BLUES

Chronique d’Album : LAURA COX (Southern Hard Blues), Burning Bright (2019)

Le 14/02/2020

Groupe : Laura Cox
Album : Burning Bright (08/11/2019)
Genre : Southern Hard Blues
Origine : Paris
Laura cox firmin de montegut photos
Laura Cox par Firmin de Montégut Photos
Le Groupe :
Fondé en 2013 Laura Cox (initialement Laura Cox Band) est un quatuor de Southern Hard Blues parisien formé autour de la guitariste/chanteuse Laura Cox (c’est son vrai nom) et du guitariste Mathieu Albiac.
Laura se prend de passion pour la guitare vers l’âge de quatorze ans, influencée par la CDthèque de son père et par la comédie américaine de Mark Waters Fricky Friday (2003) dans lequel l’adolescente s’identifie à la jeune héroïne du film, Anna (Lindsay Lohan), qui joue dans un groupe.
Laura poste ses premières vidéos et se fait remarquer grâce à des cover sur Youtube à partir de 2008.
 
 
En 2013, son ami Mathieu Albiac la convainc de monter son premier groupe. Il choisissent pour nom “Laura Cox Band” afin de distinguer la formation de ses activités de Youtubeuse.
Le line-up Laura/Mathieu, est complété par François C. Delacoudre (c’est LE bassiste choisi pour accompagner de sa basse les vingt-quatre virtoses du projet United Guitars, ça vous donne une idée du niveau) et Antoine Guerin (batterie).
Le groupe sort “Hard Blues Shot”, son premier album, en 2017, annoncé notamment par le clip éponyme :
 
Craignant d’égarer ses fans, Le Laura Cox Band décide de changer son nom en Laura Cox. La chanteuse s’en explique dans une interview :
“Les groupes dont le nom finit par "Band" jouent généralement du blues, or ce n'est pas exactement ce que nous faisons. Cela créait une confusion, car nous étions parfois programmés sur des affiches où les gens pensaient que nous étions un groupe de blues. Si on ajoute à cela que le premier album s'appelle "Hard Blues Shot" (2017) et que nous avons un single sur le nouvel album qui s'intitule "Bad Luck Blues", la connotation blues commençait à être trop présente, même si c'est une des influences de notre musique, mais nous sommes un groupe de rock avant tout.”
(source : https://www.guitariste.com/interviews/laura-cox,5684,1.html)
La structure des compositions du groupe est signée Laura Cox/Mathieu Albiac. Laura revendique l’influence de Mark Knopfler, Slash et Joe Bonamassa. Les compositions de Mathieu sur le premier album s’inscrivent dans la lignée d’un Hard-Rock à la AC/DC.
En seulement deux albums, Hard Blues Shot (2017) et Burning Bright (2019) Laura Cox compte plus de 210 000 followers sur Facebook.
Voyons maintenant...

 

L’album :
“Burning Bright” est un dix pistes pour quarante-deux minutes.
Laura cox1
LAURA COX, Burning Bright (2019)

 

Banjo, dobro et lap steel font partie des instruments utilisés par Laura Cox sur cet album.

Freaking Out Loud et Bad Luck Blues comptent parmi les clips choisis pour illustrer l’album.

 

Enregistré à Bruxelles, aux ICP Studios, Burning Bright est masterisé par Howie Weinberg (Oasis, Aérosmith, The White Stripes).
Ces données objectives énoncées, voyons un peu...
Les Critiques :

 

Notre Avis :
Après un premier album très bon mais bicéphale, le duo Cox/Albiac harmonise ses influences et délivre un songwriting d’une parfaite homogénéité et d’une qualité inaltérée de titre en titre.
Si la virtuosité des guitares n’était plus à vanter, le chant de Laura Cox est lui aussi très agréable, laissant poindre sur certains morceaux un léger vibrato qui colle au Southern comme un gant.
S’il est prématuré à ce stade de clamer haut et fort que Laura Cox est le taulier du Rock français, il est néanmoins certain que ce groupe talentueux s’est fait faire un double des clés.
Burning Bright est le classique de Rock qui manquait à votre CDthèque et Laura Cox, qui s’exporte bien, est l’un des fers de lance de la nouvelle scène - puisse-t-il en devenir la locomotive !
Il me reste à vous donner...
Les Infos Utiles :
Laura Cox est sur Facebook :
https://www.facebook.com/lauracoxofficial/
Laura Cox est sur Spotify :
https://open.spotify.com/album/7lOutDr84PlBG1OAAylOAW
Laura Cox est en tournée en Espagne, en Allemagne mais aussi à Ris Orangis, Castres, Narbonne, Samoens... Toutes les dates sur :
https://www.lauracoxband.com/
 

KIM MELVILLE - L'interview

Le 13/04/2022

En novembre 2021 la guitariste/chanteuse Kim Melville sortait son premier EP, cinq titres ouverts, teintés de blues et de rock, qui la mettaient sur les traces de Gaëlle Buswel et de Laura Cox. Il était intéressant de faire le point sur ce brillant début de parcours. Voici son interview.
Kim melville 2
Kim Melville par Rémus Marinelus


« C’est en apprenant des autres et en les mettant en valeur qu’on avance.  »


Ahasverus : Bonjour Kim Melville. Êtes-vous une enfant de la balle ?
Kim Melville :
Complètement !

Ahasverus : Danse, peinture et dessin à côté de la musique ?
Kim Melville :
Oui ! J’ai toujours été intriguée par l’Art sous toutes ses formes. Etant née dans une famille d’artistes (divers et variés), j’ai été intéressée très jeune par tout ce qui touche à l’Art.

Ahasverus : En remontant dans votre enfance, quel est votre premier souvenir musical ?
Kim Melville :
Sûrement d’entendre mon papa bosser dans son studio qui était juste à côté de ma chambre quand j’étais bébé !

Ahasverus : Dix ans de piano, c’est une base utile ?
Kim Melville :
Très ! Le piano est sûrement l’instrument le plus visuel de tous. Donc le plus logique en terme de solfège. Ça m’a beaucoup aidé à apprendre la théorie, et l’harmonie. En plus de ça jouer du piano me détend beaucoup !

