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AS THEY BURN, Ego Death (10/11/2022)
Le 06/11/2022
« Ego Death » ranime les braises du Neo Metal en y insufflant des influences modernes.
Après une interruption de son activité pendant près d’une décennie et une discographie bien fournie (voir in fine), As They Burn revient avec un EP six titres d’une durée d’environ vingt-cinq minutes :
« EGO DEATH »

L'artwork est signé Adrien Griveau et Alex Diaz – Spaniard Studio.
Dès la première piste, le groupe francilien dispense un savoureux mélange des styles, mariage heureux de la classe et de la violence avec un chant qui refuse de prendre partie (« Unable To Connect »).
Les rythmiques sont puissantes et le groove est de la partie, véhiculé par la basse et la batterie.
Le mélange voix claires/voix saturées est efficace dans les deux camps (« Missing Pieces »).
Cette richesse empêche toute linéarité, même dans les morceaux les plus guerriers (« V.I.T.R.I.O.L. »), à la fois puissants et mélodiques, parés d’un raffinement qui se fissure au growl dans un break étonnant.
Les riffs accrocheurs marquent l’ambiance, parfois sombre et stridente (« Monster »), le duo basse/batterie est expressif (« Ego Death »), les guitares subtiles, et les vocaux, profonds ou agressifs s’appuient sur des rythmiques solides et ne lâchent rien jusqu’au final (« Angel »).
On trouve ainsi chez As They Burn les qualités des grands, ces ambiances variées, soignées et violentes, ce chant idéalement équilibré, ce style qui marche sur le fil sans jamais trébucher.
Le son actuel, l’esprit de cette autoproduction, rappellent tout à la fois les pères fondateurs du Neo Metal (Korn, Deftones) et The Old Dead Three pour son côté subtil, sans oublier Sepultura pour le groove des percussions et des rythmiques. Ces belles références bien digérées sont restituées dans un rendu qui nous séduit au plus haut point. On vous recommande donc avec conviction cette galette – courte mais d’un grand niveau - qui parvient à ranimer les braises du Neo Metal historique en y insufflant de la modernité.
DO(e), Serial Killer (04/11/2022 - chronique)
Le 06/11/2022
« Serial Killer » séduira tout amateur de métal en recherche de chemins de traverse.
Catégoriser DO(e) provoque quelques hésitations car son univers doit autant au heavy qu'au rock prog'. Avec leurs compositions qui s'échelonnent de 3:46 à 9:17, les Parisiens brouillent les pistes. Seule chose certaine : il ne s'agit pas d'un groupe de K-pop finlandais qui chante en Italien !
Comme nous, vous découvrez, peut-être ce groupe. Il a pourtant mis le pied à l'étrier voila longtemps. En 2008, son album « Cold Night In Paris » était album du mois chez Guitarist magazine. Pour son second opus, DO(e) a pris son temps. Il s'en amuse lui-même dans cette vidéo décalée :
Mais cette fois c'est décidé : le 04/11/2022 c'est le grand retour de DO(e) avec un concept-album intitulé...
« Serial Killer »

« Serial Killer » raconte en neuf pistes (y compris une courte introduction dont les sons ont été enregistrés dans les rues de Paris) l'histoire d'un tueur en série de la veille de son passage à l’acte au lendemain de son exécution. Mais chaque chanson prise indépendamment, précise le groupe, pourrait raconter une toute autre histoire.
Après une courte introduction, c'est « The First Time », un titre hard/heavy qui nous accueille, avec des choeurs mémorables taillés pour la scène. Le chant retient immédiatement l'attention : une voix plutôt basse, capable de monter, avec beaucoup de présence, et un phrasé singulier. Une particularité assez rare dans le genre pratiqué, nous oserons la parallèle avec Loïc Malassagne, frontman de Hot Hell RooM.
« Dream At Dusk » est un pavé de plus de neuf minutes. Soutenue par un chant féminin, la voix monte en gardant une tonalité grave. Ce morceau-fleuve est une réussite.
« Serial Killer » démarre sur quelques lignes de guitare qui nous conduisent en douceur vers l'électrification. Le chant est très bien souligné par la voix féminine qui va chercher des notes diaphanes.
« The Chase » nous accroche avec ses guitares agrerssives.
Fame » est bien soutenu par les choeurs.
« What If » propose une belle complémentarité des chants féminins/masculins. Les guitares tissent une ambiance inquiétante.
« The Corridor » est un morceau carré, avec un beau déroulé basse/batterie et des voix féminines très hautes qui prennent le contrepied de la voix de basse.
Pour « Enfin », son dernier morceau le groupe s'essaie au Français. Le phrasé et la structure folk-rock progressive nous évoquent fortement le regretté groupe canadien Harmonium.
Après quatorze ans d'abstinence, DO(e) avait incontestablement des choses à nous dire. Il se lâche, aidé en cela par un chant caractéristique qui retiendra votre attention. « Serial Killer » se distingue, album de heavy/prog un peu inclassable à la signature affirmée. Il séduira tout amateur de métal en recherche de chemins de traverse et surtout il permet d'entrevoir un potentiel des plus intéressants. A découvrir, si ce n'est déjà fait, et à suivre.
BLACK MIRRORS, Tomorrow Will Be Without Us (04/11/2022)
Le 04/11/2022
Un album de haut niveau, que vous aimiez le grunge ou le rock, ou le blues, ou... tout simplement les bonnes chansons !
Si vous avez raté le début on rappellera que Black Mirrors est une formation bruxelloise fondée par Marcella Di Troia (chant) et Pierre Lateur (Guitare lead).

