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High On Wheels : Welcome To My Nanar

Le 08/06/2021

« Un décor de cinéma planté dans un désert californien, c'est ça FuZZmovies. »


Et de deux pour High On Wheels ! Trois ans après "Astronauts Follow Me Down" le trio stoner revient avec "FuZZmovies", un album de Desert Rock cinéphile et inspiré, sorti le 23/04/2021.
Entretien avec un groupe qui a su titiller notre curiosité...

Fuzztronauts cmjn300 1


 

Bonjour High On Wheels. Comment présenteriez-vous votre groupe à un lecteur qui le découvrirait ?
Greg (chant, batterie) :
Je dirais que si t'aimes bien quand tes oreilles en prennent pour leurs jauges maximales de décibels, que le FUZZ est ta religion de base, que le son de basse digne de Lemmy himself te donne des chaleurs (j'en rajoute un peu là-dessus mais bon, il a une Rickenbacker tout de même !), que le psychédélisme n'est pas  pour toi que le résultat d'une ingestion de champignons ou bien un mouvement contre-culturel des années 60, et si écouter "Viens içi que je te bute enculé" dans un titre ne t'effraie pas, et BEN T'ES SUR LE SON QU'IL TE FAUT !

Trois ans après "Astronauts follow me down", vous revenez avec un nouvel opus. Quelle direction souhaitiez-vous prendre au sortir de ce précédent album ?
Greg :
Déjà on voulait des compositions crées par nous trois, alors oui c'est bizarre dit comme ça mais sur "Astronauts...", Gilles est arrivé juste avant l'enregistrement et du coup il n'avait pas composé les titres avec nous. Ensuite, on voulait un son brut, enregistré en live sans trop d'artifice autour, on avait fait la même chose sur "Astronauts...", et ça nous correspondait bien. Et pour finir, on voulait monter d'un niveau la qualité de l'enregistrement, c'est pour cela qu'on a invité un ami de Gilles pour enregistrer tout cela. On a choisi le Studio de la Vimondière pour son cadre (la campagne, trois lits dans le studio côte à côte, une maison avec un jardin rempli de nains de jardin...), et enfin un mixage en Bretagne avec mon beauf et plein de bonnes substances !

1highonwheelsHIGH ON WHEELS, "Astronauts Follow Me Down" (2018)

Qu'entend-on au juste par "FuZZmovies" ?
Greg :
Un décor de cinéma planté dans un désert californien, c'est ça FuZZmovies.  Alors plus sérieusement on est assez fans de cinéma vintage, j'adore Russ Meyer, et depuis le début du groupe on a utilisé pas mal de sample de ces films, alors c'est pas du série Z c'est sûr, mais est venu rapidement "Hitman le Cobra", qui n'est pas non plus un film de série ZZ, quoique... Du coup, les titres s'entremêlent de sample de films et de de grosse Fuzz, donc FUZZMOVIES, nom de nom !

Le ZZ majuscule est-il une référence à ZZ Top ?
Gilles (chant, basse) :
Ah ah ! Non. C'est les mots "fuzz" et "Z movies" qui se sont accouplés, ça a fait grossir les "ZZ". Puis ce qu'on aime le plus dans la fuzz, c'est ce bruit qui fait ZzzzzZZzzzzZZzzzz...

Le cinéma était déjà présent sur "Astronauts...". Les nanar et les séries B sont-ils une source d'inspiration inépuisable ?
Gilles :
Inépuisable, je ne sais pas. C'est une source intarissable de moments uniques, en tout cas. Il y a un tel minerai de films complètement délirants, des projets où les mecs ne se sont mis aucune barrière, aucune limite... Tu te libères du jugement des autres et paf, tu crées un truc improbable, mais tu l'as fait avec tes tripes.

Le son guitare/basse, bien gras, est un vrai régal pour l'auditeur de FuZZmovies. Un mot sur l'enregistrement, le mix et le mastering ?
Gilles :
C'est le travail combiné de Florant Mallet et Yann Chevrel. Pour cet album, on a voulu bosser avec des mecs de qualité qui savent ce que c'est qu'une live session. Flo a fait un super taf' au studio de la Vimondière, aidé par Vincent Liard. D'abord on a enregistré en live les instrus en mode DI, et après on a fait une journée de reamping qui a permis d'avoir une palette très riche. Yannos n'avait plus qu'à sublimer ça au mixage. Une bouteille de Don Papa plus tard, Bim ! Ça s'appelle Fuzzmovies.

Qui est ce Mr.Grrra qui fait un superbe travail sur vos artworks ?
Bruno (chant, guitare) :
C'est moi, je plaide coupable ! Mais on a chacun notre petit blaze : le vrai nom de Greg dans le civil n'est autre que "The Naked Drum", et Gilles ne répond qu'au doux sobriquet de "Black Cousteau"... Mais sinon, comme j'ai une formation en dessin, je me fais salement exploiter depuis le début pour réaliser l'identité visuelle du groupe.

Album coverrvb72 720HIGH ON WHEELS, "FuZZmovies" (2021)

Quels sont les films auxquels "FuZZmovies" rend hommage ?
Bruno :
Alors, dans l'ordre, on a : le fameux "Faster Pussycat, Kill, Kill !" de Russ Meyer, auquel Tarantino fait souvent référence ; "Blood Feast", l'un des tous premiers films gore ; l'incroyable "Hitman The Cobra" qu'on ne présente plus depuis que Nanarland l'a mis au devant de la scène internet francophone ; "Satan's Sadists", une sombre histoire de bikers ; "Cannonball", un film de course à travers les USA avec David Carradine ; et enfin "Rocketship X-M", film de SF de 1950 sorti chez nous sous le titre très "frrrooonçais" de "Vingt-quatre heures chez les Martiens".

Le clip "Hitman Le Cobra" est savoureux, mais le montage a dû prendre un temps fou !
Gilles :
C'est pas si long le montage vidéo. Je pars toujours du principe qu'il faut une heure pour monter une minute. Parfois, quand on y passe trop de temps, on perd l'énergie de départ. C'est comme dans la compo musicale, d'ailleurs. Dans toute création artistique, je pense qu'il faut essayer de garder de la spontanéité. Le côté vivant... Live !

