METAL SYMPHONIQUE

VISIONS OF ATLANTIS (metal symphonique), Pirates Over Wacken (31/03/2023)

Le 26/11/2023

Un album live beau comme un soleil.
Par Ahasverus
Dans le cadre de la tournée européenne qui suivait la sortie de son album « Pirates », le groupe de métal symphonique Visions Of Atlantis jouait le 04/08/2022 au Wacken Open Air Festival. Les Italo-Autrichiens et leur chanteuse française en profitaient pour capturer leur prestation sur sillons et sortaient, le 31/03/2023 l'album live « Pirates Over Wacken ».
Visions of atlantis pirates over wacken 1

Comme son nom semblait l'indiquer, « Pirates Over Wacken » fait la part belle à la tracklist de « Pirates », un album suffisamment riche pour fournir sept titres prompts à enflammer le public chaleureux du festival allemand. Les quatre morceaux restants sont extraits des albums « The Deep And The Dark » (« Silent Mutiny ») et « Wanderers » (« Life Of Our Own », « A Journey To Remember » et « Heroes Of The Dawn ») sortis respectivement en 2018 et 2019.
Le groupe faisait le choix d'enregistrer l'intégralité du set qui voyait monter sur scène un orchestre à cordes, et les douze pistes de cet album long de cinquante-sept minutes nous emmènent de l'entrée en scène des de Visions Of Atlantis jusqu'à la photographie finale avec le public du Wacken, ne renonçant même pas au speech central de Clémentine.

Visions of Atlantis livrait les premiers extraits de l'album avec ce commentaire :
« Il y a quelque chose de purement magique à propos de Wacken. Peut-être est-ce la croyance collective selon laquelle il s'agit de la Terre Sainte du Heavy Metal. Peut-être que c'est tout simplement la Terre Sainte du Heavy Metal. Peut-être que cela projette une énergie spécifique autour des scènes et des champs de cette ville allemande spéciale. Nous n'avons pas manqué de ressentir cette magie, en criant le nom "WACKEN" à haute voix sur scène ou en regardant autour de nous et en voyant des milliers de personnes, en paix, aimant être là et partager cela ensemble. C’était encore une fois très spécial pour nous, même si ce n’était pas la première fois que nous jouions au Wacken. Nous avons été submergés par l'émotion à plusieurs reprises durant le spectacle. Il y avait tellement de choses que nous voulions dire. Nous nous sentions responsabilisés en tant qu’artistes et en tant qu'êtres humains. Le Wacken est un endroit où vous sentez que vous pouvez changer le monde. Regarder cette foule et lui parler ce jour-là était quelque chose que nous n'avions jamais vécu auparavant et nous nous en souviendrons pour toujours. Rien n'est éternel, sauf les souvenirs. Merci Wacken de nous avoir fait entrer dans ta légende. »
Il est vrai qu'on sent le groupe porté, et  les versions live, débordantes d'énergie, n'ont pas à pâlir de leurs cousins studio, soutenues par un public chaud comme la braise, régulièrement mis à contribution par une formation qui le tient dans sa main et qui vous fera regretter de n'avoir pas été dans l'assistance. Les morceaux gagnent en d'efficacité (« Clocks »), tandis que les voix de Clémentine Delauney et de son alter-ego italien Michele Guaitoli sont remarquables de complémentarité.
Réalisant le sans faute dans la setlist comme dans la prestation, Visions Of Atlantis était bien au rendez-vous du Wacken et il propose un album beau comme un soleil devant un public chaud-patate. Assurément l'un des meilleurs Live de cette année 2023. Vous pourrez placer cet opus, qui nous rappelle à quel point cette énergie à haute dose avait pu nous manquer durant la pandémie, dans votre CDthèque tout à côté d'un classique tel que le « End Of An Era » de Nightwish, il ne dépareillera pas.

LUX (métal symphonique), Le Crépuscule d'une Reine (31/10/2023)

Le 19/11/2023

Il y a du talent chez Marion-Lamita, on le savait. Mais il y a ici quelque chose en plus qui démarque cet opus de ses productions antérieures : une certaine maturité peut-être ; une audace dans l'écriture, assurément.
Par Ahasverus

Il y a un moment qu'elle portait en elle, Marion-Lamita, ce projet de nous raconter l'histoire de la malheureuse Marie-Antoinnette dans un concept-album. C'est désormais chose faite avec « Le Crépuscule d'une Reine », disponible depuis le 31/10/2023.
Lux artworkL'affaire des colliers, la disgrace, la fuite à Varennes, l'exécution... Ses lyrics nous entraînent dans un récit qui s'ouvre par un prologue qui retient l'attention. Il ne faut pas longtemps pour que la voix nous saisisse, ce saisissement opère dès les premières notes en voix claire : quel magnifique vibrato la porte !
Une mélodie nerveuse nous entraîne, avec une narration soignée, dictée par la passion.
Toutes les qualités sont  là dès le premier morceau, impressionnant dans sa mise en place. Le chant en Français, les backing vocals, les lead nerveuses, les choeurs... Et puis de temps en temps la voix lyrique, le néoclassique mis en évidence par un son de clavecin.
Cependant « Le Crépuscule d'une Reine » affirme son caractère métallique, le classicisme se voyant contrebalancé par la dissonance.
L'album variante, s'apaise (« Vaine Déférence », « Cette Etoile Est la Nôtre »). Les musiciens s'activent autour de leur soprano-leader qui utilise toutes les cordes (vocales) de son arc, principalement en chant clair, parfois en voix lyrique (« Fersen »).
Les choix de composition nous bousculent avec des ruptures dans la structure rythmique (« Vaine Déférence »). 

De belles harmonies de guitares prennent leur temps (« Cette Etoile Est la Nôtre »), agréablement mises en évidence par la production. Les sonorités classiques s'accordent au contexte historique tandis que les voix légèrement growlées sont placées à point nommé dans le récit pour ne pas choquer par leur anachronisme.
Il y a du talent chez Marion-Lamita, on le savait. Mais il y a ici quelque chose en plus qui démarque cet opus de ses productions antérieures : une certaine maturité peut-être ; une audace dans l'écriture, assurément. Il y a une prise de risques dans la mise en place des mélodies de cet album, un gros travail des textes, et l'équipe réunie sur cette galette n'est peut-être pas étrangère à la réussite de l'affaire comme à sa direction. Lux réalise avec « Le Crépuscule d'une Reine » certainement l'album le plus abouti de la discographie de Marion-Lamita. Il a eu la délicieuse idée de conclure l'album avec l'aria « Ô Toi Qui Prolongeas Mes Jours », une pièce contemporaine  de l'Autrichienne qui permet à Marion Lamita de donner libre-cours à cette voix lyrique qui nous enchante.

Les amateurs de métal symphonique et de néo-classique apprécieront cet album d'une heure et huit minutes porté par la passion et par l'ambition pure et sincère de rendre hommage à la reine Marie-Antoinette. Le pari était difficile, Lux l'a remporté.
Lux artwork et pub

THERION - Troisième volet de la trilogie Leviathan en décembre 2023.

Le 18/10/2023

Nous vous l'annoncions récemment, « Leviathan III », le dernier volet du triptyque initié par les Suédois en 2021, est annoncé chez Napalm Records pour mi-décembre 2023.

Therion artwork

En septembre 2023, Therion présentait « Twilight Of The Gods », un premier extrait du nouvel opus. 

En octobre 2023, Therion revenait avec la lyric video, « Ruler of Tamag »,second single extrait du futur album.
Christofer Johnsson (guitares, claviers) expliquait : 
« La chanson a été écrite par Thomas Vikström et moi-même, elle contient beaucoup d'influences moyen-orientales dans sa musique. Les paroles traitent du Dieu des Enfers dans la mythologie turque, Erlik. Certaines sont d’ailleurs chantées dans cette langue. J'ai collaboré avec Soner Canözer de l’ancien groupe de Metal symphonique turc ALMORA pour la traduction et la réécriture des paroles. La lyric video a été réalisée par Carlos Toro d'Abysmo Films qui a également tourné nos clips au cours de ces treize dernières années. »

En novembre 2023, les Suédois reviennent avec un troisième single-clip, une pièce de plus de huit minutes intitulée « Ayahuasca », nom d'une préparation hallucinogène d'Amérique du Sud utilisée par certaines communautés amazoniennes pour provoquer des transes.
« Le clip a été filmé en Amazonie, avec pour acteur un vrai chaman qui travaille avec l'ayahuasca. La chanson est la première que nous avons écrite dans le cadre des sessions d'écriture de la trilogie Leviathan » explique Christofer Johnsson.

« Leviathan lll » sera disponible le 15/12/2023 aux formats suivants :
> CD digipack 6 volets
> 2 vinyles noirs
> 2 vinyles de couleur argent - 500 exemplaires
> Die Hard Deluxe édition : 2 vinyles de couleur or / marbré + disque de feutrine imprimé avec l’artwork de l’album + 2 art prints (artwork de l’album et un artwork alternatif) - 300 exemplaires
> Lot : CD digipack + pendentif + tote bag + patch
> Lot : CD digipack + t-shirt
> Format digital

Therion leviathan 3 coffretCe nouveau Therion est accessible à la précommande ICI.

SERENITY : les détails du futur album

Le 27/09/2023

« Nemesis AD », le nouvel album de Serenity, sortira début novembre chez Napalm Records.
Serenity nemesis ad
Le groupe de métal symphonique plaçait son dernier album studio, « The Last Knight » (2020) à la vingt-cinquième place du classement officiel des albums en Allemagne, et la sortie de « Memoria », avec des guests tels que Sascha Paeth, Niklas Müller ou Clementine Delauney,  transposaient en live  ses plus gros succès, comme « Wings Of Madness » et « The Chevalier », qui totalisent à eux seuls plus de trois millions de vues sur YouTube.

Serenity est connu pour ses albums thématiques autour de personnages historiques. Pour « Nemesis AD », le groupe autrichien s'est inspiiré du peintre Albrecht Dürer, qui a vécu à l’époque de la renaissance allemande. Le groupe explique : 
« Nous nous focalisons toujours sur des thèmes historiques. Notre dernier album, The Last Knight, exposait l’ère de Maximilien Ier. Son récit va plus loin grâce à la structure de notre nouvel album qui raconte l’histoire de son contemporain, Albrecht Dürer. Nous considérons qu'il est l’un des artistes révolutionnaires les plus remarquables de tous les temps, en plus d'incarner l'évolution cruciale entre les époques du Moyen-Âge et de la Renaissance, entre le style gothique et l’ère moderne. »
Pour nous donner une idée de ce qui nous attend sur ce nouvel album, Serenity en a dévoilé plusieurs extraits. le premier est une lyric video du morceau « The Fall Of Man », deuxième piste de l'album.

