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PETER GEE, Pilgrim (02/02/2023)

Le 02/02/2023

La sortie prog' du jour c'est l'album « Pilgrim » de Peter Gee.
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Peter Gee est le bassiste du groupe Pendragon depuis 1978.
Peter prend sa première leçon de piano vers l'âge de cinq ans. Il touche sa première guitare cinq ans plus tard et la branche à l'âge de treize ans.
Bassiste, il confesse une faiblesse pour Jaco Pastoriux (Weather Report), Ralphe Armstrong (Jean-Luc Ponty) et Richard Sinclair (Camel), précisant que « Moonmadness » de Camel est probablement l'album qu'il a le plus écouté.
« Pilgrim » est son septième album studio. Vous le trouverez sur vos plateformes habituelles.

MAITE MERLIN en concert

Le 31/01/2023

La tournée de Maïté Merlin  prévoit un crochet par la Bretagne.
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Photographie : Lois Eme


La Lyonnaise précise :

« C'est le moment de tagger tes amis bretons ! Ou de faire tes valises pour nous retrouver là bas. Parait que c'est sympa la Bretagne alors pars à l'aventure parce que c'est pas dans trois mille ans que t'auras ton pied sur le sol breton. Je dis ça, je dis rien... »
Les dates :

Chanteuse du groupe de métal progressif Talvienkeli, Maïté Merlin a sorti en 2022 l'album solo « Echappée ».
Maite merlin
Elle définit son style par ces trois mots : Chanson poétique rock.
Une escapade aux textes bien ciselés, qui n'oublie pas pour autant les grosses guitares, parfaitement rôdée sur scène. On recommande.

HARTMANN : L'album de famille

Le 31/01/2023

Oliver Hartmann (Hartmann, Avantasia, ex-At Vance) dont l'album « Get Over It » est livré depuis le 16/09/2022, partage depuis peu sur les réseaux sociaux des photos personelles qu'il agrémente de commentaires.
La série, baptisée Musical History, commence ainsi :
 

MUSICAL HISTORY PART. 1
Hartmann 1
« Une photographie de mon tout premier groupe (dont j'étais le plus jeune membre) à l'âge de quatorze ans. Voyez la Flying V rouge et... la coupe de cheveux...
Le groupe a changé de nom trois fois en un an et demi sans jamais donner un seul concert mais presque tous ces gars sont restés dans le milieu de la musique ou de l'art : Le batteur  — qui n'est pas sur cette photo - joue toujours dans le groupe de métal allemand Tankard , le second guitariste d'un groupe de reggae bien connu, le bassiste d'un groupe de rock semi-professionnel et le chanteur est écrivain dans le domaine de la création. (Merci pour la photo, Rob !). Il est facile de voir qu'il était un grand fan de Metallica et le premier à posséder "Kill 'em all" »

MUSICAL HISTORY PART. 2
Hartmann 2
« Malheureusement, il semble qu'il n'y ait pas de photo de l'époque où j'ai commencé à jouer de la guitare (ma tante cherche toujours...) mais il y a celle-ci avec mon pote de l'époque 'Hotte', un peu plus tard en 81, pratiquant les premières poses de rock-star (punk). Le mec cool qu'il reste est d'ailleurs responsable de m'avoir contaminé au hard-rock - après mes premières expériences avec ABBA, Elvis, les Beatles et autres Rock'n'Rollers  — en m'offrant 'KISS Alive II' en cadeau à mon onzième anniversaire. A partir de là, l'histoire continue avec 'AC/DC  — For those about to rock', 'Highway to hell', des albums de KISS et bien d'autres. Le tout pas vraiment jouable sur une guitare acoustique, mais au moins je peux dire que j'ai essayé… Du coup j'ai dû me procurer d'urgence une guitare électrique pour suivre mon nouveau destin :  Let There Be Rock ! »

MUSICAL HISTORY PART. 3
Hartmann 3
« Je pratique la guitare directement après mon retour des vacances d'été en 1985. Honnêtement, rien ne m'a manqué pendant ces deux ou trois semaines quelque part au soleil  — et surtout pas l'école — sauf ma guitare bien-aimée que je ne pouvais bien sûr pas emporter avec moi dans un avion. Je suis presque sûr que je faisais juste des exercices avec les doigts et/ou que j'essayais quelques-uns des riffs de Yngwie, Gary Moore ou Jake E. Lee.
Et oui, les chemises hawaïennes associées à des bottes en daim étaient hyper tendance… »

