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ETWAS, Enochian Keys - Chvpter I (01/09/2022 - chronique)

Le 17/11/2022

Un album à la séduction sulfureuse, rencontre de deux univers antagonistes sur la surface d'un miroir prêt à rompre.

Deux ans après « Behind The Veil », son premier opus, ETWAS revient avec « Enochian Keys - Chvpter I », disponible depuis le 01/09/2022.
Etwas
Ce premier long format des Nîmois marque un virage certain dans leur orientation musicale, mélangeant de forts éléments black metal aux ingrédients symphoniques qui caractérisaient l'EP.
Etwas se distingue par le chant très haut de Victoria Hove, cependant loin d'être figé car  la voix fait feu de tous bois, s'essayant même au growl avec éclat (« The Baphomet Cult »). Et c'est par des chuchotements incantatoires qu'elle nous accueille sur « The Purgatory »,  introduction aussi courte qu'efficace qui renvoie notre imaginaire aux films d'horreur les plus stressants.
La rythmique black appuyée (« The Mark Of The Goat ») prend ensuite le relais, serrant de près un chant céleste tandis que les chuchotements maintiennent l'atmosphère angoissante sur l'ensemble de la galette.  La pression est accentuée encore par l'arrivée des claviers et des growls ( « It's Alive » ).
Dans une alternance d'ombre et de lumière, les menaces succèdent aux promesses, les choeurs démoniaques côtoient les chants angéliques (« A Forked Tail And Horns »), les notes dissonantes (« Philosopher's Stone ») contrarient les aspirations néoclassiques (« Infernal Flames »).

Etwas compose ainsi un album à la séduction sulfureuse et gothique, rencontre de deux univers antagonistes sur la surface fragile d'un miroir prêt à rompre sous les coups d'un ballet tempétueux et diabolique qui tourbillonne sous chaque pas. La dualité black/symphonique installe donc en dix titres une atmosphère composite attirante qui sera familière aux amateurs d'ambiances ésotériques et de vampires de tous poils dont on ne sait bien s'ils ouvraient la bouche avec l'intention de vous sourire ou pour vous mordre.

Marion Lamita annonce un nouveau projet

Le 15/11/2022

Marion Lamita, dont on connait les talents et la grande voix soprane au travers de divers projets (Darkonelly, LUX) et contributions (Seyminhol, Giotopia, Dracovallis) prépare un album dont la sortie numérique est annoncée le 22/12/2022 sur Bandcamp.
Ce nouveau projet se nomme Elusive sky, et l'album a pour nom « Infinity ».

Marion lamita elusive sky
Marion Lamita précise :
« Il s’agit d’un album atmosphérique qui se classe plutôt dans la catégorie New-Age, avec des accents rappelant l’ambiant, parfois un peu trip-hop, avec toujours une pointe de lyrisme qui caractérise ma voix.
Comme vous pourrez le voir en regardant la pochette, l’album invite au voyage céleste.
J’espère qu’il vous plaira et que vous aurez envie de le découvrir, juste avant Noël !
Le 22 décembre marquera la date de la sortie digitale, mais un pressage sera fait peu de temps après, courant 2023, et je pourrais bien sûr vendre cet album d’Elusive Sky aux concert de Lux. »
Précisons pour conclure que Lux sera en concert le 17/12/2022 à Dijon au Deep Inside Klub Rock.
 

Munroe's Thunder « The Black Watch » (sortie le 11/11/2022)

Le 10/11/2022

"The Black Watch" a cette qualité à reprendre des influences majeures et à livrer avec passion de grandes tendances Rock Metal en y faisant éclore le style Munroe.

Groupe : Munroe's Thunder
Origine : USA
Album : The Black Watch (11/11/2022) - Chronique d'album
Genre : Power Metal Mélodique
Label : RFL Records
Par Dam'Aël

 

Munroes thunder

LE GROUPE :

