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WINGER (hard mélodique), Seven (05/05/2023)
Le 25/06/2023
Nous n'hésiterons pas à placer « Seven » parmi les grandes sorties hard mélodique de l'année. Les amateurs le ponceront jusqu'à l'usure.
Par Ahasverus
WINGER 1.- La Story :
Winger naît à New York dans la seconde moitié des années 80. Il est formé par des musiciens déjà très expérimentés : Kip Winger (chant/basse) et Paul Taylor (clavier) sortent des rangs du Alice Cooper Band (période « Constrictor » / « Raise Your Fist And Yell ») ; Red Beach (guitare) a joué pour les Bee Gees et Twisted Sister (« Love Is For Sucker ») ; Rod Morgenstein (batterie) a fait partie du groupe de rock progressif Dixie Dregs durant plusieurs années.
Le quatuor sort un premier album éponyme en 1988. Il est produit par Beau Hill (Alice Cooper, Ratt). Winger se fend d'une reprise du « Purple Haze » de Hendrix sur lequel le guitariste Dweezil Zappa pose un solo. L'album est porté par des morceaux tels que « Seventeen » et « Madalaine » . Son style est très proche de Warrant, et dans une moindre mesure de Skid Row ou Mr Big. Le son et le look sont caractéristiques de la période Hair Metal. L'opus connaît un succès immédiat.
En 1990 le même line-up bat le fer tant qu'il est chaud. Beau Hill reste aux manettes. Ce second opus reste dans la trace de son prédécesseur, sans parvenir toutefois à se faire aussi accrocheur malgré qu'il soit plus moderne et plus original. Un trombone et une trompette font leur apparition sur le morceau « Rainbow In The Rose ».
« Pull » (1993), l'album suivant, est l'oeuvre d'un trio guitare/basse/batterie. Paul Taylor a quitté la formation. Mais la vague grunge a provoqué un raz-de-marée qui sera fatal à de nombreux groupes de heavy 80's. Dans le clip officiel de Metallica « Nothing Else Matter », l'inélégant Lars Ulrich joue aux fléchettes sur un poster de Kip Winger (02:56) et la formation new-yorkaise devient l'un des souffre-douleurs de la série d'animation Beavis et Butt-Head. Winger passe dans le camp des has-been. Mis en valeur par la production de Mike Shipley (Def Leppard, Scorpions), le chant de Kip est pourtant à son meilleur et les compositions signées Kip Winger/Reb Beach sonnent modernes et percutantes, à l'instar de l'excellent « Down Incognito ».
Victime du désamour, Winger se sépare. Pour mieux se retrouver ? Une première fois en 2001 pour un best-of. Mais la véritable reformation Winger/Beach/Morgenstein intervient en 2006 avec « IV », un album aussi sombre que sa pochette signée Ethan Van Sciver, dessinateur de comics (Flash, New X-Men).

A cette occasion, le guitariste John Roth (qui avait rejoint la tournée Winger de 1990 et qu'on voit sur la vidéo de « Down Incognito ») ainsi que Cenk Eroglu (clavier) complètent le line-up. Kip Winger assure la production.
Il faut attendre 2009 et « Karma » pour retrouver le même line-up avec un son plus heavy et un album aux premières pistes très rentre-dedans. Winger reprend du poil de la bête avec des compositions plus saignantes et séduisantes que sur le précédent opus.
« Better Days Comin' » (2014), le sixième album, se démarque avec une approche originale et mélodique et ne laisse aucun doute sur le fait que Winger est de retour aux affaires avec des titres chaleureux, groovy (« Better Days Comin' ») et catchy, qui savent se montrer aussi agressifs (« Rat race ») que progressifs (« Tin Soldier »).
WINGER 2.- Le nouvel album :
Il faudra pourtant attendre neuf ans avant la sortie d'un septième album. C'est chose faite le 05/05/2023. Il s'intitule sobrement :
« SEVEN »

