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Chronique d’album : BAD WHISPERS (Heavy Metal), Burn Out (2020)

Le 29/06/2020

Groupe : Bad Whispers
Album : Burn Out (2020)
Genre : Heavy Metal
Origine : Vichy / Clermont-Ferrand

Par Ahasverus

 

Le Groupe :
  • Bad Whispers fait ses premiers balbutiements en 2012/2013 sous l’impulsion de Jonathan Courtinat (guitare) et de Loïc Pean (batterie). C’est toutefois en 2016 qu’il trouve sa forme actuelle, complétée par Ben Red Trigger (chant), Christophe Paput (guitare) et Guillaume Néel (basse).
  • Indiquant pratiquer un “Rock US”, Bad Whispers cite pour influences Alter Bridge, Creed, Iron Maiden, Metallica et Guns N' Roses.
  • Le logo “Bad Whispers” est signé Stan W Decker (Primal Fear, Jorn, Ross The Boss, ADX, etc, etc).
  • En 2017, le quintette sort un premier EP quatre titres, sobrement intitulé “Bad Whispers”. Il est défendu par le remarquable “Your Ride”.
  • En 2020, les Auvergnats reviennent avec un nouvel album : “Burn Out”.

 

L’Album :
  • “Burn Out” est un treize pistes pour une durée légèrement supérieure à une heure.
  • Les titres “Your Ride”, “Goodbye”, “Now And Here” et “Go Home Tonight” figuraient déjà sur l’EP “Bad Whispers”. Ils ont été, pour l’occasion, totalement réenregistrés.
  • L’album est représenté par le clip “Burn Out”.
  • Christophe Paput, (guitare) a pris en charge l’artwork. Le modèle est Amandine Victoria (instagram : @dinevictoria_model), tandis que les photographies sont d’Angie Mathé.
  • Jonathan Courtinat (Guitare) s’est occupé du mixage et du mastering.
  • Les cinq musiciens ont pris en compte la composition. Les textes sont de Ben Red Trigger et de Christophe Paput.
  • Les choeurs sont assurés par l’ensemble du groupe.

 

Notre Avis :
On l’avait noté dès l’EP : la première des forces de Bad Whispers, c’est le timbre et la puissance de Ben Red Trigger, dont la voix est exactement calibrée pour l’exercice du Heavy Metal.
Mais qu’est-ce qu’un bon chanteur quand il n’est pas servi par de bonnes compositions ? Heureusement le quintette auvergnat sait écrire. S’il l’avait prouvé dès le single “Your Ride”, réenregistré sur cet opus, il le confirme à maintes reprises sur ce nouvel album très Heavy (le triptyque Burn Out/Go Home Tonight/Burning Wings), démontrant un sens de la mélodie atteignant parfois le prix d’excellence (
Lost In Your Eyes).
Ces ingrédients font de “Burn Out” un premier album riche et crédible, aux envolées remarquables, d’une facture classique mais avec suffisamment d’originalité et de modernité pour n’être pas la copie de tel ou tel vénérable aïeul. Enfin, et c’est un bien meilleur argument que mes quelques lignes, je vous invite si ce n’est fait à écouter les deux clips regroupés dans cette publication : ils suffiront à vous convaincre que ce “
Burn Out” a toute sa place dans votre CDthèque  et que le Heavy a encore de beaux jours devant lui.

 

Les Liens Utiles :

Chronique d'album : EQUALS INFINITY (Metal Prog) Living Gods (2020)

Le 13/06/2020

Par Dam'Aël

Groupe : Equals Infinity
Album : Living Gods (2020)
Genre : Prog Moderne
Origine : Montpellier

Equals Infinity est un groupe de Montpellier au Rock Progressif mélodique et moderne influencé par le djent, le Math Rock saupoudré d'une technique évidente. Le combo constitué de Maxime au chant et à la guitare, Kévin à la guitare et aux chœurs, Benoît à la basse et à la batterie Alexis, vient de sortit son premier album "Living Gods" (15 mai), un onze titres d'environ cinquante-huit minutes d'une musique riche, inspirée, à l'atmosphère de dingue, où l'harmonie très pointue évolue avec des couleurs différentes tout au long de l'album et garantit une progression guitaristique remarquable. Le quartet n'hésite pas à fureter vers des horizons nouveaux pour toujours progresser et se lancer des challenges qu'il relève, non sans travail, mais avec succès, osant le cocktail détonant polyrythmie/vitesse. Leurs influences : Trivium, Animals, System, Monuments...

L’album

Equals

 

Leur musique est très écrite mais n’exclut pas certaines improvisations souvent en lien avec une influence artistique extérieure. Au niveau technique, la formation n’hésite pas à changer sa façon de travailler pour passer des caps et dépasser ses limites afin de réaliser les compositions déterminées théoriquement par certains logiciels comme guitarPro.
Chacun s’exerce à jouer les partitions et à les rendre les plus vivantes possibles, ce qui peut être un véritable challenge pour dépasser son cadre de référence technique. Les guitaristes se sont armés de guitares huit cordes dropées au mi qui correspond alors à la quatrième corde de la basse, elle-même une cinq cordes. Vous l’avez compris, on ne fait pas dans la simplicité chez Equals Infinity... Cet accordage particulier des guitares et de la basse permet de donner du corps aux compositions, de surcroît affiné par le mixage, et son côté plus lourd au final.
L’album “Living Gods” est un opus de Prog de qualité, varié voguant du mélodique au plus lourd avec plus ou moins de lyrics selon les morceaux. C’est Mathieu qui sévit au chant. Formé plus particulièrement au chant clair de par sa formation au Conservatoire et son activité en tant que choriste - la polyphonie, il connait donc - il a dû travailler énormément pour acquérir les techniques de screams.
 
“The Right Code” est un bon échantillon, un bon condensé de ce qu’est l’album. Il va droit au but, c’est le plus lyrique des titres de l’album “Living Gods”, avec un côté très mélodique.

 

“Coma” est une véritable bombe du début jusqu’à la fin, surtout pour la batterie qui ne décélère pas et qui en est presque le maître d’oeuvre de ce titre. Le solo de guitare est très recherché au niveau de sa construction sans démonstration délirante, toute en légèreté.
 
 
“Ricin” est un extrait à la lourdeur bien évidente, des blasts de batterie réguliers, des screams qui déménagent et des riffs de guitare qui s’amusent à faire vibrer ces huit cordres sans ménagement. Le refrain est épique et peut rappeler le Power Metal. Les paroles font référence à une sommité de l’aide inconditionnelle auprès de l’Homme, un grand humanitaire...


