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Sortie d'album : SUN (Grunge) - Brutal Pop (EP - 2019)

Le 17/12/2019

Groupe : SUN
Album : Brutal Pop (EP - 2019)
Genre : Grunge
Origine : Île de France

 

Le Groupe :
Ne soyez pas étonné si son visage vous est familier : c’est qu’en 2014 que la franco-allemande Karoline Rose représente l’Allemagne à l’Eurovision. En 2016, elle est l’une des candidates de l’émission The Voice. Elle participe également à plusieurs comédies musicales (“1789, les amants de la Bastille”) et partage l’affiche avec Nina Hagen.
En 2017, celle qui montait son premier groupe de Death Metal à quinze ans retrouve ses passions premières en lançant avec Vincent Kreyder (Rosa†Crvx, The Vision Bleak, Sun of the Sleepless) une formule métallique batterie / guitare-chant : SUN.
 
 
SUN était en ce mois de décembre 2019 sur la scène des Transmusicales de Rennes.
Il a également lancé cette année son premier EP :

“BRUTAL POP”

SUN - Brutal Pop (2019)
Quelques données sur...

 

L’Album :
“Brutal Pop” est un quatre titres pour 14 minutes 53.
Il est produit par Dan Levy ( The Dø ), que Karoline Rose rencontre en 2015 alors qu’elle joue en première partie de JEANNE ADDED.
“Brutal Pop” est illustré par plusieurs vidéo-clips, SUN ayant tenu à marquer l’accent sur chacun des morceaux.

 

“Brutal Pop” est aussi le terme par lequel Karoline Rose entend caractériser sa musique et une recette à laquelle elle songe depuis l’âge de treize ans.

 

Les Critiques :
. Tout est dit dans le titre de ce premier EP de SUN, et sa Brutal Pop où se mélangent élégance et brutalité crue.
https://amongtheliving.fr/chronique-album/sun-brutal-pop-ep/

. “Le talent à l'état pur !
https://www.unitedrocknations.com/chronique-sun-brutal-pop-3174

 

. Vocalement, Karoline convainc, avec sa puissance indéniable, son charme vénéneux et ses inflexions brutales.
http://www.metalnews.fr/chroniques/brutal-pop

 

. SUN n'est pas seulement une autre paire de noise makers en quête de gloire grâce à une combinaison d'adrénaline et de volume car, sous la posture, il y a un degré notable d'intensité émotionnelle qui transforme ces chansons en performances captivantes.
https://www.bluesbunny.com/Reviews/ReviewID/2932/xmps/11123

 

. “Si vous êtes un fan de Metal imprégné de Pop, SUN est définitivement un groupe pour vous.”
http://www.thevinyldistrict.com/uk/2019/12/uk-artist-of-the-week-sun/?fbclid=IwAR0iBkT4srrQKSF4sBh7IuZmzqyBLclk4O9X4kHxEg0Dr1y1KUQxI07_p9g

 

Notre Avis :
Il vous suffira de trente secondes de Brutal Pop pour mesurer le talent de Sun. Le reste ne fera que vous confirmer la première impression : c’est l’un des EP les plus accrocheurs de l’année 2019, dans la lignée des Courtney Love et autres Babies In Toyland.
Rien à dire de plus, juste à espérer que la très sollicitée Karoline Rose trouvera le temps de poursuivre la voie tracée par cette petite bombe de quatre titres.
A suivre impérativement.

 

Infos Utiles :

 

Sortie d'album : SCARLEAN (Prog’Metal) - Soulmates (2019)

Le 14/12/2019

Groupe : Scarlean
Album : Soulmates (2019)
Genre : Prog’ Metal
Origine : Avignon/Valence
 
Le Groupe :
Scarlean s'est formé en 2013. On trouve trace d’un MCD éponyme la même année.
Sur l’origine de son nom, le groupe expliquait lors d’une interview :
C'est la contraction de deux mots : SCAR pour la cicatrice, et LEAN pour sèche, fine littéralement. Cela représente pour moi les marques de la vie, les événements qui font nos personnalités. Le passé qui perdure à travers le corps, marqué comme un tatouage. Les blessures de l'âme en quelque sorte, qui guérissent mais ne disparaissent jamais.
(source : https://rockyourbrain.wixsite.com/undergroundyourrock/scarleanmetalfrance)

En 2016, Scarlean sort son premier album : “Ghost”.

Scarlean ghost

SCARLEAN - Ghost
Interrogé quant au style musical de Scarlean, Alexandre (chant) précisait dans une interview de 2018 :
Je ne sais pas vraiment, on s’est mis l’étiquette Rock/Metal Alternatif, mais à chaque chronique on nous trouve un nouveau style (rires). Nous faisons de la musique avec un son Metal, mais nous faisons surtout des chansons, tu peux jouer chaque titre de l’album avec une guitare sèche et une voix. Nous n’avons pas la culture du riff à tout prix, nous sommes plus intéressés par les arrangements et faisons au mieux pour créer une émotion. Alors Rock/Metal Alternatif c’est pas mal, ça veut tout et rien dire. On fait du Scarlean avant tout.
(source : https://www.soilchronicles.fr/interviews/scarlean)

Perfectionniste donc insatisfait, le combo décide de retravailler ce premier opus et de le rééditer dans une version 2018.
En fin d'année 2019, Scarlean revient avec un nouvel album,

“Soulmates”

L’Album :
Soulmates est un onze pistes de cinquante-six minutes.
Il est paru chez Mystyk prod.
La créature à la Nosferatu retrouve sa place sur l’artwork.