Pour l'occasion, Paul Taylor ramène son clavier, et le groupe fait appel à Ted « Hotel California » Jensen pour le mastering.
Pour amorcer, Winger sollicite le hit maker (« I Was Made For Lovin' You » de Kiss, « Livin' On A Prayer » de Bon Jovi, « Poison » d'Alice Cooper, et même « Livin' La Vida Loca » de Ricky Martin !) Desmond Child, qui n'a rien perdu de son sens mélodique et qui signe avec Kip la piste d'ouverture : « Proud Desperado ».
Ceci posé, la suite des compositions est essentiellement le fait de la paire Winger/Beach.
Elle sait se montrer à la hauteur (« Resurrect Me ») et enchaîner des morceaux qui mettent en évidence le groove dans la voix de Kip (« Voodoo Fire »).
La réussite dans le genre est totale, Winger construit un album de hard mélodique qui met le feu de bout en bout. Sexy en diable, il vous déboite la hanche avant de vous entraîner dans des power ballades à faire baver les crooners (« Broken Glass »), à la manière d'un Ronnie Atkins, tandis que la guitare retrouve la talk-box chère aux 80's (« It's Okay » et son refrain mélodique à tomber par terre), ou se fend de riffs bien heavy (« Stick The Kife In And Twist ») sans se départir d'une musicalité présente tout au long de l'album.
Kip Kip Hooray ! Nous n'hésiterons pas à placer « Seven » parmi les grandes sorties hard mélodique de l'année. C'est incontestablement un album de choix dans la discographie de Winger. Les amateurs le ponceront jusqu'à l'usure.
Vous aimez les collectors ? Notez que l'édition japonaise de « Seven » se réserve en bonus une version acoustique de « Proud Desperado» avec violon, violoncelle, percussions et choeurs d'enfants.
Le coin du Youtubeur : Pat O'May chez Anaïs Bazoge
Le 24/06/2023

Anaïs Bazoge par Estelle Howee
Anaïs Bazoge a posté le 23/06/2023 une interview très originale de Pat O'May.
Professeur de guitare, Anaïs a tenu la lead du tribute-band Ladies Ballbreaker. Elle officie également dans le groupe de death/thrash Mental Vortex.
Mais l'arrivée du COVID-19 contrarie ses projets. La lead guitariste bretonne se voit contrainte de quitter Ladies Ballbreaker, basé à Montpellier.
Elle se fait alors Youtubeuse.
Elle poste régulièrement sur sa chaîne, sobrement baptisée Anaïs Bazoge, des conseils pratiques pour la guitare, ainsi que des tutos, des analyses, des anecdotes.
Tout récemment, la jeune guitariste invitait le Rouennais Pat O' May, dans une interview menée en toute décontraction depuis son salon.
Alternant les questions et la pratique de la guitare, le concept passe crème (même si l'on n'est pas musicien) et mérite clairement d'être le premier d'une série d'interviews tant la Youtubeuse est à l'aise dans cet exercice.
On y apprend notamment que Pat O'May se produira prochainement avec Patrick Rondat et l'ex-Scorpions Ulrich Roth. (Et qu'il n'est pas exclu que le trio se rejoigne sur scène le temps d'un morceau.)

Le brio et le naturel de la vidéo, longue d'environ cinquante-huit minutes, méritent d'être soulignés.
Anaïs Bazoge travaille actuellement sur un projet d'album.
Max Enix (metal opera), Far From Home (09/06/2023)
Le 24/06/2023
Quand Metal rime avec Monumental...
Par Ahasverus

Max Enix par Milo Lee
Max Enix est originaire de Strasbourg. Il s'initie à la guitare à l'âge de seize ans et au clavier trois ans plus tard. Il crée alors sa (tou)toute première composition, une pièce de... seize minutes !
Max chante dans diverses formations plus ou moins métalliques. Au besoin, il peut même growler.
En 2019, il co-écrit avec Evi Ciglia son premier album, « Secret Garden ». Le projet s'appelle Constellia.

