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MASS HYSTERIA (metal indus), Tenace - Pt. 1 (26/05/2023)
Le 01/06/2023
Souvent suivi mais inégalé, Mass Hysteria est au sommet de sa forme.
Par Ahasverus
D'abord le son est ENÖRME !
Il faut saluer Fred Duquesne (Ultra Vomit, No One Is Innocent) qui a réalisé un travail impressionnant aux Studios ICP et a permis d'accompagner l'effet de cette nouvelle baffe magistrale que signe Mass Hysteria :
« Tenace - Pt. 1 »

Son efficacité met une énergie rare jusque dans les morceaux les plus lents, sans que la puissance ne s'exprime jamais au détriment des arrangements.
« Allégorie dans la Brume » arrive comme une déferlante qui confirme la submersion.
Mass Hysteria livre son opus avec ce qu'il a de mieux : un rouleau compresseur métallique, opressant même quand il marque le pas (« Mass Veritas »).
L'ensemble est véhiculé dans un Français engagé qui sonne impeccablement juste sous la plume de Mous, et qui devient vindicatif lorsqu'il l'expectore.
Le groupe n'a rien perdu de ce qui le caractérise : rythmiques indus puissantes, paroles qui vous percutent en frontal. Il mérite deux sortes d'écoutes : l'une pour la musique ravageuse, l'autre pour ces textes extrêmement marqués. Lyric video de rigueur !
« Putain d'écran de télévision / Putain de glace sans tain dans le salon ! »
Le talent du bonhomme est incontestable. C'est ce qui rend Mass Hysteria unique, ce qui lui fait mériter sa place dans Le Gros 4.
Ce talent est porté par la hargne d'une équipe qui ne lâche rien, jamais. Des mastodontes.
Les Frenchies ont, en conclusion de cette galette énergétique, l'idée incongrue d'associer la chanteuse réaliste des années 30 au destin tragique, Fréhel, que Gainsbourg rencontra enfant, à leur univers. On adhère d'autant plus que c'est pleinement réussi !
L'opus court sur seulement vingt-sept minutes. Sa brièveté renforce sa puissance d'autant. C'est que, déchaîné comme un orage après le 15 août, « Tenace - Pt. 1 » est juste parfait.
Souvent suivi, toujours inégalé, Mass Hysteria est au sommet de sa forme, et son nouvel album est un uppercut prompt à vous envoyer au tapis.
Disponible chez Verycord, « Tenace - Pt. 1 » vous attend aux formats suivants :
- CD Digipack, inséré dans un étui qui pemettra d’accueillir le CD Digipack de TENACE – Part 2
- Gatefold vinyle marbré blanc et rouge – Edition limitée
- Gatefold vinyle noir
Mass Hysteria a choisi de délivrer ce « Tenace » en deux parties. « Tenace Pt. 2 » sortira le 27 /10/2023. Le meilleur pour bientôt ?
TYGERS OF PAN TANG (heavy metal), Bloodlines (05/05/2023)
Le 01/06/2023
« Bloodlines » alterne la réussite et l'anecdote, même s'il reste agréable sur la durée et donne envie d'y retourner, car le bon et le passable ont été heureusement répartis sur la galette.
Par Ahasverus.
Les plus anciens de nos lecteurs écraseront une larmiche au coin de l'oeil en se souvenant des premiers albums de Tygers Of Pan Tang. Citons-en deux : « Spellbound » et « The Cage ».

Ils constellaient le ciel de nos années 80, juste avant que ces piliers de la NWOBHM ne se délitent et que ce qu'il en reste ne cède totalement aux sirènes de la FM, se compromettant définitivement avec « Burning in the Shade », un désert artistique fatal, un écueil dont il ne reste pas grand chose à sauver... Tygers of Pan Tang jetait l'éponge après cet album insipide.
Ce n'est qu'au début des années 2000 que Rob Weir (guitare), ayant fini sa pénitence, décidait de raviver la flamme. Il reste le seul membre légitime au sein d'un line-up souvent remanié, mais certes pas manchot.
Pour compagnons de route : Craig Ellis (batterie) et Jacopo Meille (chant), depuis les années 2000 ; Francesco Marras (guitare) et Huw Holding (basse) rejoignent pour ce nouvel album, septième depuis la résurrection du félin britannique.
Le millésime 2023 a pour nom :
« BLOODLINES »

