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NYTT LAND, Ritual: Blood of the West (18/11/2022)

Le 02/12/2022

Nytt Land quitte sa taïga sibérienne pour soulever la poussière des routes états-uniennes.

Le groupe de néo-folk sibérien NYTT LAND revient le 18/11/2022 via Napalm Records avec un EP de cinq titres :

Ritual: Blood of the West

Nytt land cover
Son artwork est signé Natalia Pakhalenko.
« Ritual: Blood of the West » s'appuie sur l'album « Ritual », sorti à l'été 2021. Il en extrait les versions totalement remaniées de cinq de ses titres : « Ritual », « U-Gra », « The Fire of Ragnarok », « Dead Man's Dance » et « Blood of the North ».
Ainsi Nytt Land quitte-t-il sa taïga sibérienne pour soulever la poussière des routes états-uniennes.

Loin d'être superflues, les pistes se font plus acoustiques, moins chamaniques. Plus accessibles certes, l'instrumentation renforçant la part folksong de l'ouvrage, mais tout en préservant le côté exotique de la formation.
Nytt Land cultive toujours farouchement sa singularité, qui tient pour une grande part à son chant et pour le reste aux instruments atypiques. Il exerce la même fascination avec ce nouvel exercice loin d'être superflu. Il sera idéal pour faire découvrir l'univers de la formation aux retardataires.
 

SCARRED, pAtiEnCe (02/12/2022)

Le 02/12/2022

Intriguant et profondément intime

C'est à minuit, alors que naîssait cette journée du 02/12/2022, que le groupe Scarred a choisi de révéler son nouvel opus via Bandcamp. Il s'appelle :

pAtiEnCe

Scarred patience
Après l'éponyme « Scarred » (2020) qui voyait les Luxembourgeois essayer de réinventer leur death metal en bousculant leur line-up et en pansant leurs blessures, Scarred poursuit l'introspection avec une galette de quatre titres éloignés de ses bases et très différents  du travail livré avec le précédent opus.
C'est qu'il y a changement dans l'intention et dans la méthode de travail.
Explication de texte sur Bandcamp :
« Il y a un peu plus d'un an, Scarred s'est retiré dans une cabane dans les bois pour écrire de la nouvelle musique. Pour notre album éponyme, tout était très calculé, rigoureusement contrôlé et créé avec une obsession maniaque (et mentalement malsaine). Cette fois, nous avons voulu faire le contraire. Nous voulions abandonner le contrôle et voir ce qui se passerait si nous nous isolions du monde extérieur. Il n'y avait pas de riffs, d'idées ou de paroles pré-écrites. Pas de blast-beats, pas de contrebasse. Nous n'avions à notre disposition qu'une variété d'instruments, nos voix et une ouverture d'esprit.
Il est toujours difficile de mettre des mots sur la musique, mais des termes tels que psychédélique, atmosphérique, émotionnel et hypnotique viendraient certainement à l'esprit pour décrire cet EP de quatre chansons appelé pAtiEnCe.
Ce n'est en aucun cas le nouveau son Scarred (ou l'est-il ?), mais plutôt le résultat de laisser la nature, la spontanéité, le sentiment et la musique prendre le dessus. Nous voulions que ce soit aussi brut que possible et que les chansons soient ce qu'elles voulaient être. Nous sommes très surpris du résultat, mais certainement très fiers de la musique que nous avons créée. Nous avons beaucoup apprécié le processus car il nous a fait explorer d'autres facettes de notre créativité. pAtiEnCe vous fera découvrir les hauts et les bas d'une cérémonie d'Ayahuasca à laquelle certains d'entre nous ont peut-être assisté ou non. »


Scarred expérimente et ce n'est pas sans beauté (« With All The Love I Withheld »).

Il obtient un EP intriguant et profondément intime, presque tribal et hypnotique (les 10:34  de « pAtiEnCe »), servi par un gros son qu'on doit à Patrick Damiani (Tidalwave Studio) pour le mixage et à Tom Gatti - Producer (Unison Studios) pour le mastering.
C'est audacieux et sincère, on y voit un beau lancer de dés, et on ne peut qu'être admiratif devant la démarche comme devant la méthode de ce groupe qui remet son ouvrage sur le métier à chaque opus.