Ahasverus : Et qu’est-ce qui vous fait quitter le piano pour la guitare ?
Kim Melville :
Jimi Hendrix.
Kim melville par remus marinelus
Kim Melville par Rémus Marinelus


Ahasverus : Que vous apportent trois ans à l’IMEP, section guitare ?
Kim Melville :
Ça serait très long d’expliquer tout ce que l’IMEP m’a apporté car c’est autant en terme psychologique qu’en terme de connaissances. L’IMEP m’a ouvert l’esprit sur énormément de genres musicaux et m’a appris à me trouver artistiquement. J’y ai fait des rencontres très importantes, et je me suis pris les murs dont j’avais besoin pour avancer et comprendre comment ça se passe dans la vraie vie entourée de gens mille fois plus doués que toi ! J’ai pu trouver ma singularité grâce à ça et confirmer que c’est en apprenant des autres et en les mettant en valeur qu’on avance.

Ahasverus : « Guitaristiquement », vers quel matériel vos goûts vous portent-ils et pourquoi ?
Kim Melville :
Je pense que mon papa m’a transmis l’amour du « matos » donc j’aime bien tout tester. Mais j’aime énormément jouer sur ma Gibson Les Paul Customshop de 1957. Et en terme de pédales, je pense que ma préférée pour le moment reste la Big Muff ! J’utilise la Green Russian Big Muff, et je suis amoureuse de ce son.

Ahasverus : A l’instar de Laura Cox, vous faites vos premières armes en « coverisant » sur Youtube ?
Kim Melville :
Effectivement ! Et quand j’ai commencé la guitare (assez tard) je regardais les covers de Laura sur YouTube et c’est comme ça que je l’ai découverte ! J’adore faire ces vidéos, on a beaucoup de chance de pouvoir faire ça ! Celle qui a été la plus fun à faire reste le cover de « Whole Lotta Love » que j’ai fait avec mon père pendant le premier confinement !

Ahasverus : Toute jeune vous placez un morceau dans la série « Joséphine, Ange Gardien »...
Kim Melville :
Oui ! Quel plaisir de doubler Stella Trotonda qui était toute jeune à l’époque ! Je n’étais qu’interprète mais c’était une expérience enrichissante qui m’a appris beaucoup sur le milieu du show-business. Haha !


« Je me dirige vers un univers de plus en plus rock.  »


Ahasverus : Parmi vos inspirations on trouve le rock, le blues, la country, la pop... Comment votre univers musical s’est-il forgé et quelle place la culture anglo-saxonne tient-elle dans votre vie ?
Kim Melville :
Mon univers musical s’est probablement forgé avec les expériences, tous les concerts auxquels je suis allée, toutes les personnes dont j’ai croisé le chemin. Mais aussi et surtout grâce à ma curiosité personnelle.
La culture anglo-saxonne tient une place très importante dans ma vie car la musique que je joue vient de cette culture. J’ai appris à parler anglais très jeune et j’ai toujours eu une obsession pour les cultures américaines et anglaises, et leur Musique.
Kim melville 1
Ahasverus : Vous citez Kiss, Led Zeppelin, David Bowie, Jimi Hendrix, Sparks parmi vos influences... Pas vraiment votre génération... Héritage familial ?
Kim Melville :
Oui...C’est l’éducation que j’ai reçue ! Haha !

Ahasverus : Votre EP éponyme comprend cinq titres aux univers différents, composés entre 2016 et 2020. Parfois rock et rugueux, parfois plus pop et mélodique... Est-ce une carte de visite qui vous représente bien ?
Kim Melville :
Oui et non ! Je me dirige vers un univers de plus en plus rock ; les deux chansons plus pop de mon EP (Back on your feet et Time) sont un peu des hommages à mes premières chansons, et à mon enfance ! Je n’exclus pas le pop et mélodique... Mais on se dirige plutôt vers du rock et rugueux !

Ahasverus : Quel souvenir gardez-vous de votre premier clip « Mr My Man » ?
Kim Melville :
Le tournage du clip de « Mr My Man » est l'un des plus beaux souvenirs de ma vie. Entourée des gens que j’aime et de mes potes les plus proches ! C’était une journée extraordinaire où j’avais l’impression d’être à ma place pour la première fois. On a beaucoup ri, et on a été accueillis très chaleureusement par Le Barde Atomique, qui est une super salle de concert !

Ahasverus : La pochette de l’EP est assez pastel, avec un côté vintage, usagé...
Kim Melville :
Oui, je suis partie sur une idée de Vinyle en hommage à toutes ces heures que je passe chez les disquaires à regarder et acheter des vinyles de groupes de Classic Rock. L’idée derrière ça était de faire une pochette qui attire l’œil car j’achète souvent des vinyles d’artistes que je ne connais pas juste grâce à la pochette.
Kim melville ep
Ahasverus : Un(e) artiste que vous admirez particulièrement ?
Kim Melville :
Jack White. Il incarne le parfait mix entre Classic Rock et la musique plus moderne. Entre la technique et la recherche due au manque de technique. C’est un vrai artiste qui se creuse la tête pour son Art et j’adore ce qu’il fait.

Ahasverus : L’album que vous écoutez le plus en ce moment ?
Kim Melville :
Là tout de suite, en écrivant, je suis en train d’écouter l’album « Dreams » d’Allman Brothers. Et l’album que j’écoute le plus en ce moment... « Fear of Dawn » de Jack White, et « Inviolate » de Steve Vai qui viennent tous les deux de sortir. Des tueries !
Jack white fear of the dawn
L'album « Fear of Dawn » (2022) de Jack White


Ahasverus : Kim Melville sur scène ?
Kim Melville :
Oh oui ! 2022-2023, pour sûr !

