le mariage fonctionne merveilleusement bien.
Par Ahasverus
Corey Glover, le chanteur de Living Colour, et  Mike Orlando, le guitariste d'Adrenaline Mob, se sont associés dans un projet nommé SONIC UNIVERSE pour un album bourré de feeling et de groove, disponible depuis le 10/05/2024 via Ear Music : « It Is What It Is ».

Sonic universe

Il s'agit d'un dix pistes d'une durée de cinquante minutes environ. Sa production a été prise en charge par Mike Orlando.
L'album est musicalement proche de références telles que Living Colour, mais aussi de Glenn Hugues, voire de Deep Purple et, plus loin , de Mother's Finest.
Le funk est omniprésent sur l'album, intimement lié à sa dominante metal. Le mariage fonctionne merveilleusement bien. Des titres tels que « I Am », « It Is What It Is  », « Turn A Blind Eye », « Come What May » et « I Want It All »  sont purement savoureux.

La voix de Corey Glover est éclatante, à la fois explosive, particulièrement engagée et gorgée de miel,. La guitare de Mike Orlando est omniprésente et virtuose, précise, extrêmement vive et pertinente. Avec eux, la basse de Booker King se fait groovy, tandis que Taykwuan Jackson ne ménage pas les peaux de sa batterie, déployant une activité intense.

Le travail accompli sur les choeurs est également à souligner ils sont funky à souhaits. De même qu'il faut saluer l'engagement des musiciens qui ne se ménagent pas sur l'ensemble de l'album.
Sonic Universe signe avec « It Is What It Is  » un disque énergique, frais, funky, bourré de feeling et très investi. C'est l'une des belles sorties de l'année et les amateurs de metal saupoudré de ce type d'ambiances veilleront à ne pas passer à côté de cet opus  aussi généreux que remarquable.

VELVETEEN QUEEN (hard-rock), Consequence of the city (2024)

VELVETEEN QUEEN (hard-rock), Consequence of the city (03/05/2024)

Le 08/05/2024

« Consequence of the city » est particulièrement impressionnant quand on considère qu'il s'agit d'un premier opus. C'est l'album qu'aurait dû faire Guns N' Roses à la place de « Chinese Democracy ». Il plaira aux fans de hard à cheveux.
Par Ahasverus
Velveteen queen
Et un de plus pour la Suède, un ! 
Comme de bien entendu, VELVETEEN QUEEN est de Göteborg, la capitale mondiale du rock.
Bien sûr, Samuel, Lukas, Noah et Isac, sont des potes de lycée.
Evidemment ils montent leur groupe en 2021 et ils participent à plusieurs festivals (Swedish Rock Festival, Skogsröjet. Festival, Kristianstad Rockfest, Malmöfestivalen) et tournent avec Nestor et Hardcore Superstar...
VELVETEEN QUEEN réalise tout ça avant même d'avoir sorti son premier long format, « Consequence of the city ». Autant en profiter quand on a le temps ! 
L'album « Consequence of the city » arrive le 03/05/2024. La routine, quoi...
Tant qu'on y est, pourquoi ne pas faire appel à Patrik Ullaeus ( In Flames, Arch Enemy, Europe, Evergrey, Amaranthe) pour les clips ? Bein allez, oui, pourquoi pas ?
Tout cela coule de source en Scandinavie, terre du Père Noël ! (CQFD)

Musicalement, VELVETEEN QUEEN c'est un hard-rock à la charnière des années 80/90, quand éclataient à l'international des groupes comme Skid Row et surtout Guns N' Roses, dont les Suédois peuvent revendiquer la paternité sans crainte d'aller aux tests ADN.
Sans singer Axl Rose et ses gimmicks, Samuel Nilsson n'est pas très éloigné du style et du timbre du chanteur de Lafayette. Dans une moindre mesure, il peut aussi rugir comme Steven Tyler (« Trauma », « Dreamer »).
« Consequence of the city », la galette, pose dix compositions qui retiennent l'attention d'emblée.
Les morceaux sont variés, solides, la lead nous charme sans en faire des caisses (« Take Me Higher », « Last Sensation »), la batterie cogne bien, les backing vocals sont en place, parfaits, et le groupe sait donner de la ballade avec brio sans chercher à faire un « November Rain II » tout en  montrant une grande efficacité (« Stranger In The Mirror », « Dreamer »).
VELVETEEN QUEEN sait aussi propulser des riffs à la Skid Row (« Kenny's Blues »).

C'est bien fichu tout ça ! On a clairement affaire à un premier album d'exception. Jamais pris à copier par dessus l'épaule, le jeune VELVETEEN QUEEN n'est pas un poseur ; il a de l'étoffe et démontre de solides capacités d'écriture et de réalisation. Il a les muscles pour secouer le cocotier du hard-rock, pourtant doté de profondes racines.
« Consequence of the city » est particulièrement impressionnant quand on considère qu'il s'agit du premier long format d'un groupe qui n'a que deux ans d'existence et dont les membres auraient entre vingt et vingt-trois ans. C'est l'album qu'aurait dû faire Guns N' Roses à la place de « Chinese Democracy ». Il plaira aux fans de hard à cheveux, et le quatuor, même s'il n'a pas révolutionné la planète  Metal avec sa came de facture classique, semble bien parti pour graver son nom sur l'écorce et manger sa part du gâteau de la scène internationale.
Une belle sortie hard-rock à découvrir et un groupe à suivre !
 