Scarlean soulmates cd digipak 89428 1

SCARLEAN - Soulmates (2019)
Ces âmes-soeurs se déclinent dans une jolie version collector vinylique.
Jessie Louveton assure les choeurs féminins, tandis qu’Eric Lebailly (Adagio , Louis Bertignac) tient la batterie.
Anneke Van Giersbergen (The Gathering) prête sa voix sur “Wonderful Life”, reprise du standard 1986 du groupe de Pop britannique Black.
Sur ce choix, quelques explications d’Alexandre :
Je ne saurais, je pense, pas chanter le texte d'un autre à part si vraiment il me correspond, comme par exemple celui de "Wonderful life" que nous avons adapté à la Scarlean sur Soulmates. Les textes parlent souvent de la condition humaine, les sentiments, l'actualité, la dualité... (...) Cette chanson représente parfaitement la dualité des sentiments comme je l'expliquais plus haut. Elle parle de solitude et de recherche de bonheur. Nous avons fait en sorte de lui donner notre identité, et accentuer le message. C'est une vie magnifique, encore faut-il la comprendre et l'accepter. Anneke est une chanteuse incroyable, je suis fan depuis vingt-cinq ans ! J'ai jeté une bouteille à la mer, car j'avais vraiment envie de l'entendre sur ce titre. Et nous avons eu je pense beaucoup de chance ! Car elle a répondu immédiatement par un grand oui ! Elle a eu carte blanche sur le morceau, et nous sommes extrêmement fiers de l'avoir sur ce titre, c'est un vrai rêve de gosse qui se réalise.
(source : https://rockyourbrain.wixsite.com/undergroundyourrock/scarleanmetalfrance)

 

Ces explications objectives faites, voici...

 

Notre Avis :
Amateurs d’un Metal racé, légèrement Prog’, parfois atmo, on ne saurait trop vous recommander le nouveau Scarlean, un groupe qui apporte décidément beaucoup de soin à ses opus.
La formation avait réalisé avec “
Ghost” un très bel album. Elle enfonce le clou et affine sa signature avec un “Soulmates” puissant, plus dynamique et très abouti.
Cerise sur le gâteau, Anneke Van
Giersbergen transcende la cover métallisée du standard pop “Wonderful Life”. On ne boudera pas notre plaisir même si on aurait préféré savourer les volutes de la Divinissime sur une composition originale.
Un bien bel album, ce Soulmates, un poil supérieur à un aîné qui présentait pourtant déjà de remarquables qualités...

 

Les Infos Utiles :

 

Sortie d'album : LE GRAND SBAM (Expérimental), Vaisseau Monde (2019)

Le 13/12/2019

Groupe : Le Grand Sbam
Album : Vaisseau Monde (2019)
Genre : Avant-Garde
Origine : Lyon

 

Le Groupe :
Comme il existait jadis un village d’irréductibles Gaulois, on trouve dans la capitale des Gaules un petit label d’une grande qualité qui lutte contre le formatage ambiant et trouve son bonheur en s’exprimant en dehors des sentiers contrôlés par le commerce de la musique.

Dur et Doux - c’est le nom du petit label - réunit des musiciens qui se croisent et se décroisent au rythme de formations originales, souvent expérimentales, toujours en opposition. Leur devise ? “Ça marchera jamais” !

 
Marie Nachury (Brice et sa pute, Monstre), Antoine Arnera (PoiL), Mélissa Acchiardi (Hidden people, Herr Geisha & the Boobs), Boris Cassone ( Poil, Sheezahee, Herr Geisha & the Boobs), Jessica Martin Maresco (Pili Coït) et Guilhem Meier (PoiL), tous poulains de cette écurie, se sont retrouvés pour donner libre cours à leur créativité dans un collectif de recherche et d'expérimentation musicale : Le Grand Sbam.
Leur album, sorti en cette fin d’année 2019, s’appelle...

VAISSEAU-MONDE

L’Album :
Vaisseau-Monde est un voyage expérimental en cinq titres.
Ses trente-sept minutes lui confèrent néanmoins un format “album”.
Son artwork est de Chloé Bonnard.
Le Grand Sbam - Vaisseau Monde (2019) - Artwork Chloé Bonnard.
Vaisseau Monde est un album imprévisible et contemporain.
Il a été enregistré au studio Pierrefilant (Studio rouge. Pierre Filant 69640 Rivolet). “Pierrefilant” (2018) c’est aussi le titre d’un album de Saint Sadrill, autre membre de la petite famille Dur et Doux.
Sur Vaisseau Monde, seul “Woubit”, quatrième piste de l’album, descend sous la barre des six minutes.
Vaisseau Monde a fait l’objet d’un “teaser” réalisé en septembre 2015 au Bac à traille (Théâtre de La Renaissance - Oullins).

 
 
Ces présentations objectives réalisées, il convient de se pencher sur ...

 

Les Critiques :
. “Ceci n’est pas un disque, c’est une expérience. Attachez (très bien) vos ceintures.
http://www.adecouvrirabsolument.com/spip.php?article7810

. “L’aventure vaut le détour; c’est l’ivresse sonore, on se hasarde et on titube stylistiquement, mais on trouve la juste voi(e)x.
https://www.muzzart.fr/20191106_22954_le-grand-sbam-vaisseau-monde-dur-et-doux-6-decembre-2019/

 

. “Le Grand Sbam n’est pas un groupe normal, et “Vaisseau Monde” n’est pas un album dans la norme. L’individualité a son prix, et je suis plus qu’heureux d’avoir à le payer.”
https://www.bluesbunny.com/Reviews/ReviewID/2923/xmps/11123

 

Vaisseau Monde s'adresse davantage aux personnes qui veulent entendre un son intéressant, stimulant, excitant, et des groupes qui ne choisissent pas de flatter leurs goûts.
https://www.babyblaue-seiten.de/album_18409.html

 

Notre Avis :
Le Grand Sbam nous immerge dans un univers abyssal. Derrière les hublots de son Vaisseau Monde passent des sirènes (remarquable travail des voix) et autres créatures dansantes, imprévisibles et surprenantes.
Entre musique contemporaine et Fantasia chez les Progueux. Pour les amateurs de hors-piste essentiellement.

 

Les Infos Utiles :
Le Grand Sbam sur Bandcamp :
https://legrandsbam.bandcamp.com/
Le Grand Sbam sur Facebook :

https://www.facebook.com/GrandSbam/

Sortie d'album : LADY LIBERTY (Rock Hard 70's) - Lady Liberty (2019)

Le 12/12/2019

Groupe : Lady Liberty
Album : Lady Liberty (2019)
Genre : Rock 70’s
Origine : 2019

 

Le Groupe :
Lady Liberty est né en 2019.
Sur l’origine de son nom, le groupe relate cette belle anecdote dans sa biographie :
En 2012, The Senator, l’un des plus vieux arbres au monde, brûlait en Floride. Les autorités se posaient la question du clonage et d’un dopage aux stéroïdes afin de faire revivre ce symbole du Big Tree Park.
Devant le tollé naissant au sein de la communauté locale, le parc trouvait plus sage de protéger les arbres existants plutôt que de chercher à recréer les défunts.
Un arbre en particulier, qui se trouvait à quelques mètres du premier, retenait l’attention : âgé de deux mille ans, encore visible aujourd’hui, on l’appelait “Lady Liberty” pour sa ressemblance avec la statue de la liberté.
A l’heure où quelques grands groupes de Rock s’éteignent, Lady Liberty perpétue à son niveau l'esprit 70’s.

