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LIVE-REPORT DU "TRIBAL FESTIVAL 2023" (Peymeinade-06)
Le 17/10/2023
Par Dam'Aël

Dans un cadre idyllique en pleine pinède Daudet sur Peymeinade (06), espace naturel mais aménagé pour l'occasion, la Tribal Roch Association, qui vient d'ailleurs de fêter ses 22 ans d'existence, nous a proposé le 26 août dernier la 18ème édition du TRIBAL FESTIVAL.
Encore une fois, et plus particulièrement cette année, Marco Le Rolle a su tenir de mains de maître le projet 2023 avec un line-up varié et d'une qualité qui vous donne des frissons. A vous d'en juger!
Alcatrazz Official
OVERDRIVERS
Brutti di Fosco
Underground Therapy
Balls Out
En parallèle des cinq concerts qui décoiffent sans mistral, un stand de merchandising où il est conseillé de se procurer albums, t-shirts et autres en direct auprès des groupes, la restauration rapide pour ne pas flancher au vu de l'énergie libérée lors des heures de headbanging, de hurlements, à gigoter dans tous les sens, un stand de disques et même de bijoux artisanaux. Rien n'est laissé au hasard.
Balls Out
La lourde tâche d'ouvrir le festival revient à la formation niçoise qui est loin de s'en émouvoir de stress, tant son expérience des scènes commence à compter depuis 2016, date de sa formation. Les quatre membres mais aussi amis :
Pat Gioan: Chant / Basse
Pierre Pizana: Batterie
Sonny Micucci: Guitares
Yann Vautrin: Guitares
écument les scènes locales et nationales, Rock N' Eat, Elysée Montmartre, Hellfest et bien d'autres. Ce soir ils piétinent d'impatience pour nous livrer leur set de 8 titres, et je peux vous garantir que si les quatre garnements avaient pu arrêter le temps pour faire durer ce moment, ils ne seraient certainement pas gênés tant leur envie d'en découdre en première partie des Américains d'ALCATRAZZ, était perceptible. Pour ceux qui ont déjà vu cette formation, nul est de rappeler qu'elle sait sortir les crocs et piétiner les planches, une manière bien rockeuse de se faire plaisir et d'offrir au public un moment d'échange et de magie.
1. Back to Real Volume 1 : Get Dirty EP 2
2. Wet and Late Too Big To Handle EP1
3. Moaning Hard Let Me In (I Know Someone Inside) album
4. Get Dirty (Wild And Nasty) Volume 1 : Get Dirty EP 2
5. Hot Mom Volume 2 : Hot Mom
6. Let Me In (I Know Someone Inside) Let Me In (I Know Someone Inside) album
7. Hurricane Let Me In (I Know Someone Inside) album
8. Balls Out Too Big To Handle EP1
Le leader Pat GIOAN, chant et basse, a bien voulu répondre à quelques questions lors de cet évènement. Dam'Aël vous en livre le contenu dans cette vidéo :
Underground Therapy
Mené par Sarah et ses cris de rage revendicateurs, Underground Therapy prescrit son néo-rock en guise d'anxiolytique. N'oubliez donc pas votre ordonnance. On retrouve chez Underground Therapy des fondations 70's psychédéliques sur lesquelles le temps a laissé ses strates successives, et passant du quintet au quartet.
Le gros changement c'est le départ de 2 membres, nouveau bassiste avec Anthony qui change d'instrument, et l'arrivée de Corentin, derrière la batterie...
"On a tout réadapté en essayant de garder l'essentiel et le plus efficace des morceaux pour que ça marche à une seule guitare. La basse a pris plus de place en récupérant des mélodies de l'ancienne guitare, la guitare actuelle a gonflé son son et en même temps ça a permis à Tom d'avoir plus de place." : Anthony.
La formation a signé chez un booker, Pongo Booking, après avoir participé à un tremplin “Los Bambasitos” en novembre 2021 et y avoir rencontré José Garcia, le président de l'association.
Le quartet a délivré un set énergique, brutal mais rempli d'émotions, aux chansons vraiment cathartiques. La voix de Sarah voyageant avec aisance de la violence et l'explosion à la douceur et l'envoutement.
1. Imsomnia Neurosis (EP 20/12/20)
2. Dust
3. Abyss Fire Back (EP)
4. Deep Water
5. Shell Inédit du futur album
6. Donnie Darko Neurosis (EP 20/12/20)
7. Stupid Man Fire Back (EP)
8. Shadow & Light Fire Back (EP)
9. Same Old Story Inédit du futur album
10. Lighter Fire Back (EP)
Après les avoir découverts sur scène, Underground Therapy a bien voulu se prêter au jeu de l'interview qui a pris fin sous les watts du groupe Overdrivers qui prenaient place , l'interview des Toulousains ayant été réalisée après la prestation de Brutti di Fosco au changement de plateau :
Brutti di Fosco
Les Brutti di Fosco (originaire des Marches, né à Cingoli en 2016) jouent du Rock , contaminé par le Funk , le Folk et le Metal, car chaque membre vient d'un parcours musical distinct et a sa propre histoire à raconter. Une musique donc très colorée et rendue épique par la présence d'un instrument traditionnel, la Cornemuse. Il est dit que Fosco (qui manie aussi guitare, basse et piano), le leader du groupe, est l'un des meilleurs cornemuseurs italiens. Au fil des années, le son a évolué d'un son « celtique traditionnel » à une musique plus libre d'étiquettes, où l'esprit ludique du groupe émerge en impliquant le public dans son spectacle.
Fosco (Lorenzo Carducci) Cornemuse, sifflet, chant
Johnny Visciola (Giulio Fabrizi) Basse
Il Tropicale (Edoardo Leoni) Batterie
Don Vito De La Sierra (Lorenzo Marcelloni) Guitare lead
Frederick O'Giustu (Federico Stocchi) Guitare rythmique
A noter dans leur cursus musical, leur participation à la huitième édition de l' émission de talents Italia's Got Talent diffusée le 16 mars 2022 avec une jolie place en demi-finale.
1. Sette Quarti Estote Deformis (EP 2018)
2. Je Jacobites By Name Ye Jacobites by Name est une chanson traditionnelle écossaise
3. Liberi!e single 21/01/22
4. Drunken Sailor
5. Can You Hear The Blackbird Estote Deformis (EP 2018)
6. Luce single 28 mars 2023
7. Frutti di Bosco Estote Deformis (EP 2018) - L'anagramme de Brutti di Fosco -
Introducing the Band Members
8. Let’s Go Pecoraio Estote Deformis (EP 2018)
9. Atholl Highlanders
Il est indéniable que les Italiens savent faire le show tant dans la façon de faire évoluer leur set tout au long de leur prestation que sur l'énergie qu'ils déploient en livrant leurs titres sans temps morts, complétés par des échanges récurrents avec le public. Public qui, s'il a été plutôt très surpris sur les premiers instants, a très vite adhéré au genre présenté et à l'énergie dégagée. En d'autres termes, un excellent moment lors de ce Tribal Festival 23. La formation n'hésite pas pour terminer sa prestation à descendre auprès du public pour délivrer au plus près cette énergie électrisante et plus que jpuissive.