Désireux de plus de liberté artistique, ce désormais trentenaire entreprend ensuite l'écriture d'un Metal Opera, objet de notre publication :
« Far From Home »

Le logo sur l'album vous plait ? Il est signé Niklas Sundin (Dark Tranquillity).
Pour construire « Far From Home », Max Enix imagine une histoire qui commence avec l'extinction des dinosaures et qui se termine (en vérité peu s'en faut) par celle de la race humaine. A l'avenir, il n'exclut pas de l'adapter pour un film.
Sur cette base littéraire, à la manière de la musique cinématique, il compose durant six mois. Nous citerons deux influences qu'il évoque volontiers : le compositeur de musiques de films Hans Zimmer et le progueux Devin Townsend.
Pensant bien remplir un album, Max Enix donne libre cours à son inspiration. Elle accouchera d'une double galette d'une durée de plus de deux heures trente.
Pour consolider son oeuvre, Max s'appuie sur des fondations à toute épreuve : Vikram Shankar est au piano/claviers, Xavier Boscher (Misanthrope) aux guitares, Jean-Jacques Moréac (Misanthrope) à la basse, Leo Margarit (Pain Of Salvation) à la batterie, tandis que Max partage le chant avec la Strasbourgeoise Elise Wachbar (un beau brin de voix).
Côté guests, « Far From Home » n'a rien à envier aux castings les plus prestigieux de la catégorie. On remarque aux guitares, Stephan Forté (Adagio), Mattias Ekhlund (Freak Kitchen), Michael Romeo (Symphony X), au clavier Derek Sherinian (Dream Theater), au chant Andy Kuntz (Vanden Plas, Abydos), Tom Englund (Evergrey), Fabio Lione (Rhapsody Of Fire, Angra), David Readman (Adagio, Pink Cream 69)... On note aussi la présence de deux chanteurs qu'Ahasverus apprécie particulièrement : Mehdi Khema (Carthagods) et Laurène TellenAria (Orkhys) et puis de bien d'autres musiciens dont vous trouverez la liste in fine.
Pour l'aspect symphonique et les choeurs, sur les conseils de Thomas Kubler, Max a sollicité l'orchestre philarmonique de Budapest.
Sur le processus de l'album, Max Enix expliquait à la revue égyptienne Rock Era Magazine :
« Ma façon de composer et de procéder est assez similaire à celle de Hans Zimmer (lui aussi autodidacte) ! Tout est composé sur la base d'une musique de film ! »
Il précisait : « J'ai créé toutes les lignes vocales à la maison à partir des compositions et des orchestrations finales, puis je suis allé en studio pour rassembler mes idées et les affiner si nécessaire ! On a enregistré les démos et j'ai envoyé le tout aux invités qui ont repris mes paroles et les parties vocales ! Puis les guests, à la guitare (ou à la harpe), ont créé leurs parties. »
On imagine tous l'ampleur de la tâche... Ambitieux, titanesque, pharaonique, sont des mots qui reviennent volontiers dans les chroniques de ce double album. C'est qu'on est admiratif devant ce qu'a dû nécessiter la conduite de ce projet et on salue la prouesse de Max Enix, parvenu à un résultat extraordinaire dans un délai très court.
C'est donc d'abord à son ambition et à sa capacité à conduire ce projet de titan que nous rendons hommage, parce qu'il faut être totalement fou ou inconscient pour mettre en oeuvre un tel chantier, et complètement génial pour le mener à bien de la sorte.
Mieux qu'un opéra métal, au-delà des productions qu'on nous présente habituellement sous cette bannière, Max Enix réalise ici une véritable symphonie, une oeuvre hors-normes qui tient aussi bien du métal progressif que de la musique classique. Pratiquant le hors-pistes sans se perdre, elle incorpore par petites touches d'inattendus éléments hip hop ou extrêmes auxquels elle se marie très bien. Le résultat global est proprement impressionnant, réalisé sans temps mort ni fausse note. Littéralement larger than life, les compositions dépassent allègrement les dix minutes, la pièce finale (la préférée de Max) atteignant 26:38.
« Far From Home » a ainsi quelque chose de magistral et s'impose en référence à plusieurs titres : son ampleur, son casting, sa réalisation. Il intéressera au premier plan les fans de métal progressif ainsi que les amateurs de musiques de films ou symphoniques (certains passages sont d'ailleurs profondément sympho). Particulièrement dense, l'oeuvre ne saurait s'user au fil des écoutes, elle vous réservera toujours quelque chose.
Précisons que le son de l'album est suédois : il est mixé par David Castillo au Studio Grondahl de Stockholm, puis masterisé par Tony Lindgren aux Fascination street studios basés à Orebro.
Une adaptation française de « Far From Home » avait été envisagée. Max y a finalement renoncé, lui préférant une version orchestrale qui sortira prochainement dans un triple CD.
« Far From Home » est disponible via Wormholedeath Records depuis le 09/06/2023. Nous vous recommandons sa version CD, agrémentée d'un livret très fourni, disponible au tarif de 18€ seulement (soit rien du tout au regard du travail de l'auteur ! Vous trouverez le lien in fine). L'artwork et les illustrations de ce livret sont signés Thomas Ewerhard (Avantasia).