BLACK MIRRORS par Tim Tronckoe photography
Pierre Lateur expliquait en 2019 sur Branchés Culture :
« On retrouve très certainement des touches de Nirvana, Led Zeppelin, Royal Blood, Janis Joplin, Anouk et Queens Of Stone Age dans nos compositions mais il n’y a aucun calcul. C’est tout simplement les influences qui nous ont fait aimer ce métier. La musique des années 90 est très importante pour nous. Il est donc logique qu’elle teinte parfois nos chansons. » (retrouvez l'intégralité de cette interview ici)
Black Mirrors sortait son premier EP (« Funky Queen ») en 2017. Un an plus tard suivait l'album « Look Into The Black Mirror ».
Le 04/11/2022, le groupe belge livre son deuxième album. Il s'appelle :
« Tomorrow Will Be Without Us »

Deuxième album pour Black Mirrors, mais « Tomorrow Will Be Without Us » est le premier qu'il propose via le géant autrichien Napalm Records (Alterbridge, Dagoba, Candlemass, Jinjer).
Il s'agit d'un dix pistes d'environ trente-neuf minutes.
Black Mirrors donne quelques précisions sur ses intentions :
« Comme tous, nous avons traversé beaucoup de choses ces dernières années. Tomorrow Will Be Without Us est notre réponse à toutes les questions que nous nous sommes posées pendant cette période, notre réflexion sur la catastrophe écologique dont nous sommes tous témoins, nos pensées sur notre société de consommation… L'écriture de ces morceaux nous a donné la force d'avancer et de nous guérir, c'était notre catharsis. Nous espérons profondément que cet album vous apportera un peu de lumière en ces temps sombres. »
Ainsi Black Mirrors pose-t-il son regard sombre sur un monde que nous avons consommé, pac-man de nous-mêmes.
L'artwork présente un corps humain en cours de crémation.
Cöté technique, « Tomorrow Will Be Without Us » a été enregistré en Belgique (pandémie oblige), puis mixé par Alain Johannes (Eagles Of Death Metal, Queens Of The Stone Age) et masterisé par Dave Collins (Metallica, Chris Cornell, Mark Lanegan).
Marcella Di Troia confiait dans une interview à Loud TV que le groupe s'est adjoint une seconde guitare et qu'il avait opté pour un son organique.
1.- L'album s'ouvre sur une introduction garage à la L7 avec le titre « Snake Oil ». Effets sur la voix, soupçons nirvanesques, ajout d'un târ persan par Alain Johannes, ce titre ne se distingue pas par ses grosses guitares mais par son côté déglingué qui sort des rails, en accord avec sa thématique qui traite de la manipulation.
Côté clip, on apprend :
« L'idée derrière la vidéo était de combiner le thème principal de Tomorrow Will Be Without Us avec l'histoire de manipulation évoquée par ce morceau. Marcella a alors commencé à penser à cette fille dans une chambre d'hôpital psychiatrique, coincée, incapable de voir quoi que ce soit. Peu à peu, elle devient porteuse d'informations importantes que vous pourrez voir à la toute fin de la vidéo. »
2.- Plutôt rock,presque pop, « Lost in Desert » enchaîne sur des guitares acérées. Court et efficace, le titre a un refrain-choral calibré pour faire un hit. Le groupe précise :
« Pour ce morceau, Pierre a trouvé l'inspiration dans le désert de Tabernas en Espagne. Il y a des années, nous y avons tourné la vidéo de Moonstone et l'immensité de cette région a inspiré l'ambiance de Lost in Desert. Ce morceau parle d'aller ailleurs quand vous ne vous sentez plus à votre place là où vous êtes. Il s'agit d'aller dans un endroit où c'est vaste. Un endroit où vous retournez à vos racines, à ce que vous êtes vraiment. Il s'agit de trouver un asile où il n'y a rien d'autre qu'un espace ouvert pour réfléchir, un lieu d'introspection, pour de se retrouver. »
Il détaille son inspiration :
« L'idée des gens sans visage est inspirée par People Are Strange des Doors, commente le groupe. Quand vous êtes déprimé, tout le monde semble méchant et effrayant, vous avez juste envie de les éviter. Vous voulez trouver un endroit où vous cacher, un asile à l'intérieur de vous. »
Enfin, Marcella raconte à propos de l'oiseau de proie qui l'accompagne dans le clip :
« Je me suis toujours senti proche des buses, je trouve toujours du réconfort lorsque je les entends et que je les vois dans le ciel. Elles m'apportent de l'espoir et de la lumière dans les moments difficiles et m'aident à prendre de la distance avec mes problèmes. C'est pourquoi je voulais en avoir une dans notre vidéo. »
3.- « Tomorrow Will be Without Us » donne son titre à l'opus. Il lorgne vers le stoner psychédélique. Les choeurs marquent la ligne de basse très efficacement.
4.- « Hateful Hate, I'll Kill You » est l'un des points forts de cet album, qui ne connait en revanche aucun point faible. Ligne grunge vénère, claps, pont bien jeté. Le groupe expliquait :
« Hateful Hate, I'll Kill You est l'un des premiers morceaux que nous avons écrits et enregistrés pour cet album. Cette chanson nous a vraiment aidé à façonner l'album, embrassant beaucoup d'influences différentes comme Nirvana et Hole, mais aussi Queens Of The Stone Age, Jack White et même Radiohead. Ce morceau est un cri au monde amer dans lequel nous vivons, un cri à notre société de consommation ! Notre belle planète a ses limites ! Nous sommes sur un navire qui coule. Nous avons laissé tant d'êtres vivants mourir, voire disparaître. Nous devons changer maintenant plus que jamais - nous devons changer nos habitudes. »
Black Mirrors poursuit la visite guidée :
« L'énergie de la vidéo Hateful Hate I'll Kill You est assez proche de ce que vous pouvez attendre d'un concert de Black Mirrors. De plus, nous nous sommes concentrés sur ce qu'il y a derrière les paroles. Les couleurs, principalement le jaune et le rouge, ont été utilisées comme symbole de l'incendie de notre forêt, de notre planète. L'une des tenues que porte Marcella est un clin d'œil à la dernière extinction de masse afin de nous sensibiliser à celle que nous traversons actuellement. A la fin, elle se transforme même en arbre pour incarner le retour à la nature. »
5.- Une guitare claire nous accueille sur « Ode to my Unborn Child », avec une voix en retrait pour cette ballade légèrement cinématographique parée de très beaux effets.
06.- « Through the Eyes of a Giant » possède un côté world-music dans son refrain porté à bout de percussions. Une légère touche de guitare va en s'enflant, amènant un côté épique.
07.- Très 70's dans son accroche, « Collapsology (Raise Your Voice) » bénéficie d'un très bon placement des guitares et d'excellents arrangements.
08.- « Anthropocene » est énervé et direct. Le refrain est très bien construit, le solo de guitare délectable, dans une ambiance grunge-punk qui rappelle L7.
09.- La voix se fait profonde sur le blues de « Tears to Share ». Le passage de témoin voix/guitare sur le dernier tiers du morceau est une grande réussite.
10.- « Say It Again » retourne vers le psychédélique. C'est un assemblage dont les différentes ambiances s'assemblent très bien.