"Hitman Le Cobra" permet de découvrir un joyeux nanar et l'univers du réalisateur Godfrey Ho... On rêverait, du coup, d'un concert animé !
Bruno :
De l'animation ? Haha, si seulement ! Mais c'est beauuuuuucoup trop de taf pour moi tout seul, et je tiens à ne pas mourir d'épuisement ! Quand on sera mondialement connus on pourra se permettre de commander une presta à Disney, mais en attendant on va se contenter de la musique et, si vous êtes sages et que les conditions le permettent, d'extraits des films en projection pendant qu'on joue.

Sur quels supports et comment FuZZmovies est-il distribué ?
Greg :
FuZZmovies est distribué par Season Of Mist (CD et digitalisé) ; on a pressé un vinyle qui sortira mi-juin, on espère, et qu'on distribuera nous même pour l'instant.

Vos activités dans les prochains mois ?
Greg :
On reprend le chemin du booking (un concert programmé le 19 juin à Mantes la Jolie pour le festival West Motors & Tattoo Show) ; on bosse des compos pour le prochain album et on cherche toujours Philippe !

Justement, Philippe... Des nouvelles ?
Bruno :
Oui. On sait où il se cache, ce salaud !

Merci High On Wheels d'avoir pris le temps de me répondre...
Bruno :
Mais de rien, et bisous ! (NDLR : oui, mais avec le masque, et dans le respect des mesures sanitaires)


LES LIENS :

Les bio d'Apo : CORROZION

Le 06/06/2021

Chaque semaine Apolline nous présente une formation française.
Aujourd'hui c'est un groupe de metal originaire d"Angers. Il s'appelle Corrozion.
C'est une nouvelle bio d'Apo.

Corrozion

 


Vincent (basse) : Nous avons formé Corrozion en 2016. Je me suis mis à la basse en voyant mon pote Damien gratouiller sa guitare, et six mois après nous formions ce groupe ; au début nous ne faisions que des reprises et quand Nico est arrivé au chant nous avons commencé à composer. Début 2021 sont arrivés Bruno à la batterie et Richard pour la partie samples/sonorisation, nous permettant une ouverture sur de nouveaux horizons… Nous sommes d’Angers , originaires du 49, 44, 34 et 69.

Comment décririez-vous votre musique ?
Vincent : On peut qualifier notre musique de Rock metal, mais on ne cherche pas à faire telle ou telle sorte de musique. Le résultat navigue entre le rock et le metal.
Vos influences et ce qui vous inspire ?
Vincent : Nos influences sont diverses. J’étais plus rock alternatif avant d’écouter du metal, Nico est un pur metalleux, et Damien est peut-être un peu plus prog. Richard penche du côté indus et Bruno punk/metal... Dans le metal j’aime la diversité des genres mais pas le côté un peu kitsch que l’on peut voir parfois.
Une chanson que vous auriez aimé écrire ?
Nico (chant) : Fast as a shark de ACCEPT, l'un des premiers titres que j’ai entendu ; l’intro est dingue et c’est un des premiers morceaux de thrash interprété par un groupe de heavy, une sorte de « chainon manquant » de l’évolution de cette musique.
Si votre groupe était un animal, lequel serait-il et pourquoi ?
Vincent :
L’ours « qui pète et qui rote, jamais deux fois sur la même note, c’est un sacré prout-en-train, jamais deux fois le même refrain » (V. Malone).
Votre parfum de pizza préféré ?
Vincent : Pizza au miel, forcément.


Les Liens :
wiseband.lnk.to/Corrozion-Come-Back-Exil

Retrouvez la playlist d'Apolline :
https://open.spotify.com/playlist/0bTigPgUjUbhoUeCh2Cv77...

 

chronique d'album : DISCONNECTED (Metal), "The Downtime" (EP - 2021)

Le 05/06/2021

Groupe : Disconnected
Album : The Downtime (EP - 14/05/2021)
Genre : Metal moderne avec une pincée de prog'.
Origine : Troyes

On aime : La virtuosité, le chant, l'émotion, l'inventivité
Par Ahasverus

Deux ans après un premier album, "White Colossus", qui l'amenait à ouvrir pour Judas Priest au Zénith de Paris, et un an après le single "Unstoppable", Disconnected revient avec un EP qui revisite le répertoire du jeune groupe.
Ce choix est expliqué par la formation : 
"Nous nous sommes constamment interrogés sur la pertinence d'une sortie de notre nouvel album dans les semaines, mois qui viennent. Nous en avons conclu que sans tournées, ni dates conséquentes nous passerions certainement à côté d'une promotion digne de ce nom pour cet album. D'un autre côté nous avions tellement envie de vous proposer quelque chose de nouveau à écouter que nous avons eu cette idée d'EP, pour re-découvrir certains de nos titres dans des versions alternatives." (sources : Facebook/Bandcamp)
Ce sont donc quatre titres de Disconnected qui sont revisités sur ce six pistes d'une durée d'environ vingt-cinq minutes.
Le premier morceau, "Unstoppable unplugged", n'est plus une surprise puisqu'il avait été dévoilé à l'occasion d'un clip sorti mi avril.

Suivent des versions acoustiques de "Blind Faith" et "Feodora", dont les originaux figurent sur l'album "White Colossus". Toutes acoustiques qu'elles soient, ces versions remettent très vite les pendules à l'heure en nous rappellant le niveau élevé de technicité des membres de ce groupe. Les passes de guitare, notamment, sont un pur bonheur.
Pour la suite, le quota d'expertise s'allonge, puisque Disconnected est rejoint par le claviériste compositeur Vivien Lalu (Lalu) pour une version orchestrale de "White Colossus".
On remet le son pour la clôture : l'EP se termine sur deux versions remixées à la sauce électro (dont une sévèrement bidouillée) du dernier single en date, "Unstoppable".
L'artwork de "The Downtime" est signé Chromatorium Music (ACOD, Heart Attack), qui réalisait déjà celui de "White Colossus".