Fosco nous livre quelques informations :
OVERDRIVERS
Si un mur de décibels s'est abattu dès 2015 sur les Terres du Nord, nos quatre rockers débarqués en région Paca ont mis à sac la scène du Tribal Fest de Marco et explosés les esgourdes du public et de ses environs. Après avoir découvert en live Airbourne au Orange Metalic Festival cette année, c'est au tour de cette formation surnommée The Frenchiest of Australian Rock Band qui, vous l'avez compris, nous sert des compositions à la AC/DC like. Inutile de vous écrire que ça bouge dans tous les sens, ça envoie les décibels par flots effrénés et Adrien nous chante haut et très fort quelques titres au sujet parfois déroutants comme She's On Her Period. Le quartet composé de :
Adrien Desquirez – Chant, Guitare
Anthony Clay – Guitare
Benjamin Ollivier – Basse
Florian Morgano – Batterie
fait exploser les watts hors des Marshalls sans s'apercevoir que la pluie commence à s'inviter sur la scène non couverte... Qu'est-ce qui va sauter en premier? Fort heureusement la demoiselle n'ayant pas son billet d'entrée a fait demi tour illico presto laissant la voie ouverte à la déferlante des Nordistes dont le show survolté n'a laissé place à aucun temps mort. Pour finir un bon bain de foule pour finir dans une euphorie totale qui ravit tout le monde musiciens, festivaliers et organisation. Si les Américains d'Alcatrazz nous proposait "Hiroshima Mon Amour" dans leur setlist, Overdrivers fût une véritable bombe atomique sur Peymeinade!
1.You cheated on me Rock Out (EP 3 titres - 2021)
2. She hides a big packet Rockin' Hell ( album - 2016)
3. Factory Rock Out (EP 3 titres - 2021)
4. She’s on her period She's On Her Period (album - 2018)
5. High Mountains She's On Her Period (album - 2018)
6. Dirty Girls Island Rockin' Hell ( album - 2016)
7. Show your boobies She's On Her Period (album - 2018)
8. Rockin’ Hell Rockin' Hell ( album - 2016)
9. Limbs of rock’n’roll Rockin' Hell ( album - 2016)
Quelques petites informations obtenues au bout du micro :
Alcatrazz Official
Depuis 1983, la vie de la formation ALCATRAZZ est loin d’être un long fleuve tranquille au vu des multiples évolutions du line-up ; une véritable saga en quelle que sorte, avec de multiples épisodes. Seuls membres fondateurs Gary Shea à la basse et de Jimmy Waldo aux claviers, restent les véritables piliers du début de l'aventure. A noter malgré tout que la basse est tenue lors des concerts par Adam Sheppard (choeurs). Si Yngwie Malmsteen et Steve Vaï ont laisser quelques empreintes marquantes respectivement de 1983 à 1984 et de 1984 à 1985 dans la vie de Alcatrazz (sans compter Jason Becker), c'est à ce jour le shredlord Joe Stump qui tient la 6 cordes depuis 2019, largement influencé Yngwie et réplique partielle de ce monstre. Sur ce Tribal Festival Joe fait le show dans des positions épiques souvent caché derrière sa tignasse, arborant une jolie guitare ESP jaune discret, beaucoupplus discret que notre guitariste. En tout cas ça envoie du lourd avec des nappes de clavier, des basses et une rythmique servie par Larry Paterson en superforme et malgré le tout petit espace prévu pour la batterie. Larry qui prend le relai depuis le second semestre 2021 de Mark Benquechea lui, présent depuis 2019. Evidemment nous savions que nous n'aurions pas Graham Bonnett derrière le micro, évincé depuis fin 2020 et remplacé par Doogie White ( Rainbow, Yngwie Malmsteen, Michael Schenker...). La setlist fait quelques aller-retours entre la discographie d'Alcatrazz et celle de Rainbow en passant par Michael Schenker’s Temple of Rock,donnant ainsi un léger aperçu du cursus de Doogie.
Evidemment pour les fans de la première heure, l'absence de Graham peut générer une certaine frustration ; cependant il est incontestable que la présence d'une telle pointure au Tribal Festival rend le public fier et le ravit au plus au point. Bravo à Marcus pour pour cette initiative et cette performance.
Little Viper
Too Young to Die, Too Drunk to Live
Wolf to the Moon (Rainbow)
Turn of the Wheel
Ariel (Rainbow)
Jet to Jet
Sword of Deliverance
Battlelines
Too Late for Tears (Rainbow)
Don't Get Mad…Get Even
Hiroshima Mon Amour
Bring on the Rawk
Vigilante Man (Michael Schenker’s Temple of Rock)
The Temple of the King (Rainbow)
Quelques messages recueillis sur place :
1. Jimmy WALDO
2. Joe STUMP
3. Larry PATTERSON
A noter que Larry Patterson Larry a été pendant un certain temps l'assistant officiel de Cozy Powell et de son technicien de batterie Eddie Naughton lors de l'écriture et de l'enregistrement de l'album « Forbidden » de Black Sabbath.
Il a aussi travaillé pour Blaze Bayley avec qu'il a fait deux des albums studio, un double album live et un DVD suivant de nombreuses tournées dans le monde entre 2007 et 2010.
En dehors de la musique, il écrit beaucoup. Dans le monde de la musique, un livre sur l'histoire du groupe Blaze Bayley intitulé « At The End Of The Day », a été initialement publié en 2009.
Depuis 2022, 21 livres sont à son actif, sur des thème totalement différents : des histoires non-fictionnelles sur la Seconde Guerre mondiale – principalement liées à la Wehrmacht – inspirées en grande partie par un intérêt de toute une vie pour la Seconde Guerre mondiale et par son travail comme instructeur de plongée sous-marine, ce qui comprenait quelques années de plongée sur les épaves de guerre au large de la France.
Ravie d'avoir pu voir en live cette formation ainsi que les quatre autres groupes proposés dans ce festival, un des rares festivals à s'êtr 'enraciner sur nos terres provençales. Que l'organisation continue avec passion à générer des éditions d'année en année depuis 2006 et qu'elle puisse ravir autant de public et de passionnés encore pour les décennies à venir.
IN UTEROCK - Emma Cordenod / Aurélien Maillet (2016)
Le 16/10/2023
La frontwoman de 111 brosse le portrait de douze femmes du rock.

IN UTEROCK
Emma Cordenod / Aurélien Maillet - 2016 - Ed. Bergame
Emma Cordenod n'est pas seulement la chanteuse/bassiste/ frontwoman de 111, figure incontournable du rock lyonnais. Emma est également une militante qui met sa plume et son talent au service de ses engagements.
En 2016, elle s'associait au photographe Aurélien Maillet pour publier IN UTEROCK, un opuscule d'une quarantaine de pages qui donne la parole aux femmes de la musique underground, pop, rock, électro, qu'importe...
