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TOKYO BLADE (heavy metal), Time is the Fire (17/01/2025)

Le 26/01/2025

Honorable mais trop long, « Time is the Fire » manque de relief et peine à maintenir l'attention.
Par Ahasverus

Tokyo bladeActif depuis 1982, le vétéran Tokyo Blade revient avec « Time is the Fire », un quatorzième album.
Le groupe est composé en grande partie de vieux briscards présents dans son histoire depuis les années 80. Seul le chanteur, Chris Gillen, n'est là « que » depuis la fin des années 2000.
En 2025, Tokyo Blade reste dans le heavy 80's pur et dur, un heavy qui n'est parfois pas sans rappeler ses premiers opus (« We Burn »). 
Un rock hard à la UFO pointe parfois son nez (« Soldier On », « The Six Hundred »).
Quelques morceaux se distinguent (« Feeding the Rat », « The 47 », « The Devil in You », « Written in Blood », « Don't Bleed Over Me »). Ils confèrent un certain intérêt à un album qui manque cependant de relief et qui peine à relancer l'attention sur la durée. Et de la durée, il y en a ! Trop ! Une heure et quatorze minutes !  C'est inadapté et préjudiciable pour un album de ce style, et le songwriting s'érode sur  la distance.
Eu égard à la longévité de la formation britannique, disons que cette nouvelle livraison de Tokyo Blade est honorable, mais sans être une franche réussite. Elle ne déchaînera pas les passions.
« Time is the Fire » est disponible depuis le 17/01/2025 via Cherry Red Records.

DRAGONKNIGHT (power metal mélodique), Legions (17/01/2025)

Le 26/01/2025

Le songwriting power mélodique proposé par les Finlandais fonctionne merveilleusement.
Par Ahasverus

Et un dragon de plus pour le power metal !
Ceux-ci sont Finlandais et bien mystérieux. Ils avancent masqués, au sens propre comme au figuré, sous le nom de Lort Gryphon, Lord Kharatos, Lord Solarius et Lord Othrakis.
Dragonknight par eva lingon ltd oy abDRAGONKNIGHT par Eva Lingon Ltd. Oy Ab.
Seul Lord Salo Khan (Visions and Dreams, Finnish Rhapsody), le chanteur, à l'instar de ce que pratiquait Ad Infinitum à ses débuts, a mis bas son masque.
L'album de la formation finlandaise s'appelle « Legions », il s'agit d'un onze titres de cinquante minutes.
Dragonknight« Legions » présente un aspect symphonique et cinématographique (« Ascendance - Through Sea and Fire », « Dead Kings in the Grave », « Return to Atlantis ») ou folklorique (« Defender of Dragons ») non négligeable, et le son parfaitement orchestré par Mikael Grönroos au Crownhook Studio (mixage) et par Svante Forsbäck au Chartmakers West (mastering) se rapproche (sans l'égaler) du perfectionnisme sonique d'un Winterage, même si les choeurs sont, ici, synthétiques.
Le songwriting power-métallique proposé par les Finlandais est abouti et fonctionne merveilleusement (« Pirates, Bloody Pirates! », « Defender of Dragons »).

La technique est au service de la mélodie et Salo Khan délivre une prestation vocale de très haute tenue. L'originalité n'est pas ce qu'on viendra chercher chez Dragonknight, mais le savoir-faire est avéré et l'inspiration bien présente. Les ingrédients sont là, arpèges comprises (« Astarte Rise »). La dynamique est suffisante pour faire de ce « Legions » un bon disque loin du pétard mouillé. Il est remarquable de niveau si l'on tient compte qu'il s'agit du premier album de cette formation. Le style est parfaitement maîtrisé, les compositions balancent bien.
Nous vous recommandons « Legions » sans aucune retenue. Il est disponible depuis le 17/01/2025 via Scarlet Records.

