Nos articles

Chrysis - L'interview borderline

Le 17/11/2023

« On fait du heavy bien sûr. Mais pour le reste, je suis incapable de te citer un groupe auquel on ressemblerait. »

Chrysis 5Patrick Gestede (CHRYSIS) par Shooting Metalhead
Interview réalisée par téléphone le 30/10/2023.


Après une première partie de carrière initiée en 1976 et interrompue en 1985, Chrysis revenait en 2009 et sortait en 2018 le bien nommé « Never Say Never », son premier long format. En 2023, la formation champenoise est à  nouveau présente avec « Borderline », un album très différent de son prédécesseur et qui a fait naître en nous une foule de questions. Nous sommes allés les poser à son chanteur, Patrick Gestede. On y parle des deux albums de Chrysis, mais également de Motörhead, de Kiss, de Def Leppard, d'Angus Young, d'un masque à oxygène, de Battle Beast, et même d'Yves Mourousi !
Quoi de mieux que quelques digressions pour réaliser une interview borderline ?


Ahasverus : Bonjour Patrick. Le titre du nouvel album de Chrysis, « Borderline », mérite une explication.
Patrick Gestede : C'est assez simple : on a trouvé que les titres de l'album étaient très changeants. Même si Chrysis a l'habitude de faire des morceaux qui ne se ressemblent jamais, c'était particulièrement flagrant sur cet album, avec des titres assez lumineux et d'autres beaucoup plus sombres et complexes. Ca nous a semblé coller avec l'idée d'une personnalité borderline, capable de passer du rire aux larmes en un claquement de doigt. C'est la raison de cette intro, où tu entends quelqu'un rire, pleurer, puis exploser. On s'est donc dit que « Borderline » c'était un titre qui représenterait bien ce qui vous attendait sur l'album.

Chrysis artwok phil krier« BORDERLINE » - Artwork Phil Krier

Ahasverus : Vous avez remis le couvert assez rapidement après l'album « Never Say Never ».
Patrick Gestede : Rapidement ? Tu trouves ? Il y a tout de même quatre ans qui séparent les deux albums !

Ahasverus : Quatre ans ce n'est pas grand chose au regard de la longue carrière de Chrysis...
Patrick Gestede : D'accord. Mais il y a eu une trêve extrêmement longue dans la carrière de Chrysis, on a pris un break de plus de vingt-cinq ans ! En fait, voila comment on s'est retrouvés : quand Youtube est arrivé, on s'était perdus de vue depuis longtemps au sein de Chrysis, sauf Dom le guitariste que je croisais de temps en temps. Un jour je me suis dit que ce serait dommage qu'il ne reste rien du Chrysis des années 80, et j'ai fait remasteriser une vieille cassette que j'ai balancée sur Youtube. Alors je me suis dit que ce serait bête que les musiciens, mes potes, ne soient pas au courant, et j'ai réussi à les joindre, tous, en les contactant parfois sur leur lieu de travail et en croisant les doigts pour qu'il soit toujours le même. Coup de bol, j'ai retrouvé tout le monde ! Et on s'est dit que ce serait bête de ne pas se revoir, puis que ce serait bête de pas faire une répétition, pour s'amuser... Et voila, c'est reparti comme ça depuis quatorze ans... Mais après un break extrêmement long !

« Dans les années 80, tu pouvais citer vingt ou trente groupes que tu  connaissais. Maintenant, rien qu'en Finlande, tu as cinq mille groupes de Metal ! »

Ahasverus : Tu parlais d'un break extrêmement long, mais vous avez néanmoins un parcours dans les années 80. Est-ce que la période te paraît plus favorable pour sortir des albums aujourd'hui ou est-ce que c'était plus facile avant ?
Patrick Gestede : Pour faire des albums, à l'évidence, c'est plus facile maintenant. Tout le monde peut faire des albums ! D'abord parce qu'on peut bosser chez soi, ce qui était impensable à l'époque. On peut enregistrer à distance, et tu peux faire un disque avec un mec qui habite au bout du monde parce que chacun peut enregistrer ses parties chez soi. Les albums sont désormais plus faciles à faire, et ils coûtent aussi nettement moins cher. On n'a plus besoin d'une maison de disques, plus besoin de label... . Alors tout le monde y va du sien. C'est bien, mais il y a aussi des contrecoups : on ne vend plus. Il y a trop d'albums qui sortent. C'est physiquement impossible à écouter. Dans les années 80, tu pouvais citer vingt ou trente groupes que tu connaissais, et encore. Maintenant, rien qu'en Finlande, tu as cinq mille groupes de Metal ! Et la Finlande, c'est seulement cinq millions d'habitants ! Alors on est perdus dans le magma de ce qui nous arrive aux oreilles, qu'on n'a même plus le temps d'écouter. C'est le jour et la nuit par rapport à ce qu'on connaissait dans les années 80.
Chrysis3Patrick Gestede (CHRYSIS) par Shooting Metalhead

Ahasverus : C'est vrai qu'avant quand tu achetais un vinyle de Kiss ou de Scorpions tu ponçais ses sillons jusqu'à l'usure...
Patrick Gestede : Et puis tu l'attendais, cet album ! Tu parles de Kiss. Moi Kiss quand l'album arrivait, j'étais là pour l'attendre ! J'allais à Reims chez un gars qui faisait des imports, et je grattais tout ce que je pouvais comme informations. Maintenant, sur Google, tu trouves tout sur le prochain album bien avant sa sortie... Avant c'était difficile d'avoir les infos. Il fallait acheter Best ou Rock N' Folk. On attendait avec effervescence, et quand on ramenait le vinyle à la maison c'était un moment magique. Il se passait un truc. Comme quand tu découvrais un groupe sur scène : tu ne savais pas comment il bougeait. Tu ne savais pas comment ils se fringuaient, les mecs. Maintenant, si tu veux savoir ce que porte Steven Tyler et la manière dont il bouge sur scène, tu demandes à Google, et puis voila... Ce qu'on a perdu, c'est beaucoup de magie... Il y a des bonnes choses, parce que tout le monde peut faire de la musique, chacun peut s'exprimer et espérer se faire entendre. Mais à côté de ça on n'a plus le frisson de la découverte. Quand tu voyais Judas Priest ou AC/DC pour la première fois, tu ne savais pas qu'Angus Young bougeait comme ça. Maintenant tu vas au concert, tu sais déjà tout. De nos jours le poil qui se dresse sur les bras, on n'a plus, ou différemment, mais c’est incomparable.. Il n'y a plus non plus d'énormes différences entre les groupes, c'est un peu comme si on avait fait le tour du truc. Avant, entre AC/DC et Iron Maiden, il y avait un gouffre, chaque groupe était une découverte à part entière avec un univers très différent, maintenant avec la multiplicité des styles et des groupes, on ne retrouve plus ce fossé qui rendait les formations très indentifiables les unes des autres.

« Il y a des niveaux hallucinants, la question n'est pas là. C'est nous qui sommes blasés. »

Ahasverus : Je me souviens d'avoir eu un choc lors de la découverte d'albums comme le second « Keeper » d'Helloween ou le « Slave To The Grind » de Skid Row, mais effectivement je ne me souviens pas d'avoir eu des émotions semblables plus récemment...
Patrick Gestede : Je pense exactement la même chose. Le dernier truc qui m'a un peu déboîté ne date pas d'hier, c'était Kamelot. Quand j'ai découvert ce groupe je me suis dit « Putain, là il y a quelque chose ! » Ca remonte à quinze ans...