MUSICAL HISTORY PART. 4
Hartmann 4
« Essayer d'avoir l'air aussi heavy que possible tout en étant un enfant inexpérimenté et timide.
Deux photos du premier concert que j'ai joué avec un groupe appelé 'Merlin' à l'automne '87. Un groupe de heavy rock assez bon et ambitieux, avec un grand chanteur "à la DIO", qui n'a jamais obtenu de contrat d'enregistrement. Certains nous disaient que c'était dû au fait d'avoir plus de deux parties dans chaque chanson… hmm.. Moi ?
Tout le mur d'amplis et de baffles Marshall divisé en stéréo avec un vieux T.C. chorus/flanger  — l'un des amplis a été prêté par un ami qui jouait sur le même modèle  — s'est effondré au bout d'environ trente minutes sans qu'on en comprenne la raison. Après un certain temps, presque toutes les possibilités de recâblage du chemin du signal, dix histoires et blagues spontanées de notre chanteur  — qui a chanté plus tard dans Iron Mask, Magic Kingdom et d'autres groupes  — le son de la guitare était de retour. Quel était le problème ? Je n'en ai aucune idée…
La leçon à retenir : Quoi qu'il arrive, gardez le sourire »

La suite sur Hartmann...
Hartmann

BYG : le coup de GONG

Le 31/01/2023

BYG Records , dont nous vous parlions récemment pour la réédition d'une version remasterisée du premier album d'Alice poursuit le dépoussiérage de son catalogue en remasterisant « Magick Brother » du groupe GONG.
Gong cover
L'album original, enregistré en 1969 et publié en 1970, se verra agrémenté dans sa version CD de deux pistes bonus et d'un livret de seize pages avec photographies.
Oscillant entre folk, rock progressif, avant-garde et psychédélique, « Magick Brother » est disponible dès maintenant aux formats vinyle, CD et digital chez BYG Records :

Gong vinyle

RAPH quitte SEEDS OF MARY

Le 31/01/2023

Seeds raph
Tandis que Seeds Of Mary sortait son nouveau clip « I Gone Astray », septième piste de l'album « Serendipity » le 01/02/2023, les Bordelais annonçaient le départ de Raph Gatuingt (guitare/chant) en ces termes :
« Seeds Of Mary est un projet artistique autant qu’une aventure humaine qui se crée année après année à travers les joies et les réussites mais aussi les peines et son lot de difficultés. C’est donc avec une grande tristesse que nous vous annonçons le départ de Raph, qui, pour des raisons personnelles, ne souhaite plus continuer l’aventure. Nous lui sommes infiniment reconnaissants de tout ce qu’il aura apporté au groupe et de l’identité qu’il nous aura aidée à forger depuis son arrivée en 2016. Il restera toujours lié à la famille Seeds Of Mary d’une manière ou d’une autre. Kiki, c’est avec beaucoup d’émotion que nous te disons au-revoir et nous te souhaitons le meilleur pour la suite.
Quant à nous, nous sortons toujours plus forts et déterminés de ces moments difficiles. Nous vous annoncerons très bientôt la venue d’un nouveau membre au sein du groupe qui, soyons-en certain, saura reprendre le flambeau comme il se doit et apporter une nouvelle dynamique au groupe. »
Pour notre part, nous souhaitons bonne route aux Seeds comme à Raph, que nous avons eu le plaisir de rencontrer lors d'un concert à Antibes, et d'une manière plus virtuelle mais non moins sympathique sur les réseaux sociaux.
Seeds of mary michael tirat
SEEDS OF MARY par Michaël Tirat


Le guitariste et chanteur honorera les prochains concerts des Seeds, et vous pourrez l'applaudir à nouveau :

XANDRIA, The Wonders Still Awaiting (03/02/2023)

Le 30/01/2023

C'est assurément une nouvelle page de Xandria qui s'écrit avec cette frontwoman dont on n'a pas fini de parler.