BLACK MIRRORS par Tim Tronckoe photography
Surfant sur plusieurs styles, aussi performant ici que là, Black Mirrors réussit avec « Tomorrow Will Be Without Us » son entrée dans la cour des grands pour présenter un album qui saura faire sa trace vers le public le plus large.
Aucun morceau n'est faible, le groupe manie avec le même talent le rock, le psychédélique, le blues ou le grunge-punk le plus énervé, menant son entreprise avec suffisamment de liant pour livrer ça dans un tout harmonieux. Il en ressort la certitude que ces Bruxellois et leur puissante chanteuse savent tout jouer. Ils cochent ici avec un talent indéniable toutes les cases du processus d'un album : songwriting/interprétation/production.
On comprend donc l'intérêt de Napalm Records pour ces jeunes loups qui affichent tant de points forts, et on vous recommande cet album de haut niveau, que vous aimiez les genres cités dans cette publication... ou tout simplement les bonnes chansons !
Pour résumer cette chronique à l'essentiel, « Tomorrow Will Be Without Us » est enfin la parfaite actualité pour vous servir cette expression populaire que me lançait jadis maman, qui avait le goût des bonnes choses :
« Fume, c'est du Belge ! »
JE T'AIME, Aggressive (01/11/2022 - chronique)
Le 03/11/2022
Au risque de me faire lyncher par les afficionados des Cure je dirais que l’élève a largement dépassé le maître.
Groupe : JE T'AIME
Album : « Aggressive » - Label Manic Depression/Icy Cold records
Genre : Cold Wave/Post Punk/Synthpop/Dark Wave
Influences : The Cure/Joy Division/The Smiths/Visage/Freur
Origine : Paris
Sortie : 01/11/2022
Par Pépé St@kaTTo
Line-up :
- dBoy : chant/basse/guitare/synthé/programmation boites à rythmes
- Tall Bastard : basse/guitare
- Crazy Z. : guitare/synthé/programmation boites à rythmes/mixage et mastering