Il voit la collaboration de Roy Khan (Conception et ex-Kamelot). Georg Neuhauser (chant) explique : « Accueillir et collaborer avec Roy Khan sur le premier single de notre prochain album est un grand honneur. Serenity et Kamelot sont liés par une forte connexion et une amitié de longue date. Pour moi, c’est un rêve devenu réalité que de collaborer avec ce chanteur excellent et remarquable, et de voir à quel point nos voix se complètent l’une et l’autre. »
Le second extrait présenté figure en troisième piste de l'album. Il s'agit de « Ritter Tod und Teufel (Knightfall) », qui voit le groupe écrire pour la première fois en Allemand. Serenity précise à son propos : 
« Nous sommes ravis d'être enfin de retour avec notre nouveau single, qui est une démonstration tonitruante de notre existence. Ce n’est qu’un début, offrant un aperçu de ce sur quoi nous travaillons actuellement. Nous avons consacré notre énergie créative à la création d’un voyage musical immersif qui vous transporte dans une autre époque et dans une autre dimension menant à un peintre renommé de la fin du Moyen Âge. Nous attendons de partager avec vous cette nouvelle ère de Sérénité. Préparez-vous pour une expérience captivante remplie d'émotions, de mélodies épiques et de sons explosifs ! »

« Reflections (of AD) », un troisième extrait, mettait en avant la cinquième piste du futur album.Ce titre est écrit par Georg Neuhauser / Marco Pastorino / Sascha Paeth (musique) et Chris Hermsdörfer / Georg Neuhauser (paroles).
Georg Neuhauser (chant) dit à son propos : 
« Cette chanson est, sans aucun doute, le morceau le plus explosif que nous ayons jamais sorti ! Nous y avons mis toute notre passion et nos compétences musicales pour créer cet opus magnum de plus de huit minutes. Pour la sortie du single, nous avons dû créer une version abrégée, mais nous encourageons tous nos auditeurs à consulter la version de l'album afin de découvrir cette magnifique œuvre d'art dans son entière beauté. »

Enfin, à quelques jours de la sortie de l'album, Serenity dévoile « The End Of Babylon », l'un des titres les plus sombres de « Nemesis AD ». 
Le groupe explique : 
« Avec The End of Babylon, nous avons créé une chanson plus sombre au sujet de l'éphémère et de la fin d'une époque - inspirée par la célèbre œuvre The whore of Babylon (La prostituée de Babylone) d'Albrecht Dürer. Elle est tirée de la série Apocalypse et pourrait malheureusement correspondre à la situation actuelle au Moyen-Orient. Il semble que nous ne tirions pas les leçons de l'histoire. »

« Nemesis AD » sortira le 03/11/2023. Il sera proposé aux formats suivants : 
- Coffret en bois : CD digipack, cachet de cire pour enveloppes, livret de photos, carte dédicacée
- 1 vinyle marbré
- 1 vinyle noir
- Lot : CD digipack + t-shirt de l’artwork de l’album
- 1 CD digipack
- Format digital

Il est disponible à la précommande ICI.

Serenity coffret

MYSTFALL (métal symphonique), Celestial Vision (21/07/2023)

Le 23/08/2023

De toute évidence cet album convaincant permettra à Mystfall d'entrer dans le circuit international.
Par Ahasverus

« Celestial Vision » est le premier album d'un jeune groupe de métal symphonique formé en cette année 2023 : Mystfall.
Mystfall band
Cette formation grècque s'est bâtie autour de Marialena Trikoglou, soprano lyrique qui a notamment joué dans les opéras « Carmen », « Les Noces de Figaro » ou « Les contes d'Hofman ». Marialena a également étudié le piano et le théâtre et elle sortait sous son nom en 2020 l'album « Vanity ».
Mystfall chanteuse
Totalement basé sur les mélodies et la voix de Marialena Trikoglou, « Celestial Vision » présente un côté symphonique bien mis en évidence, avec un groupe en place et  une complémentarité guitares/claviers (« Centuries ») qui fonctionne bien. Des guitares agressives contrebalancent la voix haute de la Marialena Trikoglou, atout maître de la formation qui réalise une performance irréprochable.

Pour ce premier essai, Mystfall propose un album académique, mais avec des compositions suffisamment éloignées de celles de ses aînés pour retenir l'attention. Un solide capital semble vouloir se construire dès ce premier album convaincant, dont les qualités permettront d'autant mieux à Mystfall de se faire conncaître sur le circuit international qu'il sait s'appuyer sur de bons clips.

Le groupe grec travaille déjà sur un second opus.

WINTERAGE (power metal symphonique), Nekyia (07/07/2023)

Le 23/08/2023

Compte-tenu de la qualité rare du son, l'écoute de cet album s'impose dans des formats haute résolution.
Par Ahasverus

Winterage est  un groupe de power metal symphonique inspiré notamment par la musique classique, irlandaise et médiévale.
Dès « The Harmonic Passage » (2015), son premier album, Winterage vise haut : il recourt à un orchestre de quarante musiciens. Les arrangements sont réglés par Gabriele Boschi (violon, orchestrations ) qui est également l'un des fondateurs de la formation italienne. Tommy Talamanca (Sadist) mixe et masterise l'album.


Compositeur, violoniste et arrangeur, Gabriele Boschi est diplomé du Conservatoire de Musique de Gênes. Il a joué dans de nombreux orchestres symphoniques. Il a également enregistré et orchestré certains morceaux du projet all stars Vivaldi Metal Project.


« The Harmonic Passage » permet à Winter Age de partager la scène avec des formations telles qu'Angra, Rhapsody Of Fire et Moonspell. 
En 2021 « The Inheritance Beauty » lui succède. Ce deuxième album de la formation italienne affiche des ambitions encore un cran au dessus. A l'orchestre classique de vingt-et-un musiciens et aux choeurs très étoffés viennent s'ajouter des instruments folkloriques (cornemuse, accordéon, bouzouki). Le mastering est confié à Jacob Hansen.
Le 07/07/2023 Winter Age revient avec « Nekyia », son troisième album.
Winterage cover
Pour l'artwork, le groupe italien a fait appel à  Giannis Nakos, alias Remedy Art Design (Kamelot, Pyramaze).
La Nekyia était un concept de la Grèce antique qui consistait à invoquer les morts pour leur demander conseil. Winterage y voit une descente dans notre subconscient, à la fois lumineuse et effrayante. 
Dès l'ouverture de l'album, les choeurs sont saisissants, les guitares lead sont incisives, et le son énorme et opératique s'impose. L'utilisation de blast-beats (« Simurgh the Firebird ») sert parfaitement le propos et se marie au côté épique de la première composition.

Winterage fait une proposition dramatique et cinématographique. Les performances vocales et les orchestrations portent cette réalisation au meilleur niveau. Aux instruments traditionnels du précédent opus est venu s'ajouter le banjo, tandis que l'aspect folklorique des compositions se trouve renforcé (« Numen », « White Leviathan »). De plus, Winterage utilise la narration et quelques bruitages pour ambiancer son récit musical. Il n'hésite pas à prendre le temps de mettre en place des moments purement symphoniques, avec notamment une belle pièce de violon  (« Metamorphosis, A Macabre Ritual ») qui peut évoquer Pablo de Sarasate, tandis qu'un morceau comme « La Fonte d'Essenza » propose une performance vocale digne des grands opéras. 
Devenue la marque de fabrique de la formation italienne, la précision sonore est éclatante tout au long de l 'album.  Elle permet d'en visualiser chaque détail, et le rendu de cette oeuvre de power metal symphonique se pose parmi les meilleurs travaux du genre.

Pour le mastering, Winter Age a à nouveau sollicité Jacob Hansen.
L'album est disponible via Scarlet Records (une belle écurie italienne de power metal/symphonique).
Compte-tenu de la qualité rare du son, l'écoute de cet album s'impose dans des formats haute résolution (comme en propose Bandcamp), ou mieux encore : achetez le CD sans craindre de pousser le son. 

TARJA (métal symphonique), Rocking Heels: Live at Metal Church (11/08/2023)

Le 16/08/2023

Le résultat est tellement en place que seuls les applaudissements en fin de pistes trahissent l'aspect live des prises.  
Par Ahasverus
Tarja cover

On ne chôme pas en Finlande ! Après un best-of en décembre 2022 et l'aventure Outlanders en juin 2023, Tarja Turunen revient avec un album live cependant enregistré en 2016 dans le cadre du Wacken Open Air Festival.
Il s'agit d'un concert unique donné dans une église devant trois cents personnes. Accompagnée de quelques musiciens classiques (piano, violoncelle et violon), Tarja revisite douze morceaux issus de son catalogue (Nightwish compris) et surtout de celui de la musique Metal , qui voit Satriani, Rammstein, Metallica, Megadeth, Slipknot, In Flames, Avenged Sevenfold et Linkin Park passés à la moulinette acoustico-symphonique de notre soprano.
Baptisée « Rocking Heels: Live at Metal Church » , l'affaire présente un remarquable travail d'adaptation, et le choix cordes et piano permet de s'éloigner au mieux des versions originales pour proposer quelque chose d'aussi intime que convaincant.  

Quant à la reine Tarja, elle fait honneur à sa réputation, et sa voix trouve naturellement sa place de leader parmi les instruments classiques qui l'enveloppent. Le résultat est tellement en place que seuls les applaudissements en fin de pistes trahissent l'aspect live des prises. 
On se réjouit donc de retrouver la diva, égérie du métal symphonique, dans un exercice qui la voit tutoyer la perfection, par son talent bien sûr, mais surtout par la qualité des propositions musicales qui hissent ce « Rocking Heels: Live at Metal Church » au plus haut niveau des albums sur lesquels des compositions de musique metal rencontrent des instruments classiques. C'est qu'il en fallait du talent et du métier pour proposer quelque chose de nouveau sur la base d'un morceau aussi couru par les tributes que « The Unforgiven » et pour y insuffler cette belle émotion ! 

Ainsi, studieux et vibrant, cet opus est loin d'être superfétatoire dans la discographie de la Finlandaise, témoignant une fois de plus de sa maestria et de la place toute particulière qu'elle seule occupe dans la sphère Metal. On envie les trois cents privilégiés qui ont pu assister à cette prestation exceptionnelle dans tous les sens du terme.
« Rocking Heels: Live at Metal Church »  est disponible en version digitale, CD et double vinyle. Il inaugure une série d'enregistrements Rocking Heels à paraître sur Ear Music. Une initiative pleine de promesses qui ne pouvait trouver de plus belle entrée en matière !

Anna KiaRa (métal symphonique), Archangel (07/04/2023)

Le 15/08/2023

Un nouveau panorama sur le talent d'Anna KiaRa qui affirme sa vision personnelle du métal symphonique.
Par Ahasverus
Actrice, modèle, chanteuse, youtubeuse, musicienne, songwriter, les casquettes ne manquent pour parer la rousse chevelure d'Anna KiaRa Moiseeva.
La moscovite s'illustre sur Youtube depuis plusieurs années, coverisant tout ce qui chante, de Nightwish à Sylvie Vartan !

En 2016, elle rejoint la formation russe Imperial Age, dont elle devient l'une des voix.

