METAL

LAST TEMPTATION "FUEL FOR MY SOUL" (2022)

Le 22/05/2022

Groupe : Last Temptation
Origine: Strasbourg/Paris (FR)
Album: FUEL FOR MY SOUL (20/05/2022) - Chronique d'album
Genre: Hard Rock, Heavy, Grungy teinté de stoner.
Label :  http://http://www.goldenrobotrecords.com/
Par Dam'Aël

 

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LAST TEMPTATION : LE GROUPE

 

Evidemment, j'ai cette grande tentation de vouloir vous raconter la genèse et l'histoire de ce groupe dont la création remonte dans les années... ouais, tout dépend à quelle référence on fait allusionner. Bon, partons sur 2010. Donc Last Temptation (LT) voit le jour grâce au Strasbourgeois Peter Scheithauer  qui  a déjà bien roulé sa bosse : sideman pour des groupes aussi divers que Kiss, Megadeth, Testament, Slayer , Belladona et bien d’autres, il est également le fondateur de Stream, Killing Machine et Temple Of Brutality ... Cette formation se forge sur un line-up initial des plus impressionnants puisqu'il invite Bob Daisley (Garry Moore, Ozzy Osbourne),Winnie Appice (Black Sabbath, Dio) et Don Airey (Deep Purple, Rainbow). Malheureusement ou... comble de bonheur selon où nous orientons notre lorgnette, le projet a longtemps traîné, d’abord en raison des plannings hyper chargés de chacun et, d'autre part, Bob Daisley tient absolument à intégrer un chanteur avec des critères très précis; Il le veut inattendu, jeune et frais... mais sans acné! Reste à Peter de relever le défi lancé par Daisley. On peut l'imaginer courir jambes à son cou de métalleux vers le Festival Musica, le Festival des Artefacts, La laiterie ou le Molodoï pour trouver la perle rare. C'est par un pur hasard que le guitariste "tombe" sur des videos de HELLECTROKUTERS, un groupe parisien de hard rock qui, avec deux albums à son actif, envoie du bois qui sait réchauffer les salles les plus glaciales. Et le frontman  Butcho Vukovic dégage une vitalité rassurante et propose un chant plus que convaincant. Le tout sur une expérience de ouf puisqu'il est, entre autres, l'ancien frontman de feu Watcha, le premier groupe de Néo Metal français des années 90 bien pesées (1994-2008). Peter contacte téléphoniquement l'élu pour le job qui, croyant à une blague, se paie le luxe d'envoyer gentiment ballader le 6cordistes en mode "Va te faire pendre avec tes cordes plutôt que de me raconter des carabistouilles". Sauf que Peter ne lâche pas l'affaire et sait convaincre. Après divers échanges d’enregistrements comme démonstration de la qualité vocale de ce jeune français auprès de Bob, la réaction ne s’est pas faite attendre. Bob Daisley dit à Peter : « Voilà, c’est Ozzy qui chante juste ! », « C’est Ozzy, avec un timbre juste. ». L’affaire est pliée! Et Ozzy se lance dans la confiture de rhubarbe. Bon j'déc***.    Un premier album Last Temptation voit alors le jour le 19 septembre 2019 via earMusic.

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 Mais comment gérer les scènes avec un océan qui sépare les Américains des Français en période de pandémie. Il faut donc revoir le projet et faire appel dans l'hexagone, à un nouveau bassiste et un nouveau batteur respectivement Julien Rimaire  (Los Disidentes Del Sucio Motel ) et Vince Brisach (Mitch Ryder) . Peter expliquant: " la nouvelle composition facilite grandement les répétitions, les concerts au pied levé et la préparation des productions d'album".

Ce nouveau line-up ne va pas jouer les touristes en shorts de bain masqués jusqu'aux oreilles; ils vont travailler dur et à l'instar de la foudroyante multiplication virale que nous avons tous subie, le quartet va lui aussi multiplier les titres, jusqu'à une bonne quarantaine pour n'en choisir au final que 11 qui viennent plaquer de Hard Rock Old School les sillons de FUEL FOR MY SOUL, leur second opus. Cependant un nouveau changement intervient au sein de la formation, Farid Medjane (TRUST) reprennant les baguettes de Vincent, c'est donc lui que nous pourrons voir sur scène dans les prochains concerts et pour la suite de l'aventure.        

