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GOGOL BORDELLO (Punk), We Mean It, Man! (06/02/2026)
Le 14/02/2026
N'étant pas sans évoquer The Clash et la Mano Negra, Gogol Bordello poursuit son parcours avec un nouvel album mêlé de musique gipsy, de punk et de touches techno.
La ressemblance avec ce que proposait The Clash est particulièrement évidente sur un morceau tel que « No time For Idiots », tandis que le foutraque « From Boyarca To Boyaca », que le groupe interprète avec les New-Yorkais de Puzzled Panther, renvoie vers la Mano Negra.
Comme les deux références précitées, Gogol Bordello, dont le nom s'inspire de l'auteur de Tarass Boulba, possède un spectre large, lorgnant vers un Glam Punk festif et déjanté (« Ignition »), avec des titres immédiatement accrocheurs (« Life Is Possible Again »). Vingt-sept ans d'activité n'ont pas émoussé l'énergie de la formation américaine qui propose avec ce « We Mean It, Man! » un album, joyeusement baroque. Une réussite !
LES TOP10 d'Ahasverus 2021/2025
Le 11/02/2026
Les Top10 des albums de 2021 à 2025 selon Ahasverus
TOP10 2025 :

- AVANTASIA, Here Be Dragons (Opera Metal international)
- DRAGONKNIGHT, Legions (Finlande, Power Metal)
- NACHTBLUT, Todschick (Allemagne, Black Metal gothique)
- SORTILEGE, Le Poids de l'Âme (France, Heavy/Power Metal)
- LARKIN POE, Bloom (USA, Rock)
- MAJESTICA, Power Train (Suède, Power Metal)
- LETHAL X, 90 Tons Of Thunder (USA, Heavy Metal)
- TREMONTI, The End Will Show Us How (USA, Heavy Metal)
- DREAM THEATER, Parasomnia (USA, Métal progressif)
- TWAT UNION, Don't Look It In The Eye (UK, Pop Punk)
TOP10 2024 :

- CHARLOTTE WESSELS, The Obsession (Pays-Bas, Metal)
- BLOODORN, Let the Fury Rise (International, Power Metal)
- VOLA, Friend of a Phantom (Danemark, Métal progressif)
- LEAVE'S EYES, Myths of Fate (Allemagne, Métal symphonique)
- ROYAL REPUBLIC, Lovecop (Suède, Rock)
- WISBORG, Wisborg (Allemagne, Darkwave)
- SILENT WINTER, Utopia (Grèce, Power Metal)
- VELVETEEN QUEEN, Consequence of the City (Suède, Rock)
- DEEP PURPLE, =1 (UK, Hard-Rock)
- LAST TEMPTATION, Heart Starter (Canada/France, Hard-Rock)
TOP10 2023 :

- WINTERAGE, Nekya (Italie, Métal symphonique)
- ANGRA, Cycles of Pain (Brésil:Italie, Power Metal)
- GRACE POTTER, Mother Road (U. S. A., Rock)
- ECLIPSE, Megalomanium (Suède, Rock)
- RUMKICKS, Born Rude (Corée du Sud, Punk-Rock)
- SORTILEGE, Apocalypso (France, Heavy/Power Metal)
- COBRA SPELL, 666 (International, Heavy Metal)
- WINGER, Seven (USA, Heavy Metal)
- WEGFEREND, En AutreMonde - chapitre 2 (France, Folk Rock)
- VISIONS OF ATLANTIS, Pirates Over Wacken (International, Métal symphonique)
TOP10 2022 ;

- WHISKEY MYERS, Tornillo (USA, Rock)
- SCORPIONS, Rock Believer (Allemagne, Hard-Rock)
- SKID ROW, The Gang''s All Here (USA, Hard-Rock)
- BLACKRAIN, Untamed (France, Hard-Rock)
- RONNIE ATKINS, Make It Count (Danemark, Rock Mélodique)
- ANTECHAOS, Apocalypse (France, Hard-Rock)
- MALEMORT, Chateau-Chimères (France, Rock)
- KISSIN' DYNAMITE, Not The End Of The Road (Allemagne, Heavy Metal)
- LEDA, Marocco Speed (Italie, Rock)
- LEE AARON, Elevate (Canada, Hard-Rock)
TOP10 2022 :

- IRON MAIDEN, Sensutju (UK, Heavy Metal)
- LORD OF THE LOST, Judas (Allemagne, Métal gothique)
- NIGHT RANGER, ATBPO, (U. S. A., hard-rock)
- RONNIE ATKINS, One Shot, (Danemark, rock mélodique)
- DEAD VENUS, Flowers & Pain (Suisse, Métal progressif)
- GOJIRA, Fortitude (France, Metal)
- EPICA, Omega (Pays-Bas, Métal symphonique)
- CACTUS, Tightrop (U. S. A., Hard-Rock)
- MILES KENNEDY, The Ides Of March (U. S. A., Rock)
- EVERGREY, Escape of the Phoenix (Suède, Métal progressif)
AXEL BAUER - Rétrospective 1987/2026
Le 08/02/2026
Il s'est inscrit dans la grande histoire de la musique française dès 1984 avec le titre « Cargo ». Quarante-deux ans après il sort son huitième album, « Grand 8 ». L'occasion pour nous de revisiter les huit albums studios qui ont parsemé la carrière d'Axel Bauer.