 

Je vous laisse le soin d’aller découvrir plus en détails cet album de très bonne facture, une très balle carte de visite pour ce combo originaire de Montpellier.
 
Equals2
 
A leur actif :
  • Le single ”COMA” (premier extrait de Livings Gods)
  • 1 EP “Research-Discovery-Deception”
  • 4 clips dont 2 covers réinterprétées (Paradis (cover), Purification
  • 1 single “Hills of Perdition”
Mixing : Maxime Gaze
Mastering : Bruno Varea of Upload Studio
Artwork : Rodolphe Lalle

 

 

Chronique d'album : HARPOCRATE (Prog Metal) Harpocrate (2020)

Le 13/06/2020

Par Dam'Aël

Groupe :  Harpocrate
Album : “Harpocrate” (mars 2020)
Genre : Progressif
Origine : Corse/Bouches-du-Rhône

Quand la musique et la réflexion philosophique font très bon ménage, ce n’est pas seulement un homme et une femme qui se rallient à cette jolie cause, dans le 1.3. (Bouches du Rhône) du côté d’Aix, mais vous verrez une union sacrément étonnante entre trois étudiants corses en philosophie disais-je, et un étudiant du Conservatoire de Strasbourg, bien éloignée du cliché des Hards Rockeurs décérébrés... Tiens donc ! On peut réfléchir et jouer les notes Métal pour s’y forger une personnalité bien trempée et des moins insipide... Évidemment !  Et la lumière fut ! Et ce n’est pas HORUS, le dieu égyptien en pleine interrogation qui vous lâchera le contraire, doigt sur la bouche en signe de “laissons le silence envahir notre conscience pour une bien meilleure réflexion”; ce patronyme un peu surprenant n’aurait-il pas un lien direct avec ce dieu enfant ? Le suspens est levé, bien sûr que oui...
 
Harpocrate
 
Baptiste Andréani dit Batti (le guitariste et chanteur) avait déjà usé quelques semelles de chaussures pas forcément très métalleuses non pas sur les bancs de l’université mais sur les planches de son tout premier groupe Silvermind, dans lequel il jouait déjà avec Clément Waquet posté assidûment derrière sa batterie. Pas culotté le moins du monde, Batti flanque une jolie basse (je n’ai pas dit baffe) dans les mains de Marie qui n’avait jamais chatouillé la quatre cordes - mais rassurez-vous, dix ans de Conservatoire sont à l’origine d’une belle assise musicale - et une guitare dans celles de Joseph. Euh ! Ils l’ont fait exprès... Joseph et Marie ! HORUS me fait signe : doigt sur la bouche. Yes, message reçu. Silence... Enfin, Harpocrate est né!

 

Le style de Harpocrate, c’est du Progressif aux approches parfois Stoner, voire Doom. Donc c’est varié en soi, avec une complexité qui laisse place à une certaine virtuosité qui la distille tant sur un point structurel que technique. Pour Baptiste : “C’est une histoire racontée par tous ses mouvements, ses changements d’intensité, ses déstabilisations”. Et Marie de surenchérir : “En quelque sorte, une virtuosité au service de l’émotion et de l’histoire racontée”.

 

L’album “Harpocrate” offre sept morceaux compris entre 5’39 et 10’27, auxquels se rajoute l’épilogue plus court (1’49) et est conçu comme une sorte de fable, un peu plus philosophique. Il retrace une quête, “le parcours de l’homme qui cherche à comprendre le monde, un monde qui lui refuse toute réponse et qui en même temps lui donne la seule réponse qu’il veut lui donner : le silence”. Ce qui peut, de temps en temps, énerver. “Cynical new order” est un titre qui s’énerve vraiment...
 
 
Slow It Down” est plus raisonnable mais s’est s’exprimer par quelques coups de g***le et un son bien identifiable.
The Free Spirit” a une rythmique variée doucereuse, plus expressive qui vous envoie un petit growl court mais bien présent (7’ 56 ), et comme il aime cela, il recommence un tout petit peu plus loin. Un chant très varié calme, clean et beaucoup plus envoyé screamé ou growlé, à vous de voir.
Un album à avoir sur sa platine, dans sa voiture, sur sa table de nuit, là où vous voulez à partir du moment où vous ferez un immense plaisir à votre Moi : conscient, subconscient ou inconscient. Chut !!! Leur musique saura vous envahir en notes salvatrices et vous investir en silence de ses bienfaits, en ouvrant la porte de votre cérébral et celle de la matière qui compose votre corps. Les vibrations ne seront que positives, toute en harmonie, créant un équilibre entre votre corps et votre esprit.
 
Le magnifique Artwork est réalisé par Patrice Garcia, suppléé par Séline, qui ont tenté de faire ressortir les symboliques sous-jacentes aux textes... l’enfant, la complexité identitaire à garder son âme et sa lucidité initiale.
 
LES LIENS UTILES :
Commandez l'album sur :
harpocrate.shop@gmail.com

 

YCG - THE LOSTS

Le 01/06/2020

Parfois comparé à Rob Halford - ce dont il se défend modestement - il est assurément l’une des belles voix de la scène Metal française, et ses prestations au sein de sa formation comme dans l’Opera Metal Giotopia de Gio Smet où il interprète Magus The Forest Walker, et même en solo le temps d’une cover d’Ozzy Osbourne, ont retenu notre intérêt.
Tandis que
The Losts, dont il est le chanteur/guitariste, prépare son second album , nous sommes allés interroger YCG sur sa carrière et son travail. Voici son interview, réalisée par Ahasverus.

YCG
     

Bonjour YGC. Je te propose pour commencer un saut dans le passé. Premier souvenir musical qui se rattache à ton enfance ?

Salut Ahasverus ! Merci pour cette invitation ! Je ne sais pas s’il s’agit réellement de mon premier souvenir mais j’en ai un très fort et déjà formateur qui me vient tout de suite à l’esprit. Quand j’étais petit, chez mes parents, il y avait une chaîne Hi-Fi dans le salon. C’était le dernier cri : vinyle, double K7 et même lecteur CD ! Souvent, le dimanche matin, mes parents passaient un disque. Je nous revois dans ce salon, en famille, au rythme de la Folk (Malicorne, Tri Yann, etc), du classique (Haendel, Stravinsky…), et surtout du Rock 70’s : Jimi Hendrix, Pink Floyd, Genesis… je pense y avoir trouvé une sensibilité assez tôt et je remercie mes parents pour cela ! Bon, bien sûr, j’avais aussi mes cassettes de chansons pour enfants… c’était un peu moins Rock’n’Roll !

