AXEL BAUER - Rétrospective 1987/2026

Le 08/02/2026

Il s'est inscrit dans la grande histoire de la musique française dès 1984 avec le titre « Cargo ». Quarante-deux ans après il sort son huitième album, « Grand 8 ». L'occasion pour nous de revisiter les huit albums studios qui ont parsemé la carrière d'Axel Bauer.

  1. Les Nouveaux Seigneurs (1987) : « Les Nouveaux Seigneurs » fleure la fin de la new-wave et des années 80, avec un son très typé, légèrement clair et daté. Les mélodies n'ont pas à rougir et une certaine personnalité s'affiche déjà dans la tracklist éclectique, de l'hispano « Jessy » à l'ambiance asiatique des « Nouveaux Seigneurs ». S'il n'a pas la maturité des albums qui suivront, ce premier disque jette néanmoins les bases du parcours artistique qui  reste à définir. A noter une reprise du « Sex Machine » de James Brown.
    Axel bauer les nouveaux seigneurs
  2. Sentinelles (1990) : Plus sombre et plus rock, « Sentinelles » avance riffs en avant (« Révolution », « Le Grand Soleil »), comme en atteste le hit « Eteins la lumière ». Des morceaux tels que « Au Dessus des Villes » n'ont pas perdu leur efficacité, et le son de cet album qui ouvre les années 90 conserve sa force de frappe jusqu'à aujourd'hui. 
  3. Simple Mortel (1998) : Après huit ans de pause, Axel Bauer referme la page 90's  avec des sonorités étranges (« 00 Zen») qui se tordent (« A Contre Sens », « Angel »). Le chant se fait zeppelinien (« Simple d'Esprit ») tandis qu'Axel Bauer propose son album le plus aventureux et nous entraîne à l'aveugle sur des pistes sombres et exotiques.  Un travail intéressant. 
  4. Personne N'Est Parfait (2000) : Moins exploratoire et un peu trop homogène sur sa première partie, « Personne N'Est Parfait » gagne en qualité sur la durée. Cet album sombre au chant harmonieux et aux riffs rock très présents s'enrobe de suffisamment de matière pop pour être radiophonique. La setlist est de qualité et on note parmi les  réussistes (« 2000 Raisons ») le titre « A Ma Place » que le Parisien partage avec Zazie.
  5. Bad Cowboy (2006) : L'univers d'Axel Bauer est désormais bien rôdé, et « Bad Cowboys » remplit son cahier des charges les yeux fermés. Le travail d'écriture et de composition a l'efficacité d'un Pascal Obispo (« Si Je Pouvais », « Ma Liberté ») ou d'un Noir Désir (« Tu Me Tues »).

    Axel Bauer chante très bien, joue très bien (les « Jam » en attestent), appuyé par des choeurs et une production très en place. « Bad Cowboys » est un bon album, quoiqu'un peu trop rempli et sans titre-leader qui sait nous retenir vraiment. Mais une tracklist bien travaillée rend cornélien l'exercice de retirer quoi que ce soit à un album aux indéniables qualités.
  6. Peaux de Serpent (2013) : En ouvrant par  « Souviens-Toi » avec une prise de son distante, Axel Bauer s'approche de l'univers hypnotique de Gérard Manset, tandis que la filiation avec Alain Bashung est évidente sur  « Aveugle » et  « Je Fais De Mon Corps ». Enfin , l'ombre de Serge Gainsbourg vient planer sur  « L'Enfer ». Tout cela est trop évident pour n'être que le fruit du hasard. Caméléon, « Peaux de Serpent » s'éloigne de ses aînés le temps d'un titre avec Jean-Louis Aubert,  puis brise les codes rythmiques habituels avec « La Chasse A L'Instant ». Un album à l'effet parchwork.
  7. Radio Londres (2022) :  « Radio Londres » s'ouvre sur le titre éponyme qui rend hommage à Franck Bauer, le père d'Axel, qui prononça 517 fois la phrase historique « Ici Londres, les Français parlent aux Français » sur la radio britannique. 

    Plus loin, le chanteur propose une reprise d'Aragon/Léo Ferré (« Est-ce Ainsi Que Les Hommes Vivent ? ») et une autre de Gérard Manset (« A Qui N'A Pas Aimé »). La façon de plaquer les textes de ce dernier ne semble d'ailleurs pas si éloignée d'une saillie comme « Tout L'Or du Monde » et de quelques autres morceaux. Dans son ensemble, « Radio Londres » est plus posé que ses prédécesseurs. Plus apaisé, d'une maturité totale, il place Axel Bauer au sommet du rock français, contribuant à tresser la couronne de lauriers d'un artiste désormais incontournable qui livre ici l'une de ses productions les plus abouties.
  8. Grand 8 (2026) : Il fallait un grand album pour succéder à « Radio Londres » ; c'est chose faite ! « Grand 8 » est la réponse rock à son prédécesseur de 2022. Plus incisif, plus sombre, il vous harcèle avec « L'Enfant Prodigue », donne l'assaut avec « Merde à la Mer », sur lequel Brigitte Fontaine a fait des merveilles qui fonctionnent à chaque fois.

     Le nouvel album se tient sur des chemins balisés par quatre décennies de carrière, mais il exploite son parcours avec talent. Axel Bauer livre ce qu'il a à dire d'une écriture fine, mathématique, parfois, comme celle de Gérard Manset (« S'En Aller Tout Quitter », « Quel Incendie », « Il Pleure Dans Mon Coeur »). Les rythmiques déployées sont particulièrement efficaces pour porter  de belles lignes de guitares (« La Vie Comme Une Rivière », « Freedom »). La production et les arrangements font sonner ce « Grand 8 » comme il convient. Si des titres servent de locomotive et marquent les esprits (« L'Enfant Prodigue », « Merde A La Mer », « Escalator »), il n'y a aucun titre faible. En quarante ans de carrière, Axel Bauer a balisé son chemin sans se perdre. Il sait donc plus que jamais où il va et il nous propose, pour ouvrir cette année 2026, un album de rock qu'on aura tort de contourner car il est aussi l'un des sommets de sa discographie.
    Axel bauer

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