- Les Nouveaux Seigneurs (1987) : « Les Nouveaux Seigneurs » fleure la fin de la new-wave et des années 80, avec un son très typé, légèrement clair et daté. Les mélodies n'ont pas à rougir et une certaine personnalité s'affiche déjà dans la tracklist éclectique, de l'hispano « Jessy » à l'ambiance asiatique des « Nouveaux Seigneurs ». S'il n'a pas la maturité des albums qui suivront, ce premier disque jette néanmoins les bases du parcours artistique qui reste à définir. A noter une reprise du « Sex Machine » de James Brown.

- Sentinelles (1990) : Plus sombre et plus rock, « Sentinelles » avance riffs en avant (« Révolution », « Le Grand Soleil »), comme en atteste le hit « Eteins la lumière ». Des morceaux tels que « Au Dessus des Villes » n'ont pas perdu leur efficacité, et le son de cet album qui ouvre les années 90 conserve sa force de frappe jusqu'à aujourd'hui.
- Simple Mortel (1998) : Après huit ans de pause, Axel Bauer referme la page 90's avec des sonorités étranges (« 00 Zen») qui se tordent (« A Contre Sens », « Angel »). Le chant se fait zeppelinien (« Simple d'Esprit ») tandis qu'Axel Bauer propose son album le plus aventureux et nous entraîne à l'aveugle sur des pistes sombres et exotiques. Un travail intéressant.
- Personne N'Est Parfait (2000) : Moins exploratoire et un peu trop homogène sur sa première partie, « Personne N'Est Parfait » gagne en qualité sur la durée. Cet album sombre au chant harmonieux et aux riffs rock très présents s'enrobe de suffisamment de matière pop pour être radiophonique. La setlist est de qualité et on note parmi les réussistes (« 2000 Raisons ») le titre « A Ma Place » que le Parisien partage avec Zazie.
- Bad Cowboy (2006) : L'univers d'Axel Bauer est désormais bien rôdé, et « Bad Cowboys » remplit son cahier des charges les yeux fermés. Le travail d'écriture et de composition a l'efficacité d'un Pascal Obispo (« Si Je Pouvais », « Ma Liberté ») ou d'un Noir Désir (« Tu Me Tues »).
Axel Bauer chante très bien, joue très bien (les « Jam » en attestent), appuyé par des choeurs et une production très en place. « Bad Cowboys » est un bon album, quoiqu'un peu trop rempli et sans titre-leader qui sait nous retenir vraiment. Mais une tracklist bien travaillée rend cornélien l'exercice de retirer quoi que ce soit à un album aux indéniables qualités. - Peaux de Serpent (2013) : En ouvrant par « Souviens-Toi » avec une prise de son distante, Axel Bauer s'approche de l'univers hypnotique de Gérard Manset, tandis que la filiation avec Alain Bashung est évidente sur « Aveugle » et « Je Fais De Mon Corps ». Enfin , l'ombre de Serge Gainsbourg vient planer sur « L'Enfer ». Tout cela est trop évident pour n'être que le fruit du hasard. Caméléon, « Peaux de Serpent » s'éloigne de ses aînés le temps d'un titre avec Jean-Louis Aubert, puis brise les codes rythmiques habituels avec « La Chasse A L'Instant ». Un album à l'effet parchwork.