JE T'AIME par Anaïs Novembre
Ah qu’ils ont été bien longs ces mois à attendre la sortie de celle nouvelle galette…
(Le flamboyant « Passive » étant sorti pour la Saint-Valentin, il était presque normal que le lugubre « Aggressive » sorte le jour de la Toussaint).
Pour ceux qui auraient loupé les précédents épisodes, les « Replays d’Ahasverus » se trouvent ci-dessous :
Tous les morceaux ont été composés et interprétés par Je T'aime
L'album est mixé et masterisé par Crazy Z. au Studio Zoé H.
Design et directon artistique : Andy Julia & et drien Chapuis
Photos Andy Julia
Tracklist :
01.Out of Sight-02.Tales of Despair-03.Evil Curves-04.Gone Away-05.If Only-06.Winter Lake-07.Kiss the Boys (And Make Them Die)-08.Elbow Beach-09.Leave Me for Dead-10.The Last Words of a Sad and Pathetic Hero
Avec cet album, les Je T'Aime viennent boucler un triptyque commencé avec leur premier album, « Je t’aime » qui racontait l’histoire de ce « jeune homme » ayant laissé derrière lui sa femme et sa fille pour se perdre dans la nuit noire et froide.
Avec « Passive / Aggressive » [1] on continue de le suivre à travers ses errances, ses regrets, ses remords et ses doutes. Son passé le rattrape et freine constamment son présent, compromettant de ce fait lourdement son futur et par là-même sa survie.
Incapable de faire face, perdu et violent avec les personnes qui l’aiment, lui qui aurait tant voulu prendre son temps, profiter de la vie avant de devenir un homme et un père, va lentement se laisser sombrer dans le néant et l’enfer, jusqu’à son dernier souffle.
[1] En psychiatrie, on est en présence d'un comportement Passif/Agressif lorsqu'une personne masque au quotidien des sentiments qu'elle n'assume pas et qui se traduisent par une violence sournoise, récurrente, destructrice et nocive pour son entourage.
01. « Out of sight » démarre calmement l’album comme un réveil après un long sommeil. Les nappes de claviers sont lancinantes et la voix de dBoy toujours aussi torturée. Les arpèges Telecastériens et les lignes de basses sourdes distillant comme à leur habitude leur ambiance Cold-Wave. Cette chanson montre combien il est difficile de vivre au milieu des autres et bien plus facile de rester isoler dans son monde.
02. « Tales of Despair » fait la part belle aux guitares avec toujours un son très Robert Smithien (flanger/delay/reverb). La basse également bien mise en avant ainsi que les claviers éthérés et la voix désincarnée, participent à cette élégie funèbre. Il parait bien compliqué de chasser de son esprit un amour passé qui subsiste comme un hameçon rouillé planté dans l’âme.
03. « Evil Curves » est la suite logique du précédent titre : difficulté d’oublier la fille que l’on a aimée, refus de vieillir, véritable syndrome de Peter Pan. Rapide avec son beat d’intro, le morceau est cependant mis sur pause à deux reprises, ce qui permet à chaque fois de relancer habilement la machine. Les arrangements sont particulièrement soignés, que ce soit avec l’intermède du répondeur téléphonique, les parties de claviers foisonnants ou avec une basse virevoltant en continu, la guitare de son côté répétant inlassablement son gimmick avant de conclure sur une montée ultra-décapante.
04. « Gone Away » démarre sur une mélodie au clavier vite rattrapée par une basse omniprésente, c’est elle qui va driver tout le morceau. Les paroles se veulent rassurantes et s’adressent principalement à « la jeune fille » abandonnée. Ce titre est pour moi l’un des moins sombres de l’album.
05. Le très flippant et cauchemardesque « If Only » sonne comme un vieux Cure. Le texte écrit pour une amie du groupe qui faillit partir d’un énième shoot mais qui fut sauvée in-extrémis, s’intègre parfaitement à l’ambiance du morceau. A noter le superbe pont de fin avec sa ritournelle au clavier, sa basse bucolique et sa phrase de conclusion tournant en boucle comme un ultime appel au secours, un sordide mantra. Un titre vraiment très émouvant.
06. « Winter Lake » avec son intro de basse sautillante et son ambiance funeste et froide n’aurait pas déparé non plus dans Seventeen Seconds. La voix de Dany est mélancolique, et semble résignée à accepter son sort. Le lac gelé représente l’impasse où se trouve le « jeune homme », il a tourné le dos à sa famille, refusé d’écouter ses amis et se retrouve maintenant seul face à la mort.
07. Avec « Kiss The Boys (And make them die) » [2] nous retrouvons cette ambiance festive et dansante de Passive avec l’utilisation intensive des claviers typés ’80 (bien moins noirs que sur les autres titres de cet opus), et ses refrains repris en chœur (notamment par Alex Svenson des Then Comes Silence). Encore ici un morceau qui n’est pas sans rappeler le style de Visage ou Human Ligue. Sublime, mon titre préféré de l’album !
A noter que cette chanson a été écrite pour récolter des fonds au profit des victimes de la guerre en Ukraine et qu’à la base ce titre ne devait figurer que sur l’EP pour l’Ukraine, mais il a finalement été rajouté à cet album.
[2] : « Kiss The Boys and Make Them Die » est à l’origine le titre de la première aventure de l’enquêteur Kiss Darling, écrit par James Yardley, mais c’est également un concept né en 2012 qui est devenu une tradition des clubs en Europe de l'Est et que l’on retrouve à Paris au « Klub » ou les Je T'Aime ont présenté des soirées concerts sur le thème des « musiques sombres ».
08. Avec « Elbow Beach » les Je T'Aime rejoignent la plage des Bermudes et leur énigmatique triangle. C’est sur un riff criard que démarre le morceau, des nappes de synthé mélancoliques, une ligne de basse angoissante ainsi que la voix désincarnée de dBoy nous plongent dans ce vide mystérieux et maudit.
Les paroles de ce titre encouragent la fille de notre Héros à fuir loin de lui, peut être sur le « Hollandais Volant ».
09. « Leave Me For Dead » est plus d’inspiration New Wave au niveau du chant (moins plaintif et décharné que sur les autres titres), mais également dans l’utilisation de ses nappes de claviers aériennes (principalement utilisées dans Passive), c’est un morceau assez planant et qui symbolise le cauchemar, et la fuite en avant du jeune homme.
10. « The Last Words Of A Sad And Pathetic Hero » vient conclure cet opus, tel un The Funeral Party ou un Faith de « qui vous savez », ce titre est particulièrement sombre. C’est sur un beat très lent, et telle une oraison funèbre que dBoy fait l’éloge de notre Héros, les paroles macabres prononcées sonnent comme le testament d’agonie qu’un mourant pourrait laisser à sa fille. C’est sinistre et magnifique à la fois.
A l'instar de la trilogie de leur « célèbre modèle », « Seventeen Seconds », « Faith » et « Pornography », l’oppressant « Aggressive » vient boucler ce triptyque entamé en 2018 ; et ce que l’on peut affirmer aujourd’hui, sans se tromper, c’est que les Je T'Aime sont bien de véritables musiciens capables de se renouveler à chaque album et non un simple « coup de chance éphémère ».
Au risque de me faire lyncher par les afficionados hexagonaux des Cure (dont je fais également partie, ce serait donc de l’auto-flagellation !), je dirais que « l’élève a largement dépassé le maître », car dans ces trois opus, rien à jeter, chaque titre étant de purs Carbonado (diamants noirs), des hits en puissance !
D’ailleurs pour preuve, les nombreux fans des Je T'Aime ne s’y trompent pas en allant nombreux assister à leurs concerts (Espagne, Pologne, Suisse, Italie, Allemagne, France : bé oui quand même !) NDLR : dates in fine.
DU MERCUROCHROME POUR LES CICATRICES, DU SIROP POUR L’ÂME, « JE T’AIME » c’est tout cela à la fois…