Ahasverus : Vos occupations pour les mois à venir ?
Kim Melville :
Je collabore depuis peu avec la marque Prodipe, donc pas mal de vidéos vont arriver sur mes réseaux sociaux dans les prochaines semaines ! On va continuer de travailler dur pour faire avancer le “Kim Melville Project“, répets... concerts... rendez-vous... Et croiser les doigts !
Un nouveau single arrive très prochainement !
Et puis bien sûr plein de nouvelle musique pour plus tard... Deuxième EP ? Album ? On verra !

Ahasverus : Merci d’avoir répondu à mes questions, Kim Melville.
Kim Melville :
Merci à toi !


Le Lien :

Kim melville ep 2

Chronique d'album : Stéphane PORTELLI (Rock/Blues), "La Boutique Des Fous" (2021)

Le 12/11/2021

Groupe : Stéphane Portelli
Album : «La Boutique des Fous » (20/10/2021)
Genre : Rock/Blues
Origine : Occitanie

par Dam'Aël

Stephane portelli artwork

"Mam, Tu Peux Compter Sur Lui"! "Stephane Portelli","Tête En L'Air" mais pas tant que ça, sait nous embarquer dans son univers ; d'ailleurs "A Bientôt Sur Les Routes" car les rencontres avec lui ne tiennent pas "Sur Le Fil" mais bien au contraire, nous entrainent dans sa réalité de pensée et d'écriture qui mène tout droit à "La Boutique Des Fous", et pas de problème d'approvisionnement ! Le plein de réflexions, d'interrogations, de constatations est confirmé dans le stock mental et cérébral de cet artiste à fleur de peau qui nous aspire comme un tourbillon dans le dédale des couloirs de ses émotions. Un voyage interpellant au coeur de l'humanité, au coeur de chacun et surtout au coeur de lui-même car c'est son âme qui dirige et manage avec subtilité sa main dans l'écriture, ses mains dans l'art de faire vibrer les cordes de sa fidèle compagne de  musique. La voix en devient la résultante authentique...

20211111 180210

Son histoire...

Tout commence, ou presque, chez une psychologue... 
Oui mais de celle qui arbore la plus belle pièce de la maison, en sous-sol, où la musique est la maîtresse des lieux. "Hôtel California" des Eagles sera la trame d'une suite qui prendra l'allure d'une étoffe cossue et digne de la haute couture. Ses premiers frères d'armes qui enfonceront le clou, seront Dire Straits en 1985 qui lui montreront la direction artistique sous l'influence de  "Tunnel Of Love". Mark tu as touché en plein coeur la sensibilité de cet artiste en culotte courte. Evidemment quelques autres influences viendront compléter le tableau : David Gilmour, Cream avec E. Clapton,  Pink Floyd, Carlos Santana, Elvis Presley ... C'est après, en autodidacte qu'il écorchera ses doigts presque jusqu'au sang, sur des covers de SADE et c'est avec Agathe Mulot qu'il foulera les scènes locales avec des reprises diverses et variées. 
2001 sera l'année du "je prends mon envol en solo" ; après l'enregistrement d'un 2 titres "Mam, Tu Peux Compter Sur Lui" , c'est sa participation  à un tremplin le festival Avec le temps à l’Espace Julien de Marseille, qui va lui permettre de réaliser en 2003, son premier album, un peu dans l'urgence, enregistré et mixé en 48 heures dans une église désaffectée qu'une association de quartier de Montpellier occupait. «Stéphane Portelli» renforce ses racines dans le terreau fertile  du Blues,  du Rock des années 60's/70's. S'en suivra la belle escalade d'un guitar-hero Made in France avec « Tête En L'Air » (2006), « A Bientôt Sur Les Routes » (2011),« Sur le Fil » (2018) et tout récemment « La Boutique Des Fous » (2021).  

 

L'album : La Boutique Des fous 


Pas de doute, on y fait le plein de Rock très Old School, de Blues, enrubannés d'influences évidentes.
On s'y penche et on toque à la porte de notre propre réflexion. 
L'opus ouvre le bal avec un "Vegas" survitaminé qui aurait pu prendre naissance dans le Tenessee à Graceland. Elvis sort de ce corps!  "Vegas"  rappelle le monde de folie, du superficiel, des strass qu'est cette ville de Végas où plaisirs mènent souvent à l'addiction et à la sortie de route de la réalité. Les sujets abordés sont magnifiquement écrits avec des  métaphores sublimes mais percutantes. 


Le réveil au lendemain est beaucoup moins festif, le constat ramène vite à la vraie vie qu'il faut assumer. "Fou De Nous", esprit distordu en pleine solitude, la guitare en distorsion à la Eric Clapton enfonce le clou de cette dure réalité qui peut  clouer au sol. La passion à en perdre la raison, Jean Ferrat en avait déjà conté les affres d'un tel désespoir.
Bon après ces quelques prémisses, Stéphane nous invite à entrer dans sa boutique, "La Boutique Des Fous", l'éponyme qui dresse le tableau  de toutes les émotions abordées dans cet album concept et qui nous invite à entrer dans l'univers de l'artiste, sa bulle comme il l'exprime lui-même. Nous y rencontrons  " toutes les personnes, toutes les âmes qui refusent l’uniformité qu’elle soit physique ou morale. On y croise des artistes, des idéalistes en quête de liberté. C’est cette ouverture d’esprit, marginale, que j’ai voulu raconter dans cet album où se mêlent la passion, l’obsession, l’addiction… autant d’états qui font peur car difficiles à maîtriser mais qui nous animent au quotidien et que certains peuvent qualifier de folie…". Titre un peu fou, qui swingue, qui invite au frétillement du cuir chevelu et pas que... Il n'est pas seul, l'artiste, à s'y éclater, des choeurs tout aussi crazy nous envoient le second carton d'invitation.

Sur le seuil de cet exil, basse et batterie prennent une rythmique grave aussi rude que le visage de l'abandon qui prend par le colback, coups de pied au c*** sans aucune compassion ni même un semblant de ménagement, aucun doute une violente agression "Alarme blanche". Guitares aiguisées aussi tranchantes que cette apostasie maternelle, solo incisif et vindicateur et ce final de la batterie, prescription diabolique du docteur Guillotin qui lâche le couperet de fin.