- Radio Londres (2022) : « Radio Londres » s'ouvre sur le titre éponyme qui rend hommage à Franck Bauer, le père d'Axel, qui prononça 517 fois la phrase historique « Ici Londres, les Français parlent aux Français » sur la radio britannique.
Plus loin, le chanteur propose une reprise d'Aragon/Léo Ferré (« Est-ce Ainsi Que Les Hommes Vivent ? ») et une autre de Gérard Manset (« A Qui N'A Pas Aimé »). La façon de plaquer les textes de ce dernier ne semble d'ailleurs pas si éloignée d'une saillie comme « Tout L'Or du Monde » et de quelques autres morceaux. Dans son ensemble, « Radio Londres » est plus posé que ses prédécesseurs. Plus apaisé, d'une maturité totale, il place Axel Bauer au sommet du rock français, contribuant à tresser la couronne de lauriers d'un artiste désormais incontournable qui livre ici l'une de ses productions les plus abouties. - Grand 8 (2026) : Il fallait un grand album pour succéder à « Radio Londres » ; c'est chose faite ! « Grand 8 » est la réponse rock à son prédécesseur de 2022. Plus incisif, plus sombre, il vous harcèle avec « L'Enfant Prodigue », donne l'assaut avec « Merde à la Mer », sur lequel Brigitte Fontaine a fait des merveilles qui fonctionnent à chaque fois.
Le nouvel album se tient sur des chemins balisés par quatre décennies de carrière, mais il exploite son parcours avec talent. Axel Bauer livre ce qu'il a à dire d'une écriture fine, mathématique, parfois, comme celle de Gérard Manset (« S'En Aller Tout Quitter », « Quel Incendie », « Il Pleure Dans Mon Coeur »). Les rythmiques déployées sont particulièrement efficaces pour porter de belles lignes de guitares (« La Vie Comme Une Rivière », « Freedom »). La production et les arrangements font sonner ce « Grand 8 » comme il convient. Si des titres servent de locomotive et marquent les esprits (« L'Enfant Prodigue », « Merde A La Mer », « Escalator »), il n'y a aucun titre faible. En quarante ans de carrière, Axel Bauer a balisé son chemin sans se perdre. Il sait donc plus que jamais où il va et il nous propose, pour ouvrir cette année 2026, un album de rock qu'on aura tort de contourner car il est aussi l'un des sommets de sa discographie.

TOP10 2025 - Le choix d'Ahasverus
Le 11/01/2026
1.- AVANTASIA, Here Be Dragons

« Here Be Dragons », le dixième long format du Metal Opera de Tobias Sammet, s'imposera-t-il parmi les meilleurs albums d'Avantasia ? On pourra toujours pinailler, le trouver plus ceci / moins cela... Il n'en reste pas moins que « Creepshow », où Sammet opère seul, « Here Be Dragons », « The Moorlands At Twilight » ou « Everybody’s Here Until The End », sont de grands moments de power mélodique qui permettent au génie créatif d'exploser.
2.- DRAGONKNIGHT, Legions

L'originalité n'est pas ce qu'on viendra chercher chez Dragonknight, mais le savoir-faire est avéré et l'inspiration bien présente. Loin du pétard mouillé, cet album de Power Mélodique enchaîne les hymnes. Son niveau est remarquable si l'on tient compte qu'il s'agit du premier opus de cette formation finlandaise.
3.- NACHTBLUT, Todschick
Cradle Of Filth et Rammstein ont un fils, il s'appelle Nachtblut. C'est tout le portrait de son papa disent les uns ; les autres trouvent qu'il a le nez de sa maman.
4.- SORTILEGE, Le Poids de l'Âme
Après « Apocalypso » (2023), Sortilege confirme son retour en forme et continue de porter en leader les couleurs du Heavy Power français.