Ahasverus : Et c'est certainement pas parce que les groupes sont moins bons...
Patrick Gestede : Bien au contraire ! C'est pas une question de qualité : les mecs sont de mieux en mieux techniquement. C'est du costaud maintenant, notamment chez les Nordiques (mais pas que...). Il y a des niveaux hallucinants, la question n'est donc pas là. C'est nous qui sommes peut-être blasés par l’amoncellement de l’offre. Ce qui fait l’intérêt d’un truc c’est aussi sa rareté, et aujourd’hui trouver un truc qui sort carrément du lot c’est justement extrêmement rare. Mais encore une fois ce n’est pas parce que la musique est moins bonne, c’est uniquement parce qu’on a peut-être fait un peu le tour de la question et que la surprise ne peut plus être au rendez-vous.

« On est complètement instinctifs, on n'a pas de cahier des charges, pas de plan de carrière. »

 Ahasverus : Au vu de tout ça comment avez-vous abordé  « Borderline », votre nouvel album ? Vous aviez un cahier des charges ? 
Patrick Gestede : On ne fonctionne pas comme ça du tout. On est complètement instinctifs, on n'a pas de cahier des charges, pas de plan de carrière. On est un groupe très simple, et même simple à l'extrême : on rentre en répétition, on improvise, on compose. Ca ne va pas chercher plus loin. On enregistre tout ce qu'on compose. Il n'y a jamais un titre composé qui ne soit pas enregistré. Et on se dit qu'on va sur un album dès lors qu'on a les dix titres. Il n'y en a pas onze, hein, c'est pas un best of ! On n'a pas cinquante titres dans un tiroir dont on extrait les dix meilleurs pour l'album. On compose dix chansons, et c'est les dix qui sont sur l'album.

Ahasverus : Comment avez-vous procédé pour composer ces dix morceaux ?
Patrick Gestede : Avant on partait plutôt d'un riff de guitare ou d'une idée de chant. Désormais, de plus en plus, et cet album-là n'a été composé pratiquement que comme ça, on part d'une improvisation. Avec Dom (guitare), on joue ensemble depuis qu'on a quinze ans. Tout a commencé dans une chambre. Trois accords, moi et ma voix d'adolescent, et pour la basse on tendait une corde sur un manche à balai, tu vois le genre ! (Rire) On était des gosses avec des rêves de gosses, on voulait devenir Saxon ou AC/DC. Alors on se connaît tellement maintenant qu'on sait tout de suite ce que l'autre va faire. D'un coup d'oeil on sait où on va bifurquer. Alors même en impro, ça peut aller très vite. Et comme la section basse/batterie tire maintenant dans le même sens que nous, ça marche vraiment bien. Par exemple on part d'un rythme de batterie, le guitariste se cale dessus comme il peut, j'arrive avec le chant, la basse suit, et au bout d'un moment on déboule sur une idée. Souvent, c'est quand on se chauffe dans les répétitions qu'il arrive un moment où il y a des idées qui se rejoignent. Alors on se regarde et on se dit « Oh ! Là il y a un truc ! » Alors on enregistre et on conserve. Dix fois ça ne donnera rien, c'était juste de l'échauffement, mais de temps en temps il y a ce truc particulier qui te fait penser qu'il faut creuser l'idée. C'est comme ça maintenant, on se connecte avec une impro, personne n'a rien préparé avant, personne n'amène rien. On roule, c'est tout. Le seul truc, si nous avions un cahier des charges, ce serait de chercher à composer un morceau rapide si on trouve qu'on a trop de mid-tempo en stock à ce moment là.


Ahasverus : J'ai trouvé « Borderline » très différent de son prédécesseur « Never Say Never », et pour tout dire je n'ai pas eu l'impression d'avoir affaire au même groupe...
Patrick Gestede : D'abord on ne fait jamais le même titre. Ensuite je suis d'accord sur le fait qu'il sont différents, même si, de l'intérieur, on ne le ressent pas trop. Dans le groupe, on se voit régulièrement, on ne perçoit pas l'évolution, elle ne se fait pas de manière brutale. Alors y a-t-il des différences entre ces deux albums ? Certainement, mais finalement pas tant que ça pour nous. Par contre ce qui a changé, c'est qu'on n'a pas composé les titres avec la même section rythmique que sur « Never Say Never ».  La section rythmique actuelle est arrivée pour l’enregistrement du premier LP mais avec des titres composés pour l’essentiel avec le précédent duo rythmique. Sur les compos de « Never Say Never », le bassiste était aussi rock que metal, et le batteur était plus métal prog', tandis que maintenant nous tirons tous dans le même sens. Les compositions s'en trouvent renouvelées, on se permet de faire les titres dont on avait envie sans les aspirations (légitimes) d'un ou de musiciens qui nous tiraient, même inconsciemment, vers ce qu'ils préfèrent. Le deuxième album a gagné en cohésion rythmique avec Nico (Nicolas Sotiriou, basse) et Run (René Gabriel-Guérard, batterie). C’est sans doute en partie de cela que te vient la sensation d’avoir affaire à un autre groupe, l’importance de la basse-batterie dans le metal c’est pas rien !

Ahasverus : C'est fort possible. En fait je trouvais le premier album d'un hard/heavy assez classique, et le second me semble encore plus heavy. Il me fait penser aux premiers Accept (je songe notamment au morceau « In Your Name »), voire aux premiers Judas Priest.
Patrick Gestede : Je ne l'entends pas comme ça, mais il est toujours intéressant d'avoir un point de vue extérieur. Pour ma part, je n'arrive pas à trouver de références, même si « Cadillac », est à l'évidence un clin d'oeil à Motörhead, c'est pourquoi tu m'entends dire « Stay clean » et « No class » sur ce morceau, ce sont mes deux titres préférés du groupe. On fait du heavy bien sûr. Mais pour le reste, je suis incapable de te citer un groupe auquel on ressemblerait. En fait on a la tête dans le sac, et quand tu es trop dans le truc, tu n'as plus assez de jugement objectif sur ce que tu fais.

Ahasverus : C'est aussi le son qui me fait penser à ça : je trouve que vous avez un son — et ça n'a rien de péjoratif — très années 80, sur cet album plus encore que sur le précédent. 
Patrick Gestede : Je suis d'accord. « Never Say Never » avait été enregistré un peu bizarrement. Un vrai chemin de croix ! Il a été enregistré quasiment en live. On entend d'ailleurs parfois des fluctuations dans le rythme, elles tiennent au fait qu'on joue live. Bien sûr on a réenregistré quelques parties de guitares et des bricoles, mais la base est purement live. Le son est un peu plus lourd, il y a un peu plus de fréquence basse, il est un peu plus power-sound toute proportion gardée. C'est logiquement moins propre que sur « Borderline », sur lequel on entend plus distinctement les instruments, qui sonnent un peu plus clair et plus metal 80 peut-être, sans qu’il en ait eu la volonté. La spontanéité et le coté sans fioriture, brut de décoffrage du premier a aussi son charme et ses adeptes ceci-dit, c’est une question de goût.

« Borderline » est plus chiadé, plus travaillé que « Never Say Never ».

Ahasverus : Où avez-vous enregistré « Borderline » ? 
Patrick Gestede : Le premier album était enregistré en studio, mais « Borderline », c'est du fait maison. La batterie est en studio, mais tout le reste est fait chez nous. Ca change beaucoup de choses : on a plus de temps pour fignoler, on n'est pressés ni par le temps ni par l'argent, et quand tu sais le prix d'une journée de studio... Il faut savoir que sur le premier album, j'ai enregistré toutes les voix en une journée ! Neuf titres en une seule journée, c'est à dire en huit heures, en assurant les choeurs, les backing vocals. J'ai terminé la gorge en feu (Rire) ! Et sur certains morceaux, on n'a même pas eu le temps de doubler les voix. Sur « Borderline », j'étais chez moi. J'ai pris mon temps. Je pouvais reprendre le lendemain, je n'avais pas à payer deux ou trois cents balles de studio en plus. Ce n'est pas pour te dire que tel album est meilleur que l'autre, mais pour t'expliquer la différence. « Borderline » est plus chiadé, plus travaillé que « Never Say Never »...