IMAGINAERIUM, The Rise Of Medici (17/10/2022 - chronique)
Le 30/10/2022
Les albums de Clive Nolan sont pour moi quelquefois trop lyriques et j’ai du mal parfois à les écouter d’une traite. Pour celui-ci ce n’est absolument pas le cas.
Une chonique d'Harvey
Pour ma première chronique ici même j’ai l’honneur, le privilège mais aussi la difficulté de parler du premier album de Imaginaerium.

Pourquoi donc ? Car l’un des fondateurs de ce groupe est Eric Bouillette mon regretté Ami mort bien trop tôt, tant de talent et de gentillesse, de bonté dans une seule personne… J’ai quand même accepté car je considère cela comme un hommage que je peux lui rendre à lui et sa femme Anne claire. Je n’irai pas plus loin dans les arguments personnels que je garde pour moi !

IMAGINAERIUM - Eric Bouillette
L’idée du groupe est partie de discussions entre Clive Nolan et Eric & Laura Piazzai, puis se sont ajoutés de multiples musiciens, nous y reviendrons.

IMAGINAERIUM - Clive Nolan
Le scénario de départ est corrélé à l’amour qu'Éric avait pour l’Histoire en général, ici c'est une partie des histoires de la grande famille Medicis qui nous est narrée (grandeur et décadence de Cosimo à la suite de son mariage avec Lucrezia de Medici).
« The Rise of Medici » est donc un album concept composé et arrangé par Clive Nolan et par Eric Bouillette. Coté musiciens nous retrouvons Clive Nolan (claviers, enregistrement batterie, chant – il interprète le personnage de Rinaldo) ; Eric Bouillette (guitares, claviers, mandoline, violon) ; Laura Piazzai (chant – elle interprète le personnage de Contessina) ; Andy Sears ( chant – il interprète le personnage de Cosimo) ; Elena Vladyuk (chant – elle interprète Lucrezia) ; Mark Spencer (chant – il est Monks) ; Scott Higham (batterie); Bernard Hery (basse) et Isabella Cambini (harpe).

IMAGINAERIUM - Laura Piazzai
Pour ne rien vous cacher les albums de Clive sont pour moi quelquefois trop lyriques et j’ai du mal parfois à les écouter d’une traite. Pour celui-ci et en grande partie grâce à Éric, ce n’est absolument pas le cas, il est bien plus rock et punchy tout en restant lyrique bien sûr mais la conception est bien meilleure et l’ensemble passe très bien. « The Tide Will Change » ou « Never Close Your Eyes » où les chœurs sont admirables en sont deux bons exemples. Le reste de l’album est du même acabit avec un « Treachery » magnifique également.
Les envolées de Clive sont toujours autant enjouées mais ici pas surjouées. Laura est parfaite et on retrouve un super Éric à la guitare mais pas que, avec par exemple son admirable travail à la mandoline sur « Glass Throne » ou à la guitare acoustique sur « Fall From Grace ».
Vous aurez compris, cet album est splendide et son écoute est plus que recommandée pour les fans de rock progressif, mais pas que !
LEDA, Tu Mi Bruci : L'explication de texte
Le 29/10/2022
TU MI BRUCI : RETOUR DE FLAMME
Avec Marocco Speed, son nouvel opus sorti le 22/04/2022, LEDA compte incontestablement parmi nos chouchous (notre chronique LEDA, Marocco Speed) de l'année 2022 dans la catégorie rock.

Surfant sur l'album, les Italiens se sont fendus d'une explication de texte relative à leur dernier single-clip, Tu Mi Bruci (traduisez : Tu me brûles). On partage, bien sûr !
Une chambre, un lit, une maison, les paroles de Tu mi bruci font référence à une relation qui n'est plus forte, avec le choix d'un langage plus poétique que descriptif.

