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ALPHA MOUNTAIN « Alpha Mountain » (sortie le 28/10/2022 - chronique)
Le 27/10/2022
Un excellent lead vocal à deux voix qui rappelle un autre duo de haute volée : Glenn Hughes et Joe Lynn Turner.
Groupe : Alpha Mountain
Origine : France
Album : Alpha Mountain (28/10/2022) - Chronique d'album
Genre : Hard Rock, Power Rock, saupoudré d'éléments de rock progressif
Label : Vallis Lupi
Par Dam'Aël
LE GROUPE :
Alpha Mountain est un tout jeune groupe qui n'a pas encore soufflé sa première bougie mais qui est loin de nous offrir de simples gazouillis tant le line-up qui le compose est monumental. Et le logo de la formation l'exprime très explicitement en nous tournant vers cette chaîne magistrale de Tantalus au sud ouest de la Colombie britannique située au Canada. Une montagne imposante et un groupe qui impressionne tout autant avec ses cinq membres au CV plus que rempli. A l'origine du projet Steph Honde (Café Bertrand, Hollywood Monsters, NoN) et Butcho Vukovic (Watcha, Last Temptation) qui désirent en partie mettre en évidence sur cet opus un double lead vocal masculin. Deux bassistes complètent le duo, Fred Schneider (LAG I RUN, Adrian Byron Burns) et Pascal Baron (SSB - Sloane Square Band, Yarol Poupaud) qui se partagent la quatre cordes sur les pistes 4, 6, 8 et 9 pour Fred et 1, 2, 3, 5, 7, 10 et 11 pour Pascal. La batterie est assurée par Eric Lebailly bien connu pour avoir travaillé avec le groupe Adagio ainsi qu'avec Louis Bertignac. Nul n'est à préciser que la six cordes sera bien évidemment maniée avec talent, vigueur et excellence par Steph. Vous l'avez compris des musiciens largement à l'aise dans leurs baskets, se retrouvant sur un terrain de jeu qu'ils connaissent parfaitement dans un seul et unique but, celui de nous offrir un moment sans équivoque magique et texturé à souhait au vu des expériences de chacun.

ALBUM : ALPHA MOUNTAIN
2607 ! Non ce n'est ni l'année de sortie de cet album, ni la hauteur de cette montagne radieuse (encore que ses 2306 m d'altitude n'en sont pas si éloignés), mais le temps qu'il nous faudra au minimum accorder à cette galette pour nous dévoiler l'intégralité de ces onze morceaux. J'imagine que certains en désirent la conversion : 43'27. Et si une présentation de sa durée en secondes paraît épique, une partie de sa réalisation ne l'est pas moins. Pourquoi me demanderez-vous ? Alors sortons crampons, casques de protection et bâtons pour escalader ce processus de composition. En effet, une partie de l'album a été réalisée à partir de lignes de chant exécutées a capella par Butcho, lesquelles sont issues d'une technique de mash-up sur bande sonore de titres appartenant à certains groupes très connus comme les Rolling Stones, David Bowie, Thin lizzy, Stevie Wonder et autres. Un processus de composition atypique mais que maîtrise parfaitement notre artiste Vukovic pour en avoir présenté quantité - et qualité - sur les réseaux sociaux. A Steph de s'agripper haut et fort à des lignes de chant qui forcément varient un tant soit peu car peu de groupes enregistraient au clic dans les années 70, 80 ; or poser des patterns instrumentaux sur ordinateur à partir de tels enregistrements équivaut à une belle escalade sur des sommets plus que défiants. Un bel exercice pour Steph dont il a su s'affranchir avec une aisance certaine. L'autre partie de l'opus suit quant à lui, un processus beaucoup plus classique et habituel, celui de poser des harmonies vocales sur un instrumental déjà établi. Au total quinze titres seront réalisés pour une sélection finale de onze morceaux. Un gros travail en amont qui s'articule malgré tout avec une vivacité d'exécution globale étonnante : rapidité de composition, vélocité d'enregistrement, célérité de mixage. Une semaine pour chacune de ces étapes. Steph Honde dégaine plus vite que son ombre... on ne se demande pas quelles ont été les bandes dessinées de son enfance... Jolly Jumper ferait-il partie de l'écurie Alpha Mountain?
Alors allons découvrir les onze sommets de cette chaîne musicale bien française.