Une version vinyle de l'album est en préparation.
Max Enix défendra son projet sur scène. Pour la suite, il fourmille de plans aussi variés qu'ambitieux. Il sera évidemment à suivre.
Deux clips sont déjà disponibles. Un troisième sera prochainement mis en ligne.
ANGEL (hard-rock), One Upon A Time (21/04/2023)
Le 23/06/2023
Angel, encore particulièrement vif, n'entend pas se reposer sur des lauriers jaunis.
Par Ahasverus
Relativement confidentiel en France, ANGEL a connu son heure de gloire planétaire dans les années 70. Le groupe est alors repéré par Gene Simmons et signé sur le label Casablanca (Kiss bien sûr, mais aussi Village People et Patrick Juvet !).
On se souvient particulièrement du logo qu'on pouvait lire, sur les pochettes des albums, à l'envers comme à l'endroit.

Fraîchement signé, Angel se veut, pour Casablanca, l'antithèse de Kiss Et puisque ce dernier s'habille en noir, Angel sera en blanc.
Il sort cinq albums studio entre 1975 et 1979, orientant peu à peu, label disco oblige, sa musique prog et hard-rock vers des sonorités pop FM.
Mais la popularité du sextet de Washington décroit tant qu'il décide de raccrocher les guitares. Il livre encore, pour des raisons contractuelles, un album live à la fin de la décennie.
Quatre des six membres historiques se retrouvent près de vingt ans plus tard pour « In The Beginning ». Le style de ce nouvel opus lorgne du côté de Led Zeppelin et fait long feu, replongeant Angel dans les limbes pour une vingtaine d'années !
C'est donc en 2019 que notre séraphin prend un nouvel envol avec « Risen », un album aux contours plus familiers, construit, cette fois, autour de ses principaux compositeurs : le chanteur Frank DiMino et le lead guitariste Punky Meadows. La formule semble fonctionner puisqu'Angel déploie encore ses ailes en 2023 pour un nouvel album :
« Once Upon A Time »