Ahasverus : Ca explique qu'on t'entend aller chercher, sur « Borderline », des notes très hautes...
Patrick Gestede : Mais oui ! J'étais chez moi, j'avais le temps. Alors qu'en studio, au prix où ça coûte, tu vas à l'essentiel. Quand tu as encore cinq titres à mettre en boîte et qu'il te reste trois heures, tu ne vas pas chercher le fignolage.

Ahasverus : Est-ce que ça explique aussi que la guitare lead est plus présente sur cet album ?
Patrick Gestede : Oui, évidemment, Dom eu le temps aussi. Quand tu passes de trente minutes à trois jours pour poser un solo, la petite note qui ne te plaît pas tu peux la refaire. Encore une fois, je ne dis pas que c'est mieux. Les petites imperfections ça peut aussi donner du cachet. Je n'aime pas le rock N' roll parfait, j'aime bien quand il déraille. Enfin voila, la différence entre les deux albums repose sur ça : dans le premier on n'a pas le temps, dans le deuxième on l'a ! Le premier album a été enregistré en cinq jours. Le second s'est échelonné sur plusieurs mois, et même sur un an en y allant à notre rythme.
Chrysis 6CHRYSIS par Shooting Metalhead

Ahasverus : Ca me rappelle les premiers Black Sabbath, enregistrés en quelques jours seulement.
Patrick Gestede : Ouais, c'est court. Tout le monde joue en live, et on ne reprend que ce qui est vraiment mauvais. C'est short, mais des fois ça sort bien.

Ahasverus : Je trouve cependant que ça ne s'entend pas du tout, « Never Say Never » reste un très bon album qui tient la route.
Patrick Gestede : Merci ! Ouais mais bon... moi je ne vois que les défauts. Que sans doute les gens n'entendent même pas. Je suis un peu casse-bonbons, je ne suis jamais satisfait. C'est pour ça que je ne nous ré-écoute pratiquement jamais : je ne vois que les fautes ! Je déteste m'écouter, et encore plus me réécouter. Mais je fais de plus en plus d'efforts pour m'accorder (nous accorder) une certaine indulgence... Je suis en voie de guérison ! (Rire)

Ahasverus : Les paroles, c'est toi qui t'en occupe ? 
Patrick Gestede : Oui, de A à Z sans que personne n'y regarde. Ils me font confiance. Une fois fini je soumets le texte à l’approbation générale et pour l’instant je n’ai jamais reçu de retour à l’envoyeur.  (Rire)

Ahasverus : Alors que signifie le titre « 666 or 45 » ?
Patrick Gestede : Ca fait quatre ou cinq fois qu'on me pose cette question. Il interpelle les gens, ce titre ! En fait certains y verront du complotisme, mais ce n'est qu'une réflexion. 666 c'est la Bête, le mal absolu. Il contrôle tout, il est derrière tout. C'est de ça que je parle : les gens derrière le voile d'ombre et qui manipulent tout. Ceux qu'on porte à la présidence ne sont que les pantins de ceux qui tirent les ficelles, non ? Même en 1945, est-ce que ce n'était pas la Bête qui tirait les ficelles ? Et si oui, dans quel but et au profit de qui ? Bien sûr j'ai aussi joué sur la sonorité des chiffres, j'aurai pu utiliser un autre évènement, mais ça sonnait bien à l'oreille, il ne faut pas aller chercher plus loin. Ce titre parle de ces gens qui tirent les ficelles dans l'ombre, de la facilité qu'ils ont à le faire en jouant avec notre crédulité. Jusqu'à quel point est-on manipulés ?

« Voila nos projets : une vidéo, trois à quatre dates en 2024, et quatre titres bouclés pour le prochain album. »

Ahasverus : Où peut-on trouver vos albums ?
Patrick Gestede : « Never Say Never » est disponible sur toutes les plateformes. « Borderline », le nouvel album, sera sur les plateformes ultérieurement. Les albums sont difficiles à vendre de nos jours, et si on les diffuse trop vite sur les plateformes d'écoute, avec lesquelles on ne gagne rien ou pas grand chose, on va vendre encore moins d'albums. On a donc décidé de prendre un peu de temps, de commencer par vendre l'album en physique, et de ne le proposer en digital qu'un peu plus tard.

Ahasverus : Pour l'achat en physique on vous contacte sur la page Facebook ?
Patrick Gestede : Oui, on a épinglé un lien en haut de la page. (NDLR : CHRYSIS)

Ahasverus : Quelle sera votre actualité lors des prochains mois ?
Patrick Gestede : D'abord la composition. On a déjà trois ou quatre nouveaux titres, « One Gun Shot », « Watch Out » et « Dressed In Black », qu'on a testés en concert, et on travaille sur un quatrième morceau. On a aussi des dates qui arrivent, mais je ne peux pas griller la politesse aux organisateurs en les annonçant. Sache juste que deux d'entre elles seront en Champagne-Ardennes, et la troisième sera à l'extérieur. Et on en revient à notre conversation initiale : il y a tellement de groupes qu'il devient aussi difficile de décrocher des places dans des endroits aux conditions suffisantes. On est donc fixés sur deux ou trois dates pour l'instant. Elles seront annoncées en temps voulu. On aimerait également faire une vidéo, on est en train d'en discuter. Là encore, c'est une question de moyens. Soit tu fais juste une répétition filmée avec les mecs qui jouent, pourquoi pas ; soit tu chiades un truc, et ça coûte de l'argent. C'est le nerf de la guerre ! Tu veux une vidéo ? File-moi cinq mille et je t'en fais une belle ! Voila nos projets : une vidéo, trois à quatre dates en 2024, et quatre titres bouclés en attente d'autres pour le prochain album.
Chrysis 4Patrick Gestede (CHRYSIS) par Shooting Metalhead
Ahasverus : Merci Patrick d'avoir répondu à mes questions.
Patrick Gestede : C'est moi qui te remercie. Je n'arrête pas de le dire sur scène : sans vous on n'est rien. Sur scène,  je n'arrive pas à dissocier le public du groupe. Pour moi les gens qui sont dans la salle font partie du concert au même titre que le groupe, ils font partie du groupe. On n'est rien les uns sans les autres, on se nourrit de nos passions. Le public fait partie intégrante du spectacle. D'ailleurs, des fois, le public n'est  pas bon, alors que le groupe est très bon. Des fois c'est toi qui es dans un jour sans, mais parfois c'est le public. Je le prends comme un élément qui fait partie du spectacle. Alors je remercie souvent les gens pour l'intérêt qu'ils portent à la musique. Ce n'est pas de la démagogie, je le ressens vraiment. Les gens qui font des photos et qui te laissent les utiliser gratos, les gens qui font des kilomètres pour faire des papiers sur ton groupe sans rien te demander... Merci les mecs, j'adore ! C'est un vrai clan, et ça fonctionne bien.