Comment ne pas avoir le blues...
"Comme Si" il était possible de changer le monde... Et pourquoi pas? Gardons ce côté positif que nous chante, et on en est ravis, cette guitare emprûntant des notes à la Mark Knopfler. Le Blues nous délivre de ce vilain blues, merci Stéphane. C'est joliment chanté en solo, et en choeurs.

Allez je vous emmène faire un tour furtif dans l'Océan Pacifique du Nord pour une danse de la vie, une hula plutôt auana, moderne, discrète teintée du parfum musical de Mark dans l'écrin artistique de Stéphane Portelli. "C'est tout", rien à ajouter, écoutons plutôt! Les ondes de sa six cordes sont très positives.

La preuve, c'est la fêt-e, la fêt-e!!! "Boum Boum Boum" Vas-y cathy, fais le chanter ce saxophone heureux et joyeux, on commande les pizzas et on sort sous le soleil d'Italie ou du sud de la france, on s'extirpe de cette léthargie commandée par la pandémie. Si vous voulez vous évader au rythme fou de ce morceau, le clip sorti le 10 août dernier vous tend des bras amicaux. (alors là Stéphane, c'est un joli cadeau offert au public et à moi-même car... c'était le jour de mon anniversaire... OK je poursuis, c'était juste mon petit moment de folie : un aparté).

Ca groove sur le Blues Rock "Les Gens Bien" qui traite de l'adultère, et enchaine sur "Dans La Douceur D'un Soir", en partance pour des horizons sud-américains ou tziganes selon les plages musicales, mais surtout un hommage certain au frontman de Dire Straits, Mark Knopfler, le sultan de la guitare, le Sultan of Swing. On rappelle l'influence qu'a eu ce groupe pour Stéphane Portelli dans sa construction artistique et son travail sur les arpèges.

La guitare dans cet album est un véritable caméléon, prenant des sons variés et des inspirations typées dans chacun des titres qui composent "La Boutique Des Fous". A l'instar de l'humain qui s'adapte aux épreuves de la vie, ou qui s'aguiche de comportements calculés, opposés ou corrodés " Comme un caméléon" évoque "Le paradoxe du genre humain dans toute sa splendeur".
Le ton monte crescendo, sur verbe d'oxymores, guidant la rythmique de base, la guitare et les choeurs (qui me rappellent certains choeurs de Toto) dans un tourbillon qui pose la vibration d'une interrogation qui perdure.

Stéphane Portelli : chant, guitares, paroles, musiques, arrangements, production et direction artistique.
Vincent Declercq : batterie, percussions
Patrice Gimenez : basse
Guests : 
Isabelle Bonfiglio : chœurs (3, 5, 7, 10)
Cathy Bonfiglio : chœurs (3, 5, 7, 10), saxophone (7).
Son : Triboulet au Studio La Trappe, Toulouse.

 

Notre avis :

Stéphane Portelli est un passionné qui a la sensibilité d'un artiste ; il pose sa réflexion sur les moments de vie et les émotions qu'ils génèrent. Accompagné par Patrice Gimenez à la basse et Vincent Declercq à la batterie, chacun d'eux forme le tout et le tout ne fait plus qu'un. Un trio qui désire mettre en avant une production organique sur des systèmes vintages, à l'image des temps historiques du Rock et du Blues et à celle des lives sur scènes locales, régionales ou bien plus grandes. Aucune fioriture, pas de vernis et encore moins de strass, nous sommes en Occitanie pas à Végas, et ça sent bon l'humain et le parfum de la simplicité et de l'authenticité. Si les sujets abordés sont sérieux, difficiles voire rugueux, la poésie de Stéphane Portelli ne défaille jamais et porte le verbe aux portes d'un talent incontestable et incontesté. Le quatrième membre du trio est madame la guitare qui retranscrit à la perfection l'état d'âme du morceau et l'émotion de l'artiste, l'égo remballé car bien éduquée et consciente du légitime espace vital nécessaire à chacun des musiciens. Un album rempli d'énergie tout aussi festif musicalement que grave par ses textes, qui embarque par des rythmiques cadencées et fédératrices, un brûlot de Rock et de Blues qui fait du bien.
 "Ce 5ème album est l’occasion de fêter mes 20 ans de carrière sous mon nom. Je voulais qu’il sonne différemment, authentique pour avoir le plaisir d’entendre la chaleur des lampes dans le Son !" (S.P.)

 
PS :   S comme Subtilité, Sensibilité, Spontanéité, Sensualité, Solaire...
          P comme Passion, Poète, Proximité, Prouesse... 

"un album est toujours la photographie d’un moment…" (S.P.)

les liens :

http://stephaneportelli.com/

https://www.facebook.com/stephane.portelli.1

http://www.ahasverus.fr/blog/stephane-portelli-fil-a-fil-interview.html

http://www.ahasverus.fr/blog/stephane-portelli-la-boutique-des-fous-album-2021.html

https://www.facebook.com/emma.bradford.980
        

Chronique d'album : Gaëlle Buswel (Rock), "Your Journey" (2021)

Le 03/04/2021

Groupe : Gaëlle Buswel
Album : "Your Journey" (26/03/2021)
Genre : Rock / Blues
Origine : Alfortville

Par Ahasverus

Le Groupe :

Gaëlle Buswel est une auteure-compositrice, guitariste et chanteuse originaire du Val-De-Marne.
Baignant dans la culture rock familiale (son père est batteur dans un groupe de hard) dès l'enfance, elle découvre rapidement le blues avec les albums de Bonnie Raitt et Jonny Lang.
Apprenant la guitare à l'age de treize ans, elle arpentera les scènes et fourbira ses armes dans un groupe de blues nommé Cam On.
En 2010, Gaëlle Buswel entame une carrière solo qui la verra porter sa musique partout, du métro londonien à des  centres de détention, de la prestigieuse scène de l'Olympia (deux fois !) à des hôpitaux pour enfants.
En 2012, elle sort « Yesterday's Shadow », son premier album, en collaboration avec le rocker américain Neal Black.
« Black to Blue », son deuxième album, paraît en novembre 2014. Il est suivi par « New Day’s Waiting » en 2017.