1. Serenity (5:00)
Serenity donne le clap de départ et une entrée directe dans cet album riche en énergie et variations. Cadencé et très groovy, le morceau nous offre un excellent aperçu du duo que Butcho et Stéphane sont capables de réaliser au chant : un véritable lead vocal à deux voix qui s'imbriquent à la perfection tel un jeu de Lego ou les pièces d'un puzzle, à vous de choisir laquelle de ces distractions vous préférez. En attendant ces cinq premières minutes sont exquises et ne sont pas sans rappeler un groupe mythique à la couleur violette très profonde; D'ailleurs Steph. s'amuse allègrement à nous en livrer un clin d'oeil évident sur la note finale de "I lost my mind, I lost control"(1'01) avec un contrôle parfait et une maîtrise qui pourraient faire vibrer un certain Gillan. Les rimes du texte sont en parfaite adéquation avec la mélodie, mais cela nous n'en doutions pas car nous connaissons cette capacité chez Butcho Vukovic à livrer de façon récurrente d'excellentes lignes de chant quel que soit le genre musical délivré. Les claviers qu'auraient sans doute apprécier de jouer Don Airey ou feu Jon Lord sont assurés par Honde. Ce titre a été proposé sous forme d'un lyrics-video-clip le 8 octobre dernier que je vous laisse découvrir ici :
2. All in Vain (5:03)
All in Vain est le premier clip-video, sorti le 10 septembre dernier, qui martèle sauvagement que le combat est à tous les étages, nécessitant efforts, efforts, et encore efforts... En vain pour la plupart du temps au vu de l'actualité et de la récurrence des problèmes de l'Humain. La basse de Pascal Baron est magnifiquement mise en avant sur ce titre, faisant la part belle à cet instrumental dynamique et martelant. Le chant se fait sur des tonalités différentes mais laisse la place à certaines envolées dans les hauteurs pour Steph Honde qui nous rappelle sa capacité reconnue à fournir une belle gamme de vocaux. Le solo de guitare est "chiadé" tout en restant très mélodique et la batterie structure parfaitement le morceau en claquant avec un savoir faire que l'on reconnaît à Eric Lebailly depuis très longtemps, et marquant les points forts de l'instrumental ; ce qui génère une texture travailée sur ce All in Vain. Alors je précise malgré tout qu'il m'a fallu plusieurs écoutes de cette seconde piste pour l'appréhender totalement, ne me demandez pas pourquoi, sans doute un alliage musical à la formule plus complexe... La question reste ouverte.
3. It’s Tough (3:03)
Très fédérateur malgré un instrumental peut-être un peu plus alambiqué sur trame solide de mélodie. Alpha Mountain nous donne une envie soudaine, cheveux au vent, bras en l'air, de bouger notre popotin et chantonner sur le refrain de It’s Tough et ses "wouo wouo wouo" et "yé yé yé". Un titre joyeux malgré la dureté ambiante du quotidien et une basse légèrement plus sombre.
4. A Deep and Real Sad Song (6:09)
Superbe opposition vocale dans cette introduction de A deep and Real Sad Song avec un chant du genre plutôt "crooner" pour Steph et le second imprégné d'un Yin très aérien pour Butcho : assez époustouflants ces deux magiciens de la voix! Cette balade qui s'articule sur des cymbales légères livrées par Eric et une basse ronronnante jouée par Fred, offre des plages évolutives pour nous embarquer dans son paysage mélancolique. La guitare à la Ritchie Blackmore vient compléter ce tableau musical que Renoir aurait certainement su traduire en couleurs hautement émotionnelles. Cette quatrième piste est magnifique et donne une preuve supplémentaire du talent de chacun des cinq membres de Alpha Mountain. L'écoute multiple nous aspire toujours plus en profondeur dans cette toile sublimissime. N'hésitons pas à la consommer sans modération, l'ivresse y est extrêmement bénéfique. Coup de cœur!
5. It’s Up To You (5:21)
C'est un morceau puissant qu'Alpha Mountain nous délivre pour accompagner son message It's Up To You. Butcho joue la performance dans cette puissance vocale, cotoyée par des motifs instrumentaux particulièrement lourds et tout aussi forts. Une pointe arabisante saupoudre un petit peu de fraicheur dans ce titre qui pourrait avoir sa version Doom sans trop de difficulté me semble-t'il. Allez je me laisse vous confier, et je demande au quintet de bien vouloir laisser faire mon imagination, que je me suis permise d'entendre des "Sam" en tout arrière plan des chœurs (Les amateurs de Watcha comprendront).
6. A Memory Trace (5:31)
Nouvelle pause et autre place à une seconde balade qui s'articule sur une composition assez magistrale. Ces habitués du Hard Rock, du Blues savent s'habiller avec délicatesse d'un doux mouvement introduit par de l'électro-acoustique soyeux. Alpha Mountain nous invite à une dance langoureuse et tendre sur tonalités envoutantes et charmantes. Quel panel, quel talent! Que de magie, un voyage qui partage le monde des genres musicaux. L'instrumental sait offrir une parfaite évolution d'énergie qui imprimera notre mémoire de traces indélébiles tant ce titre est magnifique. Guitare, basse, batterie, chants créent ce cocktail subtile A Memory Trace. Leur second opus, si seconde galette est d'actualité, aurait toute légitimité à se nommer Alchimie.
7. Bad Days (4:24)
Les Bad Days peuvent parfois donner la rage, cette rage de vivre couplée d'une énergie prête à décoiffer tous les chauves qui trainent sur son passage et décoiffer les brush les plus laqués. Eric Lebailly assène l'idée en introduisant des blast beats sur le Hard Rock d'Alpha Mountain. Et bien lui en a pris, c'est très bien placé et super bien vu. Vous l'avez compris, il s'agit d'un morceau rapide, énergique qui malgré tout sait allier des chœurs assez doux en contraste total avec la dynamique du titre. Butcho sait aussi faire des choix très judicieux pour étoffer ses lignes de chant.
8. The Thin Red Line (3:28)
Atypique! Le combo s'aventurait-il à franchir cette Thin Red Line dans cet album? Il semblerait que oui puisqu'il sort en effet des sentiers battus en balayant d'un revers de main les structures classiques couplets/refrains, sur cette huitième piste. Un libre cours à l'émotion, aux souvenirs, à tout... J'ai aussi laissé filer mon imagination ou mon interprétation en m'accordant une légère escapade vers un Goodbye Marylou à partir de quelques notes de guitare en milieu de morceau. Oui et alors!..
Ce morceau m'amène à préciser que cet album n'a pas qu'un seul fil conducteur; il arpente le genre tel un arachnide qui explore sa propre toile d'araignée.