« Aujourd'hui tu as le Wacken, et plein de festivals monstrueux, et il n'y en a pas un qui s'est dit il y a un public, il faut qu'on fasse une chaîne. »

Ahasverus : On termine sur une note positive, après avoir commencé en mode « c'était mieux avant »...
Patrick Gestede : Oui. Mais ce n'était pas très négatif ce que je disais en guise d'introduction. Je trouve juste que les temps ont changé et qu'on a perdu le petit frisson de la découverte, ce poil qui se dresse sur le bras, parce qu'on est plus émoustillés comme avant à force de tout découvrir trop vite. On n'a plus les yeux écarquillés des gamins. On nous a mâché l'imagination et le plaisir de la découverte. Je me souviens encore de la première fois que j'ai vu ce putain de petit guitariste d'AC/DC bouger comme ça... J'étais placé avec vue sur les coulisses, et je voyais le roadie arriver tous les trois ou quatre morceaux avec une bouteille d'oxygène. Je ne savais pas ce que c'était, il posait un masque sur le visage d'Angus pendant quinze secondes, puis Angus repartait sur scène. Je me disais « C'est quoi ce bordel ? » C'était hallucinant ! Je me souviens aussi de Bon Scott qui portait Angus à travers le public. C'était incroyable, je ne savais pas qu'ils faisaient ça. Maintenant on connaît tout à l'avance, on n'est plus surpris et même, on l'attend. Ca me manque, vraiment. C’est comme entrer dans un palais des glaces avec des flèches qui t’indiquerait le chemin à suivre vers la sortie. Ça perdrait un peu de son piment tu crois pas ?! Tu te souviens de l'émission Juke-Box (NDLR : une émission diffusée sur Antenne 2 entre 1975 à 1978) avec Freddy Hausser ? C'était une émission d'une heure à une heure trente qui passait une fois tous les trois mois le samedi soir. Tu y trouvais les groupes incroyables qui sont devenus les dinosaures d’aujourd’hui ! C'était la seule manière de découvrir visuellement les groupes. Maintenant tu cliques sur Youtube et tu sais que Till (Rammstein) va cracher du feu, sur quel titre, à la quarante-cinquième minute du concert.

Ahasverus : Je me souviens aussi des  Enfants du Rock et de Chorus.
Patrick Gestede : Oui. Antoine de Caunes était un peu plus punk et rock anglais. Il passait des trucs très intéressants. En fait, plus il y a de chaînes, moins il y a de rock. Dans les années 80, tu voyais Motörhead chez Mourousi. Tu imagines un groupe comme ça au JT de TF1 maintenant ?
Image 2023 10 31 203244028Motörhead et Yves Mourousi au journal télévisé en 1987
Ahasverus :  Le punk et le hard ne se fréquentaient cependant pas trop à la fin des années 70...
Patrick Gestede : Je ne peux parler que de mon expérience. A Reims on avait une boite qui s'appelait Le Tigre. C'était un lieu mythique qui ne passait que du rock, du metal, et des trucs qu'on n'entendait pas ailleurs. Le public de cette boite, c'était beaucoup de métalleux, mais aussi des punks, et on s'est toujours très bien entendus. Alors de manière plus sociologique, qu'il y ait eu du tirage entre punks et métalleux, c'est possible, mais moi je ne l'ai pas vécu. Les punks écoutaient sans déplaisir « Whole Lotta Rosie » d'AC/DC, et les métalleux écoutaient les Pistols de la même manière. C'était aussi une époque qui voyait débarquer Joe Jackson, Police, ou U2 qui fédéraient un peu tout le monde. Dans cet endroit précis en tous cas.

« Il n'est pas seulement difficile de vendre, il est difficile d'être écouté ! »

Ahasverus : Tu te souviens de Tonton Zeguth ?
Patrick Gestede : Bien sûr ! Et de Patrice Blanc-Francard, sur France Inter. Je crois avoir découvert dans une de ses émission le morceau « Hello America » de Def Leppard. J'entends ce truc, avec ses choeurs incroyables, je note le nom en phonétique, et je cherche comme un fou jusqu'à trouver cet album, « On Through The Night ». Quelle claque ! J'ai décroché de Def Lep par la suite. Mais à l'époque, on chopait tout ce qui passait. Comme Georges Lang sur RTL. Je passais des nuits à écouter Les Nocturnes. Et évidemment Francis Zeguth, qui a fait énormément pour le Metal. Il avait la volonté de faire marcher le truc. Aujourd'hui télés et radios freinent des quatre fers. Arte fait des efforts, je regarde souvent ses replays. Aujourd'hui tu as le Hellfest, Wacken, et plein de festivals monstrueux, et il n'y en a pas un qui s'est dit « il y a un public, il faut qu'on fasse une chaîne », alors qu'on trouve des canaux spécialisés pour des trucs très confidentiels... Tu as des opérateurs qui te proposent neuf cents chaînes, mais dans le bouquet tu n'as pas une chaîne Metal ! Bon, après, je n'écoute pas que du Metal. D'ailleurs le titre « No, No, No », sur l'album « Borderline », est un titre qui se réfère à Amy Winehouse et au titre « Rehab ». Je trouvais cette chanteuse émouvante. J'adorais sa voix, elle me donne des frissons. Sinon côté Metal, ce que j'écoute le plus en ce moment, c'est Battle Beast. La voix de Noora Louhimo, j'ai plus de mots... C'est énormissime ! Mais on passe à côté de tellement de trucs monstrueux qui se retrouvent noyés dans la masse. Désormais il n'est pas seulement difficile de vendre, pour un musicien, mais il est difficile d'être juste écouté ! Rien que dans mes contacts, il y a trois ou quatre groupes par jour qui sortent un album. Comment veux-tu écouter tout ça ? La part du gâteau, c'est des miettes pour tout le monde excepté pour les quelques dinosaures ! Et même Battle Beast, avec sa chanteuse qui est peut-être la plus grande vocaliste du circuit, il y a encore des gens qui ne connaissent pas. C'est dire...

Ahasverus : Merci Patrick de m'avoir consacré du temps.
Patrick Gestede : C'est moi qui te remercie pour ton intérêt.

Les photographies de Chrysis sont de Shooting Metalhead. Nous le remercions pour son aimable autorisation.

LORD OF THE LOST, Weapons Of Mass Seduction (29/12/2023)

Le 12/11/2023

Qu'il reste fidèle aux versions originales ou qu'il s'en éloigne, Lord Of The Lost marque les morceaux proposés de sa forte personnalité sans jamais les trahir.

Un an après « Blood & Glitter » qui s'était classé numéro 1 de l’Official German Album Charts Lord Of The Lost revient avec un album de reprises chargé jusqu'à la gueule.
Sia, David Bowie, Lou Reed, Bronski Beat, Michael Jackson, Judas Priest, Pet Shop Boy, Iron Maiden, Lady Gaga, Duran Duran, The Everly Brothers font notamment partie des formations revisitées par le groupe allemand. 
Détaillons ce « Weapons Of Mass Seduction »...
Lord of the lost cover album covers« L'énergie et le plaisir de reprendre les chansons de collègues et d'idoles aimés et respectés étaient quelque chose que nous étions déterminés à poursuivre. »

Lord Of The Lost explique : 
« Pendant la production de notre dernier album, Blood & Glitter, lors de l'enregistrement de notre reprise de Roxette The Look (NDLR : qui clôturait l'album) en Finlande, il était clair que nous avions ouvert la boîte de Pandore.

L'énergie et le plaisir de reprendre les chansons de collègues et d'idoles aimés et respectés étaient quelque chose que nous étions déterminés à poursuivre. Avant même la sortie de Blood & Glitter, nous avons commencé à travailler sur ce projet d'album de reprises, qui est pour nous le dessert parfait de notre dernier opus, avant de nous lancer dans l'aventure de nous réinventer à nouveau et produire un nouveau disque en studio. »
Bien qu'il soit entièrement composé de reprises, Weapons Of Mass Seduction confirme la capacité de Lord Of The Lost à s'approprier ce qu'il touche. En effet, que les morceaux proposés restent fidèles aux versions originales (« Smalltown Boy », « The Look »,  « Children Of The Damned ») ou s'en éloignent (« Turbo Lover »), Lord Of The Lost les marque de sa forte personnalité sans jamais les trahir.
Certains titres de la nouvelle galette (et même triple-galette pour l'édition Deluxe !) ont déjà été dévoilés, tels la reprise du standard « Children Of The Damned » du groupe Iron Maiden avec lequel Lord Of The Lost tournait en 2022.

