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ETWAS, L'interview de Silver (guitare)

Le 27/11/2022

« L’envie d’aller plus loin dans la brutalité était évidente. »


Début septembre 2022, ETWAS sortait « Enochian Keys - Chvpter I », son premier album, mélange  de black et de métal symphonique.

Guitariste de la formation, Silver Croze, revient avec nous sur le parcours du groupe, son orientation musicale et la construction de ce nouvel opus.


Bonjour Etwas. Une explication sur le nom du groupe ?
Silver :
Etwas m’est venu lors de mes dix-huit bougies. Je cherchais un nom de groupe, simple, mystérieux dans une langue différente de la nôtre. J’ai donc choisi « ETWAS » - « etvasse » en prononciation. Ça veut dire « quelque chose » en Allemand. J’apprenais l’Allemand pour ne pas faire Espagnol comme tout le monde (LOL !).
En 2020 vous sortez « Behind The Veil », un premier EP orienté Métal Symphonique...
Silver : Lorsque nous nous sommes rencontrés (Victoria / Florian), j’ai proposé six chansons que j’avais composées il y a longtemps. Nous nous sommes alors rassemblés afin de les modifier et, de sortir cet EP quelques années après. C’était vraiment cool de voir ces chansons enfin sur CD.
Etwas behind the veil
J'adore les voix mais je suis totalement parallèle à la technique. Un mot sur celle de Victoria, particulièrement haute ?
Silver : Victoria a une voix haute « soprano colorature/lyrique ». Mais elle cherche à agrandir son « range » de voix. Jouer avec le bas, parler, chanter et pas faire du lyric constamment, et dernièrement du growl. C’est ce qui la rend indispensable pour le groupe au vu des compositions et de l’ambiance. Peut-être que sur le prochain chvpitre, elle l’utilisera plus régulièrement, qui sait.
« Behind The Veil » tient la route. Cette voix céleste et  l'univers légèrement dark de votre métal  tranche dans la masse des productions symphoniques. Pourtant en 2022, vous changez d'orientation : l'album « Enochian Keys - Chvpter I » marquera l'irruption du black metal dans votre musique. Explications ?
Silver : « Behind The Veil » a été composé il y a environ vingt ans. J’ai passé de longs mois à arranger ces titres pour les mettre au goût du jour. Mais l’envie d’aller plus loin dans la « brutalité », dans le « Black » était évidente au vu de nos goûts musicaux. Ces titres n’étaient pas destinés à finir dans ce registre « Black Metal ». Le but était de faire évoluer notre univers. Mais si on écoute bien les intros des tracks 2 « Semblant of Mercy » et 3 « War in Storm and Ashes », nous remarquons que l’ambiance commence à s’installer. De nos jours, beaucoup de groupes symphoniques restent bloqués sur ce style ou parfois, prennent un côté rock / radiophonique. Nous cherchons à garder une identité propre à la nôtre, celle que l’on aime et que l’on agrémente avec quelques idées cinématographiques.
Etwas
Je zappe généralement les introductions sur les albums, mais je trouve celle de « Enochian Keys - Chvpter I », avec ses murmures propres aux films d'horreur, très efficace.
Silver : Oui c’était l’idée. Je me souviens d’en avoir parlé avec Victoria. S’il était faisable de créer une atmosphère avec un croisement de chuchotements afin d’apporter une ambiance « spirit ». Mettre une intro de ce type en début d’album prépare l’auditeur à notre ambiance.
D'une manière générale, j'ai d'ailleurs trouvé votre Black Metal plutôt cinématographique. Les éléments oppressants que vous insufflez me font penser aux classiques « Shinning »  ou « Poltergeist », ou encore au dystopique « 1984 » pour le côté narratif, ainsi qu'à l'univers vampirique qui donne un côté gothique élégant à l'ensemble, tout autant séducteur qu'angoissant.  On ne sait pas à quelle sauce « Enochian Keys - Chvpter I »  envisage de nous manger...
Silver : Oui et ça me fait plaisir de l’entendre ! C’est un peu tout ça. On crée un univers autour de nos compositions. Certains groupes composent puis écrivent. Nous, ce n’est pas ce processus de composition. Nous réalisons des recherches sur des thèmes spécifiques. Une fois que nous sommes bien documentés, nous passons à l’étape de composition. Ces sujets attirent notre curiosité, et j’invite ceux qui le peuvent à se procurer les paroles de nos chansons. C’est dans un Anglais simple et avec Internet, il est possible de les traduire.

