EVIL-MINDED, Lucy’s Fate (14/10/2022 - chronique)

Le 27/10/2022

Pour les fans d’Iron Maiden cet opus est un petit bijou tant l’inspiration est évidente.

Groupe : Evil-Minded
Album : « Lucy’s Fate »
Genre : Heavy Metal
Influences : Iron Maiden / Judas Priest / Metallica / AC/DC / Motörhead
Origine : Toulouse
Sortie : 14/10/2022

Par Pépé St@kaTTo

Line-up 2022 :

  • Jonathan Sendrané (chant, guitare)
  • Jonathan Jourdan (batterie)
  • Romain Bourgeois (guitare)
  • Guillaume Lefebvre (basse) Lorraine Cross, Nemedian Chronicles

Evil minded music records france promo

Anciens membres :

  • Anaïs Abbadie (chant)
  • Yann Lehue (basse)
  • Damien Oliveira (basse)

Discographie :

  • Rock'N'Roll Road (2015 – démo 10 titres)
  • Into The Jaws Of Death (2019)
  • Weighing of the Heart (2020 – EP 3 titres)
  • Lucy’s Fate (2022)

« Rock'N'Roll Road » (2015) - Démo
« Into the Jaws of Death Label » (2019) - Autoprod’
Tracklist :
1.Into the Jaws of Death - 2.No Man's Land - 3.The Old Knight - 4.Missing Paradise - 5.Call of Duty - 6.Pain - 7.Holy Wars - 8.Evil-Minded - 9.U235
« Weighing of the Heart » (2020) Artwork Mario Lopez - Autoprod’
Tracklist :
1.1789 - 2.Unmerciful Life - 3.Weighing For The Heart

« Lucy’s Fate » (2022) - Artwork Mario Lopez - Label Music-Records
01.The Evil Within - 02.The Last Strike - 03.The Eternal City - 04.Filibusters -05.1789 - 06.London Vampire - 07.Lucy’s Fate - 08.Weighing Of The Heart - 09.Trust My Lies - 10.Unmerciful Life - 11.Rock Squadron
Evil minded lucys fate music records
C'est à Muret très exactement, en banlieue Toulousaine (Sud-Ouest, Haute-Garonne et patrie de la Chocolatine) qu’Evil-Minded voit le jour en 2010. Sous l’impulsion des deux Jonathan, Jourdan et Sendrané, guitaristes et grands passionnés de Hard Rock des années 80 (Iron Maiden, Judas Priest, Metallica, AC/DC, Motörhead), le groupe va intégrer de nouveaux membres, répéter, participer à quelques scènes locales et sortir finalement une démo en 2015.
Après quelques changements notoires, Jonathan Jourdan ayant lâché sa guitare (au profil de Romain Bourgeois) pour la batterie, vu un défilé de plusieurs bassistes, et Jonathan Sendrané succédant à Anaïs Abbadie au chant, que le groupe livre en 2019 son premier album en autoproduction « Into the Jaws of Death » (en mémoire d'une photographie prise le 6 juin 1944 par Robert F. Sargent lors du Débarquement de Normandie). Ce concept-album dont le thème récurrent a pour cadre historique la seconde guerre mondiale rend ainsi hommage à ces héros, ces soldats ou résistants qui ont forgé l’Histoire et que l’on retrouve dans le titre des morceaux. Les critiques positives de la scène Metal, tant nationales qu’internationales, vont pousser nos amis Toulousains à poursuivre l’aventure…
En 2020, Evil-Minded présente (encore en mode autoproduction) une nouvelle démo de trois titres toujours aussi Heavy, intitulée « Weighing of the Heart » dont la sublissime pochette est signée par le graphiste guatémaltèque Mario Lopez (King Diamond / Metal Church / Them). Pour plus d’informations sur le groupe et cet EP, je vous invite à lire l’excellente chronique de ma collègue Dam'Aël.
Après la signature d’un contrat avec le Label hexagonal Music-Record (Cf. photo en début de chronique), le groupe va profiter des multiples périodes de confinement pour peaufiner les onze titres de leur second album « Lucy’s Fate ». Lancement des sessions studio début 2021 pour une sortie effective et attendue le 14 octobre 2022.
La pochette très « Old-School » de ce nouvel opus a également été réalisée par Mario Lopez, elle représente « Lucy Westenra », vampirisée par le Comte Dracula dans le célébrissime roman de Bram Stoker. Cependant, les divers conflits et mythes populaires de notre monde ont continué d’inspirer le groupe et se retrouvent ici.
L’album débute sur le très Maidenien « The Evil Within » avec son riff abrasif. Le chant sans être trop poussé drive ce morceau puissant et martial, les chœurs venant renforcer cette atmosphère de conflit latent. Ce titre qui pourrait être encore d’actualité aujourd’hui, décrit le climat hostile de la « guerre froide » et l’affrontement entre les « deux maîtres » du monde pour la domination de l’humanité, sur fond de peur d’holocauste nucléaire. Les solos de guitares omniprésents sont légion et viennent magnifier ce premier morceau. Une très bonne entrée en matière !
On poursuit avec « The Last Strike » qui démarre comme un cheval au galop, ou plutôt comme un Stuka en piqué avec son long riff d’intro, le chant démarrant dans la foulée. La rythmique basse/batterie puissante est rehaussée par des solos rageurs et on retrouve encore ici une mélodie dans la veine d’un Maiden, que du bonheur ! Le thème abordé dans ce titre est celui de l’affrontement entre Allemands et Soviétiques pour le contrôle de Stalingrad.
« The Eternal City » et son intro très Epic-Metal est pourtant un morceau très Heavy avec un gros son, classique mais accrocheur. La basse est bien mise en avant, le chant est guerrier et cadencé comme une phalange de soldats romains partis en découdre pour la gloire de l’Empereur et la splendeur de Rome. Pour vous en persuader, il suffit de regarder le clip officiel du morceau ci-dessous :