Musicalement, la chanson joue avec des vides et des pleins rythmiques, des riffs de guitare électrique entrelacés avec des parties de synthé. Le nouveau single du groupe italien fait également appel à la voix et aux guitares slide de Paolo Benvegnù.
« Tu mi bruci est né au piano, déclare le groupe, mais seulement dans la salle de répétition, il a revêtu une apparence complète, liée à notre écoute partagée (comme Balthazar, Sleaford Mods). Par rapport aux territoires crépusculaires sur lesquels nous nous déplaçons musicalement, la texture sonore est lumineuse et dynamique, contrastant avec les paroles qui parlent d'une distance et d'une incapacité à communiquer. »
Dans le clip vidéo - tourné par le réalisateur Andrea Giancarli et photographié par Daniele Castelli - la pierre poreuse, fendue et taillée, est vivante et, baignée par la lumière de la flamme vacillante, elle met en scène un conflit comme il y en a beaucoup. Les puissants murs en travertin de la "Cave Cavam" de Rosara (Italie) semblent contextualiser les deux protagonistes dans un environnement familier, une énorme maison qui les avale dans une danse qui devient dangereuse. Les masques de Giulia et Giacomo de la Compagnia dei Folli cachent deux visages de chair muets et cachés, mais qui doivent être révélés. La vidéo devient l'expression visuelle d'un projet qui étudie les éléments matériels et symboliques du territoire : le travertin, qui ne se dresse que dans des zones géologiques particulières riches en cours d'eau et le feu, encore au centre d'importantes célébrations et de rites de passage dans le monde rural. Le projet a été réalisé grâce à la Fondazione Cassa di Risparmio di Ascoli Piceno.
SERAINA TELLI, Simple Talk (21/10/2022 - chronique)
Le 27/10/2022
Seraina Telli, l'intarissable, propose un nouveau sans faute sur son parcours musical déjà bien rempli.

Pas le temps de s'assoupir avec Seraina Telli !
Cofondatrice et frontwoman de Burning Witches, la Suissesse aux cheveux bleus, chanteuse, songwriter, multi-instrumentiste, quitte ce combo en 2019 pour fonder son groupe de métal progressif Dead Venus. Elle sort alors deux albums, « Bird Of Paradise » en 2019 et « Flowers & Pain » en 2022. Ils sont accompagnés de quelques clips mémorables, dont cet ingénieux « Lily Of The Valley », tourné en une seule prise :
Car Seraina Telli ce n'est pas seulement une voix, c'est aussi un oeil sûr. Elle est d'ailleurs son propre designer, et son look est indéniablement pour partie dans sa notoriété.
Son second opus de Dead Venus à peine refroidi, Seraina Telli entame une tournée européenne (qui ne passe pas par la France) avec les Italiens de CoreLeoni. Elle abreuve à nouveau nos sillons le 21/10/2022 avec un premier album solo :
« SIMPLE TALK »

Au programme de la galette, douze compositions, pour une durée d'environ quarante-et-une minutes, avec pour ouverture « Modern Warrior », un titre autobiographique, du sur-mesure à l'accroche chorale indéniablement taillée pour cette voix puissante et rugissante qui sait si bien souligner ses lyrics percutants.
Affirmant « I'm Not Sorry », Seraina s'affirme sur le même mode, entourée de discrètes nappes de clavier servies sur des gros riffs. La voix est surpuissante, les rythmiques font taper du pied.
« Take Care » s'encadre de guitares claires. La batterie cogne. La voix ne s'économise pas, soutenue par les choeurs dans un morceau savamment structuré.
« I Dare To » consolide la charge Big Rock en insistant sur ce chant particulièrement généreux.
« Remedy » permet aux lignes vocales de suivre des montagnes russes très puissantes
« Soldier Of Fortune » est la première des deux ballades proposées par cet album.
« G. E. B. » marque le temps fortement et propose des guitares saturées qui reviennent sur « Dreamer ».
«Not One Of Your Kind » se permet des claviers et une cadence plus pop. Les lyrics sonnent particulièrement bien.
« Fever » est une reprise du standard popularisé par Peggy Lee et Elvis Presley qui avance masquée avant de se dévoiler.
« Remember You » est une version épique de la ballade que Seraina dévoilait en 2020 dans ce clip :
« Medusa » prend le contrepied pour conclure l'album sur une accélération nerveuse bienvenue.
Seraina Telli, l'intarissable, propose ainsi un nouveau sans faute sur son parcours musical déjà bien rempli.
Sa performance vocale est féline et généreuse. Elle se conjugue à des lyrics qui sonnent particulièrement bien à l'oreille. Devant tout autant à l'univers du métal qu'à celui du big rock tel que le pratiquent des groupes comme Roxette ou Bryan Adams, « Simple Talk » démontre, s'il en est encore besoin, la richesse de l'univers de la Suissesse. On suit et on applaudit avec une admiration toujours grandissante, admiration pour ce parcours, pour cette créativité galopante comme pour cette nouvelle interprétation rugissante brillamment habitée. Il y a de l'or en Suisse, ce n'est une surprise pour personne. Seraina Telli vous le confirmera.
EVIL-MINDED, Lucy’s Fate (14/10/2022 - chronique)
Le 27/10/2022
Pour les fans d’Iron Maiden cet opus est un petit bijou tant l’inspiration est évidente.
Groupe : Evil-Minded
Album : « Lucy’s Fate »
Genre : Heavy Metal
Influences : Iron Maiden / Judas Priest / Metallica / AC/DC / Motörhead
Origine : Toulouse
Sortie : 14/10/2022
Par Pépé St@kaTTo
Line-up 2022 :
- Jonathan Sendrané (chant, guitare)
- Jonathan Jourdan (batterie)
- Romain Bourgeois (guitare)
- Guillaume Lefebvre (basse) Lorraine Cross, Nemedian Chronicles

