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LAST TEMPTATION "FUEL FOR MY SOUL" (2022)
Le 22/05/2022
Groupe : Last Temptation
Origine: Strasbourg/Paris (FR)
Album: FUEL FOR MY SOUL (20/05/2022) - Chronique d'album
Genre: Hard Rock, Heavy, Grungy teinté de stoner.
Label : http://http://www.goldenrobotrecords.com/
Par Dam'Aël

LAST TEMPTATION : LE GROUPE
Evidemment, j'ai cette grande tentation de vouloir vous raconter la genèse et l'histoire de ce groupe dont la création remonte dans les années... ouais, tout dépend à quelle référence on fait allusionner. Bon, partons sur 2010. Donc Last Temptation (LT) voit le jour grâce au Strasbourgeois Peter Scheithauer qui a déjà bien roulé sa bosse : sideman pour des groupes aussi divers que Kiss, Megadeth, Testament, Slayer , Belladona et bien d’autres, il est également le fondateur de Stream, Killing Machine et Temple Of Brutality ... Cette formation se forge sur un line-up initial des plus impressionnants puisqu'il invite Bob Daisley (Garry Moore, Ozzy Osbourne),Winnie Appice (Black Sabbath, Dio) et Don Airey (Deep Purple, Rainbow). Malheureusement ou... comble de bonheur selon où nous orientons notre lorgnette, le projet a longtemps traîné, d’abord en raison des plannings hyper chargés de chacun et, d'autre part, Bob Daisley tient absolument à intégrer un chanteur avec des critères très précis; Il le veut inattendu, jeune et frais... mais sans acné! Reste à Peter de relever le défi lancé par Daisley. On peut l'imaginer courir jambes à son cou de métalleux vers le Festival Musica, le Festival des Artefacts, La laiterie ou le Molodoï pour trouver la perle rare. C'est par un pur hasard que le guitariste "tombe" sur des videos de HELLECTROKUTERS, un groupe parisien de hard rock qui, avec deux albums à son actif, envoie du bois qui sait réchauffer les salles les plus glaciales. Et le frontman Butcho Vukovic dégage une vitalité rassurante et propose un chant plus que convaincant. Le tout sur une expérience de ouf puisqu'il est, entre autres, l'ancien frontman de feu Watcha, le premier groupe de Néo Metal français des années 90 bien pesées (1994-2008). Peter contacte téléphoniquement l'élu pour le job qui, croyant à une blague, se paie le luxe d'envoyer gentiment ballader le 6cordistes en mode "Va te faire pendre avec tes cordes plutôt que de me raconter des carabistouilles". Sauf que Peter ne lâche pas l'affaire et sait convaincre. Après divers échanges d’enregistrements comme démonstration de la qualité vocale de ce jeune français auprès de Bob, la réaction ne s’est pas faite attendre. Bob Daisley dit à Peter : « Voilà, c’est Ozzy qui chante juste ! », « C’est Ozzy, avec un timbre juste. ». L’affaire est pliée! Et Ozzy se lance dans la confiture de rhubarbe. Bon j'déc***. Un premier album Last Temptation voit alors le jour le 19 septembre 2019 via earMusic.
Mais comment gérer les scènes avec un océan qui sépare les Américains des Français en période de pandémie. Il faut donc revoir le projet et faire appel dans l'hexagone, à un nouveau bassiste et un nouveau batteur respectivement Julien Rimaire (Los Disidentes Del Sucio Motel ) et Vince Brisach (Mitch Ryder) . Peter expliquant: " la nouvelle composition facilite grandement les répétitions, les concerts au pied levé et la préparation des productions d'album".
Ce nouveau line-up ne va pas jouer les touristes en shorts de bain masqués jusqu'aux oreilles; ils vont travailler dur et à l'instar de la foudroyante multiplication virale que nous avons tous subie, le quartet va lui aussi multiplier les titres, jusqu'à une bonne quarantaine pour n'en choisir au final que 11 qui viennent plaquer de Hard Rock Old School les sillons de FUEL FOR MY SOUL, leur second opus. Cependant un nouveau changement intervient au sein de la formation, Farid Medjane (TRUST) reprennant les baguettes de Vincent, c'est donc lui que nous pourrons voir sur scène dans les prochains concerts et pour la suite de l'aventure.

Au cours de ce périple, le combo réussit un coup de maître en signant sur Golden Robot Records/Crusader Records complété par un contrat de management avec Doug Goldstein, lequel a assuré la gestion du groupe Guns N' Roses pendant 17 années de leur longue carrière. Privés comme tout le monde du spectacle et de la culture, ils n'auront pas pu livrer en live leur premier album mais ont malgré tout eu l'opportunité d'assurer la première partie de Dream Theater et de présenter en avant première LAST TEMPTATION sur la mainstage 1 du Hellfest en juin 2019, accompagnés de Steve Unger (Metal Church) et de Stet Howland qui a fait partie des groupes USA de Peter, et a été le batteur de WASP, Lita Ford ou encore Metal Church.
LAST TEMPTATION : FUEL FOR MY SOUL