5.- LARKIN POE, Bloom
Plus ouvert que ses prédécesseurs, « Bloom » déborde parfois vers une rock radio-compatible, vers un blues rock intense ou un hard-rock à la ThunderMother. Frappant sa cible à chaque envoi, il se hisse à la hauteur des récentes productions des soeurs Lowelll, c'est à dire au plus haut niveau.
6.- MAJESTICA, Power Train
Pour ce troisième album, Majestica a resserré son propos. Le songwriting est immédiatement accessible et reste, entre deux accès de génie, plaisant sur la durée. Le chant de Tommy Johansson, quand il visite les cîmes, rappelle celui de Michael Kiske. L'une des meilleures propositions de l'année 2025, en tous cas dans la catégorie Power Metal.
7.- LETHAL X, 90 Tons Of Thunder
Difficile de dire ce qui rend addictif cet album de facture classique, peut-être ses lignes vocales qui font du hors-piste, ses riffs heavy ou ses ses leads inspirés, en mode twin guitars ou pas. En tous cas « 90 Tons Of Thunder » compte parmi les albums que nous aurons le plus poncé en 2025.
8.- TREMONTI, The End Will Show Us How

Tremonti s'est éloigné de ses influences premières pour atteindre une maturité maximale. Ce sixième album témoigne d'un savoir-faire et d'une musicalité avérés qui et « The End Will Show Us How » mérite sa place parmi les albums de l'année, même si un manque de relief peut installer une routine dans l'écoute.
9.- DREAM THEATER, Parasomnia
Dans la lignée d'un « Train of Thought », le seizième album des tauliers du prog séduira ceux qui goûtent sa face la plus heavy.
10.- TWAT UNION, Don't Look It In The Eye
Petit Poucet deviendra grand.
DON AIREY (hard-rock), Pushed To The Edge (28/03/2025)
Le 31/05/2025
Dio et Rainbow (« Tell Me », « Rock The Melody ») et Deep Purple (« Out of Focus ») sont les premières références qui viennent à l'esprit à l'écoute de « Pushed To The Edge », le nouvel album solo de Don Airey.
Clavier de Deep Purple depuis plus de vingt ans, cet artiste âgé aujourd'hui de 76 ans a participé à l'enregistrement de quelques monuments du hard-rock, dont « Difficult to Cure », « Bark at the Moon », ou encore « Painkiller », même si sa contribution à ce dernier reste confidentielle tant Judas Priest n'a pas misé sur les claviers dans son mixage final.
N'hésitant pas à plonger dans des eaux progressives (« Moon Rising », « Godz of War »), « Pushed To The Edge » reprend des respirations avec l'honnête ballade « Flame in the Water » ou l'instrumental « Girl From Highland Park ».
Jamais envahissant, le clavier de Don Airey fait saillie, prompt à provoquer en duels la guitare ou la batterie pour quelques moments savoureux.
Entouré de musiciens talentueux dans un line-up qui aligne deux chanteurs (Mitchell Emms, l'un des participants de The Voice UK, et Carl Sentance, qui officie dans Nazareth depuis 2015), il développe un songwriting hard-rock 70's aux arrangements soignés. Si l'ensemble ne marquera pas autant l'histoire que certains opus auxquels le vétéran a participé, le résultat est honnête et reste une agréable parenthèse.
FROZEN CROWN : Alexandra Lioness remplace Fabiola Bellomo
Le 25/05/2025
Fabiola Bellomo, l'une des trois guitaristes du groupe italien Frozen Crown, a annoncé mi-mai 2025 son départ du groupe.