Xandria est de retour !
Son nouvel album sera disponible le 03/02/2023 chez Napalm Records.
Son nom :

The Wonders Still Awaiting

Xandria artwork
Le groupe de métal symphonique fondé par l'Allemand Marco Heubaum en 1994 fait son come-back dans un line-up renouvelé à 80% !
Show potato, isn't it ? (oui, Ahasverus maîtrise l'anglais écrit et parlé)
Exit Gerit Lamm (batterie), exit Philip Restemeier (guitare), Steven Wussow (basse) et Dianne Van Giersberge (chant) ! Ils n'auront point démérité et laissent pour dernier témoignage l'excellent « Theater of Dimensions » (2017).
Que reste-t-il de nos amours ? Marco Heubaum bien sûr !
Et le son ! Ce son Xandria ! Ce son monstrueux !
Marque de fabrique déposée, qui s'affirme dès l'introduction de « Two Worlds ».
C'est qu'on ne fait pas dans la demi-mesure : un choeur de quarante musiciens, d'authentiques instruments celtiques, tournez violons, sonnez violoncelles...
N'empêche ! La tâche était lourde pour les nouveaux venus : Dimitrios Gatsios (batterie), Robert Klawonn (guitare),  Tim Schwarzn (basse). Et plus encore pour Ambre Vourvahis  (chant).
Xandria ambre
D'où vient-elle, d'ailleurs, Ambre ? Ma no lo so (et oui, Ahasverus écrit aussi en italien !). On lit qu'elle a commencé à chanter très tôt, fourbissant ses armes sur la pop et le jazz avant de s'orienter sur le métal, le chant classique et guttural...
A l'évidence, cette Franco-Grècque possède plus d'une corde à son arc vocal et n'a pas fini de nous envoyer ses flèches ! Son timbre éloigne Xandria des rives  nightwishiennes où  cabotait Dianne Van Giersberge, parfois très proche de Tarja Turunen.
Egalement impliquée dans l'écriture des lyrics (en  Anglais comme en Grec), Ambre Vourvahis propose un chant très polyvalent, que je compare sans hésitation à celui de Melissa Bonny (Ad Infinitum), et dans une moindre mesure à Jelena Dobric (Persona). Elle ouvre ainsi pour Xandria de nouvelles perspectives.
Ce qui n'empêche pas Ambre Vourvahis d'aller chercher des notes lyriques parfaites, et de les tenir avec l'expertise nécessaire.
En plus d'être un compositeur remarquable, Marco Heubaum est donc bien un maître en matière de casting.
Et Xandria de renaître...

Parlons maintenant des invités...
Le choeur d'enfants de la radio nationale bulgare amène une dimension orchestrale exceptionnelle. Le monde du Metal n'est pas totalement étranger à cette chorale qui inscrit du Queen à son répertoire. Vous l'entendrez dès « Two Worlds », le premier morceau, dans lequel Xandria s'interroge sur l'état de la branche sur laquelle nous sommes assis tout en nous éclairant sur la signification du titre de l'album « The Wonders Still Awaiting » :
« Nous avons  — peut-être encore  — le choix entre deux mondes. Une dystopie, si nous continuons sur cette voie en inversant le progrès de la civilisation et en détruisant l'environnement dans lequel nous vivons. Ou une utopie où nous pouvons voir les merveilles qui pourraient constituer l'avenir de l'humanité. Mais le pont entre ces mondes devient plus fragile à chaque seconde.
Musicalement, cette chanson épique et explosive de sept minutes vous emmène dans un voyage à travers la polarité des deux mondes, vous montrant les surprises, les trésors et la diversité que le nouvel album The Wonders Still Awaiting aura en réserve. Ce morceau est presque un petit film à lui seul, il combine du Metal à une énorme orchestration digne d'une bande originale de film, et au chœur d'enfants de la Radio Nationale bulgare, constitué de quarante musiciens. »

« The Wonders Still Awaiting » reste symphonique dans sa construction, et c'est le compositeur/arrangeur Luki Knoebl qui s'est occupé de sa partie orchestrale.  
Ally Storch de Subway to Sally amène ses violons et violoncelles.
Ralf Scheepers (Primal Fear) promène ses quatre octaves sur le morceau « You Will Never Be Our God ».