Cinq membres constituent ce groupe de Power Metal Mélodique mais Munroe's Thunder, formé en 2015, est d'abord et avant tout un projet solo de l'Américain Ronny Munroe  connu pour avoir été le frontman et vocaliste de Metal Church avec sa participation sur quatre de leurs neuf albums : "The Weight Of The World" (2004), "A Light In The Dark" (2006), "This Present Wasteland" (2008) et "Generation Nothing" (2013). Ronnie intègre aussi le groupe de Rock Progressif du guitariste Kurdt Wanderhoof, Presto Ballet qui lui permet de mettre encore plus en avant ses talents vocaux ( album "Invisible Places" et un EP "Like What You've Done With The Place"). Il rejoint par ailleurs Trans-Siberian Orchestra en octobre 2011 et avait au préalable officié dans Zero Discipline, Madhouse, Moxi, Seattle Palatin (1986-1988), Farcry (1990). Enfin, depuis juillet 2022 il est annoncé comme le nouveau chanteur d'un autre combo de Power Metal Vicious Rumors. Vous l'avez compris, Ronnie Munroe en a sous ses semelles et sur ses cordes vocales, nul doute à avancer.  A rappeler dans la foulée, la discographie solo de l'artiste : Internal Quest (EP 2007), He Fire Within (2009), Lords of the Edge (2011) et Electric Wake (2014).

Ronnie Munroe joue aux côtés d'artistes tels que Motorhead, Black Sabbath, Dio, Iron Maiden, Judas Priest, Queensryche, System of a Down, Fear Factory, Blind Guardian, et réalise de nombreuses performances aux USA mais aussi en Europe , y compris sur des festivals comme le Wacken Open Air, Rock Hard Fest, Sweden Rock,  Graspop, Bang Your Head, BW & BK, Rocklahoma sans oublier des salles prestigieuses telles que la House of Blues (Chicago, Cleveland, LA), BB King's (NY) et le Roberto Clemente Coliseum (San Juan, Porto Rico). Difficile de tout nommer et ce n'est pas l'objet princeps de ce papier. 

Je vous signalais en préambule la présence de cinq membres au total ; en effet Munroe s'est octroyé le support de David Mark Pearce à la guitare lead et à la basse, Oliver Wakeman aux claviers, Justin Zych à la guitare et BJ Zampa  à la batterie.  A préciser que David Mark Pearce revêt un autre rôle important, celui de directeur musical assurant également le mixage et la production  de la galette The Black Watch

Line-up de MUNROE'S THUNDER :
Ronny Munroe - Vocals
David Mark Pearce - Guitars, bass
BJ Zampa - Drums 
Justin Zych - Guitar 
Oliver Wakeman-Keyboards

 

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L'ALBUM : THE BLACK WATCH

Un petit historique sur cet album ne s'impose pas mais donne quelques informations supplémentaires pour les fans jusqu'au-boutistes. The Black Watch devait sortir l'été 2016 mais la vie sait arrêter  diaboliquement les heures douces et légères quand elle le décide. Un cancer est diagnostiqué chez la femme de Ronnie, Joy Von Hughes qui de surcroît contracte une pneumonie. L'album devra attendre. La période du Covid y rajoutera une couche supplémentaire pour différer nombre de projets et notamment celui de Munroe's Thunder. Après le décès de Joy en juin 2019, il était primordial de terminer cet opus qui devient un véritable hommage envers Joy et son courage.

Le titre relève d'une intrigue assez extraordinaire et inattendue. Ronnie nous explique : " The Black Watch, est vaguement basé sur mon héritage familial, car certains de mes ancêtres étaient en fait dans The Black Watch qui gardait Mary, Queen Of Scots. Découvrir cela m'a suffisamment intrigué pour faire un album conceptuel à propos de mon héritage familial." 

Rappel historique : " Mary Queen of Scots, nom d'origine Mary Stuart ou Mary Stewart, (08/12/1542 en Écosse - 08/02/1587 en Angleterre), reine d'Écosse (1542-1567) et reine consort de France (1559-1560). Ses actions conjugales et politiques imprudentes ont provoqué une rébellion parmi les nobles écossais, la forçant à fuir en Angleterre, où elle a finalement été décapitée en tant que menace catholique romaine pour le trône anglais. L'histoire est l'un des contes les plus reconnus de l'histoire " et tenez-vous bien Munroe découvrant qu'il a des liens avec cette histoire légendaire décide d'en faire un album concept.  

Le 16 sept. 2022 Munroe's Thunder  déclenche les précommandes de l'album via RLF Records avec un bonus pour les 100 premières commandes : une affiche en édition limitée.

Ce sont 11 titres au total que nous pourrons découvrir le 11 novembre prochain, dont une très brève intro instrumentale de 21 secondes " Battle Cry"et un interlude de 1'46 "Falkirk".