Côté visuel, on reste sur les codes qui ont fait l'identité du groupe, et c'est tout de blanc vêtu que s'affiche le sextet.
Très vite, on comprend qu'Angel n'a lésiné ni sur les moyens ni sur les effets. « The Torch » est une excellente entrée en matière, un titre épique aux choeurs marqués, peut-etre le meilleur moment de l'album.
Puis Angel montre qu'il entend explorer de nombreuses directions, de la basse funk qui agrémente « Back Moon Rising » au ton FM de « Turn The Record Over », du riff agressif de « Psyclone » au hard 70's de « Daddy's Girl », en passant par une ballade un peu kitsch pour pluie et piano (« Let It Rain »).
C'est que, plus aventureux que son prédécesseur, ce nouvel album n'évite pas quelques fautes de goûts : « Once Upon A Time An Angel And A Devil Fell In Love (And It Did Not End Well) ») est une belle pièce presque prog', mais elle rate son pont ; et l'on ne peut s'empêcher de songer à ce qu'aurait su faire un Twisted Sister sur la base d'un morceau comme « C'Mon », bonus qui conclut l'album.
Cependant Angel a le mérite d'explorer, il joue avec l'auditoire en ajoutant de nouvelles couleurs à sa palette. Il retient l'attention (le gimmick à la « Money's Too Tight To Mention » du titre « Rock Star ») tandis que les lead proposés par Punky Meadows sont savoureux, et que Frank DiMino délivre une prestation remarquable (« Blood Of My Blood, Bone Of My Bone »).
La production enchaine les choeurs féminins par tartines, (ils sont presque plus présents que les claviers !) mais elle sait donner du relief à l'ensemble.
En dépit de menus défauts, « Once Upon A Time » reste intéressant et sans complexe. Ses géniteurs, inspirés et techniques, n'ont pas ménagé leur peine pour nous offrir un album qui peut évoquer tour à tour Journey, Foghat, Boston, Richard Marx, et même Deep Purple (« Without You » sur lequel on aimerait voir surgir l'orgue Hammond !).
Plus souvent encore, « Once Upon A Time » propose quelque chose de très personnel qui laisse penser qu'Angel, encore particulièrement vif, n'entend pas se reposer sur des lauriers jaunis.
WEGFEREND (Neo Folk), En Autremonde - Chapitre Second (31/03/2023)
Le 18/06/2023
« En Autremonde - Chapitre Second » se positionne parmi les meilleures propositions néo-folk du moment et dévoile avec éclat la personnalité de Wegferend qui impose malgré sa jeunesse une signature déjà pleine d'originalité, de force et de sensibilité.
Par Ahasverus
Après « En Autremonde - Chapitre Premier », un EP quatre titres sorti en 2019, Wegferend revient pour une nouvelle proposition posée cette fois sur un album de sept pistes :
En Autremonde - Chapitre Second

L'artwork est à nouveau signé Marine Joumard qui reprend la même thématique que la première pochette sous un point de vue différent. On voit cette fois la Voyageuse quitter une mégapole en ruines pour entrer en Autremonde.
Wegferend signifie en effet « voyageur » (ou « vagabond ») en vieil Anglais.
Le groupe se construit en 2016 autour des soeurs Cazamea, Manon (guitares, chant) et Alexia (chant). Laurine Bassé (percussions) complète le trio qui passe brièvement en quatuor à l'arrivée de Thomas Boissier (percussions, batterie, flûtes, chant) pour devenir définitivement une formule Cazamea/Cazamea/Boissier quand Laurine Bassé quitte la formation.