Pour en revenir aux thèmes, nous sommes tous curieux ou attirés par l’histoire. Ici le but n’est pas d’affirmer si cela existe. Mais d’en parler. On ne force personne à accepter les sujets, nous même, nous avons du recul dessus, mais nous trouvons tout cela passionnant. Et la plupart de nos sujets sont largement exploitables avec de la musique et de la vidéo. Par exemple, nous connaissons déjà les thèmes qui seront abordés sur le prochain chvpitre !

Parlez-moi du processus de composition de l'album...
Silver : Je regarde beaucoup de vidéos sur l’histoire, les mythes, même des films culte, etc. Et j’en parle avec Victoria qui est intéressée aussi par ces sujets. Nous discutons autour et nous échangeons des reportages, des documentaires, etc. Une fois qu’un sujet nous passionne, nous composons autour. Je m’enferme au studio, je prends ma guitare et je cherche quelques accords qui colleraient à l’ambiance du sujet. Un titre complet peut me prendre une nuit (« No Candle to Ignite / You Nephilim ») ou plusieurs semaines de compositions (« In a Dreary Coffin »). Une fois que j’ai quelque chose de solide, je l’envoie aux membres du groupe afin de collecter leurs avis, voir si ça colle bien au sujet, si ça leur plaît et on passe ensuite aux modifications. Une fois que le titre est créé, je l’enregistre en pré-production et on fait des essais de voix dessus. Nous travaillons principalement par Internet. Ensuite nous nous réunissons pour répéter les titres, manger et boire de la bière !
Les thématiques abordées suivent-elles un fil rouge ?

Silver : Nous élaborons une liste de sujets avant de composer, et nous les respectons jusqu’à la fin. En général, ils concordent tous ensemble. Jusqu’à maintenant nous n’avons pas eu de problème avec. Peut-être que cela arrivera un jour mais pour le moment ce n’est pas le cas, donc on continue avec cette façon de travailler.

Un mot sur la production ?

Silver : Compliqué d'écrire à ce sujet car je m’occupe de produire Etwas en son mais aussi en vidéo. Parfois je manque de recul et je fais donc intervenir d’autres personnes (extérieures au groupe) afin d’avoir leurs avis, ce qui me permet de ne pas rester le seul décideur. Je suis satisfait de la production, même si parfois je me dis que j’aurais pu faire mieux. Le but étant de progresser, c’est LA vraie satisfaction du travail.
Avec « A Forked Tail And Horns » Etwas a-t-il trouvé sa voie ?
Silver : Possible ! Ce titre rassemble tous nos goûts musicaux et pose l’accent sur l’ambiance que nous souhaitons partager.
Etwas photo
Votre actualité sur les six prochains mois ?
Silver : Nous avons des métiers très prenants et nous manquons un peu de temps pour pousser Etwas vers l’avant. Nous nous organisons pour qu’ Etwas se produise en concert d’ici 2023. Mais nous sommes aussi sur les préparatifs de plusieurs clips vidéo ainsi que le futur chvpitre.
Merci Etwas de m'avoir consacré du temps...
Silver : Merci à toi surtout ! Merci pour tout ce que tu fais. En espérant qu’elles vous auront servies sur la compréhension de notre univers ainsi que notre mode de composition. Prends soin de toi et Stay Metal !

TETHA, Bound To Lose (18/11/2022)

Le 25/11/2022

Cinq pièces subtiles élaborées avec un soin rare.

« Je suis Theta » affirmait récemment celle qui présente ce mois-ci son premier cinq titres sous ce nom.
Tetha artwork
Artwork : Thomas Herman-Polloni
On la connaissait au leadership d’un groupe parisien, elle nous laisse de cette période deux EP  classieux révélant les deux faces d’un rock qui cultivait l’élégance.
Le groupe de rock a splitté, mais l’élégance, TETHA n’y renonce pas. Elle revient à ses amours dark-pop dans un opus électro raffiné, soigneusement travaillé dans ses arrangements. Elle l’ouvre d’un beat nerveux mais aux vocaux retenus (« Blame »), puis ce chant initié sur le ton de la confidence se double, se complexifie dans un électro aux choeurs-funambules (« Blue-Eyed Grass »). Tetha s'apprête, prend son élan, s’envole en dansant, marque des pauses nostalgiques (« But I Don’t Think I’m The Same »). Enveloppante, elle captive (« Burn ») pour conclure en finesse sur des notes subtiles, dites à l’oreille, un léger voile par dessus la voix (« Bound To Lose »). La boucle est bouclée.