"Battle Cry" (Pearce) s'introduit au son des cornemuses irlandaises et laissent très rapidement la place au premier véritable morceau, le titre éponyme,

"The Black Watch" ( Zych, Munroe, Pearce) qui nous mène sans ménagement dans le vif du sujet et en immersion totale dans le thème historique de la galette. Un Bruce Dickinson n'aurait sans doute pas fait beaucoup mieux sur ce titre tant la ligne de chant de Ronnie délivre des mélodies incisives dont certaines envolées claquent de plein fouet notre système auditif, ravi des sons qu'il a à traiter. Les riffs de guitare puissants se posent sur une rythmique solide, et proposent des plages sonores bien choisies et inspirées. Bien, les hostilités sont lancées et le feu est mis en moins de 8 mn depuis la déclaration de guerre.

"Awaken The Fire(Pearce, Munroe) n'éteindra pas l'incendie décidé par Munroe's Thunder avec cette structure instrumentale combative, ses riffs monstrueux et dévastateurs que les claviers essaient de rendre plus joyeux. Cette troisième piste offre deux solo, le premier proposé par Pearce et le second en collaboration avec Zych. Le trig de la batterie peut même rappeler les crépitements des flammes qui viennent lécher les mains ensanglantées du texte.

"Gray Hall (Pearce, Munroe) laisse la place à la colère, au chant cinglant, agressif et belliqueux que chaque instrument mène tambour-battant ; une véritable invective sonore que les plages de claviers alimentent avec détermination. Une alliance Maiden/Deep Purple sur contrat émis par Munroe's Thunder! En d'autre termes, des influences évidentes qui s'ouvrent sur du Munroe's Thunder en barre. Portez une attention toute particulière au passage qui débute aux 2'04 et qui s'étire aux 2'50, qui est pour moi, un passage épique et magistral.

"Baddington Mary(Pearce, Munroe) s'ouvre sur une plage acoustique et la voix de Ronnie, basse, même très basse. Les couplets sont proposés ainsi, en opposition aux refrains plus dynamiques et sur envolées vocales qui crient douleur et déchirement. On rappelle ici, que lors de la composition de l'album, Joy souffrait énormément... cette souffrance s'exprime magistralement dans l'interprétation de Ronnie sur ce titre qui aborde la trahison d'un certain  Anthony Babington (on note l'absence d'un double b, par rapport au titre) condamné pour avoir comploté l'assassinat d'Élisabeth Iʳᵉ d'Angleterre et pour avoir conspiré avec la reine Mary, emprisonnée, qui avait su communiqué par l'intermédiaire d'un cryptage de ces lettres... La prestation au chant de Munroe démontre, s'il fallait encore le démontrer, une grande capacité à changer de tonalité et de tessiture.

"Brace For The Night" (Pearce, Munroe) Batterie, claviers et ... le reste! Ce 6ème titre est tout en puissance sur des claviers qui n'ont rien à envier à ceux de grands groupes auxquels nous pensons tous. Situé Oliver Wakeman dans la veine d'un Don Airey ou d'un Jon Lord est loin d'être exagéré. On salue la puissance du duo basse / batterie. Ca ronfle et ça martèle! Et nous pouvons tirer notre chapeau pour le gigantesque travail que David Mark Pearce exécute sur chacun des titres. Aucune redondance dans des soli tout aussi magiques qu'efficaces.

"Dead Man's War" (Pearce, Munroe) s'annonce comme une ouverture de film à la Golden Meyer. Encore un titre qui tue sur riffs qui décapitent (Mary Stuart apprécierait sans doute assez peu l'expression) en duo avec une basse plus qu'endiablée. Ces deux monstres nous proposent deux soli, celui de Zych puis celui de David durant ces 5'54.

"Falkirk( Zych, Munroe) offre une pause douce et tendre sur guitare acoustique et claviers délicats, mélodieux presque soyeux. Un peu de tendresse dans cette histoire de brutes (en référence à la bataille de Falkirk). Ronnie Munroe délivre une prestation tout aussi délicate. La photo de J Von Hughes Munroe figure sur la page de ce titre Falkirk, dans le livret de l'album (est-ce une référence au texte : "We lost a legend...)

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"Thirty Years War" (Pearce, Munroe) : Une des forces de Munroe's Thunder est de savoir nous délivrer des instrumentaux colorés et puissants donnant une place importante aux claviers qui voguent sur mer calme et océans agités, donnant le crescendo au titre en habile complicité avec les riffs de guitare et la solidité de la section rythmique; le chant doublé de choeurs texture ce titre qui flirte ouvertement avec un progressif évident.

