Synthrock

ESTETICA NOIR, « This Dream In Monochrome » (2022)

Le 05/04/2022

Estetica Noir est un groupe de synthwave formé à Turin en 2013.
Il pratique une musique issue des courants darkwave/new wave/electropop et cite pour références Nine Inch Nails, The Cure, Depeche Mode et Killing Joke.
Auteur de trois opus (discographie in fine), il a déjà partagé des scènes françaises, italiennes ou belges avec des formations telles que The Chameleons, Christian Death, Norma Loy, Whispering Sons ou Frozen Autumn.
Il a également vu deux de ses titres aboutir dans la bande-annonce et dans la bande originale du film « Al Massimo Ribasso » (2017) de Riccardo Iacopino.
Le 18/02/2022 Estetica Noir revient pour un nouvel album :

« This Dream In Monochrome »

Estetica noir cover
Après  JE T'AIME et XCIII, dont nous vous parlions récemment, ce sont donc les Italiens de Estetica Noir qui viennent sur notre page témoigner de la bonne santé de la cold wave. Leur album propose un songwriting d'une belle force, varié, dont l'homogénéité repose sur un tamis de références 80's/90's.
Le chant fait preuve de polyvalence, capable de nous évoquer dans les hauts Robert Smith (« Nyctophilia ») et dans les basses Morten Harket (« Climbing Up The Loneliness »).
L'utilisation du synthétiseur rappelle la new wave du mid-80's et, après A-Ha, l'on citera même Alphaville  pour certains titres (« Sweeper », « Room Of Masks »).

La modernité est apportée par des touches électro-industrielles (« N.U. », « Dawn Of Pluto ») et des guitares, parfois saturées, peuvent ajouter leur puissance grâce à une production équilibrée. Les emprunts à la pop sont possibles (« Striate Body ») et l'album s'aère avec deux instrumentaux qui se fondent aisément dans la tracklist.

Depeche Mode, Nine Inch Nails, et même Kraftwerk pour le côté clinique, sont les autres parentés qui nous sont venues en tête durant l'écoute de ce « This Dream In Monochrome » qui ne va jamais vers l'ennui. C'est un album d'une certaine classe, et si la jeune génération de la coldwave continue à nous fournir en  ouvrages de cet acabit, le réchauffement de la planète n'est pas prêt de nous faire transpirer. « This Dream In Monochrome » est une spécialité italienne qui se déguste piste après piste, façon tiramisu, et on le recommande à tous les amateurs du genre.
New Wave Not Dead !

Estetica noirLine-Up :

  • Silvio Oreste : chant, guitare, programmations
  • Rik Guido : basse
  • Paolo Accossato : batterie
  • Marco Caliandro : synthétiseur, programmations, chant

Tracklist :

  1. Room OPf Masks
  2. Sweeper
  3. Striate Body
  4. Autumn
  5. N.U.
  6. Dawn Of Pluto
  7. Nyctophilia
  8. X
  9. The Fall
  10. Climbing Up The Loneliness
    Durée totale : 44mn env.

Discographie : 

  • Estetica Noir (EP - Genotype Records - 2014)
  • Purity (Red Cat Records - 2017)
  • This Dream In Monochrome (Red Cat records - 2022)

Les Liens :

JE T'AIME, Passive (2022)

Le 05/03/2022

Groupe : JE T'AIME
Album : « Passive » - Label Manic Depression/Icy Cold records
Genre : Cold Wave/Post Punk/Synthpop/Dark Wave
Influences : The Cure/Joy Division/The Smiths/Visage/Freur
Origine : Paris
Sortie : 14/02/2022

Par Pépé St@kaTTo

Line-up :

  • dBoy : chant/basse/guitare/synthé/programmation boites à rythmes
  • Tall Bastard : basse/guitare
  • Crazy Z. : guitare/synthé/programmation boites à rythmes/mixage et mastering

Je t aime anais novembre
Crédit photo Anaïs Novembre

Le Groupe :
Originaire de Paris, JE T’AIME signe son acte de naissance en 2018 par un premier single aux influences Post Punk/Cold Wave et aux racines que chacun s’accorde à rattacher à la « Factory de Manchester ». « The Sound », un superbe morceau qui m’a immédiatement replongé dans l’ambiance des premières écoutes de « A strange day » de The Cure, « Love Missile » de Sigue Sigue Sputnik ou « Riders in the night » de Freur !