LETHAL X (heavy metal), 90 Tons of Thunder (17/01/205)

Le 26/01/2025

« 90 Tons of Thunder » aurait pu n'être qu'un album de heavy de plus, mais il tire son épingle du jeu.
Par Ahasverus
Nouveau venu sur la scène metal, Lethal X n'est pas totalement inconnu puisqu'il se compose de (ex-)membres de Racer X, Shadow Empire ou encore Michael Schenker Group.
Il commet en ce début d'année 2025 son premier album, « 90 Tons of Thunder ».
Lethal x 1Le nom du groupe et la pochette de l'album sont une référence évidente à Racer X et à son album de 1986 « Street Lethal ».
Racer xL'album propose des titres heavy de facture classique (« 90 Tons of Thunder », « Daredevil ») très ancrés dans les 80's, pouvant tout à la fois rappeler Judas Priest, Accept ou Mercyful Fate (« Sinister Minister », « Running Away From Freedom »).
Lethal X ne manque cependant pas de se démarquer, notamment par le choix des lignes vocales (« Fallen », « God, Guts, Faith and Glory ») qui peuvent même aller chercher leur inspiration dans la vague nu-metal des 90's (« Tormental »). Le chant est donc l'un des points saillants de la formation américaine, mais ce sont surtout ses leads inspirés, en mode twin guitars ou pas, qui constituent un atout sérieux, appuyés par une section rythmique solide que la production a su mettre en avant (« Tormental »).
Billy Sheehan (Mr Big) gratte sa basse sur l'instrumental « Chasing the Flaw » . 
Enfin, des titres comme « Dancing With Shadows » vous accrochent instantanément et devraient passer l'épreuve du temps.
Ainsi « 90 Tons of Thunder » aurait pu n'être qu'un album de heavy de plus, mais il tire son épingle du jeu.
Bien travaillé, d'un niveau technique indiscutable, parfait quant au son, il est marquant sans être révolutionnaire.
Il se distingue comme l'un des bonnes sorties metal de ce mois de janvier.
« 90 Tons of Thunder » est disponible depuis le 17/01/2025 via Metallic Blue Records

CHILDREN OF THE SÜN (rock psychédélique), Leaving Ground, Greet The End (10/01/2025)

Le 26/01/2025

Le retour des enfants du Flower Power
Par Ahasverus
Children of the sun band
Après « Flowers » (2019) et « Roots » (2022), Children of the Sün revient avec un troisième album intitulé « Leaving Ground, Greet The End ».
Le groupe de rock psychédélique n'a pas changé son fusil d'épaule et propose toujours une musique en droite ligne de la vague flower power qui marquait la transition des années 1960 et 1970. Ses références restent Jimi Hendrix, Joe Cocker, Janis Joplin et le festival de Woodstock.
La formation d'Arvika accorde une fois de plus beaucoup de soin à ses harmonies vocales, domaine dans lequel elle excelle (« Gateway », « Lilium »). 

Son rock, efficace est d'un rendu authentique et savoureux (« Sugar », « Starlighter », « Come With Us »).
Un peu moins perché que son compatriote MaidaVale, il privilégie l'efficacité à l'extravagance. 

L'album contient une cover de « Whole Lotta Love » (Led Zeppelin) à propos de laquelle Children of the Sün explique : 
« Reprendre une chanson aussi légendaire que Whole Lotta Love est pratiquement un crime contre le rock'n'roll. Mais nous n'avons pas pu résister : appelez cela un plaisir coupable ou tout simplement du courage ! Notre version de ce tube absolu est maintenant disponible, et nous y avons versé chaque once d'amour et tout un tas de riffs. »
Malgré sa brieveté (moins de trente minutes) « Leaving Ground, Greet The End » remplit son cahier des charges et il séduira les amateurs en se plaçant parmi les héritiers les plus fidèles du genre. Il est en tous cas à la hauteur des deux précédents opus.
« Leaving Ground, Greet The End » a été enregistré en 2024 dans un petit chalet de la province de Värmland, dans l'Ouest de la Suède. Emil Drougge (Spiral Skies) s'est occupé du mixage, Hans Olsson (Svenska Grammofonstudion) du mastering.
« Leaving Ground, Greet The End » est disponible depuis le 10/01/2025.
Children of the sun

TREMONTI - Retrospective et nouvel album

Le 14/01/2025

TREMONTI l'enfant chéri des critiques ?
On le dirait bien à la lecture des webzines français ! 