CAELI CONCEPT (metal progressif), Lunaison (19/04/2024)

CAELI CONCEPT (metal progressif), Lunaison (19/04/2024)

Le 07/05/2024

« Lunaison » pose sur une même table plusieurs atmosphères, tantôt chahutées, tantôt cajolées par le talent, la culture et la personnalité de ses invités.
Par Ahasverus

Caeli concept

Deuxième album pour CAELI CONCEPT.
Ce groupe du Périgord formé en 2019 sortait deux ans plus tard un album intitulé  « The Dark Playground ».
Officiant dans le Metal progressif instrumental, il avait la bonne idée de s'attacher les services d'une section de cuivres qui lui donnait des faux airs de jazz moderne.
Trois ans plus tard, CAELI CONCEPT reprend sa formule saxophone/ trombone / trompette + instruments propres au Metal et y ajoute un nouvel instrument : la voix.

Non pas une, mais des voix, en fait, puisque pour l'appuyer, le groupe a sollicité plusieurs chanteurs et chanteuses. Ils apportent chacun leur savoir faire et leur sensibilité à des compositions déjà variées d'un point de vue instrumental. On passe ainsi de la puissance et noirceur de Yann Ligner (Klone) aux vocalises world lyriques et lumineuses d'Heli Andrea (ex-Mobius), puis du timbre bipolaire de 2SICH (qui signe les lyrics de « Буря »)  à l'agréable vibrato de Juanjo De Latorre (qui écrit les paroles de « Limpia Tus Ventanas »).

L'album pose ainsi sur une même table plusieurs atmosphères, tantôt chahutées, tantôt cajolées par le talent, la culture et la personnalité de ses invités.
CAELI CONCEPT, en maître d'oeuvre, parvient à harmoniser les styles dans un album aux tonalités graves. Bien inspiré, il ne systématise pas l'emploi des cuivres, ce qui rend leur effet d'autant plus percutant (« Dearest Wind », « Silver Tree »), avec en point d'orgue le jazzy « Vocifère » où le saxophone de Cyril Prevost se confronte à une basse claquante et au chant saturé de Robin Cauchois.

Ombres, lumières, contrastes, nuances, voix, instruments se complètent ou s'affrontent sur cette palette allongée, cette suite de chapitres parfaitement assemblés par CAELI CONCEPT. L'apport de cette distribution judicieuse est indéniable et permet à la jeune formation périgourdine de passer un pallier, et certainement de toucher un nouveau public qui ne manquera pas de s'intéresser à cette formule originale et bien menée.
« Lunaison » est disponible depuis le 19/04/2024. C'est une sortie Wormholedeath.

MAIDAVALE (rock psychédélique), Sun Dog (03/05/2024)

MAIDAVALE (rock psychédélique), Sun Dog (03/05/2024)

Le 04/05/2024

L'un des groupes de rock psychédélique les plus habités de la planète. 
Par Ahasverus
Maida Vale, en deux mots, c'est un quartier de Londres ; en un seul, c'est un groupe de rock psychédélique suédois composé de quatre filles : Matilda Roth (chant), Sofia Ström (guitare), Linn Johannesson (basse),  et Johanna Hansson (batterie).
Le quatuor se forme en 2012. Signant chez The Sign Records (Heavy Feather, Children Of The Sün, Hot Breath) il sort son premier album, « Tales Of The Wicked West », en 2016. Comparé à Jefferson Airplane, il s'impose avec des titres hautement 70's comme « (If You Want The Smoke) Be The Fire ».

« Madness Is Too Pure », un second long format, sort en 2018. Toujours sur The Sign Records., il reste percutant et MaidaVale prend le charme venimeux d'un serpent qui danse.

« Sun Dog »

MaidavaleIl faut six ans aux Suédoises pour donner un successeur à « Madness Is Too Pure », mais « qu'est-ce que le temps de toutes façons ? », dit MaidaVale pour seule justification. Digne d'un papier peint pour salon de la fin des 70's, l''artwork réalisé par Alex Khabbazi est bien dans le ton de l'album. 
Les musiciennes ajoutent que ce disque « a été enregistré au cours de trois sessions au Svenska Grammofonstudion à Göteborg entre mars et septembre de l'année dernière », et qu'il s'agit de la plus longue période que le groupe ait jamais passé en studio. Toutes les chansons sont signées MaidaVale et l'album paraît désormais sur le label que le groupe a fondé en 2023 avec son manager.
« Sun Dog » démarre par une mélodie survoltée portée par la basse et les percussions (« Faces [Where is Life]»).

Le roulement des quatre cordes se saisit aussi du morceau suivant qui voit percer la fuzz (« Fools »). Si le propos se teinte de modernité punchy (« Control ») et presque électro-pop (« Pretty Places ») dans la seconde partie de l'opus, MaidaVale ne renonce globalement pas au son qui caractérise ses précédents opus. Le rendu est toujours plein de ces effets de réverbération caractéristiques des 70's sur les guitares comme sur les voix. Les incartades plus actuelles ne changent pas fondamentalement le propos. MaidaVale a donc grandi, mais il reste le même : l'un des groupes de rock psychédélique les plus habités de la planète. 
Le lien : https://linktr.ee/maidavale
Maidavale vinyle

MADAME ROBERT, « C'est Pas Blanche-Neige Ni Cendrillon »

MADAME ROBERT (rock), « C'est Pas Blanche-Neige Ni Cendrillon » (12/04/2024)

Le 26/04/2024

Les amateurs de scène française trouveront aisément leur affaire dans cette galette de trente-huit minutes pétrie par des musiciens bourrés de talents qui nous font partager leur amour de la musique.
Par Ahasverus
Madame robert« Madame Robert ». Une chanson de Nino Ferrer, sortie en 1966.
En 2018, Madame Robert est aussi un groupe fait du meilleur linge de la scène française : Reuno (Lofofora), Stef Zen (Harvest Blues Band, Parabellum),  Julien Mutis (Harvest Blues Band), Léa Worms (Gaëlle Buswel, Nina Attal) et Xavier Mesa (Parabellum).
La bande sortait voici plus de cinq ans un premier album baptisé « Comme De Niro » avec, pour personnifier Madame, la belle Divina Boom.

