INSTRUMENTAL

Chronique d'Album : FUZZCRAFTER (Fuzz Rock), "C - D" (2020)

  • Le 15/12/2020

Le Groupe : FUZZCRAFTER
L'Album : "C - D" (2020)
Le Genre : Fuzz Rock
L'Origine : Lyon

Par Ahasverus


Préambule dispensable :

N'ayant d'autre culture que celle du plaisir de l'oreille, je ne me sens pas légitime pour présenter des albums instrumentaux. Lorsque celui de FuzzCrafter est arrivé dans la boîte du zine, je l'ai naturellement proposé à mes camarades chroniqueurs qui pratiquent d'un instrument.
"- Ouh la ! m'a fait Pépé St@kaTTo, que Dam'Aël  avait  sorti dans le parc pour qu'il s'aère, c'est beaucoup trop technique pour moi !
- Ah bon ? Ca va trop vite ? Pourtant  j'ai trouvé ça sympa et d'une grande fluidité.
-
Bougre de petit c** ! Est-ce que j'ai parlé de vitesse ? réplique-t-il en essayant d'attraper sa canne pour m'en filer un coup.
- Arrête de t'agiter Pépé !" se fâche Dam'Aël en crachant son mégot. Elle venait de passer cinq bonnes minutes à installer  le coussin sous la tête du vieux.
Pépé St@kaTTo se calme. Il a toujours craint Dam'Aël parce qu'elle le frappe quand il n'écoute pas.
" - C'est pas une histoire de vitesse, petit, reprend-il un ton en dessous, mais d'utilisation de gamme et de structure du morceau. Comme sur certains styles de jazz.
- Tu en parles bien, Pépé. Tu nous la fais,  cette chronique ?
- Pas question ! gueule Dam'Aël en poussant le fauteuil du vieux. Il doit d'abord venir avec moi chez le notaire pour signer les papiers de l'héritage.
- T'inquiètes pas fiston, m'assure Pépé en s'éloignant : t'as un coup de coeur, alors tu peux la faire cette chronique, faut pas hésiter !
- Mais Pépé... J'ai un coup de coeur, mais tu sais que je manque de bagage technique pour parler des instrumentaux !
- Ca ne t'a pas empêché d'aimer l'album ! crie-t-il en tournant dans le couloir. Tu sauras trouver les mots !"
Je suis retourné dans ma chambre, et j'ai posé le CD sur la platine...

Front back digi


Le Groupe :

FuzzCrafter est un trio instrumental monté sur une base guitare/basse/batterie mais qui utilise également d'autres sonorités qu'il tire d'un synthétiseur modulaire, du darbouka ou du bouzouki.

Il se forme à Lyon en 2015.
Ses influences proviennent du rock prog ou hard des 70's,  (Black Sabbath, King Crimson, Yes, Rush, Deep Purple…) et de la scène psychédélique moderne (Elder, Karma to burn, Atomic Bitchwax, Hypnos 69).
En 2016, FuzzCrafter sort un premier album, intitulé "A - B"  (Défense de spoiler le nom du troisième album ?). Au vu du nombre de clients Bandcamp qui l'affichent dans leur CDthèque, on suppose que "A - B"   a trouvé son public, remportant un beau succès à l'international.
En 2018, FUzzCrafter nous fait patienter avec un EP trois titres capturé sur une scène lyonnaise,  intitulé "Live at Le Farmer".
En 2020, FuzzCrafter revient avec un nouvel album...

"C - D"

L'Album :

"C - D" est un six pistes pour plus de quarante-et-une minutes.
"C - D" a été enregistré "live" courant octobre 2020, sans overdubs, le groupe privilégiant l'authenticité et la spontanéité.  Il a été mis en boite au Tubecult Mastering  de Villeurbanne selon les modalités suviantes : enregistré par Sacha Besson, mixé par Sacha Besson et Vincent Quilichini, masterisé par Sacha Besson.
Son artwork est signé Jo.Riou (si vous aimez les design psyché/vintage allez voir ce qu'il fait vous allez vous régaler ! : https://www.facebook.com/Jo.Riou.Graphics).

Fuzzcrafter cd 3000pix
L'album n'est qu'à six euros en format numérique (prix Bandcamp). Il fait aussi l'objet d'une édition vinyle et CD.

Les Critiques :

  • "Les Fuzzcrafter nous offrent sous une bonne couche grasse de fuzz des passages entre blues et jazz, où ils déroulent des gammes mine de rien et font passer le tout grâce à un tempo toujours très swing."
    https://desert-rock.com

Notre Avis :

Une fois n'est pas couturme, me voici  avec le casque sur les oreilles pour parler d'un album instrumental qui bizarrement réussit à m'accrocher, la spécialité n'étant  pas ma tasse de thé. Et pourtant...