"Echoes Of The Dead (Pearce, Munroe) : 5'11 de Power Metal carrément trashy qui envoie les watts sans retenue avec pas moins de trois soli en cadeau : le premier livré par David Mark Pearce et les deux suivants par Justin Zych. Les claviers restent efficaces et opportuns et BJ Zampa ne lésine pas sur les toms qui assure une structure béton du début jusqu'à la fin. 

Ce titre est supporté par une vidéo officielle accompagnée des paroles sortie le 23 septembre dernier, qui intègre en introduction Battle Cry, le court instrumental de début d'album.

"The Executioner(Pearce, Munroe) : The executioner est un condensé de puissance, d'efficacité, de riffs cinglants, fracassants et étourdissants appuyés sauvagement par des claviers stupéfiants. La ligne vocale est incisive et redoutable, confirmant sans contestation possible le talent de Ronnie Munroe dans sa capacité de lâcher envolées et robustesse.

Track List:
1. Battle Cry
2. The Black Watch
3. Awaken The Fire
4. Gray Hall
5. Babbington Mary
6. Brace For The Night
7. Dead Man's War
8. Falkirk
9. Thirty Years War
10. Echoes Of The Dead
11. The Executioner

Pour vous donner un bel aperçu en 2'14, un petit clic pour une grande claque :

Notre avis :

The Black Watch est un album qui ne peut que rassembler un grand nombre d'aficionados de Maiden, Deep Purple, de Dio, de Metal Church, de Rainbow... car il a cette qualité à reprendre des influences majeures et à livrer avec passion de grandes tendances Rock Metal, en y faisant éclore le style Munroe. La richesse des compositions, le panel vocal, la technique de chacun des membres en fait un album, texturé, varié, puissant. Son côté à la fois conceptuel et très personnel rajoute encore plus d'émotion à cet opus. La dynamique des onze titres sait allier puissance, douceur, énergie, émotion. The Black Watch bénéficie d'une production high level, assurée par David, qui magnifie le talent de chacun des membres du quintet et en fait un album de grande qualité, très inspiré ; il ne faut surtout pas passer à côté. Vous pourrez vous le procurer auprès de son label RFL Records.

On va plus loin chez Ahasverus :

L'album étant prévu à l'origine pour 2016, nous avons retrouvé le teaser d'origine proposé le 30 déc. 2015 avec un line-up légèrement différent. La basse devait être assurée par RC Ciejek ( Ancien bassiste de Joey Belladonna et d'Anthrax), la batterie, elle, par Rick Ward (Midnight Circus & Azrael's Bane).

 

Les liens :

https://www.facebook.com/munroesthunder

https://www.facebook.com/ronnymunroefb

RFL Records

https://www.facebook.com/rflrecordsroxx

 

 

 

FT-17, Aisne 1914 (06/06/2022 - chronique)

Le 10/11/2022

Retour en guerre avec Marcellin

Une chronique d'Apolline
Le groupe de metal extrême nantais FT-17 a sorti en juin son 3ème opus (sous le label nantais L'Ordalie Noire) intitulé « Aisne 1914 ».
Ft 17
Pochette de l’album « Aisne 1914 », réalisée par Newsålem (qui expose au WESTILL FEST de Vallet le 19/11/2022 puis le 21 janvier 2023, 18:30 au Purgatory de Bordeaux le 21/01/2023).


Pour ceux qui ne connaissent pas, FT-17, c’est du black metal mélodique, un peu influencé death.
Le groupe base ses œuvres sur la Grande Guerre (leur nom vient d’ailleurs d’un char d’assaut qui était utilisé à cette époque). Dans ce troisième album, tout comme dans les deux précédents (« Marcellin s’en va en guerre », sorti en 2016, qui donne une vision globale de la première guerre mondiale, puis « Verdun ! », paru en 2018, qui couvre la bataille du même nom) vous suivrez l’évolution de Marcellin Trouvé, un personnage fictif dont l’histoire est basée sur les écrits de trois poilus.
« Aisne 1914 » se focalise sur la bataille de l’Aisne (du 13 au 28 septembre 1914, mais c’est eux qui se chargeront du cours d’histoire hein, j’vais pas non plus tout faire, non mais !).
Les textes – en français s’il vous plaît – sont écrits dans un style moderne, mais renvoient sans nulle difficulté à cette époque lointaine, notamment grâce aux passages narratifs, où Marcellin avec sa voix grave – dans tous les sens du terme – raconte ce qu’il voit, ce qu’il vit sur le champ de bataille.
Ces moments d’accalmie sonore aident au passage l’auditeur à emmagasiner toute l’intensité des chansons, et nous permet de nous attacher encore plus à ce personnage.