Mais c'est un maximum de covers inédites que vous offre le groupe de Hambourg, tel  « Shock To The System », un titre de l'album « Cyberpunk », sorti par Billy Idol en 1993. Chris Harms explique ce choix : 
« Je me souviens précisément du moment où j'ai entendu cette chanson pour la première fois. J'avais treize ans, c'était l’été, et j'étais assis à l'arrière de l'Opel Manta décapotable dans laquelle je me rendais à la piscine en plein air avec ma sœur aînée et son petit ami. Rarement l'énergie d'une seule chanson ne m'a autant saisi. Nous aimerions rendre un peu de cette énergie en rendant hommage à Billy Idol et à cette chanson par le biais de notre reprise et de la vidéo qui l’accompagne. »

Inédit encore le single « (I Just) Died In Your Arms », du groupe de pop britannique Cutting Crew, que Lord Of The Lost reprend en compagnie d'Anica Russo. Anica est une artiste pop et une auteure-compositrice aux racines croates et italiennes. Résidente berlinoise, elle participait à la finale allemande du concours de l'Eurovision 2023, finale que remportait Lord Of The Lost.
Chris Harms explique : « Lorsque nous avons entendu la grande voix d'Anica pour la première fois lors des épreuves préliminaires de l'Eurovision, nous avons immédiatement voulu faire un duo avec elle. Anica était notre grande favorite et nous en sommes très heureux. Nous sommes également très heureux d'avoir réalisé ce souhait au cours de notre année Eurovision ! »
Anica Russo complète : « Lorsque deux mondes complètement différents se rencontrent et que quelque chose d'harmonieux et d'unique est créé, cela donne toute sa magie à la musique. Je remercie Lord Of The Lost de m'avoir invitée à participer à son nouvel album, conformément à la devise de l'Eurovision : Unis par la musique ! »
Lord of the lost jan season moritz hogemannChris Harms et Anica Russo par Jan Season/Moritz Högemann
« Weapons Of Mass Seduction » est disponible depuis le 29/12/2023 dans différents formats, certains contenant un deuxième CD avec onze reprises déjà sorties ou jouées en concert. Le coffret Deluxe comprend un troisième CD avec dix reprises acoustiques disponibles exclusivement  dans ce format.
Dans le détail, voici le choix dont vous disposez chez Napalm Records : 
> Coffret 3 CDs dont un double album digisleeve + un livret 6 pages (édition Deluxe), et le troisième CD avec les versions acoustiques de 10 chansons, exclusivement disponible dans le coffret Deluxe + bracelet rose en mousse et logo noir imprimé, patch en forme du logo, autocollant - 1000 exemplaires.
> 2 vinyles de couleur recyclés - édition Die Hard + un disque de feutrine, manipulateur de vinyle et un livret de 12 pages - 300 exemplaires.
> 2 vinyles de couleur recyclés + livret de 12 pages - 300 exemplaires.
> 2 vinyles noirs recyclés.
> 2 CDs digisleeve + livret 6 pages (édition Deluxe limitée) + livret 12 pages.
> 1 CD digisleeve + livret 6 pages + livret 12 pages.
> Cassette (rose, impressions noires) - 300 exemplaires.
> Format digital.
Les commandes sont ouvertes ICI.
Lord of the lost cover coffretLord Of The Lost est en concert le 27/03/2024 à Grenoble et le 02/04/2024 à Paris.

 

RUMKICKS (punk rock), Born Rude (27/06/2023)

Le 11/11/2023

Un instantané punk-rock frais comme un Ramones.
Par Ahasverus
Rumkicks band3Rumkicks est un groupe de punk rock qui a pris naissance en Corée du Sud aux alentours de 2019.
Les Séoulites ont construit leur succès à l'aide de singles et d'un EP (« Brutality », 2020) mais aussi d'une image, et c'est cette alchimie globale a permis au trio de se faire remarquer et d'exporter leur musique à l'international.
L'ascension ne s'est pas faite dans la facilité si l'on en croit ce que le groupe expliquait au magazine Devilution dans une interview de 2022 : « La Corée est un pays très conservateur qui ne vous permet pas de vous teindre les cheveux. Yeawon (NDLR : chant/guitare) porte une perruque quand elle va au travail, une perruque noire. Ici, au Royaume-Uni, il existe de nombreux tatouages. C'est illégal en Corée. » 
L'engouement du public est désormais acté et il a permis à Yeawon et à son gang de partager la scène avec des formations aussi réputées que Bad Religion et The Exploited.
En juin 2023 Rumkicks revenait avec un album intitulé « Born Rude ».
Rumkicks coverLa création de « Born Rude » s'est faite sous pression : 
« Normalement, nous écrivons une chanson lorsque nous avons une idée, expliquait le groupe à Devilution Magazine. Mais cette fois, nous avions une date limite pour l’album donc nous avons dû écrire de nouvelles chansons le plus vite possible. C’était une période assez difficile pour nous car rien ne nous venait à l’esprit. »
Rumkicks par nagoyaRUMKICKS par Nagoya
Pourtant les treize compositions signées Yeawon, dont nombre, déjà sorties en singles, ont été réenregistrées pour cet album, sonnent juste. 
Côté lyrics (en Coréen ou en Anglais)  la frontwoman a puisé dans les expériences personnelles du groupe. Ainsi « Don't Touch My Head » naît d'une anecdote de tournée, tandis que l'une des filles après un concert voyait un homme ivre tenter de toucher ses cheveux sous la douche. « Punk Is Nowhere », autre exemple, est une réponse à des attaques de haters reçues sur les réseaux sociaux.
Allant à l'essentiel, la formation coréenne délivre en trente minutes des chansons dont l'efficacité n'a d'égale que la simplicité, à l'instar des « Drinking Everyday » et « Rude Girl Oï » qui ouvrent l'album.

Les mélodies dégagent fluidité et énergie et doivent plus aux Ramones (« Punk Rocker », « Goodbye Song », « Punk Is Nowhere ») qu'à la pop punk cependant présente (« I Don't Wanna Die »). 

Qu'on ne se méprenne pas : parler de simplicité à propos des titres alignés sur ce  « Born Rude » n'a rien de péjoratif. A grands coups de « Oï » et de répétitions rythmiques, Yeawon développe un talent de hit maker certain et permet aux  Coréennes de réaliser un instantané punk-rock frais comme un  premier Ramones. C'est une pleine réussite qui ne connaît aucune perte et qui contribuera à parfaire la fanbase déjà conséquente des Rumkicks.

 

200 STAB WOUNDS - Slave to the Scalpel Ré-édition (03/11/23)

Le 08/11/2023

Par Dam'Aël

200 STAB WOUNDS crédit photo © Stephanie CabralCrédit photo Stephanie Cabral Photography

Steve Buhl (Chant, guitare)
Ezra Cook (Basse)
Owen Pooley (Batterie)
Raymond MacDonald (Guitare)

Formé en 2019, le quatuor de death metal de Cleveland 200 Stab Wounds que Brooklyn Vegan appelle « Stupidly Heavy » rend hommage au death metal old-school dans la veine de Cannibal Corpse , Dying Fetus et Mortcian tout en créant leur propre son brutal et fait désormais partie du roster du label Metal Blade Records
Le label réédite ce jour en CDs, vinyles et en digital « Slave to the Scalpel », le premier album de 200 Stab Wounds. Originellement sorti le 12 novembre 2021 chez Maggot Stomp, celui-ci expose parfaitement ce qu'est le death metal selon la bande originaire de Cleveland. Un pavé renfermant neuf titres enregistrés au Bricktop Studios en compagnie d'Andy Nelson et masterisés par Brad Boatright (Audiosiege). 

01. Skin Milk
02. Tow Rope Around The Throat
03. Stifling Stew
04. Itty Bitty Pieces
05. Phallic Filth
06. Slave to the Scalpel
07. Drilling Your Head
08. Paths to Carnage
09. Expirated Spatter

 Slave to the Scalpel botte sérieusement les fesses des têtes qui headbanguent sur  les morceaux de cette formation 200 STAB WOUNDS, tabasse pendant vingt-sept minutes ;  C'est vraiment lourd,  puissant même si assez court.