Dès 2010 le guitariste de Creed et d'Alter Bridge envisageait d'utiliser du matériel de composition qui ne convenait ni à l'un ni à l'autre de ses groupes. Deux ans après sortait « All I Was », le premier Tremonti. En 2025, avec une équipe presque inchangée, Tremonti fait l'unanimité avec son sixième album, « The End Will Show Us How ».
Retour sur six galettes de metal moderne...
Par Ahasverus
Tremonti


. All I Was - 2012
Line-up : Mark Tremonti (chant, guitare), Eric Friedman (guitare, basse, chant), Garrett Whitlock (batterie)
Pour son premier album en nom propre, Mark Tremonti bétonne sa production en faisant appel à Michael Baskette (Alter Bridge, Limp Bizkit) auquel il est toujours fidèle, et à Ted Jensen (Eagles, Green Day). Dès le premier titre le songwriting est intéressant, alternant riffs grunge (« Leave it Alone », « Brains ») et accélérations thrash (« So You're Afraid », « You Waste Your Time »). « All I Was » peut tout aussi bien évoquer Metallica (« Giving Up ») que Pearl Jam (« Proof »), tout en imposant une touche personnelle et unie. L'expérience parle, la réussite est certaine, y compris pour le chant que le frontman maîtrise parfaitement mais qu'il n'aura de cesse d'améliorer. Sombre et mélodique, « All I Was » prend place dans les charts autrichiens et néerlandais. Il entre dans le peloton de tête de divers classements US. Pari plus que réussi pour Tremonti.


. Cauterize - 2015
Tremonti 2Line-up : Mark Tremonti (chant, guitare), Eric Friedman (guitare, chant),  Wolfgang Van Halen (basse, chant), Garrett Whitlock (batterie)
Misant sur la même équipe de production et renforçant sa section rythmique par Wolfgang Van Halen, qui lui confère aussi un regain de visibilité, Tremonti accentue la partie thrash de sa musique (« Radical Change », « Cauterize », « Arm Yourself ») et affirme son chant (« Sympathy ») en priorisant les propositions mélodiques. La recette reste globalement la même que sur le fondamental « All I Was », saupoudrée de dissonnance grunge et doom (« Flying Monkeys », « Dark Trip », « Fall Again »). L'inspiration et le talent sont au rendez-vous.  « Cauterize » se classe trente-quatrième des charts autrichiens et néo-zélandais et vingt-troisième au Royaume-Uni.


. Dust - 2016
Line-up : Mark Tremonti (chant, guitare), Eric Friedman (guitare, chant),  Wolfgang Van Halen (basse, chant), Garrett Whitlock (batterie)
Livré un an après  « Cauterize »,  « Dust » est enregistré en 2014 et 2015, soit en même temps et dans les mêmes conditions que l'album précédent. Nombre de chroniqueurs souligneront le risque du pari artistique de Tremonti mais c'est pour mieux reconnaître que l'Américain s'en sort haut la main, avec de nouveaux titres puissants et mélodiques (« My Last Mistake », « Betray Me », « Catching Fire ») savamment tempérés par quelques power ballads que n'aurait pas dédaigné Myles Kennedy (« Unabble to See »). La critique souligne par ailleurs l'excellence du chant et du jeu de guitare du frontman. « Dust » se taillera de belles places dans les charts européens, avec en point d'orgue une seizième position au Royaume-Uni.


. A Dying Machine - 2018
Tremonti 4Line-up : Mark Tremonti (chant, guitare), Eric Friedman (guitare, basse, clavier, chant), Garrett Whitlock (batterie)
Ce quatrième long format (plus d'une heure dans sa version initiale !) est un concept-album accompagné d'un pendant littéraire écrit par Mark Tremonti et  par l'écrivain américain John Shirley, qui a notamment réalisé quelques lyrics pour Blue Öyster Cult. Il n'est donc pas étonnant que la musique, en restant attachée à ce que le groupe présentait jusqu'alors, puisse prendre un caractère progressif (« A Dying Machine », « Make it Hurt »). « A Dying Machine » voit Eric Friedman reprendre la basse après le départ de Wolfgang Van Halen. L'album obtiendra de bonnes places dans les charts européens, et plus encore dans les Billboards américains.