L'écriture d'Emma a un côté trash/poétique à la Virginie Despentes. Ca ne vous surprendra pas si vous l'avez suivie un tant soit peu. Emma sait aussi écouter. Elle capte les propos d'une douzaine d'artistes dont elle dresse une courte bio, entre velours et vitriol.
Morceaux choisis parmi d'autres :
« Marie parle. Beaucoup. Elle parle de ses rencontres humaines et artistiques. Les deux semblent indissociables. Elle parle des gens qui la touchent. Elle parle de son voyage en Inde. »
« Le Rock, j'y suis venue par la merde... Et puis j'ai écouté les vieux vinyles de mon père. »
L'écriture rock d'Emma est en bonne compagnie : Aurélien Maillet a réalisé des photos en noir et blanc judicieusement tâchées de rouge et d'une rare qualité. Un travail photographique d'orfèvre qui sublime ses modèles. On comprend que ces deux-là se soient associés.
En résumé, voilà : IN UTEROCK est un tout petit bouquin à tout petit prix sur les états d'âme du rock au féminin.
TARAH WHO? : Letter from L. A.
Le 15/10/2023
« Je n'ai pas de message précis quand j'écris, mon but est de me libérer de mes émotions et de faire du rock'n roll. »
Le 24/09/2021 sortira « Supposedly A Man », le nouveau Tarah Who?.
Pour patienter en attendant la sortie de cet album de rock qu'on vous recommande et dont notre chroniqueur Pépé Stakatto vous fera l'article, nous avons pris des nouvelles de Coraline et Tarah, les deux expatriées - elles vivent aux USA - qui composent cette formation.

Bonjour Tarah Who? Pourquoi avoir choisi une formule duo ?
Coraline Herve (batterie) : Bonjour ! Merci de nous recevoir. On n'a pas vraiment choisi la formule duo, c'est plutôt venu à nous (rires), mais ça fonctionne plutôt bien pour nous !
Tarah G. Carpenter (chant, guitare, basse) : Bonjour ! Oui effectivement. En fait notre dernier bassiste nous a planté une semaine avant une tournee Europeenne. On a dû trouver une solution très rapidement et il nous a semblé plus simple de partir en duo avec des tracks plutôt que d'essayer de trouver un(e) bassiste qui aurait dû apprendre vingt-cinq chansons en une semaine, etc. Au retour de notre tournée européenne, on avait une autre tournée de prévue et on se disait que, si on trouvait la solution pour ces deux tournées, on verrait après. La réaction du public était très encourangeante et on a trouvé plus simple finalement de n'avoir que nous deux a gérer, donc on est resté comme cela.
Tarah Who? ... Comment naît l'idée du prénom suivi de cette interrogation ?
Tarah G. Carpenter : Alors ça c'est une autre longue histoire ! (Rires)
Pour la faire courte, j'avais envoyé un email a mes musiciens de l'époque parce qu'on cherchait un nom de groupe. Donc ça, c'était au tout debut... J'avais proposé plein de noms, mais ils n'ont finalement retenu que le sujet de mon email qui était « Tarah... WHO??? ». On s'était dit qu'on allait faire les dates déjà programmées avec ce nom puis qu'on allait réflechir, mais ... On ne l'a jamais fait !
Votre nouvel album sort le 24/09/2021. Il s'appellera « Supposedly A Man ». Quel message doit-on lire à travers ce titre ?
Tarah G. Carpenter : En fait l'album devait s'appeler « Exposed », parce que chaque chanson expose quelque chose de personnel ou une situation. La pochette de l'album a été pensée comme une fiche de police, d'où les photos mugshots. Au cours des semaines, j'écoutais un peu des nouveautés avec Alexa (NDLR : l'assistant intelligent d'Amazon) et je me suis rendue compte qu'à chaque fois que je lui demandais de jouer une chanson, elle jouait tout l'album de l'artiste. Dans cet album, il y avait effectivement la chanson que je cherchais, mais du coup je me tapais les autres titres de l'opus avant de tomber sur le single. Alors j'ai fait mes recherches et tout le monde a l'air de faire pareil ! Les Foo Fighters, Royal Blood etc. J'ai donc voulu tester : appelons l'album comme l'un des singles qui, pense-t'on, plaira le plus, comme ca ceux qui utilisent Alexa pourront découvrir également les autres chansons de l'album !
De quand datent les compositions du nouvel album ?
Tarah G. Carpenter : Je les ai composees pendant le confinement. Je dirais que d'avril à septembre 2020 je composais. On a enreigstré le week-end des élections présidentielles aux US, avec nos masques !
« Supposedly A Man ». s'ouvre sur « Bad Time », un titre qui traite des violences faites aux femmes. Après « 64 Women » (votre dernier EP) à propos de l'immigration, Tarah Who? reste sur un sujet à caractère social...
Tarah G. Carpenter : Oui... Mais ce n'est pas voulu. J'écris ce que je ressens, ou ce que j'ai besoin d'exprimer. Je n'ai pas de message précis quand j'écris, mon but est de me libérer de mes émotions et de faire du rock'n roll.
Autre morceau, « La petite Boche ». C'est le surnom que donnaient péjorativement ses camarades de classe à la mère de Tarah, petite fille d'un soldat Allemand. Cette histoire sera moins lisible en Grande-Bretagne ou aux USA, pays qui n'ont jamais été occupés et dans lesquels vous trouvez principalement votre public. Mais j'imagine que l'important était de rendre hommage et justice à la maman de Tarah au travers de cette chanson, et que c'est la raison de son titre en français ?
Tarah G. Carpenter : Exactement ! J'ai écrit cette chanson pour ma mère, mais aussi pour toutes les mamans parce que, pour les enfants qui sont proches de leurs parents, je pense que l'on peut reconnaître l'amour qu'on leur porte sans en avoir honte. On a eu de la chance avec mes frères, et je pense que Coralie sera d'accord avec moi, que nos parents étaient et restent présents pour nous. Ils font beaucoup pour nous, et je voulais dire a ma mère, que j'en etais consciente. En très gros... Effectivement, pour cette chanson, les Américains n'osent même pas prononcer le titre ! (Rire) Ou bien je dois corriger, parce qu'ils veulent l'appeler « La Petite Bouche ». Ah nan, les mecs ! C'est pas le sujet... du tout !
L'autre raison pour laquelle je voulais l'appeler comme ca, c'était pour rappeler deux choses, toujours en restant dans l'optique de dénonciation lorsque l'album s'appelait « Exposed ». Je voulais rappeler aux jeunes que donner des noms à ses camarades pouvait faire très mal, et je voulais aussi souligner cette période de l'histoire que les nouvelles générations n'ont pas connu.
C'est dans les gènes de Tarah Who? que de défendre ses valeurs au travers de sa discographie ?
Tarah G. Carpenter : Haha ! Je ne sais pas ! Je pense que c'est dans mes gènes, et le fait que je compose les chansons l'est aussi, certainement. Il me semble important de toutes facons de défendre ses valeurs. Maintenant, pour Tarah Who?, ce qui m'importe, plus encore que de faire partie d'un style musical en particulier, c'est d'écrire des chansons dont nous sommes fières et de les jouer avec sincérité et authenticité. Le style va varier de titre en titre, mais ce sera toujours du rock, parce que je ne connais que ça. J'ai grandi en écoutant du punk, du grunge, du garage, du metal, etc. Et je pense que toutes ces influences sont dans le son de Tarah Who?.