Anciens membres :
- Anaïs Abbadie (chant)
- Yann Lehue (basse)
- Damien Oliveira (basse)
Discographie :
- Rock'N'Roll Road (2015 – démo 10 titres)
- Into The Jaws Of Death (2019)
- Weighing of the Heart (2020 – EP 3 titres)
- Lucy’s Fate (2022)
« Rock'N'Roll Road » (2015) - Démo
« Into the Jaws of Death Label » (2019) - Autoprod’
Tracklist :
1.Into the Jaws of Death - 2.No Man's Land - 3.The Old Knight - 4.Missing Paradise - 5.Call of Duty - 6.Pain - 7.Holy Wars - 8.Evil-Minded - 9.U235
« Weighing of the Heart » (2020) Artwork Mario Lopez - Autoprod’
Tracklist :
1.1789 - 2.Unmerciful Life - 3.Weighing For The Heart
« Lucy’s Fate » (2022) - Artwork Mario Lopez - Label Music-Records
01.The Evil Within - 02.The Last Strike - 03.The Eternal City - 04.Filibusters -05.1789 - 06.London Vampire - 07.Lucy’s Fate - 08.Weighing Of The Heart - 09.Trust My Lies - 10.Unmerciful Life - 11.Rock Squadron

C'est à Muret très exactement, en banlieue Toulousaine (Sud-Ouest, Haute-Garonne et patrie de la Chocolatine) qu’Evil-Minded voit le jour en 2010. Sous l’impulsion des deux Jonathan, Jourdan et Sendrané, guitaristes et grands passionnés de Hard Rock des années 80 (Iron Maiden, Judas Priest, Metallica, AC/DC, Motörhead), le groupe va intégrer de nouveaux membres, répéter, participer à quelques scènes locales et sortir finalement une démo en 2015.
Après quelques changements notoires, Jonathan Jourdan ayant lâché sa guitare (au profil de Romain Bourgeois) pour la batterie, vu un défilé de plusieurs bassistes, et Jonathan Sendrané succédant à Anaïs Abbadie au chant, que le groupe livre en 2019 son premier album en autoproduction « Into the Jaws of Death » (en mémoire d'une photographie prise le 6 juin 1944 par Robert F. Sargent lors du Débarquement de Normandie). Ce concept-album dont le thème récurrent a pour cadre historique la seconde guerre mondiale rend ainsi hommage à ces héros, ces soldats ou résistants qui ont forgé l’Histoire et que l’on retrouve dans le titre des morceaux. Les critiques positives de la scène Metal, tant nationales qu’internationales, vont pousser nos amis Toulousains à poursuivre l’aventure…
En 2020, Evil-Minded présente (encore en mode autoproduction) une nouvelle démo de trois titres toujours aussi Heavy, intitulée « Weighing of the Heart » dont la sublissime pochette est signée par le graphiste guatémaltèque Mario Lopez (King Diamond / Metal Church / Them). Pour plus d’informations sur le groupe et cet EP, je vous invite à lire l’excellente chronique de ma collègue Dam'Aël.
Après la signature d’un contrat avec le Label hexagonal Music-Record (Cf. photo en début de chronique), le groupe va profiter des multiples périodes de confinement pour peaufiner les onze titres de leur second album « Lucy’s Fate ». Lancement des sessions studio début 2021 pour une sortie effective et attendue le 14 octobre 2022.
La pochette très « Old-School » de ce nouvel opus a également été réalisée par Mario Lopez, elle représente « Lucy Westenra », vampirisée par le Comte Dracula dans le célébrissime roman de Bram Stoker. Cependant, les divers conflits et mythes populaires de notre monde ont continué d’inspirer le groupe et se retrouvent ici.
L’album débute sur le très Maidenien « The Evil Within » avec son riff abrasif. Le chant sans être trop poussé drive ce morceau puissant et martial, les chœurs venant renforcer cette atmosphère de conflit latent. Ce titre qui pourrait être encore d’actualité aujourd’hui, décrit le climat hostile de la « guerre froide » et l’affrontement entre les « deux maîtres » du monde pour la domination de l’humanité, sur fond de peur d’holocauste nucléaire. Les solos de guitares omniprésents sont légion et viennent magnifier ce premier morceau. Une très bonne entrée en matière !
On poursuit avec « The Last Strike » qui démarre comme un cheval au galop, ou plutôt comme un Stuka en piqué avec son long riff d’intro, le chant démarrant dans la foulée. La rythmique basse/batterie puissante est rehaussée par des solos rageurs et on retrouve encore ici une mélodie dans la veine d’un Maiden, que du bonheur ! Le thème abordé dans ce titre est celui de l’affrontement entre Allemands et Soviétiques pour le contrôle de Stalingrad.
« The Eternal City » et son intro très Epic-Metal est pourtant un morceau très Heavy avec un gros son, classique mais accrocheur. La basse est bien mise en avant, le chant est guerrier et cadencé comme une phalange de soldats romains partis en découdre pour la gloire de l’Empereur et la splendeur de Rome. Pour vous en persuader, il suffit de regarder le clip officiel du morceau ci-dessous :
« Filibusters » démarre sur un tempo lent, rythmé pour les galériens. Hissez la grande voile et venez naviguer avec les Flibustiers. Un morceau Hard/Heavy certes bateau mais qui a l’avantage de ne pas se prendre au sérieux dans ses paroles. Le pont de fin est plus rapide et lance enfin l’abordage, le solo tonnant comme un canon de 12.