. Marching in Time - 2021
Line-up : Mark Tremonti (chant, guitare), Eric Friedman (guitare, basse, clavier, chant), Tanner Keegan (basse, chant), Ryan Bennett (batterie)
Plutôt fidèle aux équipes avec lesquelles il travaille, Mark Tremonti fait appel pour la première fois à Brad Blackwood (Maroon 5, Black Eyed Peas) au mastering à la place de Ted Jensen. Pour ce nouveau pavé de cinquante-huit minutes, Ryan Bennet remplace Garrett Whitlock, parti rejoindre Wolfgang Van Halen, derrière les fûts du Mammoth WVH. Tremonti, de son côté, fusionne dans son metal moderne des riffs sombres (« A World Away », « Would You Kill ») et des mélodies omniprésentes (« Now And Forever », « Thrown Further », « The Last One Of Us », « Under the Sun » ). Le résultat est efficace, le panorama varié. L'album est bien accueilli, le Royaume-Uni lui octroyant même la première place de l'OCC (The Official UK Charts Company Limited) dans la catégorie rock et metal.


. The End Will Show Us How - 10/01/2025
Line-up : Mark Tremonti (chant, guitare), Eric Friedman (guitare, basse, clavier, chant), Tanner Keegan (basse, chant), Ryan Bennett (batterie)
Tremontii the endAprès l'incartade « Mark Tremonti Sings Frank Sinatra » (2022) qui en dit long sur la confiance que le musicien a pris dans sa voix et sur ses progrès, Tremonti revient début 2025 avec un douze pistes. A de rares exceptions près (« I'll Take My Chances »), « The End Will Show Us How » est beaucoup plus posé que les premières propositions du groupe, qui ne s'emballe plus dans les rythmiques thrash de ses débuts pour privilégier le mid-tempo. Il peut fugitivement rappeler le prog de Vola (« The Mother, The Earth and I ») ou le metal alternatif de groupes tels que Malemort et Molybaron  (« The Bottom »).

Plus accessible que dans le concept-album qu'il sortait en 2021, Tremonti s'est éloigné de ses influences premières pour atteindre une maturité maximale et un son personnel séduisant (« All The Wicked Things »). Puissant et moins nerveux qu'à l'accoutumée, il continue d'avancer, et son allure lui permet d'autant mieux de faire le coup de feu avec précision qu'elle est modérée (« Just Too Much », « Nails »). 

L'expertise place désormais Tremonti en première ligne des formations qui comptent dans le metal international. Enfant chéri que les critiques placent sur le même piédestal qu'Alter Bridge et Creed, les autres projets de son admirable leader, Tremonti-le-groupe fait l'unanimité dans la presse française spécialisée. Son album témoigne d'un savoir-faire et d'une musicalité avérés ; son excellence devrait emporter vos suffrages.


Albums conseillés : 

  • All I Was (2012)
  • Dust (2016)
  • The End Will Show Us How (2025)
    Tremonti discographie

Le TOP10 2024 d'Ahasverus

Le 09/01/2025

N° 1 : CHARLOTTE WESSELS, « The Obsession »
Charlotte wessels cover
A la fois Metal, Symphonique, Pop, Gospel, Gothique, « The Obsession » garde la puissance en fil rouge et témoigne de l'immense talent de Charlotte Wessels qui brille de mille feux. Elle remporte la première place de notre podium sans qu'il soit besoin du photo finish. Délicate, puissante, sensible, songwriter/interprète et cheffe de projet accomplie, la Néerlandaise impose son esthétique et signe une sortie majeure de cette année 2024 et bien au-delà.

N° 2 : BLOODORN, « Let the Fury Rise »
Bloodorn 1
Sortant de ses tiroirs des compositions initiées voici une dizaine d'années, Nils Courbaron, (Sirenia, Dropdead Chaos), a réuni autour de lui le chanteur Mike Livas (Silent Winter), le bassiste Francesco Saverio Ferraro (Freedom Call) et le batteur Michael Brush (Sirenia). La virtuosité est à tous les étages et le titre de ce debut album de power metal n'est pas usurpé.

N° 3 : VOLA, « Friend of a Phantom »
Vola 1
« Friend of a Phantom » est un savant mélange de sensibilité et de puissance, porté par la voix d'Asger Mygind qui n'a jamais été si bien mise en valeur, soutenu par des riffs djent percutants et par la batterie virevoltante du papillon Adam Janzi.