Un album qui commence plutôt bien, avec « Edge Of The Wolrd », un titre dynamique et séduisant, assez raccord à cette pochette qui voit notre Tigre prendre un bon bain de sang.
Si d'autres titres parviennent à garder le niveau, (« Fire On The Horizon », les zeppelinesques « Kiss The Sky » et « Believe », sur lequel les Robb ressort la talk box du grenier — que celui qui n'a jamais fredonné « Letter From LA » lui jette la première pierre), le soufflé connaît sur sa durée quelques rafraîchissements amenés par des morceaux tièdes, même si les guitares lead ne déméritent jamais.
Le chant et les rythmiques révèlent tout le savoir-faire de la formation, le problème n'est certes pas là...
Le son de Tue Madsen (Moonspell, Ektomorf) sait jouer des biceps et n'a rien à ce reprocher non plus.
La problématique tiendrait plutôt au niveau d'une composition pas toujours égale.
Si l'une des ballades (« Taste Of Love ») foire plutôt son envol, l'autre (« Making All The Rules ») est un moment de grâce.
C'est assez significatif de cet album en dents de scie qui alterne l'excellence et l'anecdote.
Mais voila : on attend des Tigres qu'ils nous renversent, conformément à leur réputation.
Cependant « Bloodlines » reste agréable sur la durée et donne envie d'y retourner, car le bon et le passable ont été heureusement répartis sur la galette.
Si Tygers of Pan Tang souffre de sa trop bonne réputation , toujours hanté par les ombres de John Sykes ou de John Deverill, il poursuit avec conviction son parcours, allant de l'avant et générant des albums heavy qui peuvent s'avérer d'un bon calibre. Très agréable à l'écoute, « Bloodline » est de ceux-là. On ne peut pas être et avoir été, mais Tygers Of Pan Tang propose toujours des moments de heavy metal qui méritent largement votre attention.

KORITNI (hard-rock), Long Overdue (14/04/2023)
Le 01/06/2023
Le talent et le timbre de son chanteur, assez proche de celui de son compatriote Jimmy Barnes, la qualité de ses musiciens, offrent à Koritni un éventail suffisamment large pour imposer tout au long de ce « Long Overdue » sa marque et son groove, tirant son épingle du jeu dans une catégorie hard-rock pourtant très fréquentée.
Par Ahasverus
Lex Koritni est Australien. Fils de musiciens, il est astreint très tôt au piano et à la guitare et joue dans un groupe de country music dès l'âge de seize ans. C'est en 2005 qu'on l'entend pour la première fois sur les platines françaises. Anthony De Lemos, guitariste parisien expatrié à Sidney, conquis par ses talents de chanteur, sort avec lui l'album éponyme de Green Dollar Colour, produit par Mike Fraser (AC/DC, Metallica), qui reçoit un bon accueil. Mais de sérieuses divergences apparaissent entre les deux fondateurs de Green Dollar Color à propos de l'organisation des concerts. Un an après la sortie de l'album, la formation splitte.

Lex Koritni recrute alors un line-up qui restera stable jusqu'à très récemment et monte son projet, simplement baptisé Koritni pour qu'on entende bien qu'il est seul maître à bord. Il retrouve le technicien Mike Fraser pour sortir « Lady Luck », son premier album, l'année suivante. La formation, franco-australienne, décroche la première partie de Scorpions sur le « Humanity Tour » en France ainsi qu'en Belgique.
En 2009 sort l'album Game Of Fools. Mike Fraser partage la responsabilité du son avec Anton Hagop (Silverchair) tandis que Mark Wilkinson (Marillion ou le Maiden de « The Book of Souls ») dessine l'artwork.
En 2012 Koritni sort « Welcome to the Crossroads ». Jeff Waters (Annihilator), Rusty Brown (Electric Mary) et Jeff Scott Soto jouent les guests. Koritni devient l'une des premières signatures du label Verycords (Laura Cox, Mass Hysteria) auquel il est toujours associé. Il dispute son premier Hellfest et fait la première partie de Mötley Crüe au Zénith de Paris.
« Night Goes On for Days » sort en 2015. Il voit la participation de deux ex-Trust (Vivi Brusco et Farid Medjane) ainsi que du batteur John Coghlan (Status Quo). L'approche musicale se fait plus bluesy sur certains titres. L'album est mixé par Kevin « The Caveman » Shirley (Joe Bonamassa, Journey).
Shirley est à nouveau sollicité pour « Rolling », qui paraît en 2018, renforcé cette fois par Ryan Smith (Greta Van Fleet, Keith Richards). L'influence blues se confirme (même si le courant général reste hard-rock) et le trio Brusco/Medjane/Coghlan remet le couvert, rejoint par Pat Mac Manus (Mama's Boys) au violon.
Après cinq ans de silence, Koritni revient le 14/04/2023 pour un sixième album studio :
« Long Overdue »