En cette nouvelle période de tension internationale et de risque de pénurie énergétique, la solution est toute trouvée; carburer au FUEL FOR MY SOUL à l'indice d'octane LT 2022 qui assure une réaction exothermique d'oxydoréduction capable de réchauffer n'importe quel frileux du genre et les acolytes qui l'accompagnent. Last Temptation, les fans le savent, a pour influence Black Sabbath, Black Label Society, Ozzy, mais aussi bien d'autres. Il s'inscrit dans un registre Old School des années 80's avec pour priorité le côté organique de la musique et de ses enregistrements; et pas question de faire de compromis sur cet aspect technique et artistique. FUEL FOR MY SOUL est une galette qui ne nous limitera pas aux 80 km/h autorisés dans un tout autre domaine; ces 11 titres savent donner la vitesse d'une écoute en chute libre jusqu'aux dernières secondes. Le quartet a généré une quarantaine de titres avant d'en sélectionner avec précision 11, jetant les perdants au rebus. Le travail en amont est tel que l'enregistrement de ces 11 compositions a été réalisé en une seule semaine au Downtown Studio de Strasbourg; un enregistrement voulu en live et en prises intégrales de tous les instruments ainsi que la voix afin de respecter les critères rapportés plus haut. Le mixage est délégué à E.BISCAN et la masterisation est assurée par Peter lui-même. L'artwork est de nouveau réalisé par Headbang Design (album « Throes of Joy in the jaws of defeatism » de Napalm Death, travaux pour des festivals de Stoner...) avec Antoine Defarges derrière le pinceau qui lui donne un style très graphique, une esthétique très colorée et cette dimension intemporelle. Je vous propose dès maintenant d'aller faire le plein à la pompe de Last Temptation pour un voyage chaud comme la braise.
EN PISTE :
1. Ashes and Fire :
Le sujet abordé dans « Ashes and Fire » est celui des personnes égocentriques et égotiques qui se prennent pour les rois du monde en utilisant le pouvoir et la violence. Explosif d'entrée de jeu, Heavy au possible, Last Temptation fait rougir les cordes de toutes origines confondues. Butcho Vukovic, le timbre écorché vif, se veut puissant dans un registre qu'il connaît très bien. Quelle est cette petite étincelle nouvelle qu'on perçoit en tendant l'oreille? La basse? La basse!!! Yes, cette basse a une sonorité toute particulière, elle est un poil plus stoner et ça m'plaît! Côté solo, nul doute qu'il s'agisse de Peter; reconnu Pit, sors de derrière les flammes STP. Cependant on remarque une variante importante: il s'y colle un côté mélodique plutôt rare chez le guitariste. A suivre... Concernant la batterie, on note une double pédale efficace sans démonstration ulcérante. Cette première piste est aussi le premier single supporté par une lyrics-vidéo diffusée en septembre dernier.
2. I Believe :
Mid-tempo qui sonne et résonne, et qui rappelle l'intérêt qu'a le groupe pour le gigantesque Black Sabbath; I Believe confirme le son plus stoner de la basse qui s'associe à la guitare pour donner une atmosphère plus lourde. Le chant et le solo se tiennent un peu plus dans le registre du premier album (ceci n'engage que moi)
3. Stronger than fate :
Véritable déferlante de riffs, de notes et une ligne de chant qui défile à vive allure, ce titre est une machine à démonter tête et cou, à éroder tous les cartilages y compris ceux des plus jeunes métalleux; un big one en mode belliqueux, un titre version speed machine infernale dont le final appuyé par la double pédale est un mitraillage de grande envergure. Les nappes de guitare sont magistrales et pourraient faire rougir la horde de United Guitars de Ludovic Egraz. Une tuerie! Ce titre est une véritable tuerie; l'effet Kiss Hot du combo LT!
4. I Don't Wanna Be Your God :
Langue pendante, casquette sous le pied écorché vif, débraillé comme un pitre déluré, c'est dans cet état qu'on risque d'appréhender en sortie de Stronger Than Fate, le titre suivant "I don’t wanna be your god". Aux portes du Doom bien sale, gonflé à bloc en saturation, chargé comme un mulet en riffs bien lourds et syncopés, le sujet abordé est à prendre avec un second degré évident et une douce ironie. Mais la réflexion n'est pas bannie de toute interrogation. « ''I Don't Wanna Be Your God'', c'est Dieu qui s'adresse à l'humanité pour expliquer qu'il ne se sent plus responsable d'eux en raison de la façon alarmante dont ils se traitent les uns les autres. Il dit : « Désolé, mais j'abandonne ! » commente le guitariste Peter Scheitauer. Butcho Vukovic réussi ce tour de passe passe en rendant moins pesant l'instrumental par des lignes de chant savamment recherchées et très mélodiques.
5. Fuel For My Soul :
Ce titre est un excellent combustible pour notre organisme et notre âme. Fortement influencé par les 70's et plus particulièrement par les britanniques Led Zeppelin dont les gimmicks et les plages de guitare ne sont pas s'en rappeler le fabuleux Whole Lola Love (Page non tournée, toujours au 1er Plan-t-); Butcho sait la jouer au plus près de l'effet voulu dans ce morceau, tant sa capacité d'interprétation est incontestable et incontestée. La basse s'est adoucie et en devient particulièrement mélodique et doucereuse. Fuel For My Soul est un des points forts de cet album qui se veut déjà d'un excellent niveau. On apprécie aussi la section rythmique solide et l'excellent travail fourni par le batteur. Le clip de cette piste est sortie le jour même de la release de l'album organisée au Hellfest Corner par Olivier Garnier de Replica Promotion le 20 mai dernier.
6. Carousel of hell :
Cette sixième piste fait aussi partie de mes préférées; très groovy, très rythmée, aux plages de guitare qui sauraient plaire à Yann Armellino et à grand nombre de 6cordistes. Ce morceau est puissant, efficace tant par ses structures, son jeu, son inspiration et le choix des rimes du texte. La batterie sait appuyer la puissance des riffs, la mélodie du chant, par des patterns calmes ou beaucoup plus énervés en soutien inébranlable.
7. Free, Strong and Loud :
Pas de doute, ce morceau vous met la patate. Après une introduction très calme sur un duo guitare/basse ou basse reliée à un octaver, j'ai à peine eu le temps de me poser sur mon interrogation que les rockers décident d'allumer le feu en mode combustion Speed Metal. Groovy au possible, plus qu'efficace, très bien foutu et fédérateur au max (les politiques pourraient revoir leur copie...), Free, Strong And Loud est un concentré de Rock multi-fonction qui vaut toutes les recettes du monde, véritable exutoire qui ferait dégringoler le cours boursier de toute la pharmacopée allopathique. Encore une de mes sélections.
8. In The Mirror :
C'est sur cette 8ème piste que Last Temptation délivre la ballade de l'album, à la fois mélodique et mélancolique, on confirme le talent du frontman et plus particulièrement la fin vocale qu'il donne à ce titre. L'instrumental est chargé, syncopé, lourd et bruyant, frôlant les limites du noisy sur certains passages. La section est réellement massive, enfonçant le clou de la puissance du texte.
9. Main Attraction :
Pour les fans de Suzy Quatro, ne vous attendez pas ici à trouver un cover de son 8ème album. Rien à voir. Mais écoutez plutôt. Les paroles de ce titre aborde le fait qu'il nous arrive à tous de penser bien agir, d'apporter une plus-value au monde qui nous entoure, mais malheureusement les conséquences peuvent être désastreuses et trop tard pour retropédaler. Le mal est fait. Et Last Temptation sait introduire le sujet et transcrire nos pleurs de notre noir constat, avec cette intro des plus sinistres sur guitares saturées et dissonantes pleurnichardes, à l'effet très réussi. Bravo les gars. Le ton est donné et bien donné : lourdeur, rythme pesant à l'allure d'un compte à rebours, grungy, au son bien sale aussi sale que nos actions. Le solo tranchant, fusille à tout va y compris nos illusions. Une lyrics video appuie la sortie de ce troisième single depuis début mai dernier.
10. The Answer :
Où trouver la réponse à cette question princeps : "pourquoi sommes-nous sur terre ? ". Nous pouvons toujours parcourir en long, en large et en travers le dernier Gala du kiosque, tirer les cartes d'un jeu de tarot qu'Antoine Defarges aurait peut-être pu illustrer ou encore demander à la concierge de l'immeuble qui glâne allègrement toutes sortes d'information; le conseil que tente de nous donner le combo est sans nul doute bien meilleur, celui d'avoir cette approche introspective profonde et plus sérieuse. L'instrumental de The Answer est sombre, lourd à l'image de la difficulté à répondre à la question soulevée. Last Temptation rappelle ici ces influences musicales.
11. Going Crazy:
Stoner, Doom, Grungy filent la texture musicale de cette étoffe rugueuse tramée par toutes nos peurs. Et ça gratte! Si les guitares stridentes sont les premières à enfiler l'aiguille de ce canevas très Black Sabbath, la basse tisse une très belle partie de cet ouvrage, ourdant un son lourd et vrombissant pesant et alarmant, cependant bien rond. le chant doublé version écho, crée une résonnance telle, qu'elle pourrait se faire le juge de notre conscience. Le pattern de batterie règle à la perfection ce métier à tisser qui délivre cet habit crazy de notre folie humaine. Très bon final pour enfoncer le clou des messages passés dans les 11 pistes de cette galette.
NOTRE AVIS :
FUEL FOR MY SOUL marque une réelle évolution du combo LAST TEMPTATION. Qu'il s'agisse des compositions ou de leur production. Qu'il s'agisse de l'évolution des soli de guitares qui prennent part à la mélodie des titres tout en gardant ce côté agressif et très technique signant la patte très identitaire de Peter. Que cela concerne le nouveau son de la basse qui, apportant un son plus stoner, amène une couleur différente et bien trouvée à cet ensemble instrumental. Qu'il s'agisse du chant de Butcho toujours aussi excellent et qui a su introduire des lignes de chant plus nuancées et peut-être plus caractéristiques du genre donné dans cet opus. Enfin que cela porte sur le travail de la batterie qui met en évidence une recherche toute particulière sur la construction des patterns et de ses nuances. On notera un jeu de double pédale qui ajoute une plus-value très notoire sur l'ensemble des compositions. FUEL FOR MY SOUL est un excellent album qui délivre des compositions puissantes, mélodiques, variées où l'énergie dégagée peut prendre des allures explosives, foudroyantes ou plus pesantes à l'instar des sujets abordés dans les textes. Nul doute à émettre concernant le talent de cette nouvelle configuration du groupe et de sa capacité à envoyer la charge et les watts avec une inspiration et un savoir-faire sans réserve. Last Temptation carbure à l'indice d'octane élevé. Son aisance, son inspiration, sa passion tissent avec brio l'étoffe d'une formation à mettre sur le devant de la scène sans demi-mesure et sans modération. Rendez-vous notamment au Hellfest le 18 juin prochain, en compagnie de The Darkness, Steel Panther, Deep Purple , Airbourne, Dead Daisies. Ouai, les mecs, ils savent aussi la jouer dans la grande cour !
DISCOGRAPHIE :
19 septembre 2019 : Last Temptation