PATRICK COUTIN VA BIEN

Le 01/12/2022

Patrick Coutin...

Un petit air de Keith Richards avec sa gratte et son bandeau dans les cheveux...
Patrick coutin olivier lebrat
PATRICK COUTIN par Olivier Lebrat
Sacré parcours, le rocker !
Seize ans en 68  — il laissera pas sa part aux chiens.
Première guitare. Pour impressionner sa voisine, confesse-t-il. En 69, faut dire... Année érotique.
La Sorbonne. Philosophie. Les Arts plastiques.
Voyages. Les Balkans, l'Italie, la Hollande, les USA. Puis le Mexique, en douce. Puis le Canada, clandestino, clandestino... Il s'initie à la musique,violon, oud, percussions orientales.
1977, l'année de « Never Mind The Bollocks », de « Rocket To Russia », de « News Of The World », de « Exodus », de « The Clash », de « Rumours ». Il a dû se régaler, Coutin : il est chroniqueur dans Rock & Folk. Entre autres !
1981. On le trouve en tête des hits-parades avec un titre de son premier album : « J'aime Regarder les Filles ».

Kolossal succès de l'année 1981, de quoi péter un cable ! Si vous étiez de ce monde, vous connaissez le titre...
Il est enregistré au Château d'Hérouville. Comme le « Long Live Rock 'n'Roll » de Rainbow ! Dans ce haut-lieu de la musique sont passés Bowie, Pink Floyd ou encore les Bee Gees...
83. Il sature, Coutin. Il songe à abandonner la musique. Il poursuit pourtant comme « Un étranger dans la ville ». Au Château d’Hérouville toujours. Avec des musiciens de Jacques Higelin et avec Dan Ar Braz, un habitué des lieux. On le retrouve, Dan Ar Braz, en cette année 2022 sur « Chateau-Chimères » de Malemort  dont le concept est justement... le château d'Hérouville !
85, « L'Heure Bleue », nouvel album studio. Puis un Live cinq ans plus tard, avec des festivals, Bourges, les Francofolies...
1994, « Aimez vous les uns les autres », propose-t-il..
2000, « Industrial Blues ».
Patrick coutin lainlain45
PATRICK COUTIN par LainLain45
Dans le même temps, Coutin produit et réalise. Les Wampas (« Trop Précieux »), Dick Rivers (« Plein Soleil », « Vivre Comme Ca »).
2010 « Le Bleu », 2011 «  Babylon Panic ».
2020, il frappe fort Coutin ! Un triptyque ambitieux et magnifique ! Un album en français (« Paradis électrique »), un album en anglais (« Welcome in Paradise »), un mix des deux (« Obsolète Paradise »). Les pochettes par trois artistes graphiques qu'il affectionne...

Un livre aussi : « Jim Morrison et les Doors », Hoëbeke / Gallimard, collection Les Indociles.
2022. Coutin prépare déjà son retour discographique. Le nouvel album sortira l'année prochaine. Il nous régale en attendant avec un premier single, « La ballade de Jesus Cat », un clip enregistré « comme un road trip à la Jack Kerouac, entre Austin, Sans Antonio, Corpus Christi et Houston ».

En septembre 2022, il confirme : « A part ça tout va bien » ! Second single.
« Les rivières s’assèchent, la vie s’en va elle ne reviendra pas / Ils fuient la famine, le désert qui avance pour mourir sur nos plages / A part ça tout va bien. »
Le constat rock indigné d'une planète à la santé bousculée et d'une humanité victime et bourreau qui creuse sa propre tombe...

Coutin, heureusement, se porte plutôt bien. Plus présent et plus fort que jamais il confie à propos de son futur album : .
« C’est une longue gestation et ça fait du bien de voir le truc avancer. Cela s’appelle L‘homme Invisible, deux chansons (La ballade de Jésus Cat et À part ça tout va bien) sont sorties sur toutes les bonnes et les moins bonnes plateformes. Et nous jouons déjà quelques titres sur scène. Cela sortira sur Baco Distribution, et nous jouerons l’intégralité de l’album le 21 Mars à La Bellevilloise… »
Etape obligatoire le 03/03/2023, avec la sortie de cet album enregistré aux USA, et la présence sur ses sillons de David Grissom (Guitares) Jarrod Johnson (Batterie) et Eric Holden (Basse).

