- Accueil
- Nos articles
Nos articles
GHOST - La cerise sur le sapin
Le 12/12/2023
Par Pépé Stakatto
Après une année bien chargée, que ce soit sa tournée mondiale de cinq mois sur les quatre continents et la sortie de sa mini-galette de reprises (« Phantomine »), Ghost dévoile sa surprise de fin d’année à savoir un sublissime Best Of sobrement baptisé par son Eminence Tobias Forge, « 13 Commandments ».

Cerise sur le sapin, cette compilation comprend, outre les onze perles incontournables de sa discographie, la reprise d’Iron Maiden « Phantom of the Opera », mais surtout le bonussissime « Zenith » qui n’était jusqu’alors disponible que sur la version scandinave de l’album culte « Meliora » !
Si cependant « 13 Commandments » est disponible en digital sur toutes les plateformes numériques, il n’y a pour l’instant aucune date quant à une sortie en physique…
Tracklist :
01.Square hammer
02.Year zero
03.Mary on a cross
04.Call me little sunshine
05.Darkness at the heart of my love
06.Danse macabre
07.Rats
08.Spillways
09.Cirice
10.If you have ghosts
11.He is
12.Zenith
13.Phantom of the opera.
Emma's Backstage Story : THE ROLLING STONES
Le 08/12/2023
Avril 1976, Pégomas, près de Mougins, France, centre du monde, du monde du Rock, pour quelques jours.
Les Rolling Stones au grand complet y répètent dans la propriété du « tour manager ». Vous souhaitez les y rencontrer ? Suivez-moi….
Le portail s’ouvre. L’entrée discrète ne laisse pas présager de ce qui se passe à l’intérieur et l’étroite allée enserrée de verdure qui mène à la maison vous laissera le temps de calmer vos battements de cœur.
Ambiance James Bond, une voiture barre l’accès, un solide gaillard, genre road-manager, vous demande, méfiant, ce que vous venez faire ici, interrogation au QG avec le talkie-walkie, attente, acceptation, vous pouvez entrer (on va dire que oui hein, sinon la chronique va être courte...).
Dans la cour, des motos, deux Ferrari. On n'est pas à l’Armée du Salut. Pas de doute. L’esprit familial qui règne dans la maison est très différent de l’accueil extérieur. Marlon, sept ans, le fils de Keith qui est arrivé à la propriété après les autres, court dans tous les sens. Les Stones sont là pour travailler et mettent au point le répertoire de ce « Tour of Europe », si important. Leur album « Black and blue » est sorti en avril, cette même année. Beaucoup de musiciens sont intervenus sur l’enregistrement de cet album, certaines prises ont été gardées, d’autres pas, comme celle avec Jeff Beck. Mick Taylor venant de quitter le groupe, les Rolling Stones se sont retrouvés sans second guitariste. L'enregistrement de « Black and Blue » a agi comme une sorte d'audition pour de nouvelles recrues. Ainsi, c’est Wayne Perkins à la guitare sur « Fool to cry », Jagger y jouant du piano électrique et Nicky Hopkins du piano acoustique et du synthétiseur à cordes.
Peu de Rolling Stones pur dans cet album, dit Mick Jagger lui-même. Enregistré aux studios Musicland, à Munich, « Black and Blue » est bien plus funky, reggae que l’album « Goats Head Soup », enregistré, lui, en Jamaïque, sans la moindre influence reggae. Étonnant. Deux semaines en Jamaïque en 72 ont-elles pu influencer un album en 76 ? L’effet retard peut être... Faut laisser poser… The Meters, groupe très funky, n’ont peut-être pas fait la première partie des Stones en mai 1976 pour rien….
Derrière les murs d’une maison du Sud de la France où se cache un groupe mythique, se préparent les futurs concerts dont celui de juin 1976 à Nice, pour lequel on pourra lire les gros titres sur Nice Matin : Les « Rolling Stones » à Nice. 20000 fans, 2h de concert, 10 blessés.
Le journal finira par comptabiliser trente spectateurs hospitalisés dont certains dans un état jugé sérieux. Les « Hell’s Angels » avaient encore sévi, provoquant une bagarre d’une violence inouïe, comme à Altamont, Californie en 69, où un jeune le paya de sa vie. La drogue et l’alcool firent pas mal de ravages aussi ce soir là. Lorsque Jane Austen, auteure du début du XIXe siècle décrivait le vrai style anglais en désignant cette apparente indifférence devant tout attachement, ce mépris du jugement d’autrui, elle ne pensait pas si bien décrire ce que les Stones disaient d’eux mêmes : « Nous vivons selon nos propres codes de comportement, sur nous tout glisse. »
DUMMY TOYS - La poupée qui fait non
Le 08/12/2023
« Peut-être que les gens étaient venus à notre show parce qu'ils étaient curieux de voir jouer un groupe chinois. Mais la prochaine fois, je crois qu'ils viendront voir notre performance parce qu'ils aimeront les Dummy Toys ! »
DUMMY TOYS par Passenger 21. De gauche à droite : Quin, Xiaoniao, Huanzi et Qing
Elles ont un look étonnant et un nouvel album (« War Is Nightmare ») détonnant et leur tournée européenne devrait les voir fouler les scènes françaises en mai 2024. Voici une interview de Huani, Qing, Quin et Xiaoniao, du groupe de punk-rock chinois DUMMY TOYS.