N° 4 : LEAVE'S EYES, « Myths of Fate »
Leave s eyes myths of fate
Elina Siirala tire incontestablement son épingle du jeu d'un songwriting taillé sur mesure sur lequel elle pose, de son propre aveu, les meilleures parties vocales de sa discographie.

N° 5 : ROYAL REPUBLIC, « Lovecop »
Royal republic
« Lovecop » et son Disco Metal consacrent l'entente cordiale de la boule à facettes et de la veste à patches.

N° 6 : WISBORG, « Wisborg »
Wisborg
Après trois albums de compositions et un album de remixes, Wisborg revient avec un opus éponyme qui abandonne le chant en Anglais au profit de l'Allemand. Ténébreux et séduisant, il transpose dans son Metal le dandysme d'un Roxy Music et la froide sensualité d'un Depeche Mode.

N° 7 : SILENT WINTER, « Utopia »
Silent winter utopia
Devant cet enchaînement d'hymnes de power metal, on pense à Manowar, à Helloween, à Iron Maiden, et plus encore au génie de Tobias Sammet (Avantasia, Edguy), car Kiriakos Balanos est en veine d'inspiration et il sert ses camarades chevronnés (dont Mike Livas, qui classe deux albums dans notre Top10 !) sur un plateau d'argent. 

N ° 8 : VELVETEEN QUEEN, « Consequence of the City » 
Velveteen queen
Ce debut album suédois serait un succès planétaire si, à la place d'un « Chinese Democracy », il était signé Guns N' Roses.

N° 9 : DEEP PURPLE,  « =1 »
7 juillet
Faisant partie des grands dinosaures présents dans cette année 2024, Deep Purple se fait plus direct que jadis et le chant de Ian Gillan ne saurait venir à bout aujourd'hui de la verticalité d'un « Child In Time ». « =1 » n'a pas convaincu l'unanimité des chroniqueurs, pourtant il frétille, propose de bons relais guitare/clavier, et son rock groovy n'a pratiquement pas quitté  notre lecteur depuis sa sortie. Sa place dans notre Top10 est pleinement justifiée.

N° 10 : LAST TEMPTATION, « Heart Starter » 
Last temptation heart starterUn retour hard 80's très convaincant. Et si Loup Malevil avait amené la bouffée d'air frais qui manquait à la discographie de Last Temptation ?

SILENT WINTER (power mélodique) - Rétrospective

Le 25/12/2024

SILENT WINTER est une formation grecque fondée en 1995 par Kiriakos Balanos (guitares, claviers) qui est son principal songwriter. Après deux demos, elle prend son essor en 2018 avec l'arrivée du chanteur Mike Livas (qui officie notamment au sein de Bloodorn, le nouveau projet de Nils Courbaron). Un EP voit le jour, puis trois albums, dont le dernier, « Utopia », sort en novembre 2024.
Voici un point sur cette discographie.

Par Ahasverus
Silent winter
SILENT WINTER (line-up 2024)

  • THE WAR IS HERE - EP / 2018
    Line-Up : Mike Livas (chant), Kiriakos Balanos (guitare), Themis Karvelis (guitare), Giorgos Loukakis (basse), John Antonopoulos (batterie), Achilles A (claviers)

    Kiriakos Balanos (guitare) compose les cinq morceaux de cette carte de visite à l'univers voisin de Gamma Ray (« The War Is Here ») et de Helloween (« Far Away »). Osant des plages grandiloquentes à la Manowar (« Remember ») et une pochette à la Edguy période « Theater of Salvation », Silent Winter n'a pas encore rendez-vous avec le son. Le songwriting est en dents de scie, mais « The War Is Here » impose  quelques moments percutant qui promettent de beaux horizons qui ne manqueront pas de se matérialiser.
    Silent winger war is here
  • THE CIRCLES OF HELL - 2019
    Line-Up : Mike Livas (chant), Kiriakos Balanos (guitare), Vangelis Papadimitriou (guitare), Giorgos Loukakis (basse), John Antonopoulos (batterie), Yiannis Manopoulos (claviers)

