SWEET DIVERGENCE - To Buy Or Not To Buy (interview)

  • Le 22/02/2021

Actif sur les scènes du Sud depuis plusieurs années, les Toulousains de Sweet Divergence ont présenté fin 2020 "Don't Buy This Shit", un premier EP ambiance 90's.
Nous vous proposons de faire connaissance avec eux dans cette interview.

Img 4674Source photographie : SWEET DIVERGENCE


I.- CURICULUM VITAE :

Le Line up :

  • Clément (chant, guitare)
  • Arnaud (guitare, choeurs)
  • Julien (basse, choeurs)
  • Fred (batterie, choeurs)

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L'univers musical de chacun :

  • Clément : A perfect circle, The Foo Fighters, Nirvana, Children Of Bodom, In Flames, Linkin Park, Rage Against The Machine, The kooks, Anti Flag, Placebo, Radiohead.
  • Arnaud : Deftones, Foo Fighters, Tool, A perfect Circle.
  • Julien : Métal, rap à l'ancienne, électro, original soundracks de films et de jeux vidéo.
  • Fred : Fusion des années 90, rock 60's/70's.

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Groupes dont pourrait se rapprocher Sweet Divergence :

  • Arnaud : Peut-être Foo Fighters du fait de la variété, c'est aussi un groupe "commun" à nous tous.
  • Julien : Les groupes des 90's, voire début 2000, tels que Nirvana, Deftones, Pearl Jam, Rage against the Machine ou encore Linkin Park, Blink 182 et Queens of the Stone Age.
  • Fred : Foo Fighters, Incubus.
  • Clément : Joker !  

"On a eu un mal de chien à se stabiliser ! On jouait un peu, on faisait quelques concerts, et puis on perdait un membre."


II.- LES ORIGINES :

J'aime beaucoup le grain de voix de votre chanteur, il se marie parfaitement à votre style. D'ailleurs comment s'est formé Sweet Divergence et Clément était-il là dès l'origine ?
Clément :
J’étais là, et j’ai même lancé le projet. J’avais écrit quelques morceaux guitare/voix, je prenais des cours de technique vocale. Du coup, une petite annonce sur Zikinf et c’était parti. C’était en 2011. Ça n’avait pas encore de nom, et c’était très embryonnaire. Je suis le seul survivant de cette époque préhistorique. J’ai commencé assez vite à jouer avec Nono (2013 de mémoire, suite à la scission avec le guitariste de l’époque pour une sombre histoire de Rack en BX4000). Ju est arrivé en 2015, et Fred en 2019. Je pense que beaucoup de groupes amateurs en passent par là, mais entre les contraintes familiales, les projets professionnels et les divergences de vues, on a eu un mal de chien à se stabiliser ! On jouait un peu, on faisait quelques concerts, et puis on perdait un membre. Moi-même j’ai disparu de la circulation entre 2017 et 2019. Petit coucou d’ailleurs à Alex, Stumpy, Johan et Kevin qui ont fait un bout de chemin avec nous.
Arnaud : C'est Clément qui chante et qui est l'initiateur du projet. Il y a eu plusieurs line-up, je fais partie du deuxième, on en est au quatrième. C'est lui qui amène son côté folk mélodique à la musique que nous proposons (dont il est le principal fournisseur, avec en plus ses rythmiques). Mon arrivée faisait suite au départ du guitariste du premier line-up. Clément souhaitait poursuivre son projet avec deux guitares. Un de mes collègues est un pote de Clément et me voilà à auditionner... Je me rappelle de cette audition d'ailleurs... J'étais venu de vingt à vingt-deux heures et un autre guitariste devait venir de vingt-deux heures à minuit. J'avais bossé les reprises demandées et vers la fin des deux heures l'autre gars prévient qu’il ne vient pas... Du coup j'ai prolongé la soirée car j'avais aussi bossé les premières compos du groupe. C'était un chouette moment même s’ils ne m’ont jamais dit  "ok c'est bon !", j'ai toujours répondu présent aux autres répétitions !

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"Je ne sais pas si un métalleux pur et dur y trouvera son compte, mais s’il veut venir nous voir en live, on lui promet qu’il prendra quelques copeaux dans la tronche."