Slave to the Scalpel - Ré-édition

On pouvait lire dans la presse de l'époque : "L'interaction entre l'assaut constant des riffs et la section rythmique groovy est l'épine dorsale de 200 Stab Wounds et l'axe autour duquel tout tourne. Mais contrairement à leurs pairs comme Cannibal Corpse ou Dying Fetus, qui insufflent une certaine complexité rythmique dans leur production, les garçons de Cleveland parcourent un territoire plus direct, ce qui rend leur formule death metal quelque peu facile à digérer " (sputnikmusic.com)

Ce nouvel EP a été produit par Mark Lewis (The Black Dahlia Murder, Nile, Deicide, Krisiun, Whitechapel, Fallujah).

Pour la suite, le groupe le promet : rendez-vous en 2024 avec un album ! Agence Singularités et Replica Promotion ne manqueront pas de nous donner des nouvelles sur la suite des festivités prévues par la formation du Death de Cleveland.

https://www.facebook.com/200stabwounds

https://www.instagram.com/200stabwounds

https://twitter.com/200stabwounds

https://200stabwounds.bandcamp.com

http://Replica Promotion

http://Agence Singularités

SILVERTRAIN : Le silence est d'or

Le 07/11/2023

« Une personnalité et une marque de fabrique c'est ce qu'il faut avoir. Silvertrain a tout cela, la nouvelle équipe va le prouver. »

Silvertrain esther w pink

Photographies d'Esther W. Pink - Interview réalisée par Ahasverus

Phil York, c'est un peu le parrain de notre webzine. Parce que c'est son énergie et sa profession de foi résolument « Rock Or Burn », ainsi que sa grande générosité artistique qui nous ont donné l'envie de créer Ahasverus - Métaux en tous genres après avoir vu Silvertrain en concert au Monster's Art de Fréjus à l'occasion de la sortie de l'album « Waves Of Insanity » (2016).
C'est un parrain dont Ahasverus n'est pas peu fier, parce qu'il a tourné avec Motörhead et avec Rose Tattoo, pardonnez du peu, et qu'il est ainsi le gardien d'une partie de l'histoire du Metal. (voir notre interview SILVERTRAIN de Phil en Phil - Part. I)
Il était donc naturel que nous allions solliciter notre parrain Phil York à l'approche de la sortie de « Bring Back The Silence », le sixième album de Silvertrain. Cette interview trouvera pour l'occasion sa conclusion dans un proverbe : si la parole est d'argent, le silence est d'or...


SILVERTRAIN, « Rock Or Burn », extrait de l'album « Walls Of Insanity » (2016)


« Nous avons remis en avant l'Âme de Silvertrain. »

Ahasverus : Bonjour Phil. Où en es-tu avec le nouvel album ?
Phil : « Bring Back the Silence », réalisé au Dôme Studio chez David Potvin, sort fin novembre en physique et sur toutes les plateformes. Avant sa sortie trois singles seront disponibles en streaming. 
« Bring Back the Silence », c'est huit chansons. Chacune d'entre elle nous emmène dans un univers teinté de souvenirs, de situations présentes, d'espoirs, de rêves, une galerie de tableaux qui créeront un show époustouflant lors de nos concerts. Ce nouvel opus se différencie de la Trilogie «Walls of insanity / No Illusion /Steel Against Steel ». Micky Ramirez, guitariste, a influé énormément sur cet album. Il s'est accaparé des textes et s'est projeté dans chaque histoire, des histoires qui sont d'actualité, des histoires qui sont des cris, des espoirs, des rêves. Nous avons remis en avant l'Âme de Silvertrain. Toute l'équipe à hyper bossé dans ce sens. Nous sommes vraiment fiers du résultat.
Ahasverus : Des concerts en vue ?
Phil : Oui. Nous avons choisi la filière des Fests et de quelques villes ciblées, Les programmations sont en cours, nous communiquerons le calendrier, fin janvier. 
Ahasverus : On me dit parfois dans des interviews qu'il devient difficile de tourner aujourd'hui. Les plateformes de streaming ont-elles tué le business ?
Phil : Non, c'est juste le monde qui évolue. Il faut s'adapter très vite. Quand j'entends dire que le passé était mieux, pour moi c'est faux, c'était très difficile aussi de se payer un instrument, répéter, faire des concerts, être signé par une Maison de Disques où simplement s'auto-produire. Que se soit dans la zique où autre, c'était très difficile et à toute époque. Les peintres, les sculpteurs, etc, et même pour tous les artistes des XVI, XVII, XVIII, XIXème ou XXème siècles, un nombre incalculable est resté dans l'anonymat. De nos jours il en est de même. La musique est omniprésente sur les réseaux, nous dévorons des dizaines de chansons de tous styles chaque jour et chaque style a ses propres niches. Alors se faire une place aujourd'hui est compliqué tout comme aux différentes époques.  Une personnalité et une marque de fabrique c'est ce qu'il faut avoir. Silvertrain a tout cela, la nouvelle équipe va le prouver.
Ahasverus : Un artiste peut il vivre de son art aujourd'hui ?
Phil :Vivre de son art a toujours été très difficile. Il y a énormément de talents, mais comme la société de consommation est passée par là, il y a une élimination de fait, donc très peu de places.

« Silvertrain est une griffe, une marque. Je la revendique avec ses bonnes et mauvaises périodes. Nous sommes dans une bonne période. »

Ahasverus : Mais toi tu es toujours là.
Phil : La passion ne s'explique pas, elle est en moi depuis l'âge de seize ans. Silvertrain est une griffe, une marque. Je la revendique avec ses bonnes et mauvaises périodes. Nous sommes dans une bonne période.
Ahasverus : Peux tu me parler des autres musiciens ? 
Phil : L'intégration n'est jamais chose facile, tant techniquement que moralement. Intégrer un groupe c'est s'identifier à lui. Michael Levant, notre bassiste, l'a tout de suite compris. Ses partitions apportent énormément de volume et de profondeur, son émotion est omniprésente et les compositions s'en ressentent. Il s'est beaucoup investi dans les chansons. Concernant Emmanuel Drillin, notre second guitariste, au fil de l'enregistrement il a estimé qu'à la sortie il prendrait une toute autre voie. Nous nous sommes séparés à la fin de l'album. Fabrice, son remplaçant, est une histoire qui commence, donc rendez-vous sur scène. 
Pour ce qui est de la batterie, Sébastien a eu un grave problème d'acouphènes. Après quelques séances d'enregistrement nous avons décidé de mettre Enzo aux commandes, contrat qu'il a rempli magistralement en peu de temps. Aujourd'hui l'équipe est prête.  Silvertrain depuis ses débuts est taillé pour la scène. Nous travaillons un show incroyable : le plaisir d'entendre, mais le plaisir de voir aussi !
Ahasverus : Pour les pochettes précédentes (« Walls of insanity », « Steel Against Steel ») tu faisais appel à Stan W Decker. Qu'en est-il pour « Bring Back The Silence » ?
Phil : Quand j'aime, je suis fidèle, mais hormis cela Stan à tout de suite compris le sens de « Bring back the silence ». Radios, chaînes de télévision, réseaux sociaux, etc, c'est un Blabla constant. L'idée du fœtus est géniale : ces êtres vivants en ont marre d'entendre en boucle toujours les mêmes choses, marre que tout le monde donne son avis sur tout, marre de ce narcissisme ambiant. Ils ont le droit de dire, « Fermez vos gueules et ramenons le silence ! »
Silvertrain esther w pink 2
Photographie d'Esther W. Pink

 

DUMMY TOYS (punk rock), War Is Nightmare (07/06/2023)

Le 01/11/2023

« Aucun des neuf morceaux présents sur cette galette ne veut relâcher la pression et arriver dernier. »

Dummy toysPar Ahasverus
Qinhgdao est une ville côtière de l'Est de la Chine réputée pour... sa bière ! Le groupe de punk-rock chinois Dummy Toys ne pouvait donc trouver meilleur endroit pour se développer au pays du Milieu.
Dummy Toys est un quatuor féminin. En 2020 il propose un premier album au titre clair : « Not A Puppet ». Les filles n'ont pas l'intention de faire tapisserie et elles balancent douze titres d'un punk-rock ramassé avec des morceaux courts pouvant se montrer extrêmement nerveux (« Adespota Thing »). Loin de se crisper sur son rocher, Dummy Toys tente même une approche originale avec une rythmique ragga sur le morceau « Anti Sweet Girl  ».