9. Chasing the Wind (3:44)
Suggestion :
- Ecoutez une ou deux fois ce Chasing The Wind
- Allez écouter Heroes de David Bowie
- Ré-écoutez Chasing The Wind et laissez-vous aller
- Petit complément, rappelez-vous l'un des process de composition expliqué plus haut.
Stéphane a construit tout l'instrumental à partir du chant a capella de Butcho qui lui-même s'est forgé sur la bande son du titre Heroes de David Bowie en y transformant totalement la ligne de chant originelle. Assez bluffant et particulièrement original cette façon de créer. Chasing the Wind fait aussi partie de mes coups de cœur.
10. Don’t Go Astray (3:15)
Ce morceau prêche la belle parole, toujours sur mélodie évidente et groove qui auraient sans doute plu à un certain Bowie. Les paroles sont frontales, la musique directe avec pour mission de retranscrire les années divines du Hard Rock en version Alpha Mountain 2022.
11. What’s Going Wrong (4:02)
L'album se conclut sur une nouvelle balade qui signe aussi le talent du combo dans les mid-tempi, sachant délivrer émotion, délicatesse et sensibilité avec beaucoup d'élégance. Elton John dans les parages se serait peut-être invité, en guest, sur l'introduction de ce What's Going Wrong... Oui je sais, on sort du cadre et... A L O R S!!!
NOTRE AVIS :
Cet opus Alpha mountain met en exergue une double qualité. Celle d'un excellent lead vocal à deux voix sur tessiture medium/aigüe pour Butcho et basse pour Steph. qui rappelle un autre duo de haute volée Glenn Hughes et Joe Lynn Turner, mais aussi celle d'une qualité de composition et d'une base rythmique véritablement solide, technique, dynamique et très groovy. Tout un chacun prendra vite conscience des influences qui ont orientées ces onze morceaux (Stevie Wonder, Pink Floyd, Deep Purple, Dio) ainsi que les différentes expériences de chacun des membres qui en constitue la formation. Un album instinctif, organique et sincère qui titille un tant soit peu et laisse la place à l'erreur, telle que cela peut se produire en live. A écouter et surtout ré-écouter pour en aborder tous les méandres et subtilités ; un multi-facette cohérent qui fait voyager.
On note que la pochette très révélatrice du projet, est réalisée par Tristan Greatrex (UFO, MSG, Lionheart…), que l'album sort sur le label français Vallis Lupi (label de production et de promotion musicale rock | alt | art | prog) et est distribué par InOuïe distribution en france et à l'international. Je rappelle que le mixage et le mastering sont assurés par Stephane Honde et que les enregistrements de la basse et la batterie ont été confiés à Fabien Giordani du Fatlab Studio (Avignon).
Tracklist : 43'27 soit 2607"
1. Serenity (5:00)
2. All in Vain (5:03)
3. It’s Tough (3:03)
4. A Deep and Real Sad Song (6:09)
5. It’s Ut To You (5:21)
6. A Memory Trace (5:31)
7. Bad Days (4:24)
8. The Thin Red Line (3:28)
9. Chasing the Wind (3:44)
10. Don’t Go Astray (3:15)
11. What’s Going Wrong (4:02)
LES LIENS :
https://vallislupi.bandcamp.com/album/alpha-mountain
Fatlab Studio
Les Inestimables d'Ahasverus : ACHING BEAUTY, L'Ultima Ora (2004)
Le 23/10/2022
Un album touché par une grâce évidente, et finalement chef d'oeuvre.
Encore un premier album dans les Inestimables. Si j'en parle, c'est qu'il a lui aussi ce ton qu'on ne retrouve pas ailleurs, qui fait que j'y reviens fidèlement depuis sa sortie, en 2004. Il paraissait alors chez Brennus.
Son point d'orgue tient sur une note : « Pairsonality ». Minute précise 7:45.
Mais pourquoi commencer par la fin ?
On reprend pour les retardataires...
Aching Beauty, groupe de métal progressif. Il se forme en 1997.
EP d'abord. Puis Album.
« L'Ultima Ora »

Passons sur l'artwork, son flou un peu dispensable autour du visage. Il a fait le job, retenu l'attention alors.
Production excellente. C'est perceptible dès les premières secondes. De magnifiques arpèges soulignés par un clavier. Piano, flûte. Glissent rapidement sur « Sublimation - Peter Pan Syndrome ». Escalade « Sublimation - Steps » et ses guitares puissantes.
La voix présente une certaine fragilité, un vibrato qui la caractérise agréablement.
Excellence du refrain, volubilité du clavier, virtuosité de la guitare.
Absolument magnifique ce « Sublimation - Steps ».
Il sonne terriblement, même aujourd'hui.
Le calme revient avec « Sublimation - Endlessly ». Je crois reconnaître un violoncelle.
« Pairsonality ». Mon morceau favori. Batterie solo. Basse percutante. Guitares heavy. Clavier enfin. Tout est paré pour porter la voix qui tarde à venir. Ca s'emballe et tourbillonne. Le chant vient mettre de l'ordre après plus d'une minute trente de musique. Il explore les basses, monte. Vibrato. Structure agitée. Refrain.
« Looking for a goal, searching for an idol »
Très beaux choeurs (au clavier je suppose).
Le thème se répète, invente des variations.
« Finally found my god, followed my idol »
Décline.
« Finally lost my god, destroyed my idol /Needed a man to transfigure me/He could be my guide, provide me strength and pride »
Jusqu'à l'envolée finale :
« Now that I’ve killed him… »
Cette note, la voix va la chercher et la tenir dans les aigus. C'est juste incroyable.Tout l'album s'articule autour. On est au sommet de l'oeuvre.