 

Premier concert auquel tu assistes ?
Mon frère (DGC, Guitare/Clavier/Choeurs/Design dans The Losts) et son groupe de l’époque ! J’étais déjà fan de son jeu mais il aura fallu des années avant qu’on envisage de faire de la musique ensemble. Après cela, ça a été Paradise Lost à Lille. J’avais quinze ans, j’étais déjà âgé !

PARADISE LOST, One Second (1997).
Premier contact avec un instrument de musique ?
J’ai commencé le cor d’harmonie à sept ou huit ans. J’en ai fait pendant trois ans. Maintenant je me dis qu’il s’agissait peut-être de mon premier contact avec le Metal... Le cor, c’est brutal comme instrument ! Et puis DGC s’est mis à la guitare dans la chambre d’à côté. J’ai assez vite remarqué que c’était plus cool !

 

La mandoline parmi les instruments pratiqués ?
Ah la mandoline, c’est la finesse ! J’aime sa particularité : le son cristallin qu’elle dégage, la précaution avec laquelle il faut la pratiquer, le symbole qu’elle représente aussi... Et puis c’est un instrument qui a une personnalité assez timide mais marquée, qu’on retrouve autant dans les symphonies de Mahler, de Prokofiev, que les concerti de Vivaldi, le bluegrass, la folk ou encore la musique de John Paul Jones (Led Zeppelin). J’en ai deux modèles, une tchèque acoustique et une Fender électroacoustique, celle avec laquelle j’ai enregistré «Lema Sabachthani» sur «... Of Shades & Deadlands». L’idée était d’apporter une approche différente dans un morceau de Metal et d’utiliser l’instrument dans un contexte autre que celui dans lequel on a l’habitude de l’entendre. Il y aura peut-être une autre surprise dans le prochain album !

YCG par Michel Wieczorek
Première chanson sur laquelle tu t'es essayé au chant ?
Je me vois bien hurler du Megadeth, du Dio, du Angra dans ma chambre d’ado, mais ça me paraît un peu flou... J’avais déjà entrepris de faire quelques backings avec le groupe dans lequel j’étais guitariste, mais j’ai véritablement décidé de prendre les devants de manière tardive vers 2006, en montant Frugins, un duo de Classic Rock/Blues sur Amiens. Cependant mon premier acte public derrière un micro s’est fait quand j’ai dit «oui» à ma merveilleuse épouse ! Nous avions monté un groupe pour l’occasion en interprétant du Kiss, du Dio, du M, du Placebo, et même du Starmania !

 

Premier groupe dans lequel tu joues ?
Le premier véritable groupe avec lequel j’ai joué s’appelait Bah-Rock (notez le formidable jeu de mots, on n’avait pas peur !). C’était vers 1999. Je tenais le poste de guitariste et nous pratiquions une sorte de Heavy symphonique instrumental pas très net... il n’y avait rien de bien carré mais on était assez contents de nos compos ! On y trouvait déjà GGV (ex-The Losts), mais aux claviers. Le groupe a vite évolué en Elixir avec l’arrivée de JCR (The Losts) à la batterie. GGV s’est mis à la basse et nous avions une chanteuse lyrique. On reprenait notamment « Cult Of The Shadow » de Therion.

 

L'aventure The Losts commence vers 2010. EP en 2013, "No God, No Devil"... C'est ta première apparition discographique ?
J’ai une poignée de chansons enregistrées et de captures live de mes précédents groupes (Elixir, Nexus Polaris, Frugins, NP Project) mais tout ça est resté à l’état de démos. The Losts marque effectivement mes premières apparitions officielles sur disque.

THE LOSTS, No God No Devil (2013)
En 2016 sort “… Of Shades & Deadlands” pour lequel DGC disait "On a voulu montrer le vrai visage de The Losts, plus complexe et plus éclectique." Quel regard portes-tu sur ce premier album ?
Je le réécoute avec plaisir, j’aime effectivement cet éclectisme qu’on a su y mettre. Il y a des choses qu’on ne referait pas de la même manière, c’est d’ailleurs ce qu’il se passe avec le nouveau disque, on a pas mal appris depuis… Mais «… Of Shades» est le témoignage d’une époque et on y avait mis beaucoup de cœur. Il a permis d’affirmer une identité qui transparaissait nettement moins sur «No God, No Devil». Nous voulions cet album old-school, assez live dans son rendu. Je pense qu’on y est arrivé. Le prochain sera davantage travaillé sur le plan du son.

THE LOSTS, “… Of Shades & Deadlands” (2016).
Premier mouvement de line-up en mars 2020 : The Losts annonce le départ de GGV, son bassiste. J'imagine que le confinement a interrompu vos recherches quant à son remplaçant ?
On ne pensait pas être confronté à ça, simplement car on ne se voyait pas faire les choses autrement qu’à quatre. La stabilité du line-up était quelque chose d’important pour nous et nous nous connaissons tous depuis très longtemps. Mais il faut savoir accepter les chemins que chacun souhaite emprunter. Bien sûr, le confinement n’a pas facilité les choses mais nous avons fait des auditions vidéo et nous avons trouvé notre perle rare en la personne de PPG, excellent et versatile bassiste que nous avons présenté il y a peu sur les réseaux. Nous espérons maintenant pouvoir vite fouler les planches en sa compagnie !

 

Où en est le nouveau The Losts, et que peux-tu nous dire sur cet opus ?
Entre le changement de line-up et la période de confinement, les choses ont été un peu ralenties. Mais ça y est, nous lançons le mixage et je sens bien les choses. Mais nous ne l’aurons pas avant l’automne, je pense, car nous voulons prendre le temps de préparer sa sortie. Nous sommes très satisfaits des titres qui le composent, des arrangements travaillés. Il a des facettes plus Thrash et d’autres plus Doom que le précédent album mais toujours cette identité Dark/Heavy. L’artwork est également en cours et, si nous adorons le travail que Stan W. Decker avait réalisé pour « ... Of Shades & Deadlands », le style sera très différent ici. Nous avons hâte de révéler ses secrets et surprises au fur et à mesure.