Madame robert comme de niro

« Comme De Niro » : un opus de rock, mélange de Rythm & Blues et de chanson débridée, avec les belles plages d'orgue de Léa Worms superbement mélangées à des guitares qui filent. Une filiation revendiquée avec Nino Ferrer (« Comme De Niro », « Captain », « Mieux Avant »), pouvant même faire penser à Dick Rivers (« Nabab », « Salaud »), Bill Deraime (« Mieux Avant ») ou encore à Jacques Dutronc (« L'Aventure »).
Le temps d'un morceau (« Schultzy Blues ») Madame Robert retrouve son sérieux pour rendre hommage ( « Quel est le salopard / qui t'a rappelé à lui / sans ta guitare ») à Roger Schultz  Fritsch, chanteur de Parabellum décédé en 2014.
Ce premier long format est soutenu par le clip « La Reine de la jungle », dans lequel joue Divina Boom.

Fort de cette expérience qui se soldait par une tournée d'une cinquantaine de dates qui se terminaient à La Cigale, les joyeux drilles reviennent en 2024 avec un nouvel album qui nous assure que Madame Robert « C'est Pas Blanche-Neige Ni Cendrillon » !
Visuel album madame robert c est pas blanche neige ni cendrillon 1440rvbNiveau line-up : Xavier Mesa a laissé sa batterie à Fabien Rault (Little Odetta).
Pas de changement pour Madame Robert, toujours incarnée par Divina Boom sur la pochette.
Pour lancer cet opus, un single-clip nous invite « Chez Madame Robert », avec des paroles de Reuno qui nous promettent qu'on y « retournera la semaine prochaine ». Bien entendu l'incontournable Divina Boom reste  l'héroine de cette nouvelle vidéo.

Madame Robert n'a pas changé sa recette : le nouvel opus est parsemé de très belles nappes instrumentales où l'orgue Hammond se distingue particulièrement. Les textes croustillants permettent à Reuno de livrer une prestation pleine de groove qui n'est pas sans rappeler Nino Ferrer ou Bill Deraime.
Les amateurs de scène française trouveront aisément leur affaire dans cette galette de trente-huit minutes pétrie par des musiciens bourrés de talents qui nous font partager leur amour de la musique.
Ce nouvel album est réalisé « à l’ancienne et sans trucage »  au Studio E, à Ecotay l’Olme, dans la Loire avec Bruno Preynat (Mickey3D, Kent, Parabellum). 
« C'est Pas Blanche-Neige Ni Cendrillon » est disponible depuis le 12 avril 2024 en CD et en vinyle (noir, splatter numéroté ou couleur). C'est une sortie AT(h)OME. 
Un lien pour la commande : https://linktr.ee/madamerobert
Madame robert vinyle

MADAM (pun/ rock), Thanks For The Noise (12/04/2024)

MADAM (punk/rock), Thanks For The Noise (12/04/2024)

Le 23/04/2024

« Thanks For The Noise » est la confirmation pérenne d'un talent et d'une personnalité forte.
Par Ahasverus
« Notre musique on la fait avec nos putains de tripes. Ce qu'on veut, c'est que les gens sentent ça, et qu'ils voient le plaisir qu'on a à monter sur scène, à ressortir moites de sueur, la bouche pâteuse, avec une seule envie : recommencer. » C'est la profession de foi épinglée par Madam sur sa page Bandcamp. De fait, après deux EP (2018 et 2022), le trio toulousain remet le couvert avec un long format au titre aussi cinglant que sa musique et sa pochette : « Thanks For The Noise ». Vous voila prévenus.
Madam 1L'énergie est une caractéristique saillante de ce premier album de trente-cinq minutes et même si Madam revendiquait plutôt pour influences celle de « The White Stripes pour le côté brut et garage mais aussi de Franz Ferdinand pour les tournes de batteries dance » (interview Rockfanch 2022), il y a quelque chose qui tient du punk dans sa musique.
 Sans fioritures, privilégiant l'In Your Face, « Thanks For The Noise » aligne onze pastilles efficaces (« She's Gone », « Wanna Be You ») ainsi qu'une nouvelle version d'un titre du premier EP (« The Ride »). Le message passe instantanément et des morceaux percutants comme « Mirrors » trouveront aisément le chemin des setlists et le coeur d'une fanbase déjà solide.
Installée comme un propriétaire, Madam assure sa position sur la scène française aux côtés de formations originales (Imparfait, No Terror In The Bang) avec lesquelles elle contribue à porter beau les couleurs de l'underground. « Thanks For The Noise » est la confirmation pérenne de son talent et d'une personnalité forte qui perçaient depuis les premiers pas du groupe.

BLUE ÖYSTER CULT (hard-rock), Ghost Stories (12/04/2024)

BLUE ÖYSTER CULT (hard-rock), Ghost Stories (12/04/2024)