La descente se fait par une pente douce très agréable : « Glittering Images ». Les voix s'enchevêtrent. Les riffs reprennent le pouvoir sur la fin et « The Hundredth Name » nous ramène sur des terres chères à Dream Theater.
Calme et arpèges pour « Soul's Wrinkles ». La voix effleure les cordes avec son vibrato. Puis elle part en fausset. Le morceau reste léger, à peine écorné par la basse qui cherche à claquer.
Prog Metal encore pour « Shatter The Shell », première des quatre parties du titre « L'Ultima Ora » qui conclut l'album. Guitare très technique, riffs solides. Puis « Lost », morceau à la construction inattendue qui ne rentre dans le rang qu'à sa fin. La guitare lui règlera son compte avec « Aching Awakening », pièce instrumentale d'une grande richesse.
L'album trouvera sa conclusion en beauté avec « Masked Life », qui contient tous les ingrédients qui l'ont édifié. Fond prog' metal, riffs puissants, voix délicates, dialogues claviers/guitares, touches folk. Le morceau s'étire sur sa fin, comme pour récupérer après l'effort.
Aching Beauty, talentueux. Tellement prometteur dans ce registre. Les Parisiens se tourneront pourtant vers le rock indé et le chant en Français dès après « L'Ultima Ora ». Ces mecs avaient un beau bagage musical, et un chant d'une grande subtilité. Ils laissent au prog' cet album touché par une grâce évidente, et finalement chef d'oeuvre. Auraient-ils pu mieux faire ? Qu'auraient-ils pu ajouter après cette note ultime décrochée à 7:45 de « Pairsonality » ?
HOWARD, Event Horizon (sortie le 21/10/2022 - chronique)
Le 21/10/2022
Un groupe dont le talent singulier a déjà éclaté. Il confirme avec brio qu'il sait exploiter son identité sonore.
Retour du groupe parisien Howard dont nous vantions avec enthousiasme en 2020 l'album « Obstacle ».
Howard est un trio de rock qui utilise comme The Doors une formule guitare/orgue Hammond/batterie qui lui donne un son caractéristique rehaussé par l'usage du thérémine.
Après un EP et un album Howard est de retour le 21/10/2022 via KLONOSPHERE (Seeds Of Mary, Trepalium, Nebulizar) avec un album flambant neuf :
« EVENT HORIZON »

JM Canoville a signé le visuel de ce nouvel opus, enchevêtrement de cables à la fois moderne, coloré, psychédélique, totalement à l'image de cet album qui s'ouvre sur le titre « Bankable Sermon ».
Premier constat : la production donne un bel espace au grain du chanteur, et souligne la profondeur de l'orgue Hammond. Les instruments swinguent d'entrée tandis que le thérémine amène un grain de folie.
« Seeds Of Love » tente de proposer quelques notes sages qui s'étranglent tandis que des riffs puissants assènent le tempo.
« Need Want Get » surprend par ses sonorités et son chant parlé. Le trio prend toute sa place, les riffs martelés sont à peine emballés par l'orgue.
Une longue préparation introduit « Telescope » et, configuration oblige, l'ombre de The Doors surgit. Les riffs font exploser un morceau qui retrouve une ambiance de cathédrale du meilleur effet.
« I Hear A Sound » assume sa part psychédélique teintée d'une frénésie qui fait naître des images issues des 70's. La production donne aux respirations un beau relief.
« The Way » cherche des sonorités profondes et fait surgir les notes de belle manière. L'esprit des Doors, encore, et de belles plages servies sur son aux petits oignons.
« Heedless » explose. Effets sur la voix. Le thérémine prend un aspect saturé qui part en foufelle.
« Event Horizon » s'assagit. Avec ses sept minutes et demie cette dernière piste est la plus longue de l'album. Howard est parfaitement à l'aise sur ces formats. Il l'avait démontré avec « The Void » sur l'album précédent. Ils lui permettent de dérouler sa créativité.
Ici, une guitare lead épurée se voit embarquée dans diverses ambiances, et c'est un peu comme si Pink Floyd rencontrait The Doors. Howard réussit parfaitement son développement. Les instruments se mêlent agréablement, s'apaisent pour revenir furieux avant de s'éteindre tout à fait.
Ainsi s'achève un album au son rock, dans la lignée d' « Obstacle », pour un groupe dont le talent singulier a déjà éclaté. Il confirme avec brio qu'il sait exploiter son identité sonore avec un très bon album électrifié, actuel et déterminé. On n'en attendait pas moins de ces Parisiens, porteurs d'un précieux héritage qu'ils investissent judicieusement dans une musique psychédélique moderne.
La release-party de « Event Horizon » aura lieu à Paris, au Bactstage BTM, le 03/12/2022.
Billetterie ouverte !
Line-Up :
- JM Canoville : chant, guitares
- Raphaël Jeandenand : orgue Hammond, synthétiseur, basse, thérémine
- Tom Karren : batterie, samples, glockenspiel, flûte
Tracklist :
1.- Bankable Sermon
2.- Seeds Of Love
3.- Need Want Get
4.- Telescope
5.- I Hear A sound
6.- The Way
7.- Heedkess
8.- Event Horizon
Durée totale : 38mn env.
BAD KINGZ, Take Me Into Your Kingdom (sortie le 21/10/2022 - chronique)
Le 21/10/2022
Il est évident que les amateurs de hard façon Led Zep ou Free vont saliver sur cette galette où les qualités des musiciens éclatent, portées par des tempi ravageurs.