Après ce premier succès et encouragé par ses fans, le trio s’isole en Bretagne et commence à plancher sur de nouveaux morceaux. Plusieurs textes sont écrits, le son JE T’AIME se forge également jour après jour au fil des répétitions.
Le 13 mai 2019, sort le premier album résolument Post Punk et qui contient son lot de pépites, pour moi ce sera « Watch out », « C++ », « The Flying Dutchman ». Je vous invite à lire ou relire l'excellent article de Dam'Aël sur les débuts du groupe et à écouter cette première galette.

Fort de ce premier album, et après quelques concerts grapillés pré- et post -confinement, JE T’AIME prépare activement son second album et nous livre en 2021 via Youtube, deux morceaux excellemment « clipés » pour nous faire patienter, ce sera « Another day in hell » en mai et « Give me more Kohl » en octobre.
Et c’est donc tout naturellement le 14 février 2022, date hautement symbolique, que JE T’AIME confirme sa déclaration d’amour à son public et à ses fans les plus fidèles par la sortie très attendue de la première partie de son second album « Passive » [Scoop du groupe : la deuxième partie « Agressive » sortira en octobre 2022, pour au final nous livrer un double album intitulé « PASSIVE/AGGRESSIVE »].
Je taime
Magnifique Artwork d’Andy Julia. Le visage bicolore semble symboliser en bleu le passé avec ses groupes précurseurs Cold/New Wave, et en orange l’avenir avec la nouvelle génération Post Punk et Dark Wave, la lame de rasoir (accessoire Punk de la grande époque) servant de trait d’union entre les deux époques (c’est du moins comme ça que je la perçois).
[Ah, on me dit également dans mon oreillette que les JE T’AIME nous précisent qu’ils ont fait graver sur ladite lame de rasoir « Twenty sketches from Hell », chaque CD alignant chacun dix titres.]

Tracklist :
01.Anoher Day In Hell-02.Dirty Tricks-03.Lonely Days-04.Unleashed-05.Stupid Songs (feat. Ophelia from Saigon Blue Rain)-06.Cold/-07.Blood On Fire-08.Give me More Kohl-09.On The Phone-10.Marble Heroes

Mix et mastering :  Crazy Z. au Studio Zoé H.

  1. « Anoher Day In Hell » découvert grâce au clip démarre l’album. Les nappes de synthé vite rattrapées par la boite à rythme et une ligne de basse percutante donnent le ton, on plonge allègrement dans un Cold Wave Curien époque « Pornography ». C’est triste et beau à la fois ! La voix torturée de dBoy transcendant ce premier morceau.
  2. On poursuit avec le sombre « Dirty Trick » et sa longue intro abrasive et lancinante. Les parties guitares sont acides et soulignent l’ambiance malsaine et glauque du morceau. Les paroles nous amènent faire un tour dans les bas-fonds d’une boite de nuit Parisienne (ou Londonienne, rayez la mention inutile) pour une étreinte rapide et insipide.
  3. « Lonely Day » lancé par sa basse frénétique est un titre qui malgré ses paroles mélancoliques sur « l’amour contrarié et cruel » est pourtant très punchy. L’envolée des guitares en son clair renforcées par un synthé bien appuyé invite à la danse et au soft-pogo. Les changements de rythmes fréquents amplifiant ce sentiment festif de « déprime-alternative ». Un morceau qui ne pourra que vous prouver son énergie en Live.
  4. Le très rapide et Post Punk « Unleashed » confirme la plongée dans cette ambiance « d’amour-agonie » et la recherche de sa libération. Ce titre est musicalement très travaillé surtout au niveau des guitares dont les parties rythmiques de Tall Bastard sont subtiles et de toute beauté.
  5. « Stupid song » dont la magnifique intro me fait immédiatement penser à du Visage oscille entre New Wave et Pop Rock. La mélodie est entrainante, le refrain imparable, et que dire du pont « consolidé » au chant par Ophelia de « Saigon Blue Rain » tout simplement sublime ! Du velours pour l’âme et les z’oreilles !
  6. Avec « Cold » et son intro U2nesque on poursuit notre virée dans la Cold Wave et sa froidure, dBoy nous laissant entrevoir dans sa voix spectrale l’ombre de Robert Smith, dans un brouillard pluvieux et glacial. La basse de dBoy quant à elle nous guide tout le long du morceau comme un fil d’Ariane, afin d’éviter que nos errements ne nous conduisent dans cet univers sombre et ne nous perdent dans le néant. L’amour est finalement froid et mortel.  
  7.  « Blood On Fire » quant à lui amène un peu de gaîté et de sensualité à ce septième morceau, les parties synthé se révélant dansantes et sautillantes. Le refrain qui se veut pourtant joyeux et les chœurs qui viennent y répondre énergiquement ne peuvent cependant éclipser la noirceur de ses paroles : routine quotidienne et mortel ennui. Ici encore les JE T’AIME nous prouvent qu’ils savent très bien mélanger les sentiments mélancoliques et hymne à la vie.
  8. « Give me More Kohl » que l’on connait déjà grâce à son clip vidéo (images d’époque tournées au « DeVilles » le Night-Club de Manchester en 1983) est assurément le titre phare de l’album, et également mon titre préféré. Si on ne devait garder qu’un titre de la discographie des JE T’AIME pour les faire découvrir, ce serait celui-ci qui est très représentatif de leur style : voix écorchée, basse Synthwave, guitares aériennes, nappes de claviers foisonnantes, boites à rythmes 80’, mélodie accrocheuse et enivrante ! Un vrai régal … Un titre à écouter et réécouter en boucle.
  9. Le très Sk@tien « On The Phone » et sa rythmique syncopée nous entraine dans un shuffle bondissant, les guitares hypnotiques en contretemps et la basse dansante faisant de ce titre un véritable petit bijou.
  10. « Marble Heroes » et sa ligne de basse très typée Simon Gallup vient clôturer l’album. On retrouve encore ici une grosse influence des Cure et ce n’est pas pour nous déplaire. Durant sept minutes les JE T’AIME enfoncent le clou (dans un corps déjà bien martyrisé), avec des nappes de claviers toujours aussi planantes, des riffs de guitares à la U2 (delay/chorus/flanger), et la voix tourmentée et mélancolique de dBoy qui continue de nous prendre aux tripes. Ce second opus se referme bien calmement sur une averse de pluie et un début d’orage, prémices de nombreux gigs à venir et de la seconde partie du skeud « Agressive » en octobre 2022…