Track List :
1 Ashes and fire
2 I believe
3 Stronger than fate
4 I don’t wanna be your god
5 Fuel for my soul
6 Carousel of hell
7 Free, strong and loud
8 In the mirror
9 Main attraction
10 The answer
11 Going crazy
Line up :
Butcho Vukovic (vocals)
Peter Scheithauer (guitar)
Julien ‘Baloo’ (bass)
Farid Medjane (drums) qui remplace Vincent Brisacq
Les liens :
https://www.facebook.com/LastTemptationOfficial
http://www.goldenrobotrecords.com/
ANGRY SILENCE, « Strange Times Call for Strange Measures » (2022)
Le 18/05/2022
Angry Silence est un groupe breton basé dans les Côtes d'Armor. Il définit sa musique comme un indie rock nostalgique teinté de punk. Il cite pour influences Guided by Voices, Stereolab, Pavement, Sebadoh, Breeders, Pixies, Sonic Youth, Les Thugs, Cleaners from Venus, Sleater Kinney et Television Personalities. C'est le titre d'un morceau de ce dernier groupe qu'il a choisi pour nom.
Après une démo sortie en 2021, Angry Silence présente l'album « Strange Times Call for Strange Measures ».
« Strange Times Call for Strange Measures » est un douze pistes. Il est sorti le 01/04/2022.
La pochette de l'album a été réalisée par Bonjour Grisaille. Dans la suite de celle de la démo, qui présentait une photographie du grand-père de Manu (chant) durant son service militaire, celle-ci rend hommage à son père, disparu quelques semaines seulement avant l'enregistrement de l'album, tandis qu'il acheminait un container de fauteuils roulants à destination des déshérités du Pérou.