Evoluant sous la forme d’un trio chant-guitare/basse/batterie, il compte en son sein Vitha Sai. Nous avions déjà remarqué ce brillant vocaliste pour son travail au sein d’ AC22, le projet du Shakin’ Streeter Jean-Lou Ka.

A partir de l’été 2019, Lady Liberty mettait en ligne plusieurs vidéos captées Live au Trianon Hall :
 

 

En novembre 2019 sortait “Lady Liberty”, premier album du trio.

 

L'Album :
Qualifié de “chef d’oeuvre” par https://www.unitedrocknations.com/, Lady Liberty compte huit titres pour trente-quatre minutes.
 
Lady liberty

Pour “Lady Liberty”, le trio s’est adjoint les services de Laurian Daire, clavier de Jessie Lee & The Alchemists.
Le jeune groupe cite pour références Toto, Aerosmith, The Eagles, The Police, Rush ou Led Zeppelin. La voix de Vitha Sai a parfois été comparée à celle de Geddy Lee ou de Robert Plant.

 

Notre Avis :
En quelques mois d’existence Lady Liberty délivre un premier album de Rock Hard très professionnel, sans défaut et porteur d’une identité forte, comme pouvaient l’être un premier Led Zep ou un Black Crowes. On peut donc penser que c’est la marque des grands.
Les nappes du clavier de Laurian Daire soulignent agréablement cet esprit 70’s. Les compositions sont efficaces, conjuguant variété et homogénéité.
La formation compte en son sein, ce n’est pas son moindre atout, un diamant brut, un chanteur-funambule : Vitha Sai. Il va chercher des notes si loin qu’on en retient parfois presque son souffle.
Mais sous ses airs fragiles, Lady Liberty, loin de trébucher, réussit un coup de maître dès son premier jet de dés.
Les amateurs de bon son 70’s n’hésiteront pas à suivre son sillon. Qu’ils se préparent pour un long voyage : il est évident que le trio parisien a sous le pied de quoi les emmener loin et longtemps.

 

Les Infos Utiles :
 

 

JUNIOR RODRIGUEZ (Rock Psychédélique) - The Stellar Child

Le 09/12/2019

« Je voulais revenir à ce qui me fait le plus vibrer dans la musique. »
Junior 1
Junior Rodriguez - Photographie © Albéric Jouzeau
Multi-instrumentiste, Junior Rodriguez a joué avec des artistes aussi divers que LoudBlast (“Disquieting Beliefs” sur l’album “III decades live ceremony”) ou Dick Rivers (“Mister D”). Il a côtoyé Dave Grohl et les Queens Of The Stone Age. On l’a également vu en Islande dans le road-trip “Starting Form Nowhere” à la recherche d’inspiration et de sons inédits.
En 2019, il s’impose avec “Stellar Dream”, une incartade solo qui trouve ses origines dans les 70’s et agrémente son Rock Psychédélique de touches modernes et subtiles.
La tête dans les étoiles, les pieds ancrés sur terre par de profondes racines... c'est une belle définition de Junior Rodriguez.
Voici son interview.
 

Bonjour Junior Rodriguez. Je vous propose de faire un bond dans le passé. A qui doit-on votre goût pour la musique ? Vos parents ou Thierry Guerrero ?
Junior Rodriguez :
Je dois le goût de la musique à mes parents, mais surtout mon grand Frère Duff. Quant à ma passion pour la batterie, elle me vient de Thierry Guerrero, un ami qui m’a vu naître et qui a mis la première fois mes petites fesses de trois ans et demi sur sa batterie, instrument que je n’ai plus jamais lâché.

 

Vous vous souvenez du premier album que vous avez acheté ?
C’était une compilation de la Motown ! Avec dedans les Jackson Five que j’écoutais en boucle. J’analysais tout ce qu’il se passait dans leur musique au casque...
Premier concert auquel vous avez assisté ?
Je crois que le tout premier concert que j’ai vu c’était Linda de Suza au Cirque d’hiver avec mes parents quand j’étais tout petit. Mais sinon celui qui m’a le plus marqué quand j’étais plus jeune c’était définitivement Pantera au Zenith pour la tournée Great Southern Trandkill. Un concert comme on n’en reverra très certainement plus…

 

Après avoir joué avec votre frère, vous montez votre premier groupe, «Inhatred». Ca reste apparemment un excellent souvenir…
Des souvenirs impérissables ! Mon frère jouait également dans ce groupe. On était jeunes, en pleine ébullition de la fin des 90’s et de tout ce qui sortait à l’époque. C’était vraiment une période de dingues : on osait tout, on n’avait peur de rien.
Junior loudblast
LOUDBLAST - III decades live ceremony (2017)
Loudblast, Inhatred, Sublime Cadaveric Decomposition, Betraying the Martyrs... On ne compte plus vos contributions comme musicien ou technicien. Faites-vous partie de ces hommes qui ne dorment jamais ?
Bien au contraire, j’essaye de dormir mes huit heures par nuit. C’est justement important d’être en forme pour tenir la cadence. Donc j’essaye d’avoir de bonnes nuits de sommeil, par contre la journée je suis très actif et je m’organise au mieux pour avancer tout ce que j’ai sur le feu…

 

Vous avez été amené à travailler pendant six ans avec Dick Rivers. Un mot ou une anecdote sur ce pionnier du Rock en France ?
Un mec sincère, entier et une bible du rock n’ roll…
Il m’a accueilli à bras ouverts autant sur scène que chez lui lors de ces délicieux repas concoctés par sa femme Babette, que j’adore. Des fois il me faisait écouter ses disques préférés dans sa Cadillac… j’ai re-découvert bon nombre de classiques comme ça grâce à lui ! Ses coups de fils intempestifs me manquent beaucoup…
 
Junior mister d
DICK RIVERS - Mister D (2011)
Vous participez à l'album "Mister D" et partez en tournée américaine. Les rencontres et les expériences de cette tournée ont-elles eu une influence sur vos choix discographiques postérieurs ?
Bien évidement. C’est pendant cette période - et surtout en travaillant avec Oli Le Baron - que mon idée de me lancer en solo à germé. J’ai également re-découvert un paquet de disques grâce à eux..