KLONE - Nouvel album studio en 2023

Le 01/12/2022

Le nouvel album de KLONE sortira le 10/02/2023 via Kscope/[PIAS].
Il aura pour titre :

« Meanwhile »

Klone meanwhile
Chronique des meilleurs et pires aspects de l’humanité, « Meanwhile » est un concept album dont les paroles, écrites par le chanteur Yann Ligner, racontent de sévénements qui se déroulent dans le même temps mais à des endroits différents, amenant une réflexion quant à des choix faits contre notre volonté mais qui peuvent changer le cours de notre histoire commune.
« Within Reach » est le premier single dévoilé par le groupe.

« Meanwhile » sera disponible en CD, vinyle, ainsi qu’en version digitale.
Les précommandes sont accessibles ici :

Le nouveau DELAIN sortira en 2023

Le 29/11/2022

« Dark Waters », le nouvel album de Delain sortira le 10/02/2023 via Napalm Records.
Delain artwork
Delain a connu quelques turbulences dans son line-up en 2021. Il évolue désormais dans une nouvelle configuration totalement en ordre de marche : Martijn Westerholt (clavier et principal compositeur du groupe), Ronald Landa (guitare) et Sander Zoer (batterie) sont maintenant accompagnés par Diana Leah (chant) et Ludovico Cioffi (basse).
Martijn Westerholt nous parle de ce nouvel opus :
« Cet album capture tous les éléments qui composent la personnalité de Delain : nos riffs de guitare distinctifs, nos parties orchestrales grandioses, les techniques de chant metal et pop, le son du rock opéra couplé à celui du synthé des années 80. En résumé, c’est vraiment un album identifiable à Delain parsemé d’éléments reconnaissables de Delain, mais aussi de nouvelles influences marquant ainsi une progression. »
Delain a révélé deux extraits de « Dark Waters », avec dans un premier temps « The Quest And The Curse », un titre éminemment symphonique qui permettait de faire connaissance avec le nouveau line-up.

Aujourd’hui Delain revient pour nous présenter « Beneath », son nouveau single-clip, avec de belles images aquatiques, très bien réalisé. Ce morceau allie puissance et mélodie ; Diana Leah partage le chant avec Paolo Ribaldini.
Martijn Westerholt estime que « Beneath représente très bien l’album et Delain dans leur ensemble car il englobe tous les éléments reconnaissables du groupe que vous retrouverez sur Dark Waters. »

  • « Dark Waters » voit également la participation de Marko Hietala (ex-Nightwish, déjà présent sur le premier album du groupe) et de  Ruud Jolie (Within Temptation).

Du lourd dans ce qu'il montre, du lourd en perspective !

« Dark Waters » sera disponible aux formats suivants :

  • Double vinyle noir
  • Lot CD avec pochette 3 volets + t-shirt (uniquement disponible sur la boutique Napalm Records)
  • Double vinyle bleu marbré / noir / blanc - édition limitée à 300 exemplaires (uniquement disponible sur la boutique Napalm Records)
  • Coffret en bois : 2 CDs (album + version instrumentale), un coffret CD avec la version orchestrale, 6 sous-verres, un drapeau, une carte postale à l’effigie du groupe - édition limitée à 500 exemplaires (uniquement disponible sur la boutique Napalm Records)
  • Album digital

Delain coffret en boisCi-dessus l'édition Coffret en bois

Les précommandes sont ouvertes ICI.