L'album a été enregistré en mai 2021, dans une grange, en une semaine (une journée par musicien) afin de mettre en avant une certaine spontanéité.
Avec douze plages de (punk-)rock direct, héritières d'une certaine scène française (Les Thugs, Les Dogs), Angry Silence oscille entre la liberté d'un The Clash (« The Battle Still Rages », « Time To Get Real ») et le son chaud et organique d'un Frank Black (« Pissing Rain »). Le social-punk qu'il propose claque efficacement, rock dans l'esprit, rock dans la chair. Parfois presque grunge (« My Mate Jeffrey »), saturant ses guitares (« Day in Day Out »), Angry Silence étonne par ses choix lorsqu'il sert un interlude instrumental ou lorsqu'il reprend un titre oublié de la soul de l'année 1967. Incontestablement, « Strange Times Call for Strange Measures » sonne juste, prenant résolument le parti des laissés-pour-compte et faisant le choix de l'underground et d'une certaine marginalité pour distribuer sa musique. Authenticité est donc le maître mot de cet album comme de ce groupe de rock, et si l'intention vous séduit nous vous encourageons à les découvrir.
« Strange Times Call for Strange Measures » est disponible en formats CD, vinyle et cassette.
Découvrez l'album ICI.
Les Critiques :
- On ne peut que saluer ce premier album du groupe, à la fois accessible, viscéral et sans concession, ce qui reste un équilibre pas toujours simple à trouver.
ExitMusik - Strange Times Call For Strange Measures sonne vrai.
MUZZART - On n’est pas là pour remplir les stades, juste exprimer certaines vérités crues et sans filtres apparents.
Bretagne Actuelle - La musique d’Angry Silence dévoile un punk, qui, s’il continue de filer droit, n’a plus peur de lâcher la pression, de se faire plus doux, et d’intégrer une dimension pop.
Positive Rage
Tracklist :
- The Battle Still Rages
- Another Sunday Night
- Our Place Called Future
- My Mate Jeffrey
- Day in Day Out
- Dark End of the Street
- Party's Over
- Brother
- Pissing Rain
- All Beauty Eludes Us
- The Best Place in the Sun
- Time to Get Real
Le 15/05/2022
On ne compte plus les albums que l'intarissable Frédéric Slama égrène sous le nom de AOR depuis plus de vingt ans. Le petit dernier, sorti le 08/04/2022 via Perris Records, a pour nom « L. A. Suspicion ».

Tommy Denander (Alice Cooper, Steve Walsh) accompagne à nouveau notre expatrié pour la partie instrumentale tandis que le casting habituel de chanteurs prestigieux se relaie au micro : Steve Overland (FM, The Ladder), Paul Sabu (Only Child, John Waite), Robbie LaBlanc (Blanc Faces, Find Me), Bill Kelly (Dakota), Steph Honde (Hollywood Monsters, Scream Taker), Markus Nordenberg (Coastland Ride, Pearls & Flames) et Michael Stosic.
Au sortir du très bon « The Ghost Of L. A. », l'excellent mélodiste Frédéric Slama parvient à trouver à nouveau la phrase musicale efficace, la ligne de guitare qui retient l'attention, entouré de chanteurs qui donnent du cachet aux compositions et dont les tessitures différentes évitent la monotonie.
Très proche d'un Toto ou d'un Journey, « L. A. Suspicion » revient précisément où on l'attendait, et c'est évidemment ce qu'il avait à faire de mieux. Les fidèles de Slama et les fans d'AOR en général seront ravis de cette nouvelle production de Frédéric Slama dont les livraisons quasi-métronomiques sont devenues avec le temps des rendez-vous incontournables du genre.
Les Critiques :
- L.A. Suspicion prouve une fois de plus les vertigineuses et talentueuses aptitudes de Frédéric Slama pour sublimer encore et encore ce style de façon merveilleuse.
Tvrocklive
Tracklist :
1. A Smile In My Heart 4:34
2. The Girl You Won't Leave Behind 5:11
3. Cold Logic 4:44
4. Stronger Than Desire 4:34
5. Arrow Thru' My Heart 5:08
6. Scene Of The Crime 4:21
7. Street Of Illusions 4:52
8. Hold Back Tomorrow 4:15
9. Lost In Cold Heaven 5:07
10. A Broken Heart In Tokyo 4:25
durée totale : env. 47mn
Line-Up :
- Frédéric Slama : Guitares, claviers
- Tommy Denander : tous les instruments
- Chant : Steve Overland, Paul Sabu, Robbie LaBlanc, Bill Kelly, Steph Honde, Markus Nordenberg, Michael Stosic
Discographie :
- LA Concession (2000)
- Next Stop LA (2001)
- LA Reflection (2002)
- Dreaming Of LA (2003)
- Nothing But The Best (compilation - 2004)
- LA Attraction (2006)
- Journey To LA (2009)The Colors Of LA (2009)
- LA Ambition - The Best Of AOR (compilation - 2010)
- LA Temptation (2012)
- The Secrets Of LA (2013)
- LA Connection (2014)
- Return To LA (2015)
- LA Darkness (2016)
- The Heart Of LA (compilation - 2017)
- Rare Tracks & Demos (2017)
- More Demos From L.A. (2018)
- Heavenly Demos (2019)
- The Best Of The Westcoast Spirit (compilation - 2020)
- The Ghost Of LA (2021)
- LA Suspicion (2022)
Le Lien :
COMA HOLE, Coma Hole (EP - 2022)
Le 12/05/2022
Coma Hole est un duo drum & bass originaire du Rhode Island.
Eryka Fir opère au chant et à la basse tandis que Steve Anderson tient la batterie.

Il présente son premier EP éponyme le 22/04/2022.
« Coma Hole » est un quatre titres. Il contient deux pièces de plus de onze minutes, une autre de près de huit, arrivant à un total d'une durée supérieure à trente-cinq minutes.
Les quatre morceaux qui prennent le temps de s'installer proposent des ambiances différentes, pouvant tirer épisodiquement sur le doom mais aussi capables de se faire très dynamiques (« Old Climb ») au sein un opus stoner survolé en permanence par un esprit psychédélique.
Un clavier amène ponctuellement quelques nappes en soutien.
La prise de son, réalisée au Red Water Recording Studio de Philadelphia courant juillet 2021, est adaptée, le son du groupe met en évidence une identité sonore déjà bien établie.
Ce premier EP de Coma Hole dénote enfin une expérience avérée des musiciens et une efficacité dans un songwriting bien mené. Il séduira un public amateur de psychédélique ou de desert rock.
L'artwork révèle un talent évident dans l'illustration. Il est signé par la chanteuse Eryka Fir.