 

Dans le road-trip "Starting From Nowhere" vous partez en Islande - accompagné seulement du réalisateur Albéric Jouzeau et de Benjamin Loriou (drone) - chercher sons et inspiration dans votre environnement. Êtes-vous aussi à l'affut de sons dans notre quotidien surexposé ?
Oui je suis toujours aux aguets…

 


Starting From Nowhere” est une expérience humaine et musicale. Ce road-trip est-il une richesse pour l'avenir ?

Absolument, cela m’a d’autant plus donné envie de continuer à vivre de nouvelles expériences…

 

Stellar Dream” est votre nouvel album, le premier sous votre nom propre. J'ai pensé aux 70's en l'écoutant, et particulièrement à Black Sabbath, Alice Cooper, The Doors... Je sais que c'est une filiation que vous ne rejetterez pas. Mais si j'ajoute que j'ai aussi songé par petites touches à Sébastien Tellier, à Daft Punk et à Strapping Youn Lad, qu'en pensez-vous ?
Strapping Young Lad totalement ! Daft Punk pourquoi pas. Sebastien Tellier je ne connais pas ce qu’il fait…

 
Le clip Just LIke You a été tourné en Namibie, avec une équipe locale qui travaillait déjà sur “Rendez-vous en terre inconnue”. Souvenirs de tournages ?
Une aventure incroyable ! Une très forte rencontre avec le peuple Himba mais surtout avec Yepua, cette petite fille qui joue avec moi dans ce clip et avec qui nous avons passé une semaine ensemble, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Nous nous sommes liés d’un lien très fort ainsi qu’avec son père. Pendant le tournage, sa maman a mis au monde une petite sœur dont ils m’ont fait parrain et demandé de lui donner son prénom. C’était un moment très fort…
Junior stellar

Junior Rodriguez - Stallar Dream (2019)

“Dali was a liar”...Une envie de mettre de la peinture dans votre musique ?
Dali junior rodriguez
Salvador Dali (1904 - 1989) - John Peter Moore, ancien secrétaire particulier de Salvador Dali, avait révélé avoir eu l'idée de faire signer au maître des feuilles en blanc qui seraient imprimées ultérieurement. Dali en aurait ainsi signé quelque 350 000, pour le prix de 40 dollars l'unité.
(Source La Croix)
Tout à fait ! Mais surtout de rendre hommage à mon peintre préféré. Je viens de l’art à la base, ayant eu la chance de pouvoir faire des études d’arts au lycée. Je me suis passionné pour Dali et Magritte…
Cette chanson fait référence à un documentaire très rare sur la collection de «Faux» de Dali. Ce texte est une discussion entre Dali, ses disciples et ses détracteurs qui tenaient des débats très endiablés le concernant…

 
Avec le road Trip "Starting From Nowhere" et votre album "Stellar Dream", on a l'impression qu'ayant commencé par la musique extrême vous aviez envie d'un retour aux sources déjà initié par les albums "Welcome Home"...
C'est exactement ça : je voulais revenir à ce qui me fait le plus vibrer dans la musique...
 
.Junior welcome
JUNIOR RODRIGUEZ, Welcome Home (2014)
En musique être autodidacte est une liberté ?
C’en est une, c’est vrai. Même si par moments je me dis que j’aimerais bien savoir lire la musique pour pouvoir communiquer plus facilement avec certains musiciens. Mais je m’y mets doucement ! J’arrive maintenant à mettre des noms sur la majorité des accords que je joue…

Vous vous êtes mis au piano et vous aimez jouer du violoncelle... Que de perspectives pour de futures compositions !
C’est exact ! On va voir ce que ça va donner pour la suite... mais j’ai envie d’aller plus loin, de me dépasser.

 

Qu'allez-vous faire dans les mois à venir ?
Les mois à venir vont être focalisés sur le live. On espère tourner le plus possible en 2020 pour défendre ce disque. Et en parallèle de belles choses se précisent avec mon frérot Waxx également… Disons que 2020 s’annonce comme une belle année si ça continue comme ça...

Merci Junior Rodriguez de m'avoir accordé cette interview.
Merci à toi
      
Junior glace
Junior Rodriguez - Photographie © Albéric Jouzeau

Informations utiles :


Suivre Junior Rodriguez :
https://www.juniorrodriguez.com/
Ecouter Junior Rodriguez :
https://juniorrodriguez.bandcamp.com/
Junior Rodriguez sur Facebook :
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Junior Rodriguez sur Instagram :
https://www.instagram.com/juniorrodriguez/
Les photographies de Junior Rodriguez présentées sur cette page sont d’Albéric Jouzeau :
http://www.albericjouzeau.com/
Junior Rodriguez sera en concert le 24/01/2019 à Issy-Les-Moulineaux ( Espace Icare ) avec The Psychotic Monks.

 

 

 

Sortie d'album : BLACKRAIN (Hair Metal) - Dying Breed (2019)

Le 06/12/2019

Groupe : BlackRain
Album : Dying Breed (2019)
Genre : Hair Metal
Origine : Annecy

 

Le Groupe :
BlackRain naît au début des années 2000 à Annecy à l’initiative de Swan Hellion (guitare et chant) et de Max 2 (guitare), deux camarades de collège.
Sa première production est une démo cinq titres intitulée Twilight, Rain and Darkness (2003).
En 2006 sort son premier album, BlackRain. Il est suivi par License To Thrill (2008) puis par Lethal Dose of ... (2011).
En 2012, BlackRain participe à l’émission télévisée La France a un Incroyable Talent et parvient en finale.
Les albums (It Begins ) (2013) et Released (2016) lui permettent de s’imposer comme l’un des fers de lance du Glam français.
BlackRain était au Hellfest 2019 (Main Stage 2).