En 2018, tout en poursuivant sa carrière au sein d'Imperial Age avec lequel elle enregistre les albums « The Legacy Of Atlantis » et « New World », Anna monte son propre projet. L'album « Storyteller » sort en 2020. C'est un treize pistes qui combine métal symphonique et influences folk (« Curse », « Viking »). Parfois traité avec une grande délicatesse (« First Love ») c'est  un premier opus assez direct, aux réelles qualités, avec des titres forts qui mettent en évidence le potentiel de sa leader (« Loneliness », « Sister ») qui méritait bien ce coup de projecteur.

« J'ai enfin trouvé le courage de me présenter au monde en tant que musicienne solo », explique alors Anna  à Metal Godesses.
Accompagnée de Paul Vredes (Despair, ex-Imperial Age)  à la guitare, au clavier et au chant, de Dmitry Bazanov (ex-Despair) à la basse et de Max Tallion (ex-Imperial Age) à la batterie, Anna KiaRa revient en 2023 avec un deuxième album : 

« Archangel »

Anna kiara cover
« Archangel » est un seize pistes, onze étant des titres originaux, les cinq dernières proposant des versions russes ou orchestrales des morceaux précédents.
L'ensemble court sur 'une heure et cinq minutes. Plus qu'une confirmation, c'est un album ambitieux, risqué, et chargé jusqu'à la gueule que nous présente Anna KiaRa. Il est également plus sombre que son prédécesseur, légèrement plus complexe, plus moderne aussi (« God Of War », « We Are The Stardust ») et plus agressif, par ses ambiances death/gothiques (« Requiem For The Immortality ») et ses sonorités électriques, même si la touche folklorique n'est pas tout à fait écartée (« Archangel », « Жена князя »).
La voix de la soprano se dévoile dans toute sa magnificence sur le titre « Nostalgia », qui rappellera aux fans de Nightwish la construction de « Sleeping Sun » avec sa belle envolée de twin guitars.

L'enchaînement parfait de « Last Goodbye », et les arpèges de  « Heart Of Life » contribuent à donner de l'épaisseur à l'album.
Les talents d'écriture d'Anna KiaRa lui permettent enfin de délivrer des titres qui se savourent, magnifiés dans leurs versions orchestrales qui, loin de l'alourdir, confèrent à « Archangel » un souffle cinématographique qui lui va bien.
Plus dark que  « Storyteller » dont il devient le complément,  « Archangel » offre un nouveau panorama sur le talent d'Anna KiaRa qui affirme sa vision personnelle du métal symphonique. Au remarquable de sa voix vient s'ajouter le brio des orchestrations, spécialement à l'écoute de certains titres («  By The Grace Of The Lord »), remaniées avec un réel intérêt sur les trois dernières pièces de l'album. Cette autoproduction tire ainsi son épingle du jeu en imposant son style au charme sombre à un genre truffé d'ornières que la Moscovite a brillamment su éviter. Son album bien agencé, comme découpé en plusieurs parties pour relancer notre intérêt, révèle un talent créatif qu'elle sait parfaitement organiser pour nous conduire sur des terrains dont elle seule a les plans. On suivra avec intérêt !

Anna KiaRa sera à Paris (Le Klub, dans le quartier des Halles) le 03/09/2023. Les formations franciliennes Burnt Umber et Onirik Illusion complèteront l'affiche. La réunion de ces trois grandes voix (Anna KiaRa, Abby et Lull Angel) aux styles très différents met en perspective une grande soirée.  Si vous aimez le chant, courez-y, vous allez vous régaler !
Anna kiara concert

CROWN SOLACE (metal symphonique), Animus (03/08/2023)

Le 06/08/2023

Leur caractère singulier pourrait permettre à ces Ecossais de prendre une place aux premières loges de la scène métal symphonique internationale.

Par Ahasverus

Voici un premier EP qui ne devrait pas passer inaperçu, eu égard à la particularité vocale de son chanteur, Pete Rawcliffe.

C'est que nous avons affaire, c'est plutôt rare dans le métal, y compris dans sa division symphonique, à un sopraniste, c'est à dire à une voix masculine dont la tessiture se rapproche d'une soprano.
L'effet est contrebalancé, comme souvent dans le sympho, par un chant saturé très fiable assuré par le bassiste de la formation, Callum Hutchinson.
Ce premier opus aux allures de carte de visite fait dire à Crown Solace  : 
« Nous sommes ravis de montrer au monde notre premier EP, qui, selon nous, englobe toutes les différentes parties de notre son global en tant que groupe. Nous pensons que ces chansons mettent en valeur notre style unique qui apporte quelque chose de nouveau au genre métal symphonique. Tous nous avons travaillé super dur et avons fusionné toutes nos influences et passions dans un métal accrocheur, mélodique et épique ! »
Les cinq titres de la galette sont entièrement composés par le guitariste et fondateur de Crown Solace, Valentyn Tkach. Ils s'inspirent de l'héritage des grands aînés du genre : Nightwish, Epica et Amaranthe.
D'une durée de vingt-trois minutes, « Animus » (c'est le nom de cet EP) n'est dépourvu ni d'attrait ni d'originalité.
Crown solace
La performance de Pete Rawcliffe est à souligner, d'un niveau digne d'un Jimmy Sommerville, pour comparer à un sopraniste célèbre. Elle peut être brillamment mise en évidence par des arrangements parfaitement étudiés (l'excellent « Inside My Mind »).

Enfin le songwriting de Valentyn Tkach sait judicieusement puiser dans les racines écossaises de la formation sans tomber dans le convenu (« Return To Dust »).
L'effet produit par  « Animus » dans sa petite globalité est saisissant, condamnant par avance la jeune formation à l'excellence.  L'intérêt généré par cet EP demande bien sûr être transformé sur la distance. Ce sera le travail du songwriting, et en la matière Crown Solace ne manque pas de pistes. Au regard de ce qu'il montre ici et de son caractère singulier, il pourrait, s'il persiste dans cette veine, prendre une place aux premières loges de la scène du métal symphonique internationale.
« Animus » est disponible depuis le 03/08/2023.

SIRENIA (métal symphonique), 1977 (26/05/2023)

Le 27/06/2023

Sirenia a inscrit l'évolution dans son ADN, une évolution facilitée par le chant protéiforme d'Emmanuelle Zoldan, par l'inspiration sans fin de Morten Veland, par l'écrin d'arabesques que le virtuose Nils Courbaron est capable de tisser avec sa guitare et par la puissance et la rapidité du jeu toujours fluide de Michael Brush.

Sirenia 1977 cover
Par Ahasverus


SIRENIA - 1.- La Story :

Morten Veland est un musicien norvégien. Il est, à la fin des années 90, l'un des fondateurs du groupe Tristania, qu'il quitte en 2000, après trois albums et de sérieuses divergences musicales.
Il monte alors Sirenia, projet dont il sera seul maître, compositeur principal, mais aussi chanteur multi-instrumentiste.  
Pour son premier album, « At Sixes And Sevens », Sirenia s'appuie sur le guitariste/chanteur Kristian Gundersen (Elusive), la chanteuse Fabienne Gondamin, et sur des membres de Tristania (le guitariste Jan Kenneth Barkved et le violoniste Pete Johansen). Volontiers agressif, « At Sixes And Sevens » empruntera à l'univers black et gothique façon Cradle of Filth. Le growl, le chant lyrique et les choeurs (quatre choristes) se côtoient, avec des phases opératiques à la Thérion. L'album est produit au Sound Suite Studio de Marseille, pour un rendu un poil trop rustique pour sa catégorie. Il sort cependant chez le géant autrichien Napalm Records, auquel Veland est alors lié pour deux albums.
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La géométrie variable autour du fondateur s'affiche dès « An Elixir For Existence », ce qui n'empêche pas ce nouvel album de rester dans la même veine que son prédécesseur.  La Française Fabienne Gondamin, étant incapable d'honorer la tournée « At Sixes And Sevens » Veland est contraint de la remplacer sans délai par la Norvégienne Henriette Bordvik. Du reste du line-up, il ne garde que le guitariste Kristian Gundersen, confiant la batterie Jonathan Perez (Trails of Tears) et invitant Anne Verdot et son violon. Morten Veland assure lui-même la majorité des parties instrumentales qu'il agrémente de cinq choristes. Deux mois plus tard, Sirenia propose l'EP cinq titres « Sirenian Shores », qui alterne des inédits, un remix et un acoustique revisitant son répertoire, ainsi qu'une reprise de la chanson de Leonard Cohen « First We Take Manhattan ».
Dégagé de ses obligations envers Napalm Records, Sirenia rejoint le label allemand Nuclear Blast pour un troisième album, « Nine Destinies and a Downfall » (2007). Le line-up est totalement renouvelé autour de Morten Veland, les musiciens ayant préféré se recentrer sur leurs différents projets. Morten recrute la chanteuse danoise Monika Pedersen (Sinfonia). Celle-ci fait une proposition moins lyrique que ses prédécesseurs et ouvre ainsi une nouvelle voie pour Sirenia : le chant féminin prend le lead pour la première fois, toujours supporté par des choeurs très étoffés. Le son de l'album est cette fois travaillé dans différents studios, le Marseillais Sound Suite, toujours, mais également deux studios norvégiens. L'Américain Anthony Clarkson (Queensryche, In This Moment) réalise l'artwork de cet opus moins stéréotypé qui se détache des débuts discographiques par sa variété.
Sirenia 3
En suivant, « Nine Destinies and a Downfall » est bien accueilli, ce qui n'empêche pas la malédiction du line-up de se répéter : Monika Pedersen ne se retrouve pas dans l'univers de Sirenia.  Elle annonce sa décision de voguer vers d'autre projets. L'Espagnole Pilar Gimenez Garcia, alias Ailyn, qui s'est illustrée dans la version espagnole de The X Factor, lui succède pour l'album « The 13th Floor » (2009). Morten assure à nouveau la majeure partie des instruments présents sur l'album, tandis que le violon est tenu par la française Stephanie Valentine. « The 13th Floor » suit la voie de « Nine Destinies and a Downfall » sans retrouver le même brio.


En 2010, Morten Veland ouvre Mortemia, un projet parallèle sous lequel sort l'album « Misere Mortem » , avec notamment Emmanuelle Zoldan aux choeurs. Il propose ensuite les EP « The Pandemic Pandemonium Sessions » et « The Covid Aftermath Sessions », prétextes à collaborer avec différentes chanteuses du monde du metal, telles que Melissa Bonny (Ad Infinitum), Liv Kristine (Leaves' Eyes), , Ambre Vourvahis (Xandria) ou ou encore Heidi Parviainen (Amberian Dawn), que Veland retrouvera au Rock N'Eat de Lyon le 14/09/2023 puisqu'Amberian Dawn (Suède), Dark Sarah (Finlande) et Rexoria (Suède) accompagnent Sirenia sur le Symphonic Metal Nights Tour. C''est la seule date française que nous avons recensée sur cette tournée européenne.
Mortemia mettait en ligne voici deux semaines le clip « Antidote », avec Fabienne Emi, la chanteuse de la formation suisse Eluveitie.