« Filibusters » démarre sur un tempo lent, rythmé pour les galériens. Hissez la grande voile et venez naviguer avec les Flibustiers. Un morceau Hard/Heavy certes bateau mais qui a l’avantage de ne pas se prendre au sérieux dans ses paroles. Le pont de fin est plus rapide et lance enfin l’abordage, le solo tonnant comme un canon de 12.
En piste 5 on retrouve « 1789 » déjà présent sur la démo « Weighing of the Heart », un titre ici aussi fortement influencé par Maiden et la révolution Française. Le chant est martial et repris par des chœurs, la rythmique implacable et mouvante comme une marée humaine qui marcherait vers la Bastille. A noter le pont de fin et son changement de tempo, avec une basse bien mise en avant, une batterie délivrant ses roulements de tambours de guerre et un solo incandescent prêt à briser de ses riffs toutes les chaînes. Un excellent titre.
Le génialissime « London Vampire » est un instrumental d’un peu plus de six minutes qui au dire de ses géniteurs aurait pu mériter des parties philharmoniques avec un vrai quatuor à cordes, ce qui constitue comme l’on s’en doute une boutade de Hardos de la belle époque. On retrouve cependant quelques nappes de claviers qui viennent de ci-de-là enjoliver le morceau. Grosse influence encore ici de la « Vierge de Fer », et un rythme haletant symbolisant assurément la traque du Vampire dans le cœur du vieux Londres.
« Lucy’s Fate » qui donne son nom à l’album débute sur des arpèges en sons clairs d’inspiration gothique, sur une lecture d’Abraham Van Helsing qui préambule le sort de Lucy. Un premier solo mélancolique lance ensuite sa rythmique entêtante et un chant qui ne demande qu’à être repris en chœur. Fermez les yeux et laissez-vous entraîner dans cette chasse au vampire, laissez l’esprit de vengeance vous envahir en mémoire de la belle Lucy. La mélodie de ce morceau est sublime et envoutante, les parties de guitares magiques. Mon deuxième morceau préféré de l’album.
« Weighing For The Heart » que l’on retrouvait également sur la démo « Weighing of the Heart » démarre sur une partie batterie bien speedée, Jonathan Jourdan pouvant libérer toute son énergie dévastatrice, et il est vrai que sur ce morceau il « bucheronne » grave le bougre ! L’ambiance lourde nous plonge immédiatement dans l’Egypte antique au temps des pharaons, encore une belle référence à Maiden et à son album « Powerslave ». Les solos guitares sont époustouflants et invitent à un « headbanging » permanent. Un titre qui doit tout défoncer en Live…
« Trust My Lies » avec sa longue intro hypnotique, (le chant ne commençant qu’à 1’43), traite de la manipulation mentale et du contrôle de la population par le mensonge. Ce morceau est particulièrement travaillé, avec ses changements de rythmes, ainsi que le « discours parlé » d’un gourou qui cherche à attirer dans ses filets les pauvres ouilles crédules, et qui conclut par des rires sataniques. Le riff répétitif et incisif tourne inlassablement et relance le chant tout le long du morceau. C’est tellement malsain que cela en devient démoniaque…
Sur « Unmerciful Life » (mon titre fétiche de l’album) c’est la basse qui est mise à l’honneur, même si la batterie perce également au mix. Ce morceau est très musical et s’inscrit dans un Heavy relativement rapide, limite speed par moment. Le pont, basse / guitare sons clairs suivis par un solo ultra décoiffant, est de toute beauté ! Le discours très engagé dans les paroles pourrait également être d’actualité car il traite de l’absurdité de la guerre…
Avec « Rock Squadron » nous arrivons à la dernière piste de l’album, « dommage » diront certains, « trop long » trouveront d’autres. La question a été posée au groupe lors d’une interview radio, les morceaux sont longs car ils reflètent leur vision et inspiration du moment dans leurs titres (riffs guitares et solos à la pelle, désolé pas fait exprès !), n’oublions pas non plus que certains Maiden, Judas ou Metallica tapent allègrement dans les 6 minutes. Et puis, pourquoi se priver de certains titres ? Il est parfois également difficile de faire un choix…
Bref, avec ses 4’55 « Rock Squadron » reste dans la moyenne et balance un bon titre guerrier Heavy et bien catchy. Ce titre a bénéficié d’un clip Youtube Officiel que je vous laisse découvrir ci-dessous :