Il a été cité parmi les dix meilleurs groupes français aux côté de Noir Désir, Trust, Téléphone ou Mass Hysteria par le magazine britannique Classic Rock.
Poursuivant son rythme ternaire, BlackRain revient en 2019 avec un nouvel opus :

DYING BREED

L’Album :
Dying Bride présente douze morceaux pour une durée totale de quarante-six minutes.
L’album est entièrement composé et enregistré en Suède sous la houlette de Chris Laney, qui avait déjà oeuvré sur License To Thrill.

Cover 1

 "Blast Me Up", figurant déjà dans l'album It Begins, a été réenregistré pour l’occasion.

Le groupe s’expliquait sur ce choix dans le webzine The Unchained :
C’est une chanson qui est sortie sur It Begins et nous n’avions plus les droits sur cet enregistrement. Il n’est plus commercialisé et écoutable nulle part, à part le clip sur Youtube, c’est la seule possibilité. Comme c’est une des meilleures chansons qu’on a en live, une des chansons sur laquelle les gens répondent le mieux, on pensait que c’était important de la ré-enregistrer car on n’était pas totalement satisfaits du mixage de It Begins. Du coup c’était sympa de la faire mixer par Chris Laney.

Source : https://theunchained.net/2019/09/13/black-rain-groupe-musique-interview-swan-hard-rock-cafe-paris-heavy-metal/

Pour clôturer l’album, BlackRain a choisi de reprendre “Ca Plane Pour Moi” du chanteur belge Plastic Bertrand.Ce titre a déjà fait l’objet de reprises à toutes les sauces, du musette de l’accordéoniste André Verchuren au Speed vitaminé des Red Hot Chili Peppers.
BlackRain justifiait son intention au magazine Art’N’Roll :
C’est une des chansons les plus reprises au monde avec «My way». C’est une des rares chansons françaises [sic] qui a du succès. C’est plus pour le public étranger quand on est un groupe français qui joue à l’étranger que pour le public français.”
Source : (https://www.artnroll.net/home/2019/08/interview-blackrain-21-06-2019-swan-chanteur-franck-batteur-matthieu-bassiste/)
Parmi les clips réalisés on trouve cette animation de “Dying Breed”, morceau qui donne son titre à l’album :
 
 
Il est temps maintenant de vous donner...
Notre avis :
Avec un album beaucoup plus homogène que l’estimable Released (2016), son prédécesseur, BlackRain reprend le flambeau d’un Hair Metal désormais trop lourd pour Bon Jovi, Motley Crüe ou Skid Row.
Si les mauvaises langues chuchotent que les Annéciens n’ont pas révolutionné le Glam’, il convient de constater qu’il le tiennent bien et excellent là où quelques vénérables anciens n’arrivent plus à se renouveler.
La recette du Glam Metal, qu’on croyait perdue, est donc à nouveau disponible sur vos plateformes grâce à cet opus inspiré et fougueux qui compte parmi les sorties les plus réjouissantes de l’année.
 

SEPTEMBER AGAIN : Sonate d'Automne

Le 04/12/2019

« On ne sait pas trop à quelle famille on appartient. Au final, je crois que c’est une sacrée richesse. »
Interview réalisée par Ahasverus pour Hard French Metal le 04/12/2019
September4
« Insomniac » ça vous dit quelque chose ?
En 2017 sortait cet album de Rock classieux, tout à la fois atmosphérique, subtil et violent, métallique, progressif, enfin, pour tout dire... inclassable !
Près de deux ans après, nous sommes allés prendre des nouvelles de ses géniteurs, histoire de voir si tout allait bien et de vérifier ce qu’ils avaient sur le feu.
Vous voulez nous suivre ? Enfilez les gants, chaussez les cagoules, on part pour Annecy !
Voici
September Again.


Ahasverus : Bonjour September Again. Vous évoluez en trio désormais ?
Loïc (Basse, chant) :
Salut. On a effectivement évolué en trio pendant un moment, depuis la fin du tour « In Vitro » je crois. Tu sais, la promo du premier album a été vraiment intense : le défendre sur scène, bouger un peu partout en France... Tout ça coûte beaucoup en temps, en énergie. On en est ressortis galvanisés de plein de belles choses, mais bien usés également. Bref, à un moment donné on ne savait plus trop où on en était. John (guitare) a eu besoin de prendre de la distance, du recul sur tout ça. Nous avons continué hors scène en configuration trio, avec Spoox et Pm. On a fait un bout de chemin, testé plein de choses... On sortait d’une période compliquée intra-groupe et il a vraiment fallu retrouver de l’élan, se ré-inventer. Et puis, un évènement de vie nous a permis de retrouver John. Nous sommes de nouveau quatre, depuis peu. Pour le meilleur... et pour le meilleur. (Rires)