L'ouverture rappelle The Clash. Par ce trait et par d'autres 
propositions, « Not A Puppet » n'est pas sans présenter quelques similitudes avec la discographie de la formation britannique (« City Of Dead  » ), tandis qu'un titre comme « DMC Baby » nous ramène plutôt aux débuts de Blondie.

   
On trouve donc beaucoup de qualités dans le matériel des Dummy Toys, avec un premier long format particulièrement respectable qui peut aussi présenter un visage hardcore (« Flying Young Girl », « Mentally Deficient » ).
C'est sur ce côté hardcore qu'appuie Dummy Toys quand il sort son second album, « War Is Nightmare », le 07/06/2023.
Dummy toys cover« Peu importe que la mélodie ne sonne pas bien aux oreilles du grand public ou ne lui plaise pas assez, nous voulons simplement faire entendre notre musique fort sans avoir à en expliquer le sens », peut on lire sur le Bandcamp du groupe.
Avec des titres extrêmement vifs, le gang chinois ne peine pas pour faire entendre ses intonations à la Slayer ou à la Death Angel (« Stop Your Control », « Wake Up »).

Les nouvelles compositions sont faites d'une écriture très serrée, avoisinant généralement les deux minutes, et pas une piste ne passe au dessus des 03:18. Il semble qu'aucun des neuf morceaux présents sur cette galette ne veuille relâcher la pression et arriver dernier.
Dummy Toys réussit ainsi un album de punk furieusement efficace et hardcore (« Network Mob »), avec des slogans marquants (Do not forget / Do not forgive  — Disaster). D'ailleurs le groupe assure : «  Même si nous savons qu'il n'y a pas grand chose à changer, nous voulons quand même rester toujours éveillés. ».

« War Is Nightmare » est donc un album qui dépote, un concentré d'énergie punk beaucoup plus choquant que son prédécesseur, et la puissance dégagée par le songwriting force le respect. Ces ving-trois minutes suffisent  clairement à Dummy Toys  pour enclencher la vitesse supérieure. De même, elles suffiront à vous botter le cul. Une recommandation cependant : le son des plateformes de streaming peut présenter des faiblesses. Nous vous conseillons de privilégier l'écoute sur Bandcamp qui proposera une bien meilleure qualité : https://dummytoyspunk.bandcamp.com/album/war-is-nightmare

Le Metal brièvement expliqué à Apolline.

Le 30/10/2023

« Il est permis de violer l'histoire, à condition de lui faire un enfant. » (Alexandre Dumas)

Par Ahasverus
Apo

Le Metal naît à la fin des années 60. Il prend pour nom hard-rock. C'est la Grande-Bretagne qui lui donne ses principaux tuteurs, avec trois groupes fondateurs : Led Zeppelin, Deep Purple et Black Sabbath.
Chacune de ces formations sculptera des riffs qui marqueront durablement l'histoire de la musique, tels « Whole Lotta Love » (Led Zeppelin), « Smoke On The Water » (Deep Purple) et « Iron Man » (Black Sabbath), reconnaissables dès les premières secondes.

Les premiers albums de ces formations sont souvent enregistrés en quelques jours. Ainsi Tony Iommi, le guitariste de Black Sabbath, explique-t-il à propos du premier album éponyme : « Nous nous sommes dit On se donne deux jours pour l’enregistrer et un jour pour le mixer. Donc on a joué sur scène. Ozzy chantait au même moment, nous l’avons juste mis sur une autre bande et nous nous sommes débrouillés comme ça. »
Musicalement, ces formations s'appuient sur le rock, le rock psychédélique et le blues. Schématiquement, on peut estimer que Deep Purple, avec son orgue Hammond, est une formation plutôt progressive tandis que Led Zeppelin est hard-rock (il  utilise néanmoins des éléments prog'). Quant à Black Sabbath, dont le titre éponyme utilise le triton (le diabolus in musica !), il peut être considéré sans risque de se tromper comme l'ancêtre du Black Metal.

Les Métalleux, musiciens ou fans, utilisent le horn sign (le signe du diable) en signe de ralliement. Son origine est controversée, mais il apparaît pour la première fois dans l'histoire discographique en 1969 sur l'album « Witchcraft Destroys Minds and Reaps Souls », de Coven, un album dont la première chanson s'appelle... Black Sabbath ! Et le bassiste ? Oz Osborne !
CovenOn trouve aujourd'hui encore des groupes qui perpétuent l'esprit de ces pionniers, tels Greta Van Fleet, souvent comparé à Led Zeppelin.

Le hard-rock élargit son champ d'action musical grâce à des groupes comme Queen, capable d'harmonies extraordinaires (« Bohemian Rhapsody »), ou encore Thin Lizzy et Rory Gallagher, qui amènent des influences irlandaises.

Ils trouvent écho aux Etats-Unis avec des formations telles que Blue Öyster Cult. Note, Apolline, que l'accent tréma est un gimmick du Metal : il se pose sur le O de Motörhead et on le voit sur deux voyelles de Mötley Crüe. Ce sont les plus connus, mais en cherchant bien, on trouvera d'autres formations qui utilisent le même signe de reconnaissance, comme les Suédois de Children Of The Sün.
Aux USA encore, Kiss entretient le mystère sur ses musiciens maquillés et privilégie le côté spectaculaire des shows, tandis qu'Aerosmith livre un hard américain classique.
En Australie arrive un groupe qui donnera au hard-rock son Internationale : « Highway To Hell ».

C'est le dernier album du chanteur Bon Scott, décédé en 1980. AC /DC parviendra à surmonter l'épreuve en imposant Brian Johnson et en signant l'un de ses meilleurs albums : « Back In Black ». Son style hard australien donnera naissance à un courant singulier, toujours perpétué par les Suisses de Krokus ou les Français d'Overdrivers.

En Europe continentale, des groupes comme Scorpions, avec dans leurs rangs les guitaristes virtuoses Ulrich Jon Roth et Michael Schenker, raflent la mise.
Nous arrivons à la charnière 70's/80's, avec la naissance d'un nouveau courant au Royaume-Uni. Il a pour chefs de file Iron Maiden, Judas Priest et Saxon. On l'appelle la New-Wave Of British Heavy Metal.

Elle signe l'acte de naissance du heavy et l'âge d'or du Metal en France qui voit les groupes Trust (« L'Elite », « Antisocial ») et Téléphone (« La Bombe Humaine ») squatter les radios nationales tandis que nombre de formations sont sur leurs talons (Shakin' Street avec notre ami Jean-Lou Kalinowski que tu as pu croiser sur le groupe, Ocean, Satan Jokers, Ganafoul, Sortilège, High Power, Karoline, Vulcain...). 

Parallèlement, en 1977, éclate le mouvement punk. Il vient bousculer le rock, et le Metal se verra régulièrement remis en cause par des générations qui l'estiment dépassé, mais il intégrera toujours les ingrédients de ses contestataires pour rebondir.
En 77, le punk privilégie l'énergie et la révolte plutôt que la technique. Il est porté quant à sa branche la plus métallique par les Ramones et les Sex Pistols. Motörhead sert de passerelle entre les deux univers punk et metal.