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Au cours de ce périple, le combo réussit un coup de maître en signant sur Golden Robot Records/Crusader Records complété par un contrat de management avec Doug Goldstein, lequel a assuré la gestion du groupe Guns N' Roses pendant 17 années de leur longue carrière. Privés comme tout le monde du spectacle et de la culture, ils n'auront pas pu livrer en live leur premier album mais ont malgré tout eu l'opportunité d'assurer la première partie de Dream Theater  et de présenter  en avant première LAST TEMPTATION sur la mainstage 1 du Hellfest en juin 2019, accompagnés de Steve Unger (Metal Church) et de Stet Howland qui a fait partie des groupes USA de Peter, et a été le batteur de WASP, Lita Ford ou encore Metal Church.                                    

 

LAST TEMPTATION : FUEL FOR MY SOUL

 

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En cette nouvelle période de tension internationale et de risque de pénurie énergétique, la solution est toute trouvée; carburer au FUEL FOR MY SOUL à l'indice d'octane LT 2022 qui assure une réaction exothermique d'oxydoréduction capable de réchauffer n'importe quel frileux du genre et les acolytes qui l'accompagnent. Last Temptation, les fans le savent, a pour influence  Black Sabbath, Black Label Society, Ozzy, mais aussi bien d'autres. Il s'inscrit dans un registre Old School des années 80's avec pour priorité le côté organique de la musique et de ses enregistrements; et pas question de faire de compromis sur cet aspect technique et artistique. FUEL FOR MY SOUL est une galette qui ne nous limitera pas aux 80 km/h autorisés dans un tout autre domaine; ces 11 titres savent donner la vitesse d'une écoute en chute libre jusqu'aux dernières secondes. Le quartet a généré une quarantaine de titres avant d'en sélectionner avec précision 11, jetant  les perdants au rebus. Le travail en amont est tel que l'enregistrement de ces 11 compositions a été réalisé en une seule semaine au Downtown Studio de Strasbourg; un enregistrement voulu en live et en prises intégrales de tous les instruments ainsi que la voix afin de respecter les critères rapportés plus haut. Le mixage est délégué à E.BISCAN et la masterisation est assurée par Peter lui-même. L'artwork est de nouveau réalisé par Headbang Design  (album « Throes of Joy in the jaws of defeatism » de Napalm Death, travaux pour des festivals de Stoner...) avec Antoine Defarges derrière le pinceau qui lui donne un style très graphique, une esthétique très colorée et cette dimension intemporelle. Je vous propose dès maintenant d'aller faire le plein à la pompe de Last Temptation pour un voyage chaud comme la braise.

 

EN PISTE :

1. Ashes and Fire :

Le sujet abordé dans « Ashes and Fire » est celui des personnes égocentriques et égotiques qui se prennent pour les rois du monde en utilisant le pouvoir et la violence. Explosif d'entrée de jeu, Heavy au possible, Last Temptation fait rougir les cordes de toutes origines confondues. Butcho Vukovic, le timbre écorché vif, se veut puissant dans un registre qu'il connaît très bien. Quelle est cette petite étincelle nouvelle qu'on perçoit en tendant l'oreille? La basse? La basse!!! Yes, cette basse a une sonorité toute particulière, elle est un poil plus stoner et ça m'plaît! Côté solo, nul doute qu'il s'agisse de Peter; reconnu Pit, sors de derrière les flammes STP. Cependant on remarque une variante importante: il s'y colle un côté mélodique plutôt rare chez le guitariste. A suivre... Concernant la batterie, on note une double pédale efficace sans démonstration ulcérante. Cette première piste est aussi le premier single supporté par une lyrics-vidéo diffusée en septembre dernier.

