CONFORT : Interview

  • Le 08/11/2021

Disponible depuis juillet 2021, chez Bitume, « Champ » est le nouvel album de Confort. Six titres énigmatiques - des suites de chiffres - pour un album progressif, majoritairement instrumental et avant-gardiste, dont l'écoute fait jaillir des questions.
Nous sommes allés les poser au capitaine du projet, Germain Orliange. Et tout d'abord, pourquoi ce nom ?

Confort cover champGermain Orliange : Je voulais un nom qui symbolise l'ambivalence de ce que raconte le projet initial. J’ai eu plusieurs idées, mais à mon sens Confort collait le mieux. Le projet de base du premier album était autour de la prise d’une drogue, qui peut être très confortable sur certains aspects mais beaucoup moins sur d'autres. Ses effets peuvent aussi parfois donner envie de retrouver rapidement confort et bien-être.

Quel était le projet lorsque vous montez Confort.
Germain Orliange :
L’idée était de rendre hommage à une période très courte et intense, de laquelle j'ai retiré pas mal de choses. Mon but était aussi de raconter les effets de la prise d’une drogue et de retranscrire musicalement les différents états dans lesquels on se trouve. La création de l'album s’est faite assez vite et je n’avais pas forcement prévu une suite à l'époque.

 En 2016 sort un premier album, intitulé  « [13​/​4​]​25​[​3​]​11​[​20​]​1 ». Il ne commence musicalement qu'après deux minutes de stridulation. Une manière de mettre tout de suite les pendules à l'heure ?
Germain Orliange :
Pour mettre en musique cette prise de drogue, j’avais besoin de passages expérimentaux où j’ai pu, entre autres, intégrer des amis qui ont partagé beaucoup de choses avec moi à cette période. Cela m’a permis aussi d’avoir un contraste avec les passages, « classique » (guitare/basse/batterie) tout en gardant le fil de mon analyse. Presque tous les morceaux de l'album commencent par des passages expérimentaux où mes amis ont participé.

Confort coverCe titre, « [13​/​4​]​25​[​3​]​11​[​20​]​1 », à quoi correspondait-il ?
Germain Orliange :
Ca correspond à cette période et au sujet de l’album. C’est un code qui n’a encore pas était découvert même si certains n'ont pas été loin de le trouver...

2021 marque votre retour avec un six titres baptisé « Champ ». Il s'agit à nouveau d'un « champ » ... d'expérimentation ?
Germain Orliange :
On peut dire ça comme ça. Même si musicalement ça l’est moins ! Sur Champ je suis revenu sur un moment passé de ma vie, soit quelques années en arrière, à la différence de « [13/4]25[3​]​11​[​20​]​1 » qui a plutôt était fait dans la foulée. L’expérimentation pour moi était plutôt là, essayer de revire à travers la musique des sensations vécues il y a longtemps.

Musicalement, on parle de  Post-Grunge et de Space Metal, en tous cas de musique clairement alternative...
Germain Orliange :
Oui, je suis très influencé par le Grunge et ce qui a été fait dans les années 90. Toute la musique alternative de cette décennie a vraiment été riche. Le groupe Failure reste ma plus grosse influence, mais Nirvana a eu aussi beaucoup d’importance, c’est ce groupe qui m’a donné l’envie de faire de la musique. J’écoute aussi beaucoup de Metal et de Rock Progressif : Sepultura, Gnidrolog, Gong, Coal Chamber, Steven Wilson, S.U.P, Obituary…

J'ai lu  que « Champ » mettait en musique une soirée de l’été 2015 qui se clôture par une rencontre déterminante. Vous souhaitez nous en dire plus sur cette mystérieuse soirée ?
Germain Orliange :
Je peux juste dire que c’est une soirée qui a eu un gros impact sur ma vie actuelle.
Mais j'aime bien l'idée que l'auditeur ne se focalise pas que sur l'histoire racontée, mais qu'il se laisse aller à ressentir ses propres émotions en écoutant l'album.

Tu signes à nouveau les compositions de « Champ ». On les décrit  comme une introspection plus propre et intime que l'opus précédent...
Germain Orliange :
Le premier album a vu une vingtaine d’amis participer à l’enregistrement, c'est donc un travail commun. L’objectif était de porter un regard extérieur par rapport à ce que je pouvais ressentir. Ils ont tous éte assez libres afin que cela reste aussi vivant et spontané que cette période vécue ensemble.
Sur « Champ », je me suis concentré seul sur ce que j’ai pu ressentir autour de ce moment de ma vie.

Comme sur « [13​/​4​]​25​[​3​]​11​[​20​]​1 », les chiffres imposent leur loi, ils sont constitutifs des titres des morceaux, on en compte parfois près de trente d'affilée...
Germain Orliange :
Il s’agit également d’un code, mais cette fois basé sur les lettres de l’alphabet. Je voulais laisser un peu de mystère sur cette fameuse soirée…

Sur « [13​/​4​]​25​[​3​]​11​[​20​]​1 », la voix humaine se faisait entendre par du chant, des rires, du langage. « Champ » est plus instrumental, à l'exception de la dernière piste sur laquelle Zoé Vaisset-Louvard revient poser brièvement et joliment sa voix. Germain Orliange : Zoé (qui a aussi participé au premier album) a eu un rôle important dans l’histoire de  « Champ ». Ça me paraissait donc inévitable qu’elle participe aussi à cet album. Je voulais aussi un pont avec le premier album et sa voix collait parfaitement au projet. Le morceau où elle intervient est un morceau assez calme et mélancolique. Elle  apporte une mélodie qui donne au morceau une dimension envoûtante et permet de clôturer l'album.

Le style de l'artwork est proche de celui de l'opus précédent. Je trouve qu'il se marie bien à votre univers expressif.
Germain Orliange :
L’artwork est fait par une amie : Manon Charles. C’est elle aussi qui s’est occupée de la pochette du premier album. J’aime beaucoup son univers qui met assez bien en image des émotions et ressentis liés à l’album.

Un mot sur la production de l'album ?
Germain Orliange :
J’ai enregistré avec un ami, Steven (ancien bassiste du groupe de Post-Metal INGRINA). La partie batterie a été faite au Studio Moulin De Taule où a été enregistré le premier album. Ca a été le dernier enregistrement de ce studio qui a depuis changé de fonction. La basse a été enregistrée chez Steven et le reste je l’ai fait chez moi dans mon studio. Le tout a pris environ huit mois.

Sous quels formats et comment « Champ » est-il distribué ?
Germain Orliange :
L’album est disponible en digipack, où les dessins de Manon prennent vraiment beaucoup d’importance, ainsi qu’en cassette et en digital via bandcamp et les plateformes de streaming.

Votre activité dans les mois à venir ?
Germain Orliange :
J’ai quelques idées pour des projets futurs, mais rien de concret encore pour le moment. Il faut que je jongle avec mon travail et ma vie de famille et que je trouve le temps de concrétiser tout ça.

Merci, Confort, de m'avoir reçu.
Germain Orliange :
Merci à toi et a Ahasverus - Métaux en tous genres pour ces questions, c’était vraiment chouette d’y répondre


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