Interview réalisée par mail par Ahasverus en novembre 2023.
Ahasverus : Bonjour Dummy Toys. Quand est née votre formation et quel est le line-up du groupe ?
Xiaoniao (guitare) : DummyToys s'est formé en 2015. Quin est au chant, Huanzi à la basse, Qing à la batterie et je suis à la guitare.
Ahasverus : Comment le groupe s'est-il construit ?
Xiaoniao : A l'origine c'était une suggestion de Liyang, un membre de Demerit, un groupe punk chinois. . Nous les filles, nous étions toujours ensemble, c'était une relation sympa et nous avons pensé que nous pourrions simplement former un groupe. De mon côté j'ai toujours voulu faire partie d'un groupe StreetPunk/Hardcore.
Huanzi (basse) : Oui, même chose pour Qing, qui a toujours voulu avoir un groupe exclusivement féminin. Quant à moi, je jouais déjà dans un groupe avec Xiaoniao au lycée. alors je me suis naturellement retrouvée dans Dummy Toys. Enfin Quin, notre chanteuse, venait elle aussi d'un autre groupe de trois filles.
« L'éducation vous incite à faire ce que les autres aimeraient que vous fassiez, et beaucoup de gens finissent par s'y perdre. »
Ahasverus : En 2020 vous réalisez votre premier album, « Not a Puppet ». Pourquoi ce titre ?
Xiaoniao : « Not a Puppet » est l'une des chansons de cet album et nous avons utilisé son titre pour nommer notre premier opus. En grandissant, nous entendions trop souvent des réflexions comme « Vous devriez faire comme ceci » ou « Ceci est bon pour vous et cela est mauvais ». L'éducation vous incite à faire ce que les autres aimeraient que vous fassiez, et beaucoup de gens finissent par s'y perdre. Ils vivent comme les autres veulent qu'ils vivent, aussi je voulais souligner l'importance du « soi » à travers cette chanson, en se questionnant soi-même sur ce que l'on veut, en pensant au genre de personne qu'on voudrait devenir, en n'ayant pas peur de ce que l'on veut être, et surtout en ne devenant pas le genre de personne qu'on déteste. Ne soyez pas la marionnette des autres !
Huanzi : Je ne veux pas être enchaînée, je ne veux pas être contrôlée.
Quin (chant) : Ne pas être un pantin. Nous devons toujours penser et faire nos choix par nous-mêmes, sans suivre le troupeau.
Qing (batterie) : La marionnette n'a pas d'âme, elle peut n'être qu'une matière dans les mains des autres. Mais l'être humain est fait de chair et de sang, avec des pensées et des émotions, avec des attitudes et une conscience de soi. Et la musique est notre manière de nous exprimer car nous sommes des êtres humains. Ne soyez pas une marionnette.

Ahasverus : L'artwork de « Not a Puppet » est une poupée martyrisée...
Xiaoniao : Je pense que c'est une poupée qui se libère de l'esclavage.
Quin : Oui, on se blesse toujours en brisant ses chaînes.
Qing : C'est une poupée martyrisé mais déterminée et forte à l'intérieur.
Ahasverus : L'album « Not a Puppet » est assez hardcore musicalement, mais la chanson « Anti Sweet Girl » m'a fait penser au groupe de rock britannique The Clash, alors que « DMC Baby » me rappelle les premiers albums de Blondie.
Xiaoniao : Oui, haha ! Ils sont différents. Pour « Anti Sweet Girl » nous avions soudainement voulu quelque chose de différent, c'est sorti comme ça et nous l'avons enregistré. « DMC Baby » est une chanson pour les enfants, et aussi pour nos propres enfants. Dmc est un club de punk où nous allons souvent nous produire. On peut dire que les enfants grandissent et viennent dans notre monde comme des anges. Nous pensions donc que cette chanson devrait être entraînante.
Huanzi : « Anti Sweet Girl » est ludique et « DMC Baby » a une mélodie entraînante.