A propos de ce titre, Xandria expliquait :
« Cette chanson parle du danger dans lequel se trouve notre société ouverte, pluraliste et démocratique. De l'extérieur et de l'intérieur, des forces autoritaires essaient de faire appel aux mauvais instincts des gens pour exercer leur pouvoir sur eux. Il nous semblait autrefois que le monde deviendrait meilleur après la fin de la guerre froide. Les sociétés semblaient évoluer, se montrer plus ouvertes, plus tolérantes envers les minorités et la diversité, et la démocratie et la liberté semblaient s'ouvrir à plus de gens. Pourtant, le capitalisme, sa cupidité et son injustice restaient une grande question à laquelle nous devions nous attaquer, et encore trop de gens vivaient sans liberté et dans la pauvreté. Mais au lieu de s'améliorer, il semble que nous nous dirigions vers le pire au lieu d'aller vers plus de progrès. Nous devons nous dresser contre cela. Parce que notre liberté n'est plus garantie. Idéologie autoritaire/totalitaire, fondamentalisme religieux, anti-science, anti-faits, cupidité, fascisme, racisme, sexisme, homophobie - vous ne serez jamais notre dieu ! Ceci s'adresse à tous les peuples du monde - vous méritez tous de vivre en liberté, de vivre comme vous voulez vivre, de dire ce que vous voulez dire, dans le respect de la liberté des autres. »
Voici pour l'engagement, porté par une mélodie efficace. Et les pépites ne manquent pas sur cet album. A commencer par ce « The Wonders Still Awaiting » qui lui donne son titre.

Un son parfois presque pop (« My Curse Is My Redemption »), parfois très heavy (« Illusion Is Their Name »), parfois empreint d'un certain lyrisme (« Mirror Of Time »). Toujours beau et puissant, même quand il vous parle à l'oreille (« Scars »). Qui sait se faire épique (« Astèria ») et envoyer du bois côté mélodique (« Ghost »).
A propos de Ghost, justement, Xandria expliquait :
« Ghosts a en fait commencé comme une réminiscence du bon vieux death metal mélodique suédois et avec ce riff de guitare archétypique que vous entendez dès le début. Et puis nous l'avons intégré dans notre paysage sonore Xandria avec beaucoup d'ambiance de musique de film et de grands chœurs, parce que c'était excitant de mélanger ces éléments et d'en faire notre propre truc (nous avons quand même gardé le titre de travail "Swedish Fire" pendant longtemps...). C'est un bon exemple de la diversité du nouvel album et du nombre d'influences différentes que nous y mettons. »

Se voulant plus dur, plus sombre et plus épique, « The Wonders Still Awaiting » est remarquable à bien des égards : par le talent déployé dans le songwriting, par l'assurance du nouveau line-up qui n'a pas eu besoin de période d'observation, par le son fabuleux et les orchestrations efficaces.
C'est assurément une nouvelle page de Xandria qui s'écrit avec cette frontwoman dont on n'a pas fini de parler. Ce chapitre ne rend pas moins intéressants ses glorieux prédécesseurs, il est écrit avec le même talent mais a l'intelligence de nous faire une proposition différente. Vous n'en douterez pas à son écoute : Xandria n'a rien perdu de sa superbe et « The Wonders Still Awaiting » est un grand album de métal symphonique comme ce groupe sait en générer. A découvrir impérativement.


« The Wonders Still Awaiting » est disponible aux formats :

  • Coffret Deluxe (édition limitée)
  • Double vinyle marbré bleu et noir 
  • CD en boitier cristal 
  • Mediabook 2-CD
  • Format Digital

Xandria packaging

SKER : INSOMNIA (20/01/2023)

Le 30/01/2023

Insomnia est aussi puissant et changeant que nos états d'âme...

Groupe : SKER
Origine : Ivry Sur Seine (France)
EP : Insomnia (Sortie le 20 janvier 2023)
Genre : Rock Alternatif

Par Dam'Aël

Sker credit laura quach

LE GROUPE :

"ARRIVER" à décoiffer le brush le plus laqué tel est le défi réussi de SKER. Insomniaques ou pas, sortez de votre léthargie ou profitez de votre manque de sommeil pour cet éveil musical bien particulier.
Ils ne sont pas Danois, n'ont jamais pratiqué le domptage des sharks ( ne vous fiez pas à leur logo ). Ils sont Français et si le 49.3 en irrite beaucoup, le 9.4 sait façonner avec talent l'éveil musical d'un certain nombre. Résultat SKER en a pris l'essence depuis 2017, date à laquelle le quintet a fait ses premières armes sur les rives du Rock en Seine et autres scènes de la région parisienne. Originaire d'Ivry Sur Seine (94), SKER qui en danois signifie "arriver",  a profité d'un vide temporo-spatial (pandémie) pour façonner sa musique tout en partageant la passion commune de chacun de ses membres. Il est grand temps de vous présenter le line-up qui compose SKER ; Samantha Tavares Mosca est au chant, Rémi Boileau et Loup Voiffray sont aux guitares, Enzo De Zertucha sévit à la batterie en étroite complicité avec la bassiste Kassandra Plum. Le combo est épisodiquement complété sur certains morceaux par les choeurs de Philippe De Zertucha.