Line-Up 2024 avec Fabiola Bellomo à gauche - photographie Federico Mondelli et Alessia Lanzone
La guitariste italienne explique :
« C'est avec le cœur lourd que j'annonce mon départ de Frozen Crown. La séparation s'est faite à l'amiable et en paix entre les deux parties : je quitte le groupe en raison de mes obligations croissantes qui ne m'ont pas permis de me concentrer sur mes projets personnels et sur ma vie, ni de me consacrer à différents styles musicaux. Je souhaite à mes camarades le meilleur pour leurs nouvelles aventures et les remercie pour tous les merveilleux souvenirs que nous avons créés ensemble (le dernier étant notre dernière tournée européenne). Merci à vous tous, chers fans, pour votre soutien indéfectible, et à bientôt, peut-être sur la route ! »
De son côté, le groupe répond :
« Après des années de concerts, de plaisir, de voyages, de travail acharné et trois albums ensemble, Fabiola a décidé de prendre une autre voie pour assouvir ses aspirations artistiques en se concentrant sur des genres et des styles plus proches de ses goûts musicaux. Nous la quittons, reconnaissantes du temps passé ensemble et des efforts conjoints qui ont fait du groupe ce qu'il est aujourd'hui. Nous sommes certains que les deux membres (elle en tant que guitariste et Frozen Crown en tant que groupe) auront désormais la chance de grandir de la meilleure façon possible. Ce n'est pas un adieu, mais un au revoir, car nous espérons la revoir un jour dans les coulisses d'un festival pour partager quelques rires et de bons souvenirs. »
Frozen Crown sortait en 2024 son cinquième album, « War Hearts », après être passé un an plus tôt en sextet.
C'est désormais Alexandra Lionnes, frontwoman et fondatrice de la formation serbe Jenner, qui tient la troisième guitare de la formation italienne.

DRAMA KING (dark rock), Mud & Concrete (11/04/2025)
Le 29/04/2025
Groupe : DRAMA KING
Album : « Mud & Concrete »
Genre : Dark Folk / Funeral Rock
Influences : Un savant mix de Nick Cave, Madrugada, Lana del Rey et Elvis Presley
Origine : Quelque part vers Rennes
Sortie : 11 avril 2025
Par Pépé St@kaTTo
Quand Yann Landry (Tadam Records / ASAP Conseils / La Grosse Radio Rock) m’a contacté pour me demander si je pouvais faire la chronique de « Mud & Concrete » de DRAMA KING pour « Ahasverus Métaux En Tous Genres », j’avoue que je n’étais pas très chaud pour me replonger dans une énième chronique d’album. D’abord parce qu’avec le temps j’avais perdu ce « mojo » qui me poussait à écrire, et puis parce que c’était devenu presque une routine, l’émotion de nouveaux albums n’étant plus au rendez-vous, je m’étais donc, tel un vilain vieil ours bigourdan, volontairement plongé en sommeil léthargique depuis quelques mois maintenant.
Mais ce nom de groupe et cette pochette avaient quelque chose d’inhabituel, un truc qui malgré moi m’attirait comme un aimant … Comme promis, j’y jetais une oreille, puis deux, et décidais finalement de me pencher sur le cas DRAMA KING !
Artwork réalisé par David Brabançon.
Tracklist :
01.Broken Wings - 02.Brown & Grey - 03.Waiting for the Shades - 04.Every Dream That I Make Takes Me Back to the Start - 05.Silent Homes - 06.Drama King - 07.Between the Store Shelves - 08.Rock'n'Roll Lies
Première surprise, DRAMA KING n’est pas à la base un groupe mais plutôt le projet solo d’un Rennais célèbre, Kevin Gourdin, que la plupart d’entre nous connaissons pour l’avoir suivi au sein de groupes prestigieux, des keupons de THE DECLINE, à la country-folk sombre du « Maigre Sanglier Sauvage » SLIM WILD BOAR, et puis avec « les furieux » de LA BRIGADA FLORES MAGON (comme bassiste).
Kevin Gourdin photographie © Yann Levy
« Mud & Concrete » est donc le premier opus de Kevin sous le nom de DRAMA KING, et comme il le dit lui-même « Il est le fruit d’un long chemin, parfois sinueux, entre les premières ébauches de morceaux et les sombres chroniques d’une vie bretonne, parfois désenchantées mais toujours passionnantes [...], un album composé avec joie, sincérité, et beaucoup d’acharnement ».
Kevin a composé et joué de presque tous les instruments sur ces huit morceaux. L’enregistrement (qui a duré quatre jours au Studio Sovaj) et le mixage ont été effectués par Antoine Le Masson (plus de détail en fin de chronique pour le matos utilisé !). Le mastering a quant à lui été confié à Harris Newman à Montréal. Le vinyle est une coproduction des trois labels régionaux KIZMIAZ Records (Nantes), BRAINSTORMING Records (Rennes) et ABRACADABOOM Records (Langonnet).