Quin : A chaque fois que je commence à chanter « DMC Baby », les petites frimousses des enfants des autres membres du groupe me viennent à l’esprit et je sens mon coeur rempli d'amour ! (Rires)
Ahasverus : En 2023, vous avez sorti votre nouvel album, « War Is Nightmare ». Pourquoi ce titre ?
Xiaoniao : « War is Nightmare » est aussi le titre d'un morceau très important dans l'album. Nous avons toujours voulu écrire une chanson sur la guerre. Nous pouvons parfois entendre des avis favorables à la guerre, ce qui nous inquiète beaucoup car la guerre est toujours terrible. On peut lui donner toute sorte de justifications, mais de quelle justice s'agit-il ? Nombre de personnes ont perdu la vie, nombre de familles ont été détruites, et les gens qui subissent la guerre vivent dans la peur chaque jour. Les justifications ne peuvent effacer la perte d'un être cher. Bien après que la guerre soit terminée, les gens qui l’ont vécue sont réveillés par des cauchemars. Parce que la guerre elle-même est un cauchemar.
Qing : Regardez notre Terre, des guerres se produisent partout, entre pays, entre organisations, entre groupes ethniques, entre personnes... C'est un énorme cauchemar pour tous ceux qui aiment cette planète. Même si nous ne pouvons pas arrêter tout cela, la guerre n'est pas la seule voie en ce monde.
Ahasverus : « War Is Nightmare » a-t-il été réalisé dans les mêmes conditions que « Not A Puppet » ?
Xiaoniao : Oui, ce sont tous deux des productions à bas coût, et nous avons été aidées par de nombreux amis. Nous les en remercions beaucoup !
Quin : Nous avons enregistré la guitare et la basse chez un ami, le chant et la batterie dans le studio d’un autre ami. Et nous avons eu recours au même mixage pour les deux albums car l'ami qui s'est occupé du mixage est un technicien exceptionnel et il nous a très bien compris. Nous avons fait de notre mieux. Et, heureusement, même s'il s'agit d'une production à faible coût, nous avons obtenu de bons résultats.
Qing : Les deux albums ont été enregistrés à Qingdao dans des conditions très simples. Nous avons reçu beaucoup d'aide et nous remercions tous ces amis.
Ahasverus : « War Is Nightmare » est bien plus hardcore que votre premier album. J'ai pensé au groupe de thrash metal Slayer en en écoutant cet album ! Quels sont les artistes qui influencent Dummy Toys aujourd'hui ?
Xiaoniao : Il y en a tellement... Monster Squad, Cheap Sex, Demerit, Crude S.S., Tragedy, etc. Ils ont tous une grande influence sur notre musique.
Ahasverus : Comment avez-vous construit les dix pistes qui apparaissent sur le nouvel album et la pandémie a-t-elle eu une influence sur votre façon d'écrire les chansons ?
Xiaoniao : L'épidémie n'a pas affecté notre manière de créer. J'écrivais d'abord mes nouvelles idées et de nouveaux chapitres seule, puis on continuait à créer ou à modifier les morceaux toutes ensemble. C'est juste qu'à cause de la pandémie nous ne pouvions pas nous réunir chaque semaine. Je continue à penser que les meilleures idées naissent quand nous sommes ensemble.
Ahasverus : « Bus Of Death », avec ses choeurs, est un véritable hymne. J'imagine que le pit est en feu quand vous jouez cette chanson sur scène !
Xiaoniao : On a sollicité de nombreux amis pour enregistrer « Bus Of Death » Je me rappelle encore de cet enregistrement... Même si les paroles sont tristes, c'est un très beau souvenir. Beaucoup de gens aiment cette chanson, et j'espère que de plus en plus viendront la chanter avec nous quand nous la jouerons sur scène à l'avenir.
Huanzi : J'aime aussi cette chanson. Elle est solennelle et remuante, et je me sens toujours en mouvement quand on la joue, il est facile de se laisser porter.
Quin : En fait, peu importe à quel point je me sens puissante ou pleine de colère quand je chante une chanson, dès que je commence à entonner « Bus Of Death » un immense sentiment de tristesse m'envahit
Ahasverus : Votre musique est agressive, mais j'ai été tout autant impressionné par les paroles de vos chansons, qui sont très élaborées. Loin du trip classique « Sex, drug, Rock N' Roll », vos textes sont explicitement humanistes. L'engagement fait-il partie de l'identité du groupe ?
Xiaoniao : Les paroles de chacune de nos chansons reflètent l'état d'esprit et les idées que le groupe veut exprimer. Nous voulons parler au monde, discuter de ce qui nous concerne, remettre en question et critiquer l'injustice, c'est ça qui nous motive.
Qing : Nos chansons reflètent toujours nos pensées.