OÏKOUMEN, L'interview

Le 28/11/2022

« On voudrait faire des morceaux qui interpellent. »


Début novembre 2022 Oïkoumen sortait son premier album, un opus progressif, baroque et lyrique intitulé « Dystopia ». L'affaire était suffisamment intrigante pour que nous ayons envie d'en savoir plus. Laura (chant, paroles) et Elie (guitare, musiques) ont accepté de satisfaire notre curiosité...
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Photographie : Daniel Hempel


Bonjour Oïkoumen. Pouvez-vous m'éclairer sur la signification de ce nom ?
Laura Mazard :
Oïkoumen est une déformation du mot grec oikoumene qui signifie “l’ensemble du monde connu” et habité par l’Homme. Le terme, centré sur l’Homme, évoque également le rapport qu’il entretient avec son environnement et ce qu’il en connaît. De fait, il suggère aussi en négatif ce qu’il lui reste à découvrir. Dans nos chansons, nous abordons et aborderons beaucoup de thématiques relatives à ce lien entre l’Homme et ce qui l’entoure, entre l’Homme et ce qu’il est, entre l’Homme et ce qu’il connaît ou rêverait de connaître. 
Influencés par le métal symphonique à la création du groupe en 2017, vous vous en détachez dès le premier EP, un trois titres présenté en 2020 ?
Elie Veux :
A vrai dire on a du mal à se classer ! Le terrain de base de la formation était effectivement symphonique mais nous souhaitions aborder des thématiques qui n’entraient pas forcément dans le genre et surtout transmettre des émotions plus brutales qui nous emmenaient vers d’autres façons d’écrire et de penser nos morceaux. Je considère que la rupture s’est faite à partir du single The Green Queen qui a été réalisé pendant le processus d’écriture de l’album.

En revanche, l’EP est, dans mon esprit, plus ancré dans la tradition symphonique avec des titres comme Enchanted World et Deus Vult bien que Pompéi se rapproche déjà plus d’un aspect “prog”. Cette idée est d’autant plus affirmée dans ma tête par le fait que les thèmes y sont plus légers et enchanteurs que sur le single et l’album où on a décidé de parler de ce qui nous prend aux tripes.

Malgré un son cru, ce premier EP reste très fréquentable, et même intéressant, justement avec des titres comme « Pompei »...
Laura Mazard : Pour l’EP nous n’étions (vraiment) pas du tout entourés d’où ce son qui ne correspond pas à ce vers quoi on est allés ensuite. En ce qui concerne Pompéi, il correspond à la lignée “historique” qu’on s’était donnés en début de voyage.
Quelques reprises pour occuper le terrain... J'ai trouvé gonflé de s'attaquer à Rammstein !
Laura Mazard : En effet, on fait aussi des reprises pour se mettre au défi et s’exercer le temps de mener à bien les compositions originales ! Rammstein était un de ces défis ! Plus ça a l’air impossible à reprendre plus c’est stimulant ! En ce qui me concerne, ça m’a obligé à réfléchir vocalement complètement différemment de d’habitude et à explorer de nouvelles contrées où je ne serais pas allée autrement !

Elie Veux : Dans le même esprit on s’est essayés sur du Children of Bodom, Trivium et Arch Enemy ! En plus de travailler d’autres arrangements vocaux et parfois s’attaquer à la structure (comme dans Those Who Fight). C’est aussi l’occasion de montrer nos goûts musicaux.
Début novembre 2022, premier album, avec une production nettement meilleure.
Laura Mazard :  En effet, pour l’album on était bien mieux entourés ! Grâce aux judicieuses recommandations de nos compères de chez Exanimis, on s’est tournés vers un humain pour la batterie et quel humain ! C’est Clément Denys, excellent batteur de chez Fractal Universe qui a donné vie à nos rythmes et Flavien Morel s’est chargé du Mix ! C’était un vrai bonheur pour nous !
« Dystopia » (c'est le titre de votre album), c'est dix morceaux, de « Dystopia » à « Utopia ». Quel fil les relie ?
Laura Mazard :
L’album est une lente évolution de l’obscurité vers la lumière. Il a été composé il y a deux ou trois ans (oui, on a eu de gros problèmes de production qui ont énormément retardé la sortie du projet !) à une période pleine de colères, de prise de conscience sur l’environnement et la société et tout cela a guidé l’album. Quand on prend conscience d’un problème, il y a plusieurs façons de réagir : d’abord la colère qui peut se conclure en désespoir ou en envie de se battre et d’y croire. C’est ça Dystopia, un album qui commence avec des titres sombres et pessimistes pour s’ouvrir ensuite sur un chemin alternatif où l’optimisme a sa place, où l’envie d’y croire donne l’énergie pour se battre. Dystopia parle d’une planète détruite, d’une humanité écoeurante, Utopia met en lumière les beautés qui nous entourent et la force que donne l’espoir.  
Oikoumen artwork