 

 

 

2. I Believe :

 Mid-tempo qui sonne et résonne, et qui rappelle l'intérêt qu'a le groupe pour le gigantesque Black Sabbath; I Believe confirme le son plus stoner de la basse qui s'associe à la guitare pour donner une atmosphère plus lourde. Le chant et le solo se tiennent un peu plus dans le registre du premier album (ceci n'engage que moi)

 

3. Stronger than fate :

Véritable déferlante de riffs, de notes et une ligne de chant qui défile à vive allure, ce titre est une machine à démonter tête et cou, à éroder tous les cartilages y compris ceux des plus jeunes métalleux; un big one en mode belliqueux, un titre version speed machine infernale dont le final appuyé par la double pédale est un mitraillage de grande envergure. Les nappes de guitare sont magistrales et pourraient faire rougir la horde de United Guitars de Ludovic Egraz. Une tuerie! Ce titre est une véritable tuerie; l'effet Kiss Hot du combo LT!

 

4. I Don't Wanna Be Your God :

Langue pendante, casquette sous le pied écorché vif, débraillé comme un pitre déluré, c'est dans cet état qu'on risque d'appréhender en sortie de Stronger Than Fate, le titre suivant "I don’t wanna be your god". Aux portes du Doom bien sale, gonflé à bloc en saturation, chargé comme un mulet en riffs bien lourds et syncopés, le sujet abordé est à prendre avec un second degré évident et une douce ironie. Mais la réflexion n'est pas bannie de toute interrogation. « ''I Don't Wanna Be Your God'', c'est Dieu qui s'adresse à l'humanité pour expliquer qu'il ne se sent plus responsable d'eux en raison de la façon alarmante dont ils se traitent les uns les autres. Il dit : « Désolé, mais j'abandonne ! » commente le guitariste Peter Scheitauer. Butcho Vukovic réussi ce tour de passe passe en rendant  moins pesant l'instrumental par des lignes de chant savamment recherchées et très mélodiques.

 

 

5. Fuel For My Soul :

Ce titre est un excellent combustible pour notre organisme et notre âme. Fortement influencé par les 70's et plus particulièrement par les britanniques Led Zeppelin dont les gimmicks et les plages de guitare ne sont pas s'en rappeler le fabuleux Whole Lola Love (Page non tournée, toujours au 1er Plan-t-); Butcho sait la jouer au plus près de l'effet voulu dans ce morceau, tant sa capacité d'interprétation est incontestable et incontestée. La basse s'est adoucie et en devient particulièrement mélodique et doucereuse. Fuel For My Soul est un des points forts de cet album qui se veut déjà d'un excellent niveau. On apprécie aussi la section rythmique solide et l'excellent travail fourni par le batteur. Le clip de cette piste est sortie le jour même de la release de l'album organisée au Hellfest Corner par Olivier Garnier de Replica Promotion le 20 mai dernier.

 

 

6. Carousel of hell :

Cette sixième piste fait aussi partie de mes préférées; très groovy, très rythmée, aux plages de guitare qui sauraient plaire à Yann Armellino et à grand nombre de 6cordistes.  Ce morceau est puissant, efficace tant par ses structures, son jeu, son inspiration et le choix des rimes du texte. La batterie sait appuyer la puissance des riffs, la mélodie du chant, par des patterns calmes ou beaucoup plus énervés en soutien inébranlable.

 

7. Free, Strong and Loud :

Pas de doute, ce morceau vous met la patate. Après une introduction très calme sur un duo guitare/basse ou basse reliée à un octaver, j'ai à peine eu le temps de me poser sur mon interrogation que les rockers décident d'allumer le feu en mode combustion Speed Metal. Groovy au possible, plus qu'efficace, très bien foutu et fédérateur au max (les politiques pourraient revoir leur copie...), Free, Strong And Loud est un concentré de Rock multi-fonction qui vaut toutes les recettes du monde, véritable exutoire qui ferait dégringoler le cours boursier de toute la pharmacopée allopathique. Encore une de mes sélections.

 

8. In The Mirror :

C'est sur cette 8ème piste que Last Temptation délivre la ballade de l'album, à la fois mélodique et mélancolique, on confirme le talent du frontman et plus particulièrement la fin vocale qu'il donne à ce titre. L'instrumental est chargé, syncopé, lourd et bruyant, frôlant les limites du noisy sur certains passages. La section est réellement massive, enfonçant le clou de la puissance du texte. 