Le cinquième album de Sirenia, « The Enigma Of Life » (2011), voit pour la première fois une chanteuse (Ailyn) opérer sur deux albums consécutifs. Un titre est même proposé en langue espagnole ! De ses débuts, Sirenia conserve les choeurs à la Therion, tandis que la prédominance de la voix féminine dans le leadership vocal est désormais acquise et que les éléments black/death des deux premiers albums font partie du passé. Malgré tout, « The Enigma Of Life » nous semble marquer le pas.
En 2013 Sirenia signe « Perils of the Deep Blue ». Cette fois le groupe offre un titre en langue norvégienne. Veland a décidé de briser la routine des derniers albums, il ose une composition de plus de douze minutes. Le ton d'ensemble est plus explosif, le son du Norvégien Endre Kirkesola (mixage et mastering) est puissant, et les choeurs et les riffs plus présents. Sirenia entre pour la première fois dans les charts américains. Le morceau d'ouverture de l'album, « Ducere Me In Lucem », apparaît même sur la bande originale du film d'épouvante « Abandoned Dead ».
Sirenia abandoned death
Le septième opus du groupe, « The Seventh Life Path » (2015), marque le retour de Sirenia dans l'écurie Napalm Records. Ailyn détient désormais le record de longévité en tant que vocaliste, avec quatre albums consécutifs. A son habitude, Morten Veland prend tous les instruments à son compte. Joakim Naess intervient en voix claire masculine sur le titre « Elixir » tandis qu'un choeur à cinq voix donne une épaisseur symphonique aux morceaux.
2016 Patatras ! De choriste, Emmanuelle Zoldan passe frontwoman pour l'album « Dim Days of Dolor », tandis qu'Ailyn est invitée à se diriger vers la sortie. Zoldan n'est pas une inconnue pour Sirenia. La Française a pris pension dans les choeurs du groupe de longue date, et elle assurait déjà  le chant lead sur la cover de Leonard Cohen de l'EP « Sirenian Shores ». En plus de son chant lyrique, Emmanuelle Zoldan possède une voix claire très polyvalente, qui n'est pas sans rappeler parfois celle de Madonna, et son apport au nouveau son de Sirenia est significatif.
« Arcane Astral Aeons » arrive en 2019. Pour la première fois Sirenia fait appel au crowdfunding. Son titre d'ouverture est une alternance de chant lyrique, cette fois-ci omniprésent, et saturé, dans un rendu qui n'est pas sans rappeler le travail de Turunen et Hietala dans Nightwish. Le talent lyrique d'Emmanuelle Zoldan, qui signe deux morceaux en Français, éclate. Contrairement aux albums précédents, Morten Veland a laissé de la place aux guitaristes Niels Courbaron et Jan Erik Soltvedt qui agrémentent l'album de leur soli. Jacob Hansen (U.D.O., Epica) assure le mixage d'un album de métal symphonique teinté de pop (« Nos Heures Sombres »), aux qualités de songwriting évidentes et au casting de plus en plus affiné.

Produit en totalité par Morten Veland, « Riddles, Ruins & Revelations »  (2020) est le dixième album du groupe. Il se veut « moderne et nouveau », et il se fait heavy et dissonant tout en restant mélodique, intégrant des éléments presque dance (« Towards And Early Grave», « Into Infinity »), enfonçant le clou de la synthpop avec une reprise du tube de Desireless « Voyage, Voyage » (une idée de Morten) assez fidèle à l'originale malgré sa dimension métallisée. Les soli des guitares virevoltent, Emmanuelle Zoldan use aussi bien de sa voix claire que de son chant lyrique. Le batteur britannique Michael Brush (Magic Kingdom) complète une formation qui semble avoir trouvé sa nouvelle formule idéale.


SIRENIA - 2.- Le nouvel album : « 1977 »

Nous en arrivons naturellement à 2023, avec « 1977 », sorti chez Napalm Records le .26/05/2023.
Comme ne le laisse pas supposer la macabre pochette de ce onzième album, 1977 est l'année de naissance de Morten Veland.
Veland/Zoldan/Courbaron/Brush restent la base d'une formation désormais française pour moitié.


Sirenia cecile delpoio
Sirenia par Cecile Delopio, qui
 a signé les photographies du groupe visibles dans le livret du nouvel album. Cette touche-à-tout de type couteau suisse a également dirigé le clip « Deadlight ». Outre ses talents visuels, Cécile est une magnifique voix lyrique. Elle est la chanteuse du groupe de métal symphonique Remember The Light et elle a sorti en 2022 son premier album solo, intitulé « Tuolla », sur lequel Nils Courbaron fait un featuring. 


Pour la première fois dans l'histoire de Sirenia, l'album a été mixé et masterisé au Vamacara Studio. L'ambiance est à la pop. « Nous voulons que chaque album ait son propre son, sa propre identité, en essayant d’apporter quelque chose de frais à chaque fois », confie Veland à Long Live Metal. Sirenia a en effet inscrit l'évolution dans son ADN, une évolution facilitée par l'inspiration sans fin du barreur Morten Veland, par l'écrin d'arabesques que Nils Courbaron tisse mieux que quiconque à la guitare, par la puissance et la rapidité du jeu toujours fluide de Michael Brush, enfin par le chant protéiforme, aussi remarquable en voix claire qu'en lyrique, d'Emmanuelle Zoldan, parfois soutenue par une belle voix masculine (« Fading To The Deepest Black »).

Cette complémentarité de talents au sein de la plus française des formations norvégiennes aboutit à une alchimie qui permet à un album très technique de paraître volontairement abordable. Opus de métal symphonique avant tout, il lorgne en toute conscience vers l'insouciance de la new wave qui marquait les années 80 (les claviers de « The Setting Darkness » peuvent rappeler le son d'Alphaville). Ceci ne devrait pas déstabiliser la vieille garde des fans de Sirenia, habituée aux envies d'exploration du pacha. Fédérateur, « 1977 » pourrait plutôt rallier un nouveau public attiré par sa musicalité et sa grande polyvalence. Cet écart n'empêchera pas non plus Sirenia de continuer à s'imposer parmi les grands du genre sympho, en leader plutôt qu'en suiveur. C'est qu'à l'instant « T » il bénéficie d'un line-up qu'on voudrait pérenniser tant la formule est homogène, tant ces musiciens sont ceux qui conviennent pour relever les challenges de leur leader, et tant le son de Sirenia,  quelle que soit l'ouverture musicale, devient reconnaissable, notamment par le style de son guitariste virtuose.
« 1977 » est un album qui s'attaque au champ des possibles et qu'on recommande bien au-delà du cercle des amateurs de métal symphonique. 
Morten Veland a choisi à nouveau de conclure « 1977 » par une cover, jetant cette fois son dévolu sur le tube « Twist In My Sobriety » signé par Tanita Tikaram en 1988.

Max Enix (metal opera), Far From Home (09/06/2023)

Le 24/06/2023

Quand Metal rime avec Monumental...

Par Ahasverus

Max enix par milo lee
Max Enix par Milo Lee


Max Enix est originaire de Strasbourg. Il s'initie à la guitare à l'âge de seize ans et au clavier trois ans plus tard. Il crée alors sa (tou)toute première composition, une pièce de... seize minutes !
Max chante dans diverses formations plus ou moins métalliques. Au besoin, il peut même growler.
En 2019, il co-écrit avec Evi Ciglia son premier album, « Secret Garden ». Le projet s'appelle Constellia.
Max enix constellia
Désireux de plus de liberté artistique, ce désormais trentenaire entreprend ensuite l'écriture d'un Metal Opera, objet de notre publication :

« Far From Home »

Max enix pochette
Le logo sur l'album vous plait ? Il est signé  Niklas Sundin (Dark Tranquillity).


Pour construire « Far From Home », Max Enix imagine une histoire qui commence avec l'extinction des dinosaures et qui se termine (en vérité peu s'en faut) par celle de la race humaine. A l'avenir, il n'exclut pas de l'adapter pour un film.
Sur cette base littéraire, à la manière de la musique cinématique, il compose durant six mois. Nous citerons deux influences qu'il évoque volontiers : le compositeur de musiques de films Hans Zimmer et le progueux Devin Townsend.
Pensant bien remplir un album, Max Enix donne libre cours à son inspiration. Elle accouchera d'une double galette d'une durée de plus de deux heures trente.
Pour consolider son oeuvre, Max s'appuie sur des fondations à toute épreuve : Vikram Shankar est au piano/claviers, Xavier Boscher (Misanthrope) aux guitares, Jean-Jacques Moréac (Misanthrope) à la basse,  Leo Margarit (Pain Of Salvation) à la batterie, tandis que Max partage le chant avec la Strasbourgeoise Elise Wachbar (un beau brin de voix).
Côté guests, « Far From Home » n'a rien à envier aux castings les plus prestigieux de la catégorie. On remarque aux guitares, Stephan Forté (Adagio), Mattias Ekhlund (Freak Kitchen), Michael Romeo (Symphony X), au clavier Derek Sherinian (Dream Theater), au chant Andy Kuntz (Vanden Plas, Abydos), Tom Englund (Evergrey), Fabio Lione (Rhapsody Of Fire, Angra), David Readman (Adagio, Pink Cream 69)... On note aussi la présence de deux chanteurs qu'Ahasverus apprécie particulièrement : Mehdi Khema (Carthagods) et Laurène TellenAria (Orkhys) et puis de bien d'autres musiciens dont vous trouverez la liste in fine.
Pour l'aspect symphonique et les choeurs, sur les conseils de Thomas Kubler, Max a sollicité l'orchestre philarmonique de Budapest.
Sur le processus de l'album, Max Enix expliquait à la revue égyptienne Rock Era Magazine
« Ma façon de composer et de procéder est assez similaire à celle de Hans Zimmer (lui aussi autodidacte) ! Tout est composé sur la base d'une musique de film ! »
Il précisait : « J'ai créé toutes les lignes vocales à la maison à partir des compositions et des orchestrations finales, puis je suis allé en studio pour rassembler mes idées et les affiner si nécessaire ! On a enregistré les démos et j'ai envoyé le tout aux invités qui ont repris mes paroles et les parties vocales ! Puis les guests, à la guitare (ou à la harpe), ont créé leurs parties. »
On imagine tous l'ampleur de la tâche... Ambitieux, titanesque, pharaonique, sont des mots qui reviennent volontiers dans les chroniques de ce double album. C'est qu'on est admiratif devant ce qu'a dû nécessiter la conduite de ce projet et on salue la prouesse de Max Enix, parvenu à un résultat extraordinaire dans un délai très court.
C'est donc d'abord à son ambition et à sa capacité à conduire ce projet de titan que nous rendons hommage, parce qu'il faut être totalement fou ou inconscient pour mettre en oeuvre un tel chantier, et complètement génial pour le mener à bien de la sorte.
Mieux qu'un opéra métal, au-delà des productions qu'on nous présente habituellement sous cette bannière, Max Enix réalise ici une véritable symphonie, une oeuvre hors-normes qui tient aussi bien du métal progressif que de la musique classique. Pratiquant le hors-pistes sans se perdre, elle incorpore par petites touches d'inattendus éléments hip hop ou extrêmes auxquels elle se marie très bien. Le résultat global est proprement impressionnant, réalisé sans temps mort ni fausse note.  Littéralement larger than life, les compositions dépassent allègrement les dix minutes, la pièce finale (la préférée de Max) atteignant 26:38.  
« Far From Home » a ainsi quelque chose de magistral et s'impose en référence à plusieurs titres : son ampleur, son casting, sa réalisation. Il intéressera au premier plan les fans de métal progressif ainsi que les amateurs de musiques de films ou symphoniques (certains passages sont d'ailleurs profondément sympho). Particulièrement dense, l'oeuvre ne saurait s'user au fil des écoutes, elle vous réservera toujours quelque chose.
Précisons que le son de l'album est suédois : il est mixé par David Castillo au Studio Grondahl de Stockholm, puis masterisé par Tony Lindgren aux Fascination street studios basés à Orebro.