III.- L'EP :

Début décembre 2020 sort votre premier EP, "Don't Buy This Shit". On pense au titre "Steal This Album", de SOAD...
Clément :
Alors oui ! Mais non ! En fait «Don’t buy this shit» fait référence directement à Treason, le morceau qui donne son identité graphique à l’EP. Je l’aime parce qu’il a différents niveaux de lecture : ça fait écho à un rejet de la surconsommation, mais aussi de l’idée qu’un monde de merde comme ça ne serait pas améliorable, que la misère sociale serait inévitable, que le capitalisme serait la seule solution. Nous, on s’en fout si tu «buy» notre «shit» tu vois, d’autant que tu peux l’écouter partout sur les sites de streaming, gratos, à travers les waves, et comme le disait un grand philosophe belge, les waves c’est l’amour, et l’amour c’est be aware.
Julien : Ah tiens, SOAD, une autre référence que j'ai oubliée dans les questions précédentes... C'est vrai qu'il me semble que ça n'a jamais été évoqué clairement entre nous mais j'avoue y avoir évidemment pensé lorsque le titre a été choisi.
Fred : Le titre de l'EP provient de la première phrase du refrain du morceau "Treason", le morceau "phare" de cet EP ; on trouvait le pied nez intéressant !

Vous tournez depuis un moment et vous disposiez de plus d'une heure de compositions originales, assez pour remplir un album. Pourquoi avoir privilégié le format EP ?
Clément :
C’était un premier passage en studio ensemble, donc ça semblait plus réaliste d’enregistrer un EP. On a peu d’expérience dans le domaine (pour ma part aucune). La deuxième raison c’est que c’était plus simple d’arriver à lever mille deux-cent balles via Kickstarter (NDLR : une platerforme de financement participatif) que deux mille !

Arnaud : Les deux facteurs principaux sont le temps pour les enregistrer "proprement" et donc le budget qu'il faut y allouer. On a essayé de concilier ces paramètres pour proposer un produit qualitatif. On regrette de ne pas avoir pu enregistrer "Red Stain" en acoustique, ce qui était prévu... on trouve un essai de cette version sur notre chaine Youtube.

Le format "album" n'est peut-être pas/plus adapté aux groupes comme nous... L'EP permet aussi de maintenir une certaine actualité.
Julien : On a déjà eu du mal à trouver un créneau de trois jours pour enregistrer ces cinq titres ! Alors un album complet...
Fred : Pas évident de se mettre d'accord sur cinq titres, alors sur dix... (Rires) Puis on voudrait du sang neuf dans les morceaux, les titres de cet EP ont déjà quelques années.

Justement, d'où sortent ces cinq titres, et comment s'est opérée la sélection parmi les morceaux dont vous disposiez ?

Clément : Alors clairement, l’idée derrière l’EP, c’était de se «fabriquer» un support de démarchage pour accéder à plus de scènes, et permettre aux gens de nous «retrouver» en ligne avant et après les concerts. Il fallait donc que ce soit suffisamment hétérogène pour représenter les différentes facettes du groupe. «Treason», «Do we rise» et «Red Stain» ont fait consensus immédiatement parce qu’on sentait qu’on avait besoin de montrer aux gens qu’on pouvait bien faire chauffer une scène et envoyer du gros rock... Ceux qui nous ont vu en live le savaient, mais on manquait de preuves. «Days like matches» et «Along the way» ont trouvé logiquement leur place dans l’EP (après quelques débats quand même) puisqu’ils illustrent la facette un peu plus «pop-rock» de ce que l’on est capables de produire.
Arnaud : Il était évident que «Treason», «Do we rise» et «Red Stain» soient enregistrés. On voulait "montrer" au public que l'on pouvait faire autre chose que des morceaux pêchus avec «Day's Like Matches», et aussi un morceau plus "grand public" qu'est «Along The Way». D'ailleurs, «Along The Way» avait été enregistré lors de notre démo... On se rend compte du "bond" en écoutant les deux versions.