Le 12/04/2024

Est-ce dans les vieux BÖC qu'on fait la meilleure soupe ?
Par Ahasverus

Une page du rock se tourne...
Après avoir écrit quelques-uns des standards les plus mémorables de l'histoire du Metal (« Astronomy », « E.T.I. (Extraterrestrial Intelligence)  », « Godzilla  »), après un retour aussi remarquable que réussi (« The Symbol Remains »), Blue Öyster Cult met un terme à une discographie initiée en 1972 en proposant le 12/04/2024 un album testamentaire : « Ghost Stories ».
Blue oyster cultDes histoires de fantômes qui sont en fait onze titres  composés dans une période allant de 1978 à 1983, ainsi qu'un morceau de 2016 (« If I Fell ») et une cover du MC5 (« Kick Out The Jams »).
Ces fonds de tiroirs enregistrés avec le line-up de l'époque (assortis de quelques overdubs) n'avaient pas trouvé leur place sur les opus sortis au moment de leur création. Le groupe les juge pourtant suffisamment solides pour les sortir des oubliettes où il les avait laissés.
Est-ce dans les vieux BÖC qu'on fait la meilleure soupe ? « Ghost Stories » a  le charme suranné des vieux albums de Blue Öyster Cült et ces compositions sont d'agréables pièces de rock (« We Gotta Get Out Of This Place », « Gun ») qui méritaient bien un support discographique.
Pour l'artwork, les Américain ont fait à nouveau  appel au talent de l'illustrateur français Stan W Decker. 
La production a demandé un soin particulier : George Geranios a dû transférer le son des bandes analogiques vers un support numérique. Steve Schenck et Richie Castellano se sont occupés du mixage tandis que Sam Stauff  a pris en compte le mastering.
Disponible depuis le 12/04/2024, « Ghost Stories » est une sortie Frontiers Music Srl.
S'il n'a pas la puissance et le niveau du précédent album studio et si l'assemblage des morceaux peut paraître un peu décousu, « Ghost Stories » n'en est pas moins un beau cadeau d'adieu discographique aux fans.

K-LIZEÜM (neo-metal), Gloria Circus (06/04/2024)

K-LIZEÜM (neo-metal), Gloria Circus (06/04/2024)

Le 07/04/2024

Un album de metal wallifornien qui file plus vite qu'un Eurostar.
Par Ahasverus

« On l'a voulu énergique, décalé et varié. Dans ce cirque glorieux, vous retrouverez des des extraterrestres, des cowboys, des clowns, une panthère bleue, des super héros, de l'amour, de la passion, de l'indignation, de la révolution et de la folie douce. Bonne écoute ! »
Ainsi K-Lizeüm présente-t-il « Gloria Circus », son nouvel album.
K lizeum gloria circusC'est un opus ramassé, huit titres pour vingt-huit minutes,  qui sent bon la scène 90's. Les riffs massifs (« Refait l'Histoire ») appuient un solide travail sur les mélodies et les choeurs. Une alternance puissance/finesse facilitée par le large registre de Jean-Marc Ernes (chant) constitue la base de la recette de cette galette. Cependant K-Lizeüm joue la surprise par des ambiances inattendues (« T3KN0L0G1K », « Panthère Bleue », « Le Cow-Boy d'Ardenne »). L'approche peut rappeler System Of A Down (« Gloria Circus »). Il y a en tous cas beaucoup d'inventivité dans le jeu et l'originalité de l'exercice est incontestable. 

Ce style est désormais une marque déposée par  K-Lizeüm, et « Lib​è​re le bizarre » (2018) trouve sa digne suite en « Gloria Circus ». La formation belge utilise parfaitement ses atouts pour lancer un album de metal wallifornien qui file plus vite qu'un Eurostar. Sa brièveté vous donnera l'envie de refaire le voyage dès sa dernière note.

SYMAKYA (metal progressif), Project 11 : The Landing (2024)

SYMAKYA (metal progressif), Project 11 : The Landing (05/04/2024)

Le 07/04/2024

Donnant dans son prog' la priorité au heavy et à la mélodie, Symakya réussit le tour de force de rester accessible tout au long d'un album d'une richesse évidente. 
Par Ahasverus
Sykamaya band
Symakya est un groupe de heavy symphonique et progressif formé en 2008 par des musiciens de Seymihnol, Elvaron et Heavenly, trois formations bien établies sur la scène française. Citant pour influences communes Iron Maiden, Judas Priest, Pain of Salvation, Kamelot, Nightwish, ou encore Sonata Arctica, ces artistes expérimentés et perfectionnistes sortent en 2011 « Majestic 12: Open Files », un premier album tournant autour de l'Ufologie. 
Symakya 1C'est sous la forme d'un quatuor que Symakya refait surface en 2024 avec l'album « Project 11 : The Landing », qui propose pas moins de soixante-cinq minutes de musique !
SymakyaC'est  Kevin Kazek (chant) qui s'est collé aux lyrics de ce concept album.  Ce docteur en histoire ancienne n'en est pas à son coup d'essai puisque c'est un exercice qu'il pratiquait régulièrement avec Seyminhol. Ici, les musiques de « Project 11 : The Landing » ont été construites à partir de ses paroles. 
Restant en cohérence avec le titre « Majestic 12: Open Files », « Project 11 : The Landing » se réfère au projet Apollo 11, qui voyait l'homme poser son pied sur la Lune pour la première fois en 1969. Symakya s'inspire de l'événement et nous entraîne sur les traces des Sélénites, mêlant textes antiques, guerre froide, histoire et écologie.
Si le récit est particulièrement fouillé, le quatuor réussit le tour de force d'éviter à sa musique progressive les longueurs en proposant des passages accrocheurs, parvenant à maintenir remarquablement l'attention sur des compositions qui descendent rarement sous la barre des sept minutes.
Ainsi des morceaux comme « The Height of Endymion », « Lunar Obsession », « Eleven », « The Oath » ou « Full Moon », conservent un attrait mélodique évident et un côté épique immédiatement fréquentable ; ils ne manqueront pas de vous faire headbanguer (« Horses of Apollo ») ! 
Parallèlement, la richesse de l'album, ses lignes instrumentales, la qualité du chant et des choeurs, la variété des arrangements, les différences d'ambiances et de son, vous inciteront à revenir lui prêter une oreille plus attentive, car il est aussi magistralement pensé qu'éxécuté. 
La clarinette et le violon complètent agréablement le propos ( « Land », dont le refrain est une vraie tuerie !).
Symakya délivre donc une galette particulièrement soignée qui comporte plusieurs niveaux de lecture mais qui donne la priorité au heavy et à la mélodie. Il réussit le tour de force de rester accessible et efficace tout au long d'un album d'une richesse évidente.  Il se montre à l'aise dans l'éxécution, trouvant sa zone de confort jusque dans les passages les plus techniques. On salue le brio des musiciens dans leur ensemble et plus particulièrement celui du vocaliste, dont la puissance et la justesse nous impressionnent toujours, et du compositeur qui réalise un exercice bluffant qui permet à « Project 11 : The Landing » de frapper sa cible au coeur ; cet album est aussi admirable qu'excitant !
« Project 11 : The Landing » est disponible depuis le 05/04/2024. C'est une sortie Wormholedeath (Max Enix, Crystal Gates, Wyvern, The Villainz).