 

9. Main Attraction :

Pour les fans de Suzy Quatro, ne vous attendez pas ici à trouver un cover de son 8ème album. Rien à voir. Mais écoutez plutôt. Les paroles de ce titre aborde le fait qu'il nous arrive à tous de penser bien agir, d'apporter une plus-value au monde qui nous entoure, mais malheureusement les conséquences peuvent être désastreuses et trop tard pour retropédaler. Le mal est fait. Et Last Temptation sait introduire le sujet et transcrire nos pleurs de notre noir constat, avec cette intro des plus sinistres sur guitares saturées et dissonantes pleurnichardes, à l'effet  très réussi. Bravo les gars. Le ton est donné et bien donné : lourdeur, rythme pesant à l'allure d'un compte à rebours, grungy, au son bien sale aussi sale que nos actions. Le solo tranchant, fusille à tout va y compris nos illusions. Une lyrics video appuie la sortie de ce troisième single depuis début mai dernier.

 

 

10. The Answer :

Où trouver la réponse à cette question princeps : "pourquoi sommes-nous sur terre ? ". Nous pouvons toujours parcourir en long, en large et en travers le dernier Gala du kiosque, tirer les cartes d'un jeu de tarot qu'Antoine Defarges aurait peut-être pu illustrer ou encore demander à la concierge de l'immeuble qui glâne allègrement toutes sortes d'information; le conseil que tente de nous donner le combo est sans nul doute bien meilleur, celui d'avoir cette approche introspective profonde et plus sérieuse. L'instrumental de The Answer est sombre, lourd à l'image de la difficulté à répondre à la question soulevée. Last Temptation rappelle ici ces influences musicales.

 

11. Going Crazy:

Stoner, Doom, Grungy filent la texture musicale de cette étoffe rugueuse tramée par toutes nos peurs. Et ça gratte! Si les guitares stridentes sont les premières à enfiler l'aiguille de ce canevas très Black Sabbath, la basse tisse une très belle partie de cet ouvrage, ourdant un son lourd et vrombissant pesant et alarmant, cependant bien rond. le chant doublé version écho, crée une résonnance telle, qu'elle pourrait se faire le juge de notre conscience. Le pattern de batterie règle à la perfection ce métier à tisser qui délivre cet habit crazy de notre folie humaine. Très bon final pour enfoncer le clou des messages passés dans les 11 pistes de cette galette.

 

NOTRE AVIS :

FUEL FOR MY SOUL marque une réelle évolution  du combo LAST TEMPTATION. Qu'il s'agisse des compositions ou de leur production. Qu'il s'agisse de l'évolution des soli de guitares qui prennent part à la mélodie des titres tout en gardant ce côté agressif et très technique signant la patte très identitaire de Peter. Que cela concerne le nouveau son de la basse qui, apportant un son plus stoner, amène une couleur différente et bien trouvée à cet ensemble instrumental. Qu'il s'agisse du chant de Butcho toujours aussi excellent et qui a su introduire des lignes de chant plus nuancées et peut-être plus caractéristiques du genre donné dans cet opus. Enfin que cela porte sur le travail de la batterie qui met en évidence une recherche toute particulière sur la construction des patterns et de ses nuances. On notera un jeu de double pédale qui ajoute une plus-value très notoire sur l'ensemble des compositions. FUEL FOR MY SOUL est un excellent album qui délivre des compositions puissantes, mélodiques, variées où l'énergie dégagée peut prendre des allures explosives, foudroyantes ou plus pesantes à l'instar des sujets abordés dans les textes. Nul doute à émettre concernant le talent de cette nouvelle configuration du groupe et de sa capacité à envoyer la charge et les watts avec une inspiration et un savoir-faire sans réserve. Last Temptation carbure à l'indice d'octane élevé. Son aisance, son inspiration, sa passion tissent avec brio l'étoffe d'une formation à mettre sur le devant de la scène sans demi-mesure et sans modération. Rendez-vous notamment au Hellfest le 18 juin prochain, en compagnie de The Darkness, Steel Panther, Deep Purple , Airbourne, Dead Daisies. Ouai, les mecs, ils savent aussi la jouer dans la grande cour !

