Un album de metal wallifornien qui file plus vite qu'un Eurostar. Par Ahasverus
« On l'a voulu énergique, décalé et varié. Dans ce cirque glorieux, vous retrouverez des des extraterrestres, des cowboys, des clowns, une panthère bleue, des super héros, de l'amour, de la passion, de l'indignation, de la révolution et de la folie douce. Bonne écoute ! »
Ainsi K-Lizeüm présente-t-il « Gloria Circus », son nouvel album. C'est un opus ramassé, huit titres pour vingt-huit minutes, qui sent bon la scène 90's. Les riffs massifs (« Refait l'Histoire ») appuient un solide travail sur les mélodies et les choeurs. Une alternance puissance/finesse facilitée par le large registre de Jean-Marc Ernes (chant) constitue la base de la recette de cette galette. Cependant K-Lizeüm joue la surprise par des ambiances inattendues (« T3KN0L0G1K », « Panthère Bleue », « Le Cow-Boy d'Ardenne »). L'approche peut rappeler System Of A Down (« Gloria Circus »). Il y a en tous cas beaucoup d'inventivité dans le jeu et l'originalité de l'exercice est incontestable.
Ce style est désormais une marque déposée par K-Lizeüm, et « Libère le bizarre » (2018) trouve sa digne suite en « Gloria Circus ». La formation belge utilise parfaitement ses atouts pour lancer un album de metal wallifornien qui file plus vite qu'un Eurostar. Sa brièveté vous donnera l'envie de refaire le voyage dès sa dernière note.
« Here Be Dragons », le dixième long format du Metal Opera de Tobias Sammet, s'imposera-t-il parmi les meilleurs albums d'Avantasia ? On pourra toujours pinailler, le trouver plus ceci / moins cela... Il n'en reste pas moins que « Creepshow », où Sammet opère seul, « Here Be Dragons », « The Moorlands At Twilight » ou « Everybody’s Here Until The End », sont de grands moments de power mélodique qui permettent au génie créatif d'exploser.
2.- DRAGONKNIGHT, Legions
L'originalité n'est pas ce qu'on viendra chercher chez Dragonknight, mais le savoir-faire est avéré et l'inspiration bien présente. Loin du pétard mouillé, cet album de Power Mélodique enchaîne les hymnes. Son niveau est remarquable si l'on tient compte qu'il s'agit du premier opus de cette formation finlandaise.
3.- NACHTBLUT, Todschick Cradle Of Filth et Rammstein ont un fils, il s'appelle Nachtblut. C'est tout le portrait de son papa disent les uns ; les autres trouvent qu'il a le nez de sa maman.
4.- SORTILEGE, Le Poids de l'Âme Après « Apocalypso » (2023), Sortilege confirme son retour en forme et continue de porter en leader les couleurs du Heavy Power français.
5.- LARKIN POE, Bloom Plus ouvert que ses prédécesseurs, « Bloom » déborde parfois vers une rock radio-compatible, vers un blues rock intense ou un hard-rock à la ThunderMother. Frappant sa cible à chaque envoi, il se hisse à la hauteur des récentes productions des soeurs Lowelll, c'est à dire au plus haut niveau.
6.- MAJESTICA, Power Train Pour ce troisième album, Majestica a resserré son propos. Le songwriting est immédiatement accessible et reste, entre deux accès de génie, plaisant sur la durée. Le chant de Tommy Johansson, quand il visite les cîmes, rappelle celui de Michael Kiske. L'une des meilleures propositions de l'année 2025, en tous cas dans la catégorie Power Metal.
7.- LETHAL X, 90 Tons Of Thunder Difficile de dire ce qui rend addictif cet album de facture classique, peut-être ses lignes vocales qui font du hors-piste, ses riffs heavy ou ses ses leads inspirés, en mode twin guitars ou pas. En tous cas « 90 Tons Of Thunder » compte parmi les albums que nous aurons le plus poncé en 2025.
8.- TREMONTI, The End Will Show Us How
Tremonti s'est éloigné de ses influences premières pour atteindre une maturité maximale. Ce sixième album témoigne d'un savoir-faire et d'une musicalité avérés qui et « The End Will Show Us How » mérite sa place parmi les albums de l'année, même si un manque de relief peut installer une routine dans l'écoute.