Pas d'invités cette fois, mais un groupe totalement remanié : installé en France, Lex Koritni a réuni autour de lui un line un franco-italien, plus commode à rassembler et dont la proximité simplifiera la mise en place des concerts.
Ce nouvel album retrouve la patte de Mark Wilkinson pour l'artwork. Le tandem Shirley/Smith apporte sa caution à l'efficacité du son.
« Long Overdue » (comprenez : « il était grand temps ») a bénéficié de la « pause » Covid dès le premier confinement, ce qui a permis à Lex Koritni, de laisser mûrir ses compositions durant deux ans. Il a la paternité de l'ensemble de l'album, à l'exception de l'énergique « Funny Farm », qu'on doit au guitariste Tom Frémont.
Une introduction très blues (« No Strings Attached ») donne l'orientation musicale de cet opus qui se plait à utiliser la guitare slide (« For The Love Of The Game », « Go Hard or Go Home »). L'ensemble reste bien sûr majoritairement hard-rock, (« Far Cry No. 1 » ou « Born to Lose » et leurs rythmiques à la AC/DC) voire southern (« Go Hard or Go Home »), avec des guitares efficaces et une rythmique qui cogne. On peut aussi penser à Rose Tatto ou aux Black Crowes.
Le talent et le timbre du chanteur, assez proche de celui de son compatriote Jimmy Barnes, la qualité de ses musiciens, offrent à Koritni un éventail suffisamment large pour imposer tout au long de ce « Long Overdue » sa marque et son groove.
Tous ces ingrédients font de « Long Overdue » un album de hard-rock classique, plus empreint de blues qu'à l'habitude, suffisamment bien ficelé et libre (« Tonight ») pour vous séduire, parvenant à trouver ce qu'il faut d'originalité pour tirer son épingle du jeu dans une catégorie pourtant très fréquentée. Les amateurs de hard le découvriront avec plaisir.
Koritni sera au Théâtre les Etoiles à Paris Xème le 02/06/2023, puis à Ensisheim (Wood Stock Guitares) le 16/09/2023 et à L'Empreinte de Savigny-Le-Temple le 07/10/2023.

BURNING WITCHES (heavy metal), The Dark Tower (05/05/2023)
Le 31/05/2023
Pleines de niaque, les sorcières suisses imposent le respect avec une galette heavy qui trouvera une place de choix dans leur discographie.
Par Ahasverus
Burning Witches revient en cette année 2023 avec un album chargé jusqu'à la gueule (1h04mn avec ses deux titres bonus) :
« The Dark Tower »