Je ne me considère pas du tout comme une chanteuse. Rien que de l'écrire cela me fait bizarre !
J'ai beaucoup aimé l'album « Supposedly A Man », sa maturité, son énergie. Des incartades punk et grunge, mais avant tout un album de rock direct, musicalement efficace et textuellement très percutant...
Coraline Herve : Merci beaucoup ! On a voulu faire un album un peu plus « simple » et efficace, qui est direct.
Tarah G. Carpenter : Merci, ça fait vraiment plaisir. Je suis contente de lire « énergie », après, je ne sais pas si c'est en vibe ou en énergie dynamique, mais j'avais peur justement que cet album diffère un peu trop des anciens et qu'il plaise moins à certains de nos fans qui aiment justement « 64 Women » (NDLR : le précédent EP de Tarah Who?) pour son côté très punk chaotique. Mais c'est une très bonne définition, « rock direct», c'est carrément l'esprit. On est un goupe de rock, plus ou moins énervé. En live, on a tendance a rester sur ce côté énervé et je pense que c'est ce qui fait qu'on nous appelle punk, par ici.
Tarah, ton registre vocal assez bas me fait penser parfois à Crissie Hynde (The Pretenders), par exemple sur La Petite Boche ou Manners... Quel rapport entretiens-tu avec ta voix ?
Tarah G. Carpenter : Alors là... Euh... Honnêtement je ne sais pas du tout ce que je fais... Je ne me considère pas du tout comme une chanteuse. Rien que de l'écrire cela me fait bizarre ! Je chante parce qu'il s'agit de mes pensées, de mes émotions, de mon vécu, et maintenant ça me fait du bien parce que, en live, je crie tout ce que j'ai, donc il y a ce côté soulagement, défouloir. Mais je n'y connais rien du tout en voix... Je ne pourrais pas chanter toute seule, par exemple... Il faut que je joue !
Vous êtes toutes deux françaises expatriées aux USA. Reviendrez-vous tourner dans l'hexagone ?
Coraline Herve : Je reviens toujours de temps à autre pour voir la famille, et ça fait toujours du bien de revenir à la maison, en France. Pour l'instant je pense rester aux USA, mais on verra bien dans quelques années.
Tarah G. Carpenter : Oui pareil, la France c'est la maison, la famille, les amis, la bonne bouffe (punaise !), le bon vin (raahh lalala...). Mais pour la musique, et pour mon style de vie en général, je préfère être aux Etats-Unis. Depuis le temps, je connais plein de monde, et c'est ce qui m'a permis de continuer dans la musique. Je ne trouvais pas d'opportunités en France, et le jeu de scène, la facon dont les musiciens travaillent, sont complêtement differents. Je me trompe peut-être parce que je n'ai pas suffisamment d'expérience en France pour le coup, mais à l'époque où j'essayais de faire des choses, c'était un circuit tres fermé et restreint, avec décibelmètre à toutes les scènes musicales, les musiciens que j'ai rencontré ne prenaient pas le travail au serieux. A L.A., tout le monde est acteur ou musicien, et le niveau musical est impressionnant. Si ça ne marche pas avec l'un, tu prends l'autre. Ca va très vite ! Il n'y a QUE des opportunités !
Tourner en France ? Bien sûr ! Toujours ! On adore venir jouer en Europe et en France, à la maison.
Que va faire Tarah Who? dans les prochains mois ?
Coraline Herve : Nous sommes en train de travailler sur le prochain EP ou album, on ne sait pas encore (Rires) et on espère pouvoir rejouer live assez vite.
Tarah G. Carpenter : Bah justement je travaillais là sur une demo ! Et je me suis souvenue de cette interview ! Oui, on est en train de préparer des nouvelles chansons que l'on va enregistrer en décembre, et on commence à booker des dates.
Où et sous quels formats pourra-t-on se procurer le nouvel album ?
Coraline Herve : L'album sera disponible en digital sur toutes les plateformes ainsi qu'en physique. Vous pourrez le retrouver sur notre site internet, www.tarahwho.com.
Tarah G. Carpenter : Yes, en physique il sera distribué dans quelques magasins je crois, mais sinon il sera dans nos merch avec les tee-shirts et tous les autres trucs qu'on emmène en tournée !
Merci Tarah Who? d'avoir pris le temps de me répondre.
Coraline Herve : Merci beaucoup de nous avoir reçues.
Tarah G. Carpenter : Oui, merci beaucoup.
STEPHANIE NOLF : L'interview Unsafe
Le 15/10/2023
« J'ai fait tellement de compos que j'en ai oublié une bonne partie. »
Il y a des hommes qui ne dorment jamais, chantait Sardou. Il y a des femmes tout pareil... Celle-ci écrit, compose, growle, joue de la basse, fait des artwork, des mixages, diversifie les projets... Stéphanie Nolf officie au chant dans UNSAFE, dont elle a entièrement composé le dernier album. Comme on l’a beaucoup aimé, ce “Mankind”, cette synthèse musclée de Thrash et de Metal, on a profité du confinement pour proposer à Stéphanie une rétrospective dune carrière bien remplie.
Voici son interview.
Bonjour Ahasverus. Je n'en ai aucune idée, j'avais très peu d'argent de poche jusqu'à la fac. Je ne crois pas avoir acheté les K7 audio que j'avais à cette époque... Sinon je me rappelle avoir bien flashé sur l'album "Dirt" d'Alice in Chains quand il est sorti, peut-être que celui-là, je l'avais acheté moi-même...

Le premier gros concert auquel j'ai assisté c'est celui des Toy Dolls au centre culturel de ma ville (Limoges) le 13 mai 1993. C'est un ami qui m'avait emmené. C'était bien sympa et du coup, juste après, le 14 juin, au même endroit, je suis allée voir Suicidal Tendencies (la claque !). Depuis je n'ai jamais arrêté d'aller aux concerts ni de faire de la musique.
Si l’on enlève les cours de musique à l'école, où on nous faisait jouer de la flûte, à dix-sept ans je suis arrivée à la fac, et peu de temps après j'ai acheté une basse. Au départ je voulais faire de la batterie, mais je n'aurais pas pu me l'acheter et il aurait fallu trouver un endroit pour jouer... Mais c'est bien, la basse, ça me convient très bien...
Le premier vrai groupe dans lequel j'ai joué c'est Endless Fall en 1994, un groupe de thrash hardcore. Ça faisait deux ans que je m’entraînais à jouer de la basse. Je n'avais même pas d'ampli à cette époque, et des filles musiciennes dans des groupes de métal et de hardcore, il n'y en avait vraiment pas beaucoup.
Le premier concert que nous avons fait c'était en juin 1994, au centre culturel de la ville, en première partie de Mercyless. Je ne faisais pas la maline ! Sinon il y a eu d'autres concerts sympas, première partie de Madball en 95, sélection au Printemps de Bourges en 96, la deuxième édition du festival Megafolies en 96, l'échange culturel avec Gdansk en Pologne en 97...