 

Musicalement, vers quoi vouliez vous tendre ?
Laura Mazard :
On tend vers quelque chose de plus incisif, cru et sincère. On voudrait faire des morceaux qui interpellent, pas qui flattent l'oreille, quitte à ce que ça dérange. On voudrait faire quelque chose qui touche, qui vient secouer l’auditeur. On voudrait aussi aller chercher les émotions qui dérangent tout en proposant des morceaux qui abordent des sonorités plus douces.
Elie Veux : Effectivement, on cherche à faire correspondre ce que l’on souhaite exprimer avec la musique sans nécessairement s'enfermer dans un style de métal. Ainsi, si on estime que des riffs se rapprochant du trash, du djent ou du heavy (etc) nous paraissent plus pertinents pour parler de telle ou telle chose, on le fait. Cependant, je veille toujours à conserver le fil conducteur orchestre (parfois en simple soutien ou beaucoup plus présent) et voix claire. C’est ainsi que l’on se retrouve avec des titres comme Amandla avec un esprit plus heavy (car on veut fédérer) et à l'opposé Slaughterhouse qui possède des couplets incisifs et des refrains à la limite du trash (exprimant l’horreur).
La voix de Laura Mazard est lyrique. Vous m'en dites un mot ?
Laura Mazard :
J’ai en effet une formation lyrique mais je m’en détache beaucoup dans mes interprétations. Pour Dystopia, l’idée était ici de casser le son pour le rendre plus humain. Je ne couvre pas souvent mes notes comme dans le chant lyrique où le son est très rond et solennel et je ne déploie pas de long vibrato. Je voulais faire quelque chose de plus écorché, comme un cri. Donc oui, il y a une base et un registre lyrique mais très déstructuré et abîmé. Par moment, je fait cohabiter ce choix d’interprétation avec une voix de poitrine qui sera peut-être plus présente sur l’album II !

Comment s'est déroulé le processus de composition ? La voix a-t-elle été pensée immédiatement comme un instrument, ou les lignes de chant ont-elles été composées après coup ?
Elie Veux : Je confirme écrire très souvent mes mélodies lead et les riffs/orchestres avant le texte. La musique est écrite à partir des thèmes de chaque morceau que l’on détermine à l’avance avec Laura puis je me lance dans la compo. La suite sera légèrement différente car j’ai plus tendance à réaliser un premier jet à partir des thèmes puis, en cours de route, demander à Laura d’également écrire un premier jet à partir du “brouillon” de mélodie et ainsi être plus souple pour “adapter” la mélodie au chant (ce fut le cas sur The Green Queen). Après on estime que ça fait partie de notre “signature” et on trouve l’effet intéressant d’utiliser des intervalles plus larges. Aussi, sur Dystopia, on voulait faire quelque chose de très resserré et piqué pour les premiers morceaux car on trouvait qu’une interprétation plus tight a tendance à souligner l’angoisse (aussi bien sur le chant que sur le bloc guitare/basse/batterie).
Laura Mazard :  Je confirme… la voix a en effet été composée comme un instrument ce qui, il faut se le dire, a parfois été un énorme défi technique !
J'ai finalement trouvé que « Dystopia » ne s'était pas tant éloigné que ça de ses origines  « métal symphonique » avec des titres comme « Utopia », une magnifique composition de plus de neuf minutes, même si je vois plus globalement le groupe comme une formation de métal moderne et progressif, avec une touche de baroque et de lyrique...
Laura Mazard :  Alors là, nous sommes ravis d’avoir votre impression sur la question car en effet, comme dit plus tôt on a bien du mal à se classer et il me semble que votre impression décrit bien le flou artistique dans lequel on se trouve ! En fait, dans la formation, on vient tous d’univers différents et on les fait se rencontrer. Les instrus sont sûrement plus progressifs et la voix et les orchestres plus symphoniques et le tout fait un joyeux mélange qu’on ne sait pas trop qualifier. On fait du Oïkoumen on va dire !
Votre actualité dans les prochains mois ?
Laura Mazard :   Nous sommes actuellement en train d’essayer de promouvoir l’album afin de se faire connaître et de mieux s’entourer encore. On voudrait notamment recruter un batteur, trouver un label et des collaborateurs afin de pouvoir mieux spécialiser les tâches ! Bien sûr, on postule aussi pour faire des concerts ! Du côté créatif, l’album II est en cours ainsi que divers projets pour faire le lien !
Elie Veux : Et un Deus Vult anniversary (morceau de l'EP) avec nouvel arrangement prévu début 2023… en plus de ce qui a été mentionné par Laura ci-dessus !
Merci Oïkoumen de m'avoir répondu.
Laura Mazard : Merci à vous de nous avoir donné une voix ! C’est bien sûr toujours un bonheur pour des artistes de pouvoir s’exprimer sur leurs projets qui représentent souvent des années de travail, d’émotion, d’envie et d’ambition ! Merci pour ça et longue vie à la chronique !
Elie Veux : Merci de nous avoir accordé ce temps ! En effet, c’est très agréable de pouvoir exprimer notre vision du projet et ce qu’on veut en faire mais aussi d’avoir les retours et les impressions des gens qui nous ont écouté !
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Photographie : Daniel Hempel