L'artwork de cette cinquième galette représente le château d'Elisabeth Bathory, fil rouge de l'opus (la comtesse sanglante a déjà inspiré nombre d'albums et de groupes de Metal). Il a été dessinée par Gyula Havancsák (Accept, Stratovarius, Annihilator), illustrateur hongrois qui a conçu les pochettes de tous les albums de Burning Witches à l'exception de celle de « The Witch of the North » que signait Claudio Bergamin en 2021.
Contrairement à son prédécesseur, ce nouveau long format n'a pas bénéficié de la pause exigée par la pandémie. Ca tombe bien : après avoir eu du temps pour la composition et la mise en boite de « The Witch ot the North », Burning Witches souhaitait réaliser « The Dark Tower » plus rapidement et retourner aux sources du heavy.
C'est chose faite. Car l'intention est clairement formulée avec « Unleash the Beast », une première chanson qui s'élance épaules en avant, façon « Fast As a Shark » d'Accept.
Romana Kalkuhl (guitare rythmique) reste à la barre de la formation helvète en tant que compositrice principale de l'album, tandis que la Batave Laura Guldemond (chant), qui succèdait à Seraina Telli (Dead Venus) en 2019, s'occupe des textes. La recette reste donc la même que sur les opus récents.
Néanmoins, malgré sa durée plus que respectable, « The Dark Tower » paraît plus spontané, plus ramassé... C'est qu'il est mieux construit que son respectable prédécesseur ! Et il gagne en fraîcheur, en homogénéité et en efficacité !
Les rythmiques saignantes sont exécutées à tombeau ouvert (« Evil Witch ») et la ballade (« Tomorrow »), assez bien ficelée, permet encore de relancer la machine, la transition avec le morceau qui donne son titre à l'album opérant comme un second souffle.
Les titres sont percutants et vous accrochent à la manière d'un Judas Priest. On pense aussi aux meilleurs titres de la jeune formation parisienne Furies, (qui s'est malheureusement séparée récemment de sa redoutable chanteuse Lynda Basstarde).
Les compétences des musiciennes ne sont plus à débattre. Les rythmiques sont solides, le chant virtuose est bien accroché même lorsqu'il va chercher des notes très hautes. La lead se montre virevoltante.
L'ensemble est foncièrement offensif et testostéroné. Cette nouvelle production est taillée pour séduire l'amateur de heavy 80's/90's, et les nostalgiques du « Painkiller » de Judas Priest vont être servis ; le chant puissant et agressif de Laura Guldemond pourra d'ailleurs rappeler celui du Metal God (« Unleash the Beast », « Evil Witch », « Doomed to Die », « The Lost Souls », « World on Fire »).
« The Dark Tower » est donc un album de heavy metal qui s'échafaude avec hargne et sûreté, et qui tient incontestablement sur la durée.
Pleines de niaque, les sorcières suisses imposent le respect. Elles viennent de commettre un cinquième album inspiré et homogène qui trouvera une place de choix dans leur discographie et dans la CDthèque des amateurs de heavy.
« The Dark Tower » se voit agrémenté de deux reprises pour sa conclusion, l'une d'Ozzy Osbourne, l'autre de WASP.
S.U.P (metal), Octa (26/05/2023)
Le 28/05/2023
Un album unique à la hauteur de la réputation culte de son géniteur.
Par Ahasverus
Difficile de définir la musique de S.U.P tant elle est spéciale ! Mélange de Metal moderne, agressif, growlé, chanté, électro et darkwave (le groupe reprenait récemment Depeche Mode).
S.U.P, sur son site officiel, sous-titre son patronyme d'un « New wave Metal ». Pourquoi pas ? Il affine sa description : « Spherical Unit Provided est un groupe de death metal, de death-doom et de metal industriel français, originaire de Wallers, dans les hauts de France. »
Oui. Mais pas que...
Avec le temps, S.U.P, qui sort parfois ses albums sous le nom de Supuration, s'est imposé dans le paysage musical français, brillant parmi les piliers du Metal moderne, aux côtés de Gojira, de Loudblast, de Carcariass, de Psykup et de quelques autres. Des groupes qui ont en commun des singularités évidentes et une maestria suffisante pour porter l'étendard du Metal hexagonal au delà de ses frontières naturelles.
Le fan attend avec délectation la prochaine sortie.
La voici : après « Dissymetry » (2019), S.U.P revient en 2023 avec un album d'une durée d'environ quarante-huit minutes :
« Octa »