Je jouais déjà avec Lionel Faucher, guitariste dans Endless Fall. Dès que ce groupe s'est arrêté, en 1998, nous avons continué et fondé Unsafe, au début avec le même batteur. Puis les musiciens ont beaucoup changé, seul Lionel et moi sommes restés jusqu'à aujourd'hui.
Ce mini LP a été bien accueilli dans la presse.
Et bien, il faudrait que je le réécoute... J'ai fait tellement de compos que j'en ai oublié une bonne partie, et dès que les albums sont sortis je ne les réécoute pas, je passe à autre chose. Celui-ci, je ne suis pas sûre que cela soit mon préféré. Et ce n’est d’ailleurs pas tout à fait le premier album car nous avions enregistré dix morceaux deux ans auparavant, que nous n'avons pas sortis.
Sinon pour un concert, nous avons pour objectif de reprendre un vieux morceau du cinq titres "Human Toxin" (2005), avec un ancien chanteur, Lucas. Et pour l'occasion j'ai réécouté celui-là, et je me suis dis que ça sonnait pas mal pour l'époque.
Oui, et la difficulté pour nous a été de trouver des musiciens constants, investis, performants... Bref, un peu comme dans beaucoup de groupes, en fait, et nous sommes perdus au milieu de la France... Ce n’est pas très grand ici (NDLR : UNSAFE est basé à Limoges), et ce n'était pas très évident. Comme le line-up n'arrêtait pas de changer, il fallait que l'on puisse avancer malgré tout, alors faire les compos, c'était le moyen de faire progresser le projet et de garder une certaine cohérence dans le style.
Lionel en a fait aussi quelques unes.
J'aime bien jouer de la basse. Je n'avais pas du tout prévu de faire du chant.
En 2011, nous avions un enregistrement studio planifié pour l'album “Masterpiece of the Absurd”, et six mois avant le chanteur arrête. Il fallait donc trouver quelqu'un en catastrophe. Ayant déjà passé un certain nombre de chanteurs de la ville, nous nous sommes dit qu’il serait plus pratique que quelqu'un du groupe s’y colle...

Et bien voilà, l'enregistrement de cet album a été très compliqué ! Notre dernier chanteur en date est parti six mois avant l’enregistrement, ce qui m’a laissé peu de temps pour me mettre au point. J'ai dû m'arracher pour tenter de faire une voix gutturale, et comme pour tout ce que j'ai fait dans la musique, je n'ai pas pris de cours, je me suis débrouillée toute seule... Bon avec le recul je trouve que là mon chant n'est pas super au point...
Et le batteur qui nous a fait faux bond après une journée de studio ! C’est Aaron Mac Lennahan, l’ingénieur du son chargé de l’enregistrement, un très bon batteur et bassiste, qui s’est proposé pour le remplacer au pied levé. Il a fait un super boulot. On ne pouvait communiquer qu'en anglais, c'est bien, ça nous a fait bosser la langue en même temps... même si pour les termes techniques, des fois, c'était un peu compliqué.
Pour cet album, nous avons procédé comme pour le précédent : enregistrement à la maison et mixage au Dôme Studio. En ce sens, “Enter Dark Places” est assez proche de “Evilution”, mais tout y est un cran au dessus. Je me suis même essayée pour la première fois à faire une intro avec un logiciel qui peut reproduire un orchestre symphonique.
Nous avons eu l’opportunité de signer avec un label danois, Mighty Music, qui nous a offert une bien meilleure distribution et promotion (Europe, U.S.A., Japon) grâce à laquelle nous avons eu des chroniques très positives dans de nombreux magazines étrangers.
Quant aux clips, nous faisons tout nous même avec très peu de moyens.
J'ai un côté impulsif quand je n'ai pas fait de guitare et de compos depuis un moment, car j'ai plein d'autres choses à gérer pour le groupe et d'autres projets, le boulot à côté... je dois m'y remettre et je me dis que je ne vais plus y arriver... Et là je fais de la guitare toute la journée, je trouve une compo, et après je fais ça tous les jours, sur mon temps libre. Du coup, ça va vite pour faire un album, mais je fais pas mal de morceaux et de riffs qui passent à la poubelle. Je suis bien influencée par les groupes que j'écoute à ce moment là, et comme je suis du style à rester bloquée six mois sur le même groupe à n'écouter que ça en boucle, cela m'inspire bien !
Pour les artworks, c'est un peu le hasard qui fait que je choisis telle ou telle idée avec ce que j'ai sous la main. Je fais des essais. Pour Mankind, j'avais pris des photos chez des amis collectionneurs, et je m'en suis servie dans le livret.
Question difficile ! Je me rappelle avoir trouvé un riff dans Endless Fall. J'ai commencé à faire des compos après pour Unsafe, mais je ne me rappelle pas de la première qui a certainement dû partir à la poubelle. Au début nous n'avions pas d'ordinateur, on jouait de la guitare au métronome et on s'enregistrait sur un magnétophone à cassettes pour se rappeler des riffs. Il fallait ensuite faire écouter cela aux autres musiciens en répète et tenter d'expliquer l'ambiance et le rendu recherché avec des mots. C'était beaucoup plus difficile. Maintenant les compos sont entièrement faites et enregistrées sur ordi, avec tous les instruments, avec le chant, sous forme de démo, ce qui donne une meilleure idée du morceau. Nous revoyons ça ensuite, au local. Les musiciens adaptent, modifient, rajoutent, enlèvent des éléments en fonction du jeu de chacun...
Après l'album “Evilution” nous nous sommes retrouvés à nouveau à deux, Lionel et moi. On se demandait si nous allions continuer à faire des répétitions. Je me suis dit que je pouvais bien faire un album toute seule (à part pour les solos guitare), et tant pis si on ne trouvait personne : cela ne m’empêcherait pas de produire quelque chose ! Du coup j'ai continué à bosser sur cet album. Mais entre temps, j'ai aussi participé à un projet de Metal féminin, Ashes Arise. Donc ça m'a pris un peu plus de temps pour terminer “Mankind”.
Puis sont arrivés dans Unsafe Luke Perry (guitariste) et Xavier Garrabos (batteur de retour). Nous avons donc sorti l'album, qui était déjà entièrement enregistré, (il ne manquait que les solos de guitare). Nous avons repris les répètes et les concerts, j'ai dû apprendre à jouer de la basse et faire le chant en même temps. Christophe Vivier est ensuite venu nous rejoindre pour me remplacer à la basse.
UNSAFE, Mankind (2019)Je suis encore bien marquée par les groupes que j'écoutais au début, et que je continue d'écouter : Carcass, Death, Napalm Death, Pantera, Slayer, Soilwork, The Haunted, Testament, Lamb of God... mais j'accroche bien aussi sur des groupes comme Beyond Creation, Necrophagist, Decapitated, Jinjer, Exhorder.