Julien : Ce sont les titres composés le plus récemment pour quatre d'entre eux, maintenant que j'y pense... Quant à la sélection, «Treason», «Do we rise» et «Red Stain» étaient effectivement évidents pour nous. En revanche pour les deux derniers, ça a été un long et vaste débat... Il y a eu des disputes, des larmes, des combats de lucha libre et des concours de qui mangerait le plus gros tacos pour départager les différents morceaux en compétition pour avoir sa place sur l'EP. Mais au final je pense qu'on a tous trouvé notre compte avec ces choix.
Fred : La sélection a été très évidente pour deux d'entre eux : «Treason» et «Do we rise». «Red Stain» est arrivé rapidement dans les choix. Pour ce qui est de «Day's Like Matches», c'était surtout avec moi qu'il a fallu négocier,  puis pour «Along The Way» ce fut auprès d'Arnaud et Julien. Je pense qu'à la sortie on est tous ravis du choix hétéroclite que propose l'EP, il ressemble bien au set que l'on joue en concert.

Img 3610Source photographie : SWEET DIVERGENCE

Même si je l'ai hâtivement catalogué "90's", "Don't Buy This Shit"présente beaucoup de diversité et peut convenir à un public métalleux comme à ceux qui écoutent les radios rock US...
Julien :
J'en sais fichtre rien mais j'espère... étant moi-même dans la catégorie du public metalleux, ce serait une joie de plaire à ce public-là.
Arnaud :
C'est ce qui nous caractérise et qui est aussi plaisant à jouer même si on a tous nos préférences dans notre set. Nos divergences se retrouvent à travers un set varié qui peut plaire à beaucoup d'oreilles rockeuses. On colore nos morceaux avec nos influences et elles sont larges.
Fred :
C'est très fidèle aux styles sur lesquels on surfe, Clément apporte un côté très "Folk" dans les morceaux, puis lorsqu'on met le morceau dans le mixeur de Ju, Arnaud et moi, on obtient SD. Arnaud est à l'origine de morceaux plus péchu ("Treason" par exemple) et plus Néo qui se marient à merveille avec les voix de Clément et Ju !
Clément :
Je ne sais pas si un métalleux pur et dur y trouvera son compte, mais s’il veut venir nous voir en live, on lui promet qu’il prendra quelques copeaux dans la tronche.

Un mot sur la mise en boîte de l'EP ?
Clément :
Une putain de galère ! (Rires) Non, franchement, on a failli finir comme les Tranxen, tant c’est dur de tomber d’accord sur le mix, le mastering, les choix artistiques musicaux et graphiques, l’ordre des morceaux, la SACEM ou pas la SACEM... Moooooon dieu quelle galère ! J’ai même failli arrêter d’écrire !
Julien :  Sacrée expérience... Très compliqué à mettre en place. Initialement nous aurions dû enregistrer en Avril... Ces trois jours nous ont finalement fait beaucoup grandir sur le plan musical. Certains morceaux se sont enregistrés très facilement, d'autres ont amené à pas mal de réflexion et de retouches de dernière minute. Mais je pense que tout cela valait totalement le coup.

J'ai lu que vous aviez été surpris par le rendu studio de certaines compos qui sonnaient différemment en live.
Clément :
Tu veux dire rapport aux pains qu’on a planqué avec des raccords MAO et de l’autotune ?
Arnaud : Pour ce qui est du rendu, dans les différentes étapes, on avait fait une démo voilà trois ou quatre ans... Elle était à la hauteur du budget engagé : pas élevée !  Donc on fait le choix du financement participatif. Cela nous a permis de franchir un cap dans la technique d'enregistrement et dans les conseils prodigués. Du coup, le son prend une nouvelle dimension. On a pu enregistrer des choeurs à plus de quatre voix, doubler des guitares... Tout cela n'est pas possible en "live". Ceci étant, on n'a pas non plus dénaturé ce que l'on est capables de faire sur scène.
Julien : Perso, j'ai été surpris par «Do we rise». J'adore les deux aspects de la chanson, mais la version studio prend une autre dimension, elle a un côté plus power pop à mes oreilles, là où, jusque là, en live, elle sonnait comme un bon gros son rock bien gras avec des relents de punk sur les chœurs