Tetha nous confie en intime cinq pièces subtiles élaborées avec un soin rare. Son univers électro-pop est naturellement mélancolique et précieux. Tetha ne cherche pas la démonstration : elle s'exprime avec toute sa sensibilité. Elle mérite de trouver son public.
« Bound To Lose », l'EP, est disponible depuis le 18/11/2022.


Tracklist :
1.- Blame (03:50)
2.- Blue-Eyed Grass (03:29)
3.- But I Don’t Think I’m The Same (03:46)
4.- Burn (03:34)
5.- Bound To Lose (03:54)
Durée totale : 18mn env.

Le Lien :

YAROTZ, Childish Anger (single-clip)

Le 23/11/2022

Yarotz (nom inspiré du mot russe « Yarost » qui signifie « rage ») vient de présenter un nouveau clip issu de son album « Erinyes » sorti en mars 2022, un morceau (post-)hardcore qui voit la participation de Christian Andreu, guitariste de Gojira.
Le titre s’appelle « Childish Anger », superbement clippé et mis en valeur sous la direction d'Eloi Casellas.

Yarotz explique :
« Childish Anger suit un adulte revivant les différentes formes de violences vécues pendant sa vie : harcèlement scolaire, violences parentales, conjugales et harcèlement professionnel. Ce personnage se retrouve dans l’impasse, sur le point d’exploser. Il cherche à dénouer les chaînes qui l’emprisonnent mais en choisissant la violence pour s’en extraire, le personnage ne parvient qu’à s’autodétruire. Chaque coup porté à l’autre est un coup qu’il se porte car il l’enfermera de nouveau dans le spirale de la violence. Le scénario quasiment autobiographique du chanteur, souhaite démontrer que la rupture des cercles de violences ne peut se faire par la violence. »
Le groupe indique qu’il souhaite ici mettre en avant l’association Mémoire Traumatique et Psychologie de Muriel Salmon, organisme d'information et de formation pour les intervenants prenant en charge les victimes, qui oeuvre auprès des pouvoirs publics pour changer le regard de notre société et pour que des actions soient mises en place pour endiguer notamment les violences faites aux femmes et aux enfants.
Ce clip ultra-percutant peut certainement apporter sa pierre à l'édifice.
Yarotz franck potvin
Line-Up (photographie : Franck Potvin) :

  • Fabien Zwernemann : guitare
  • Vincent Perdicaro : basse
  • Vincent Perdicaro : batterie

DANIEL JEA, Se Taire Et Ecouter (25/11/2022)

Le 22/11/2022

« Se Taire Et Écouter ». C'est ce que propose Daniel JEA dans son cinquième album.
Daniel jea
Dernier volet d'une trilogie initiée avec « A l’Instinct A l’Instant » (2020) et « En Suspens » (2021), ce nouvel épisode musical fait appel à la même équipe que ses prédécesseurs.
Se taire, écouter... Certes !
Mais s'interroger...
« Où est-ce qu'on a appris à accepter tout ça ?  » demande Jea dans un début remarquable où s'égrène en avalanche le chapelet des considérations masculines sur la place et le corps de la femme (« Lâche »).
Le rock est un peu énervé, ramassé, strident ( « Bitume »).

Quelques phrases chatoyantes s'invitent parmi les riffs acérés (« Vu d'Ici ») dans un bruit de caisse à sable (« Si Tu »). La guitare et la batterie s'équilibrent (« A deux doigts ») tandis que la narration suffit à imposer l'ambiance (« L'Infini »). « La Rengaine », finement assemblée, s'enfle comme une rumeur au fil de l'écoute, puis la guitare s'étire en slide (« Se Taire et Ecouter ») suggérant un parterre d'images dans une longue pièce osée.
L'album, rock/pop/electro, enfin bref, scène française, sort le 25/11/2022.
La release-party est annoncée le soir même, à Paris (Les Voutes).
Daniel jea les voutes

BAZAR BELLAMY, Trompe La Mort (sortie le 18/11/2022)

Le 21/11/2022

Après  « Jusqu’Ici Tout Va Bien » (2019), Bazar Bellamy revient avec  « Trompe La Mort », son deuxième album.
Bazar bellamy trompe la mort
Dans une narration qui nous rappelle « Présence Humaine » (2000), l’escapade musicale de Houellebecq, Bazar Bellamy remonte tel un saumon ses « Torrents d’Altitude »,  bilan de mi-vie prétexte à réfléchir  sur le réchauffement climatique ou l’immobilisme politique.