THE RIVEN, Peace And Conflict (25/11/2022 - chronique)

Le 27/11/2022

Le songwriting et le talent ouvrent le champ des possibles à un groupe à fort potentiel dont on n'a assurément pas fini de vous parler.

Un peu d'histoire : le samedi 6 avril 1974, le groupe ABBA remportait l'Eurovision avec une chanson qui célébrait l'une de nos défaites.

DEPUIS, LES SUEDOIS DOMINENT LE MONDE DE LA MUSIQUE  !
En ce 25 novembre de l'année 2022, ils reviennent — non pas Abba mais les Suédois ! — via le label The Sign Records, pépinière de talents incontestables. Sont nominés dans la pépinière : MaidaVale, Hot Breath, Heavy Feather, Children of the Sün, Grande Royale et autres NEPHILA. J'en oublie au fond de l'enveloppe, c'est certain.
C'est qu'ils arrivent en convoi de Stockholm (prononcé en suédois « stɔkː(h)ɔlm »), nos Scandinaves. Ou de Göteborg-Rock-City (prononcé en suédois « ʝøːtəˈbɔr »), ou de Malmö (prononcé en suédois « malːˈmøː ») ou de n'importe où en Suède (prononcé en suédois « ninːpø':tu' »)  afin d'assurer leur suprématie et de faire en sorte à coups de prix modiques — 7 € seulement sur Bandcamp ? Ah les salauds ! — que le trou ne se referme pas...
La dernière saillie en date de  The Sign Records est assurée par The Riven. Le quintet est actif depuis 2016. Il pratique un  rock/hard rock influencé par les 70's — c'est le crédo du label  — et il commet ici son second long format :

« Peace And Conflict »

The riven conflict

« Peace And Conflict » est un neuf pistes d'environ trente-sept minutes.
Maarten Donders en a réalisé l'artwork.
L'album a été enregistré aux La Cavana Studios par Arnau Diaz, guitariste de The Riven. Le mixage et le mastering sont de Ola Ersfjord.
Passons à la musique. Ca commence en dynamique avec deux pièces assez proches. Les guitares hard-rock savoureuses (à la Foghat) et la basse s'activent (« On Time » et ses choeurs bien fichus, « The Taker »).