  • L'album s'ouvre sur un "C1" qui  groove si bien qu'on s'attendrait presque à voir Renato Di Folco, le chanteur de Flayed,  débouler pour prendre part à la nouba. Le trio guitare/basse/batterie se concerte, puis part en cavalcade avant de revenir pour un épilogue groovy.
  • "C2", qui succède, montre ses racines 70's façon Sabbath. Les ambiances captivent avec une telle diversité qu'on voyage du hard vintage au desert rock mexicain en passant par le psychédélique sans réaliser qu'on reste dans la même pièce pendant treize minutes.
  • L'éthno-acoustique "C3"  aurait pu figurer sur un album de Led  Zeppelin. Les instruments tirent maintenant "C - D" vers un folk-rock pour qui le gimmick électrique de "D1" sonne le glas.
  • La basse habille superbement "D1", se détache de la guitare pour suivre ses propres chemins. Les échanges synthé/basse/guitare sont parfaits. La batterie connaît aussi son heure, avec ses petits instants solo. On retrouve le charme d'un vinyle de Sabbath période "Paranoid", quand chaque instrument était une  pièce maîtresse de l'album.
  • "D2" est un très joli morceau de desert rock, tout en feeling, avec des guitares qui charment. Puis les instruments se soudent pour devenir un stoner compact avant de se lancer du une chevauchée sabbathienne. Un pur délice ! A ce moment précis je comprends pourquoi j'aime cet album instrumental : j'y retrouve ce qui faisait la force des envolées du trio Butler/Iomi/Ward  des débuts. Puis le morceau repart vers un stoner-rock plus actuel, se permettant des incartades jazz-rock et un beau dialogue guitare/basse.
  • "C - D" se conclut par "D3", un  morceau de moins de deux minutes qui me fait penser au début du "Bron Y Aur Stomp" de Led Zep.

"C - D" est un opus extrêmement kiffant, truffé de moments savoureux qui ne sont pas sans rappeler le brio  des pionniers du genre métal du early 70's. Le son a trouvé la juste dose de vintage pour être dans le ton. "C - D" ravira donc même ceux qui, comme moi, ne sont pas habituellement preneurs de l'exercice instrumental, parce qu'il ne s'agit pas ici de l'album d'un virtuose soutenu par deux compères, mais bel et bien  d'un power trio dans lequel chaque instrument amène sa pierre pour construire l'édifice.
Technique, Fuzzcrafter ?  Aucun doute si Pépé St@kaTTo l'affirme. Mais il avait raison l'ami St@kaTTo  : peu importe la technique, c'est le plaisir qui prime. Cet opus en regorge, et quand on pense que tout ça a été capturé live, on imagine la surdose de bohneur de la petite souris du studio...

Line-Up :

  • Vincent Quilichini - Guitars
  • Sacha Besson  - Bass, Acoustic Guitar, Bouzouki
  • Guillaume Coplo (Orion Dust, Mama's Good Fellows) - Drums, Darbouka, Modular Synth

Tracklist :

  1. C1 (04:55)
  2. C2 (13:13)
  3. C3 (03:58)
  4. D1 (04:19)
  5. D2 (13:18)
  6. D3 (01:50)

Liens :

https://open.spotify.com/album/1qJCzDQsCvmZVjJqeya6Ez
https://fuzzcrafter.bandcamp.com/album/c-d
https://www.facebook.com/fuzzcrafter
https://www.youtube.com/channel/UCEIPX8UOLHHAp602JZMLZ8Q/featured



 

 

Chronique d'album : PAST AND SECRETS (Metal Progressif), "Memories" (EP - 2020)

  • Le 29/10/2020

Groupe          :   Past and Secrets
Album            :    “Memories”
Genre            :    Métal Progressif / Atmosphérique / Djent (*)
Influences    :    Periphery / Meshuggah / Pink Floyd (?)
Origine          :    Lille (2019)
Sortie            :    07/10/2020

Par Pépé St@kaTTo

Line-up :

  •  Yohan Delasalle : multi-instruments (Ex-guitariste de Misery)
  •  Guitaristes invités : Ludovic Dinh, Pat Mulot, Tiem et Oscar Salas

(Mixed and Mastered by Vyrah Studio)

Après «Baby M», paru le 25 septembre 2019, mixé et masterisé par Mickael Streckleg (Kickace Productions) et featuring Mika Dienstun, premier morceau annonçant la naissance du projet,  puis «Born», paru le 14 décembre 2019 avec en invité Pat Mulot, le mini EP 5 titres «Memories» sort enfin le 07/10/2020.