Buswel new dayCôté scène, Gaëlle Buswel a ouvert pour des artistes aussi variés que Mathieu Chedid,  ZZ Top, Tri Yann, Status Quo, UB 40, Louis Bertignac, Ringo Starr ou The Pretty Reckless.
La Francilienne était pressentie pour assurer une date avec Deep Purple, qui n'a pu être donnée en raison du contexte sanitaire.
Elle a reçu plusieurs récompenses tout au long de son parcours musical tel le premier prix 2018 du meilleur clip pour « Freedom Tonight » à l’Azalea Film Fest d’Alabama, (USA).

En 2021, Gaëlle Buswel présente son quatrième album :

« YOUR JOURNEY »

L'Album :

«Your Journey » est un onze titres d'environ quarante-six minutes dans sa version numérique. Il est agrémenté dans sa version physique de six titres bonus enregistrés à Londres aux  légendaires studios Abbey Road. Le CD est donc vendu sous la forme d'un double album.

La partie studio est mise en boîte aux Studios ICP de Bruxelles.

Gaëlle Buswel est entourée de Michaal Benjelloun à la guitare, Steve Belmonte à la batterie et JB Pietri à la basse.

Comme son prédécesseur, l'album a été réalisé en faisant appel au financement participatif.

La pochette de «Your Journey » est signée Guillaume Malheiro pour la photo, Guillaume Saix pour le graphisme. 

Gaelle buswell

L'album a été composé avant la pandémie. Le travail, parfois collectif (« Last Day ») se partageant essentiellement entre Gaëlle Buswel, Michaal Benjelloun, Steve Belmonte et la parolière américaine Angela Randall.

Gaëlle Buswel a enregistré tous les choeurs. Elle explique dans une très intéressante interview accordée à Rock N' Force :
"C’était un challenge pour moi, car c’était la première fois que j’enregistrais toutes les lignes de chœur. L’idée était d’apporter quelque chose de différent. Et ça a aussi été l’occasion d’aller chercher des choses dans ma voix, notamment au niveau des tessitures, ce que je n’avais jamais fait auparavant. J’ai pu exploiter la puissance des aigus notamment, car les chansons s’y sont prêtées. Je ne me suis pas limitée du tout. On a tous laissé parler nos instruments, notre cœur et notre âme…"
(Retrouvez cette interview dans son intégralité : https://rocknforce.com/gaelle-buswel-par-la-grande-porte-interview/)

L'album a été précédé par la mise en ligne du clip «Your Journey ».

Les Critiques :

  • "Ce nouveau Gaëlle Buswel est à acquérir toutes affaires cessantes car il fera à n’en point douter partie du Top 10 des albums de 2021."
    http://www.tvrocklive.com
  • "Si la couronne du rock français manque parfois de quelques diamants, elle vient ici de se doter d'un merveilleux joyau."
    https://www.musicwaves.fr
  • "Gaelle Buswel est une vraie artiste qui s'est hissée au rang des grands du rock et du blues, et qui avec Your Journey nous montre l'étendue de son talent. "
    https://shootingidols.blogspot.com
  • "Elle n’a jamais chanté aussi bien."
    https://www.paris-move.com
  • "Un album de rock’n’roll, comme on les aime."
    https://lejeunemusical.wordpress.com

Notre Avis :

Il y a des artistes heureux, Gaëlle Buswel en est l'incarnation. Elle est portée par un public fidèle, de plus en plus conséquent, qui lui permet d'avancer à la hauteur de son talent, de plus en plus loin, de plus en plus haut, vers ses rêves.
Vous avez aimé « New Day’s Waiting » ?  Le clip « Your Journey » vous promettait du bon ? « Your Journey », l'album vous conduira bien au-delà ! Dès la  piste 1, le son de cette galette made in Belgium est saisissant. Les choeurs graves, la batterie lourde... C'est tellement bon tout ça ! Et Buswel-le-groupe alterne irrésistiblement les  morceaux big rock (« Your Journey », « Last Day » « All You Gotta Do ») , hard ( « Louder »), et les passages bluesy (« What Might Have Been »), folk (« Just Like The Wind »), teintés de gospel ( « Razor's Edge »). La voix lead est délicieusement parée d'un voile léger, les guitares, torturées et rugueuses s'entrecroisent.  L'ensemble est plus testostéroné que ne l'était son très estimable prédecesseur et l'affaire se conclut par une très belle ballade (« Perfect Lullaby ») qui incite à reprendre ce magnifique voyage au début.
« Your Journey » est une réussite, une perle dans laquelle le très bon le dispute au parfait. Sans doute l'un des meilleurs albums de l'année. La fougue est là, la maîtrise aussi. On sait que Gaëlle Buswel et ses zicos sont prêts et ne demandent qu'à en découdre,  et on ne doute pas que ce grand album trouvera son public à l'international. Il est I N C O N T O U R N A B L E !

Les Liens :

Chronique d'Album : Stefa (Blues/Folk), Lone Dog (2020)

Le 31/01/2021

Artiste           :   Stefa
EP                  :    “Lone dog”
Genre           :    Folk / Pop / Blues Rock
Influences    :   The Doors / Ben Harper / Jimi Hendrix / Tracy Chapman / Alanis Morissette
Origine         :    Bruxelles (2018)
Sortie           :    24/12/2020

Par Pépé St@kaTTo

A1118650905 10Il y a des artistes dont on tombe immédiatement sous le charme, c’est le cas de la chanteuse et musicienne Stephanie Newport, nom de scène « Stefa » ! Née à Nantes au milieu d’une famille de musiciens, elle apprend très jeune le piano, puis la guitare classique avant d’avoir un faible pour les belles électriques, les compositions blues, rock et folk … et la scène !
Elle se produit d’abord dans l’Hexagone sous le pseudo de « Fanny », puis sous celui de « Stéphanie » pour quelques années en Angleterre avant de poser en 2018 ses valises et ses flights cases guitares à Bruxelles, ville dont elle tombe amoureuse.
Stefa va ainsi jouer pendant deux ans chez nos amis belges en duo avec le guitariste Hervé Caparros (Cherry on Pop), ou au sein du quatuor Midnight Paradox. C’est durant ces deux années qu’un projet d’album solo prend petit à petit forme et c’est finalement le confinement qui fera accélérer le projet. Elle profitera alors de cet état d’isolement pour peaufiner ses compositions voire réarranger d’anciens titres.
C’est après trois singles parus en automne 2020, que Stefa sort, en collaboration avec le compositeur multi-instrumentiste Amine Doukali, son premier EP solo de huit titres le 24 décembre. Un très beau cadeau de noël que certains ont pu découvrir sous leur sapin virtuel.