« Octa », c'est (bon sang mais c'est bien sûr !) le huitième album de S.U.P. Il s'agit évidemment d'un huit titres.
Le groupe invite l'auditeur à « une plongée dans l’esprit torturé d’un homme pris au piège de cette étrange machine OCTA qui le balade de rêves en cauchemars. » Ludovic Loez en a écrit les textes bruts, adaptés par l'Anglaise Siobhan Mc Carthy. Une traduction française est disponible sur la chaîne Youtube de S.U.P.
Pour l'artwork, les Nordistes ont fait appel à Matthieu Carton.
Grégoire Saint-Maxin assure à nouveau le mixage et le mastering.
Peut-être grâce à sa pochette jaune, ou par la place qu'il laisse au chant clair, « Octa » semble presque plus lumineux que son prédécesseur. Une lueur qui reste à la dimension d'une lucarne dans un univers carceral futuriste où les prisonniers sont connectés par le cerveau. Les huit titres de l'album correspondent à huit rêves de détenus.
Entêtant et admirable, l'opus évolue en tension permanente. Il reste oppressant jusqu'à l'orée de la new wave (« Not Icarus »).
A l'instar des meilleurs films d'horreur, il n'a pas besoin de déployer en permanence les gros moyens pour installer une atmosphère glaçante (« The Lights of Eden »). Il vous hypnotise (« Queen Quintessence ») avant de lacher ses déferlantes dissonantes et maléfiques (« Open Eye »).
Séduisant et malsain, aussi fort que « Dissymetry », plus étourdissant peut-être, et tout aussi inquiétant, « Octa » évite pourtant totalement l'écueil de la répétition et se place parmi les meilleurs albums de l'un des très grands du Metal français. Tout simplement un album unique à la hauteur de la réputation culte de son géniteur.
CECILYA AND THE CANDY KINGS (rock N' rol) : L'interview 55
Le 28/05/2023
« Back in 1955 fait un clin d’oeil à cette période que j’aurais aimé vivre. »
Sorti en février 2023, l'album « Back in 1955 » de Cecilya And the Candy Kings redonnait au rock N' roll un peu de sa fraîcheur initiale.
Un opus revigorant au son moderne et à l'accent rétro dont les paroles et la musique étaient signées Cecilya Mestres (chant) et Rodolphe Dumont (guitare).
Nous les avons retrouvés le temps d'une interview après laquelle l'album « Back in 1955 » n'aura plus aucun secret pour vous !
Par Ahasaverus

Ahasverus : Bonjour Cecilya & The Candy Kings. Comment s'est passée cette release-party de votre nouvel album, « Back In 1955 » le 25/02/2023 devant le public parisien du Sunset Sunside ?
Cecilya (chant) : C’était une soirée magique. Le public était de tout cœur avec nous, il y en a même qui chantaient les chansons avec moi. Toutes les entrées étaient vendues avant le début du concert et il y a même des gens qui sont malheureusement restés dehors.
L'univers de « Back In 1955 » est très différent de celui de « Cherry Blossom » (2022), le précédent album de Cecilya. Comment expliquez-vous cette évolution ?
Cecilya : Ce sont deux projets totalement différents. Cherry Blossom fait partie de mon projet personnel, où je m’inspire de toutes les musiques que j’aime ( blues, folk, americana, rock, country, pop… ) pour créer des chansons uniques. Il n’y a pas de limitations de style ou de couleur sonore. Par contre, Cecilya & the Candy Kings, c’est la continuation d’un projet qui m’a déjà amenée sur les scènes d’une grande partie de l’Europe et de l’Amérique Latine. « Back in 1955 » c’est le rock’n’roll et le rhythm’n’blues des années 50 que je chante depuis quelques années déjà, mais avec mes propres paroles.
Pourquoi avoir choisi précisément l'année 1955 pour titre de votre album ?
Cecilya : L’année 1955 c’est Elvis Presley et Marilyn Monroe qui deviennent mondialement célèbres, la mort de James Dean, l’arrestation de Rosa Parks et le début d’une révolution… Mais à part tous ces éléments qui restent dans notre imaginaire collectif de ce qu’ étaient les années 50 : c’est la décennie où le rock’n’roll devient la musique la plus populaire au monde et les groupes de musique s'électrisent. D’une façon plus légère, c’est l’époque aussi d’un certain esthétisme : les belles voitures, les fringues, les coiffures ( rires )… Donc, mon album « Back in 1955 » fait un clin d’oeil à cette période que j’aurais aimé vivre.
« Back In 1955 » c'est Rodolphe Dumont et Cecilya Mestres pour les musiques : quelles ont été vos sources d'inspiration pour la composition ?
Rodolphe (guitare) : Différentes influences d’artistes des années 50 tels que Ike Turner, Johnny Guitar Watson, Clarence Gatemouth Brown, Pee Wee Crayton…
« Back In 1955 » c'est Cecilya Mestres pour les paroles : quelles thématiques ont inspiré son écriture ?
Cecilya : Chaque chanson est un univers différent… «Wild soul » parle de violences conjugales et de féminisme; « Back in 1955 » est un hommage aux grandes artistes de l’époque; « From Barcelona » parle de mes origines; « Don’t leave me in the darkness » parle d’une rupture amoureuse; et « I’ll take you to the party » & « Gimme one night » sont des chansons qui invitent à s’amuser.
Lequel d'entre vous a entraîné l'autre vers cet univers des 50's et pourquoi ?
Cecilya : C’est moi, j’ai toujours été passionnée des années 50 : la musique et l’esthétisme.