Une note suffit parfois à imprimer le rythme (« Les Horaires de Bureau ») tandis que sous la plume se dresse une scène de rue-vitriol, fantasmée, sexuelle et incandescente.  
L’écriture vivace vient heurter piano ou violon. On pense à l’héritage d’un Jean Guidoni (« Cavale », « Touche Touche ») ou au Pagny du « Chatelet Les Halles ».  L’album est capable d’échappées mélodiques (« Sixteen », « Cours Lentement ») et de faire saigner les riffs (« NPNG ») au milieu des pentes électro (L'Happeur).

Bazar Bellamy a surtout ce talent de conteur et cette capacité à incarner devant vous dix histoires indépendantes et solides au long des cinquante minutes de cette galette.
« Trompe La Mort » est disponible depuis le 18/11/2022.

OÏKOUMEN, Dystopia (04/11/2022 - chronique)

Le 18/11/2022

Multipliant les propositions, « Dystopia » marque une étape nette sur le parcours de Oïkoumen et pose les fondations pertinentes de ce qu'on espère être le début d'une belle lignée.

Voici une nouveauté qui nous a semblé intéressante ; elle est disponible depuis le début de ce mois de novembre :

« Dystopia »

Oikoumen artwork
Le groupe s'appelle Oïkoumen. Il est fondé à Paris en 2017 par Élie Veux, (guitare, composition) et Laura Mazard (chant, textes). Yaël Febvray (basse, synthétiseur) rejoint la formation 2019.
Le groupe est alors prêt pour présenter son premier opus, et c'est un EP éponyme de trois titres qui voit le jour. Il sera porté par le clip « Pompéi ».

Parallèlement, Oïkoumen occupe le terrain avec quelques reprises : Stratovarius, Arch Enemy, Children Of Bodom, Trivium ou encore Rammstein... C'est que ce groupe, d'abord influencé par les grands noms du symphonique, lorgne maintenant vers un métal moderne, comme en atteste son single « The Green Queen » fin 2021...

Et il fait route vers un territoire progressif, baroque et lyrique !
Fort d'une chanteuse au timbre haut, Oïkoumen a muri. Il nous accueille en vocalisant sur un nouvel opus d'environ cinquante minutes.
La voix de Laura Mazard apporte beaucoup. Elle joue même, c'est malin, avec les respirations (« Insidious »).

Autour, les rythmiques claquent, se complexifient, prennent de la vitesse  (« Slaughterhouse ») sans pour autant snober la face symphonique du Métal (« Five Elements »).
La voix imprime sa direction (« Blood Ores »), donne des faux-airs de Lacuna Coil quand elle baisse d'un ton (« Green Warriors »). Elle est rejointe par les claviers quand elle balaie les cimes pour se faire instrument (« Contamination »). Le synthétiseur compose avec la basse un tamis serré autour des guitares (« Burnout »). Puis les musiciens dégagent le champ le temps d'une incartade acoustique qui fait place nette au chant ou à la batterie. 
« Dystopia » se termine dans une pièce enchanteresse de plus de neuf minutes. L'armature est classique, les guitares claires et la flûte sont en pointe sur un premier tiers instrumental bien amené.
Ainsi Oïkoumen finit-il de nous charmer dans un premier album progressif contemporain,  singulier dans la signature, ambitieux dans la composition, lyrique dans le chant. Multipliant les propositions, « Dystopia » marque une étape nette sur le parcours de Oïkoumen et pose les fondations pertinentes de ce qu'on espère être le début d'une belle lignée.

CANDLEMASS, Sweet Evil Sun (18/11/2022 - chronique)

Le 17/11/2022

Les riffs tranchants faucheront au passage les amateurs de Doom, de Hard-Rock et de Heavy Metal.

Après douze albums studio, quelques Live et maintes compilations, le géant suédois Candlemass revient avec un nouvel album de Doom Metal sorti ce 18/11/2022 chez Napalm Records :

« SWEET EVIL SUN »

Candlemass artwork
Un opus dont la création aura nécessité dix-huit mois et dont la qualité est particulièrement revendiquée par le groupe.
Leif Edling (basse) explique :
« Sweet Evil Sun parle d'espoir, d'effort, d'adoration et d'échec. Il s'agit de toutes les batailles personnelles que vous menez, mais aussi de la décomposition sans fin de l'humanité. La réalisation de cet album nous a pris plus d'un an et il n'y a pas une mauvaise piste dessus ! Nous avons passé un moment fantastique à l'enregistrer et nous attendons vraiment avec impatience sa sortie. C'est du Doom, c'est du Metal ! C'est l'essence de Candlemass rassemblée en un seul album ! »
L'artwork de « Sweet Evil Sun » est signé Erik Rovanpera (découvrez ses peintures sur bois et ses acryliques ICI) qui a en charge le visuel du groupe depuis « Psalms for the Dead » (2012).
Ce treizième album studio a été enregistré au studio NOX de Stockholm.
Un riff bien lourd déchirera vos enceintes dès « Wizard Of The Vortex », morceau qui lance ce dix pistes.  Les guitares rugueuses qui le conduisent sont enluminées par la lead, parfois interrompues par des cavalcades heavy que ne renierait pas Maiden.
Candlemass retrouve ses fondamentaux et s'inscrit à la quintessence du genre avec le morceau-titre « Sweet Evil Sun ».