 

DISCOGRAPHIE :

 

19  septembre 2019 : Last Temptation

Last Temptation, 1er album éponyme sorti le 27/09/2019

 

 

Track List :

1 Ashes and fire
2 I believe
3 Stronger than fate
4 I don’t wanna be your god
5 Fuel for my soul
6 Carousel of hell
7 Free, strong and loud
8 In the mirror
9 Main attraction
10 The answer
11 Going crazy

Line up :

Butcho Vukovic (vocals)
Peter Scheithauer (guitar)
Julien ‘Baloo’ (bass)
Farid Medjane (drums) qui remplace Vincent Brisacq

 

Les liens :

https://www.facebook.com/LastTemptationOfficial

http://www.goldenrobotrecords.com/


 

 

 

 

 

 

 

ALTA ROSSA " VOID OF AN ERA" (Album 2022)

Le 19/05/2022

Groupe : ALTA ROSSA
Origine: Besançon (FR)
Album: VOID OF AN ERA (18/02/2022) - Chronique d'album
Genre: Post-Metal, Sludge, Noise
Label :   Source  Atone Records(Fr)
Par Dam'Aël

 

Alta rossa

 

ALTA ROSSA: LE GROUPE

 

Jeune groupe originaire du Doubt formé en 2020, ces cinq potes n'en sont pas à leur premier exercice. Tous issus de formations précédentes comme HORSKH (Metal, Transe, Electro), ou ASIDEFROMADAY  (Harcore, Noise), mais aussi The Erkonauts ou Slaughters, Prison Life, Flesh et Khynn, ils mettent un point d'honneur à allier leur amitié à leur passion. Si leurs influences sont un peu différentes, elles se retrouvent dans une parfaite osmose de créativité, réglée non pas comme du papier à musique mais plutôt à l'instar du mécanisme d'horlogerie bien connu de cette ville de Franche-Comté qu'est Besançon. Et pas question pour ALTA ROSSA de rester dans sa coquille ou d'avancer à l'allure  d'un escargot de Bourgogne malgré cette pandémie. Jordan Daverio et Thomas Dubois aux guitares, Mathieu Martinazzo à la batterie, David "Dess" Demesmay à la basse et Antoine Lauzel qui tient le micro, entendent bien délivrer leur Post-Metal qu'ils allient au rageux Punk-Hardcore, au ténébreux Sludge s'appuyant sans concession sur de grosses sonorités Noise et Black Metal. Et leur objectif n'est pas uniquement d'investir les scènes de cette première ville verte de France mais bien d'aller clamer haut et fort, et de toute urgence, la ligne rouge que l'humanité est en train d'atteindre, au son des watts poussés dans le rouge vif. Vous aurez dès lors compris la raison de leur patronyme. « C’est dans les moments d’urgence et de violence que le groupe exprime le mieux son talent », et il faut reconnaître que les Bisontins ont de la matière première en excédent au regard de la déroute générale qui s'est mise en place depuis quelques décennies... 

Je vous signifiais un peu plus haut, l'importance de l'amitié dans la vie du combo ; et bien il confirme l'essai en signant sur le label français Source Atone Records lequel devient une référence dans le domaine du Post-Metal, en accordant leur confiance à Christophe Denhez et Arnaud Gillard qui ont "la passion commune pour les aspérités les plus sombres de la musique Metal" ; pour rappel Christophe est le chanteur du groupe français Demande à la poussière  (vous trouverez une chronique de leur album en cliquant sur ce lien: http:// http://www.ahasverus.fr/blog/chronique-d-album-demande-a-la-poussiere-blackened-post-hardcore-quietude-hostile-26-03-2021.html ). Et si le quintet connait déjà une belle visibilité sur la scène locale, cette signature devrait pouvoir hisser le groupe à des niveaux de fréquentation scénique encore plus opportune. Alta Rossa a été amené à donner de beaux concerts notamment au Festival Détonation à Besançon même, à la Rodia, et en première partie de Hangman's Chair au Moloco à Audincourt.  Je vous signifiais aussi le parallèle avec la passion. Et force est de constater que les cinq membres Bisontins sont "jusqu'au boutistes" en faisant appel à d'autres personnes fortement passionnées, Elodie Salicz et Romain Richez de l'agence Singularités ( http://https://agencesingularites.fr/ ).   