Actualite disconnected artworkDISCONNECTED, "The Downtime" (2021)

"The Downtime" aurait pu n'être qu'une manière d'occuper le terrain en   période de disette, c'est un essai de toute beauté et qui passe allègrement les qualifications de ce type d'exercice.
Les versions acoustiques/orchestrales sont saisissantes, les remix intéressants, les musiciens toujours aussi performants, tout concourt à faire de cet opus "alternatif" un élément indispensable de la discographie du groupe .
"The Downtime" est tout simplement  beau et son interprétation acoustique sublime certains morceaux. Disconnected a déjà prouvé qu'il est de la race des grands, à l'aise sur n'importe quel registre. Il a l'inspiration et les moyens de ses ambitions, alors quand il chante, un seul conseil, écoutez-le !


Tracklist :

1. Unstoppable unplugged (04:00)
2. Blind Faith unplugged (04:34)
3. Feodora unplugged (05:03)
4. White Colossus orchestral version avec Vivien Lalu (04:48)
5. Unstoppable Tristan Garner Remix (03:36)
6. Unstoppable MLD Remix (03:41)

Les Liens :

 

L'actualité de la semaine 22

Le 04/06/2021

Depuis vingt ans, Anthony Béard use et abuse de la guitare électrique au sein de formations de rock d'avant garde telles que Ni ou l'hydre à sept têtes PinioL (réunion des musiciens de Ni et de Poil).

Anthony beartAnthony Béard, Les Contes de Nulle Part", (EP - 2021)

En 2019, peu après la réalisation du superbe "Pantophobia", (quatrième album de Ni, dont la thématique tournait autour des phobies), Anthony Béard focalisait sur un projet solo, délaissant la musique amplifiée pour la guitare acoustique. Parallèlement, il se consacrait à l'écriture d'un recueil de poésie surréaliste et c'est de cet aller-retour entre écriture et musique qu'il eut l'idée du titre de l'album, "Les contes de nulle part". Ils nous racontent des histoires perdues entre des mondes, tandis que l'émotion jaillit des cordes. Influencé par de nombreux compositeurs de musique post-romantique ou contemporaine comme Erik Satie, Debussy, Leo Brouwer, Roland Dyens ou encore des artistes plus pop comme Robbie Basho, "Les contes de nulle part" sont aussi mystérieux et colorés à nos oreilles qu'une peinture surréaliste le serait à nos yeux.

Cet EP quatre titres est disponible depuis le 04/06/2021 chez nos amis Lyonnais de Dur et Doux .

https://duretdoux.bandcamp.com/.../les-contes-de-nulle-part


Après un premier EP éponyme sorti en mars 2020, New Favourite annonce son retour avec le single-clip "Godspeed".

“Godspeed est très direct, sans chichi et représente bien la transition entre nos deux EPs. Des riffs simples mais efficaces, un refrain puissant avec cet octaver qui fait aujourd’hui partie de notre son, et des harmonies vocales du groupe entier. Ce titre parle des “fair weather friends”, ces amis qui nous entourent quand tout va bien mais qui disparaissent rapidement dès que les choses se compliquent. Et, à vrai dire, la crise du Covid a permis de les repérer facilement !” (Alex Diaz, chant - guitare)

"Godspeed" est l'un des titres de l'EP "Chasing Light" à paraître le 15 Octobre prochain.

https://thisisyournewnewfavouriteband.bandcamp.com/


Une belle histoire racontée par la rockeuse Gaëlle Buswel à qui on laisse la parole :

"Je partage avec vous cette photo et ce petit moment de vie qui m' a énormément émue hier.

Actualite gaelle buswel photoEn attendant de reprendre les concerts, nous continuons de partager la musique à notre façon et un de nos fans nous a contacté avec Michaal pour aller jouer dans son Ehpad, pour offrir un concert de rock aux deux cent vingt résidents, moyenne d'âge quatre-vingt-cinq ans et des centenaires en pleine forme, oui oui je vous le jure.
C'était vraiment chouette. Nous avons accordé une heure de notre temps pour une bouffée de bonheur gigantesque et je ne vous raconte pas l'ambiance sur "So Blue" ! la température est montée au maximum.
Au moment où nous avions tout rangé pour repartir, une petite dame arrive toute triste d'avoir manqué le concert, elle s'était pouponnée, apprêtée, tout de rose vêtu pour le concert, elle etait trop choupi du haut de ces quatre-vingt-dix-huit ans !
Ça peut vous paraître anodin, mais je n ai pas eu cette chance de connaitre longtemps mes grands parents et j'étais super impressionnée, car cette dame a vécu bien des choses rock and roll et aurait bien des choses à nous apprendre.
J'ai ressorti ma guitare et je lui ai dit je vais chanter pour vous ! Et là j ai vu ses yeux pétiller et son regard était rempli de bonheur que j en ai eu des frissons et les larmes aux yeux. Elle était au taquet ! C'était trop beau à voir !
Saisir l'instant present ! Vivre les petits bonheurs, ne pas remettre les choses à demain.
La vie est fragile et même si la course du temps va revenir après tous ces confinements et le couvre-feu, n'oubliez pas de vivre et de saisir ces petits bonheurs, meme infimes qu'ils soient. Cette dame m'a rempli le coeur d'amour !
Et franchement madame Moussette je vous kiffe !
Merci Gilles Gauthier d'avoir capté ce ptit moment en photo et de nous avoir fait vivre ce moment qui nous rappelle ô combien nous aimons notre métier !
Longue vie au Rock !"

Gaëlle Buswel a sorti "Your Journey", son nouvel album, le 26/03/2021.


Le label M&O Music présente un nouveau groupe dans son roster, le groupe d'alternative rock Blackbeard.

Blackbeard photofullbandBlackbeard a sorti son nouveau single-clip "Helpless" le 03/06/2021. Ce morceau est issu de leur nouvel album, disponible le 08/10/2021 dans les bacs et en digital.

