VISIONS OF DYSTOPIA : La dystopie en questions (interview)

  • Le 15/05/2021

Visions Of Dystopia
Label : M&O Music
Promotion : M&O Office

Visions of dystopia est né de l’association de deux compositeurs montpelliérains, Eric Juskewycz et Damien Maurel, réunis autour d’une passion commune pour la musique et le cinéma.
Le 16/04/2021 sortait « A Nightmare On Dystopian Street », un opus de métal hautement cinématographique, inspiré du répertoire des  films d'horreur. Il nous donnait envie d'en savoir plus sur ses deux créateurs et la manière dont ils ont élaboré leur album.
Voici leur interview.

Vision of dystopia

VISIONS OF DYSTOPIA, "A Nightmare On Dystopian Street" (2021)


"Le but était avant tout de faire une musique mélodique qui permette de retrouver des sensations qu’on avait pu ressentir en visionnant les films."


Bonjour Visions Of Dystopia. Comment décririez-vous « A Nightmare On Dystopian Street » à nos lecteurs ?
Damien :
  Tout d’abord je te remercie de nous accorder cette interview. Ce n’est jamais facile de donner une définition claire de sa musique mais « A Nightmare On Dystopian Street » est un album de métal instrumental qui puise son inspiration dans des films d’horreur. La base rythmique des titres vient du Métal Progressif, que l’on a enrichi de claviers, voix parlées et guitares mélodiques. L’album est un enchaînement de titres rythmés et de passages calmes pouvant s’apparenter à des bandes originales de films.
Eric : Salut ! Cet album s’inscrit parfaitement dans la continuité de nos différentes expériences antérieures. Avec Damien on a tous les deux évolué séparément dans différentes formations Métal, mais on s’est rencontrés sur un projet de composition pour une bande originale de film d’horreur. Cet album est finalement le lien entre les univers que l’on avait explorés tous les deux auparavant.

Prtscr capture 2Vous avez composé plusieurs musiques de films. « A Nightmare On Dystopian Street »  vous a-t-il offert un espace de plaisir et de liberté ?
Damien :
Complètement ! L’approche est bien sûr très différente de l’écriture d’une musique de film, qui a ses propres contraintes en terme d’attentes de la production/réalisation, contraintes aussi de temps vis-à-vis des images, entres autres... Ici la composition a été un travail vraiment intense, mais jubilatoire ! On a été à la fois compositeurs, réalisateurs et producteurs, donc parfaitement libres.
Eric : Le travail d’écriture a commencé par la composition de morceaux « métal » que j’ai envoyés à Damien,  qui a rapidement imaginé des films pouvant coller à chacun des titres. Le travail a été ensuite d’enrichir les rythmiques par des orchestrations, ce qui a impliqué de nombreux allers-retours pour que l’on arrive à quelque chose de satisfaisant pour tous les deux. Parallèlement, Damien a cherché des films et des extraits pouvant s’adapter à nos compositions. Ça a été un gros travail mais un vrai plaisir avant tout.

La musique métal et les films d'horreur, c'est la possibilité d'une rencontre ; c'est aussi la possibilité d'un mariage d'amour ?
Eric :
Ah, ah ! Oui, en effet. C’est peut-être ce qui est en train de nous arriver ! Je ne sais pas si nous ne ferons que des albums de métal inspirés de films d’horreur (bien que le vivier soit illimité) mais clairement le métal et l’horreur sont des univers qui vont bien ensemble, pour le meilleur et pour le pire !

Musicalement, deux noms me sont venus à l'esprit à l'écoute de votre album : Yngwie Malmsteen et  Mike Oldfield (celui de l'Exorciste)...
Damien :
Nos influences sont multiples et pas toujours faciles à identifier car elles sont un peu à l’image de nos parcours musicaux, mais clairement Mike Oldfield a été une référence pour le titre « The Devil Inside ». C’est d’ailleurs en travaillant sur ce titre et en revisionnant le film que je me suis rendu compte,  à mon plus grand étonnement, que la musique est totalement absente de la dernière partie du film qui est pourtant la plus effrayante…
Eric : Guitaristiquement, mes influences sont bien sûr Yngwie Malmsteen, mais aussi, entre autres, Michael Romeo, John Petrucci, et également Tommy Vetterli du groupe culte Coroner.