UNDERGROUND THERAPY (grunge rock), Burning Tales (05/04/2024)

UNDERGROUND THERAPY (grunge rock), Burning Tales (05/04/2024)

Le 04/04/2024

Même si l'on connaissait l'Underground Therapy des précédents opus, ce premier long format brillamment construit, mélange de riffs grunge, de dark rock et de psychédélisme 70, lui va si bien qu'il fait l'effet d'une révélation.
Par Ahasverus
Photo ut 5 by june custody
UNDERGROUND THERAPY par June Custody 


Si Underground Therapy nous avait bien plu lorsqu'il avait collé dans ses premiers EP des morceaux comme « Anhedonia » ou « Stupid Man », il nous a carrément scotché sur « Burning Tales », son premier long format disponible le 05/04/2024.
Pochette recto burning tales

Le son fait maison est pur comme un premier Black Sabbath, il fait gronder la basse et sonner la guitare.  Anthony Dubarry fait des choix de production très séduisants, d'autant plus judicieux que si le chant est un élément caractéristique de la formation toulousaine, les échappées instrumentales en sont un autre.
Dès ses deux premières minutes, le disque se teinte d'un lavis sombre comme un Danzig.
Les riffs s'enchaînent, graves et malsains. Telle une Donita Sparks, Sarah Nasplezes déroule sa voix de basse sur un tapis carmin, avant d'envoyer fort et loin.
Et c'est bien aux L7 qu'on pense le plus souvent à l'écoute d'Underground Therapy, mais des L7 aux aspérités 70's, avec des échappées à la Iommi/Buttler et Ward.
Underground Therapy fait grimper ses riffs au rideau. Son goût de la liberté est suffisamment fort pour lui éviter l'ornière de la copie.
« Burning Tales » aligne ainsi une tracklist solide, bâtie par des musiciens soudés qui tissent une trame tangible sur laquelle évolue une chanteuse à la personnalité vocale cinglante.
Le résultat est aussi séduisant que robuste, et même si l'on connaissait l'Underground Therapy des précédents opus, ce long format brillamment construit, mélange de riffs grunge, de dark rock et de psychédélisme 70, lui va si bien qu'il fait l'effet d'une révélation.
Sombre, mélancolique, rageur, « Burning Tales » enchaîne les ambiances à coups de griffes. Underground Therapy les dompte par sa singularité. Le résultat est captivant.

LEAVE'S EYES (metal symphonique), Myths Of Fate (22/03/2024)

LEAVE'S EYES (metal symphonique), Myths Of Fate (22/03/2024)

Le 02/04/2024

Elina Siirala tire incontestablement son épingle du jeu dans une galette qui trouvera une place de choix dans la discographie de Leave's Eyes.
Par Ahasverus

Formé en 2003 par Liv Kristine après son éviction de Theater Of Tragedy, Leave's  Eyes est un groupe de metal symphonique dont la musique est saupoudrée d'influences folkloriques.
En 2016, la chanteuse norvégienne se voyait à nouveau évincée par le groupe qu'elle avait bâti au profit d'une Finlandaise,  Elina Siirala (Angel Nation).
Leaves eyes bandLEAVE'S EYES line-up 2024

La formation nouvellement agencée voyait l'album « Sign Of The Dragonhead » (2018) fraîchement accueilli par des critiques qui lui reprochaient de publier ce nouvel opus « sous la bannière d'un Leaves' Eyes amputé de celle qui en était l'âme. » (Music Waves). United Rock Nations estimait qu'il tenait « la route sur son ensemble malgré quelques banalités » tandis qu'il avait tendance, selon Aux Portes du Metal, « à tourner en rond » et à manquer « de patate ». 
Leaves eyes sign of the dragonhead 1« Myths Of Fate », le nouveau long format de Leave's Eyes, fera-t-il mieux que son prédécesseur ? 
Elina Siirala y apparaît immédiatement à son aise. Elle confiait à Metal Obs que ce nouvel album comportait, à ce jour, les meilleures parties vocales de sa discographie. Elle tire incontestablement son épingle du jeu dans un songwriting taillé sur mesure. 

Dans une grande cohérence et avec un savoir-faire incontestable, « Myths Of Fate » enchaîne les hits : « Forged By Fire »,  « Realm Of Dark Waves », « In Eternity », « Fear the Serpent » nous semblent particulièrement convaincants et constituent autant de raisons de vous pencher sur cet album.