Une adaptation française de « Far From Home » avait été envisagée. Max y a finalement renoncé, lui préférant une version orchestrale qui sortira prochainement dans un triple CD.


« Far From Home » est disponible via Wormholedeath Records depuis le 09/06/2023. Nous vous recommandons sa version CD, agrémentée d'un livret très fourni, disponible au tarif de 18€ seulement (soit rien du tout au regard du travail de l'auteur ! Vous trouverez le lien in fine). L'artwork et les illustrations de ce livret sont signés Thomas Ewerhard (Avantasia).
Max enix livret
Une version vinyle de l'album est en préparation.
Max Enix défendra son projet sur scène. Pour la suite, il fourmille de plans aussi variés qu'ambitieux. Il sera évidemment à suivre.
Deux clips sont déjà disponibles. Un troisième sera prochainement mis en ligne.

 

XANDRIA, The Wonders Still Awaiting (03/02/2023)

Le 30/01/2023

C'est assurément une nouvelle page de Xandria qui s'écrit avec cette frontwoman dont on n'a pas fini de parler.

Xandria est de retour !
Son nouvel album sera disponible le 03/02/2023 chez Napalm Records.
Son nom :

The Wonders Still Awaiting

Xandria artwork
Le groupe de métal symphonique fondé par l'Allemand Marco Heubaum en 1994 fait son come-back dans un line-up renouvelé à 80% !
Show potato, isn't it ? (oui, Ahasverus maîtrise l'anglais écrit et parlé)
Exit Gerit Lamm (batterie), exit Philip Restemeier (guitare), Steven Wussow (basse) et Dianne Van Giersberge (chant) ! Ils n'auront point démérité et laissent pour dernier témoignage l'excellent « Theater of Dimensions » (2017).
Que reste-t-il de nos amours ? Marco Heubaum bien sûr !
Et le son ! Ce son Xandria ! Ce son monstrueux !
Marque de fabrique déposée, qui s'affirme dès l'introduction de « Two Worlds ».
C'est qu'on ne fait pas dans la demi-mesure : un choeur de quarante musiciens, d'authentiques instruments celtiques, tournez violons, sonnez violoncelles...
N'empêche ! La tâche était lourde pour les nouveaux venus : Dimitrios Gatsios (batterie), Robert Klawonn (guitare),  Tim Schwarzn (basse). Et plus encore pour Ambre Vourvahis  (chant).
Xandria ambre
D'où vient-elle, d'ailleurs, Ambre ? Ma no lo so (et oui, Ahasverus écrit aussi en italien !). On lit qu'elle a commencé à chanter très tôt, fourbissant ses armes sur la pop et le jazz avant de s'orienter sur le métal, le chant classique et guttural...
A l'évidence, cette Franco-Grècque possède plus d'une corde à son arc vocal et n'a pas fini de nous envoyer ses flèches ! Son timbre éloigne Xandria des rives  nightwishiennes où  cabotait Dianne Van Giersberge, parfois très proche de Tarja Turunen.
Egalement impliquée dans l'écriture des lyrics (en  Anglais comme en Grec), Ambre Vourvahis propose un chant très polyvalent, que je compare sans hésitation à celui de Melissa Bonny (Ad Infinitum), et dans une moindre mesure à Jelena Dobric (Persona). Elle ouvre ainsi pour Xandria de nouvelles perspectives.
Ce qui n'empêche pas Ambre Vourvahis d'aller chercher des notes lyriques parfaites, et de les tenir avec l'expertise nécessaire.
En plus d'être un compositeur remarquable, Marco Heubaum est donc bien un maître en matière de casting.
Et Xandria de renaître...

Parlons maintenant des invités...
Le choeur d'enfants de la radio nationale bulgare amène une dimension orchestrale exceptionnelle. Le monde du Metal n'est pas totalement étranger à cette chorale qui inscrit du Queen à son répertoire. Vous l'entendrez dès « Two Worlds », le premier morceau, dans lequel Xandria s'interroge sur l'état de la branche sur laquelle nous sommes assis tout en nous éclairant sur la signification du titre de l'album « The Wonders Still Awaiting » :
« Nous avons  — peut-être encore  — le choix entre deux mondes. Une dystopie, si nous continuons sur cette voie en inversant le progrès de la civilisation et en détruisant l'environnement dans lequel nous vivons. Ou une utopie où nous pouvons voir les merveilles qui pourraient constituer l'avenir de l'humanité. Mais le pont entre ces mondes devient plus fragile à chaque seconde.
Musicalement, cette chanson épique et explosive de sept minutes vous emmène dans un voyage à travers la polarité des deux mondes, vous montrant les surprises, les trésors et la diversité que le nouvel album The Wonders Still Awaiting aura en réserve. Ce morceau est presque un petit film à lui seul, il combine du Metal à une énorme orchestration digne d'une bande originale de film, et au chœur d'enfants de la Radio Nationale bulgare, constitué de quarante musiciens. »

« The Wonders Still Awaiting » reste symphonique dans sa construction, et c'est le compositeur/arrangeur Luki Knoebl qui s'est occupé de sa partie orchestrale.  
Ally Storch de Subway to Sally amène ses violons et violoncelles.
Ralf Scheepers (Primal Fear) promène ses quatre octaves sur le morceau « You Will Never Be Our God ».

A propos de ce titre, Xandria expliquait :
« Cette chanson parle du danger dans lequel se trouve notre société ouverte, pluraliste et démocratique. De l'extérieur et de l'intérieur, des forces autoritaires essaient de faire appel aux mauvais instincts des gens pour exercer leur pouvoir sur eux. Il nous semblait autrefois que le monde deviendrait meilleur après la fin de la guerre froide. Les sociétés semblaient évoluer, se montrer plus ouvertes, plus tolérantes envers les minorités et la diversité, et la démocratie et la liberté semblaient s'ouvrir à plus de gens. Pourtant, le capitalisme, sa cupidité et son injustice restaient une grande question à laquelle nous devions nous attaquer, et encore trop de gens vivaient sans liberté et dans la pauvreté. Mais au lieu de s'améliorer, il semble que nous nous dirigions vers le pire au lieu d'aller vers plus de progrès. Nous devons nous dresser contre cela. Parce que notre liberté n'est plus garantie. Idéologie autoritaire/totalitaire, fondamentalisme religieux, anti-science, anti-faits, cupidité, fascisme, racisme, sexisme, homophobie - vous ne serez jamais notre dieu ! Ceci s'adresse à tous les peuples du monde - vous méritez tous de vivre en liberté, de vivre comme vous voulez vivre, de dire ce que vous voulez dire, dans le respect de la liberté des autres. »
Voici pour l'engagement, porté par une mélodie efficace. Et les pépites ne manquent pas sur cet album. A commencer par ce « The Wonders Still Awaiting » qui lui donne son titre.

Un son parfois presque pop (« My Curse Is My Redemption »), parfois très heavy (« Illusion Is Their Name »), parfois empreint d'un certain lyrisme (« Mirror Of Time »). Toujours beau et puissant, même quand il vous parle à l'oreille (« Scars »). Qui sait se faire épique (« Astèria ») et envoyer du bois côté mélodique (« Ghost »).
A propos de Ghost, justement, Xandria expliquait :
« Ghosts a en fait commencé comme une réminiscence du bon vieux death metal mélodique suédois et avec ce riff de guitare archétypique que vous entendez dès le début. Et puis nous l'avons intégré dans notre paysage sonore Xandria avec beaucoup d'ambiance de musique de film et de grands chœurs, parce que c'était excitant de mélanger ces éléments et d'en faire notre propre truc (nous avons quand même gardé le titre de travail "Swedish Fire" pendant longtemps...). C'est un bon exemple de la diversité du nouvel album et du nombre d'influences différentes que nous y mettons. »

Se voulant plus dur, plus sombre et plus épique, « The Wonders Still Awaiting » est remarquable à bien des égards : par le talent déployé dans le songwriting, par l'assurance du nouveau line-up qui n'a pas eu besoin de période d'observation, par le son fabuleux et les orchestrations efficaces.
C'est assurément une nouvelle page de Xandria qui s'écrit avec cette frontwoman dont on n'a pas fini de parler. Ce chapitre ne rend pas moins intéressants ses glorieux prédécesseurs, il est écrit avec le même talent mais a l'intelligence de nous faire une proposition différente. Vous n'en douterez pas à son écoute : Xandria n'a rien perdu de sa superbe et « The Wonders Still Awaiting » est un grand album de métal symphonique comme ce groupe sait en générer. A découvrir impérativement.


« The Wonders Still Awaiting » est disponible aux formats :

  • Coffret Deluxe (édition limitée)
  • Double vinyle marbré bleu et noir 
  • CD en boitier cristal 
  • Mediabook 2-CD
  • Format Digital

Xandria packaging

LES ENFANTS DE DAGON, De Pronfundis (04/10/2022)

Le 27/01/2023

La qualité est au rendez-vous et l'écoute est recommandée au casque.

Voici un projet ambitieux (donc risqué) qui nous parvient via le label Sliptrick Record :

Les Enfants de Dagon

Les enfants de dagon
Les amateurs d'univers fantastiques auront identifié la référence à Lovecraft. C'est en effet le géniteur du mythe de Cthulhu qui inspire aux sept musiciens Lyonnais, réunis dans cette aventure, rien de moins que trois albums et deux romans !
Les Enfants de Dagon  placent leur histoire aux alentours de 1920, et leur personnage, Pierre Duval, est un prêtre catholique qui quitte la France pour exercer son ministère dans une ville portuaire des USA. Il y découvre une communauté vouant un culte à une étrange divinité.
Un premier roman, « Sous Ces Profondeurs », est disponible sur Bandcamp depuis juin 2022.
Le 04/10/2022 le collectif a livré le premier volet de sa trilogie musicale :

« De Profundis »

Les enfants de dagon cover
Le groupe est présenté comme un mix de death, de black et de doom metal. Nous lui trouvons une connotation symphonique importante, et c'est d'ailleurs l'opposition des univers métalliques du black et du sympho qui nous séduit et qui nous semble l'atout-maître de ce premier volet.
« De Profundis » est donc autre chose qu'un album de black : La richesse de son univers ouvre ses portes à un public plus large et curieux. Il s'écoute d'une traite, tel un voyage musical.
L'album bénéficie d'un son capable de merveilles, il accorde beaucoup de profondeur à certaines pièces. Cet excellent travail est signé Thomas Combépine et Mickael Kassapian (Warmaudio Décines).
Les Enfants de Dagon ont eu la bonne idée d'inviter Jeanne Soler à les rejoindre sur le morceau « Beyond ». L'intervention de son violoncelle aux côtés d'un piano et du chant lyrique remarquable de Céline Chassy fait naître une pièce baroque particulièrement réussie.
La technique vocale  est d'ailleurs à souligner (« Facing Darkness Part. I et II »), tenant parfois de la performance et ménageant quelques surprises et de belles oppositions de styles. Les interventions narrées ou chantées mélangent Anglais et Français.
« De Profundis » relève de l'engagement artistique, les Enfants de Dagon ont veillé à lui apporter un soin extrême et tout est parfaitement en place. La qualité est au rendez-vous et l'écoute est recommandée au casque.