Discographie :

  • No Fly Zone (single - 10/2020)
  • Lone Dog (single - 11/2020)
  • Marilyn (single - 11/2020)
  • Lone Dog (EP - 11/2020)

Line-up sur scène :

  • Stefa : chant, guitares, ukulélé
  • Amine Doukali - claviers
  • Hervé Caparros : guitare
  • Jean Vincent “Jivé Dé” : basse
  • Edouard Cogne : batterie

Ce premier album solo de huit titres est un subtil mélange de plusieurs styles, folk, pop, blues, funky qui se combinent parfaitement avec la voix rauque et chaude de Stéfa.

Track List :    

01-Lone dog
02-Marylin
03-Perfect day
04-Trinkets don’t fix it
05-Wait a little
06-Sixteen
07-Sick of you
08-No fly zone

Enregistré au studio ADK à Bruxelles
Paroles et musique: Stefa
Arrangements, mix/master: Amine Doukali
Photo de l’EP: Antonio Ceballos
Solo guitare par Hervé Caparros sur Sick of you (piste 7)
Direction artistique: Amine Doukali
Contact: stefaofficiel@gmail.com

  1. Dès le premier morceau qui donne son titre à l’album « Lone Dog », le riff d’intro (bluegrass/deep-south) à l’acoustique qui servira de fil conducteur à tout le morceau nous donne la couleur de l’album : il sera « roots », teinté de blues, rock et folk, et séduira les amoureux de belles parties guitares !
    Les chorus électriques ne sont pas en manque non plus et viennent appuyer la voix très douce et pourtant très rock de Stefa. [« Lone Dog » parle de la solitude et de la difficulté d'aimer les êtres solitaires.]* On retrouve dans ce morceau « chaloupé » le feeling de « Shock the monkey » de Peter Gabriel en beaucoup plus sensuel !
  2. « Marylin » débute sur un riff rock vite appuyé par un bon gros son de basse omniprésent, la batterie est également bien mise en avant. La mélodie est bien syncopée et bénéficie de plusieurs « double-stop »  pour relancer le morceau. Les passages électriques piqués de wah-wah sont sublimes. [Composée sur son balcon, cette chanson parle d'une fille qui chante pour oublier sa peine, et malgré sa fin tragique Stefa nous confie son plaisir à la jouer.]*
  3. «Perfect day » avec son intro en arpèges et son riff palm-muté est assurément le morceau le plus joyeux de l’album. La mélodie avec ses harmonies vocales est sublime, les passages guitare en légato un régal. Un amour de ballade romantique et une voix envoutante ! [Stefa a écrit cette chanson dans le train au retour d’un magnifique week-end en Normandie : un rayon de soleil, une personne, un geste … le bonheur tient à peu de chose.]*
  4. Le très bluesy-rock « Trinkets don’t fix it » avec ses riffs abrasifs et son pont clavier très ’70 vous fera assurément taper du pied ! [Stefa était passablement énervée quand elle l’a écrite et ça s’entend, les guitares feulent et sont prêtes à griffer l’auditeur. Une chanson de rupture totalement jouissive …]* L’amour ne se reconquit pas aussi facilement, même avec un beau bijou !
  5. C’est avec « Wait a little » morceau typé bossa et son refrain en créole que Stéfa renoue avec ses racines maternelles, elle y rend hommage à la Guadeloupe où elle a passé ses vacances d’été. A noter les rythmes « timbales » et l’apport important de la flûte dans le morceau qui en fait sa richesse. [Cette chanson est une réflexion sur notre société qui court en permanence mais ne va nulle part.]*
  6. Le sixième morceau « Sixteen » est une « ballade country » qui débute par une intro en picking et se poursuit par de sublimes arpèges très bluegrass appuyé par des passages en slides qui fait la part belle au bottelneck ! Cette chanson a été composée pendant le confinement alors que Stefa se promenait sur la promenade verte à Bruxelles, elle y a croisé toutes sortes de gens qui l’ont vraisemblablement inspiré. [J'avais l'impression de retomber en enfance, n'étant pas maître de mes mouvements. Je ne pouvais que continuer à gérer le quotidien en attendant (peut-être) la fin du monde.]* confie-t-elle.
  7. « Sick of you » et son lead au banjo nous plonge instantanément dans un vieux pub écossais enfumé qui sent le vieux cuir, le whisky hors d’âge et une folle ambiance de jam celtico/bluegrass ! (Inspiration d’ailleurs voulue par Stefa, et peut-être encore une référence aux origines bretonnes de son papa). Les parties guitares s’interpellent et se répondent, tantôt en son clair, tantôt en son saturé, les percussions assurent un groove de malade ! [Cette chanson parle de l'addiction que l'on peut ressentir au contact de personnes absolument pas faites pour vous ...]*
  8. L’album se termine sur « No fly zone » et sur ce qui est pour moi le meilleur morceau de l’EP ! Une sublissime intro au piano, une basse qui martèle son groove tout au long du morceau, des envolées de guitares malicieuses et une voix qui se veut mielleuse à souhait, portée par une mélodie entêtante avec son refrain très ragga-muffin. Que de sensibilité dans ce morceau ! [N'abandonnez jamais vos passions, tel est, en un mot, le thème de cette chanson écrite au printemps 2020. Et si certaines personnes s'en sentent délaissées ou incomprises, c'est qu'elles n'étaient pas destinées à vous accompagner.]*

[*] détails fournis par Stefa sur son Bandcamp.