Né de l'envie de jouer un classic hard-rock influencé par des groupes du early 70's tels que Free, Thin Lizzy ou Led Zeppelin, Bad Kingz conjugue les talents de trois musiciens expérimentés, deux Français (Alex Sire à la basse et Chris Savourey à la guitare) et un Anglais (Tomas Baptista au chant). Encore qu'il me semble que Chris Savourey est Suisse. Alors tranchons : deux Français... dont peut-être un Suisse.
Le trio sort sans tarder, ce 21 octobre 2022, un premier album :
« Take Me Into Your Kingdom »

Si c'est Led Zeppelin qui vient en tête au début de l'album avec « They Come Here To Stay », et même Deep Purple pour les rythmiques, c'est que la production fait des oeillades aux 70's tandis que le chant de Tomas Baptista est capable d'envolées dont la référence ultime reste Robert Plant.
On pourra s'écarter de cette première impression par une écoute attentive, car la palette de Bad Kingz est plus large qu'une simple resucée des formations 70's, mais pour l'heure, c'est toujours aux sources du blues et du hard-rock que s'abreuve « Take Me Into Your Kingdom » en seconde piste. Le chant est groovy, la section rythmique sèche et agréable.
« It's A Long Way Down » poursuit sur le même rythme, avec un pont savoureux suivi par un solo du même tonneau. Il est déjà évident que les amateurs de hard façon Led Zep vont saliver sur cette galette où les qualités des musiciens éclatent, portées par des tempi ravageurs.
« I'm Seeing Blue » met Bad Kingz à l'heure du blues. Ce quatrième morceau fait flamboyer chant et guitare qui se relaient pour nous entraîner.
« The Mirror » propose un réveil boogie-hard-rock énergique avant qu'une ballade (« Friend ») n'arrive à mi-album, seulement portée par la guitare acoustique et la voix. Il n'est besoin de rien de plus pour servir cette mélodie très douce à laquelle les silences donnent de la profondeur. Le chant part un peu plus bas avant de prendre son envol.
« Fire All I Need » met fin à cette parenthèse acoustique et la référence Steelheart nous vient en évidence tant le chant de Tomas Baptista nous semble plus proche d'un Miljenko Matijević que d'un Robert Plant.
« Hear Me Now » et « Rebuild » retournent vers des rythmes 60's/70's évocateurs de Free, agrémentés de passes de guitares lead aussi courtes que lumineuses.
« Horizon Of Hope » martèle ses riffs pour apporter une courte conclusion instrumentale à l'album.
Malgré une virtuosité évidente Bad Kingz n'en fait jamais trop. Ses musiciens expérimentés se placent au service des compositions dans une exécution réjouissante, ils réalisent leurs prouesses avec une une grande sûreté. Le songwriting allié à la dextérité alléchante du trio lui permettent de ne faire aucun round d'observation et promettent ce disque à une grande longévité sur les platines des amateurs de classic hard-rock. Ils placent « Take Me Into Your Kingdom » parmi les sucreries de cette année 2022.
A ne rater sous aucun prétexte ce très bon album est disponible dès maintenant chez M&O Music et sur vos plateformes habituelles.
HOT HELL ROOM (Heavy Rock) : L'interview
Le 19/10/2022
Loïc Malassagne et Alan Raoul, respectivement chanteur/guitariste et bassiste de la formation parisienne, ont bien voulu revenir sur leur discographie et nous en dire plus sur la génèse de ce nouvel opus au titre d'actualité : "Stasis".
(interview réalisée pour Hard French Metal le 7/03/2020)
Bonjour Hot Hell Room. Avant d'aborder votre nouvel opus j'aimerais revisiter votre discographie. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre premier LP “Kali Yuga Bonfire” (2013) ?
Loïc (Chant/Guitare) : Salut. Quand on revient dans le temps sur son propre travail artistique, il y a toujours des choses qu’on ferait différemment. Mais il faut apprendre de cela et aussi respecter le fait que c’est le ressenti du moment, avec ses qualités et défauts. Et encore, cela reste subjectif sur certains points, alors bon... Je pense que certains titres auraient mérité plus d’attention, mais ça c’était la situation du moment, donc on ne peut rien faire. D’autant plus que les recherches de Nikola Tesla sur la machine à remonter le temps n’ont pas abouti ! (Rires)
Artistiquement parlant et globalement on est quand même assez contents du résultat et on a toujours le plaisir de jouer certains de ces titres en concert, c’est cela le principal !
Loïc : Déjà Le line-up est différent. Sur le premier on était en trio et sur ce second album il y a deux nouveaux membres à la guitare, deux nouvelles sensibilités apportant des choses différentes à la composition de l’album qu’on avait «démocratiquement» répartie. On a eu de bons retours sur cet opus, avec les premiers articles à l’étranger du groupe et aussi grâce au travail d’Elodie de Ellie Promotion sur la France, ainsi que de ceux qui ont bien voulu parler de nous ! (Rires)
Alan : “Architect of Chaos” est je pense une autre forme d’aboutissement en matière de composition. Il est plus mature, plus sombre, plus varié, et encore plus travaillé au niveau du songwriting que “Kali yuga”. L’arrivée de Shazybob et de Seb a permis d’étoffer la mise en forme globale des titres de cet album.