Ah « la bougresse », comment peut-elle rester « Passive » devant autant de déclarations d’amour, la première partie de ce second album se déclinant pourtant en dix pastilles, alliant d’un côté la fraicheur des sentiments ambigus, mélancoliques et froids (pour la face bleue) et la chaleur intense des instants festifs et décadents (pour la face orange), de quoi satisfaire tout le monde.


Avec « Passive » JE T’AIME conforte son statut de groupe majeur Hexagonal Post Punk et Dark Wave. Sans jamais les plagier, il reprend avec brio et respect le flambeau des Cure, Joy Division ou Visage, groupes Cold/New Wave majeurs de notre jeunesse (pour les plus anciens), dans des compositions qui font mouche à chaque morceau, alors Big Up pour ce « chef-d’œuvre », car moi en tout cas J(E T)’AIME !
PS : hum, ça va être bien long d’attendre jusqu’en octobre …
Je t aime tour


Liens :

Matoscope

  • Basse Rickenbacker 4003
  • Fender Japan Jaguar Bass MIJ Hot Rod Red
  • Fender Telecaster Acoustasonic
  • Boites à rythme TR 707 + Batterie Gretsch
  • Micro chant Beyerdynamic M88
  • Cubase Pro 11

 

XCIII, Void (2022)

Le 06/02/2022

XCIII est un projet né en 2009 et piloté par Guillaume Beringer. Il se définissait initialement comme un groupe de métal avant-gardiste.

Banner
Son nom est une référence au poème de Charles Baudelaire « A une Passante ».
La musique de XCIII a évolué au fil de ses nombreux albums (discographie in fine). Il se définit aujourd'hui comme un projet d'avant-garde aux influences multiples.

Le 14/01/2022 XCIII a sorti son nouvel album :

« VOID »

Xciii void front cover

1.- « Void » s'ouvre avec « IR », une courte pièce qui se lance au clavier. Voix féminine et masculine s'entremêlent.
2.- En mode trip hop, « Red Lights » met en évidence un chant féminin sucré, puis une voix féminine au joli phrasé à laquelle fait écho une voix masculine.

3.- Sur « Hannah », le chant au léger vibrato est d'abord porté par un clavier. La prise de son met les voix en valeurs. Les guitares donnent de l'intensité au morceau.
4.- « At Last One » fait la part belle au dialogue piano/guitares. Celles-ci accentuent la dramaturgie.
5.- « Re » met à nouveau en évidence une belle voix féminine tandis que la rythmique conjugue richesse et simplicité.
6.- « Rosemary » fait place aux guitares saturées que contraste un chant médium.
7.- « Lunchbox » est une alternance de tonalités sur une rythmique d'abord épurée puis florissante.
8.- « Tapeworm » installe une  monotonie qui se brise sous la saturation du son de la guitare puis par l'entrecroisement des cordes. Des coups sourds se font entendre avant que l'énergie ne se libère.
9.- « VS » fait monter la tension sur la conclusion. Aussi courte qu'intense, cette pièce cinématographique aurait pu se trouver sur une album de Sergio Leone ou de Ry Cooder.