« Do not believe in what you see!
With everything in their control
They made you be willing to live in dreams
The dreams that full of fuckin’ lies! »
Disaster
Ahasverus : Le sens d'un texte tel que « Disaster » est universel et pourrait s’appliquer à de nombreux régimes totalitaires, passés ou présents…
Xiaoniao : Oui, cela s'applique au passé comme au présent, et cela convient à n’importe quel régime. Face à un « fléau », on se retrouve piégés. On est en panique et on ne sait pas où est la vérité ; et la vérité paraît plus difficile à affronter que le fléau lui-même. Ce qui est terrible aussi c'est qu'à un moment donné tout sera oublié. Ca deviendra du passé, et il n'en restera plus que des phrases dans les livres d'histoire. Et quand surviendra le fléau suivant, les gens ne sauront toujours pas quoi faire...
Ahasverus : Dummy Toys commence à susciter de l'intérêt hors de Chine. Quels sont les pays où votre musique est bien reçue et comment percevez-vous cet enthousiasme ?
Xiao niao : En fait, nous ne savons pas dans quels pays nous sommes populaires, haha ! Mais quand nous avons tourné en Europe et au Rebellion Festival, au Royaume-Uni, tout le monde était vraiment enthousiaste. Nous étions très heureuses. Beaucoup de gens nous disaient qu'ils comprenaient ce que nous chantions et qu'ils s'y retrouvaient. Nous étions très émues. Cette fois-là peut-être que les gens étaient venus à notre show parce qu'ils étaient curieux de voir jouer un groupe chinois. Mais la prochaine fois, je crois qu'ils viendront voir notre performance parce qu'ils aimeront les Dummy Toys ! (Rires)
Quin : Beaucoup de gens m'ont dit après notre show : « Oh, on ne savait pas qu'il y avait des groupes comme ça en Chine, vous êtes tellement bons. » J'ai toujours apprécié ces compliments mais je leur ai assuré qu'il y avait beaucoup beaucoup de bons groupes en Chine.
DUMMY TOYS par Passenger 21
Ahasverus : En 2023, que signifie être un punk-rocker en Chine ?
Qing : Pour moi, le punk signifie aimer ce que l'on aime et lutter contre ce que l'on déteste.
Xiaoniao : Le punk est en fait une niche très spécialisée en Chine, et 2023 semble vouloir se faire encore plus difficile. Le punk devra trouver sa propre voie pour survivre.
Ahasverus : Qu'allez vous faire en 2024 et avez-vous des projets en Europe ?
Xiaoniao : Nos amis Rico et Anita commencent déjà à nous aider pour planifier une tournée européenne en mai 2024. Nous irons en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, en Belgique, en Suède, au Danemark, en République Tchèque, en Pologne, et également sur un festival de musique en Espagne et au Royaume. On tournera pendant un mois.
Quin : Nous serons aussi à l'affiche du Rebellion Festival 2024 !
Ahasverus : Comment peut-on se procurer votre nouvel album en Europe ?
Xiaoniao : Nos disques vinyles sont désormais disponibles sur notre Bandcamp comme chez certains disquaires en Europe, voire à New York. La prochaine fois nous en emporterons quand nous irons jouer en Europe et nous vendrons nos albums après nos concerts !
Huanzi : Nos vinyles sont disponibles à l'étranger via Laibixi Records (Allemagne-Leipzig)、DIY Kolo Records (Pologne-kolo)、Genjing Records (États-Unis/Chine)、Tmom Records (Allemagne-Berlin).
Ahasverus : Un grand merci, Dummy Toys, d'avoir pris le temps de répondre à cette interview.
Dummy Toys : Merci beaucoup !
COBRA SPELL (heavy metal), 666 (01/12/2023)
Le 30/11/2023
Avec un talent grand comme les cheveux de Roxy Herrera, Cobra Spell impose un album de heavy efficace jusque dans son moindre détail.
Par Ahasverus
C'est avec le groupe Kiss que Sonia Anubis découvre le Metal à l'âge de quatorze ans. Sonia commence alors son parcours de musicienne autodidacte. Inspirée par Gene Simmons, elle jette son dévolu sur la basse et elle oeuvre au sein de diverses formations métalliques. Elle tient son premier poste de guitariste en 2017 au sein de Jackal, puis (on vous la fait courte) rejoint les Suissesses de Burning Witches de 2018 à 2020, ainsi que le groupe de death metal brésilien Crypta de 2019 à 2022. Si elle sait aussi jouer du synthétiseur, c'est à la guitare lead qu'elle établit sa réputation.