Le Lien :
HOT HELL ROOM, Kingdom Genesis (2022)
Le 10/05/2022
« Bouillant comme la braise dans la Chambre Chaude de l’Enfer »
(Je dédie cette chronique à mon ami Jean-Luc Wallendorf, disparu en 2020 et qui était fan d’HHR).
Groupe : Hot Hell RooM
Album : « Kingdom Genesis »
Genre : Heavy Metal/Hard Rock/Rock Mélodique/Rock Progressif/Gothique
Influences : Queensrÿche/Type O Negative/Dio/Dokken/Winger/Rush
Origine : Paris (2003)
Sortie : 08/04/2022
Par Pépé St@kaTTo

Line-up actuel :
- Loïc Malassagne : chant, guitare, claviers (ex-Anthemon)
- Alan Raoul : basse (ex-Coldown, ex-Evolvent, ex-7th Nemesis, ex-Invading Chapel)
- Shazy Bob : guitare (ex-David Slame)
- Ludovic Rouix : batterie (ex-Evolvent, ex-Anthemon)
Anciens membres :
- Sébastien Luccioni : guitare (ex-Onirik Illusion)
- Loïc Stone : batterie
- Alexis Bersot : batterie (ex-Hatred Dusk)
Discographie :
- Lie Box (EP Demo 2005)
- Hot Hell Room (Demo 2009)
- Kali Yuga Bonfire # (2013)
- # Morrison (Arranged Version EP 2015)
- Architect Of Chaos (2016)
- Stasis (2020) sur le Label Allemand STF Records
- Kingdom Genesis (2022) sur le Label Français M&O
C’est seulement deux ans après l’excellentissime « Stasis » que les Franciliens d’Hot Hell RooM ont sorti chez M&O Music en ce début avril 2022 « Kingdom Genesis », autant vous dire que pour la Te@m « d’Ahasverus Métaux En Tous Genres » l’attente de ce quatrième opus fut quand même très longue (le Boss a même fini par creuser une tranchée dans la moquette de son bureau à force de faire des allées-venues pour rayer les jours sur le calendrier). C’est que les HHR font partie du Top Ten de nos groupes préférés à « la rédaction ».
Pour ceux qui auraient somnolé au fond de la classe entre le radiateur et la fenêtre ou tout simplement hiberné dans une grotte ces dernières années et qui auraient raté quelques épisodes, une petite révision s’impose.
C’est par la collaboration active de trois copains, l’ex-Béarnais Loïc Malassagne (auteur, compositeur, multi-instrumentiste et surtout chanteur à la voix bien particulière, de baryton-basse à contre-ténor), du bondissant bassiste Alan Raoul et de Loïc Stone le batteur, qu’Hot Hell RooM voit le jour dans le Val de Marne en 2003.
Les répétitions et le travail créatif de nos trois compères aboutiront à deux maquettes de grandes qualités « Lies Box » et « Hot Hell Room », cette dernière étant masterisée par le producteur Beau Hill (Alice Cooper/Twisted Sister/Winger/Kix/Europe/Ratt, excusez du peu).
En 2010, Ludovic Rouix remplace Loïc Stone qui a quitté le groupe. Avec lui, ils préparent activement « Kali Yuga Bonfire » leur premier album autoproduit qui sera début 2012 enregistré, mixé et masterisé par le « magicien ingé-son » Andrew.G du Hybreed Studios de Fontenay-sous-Bois, les parties batteries étant quant à elles enregistrées par Pierre Houllier au Roots Notes Studio à Massy.
Fin 2012 HHR devient donc officiellement un quatuor avec l’arrivée de Shazy Bob à la « guitare assassine » (et en kilt écossais). S’en suivront quelques concerts en première partie de groupes prestigieux (Toledo Steel, Dizzy Mizz Mizzy, Caousel Vertigo), mais surtout la sortie de leurs trois albums « Kali Yuga Bonfire » en 2013, « Architect Of Chaos » en 2016, et « Stasis » en 2020 (ces deux derniers avec le brillantissime guitariste Seb’ Luccioni).
C’est pratiquement dix ans après la sortie de leur premier album que « Kingdom Genesis », avec ses onze titres atterrit dans les bacs. Il est également produit par Andrew. G au Hybreed Studios, sauf le mastering qui sera lui réalisé à Los Angeles par Maor Appelbaum (Yes/Meatloaf/Faith No More/Rob Halford/Angra/Sepultura/Yngwie Malmsteen/Dokken).
La pochette dans une déclinaison de couleur ocre jaune est très sobre, elle est tirée du tableau « La Bataille de Tolbiac » peint en 1937 par le Franco-Hollandais Ary Scheffer (l’œuvre originale est visible dans la galerie des Batailles, au château de Versailles). Cette immense toile représente la victoire de Clovis le Roi des Francs et de son armée sur les Alamans à Tolbiac (en latinus « Tolbiacum », une ville de l'ancienne Germanie située près de Cologne). C’est après cette bataille que Clovis se convertira au christianisme et officialisera plus tard la naissance du Royaume de France. Loïc et Alan tous deux férus d’histoire ont ainsi voulu ce titre de « Genèse du Royaume » pour cet album. Cependant on ne peut pas vraiment parler de concept album même si plusieurs titres font référence à l’histoire de France.