XCIII propose un album de coldwave raffiné qui se joue des ambiances hypnotiques dans une esthétique classieuse rehaussée par le chant captivant d'une sirène. Charmé, vous ne pourrez que vous laisser emporter par ce flot d'élégance, et vous vous coulerez dans ce tourbillon de musique comme dans un bain chaud. A savourer.

Les critiques :

  • « Une fois de plus, le musicien propose une sorte "d’Art total" où se mêlent musique, Arts visuels et poésie, pour un résultat à la fois nerveux et sexy. »
    COREandCO webzine
  • « L'impression générale de prendre le métropolitain de nuit sans que celui-ci ne s'arrête aux stations. »
    profilprog.com Web & Radio

Tracklist :

1.- IR (2:31)
2.- Red Lights (5:12)
3.- Hannah (7:11)
4.- At Last One (4:18)
5.- Re (2:31)
6.- Rosemary (4:18)
7.- Lunchbox (5:59)
8.- Tapeworm (7:26)
9.- VS (2:29)
Total : env. 41:00

01

Line-Up :

  • Guillaume Beringer : Chant / Guitares / Basse / Claviers / Batterie
  • Giulia Filippi : Chant / Invitée
  • Maelise Vallez : Chant / Invitée
  • Mathieu Devigne : Piano / Invité
  • Neemias Teixeira : Piano / Invité
  • Oisava : Violon / Invité

Discographie :

  • Majestic Grief (Demo - 2010)
  • Nocturnal Promenade (Split EP - 2011)
  • Like A Fiend In A Cloud (2013)
  • Event Horizon (EP - 2014)
  • Enlighten (2016)
  • Theanomie (EP - 2017)
  • Press Repeat (2018)
  • Transiense (2018)
  • Void (2022)

Le Lien :

FONCEDALLE (Synthrock), Traboule (EP - 2021)

Le 10/01/2022

D'abord quelques précisions :

  • « Foncedalle »  est un néologisme tiré des mots d'argot « Foncedé » et « Dalle ». Il définit une fringale associée à l'usage du cannabis.
  • « Traboule » est le pendant lyonnais d'une traverse, un passage étroit qui relie deux rues.

Ces mises en lumière réglées, passons à « Traboule », le premier opus autoproduit par FONCEDALLE, un trio de synthrock lyonnais, formé par deux membres de KORTO et de HangOyster.

Cet EP est sorti le 19/11/2021 dans un artwork quasi luminescent signé Mary Land.

Foncedalle
Côté technique, « Traboule » est enregistré au Sample & Hold Studio, produit et mixé par Thomas Das Neves et masterisé par  Snap Mastering.

Découvrons maintenant les six titres :

  • « Jeep Over » pose le décor, avec un trio synthétiseur/basse/batterie qui s'effacent devant la guitare. Un single très inspiré, pop et sympa.

  • Nettement moins avenant, « Cody » avance par à-coups agressifs et nerveux. L'électro revient par intermittences ou pour un final déjanté qui conclut cette salve aux allures trance/punk.
  • « La Chaise » nous aguiche par une belle ligne de basse et des vocaux qui serpentent. Une certaine langueur se dessine, redressée par des guitares dissonnantes qui font mine de suivre les lignes de chant. L'association synthétiseur/guitare est originale.
  • « Sans Plomb » revient à des choses plus classiques avec son phrasé en boucle. Beaucoup d'effets sur la voix, une basse très présente, et une guitare saturée qui vient casser le rythme.
  • « Unity » fait la part belle au duo synthétiseur/batterie avec des beat saccadés
  • «Aimez-vous » est une formule légère et accrocheuse qu'on nous propose en conclusion.

Six titres sans routine dans une qualité de production qui les sert remarquablement, voici ce qu'est ce « Traboule », qui peut parfois rappeler Daft Punk ou Sébastien Tellier, mais avec une petite touche d'originalité qui nous bouscule avec brusquerie ici-et-là. Un bel EP de synthrock à découvrir ICI, décliné en version digitale et en cassette en édition limitée à cinquante exemplaires.

Les Critiques :

  • « Trois foncedés lyonnais - à l’électro, au groove qui tue. »
    MUZZART
  • « Foncedalle défonce tout avec ses guitares clubbing et ce chant électronique qui confirme, encore une fois, que l’avenir du rock, si tant est qu’il en ait un, est dans le foutage de gueule immersif. »
    Gonzaï

Le Line-Up :

  • Guitar/Vocals: Marius Mermet
  • Bass/Vocals: Clément Baltassat
  • Synths/Machines: JD Mimouni