Autant inspiré par le Stoner, le Rock Progressif, le Metal, mais aussi l'Electro, le Groove, le Punk, Blackbeard s'écoute ici :
https://backl.ink/146835615

Blackbeard sur Facebook : BlackBeard Music

Andry Lagiou (The Harps) : En route vers les cieux (interview)

Le 03/06/2021

En 2017, The Harps, projet de la chanteuse grecque Andry Lagiou, avec à la basse Mike Lepond (Symphony X), présentait "Love Strikes Doves", un premier album d'une belle maturité.
En 2020, The Harps revenait avec un single annonciateur d'une nouvelle galette.
Nous avons pu poser quelques questions à Andry Lagiou. Elle revient sur son parcours, sur la génèse de son premier album, et nous  parle se son actualité. En attendant que la jeune étoile grecque ne rejoigne avec "Skies" - son futur opus - la place qui lui revient, voici son interview...

Andry lagiou the harpsportraits byspiroskphotographyAndry lagiou par SpirosK photography


Bonjour Andry Lagiou. Comment décririez-vous votre univers musical ?
Andry Lagiou :
Bonjour Merci de m'avoir invitée. Mon univers est polyvalent, plein d'idées nouvelles qui ne ressemblent à aucun autre artiste. J'essaie de construire mon propre empire et d'inciter les gens à faire de même. J'aime mélanger les sons, les genres, et je sors toujours des chansons auxquelles tout le monde peut littéralement accrocher. Jusqu'à présent, je pense avoir fait du bon travail...


Outre Ronnie James Dio et quelques grands artistes de la scène Metal, vous citez Christina Aguilera parmi vos références. Est-ce à elle que vous devez ces influences jazz que j'entends dans certaines chansons ?
Andry Lagiou :
J'adore Xtina et ses performances  vocales, je peux vous confirmer que je tiens d'elle  quelques techniques, mais quand j'écris des chansons, je ne pense jamais à personne d'autre qu'à moi ! En fait, je ne suis pas tant jazz, je me pense plutôt progressif...  Mais en fait la définition de ce qui est métal et de ce qui ne l'est pas n'est pas gravée dans le marbre. Le métal est un art de vivre, et en ce qui concerne la musique, c'est cette nuance particulière de la voix avec une gamme extrême, mais surtout c'est une projection du cœur et de l'âme.

"Love Strikes Doves", votre album, a été réalisé en 2017. Où et dans quelles circonstances avez-vous écrit ces neuf titres ?
Andry Lagiou :
Je voulais montrer aux gens les hauts et les bas, et chaque chanson est à cette place pour une raison particulière. Je parle du pouvoir, de la vulnérabilité, de la force, de la tromperie,  et de tout un cercle qui tourne sur lui même, une lutte sans fin pour survivre. Ca parle de rêves, d'amour, d'émancipation, de vengeance, et parfois de colère...
J'ai enregistré toutes ces chansons de nuit parce que le studio était moins cher.  Je n'avais pas d'argent à ce moment-là, j'ai donc fait beaucoup de sacrifices personnels. C'était très dur, mais je savais que je faisais quelque chose par moi-même, sans aucune aide, sans aucune direction... J'ai juste fait ce que je pensais bien.

Theharps coverTHE HARPS, "Love Strikes Doves", (2017)
Vous sortiez juste d'un split avec votre précédent groupe. Vous n'avez jamais douté ?
Andry Lagiou :
  Je me suis séparé de musiciens dont la plupart étaient assez curieux... Je veux atteindre un objectif, faire de mon mieux, et si  certains ne savent pas ce qu'ils veulent ce n'est pas ma faute !
Pour être honnête, quand mon premier groupe et moi nous sommes séparés, j'ai commencé par pleurer.  Mais ensuite j'ai réalisé qu'ils ne me respectaient pas et qu'il ne me traitaient pas comme j'aurais mérité d'être traitée. Alors mon attitude est désormais : "Ok, tu ne veux pas jouer avec moi ? Fuck ! Il y en a d'autres, des mieux !" De toutes façons je ne changerai pas le monde !

Votre participation à "The Voice - Greece" a permis au public grec de vous identifier en tant que chanteuse de Metal. Est-ce également ainsi que Mike Lepond (Simphony X) vous a remarquée ?
Andry Lagiou :
Non, Mike a d'abord enregistré "Lost Strike Doves", la télé est venue ensuite. On s'était parlés sur facebook et il m'avait demandé si je cherchais un bassiste. J'ai dit oui. Je n'étais pas certaine de savoir à qui j'avais affaire, à cette époque, alors je lui avais demandé de faire un appel vidéo pour vérifier si c'était bien lui...
The Voice m'a laissé être la personne que je voulais être. Je figure sur les best-of des auditions à l'aveugle. Je sais d'où je viens, et j'essaie toujours de donner le meilleur de moi-même.

Andry lagiou the harps portraits byspiroskphotographyAndry lagiou par SpirosK photography

Aujourd'hui, que pensez-vous de "Love Strikes Doves" ?
Andry Lagiou :
Il me ramène à cette période où j'avais tant de rêves de princesse... j'étais jeune et vulnérable... Je sais que les gens se souviendront de moi et ressentiront la profondeur de mes chansons quand je serai partie. Love Strikes Doves est mon joyau classique ; sachez que j'ai sauté dans un son plus lourd.

Vous avez récemment présenté un nouveau single, "Mistress Of The Night". De quoi s'agit-il ?
Andry Lagiou :
Ca traite de l'émancipation des femmes, et vous pouvez voir les soldats enlever les princesses. Mais elles ont une arme secrète, cette "Maîtresse" qui émerge des cendres et qui rend la pareille aux soldats d'une belle manière.  C'est ce que nous, les Grecs, appelons Némésis. La monnaie de la pièce... Ouais, je pensais  à la discrimination dans le business de la musique... Ils disent que le métal est pour les hommes ? Ha ha !  Quelle histoire, mec ! Pourquoi y a-t-il des "female" festivals ? Je vais vous dire pourquoi : parce que les hommes veulent retenir toute l'attention, garder tout l'argent. Mistress est la punition qu'ils vont enfin avoir, et ça va faire mal  ! Je n'accepterais plus de "non".  Ca suffit !