Past and secrets
Past and Secrets est avant tout le projet solo de Yohan Delasalle, compositeur et guitariste de génie comme nous le découvrirons en explorant cet album instrumental.


L’album 

1. Heaven For Them
2. Strange Mystery (feat.Ludovic Dinh)
3. BoRn (feat.Pat Mulot)
4. Dancin' Together (feat.Tiem)
5. The Day You Turnaround (Feat.Oscar Salas)

  • Après avoir jeté un oeil sur la pochette pastel et sobre de «Memories» qui nous annonce d’emblée un plongeon dans un hyper-espace Progressif et futuriste, l’EP démarre avec «Heaven for them». Avec une intro d’éléments déchainés (pluie et orage) vite rejoints par une nappe de clavier très ambient, les parties guitares aériennes font à leur tour une entrée fulgurante comme un rayon de soleil pour réchauffer l’auditeur. La mélodie apportée par le piano est belle et apaisante, chaque instrument se fondant en une douce alchimie. Une très bonne entrée en matière.
  • «Strange mystery» avec son intro langoureuse guitare/synthé laisse place ensuite à un tempo plus endiablé, rythmique lourde et plombée, pour retomber sur un passage plus calme où la basse et le clavier vont amorcer l’arrivée du solo flamboyant de Ludovic Dinh.
  • «Born». On retrouve ici le tout premier morceau de Past and Secrets, véritable genèse du projet. Mon morceau préféré de l’album, le plus abouti à mon sens et le plus Métal Prog’. Un battement de cœur lance le morceau dans un bouillonnement de claviers très atmosphériques appuyés par une rythmique implacable. On retrouve au milieu du morceau le pont au synthé très lent qui va relancer avec plus de puissance la machine et permettre à Patrick Mulot de conclure par une salve de tapping très envolée !

  • «Dancin' Together» avec son intro en son clair, ses passages atmosphériques et très dissonants, limite fusion, est également un morceau très aérien, ponctué par des passages alternés de riffs de guitares calmes ou tranchants. Le solo de fin de Diem sur sa guitare headless sept  cordes est particulièrement fluide, intéressant et technique (sweeping / speedpicking).

  • «The Day You Turnaround» va clore le chapitre de cet EP sur une note de mélancolie. Appuyé par une intro clavier très solennelle et cérémonieuse, la «communion néo-progressive» trouve ici son apothéose : envolées de guitares, fusion magique des parties claviers, chaque instrument s’imbrique parfaitement. Le gimmick récurrent accroche l’auditeur tout au long du morceau et le guide jusqu’au bouquet final du solo de Oscar Salas.


«Memories» laisse place à l’imagination et à la rêverie, une bouffée d’oxygène pour égayer notre époque funeste.
Le niveau de technicité de cet album est hallucinant et ravira autant les amateurs de Métal Progressif que les guitaristes avides de passages techniques !
Très mélodiques par la richesse de ses compositions, Yohan Delasalle livre ici cinq pépites dont il est le seul orfèvre et que je vous laisse découvrir et apprécier :   


https://pastandsecrets.bandcamp.com

https://www.facebook.com/Past-and-Secrets-106930977363305

Matoscope

  • Yohan Delasalle : Endorsé Laboga (Pologne) tête ampli + cabs, endorsé Skull Strings (7 cordes, tirant 011/072)
  • Ludovic Dinh : Endorsé Guitares Ibanez
  • Tiem : Guitare Strandberg Boden Original Serie (headless)
  • Oscar Salas : Guitare Strandberg Boden Fusion 10th Anniversary Edition
  • Pat Mulot : Guitare Jackson 7 cordes

(*) : Le djent est un sous-genre musical de Heavy Métal, dérivé plus précisément du Métal Progressif. Le mot «djent» est tiré de l'onomatopée produite par le son d'une guitare accordée basse, à haut gain et forte distorsion, utilisant la technique du palm mute. La technique fondatrice du djent consiste en l'application d'une distorsion et d'un gain particulièrement élevé, le tout en restant très propre et précis (notamment grâce à l'utilisation de Noise Gates), associé à un sous-accordage conséquent (allant du Drop A au drop E à l'octave), sur une guitare électrique à sept  cordes ou plus (souvent huit). Cela entraîne au jeu un son mat, particulièrement saturé, aux sonorités agressives, mais néanmoins très propre et tranchant. (Source : Wikipedia)

 

Chronique d'album : UNITED GUITARS, Vol. 1 (Instrumental - 2019)

  • Le 01/02/2020
Groupe : United Guitars
Album : Vol. 1 (2019)
Genre : Instrumental
Origine : France
 
  Ils se sont mis à vingt-quatre pour faire un album, 
  On s'est mis à deux pour faire une chronique.    