Musicalement, on retrouve dans « Aisne 1914 » la même atmosphère – pesante et épique – du groupe. Leur black metal a un son très propre, caractéristique de FT-17, et la musique suit le cours de la bataille : la batterie accélère lors des offensives, et redevient plus lente lorsque la guerre se calme. L’enchaînement des différentes chansons est fluide et cohérent, et les quarante-cinq minutes que dure cet opus passent toutes seules, aussi délicieuses qu’une bière fraîche après une journée de travail par 40°C. Et plus on écoute plus on s’en délecte.
Le groupe peut se targuer d’avoir ouvert pour les Allemands de Kanonenfieber sur trois dates françaises fin octobre, et on leur souhaite autant de magnifiques concerts que possible. S’ils passent par chez vous, allez leur faire un petit coucou !
Je terminerai cette chronique en disant que FT-17, c’est un groupe qui nécessite du temps et plusieurs écoutes pour être apprécié à sa juste valeur. Il faut vraiment creuser dans leur discographie pour se rendre compte de toute la passion et le travail qu’ont mis les musiciens dans leurs œuvres. C’est pourquoi, même si cet album est excellent, je vous laisse ci-dessous le lien du premier album « Marcellin s’en va en guerre », car je pense que c’est celui des trois qui permet le mieux de se plonger dans l’univers du groupe, et dans le quotidien de Marcellin, et l’écouter en premier ne donnera que plus de profondeur aux suivants.

BUKOWSKI, Bukowski (23/09/2022 - chronique)

Le 10/11/2022

Un album à la fois dans la continuité et en recherche de nouveauté.

Une chronique d'Harvey

Bukowski artwork
L’histoire de Bukowski et de cet album en particulier c’est avant tout un drame familial et musical avec la triste disparition de Julien Dottel bassiste du groupe depuis 2007, frère de Mathieu Dottel. L’album sera défendu sur scène par Max, un proche de Julien et ancien guitariste de Full Throttle Baby, qui va reprendre la quatre cordes et le backline de son ami et prédécesseur.
Bukowski c’est une histoire de famille autour des frères Dottel (Mathieu au chant et guitare et Julien à la basse).
Du rock/stoner, du bon rock, voila ce qui ressort de cet album qui est à la fois dans la continuité mais aussi dans une forme de recherche de nouveauté en s’essayant à de nouveaux genres.

Bukowski explore donc de nouveaux terrains de jeu, en plus du stoner, avec par exemple des morceaux plus découpés et tranchant dans le vif comme sur « The Third Day », mais aussi plus de break, de changements de rythmes sur certains titres long (les sept minutes de « Breathin’ underwater »). Des mélodies qui claquent et se retiennent comme sur « My claws » et « Breathin’ underwater ». On y retrouve également du français sur « Arcus » avec la participation de Wojtek.

L’ADN du groupe reste le stoner qui décroche bien la tête avec par exemple « From Above » en guise d’introduction, Buko reste Buko quand même !
Bref un bon album de nos petits français, plein de bonne choses à y prendre !
Mais surtout quel courage et quelle abnégation !

WARKINGS, Morgana (11/11/2022 - chronique)

Le 09/11/2022

« Morgana » emportera  sans difficulté les suffrages des amateurs d'un power metal viril et plein de musicalité dont Warking manie les codes aussi sûrement que les piliers du genre.

Quatrième album pour Warkings.
Le quatuor qui regroupe quatre rois anciens (un tribun romain, un viking sauvage, un noble croisé et un guerrier spartiate) forge son power metal depuis 2018 aux braises incandescentes jetées par Powerwolf, Sabaton, HammerFall ou encore Running Wild.
Le nouveau brûlot sort le 11/11/2022 via Napalm Records. Il s'appelle :

« Morgana »

Warkings artwork
« Morgana », c'est la Fée Morgane. L'album qui lui est consacré raconte une histoire en quatre actes : le premier chapitre « Hellfire » évoque la relation d'amour et de haine qui unit Morgana au roi Arthur ; « Monsters » parle du côté obscur de chacun d'entre nous ; « Heart of Rage » traite de son désir d'accorder le pardon à tous ceux qui l'ont blessée ;  « Immortal » explique enfin comment les âmes d'Arthur renaissent encore et encore.
Dans les deux derniers chapitres de la bataille, Arthur lui-même prend la parole et implore Morgana de ne pas l'abandonner, avant de raconter la saga arthurienne et son couronnement final.
Des combats (« Hereward the Wake »), la bataille navale de Salamine et l'histoire d'un homme injustement asservi s'invitent également dans cette fresque historique.