 

 

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ALTA ROSSA: L'ALBUM  "VOID OF AN ERA"

 

Evidemment on connait tous la conjoncture générale dont on nous a fait cadeau à grands coups de virus, de piquouses, de bourrage de crâne et de masques... de quoi énerver le plus grand nombre d'entre nous générant une colère sismique qui a tout intérêt à fuser hors de nos cellules. Alta Rossa fait forcément partie du lot et il y a une véritable urgence à plaquer sur les sillons tout le venin accumulé. Mais ne vous méprisez pas, il ne s'agit pas que d'un exutoire, bien au contraire. Cela reste en priorité une démarche artistique réelle où la sensibilité reste reine, même si celle du groupe se colore de teintes sombres voire très sombres. Et ce seront plus particulièrement les textes qui vont prendre chers écrits pendant cette période, a contrario des compositions musicales déjà largement avancées.  Le groupe s'exprime: « La terre est condamnée à être détruite si aucune action des plus riches et des plus puissants n’est entreprise dans un principe collectif. À contre courant des libéraux type colibris qui prônent des actions individuelles et remettent la responsabilité sur chacun alors que les plus riches polluent le plus ou de ceux qui, au lieu de s’occuper de la terre et des êtres humains, ont comme unique préoccupation d’aller faire du tourisme dans l’espace en toute impunité comme Jeff Bezos ou Elon Musk. »

VOID OF AN ERA est un opus qui livre depuis le 18 février dernier 31 minutes de colère, d'interrogations, de puissance sombre et violente assises sur un socle metal qui se veut noir. Et quand Alta Rossa voit rouge, noir c'est noir et certainement pas dans le registre des 50 nuances de gris. Vous l'avez compris, ça chauffe, ça rugit, ça rougit, ça détonne et ça charbone. Pas de demi-mesure chez ces burineurs car ces metallos de Besac poussent le potard du défi jusqu'à faire appel pour le artwork de la galette, à un artiste au travail surprenant de sinistrose: du Gore en barre que le Bitcoin aurait du mal à détrôner. Alors j'vous l'dis de suite, le travail est stupéfiant de talent et d'une certaine beauté. Sombre, angoissant, voire et même...glauque, l'univers de cet artiste russe Kirill Semenov est torturé mais expressif au possible dans son domaine de noirceur; il tire non pas un trait sur l'aspect sordide de l'humanité mais quantité de lignes superposées pour imager et sublimer l'expression d'une sensibilité à fleur de peau. Alta rossa rentre justement dans ce registre et l'affaire leur sied à merveille. Je vous conseille d'aller jeter un oeil sur le site de cet artiste ( http://Kirill Semenov Art ). Quant au niveau du son! Oh! Oh! Poto est arrivé-é-é! Je le rappelle l'amitié s'allie à la passion mais aussi... à la proximité. En effet, si les voix sont enregistrées chez Jordan dans son studio, toutes les prises sont capturées et travaillées chez un ami de la région Steph Lawansch au Divar studio (Blockheads, Whoresnation, Abyssal ascendant...). En piste!!! 

 

 

ALTA ROSSA : piste par piste

 

 

1. Binary Cell:

introduit les 7 pistes dans un mid-tempo de guitares dissonnantes, oppressantes et inquiétantes, qui donnent un premier aperçu dosé bien gentiment. La suite aura une couleur beaucoup plus ténébreuse et violente. Le chant hurlé reste à un niveau rageux saisissant mais pas encore fracassant. Alta Rossa nous met en condition ; considérez Binary Cell comme un simple échauffement.

2. The Stardrainer:

Les 4 premières mesures de la batterie annonce une toute autre couleur; ça va dépoter sévère. La dynamique monte en puissance au même titre que cette dissonance qui mitraille l'ambiance : la fureur s'installe et le chant devient plus agressif. Fusion de hardcore, de noise sur section ryhtmique bien solide, et des guitares qui proposent un son qui saisit et prend aux tripes. La virulence de Alta Rossa installe une profondeur sonore abyssale, pesante et intense. Ce morceau fait l'objet d'un clip présenté en février dernier, qui met en scène de façon très furtive le personnage symbolique et générique présenté sur le artwork de l'album.

3. Cycle:

On aime les batos de la batterie pour ouvrir les morceaux chez les Bisontins, et personnellemnt j'adore. Les guitares se veulent encore plus dissonantes et saturées, folles et furieuses mais surtout de plus en plus pesantes et angoissantes. Cet univers fait flipper et nous éloigne de plus en plus d'une éventuelle sortie de secours en nous amènant avec lourdeur et fracas vers une sortie de route. En tout cas, ce n'est pas celle du combo qui proposent des compositions travaillées, cohérentes, évoluant jusqu'à présent dans leur logique post-métal bien verrouillée.