Mais ces raisons auront-elles suffi à emporter l'adhésion des chroniqueurs ?
Les avis sont partagés mais tout de même majoritairement positifs ! Pour Metal Rules, « Myths Of Fate » est « un album phénoménal », et BraveWords y entend « un chef-d'œuvre sonore captivant ». Il « regorge de moments merveilleux » assure Headbangers Lifestyle tandis que Tuonela Magazine le considère comme «  l’un des meilleurs albums de l’année ». Dead Rethoric trouve le groupe « à son meilleur », et son album est « solide » selon Female Fronted Power, qui assure que « tous les fans de métal symphonique ou folk l'apprécieront pleinement ». Bémol pourtant côté Français où Chair Your Sound lui reproche « un manque de structure », tandis que pour Metal Obs l'opus « fait encore difficilement oublier leur ancienne chanteuse. »

Côté public, « Myths Of Fate » s'est hissé à la dix-septième place des charts allemands.
« Myths Of Fate » a convaincu Ahasverus ! Cet opus mélodique et bien ficelé est notre album favori du mois de mars 2024, un mois qui n'aura, musicalement, pas manqué de souffle avec les sorties attendues de Judas Priest, Bruce Dickinson, Black Bomb A, The Black Crowes, Myrath ou encore Lords Of Black !
« Myths Of Fate » a été enregistré au Mastersound, studio d'Alexander Krull (chant, clavier), qui signe la majorité des onze pistes. Sa sortie est soutenue par de nombreux clips de qualité tournés en Pologne et en Islande. 
Leaves eyes cover 1Leave's Eyes est actuellement en tournée européenne. Aucune date n'est prévue en France.
Leaves eyes tournee

SAMSARA JOYRIDE (stoner), The subtle & The Dense (23/02/2024)

SAMSARA JOYRIDE (stoner), The subtle & The Dense (23/02/2024)

Le 31/03/2024

« The Subtle & The Dense » rappelle le grunge pour son absence d'apparat, tandis que le son tire sur les albums de rock psychédélique des 70's. 
Par Ahasverus

C'est d'Autriche que nous vient Samsara Joyride. Ce quatuor lâchait en 2022 un premier album éponyme.
2024 sonne le temps de la confirmation. Les Viennois reviennent avec un second long format à pochette bariolée.
Son titre : « The Subtle & The Dense ».
Samsara joyride

Il s'agit d'un sept pistes de quarante-cinq minutes.
Le son très cru donne à l'oeuvre un incontestable côté stoner.
Le répertoire blues rock sait se montrer puissant. Sombre sans être austère, il rappelle le grunge pour son absence d'apparat, tandis que le son tire sur les albums de rock psychédélique des 70's. 
La voix de Florian Miehe se fait traînante comme celle de Layne Staley.
Aussi dépouillé que direct, enregistré dans les conditions du live, « The Subtle & The Dense » intéressera les amateurs des premiers Black Sabbath et des morceaux les moins électriques d'Alice In chains.
Seule la dernière piste s'éloigne notablement de ce répertoire avec l'intervention d'une voix féminine et d'un saxophone. Pour le reste, il s'agit d'un album suffisamment atypique parmi les sorties du mois pour vous intéresser.

LORDS OF BLACK (metal), Mechanics of Predacity (15/03/2024)

LORDS OF BLACK (metal), Mechanics of Predacity (15/03/2024)

Le 29/03/2024

La formation espagnole ne décevra pas les fans, mais ne les surprendra pas non plus.
Par Ahasverus
Lords of black coverLords Of Black est né en 2014 sous l'impulsion de deux membres de la formation espagnole Saragota,  Tony Hernando (guitare) et Ronnie Romero (chant).
Un premier album éponyme produit par le guitariste et par l'ex-Helloween Roland Grapow naissait la même année. Il proposait un heavy moderne et enlevé permettant au vocaliste de se faire remarquer et de multiplier les contributions jusqu'à devenir l'un des chanteurs incontournables de sa génération, adoubé par ses aînés (Ronnie a chanté dans Rainbow, Vandenberg et MSG).
Deux ans plus tard suivait une nouvelle galette. Son titre « II » montrait que Lords Of Black n'avait pas l'intention de passer des nuits blanches à chercher des noms d'albums. Côté musique, « II » proposait encore un heavy puissant ancré dans ce siècle naissant, parvenant à trouver le riff qui retient l'attention (« Cry No More »), excellant dans les compositions denses (« Live By The Lie, Die By The Truth »). Signé chez Frontiers Records, il affichait en bonus une reprise du titre « Innuendo » de Queen, trop copiée-collée pour amener une plus-value sinon celle de montrer le talent d'interprétation des musiciens. Le son se voyait à nouveau pris en compte par le binome Hernando/Grapow.

Le succès de la formation espagnole lui permit de figurer à l'affiche du Wacken et du ProgPower USA.
« Icons of the New Days », un troisième album intéressant mais qui doit plus au diesel qu'à l'essence, sortait en 2018. Il gardait quelques bons titres de heavy (« When A Hero Takes A Fall »).

Peu disert sur ses motivations, Ronnie Romero annonçait son départ du groupe en janvier 2019, souhaitant bonne chance à ses camarades. De nouveaux chanteurs rejoignaient Lords Of Black, notamment Dino Jelusick, qui vient de sortir un album avec Whom Gods Destroy, tandis que l'Argentin Diego Valdez (Electronomicon) était pressenti pour enregister le futur opus studio jusqu'à ce que Romero décide de réintégrer son poste après quelques mois d'absence.
Le nouvel album s'appellait « Alchemy Of Souls Pt. I ». Sorti en 2020, il se montrait plus incisif et accrocheur que son prédécesseur (« Deliverance Lost », « Sacrifice », « Closer To Your Fall », « Disease In Disguise ») et n'hésitait pas à appuyer sur les choeurs (« Dying To Live Again »). 

Qui dit « Pt. I » dit  « Pt. II ». Sortie en 2021, cette seconde partie s'ouvrait sur un beau prélude  qui annonçait une composition aux vocaux à la Ronnie James Dio. Les rythmes de Lords Of Black, entre heavy et power mélodique ( « Death Dealer ») restaient modernes et catchy (« Bound To You », « Mind Killer », « Fated TRo Be Destroyed », « No Hero Is Homeless »).
Tout cela nous emmène à « Mechanics Of Predacity », disponible depuis le 15/03/2024.
Lords of blackQuelques arpèges soutiennent le suspense avant de nous donner le ton du nouveau Lords Of Black. On est alors rassuré : « For What Is Owed To Us » est un morceau qui cogne.