Un mot à propos des musiciens qui vous accompagnent ?
Andry Lagiou :
C'est un bonheur. Je leur en suis reconnaissante. Mike est avec moi depuis huit ans maintenant. Ils sont vraiment talentueux, ils sortent du lot. Je recherche  vraiment ce petit plus qu'un mucisien peut donner, ce caractère, cette personnalité que peu de gens ont. Je suis fière d'eux !

Je suppose que le futur album est bien avancé ?
Andry Lagiou :
Eh bien, je ne peux pas tout dévoiler maintenant, mais si ça se passe comme je le souhaite,  ça va être génial ! SKIES est unique. Et je publie petit à petit les chansons avec des clips, qui aboutiront à  un album complet ,

Qu'allez-vous faire dans les mois à venir, Andry Lagiou ?
Andry Lagiou :
Déjà, dès le deux juillet,  "Love Strikes Doves" sera disponible en physique chez Sleazsy Rider Records et distribué partout. Vous pouvez également checker ma page Facebook et découvrir la figurine Mistress !  J'ai aussi tourné deux clips, une ballade et un titre plus heavy.  Leo Theo (un designer allemand) et moi avons enfin travaillé dur sur un nouveau clip, et il vous prouvera qu'il est le meilleur ! J'ai eu une idée folle, et on a tenté de la réaliser à deux...


Les Liens :

 

Chronique d'album : (NO) HOPE IN SIGHT (Metal/Doom), Embrace (2021)

Le 03/06/2021

Groupe : I No I Hope In Sight
Album : Embrace (30/01/2021)
Genre : Metal/Doom
Origine : Avignon

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • (No) Hope In Sight est un quatuor français basé à Avignon.
  • "No Hope In Sight" est aussi le titre d'un morceau du groupe britannique Paradise Lost sorti sur l'album The Plague Within (2015).
  • Paradise Lost et Katatonia sont citées pour influences du groupe.
  • Début 2021 (No) Hope In Sight propose son premier album :

« EMBRACE »

No hope in sight

L'Album :

  • « Embrace » a été enregistré, mixé et masterisé par Fabien Giordani, batteur de la formation, au Fatlab Studio d'Avignon.
  • C'est un huit pistes, long d'environ quarante minutes.
  • Sept compositions originales sont créditées (No) Hope In Sight ; la cinquième piste, "Walking In My Shoes", est une cover du groupe Depeche Mode dont l'original figure sur l'album "Songs Of Faith And Devotion" (1995).
  • L'artwork de « Embrace » est signé IMAGINOSCOPE.
  • L'album a donné lieu au clip "One Day", dirigé par Nicolas Bressier.

Notre Avis :

Premier album qui nous permet de faire connaissance avec une nouvelle formation avignonnaise, « Embrace » est étiqueté Doom Metal et sous influence Katatonia/Paradise Lost.  De notre côté, fidèles à nos références, nous placerions plutôt cet album ente les dernières productions de 7 WEEKS  et de  VICIOUS GRACE.  Les huit morceaux sont bien ficelés et servis par un son agréable et de bons arrangements ("Your True Character"). Fidèle à l'original tout en se métallisant au fil de l'écoute, une cover de Depeche Mode - d'ailleurs insérée au centre l'album - s'inscrit parfaitement dans la tracklist. On apprécie tout particulièrement la musicalité des guitares ("Promises", "Path"), pour nous l'un des points forts de « Embrace ». Pour un premier opus,  (No) Hope In Sight fait des propositions particulièrement intéressantes, capables de lui constituer une fanbase bien au-delà du public métal. On suivra avec intérêt.

Le Line-up :

  • Stéphane Pousse : chant
  • Pascal Autric : guitare
  • Thierry Bompard : basse
  • Fabien Giordani : batterie

 

Chronique d'album : JACK DUPON (Rock In Opposition), "La République Dominicale Du Zoo" (2021)

Le 02/06/2021

Groupe : Jack Dupon
Album : "La République Dominicale du Zoo" (01/05/2021)
Genre : Rock In Opposition / Avant-garde
Origine : Clermont-Ferrand
On aime : L'originalité, la légèreté

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • Jack Dupon est un groupe de rock in opposition formé en 2004 à Clermont-Ferrand. (line-up in fine)

Your finger

  • Il  décrit son univers comme "'une mob sans freins sur les coteaux d'un volcan en feu".
  • Il a partagé des affiches avec Magma, Jean-Luc Ponty, Gong, Guru Guru, Acid Mothers Temple, et même Alice Cooper et Marillion.
  • Jack Dupon a tourné en Europe, aux Etats-Unis et au Canada.
  • Il compte cinq albums studio et deux albums live (discographie in fine).
  • En 2021 Jack Dupon ajoute un sixième album à sa panoplie :

"La République Dominicale du Zoo"

L'Album :

  • "La République Dominicale du Zoo" est un cinq titres d'une durée d'un peu moins de trente-trois minutes.
  • Jack Dupon en fait la description suivante :
    "Trampoline à double face, La République Dominicale Du Zoo est un lémurien géant contenu dans un œuf électrique. Cinq onomatopées de somnambules, des mots croisés criés par dessus une tempête lente et sableuse. Un flou avant de se coucher, des volets pour bien dormir et des bonbons salés en guise de dentifrice."
  • L'artwork est signé SuperDétergent. (https://www.artmajeur.com/fr/superdetergent/artworks). Jack Dupon raconte :
    "L’image n’avait pas été créée pour l’album, mais on y a immédiatement trouvé ce qu’on cherchait, cette ambiance de soir un peu inquiétante, cette maison refuge depuis laquelle on regarde dehors, le bestiaire et le foisonnement, c’était ça !"