Les Enfants de Dagon sont en concert le 28/01/2023 à Ambérieu-en-Bugey (Les Triplettes Social Club) avec la Fanfare Karlek (un très bon brass-band qui aime taper dans le catalogue Metal underground) et Hysteria. Ils proposeront à cette occasion en exclusivité un coffret limité, numéroté et signé à vingt exemplaires comprenant :

  •  L'album en CD et un livret collector « De Profundis »
  • Le roman « Sous Ces Profondeurs »
  • Une carte d'un visuel d'une des chansons signée par les membres du groupe

Ce coffret sera disponible au tarif de 25€ (CB ou espèces acceptées).

LIVE-REPORT : EVER AFTER + ANTIPOD + STEREOSUCKERS au ROCK N EAT (13/01/23)

Le 18/01/2023

LIVE-REPORT EVER AFTER-ANTIPOD-STEREOSUCKERS au ROCK N EAT (Lyon-13 janvier 2022)

Par Dam'Aël 

Habitant sur Saint-Raphaël, je n'étais pas revenue au ROCK N EAT official(by céd & mike)  située quai Arloing dans le 9e arrondissement de Lyon, depuis le passage de Mobius, Altesia et Talvienkeli le 28 octobre 2021. Je me replonge dans l'univers bien particulier de cet endroit atypique de par son architecture. Au niveau "déco", on confirme le fidèle flipper Iron Maiden, une section de carcasse de voiture parée d'un drapeau anglais (Iron Maiden oblige), une sculpture par soustraction de Eddie (Iron Maiden oblige), un baby foot sur roulettes mais oups banal (Iron Maiden évincé). Pizza, burger, frites défilent sous mon nez, beer, bier, birra, cerveza, bière pétillent dans les gobelets à l'effigie du Rock N Eat. 

Venue principalement pour soutenir et assister à la première de Antipod, j'en profite aussi pour découvrir en live ce vendredi 13 janvier Ever After et Stereosuckers.

STEREOSUCKERS :

Le quartet est composé de Terence Bougdour (Filthy Brats) au chant, Dizzy Viper (Sleekstain) aux guitares et Gregg Erin (8Ball Ink) à la basse et CJ Butcher à la batterie et investit la petite scène avec le sourire franc et communicatif de Terence. Il le gardera tout au long de ce set qui nous envoie en pleine face, en mode bonne droite de boxeur, leur hard Rock old school posé sur une voix très identitaire, parfois même avec un mélange de Billy Idol et de Brian Johnson qui a attiré mon attention. C'est efficace, carré, joué avec passion. ils sont là pour se faire plaisir les guys, ça se voit et ça se transmet au public bien présent. Les quatre singles de la formation Revolutiön, Moments Like These, Still In my Dream et My Home Town sont proposés dans une setlist de dix titres, ponctuée d'une magnifique balade électro-acoustique qui narre avec beaucoup d'émotion une déception sentimentale vécue par le guitariste lui-même. Le groupe prévoit la sortie de son premier EP, on garde donc un œil de Rockeur sur eux. Stereosuckers, vous avez parfaitement chauffé la scène pour l'entrée du groupe Antipod.
ANTIPOD : 
 
La formation lyonnaise formée par Sébastien Lelong attendait cet évènement depuis des mois et imaginez sept bipèdes qui piétinent depuis de longues journées avec cette envie irréductible de fouler les planches du Rock N Eat! Non seulement ils ont soulevé la poussière résiduelle de cette scène mythique, bousculé les nuages de fumée imaginés par la scénographie, libéré les watts haute tension, mais ils sont allés jusqu'à déclencher l'alarme incendie à la fin de leur set. Quand Antipod décide de marquer les esprits, il sait s'y prendre!
L'entrée du groupe s'effectue membre par membre fédérant un public déjà bien excité et encore plus interactif avec le groupe; il est aussi là pour Antipod et sa toute première prestation scénique!.. Un vendredi 13 !!! Je pourrai même les soupçonner d'avoir acheter sept billets de loterie...
Revenons sur leur set d'une durée d'environ quarante minutes : après une intro au séquenceur, les Lyonnais s'échauffent avec élégance, talent et force sur Heylel au chant féminin proposé par Jemina Robineau, très maîtrisé et délicat. Naufrage suit avec l'arrivée masculine, en second lead vocal, de Stéphane Monserrat en tenue de rockeur accompli (Il sévit aussi dans le groupe clermontois depuis plus de trente ans Awacks). La complicité est réelle et magique et les deux chants offrent une précision et une justesse irréfutables. Aucun doute, le potentiel est là et confirmé de surcroît par une section rythmique de haut niveau. A n'en point douter, Antipod et son avenir sont à surveiller et à suivre avec beaucoup d'assiduité.
Le duo enchaîne sur Ne Jamais Douter. Si jamais les membres d'Antipod ont un quelconque doute sur leur talent, on les rassure immédiatement "Ne Jamais Douter" doit être la devise princeps de la formation. La vie au Temps prend le relai avec pour terminer leur passage sur scène, Nouvelle Ere qui devrait être désormais l'horizon de vie de Antipod. Il est indéniable que la qualité instrumentale fait mouche, et on fait un clin d'œil au tout nouveau batteur Aurel Haddock qui a su reprendre au pied levé les baguettes de Greg en y apportant une touche personnelle sans revisiter totalement le travail originel des percussions, une touch plus métalleuse pour cette section rythmique qui explore avec une réelle alchimie Heavy, Symphonique et Progressif dans un espace très mélodique. Les compositions sont riches, variées : l'auteur, compositeur n'est autre que le claviériste et fondateur du groupe, Sébastien Lelong. On cite Bilel Adda à la guitare rythmique, Matthieu à la basse et Elias Bouabib à la guitare lead, qui lâche des soli solides, parfois shreddés qui déchirent et qui font leur effet. Un potentiel dans les cordes d'Antipod.
Je rejoins Noise Injection sur la perception du son selon l'endroit où l'on se trouve. Les voix de Jemina et surtout celle de Stéphane auraient mérité un peu plus de mise en avant sur l'instrumental.
Antipod est en train de finaliser son tout premier album EVEIL qui sortira dans les bacs vraisemblablement dans les semaines voire les mois à venir ; un album qui devrait prendre sa place dans le catalogue international du label italien Wormholedeath.
Merci encore à Sébastien Lelong et sa petite famille pour l'accueil particulier qu'ils m'ont accordé.
EVER AFTER :
Ever After en chiffres :
2017 : formation du groupe par Hélène Finaud (chant lead) et Laurent Moulin (basse et chant), basé sur des reprises
2018 : Eclosion du groupe sur des compositions
2019 : 1er EP "Lost Control" un 5 titres
2020-2021 : vide temporo-spatial Covid
2022 : clip de "Earth Rehab" (27/11/22)
2023 : Sortie du premier album Fucking Phoenix et sa release party au Rock N Eat (13/01/23), avec Romain Thual à la guitare, Anthony Sejalon à la batterie, Loïc Dole à la guitare et Jérémy Gubian au clavier.
Ever After est prêt à en découdre car l'ambiance est électrique, le public réintègre la salle du Rock N Eat après la fausse alerte incendie, une façon originale de la part d'Antipod, de passer le relai à leurs confrères Lyonnais. Le combo est là pour défendre son premier album Fucking Phoenix, tout frais, rempli de motivation, de plaisir, d'énergie. Le ton est très rapidement donné avec une ligne vocale féminine qui aiguise quelque peu notre curiosité. Le spectre vocal de la chanteuse est très intéressant et son songwriting l'est tout autant. Je serais même tentée de dire qu'elle ne nous a peut-être pas donné la totalité de son potentiel dans cet opus. Hélène au fin fond de ses retranchements pourrait être une sacrée surprise. C'est pourquoi j'attendrai le second album avec beaucoup d'impatience. Cela dit, les six membres de Ever After, avec les dix titres de Fucking Phoenix, ont offert une prestation sérieuse, passionnée et digne d'un groupe qui en a sous les fers. Un Metal Symphonique qui n'a pas à faire rougir tant le travail est sérieux, accrocheur et pour lequel la patte Ever After marque au fer rouge un "Symphonique au cachet dingue" comme l'a très bien écrit mon confrère Ahasverus ( sa chronique : http://www.ahasverus.fr/blog/ever-after-fucking-phoenix-13-01-2022.html). Une véritable surprise malgré la panne vite résolue de la tête d'ampli guitare qui est venue compléter le monde de l'imprévu. Une soirée pleine de rebondissement sur fond de talent et de bienveillance.
On rappelle que Ever After sera présent au PLANE 'R FEST qui se tiendra les 6 et 7 juillet prochain dans la région lyonnaise.
 
Merci à tous pour cet excellent moment musical, festif et bienveillant.
 