    Le premier long format de la formation grecque sort en 2019. Les titres de power mélodique composés pour l'essentiel par Kiriakos Balanos (guitare) sont de bonne facture et montrent les qualités des musiciens. Au chant, Mike Livas se permet une belle amplitude et d'intéressantes variations (« Warriors of the Sun »,  ). Si les références restent Helloween, Gamma Ray et Edguy (« Your Time Has Come ») ou encore Avantasia avec le concours de la chanteuse serbe Dragica Maletic (« Silent Cry »), Silent Winter mérite sa place sur la scène internationale. Sans crier au génie,  il propose de belles mélodies (« Final Storm ») un poil plus speed et modernes que celles de ses aînés (« Infernum », « Soul Reaper », « The Circles of Hell ») et parfois saupoudrées d'une pincée de heavy progressif (« Keeper of the Light »). La production de ce premier album est prise en charge par le claviériste Yiannis Manopoulos. L'artwork est l'oeuvre de l'illustrateur brésilien Romulo Dias.
    Silent winter circles of hell
  • EMPIRE OF SINS - 2020
    Line-Up : Mike Livas (chant), Kiriakos Balanos (guitare), Vangelis Papadimitriou (guitare), Vangelis Tsekouras (basse), John Antonopoulos (batterie)
    « Empire of Sins » sort en 2020 sur le label Pride & Joy Music (Hartmann, Lazarus Dream, Beneath My Sins). Après un début poussif (« Gates of Fire »), Silent Winter redresse la barre et parvient à proposer une suite de bons titres (« Wings of Destiny », « Dragons Dance ») aux mélodies immédiates (« Mirror », « Hunter's Oath ») qui tiennent d'un power mélodique rapide et aguicheur. D'autres pistes (« Shout », « Empire of Sins », « Where the River Flows ») ont des structures heavy plus classiques. Oublions sa première piste ratée : ce second album de Silent Winter est une réussite dans un parcours discographique qui va crescendo.
      
  • UTOPIA - 2024
    Line-Up : Mike Livas (chant), Kiriakos Balanos (guitare), Vangelis Papadimitriou (guitare), Vangelis Tsekouras (basse), John Antonopoulos (batterie), Maria Mosxeta (claviers)
    Troisième long format de Silent Winter, « Utopia » est l'oeuvre du même line-up que « Empire of Sins ». Enfin presque, car le groupe grec a confié ses claviers à sa compatriote Maria Mosxeta (One Step From The Edge). Les neuf compositions, qui courent entre 4:33 et 6:45, sont toutes l'oeuvre de Kiriakos Balanos, qui signe aussi l'artwork. 
    Silent winter utopiaKiriakos Balanos propose un songwriting homogène et particulièrement réussi. « We Burn The Future », « Hellstorm », « Hands Held High »,  « Reborn », « Heart Is A Lonely Hunter » et « Reign of the Tyrant  » ont un potentiel de single.

    On pense à Manowar, à Helloween, à Iron Maiden, et plus encore au compositeur de génie Tobias Sammet, car Kiriakos Balanos est en veine d'inspiration et sert ses camarades chevronnés sur un plateau d'argent. Sans vraiment changer de recette, mais avec réussite, les Grecs ont donc conduit leur troisième album de main de maître. Gorgé de bonnes mélodies, « Utopia » constitue un bond en avant dans la discographie de Silent Winter qui signe là son meilleur album. 

    « Utopia » est disponible depuis le 22/11/2024 via le label grec No Remorse Records.

MYSTERY BLUE - Rétrospective

Le 23/12/2024

MYSTERY BLUE est originaire de Strasbourg. Le groupe aura deux vies : une première dans les années 80, avec deux albums suivis par un split dû à des tensions internes ; une renaissance survient une dizaine d'années plus tard, avec une frontwoman à la voix atypique qui donnera au groupe une personnalité marquée.
A l'occasion de la sortie le 06/12/2024 de « Night Demon », le nouveau long format des heavy-thrashers alsaciens, nous vous proposons une rétrospective de leur discographie studio forte de neuf albums.