En lisant les critiques, il me paraît qu'il y a dans « Back In 1955 » un côté madeleine de Proust qui rend les gens joyeux…
Cecilya : Tout à fait, je crois qu’on pense tous « qu’avant c’était mieux »… (rires)
D’ailleurs, il y a plein de films sur cette thématique-là, comme par exemple « Midnight in Paris » de Woody Allen.
Comment les chansons de ce nouvel album ont-elles été construites ?
Rodolphe : On compose souvent dans les chambres d’hôtel lors des tournées. Je trouve une base musicale et Cecilya compose la mélodie et les paroles après.
Un mot sur les reprises qui figurent sur l'album ?
Cecilya : J’ai choisi « What about love », enregistrée par Freddie King en 1962, parce que ce titre demande une énergie au chant assez hors du commun et j’ai toujours été impressionnée par la puissance vocale de cet artiste. Au contraire, le choix d’enregistrer « Evening » ( T-Bone Walker. 1945 ) vient du fait que c’est un slow-blues à coloration jazzy où la voix est presque susurrée. Ce sont deux covers qu’on interprète dans le plus grand respect de ces deux artistes qu’on admire tous.
Qui sont les musiciens qui vous accompagnent sur l'album ?
Cecilya : C’est Meseta Records, le label de Valladolid qui a produit le disque, qui a choisi les musiciens qui font partie de l’album (sauf Sax Gordon, que je tenais à inclure sur « Back in 1955 » à tout prix) . Ils ont choisi les meilleurs musiciens espagnols… Paul San Martín est le roi du boogie woogie basque, reconnu dans toute l’Europe pour son jeu. Jorge Otero a accompagné à la basse des grands artistes comme Mingo Balaguer ou la chanteuse américaine Velma Powell, née à Chicago et installée à Madrid. Et Adrián Carrera accompagne à la batterie des artistes espagnols de renommée internationale comme l’harmoniciste Quique Gómez.

Parlez-moi de la production. Vers quel son vouliez-vous tendre et comment y êtes-vous parvenus ?
Cecilya : Pour Rodolphe et moi, l’idée du son était claire. En s’inspirant de grands albums classiques qu’on adore, on voulait mélanger ancien et contemporain. Et on a réussi à le faire en essayant différentes combinaisons et placements de micros, options de mixage… Tout est dans la technique d’enregistrement et le mixage, ça peut changer complètement un disque.
Sur « Back In 1955 » j'ai presque l'impression de ne plus avoir affaire à la même chanteuse que sur « Cherry Blossom ». Pour tout dire je trouve le chant plus accrocheur et varié !
Cecilya : C’est un style complètement différent, je trouve qu’on ne peut pas comparer. Je suis une personne assez versatile et open-minded, je chante aussi du jazz old school et des vieux boleros et rancheras.
Sous quels formats « Back In 1955 » est-il disponible et comment puis-je me le procurer ?
Cecilya : « Back in 1955 » est disponible sur toutes les plateformes et aussi en vinyle et en CD. Vous pouvez vous le procurer sur mon E-shop.
Les vinyles et les CDs sont distribués en Espagne, mais pas en France.
Quelle sera votre actualité dans les prochains mois ?
Cecilya : On a plus de 30 dates cette année en France, Espagne, Portugal et aussi en Belgique. Si vous voulez plus de détails sur nos concerts, j’actualise régulièrement la liste sur mon site
https://www.cecilya.net.
Merci Cecilya & The Candy Kings d'avoir répondu à mes questions.
Cecilya : Merci à vous. C’était un plaisir ! On espère vous voir cet été dans l’un de nos concerts !
LA GUNS (hard-rock), Black Diamonds (14/04/2023)
Le 28/05/2023
Des références tutélaires jaillissent à l'écoute de la galette.
Par Ahasverus
L. A. Guns, expliquait Phil Lewis (chant) à Laurent Karila pour Hard Force en 2021, « c’est rock'n'roll et... sophistiqué. On est un groupe dont les influences sont assez visibles. C’est du rock classique, du hard rock... c'est Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath. » (retrouvez l'interview complète sur HARD FORCE).
Disponible depuis le 14/04/2023, « Black Diamonds », la nouvelle offrande des vétérans américains dans leur version Lewis/Guns, vient confirmer ces propos.