1. C'est un titre fort qui ouvre l'album. « Hellfire » mélange un chant black et des ambiances power metal sur un tamis très dense de guitare/basse/batterie qui promet un rendu puissant et inquiétant.

2. « To the King », le titre suivant, est un hymne en l'honneur « du plus fidèle des guerriers Warkings, qui se tient aux côtés des puissants rois dans toutes leurs batailles. » Entendez qu'il s'agit d'un morceau taillé pour la scène et pour le public, construit dans le power metal le plus guerrier.
3. Plus rentre-dedans, « Monsters » est un heavy très agressif, avec des phases couplet/refrain entêtantes. Un hit en puissance, qui parle du mal qui réside en chacun de nous. C'est aussi l'occasion pour Morgana de donner à l'humanité sa version de sa propre histoire.

4. Après quelques choeurs quasi-lithurgiques, « Last of the English » vous botte le train avec un démarrage percutant et une section rythmique particulièrement soutenue.
5. « Heart of Rage » propose une belle introduction méditerranéenne. Le tandem chant clair et growlé amène un  refrain épique tandis que les orchestrations donnent du relief à l'ensemble. Mention spéciale aux lignes vocales à la fin du morceau, sur les choeurs : c'est une franche réussite.
6. « Row (Into the Storm) » installe une ambiance pirate sur un titre testosteronné. Les voix et les choeurs marquent le rythme à la manière d'une grosse caisse.
7. Chant clair et growlé se renvoient la balle sur « Immortal ». Des riffs féroces construisent un morceau accrocheur sur une belle mélodie.
8. « Shame » martèle la cadence puissamment avant que la batterie mette le pied au plancher. Le chant masculin est soutenue par une voix claire féminine.
9. « The Rite » semble à nouveau profiter d'une influence méditerranéenne.
10. « Legend Untold » est un titre martial, qui nous a fait penser à Avantasia et Manowar.
11. Vient ensuite une excellente version du standard de Powerwolf, « Armata Strigoi ».
12. Une cover hargneuse tout aussi réussie du « Cry Thunder » de Dragonforce clôture l'album.Les cordes ronronnent joliment..

Beaucoup de virtuosité dans ce Warkings qui utilise les growls pour appuyer ses effets, avec réussite et sans les systématiser.  Quelques indices instrumentaux — à nouveau sans abuser — dessinent des rives méditerranéennes. Les rythmiques bien balancées, les choeurs martiaux, assènent des hymnes épiques du meilleur niveau en multipliant des lignes mélodiques aussi enchanteresses que l'héroïne Morgana. Puissante et soignée, cette superproduction catchy et d'un grand niveau technique emportera sans difficulté, et jusqu'à ses deux bonus loin d'être anecdotiques, les suffrages des amateurs d'un power metal viril et plein de musicalité dont Warkings manie les codes aussi sûrement que les piliers du genre.

Commandez l'album ICI.

SCARLET DORN, Queen Of Broken Dreams (30/09/2022 - chronique)

Le 08/11/2022

Scarlet Dorn avance à nouveau avec ses mélodies élégantes et cette grande sûreté dans la voix.

Un an à peine après « Blood Red Bouquet », Scarlet Dorn (actuellement en tournée européenne avec Lord Of The Lost) revient dans l'actualité via SPV avec un troisième album :

QUEEN OF BROKEN DREAMS

Scarlet dorn new album
Il s'agit d'un douze pistes d'environ quarante-sept minutes.

  1. C'est « Falling », un titre au tempo très enlevé et au refrain assez pop que l'artiste dark a choisi pour ouvrir l'album, avec quelques effets sur sa voix, envoutante dans les médiums.
  2. « Born To Suffer »  touche à la substance de Scarlet Dorn. Le titre est sombre et mélancolique malgré ses accents pop ; la batterie lui imprime son rythme sur fond de guitares lyriques.
  3. « Wherever I go / Smiling like a pro » confesse Scarlet sur « Queen Of Broken Dreams ». Les riffs sont puissants, le pont se fait presque dance.
  4. L'ambiance redevient dark sur « Your Highness », morceau rock aux allures jazz/blues qui présente quelques liens de parenté avec la musique de Tom Waits.
  5. « A Light That Blinds The Truth »  propose un assemblage piano/voix parfaitement ajusté et s'étoffe sur son parcours.
  6. « Meteor » part avec beaucoup de douceur tandis que la voix de Scarlet prend de l'altitude. Ce joli mid-tempo  invite à la rêverie. La ligne de chant est reprise par la guitare lead.
  7. « Unstill Life » offre une superbe mélodie aux arrangements soignés, dominée d'abord par les claviers avant que les guitares ne reprennent la main.
  8. Ballade sombre, « When You See Me Again » présente une instrumentation assez dépouillée.
  9. « Love Wasn't Made For Me »  assure Scarlet. Malgré son titre, ce morceau se fait dynamique.
  10. « What Are We To Do » arrive comme un murmure. Les lignes de chant basses se voient très légèrement soutenues sur le refrain.
  11. « Tonight » conserve un texte toujours très sombre (« You won’t see me tonight / For you don’t need me tonight »).
  12. « A Million Miles Away » prend de la vitesse et permet à Scarlet de donner de sa puissance.