No fly zone

« Lone Dog » est un album très personnel, riche en émotions, véritable carnet de voyage, chaque morceau est un billet pour s’évader, un panel d’histoires merveilleuses puisées dans du vécu. La voix de Stéfa met du baume au cœur, tantôt sensuelle, triste, mélancolique tantôt joyeuse et envoutante. En tant que guitariste c’est une musicienne hyper-bluffante, une compositrice de talent hors-pair qui sait mêler à la perfection les genres musicaux et qui mérite le respect de tout guitariste masculin !
Un premier album donc très réussi, que je vous encourage à découvrir de toute urgence, en ces temps troublés et reclus …

Matoscope :

  • Guitare : Squier Stratocaster Affinity / Fender hybride : manche de Stratocaster Classic 50s sur un corps de Squier Telecaster Thinline Classic Vibe / Ibanez MSC700 / Mini TAYLOR / Ibanez TCM50VBS Vintage Brown Sunburst High Gloss
  • Ukulele : Baton Rouge Tenor V2 T8
  • Amplis : Acus one for strings 5T et Fender Blues junior
  • Effets : pédale Overdrive Joyo British Sound et une mini Wah Cry Donner

Les Liens :

http://url.bio/stefa
https://www.facebook.com/Stefazic
https://stefaofficiel.bandcamp.com/album/lone-dog

 

Chronique d'album : UNCUT (Hard/Blues), "Blue" (2020)

Le 12/12/2020


Chronique d'Album : UnCuT (Hard/Blues), Blue (2020)
Groupe : UnCuT
Album : Blue (2020)
Genre : Hard/Blues
Origine : Poitiers
Par Ahasverus et Dam'Aël pour Ahasherus

Le trio UncuT
Le Groupe :

Formé en 2016, UnCuT est un groupe qui puise son inspiration dans les musiques rock, hard-rock et blues.
Son line-up se compose de Alexy Sertillange (chant et guitare baryton), Enzo Alfano (guitare) et Pablo Fathi (batterie).
Sur son choix d'avoir une guitare baryton plutôt qu'une basse, le groupe expliquait dans une interview :
"Alex est guitariste, et non bassiste, donc la guitare baryton était le meilleur moyen pour nous de faire un mélange des deux. Un son avec un peu de basse et de guitare. Et c’est rare et original dans notre style de musique, qu’il y ait seulement deux guitares. Ça nous correspond bien et ça nous donne une identité et un son plus agressif."
(http://www.loudtv.net)
Alexy est encore plus catégorique :
"La guitare baryton, c’est une guitare accordée deux tons et demi plus grave, avec un diapason plus grand. Pourquoi utiliser cet instrument ? Tout simplement parce que je voulais faire de la gratte, je suis guitariste. Et surtout, parce que je n’avais clairement pas envie de me taper la basse."
(https://auxportesdumetal.com).
 Petit détail supplémentaire : la guitare baryton est couplée à un octaveur en sortie sur un ampli basse année 80.  
Le trio fait partie de l'écurie Klonosphere.
Il présente son premier EP sept titres (cinq originaux et deux revisités en acoustique) le 22 novembre 2019, conçu comme un teaser de l'album qui va suivre et  intitulé "From Blue".

Il récidive le 6 novembre 2020, avec cette fois l'album...

B L U E

L'Album :

"Blue" est un dix titres qui avoisine une durée de quarante-neuf minutes.
Il reprend quatre des cinq compositions figurant sur l'EP logiquement intitulé "From Blue".
Les compositions vont de 3'27 à 8'27, la plus courte ouvrant l'album, la plus longue le concluant.
Le jazzman Paul Brousseau joue du clavier sur les titres  "Family Blues" ,  "Bee Blues" et "The Trap".
Jean-Marie Canoville (du trio Howard, il faut découvrir leur excellent album "Obstacle") donne de la voix sur "Deandra".
Le saxophone baryton Pierre Renaud joue sur "Diplodocus".
"Blue" est enregistré, mixé et masterisé à Paris au Studio Sainte-Marthe (AQME, Bukowski)  par  Francis Caste. Le voice Recording est assuré par Guillaume Bernard.
L'Artwork est confié à Gilles Estines.
La photographie est diligentée par Cindy Canto.
Edité chez LES ARTS A VIFS.
UncuT

 
Les Critiques :


Notre Avis :

B L U E est bien loin de nous donner le blues à l'écoute des dix titres qui le composent, car l'énergie, le rythme, la diversité et les nuances couvrent avec panache chacun des sillons de cette galette. Un bel écrin de musique Rock blues qu'UnCuT a su sublimer en y intégrant quelques doses de Stoner, de Fuzz, certains diront de Grunge, tout en maintenant une énergie quelque peu agressive mais à tout instant mélodieuse. La musique du trio poitevin est diversifiée au point de vous tenir en haleine du début jusqu'à la fin, y compris sur le titre le plus long. Groove et énergie sont le mastic de cet album bâti sur un Rock Classique et Blues des années 70's, dans un style moderne et très contemporain. Le son bien gras, et surtout très chaleureux, est obtenu par une prod parfaite mais aussi par cette guitare baryton, qui semble une excellente idée, en plus de son originalité, sur riffs de Strat incisifs, explosifs, voire corrosifs, en plus d'une batterie qui excelle tant sur les toms que les cymbales, créant une alchimie parfaite, cohérente, dont le résultat est un blues Rock organique modernisant le vintage de ces années historiques.

Un album à ne surtout pas laisser prendre la poussière dans les bacs, mais à user sur la platine jusqu'à en faire rougir le contenant et rugir le contenu...