 

Ta voix sur “... Of Shades & Deadlands” m'a d'abord fait penser à celle de Rob Halford, même si tu ramènes modestement les choses à ta mesure quand on évoque ce point. C'est certainement le style très Heavy de l'album qui attise cette ressemblance car je sais que Rob Halford ne compte pas parmi tes influences principales. Quelles sont-elles d'ailleurs ? Angra ?
Merci une fois encore pour la référence. Si je ne cite pas Rob dans mes influences principales, il fait tout de même partie de ma construction musicale ; il est tout simplement incontournable pour tout métalleux qui se respecte. Après, sans prétendre me hisser à sa hauteur, je comprends le rapprochement car j’use de techniques proches. Tu cites Angra, et là on touche au divin : Andre Matos ! Même si ça ne se ressent pas car je n’ai pas son timbre, ni son approche, il reste mon influence majeure. A ses côtés, on trouve dans mes héros : Dave Mustaine, Snowy Shaw, Blaze Bayley, King Diamond, Ozzy, David DeFeis, Fernando Ribeiro... J’allais oublier une grosse influence : Tilo Wolff de Lacrimosa ! J’aime les voix un peu particulières, qui ont une personnalité. Côté guitare, je reste un inconditionnel de Mustaine toujours, Yngwie Malmsteen, Michael Schenker, Jon Schaffer...
Comment travailles-tu ta voix ?
Quand je me suis véritablement lancé dans le chant, j’avais quelques problèmes de placement de la voix. J’ai donc pris des cours de chant lyrique avec un professeur baryton de l’Opéra de Lille. De mon côté, j’essayais de lui faire découvrir du Dio, mais malgré le nom, ce n’était pas assez italien pour lui ! J’ai également fait un peu d’orthophonie pour le travail du larynx. De ce fait, j’ai quelques exercices de souffle et de placement du timbre, que je réutilise surtout avant les moments d’endurance (concerts et studio).

 

Il t'arrive d'explorer d'autres registres que le chant “Metal” ?
Et bien, comme dit juste avant, un peu de chant lyrique, mais aussi du Rock, de la chanson française. Mais je n’éprouve jamais autant de sensations fortes que lorsque je pousse vraiment la voix !

 

Je t'ai entendu récemment dans une cover très réussie d'Ozzy Osbourne. Qu'est-ce qui t'a intéressé dans ce morceau ?
Merci d’ailleurs pour ton retour sur ce petit travail de confinement !
Je voulais me frotter à une cover sur la période. J’ai assez vite pensé à Ozzy car c’est un registre assez évident pour moi mais je ne voulais pas enregistrer un grand classique. Son dernier album, bien que controversé chez les fans, m’a beaucoup séduit. J’y ai trouvé une expression testamentaire et rédemptrice touchante. Mes filles aiment fredonner régulièrement «Under The Graveyard»... J’aime la force émotionnelle qu’il dégage. Alors, il n’y avait pas besoin de réfléchir plus loin !
Tu composes également. Tu te souviens de ta toute première compo ?
Oui, bien sûr ! J’avais quatorze ans et quelques mois de guitare dans les doigts. J’étais super triste parce que mon rat était mort, alors j’ai composé «Death Is Liberation».... On n’en fait plus des titres comme ça ! C’était un morceau sur deux cordes. J’ai encore la partition griffonnée au crayon de bois quelque part.... un collector !

 

En matière de création, comment as-tu vécu ce premier confinement forcé ?
Franchement pas mal ! Je me suis remis un peu au dessin. J’ai travaillé des morceaux de Schenker ou Malmsteen à la guitare. J’ai mis en ordre des idées pour Sons of the Migrator, un futur projet avec mon ami Gio Smet (Giotopia). La vidéo d’Ozzy m’a permis d’approfondir ma formation sur le travail de studio. J’ai composé un peu de funk avec mes filles, l’une au piano, l’autre derrière la boîte à rythmes. Elles ont fait des chorégraphies pendant que j’interprétais du Therion ! Et puis, on a eu pas mal de travail avec The Losts, entre le traitement des batteries et la préparation des titres pour le mixage.

 

Puisqu'on est sur l'interview première fois, première chronique pour Lords of Chaos Webzine ?
Alors avant qu’on monte Lords Of Chaos Webzine, notre petit groupe de copains/copines à l’origine s’est rencontré sur Metal Maniac. Et ma première chronique a été rédigée en 2013 pour «Straight Out Of Hell» d’Helloween. Je m’en souviens clairement, j’y comparais le groupe à une pochette de Frizzy Pazzy ! J’ai fort calmé le rythme par manque de temps mais j’aime écrire, et ce que je préfère c’est quand il s’agit d’être au service de l’underground. Il y a tellement de trésors à découvrir !

 

La chanson inavouable que tu écoutes en cachette avec délectation ?
Une chanson, je ne sais pas mais je peux dire que j’adore le dernier Malmsteen, oui je l’avoue, et j’écoute souvent l’album de Chris Cornell réalisé par... Timbaland… Pardon !
Sinon, je ne sais pas si ça rentre dans cette rubrique mais j’aime HIM, je ne m’en vante pas souvent même si j’ai un «Heartagram» en tatouage !

 

Ton actualité musicale dans le semestre à venir ?
Peut-être me relancerai-je dans une petite cover. Gio a également annoncé la préparation d'un troisième album de Giotopia, dans lequel je garderai le rôle de Magus. Mais sinon : The Losts, The Losts, et toujours The Losts. Toute mon attention, et celle de mes co-Egarés, est focalisée sur le nouvel album pour qu’on puisse revenir avec un produit à la hauteur de nos attentes... et des vôtres !
 
Ycg

YCG est Magus the Forest Walker dans le futur volume de la sage Giotopia.

Merci Yann d'avoir pris le temps de répondre à mes questions...
Un grand merci à toi, Ahasverus, pour ton soutien à la scène underground et l’intérêt que tu y portes ! Bon courage pour la suite !
 
       
YCG par Bertrand Dehaine.

Chronique d’album : LOKI LONESTAR (Techno Metal), Show No Mercy (05/2020)

Le 01/06/2020

 Groupe : Loki Lonestar
Album : Show No Mercy (05/2020)
Genre : Techno / Metal
Origine : Île de la Réunion

Par Ahasverus

Le Groupe :
  • Loki Lonestar est un chanteur performeur (et parfois acteur) polymorphe engagé dans de multiples projets.
  • On le connait notamment pour le festif “Le Voyage” (2015), album du groupe Tricksterland dont certains titres, tels Sex, Drugs & Fame, ou encore Uzi Dance, sont des incontournables de la setlist du performeur réunionnais.
 