Pour les fans d’Iron Maiden (dont je fais partie) cet opus est un petit bijou tant l’inspiration est évidente, « trop » diront certains, « jamais assez » diront les autres, chacun se faisant sa propre opinion.
Reste également la question du chant avec son accent « trop frenchie » là également les opinions divergent. Personnellement je pense que ce n’est pas dérangeant, ni agressif à l’écoute, et puis si Jonathan chantait avec l’accent de Toulouse C*N, ou de Marseille PUT1, ou en patois (l’Occitan bien de chez nous), ça changerait quoi ? Pour moi il n’y a pas besoin de débat, ce n’est qu’un détail, le Metal c’est avant tout de la musique et du feeling, et pour ça les Evil-Minded « hé bé C*N, ils en ont ! ».
Je ne saurais donc que trop vous conseiller de vous jeter sur cette galette et d’en apprécier chaque ingrédient, en ce qui me concerne j’attends patiemment le prochain skeud, et également l’occasion de les voir jouer sur la Capitale …

Liens :

Matoscope :

  • Jonathan Jourdan : Batterie Pearl Classique (faite sur mesure en 1992)
  • Jonathan Sendrané : Gibson SG Model 61 Standard / ENGL Fireball 100 + Cab Marshall 1960BX / Cordes Ernie Ball strings
  • Romain Bourgeois : LAG Arkane Master 1000 / Marshall JVM 210H + Cab Marshall 1922 (Celestion G12T-75 ) / Cordes Ernie Ball strings
  • Guillaume Lefebvre :  BC Rich Warlock Bass

HEAVY METAL