Son successeur, « Let The Nightmare Come », n'en pense pas moins ; il aurait même tendance à monter en gamme niveau section rythmique... 

Si « I Want The Darkness To Stop » lève le pied, il conserve beaucoup d'intensité. Le rythme reprend crescendo (« Let It Burn » ) pour nous conduire à un étonnant mais très agréable « Can We Be Heroes Again » dont le ton à la Freddy Mercury dénote dans l'univers de Lords Of Black. La frappe bien lourde de « Crown Of Thorns », un titre académique, remet l'église au milieu du village mais un titre comme « Obsessions Of The Mind » donne à nouveau l'impression qu'il y a du neuf chez Lords Of Black, avec un ton très légèrement différent des précédentes productions. Oh certes pas quelque chose de révolutionnaire, mais un petit vent de liberté...
On commençait l'album par des arpèges, on le termine de la même manière, avec une jolie suite (« Born Out Of Time ») qui annonce un titre très heavy en guise de conclusion.
S'il reste fidèle à son style, « Mechanics Of Predacity » démontre que Lords Of Black n'a pas perdu la main. Fidèle à sa réputation, la formation espagnole ne décevra pas les fans, mais ne les surprendra pas non plus outre mesure. Le niveau reste tout de même particulièrement élevé.

WHOM GODS DESTROY (métal progressif), Insanium (15/03/2024)

WHOM GODS DESTROY (métal progressif), Insanium (15/03/2024)

Le 18/03/2024

Un tourbillon permanent.
Par Ahasverus
Whom gods destroy
Voici un supergroupe composé de virtuoses de la scène Metal qui comptent dans leurs CV des formations telles que Dream Theater, Guns N'Roses, Whitesnake ou Angra. Ils se retrouvent pour un album résolument progressif, heavy et moderne.
Dès les premières notes, il apparaît que Whom Gods Destroy propose des compositions aussi sombres que techniques, usant volontiers de sonorités dissonantes  (« Over Again »).
La voix de Dino Jelusick (Whitesnake) est d'une belle puissance, proche de celle de Jorn Lande et de David Coverdale.
Le jeu des musiciens, virevoltant pour le duo guitare/clavier, subtil pour la batterie, ne cesse de solliciter vos sens en hissant les compositions à un niveau  étourdissant (« Crawl »). 

« Insanium » stimule et sollicite ainsi de manière quasi permanente votre attention  dans un univers qui peut rappeler Ark.
Une ballade bienvenue pourra vous permettre de souffler (Find My Way Back) et vous trouverez parfois quelques propositions plus accessibles (« Keeper Of The Gate »).
Sans être totalement hermétique, « Insanium » reste exigeant, même s'il ne manque pas de mélodies dans les refrains.
Il tisse avec expertise une toile de neuf titres, dont un instrumental  (« Hypernova 158 »), dans un métal progressif particulièrement véloce. Cette complexité réjouira viscéralement une partie du public métalleux ; les autres auront du mal à suivre ce tourbillon permanent qu'il impose à leurs sens, même s'ils reconnaîtront volontiers la richesse des compositions.

LIPZ (hard/heavy), Changing The Melody (15/03/2024)

LIPZ (hard/heavy), Changing The Melody (15/03/2024)

Le 17/03/2024

C'est Suédois, c'est bien fait.
Par Ahasverus
Lipz changing the melodyLipz a vu le jour en 2011 à l'initiative des frères Alexander (chant, guitares) et Koffe (batterie) Klintberg qui fondent le groupe avec Conny Svärd (guitares), Ils seront rejoints bien plus tard par Chris Young (basse) qui amènera au line-up sa stabilité.
Orienté glam metal, les  Suédois sortent leur premier single, « Ghost Town », en 2012. Il est suivi trois ans plus tard par l'EP « Psycho » puis en 2018 par l'album « Scaryman ».
Il s'agit d'un bon album de hard heavy dans un style qu'on peut volontiers comparer à ce que propose BlackRain. A défaut d'être révolutionnaire, il propose un songwriting immédiatement accrocheur (« Star », « Falling Away », « Trouble In Paradise ») à base de bons riffs et de gros choeurs (« Fight »), taillés pour un public amateur de glam metal.

2024.  Lipz fait son retour avec « Changing The Melody ».
Toujours aussi peinturluré, il ouvre son album à la Bon Jovi (« I'm Going Under » avec son approche chorus qui rappelle « You Give Love A Bad Name ») et poursuit par un titre tout aussi efficace qui donne son nom à la galette. 
Les propositions restent globalement très accessibles (« Secret Lover », « Monsterz ») mais se montrent parfois un peu plus modernes qu'auparavant, pouvant rappeler  Kissin' Dynamite et, dans une moindre mesure, le dernier Winger (« Bang Bang », « Stop Talking About Nothing »). 

Deux ballades (« I Will Die For You » et « Freak ») invitent à des pauses dans un album légèrement supérieur à son aîné. 
C'est Suédois, c'est bien fait, alors si vous aimez le hair metal, vous pouvez envisager de faire l'after avec Lipz. 
L'album est disponible depuis le 15/03/2024 chez Frontiers Record.