Parallèlement, en 2019, notre jeune Hollandaise (elle n'a que vingt-et-un ans) fonde son propre groupe. Il s'appelle Cobra Spell. Officiant dans un registre heavy 80's (on parle aussi de sleaze rock), Cobra Spell enregistre deux EP très respectables. « Love Venom » est réalisé en 2020, avec Sonia Anubis et Sebastian Silva aux guitares, Alexx Panza au chant, Angelina Vehera à la basse et Mike Verhof à la batterie. « Anthems Of The Night » suit en 2022. Sonia est à la guitare lead, Esmée van Sinderen à la guitare rythmique, Alexx Panza encore au chant, Angelina Vehera toujours à la basse, et le Français Léonard Cakolli (Adam Bomb) à la batterie. Sonia signe la musique et les arrangements, ainsi qu'une partie des textes et de la production de cet EP.
L'année 2022 est le théâtre de changement radicaux : Sonia quitte Crypta (elle restera en bons termes avec ses partenaires brésiliennes qu'elle n'hésite pas à applaudir lors de leurs concerts européens) pour se concentrer sur Cobra Spell qui connaît de gros remaniements de line-up. Fin 2022 sort le single « Flaming Heart ». Il voit l'arrivée de l'Espagnole Kristina Vega (Born In Exile) au chant et de la Brésilienne Noelle dos Anjos (Nungara) à la guitare rythmique, tandis que la batterie est créditée au nom mystérieux de Jess et qu'Angelina Vehera a conservé son poste de bassiste.
Le line-up enfin stabilisé est dévoilé courant 2023. Il est désormais 100% féminin avec, autour de Sonia à la guitare lead, Noelle dos Anjos à la guitare rythmique, Kristine Vega au chant, l'Espagnole Hale Naphtha (Tales Of Arken) à la batterie et la Vénézuélienne Roxy Herrera à la basse. (Photographie : Raquel Garcia)
A part Sonia Anubis, il ne reste dans Cobra Spell aucun des membres ayant participé à l'enregistrement des deux EP. C'est donc un tout nouveau line-up qui présente « 666 », le premier long format de la carrière de Cobra Spell, dans un artwork signé Isabella Stabile.
Enregistré aux Comeback Studios (en Espagne, pays dans lequel Sonia a passé la plus grande partie de son enfance), « 666 » a été mixé par Jens Bogren et masterisé par Tony Lindgren aux Fascination Street Studios (Arch Enemy, Kreator, Dimmu Borgir).
La sortie de l'album a été précédée de trois single-clips, avec en premier choix le titre « S.E.X.», première chanson de l'album. Noelle dos Anjos (guitare) expliquait la genèse de ce clip :
« Ce tournage vidéo a été le plus complexe et le plus long de tous car il comportait plusieurs scènes à filmer dans plusieurs endroits. Pour chaque membre du groupe, nous avions prévu des scènes représentant différents aspects du sexe et de la sensualité. L'idée initiale était que Kris se réveille entourée de filles puis traverse un couloir, regardant à l'intérieur de différentes pièces où elle nous verrait. Chacune dentre nous a eu l'occasion d'apporter sa propre pierre à l'édifice. Pour ma scène, je me suis inspirée du polémique Like a Virgin de Madonna. Ce morceau a notoirement provoqué beaucoup de buzz à l'époque. Une femme qui chante suggestivement à propos du sexe avant le mariage n'était rien de moins qu'une hérésie. J'ai choisi de jouer sur ma belle Fury, une Schecter Hellraiser rouge qui m'a été offerte par l'un de nos amis. Les détails de l'ormeau et la couleur rouge s'adaptent parfaitement à l'esthétique vidéo ! C'était le clip vidéo le plus excitant auquel j'ai eu le plaisir de participer jusqu'à présent. De la planification à l'exécution, je me suis bien amusée ! »
Ce premier clip était suivi par le très heavy « The Devil Inside Of Me », avec ses guitares rythmiques qui tricotent. Sonia Anubis confiait à propos des lyrics : « The Devil Inside of Me raconte comment une fille laisse de côté sa vie opprimée par son éducation religieuse. Elle décide de suivre son propre chemin en faisant ce qui la rend vraiment heureuse, ce qui se traduit par des tensions peu communes dans les milieux religieux. Sa famille la considère comme troublée et perdue – alors qu’en réalité, elle vit simplement sa vie librement, comme elle est censée le faire. Sa vie lui appartient. Sa famille s'éloigne d'elle en raison de ses choix. Vivre libre a parfois un coût extrêmement élevé. »
Enfin, juste avant le coup de gong, Cobra Spell revenait avec « Warrior From Hell » et son mid-tempo martelé. Un morceau à propos duquel le groupe commentait :