Line Up :
  • Samantha Tavares Mosca (Chant)
  • Remi Boileau (Guitare)
  • Loup Voiffray (Guitare)
  • Enzo De Zertucha (Batterie)
  • Kassandra Plum (Basse)
Le quintet puise son inspiration au sein de divers horizons très ancrés dans le Rock des années 90 comme  Rage Against The Machine, System Of A Down ou encore, Radiohead. et l'EMC, École de Cinéma & Audiovisuel, Son, Spectacle vivant, Animation 3D et Jeux vidéo sera un lieu princeps pour la réalisation de leurs projets. En décembre 2021, un premier opus de sept titres Wrecked Fishes voit le jour en numérique et version digipak, dont certaines des compositions avaient été façonnées avant la formation définitive de SKER.

L'EP : INSOMNIA

Sker insomnia
Passion rime souvent avec motivation et accélération. Après leur premier opus, SKER s'attèle à l'enregistrement d'autres compositions et mise sur un EP quatre titres. Pourquoi? Peut-être dans le but de faire tester à son public l'évolution que le combo a su mettre en avant sur ce deuxième méfait  ou simplement prendre la tendance actuelle des formats réduits. Petit SKER deviendra grand car Insomnia donne déjà un magnifique aperçu d'un certain "update" de créativité et de savoir-faire. Révision importante où folie, lyrique, construction atypique, évolution vocale ont dépoussiéré la perle tout juste sortie des fonds marins. 
 
Tracklist :
  • 1)  Hey Girl       
  • 2)  Parasite     
  • 3)  In The Void    
  • 4)  Feeling Sorry
 
1. Hey Girl :
En mode coup de g*** pour interpeller la gente féminine ; Samantha donne le ton pour scander les inégalités de genres et son sexisme. Une voix claire, aiguë, parfaitement maîtrisée sur ambiance rock groovy, qui sait s'envoler en mode lyrique tranchant et cinglant, s'armant d'un brin de folie qui ravit, sachant s'apaiser sur des envolées très cristallines.  L'aperçu que donne ce premier titre nous amène à certaines questions : qu'est ce qui nous attend sur les trois autres pistes?
 
2.  Parasite : 
Si le panel vocal de la chanteuse a une étendue qui ne laisse pas indifférent, le spectre instrumental l'est tout autant, coupant la ligne du téléphoné pour y connecter l'inattendu. Surprise me voilà ! La cohérence sied nonobstant à chaque mesure. Une parfaite maîtrise de l'équilibre, une mixologie des rythmes à déstabiliser l'IA qui en perdrait sans doute ses repères. Titre à l'humeur très animale et instinctive. La ligne de chant a un comportement d'adolescent en pleine opposition partant dans tous les sens ; elle prend le large et rebondit telle la balle d'un flipper s'engageant sur des trajectoires aux mille directions. Sacré travail de composition! Riffs, gimmicks, accélérations, repos, Parasite est un Ovni venu tout droit de la galaxie SKER.
 
3.  In The Void : 
Malgré une introduction en acoustique guitare/basse/batterie très douce, la voie de "In The Void" se dirige en mode plus sombre, peut-être même plus dépressif incitant à se pencher sur une introspection et une analyse des solutions à adopter qui parfois ne prennent absolument pas l'habit de la solution. La ligne vocale sait parfaitement exprimer la douleur et le cri d'un certain désespoir. Le vide qui parfois peut être sidéral, est savamment transcrit par les riffs syncopés de la guitare. L'univers de SKER s'ouvre à chacun des titres sur un horizon musical étonnant et détonnant, estampillant une réelle maturation de leur musique et une maturité qui prend place.
"In The Void  nous met dans la peau d’un être sans forme comme vidé de toute énergie. Un fantôme dans un espace vide et désorientant, un cercle infini, enfermé dans une succession de prisons mentale. Nous assistons, impuissants, à sa fuite en avant, rythmée par les apparitions d’une présence oppressante. Le clip aborde une facette complémentaire de ce que dépeignent les paroles de ce titre, comme une plongée imagée dans les angoisses d’une relation étouffante et d’un repli sur soi permanent."
Cette troisième piste est supportée par un clip animé (Crédits : Rémi) réalisé à l'EMC et proposé le 20 janvier lors de la sortie de l'opus.
 