En 1981, Venom, un trio de musiciens qui n'est pas réputé pour ses qualités techniques, ouvre la porte d'un nouveau courant en créant l'album « Welcome To Hell » et en jouant à fond sur l'imagerie satanique. En 1982 le titre de son deuxième album se veut on ne peut plus clair : « Black Metal ».
VenomEn 1983 des adolescents boutonneux viennent achever de révolutionner tout ça avec un album nommé « Kill Em' All » où la musique, technique, nerveuse et inventive, prédomine sur le chant.

Côté européen, le Metal allemand est toujours en force avec l'arrivée d'Accept, qui intègre à son heavy des éléments de musique classique et des choeurs.

Metallica pose les bases du Thrash Metal, une musique aussi violente que progressive. Megadeth (le groupe de Dave Mustaine, viré de Metallica), Slayer, Anthrax, Exodus, Death Angel et quelques autres enfoncent le clou. Le champ du thrash metal saura lui aussi s'élargir quand Sepultura y intégrera des éléments ethniques (« Roots »).

Mais l'heure de gloire de Metallica n'est pas encore venue, et des groupes aux cheveux permanentés (qu'on appelle désormais hair metal ou glam metal) comme Bon Jovi sont de véritables hit makers qui tiennent le haut du pavé avec des albums comme « Slippery When Wet » et « New Jersey ».

De son côté, Manowar invente le power metal en donnant un côté épique à sa musique. Il arbore des tenues dignes de Conan le Barbare et en promet « Death To False Metal » aux mous du genou, c'est à dire tous les autres groupes puisqu'il est le meilleur du monde.

Des guitaristes virtuoses (Vai, Satriani) imposent pendant ce temps leur style néo-classique.
Cependant le Hard/Heavy s'essouffle. A l'instar de Kiss et de son tube disco « I Was Made For Lovin' You » (1979), de nombreux groupes cèdent aux sirènes de la radio FM et se noient sous des nappes de clavier. 

Blackfoot, Rose Tattoo, Tygers Of Pan Tang, auteurs de tueries en guise de premiers albums, perdent momentanément leur âme. Il est donc logique que la fin des années 90 voit le Metal totalement ringardisé par un nouveau venu : le grunge ! Le titre « Smell Like Teen Spirit » est un véritable tsunami qui passe toute la journée sur les ondes FM.

Exit les cheveux permanentés et les futals en peau de zèbre : Nirvana, Soundgarden, Alice In Chains arborent un rock minimaliste mais puissant et ils montent sur scène sans panoplie. Ils font cependant trembler le rock sur ses fondations ! Il faudra toute la force d'un Guns N' Roses pour remettre les choses en ordre avec ses deux « Use Your Illusion » magnifiquement produits.

Metallica met également la main à la pâte avec un album éponyme, couramment connu sous le nom de « Black Album ». Il sera son opus le plus populaire mais il signe pourtant la fin de sa domination sur le thrash international et de sa suprématie sur la musique Metal en général...

Dans la même période, le black metal initié par Venom suit son chemin satanique jusqu'à l'extrême et jusqu'au fanatisme avec Mayhem, dont l'histoire vraie et les dérives criminelles sont parfaitement expliquées par le film Lord Of Chaos.

Ainsi se construit en permanence l'histoire du Metal, faite de courants, d'affluents, de confluents, de ramifications, rarement d'impasses... Des rivières parfois souterraines, mais qui ne manquent jamais de revenir en surface le temps d'un revival (The Black Crowes, Greta Van Fleet ).
On trouvera ainsi toujours des parentés et des fondateurs qui insèreront de nouveaux ingrédients qui donneront naissance de manière plus ou moins caractérisée à une branche novatrice.
Ainsi Helloween (encore un groupe allemand) qui prépare l'arrivée d'Angra, Rhapsody, Edguy, et du heavy mélodique...

Ainsi Therion qui est l'un des premiers à inviter des chanteurs lyriques sur sa musique amplifiée avant que Tarja ne transforme le métal symphonique en or avec Nightwish. Le leadership du Metal européen passe alors durablement aux mains des pays scandinaves. Ils détiennent toujours les rênes aujourd'hui.
Ainsi Mother's Finest qui intégrait du funk à sa musique dès les années 70, bien avant Extreme (« Get The Funk Out »),  Suicidal Tendencies ou Rage Against The Machine... 

Qu'il incorpore du chant guttural (un domaine que je connais mal, mais si quelqu'un veut bien m'en expliquer l'histoire, je suis preneur !) ou du chant tibétain (The Hu), des éléments industriels (Rammstein, Nine Inch Nails), du hip hop (Korn, Rage Against The Machine, Body Count), des éléments ethniques (System Of A Down, Sepultura, Dirty Shirt), le Metal est une éternelle prolongation de lui-même sans cesse renouvelée. Laissé pour mort cent fois, il s'est toujours régénéré. Et si les pistes de demain s'écrivent bien aujourd'hui, il semble qu'elles trempent leur plume dans la même encre qu'hier...

PRINCESSES LEYA (métal parodique), Big Bang Therapy (20/10/2023)

Le 30/10/2023

Mettant pleinement l'accent sur le volet musical, Princesses Leya gagne en maturité mais continue à rouler sur les jantes. Il est donc normal qu'il fasse des étincelles.
Par Ahasverus

Après sa désopilante « Histoire Sans Fond » qui   les voyait partir à la recherche d'une partition secrète sur la planète Chlamidia 4, les Princesses Leya sont de retour avec un nouveau concept-album, « Big Bang Therapy ».
01 visuel album princesses leya big bang therapy 1440x1440 rvbMais rappelons d'abord pour les non initiés que Princesses Leya est né en 2017 de la rencontre de Dedo (chant) et Antoine Schoumsky (guitare, chant), musiciens, mais également comédiens issus du théâtre et du stand-up
L'affaire est d'abord un spectacle qui mélange humour et métal, puis l'alchimie fonctionne si parfaitement que les Princesses se retrouvent en tournée durant plusieurs années et finissent par convenir que l'aventure pourrait prendre avantageusement une tournure discographique. Elle se concrétise par la sortie de  « L'Histoire Sans Fond », alternance de sketchs et de morceaux aux textes savoureux tels que  « Ouais Ouais Ouais »,  « Tue Tes Parents » ou  « Je Vous Emmerde Et Je Rentre A Ma Maison ».

En 2023 leurs majestés remettent donc le couvert avec un spectacle flambant neuf, « Big Bang Therapy », choisissant cette fois-ci de présenter l'album avant le spectacle. 
Si leurs péripéties précédentes conduisaient les Princesses à sauver une dimension parallèle, c'est cette fois TOUTES les dimensions que nos héros vont devoir secourir.
Ce fil conducteur est prétexte à passer au prisme des Princesses Leya des thématiques souvent sérieuses telles que la misère sexuelle (Baise Tout Seul), le capitalisme (Boulimie cannibale), le nucléaire (« Push »), le complotisme (Complotriste) ou l'analphabétisme (Analfabet).

Majoritairement musclée, usant de Metal, de grunge et de pop punk,  la dérision permanente des Princesses Leya, à la manière de formations telles que les Fatals Picards, Les 3 Fromages ou Ultra Vomit mais avec une approche conceptuelle, leur permet de nous entraîner ponctuellement vers des rythmes reggae (« Sèvres Babylone ») et des percussions caraïbes (« Jojoba »).
Faisant évoluer la recette, « Big Bang Therapy » n'est entrecoupé que de quelques sketches, permettant au nouvel album de gagner en homogénéité.

Mettant pleinement l'accent sur le volet musical, ce nouvel opus des Princesses Leya prend en maturité mais continue à rouler sur les jantes. Il est donc normal qu'il fasse des étincelles.
Princesses Leya sera en concert à Paris (Trabendo) le 08/12/2023. Opium du Peuple saura parfaire la soirée.
22 photo presse 12 princesses leya c carlos olmo