 

Pour tous les curieux qui veulent en savoir plus :
1. Family Blues :
"C'était le titre idéal pour débuter l'album. Avec sa tonalité majeure, il donne le smile." (Alexy)
Il s'agit d'un Classic Rock Bluesy sur lequel les somptueuses nappes de claviers de Paul Brousseau assure le fond princeps de cette rythmique blues évidente qui donne le ton de l'album. Les riffs sont travaillés sans prendre le dessus du reste de l'instrumental et la voix d'Alexy s'articule agilement avec ce timbre éraillé taillé sur mesure.
2. Highway to Cagnes :
LE titre forgé pour la route! ça déménage fort et tant pis pour les radars...Vélocité, rapidité, déferlante, à vous de voir... Guitares saturées, limite dissonantes qui pourraient rappeler le klaxon du bolide dans sa course folle. Les bad boys débarquent à folle allure sur l'autoroute qui mènent à Cagnes (Cagnes sur Mer, oui ces gaillards aimeraient y emménager). Un Rock US sur l'A8 (La Provençale) !!!  
3. Déandra :
Alexy, Jean-Marie, Alexy, et v'lan les deux dans un duo sur les refrains qui décoiffe sur un Hard Heavy qui envoie les watts. Double piste de chant donc, puisque Jean-Marie Canoville (Howard) vient poser sa voix sur ce titre hyper pêchu aux côtés d'Alexy. Excellent morceau qui va nous faire bouger et hurler bis, tout en tendant ses deux doigts en l'air à la mode  "Ronnie James Dio". Un morceau conçu sur une complémentarité batterie/guitare des plus efficaces et des plus énergiques. Un vrai coup de coeur.
4. Blue Eyes Lover :
Hey baby, Jimmy Hendrix n'est pas très loin. Tranquillou sur un jeu de charley très groovy, UnCuT nous distille un blues qui prend son envol au fur et à mesure des minutes qui défilent, laissant grimper une tension savoureuse et libérant toute son énergie crescendo.
5. Bee Blues :
Autre coup de coeur dans une autre énergie. Impossible de ne pas faire allusion à ce titre qui a fait l'objet de tant de reprises par des grands et qui a été intégré dans quelques films comme "The Full Monty" (1997 - Tom Jones) mais surtout le brûlant "Neuf semaines et demi" d'Adrian Lyne (1986)... "You Can Leave Your Hat On" écrit et interprété par Randy Newman dans son album Sail Away (1972) et repris par Joe Cocker pour son album "Cocker" (1986)...
Intimiste, érotique, charnel, tel l'était le célèbre strip-tease de Sharon Stone face à Mickey Rourke en transe. "Bee Blues", il faut l'avouer, est un morceau sexy au possible qui pourraît bien être à l'origine et le grand responsable d'un baby boom en 2021. Un "Bee Blues" sensuel, dont la composition est travaillée merveilleusement, chiadée au possible. Guitares, batterie, nappes de claviers et voix donnent à ce titre une finition minutieuse et scintillante qui relève de l'orfèvrerie française ou de l'horlogerie suisse. Enormément d'émotion, vous l'aviez compris.
6. Small Steps :
UnCuT fait retomber la pression et la température avec ce mid-tempo, envoûtant, presque hypnotique avec les deux guitares qui s'envolent sur une batterie très organique  et bien ciselée.
7. Snake Boogie :
Allez, rangez vos pantoufles et chaussez vos Dr M***, faîtes chauffer la gum de leurs semelles et bougez vos popotins pour déverrouiller vos articulations mises en cage ces derniers mois. Une rythmique qui déménage, initiée par ces gimmicks de guitare heavy qui ensorcellent et donnent une énergie de tsunami plus qu'énervé. Attention à vos perruques et vos moumoutes...Le solo est à mourir et Alexy assène un chant furieux, le tout plaquant nos faces sur les façades des ampli Marshall ou Orange devenu rouge écarlate. UnCuT, vous l'avez sacrément peaufiné votre EP "From Blue".
On note un changement de tempo tout au long de ce titre avec en introduction un décalage de la rythmique des guitares par rapport à la rythmique de base (batterie), créant cette légère dissonance de départ
8. Display :
Thank you les gars. On retrouve notre souffle sur ce morceau, et pour les amateurs du son guitare baryton, écoutez ces quatre notes isolées (7,8,9 sec) qui distillent cette vibration basse et chaleureuse exceptionnelle. Stoner et Psychédélique à la fois, la guitare saturée et distordue nous plonge dans un univers parallèle, torturé dont le mixage  sublime le côté psy... Et les percussions enfoncent bien le clou jusqu'à la garde.
9. Diplodocus :
Un jazz Fusion qui allie basse et saxo dans un duo élégant et efficace et des guitares au son strident, dont le solo saxo jazzy offre un son travaillé et sacrément fouillé, très dissonant sur certaines mesures.
10. The Trap :
Douce intro à la baryton et à la Strat, très épurée qui laisse entrer une voix sensuelle accompagnée d'une batterie jazzy tout aussi délicate et sensuelle... Jouant d'une approche progressive, le trio monte en puissance pour livrer une énergie plus rock blues sur laquelle la voix d'Alexy passe d'un timbre sensuel à celui beaucoup plus  éraillé et de circonstance. Et ce n'est pas terminé, UnCuT, après un passage de transition très doux, délivre un final à la Pink Floyd que le groupe aurait vraiment pu écrire dans leurs années d'activité intense, et quelle connotation !!!! Un comfortably Numb en puissance ou sous-jacent, une merveille.
 Bravo les Poivevins pour ce final magistral et pour cet album digne de groupes connus et reconnus.
"B L U E" marque une évolution du trio depuis son premier EP, et ce en très peu de temps, signant une grande maturité, une sensualité palpable. Un album qui dégage aussi de l'énergie, pouvant être catchy et effervescente, alternant délicatesse et brutalité. Un son chaleureux et caliente grâce à cette guitare baryton est la marque de fabrique de ces Poitevins qui ont réussi à nous bluffer en un temps éclair. Inutile de se poser la question du pourquoi de ce choix de leur avoir proposé la première partie de la tournée 2019 avec KLONE (du 12/10/2019 au 09/11/2019, avec une excellente prestation au Jas'Rod aux Pennes Mirabeau -13 - à laquelle j'ai eu la joie d'assister).
A noter qu'un concert est dores et déjà prévu le 24/04/2021 (si...) avec KLONE et The Horst à l'Usine à Istres (13).
UncuT