Tracklist :
01.Royal Introduction – 02.Remembrance – 03.Twilight – 04.Isolated – 05.Preach – 06.Savior – 07.Royal Interlude – 08.Watcher – 09.Nightmare – 10.1307 – 11.Clear Sighted
- C’est au son d’un orgue d’église que « Royal Introduction » débute religieusement l’album. Avec sa tessiture naturelle de baryton-basse, Loïc entame la grande messe de « Kingdom Genesis ».
- Le deuxième morceau « Remembrance » démarre sur les chapeaux de roues par un riff puissant concocté à distance et « envoyé par catapulte » par l’ancien guitariste Seb’ Lucionni. Ce titre énergique porté par la voix exceptionnelle de Loïc nous replonge dans cette ambiance si particulière que nous avons l’habitude de trouver chez Hot Hell RooM et qui fait toute sa richesse, à savoir une alternance de passages Heavy supra-rapides sur les couplets et ceux beaucoup plus calmes dans le style Gothique sur les chorus.
« C'est l'un des tout premiers titres écrit pendant le confinement […] ce morceau fait référence à une figure emblématique ancienne de notre pays, d'un héros ou héroïne sur qui le peuple peut se rattacher et s'unir, sans la nommer pour laisser libre cours à l'imagination. C'est aussi un message d'appartenance charnelle à une terre et son histoire, un message combatif dans le bon sens du terme et positif en ces temps obscurs ! » - « Twilight » avec son bon gros riff lourd à la Metallica ou Lordi (chacun choisira sa référence) et sa rythmique bien hypnotique entraîne l’auditeur dans une dimension où le jour n’est pas encore mort et la nuit pas encore ressuscitée, ce moment où l'on vit le plus intensément. La mélodie de ce morceau est sublime, et pour certains elle continue même de trottiner en boucle dans la tête après la fin du morceau.
« Ce titre parle de la génération née avec internet mais aussi du monde moderne et de son rapport à la technologie avec ses dérives et perversions et de son rapport à l’autre… »
- Avec « Isolated » l’enchainement est parfait, le morceau débute sur une courte intro avec de superbes nappes de clavier et une batterie métronomique ultra-carrée, le chant démarre en même temps que la rythmique guitare, c’est une avalanche d’énergie tout au long du morceau. La voix culmine à des sommets que peu de chanteurs sont capables d’atteindre avec de sacrées variations que ce soit sur les couplets, ponts ou chorus. La basse n’est pas en reste et pilonne de concert avec la batterie durant quatre minutes. Un sublissime solo bien débridé joué en deux temps de Fabrice Poisson en guest, (ami d’enfance d’Alan), avec un final où se rejoint ce riff bien percutant que l’on retrouve tout au long du morceau, vient clôturer cette piste. Une véritable pépite que personnellement je ne me lasse pas d’écouter.
- « Preach » entame cette cinquième piste par un nouveau riff musclé et bien décapant, le chant est toujours aussi harmonique, puissant et légèrement teinté de gothique. Ce morceau particulièrement intéressant intègre des passages qui nous font par moment basculer d’un Hard Rock classique à un plan plutôt Goth’ sur le premier pont avec l’utilisation d’arpèges en son clair (sur un tempo lent), à plus Progressif sur le dernier pont, avec de magnifiques riffs de basse et une mélodie de piano, à la Rush. Le solo de fin particulièrement bien ficelé par l’ami Shazy Bob venant achever le tout.
- Sur « Savior » ce sont les roulements tribaux de la batterie de Ludo qui lancent ce sixième titre. La voix de Loïc alterne sur ce morceau les questions/réponses et met en évidence l’énorme travail technique qu’il a encore réalisé pour gagner en hauteur par rapport à sa tessiture habituelle. Les variations sont énormes et enrichissent considérablement le chant, un sacré exploit ! Au final, un son énorme de basse/guitares, avec encore un magnifique solo pour une pièce superbement mélodieuse…
- « Royal interlude » avec ses quarante-et-une secondes et son thème médiéval, judicieusement interprété par le troubadour Loïc, va nous plonger au moyen-âge à la cour du Roi, pour un interlude de guitare acoustique percussive ; juste le temps de refaire le plein de kérosène et de redécoller.
- Et c’est donc reparti pour un huitième brûlot ! « Watcher », le titre poids-lourd de l’album est un monument de Heavy Metal. D’entrée, on assiste à un déferlement de décibels, un mur énorme et compact de guitares (tant pour la rythmique que pour les riffs surpuissants), une basse atomique, une batterie déchainée comme un mustang, le pont basse/batterie/guitare est énorme ! La partie chant restant toujours aussi brillante et hypnotique.
- « Watcher est très métaphorique dans l’approche du texte, c’est aussi un constat de notre monde mais comme s’il était décrit par un dieu observant du ciel nos faits et actes ».
- « Nightmare » oscille entre Hard Rock et Rock Progressif avec une alternance de tempi tout le long du morceau. On retrouve également ces variations de tonalités dans le chant, la basse et dans les nombreux breaks de batterie. Les solos de guitares abondants et de grandes qualités, sont bien plus présents que sur les morceaux des albums précédents.
- Avec « 1307 » Hot Hell Room nous replonge une nouvelle fois dans l’histoire de France avec ce funeste vendredi 13 octobre 1307 qui amorcera le déclin et la destruction de l’Ordre du Temple. La basse lancinante et lourde, les nappes embrumées des claviers, les riffs ciselés comme des lames de Tolède renforcent ce côté médiéval et sombre. La voix de Loïc remplie de « sérénitude » et d’apaisement traduit bien ce qu’ont ressenti les Templiers à leur arrestation : « Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tu da gloriam » (Non pour nous, Seigneur, non pour nous, mais pour la gloire de ton Nom). Beaucoup d’émotion donc dans ce morceau.
- « Clear-Sighted » vient clôturer de façon magistrale ce quatrième opus. Le gimmick d’intro que l’on retrouvera tout le long du morceau est obsédant comme une aura imprégnée de mysticisme, une âme en peine tourmentée. Les riffs sont massifs et entêtants, et même si la voix de Loïc se veut plus suave sur ce titre pour coller à cette Power-Prog’-Ballade, l’énergie et les sentiments qu’elle dégage sont toujours aussi présents et saisissants.
* Les commentaires en italique et entre guillemets sont de Loïc Malassagne.
« Kingdom Genesis » est vraiment un album riche en mélodies et terriblement bluffant, les guitares sont bien plus nettes et tranchantes, la double-pédale grosse caisse beaucoup plus audible, la voix envoutante et puissante bien mise en avant, du très-très bon Hard & Heavy.
Laissez-vous donc séduire par les nombreux brûlots de cet album, (d’autant plus que plusieurs titres sont destinés à devenir de véritables pépites), vous ne le regretterez pas !
C’est à force de persévérance qu’Hot Hell RooM arrive aujourd’hui à se hisser au niveau des plus grands groupes de Heavy Metal de l’Hexagone, M&O Music ne s’y est pas trompé en les récupérant dans son écurie, (encore moins la bande à Ahasverus en les suivant assidûment). L’accent de Loïc Malassagne qui se rapproche plus d’un chanteur américain qu’anglais, ainsi qu’une empreinte sonore et un univers vraiment unique, devraient rapidement leur ouvrir des opportunités à l’international.
Le groupe n’a malheureusement pas pu défendre en concert « Stasis » pour cause de pandémie récurrente, gageons que les prochains gigs soient plus nombreux ! Une date semble confirmée pour avril 2023 au « Petit Bain » (75), une seconde serait également prévue juste un peu avant en mars 2023 sur Alfortville (94), au CREA Jean-Macé (à la « Pyramide ») avec Onirik Illusion.
Les liens :
Matoscope :
- Loic : guitare Ibanez RG Black + distortion Revv G3. Micro chant Shure SM58 + Réverb TC Helicon R1.
- Alan : basses Spector & Warwick Thimb Bass. Tête ampli Peavey Session Basse + Cabs Genz Benz 4x10.
- Shazy Bob : guitare Lag Roxane. Ampli Laboga Caïman + cabs Laney 2x12. Effets : TC Electronic Tube Pilot / LunaStone Wise Guy True Overdrive / TC Electronic Nova System + pédalier midi.
- Ludo : batterie Richmo Drums + cymbales Sabian.
URAEUSES, Slithering through ancient catacombs (EP - 2022)
Le 10/05/2022
Noirceur au pays des pharaons
Par Apolline
« Dans l'antiquité égyptienne, l'uræus est le cobra femelle qui a pour fonction de protéger le pharaon contre ses ennemis. »
Eh bien il se trouve que dans l’ère moderne égyptienne, depuis 2018 plus précisément, Uraeuses (traduction anglaise de uræus) , c’est un groupe de black metal pas piqué des vers.