Une explication de texte sur l'artwork ? Il est en liaison avec votre titre "Treason" ?
Clément :
Oui en effet, et je tiens à remercier mon frère Julien qui nous a fait ce travail graphique exceptionnel. C’est l’image d’un monde qui part en couille, socialement et environnementalement parlant, tenu par une minorité sans foi ni loi, qui demande au petit peuple de bien fermer sa gueule et de consommer encore et toujours pour faire tourner la machine jusqu’à l’explosion.
Julien : J'ai aimé l'idée de voir un personnage central maléfique sur notre jaquette. J'aime les grands méchants, ce sont eux qui donnent leur sens à la quête des héros dans les histoires. Et comme je l'ai dit plus haut, j'aime Gorillaz, l’idée d'une représentation cartoon de l'univers du groupe me bottait donc beaucoup.

Sweet divergence artworkL'EP est-il disponible en digital et en CD ?
Clément :
En streaming partout, je crois qu’on peut l’acheter sur Amazon et Apple music au format numérique. Après on s’est bien sortis les doigts et on a fait un beau Digipack qui sera du plus bel effet dans la Cdthèque des vieux qui ont encore ce genre de trucs chez eux. C’était surtout pour récompenser nos Backers, mais en effet, techniquement il est possible d’acheter «Don’t buy this shit». Ironic Isn’t it ? Pour la version CD c’est auprès de nous directement, l’idée c’est simplement de financer les prochains passages en studio avec le produit des ventes, parce que ça fait ch**** mais sans argent pas de CD !
Arnaud : On a fait un financement participatif pour l'EP et on a fait le choix de proposer un "beau CD", pas un simple carton pour le protéger. On voulait faire un bel objet avec graphisme, paroles, photos, remerciements... On en est très satisfaits.


"Rejouer ensemble, composer et aller défendre notre EP sur scène."


IV.- L'AVENIR :

Quels sont les prochains objectifs de Sweet Divergence ?
Clément :
Écrire des morceaux ensemble pour revenir avec du neuf sur scène si un jour on en termine avec cette saleté de crise sanitaire (Et avoir du contenu pour le prochain EP... ou album, qui sait...). On voudrait bousculer l’ordre mondial aussi , mais sur ce point précis je suis encore en train d’étudier la question.
Arnaud : L'objectif majeur est de décoincer la "machine à compos". En fait, une espèce d'auto-pression s'est installée. On a trop d'exigence envers nous-mêmes et du coup, on ne creuse pas les idées qui arrivent. Mais tout ça est posé et va se décanter. Ce qui a complexifié le problème c'est la période actuelle : on sait travailler en répétition et pas à distance. L'effervescence de nos interactions "live" est la base des précédentes compos. On a du mal à s’adapter et à trouver un fonctionnement qui nous correspond. Donc, les prochains objectifs sont : rejouer ensemble, composer et aller "défendre" notre EP sur scène.
Julien : Oui, faire vivre l'EP en live ! Et composer de nouveaux titres !
Fred : On y travaille, même si la situation n'est tristement pas toujours propice aux groupes de musique... On se lance sur de nouvelles compos, et on va monter un nouveau set, pour proposer nos nouveaux mélanges en concert, puis peut-être un album ! De mon côté je n'ai qu'une hâte, c'est de repartir en répète et en concert, et aussi, essayer mon nouveau matos flambant neuf !

Merci Sweet Divergence de m'avoir répondu.
Clément :
Avec plaisir, merci de nous offrir cette opportunité.
Arnaud : Avec grand plaisir d'autant plus que les questions étaient pertinentes !
Julien : Merci de nous avoir questionné, c'est un exercice auquel on n'est pas encore habitués et c'est assez rigolo.
Fred : Merci à vous pour vos questions justes et pertinentes, c’est plutôt agréable de faire ce style d’exercice, c’est une première pour ma part !

 


LES LIENS :

https://www.sweetdivergence.rocks
https://www.facebook.com/SweetDivergenceBand
https://www.youtube.com/channel/UCvd5M61Z736xIMxFa_AnBgw/videos