« Cette chanson est un véritable banger rock’n’roll ! Elle convient aux âmes les plus sauvages, aux esprits indomptés. C'est une manifestation de l'individualité et de la rébellion. Entrez en contact avec votre alter ego maléfique et libérez ce guerrier de l'enfer ! »
Cobra Spell complétait dans une newsletter postée au lendemain de la sortie du clip :
« Un morceau fougueux et heavy, inspiré à l'origine du modèle de guitare préféré de Sonia, la Jackson Warrior. Cette chanson parle d’autonomisation des femmes avec une touche diabolique qu’on adore ! Nous espérons que cela enflammera la passion et vous inspirera également. »
De ce premier long format, Cobra Spell expliquait qu'il le concevait comme « un album qui définit les conventions et se rebelle contre les limites qui nous sont imposées à nous, les femmes. C'est un voyage sonore qui embrasse le chiffre du diable comme symbole d'autonomie personnelle et de liberté. 666 n'est pas seulement de la musique ; c'est un acte de rébellion contre l'inégalité des sexes, un cri pour la liberté d'expression et un combat pour déstigmatiser l'expression sexuelle des femmes. Rejoignez-nous dans cette quête sans concession de l'égalité et de l'autonomisation. »
Surfant musicalement sur un large registre heavy 80's, Cobra Spell assemble dans un opus homogène dix morceaux qui ne se ressemblent pas. De l'intime « Fly Away » au heavy « Love Crime », du groovy « Bad Girl Crew » au nerveux « High On Love », usant parfois d'un riff qui nous rappelle que Sonia Anubis a biberonné en écoutant Gene Simmons (« Satan Is A Woman »), sortant des claviers et un saxophone qui nous évoquent le bon temps d'un Foreigner « 4 » (« Love=Love »), ou s'imposant en version girls gang des Twisted Sister (« You're a Cheater »), tout est fait avec le plus grand talent.
Par ses choix judicieux, la production permet d'apprécier au mieux le magnifique travail des orchestrations, des backing vocals purement savoureux (« Love Crime », « Satan Is A Woman », « Love=Love »), sachant parfaitement souligner le claquement de la basse ou le toucher de cymbales.
Enfin, on goûte ces guitares lead pleines de mélodie et de richesse, évoluant souvent en twins, tandis que l'épaisseur vocale de Kris Vega, particulièrement éclatante sur cet album, trouve dans les compositions un écrin à sa mesure.
Avec un talent long comme les cheveux de Roxy Herrera, Cobra Spell impose donc un album efficace jusque dans son moindre détail et passe avec aisance la barre du long format.
Habituée aux paris risqués (elle a quand même quitté coup sur coup deux formations en plein essor !) Sonia Anubis a fait les bons choix une fois de plus, marquant l'année 2023 d'un album de heavy particulièrement abouti. Ce disque est à écouter impérativement.
« 666 » sera disponible dans les formats suivants via Napalm Records :
> CD digisleeve
> Lot : CD digisleeve + t-shirt
> Vinyle rouge
> Vinyle noir
> Format digital

NI (rock in opposition), Fol Naïs (01/12/2023)
Le 29/11/2023
Ni sait mettre de la mélodie où l'on n'imagine pas qu'elle puisse pousser !
Par Ahasverus.
Après le superbe « Pantophobie » qui déclinait en neuf pistes quelques peurs irraisonnées dans un album qui tenait autant de l'avant-garde que de Devin Townsend ou de Dream Theater, Ni revient secouer le cocotier du rock français avec un troisième album intitulé « Fol Naïs ».
Fol naïs, c'est le bouffon, et plus précisément, puisqu'il en existe deux sortes, le bouffon naturel, celui dont la folie pouvait distraire le roi, mais dont il convenait de ne pas se moquer.
Comme il donnait à chaque piste de son précédent album le nom d'une phobie, Ni conceptualise à nouveau son propos en baptisant chacune des pistes de Fol Naïs du nom d'un bouffon ayant marqué l'histoire ou notre culture, tels Dagonet, bouffon du roi Arthur, Brusquet et Triboulet, qui servirent François Ier, ou Catherine, dite Cathelot, qui fut à la cour de Marguerite de Savoie...
Fol Naïs, un terme qui peut parfaitement s'appliquer par extension à Ni dont la musique n'emprunte pas les voies communes.
Après le sombre « Pantophobie », le groupe de Bourg-en-Bresse souhaitait renouer avec des rythmes plus rapides. Le résultat n'en est pas léger pour autant. Ni a surtout voulu ne pas répéter le même album, mais il n'a pas changé sa nature profonde.