Par Ahasverus
Mystery blue discographie

. MYSTERY BLUE - 1984
Le premier album de Mystery Blue propose un hard/heavy bluesy plutôt bien fichu. Bien qu'il s'agisse d'un debut album, on sent déjà la maturité dans les compositions. La voix de Michel Torres tient la route malgré qu'on peut entr'apercevoir ses limites. Le jeu de la lead n'est pas sans intérêt. « Mystery Blue » est un album honnête dont les compositions sonnent globalement pas mal, surtout au regard des productions de l'époque qui ne brillaient pas toujours par leur professionnalisme. L'album est sorti sur le jeune label Axe Killer Records, qui accueillera par la suite XYZ, Sortilège, Shakin' Street et Nashville Pussy.

. CIRCLE OF SHAME - 1989
Pour « Circle of Shame », Mystery Blue amorce son album avec le très sûr « Heavy and Loud ». Pourtant proche des années 90 chronologiquement, la galette concède parfois un pas en arrière avec des morceaux à la Kiss (notez le maquillage à la Peter Criss de la pochette) tel que « Do it Good ». Toujours intéressant mais plus éparpillé, « Circle of Shame » sonne le glas de Mystery Blue dans sa formation initiale.
Mystery blue circle of shame. SPIRIT OF YOUR SONG - 1998
En 1998, Mystery Blue a fait peau neuve et il affiche sa différence avec une structure inhabituelle dès le premier morceau. L'arrivée de Nathalie Geyer marque un pas décisif et salutaire, et son chant caractéristique ne cessera d'imprimer au groupe sa forte personnalité. Si la production reste à améliorer, la créativité et l'originalité (« Spirit of your Song », « Cats ») pointent leur nez et emmènent Mystery Blue très loin de ses bases (« Nature's in Love »). La formation n'a pas encore arrêté sa formule, mais elle démontre une volonté inextinguible de se démarquer de ses premières productions et de ses concurrents d'une manière générale.

. METAL SLAVES - 2003
« Metal Slaves » pose les bases du Mystery Blue moderne. Un long préambule tribal au didjeridoo précède des titres heavy à la Judas Priest (« Slave to Blood », « Roller Coaster Ride »). Les riffs sont solides, et la prise de risques reste bien gérée. Les arrangements ne manquent pas d'originalité (« S.T.A.G.E »). Le groupe strasbourgeois a trouvé sa recette heavy thrash nerveuse et originale. Il ne cessera de l'améliorer.
Mystery blue metal slaves. CLAWS OF STEEL - 2006
« Metal Slaves » commençait par un son de didjeridoo ; la musique classique introduit « Claws of Steel ». Mozart est rapidement interrompu par un riff tranchant au contraste saisissant. Il faut au passage saluer la performance lyrique de Nathalie Geyer, qui dévoille un époustouflant talent de soprano colorature en reprenant l'air de la Reine de la Nuit sur la piste introductive. On s'étonne que cet atout n'ait jamais plus été exploité pour Mystery Blue car la frontwoman fait montre d'une disposition peu commune qui doit être mise en lumière, nombre de chanteuses de groupes de metal symphonique n'étant pas en mesure de réaliser une telle performance. Pour en revenir à l'album, le songwriting de « Claws of Steel » propose des titres nerveux et rapides (« Shades of Death », « Psycho City », Queen of the Damned ») et le heavy de Mistery Blue n'est pas sans rappeler le Judas Priest des 90's même dans ses titres lents (« Destructive Instinct »), ou celui d'Accept dans une moindre mesure. Le chant marqué confère cependant à la galette une singularité remarquable. A noter que Mistery Blue est alors l'un des rares groupes français signés sur le label belge Mausoleum Records, qui héberge Cinderella, L. A. Guns et Anvil.

. HELL & FURY - 2010
« Hell & Fury » est enregistré selon les mêmes modalités que « Claws of Steel ». Restant dans le registre Judas Priest/Accept, il frise parfois la musique extrême mais ses accélérations lui prêtent une atmosphère brouillonne (« Hell & Fury », « Endangering Species »). Si le songwriting se montre audacieux, Mistery Blue ne parvient pas à nous captiver cette fois-ci et son essai ne nous semble pas transformé.