Les Toulousains s'essaient d'abord au Metal mais le rendu ne leur convient pas. Leur inspiration (black metal, post-hardcore et musiques progressives, mais aussi bandes originales de films, heroic fantasy, peinture ou littérature) les pousse vers le folk, auquel le trio aime ajouter l'adjectif « onirique ».
Ainsi naît « En Autremonde », un concept brossé en deux parties dès 2019 et dont voici la touche finale.
Les chansons de ce nouveau chapitre sont généralement longues ; seul « Holy Ghost » descend sous la barre des cinq minutes.
Le processus de composition est collectif, généralement bâti sur une ossature proposée par Manon Cazamea, tandis qu'Alexia Cazamea a pris en charge les textes en Français ou en Anglais, exceptés ceux de « Holy Ghost », signé Sacha Lopez, et de « Jos L’Uèlh de la Breissa » (en Français : « Sous l'oeil de la sorcière »), écrit et chanté en Occitan par Thomas Boissier.
« En Autremonde - Chapitre Second » a été renregistré en novembre 2021 dans le Gers, au Silent Ruins Studio. Le mixage est de Fred Blanchard, le mastering de Laurent Marc.
Le mélange des cordes et des percussions est une réussite (« Gedim ») bien mise en valeur par une production de qualité. Le chant lead, léger, est magnifique, paré d'un vibrato à peine voilé et d'un très bel effet, au service de textes qui savent retenir l'attention. Il est parfaitement appuyé par les secondes voix et Wegferend parvient à faire surgir des tableaux envoutants, tout à la fois étranges et familiers.
Les ambiances médiévales sont présentes, mais le trio ne s'y enferme pas et sait nous projeter vers des reliefs légèrement orientaux. Loin de coincer Wegferend dans un univers stéréotypé, « En Autremonde - Chapitre Second » ouvre des portes sur l'avenir et révèle le potentiel très élevé d'une formation qui conjugue une singularité avérée et inspirée à des qualités réelles d'interprétation.
L'album est soutenu par le clip « Holy Ghost », sur une idée de Tilia Weevers et du réalisateur Sébastien Duattis.
Dénonçant l'emprise des religions sur les masses, le clip s'inspire de la vie du frère dominicain Girolamo Savonarolla. Ce prédicateur italien intransigeant, hostile aux Medicis, est à l'origine du bûcher des vanités, dressé le jour du mardi gras 1497, dans lequel brûleront des milliers d'objets, des robes, des bijoux, mais aussi des tableaux de Botticelli jetés au feu par le peintre lui-même !
« En Autremonde - Chapitre Second » se positionne ainsi parmi les meilleures propositions néo-folk du moment et confirme avec éclat la personnalité de Wegferend qui impose malgré sa jeunesse une signature déjà pleine d'originalité, de force et de sensibilité. Le trio pourrait s'inscrire très prochainement parmi les formations majeures du folk progressif et sa musique très ouverte mérite d'être diffusée vers une large fanbase. On suivra avec un vif intérêt.
LE HELLFEST 2023 EN QUELQUES CHIFFRES
Le 16/06/2023
Par Dam'Aël
Le HELLFEST en chiffres. Rassurez-vous, aucunement besoin d'être diplomé de l'Ecole Supérieure de Mathémathiques pour suivre.

Plus de 180 groupes sont attendus à Clisson
Plus de 20 nationalités réunies : France, USA, Allemagne, Autriche, Australie, Belgique, Mongolie, Suède, Finlande, Norvège, Angleterre, Grèce, Chili, Pays Bas, Danemark, Suisse, Canada, Ukraine, Pologne, Inde, Italie, Tunisie, Turquie,
30 groupes Français : Paris, Nantes, Toulouse, Lyon, Marseille, Avignon, Brest, Belfort, Bordeaux, Paca, Tours, Toulon, Bretagne, Tréguier, Orléans, Rennes, Poitiers, Lisses...
60 000 festivaliers par jour soit... Environ 280 000 festivaliers au total .
1000 intermittents à l'année, 5000 en période de festival.
5000 bénévoles.
11 millions d’euros, c'est l'estimation du coût pour la Gardienne des Ténèbres imaginée par François Delarozière, machinerie géante réalisée par la compagnie La Machine. et animée sur le même modèle que l’Éléphant de l’île de Nantes, le Dragon à Calais ou le Minotaure de Toulouse. La grande Dame 35 tonnes assurera son rôle dès 2025. La région devrait intervenir à hauteur de 3 millions d'euros dans son financement.
La SPA installe sa niche, la Love sHELLter, au cœur du Hellfest" annonce l’association de protection des animaux et espère récolter 100 000 € qui permettront de nourrir 4 500 animaux de ses refuges. N'ayant pas hésité à faire appel au grand coeur des Métalleux ainsi qu'au groupe nantais Ultra Vomit pour en faire la promotion.
Sanctuary : 14 modèles 2023 de T Shirt et multitude d'articles différents. Et constat sur place, depuis le début du festival, estimation à l'oeil, 'à mètres d'attente sur... 4 files du matin jusqu'au soir fermeture!!!!
Merchandising : 3ème source de revenus du Hellfest. Et peut-être la seconde en 2023, au vu du constat précédent.
Le plus gros cachet : Iron Maiden.
70 % des déchets sont recyclés.
300 000 litres de fuel consommés sur site.
Plus de 400 000 litres de bière consommés pendant ces quelques jours.
20 000 litres de vin approximativement.
Environ 30 millions d'euros de budget.
A peine 0,1% de subvention, uniquement par les collectivités locales (supprimée en 2016 et rétablie en 2023).
111 hectares de site.
Plus de 50% des festivaliers sont cadres.
...
Guernica Mancini, Emlee Johansson et Mona Lindgren : THE GEMS
Le 15/06/2023
En février 2022, dans notre article THUNDERMOTHER : La scission, nous vous annoncions un séisme chez Thundermother qui perdait les trois quarts de ses effectifs. Disons les choses : La fondatrice et guitariste Filippa Nässil virait Guernica Mancini (chant) et le reste du groupe, solidaire de Guernica, choisissait de quitter le drakkar.
Question de la rédaction : comment peut-on sérieusement envisager de virer une vocaliste du calibre de Guernica Mancini ?
Guernica Mancini (chant), Emlee Johansson (batterie) et Mona Lindgren (guitare/basse) sont désormais réunies sous le nom de The Gems et elles nous présentent leur premier single. Nos lecteurs les plus attentifs auront noté que G. E. M. sont les initiales de Guernica, Emlee, Mona, prénoms de nos héroïnes, et que le S marque le pluriel. Ils noteront tout aussi judicieusement que le premier single du trio suédois ne s'appelle pas par hasard « Like A Phoenix ».