Le Groupe :
United Guitars est un projet initié par Ludovic Egraz, rédacteur en chef du magazine Guitare Xtreme.
United guitars1
Il réunit vingt-trois guitaristes de renom (pour ne citer qu’eux : Norbert Krief, Axel Bauer, Gus G, Fred Chapelier) sur quinze compositions.
Un concert réunissant presque tous les intervenants de l’album se tiendra à L'Européen, Paris XVIIème, le 02/02/2020. Une convention (conférences, masterclasses) y siègera dès le 01/02/2020.

 

L’Album :
Ludovic Egraz souhaitait un album de compositions plutôt qu’un opus démonstratif. Il souligne dans https://www.unitedrocknations.com :
“Tout le monde avait carte blanche. J’ai tellement encouragé les gens à se lâcher que l’album est devenu un double, parce qu’on a explosé les durées. On s’est retrouvés avec des morceaux entre six et dix minutes.
Ludovic Egraz s’est évertué à employer certains musiciens à contre-emploi, tels Judge Fredd sur le planant Rainy Day in Brooklyn.
Porteur du projet, Ludovic Egraz en est également acteur : il est le vingt-quatrième guitariste de l’album (Melody for Beggars, Back to Earth)
Ce casting royal s’est entouré d’une section rythmique à sa mesure : Yann Coste (No One Is Innoncent) et Morgan Berthet ( MYRATH ) se sont relayés à la batterie, François C. Delacoudre a tenu la basse.

 

Les Critiques :

 

L’Avis de Dam’Aël :
Il tenait, ce sacré Ludovic Egraz, à remettre en avant son instrument favori, cette maîtresse qui ne le quitte jamais et qui obéit à tout... sous l’agilité de ses doigts. Promesse tenue, prouesse réussie et pari gagné ! Il s’agit bel et bien d’un superbe album de composition instrumentale dans lequel, bien évidemment les guitares sont les maîtresses de la scène, mais l’équilibre est tel que tous les instruments sont bien présents et tout autant mis en valeur. Et le résultat obtenu est une véritable composition parfaitement bien réalisée tant dans le jeu des musiciens que dans la production finale du joli bijou que United Guitars nous a taillé : un magnifique joyau qu’il n’est nul besoin de retailler. Un album de haute voltige où les paroles sont muettes et tant mieux, tant la virtuosité et la sensibilité qui s’expriment au travers de chacun des jeux sont Ô combien suffisantes pour ravir tout autant les passionnés de la six ou douze cordes que les non aficionado en la matière. Nous avons là une excellente brochette de virtuoses pour la grande majorité français (à l’exception de Gus G et Rick Graham) qui, de façon collégiale, nous ont concocté une galette de pur plaisir, car la recette a été de varier les styles : mélodie (Vaisseau Amiral avec Axel Bauer et Norbert Krief), métal (Melody for Beggars avec Ludovic Egraz), heavy (US vs Them ou As Years Go By ou Exogen bien puissant et où la batterie de Yann Coste déchire), bluesy (In Stages qui rappelle étrangement Gary Moore ou David Gilmour ou Rainy Day in Brooklyn), jazzy ( Symbole) et même bossa (Boulevard des Anonistes)...
Alors juste un simple et unique conseil, pour tout ceux qui se trouvent sur Paris, courrez vite acheter votre billet pour ce “week-end-concert” de United guitars. Vous allez y passer des moments mémorables et vos esgourdes vous remercieront de leur permettre de rentrer dans ce pavillon guitaristique.

 

L’Avis d’Ahasverus :
Un peu à l’instar de Nicolas Foucaud et de son album Sapiens (2019) qui proposait au gratin des chanteurs français un projet de Rock acoustique, Ludovic Egraz a eu, avec United Guitars, l’idée de génie qu’il nous fallait et le petit carnet d’adresses qui va avec.
Qui mieux qu’un rédac’ chef de magazine de guitare pouvait mener
United à bien ? Il offre aux six-cordistes français + guests l’hommage et la tribune qu’ils méritent ! L’album passionnera les zicos et les techniciens, mais sa diversité, sa musicalité et la qualité de ses compos, le rendent compatible à tout amateur de Rock et de Metal, même à ceux que l’instrumental a tendance à faire fuir tant tout cela tient de l’excellence.

 

Les Infos Utiles :