Scarlet Dorn a su en quelques albums imposer un style bien identifiable, un romantisme dark teinté de pop et de rock. Elle avance à nouveau avec ses mélodies élégantes et cette grande sûreté dans la voix, aussi envoutante dans les basses qu'elle est solide dans les aigus.  « Queen Of Broken Dreams », son nouvel album, offre un nouveau témoignage de son talent et rejoint à rang égal une discographie de belle qualité qui séduira ses followers et tout amateur de dark pop rock et d'ambiances gothiques délicates.

CECILE DELPOIO, Tuolla (26/10/2022 - chronique)

Le 07/11/2022

Rares sont les albums issus de l'underground qui atteignent un tel degré de perfection.

Elle est la frontwoman du groupe de métal symphonique Remember the Light et elle opère dans un registre soprano léger qui confère à sa voix virtuose (colorature ?) une apparente fragilité. Cécile Delpoio a choisi cette fois de diriger pleinement le navire dans un opus solo. Il nous emmène sur...

« Tuolla »

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« J'avais d'autres choses à exprimer, et c'est pour ça qu'est né ce projet », dit-elle. Ces choses, Cécile les raconte à travers un concept-album dont la trame se développe dans un monde féérique appelé Tuolla. Son héroïne, Aodrëna, n'a jamais rien connu d'autre que ces terres flottant dans le ciel, ces lieux paisibles, cette beauté pure qui vous rassure où que vos yeux se posent. Mais l'herbe semble toujours plus verte ailleurs, même dans les contes. Un jour, Aodrëna quittera son monde à la recherche du bonheur...
Donnant libre court à son inspiration, Cécile estime ce onze pistes d'environ cinquante-trois minutes métallo-compatible et cite pour repères Dead Can Dance, Hans Zimmer, Narsilion et Ordo Funebris. « La description qui colle le plus serait Dark Fantasy et Ethereal Folk, une plongée dans un monde fort lointain, qui, je l'espère, vous plaira », précise-t-elle. L'album est accompagné d'un livret qui développe l'histoire complète imaginée par l'autrice. Développant son sens artistique au travers d'autres disciplines, Cécile a également dessiné l'univers de  « Tuolla » et signé ou co-signé les clips.

« Once upon a time
In a world called Tuolla
There lived a young woman
Her name was Aodrëna ».