Prtscr capture 3Comment avez-vous casté ces "voix professionnelles" qui interviennent sur l'album ? Je les trouve si remarquablement disposées qu'elles deviennent une composante de la musique.
Damien :
On voulait effectivement que les voix ne soient pas des rajouts mais des éléments musicaux à part entière au même titre que les claviers et les guitares. On pensait utiliser des extraits de voix issues des films originaux mais ça n’était pas envisageable pour des raisons de droits d’auteurs. A commencé alors la délicate recherche de voix... Heureusement pour nous, internet est riche de sites d’artistes proposant leurs services, notamment dans le doublage de voix. Une fois les univers sonores définis et les extraits de films sélectionnés, on a donc cherché des acteurs dont les voix pouvaient se rapprocher des films, tout en leur laissant un certain degré de liberté. En définitive, certaines voix sont très proches des voix originales, comme par exemple sur « The Call », inspiré du film « When A Stranger Calls » (Terreur sur la ligne en France), et d’autres sont plus éloignées comme sur « From The Depth Of Hell », inspiré de l’excellent « The Fearless Vampire Killers » (Le bal des vampires).

L'association de votre musique aux images d'Alexis Lartot dans le clip "Shapeless Dreams" est si anxiogène qu'elle fait presque plus flipper qu'un vrai film d'horreur...
Eric :
Merci du compliment. Bien que cet album soit un album de « métal » il reste pour nous quelque part indissociable des clips. Cela vient probablement de notre goût prononcé pour le cinéma.
Damien : Sans prétendre faire de chaque clip un film, nous avons essayé, grâce au travail des personnes avec qui nous avons eu la chance de collaborer, de créer des ambiances visuelles qui complètent l’univers musical de l’album. Alexis Lartot, qui est un jeune motion designer, a fait un travail de qualité sur ce clip. Nous avons aussi eu la chance de pouvoir travailler avec le réalisateur Baptiste Rouveure sur le clip du titre « The Call » qui sortira le 20 mai 2021, et qui est pratiquement un court métrage horrifique…

Certaines critiques à propos de votre album soulignent sa qualité et votre virtuosité tout en craignant qu'il ne soit réservé à un public averti. Pourtant je ne l'ai pas trouvé plus difficile d'accès que le train fantôme : il suffit de monter à bord...
Damien :
Oui c’est vrai que certaines critiques ont présenté la technique comme un élément pouvant être clivant pour toucher un public « non averti ». Pour être honnête on a été un peu surpris de ces retours même si on les accepte volontiers. Pour nous, la technique n’a jamais été un but en soi dans l’écriture de cet album. Le but était avant tout de faire une musique mélodique qui permette de retrouver des sensations qu’on avait pu ressentir en visionnant les films. Par exemple, « Suffering Games » inspiré des films « Saw », est un titre complexe dans sa structure rythmique avec de nombreuses coupures et relances, ce qui peut le rendre « étouffant » et « anxiogène » et c’est justement le but recherché. Je n’ai pas vu tous les films « Saw » mais l’adjectif « étouffant » est encore loin du compte pour définir cette franchise !
Eric : Les lead de guitares dans l’album sont pensés comme des thèmes plutôt que des solos à proprement parler. Ils servent la plupart du temps de fil conducteur mélodique. Il n’y a d’ailleurs qu’un seul vrai solo dans l’album, sur le titre « Be Afraid ».

Brett Caldas-Lima au mastering, c'était une évidence ?
Damien :
On peut penser qu’on a choisi de travailler avec Brett par régionalisme, nous sommes en effet presque voisins. Mais bon, on ne va pas se mentir, la réputation de Brett (NDLR : il a travaillé avec Cynic, Sacred Reich et Devin Townsend) dans le milieu du métal ne vient pas de sa localisation géographique mais bien de son savoir-faire pour faire sonner un album.

Aaa visionsVos projets dans les mois à venir ?
Eric :
On travaille en ce moment sur de nouveaux titres. On envisage d’élargir nos influences filmographiques en allant puiser aussi dans l’univers de la Science-Fiction comme Alien par exemple, qui a été pour moi une vraie grosse référence quand j’étais ado, presque un électrochoc...
Damien : On pense aussi sortir occasionnellement des titres avec une voix chantée. On travaille en ce moment sur une maquette avec un chanteur Montpelliérain qui a pas mal vadrouillé dans de bonnes formations métal de la région. Il nous semble qu’une voix chantée (pas mal saturée quand même) apportera un ingrédient intéressant pour enrichir notre univers.
Et pour voir aussi un peu plus loin, on réfléchit à du live… Tout cela est encore en réflexion mais pour nous le live signifiera musique et image, donc ça se prépare bien en amont. On espère pouvoir le réaliser une fois que la vie aura repris un cours un peu plus « normal ».

Merci, Visions Of Dystopia, d'avoir pris le temps de me répondre.
Damien :
Merci à toi de nous donner cette fenêtre pour nous exprimer.
Eric : Merci pour cette interview. On espère que les lecteurs seront prêts à prendre le train fantôme avec nous. En tous les cas… on les attend !


Les Liens

Retrouvez notre présentation de l'opus sur Chronique d'album : VISIONS OF DYSTOPIA (Metal Progressif cinématographique), "A Nightmare On Dystopian Street" (2021)