EDWOOD (hardcore), Trust The Process (09/03/2024)

EDWOOD (hardcore), Trust The Process (09/03/2024)

Le 16/03/2024

Les dix pistes roulent pied au plancher et composent un ensemble hardcore efficace et crédible.
Par Ahasverus
Il aura fallu dix ans à Edwood pour passer de l'EP à l'album.
Edwood coverLa formation bretonne avait vu le jour en 2003, mais n'attendez pas d'elle qu'elle vous flatte les sens  à la bombarde ou au biniou : c'est la scène américaine de la fin des 90's qui a les faveurs de ces Morlaisiens.
Après une centaine de concerts et trois EP, le groupe mettait sur pause et c'est fin 2022 que Julien Tanguy (chant) et Jean-Marie Grovel (guitares) optaient pour un retour aux affaires.
Faisant appel à  Sylvain Collas (Stonebirds, Infern) pour la basse et Cédric Chaplet (HHM) pour la batterie, le groupe reconstitué entrait dans la foulée au BBlast studio et enregistrait l'album « Trust the Process » sous la houlette de Ben Lesous. L'opus était rendu public le 09/03/2024.
Fort de ses influences américaines, Edwood délivre un album de hardcore aussi vif que carré dont les gros riffs vous laisseront peu de temps pour souffler. A peine le titre « Truth To Be  Told (Return To Integrity) » daigne-t-il avancer à un rythme un peu moins soutenu que les autres. Mais globalement les dix pistes roulent pied au plancher et composent un ensemble efficace et crédible emmené par par le chant typiquement hardcore de Julien Tanguy. 
Terror, Strife et Comeback Kid sont les références citées par le groupe pour vous représenter l'univers de cet album. 
« Trust the Process » est disponible aux formats CD et numérique sur Bandcamp.
Le lien : 

THE BLACK CROWES (hard-rock), Happiness Bastards (2024)

THE BLACK CROWES (hard-rock), Happiness Bastards (15/03/2024)

Le 16/03/2024

Non, non, rien n'a changé, tout, tout peut continuer : le rock intemporel des Black Crowes n'a pas pris une ride.
Par Ahasverus

The Black Crowes ont retrouvé le chemin des studios après un peu de rififi qui les avait conduit à une séparation.
Le nouvel album s'appelle « Happiness Bastards ». Son contenu est heureusement plus inspiré que sa pochette ! (Quelqu'un pourrait-il leur donner les coordonnées de Stan W Decker ?)
Black crowes

« Happiness Bastards » est le fruit d'un nouveau line-up réuni autour des frères Robinson. Le bassiste Sven Pipien est le seul rescapé des années 90.
Le premier titre de ce dixième album rassure immédiatement : The Black Crowes nous donnent exactement ce qu'on leur demande : un son 70's, des choeurs, de bonnes nappes d'orgue Hammond, une légère touche southern.
Le groupe a opté pour un format court, avec un album d'environ trente huit minutes. Il propose des titres de hard efficaces, qui vont à l'essentiel sans oublier d'envoyer le bois (« Rats And Clowns », « Dirty Cold Sun »). Ils frappent même quand ils sont annoncés par des arpèges (« Cross Your Fingers »). The Black Crowes n'ont rien oublié du chemin du songwriting qui a fait leur succès, et le résultat comblera les fans de la première heure (« Wanting And Waiting »).

Non, non, rien n'a changé, et nous sommes loin de nous en plaindre : tout, tout peut continuer. Le son des frères Robinson reste aussi identifiable que sur « Shake Your Money Maker », avec ses choeurs gospel et ses claps, ses guitares slide et son piano. Il parvient à faire monter la mayonnaise, qu'il opte pour la ballade sudiste  (« Wilted Rose ») ou pour le rock accrocheur (« Flesh Wound »).
L'univers 70's nous  est livré dans un écrin sonore moderne tandis qu'un harmonica à la Neil Youg envoie la note de temps en temps (« Kindred Friend »).
Intemporel, le rock des Black Crowes n'a pas pris une ride. La surprise n'y est pas, mais il fait le job  et c'est ce que les fans de la première heure attendent. Les autres découvriront un reflet fidèle de l'univers du groupe.
The Black Crowes seront à Paris (Olympia) le 24/05/2024.

JUNON (post-hardcore), Dragging Bodies To The Fall (2024)

JUNON (post-hardcore), Dragging Bodies To The Fall (15/03/2024)

Le 16/03/2024

Le soleil ne perce jamais totalement le ciel menaçant qui surplombe l'ensemble de l'album.
Par Ahasverus

Trois ans après l'EP « The Shadows Lenghten », Junon, formation née des cendres de General Lee,  revient avec un long format intitulé « Dragging Bodies To The Fall ».

Junon artwork

L'artwork est l'oeuvre de Martin Catoire (guitare) et Emmanuel Poteau.
Résolument post-hardcore,  « Dragging Bodies To The Fall » est un album en tension permanente qui sait envoyer de beaux riffs heavy (« Caught In Hypocrisy Loops », « Another Bar To Your Cage »).

Sa musique foncièrement pessimiste pourrait vous rappeler Paradise Lost dans ses années les plus dures  (« Out Of Suffering », « Making Pease With Chaos », « Halo Of Lies ») mais l'ensemble, s'il est construit à coups de riffs pesants et hypnotiques, reste plus avant-gardiste.
Traitant « des forces destructrices qui habitent l’humanité et qui la conduisent à sa perte. », l'échafaudage de Junon connaît de rares accalmies qui lui confèrent un éclat sombre. Mais le soleil ne perce jamais totalement le ciel menaçant (en même temps, on est dans les Hauts de France, hein...) qui recouvre l'ensemble de l'album.
Compagnon funèbre jusque dans ses apaisements (« Segue 2 – Dragbody »), Junon multiplie les contradictions sonores à l'intérieur de son territoire. Réalisé avec soin, exigeant sans être austère grâce à une batterie particulièrement généreuse, « Dragging Bodies To The Fall » parvient paradoxalement à faire un coup d'éclat en alignant neuf variations désespérément sombres. Ambitieux, se bonifiant à l'écoute, il est appelé à durer pour les fans du genre qui ne manqueront pas de vanter ses qualités.

« Dragging Bodies To The Fall » a été enregistré, mixé et masterisé par Francis Caste au Studio Sainte-Marthe (Hangman's Chair, Regarde les Hommes Tomber, Pogo Car Crash Control).
C'est une sortie Source Atone Records.