L’album débute avec « Broken Wings » sur des nappes de claviers sombres et entêtantes, la voix rauque de Kevin appuyée par un riff lancinant de guitare nous dépeint les dégâts causés par l’alcool, véritable fléau qui touche toutes les régions de l’hexagone et particulièrement la Bretagne, lieu où il vit. Ce titre très enivrant donne d’entrée la couleur à l’album, ce sera du bleu nuit voire du noir total !
On poursuit l’immersion dans l’univers lugubre et obscur du quotidien de notre crooner triste avec « Brown & Grey ». Cette balade hivernale nous amène dans une virée en voiture dans la campagne bretonne. Les couleurs sont délavées, la musique dépouillée à l’extrême. Quelques accords plaqués sur le piano, des arpèges dégoulinants de regrets, invitent à la réflexion. Quel avenir pour ce monde ? Et puis un gazouillement raisonne sur le siège arrière, un bébé dors paisiblement, le futur est là, il faut continuer à rouler et aller de l’avant. Un sublissime morceau sur la paternité, très touchant.
C’est sur des arpèges très flamenco/rock typés années ’50 que démarre « Waiting for the shades ». Beaucoup de réverbe et de chorus dans cette intro mélodique, pour cette fois une ballade à l’ambiance gothique. Les paroles sont envoutantes et abrasives, noires et profondes. Ces nuances très sombres nous plongent dans de longues nuits d’angoisses sans cesse renouvelées, mélange de messe funèbre et de tango sinistre, comme un appel du néant, une malsaine fuite en avant … C’est triste mais si beau à la fois !
Le très Country Rock Galatique « Every dream that I make takes me back to the start » nous plonge dans le western urbain des HLM que côtoie Kevin, savant mélange de despérados et de sheriffs où chacun fait sa propre loi ! La chevauchée à travers cet univers hostile s’effectue sur une musique très chaloupée, typiquement Far West, enjôlée par un discret piano bastringue et une guitare folk envoutante. Après avoir quitté le saloon, le cow-boy rejoint donc paisiblement son « Home Sweet Home » pour retrouver un semblant de sérénité auprès des siens. Encore une très belle ballade épique !
« Silent Home » démarre sur la voix seule de Kevin, comme une mystique prière. Les nappes de claviers accentuent cette atmosphère d’abandon que l’on retrouve tout au long du morceau. On retrouve ici toute la symbolique de la pochette de l’album, celle de ces maisons fermées une bonne partie de l’année, ces bâtisses silencieuses le jour et glauques la nuit, aux volets fermés, qui ne revivent que pour quelques jours. Un morceau triste et joyeux à la fois mais malgré tout d’une beauté surprenante.
La piste numéro 6 « Drama King » qui porte le nom du projet est également une ballade très sombre. Drama pour tous ces évènements tragiques qui jalonnent notre vie quotidienne, et King comme pour un ultime clin d’œil à Elvis, le seul et unique Roi, « martyr maudit » tragiquement disparu … Comment rester soi-même sans faire semblant, comment faire pour ne pas porter les mêmes masques, neutres et anonymes, pour se fondre dans la masse ? Il subsistera toujours les chanceux, les nantis d’un côté, les défavorisés, les laissés pour compte, les paumés de l’autre ! La voix de Kevin est grave et torturée, et les arpèges égrenés, comme des coups de canif dans l’âme, raisonnent comme une funeste prophétie.
L’angoissant « Between the store shelves » est assurément le morceau le plus rock de l’album. Plusieurs changements de rythmes dans ce titre, avec des parties claviers se voulant plus légères et aérées, des riffs guitares toujours aussi incisifs, une batterie beaucoup plus présente ; et un final explosif, de toute beauté. Le sujet abordé ici est la précarité, le mépris des classes populaires et l’exploitation de ces employés anonymes qui travaillent dans les rayons de grandes enseignes et auxquels on laisse entrevoir pour le futur un avenir radieux, mais qui restent malheureusement coincé dans un présent statique et impersonnel.