4. Dawn With Never rise:

Signant un accord diabolique avec dame la noirceur profonde, il convient de bien comprendre qu'il est nulle question de voir ne serait qu'une once de pénombre et encore moins d'éclaircie; Aube, jour, aude ou nuit, Black is Black et pas question de revenir la-dessus. Les guitares continuent leur trip sauvage, rageur et troublant et la batterie est une véritable merveille de "je te démonte tout, dégage de là, je mouline et tabasse à tom-larigot ( je sais! tire-larigot, mais c'est beaucoup moins drums-style). Si le jour a peu de chance de se lever, l'humanité elle, a encore moins de chance de se relever si nous ne bougeons pas nos popotins au plus vite. Alta Rossa (AR) vous le crie haut et fort et il est loin d'être le seul à vociférer cette urgence. Nos esgourdes saignent tant les gueulantes jouent un rôle de peeling et d'épilateur en mode rouleau compresseur. Continuons à jouer les sourds dingues, qui d'ailleurs ont bien des chances de recouvrir l'audition tant ces cinq loulous font bouillonner les vibrations ( Respect à tous les mal-entendants, il s'agit d'un 3ème degré au minimum).

5. Orbiting:

P*** de B*** qu'elle est bonne cette intro de batterie et ça suit en mode avalanche par la basse, les guitares et la colère hystérique du chant. Les mecs de AR sont loin de l'AOR et ils évitent toutes carabistouilles en mode yoyo: leur véhémence et leur nervosité sont des étalons Or mis sur orbite et pas question de freiner des 2 fers! Noise, Sludge, Black, Hardcore et autres, tout se retrouve sur ce titre que je trouve démentiel. Bravo les gars!

6. The Fall:

Près de 20 minutes de musique portée avec rage et cataclysme mais toujours en vie. Qui parle de vie introduit inévitablement la notion corrélative de mort. Certes on peut s'enfouir la tête dans le sable chaud de l'été ou encore plus approprié dans notre propos, dans l'eau saumâtre et boueuse des riffs et percussions des Bisontins,  la descente vers cette échéance est incontournable. Le quintet aborde le sujet “Humain, oublie tes putains de rêves, la chute est inévitable.” Les guitares savent produire cette résonnance folle et furieuse qui ébranle nos consciences et ce n'est pas le chant d'Antoine qui a la moindre chance de nous rassurer tant l'ulcération est palpante. Un duo basse/batterie toujours au taquet et dans l'excellence.

7. Void Of An Era:

Etrangeté, sonorités inquiétantes, opressantes, sombres, lourdes, voix torturée, basse et batterie qui sonnent le glât, toujours aussi solides, voici le tableau de ce dernier titre qui donne le coup de grâce final et nous engloutit dans les ténèbres de la musique Metal de ces 5 garçons qui ont su faire évoluer leur galette du début jusqu'à la fin dans une cohérence incontestable et une identité bien propre sur sonorités bien sales. 

 

Notre avis:

Je ne connaissais pas ALTA ROSSA; il est fort à parier que désormais, à l'écoute de quelques lignes musicales à l'aveugle, je serais capable d'affirmer l'origine de ces plages sonores tant l'identité du groupe est évidente. Notamment au vu de la nature du son lourd, sombre et particulier des guitares maintenues très organiques par une production qui leur est restée fidèle. Addicte à la batterie et adepte des duo basse/batterie efficaces et très bien construits, je salue Alta rossa qui sait véritablement miser sur des sections rythmiques magistrales, recherchées, travaillées et variées. L'énergie dégagée dans son cet opus, bien que sombre, lourde et rageuse, sur saturation et dissonance à gogo, aboutit à un album dont les 31 minutes s'aborbent d'un coup, d'un seul, y compris quand, et c'est mon cas, on n'est pas forcément fan du genre. C'est révéler l'ingéniosité de ce quintet qui devrait inévitablement faire parler de lui dans ce milieu à part, dit de niche moins suivi par la majorité. Challenge énorme et réussite totale sur Void Of an Era qui place Alta Rossa dans la lignée des groupes à suivre d'assez près.