Continuant ses explorations, il évolue en terrain accidenté, gardant la maîtrise et brossant ses pièces sous les secousses. Monté sur une structure métallique, chaos et anarchie ne sont qu'apparence dans la musique de Ni, car tout est contrôlé, même s'il arrive à l'hypnotique « Chicot » de mettre les doigts dans la prise. « Rigoletto » vous saisit par son tempo et vous happe dans ses tourbillons hurlants sans cependant vous perdre. Car tout avant-gardiste qu'il soit, Ni sait mettre de la mélodie où l'on n'imagine pas qu'elle puisse pousser ! Et des titres comme « Berdic », « Rigoletto » ou « Triboulet » deviennent d'accessibles passeports pour l'avant garde.
Ainsi Ni propose à nouveau un album remarquable et profondément séduisant, un animal sauvage et nerveux qui peut se cabrer à la moindre note et qu'il vous appartiendra d'apprivoiser. Jouant des figures de style comme il a joué avec nos sens, il conclut son opus en épanadiplose, reprenant en conclusion la figure musicale qui ouvrait son album.
« Fol Naïs » a été enregistré au Hacienda Studio par Stéphane Piot. Il a été mixé et masterisé par R3myboy.
« Fol Naïs » est une sortie Dur & Doux. Il est disponible le 01/12/2023.
BLOODORN signe chez Reaper Entertainment
Le 27/11/2023
Des membres de Sirenia, Freedom Call, et Silent Winter réunis dans un projet de power metal mélodique.
Le label allemand Reaper Entertainment a annoncé la signature de Bloodorn, un groupe composé de Niels Courbaron et Michael Brush de Sirenia, de Franco Saverio Ferraro de Freedom Call, et de Mike Livas, chanteur de Silent Winter.
Influencé par des groupes tels que Gamma Ray, Angra et Beast in Black, Bloodorn puise également dans certains éléments de la scène metal extrême, avec une musique très rapide et technique, parfois même brutale, mais également très mélodique et entraînante. L'annonce nous apprend également que le nom de Bloodorn est un jeu de mot tiré du mot anglais blood et de Blôdörn, une mise à mort norroise qui consistait à ouvrir le dos d'une personne pour en sortir les poumons et les déposer sur les épaules comme des ailes (on traduit Blôdörn par Aigle de sang).
Sur la genèse du groupe, le guitariste Nils Courbaron commente : « Pendant la première vague de la pandémie, j'ai senti que c'était le bon moment pour moi de créer mon propre groupe. Je voulais faire quelque chose de mélodique, rapide, accrocheur et aussi brutal ! Bloodorn est né et est devenu ma priorité. Je cherchais le bon label pour sortir notre premier album et je suis ravi de travailler avec Reaper. Je suis très heureux de travailler avec une si bonne équipe et je suis sûr que nous créerons quelque chose de formidable en travaillant ensemble ! » De son côté, Flori, de Reaper Entertainment, ajoute : Quand Nils m'a fait jouer l'album, j'ai tout de suite été enthousiasmé. Du power metal à grande vitesse, entrecoupé de parties modernes et brutales. Je n'avais jamais rien entendu de tel auparavant et j'ai tout de suite su que nous devions le sortir via Reaper. »
On attend la suite avec impatience...
VIVA LA WOLFE (grunge), Prosperity (24/11/2023)
Le 27/11/2023
Entre Black Sabbath et Alice In Chains, Viva La Wolfe ne manque ni d'inspiration ni de souffle pour restituer ses racines.
Par Ahasverus
On n'a pas réussi à gratter grand chose sur ce Viva La Wolfe, peu loquace sur son passé. On sait tout de même que la formation est originaire d'Esbjerg, une ville qui possède le port le plus important du Danemark sur la Mer du Nord, et que le quintette est en ordre de marche depuis au moins cinq ans puisqu'il sortait un single-clip bien abouti dès 2018.
En 2023 c'est avec un long format que Viva La Wolfe refait parler de lui via le label français M&O Music. L'album s'appelle « Prosperity ».

C'est d'abord dans les champs que souhaite nous entraîner l'équipe danoise ; elle annonce sa rusticité, privilégiant le noir et blanc dans un premier single-clip.
Rusticité restera le maître-mot de cet opus de cinquante-trois minutes : rusticité dans le son, crade jusque dans les arabesques de la guitare de « Paralysis » ; rusticité dans les figures tutélaires que ne manquera pas de vous évoquer l'écoute des neuf morceaux.
C'est certainement le nom de Black Sabbath qui vous viendra à l'esprit, « Justice », « Breath Out », « Despot » ou « Leech » ayant une parenté avec les premiers albums du quatuor de Birmingham, mais ce sont encore plus les similitudes avec le Alice In Chains de Layne Staley qui vous frappera à l'écoute du titre « Long Gone », qui aurait parfaitement pu compléter la setlist de l'album « Jar Of Flies ».