Ahasverus : J'ai découvert votre formation en 2017 lors d'un showcase à Cultura. J'avais beaucoup aimé la démarche du groupe qui souhaitait proposer sa musique partout où cela serait possible, libre à chacun d'aimer ou non.
Loïc :
Ouais, je m’en rappelle, c’était cool. Disons qu’on a cette sensation un peu amère que la musique accessible, voire martelée surtout en France, ne constitue qu’un segment très restreint. Finalement, les gens ont assez peu le choix de ce qu’ils écoutent, tout est fait pour les mener droit vers ce segment. C’est très paradoxal car à la fois, le net permet un accès illimité aux choses, aux arts, aux goûts et couleurs. Et d’un autre coté, il est très difficile de passer l’épreuve du nombre illimité d’artistes, et des filtres divers. La façon la plus simple d’accéder aux gens, à leurs oreilles et de faire tomber les à-priori c’est finalement d’aller à leur rencontre et de proposer ce qu’on sait faire, en direct. La il n’y a pas d’écrans, dans tous les sens du terme. C’est le vecteur le plus spontané, le plus naturel et sincère. Les magasins Cultura font un peu penser à la FNAC des années quatre-vingt dix. C’est hyper ouvert culturellement, et ils offrent leur scène à tous types d’artistes, connus ou non. Ça ne paraît rien, mais c’est un parti pris rare aujourd’hui.
PM (guitare, electro) : En fait, même si nous sommes des grands amateurs de musiques acoustiques, John en premier, rien ne remplace le plaisir de la scène amplifiée… Notre musique s’y prête car les contrastes sont bien plus marqués, et nous avons composé les morceaux en fonction de cela. Le coup de pied au cul lorsque qu’après une montée, une ambiance posée, tout vire au rouge, tout explose. Rien ne remplace cette sensation. Néanmoins, nous nous sommes surpris à réarranger les musiques en acoustique - fausse acoustique, car nous conservons quelques effets indispensables à nos ambiance, et l’électro également- et bien cela « marche »… Le côté contenu, presque frustrant de certains morceaux, apporte et véhicule encore d’autres choses sur les émotions.
September again
SEPTEMBER AGAIN - Insomniac (2017)
Ahasverus : Insomniac, votre premier opus, était énergique, classieux et délicat. Soigné aussi, car, sauf erreur de ma part, vous êtes perfectionnistes. Mais la perfection n'est pas de ce monde. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur cet album ?
Loïc:
Wow, déjà merci de cette jolie remarque ! Pour ma part, j’y suis très attaché. On en est très fiers je crois, même si nous sommes conscients que c’est un album qui peut diviser tant sur le fond que la forme. Enfin, notre musique est comme ça, je pense. On s’est autorisé à mélanger beaucoup d’influences très différentes, que l’on aime toutes, sans vraiment se poser la question du style et des codes. Même si ça reste du rock au fond, ce n’est pas une démarche toujours confortable. On a pu remarquer que les gens ont besoin de repères, de marqueurs, de points d’ancrage et de comparaison, de cases. Au fil des Lives, on s’est rendu compte que notre musique ne touchait pas un public en particulier, mais des personnes aux cultures musicales diverses. C’est un peu déstabilisant au départ, car effectivement on ne sait pas trop à quelle famille on appartient. Au final, je crois que c’est une sacrée richesse.
Perfectionnistes, je ne sais pas. C’est très subjectif la notion de perfection. “Jusqu’auboustistes”, et très au clair sur ce qui nous parle, ce qu’on veut transmettre et ce dans quoi on ne veut surtout pas verser : oui clairement. Pour cet album, on tenait vraiment à instaurer une ambiance, à prendre le temps de la développer, par couches fines et progressives. C’était l’idée, le thème. Je pense que si nous n’avions pas fait les choses de la sorte, on ne serait pas en paix avec nous même. Cela dit, j’aurais souvent envie de le retoucher cet album (Rires). C’est le piège.
PM : Clairement ! On n'a pas les moyens techniques d’être perfectionnistes… “Jusqu’au boutistes” oui ! On a trop mis de ce que nous ressentons pour ne pas aller au bout de nos idées. Insomniac nous a, comme son nom l’indique, pris des nuits blanches. Pas forcément à composer, mais à imaginer le rendu des ziks, les arrangements. Au final, on en est fiers, car on ne s’attendait pas à ce que le résultat soit à ce point proche de ce que nous imaginions.
Après, comme le dit Loic, la façon dont il a été reçu a été intense autant que particulière… On n’a pas laissé indifférent… Soit les gens ont franchement aimé, soit ils n'ont pas adhéré… Dans tous les cas il nous faut assumer cela aussi, et on le fait avec fierté, sans arrogance.

Ahasverus :  Vous préparez votre deuxième opus. Où en êtes vous ?
Loïc :
Et bien, là tout de suite les prises instrus – batterie / basse / guitares / electro – sont fraichement bouclées. Nous allons attaquer les sessions chant – la pression ! (Rires) - Puis si tout se passe bien, ça devrait partir au mix en Décembre chez notre Seb Camhi ( Studio Artmusic ) de coeur. Malgré tout, il y a eu un travail très différent sur cet album, avec notamment une grosse phase de composition pendant la prod. Ça a été vraiment super intéressant, car on n’avait jamais fonctionné comme ça. Je ne sais pas trop quelle dates de sortie on envisage… Pié, tu dirais quoi ?
PM : Pour le premier album, il y avait l’urgence de la sortie, l’envie d’enfin en découdre, de livrer ce « bel objet ». Pour celui-ci c’est différent. On sait désormais à quel point c’est long et fastidieux de composer et produire un album complet. Surtout par les temps qui courent, où un album complet n’est pas/plus écouté en entier…donc on prend du temps, on essaie d’apprécier les phases de production, de faire mieux, ou moins mal. (Rires) Je pense qu’au printemps prochain on en saura plus, et on essaiera, avec ce que nous sommes de créer de l’attente. Bon, on est bien à fond, donc je ne sais pas si on tiendra. (Rires)

 

« A-t-on encore des choses à dire ? Sommes-nous encore capables de nous surprendre nous-même, de recomposer ? »
 