9.- DREAM THEATER, Parasomnia Dans la lignée d'un « Train of Thought », le seizième album des tauliers du prog séduira ceux qui goûtent sa face la plus heavy.
10.- TWAT UNION, Don't Look It In The Eye Petit Poucet deviendra grand.
Parce qu'on ne peut pas être et avoir été DUST IN MIND fait son retour dans une formule totalement différente. Par Ahasverus
DUST IN MIND EST DE RETOUR !
Il revient avec une formule totalement nouvelle, lui qui marquait les esprits avec l'énörme « CTRL », son quatrième album.
C'était en 2021, les Strasbourgeois opéraient en quintette.
A la guitare Philippe Miralles, à la basse Xavier Guiot et à la batterie Thomas Marasi. Au chant, la charismatique Jennifer Gervais, qui portait l'image de Dust In Mind. Au chant encore, la tête pensante et cheville ouvrière de la formation, Damien Dausch, guitariste et chanteur, mais aussi principal compositeur, responsable du son et du visuel. Jennifer et Damien étaient deux des fondateurs du groupe.
Avec « CTRL », Dust In Mind frappait remarquablement fort. Non seulement par la qualité et l'originalité de ses compositions (le pont Piaf de « Synapse ») mais aussi par une pochette à la hauteur des grands albums, pour laquelle posait Freaky Hoody, l'homme le plus tatoué de France...
Si Dust In Mind ne pouvait défendre« CTRL » sur scène pour cause de pandémie, il le vendait magnifiquement par une série de clips digne des meilleures formations internationales, tel ce « Synapse », tourné en une heure seulement, qui lui permettait de devenir le premier groupe de l'histoire du Metal à avoir tourné un clip sur la Tour Eiffel !
Autre moment fort qui contribuait à inscrire « CTRL » dans nos mémoires, « Speak For the Voiceless ».
Ce clip voyait le groupe utiliser la langue des signes dans un effet des plus saisissants.
La pandémie eut-elle un effet pervers sur le fonctionnement du groupe ? En août 2023 les routes de Jennifer Gervais et de Dust In Mind se séparaient « après beaucoup de réflexion et d'introspection ». « Pour des raisons personnelles, je tire ma révérence de ce groupe que j'ai fondé il y a dix ans et dans lequel j'ai mis mes tripes, mon temps et tout mon cœur », disait la Strasbourgeoise. Dust In Mind, quant à lui, s'engageait « à aborder ce nouveau chapitre avec un cœur et un esprit ouverts », sollicitant votre compréhension et « votre compassion pendant cette période de transition alors que nous naviguons à travers ces changements ».
Tourmente, tourmente... Pour la suite de l'aventure, Dust In Mind sollicitait Maellie-Jenny Dewailly, qui remplaçait avec courage Jennifer au débotté dans une série de concerts.
Puis Dust In Mind quittait l'écran de nos radars... pour y réapparaître le 11/04/2025 avec un nouveau titre : « My Way » !
Loin de capitaliser sur son passé, Dust In Mind revient sous la forme d'un trio désormais composé de Damien Dausch (chant, guitare), Xavier Guiot (basse) et Thomas Marasi (batterie). L'absence de contrepoint féminin donne aux Strasbourgeois un visage radicalement changé. Ils expliquent :
« My Way marque la renaissance de Dust In Mind. Brut, honnête et indestructible. Plus de compromis. Plus de retenue. Voilà qui nous sommes désormais. Nous avons tout donné pour ce premier pas. Douleur, liberté, vérité : cette chanson parle de choisir sa propre voie, même quand ça fait mal. Il s'agit de lâcher prise, de se relever des décombres et de dire enfin : Je crois qu'il est temps ! »
Côté public, à en juger par les commentaires postés sur Youtube, les réactions sont globalement favorables, tout en rendant hommage à l'ancienne formule. En tous les cas, qu'on aime ou pas Dust In Mind dans sa version trio, il est clair que le groupe ne ment pas : il pratique la musique qu'il aime avec une intégrité maximale.