Un possible rapprochement avec le son d'un Pearl Jam ne vous échappera certainement pas non plus sur des titres comme « In The Fields » et « Druid's Trail ».
Tanguant parfois sans jamais tomber, Viva La Wolfe n'en abat pas moins un grunge puissant (« LAX »), sans fioritures, désinvolte tout au long d'un premier album sombre. Pleinement maîtrisé, d'un caractère affirmé, « Prosperity » glisse nonchalamment comme un esquif fendant les eaux d'un marais saumâtre (« Justice »). Efficace et archaïque, il impose Viva La Wolfe, qui ne manque ni d'inspiration ni de souffle pour restituer ses racines. Une sortie intéressante, qui révèle un groupe au potentiel certain. Il pourrait trouver un public qui ferait bien de le suivre.
« Prosperity » est disponible depuis le 24/11/2023 chez M&0 Music.
VISIONS OF ATLANTIS (metal symphonique), Pirates Over Wacken (31/03/2023)
Le 26/11/2023
Un album live beau comme un soleil.
Par Ahasverus
Dans le cadre de la tournée européenne qui suivait la sortie de son album « Pirates », le groupe de métal symphonique Visions Of Atlantis jouait le 04/08/2022 au Wacken Open Air Festival. Les Italo-Autrichiens et leur chanteuse française en profitaient pour capturer leur prestation sur sillons et sortaient, le 31/03/2023 l'album live « Pirates Over Wacken ».

Comme son nom semblait l'indiquer, « Pirates Over Wacken » fait la part belle à la tracklist de « Pirates », un album suffisamment riche pour fournir sept titres prompts à enflammer le public chaleureux du festival allemand. Les quatre morceaux restants sont extraits des albums « The Deep And The Dark » (« Silent Mutiny ») et « Wanderers » (« Life Of Our Own », « A Journey To Remember » et « Heroes Of The Dawn ») sortis respectivement en 2018 et 2019.
Le groupe faisait le choix d'enregistrer l'intégralité du set qui voyait monter sur scène un orchestre à cordes, et les douze pistes de cet album long de cinquante-sept minutes nous emmènent de l'entrée en scène des de Visions Of Atlantis jusqu'à la photographie finale avec le public du Wacken, ne renonçant même pas au speech central de Clémentine.
Visions of Atlantis livrait les premiers extraits de l'album avec ce commentaire :
« Il y a quelque chose de purement magique à propos de Wacken. Peut-être est-ce la croyance collective selon laquelle il s'agit de la Terre Sainte du Heavy Metal. Peut-être que c'est tout simplement la Terre Sainte du Heavy Metal. Peut-être que cela projette une énergie spécifique autour des scènes et des champs de cette ville allemande spéciale. Nous n'avons pas manqué de ressentir cette magie, en criant le nom "WACKEN" à haute voix sur scène ou en regardant autour de nous et en voyant des milliers de personnes, en paix, aimant être là et partager cela ensemble. C’était encore une fois très spécial pour nous, même si ce n’était pas la première fois que nous jouions au Wacken. Nous avons été submergés par l'émotion à plusieurs reprises durant le spectacle. Il y avait tellement de choses que nous voulions dire. Nous nous sentions responsabilisés en tant qu’artistes et en tant qu'êtres humains. Le Wacken est un endroit où vous sentez que vous pouvez changer le monde. Regarder cette foule et lui parler ce jour-là était quelque chose que nous n'avions jamais vécu auparavant et nous nous en souviendrons pour toujours. Rien n'est éternel, sauf les souvenirs. Merci Wacken de nous avoir fait entrer dans ta légende. »
Il est vrai qu'on sent le groupe porté, et les versions live, débordantes d'énergie, n'ont pas à pâlir de leurs cousins studio, soutenues par un public chaud comme la braise, régulièrement mis à contribution par une formation qui le tient dans sa main et qui vous fera regretter de n'avoir pas été dans l'assistance. Les morceaux gagnent en d'efficacité (« Clocks »), tandis que les voix de Clémentine Delauney et de son alter-ego italien Michele Guaitoli sont remarquables de complémentarité.
Réalisant le sans faute dans la setlist comme dans la prestation, Visions Of Atlantis était bien au rendez-vous du Wacken et il propose un album beau comme un soleil devant un public chaud-patate. Assurément l'un des meilleurs Live de cette année 2023. Vous pourrez placer cet opus, qui nous rappelle à quel point cette énergie à haute dose avait pu nous manquer durant la pandémie, dans votre CDthèque tout à côté d'un classique tel que le « End Of An Era » de Nightwish, il ne dépareillera pas.