  • Loki Lonestar est également présent sur des projets aussi divers que l’avant-gardiste Nutcase, le désopilant The Screwdrivers, l’acoustique Lady La Fée, le tribal HeYs, ou le technoïde Micropoint.
  • En 2018 Loki Lonestar sort son premier album solo, “(Un)official Feat”. Il se compose de neuf cover du répertoire de Nine Inch Nails, David Bowie ou Madonna, mais également de sa propre carrière (Micropoint).
  • Côté clip, (Un)official Feat est illustré par l’étrange “Frozen”, où il partage le champ avec la talentueuse Julie Denn, du trio vocal Les Harpies, ou Chiennes de Zeus.
 
  • En 2020, Loki Lonestar revient en solo avec un second album, garni cette fois de compositions originales (et d’une cover) :
“SHOW NO MERCY”

 

 L’Album :

  • “Show No Mercy” est un album de neuf pistes d’une durée de quarante minutes.
  • Il se compose de huit compositions et d’une reprise du titre “Hot Ride” de Prodigy.
  • Il convient également de préciser que le titre “D-Day”, qui clôture l’album, est tiré du répertoire de Tricksterland, combo dans lequel évoluait Loki Lonestar jusqu’à sa dissolution.
 
  • Romain Vincente (batterie), Les Harpies ou Chiennes de Zeus (trio vocal), Dico Bliss (guitariste, Nutcase), Kloahk (ex-guitariste de Tricksterland), Mastermind (performeur), Clem X (bassiste de Shaârghot), Radium (Micropoint) et Dan Mud (percussionniste) sont impliqués dans cet album, de la création à la finalisation.
  • L’humoriste Didier Super, Emmanuelle Monnet, alias Manu (l’ex-frontwoman de Dolly), et Sodoma Gomora, un groupe de Rap tchèque, sont au menu des pistes 1, 2 et 4 de “Show No Mercy”.
  • Le refrain de “We Are The Future” peut rappeler celui du “Sex, Drugs & Fame”, titre de l’album “Le Voyage”, de Tricksterland, groupe par lequel est passé Loki Lonestar.
  • “Show No Mercy” fait l’objet d’une sortie en édition vinyle limitée à 200 exemplaires sur le site https://lokilonestar.bandcamp.com/.

 

Les Critiques :

 

 Notre Avis :

Un nouveau Loki Lonestar, c’est d’abord une petite pointe d’appréhension, car ce trublion est capable de n’importe quelle folie, à en être parfois déroutant, gérant sa carrière au nom de l’Art comme un danseur contemporain se jette contre les murs.

 

 
Heureusement Show No Mercy est une sarabande métallique et technodansante ordonnée, neuf occasions d’une fête bien préparée et réussie. Si l’on s’interroge sur la présence d’un Didier Super qui conclut la première piste - mais avec Loki Lonestar comment ne pas s’interroger ? - tout le reste est judicieux et légitime. Les featuring sont de vrais bonus, Le maître d’oeuvre s’approprie sans difficulté l’univers de The Prodigy. Il offre même une jolie pause dans l’album avec un “Play” aux belles harmonies vocales (des Harpies ?) et un saxophone plein de swing. Loki en deviendrait presque “lounge”, et on aime !
Au final, Loki Lonestar réussit, avec “Show No Mercy”, à canaliser son énergie et à rassembler son potentiel pour nous servir un album de Techno Metal pro, festif et équilibré. “Show No Mercy” nous semble même le meilleur opus de sa carrière parfois trop éparpillée. Il ne prend plus le risque de nous égarer en route, nous conduisant joyeusement à la manière du joueur de flûte de Hamelin.
Show No Mercy l’album de la maturité ? S’agissant de Loki Lonestar, on n’ira pas jusque là, mais on valide, et on recommande !

 

Les Infos Utiles :

 

Loki lonestar 

BUTCHO VUKOVIC (Last Temptation) - L'interview

Le 30/05/2020

Interview/chronique réalisée par Dam'Aël
 

Le groupe

Le projet Last Temptation n'est pas un projet tout récent, il existe depuis 2010 grâce à Peter Scheithauer (Sideman pour des groupes aussi divers que Kiss, Megadeth, Testament et Slayer bien d’autres, il est également le fondateur de Stream, Killing Machine et Temple Of Brutality ...) sous un line-up initial qui invitait Bob Daisley (Garry Moore, Ozzy Osbourne),Winnie Appice (Black Sabbath, Dio) et Don Airey (Deep Purple, Rainbow).
Le projet a longtemps traîné, d’abord en raison des plannings hyper chargés de chacun et, élément important, Bob Daisley tenait absolument à intégrer un chanteur inattendu, jeune et frais.
Peter avait entre-temps fait la connaissance de Butcho Vukovic. Et là, bingo ! L’idée de faire appel à lui est devenue une évidence.
Après divers échanges d’enregistrements comme démonstration de la qualité vocale de ce jeune français auprès de Bob, la réaction ne s’est pas faite attendre. Bob Daisley dit à Peter : « Voilà, c’est Ozzy qui chante juste ! », « C’est Ozzy, avec un timbre juste. ». L’affaire est pliée, le chanteur désigné comme frontman pour Last Temptation est un deuxième français (en effet Peter Scheithauer est originaire de Strasbourg même s’il a vécu un certain nombre d’années en Californie).
Leur premier album “Last temptation” est un éponyme de onze titres d’à peine soixante minutes à la couleur du bon Hard Rock Old School des années quatre-vingt. A noter que cet album sorti le 27 septembre 2019 fera l’objet d’une chronique d’ici quelques semaines sur Ahasverus-Métaux en tous genres, et que le groupe a eu la joie de faire tourner quelques titres sur la Mainstage 1 du Hellfest en juin dernier accompagné sur scène par deux membres de Metal Church, Stet Howland (batterie) et Steve Unger - Metal Church (basse) qui complètent le line-up en live, et Rudy Sarzo (Quiet Riot) et James Lomenzo (Slash) .
 