Ahasverus : Sur quelles bases le nouvel album s'est-il construit ?
Loïc :
Comme je te l’ai dit, un évènement de vie nous a poussé à nous réunir à quatre de nouveau. Ce même évènement nous a amené à nous embarquer pour un second album.
L’opportunité ou plutôt l’urgence d’enregistrer s’est présentée très subitement, alors que nous ne l’avions pas prévu. Un second album n’était pas un projet immédiat. Il a fallu s’orienter rapidement. La décision a été prise en une soirée. Au départ, nous ne parlions d’enregistrer qu’une compo, à laquelle tous les quatre tenons particulièrement. Puis la soirée passant et les bières aussi, il a été question de deux compos. Puis trois… Puis… Assez pour faire un album. Je ne sais pas quel était le sentiment dominant. Un truc entre «Putain que c’est excitant et génial – et – Putain les mecs, vous êtes sérieux ? Tsssss c’est n’importe quoi... » (Rires)
PM : Ouais c’est vrai... Je m’en rappelle bien. Pour celui ci, l’approche est totalement différente, plus spontanée. Peut être inconsciemment pour s’affranchir d’un côté qui a pu paraitre pompeux sur le premier. Il y a aussi la question que nous nous sommes posée : « A-t-on encore des choses à dire ? Sommes-nous encore capables de nous surprendre nous même, de recomposer ? Avec fraicheur et envie ? Quelle pertinence au final ? ». On y est allé et puis, on a réussi à se dire que ça en valait la peine.
September again charly carrelet 3
Photographie : Charly Carrelet
Ahasverus : 
J'imagine que le fait d'évoluer en trio plutôt qu'en quatuor influence l'écriture ou l'enregistrement des morceaux. Ce nouvel opus sera-t-il dans la lignée d'Insomniac ?
Loïc :
Je crois que dans la méthode, comme le disais Pié à l’instant, tout est à l’opposé du premier album. Mais absolument tout. Pour la prod d’Insomniac, nous avions les compos depuis quelques années. On les avait créées à quatre, de A à Z. On avait vraiment eu le temps de les penser, les repenser, les peaufiner, les tester en live. Pour celui-ci, nous avions de la matière un peu anarchique : quelques sons à peu prêt aboutis à quatre avant séparation, d’autres composés pendant cette période trio donc très dynamiques, etc... Et une multitude de riffs, de gimmicks, de samples, de patterns accumulés, et auxquels on tenait. Mais rien de tout ça n’a été muri comme l’ont été les morceaux d’Insomniac.
Il a fallu aller assez vite, faire des choix, le travail a été assez dingue. On a rapidement figé les structures, et Spoox a commencé à poser ses batteries sur les compos abouties. Pendant ce temps, on avançait sur les moins structurées, on partait de riffs cools et on composait devant nos ordis. Le groupe validait (ou non !) les maquettes et le sur-lendemain, Spoox faisait les recs batterie sur des compos qu’il ne connaissait même pas l’avant veille !
Comme ça, ça a l’air assez bordélique et ça a pu semer le doute au sein même du groupe. Mais cette spontanéité nous a vraiment poussés en marge de notre zone de confort. D’habitude dans September, le mantra est de prendre le temps de penser et repenser les choses. La, ça a été très instinctif. Je crois que chacun a exulté. Ça ne nous empêche clairement pas de peaufiner le choses ! Sans quoi comme pour Insomniac, on serait en profond désaccord avec nous même. Du reste, cet opus n’est clairement pas un Insomniac 2.0. Ça reste du September, il y a la patte sonore du groupe : des delays, des parties atmosphériques, d’autres lourdes/nerveuses, le jeu de Spoox, ma voix.. Bref, tout ça, mais la couleur est différente. Insomniac était un album assez contemplatif, progressif (ce qui au passage nous a donné cette étiquette), un genre de film qui s’étirait en mid tempo sur une heure. Celui-ci est peut être moins pesant, moins sombre. Il est plus spontané, plus compact, plus direct. La couleur et la dynamique ne sont pas les mêmes.
September again charly carrelet 2
Photographie : Charly Carrelet
Ahasverus : 
Le futur opus a-t-il un titre (ou un titre de travail) - et qu'est-ce qui vous a amené à l'appeler ainsi ?
Loïc :
(Rires) Alors oui il a un titre, mais… Pas maintenant, pas maintenant. Son titre de travail a longtemps été « Screens ». On réalise à quel point les écrans sont vraiment au centre de nos sociétés, censés pousser l’homme vers l’avant comme toute nouvelle technologie. Au final ils semblent faire plus de mal qu’autre chose. On est saturé d’infos et de messages inutiles, violents, fake, indécents, dans le sens acharné de la conso, alarmistes ou parfois très responsables mais qui confèrent un sentiment d’impuissance. Censés être de plus en plus connectés, les gens ne se parlent plus, ne se regardent même plus dans une salle d’attente ou lorsqu’il se croisent en bagnole. Ces écrans sont des murs, des cloisons, sous couvert d’outils sociaux et culturels. Bref, sans inventer la roue mais c’était l’idée de base. Et puis au fil du temps, les paroles se sont orientées globalement sur tout ce qui mène aux petits (ou grands) échecs du quotidien. Le groupe HipHop IAM avait évoqué, il y a quelques années « les victoires éternelles de la musique face aux échecs quotidiens de l’humanité ». J’aime beaucoup cette formule. Le monde va plutôt mal, je crois hein, et on est plein de doutes face à ça. Mais quand on regarde bien, juste là autour de nous, il y a aussi des choses qui vont plutôt bien et qui sont lumineuses. On a chacun nos réponses, nos petites armes pour lutter contre toute cette merde et retrouver un sens à tout ça. Elles sont sous nos yeux je crois. Ça peut paraître pompeux, mais c’est véritablement sans prétention, sans leçon quelconque. C’est simplement un thème qui nous touche. Le titre sera en lien avec tout ça, et il y a un parallèle avec l’histoire du groupe. Notre vécu ensemble.
PM : le chanteur et l’auteur a tout dit… On essaie de lui fournir le socle pour tout ça, de se mettre dans les mêmes conditions d’écriture, entre la rage, l’envie, le doute. 
September again charly carreletPhotographie : Charly Carrelet
Ahasverus : 
Que va faire September Again dans les mois à venir ?
Loïc :
Aboutir et peaufiner cet album déjà. Ensuite, le diffuser du mieux que l’on pourra, sous la forme la plus pertinente !
Ahasverus : Merci d'avoir répondu à mes questions.
Loïc : Un immense merci à toi. Ton travail, ta passion et ce que tu en fais... Tout ça est précieux.
PM : Pas mieux ! Merci de suivre, de nous être fidèle, merci pour tout ton intérêt et toute cette foi !
 
Note de la rédaction : disponible depuis le 01/06/2020, le second album de September Again s'appelle « From Nothing to Nowhere ».
September again 1Nous remercions Charly Carrelet - Photographer pour ses photographies de September Again.
Pour écouter September Again :

https://septemberagain.bandcamp.com/album/insomniac

Et si vous aimez, likez :
https://www.facebook.com/SeptemberAgain/

La French Krönique du mois : SURPUISSANCE

Le 30/11/2019

La French Krönique du mois de novembre a failli ne pas voir le jour.
Notre rédacteur vous en explique les raisons.           
(article publié sur French Metal, Punk et Rock Promotion, 30/11/2019)

Avant-hier matin je me réveille vers six heures. Je sirote un café, je donne quelques feuilles d’endive à Maggy, ma lapine. Elle s’appelle Maggy en hommage à MAGGY LUYTEN, parce qu’elles sont toutes les deux des Flandres et que c’est une géante, elle aussi...
J'ouvre la porte de la cage pour que Maggy puisse se détendre un peu en gambadant dans la chambre. Comme je dois préparer la chronique mensuelle de French metal, punk et rock promotion, j'attrape le nouveau CD de Surpuissance, “Devastation”.
J'étudie d’abord la pochette, parce que j’aime bien les jolis artworks. Comme pour son précédent album, Surpuissance a fait appel à l’artiste guatémaltèque Mario Lopez. Le livret est rehaussé par des illustrations en noir et blanc de Black, (chant/guitare), en relation avec les paroles en français des morceaux.
 