« Peace And Conflict » leur succède. Il donne son nom à l'album. Il est plus lent, se rapproche du rock psychédélique. La voix de Totta Ekebergh se fait rageuse. Puis le morceau part en guitares à la tierce. La pièce, bien ficelée, prend de la densité.
Les cordes et les lyrics de « La Puerta Del Tiempo » nous transportent en Espagne le temps d'un interlude. Ca ne dure pas : la batterie reprend la main avec le chaloupé « Sorceress ».
« On Top Of Evil » flirte avec le doom puis le quitte pour s'emballer dans un final aux séduisantes rythmiques sabbathiennes.
Un hard classique prend le relais (« Fly Free ») et, là encore, s'autorise de belles lignes de guitares.

Très jolie pièce aux cordes claires, « Sundown » permet à Totta Ekebergh de s'approprier l'espace et de nous donner la mesure de son talent.
Le bluesy « Death » cloture l'album. La fin est épique.

Ces neuf morceaux composent un cocktail très ouvert dans un album dont les influences puisent dans le rock, le hard-rock, le rock psychédélique intense et le heavy du début des 80's. Le chant féminin est puissant et bien ajusté, les guitares jouent volontiers à la tierce, la basse aime les chemins de traverse. L'interprétation est brillante tandis que le songwriting ouvre le champ des possibles à un groupe à fort potentiel dont on n'a assurément pas fini de vous parler. Décidément, on ne peut que vous recommander de suivre The Sign Records, leur label, qui continue à nous enchanter avec des ambassadeurs toujours de très haut niveau.
« The history book on the shelf /Is always repeating itself », prévenaient Agnetha et Anni-Frid. Nom d'un fjord ! La Suède, musicalement, n'est pas prête de lâcher l'affaire.

THE BOBBY LEES, Bellevue (07/10/2022 - chronique)

Le 27/11/2022

The Bobby Lees frottent leurs cordes jusqu'à dézinguer tout un pit.

Quatre mois seulement après l'EP « Hollywood Junkyard », The Bobby Lees remettaient le couvert avec :

« BELLEVUE »

The bobby lees artwork
Un treize pistes de trente-et-une minutes, soit une durée moyenne de 2:38 par morceau !

Un album partiellement réchauffé puisque les quatre titres de l'EP « Hollywood Junkyard » sont intégrés à ce nouvel opus (dont un lifting sous speed d'un morceau de The Waterboys qui, je vous le livre pour l'anecdote, fit le bonheur de la saison 3 de Miami Vice en 1986).
Réchauffé ne veut pas dire tiède ; ne boudons pas notre plaisir : The Bobby Lees portent leurs compositions à ébullition !
D'autant que « Bellevue » est produit et mixé par Vance Powell (Jack White, Chris Stapleton) au Sputnik Sound de Nashville. « Vance a aidé à transformer certaines des pistes en quelque chose que nous n'aurions jamais pu faire par nous-mêmes », confesse le groupe.
Pete Lyman (Tom Waits, Rival Sons) s'est chargé du mastering.
Composé durant la pandémie, « Bellevue » se veut plus ouvert que ses prédécesseurs et fait dire au groupe qu'il prend des risques et fait « des choses musicalement plus étranges que par le passé ».
Si la musique est collective, les paroles sont signées Sam Quartin (chant, guitare).
Et puis « Bellevue » c'est également neuf morceaux inédits qui déboulent à fond avec la chanson-titre.

Elle donne le ton d'une galette qui n'hésite pas à envoyer ses médiators au charbon, sous la barre de la minute trente. C'est efficace !
Garage et minimaliste, « Bellevue » ralentit parfois le temps d'un blues pouvant évoquer un Tom Waits qui se serait converti au grunge (« Strange Days »). Mais partout ils privilégient l'urgence, font cingler leur came avec insolence jusqu'à un final instrumental réussi.
The Bobby Lees vont à l'essence du punk-rock, ils y vont vite et ne laissent pas les chiens pisser après les roues. Ils ont les épaules pour devenir une référence, maltraitent les guitares, hurlent pour notre plus grand plaisir et frottent leurs cordes jusqu'à dézinguer tout un pit.
Instinctif et jubilatoire,  « Bellevue » déménage. Il s'écoute en boucle.
Soyez gourmands, on vous le recommande instamment !
« Bellevue » est disponible depuis le 07/10/2022 via Ipecac Recordings.