Ils ont d’ailleurs sorti leur premier EP en janvier 2022, du nom de « Slithering through ancient catacombs »
Ce petit 7 titres d’une trentaine de minutes nous emmène loin, très loin, dans le temps comme dans l’espace, avec leurs ambiances obscures et possédées qui rappelleraient le Mayhem de fin 80 début 90 ou Emperor magnifiées par quelques notes atmosphériques. Et si on est tout de même loin de Summoning et de leur univers, ces pointes atmosphériques ajoutent une identité au groupe et à son album, et rendent l’ensemble d’autant plus agréable à écouter.
Quant aux textes, eh bien c’est simple, ils tournent tous autour de la mythologie égyptienne et des principaux Dieux qui la composent : Râ, Isis, Sekhmet…
Découvrez le deuxième titre de l'opus, « The Origins of Sand Storm » juste ici :
Il n’est pas superflu de se pencher sur la pochette de l’album, qui représente somptueusement bien ce qu’elle renferme : de multiples symboles liés à l’Egypte antique comme l’ânkh, le scarabée, le benben... et bien-sûr les fameux serpents, des uræus qui font écho au nom du groupe. Le tout s’enchevêtre sur un fond sombre et mystérieux, à l'image de leur musique.

Bref, on espère qu’après la lecture de cet article, vous vous empresserez d’aller découvrir cette petite pépite venue d’un autre monde, et que vous voyagerez avec nous vers d'autres horizons.

Le Lien :
Le 09/05/2022
Le trio de heavy rock Dätcha Mandala sortira « The Last Drop », son nouvel opus, le 20/05/2022 chez Mrs Red Sound (label créé par le groupe Mars Red Sky).

Dätcha Mandala par Julien Dupeyron
Il s’agira d’un cinq pistes qui sera accompagné d’un documentaire vidéo intitulé « In Studio With Dätcha Mandala ».
Les cinq titres ont été enregistrés avec le producteur anglais Clive Martin (Queen, Tom Yorke, The Cure, Skunk Anansie) au studio Cryogène Prod à Bègles (33) et masterisé par Bill Skibbe de Third Man Mastering (Third Man Records) à Detroit (USA). Ce dernier commente ainsi sa collaboration avec Dätcha Mandala :
« Ils m'ont envoyé des morceaux fantastiques et parfaitement enregistrés, le son était incroyable ! J'ai vraiment beaucoup aimé écouter leurs jams. Les compos et leur interprétation sont extraordinaires ! »
L’artwork est signé Julien Dupeyron.

En attendant la sortie de l’EP, Dätcha Mandala a dévoilé le single-clip « Janis », à propos duquel le groupe explique :
« Le point de départ est une jam guitare/batterie entre Jb et Jerem au local du groupe. Nico arrive ensuite, pose une mélodie vocale, et propose une idée de pré-refrain qui nous fait penser au titre Piece of my Heart de Janis Joplin. Il n’en fallait pas plus pour qu’on lui rende hommage. »
« The Last Drop » sortira aux formats CD digisleeve et digital accompagné du documentaire vidéo « In Studio With Dätcha Mandala » dans lequel vous pourrez découvrir le processus créatif des Bordelais sur des images de studio filmées en noir et blanc par Roger Merpillat.
Tracklist :
1. Janis
2.L.A. Hippie
3.I & You
4.Carry On
5. Hit & Roll
Line-Up :
- Nicolas Sauvey - chant, basse, harmonica
- Jérémy Saigne - guitare, chant
- Jean-Baptiste Mallet - batterie, chant
Les N'importe-Quoi d'Ahasverus : SCORPIONS, Rock Believer (2022)
Le 08/05/2022
Ahasverus est un imbécile ! A l'heure où vous lisez ces lignes, cette prophétie de Monsieur Mignot n'a jamais pu être formellement démentie.

« Ahasverus est un imbécile ! » Cette appréciatione était inscrite à l'encre rouge par monsieur Mignot en marge de mon premier devoir scolaire.
Au Petit-Clamart, l'école primaire se trouvait juste en face de la maternelle. Sur son fronton, on pouvait encore lire « Ecole des Filles - Ecole des Garçons ».
Cependant, à l'époque dont je vous parle, on ne séparait plus les filles et les garçons. L'école des filles accueillait les petites sections ; celle des Garçons recevait les élèves du CE2 au CM2.
J'avais passé les vacances de l'été précédent à Raulhac. Je garde un souvenir heureux des vallons, des bois couverts de giroles et de trompettes de la mort, et d'un cirque installé sur le grand champ. Tout le village était allé voir ça en procession. C'était notre premier cirque, à moi et à mes poux, on s'était trouvés dans les foins et on ne se quittait plus depuis... On regardait le grand chapiteau les yeux écarquillés. On battait des mains, on retenait notre souffle, on chantait par dessus les violons. C'était une belle soirée et on était repartis contents vers le village, se racontant les meilleurs moments et mimant les exploits des acrobates et du montreur d'ours. Mais sur le chemin du retour, on sentait bien que les adultes étaient contrariés, à cause d'une histoire avec une fille du village. On ne savait pas exactement quoi, nous les gosses, eux les poux, mais on comprenait que Chocolat n'était pas aussi drôle qu'il en avait l'air et qu'il avait franchi la ligne jaune interdite aux clowns.
Maintenant que j'y pense, c'est peut-être là que j'ai commencé à me méfier : si l'on ne peut même pas faire confiance aux clowns, alors comment croire les gens ?