Surpuissance 1

 

Pour une première écoute, je branche le casque sur l'ordinateur, désireux de ne pas réveiller mes parents qui dorment dans la chambre d’à côté. puis je glisse le CD dans le lecteur.
L'album s'ouvre sur le Thrashy Atomisé, qui parle de l'abêtissement par le travail.
J'ai mis les potards à onze pour profiter pleinement du son puissant mitonné par Armageddon. Les accélérations me font headbanguer sans retenue dès la deuxième minute.
 
 
L'album suit un rythme parfait, alliant technique, hargne et rapidité d'exécution. Je pense parfois à Death Angel.

L’intro de Commando Terreur résonne lorsque Maggy se prend la patte dans le fil du casque, arrachant tout. A six heures dix, “Le Réveil du Soldat” retentit donc dans la maison...

 

 

“Les Viets ! Tous aux abris !”
C’est mon père qui se met à hurler, comme saisi par un retour de palu. Le bruit l’a réveillé en sursaut. Il sort de la chambre d’à côté.
Maggy, toutes oreilles dressées, se fige d'un air stupéfait. En deux frémissements de museau elle analyse la situation et se jette d'un coup sur le côté, les pattes en l’air, comme si elle était partie au Troulhalla, le Walhalla des lapins. C’est un truc que je lui ai appris pour dérouter les prédateurs. Elle tient bien son rôle. Pris d’un doute, je la prends dans mes bras. Elle est toute molle. Je lui masse doucement la poitrine avec un doigt, autant pour la rassurer que pour la réanimer.
Dans la chambre, les roulements de batterie d’Armageddon et les hurlements de Black succèdent à l’appel au réveil. Ma mère ouvre la porte de ma chambre comme une furie :
“- C'est toi qui fais ce bordel ? Tu trouves qu’on n’a pas assez de problèmes, tu veux nous faire venir les flics ?”
Mon père passe en courant dans le couloir avec un fusil. “Yvonne, amène les munitions, j'vais m'mettre à la fenêtre !” gueule-t-il à ma mère.
Sur mes genoux, Maggy ne bouge toujours pas. J'accentue la pression de mon doigt.
“ - Qu'est-ce que tu fais à tripoter ton lapin, petit vicieux ! Ça te suffit donc plus les poules ? demande ma mère.
- Mais rien ! J'étais juste en train d'écouter le nouveau Suipuiss...
- On répond pas à sa mère ! hurle mon père depuis son poste.”
Ma mère ne connait pas Surpuissance. J'essaie de lui expliquer :
“ - Surpuissance est un groupe de Heavy / Thrash originaire du Nord. Il se compose de Black (chant, guitare, basse) et d’Armaggedon (batterie, guitare, basse).
- Encore des jeunots qui respectent rien ! tranche-t-elle. De mon temps...
- Amenez des cartouches, bordel ! J’en vois un qui passe ! hurle mon père.
- C'est justement pas des jeunots m'man : Black arpente les scènes françaises dès 1982 avec le groupe Methane, qui deviendra Excalibur.

EXCALIBUR et son LP "Fils Vengeur", issu d'une démo 80's.
Quand à Armageddon, il est connu pour son travail derrière les fûts de Lord, formé en 1993, et d’Excruciate 666.
Armageddon et Black ont formé Surpuissance en 2011. Leur premier album, “Affamé de Metal”, est sorti en 2013. Il était soutenu par le clip du même nom.
 
 
Aujourd'hui Surpuissance revient avec Devastation. Tiens, pose une oreille sur “Les Griffes de la Mort”, par exemple. Vois comme ça bastonne ! Écoute la puissance et la qualité du jeu !
 
 
Ma mère prend le boitier de CD que je lui tends. Elle étudie la tracklist, qu’elle suit du doigt :
“- Les Griffes de la Mort, Mortelle attaque, Dévastation... Tu vas finir tueur de masse à écouter des machins pareils !
- S’il finit tueur de masse, je vous préviens, je lui supprime internet !” menace mon père en reposant le fusil dans le coffret mural.
Il questionne maintenant ma mère :
- Qu’est-ce qu’il fait encore comme saloperies avec son lapin ? Ça lui suffit plus les poules ?”
Je repose Maggy au sol. Subitement requinquée, elle se remet à gambader, frottant son menton ici et là pour déposer ses odeurs.
“- Il écoute du Crache-Métal, explique ma mère.”
Mon père me jette un regard furieux.
“- On crache pas dans la maison ! hurle-t-il. Tu feras dix lignes !
- Dix lignes ? Mais papa, j'ai cinquante-quatre ans !
- On répond pas à son père ! rétorque ma mère. T’es qu’un voyou !
- Tu finiras sur le chauffe-eau ! complète mon père.
- Tu feras tes lignes ou on te remet le contrôle parental” ! a-t-elle avancé.
J'ai dû menacer d'appeler le 119.
“ - Tu veux être placé, comme ta soeur ? demande ma mère.
- On va négocier”, propose mon père.
Comme il a déjà un signalement sur le dos, ça le fait flipper l'idée de voir les services sociaux radiner à la maison.
Mes parents acceptent finalement un compromis : je ferai une dizaine de ligne et je remiserai la cage à Maggy dans la cuisine pendant une semaine, mais je conserve internet et j'ai pu faire ma chronique in extrémis !

Alors si vous aussi vous voulez écouter le nouvel album de Surpuissance, faites pas comme moi : vérifiez bien que vos parents sont profondément endormis et que la prise du casque est correctement branchée.
Et puis envoyez la purée ! Tous les potards à onze !