Des références tutélaires jaillissent à l'écoute de la galette : Led Zeppelin (« Gonna Lose », « You Betray »), Aerosmith (« Shame »), mais aussi le hard 90's de Skid Row ou des Guns N'Roses (« Lowlife »). Passage obligé, la ballade est plutôt réussie (« Diamonds »).
« Black Diamonds » est donc bien un album de hard-rock qui s'appuie sur des fondamentaux.
Quelques rappels punk (« Babylon ») contribuent à dynamiser l'ensemble.
Si tous les titres n'ont pas la même force, ils sont majoritairement bons, l'artillerie est globalement très efficace et les quelques pièces plus anecdotiques gardent des éléments intéressants.
Phil Lewis est un caméléon au chant multiple, Tracii Guns offre des soli qui se laissent savourer. L'alchimie fonctionne au sein d'une formation musicalement très solide.
L. A. Guns a du savoir-faire : en onze titres et quarante-et-une minutes, il aligne une majorité de titres forts dans un album de hard-rock d'obédience classique, solide et digeste, qui s'inscrit parmi les belles sorties de cette année 2023.
NIGHT DEMON (heavy metal), Outsider (17/03/2023)
Le 26/05/2023
« Outsider » est l'album le plus réussi de Night Demon. Il lui permet de quitter les rangs des troisièmes couteaux.
Par Ahasverus
Originaire de Ventura, ville du littoral californien, Night Demon est un groupe de heavy metal d'ascendance 80 qui tire son nom de la toute première chanson que le groupe ait écrite, qui ouvre l'EP éponyme présenté en 2013.
Le trio comptait, depuis sa formation en 2011, deux albums, quelques EP et une compilation. Il pose en mars 2023 une nouvelle pierre à son édifice en présentant un troisième album :
« Outsider »

« Outsider » est un concept-album de trente-sept minutes.
Night Demon voulait se renouveler. Souhaitant coller musicalement aux paroles de ses compositions, il a laissé le soin à l'histoire de guider sa musique. Il a ce faisant permis à son heavy de faire quelques excursions vers le doom, s'éloignant d'un esprit Maidenien trop marqué sur ses précédentes productions.
Night Demon a mûri. Il passe par la même occasion à la vitesse supérieure. Le trio exploite parfaitement ses ressources. Il propose un album varié, au son moderne, qui trouve enfin son rythme à coups de cavalcades de guitares, de rythmiques acérées, d'arpèges et de voix haut placée.
La composition, le son, sont nettement plus pros que sur les premiers opus. Ils permettent à ces Américains, signé chez Century Records (Body Count, Arch Enemy), de quitter les rangs des troisièmes couteaux de la musique Metal.
La galette est vive et séduisante, voire addictive. « Outsider » ne sera probablement pas votre album de l'année, mais vous risquez tout de même d'y revenir souvent.
Night Demon a donc fait un choix, et le bon, qui impose « Outsider » comme l'opus le plus réussi de sa discographie. Il peut désormais lorgner sur la cour des grands, signant l'une des sorties heavy les plus sympathiques de ce premier semestre 2023.