Alan : Excepté le titre “Fatality”, qui datait des sessions de l’album précédent, nous avons commencé à travailler sur “Stasis” à la fin de l’été 2016. Les deux premières compositions à avoir été étudiées en répétition à l’époque sont “Human Game” et “Stasis”. La plupart des autres morceaux ont été écrits entre la fin de cette année-là et le mois d’avril 2017. De mémoire c’est à cette période que nous sommes allés au Roots Note studio pour enregistrer les parties de batterie. Comme pour nos deux précédentes réalisations nous enregistrons les batteries au Roots Notes Studio avant d’aller au Hybreed Studios pour finaliser le reste : Instrumentations, Voix, Mixes, etc.
Alan : C’est Rui Abel Rodrigues, un ami de longue date, qui a réalisé l’artwork de “Stasis”. Il nous a fait une proposition de cover qui collait tout à fait avec le thème et les ambiances relatés sur ce nouveau disque.
Loïc : Le morceau « Stasis » qui donne aussi le nom à l’album traite de la situation de L’Europe donc aussi de la France… Ce texte date de plusieurs années maintenant, et comme c’est dans le cadre d’une chanson on ne peut pas faire de grandes analyses ou constats. Mais certaines phrases et mots en disent beaucoup et peuvent avoir aussi plusieurs lectures selon sa sensibilité… Ce qui est plus intéressant à mon avis, car cela restera toujours un avis parmi tant d’autres, même si certaines choses sont bien actées et visibles aux yeux de tous, (quoique des fois les évidences…).

Alan : Ce n’est pas vraiment la réalisation du disque qui nous a pris le plus de temps, mais toute la partie démarchage de l’album qui a été la plus longue Ca a duré plusieurs mois pour trouver une distribution correcte, et on a parfois besoin d’un peu d’aide pour y arriver. C’est grâce à l’appui de Gilson et de l’équipe d’Imperative Music que nous sommes arrivés à nos fins pour trouver un label et pouvoir sortir ce disque. Cet album a été enregistré par les mêmes membres que pour “Architect Of Chaos”, mais à la fin de l’enregistrement, Ludo (Batterie) et Sébastien (Guitare) ont décidé de quitter le groupe pour des raisons personnelles. Il y a aucune animosité entre nous, on est toujours de bons potes ! Alexis (Batteur d’ Hatred DUSK et ex-Overtone) est arrivé dans le groupe à la fin de l’année 2018. C’est par l’intermédiaire d’un ami, «Nico», qui joue aussi dans Hatred Dusk comme guitariste - le monde est vraiment petit (Rires) - que nous avons été mis en relation. Alexis joue avec nous maintenant depuis bientôt un an et demi. Hot Hell RooM et Hatred Dusk forment une grande famille dorénavant !
Loïc : C’est un grand pays de la métallurgie ainsi que de la musique ! (Rires) L’avantage par rapport aux autres albums est qu’on va être plus écoutés et diffusés un peu partout dans le monde, et évidemment pas mal axés sur l’Allemagne grâce au label, à notre échelle bien entendu, mais ça sera toujours mieux qu’avant. Un moment donné il le faut bien pour faire vivre la musique et la partager, d’autant plus qu’on ne fait pas trop un style et mélange «connecté» à la France, qui n’est déjà pas un pays de culture Rock à la base, et dont la qualité première n’est pas non plus d’être curieux en général et d’avoir la vraie solidarité patriotique ! C’est ainsi, chaque pays à son caractère avec ses qualités et défauts, mais il faut bien évoluer et on ne peut pas non plus se confronter inlassablement à ce mur car cela devient fatiguant et frustrant à la longue…

HOT HELL ROOM par Sébastien Bouysse.
Loïc : Déjà entre les trois albums on a gardé la thématique de la fin de cycle, du chaos et du déclin, ne serait-ce que dans les titres : le premier album est “Kali Yuga Bonfire”, le second “Architect Of Chaos”, avec la pochette d’une peinture de John Martin «Le Pandemonium», et notre troisième et nouvel album est “Stasis”, terme grec signifiant une crise politique, etc. Je ne vais pas rentrer dans le détail des dix chansons mais effectivement certaines sont dans cette thématique très large où l’on peut trouver un titre qui parle de la situation de l’Europe, un autre sur la condition de l’homme moderne ou les sempiternels conflits pour certains intérêts, etc. D’autres morceaux sont plus personnels et n’ont rien à voir avec cette thématique, ce n’est pas un concept-album, non plus.
Loïc : Et bien merci, on prend cela comme un compliment car pour nous le plus important c’est la mélodie et l’écriture de chanson. C’est évident, mais pas pour tout le monde… Dans le Metal, par exemple, beaucoup confondent puissance et agressivité en oubliant la mélodie qui est un peu la base de la musique ! (Rires) Ou ils sont dans la course au «gros son», ce qui est futile et de l’esbroufe, car ton morceau devrait même sonner en acoustique... La puissance d’un morceau qui touche l’âme et ton cœur passe par la mélodie, après il y aura toujours des insensibles c’est sûr… dans ce cas autant écouter une machine à laver à l’essorage ou l’ambiance d’une usine métallurgique ! Remarque c’est un autre style de Metal ! (Rires)
Loïc : Ma tessiture naturelle est baryton basse. Elle peut aussi aller, dans un autre registre musical et technique, jusqu’au contre-ténor. Pour Hot Hell RooM, certaines parties sont dans ma tessiture grave en effet, à l’instar de mon autre projet Invading Chapel. Pour le reste, je chante plus dans un registre Rock et Heavy se rapprochant de la couleur des ténors et barytons, comme beaucoup de chanteurs, mais n’étant pas dans ces tessitures-là j’ai des graves et une rondeur qui donnent surement cette identité. Et puis ce n’est pas plus mal d’avoir sa propre «empreinte génétique» et son feeling, car sinon tout le monde sonnerait pareil dans chaque style, et quand on arrive plus à discerner tel ou tel groupe dans un genre de musique, ce style meurt ou il ne reste plus que les principaux. On utilise tous «mathématiquement» les mêmes notes, alors il faut bien y mettre son ADN ! (Rires)
Loïc : Sans oublier pour commencer l’enregistrement de la batterie qui est fait chez un ami au Roots Notes Studio, tous ensemble en situation live pour le feeling et l’énergie. Ensuite nous enregistrons le reste chez Andrew. Il nous apporte une continuité dans le son, d’un album à l’autre, même si certaines choses sont différentes à chaque fois, et tout cela dans une ambiance amicale et humaine, sans le stress d’un compteur de taxi «le temps c’est de l’argent» ! (Rires) Mais rassurez-vous, on ne traine pas pour autant, et on ne compose pas sur place nos titres ! Il y a quand même un calendrier à respecter et tout est prêt en amont, même si il y a toujours des petites choses et des idées qui viennent avec le feeling de l’instant, un arrangement, l’amélioration d’une partie etc. Et pour finir il fait aussi le mixage et le mastering, donc que demande le peuple ?