 

VISIONS OF ATLANTIS à Montpellier et Toulouse

Le 16/01/2023

Après « Legion Of The Seas » et  « Melancholy Angel », le groupe de Metal Symphonique Visions of Atlantis a présenté un  nouvel extrait clippé de son huitième  album « Pirates », disponible chez Napalm Records depuis le 13/05/2022.
Visions of atlantis par stefan heilemann
VISIONS OF ATLANTIS par Stefan Heilemann


Le groupe commentait à propos de cet opus :
 « Pour nous, être un Pirate c'est être pleinement conscient et tenir notre existance entre nos mains, vivre et penser librement, embrasser la vie comme une aventure avec toute sa lumière et ses ténèbres. Nous ouvrons avec cet album une nouvelle ère pour Visions Of Atlantis, embrassant pleinement l'identité avec laquelle nous flirtons depuis plusieurs années maintenant - en créant la musique qui résonne vraiment avec nos âmes. Nous poursuivons notre voyage qui nous emmène à travers des eaux plus sombres, des tempêtes plus fortes, où tout sert de toile de fond à une métaphore sur le développement personnel et la spiritualité. Si Wanderers représentait plutôt le bon côté de notre périple, Pirates nous emmène définitivement au coeur du travail de l'ombre, où nous sommes confrontés à d'autres types de monstres ! »
Visions of atlantis artwork
Cette fois le choix de Visions Of Atlantis s'est porté sur « Clocks » pour représenter l'album. La Lyonnaise Clémentine Delauney (chant) explique :
« Nous sommes vraiment ravis de pouvoir sortir une vidéo pour le titre Clocks car nous adorons celui-ci et nous avons remarqué qu'il était également devenu l'un des préférés de nos fans ! Nous avons pu voir la réponse enthousiaste de l'audience à chaque fois que nous avons commencé à jouer ce titre en live l'an dernier ! Voici donc une interprétation de comment profiter de la vie lorsque l'on est un pirate, en se souvenant que l'horloge tourne...Tirons tous le meilleur de 2023 ! »

Ce single est dévoilé en même temps que l'annonce de la nouvelle tournée de Visions Of Atlantis, Pirates Over Europe. Celle-ci débutera en Allemagne le quatre avril et le groupe sera accompagné par le groupe autrichien Autumn Bride.
Michele Guaitoli raconte à propos de cette nouvelle tournée :
« Nous ne pourrions mieux célébrer la sortie de cette nouvelle vidéo qu'en annonçant une nouvelle tournée ! 2023 va non seulement débuter avec notre première tournée américaine en tant que tête d'affiche, avec The Spider Accomplice comme invité spécial, mais nous annonçons également une nouvelle partie de notre tournée européenne en passant dans des villes où nous n'avions pu aller la fois précédente ! Autumn Bride nous rejoindra lors de cette nouvelle aventure... et croyez-le ou non, de nouvelles annonces sont à venir ! »
Montpellier, Toulouse sont parmi les villes-étapes de la formation, qui visitera également nos amis Suisses à Monthey et nos amis Belges à Gand.
Visions of atlantis tour

KAMELOT : Les détails du futur album

Le 13/01/2023

KAMELOT ne se repose pas sur ses lauriers et promet avec « The Awakening » un album remarquable.

Kamelot the awakening
« The Awakening », le nouvel album de KAMELOT sortira le 17/03/2023 via le géant autrichien Napalm Records.
Décrit comme l'album « le plus introspectif, inspirant et fondamental » mais aussi comme « leur oeuvre la plus massive et riche à ce jour, réunissant les styles gothique, mélodique, progressif et Power Metal tout en imposant les morceaux les plus puissants de toute l’histoire de la formation », « The Awakening » succède à  « The Shadow Theory » sorti voici cinq ans. 
L'album aborde les thèmes de la détermination, de la force, de la lutte avec nos propres démons intérieurs. Côté production, le groupe de Tampa a fait à nouveau appel à Sascha Paeth (Rhapsody, Epica, Edguy, Angra)  tandis que Jacob Hansen (Pretty Maids, Arch Enemy) des Studios Hansen s'est occupé du mixage et du mastering des treize pistes.
Thomas Youngblood (guitare) déclare :
«  Avec The Awakening, nous avons réalisé notre album le plus hétérogène depuis des années. Nous avons fusionné des éléments issus du Metal progressif, power et gothique, avec le Metal symphonique et mélodique. Le fait de travailler avec d’incroyables artistes de l’industrie musicale, et de pouvoir inviter le producteur Sascha Paeth et le mixeur Jacob Hansen à bord nous ont permis d’intensifier notre son. Cet album offre tout aux fans de Kamelot et va même au-delà des frontières pour toucher de nouvelles légions de fans de Metal et de Hard Rock. »
Parmi les annonces alléchantes, nous notons que le morceau «  New Babylon » propose un duo entre le chanteur Tommy Karevik et l'étoile montante du métal suisse Melissa Bonny (Ad Infinitum).
Kamelot nous promet aussi le frisson avec son « Opus Of The Night (Ghost Requiem) », pièce qu'il veut  digne d'un « opéra-lyrique ».  Ce morceau est emmené par un duo guitare / violoncelle conduit par Thomas Youngblood et Tina Guo.
D'autres contributeurs talentueux (le violoniste Florian Janoske, le chanteur Brian Howes) participent à cet album qui ne se repose pas sur les lauriers du groupe.
Vous pouvez en juger par le premier extrait du futur album mis en ligne en ce début d'année. Il s'agit du titre «  One More Flag In The Ground », dont les paroles traitent du combat contre la maladie.

Tommy Karevik, le chanteur de Kamelot, explique :
« Le principal objectif de cette chanson et du clip était de créer une métaphore pour illustrer cette lutte contre la maladie, qu’elle soit physique ou mentale. Chaque étape de la guérison et du rétablissement est un autre drapeau planté dans le sol. A chaque pas sa victoire… »
Le clip est aussi accrocheur musicalement qu'efficace visuellement.

Livré le 17/03/2023 « The Awakening » sera disponible via Napalm Records aux formats suivants :

  • Format digital
  • CD digipack
  • Lot CD digipack + t-shirt - exclusivité Napalm Records
  • Edition double vinyle noir
  • 2 vinyles ROUGE et NOIR - exclusivité Napalm Records boutique européenne - 500 exemplaires
  • 2 vinyles BLANC et NOIR - exclusivité Napalm Records boutique américaine - 300 exemplaires
  • Livret de 48 pages + single au format vinyle 7’’ - exclusivité Napalm Records - 500 exemplaires
  • Coffret en bois : coupe-papier, drapeau, patch, carte postale du groupe - exclusivité Napalm Records - 1000 exemplaires
  • Format cassette - exclusivité Napalm - 100 exemplaires

Précommandes :

Kamelot coffret
La tournée mondiale de Kamelot (avec en support Myrath, Eleine, League Of Distortion) passera par la France en 2023. Les Américains seront à  :

  • Lille / Splendid le 13/03/2023

  • Paris / Elysee Montmartre le 14/03/2023

A noter pour nos amis Belges :

  • Mar 19, 2023 - Bruxelles / La Madeleine le 19/03/2023

Et pour nos amis Suisses :

  • Pratteln / Z7 le 12/03/2023

Kamelot live

EVER AFTER, Fucking Phoenix (13/01/2022)

Le 08/01/2023

« Fucking Phoenix » a un cachet de dingue et Ever After nous hameçonne bien plus solidement que nombre de grosses production !

Le métal symphonique peut avoir ceci de commun avec l'Autoroute du Soleil qu'il est souvent embouteillé et qu'il peut être compliqué de s'y frayer un chemin. Une belle voix ne suffit pas pour venir à bout des bouchons. Voici une formation issue, comme cette autoroute, de la capitale des Gaules, qui au milieu du brouhaha parvient à se faire entendre :

Ever After

Ever after band 1
EVER AFTER par Laurent Moulin


Ever After se forme en 2017 et débute son parcours par des reprises d'Evanescence, Within Temptation et autres Nightwish. Un an plus tard Ever After s'essaie à la composition. Son premier  EP, « Lost Control », voit le jour en 2019.
Le 13/01/2022, Ever After présente son premier album, un dix pistes :

« Fucking Phoenix »

Ever after 1
Après une courte intro, l'album démarre avec « Lost Control ». Le chant féminin est chaleureux et se pare d'un joli vibrato. Une voix gutturale joue les contrepoints. Le refrain est particulièrement accrocheur.
« Gaia », morceau suivant, garde le curseur au même niveau : le refrain est imparable, les guitares tricotent avec un grand sens mélodique. La section rythmique assure à fond, et la voix est pleine de rondeurs dans les basses comme dans les aigus.
Les pistes s'enchaînent. Elles confirment le verdict. Notre sourcil commence à se relever de manière significative. Les belles mélodies succèdent aux belles mélodies en se renouvelant chanson après chanson (la sublime introduction de « Fucking Phoenix »). Les refrains sont mémorables (« Basement Level ») et l'inspiration en matière de songwriting saura faire pâlir nombre de formations. La voix d'Hélène enchante, son panel séduit. Les grattes sont d'une vivacité savoureuse. Et le plus extraordinaire c'est que le groupe tient sur la durée malgré des compositions qui dépassent parfois les sept minutes.
Un bémol cependant : le son pèche un peu et écrase la section rythmique, la privant parfois de la dynamique nécessaire. On en voudrait presque à Ever After d'avoir négligé ce détail et de ne pas servir ce bijou, car cet album en est un, dans l'écrin qu'il mérite. Mais franchement, Ahasverus chipote car il y revient écoute après écoute : ces Lyonnais forcent l'admiration et dévoilent un sens mélodique à tomber de sa chaise. Au point qu'on s'étonne d'entendre l'exploit se renouveler jusqu'aux pistes finales dans un opus qui n'accueille que des bons morceaux.

Alors non, « Fucking Phoenix » n'est pas parfait, loin s'en faut, on perçoit ici ou la une petite impureté, un truc qui aurait pu être amélioré. Mais l'album a un cachet de dingue et l'interprétation le sert avec une remarquable efficacité. « Fucking Phoenix » est un petit diamant brut de la scène underground, un opus plein de personnalité qui s'inscrit dans les mémoires vives par effraction.
Si Ever After poursuit sur cette voie en conservant son inspiration et en améliorant le son, ça promet de faire très mal ! On recommande ce premier album et ce groupe très intéressants et on attend la suite avec impatience.
Ever After sera au ROCK N EAT de Lyon pour sa release-party le 13/01/2022. Il sera également cet été à l'affiche du PLANE 'R FEST 2023 (sur la même scène que Loudblast et Nightmare).

Le nouveau DELAIN sortira en 2023

Le 29/11/2022

« Dark Waters », le nouvel album de Delain sortira le 10/02/2023 via Napalm Records.
Delain artwork
Delain a connu quelques turbulences dans son line-up en 2021. Il évolue désormais dans une nouvelle configuration totalement en ordre de marche : Martijn Westerholt (clavier et principal compositeur du groupe), Ronald Landa (guitare) et Sander Zoer (batterie) sont maintenant accompagnés par Diana Leah (chant) et Ludovico Cioffi (basse).
Martijn Westerholt nous parle de ce nouvel opus :
« Cet album capture tous les éléments qui composent la personnalité de Delain : nos riffs de guitare distinctifs, nos parties orchestrales grandioses, les techniques de chant metal et pop, le son du rock opéra couplé à celui du synthé des années 80. En résumé, c’est vraiment un album identifiable à Delain parsemé d’éléments reconnaissables de Delain, mais aussi de nouvelles influences marquant ainsi une progression. »
Delain a révélé deux extraits de « Dark Waters », avec dans un premier temps « The Quest And The Curse », un titre éminemment symphonique qui permettait de faire connaissance avec le nouveau line-up.

Aujourd’hui Delain revient pour nous présenter « Beneath », son nouveau single-clip, avec de belles images aquatiques, très bien réalisé. Ce morceau allie puissance et mélodie ; Diana Leah partage le chant avec Paolo Ribaldini.
Martijn Westerholt estime que « Beneath représente très bien l’album et Delain dans leur ensemble car il englobe tous les éléments reconnaissables du groupe que vous retrouverez sur Dark Waters. »

  • « Dark Waters » voit également la participation de Marko Hietala (ex-Nightwish, déjà présent sur le premier album du groupe) et de  Ruud Jolie (Within Temptation).