Ce qui me plaît dans les groupes que j'ai commencé à écouter dans les années quatre-vingt dix, c'est que leurs morceaux sont très accrocheurs, très efficaces. Bien qu'ayant une certaine complexité, à la première écoute, ils te restent dans la tête, ça sonne ! Je n'accroche pas trop à des styles rythmiquement trop simples et dépouillés, ou trop fournis, donnant parfois l'impression que c'est du collage de riffs. Tous ces groupes et d'autres comme Anthrax, Nevermore, Forbidden, King Diamond, Annihilator, Arch Enemy, Cannibal Corpse, Entombed, Machine Head (dans les premiers albums), Fear Factory, Voivod (je note ceux-la car ils sont dans la bibliothèque musique de mon ordi, ça m'évite de descendre voir dans le meuble à CD, mais il y en a plein !) ont des riffs qui tuent !
Ashes Arise c'est en projet en ligne à trois auquel j'ai participé avec deux Américaines : Amy et Emily.
L'objectif était de faire un album Metal entièrement réalisé par des femmes. Nous ne nous sommes jamais rencontrées, nous avons juste communiqué par messages écrits, en anglais ce qui a été compliqué, tout ça avec un décalage horaire de neuf heures...
Cela reste une très bonne expérience, je n'ai pas composé de morceaux dans ce projet, j'ai fait la prog. batterie, la basse, du chant guttural, le mix, les clips.
Le projet est en stand-by aujourd'hui, je ne pense pas que cela continue, j'ai basculé sur un autre projet maintenant.
Chaos Rising ça pourrait être pour moi un peu comme la suite du précédent projet mais en plus ambitieux. Au départ j'avais contacté Isa pour remplacer Emily au chant dans le projet féminin précédent, mais il n'avançait plus, alors je me suis dis qu'on allait créer quelque chose de plus vaste...
C'est donc un projet collaboratif international (en ligne), créé en 2019, ouvert à toute femme artiste intéressée par la musique Metal : musicienne, productrice, graphisme, écriture de paroles, promotion, vidéo… Nous travaillons en équipes pour composer des morceaux dans différents styles de Metal. Chacune peut s'investir dans ce qui lui plaît, participer à une seule ou plusieurs compos, changer de style, d'instruments...
Ce qui est intéressant c'est que cela bouge tout le temps, cela demande de pouvoir s'adapter, passer d'un instrument à l'autre ou d'un style à l'autre pour celles qui le souhaitent. Je bosse en ce moment avec une équipe de Metal mélodique et deux équipes de Death/Thrash Metal. J’aime beaucoup l'idée : cela permet de bien progresser et d'échanger avec plein de monde, chacune ayant sa vision du style... C'est très enrichissant ! Par contre cela demande beaucoup de rigueur, et d'avoir de bonnes bases techniques. Chacune doit pouvoir maîtriser son domaine, savoir s'enregistrer proprement au clic, avoir un bon niveau de pratique permettant de produire quelque chose de qualité...
Voici les musiciennes qui ont déjà participé à des compos :
Isa Lçn (chant & textes), France - Mel Most (guitare, basse, textes), France - Audrey Gardenat (batterie), France - Tina Grusch (basse & graphisme), Allemagne - Anika Ov Moseberg (chant & textes), Allemagne - Britta Görtz (chant & textes), Allemagne - Barbara Teleki (guitare, solos), UK.
D'autres participantes s'ajoutent petit à petit.
Dans un premier temps, pour faire avancer le projet, je passe d'un poste à l'autre lorsqu'il manque quelqu'un : compos, guitare, basse, chant, paroles, prog. batterie, mixage, clips... Mais au fur et à mesure que vont s'ajouter des participantes, je me recentrerais sur la compo à la guitare.
Le but est de proposer une actu régulière de notre travail, et tout ça réalisé uniquement par des femmes.
Si d'autres filles sont intéressées, il est possible de nous contacter sur nos pages.
Pour moi question création, confinement ou pas, cela ne change pas grand chose : je compose, je bosse sur un élément de mes différents projets pendant la majeure partie de mon temps libre depuis plusieurs années, et j'ai un travail à côté. La limitation des déplacements me permet quand même d'avoir un peu plus de temps ; les journées s'organisent autrement.
Nous allons continuer à présenter et mettre en ligne petit à petit des nouveaux morceaux avec Chaos Rising, deux morceaux des équipes Death/Thrash sont quasiment finis, plusieurs autres sont en préparation. Isa et Mel sont très productives, on ne va pas tarder à avoir l'équivalent d'un album !
Nous commençons aussi à réfléchir à des morceaux pour un prochain album d'Unsafe. Luke (guitariste) a de très bonnes idées de compos, et Lionel aussi va contribuer. J'en ferai moins qu'avant, ce qui va permettre de diversifier et d'enrichir le style du groupe.
Enfin je bosse aussi la basse pour le groupe Syrinx, de Rémi Tharaud (guitare/chant) et Mehdi Ghiani (batterie). Un nouvel album est en préparation, et c'est très bien, tout ça !
Je vais prendre un classique et une production plus récente : Carcass “Heartwork” et Beyond Creation “Earthborn Evolution”...
Un grand merci pour ton soutien !
STEPHANIE NOLF (Unsafe) : L'interview CHAOS RISING.
Le 14/10/2023
« Les femmes n’étant pas très présentes dans ce style de musique, je me suis dit que je pouvais essayer de monter un projet entièrement féminin et de voir jusqu’où cela pourrait aller. »
Frontwoman de Unsafe (qui sortira un best-of en novembre 2023), Stéphanie Nolf s'est lancée depuis quelques années dans Chaos Rising, un projet au style large qui réunit des musiciennes de toutes nationalités, du Chili à la Russie, des U. S. A. à l'Allemagne, autour de la musique Metal.
Le concept a près de quatre ans d'existence. Nous avons eu envie d'en savoir plus...
Ahasverus : Stéphanie, comment est née l'idée de Chaos Rising et qu'est-ce qui t'intéresse dans ce projet ?
Stéphanie Nolf : J’ai créé Chaos Rising en 2019. C’est un projet entièrement féminin qui produit des morceaux de musique métal.
Je joue depuis 1994 dans des groupes de métal où je suis la seule femme. Les femmes n’étant pas très présentes dans ce style de musique, je me suis dit que je pouvais essayer de monter un projet entièrement féminin et de voir jusqu’où cela pourrait aller. Pour que cela puisse avancer, il fallait faire un projet international pour obtenir plus de chances de trouver des musiciennes dans des styles de métal diversifiés et avec un niveau technique satisfaisant. Il fallait aussi que je sois capable d’occuper tous les “postes” du projet, de la composition à l’interprétation, la production et la diffusion de morceaux pour pouvoir faire en sorte que ce projet soit entièrement féminin lorsqu’il manquait du personnel. Ce n’est pas toujours évident de trouver les personnes qu’il faut.
Ahasverus : Comment procèdes-tu pour trouver des contributrices ?