Une intro arpégée, une voix résignée et éthérée, appuient ce mantra maléfique, « Rock’n’roll lies », nos rêves d’adolescents ne sont que de la poudre aux yeux, nos « Rocks Stars » d’antan qui nous ont tant fait rêver ne seraient en fait que de « fausses idoles » ! Kevin l’affirme, lui qui a côtoyé ce milieu du « showbiz », cette pseudo liberté n’est qu’autodestruction et égocentrisme … Ce dernier titre vient conclure de manière magistrale ce premier opus de DRAMA KING.
« Mud & Concrete » est une plongée en apnée dans les profondeurs sombres de notre époque, une chronique de cette vie tourmentée, huit tableaux intimes et personnels, pour au final, un album sombre et mélancolique qui ne peut pas vous laisser indifférent et dont vous ne ressortirez pas indemne !
En ce qui me concerne, « M&C » devient un opus majeur dans ma discothèque, une balise temporelle, le témoin d’un début de mois d’avril 2025 funeste, où j’ai perdu un être cher, un pansement miraculeux sur mes blessures, un talisman poétique pour l’avenir, une béquille sonore pour mes vieux jours. Merci m’sieur Kevin pour cette œuvre magnifique !
Kevin a également bien voulu me fournir quelques informations sur l’élaboration de cet album, et je l’en remercie :
[Concernant la prise de son, tous les instruments ont été enregistrés au Studio SOVAJ, dont le cœur est une console analogique SAJE (visible sur les photos) :
https://www.facebook.com/studiosovaj/
J'ai fait les prises de voix tout seul dans un gîte isolé dans les monts d'Arrées avec ma carte son RME et un micro Neuman TLM193.
Pour la prise de son :
- Toutes les pistes guitares ont été faites avec ma Fender Jazzmaster qui passait dans un ampli Vox AC30 et une ribambelle de pédales d'effets : Overdrive OCD Fulltone, Reverb Strymon BIg Sky, chorus et disto MXR entre autres.
- En claviers et synthés on a utilisés un Mellotron (nappes violons, chorales et piano), Un Kork Minilogue XD (pour les sons plus modernes et les textures) et un Moog Minotaur (pour les basses synth). Tout ça passait dans le même pedalboard que la guitare.
- Pour la guitare basse j'ai utilisé ma Fender Precision.
- Pour les batteries on a utilisé une Pearl des 60's (visible sur une des photos du studio)].
C'est donc en « vrai groupe de rock » que cet album sera présenté sur scène, outre Kevin, quatre musiciens additionnels seront présents sur la tournée 2025 !
De gauche à droite les Rennais : Nico à la batterie, Ced à la basse (Food Fight, Slim Wild Boar, The Decline), et les Nantaises : Alice à la guitare (Middle Child, Panique, Alice HA) et Marthe aux claviers (Feu !, Brainfreeze).
Pour commander la galette c’est ici :
Et pour suivre le groupe :
- Facebook : Drama King
- Instagram : https://www.instagram.com/drama_king_crooner/
TWAT UNION (rock), Don't Look It In The Eye (04/04/2025)
Le 27/04/2025
A coups de riffs punk-rock, Twat Union se fait l'héritier des Pretenders et de Blondie.
Par Ahasverus
Voici un jeune groupe hypermédiatique dont l'avenir semble bien lancé.
Avec un EP seulement, les Britanniques de TWAT UNION ont pris d'assaut les médias spécialisés.
Twat Union prévient : « Don't Look It In The Eye ». Quel toupet !
Car l'objet, sorti le 4 avril, pourrait bien être addictif.
En fer de lance, l'ironique « Singer of the Band ».
Au total, cinq titres aux lyrics mordants, A coups de riffs punk-rock, Twat Union se fait l'héritier des Pretenders et de Blondie.
La formation britannique est une hydre à six têtes, dotée d'un saxophone, d'un clavier, d'une voix qui met du groove dans la déconne.
Moins de 15 minutes pour ce premier opus. L'exercice semble sans péril, mais des morceaux comme « Little Pink Drill » et « Danger Boob » obtiennent un prix d'excellence.
Nul doute que Twat Union saura transformer l'essai !
« Don't Look It In The Eye » est disponible via Alcopop! Records depuis le 04/04/2025.