« Cela ne m'a pris qu'environ une heure pour l'écrire, explique Leif Edling à propos de cette chanson, mais il s'est avéré que ce n'était pas seulement le morceau-titre de Sweet Evil Sun, mais aussi l'un des meilleurs morceaux de l'album ! Un beau riff, un super refrain et un sacré solo de guitare de Lars ! C'est immédiat, épique, lourd, accrocheur ! ça déchire ! »
Les riffs purs évoquent un vieux Pentagram.
Un son sans fioritures met en valeur les guitares rythmiques (« Angel Battle ») qui alternent riffs sombres et échappées hard-rock habitées par une lead virevoltante.
La batterie avance d'un pas lourd, imposant son rythme (« Black Butterfly », « Scandinavian Gods »).

La voix de Johan Längqvist multiplie les propositions. Elle prend de l'épaisseur encore et encore, se fait théâtrale pour annoncer l'arrivée inquiétante de la mort, tandis que Jennie-Ann Smith (Avatarium) prête main-forte de belle manière pour soutenir le refrain dans une parfaite complémentarité (« When Death Sighs »).

Candlemass varie les ambiances dans des formats qui dépassent souvent les six minutes, alterne les passages sombres et les phases propres à briser les nuques avec la plus grande sûreté.
C'est que les riffs tombent comme des couperets, griffant une production épurée qui ne se laisse pas distraire.
Des cordes claires nous accueillent parfois, vite contrariées par les guitares impatientes qui lancent leurs rythmiques avec la puissance et la nervosité d'une locomotive sur des rails (« Devil Voodoo », « Crucified »).
« Sweet Evil Sun » en impose, s'abreuve à la source d'un Doom authentique, toujours efficace. Candlemass tient son rang autant par son savoir faire que par son inspiration sur un album qui ne dépareillera pas dans sa riche discographie. Ses riffs tranchants, c'est garanti, faucheront au passage les amateurs de Doom, de Hard-Rock et de Heavy Metal.

ONE RUSTY BAND, One More Dance (21/10/2022 - chronique)

Le 17/11/2022

One Rusty Band retrousse ses manches et frotte ses cordes pour nous orienter sur les chemins caillouteux du blues/rock américain.

Nouvel opus pour One Rusty Band,  né d'une rencontre genevoise de Léa et Rusty Greg voici bientôt quinze ans.
Le groupe construit son répertoire à partir de racines américaines et teste sa formule à l'école de la rue.
Un album éponyme sort fin 2016, suivi quatre ans plus tard par « Voodoo Queen », au titre en clin d'oeil à la Nouvelle Orléans.
Enfin c'est le 21 octobre 2022 qu'un nouveau long format vous invite à douze nouvelles danses.

« One More Dance »

One rusty band
L'accroche est rugueuse. La guitare électrique le dispute aux percussions claquantes (« Electric Church »).

La voix n'est pas sans aspérités et le blues de One Rusty Band retrousse ses manches et frotte ses cordes pour nous orienter sur des chemins caillouteux (« Lose Control »).
Il nous accroche par un big rock redoutable d'efficacité (« Why Movin On »), poursuit avec un bon vieux format 70's tel qu'aurait pu le pratiquer un J Geils Band survolté (« Screen Generation »).
Le temps d'une pause (« Evolution ») et l'on repart pour quelques tours de claquettes, d'harmonica (« Too Hot », « One More Dance ») et de choix instrumentaux qui singularisent l'atmosphère toute électrisée ( « Elsewhere ») et amènent beaucoup de fraîcheur.
L'originalité sonore de la galette est aussi bienvenue qu'avérée.
L'ombre de Johnny Winter n'est cependant pas loin, celle de Status Quo non plus (« Boogie Brothers ).
Mais le blues rock très roots de « One More Dance » reste résolument Américain et One Rusty Band l'affirmera dans une conclusion en mode bayou (« Raccoon Rock »).
Le résultat est bluffant. Bien malin qui aura senti qu'ils n'étaient que deux pour orchestrer tout ça depuis l'un des côtés de l'hexagone.