Stéphanie Nolf : Au départ j’ai contacté des musiciennes un peu au hasard en utilisant les réseaux sociaux, puis d’autres m’ont contactée dès que nous avons commencé à sortir les premiers morceaux. Je continue à chercher des musiciennes car nous produisons différents styles : death, thrash, heavy, symphonic, indus, doom, progressif, mélodique… et la plupart sont spécialisées dans certains styles, du coup il y a régulièrement de nouvelles musiciennes qui collaborent au projet. Certaines ne collaboreront que sur une seule chanson, c’est un projet ouvert en constante évolution. Sinon à part des musiciennes, je cherche des personnes spécialisées en promo et communication qu’on pourrait intégrer à une équipe. C’est un poste vacant quasiment depuis le début du projet, il faut que je bosse aussi la dessus et ça fait beaucoup de boulot ! Si quelqu’un est intéressé pour nous aider à promouvoir le projet, n'hésitez pas à nous contacter !
Ahasverus : Quel est le cahier des charges que tu proposes à tes collaboratrices ?
Stéphanie Nolf : Jusqu’à présent j’ai beaucoup insisté sur le côté technique des enregistrements, je pense qu’il faut que ce soit bien en place et correctement interprété. J’ai déjà fait réenregistrer des parties lorsque ce n’était pas assez rigoureux ou demandé à retravailler une ligne de chant, recalé des prises au mix pour que cela soit bien sur le clic… Pour le concours de composition, les chanteuses ont tout fait seules de manière autonome et pour les deux prochains morceaux qui vont sortir, je ne suis pas intervenue sur la mise en place ou la composition, j’ai laissé les équipes se débrouiller sans moi. Le projet me demande énormément de travail et maintenant je ne peux plus être partout.
Ahasverus : Comment pratiques-tu en général pour la construction des morceaux ?
Stéphanie Nolf : Lorsque c’est moi qui compose, je réalise une démo avec la guitare, basse, batterie enregistrées afin de donner aux musiciennes une idée du style et de voir si le morceau leur plaît. Ensuite chacune l’arrange à sa manière et on travaille ça en équipe. On s’échange nos idées, chacune s’enregistre et lorsque toute l’équipe est d’accord sur la version finale, nous enregistrons tout au propre et je travaille sur le mix. Nous communiquons en anglais, ce n’est pas toujours évident. Il est aussi possible de composer un morceau à partir d’une piste batterie envoyée par une musicienne, ou d’une ligne de chant.
« J’aime l’idée de pouvoir donner une voix à celles qui ne peuvent pas toujours faire ce qu’elles veulent. »
Ahasverus : Je suis Chaos Rising peu ou prou depuis sa création et je me souviens particulièrement de la contribution de Benni Giel sur le morceau « Limbo ». Le Metal est comme une mauvaise herbe, il réussit à pousser même dans des pays où des convictions religieuses ou morales l'ont rendu indésirable. As-tu un souvenir particulier de cette contribution ?
Stéphanie Nolf : Je suis très contente que Benni Giel puisse participer, nous continuons à travailler ensemble, son investissement donne du poids et de l’envergure au projet. J’aime l’idée de pouvoir donner une voix à celles qui ne peuvent pas toujours faire ce qu’elles veulent ainsi que le mélange de cultures et de pays, (Chili, Russie, Argentine, France, USA, Australie, Allemagne, Brésil, Suisse, U.K., Italie…) c’est très enrichissant. On se rend compte que le métal est présent un peu partout.
Ahasverus : Quel est le morceau de Chaos Rising qui t'a le plus marquée et pourquoi ?
Stéphanie Nolf : Je dirais le morceau « Altered Reality » composé par Victoria Villarreal (guitare). Carolina Perrez est à la batterie et je suis à la basse et au chant. C’est un des plus techniques que nous ayons produit, pour moi il était très difficile à jouer, ça m’a fait du bien de repousser un peu mes limites. J’aime bien travailler avec des musiciennes qui ont un bon niveau technique, c’est très carré et cela permet d’avancer de manière plus efficace.
Ahasverus : Au cours de tes échanges, y a-t-il une artiste qui t'a particulièrement impressionnée ?
Stéphanie Nolf : Victoria Villareal (guitare, USA) est vraiment douée et on a les mêmes influences, du coup j’aime beaucoup son style et sa rigueur, c’est très travaillé, ses compos sonnent vraiment pro. J’ai aussi été très impressionnée par Melani Hess (chant, Argentine) pour le morceau « Army of Chaos », elle m’a envoyé un seul enregistrement, c’était pile dans le style attendu avec une parfaite maîtrise du chant. Enfin je peux aussi dire que Benni Giel, dont nous parlions plus haut, est à féliciter pour son courage et sa détermination, elle a un très bon niveau et elle est plus investie dans le projet que beaucoup d’autres qui ont pourtant plus de liberté.
La guitariste Victoria Villareal
Ahasverus : J'ai noté que tu as joué avec Unsafe cet été. Où en es tu avec ce projet ?
Stéphanie Nolf : Pour célébrer les vingt-cinq ans du groupe, nous allons bientôt sortir une sorte de Best of qui compile un morceau de chacun de nos albums depuis 1998. Ces morceaux viennent d’être réenregistrés, parfois modifiés. On trouvait qu’il serait intéressant de les entendre avec un son plus actuel. J’ai dû modifier des lignes de chant car ce n’était pas moi qui chantais sur nos quatre premières productions, il y a des styles de chant que je ne peux pas refaire. On peut voir la progression du groupe en termes de style et de composition, c’est très intéressant de se repencher sur des morceaux qui ont vingt-cinq ans ! Ça m’a donné l’occasion de ré-écouter notre premier enregistrement qui date de 1998 et qui est sur K7 audio ! j’avais oublié ces morceaux. Nous travaillons aussi sur un nouvel album dont les compos sont presque terminées. On le sortira l’année prochaine. Il faut que j’enregistre et que je mixe tout ça, ça fait beaucoup de travail !
Ahasverus : Un mot sur la scène de Limoges ?
Stéphanie Nolf : Je ne sais pas trop quoi dire, j’ai le sentiment que cette scène ne se renouvelle plus vraiment, je ne connais pas de nouveau groupe de métal avec des jeunes. Même aux concerts, le public ne rajeunit pas beaucoup, cela semble s’essouffler un peu. Mais peut-être que je ne sors pas aux bons endroits… Sinon pour jouer, trouver des dates, ça reste toujours très difficile pour nous, comme on se débrouille tout seul pour tout depuis longtemps, n’ayant pas d’autres choix, c’est très galère…
Unsafe au festival d’Execution Management le 04/12/2021 - CCM John Lennon, Limoges.
Ahasverus : Ton actualité dans les prochains mois ?
Stéphanie Nolf : J’ai enregistré à la basse une cover qui m’a demandé de gros efforts et de l’entraînement, ça m’a obligé à prendre un peu de temps pour travailler mon instrument ce qui est une bonne chose, ce sera avec des musiciennes, cela va bientôt sortir. Le Best of d’Unsafe va aussi sortir en novembre. Je travaille également sur d’autres choses quand il me reste un peu de temps, je vais voir ce que j’arrive à faire avancer.
Ahasverus : Merci Stéphanie d'avoir répondu à mes questions.