4.  Feeling Sorry :
 Feeling Sorry s'annonce sur une basse/guitare au son légèrement saturé rejointes par une batterie plus qu'énervée, une ambiance propice à plaquer sa colère et la culpabilité souvent difficile à reconnaître. Le titre est à la fois brutal, sauvage s'articulant avec des plages plus douces. Le passage des 2'18 m'a rappelé des rythmiques à la Red Hot Chili Peppers notamment au niveau de la batterie. 
SKER sait allier les genres zappant du Rock au Punk, à la Pop, au Jazz et flirtant ouvertement avec la Fusion.
NRV Promotion : "Avec «  INSOMNIA  », SKER vous embarque dans un univers sombre et brutal, comme dans un rêve éveillé et éternel. Cet EP parle de la difficulté à trouver le sommeil, hanté.e.s par nos souvenirs, questionnements et angoisses qui nous empêchent d’avancer dans nos vies. Dans le disque, le groupe scande aussi quelques cris de rébellion notamment sur le titre ‘‘Hey Girl’’ qui parle des inégalités de genre et encourage la libération par la révolte".

NOTRE AVIS :

En effet, on ne peut échapper aux diverses émotions scandées et interprétées dans ce quatre titres. Insomnia est aussi puissant et changeant que nos états d'âme quand l'esprit est perturbé ; quelle qu'en soit la raison d'ailleurs. Chaque strate de l'album l'exprime avec efficacité, justesse, véhémence, coloré par d'énormes variations tant rythmiques que sonores. Le tout campe sur une maîtrise évidente et une  originalité certaine. Les changements de rythme et de ligne vocale sont pléthores et subtilement trouvés et travaillés. Une très belle découverte  qui nous invite à se laisser porter par l'idée d'une possible nouvelle évolution du quintet sur leur prochain album déjà en cours de réalisation. On vous attend de pieds fermes pour embarquer dans votre univers aux ramifications très inspirées. 
L'artwork de cette galette a été confié à Kass qui est aussi le bassiste de la formation. L'album est en auto-production. Vous trouverez les liens utiles pour compléter votre voyage ci-après :
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BAD TRIPES, La Vie La Pute (23/01/2023)

Le 30/01/2023

BAD TRIPES a toujours cette capacité de vous faire jumper sur le caniveau à l'évocation des destins les plus tragiques.

Un peu plus de cinq ans après l'horrifique « Les Contes de la Tripe », album qui fait date dans le shock-rock français, Bad Tripes revient avec un line-up modifié pour moitié.
Exit Kami (basse), partie fonder Cernunnos, Exit Siger (batterie). Ils laissent la basse à Sir Mac Bass et la batterie à Frame (remplacé désormais par José Jordisson) qui rejoignent sur cet album les fondateurs et principaux songwriters de la formation marseillaise : Seth (guitare) et Hikiko Mori (chant).
En trois albums commis entre 2010 et 2017, Bad Tripes aura imposé à la scène française son empreinte et son exceptionnelle  frontwoman, la bouillonnante, débordante et gouailleuse Hikiko Mori, mi-Arletty, mi-Catherine Ringer, véritable tornade scénique.
Bad tripes trilogie
Son empreinte plutôt que son style, dis-je.
Car le nouvel album, sans abandonner tout à fait le grand cirque qui abritait le précédent opus, marque une rupture sur quelques points.
La cover, d'abord. Car « La Vie La Pute », titre de ce quatrième long format, ne propose pas cette fois de variation autour de sa fantasque et photogénique frontwoman. Seth (guitare), assisté de l'infographiste Thierry Caucino qui s’est occupé du packaging, a travaillé l'artwork (quel talent !) en privilégiant une approche bande-dessinée et en illustrant chaque chanson d'un dessin inséré au livret.
Sur cette pochette, une jeune femme est assise, pour le moins insouciante, rêveuse, musique dans les oreilles, son espérance de vie réduite à quelques secondes. La vie la pute ne fait pas de cadeaux...
Bad tripes cover
Rupture visuelle toujours : Bad Tripes s'était illustré au travers d'une clipographie horrifique composée de véritables mini-métrages : « La Bouchère de Hanovre », « F*** Me Freddy », « Hansel ». Cette fois-ci il a choisi de lancer son album par une approche burlesque avec « La Madrague des Macchabées ».