  1. Dans un anglais très harmonieux, c'est « Aodrëna », l'héroïne, qui nous ouvre les portes de ce conte fantastique. Le décor médiéval se pose par une voix très haute portée par des sonorités classiques : flûte, clavecin, violoncelle. Cécile Delpoio, presqu'a capella,se fait saisissante.
  2. « Highest Dreams » reprend très haut, mais c'est en bas que la voix nous emportera sur le dernier tiers de la mélodie, dans un très bel assemblage vocal et instrumental.
  3. « Au sommet de la  Tour » pose ses nappes de clavier sous de jolis choeurs. Le chant évoque l'Orient et la mélodie en notes frappées nous entraîne dans une courte pièce à la manière d'une boîte à musique.
  4. C'est encore l'Orient et ses mystères qui habite l'introduction de « Above the Sky », installant une ambiance atmosphérique sur laquelle voix et violon vont dansants.
  5. « Erimaïlma » est le premier titre à l'ambiance sombre. « This was the name of the world below... » chante Cécile dont le vibrato se fait inquiétant. Cette pièce de dix minutes est forte de vingt-cinq voix et a nécessité trois jours complets d'enregistrement. « Un morceau qui passe par tous les styles, darkwave, neo-classique, pop, avec quelques passages plutôt théâtraux », explique l'artiste. Les lyrics incantatoires se font agressives jusqu'à l'arrivée de choeurs angéliques, finalement emportés dans une orchestration infernale et grandiose. Puis le morceau retourne dans les cieux avec un talent lyrique icontestable.
  6. Après cette pièce épique « U-Turn (Through the Forest's Laments) » semble proposer une respiration, cependant que des voix nous assaillent de toutes parts jusqu'à une fin baroque.
  7. « The Castle » reprend cette thématique médiévale et montre une  instrumentation délicate avant de nous emporter par sa mélodie sublime qui en fait l'une des pièces majeures de l'album. Quant à Nils Courbaron (Sirenia), avec qui la réalisatrice Cécile Delpoïo a déjà collaboré, son inspiration démontre qu'il n'a clairement pas fait le déplacement sur Tuolla pour rien !
  8. « The Ungrateful Daughter » s'avance au piano. Le chant est toujours aussi incroyable - Cécile Delpoio s'inscrit clairement dans un registre lyrique d'exception qui suscite l'admiration.
  9. « The Serpent's Venom » frappe à coups sourds. La voix se fait sorcière tandis que l'héroïne sombre dans ses cauchemars.
  10. « Stars » laisse une place au piano avant l'arrivée d'une voix qu'on n'identifie pas immédiatement : la note pure tenue par Cécile se confond avec un instrument.
    A propos de la vidéo qui accompagne ce titre, Cécile explique :
    « Ce clip a été réalisé sur un an et demi car j'ai collecté durant toutes les saisons des images dans toute la France et même jusqu'en Espagne pour retranscrire mon amour des paysages et de la nature vierge de toute trace humaine... Des réveils à quatre heures du matin pour filmer le soleil levant au-dessus des incroyables inondations de Seine-et-Marne en plein hiver, des nuits à filmer la voie lactée dansant autour de notre planète, et puis quand même des couchers de soleil sur les plages en été, parce que je ne vais pas souffrir en permanence. J'espère pouvoir vous faire rêver à travers ces images de notre très belle Terre.
    Vous verrez aussi une merveilleuse prestation de Laure Ali-Khodja la chanteuse d'Elfika qui officie cette fois en tant que danseuse et sans qui ce clip aurait eu quand même beaucoup moins de magie. »
  11. « Flying » mêle guitare claire et choeurs dans une pièce très douce au langage mystérieux qui nous accompagne à la sortie de l'album. La mélodie donne une dernière occasion à la voix d'aller chercher ses notes très haut.

Cécile Delpoio est accompagnée sur « Tuolla » par Olivier Reucher (compositeur/pianiste de Remember The Light) aux arrangements et par Stayn Karhien (guitariste de Remember The Light) à la guitare. Côté mixage et mastering, elle a fait confiance à Sébastien Latour.
Cecile depoio artpringL'artprint de Tuolla est signé Cécile Delpoio


Incitation musicale au voyage dans un univers d'heroic fantasy, « Tuolla » est une oeuvre originale particulièrement bien ficelée dans un packaging soigné. Rares sont les albums issus de l'underground (comprenez : avec un budget loin d'être pharaonique) qui atteignent un tel degré de perfection. C'est rendu possible parce que Cécile est une cumularde : écriture, composition, dessin, design, vidéo, chant... Ce couteau suisse artistique sait absolument tout faire ! Ses dons multiples permettent à la magie de  « Tuolla » d'arriver inaltérée sur vos platines.
« Tuolla » est aussi la confirmation qu'on espérait de la part de ce jeune talent si prometteur, qui a déjà montré tant de belles choses.  Allant jusqu'au grandiose, parfois catchy, ce conte musical confirme la complétude de l'artiste et sa capacité à conduire des projets ambitieux. Techniquement, sa voix est aussi belle dans les médiums qu'impressionnante dans les aigus, et son chant séraphin s'accompagne d'orchestrations délicates jouées au cordeau. La production  parfaite prouve que la Parisienne a fait les bons choix jusqu'au bout, en s'entourant d'une équipe de confiance aussi discrète qu'efficace. On salue donc la maîtrise du projet et on applaudit cette réalisation, premier des
travaux d'Hercule d'une artiste qui force notre admiration en délivrant un premier long format incroyablement abouti.
On vous invite à partir à votre tour en voyage sur « Tuolla », dont les cieux merveilleux se pareront sur votre passage des couleurs du Metal, du Gothique, du Dark, du baroque et de l'art lyrique à la fois.