Stéphanie Nolf : Merci à toi pour cette interview !
OSLO TAPES annonce un quatrième album
Le 13/10/2023
« Staring at the Sun Before Goin' Blind », le quatrième album du collectif Oslo Tapes, sortira début décembre 2023.
Oslo Tapes est un projet fondé par Marco Campitelli.
Originaire de Lanciano, sur la côte méridionale de la mer Adriatique, il crée Oslo Tapes au début des années 2010, à son retour d'un voyage marquant dans la capitale norvégienne. Sous l'influence de cette expérience et dans l'intention de capturer l'atmosphère mystique de la Norvège, il compose et produit en une semaine le premier album d'Oslo Tapes, « OT (un cuore in pasto a pesci con teste di cane) » (DeAmbula Records) en collaboration avec son ami Amaury Cambuzat (faUSt/Ulan Bator). En 2015, Mauro Spada et Federico Sergente (anciennement Zippo et Death Mantra For Lazarus) se joignent à lui pour créer le deuxième album « Tango Kalashnikov » (DeAmbula Records). En 2021, le collectif Oslo Tapes, avec Davide Di Virgilio remplaçant Sergente, présente « ØR » (Pelagic Records), qui reçoit de nombreuses critiques positives et leur permet de se produire sur de prestigieuses scènes européennes, notamment au Roadburn Festival en 2022.
« Staring at the Sun Before Goin' Blind », le nouvel album, est imprégné d'émotions qui suscitent la confusion et l'inquiétude. Ces émotions sont parfaitement représentées par le premier single-clip dévoilé par Oslo Tapes, « Deja Neu ».
Cette composition, à mi-chemin entre la musique cinématographique et la musique rituelle, est basée sur des trames ethno-kraut superposées à des motifs rythmiques hypnotiques, dans une montée en puissance d'ornements psychédéliques et d'intensité. Le single est accompagné d'une vidéo troublante conçue par les artistes visuels Nicola Antonelli et Marco Di Battista, respectivement dans les rôles de performeur et de réalisateur du film. Ils vous invitent à plonger dans un espace où l'homme est une reconstitution constante et sinistre de la nature.
« Deja Neu », tout comme le reste de l'album, a été produit par Amaury Cambuzat, membre historique de faUSt et Ulan Bator, co-auteur des morceaux et des arrangements avec Marco Campitelli.
« Staring at the Sun Before Goin' Blind » sera disponible le 01/12/2023 aux formats vinyle, CD, cassette et numérique.

QUINTANA, I wish that you’d never been there (clip)
Le 13/10/2023
Après « Go Ahead! » et « Crazy », Piero Quintana vient de proposer un nouveau clip extrait de son album « One Of Us » qui sortait le 16/09/2022 sous le nom de son projet en solitaire nommé Quintana Dead Blues eXperience.
Son choix s'est porté sur le titre « I Wish That You'd Never Been There », quatrième piste de l'album.
Dirigé par Rémi Guirao ce clip fait la part belle aux images d'archives de concerts donnés par Piero durant sa carrière, lui qui a vécu plusieurs vies artistiques depuis son premier disque en 1991, de Quintana Roo au Quintana Dead Blues eXperience en passant par Liga Quintana et quelques autres figures à géométries variables, portant sa musique aussi bien en quatuor que seul en scène, se produisant dans des festivals devant des milliers de personnes comme dans les salles les plus intimes, avec toujours la même générosité.
« I Wish That You'd Never Been There » est un morceau que Piero Quintana estime révélateur de sa personnalité. Il puise son inspiration et ses mélodies dans les racines les plus profondes du blues dont il enrobe la pudeur et la souffrance d'un rock stoner bien lourd, histoire de marquer les esprits plus fortement encore.
« I Wish That You'd Never Been There est un morceau qui sort un peu de ce que je fais habituellement, raconte Piero, mais en même temps qui me ressemble beaucoup. Avant même l'enregistrement, et même dès la composition, je savais que ça serait un titre important pour moi, avec de l'intensité, de l'émotion, un côté classieux mais sauvage. J'avais envie qu'il existe encore plus et je l'avais choisi comme troisième single de l'album One of Us sorti fin 2022. Le clip permet un côté intimiste en parallèle avec des images d'archives de concerts de plusieurs décennies. »
Galvanisé par les milliers de kilomètres d'asphalte avalés en France et ailleurs, Quintana trace la route avec une énergie toujours bien présente. À l'instar de James Dean qui, dans « La Fureur de Vivre », lançait son coupé Mercury vers le précipice, en concert Piero se jette corps et âme à la recherche de sensations inédites desquelles la transe n'est jamais loin. Normal, en somme, pour qui a fait du rock sa religion... Les archives d'une vie dédiée à la scène choisies pour réaliser ce clip en sont le vibrant témoignage !

SADISTIC FORCE (thrash metal), Midnight Assassin (13/10/2023)
Le 13/10/2023
« Midnight Assassin » vous replongera à une époque où speed metal, punk et heavy entraient en collision pour donner naissance à un nouveau courant du Metal.
Par Ahasverus
Sadistic Force est né en 2020 à Austin, (Texas) sous l'impulsion du chanteur/guitariste James Olivier. Déjà très actif, ce projet, qui combine des éléments thrash, black et speed metal, ne compte pas moins de cinq opus en trois ans.
Son premier EP, « Pain, Sex, and Rapture », est publié en 2021. James Oliver s'est alors associé avec un percussionniste crédité sous le nom de Hell Troll. Le duo revient peu après avec un deuxième EP, « Black Moon Sadism ».
Après cette sortie, James Olivier cherche à étoffer son line-up. Il recrute sur la scène d'Austin le bassiste Blaine Dismukes et le batteur Jose Alcaraz. C'est donc en formule trio que Sadistic Force enregistre « Aces Wild », son premier album, qui lui servira de base pour effectuer une tournée de onze dates au Royaume Uni.

SADISTIC FORCE par NecroBlanca Photography
À peine quatre mois plus tard, les trois musiciens combinent leurs talents avec le groupe Hellrot, basé à Tijuana (Mexique), sur un split-EP de quatre chansons, intitulé à juste titre « Sadistic Rot ».
Le 13/10/2023 Sadistic Force revient pour un deuxième album, « Midnight Assassin », entièrement composé par James Olivier, à l'exception d'une cover du groupe Electrocutioner (« The Unseen Force »). James Oliver explique s'être totalement immergé dans le processus d'écriture, dévorant d'innombrables heures de slasher movies des années 80 et de true crimes pour trouver l'inspiration. « Midnight Assassin est un disque imprégné de sang et de terreur », déclare-t-il à propos de cet album positivement sinistre.
Musicalement, « Midnight Assassin » prend sa source au tout début des années 80, et il vous replongera à une époque où speed metal, punk et heavy entraient en collision pour donner naissance à un nouveau courant du Metal.
L'album a été enregistré par J. Petri et mixé par Noah Buchanan au Mercinary Studios d'Avon, (Ohio).
Joel Grind a pris en charge le mastering.
Quant à l'artwork, il est signé Timbul Cahyono.