Cover 3JACK DUPON, "La République Dominicale du Zoo" (2021)

  • Enregistré et produit  au studio « Bienvenue au Tibet » par le groupe pendant le printemps, l'automne et l'hiver 2020, "La République Dominicale du Zoo" est masterisé au Altho-Studios Recording-Mastering de Lyon.  
  • Sur la composition, Jack Dupon précise :
    "Chaque morceau a été dirigé par un des membres du groupe, contrairement à nos compositions collectives précédentes, nous voulions utiliser une certaine étrangeté apportée quand on compose pour un instrument différent du sien."
  • Sur l'écriture, il ajoute :
    "Il n’y a pas de textes au sens linéaire habituel, plutôt des vignettes mises à la suite, ou des tags dans les toilettes d’un vieux bar de nuit. Certains mots se perdent et nous-même ne sommes pas toujours d’accord sur ce qu’on comprend et ressent, certains cris sont avalés par le son. On veut une histoire dans laquelle on peut voyager avec ses propres bagages."
  • "La République Dominicale du Zoo" est disponible en version digitale, en CD, en vinyle et en cassette.

Notre Avis :

Inventif, parfois très rock "La République Dominicale Du Zoo" est un patchwork d'avant-garde décousu mais cohérent, un corps gazeux qui explose et surprend sans jamais nous perdre. Ecrit à la manière d'un cadavre exquis, il est judicieusement comparé aux tags laissés dans les toilettes d'un bar de nuit, et l'humour n'est jamais loin d'un Jack Dupon qui dédramatise ainsi le côté austère et élitiste qui pourrait s'attacher au genre. Parvenant à garder de la musicalité jusque dans ses plus imprévisibles cabrioles, Jack Dupon réussit le croisement de la  légèreté et de l'intensité. Cette République pourrait donc attirer nombre de visiteurs, au-delà même du public averti qui se réserve d'ordinaire ce genre de destination. Nul besoin de passeport ou d'être vacciné pour apprécier ce court opus dont on vous recommande l'écoute.

Tracklist :

  1. Muté 4’’46’
  2. Niout 5’’30’
  3. Ludus 6’’25’
  4. Taureau 9’’21’
  5. Garagiste 6’’53’

Line-up :

  • Gregory Pozzoli: Guitare–Voix
  • Philippe Prebet: Guitare-Voix
  • Thomas Larsen: Batterie-Voix
  • Arnaud M’Doihoma: Basse-Voix

Discographie :

  • L'Africain disparu (2006)
  • L'Échelle du désir (2008)
  • Démon Hardi (2011)
  • Bascule à vif (double album live - 2012)
  • Jésus l'Aventurier (concept album - 2013)
  • Tête de chien (album live - 2014)
  • Empty full circulation (2016)
  • Cassettes Splits / Opération JackAQuinzeAns (split cassettes - 2019)
  • La République Dominicale du Zoo (2021)

Les Liens :

WAX MEKANIX (USA - Rock/Hard), La mobocracie dans le texte (interview)

Le 31/05/2021

Groupe : Wax Mekanix
Album : Mobocracy (EP - 20/11/2020 - Electric Talon Records)
Genre : Big Rock / Hard Rock
Origine : USA
On aime : L'inventivité, le son, les choeurs, les arrangements

Par Ahasverus

Waxim “Wax” Ulysses Mekanix est un musicien multi-instrumentiste américain basé en Pennsylvanie.

Wax mekanix 2020 1Il reconnait pour influences Bob Dylan, The Beatles, Neil Young, Brian Wilson, et Queen pour la  composition. En tant que performer, il cite plutôt Black Sabbath, Led Zeppelin, Aerosmith, Queen, KISS, AC/DC, et Van Halen.
En novembre 2020, il sort sous le nom de Wax Mekanix un EP six titres d'une durée d'environ vingt-sept minutes...

« MOBOCRACY »

Wax mekanix artworkUn hard-rock/big rock d'apparence classique, et pourtant très original, accrocheur, et qui retient toute l'attention par son son et sa diversité tout à fait savoureux.
Nous avons eu envie d'en savoir plus sur le personnage, et Wax a bien voulu nous répondre...


"Les six chansons qui constituent Mobocracy sont une famille, à bien des égards."


« En général, je dis trois choses musicalement : tout d'abord, je suis membre fondateur, batteur et auteur-compositeur du quatuor culte américain Nitro. Pendant plus de quarante ans, nous avons sorti de la musique sur plusieurs maisons de disques à travers le monde, focalisés sur un heavy rock  agressif influencé par des groupes britanniques, européens et américains des années soixante-dix et quatre-vingt. Certains disaient de Nitro qu'il était l'une des réponses de l'Amérique à la New Wave of British Heavy Metal.  Fonctionnant comme une vraie  démocratie,  Nitro comptait  un chanteur, Dana Confer, un guitariste, John Hazel, un bassiste,  Brad Gensimore, et moi à la batterie.  Bien que marquant une pause pour le moment, Nitro reste intact, et je pense que nous n'avons pas encore fini de faire résonner  notre  rock unique.

Nitro lethal dose 2013NITRO, "Lethal Dose" (2013)
Ainsi, depuis environ une décennie, comme je ne contribue pas activement à  Nitro, j’écris, j'enregistre et je joue sous le nom de Wax Mekanix. En tant que principal auteur-compositeur de Nitro, je compose en permanence, donc de nouvelles chansons s'accumulent. Certaines sont faites sur mesure pour le paysage sonore de Nitro, mais beaucoup d’autres ne sont pas adaptées à ce contexte... Au fur et à mesure que ces chansons s'accumulent, j'en emmène certaines en studio, elles ont une palette plus large que ce qui est de rigueur pour les enregistrements de Nitro. De plus, comparé à la manière démocratique dont les disques Nitro sont faits, les opus de Wax ressemblent à une dictature ! En tant que Wax, je dois veiller à enrôler des musiciens qui apportent des compétences, des talents, des perspectives et des expériences très différentes de celles de Dana, John et Brad. Cela se traduit généralement par des chansons dont le son sonne fort différemment de la façon dont Nitro les aborderait. Au final, j'aime collaborer avec cette grande variété d'amis musicaux qui font des disques qui incluent du rock, de la pop, de l'urbain et même du R&B. Parfois j'agis en tant que co-auteur, tandis que d’autres fois je suis musicien ou chanteur. C'est une activité merveilleuse et joyeuse qui me permet de visiter des registres musicaux que je n'utilise pas habituellement dans Nitro.