Butcho2
LAST TEMPTATION

Butcho Vukovic

Petit rappel concernant Butcho (aka El Butcho) : Butcho Vukovic est un auteur, compositeur, interprète et coach vocal, en activité depuis 1986. D’origine serbe, il naît à Paris le 5 septembre 1968.
WATCHA (1994-2008)
 
Lors de sa formation en ingénierie du son, il fait la rencontre de Frédéric Duquesne avec qui il forme le premier groupe Neo Metal français WATCHA (1994- 2008) qui leur permettra de fouler les scènes françaises dont celle du Hellfest, de l’Olympia, du Zénith de Paris, mais aussi européennes et internationales.
La discographie de WATCHA, c’est “Watcha” (1998), “Veliki Circus” (2000), “Mutant” (2003), “Phénix” (2005) et “Falling By The Wayside” (2007).

 

S’ensuivent un certain nombre de formations Rednekk Rampage (vous pourrez retrouver la chronique de leur album “Join Us In The House”grâce au lien : https://www.facebook.com/notes/ahasverus-m%C3%A9taux-en-tous-genres/rednekk-rampage/559514251263829/) HELLECTROKUTERS avec “Rock’n’Roll Beggars” (2011) et “Round 2” (2017) Showtime Hard-Rock Tribute 80 avec un DVD live Pleasure Addiction avec “InDependence” (2012) et “Extra Balls” (2015) Yann Armellino et Butcho Vukovic avec “Better Way” (2016) et “17” (2018) Last Temptation avec “Last Temptation” (2019)
 

L’interview de Butcho

 
Butcho Vukovic
 
Bonjour Butcho et merci d’avoir la gentillesse de nous accorder un peu de ton temps pour cette interview, car je sais que tu travailles beaucoup, et notamment tu nous as confié une information importante selon laquelle le second album de Last Temptation était en cours de réalisation, (nous y reviendrons). Tout d’abord je te propose de faire un plongeon dans l’océan de tes souvenirs pour te demander si tu te souviens de la toute première chanson qui t’a bousculé très jeune.
Butcho Vukovic : Et bien je me souviens de quantité de chansons que j’aimais vraiment. Quand j’étais petit c’était “Dance Little Sister” des Rolling Stones, l’album “Forever and Ever” de Demis Roussos, “Dance the Kung Fu” de Carl Douglas. Puis à l’adolescence, j’étais plutôt orienté vers la Soul et la Funk, y compris le Rap avec Grandmaster Flash et Sugarhill Gang. Donc assez éclectique... Quant à mon véritable coup de coeur Hard Rock, c’était en 1985 avec le premier album de Bon JoviRunaway”. Ca été une véritable révélation pour moi et depuis ce jour-là, c’est exactement le style qui m’emporte et que j’ai décidé plus tard de faire. Rien d’autre !

 

Premier album acheté ?
Def Leppard
, “Pyromania”, je l’ai écouté jusqu’à l’usure complète !

Et la suite logique, le premier concert que tu t’es offert ou que l’on t’a offert ?
Je m’en souviens très bien, c’était le 5 mai 1986, Dio au Zénith, avec en première partie Keel. J’ai pris une claque! Monumentale ! Dio sera pour moi quelque chose de très fort.

Quelle était ton occupation à l’époque où tu as pris conscience que le chant faisait partie intégrante de ta vie ?
Etonnamment, je n’ai jamais rêvé d’être chanteur... Après ma grande découverte du Hard Rock, je voulais devenir guitariste. Hélas, je n’étais pas bon du tout, et du coup je me suis mis au chant. Les autres instruments ne m’intéressaient pas... Mes occupations étaient celles des jeunes qui écoutaient de la musique entre potes, jouaient au jeux et composaient avec les membres de mes premiers groupes...

Que t’inspire "guitare" ? Georges Lynch? La pâte à tartiner ? (si si !) :
La guitare est un instrument qui me transporte... J’adore le son de cet instrument, je suis vraiment fan. Quand de surcroît un solo me parle, c’est un véritable voyage...
C’est pour cela que lors des concerts auxquels j’assiste, je tiens à entendre en live ce solo ou ces soli qui m’ont embarqué dans l’album, et quand le guitariste part dans du free style, malheureusement je suis toujours déçu car c’est celui-ci et pas un autre que je suis venu voir en live, avec la magie du live en plus, rien d’autre ! Alors on va me dire “oui c’est cool le free style...blablabla...”, ben non! C’est pas bien ! En tout cas pas pour moi ! (Rires) Si j’aime le morceau sur l’album, c’est celui que je veux entendre en live, je n’ai pas envie d’un solo que j’estime moins bien... Hélas Georges Lynch ne fait que du free style en live... je suis toujours déçu... Bordel Georges apprends tes soli ! (Rires)
La pâte à tartiner ? ça fait grossir (Rires) ( note de Dam'Aël : je vous garantis que la question est loin d’être anodine. Mais Butcho préfère garder amoureusement sa recette... D'enfer ! paraît-il...)

Petite incursion dans tes expériences musicales personnelles en groupe : Watcha, Rednekk Rampage, Showtime, Pleasure Addiction, Yann Armellino, Hellectrokuters...
C
’est vrai, depuis WATCHA, j’ai fait un certain nombre d’albums dans un style que j’adore, le Hard-Rock Old School. C’est un style qui pour moi allie la mélodie et la technique, j’adore les refrains que tout le monde peut chanter...

Yann Armellino et Butcho Vukovic
Que dire sinon, que ce soit Rednekk Rampage, Pleasure Addiction, Yann Armellino, Hellectrokuters, je me suis éclaté à faire TOUS ces albums, chacun dans un style bien à lui... Rednekk c’est le fun, Pleasure ce sont les mélodies racoleuses, Armellino plutôt un Hard Rock Blues technique et Hellectrokuters de l’énergie Rock N Roll...

 

Et là, je rebondirais en précisant que “le malheur des uns fait le bonheur des autres”... Peux-tu nous en toucher deux mots sur le fait que le projet en Allemagne de Hellectrokuters, tombé dans le Rhin (c’est une image), t’a permis d’accepter la proposition de Peter Scheithauer, après un premier refus de ta part, justifié et honorable, concernant son projet Last Temptation ?
L’histoire est trop longue à expliquer mais en résumé, il y a environ dix ans, Hellectrokuters a été contacté par un grand manager allemand qui a adoré ce que le groupe jouait, plutôt positif ! Cependant, il m’a trouvé trop vieux pour pouvoir développer le groupe dans ces conditions. J’ai alors dû quitter la formation pour quelques temps... Et c’est à ce moment que Peter m’a contacté pour le projet musical Last Temptation que j’ai d’abord refusé. Et à force de revenir, insistant, vers moi j’ai dit pourquoi pas !