Alan : C’est toujours un plaisir pour nous de travailler avec Andrew, car en plus d’être un ami, c’est un excellent ingénieur son qui est à l’écoute des musiciens avec lesquels il collabore. Il connait très bien notre musique et notre univers musical, et il est souvent de bon conseil. C’est un peu notre George Martin (NDLR : le producteur des Beatles) en quelque sorte !

Alan : L’album est disponible un peu partout, mais il est déjà facilement trouvable sur le E-Shop du label :
https://www.stf-records.de/shop/index.php?manufacturers_id=154&fbclid=IwAR1AHun8zlfOf3fQ0NFBrJv-85OBZMsd-9quzr9XbcARDh66fskzNiak_iQ
Loïc : On part en tournée avec Metallica. Ah non, avec Ghost ! Aussi, rien que pour emmerder certains qui les critiquent alors qu’il y a quelques années… Remarque c’est même pire avec Metallica enfin bon… (Rires) Évidemment il y a les goûts de chacun mais quand ce sont des critiques pour descendre bêtement et sans respecter la carrière de ces gars et de ce qu’ils ont apporté, un moment donné, faut aller voir son miroir…
Non, plus sérieusement et banalement, des concerts. Et travailler sur l’étranger pour certaines choses. Et puis franchement nos vies personnelles ont été tellement sombres ces derniers temps, pour certains d’entre nous, par superstition peut-être, j’ai dû mal à me projeter très loin dans le futur... Je préfère dire sincèrement les choses plutôt que faire le discours de façade promo habituelle, avec un plan, etc.
Alan : On a quelques dates de concerts en prévision, et nous sommes à l’écoute pour diverses propositions partout en France, à l’étranger, ou alors dans une autre galaxie lointaine, très lointaine !
Loïc : De rien, c’est nous qui te remercions. On ne le répétera jamais assez, c’est grâce aussi à des gens passionnés et curieux comme toi que les groupes peuvent exister, chacun à son échelle, et partager leur art.
Alan : Merci pour ton soutien, depuis le début, et aussi surtout pour le travail et la passion dont tu fais preuve pour soutenir la scène locale.
https://www.facebook.com/hothellroom/
Ecouter Stasis :
https://open.spotify.com/album/4bxDa8Cku2KIg87lqCLUl5
Discographie : Lies Box (EP - 2005) Hot Hell RooM (demo – 2009) Kali Yuga Bonfire (2013) Architect Of Chaos (2016) Stasis (2020)
Chronique d'album : Invading Chapel (Metal Gothique / Doom), Ghostly Rock Season (2020)
Le 17/10/2022
Album : Ghostly Rock Season (2020)
Genre : Metal Gothique / Doom
Origine : Ile de France
Par Ahasverus
Le Groupe :
"GHOSTLY ROCK SEASON"
L'Album :
Notre Avis :
Les Liens :
https://invadingchapel.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/invadingchapel
Les Inestimables d'Ahasverus : TRANCE, Break Out (1982)
Le 15/10/2022
Si vous l'aviez écouté en 1982, vous vous en souvenez. Si vous l'avez raté c'est sans importance : il est aussi bon en 2022 qu'il l'était voici quarante ans.
1982.
On était bien, hein Tintin ?
Une belle année métallique ! Elle a donné naissance à quelques classiques du genre.
Pas besoin de vous dire le nom des groupes ; ces albums ont écrit l'histoire du heavy metal.
Lecteur d'Ahasverus, teste tes connaissances !
- quel groupe a sorti Black Out ?
- quel groupe a sorti Creatures Of The Night ?
- quel groupe a sorti Under The Blade ?
- quel groupe a sorti Screaming For Vengeance ?
- quel groupe a sorti The Number Of The Beast ?
- quel groupe a sorti Battle Hymns ?
- quel groupe a sorti Restless & Wild ?
Tu as les sept réponses ?
Ecris à la rédaction d'Ahasverus - Métaux en tous genres, et passe un week-end à Clichy-la-Garenne (*) chez notre chroniqueur Pépé Stakatto !

(*) : On sait, ça fait pas rêver, mais le zine a peu de moyens. Et puis tu feras une bonne action : il nous fallait quelqu'un pour changer les couches à Pépé !
1982 sortait aussi l'album « Break Out ». Plus discret, mais redoutablement efficace !