En piste 5 on retrouve « 1789 » déjà présent sur la démo « Weighing of the Heart », un titre ici aussi fortement influencé par Maiden et la révolution Française. Le chant est martial et repris par des chœurs, la rythmique implacable et mouvante comme une marée humaine qui marcherait vers la Bastille. A noter le pont de fin et son changement de tempo, avec une basse bien mise en avant, une batterie délivrant ses roulements de tambours de guerre et un solo incandescent prêt à briser de ses riffs toutes les chaînes. Un excellent titre.
Le génialissime « London Vampire » est un instrumental d’un peu plus de six minutes qui au dire de ses géniteurs aurait pu mériter des parties philharmoniques avec un vrai quatuor à cordes, ce qui constitue comme l’on s’en doute une boutade de Hardos de la belle époque. On retrouve cependant quelques nappes de claviers qui viennent de ci-de-là enjoliver le morceau. Grosse influence encore ici de la « Vierge de Fer », et un rythme haletant symbolisant assurément la traque du Vampire dans le cœur du vieux Londres.
« Lucy’s Fate » qui donne son nom à l’album débute sur des arpèges en sons clairs d’inspiration gothique, sur une lecture d’Abraham Van Helsing qui préambule le sort de Lucy. Un premier solo mélancolique lance ensuite sa rythmique entêtante et un chant qui ne demande qu’à être repris en chœur. Fermez les yeux et laissez-vous entraîner dans cette chasse au vampire, laissez l’esprit de vengeance vous envahir en mémoire de la belle Lucy. La mélodie de ce morceau est sublime et envoutante, les parties de guitares magiques. Mon deuxième morceau préféré de l’album.
« Weighing For The Heart » que l’on retrouvait également sur la démo « Weighing of the Heart » démarre sur une partie batterie bien speedée, Jonathan Jourdan pouvant libérer toute son énergie dévastatrice, et il est vrai que sur ce morceau il « bucheronne » grave le bougre ! L’ambiance lourde nous plonge immédiatement dans l’Egypte antique au temps des pharaons, encore une belle référence à Maiden et à son album « Powerslave ». Les solos guitares sont époustouflants et invitent à un « headbanging » permanent. Un titre qui doit tout défoncer en Live…
« Trust My Lies » avec sa longue intro hypnotique, (le chant ne commençant qu’à 1’43), traite de la manipulation mentale et du contrôle de la population par le mensonge. Ce morceau est particulièrement travaillé, avec ses changements de rythmes, ainsi que le « discours parlé » d’un gourou qui cherche à attirer dans ses filets les pauvres ouilles crédules, et qui conclut par des rires sataniques. Le riff répétitif et incisif tourne inlassablement et relance le chant tout le long du morceau. C’est tellement malsain que cela en devient démoniaque…
Sur « Unmerciful Life » (mon titre fétiche de l’album) c’est la basse qui est mise à l’honneur, même si la batterie perce également au mix. Ce morceau est très musical et s’inscrit dans un Heavy relativement rapide, limite speed par moment. Le pont, basse / guitare sons clairs suivis par un solo ultra décoiffant, est de toute beauté ! Le discours très engagé dans les paroles pourrait également être d’actualité car il traite de l’absurdité de la guerre…
Avec « Rock Squadron » nous arrivons à la dernière piste de l’album, « dommage » diront certains, « trop long » trouveront d’autres. La question a été posée au groupe lors d’une interview radio, les morceaux sont longs car ils reflètent leur vision et inspiration du moment dans leurs titres (riffs guitares et solos à la pelle, désolé pas fait exprès !), n’oublions pas non plus que certains Maiden, Judas ou Metallica tapent allègrement dans les 6 minutes. Et puis, pourquoi se priver de certains titres ? Il est parfois également difficile de faire un choix…
Bref, avec ses 4’55 « Rock Squadron » reste dans la moyenne et balance un bon titre guerrier Heavy et bien catchy. Ce titre a bénéficié d’un clip Youtube Officiel que je vous laisse découvrir ci-dessous :
Pour les fans d’Iron Maiden (dont je fais partie) cet opus est un petit bijou tant l’inspiration est évidente, « trop » diront certains, « jamais assez » diront les autres, chacun se faisant sa propre opinion.
Reste également la question du chant avec son accent « trop frenchie » là également les opinions divergent. Personnellement je pense que ce n’est pas dérangeant, ni agressif à l’écoute, et puis si Jonathan chantait avec l’accent de Toulouse C*N, ou de Marseille PUT1, ou en patois (l’Occitan bien de chez nous), ça changerait quoi ? Pour moi il n’y a pas besoin de débat, ce n’est qu’un détail, le Metal c’est avant tout de la musique et du feeling, et pour ça les Evil-Minded « hé bé C*N, ils en ont ! ».
Je ne saurais donc que trop vous conseiller de vous jeter sur cette galette et d’en apprécier chaque ingrédient, en ce qui me concerne j’attends patiemment le prochain skeud, et également l’occasion de les voir jouer sur la Capitale …