Peter Scheithauer
 
Ta rencontre avec Peter Scheithauer, en quelques détails et anecdotes ?
Au début, j’ai cru à un canular. A l’annonce du projet avec des grands noms du Hard Rock, je n’ai absolument pas cru à la chose, mais au fil des jours j’ai vu que c’était une proposition sérieuse. Et là, j’ai été véritablement envahi d’une émotion quand j’ai pris conscience que je serais le lead vocal sur cet album avec notamment le batteur Vinnie Appice, qui était à l’époque celui du groupe Dio, qui a donc été le premier concert auquel j’ai assisté.
 
"Coming For You" : Butcho Vukovic, Peter Scheithauer, Bob Daisley, Don Airey et Winnie Appice.
 
Quelle a été ta réaction lorsque tu as appris que Bob Daisley te comparait à un Ozzy qui chante juste et qu’il avait décidé, sur la proposition de Peter, que ce serait toi le chanteur inattendu, jeune et frais de Last Temptation ?
Forcément, cela fait énormément plaisir venant d’artistes que tu écoutes régulièrement. Je suis encore sur le c** car ce sont des légendes, et moi, le petit Français qui sort de nulle part.... Waouuuuu !!!
 
Lors de la présentation de l’album sur la Mainstage 1 du Hellfest en juin 2019 (à laquelle j’ai eu la chance d’assister), le public s’attendait au line-up de l’album. Peu s’attendaient à un autre line-up dit scénique dans lequel Bob Daisley, Winnie Appice et Don Airey n’étaient pas présents mais étaient remplacés par deux membres de Metal Church, Stet Howland (batterie) et Steve Unger - Metal Church (basse). Ce qui n’est pas rien non plus, mais comment a été perçue cette absence au sein du public ?
Alors ça, il faut le demander au public qui était présent ! Peter et moi avons composé totalement l’album. Le planning des guests n’est pas toujours compatible avec celui de nos concerts...

 
L’album a été volontairement réalisé sur les bases du Hard Rock Old School des années quatre-vingt, avec un mixage tel qu’il était produit à l’époque, ou à très peu de choses près. Bonne pioche ou petite réserve sur ce choix ?
Je pense que nous avons fait ce que nous aimons faire sans nous poser de questions. On voulait que ça sonne. On n’a rien inventé, c’est sûr, mais on le fait avec un immense plaisir, et ça se voit en live.

 

Les pistes, au nombre de onze, s’écoutent de façon totalement indépendantes. Est ce une réelle volonté ?
Là aussi, on ne se pose pas tant de questions : on choisit nos titres selon nos goûts et parfois avec le rythme. Je pense que les médias se posent plus de questions que nous. (Rires)
 
2020 était bien partie, et réellement un bon cru pour Last Temptation en ce qui concerne les dates de tournée. Certaines étaient déjà prévues aux USA, d’autres en cours de négociations sur des festivals en Europe et en France. Eu égard à cette situation de Covid, qu’en est-il à ce jour ?
Nous sommes en mai et nous avons bien évidemment, comme la totalité des groupes, vu nos concerts annulés. Mais pendant cette période, nous n’avons pas chômé ! Nous avons bossé sur le second album avec plus de trente titres... pour finir par en sélectionner quatorze. Tout est prêt de façon à repartir encore plus fort et encore... avec des invités surprises ! Vous allez bientôt entendre parler de ce second album,  mais aujourd’hui je ne peux pas vous en dire plus...
 
Merci pour ces réponses, Butcho, et pour la gentillesse avec laquelle tu t’es prêté à cet interview. On souhaite à Last Temptation et à tous ses membres, studio ou live, une superbe réussite et un bel accueil à vos futurs projets par le public Rock, Hard Rock et autres...
 
"This Is How I Am" : Butcho Vukovic, Peter Scheithauer, James Lomenzo, Don Airey et Winnie Appice
 
LIENS UTILES :
Site officiel de Last Temptation : www.last-temptation.com.

Acheter l’album Last Temptation.
 

Chronique d'album : NEW FAVOURITE (Néo-90's), New Favourite (2020)

Le 27/05/2020

Groupe : New Favourite
Album : New Favourite (EP - 2020)
Genre : Neo-90's
Origine : Ouest de la France

Par Ahasverus

 

Le Groupe :
  • New Favourite est un trio composé d’Alex (Guitare, chant), Aurélien (Chant lead, batterie) et de Pierre (Basse, chant).
  • L’idée du groupe est née au Hardcore Café d’Ostrava, en République Tchèque, où Alex et Aurélien, amis de longue date, se sont retrouvés alors qu’ils étaient en tournée avec leurs formations respectives.
New Favourite par Florian Renault.
  • New Favourite qualifie sa musique de Lowtuned Rock et la définit ainsi :
    On joue un rock lourd, influencé par nos racines hardcore, punk ou stoner et par le rock classique ou la pop qu’on aime aussi écouter et chanter.
    https://www.emaginarock.fr/2020/interviews/entretien-avec-alex-chanteur-et-guitariste-de-new-favourite/
  • New Favourite revendique pour influences aussi bien ​John Lee Hooker ​ que Rage Against the Machine, ​Foo Fighters ou ​Torche ​ . Il cite également le jazz, l’électro, le mathrock ou le sludge.
  • Ses musiciens ont traversé diverses formations de Hardcore.
  • New Favourite retournera en studio dès l’été 2020.
L’EP :
  • “New Favourite” est un cinq titres pour une durée d’environ dix-huit minutes.
  • Il n’existe qu’en version dématérialisée (voir les liens en fin de publication)
  • A propos de l’artwork, Alex explique :
    L’idée derrière la pochette était d’aller à l’inverse de ce qu’on a pu faire dans nos précédents groupes. Dans le Hardcore ou dans le Metal on est souvent sur des visuels sombres, négatifs, durs ou très travaillés, j’ai donc choisi de prendre le contre-pied et de dire aux gens “ce que tu vas entendre ce n’est pas ce que tu attends de nous”, comme on le fait en utilisant la couleur rose régulièrement. Et d’une certaine manière de faire un clin d’oeil au pop art façon Warhol, aux pochettes des années 70 ou 90 aussi. D’ailleurs les couleurs choisies sont des rappels d’albums qui m’ont marqué lors de l’écriture de l’EP : le ​Blue Album ​ de Weezer, le jaune de ​Chocolat ​ de Roméo Elvis, etc. Et ces différentes couleurs montrent aussi les différentes personnalités des morceaux. Je trouve qu’actuellement toutes les chansons d’un album ont tendance à se ressembler, tant dans la production que dans l’écriture, et j’aimais quand, dans les années 90, tu trouvais sur un album des chansons radicalement différentes et tout le monde s’en foutait !
    https://www.emaginarock.fr/2020/interviews/entretien-avec-alex-chanteur-et-guitariste-de-new-favourite/
NEW FAVOURITE, New Favourite (EP - 2020)
  • Sur son jeu de guitare, Alex explique :
    Je suis accordé comme si j’avais une basse. C’est à peu près l’idée. Cela veut dire que ma première corde est l’octave de la seconde. C’est un accordage un peu particulier que l’on peut retrouver dans certains groupes de Stoner. A l’origine c’était pour compenser le fait qu’il n’y avait pas de bassiste, lorsque l’on a composé les premiers morceaux avec Aurélien. Ensuite j’utilise en permanence un octaver qui double ma note inférieure. Je suis donc accordé très bas et à l’inverse, Pierre à la basse, a un son beaucoup plus médium, pour compenser cette différence dans le spectre sonore.
    (https://rockmetalmag.fr/interview-new-favourite-jeudi-02-avril/)
  • Tape Worms est le premier clip proposé par le groupe. Alex en racontait la genèse ainsi :
    L’histoire de Tape Worms est partie d’une bêtise. Je parlais avec ma petite cousine qui avait à peine dix-huit ans en lui expliquant que pour avoir Internet à l’époque il fallait un Modem et que l’on n’avait que vingt heures de connexion par mois . Et bien sur elle trouvait ça hallucinant et me disait : « C’est pas possible, c’est une blague ! » Et là, j’ai vraiment pris un coup de vieux. Cette chanson, c’est un petit peu la blague de se dire que l’on est toujours le con d’une génération qui vient après nous.
    (https://rockmetalmag.fr/interview-new-favourite-jeudi-02-avril/)
  • L’EP a fait l’objet d’une belle couverture médiatique dans les webzines spécialisés. Je vous en propose des morceaux choisis :