C'est cette piste sautillante ouvre l'album, dynamique et festive.On retrouvera l'association plage et idées morbides sur un rythme cabaret-jazz avec « Jusqu'à La Lie ».
Rupture sonore enfin pour cette piste qui donne son nom à l'album : « La Vie La Pute ». Bad Tripes s'essaie au hip-hop mâtiné de quelques gros riffs. L'incartade sonne bien et Hikiko Mori est à son aise. Nous sommes curieux de savoir comment cette chanson sera perçue sur scène (Une indiscrétion nous assure que les nouveaux morceaux passent très bien en live).
Bad tripes la vie la pu te
Si nous prenons acte avec ce quatrième album de la naissance d'une nouvelle ère, Bad Tripes n'en renonce pas pour autant à ce qui a forgé son identité.
Ainsi après « Les Griffes de la nuit » (« F*** Me Freddy ») ou « Elephant Man » (« Dame Elephant  »), le cinéma reste-t-il — et peut-être plus que jamais — une référence omniprésente dans l'univers des Marseillais : on le retrouve dans la « Madrague », dont le titre et les paroles pastichent Bardot (« Sur la plage ensanglantée / Coquillages et macchabées »). On l'entend dans « Les Yeux Sans Visage », agressif, puissant et scénique, inspiré du film de Georges Franju, ou dans « Apocalypse Now » — cependant que ce morceau est sans relation avec le succès de Coppola puisqu'il porte un regard désabusé sur la crise sanitaire que nous venons de traverser : « Moi qui rêvais d'incendies, d'un déluge lors d'une éclipse / Comme elle est triste, l'apocalypse ! »
Cinéma encore avec cette station de métro baptisée « Pignon », sur la pochette de l'album, référence avouée au personnage récurent des comédies de Francis Veber (« L'Emmerdeur », « Les Fugitifs », « Le Dîner de Cons »).
Cinéma enfin avec le clin d'oeil à « L'Aventure C'est L'Aventure » qui clôt le tournage de « La Madrague des Macchabées ».
Et si Bad Tripes avait fait là son album le plus cinématographique ?
De même les annales (je ne suis pas sûr quant au choix du terme...) criminelles retrouvent-elles leur place dans l'inspiration d'Hikiko Mori. Après l'affaire du Dahlia Noir et celle de Fritz Haarmann évoquées dans « Les Contes de la Tripe » (« Elizabeth », « La Bouchère de Hanovre »), c'est au tour du tueur de vieilles dames Thierry Paulin d'ensanglanter nos sillons avec « Schlass et Paillettes » : «  Mes rêves de prince et de palaces / Valent bien plus que vos carcasses » estime le lugubre personnage.
Autre constante dans le mélange des guitares bien grosses (« Brûle-Moi Si Tu Peux »), et des samples. Il perpétue le passé des Marseillais.
Constante enfin l'acuité d'Hikiko Mori et sa culture de l'underground qui met en lumière ceux qu'on n'avait pas regardés : ici « Supermasochiste » rend hommage à Bob Flanagan, artiste américain dont l'art était contraint par la maladie ; là  « Afro Girl » évoque la rappeuse féministe Zelda Weinen, de son vrai nom  Maïa Izzo-Foulquier, artiste pluri-disciplinaire et activiste marseillaise , disparue en 2019 à l'âge de vingt-sept ans.
« La Vie La Pute » se termine par « Valya », conte musical tragique d'inspiration russe. La musique festive camoufle la gravité des textes comme un fond de teint sur les bleus  : « Tes yeux couleur glaçon fermés sous l'poids des coups / Je suis le roi des cons ; je ne sens plus ton pouls ».
Capable de se renouveler, Bad Tripes présente avec « La Vie La Pute » un album de transition sans dévier fondamentalement de son axe. Il apporte des  éléments inédits et marque ainsi une distance avec ses prédécesseurs. Il n'en oublie pas pour autant sa caractéristique fondamentale :  cette capacité à vous faire jumper sur le caniveau à l'évocation des destins les plus tragiques. Un véritable tour de force.