Que signifie exactement "Mobocracy", titre de votre nouvel opus ?
Wax Mekanix : Par définition, Mobocracy signifie domination par les masses. Tandis que je cherchais un titre pour l'album, ce mot a vraiment résonné en moi, il me semblait concis et sans équivoque. Cela résumait généralement ce que je ressentais à propos des chansons et de leurs thèmes, et par rapport au fait d'être un Américain en ces temps tumultueux.


"Je suis fan du hasard et de l’improvisation à bien des égards et je trouve que lorsque ces deux-là sont dans la même pièce, les choses finissent généralement par être excitantes."


Vous semblez assez engagé. Quelles sont les thématiques que vous abordez dans l'EP et sur quoi pensez-vous qu'un artiste se doive de réagir ?
Wax Mekanix : J'aime me définir comme un "versant ensoleillé d'une montagne" et quelqu'un de positif. Mes amis, ma famille, seront globalement d'accord sur ce point. J'essaie d'ailleurs généralement de ne pas avoir l'air faché sur les photos. Sincèrement, je trouve que le look "angry" est un peu sur-utilisé, prévisible et évident dans les photos de heavy rock, alors j'essaie de l'éviter autant que possible. Cela dit, être devant un objectif me semble toujours un peu contre-nature, et comme pour beaucoup, être mal à l'aise a tendance à donner des photos moins  flatteuses. Mon photographe de référence, Ken Wolfe, travaille toujours avec moi pour essayer de rassembler des photos qui véhiculent visuellement ce que je souhaite réaliser musicalement.
"Mobocracy" est unique dans son processus. J'ai écrit ces chansons de 2015 à 2020, et elles reflétaient l'époque dans laquelle je me trouvais. Ce n'était pas un effort délibéré d'écrire un disque à thème,  cela s'est produit de manière organique. Il est de notoriété publique que l’Amérique traversait (et c'est encore le cas) une période de grands bouleversements sociaux et politiques. À mesure que la société américaine évolue, la colère inévitable, la frustration, la polarisation agressive et la discorde générale imprègnent la nation. Comme beaucoup de songwriters, mon approche temporelle vise à laisser les chansons me conduire là où elles veulent aller. Bien qu'ayant un certain savoir-faire dans la musique rock, il me semblait préférable de laisser les thèmes dicter eux-mêmes le son de chaque morceau. Par exemple, « Black »... Cette chanson se devait d'être discrète, exotique, mystérieuse, déconcertante, dérangeante, nerveuse et ornée d'instruments acoustiques. Je me souviens clairement que je savais depuis le début, au moment où je l’écrivais, que ce ne serait pas un morceau hurlant, claquant et tonitruant comme le sont "Blood In My Eyes" ou "Victorious". C'était intéressant de voir comment certaines chansons renforçaient leur position sur l'album tandis que d'autres partaient sur le côté. Les six chansons qui constituent Mobocracy sont une famille, à bien des égards. À la fois ssolidaires et en désaccord l'une avec l'autre, dans un flux et un reflux que je n'avais jamais connu lors de l'écriture d'un disque. Je me sens chanceux d'avoir été prêt et dans une posture qui m'a permis d'accepter, de traiter et de refléter cette inspiration. Je me sentais imprégné par l'instant et également suffisamment bien informé pour prendre une position significative sur le changement tectonique que vivait l'Amérique. Par définition, l'art n'est pas une solution univoque. Bien que ce soit une perspective très personnelle, et probablement propre à chaque artiste, mon opinion est que tout artiste devrait faire tout son possible pour rester fidèle à cette essence qui l'a obligé à être créatif en premier lieu. Cela peut prendre de nombreuses formes et c'est toute la beauté de l'art, à mon avis. Je ne peux parler que pour moi, mais je me vois  comme  un réceptacle du temps et de l'espace dans lesquels je me trouve, acceptant ces influences et ces informations, et les concrétisant avec les compétences et le savoir-faire que je peux rassembler. Plus précisément, je pense que mon travail musical rend le quotidien extraordinaire au sein d'un contexte rock. Il y a un danger à aller trop loin dans votre propre nombril en réfléchissant au « pourquoi et au comment » de la créativité, et je trouve quant à moi préférable de ne pas me plonger dans toute la philosophie associée. J'essaie de ne pas « le regarder dans les yeux » trop longtemps, parce que trop y penser conduit généralement à de maigres résultats. En fait, je suis fan du hasard et de l’improvisation à bien des égards et je trouve que lorsque ces deux-là sont dans la même pièce, les choses finissent généralement par être excitantes.