The Gems par Mikaël Hulten
The Gems livre son clip avec une explication qui sonne comme un message personnel :
« Cette chanson parle du fait de se relever après avoir été rabaissé, de ne pas laisser la négativité de notre entourage nous définir. De renaître de ses cendres, tel un phenix - le message principal est de nous dynamiser et nous donner la motivation de ne jamais baisser les bras. La vidéo présente notre renaissance en tant que groupe et comment, à travers les épreuves, nous sommes devenues plus fortes et déterminées. Like A Phoenix était notre premier choix de single, parfait pour démarrer le voyage The Gems, et nous adorons cette chanson ! »
On ne doutait pas que la bande à Guernica, chanteuse d'exception, se relèverait très vite, et nous sommes heureux de voir le trio à pied d'oeuvre, d'autant qu'ici le business s'accorde avec l'esprit de camaraderie.
Long Live The Gems !
The Gems se produira au Kieler Woche (en Français La semaine de Kiel, une grande compétition de voile).
HELLFEST 2023, VUE SUR LA HELLCITY CE 14 JUIN
Le 14/06/2023
Par Dam'Aël
Quand d'un revers de main, on renverse le verre d'une voie autrement tracée!

Ben Barbaud s'était vu offrir un album d'AC/DC pour ses 11 ans, déclenchant en lui l'envie de devenir musicien. Mais son code génétique lui a refusé une certaine prédisposition ; ce sera donc vers l'organisation d'évènements musicaux qu'il s'orientera. Il en délaissera alors ses études en Vins et Spiritueux dans un établissement local de Gorges. C'est donc dans les années 98, 99, 2000 qu'il commence à organiser avec des copains des cafés concerts sur Nantes, puis en 2002, il fait naître le premier festival sur Clisson, le Furyfest qui ne verra que quatre saisons et beaucoup de difficultés (Certains associés prenant la poudre d'escampette avec la caisse). Mais Ben Barbaud ne lâche rien, convaincu que l'idée est excellente et qu'elle est viable. C'est alors qu'il se tourne auprès des élus locaux en 2006 pour relancer le projet. Si les deux premières années n'offrent pas les résultats escomptés, la roue se met à tourner avec notamment en 2010, une mise en lumière sous les projecteurs de l'actualité avec des conséquences qui seront positives. La suite vous la connaissez.
L'interaction festivaliers, organisateurs, intermittents et bénévoles est d'une telle force qu'elle crée cette magie qui ne cesse de croître d'année en année.
Mercredi 14 juin 2023, Les premiers irréductibles commencent à investir les campings et la Hellcity. Quelques images pour une petite immersion dans la city de l'enfer :