Plus redoutable que sa pochette : cierge, cercueil, brouillard, vampire, Flying V... Clairement pas un Molly Hatchet !

A part le logo du groupe, il n'y a pas grand chose à sauver... Mais remettons le visuel en perspective : nous sommes dans les années 80. La mode capillaire, les tenues vestimentaires, le succès des Forbans... Les goûts étaient ce qu'ils étaient. Les vieux se souviendront. Les jeunes pardonneront.
Mais qu'importe le flacon... Si tu aimes le heavy, je te promets l'ivresse ! « Break Out », premier album d'un jeune groupe allemand, qui affûte tout de même ses riffs depuis déjà quatre ans.
L'album démarre. Explosion ? Coup de tonnerre ? Ce qui est sûr, c'est que l'opus trouve son rythme dès la première piste (« Break Out »). Un morceau court. Moins de trois minutes qui suffisent pour mettre toutes les pendules à l'heure à l'heure allemande !
Ce qui est clair également, c'est que la production, toute 80's qu'elle soit, sonne toujours.
« Confessions ». Guitares à la tierce — ce sera l'un des gimmicks de l'album.
Le chant est un peu voilé. Comme Phil York (Silvertrain), comme Spike (The Quireboys), Tom Keifer (Cinderella), Dan McCafferty (Nazareth)... le genre de signature vocale que j'adore !
« Get It Now ». Un riff d'apparence simple. Cependant plusieurs motifs de guitare courent en même temps. La guitare accompagne le chant, le prolonge, généreuse, mélodique (« Burn The Ice »).
Lothar Antoni étend son domaine vocal. Son voile disparaît dans les basses. Totalement.
Faussement simpliste encore, parce que tellement efficace : « For Your Love »
Lothar Antoni aboie, gémit :
« I've been payin' / Payed so hard for your love / Became a drinker / You shouldn't see that for your love... »
Le duo basse/batterie soutient sévère.
« Loser » lève le pied mais ne change pas le ton. Le morceau se construit progressivement au fil de ses sept à huit minutes, à l'aide de ponts, d'accélérations...
« Ain't No Love » retrouve les fondamentaux. Riff simple décliné à la tierce. Batterie et basse au coude à coude.
Le legato de Lothar Antoni (« Party's fine you smoke a lot of grass / Mind sinkin' in your whiskey glass ») se fait savoureux sur « Ain't No Love ».
« Baby Child » conclut, magistralement un album qui concède peu de pertes. Ce morceau est à Trance ce que « Stairway To Heaven » est à Led Zeppelin, « November Rain » à Guns N' Roses, « Love Kills » à Hot Hell Room.
C'est la guerre. Un père chante une berceuse à son enfant. Les bombes ont tout ravagé, sa mère est morte. « Continue de rêver » psalmodie le père. Lothar Antoni monte peu à peu, donne de l'intensité. Accélération libératrice, batterie/guitare/basse. Rupture/reprise. Le morceau finit en apothéose dans une rythmique effrénée survolée par un Lothar Antoni très haut dans les aigus tandis que les gaz font leur effet.
Quarante minutes. Fini déjà.
C'est que rien n'est de trop dans cet album, totalement représentatif du heavy des 80's quand il est bon.
Ses points forts : guitares à la tierce, solide sens mélodique, un chanteur à la voix atypique, et un son qui a su traverser les décennies sans une ride.
Si vous l'aviez écouté en 1982, vous vous en souvenez. Si vous l'avez raté c'est sans importance : il est aussi bon en 2022 qu'il l'était voici quarante ans.
C'est donc le moment de le (re)découvrir.

SEA OF SNAKES, The Serpent And The Lamb (sortie le 14/10/2022 - chronique)
Le 15/10/2022
On prend du bon temps tout au long de cette galette bien rôdée.
Sea of Snakes est un quatuor de stoner/hard-rock basé à Los Angeles.
En 2021 le groupe sort « World On Fire», un premier EP chez Metal Assault.
Il revient le 14/10/2022 avec un album :
« The Serpent And The Lamb »

Des vocaux qui traînent délicieusement (God Of Creation), de la fuzz et du riff gras, une couche plus ou moins fine de doom (End Of The Sun), un chant à la Zakk Wylde, des rythmiques entraînantes ; il est clair que les mecs de Sea Of Snakes ont dû user des sillons et arpenter des scènes avant de mettre en chantier « The Serpent And The Lamb ».
Bien qu'il s'agisse d'un premier album, le style est totalement maîtrisé, dominé même, et l'on prend du bon temps tout au long de cette galette bien rôdée.
Aussi efficace dans le mid-tempo (Demon Seed, Third Kind) que lorsqu'elle met un peu la gomme (Get The Gun), elle est sobre dans l'exécution, directe dans le songwriting.
Plutôt hard que stoner, elle sait tout de même soulever la poussière du désert.
Les dix compositions ont ce son caractéristique qui sied parfaitement à la marchandise.
L'album trouve une jolie respiration inattendue en son milieu (Dead Man's Song).
A l'écoute, on pensera à Black Label Society (cette voix), à Black Sabbath (on s'attend presque à voir intervenir Ozzy sur le riff de In Hell), et à Pentagram.
Un premier album très réussi a retenu notre attention. La galette est efficace à 100% et harmonieusement agencée.
Si Sea Of Snakes n'est pas là pour changer la face de Metal, il réalise une excellente course, proposant avec ce « The Serpent And The Lamb » un excellent passage de témoin.
Il se conclut par un titre magnifique (The Ritual).
Pas besoin d'en dire plus, c'est du solide. Ecoutez-le, on recommande !