. CONQUER THE WORLD - 2012
Renonçant aux plages introductives, « Conquer the World » entre dans  le vif du sujet dès le morceau éponyme. La prise de voix est mieux travaillée et donne du relief à certains titres ( « Ticket to Hell », « Conquer the World »).

Les choix de la batterie fracturent volontiers la ligne mélodique et peuvent déconcerter (« Innocent Crime », « Behind Those Walls »). Andreas Babuschkin (Paragon) invité sur le morceau « Running With the Pack », se contente de soutenir Nathalie Geyer alors qu'il aurait mérité de partager plus longuement le chant lead. Ces quelques remarques font de ce septième album un opus en demi-teinte malgré l'originalité du chant et des choix mélodiques (« Keep On Dreaming »). Quelques morceaux bien balancés et beaucoup de bonnes guitares maintiennent l'esquif qui navigue cette fois dans le sillage d'Accept (« Ticket to Hell », « Road of Despair »). S'il n'est pas parmi les meilleurs albums du groupe, « Conquer the World » à le mérite d'être arrivé là par ses propres voies. Un morceau aux lyrics en Français termine cet album enregistré et mixé à Francfort par Uwe Lulis (Accept, Grave Digger).
Mystery blue conquer the world.  8RED - 2016
Après l'escapade scénique « Live... Made In Europe » (2016), Mistery Blue retourne en studio pour un huitième album. Vince Koehler (batterie) s'occupe du son et Mystery Blue n'a jamais sonné aussi bien. Vince réalise également la pochette de l'album. Malgré quelques morceaux rapides (« Vikings of Modern Times », « Beast Within »), « 8Red » est plus sage que les deux albums précédents. Mistery Blue garde cependant son originalité, confer le chant de Nathalie Geyer qui ne doute de rien et quelques arrangements inattendus (« Throwaway Society », « Final Flight »).

. NIGHT DEMON - 2024
Line-Up : Nathalie Geyer : chant / Frenzy Philippon : guitare / Erik Lothaire : guitare / Julien Weibel : basse Vince Koehler : batterie

Mystery blue night demonLivré dans un artwork du dessinateur/illustrateur Jean Linnhoff, ce neuvième album studio permet aux Strasbourgeois de faire une entrée fracassante avec « End of the World », un titre heavy aux nombreux changements d'atmosphère. Le chant de Nathalie Geyer prend juste ce qu'il faut de risques pour interpeller. La rythmique heavy et les choeurs masculins à l'Allemande, ainsi que les interventions d'une lead concise et mélodique, assurent une musicalité omniprésente. L'album est en place, de la composition à l'interprétation, et la production du batteur Vince Koehler tient la route. « End of the World », « Human Again », « Where Metal Rules », avec leurs ruptures et leurs accélérations, proposent un heavy thrash  intense, tandis que Mystery Blue garde le pied sûr jusque dans le mid-tempo (« Night Demon », « Rebel at Heart »). 

« Pandemic Metal Virus » lorgne vers Judas Priest tandis que  « Undertakers » (avec Andreas Babuschkin du groupe Paragon) chemine vers Accept à qui le groupe rend hommage en reprenant « Restless & Wild ». Pour « Night Demon » les Alsaciens ont choisi la sobriété, mais Mystery Blue reste Mystery Blue et son metal loin de tout formatage reste fortement typé. « Night Demon » est une monture puissante et toujours sauvage dont le bronc riding est maîtrisé par des musiciens qui restent en selle pour l'une des plus complètes réussites de leur parcours.  S'il a des aspérités qui le couperont de certains auditeurs, « Night Demon » sort incontestablement du lot, et sa fraîcheur laisse présager que ceux qui l'aiment aujourd'hui le réécouteront avec le même plaisir dans longtemps, car il a les épaules et la classe naturelle d'un album culte.

« Night Demon » est disponible depuis le 06/12/2024.
Tracklist :
01. End Of The World
02. Colours Of Life
03. Burning Souls
04. Night Demon
05. Human Again
06. Pandemic Metal Virus
07. Rebel At Heart
08. Undertakers (feat. Andreas « Buschi » Babuschkin)
09. Skulls From Hell
10. Where Metal Rules
11. Wild Fire
12. Forever Hand In Hand
13. Restless And Wild (cover Accept)
Durée totale : 50mn env.