 

Les Critiques :
Notre Avis :
Il est exceptionnel de trouver tant de chroniques d’un premier EP.
Pour “New Favourite”, elles s’accordent toutes sur ses grandes qualités. C’est justice ! Tout est rondement mené dans cette galette acidulée : le chant, les choeurs (ceux de Neons rappellent ceux de “Games Without Frontiers” d’un Peter Gabriel), les guitares, la promo...
Musicalement, le groupe propose un Rock énergique, cette énergie qui caractérisait des formations comme Blink 182 ou The Offspring dans les années quatre-vingt-dix.
Mélangeant allègrement le côté festif de la Pop aux guitares énervées du Punk Rock, le ton des New Favourite sait aussi s’alourdir et rappeler le Grunge d’un Pearl Jam (Holy Eyes). Ses qualités de composition et d’interprétation s’alliant à l’expérience et aux moyens, on aboutit à un niveau rarement atteint par un premier opus. New Favourite est un EP exemplaire, exactement ce qu’il faut faire et encourager à faire.
Côté auditeur, l’amateur du son 90’s pourra sans difficulté le placer dans sa collection de classiques. Très professionnel, il est fait de la même étoffe.

 

Les Liens Utiles :

 

 

Chronique d'album : CERNUNNOS (Rock), "EP Project" (2020)

Le 26/05/2020

 
Groupe : Cernunnos
Album : EP Project (EP - 05/2020)
Genre : Rock / Metal
Origine : Marseille

 

Le Groupe :
Cernunnos est le nouveau groupe de l’ex Bad Tripes Kami (guitare/chant) et de l’ancien Pryde ou Stonecast Sylvain (chant/guitare). Ils sont accompagnés à la batterie par Emi (Hustle Bustle) et à la basse par Romain, pensionnaire du Centre de Formation Professionnelle de la Musique de Marseille, contributeur de divers projets musicaux régionaux.

Cernunos1

CERNUNNOS. De gauche à droite Romain, Emi, Sylvain et Kami.
Formé en 2018, Cernunnos pratique un Rock musclé tirant sur le Metal, comme on peut l’imaginer en voyant le cursus de ses musiciens.
Le quatuor a sorti début mai 2020, en pleine période de confinement, un six titres dématérialisé intitulé “EP Project”. Il s’agit de sa toute première production.
C’est de cet EP dont nous allons vous parler...

 

L’EP :
  • “EP Project” compte six morceaux pour environ trente minutes.
  • Cernunnos le décrit ainsi sur sa page Bandcamp :
    “Un EP fait maison et à la maison en période de confinement ! Avec des moyens certes très limités, mais beaucoup d'envie !”
  • Il se veut un avant-goût du futur album (qui s’inscrira vraisemblablement à l’horizon 2021) plutôt qu’un véritable EP.
CERNUNNOS, EP Project (2020)
  • Le morceau le plus court ne descend sous la barre des quatre minutes que pour quelques secondes (3:57)
  • A l’exception du titre “HIM”, initié par Kami, les compositions sont essentiellement signées par Sylvain, compositeur de la structure des morceaux qui sont finalisés par le groupe.
  • Les soli de guitare réalisés par Kami sur les pistes “Breaking” et “Now I Know” sont des improvisations réalisées en une prise.
Notre Avis :
Nous étions curieux de savoir vers quels territoires Kami allait diriger ses activités musicales après son départ de Bad Tripes. C’est donc à la guitare qu’elle nous rassure de belle manière dans un projet rock assez ouvert : Cernunnos.
Parfois rugueux comme un vieux Frank Black (Sweet Crazy, Cockroach), parfois teinté de Soul (HIM, Cockroach) ou épique (le très beau Breaking), Cernunnos envoie ce “pré-album” comme une carte de visite “in your face” pour montrer les belles choses dont il est capable.
Si le son de l’opus, enregistré avec les moyens du bord pendant le confinement, mérite d’être revisité, les qualités de composition sont là. “EP Project” est donc la clé de voute d’un nouveau venu sur la scène Rock hexagonale, qui se positionne dans les starting-blocks avec l’impatience d’en découdre. A suivre avec intérêt.
Les Liens :
Cernunnos sur Facebook :
https://www.facebook.com/cernunnosband/
Cernunnos sur Bandcamp :
https://cernunnos13.bandcamp.com/