L'Amérique peut être pensée comme un phare qui préserve le monde occidental des naufrages. Pendant que je regardais votre clip "Victorious", je pensais aux événements du Capitole...
Wax Mekanix : Je suis Américain et fier de l'être. Mes  ancètres sont dans ce pays depuis bien des générations, et je me tiens informé. Je pense avoir le droit de parler avec mon coeur et ma tête à propos de cette société, de sa politique, de son histoire ou de son économie... A mon sens, les Etats-Unis d'Amérique ont toujours eu une responsabilité, tel un bastion des idéaux démocratiques.  Nous pouvons - donc nous devrions - montrer l'exemple d'une nation dont les lois sont choisies et votées après une réflexion approfondie. L’idée que les citoyens puissent choisir leur représentation lors d’élections transparentes et équitables est la pierre angulaire de la réalisation de « l’union la plus parfaite » à laquelle aspiraient nos pères fondateurs, et à laquelle tous les Américains patriotiques croient. Les événements du six janvier 2021 ont un double sens à mon avis. La violence a montré que nos institutions démocratiques sont à la fois fragiles et fortes. Fragiles, car certains pensent encore que la violence est un moyen valable de résoudre les désaccords. Fortes, parce que le monde a été témoin que la plus grande des démocraties a été assiégée par ses propres citoyens et a su s'en sortir saine et intacte. La  démocratie américaine a traversé des épreuves tout au long de son histoire, et je considère ce test récent comme désordonné, légèrement embarrassant et comme un signal d'alarme, signe que beaucoup de nos compatriotes souffrent grandement pour des raisons sociales, économiques et politiques qui doivent être abordées à court et à long terme. D'un point de vue pragmatique, je suis fier que le monde puisse voir l’Amérique à son meilleur et à son pire, car c’est la réalité de l’évolution des nations. Cela sert à renforcer notre rôle unique en tant que ce bastion que nous devons être. Je pense qu’elle éclaire également les alliés et les ennemis de la démocratie. Écrite avant le six janvier, je voulais que ma chanson « Victorious » présente une dualité similaire. D'abord, je voulais écrire une chanson qui pourrait être prise au premier degré. Je suis fan des chansons qui s'apparentent à des hymnes, et je voulais m'assurer que "Mobocracy" en ait une. Le défi était l'autre côté de cette notion : « Victorious » devait s’accorder avec le thème d'une Amérique en désarroi et chaotique. Sur le terrain, tout footballeur ou penseur politique peut se sentir connecté à une chanson qui lui permet d'avoir un préalable à la victoire. Cela a été parfaitement démontré  par des artistes comme Queen, avec « We Are The Champions / We Will Rock You », et bien d'autres. D'un autre côté, j'espérais que ce que j'écrivais serait aussi un peu sardonique. Plus précisément, la vidéo a été conçue pour illustrer l'idée que le pouvoir, lorsqu'il est exercé avec arrogance, insouciance ou myopie, peut sérieusement se fourvoyer. Ce pouvoir peut être politique, militaire, technologique, émotionnel ou spirituel. La vidéo était ma tentative d'offrir un petit test de Rorschach pour les auditeurs et téléspectateurs. Je crois que mon public est réfléchi, intelligent, curieux et aventureux, alors j'espérais qu'il verrait dans ces images bien connues un pouvoir qui a mal tourné et qu'il les interpréteraient par rapport à sa propre vie et à ses expériences. Si j'ai réussi cela, le débat est ouvert.

Quand et dans quelles conditions avez-vous écrit les compositions qui composent "Mobocracy" ?
Wax Mekanix : Typiquement, et à quelques exceptions près, j'écris seul. Plus précisément, j'ai écrit tout "Mobocracy". « Black » a été co-écrit avec Brandon Yeagley et Chris Bishop, du groupe de   metal américain Crobot. (Surveillez-les, je vous garantis qu'ils en valent la peine !) « Victorious » a été co-écrit avec mon producteur et ingénieur Maxim ‘Lectriq’ Laskavy. La plupart du temps, je compose sur une guitare acoustique. Parce que cela n'implique aucune technologie qui pourrait éventuellement gêner ou contrecarrer le processus créatif... C’est le chemin le plus direct, qui me permet d’entendre toutes les nuances musicales qui se présentent. Parfois, la musique vient en premier comme source d'inspiration, d'autres fois ce sont les paroles...  Habituellement, les sections des chansons sont séparées et j'assemble des parties compatibles, à la manière de Frankenstein, qu'il s'agisse des paroles ou de la musique... J'aime cette approche,  elle tend à éviter la monotonie, j'appuie un refrain contre un couplet, ou une section de pont qui a été écrite à un moment différent, dans des circonstances différentes... Les arrangements sont généralement les derniers à venir, après que la chanson ait été « cousue » ensemble et m'ait révélé ce qu'elle voulait être. C’est ce que j’entends par « suivre ». Une fois que je l'ai composé / construit, le travail d'artisan commence. Cela implique d'exécuter la chanson, de l'enregistrer et de la produire en studio avec des amis exceptionnellement talentueux et qualifiés.

Le son sur "Mobocracy" est excellent. D'où sort-il ?
Wax Mekanix : Sans aucun doute possible, l'architecture sonique de "Mobocracy" est le résultat d'un dur labeur et des compétences et du talent de deux amis : Gene ‘Machine’ Freeman et Max ‘Lectriq’ Laskavy.  Cette fabuleuse équipe de producteur/ingénieur a fait de "Mobocracy" la meilleure réalisation sonore que j'ai jamais faite !
Il est parfait, point barre.  Le pédigrée de 'Machine'  est légendaire et facilement consultable sur Google.  Et Lectriq est une puissance créative très recherchée, un véritable couteau suisse !
Bien que j'ai conçu les chansons qui composent "Mobocracy", assuré le chant principal, les guitares, la batterie et les choeurs, ce serait un crime si je ne donnais pas un crédit essentiel aux amis musiciens incroyablement talentueux qui ont su transposer mes indications musicales avec passion, virtuosité, soin et ténacité. Je me considère comme le maillon le plus faible de la chaîne de "Mobocracy", car il n’y aurait pas d’album sans eux !
(line-up complet ci-après)


Le Line-up :

  • Wax Mekanix: chant, guitare électrique et acoustique, batterie, percussions, (Tracks 1-6)
  • Lectriq: choeurs, percussions (Tracks 1-6)
  • Brandon Yeagley: choeurs (Tracks 1-6)
  • Chris Bishop: guitare électrique et acoustique (Tracks 2, 3, & 6)
  • Tom Altman: guitare, basse (Tracks 1, 2 , 3, & 5)
  • Wendell PoPs Sewell: guitare, basse (Tracks 1, 2, 3, & 5)
  • John Hazel: guitare, basse (Track 4)
  • Raje Shwari: choeurs (Track 3)
  • M11SON: choeurs (Track 2)
  • Tommy Conwell: choeurs (Track 2)
  • Nataliya Odud: choeurs (Track 2)
  • Eli Goldman: choeurs (Track 2)

Les Critiques :

  • "Quand j'ai entendu «Mobocracy» pour la première fois, je l'ai jugé bon. Après quelques écoutes, j'ai monté le niveau vers GREAT."
    https://ever-metal.com
  • "Ca vous rentre dans la peau, c'est contagieux et étrange."
    http://www.metal-temple.com


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