Du lourd dans ce qu'il montre, du lourd en perspective !

« Dark Waters » sera disponible aux formats suivants :

  • Double vinyle noir
  • Lot CD avec pochette 3 volets + t-shirt (uniquement disponible sur la boutique Napalm Records)
  • Double vinyle bleu marbré / noir / blanc - édition limitée à 300 exemplaires (uniquement disponible sur la boutique Napalm Records)
  • Coffret en bois : 2 CDs (album + version instrumentale), un coffret CD avec la version orchestrale, 6 sous-verres, un drapeau, une carte postale à l’effigie du groupe - édition limitée à 500 exemplaires (uniquement disponible sur la boutique Napalm Records)
  • Album digital

Delain coffret en boisCi-dessus l'édition Coffret en bois

Les précommandes sont ouvertes ICI.

ETWAS, L'interview de Silver (guitare)

Le 27/11/2022

« L’envie d’aller plus loin dans la brutalité était évidente. »


Début septembre 2022, ETWAS sortait « Enochian Keys - Chvpter I », son premier album, mélange  de black et de métal symphonique.

Guitariste de la formation, Silver Croze, revient avec nous sur le parcours du groupe, son orientation musicale et la construction de ce nouvel opus.


Bonjour Etwas. Une explication sur le nom du groupe ?
Silver :
Etwas m’est venu lors de mes dix-huit bougies. Je cherchais un nom de groupe, simple, mystérieux dans une langue différente de la nôtre. J’ai donc choisi « ETWAS » - « etvasse » en prononciation. Ça veut dire « quelque chose » en Allemand. J’apprenais l’Allemand pour ne pas faire Espagnol comme tout le monde (LOL !).
En 2020 vous sortez « Behind The Veil », un premier EP orienté Métal Symphonique...
Silver : Lorsque nous nous sommes rencontrés (Victoria / Florian), j’ai proposé six chansons que j’avais composées il y a longtemps. Nous nous sommes alors rassemblés afin de les modifier et, de sortir cet EP quelques années après. C’était vraiment cool de voir ces chansons enfin sur CD.
Etwas behind the veil
J'adore les voix mais je suis totalement parallèle à la technique. Un mot sur celle de Victoria, particulièrement haute ?
Silver : Victoria a une voix haute « soprano colorature/lyrique ». Mais elle cherche à agrandir son « range » de voix. Jouer avec le bas, parler, chanter et pas faire du lyric constamment, et dernièrement du growl. C’est ce qui la rend indispensable pour le groupe au vu des compositions et de l’ambiance. Peut-être que sur le prochain chvpitre, elle l’utilisera plus régulièrement, qui sait.
« Behind The Veil » tient la route. Cette voix céleste et  l'univers légèrement dark de votre métal  tranche dans la masse des productions symphoniques. Pourtant en 2022, vous changez d'orientation : l'album « Enochian Keys - Chvpter I » marquera l'irruption du black metal dans votre musique. Explications ?
Silver : « Behind The Veil » a été composé il y a environ vingt ans. J’ai passé de longs mois à arranger ces titres pour les mettre au goût du jour. Mais l’envie d’aller plus loin dans la « brutalité », dans le « Black » était évidente au vu de nos goûts musicaux. Ces titres n’étaient pas destinés à finir dans ce registre « Black Metal ». Le but était de faire évoluer notre univers. Mais si on écoute bien les intros des tracks 2 « Semblant of Mercy » et 3 « War in Storm and Ashes », nous remarquons que l’ambiance commence à s’installer. De nos jours, beaucoup de groupes symphoniques restent bloqués sur ce style ou parfois, prennent un côté rock / radiophonique. Nous cherchons à garder une identité propre à la nôtre, celle que l’on aime et que l’on agrémente avec quelques idées cinématographiques.
Etwas
Je zappe généralement les introductions sur les albums, mais je trouve celle de « Enochian Keys - Chvpter I », avec ses murmures propres aux films d'horreur, très efficace.
Silver : Oui c’était l’idée. Je me souviens d’en avoir parlé avec Victoria. S’il était faisable de créer une atmosphère avec un croisement de chuchotements afin d’apporter une ambiance « spirit ». Mettre une intro de ce type en début d’album prépare l’auditeur à notre ambiance.
D'une manière générale, j'ai d'ailleurs trouvé votre Black Metal plutôt cinématographique. Les éléments oppressants que vous insufflez me font penser aux classiques « Shinning »  ou « Poltergeist », ou encore au dystopique « 1984 » pour le côté narratif, ainsi qu'à l'univers vampirique qui donne un côté gothique élégant à l'ensemble, tout autant séducteur qu'angoissant.  On ne sait pas à quelle sauce « Enochian Keys - Chvpter I »  envisage de nous manger...
Silver : Oui et ça me fait plaisir de l’entendre ! C’est un peu tout ça. On crée un univers autour de nos compositions. Certains groupes composent puis écrivent. Nous, ce n’est pas ce processus de composition. Nous réalisons des recherches sur des thèmes spécifiques. Une fois que nous sommes bien documentés, nous passons à l’étape de composition. Ces sujets attirent notre curiosité, et j’invite ceux qui le peuvent à se procurer les paroles de nos chansons. C’est dans un Anglais simple et avec Internet, il est possible de les traduire.

Pour en revenir aux thèmes, nous sommes tous curieux ou attirés par l’histoire. Ici le but n’est pas d’affirmer si cela existe. Mais d’en parler. On ne force personne à accepter les sujets, nous même, nous avons du recul dessus, mais nous trouvons tout cela passionnant. Et la plupart de nos sujets sont largement exploitables avec de la musique et de la vidéo. Par exemple, nous connaissons déjà les thèmes qui seront abordés sur le prochain chvpitre !

Parlez-moi du processus de composition de l'album...
Silver : Je regarde beaucoup de vidéos sur l’histoire, les mythes, même des films culte, etc. Et j’en parle avec Victoria qui est intéressée aussi par ces sujets. Nous discutons autour et nous échangeons des reportages, des documentaires, etc. Une fois qu’un sujet nous passionne, nous composons autour. Je m’enferme au studio, je prends ma guitare et je cherche quelques accords qui colleraient à l’ambiance du sujet. Un titre complet peut me prendre une nuit (« No Candle to Ignite / You Nephilim ») ou plusieurs semaines de compositions (« In a Dreary Coffin »). Une fois que j’ai quelque chose de solide, je l’envoie aux membres du groupe afin de collecter leurs avis, voir si ça colle bien au sujet, si ça leur plaît et on passe ensuite aux modifications. Une fois que le titre est créé, je l’enregistre en pré-production et on fait des essais de voix dessus. Nous travaillons principalement par Internet. Ensuite nous nous réunissons pour répéter les titres, manger et boire de la bière !
Les thématiques abordées suivent-elles un fil rouge ?

Silver : Nous élaborons une liste de sujets avant de composer, et nous les respectons jusqu’à la fin. En général, ils concordent tous ensemble. Jusqu’à maintenant nous n’avons pas eu de problème avec. Peut-être que cela arrivera un jour mais pour le moment ce n’est pas le cas, donc on continue avec cette façon de travailler.

Un mot sur la production ?

Silver : Compliqué d'écrire à ce sujet car je m’occupe de produire Etwas en son mais aussi en vidéo. Parfois je manque de recul et je fais donc intervenir d’autres personnes (extérieures au groupe) afin d’avoir leurs avis, ce qui me permet de ne pas rester le seul décideur. Je suis satisfait de la production, même si parfois je me dis que j’aurais pu faire mieux. Le but étant de progresser, c’est LA vraie satisfaction du travail.
Avec « A Forked Tail And Horns » Etwas a-t-il trouvé sa voie ?
Silver : Possible ! Ce titre rassemble tous nos goûts musicaux et pose l’accent sur l’ambiance que nous souhaitons partager.
Etwas photo
Votre actualité sur les six prochains mois ?
Silver : Nous avons des métiers très prenants et nous manquons un peu de temps pour pousser Etwas vers l’avant. Nous nous organisons pour qu’ Etwas se produise en concert d’ici 2023. Mais nous sommes aussi sur les préparatifs de plusieurs clips vidéo ainsi que le futur chvpitre.
Merci Etwas de m'avoir consacré du temps...
Silver : Merci à toi surtout ! Merci pour tout ce que tu fais. En espérant qu’elles vous auront servies sur la compréhension de notre univers ainsi que notre mode de composition. Prends soin de toi et Stay Metal !

OÏKOUMEN, Dystopia (04/11/2022 - chronique)

Le 18/11/2022

Multipliant les propositions, « Dystopia » marque une étape nette sur le parcours de Oïkoumen et pose les fondations pertinentes de ce qu'on espère être le début d'une belle lignée.

Voici une nouveauté qui nous a semblé intéressante ; elle est disponible depuis le début de ce mois de novembre :

« Dystopia »

Oikoumen artwork
Le groupe s'appelle Oïkoumen. Il est fondé à Paris en 2017 par Élie Veux, (guitare, composition) et Laura Mazard (chant, textes). Yaël Febvray (basse, synthétiseur) rejoint la formation 2019.
Le groupe est alors prêt pour présenter son premier opus, et c'est un EP éponyme de trois titres qui voit le jour. Il sera porté par le clip « Pompéi ».

Parallèlement, Oïkoumen occupe le terrain avec quelques reprises : Stratovarius, Arch Enemy, Children Of Bodom, Trivium ou encore Rammstein... C'est que ce groupe, d'abord influencé par les grands noms du symphonique, lorgne maintenant vers un métal moderne, comme en atteste son single « The Green Queen » fin 2021...

Et il fait route vers un territoire progressif, baroque et lyrique !
Fort d'une chanteuse au timbre haut, Oïkoumen a muri. Il nous accueille en vocalisant sur un nouvel opus d'environ cinquante minutes.
La voix de Laura Mazard apporte beaucoup. Elle joue même, c'est malin, avec les respirations (« Insidious »).

Autour, les rythmiques claquent, se complexifient, prennent de la vitesse  (« Slaughterhouse ») sans pour autant snober la face symphonique du Métal (« Five Elements »).
La voix imprime sa direction (« Blood Ores »), donne des faux-airs de Lacuna Coil quand elle baisse d'un ton (« Green Warriors »). Elle est rejointe par les claviers quand elle balaie les cimes pour se faire instrument (« Contamination »). Le synthétiseur compose avec la basse un tamis serré autour des guitares (« Burnout »). Puis les musiciens dégagent le champ le temps d'une incartade acoustique qui fait place nette au chant ou à la batterie. 
« Dystopia » se termine dans une pièce enchanteresse de plus de neuf minutes. L'armature est classique, les guitares claires et la flûte sont en pointe sur un premier tiers instrumental bien amené.
Ainsi Oïkoumen finit-il de nous charmer dans un premier album progressif contemporain,  singulier dans la signature, ambitieux dans la composition, lyrique dans le chant. Multipliant les propositions, « Dystopia » marque une étape nette sur le parcours de Oïkoumen et pose les fondations pertinentes de ce qu'on espère être le début d'une belle lignée.