Au grand dam de ma mère la Louise, les poux décidèrent de partir avec moi pour la capitale. Leurs relations furent immédiatement houleuses. La Louise refusait tout dialogue. Moi qui leur avait dit qu'elle adorait les animaux, ils m'avaient fait confiance, je ne me le suis jamais pardonné ! Elle les extermina à grands coups de vinaigre et de peigne fin, faisant claquer chaque lente entre ses ongles en l'accompagnant au trépas de la porte d'un juron. Pas un n'y survécut.
Je fis donc ma rentrée la tête libre de locataires, mais avec plus d'une semaine de retard. Monsieur Mignot me présenta à la classe et m'indiqua où m'asseoir avant de distribuer le devoir du matin. Dans la colonne de gauche un chien, un oiseau, un bébé, un poisson, une voiture ; dans la colonne de droite un landau, une rivière, une route, une niche, un arbre. Tandis que je considérais la feuille en songeant mes poux, témoins du temps d'avant perdus par ma bonne foi, mon voisin de table proposa de régler l'exercice à ma place. Joignant le geste à la parole, il saisit vivement ma feuille et relia sans tarder le chien à l'arbre, l'oiseau à la rivière, le bébé à la niche, le poisson à la route et la voiture au landau. Monsieur Mignot ramassa les copies et me rendit la mienne un peu plus tard avec cette mention assassine à l'encre rouge dans la marge. Depuis, personne ne l'a jamais vraiment contredit. Je fus tout de même vengé quelques mois plus tard par mon copain Serge - il deviendrait mon meilleur ami - qui inventerait cette comptine assassine qui régala les cours de récréation : « Un monsieur Mignot qui pisse dans un tonneau, c'est rigolo mais c'est salaud. » Elle lui vaudrait le premier d'une longue série de coups de pieds au derrière de la part de la vie. Mais c'est une autre longue histoire...
A partir de la sixième j'oubliais monsieur Mignot et je commençais à fixer mon attention - ça resterait mon activité préférée - sur les filles, et plus particulièrement sur la plus belle d'entre toutes : Fabienne Ledoux-Chalot. Appelée à devenir la femme de ma vie, elle tardait pourtant à répondre. Après avoir attendu vainement durant deux ans qu'un messager divin rappelle Fabienne à sa destinée, il m'apparut plus sûr et moins décevant de reporter mon attention sur les musiques amplifiées. C'est ainsi que l'album « Lovedrive » fit irruption dans ma vie.

J'avais acheté ce trente-trois tours d'occasion à Patrick Le Van. J'ignore d'où lui-même le tenait, et je ne suis pas sûr en la circonstance de ne pas m'être placé sous le coup de l'article 321-1 du Code pénal, celui qui donne la définition légale du recel de vol .
« Lovedrive » marquait le départ d'Ulrich Roth et l'arrivée de Mathias Jabs. Scorpions gagnait en homogénéité ce qu'il perdait en flamboyance. Exit la dualité chant/guitare, les Allemands s'orientaient vers un son plus mélodique et plus ramassé qui les conduirait au sommet de leur popularité pour quelques albums.
S'il a un peu vieilli, « Lovedrive » tient toujours la route, grâce à une tripotée de bons titres. Et d'abord cet enchaînement « Another Piece Of Meat »/« Always Somewhere ». Sur le premier, Herman Rarebell reprend, en l'accélérant, le tempo de « Suspender Love » ; le second commence par de magnifiques notes de basse.
Mémorables également le faux reggae « Is There Anybody There » et la ballade, toute aussi fausse, « Holiday ». Personne n'écrivait les slows comme le Scorpions de ces années-là. Dans l'exercice, Skid Row se débrouillerait pas mal deux décennies plus tard.
En 2022, on ne danse plus les slows pour flirter, on s'abonne à Tinder pour pécho. « Lovedrive » n'est pas invité dans les free-partys, à quarante-trois ans, il ferait tapisserie ou il finirait au tribunal.
Depuis 1979, il ne s'est cependant pas écoulé une année sans que je n'écoute un album de Scorpions. Je peux d'ailleurs les rattacher à des souvenirs, à des lieux : « Love At First Sting » marque mon service militaire, tandis que le thermomètre descendait, sur les plages de Normandie, à moins dix-huit degrés ; « Crazy World » me trouvait à Versailles ; « In Trance » me conduisait de Saint-Julien du Sault jusqu'au sommet du Brévent, à Chamonix ; « Animal Magnetism » m'accompagnait à Savigny-Le-Temple, qui commençait à devenir une ville, où je retrouvais la première Isabelle de ma vie (il y en aurait une autre beaucoup plus importante) par le train de banlieue...
En 2022 Scorpions fait son retour avec « Rock Believer », et c'est un peu comme s'il m'écrivait à moi, Ahasverus, pour me dire qu'il reste encore de bons moments.
E puis il me rappelle :
« We go from here to everywhere
So many moments that we share »
Bah ça, les gars, je ne saurais dire mieux ! Le rock believer, c'est moi ! Just like you !

Ca faisait un moment qu'ils ne m'avaient pas semblé aussi en forme, les gars de Hanovre, et je commençais même à douter du bien-fondé de leur retour. Mais « Roots In My Boots », « Rock Believer » et « Peacemaker » ont clairement remis du « Gas In The Tank » !
Les riffs sont percutants, les textes cohérents, la voix de Klaus Meine, qui a fêté avec Rudolf Schenker ses soixante-quatorze printemps, est toujours exceptionnelle et... inimitable ! « Rock Believer » est certainement leur album le plus intéressant depuis le controversé « Eye II Eye », virage électro de 1999 qui comportait tout de même quelques très bons titres.
Scorpions ne fait pas tapisserie en 2022. Il était au Hellfest le 23/06, puis un peu partout en France. Je l'ai vu à Nice, devant un public conquis.
En tête d'affiche.
C'est là sa place, j'ai dit.

« Isn't it fun fun fun
To be number one ? »
C'est sûrement ça que m'aurait chanté monsieur Mignot - celui qui pissait dans un tonneau - si je n'avais pas foiré son premier exercice.
« That's when I wear my shirt that says
In capital letters In capital letters
Isn't it fun fun fun to be number one »
A quoi ça tient, un destin ?