 

On va plus loin chez Ahasverus.fr:

Revenons sur le label https://sourceatonerecords.bigcartel.com/# qui n'a pas encore fêter ses 2 ans d'existence et qui s'affaire à développer des genres obscurs que sont le post-Rock, le Sludge, le Black Metal et autres assimilés. Ils ont pour devise la fougue de vrais passionnés et l'efficacité de vrais professionnels. Il en résulte déjà de belles signatures avec :

 http://Nature Morte

http://Néfastes

http://JUNON

http://Demande à la poussière

http://PARLOR,

 http://SaaR

http://Korsakov.

 http://PARLOR

http://SaaR,

 http://SunStare,

Membrane, Tassi, Sauvage...

 

 

WYVERN "RADIATIONS" (Album 2022)

Le 06/05/2022

Groupe : Wyvern
Origine: Toulon (FR)
Album: RADIATIONS (18/03/2022) - Chronique d'album
Genre: Rock Progressif, atmosphérique, Cinématographique
Label :  Whormholedeath (Italie)
Par Dam'Aël

 

 

WYVERN : LE GROUPE

 

Wyvern!?... Est-ce cette envie de voguer sur les eaux du Metal Progressif à l'instar de ce magnifique 2 mâts norvégiens du même nom de 1897 naviguant sur les eaux nordiques, ou la nostalgie de certaines radios nées dans les années 80 avec notamment celle qui diffusait dans le Herefordshire et la Worcestershire, qui a motivé ces quatre jeunes Sudistes à choisir ce patronyme. A priori pas du tout! La tramontane, le poulen, le ponant, le mistral ou encore l'aguieloun soufflent dans la rade de Toulon et ramènent quelques souvenirs... celui d'un ancien groupe dans lequel le papa de Laurent et Aurélie tenait place. Un formatage paternel, affectif mais pas que... est à l'origine de cette histoire.

WYVERN le groupe

Wyvern s'est formé en 2016 dans la région du Var (83) avec une envie puissante de donner une suite logique à leur formation artistique. Tout droit sortis du Conservatoire TPM de Toulon, Julien Wetterwald * à la guitare et au chant, Aurelie Martin ** à la basse, Laurent Martin *** aux claviers et Alexandre Prs **** à la batterie s'essaient à un style de Rock progressif y associant des sonorités Metal teintées d’électro. 

* étudiant au conservatoire de Toulon depuis l'âge de 6 ans, Julien obtient un Brevet d'Études Musicales (BEM) de solfège en 2013 avec Mention bien puis un BEM de guitare en Mai 2018 avec Mention très bien et les félicitations du jury. Actuellement en fin de cycle du cursus de guitare en "Musiques Actuelles" il a comme objectif de devenir enseignant au conservatoire.

** Aurélie :  BEM classique en solfège / BTS Design Graphique communication des medias numériques

*** Laurent : BEM classique en piano et solfège / DUT MMI (metier du multimédia et de l'Internet) / LP TSI (license pro techniques du son et de l'image) / en train de passer le CEM classique en piano 

**** Alexandre : en cours d'ontenir le BEM musique actuelle en batterie et solfège 

Wyvern devient lauréat du tremplin Classeurock qui le propulse sur la grande scène du cours Mirabeau à Aix-en-Provence en 2017 pour la fête de la musique en première partie d'Aqme et Blazing war machine. Il est vainqueur du tremplin Rockavalaire en 2018 et sélectionné par RTL2 pour la fête de la musique 2019 à Saint Raphaël...

2021 est une année importante dans le cursus du quartet avec cette signature sur le label italien Whormholedeath.

https://www.youtube.com/channel/UCDf3BAPumpCkSMXVJ7w17iA )

 

DISCOGRAPHIE :

 

En Janvier 2018 ils sortent leur premier album de 11 titres autoproduit «World Product».  https://0wyvern0.bandcamp.com/album/world-product


Le 23 Mars 2019 c’est l’EP 2 titres « Moonshine & Neoworld » qui fait son apparition, ce dernier étant entièrement enregistré par Sébastien  Camhi au StudioArtmusic». https://0wyvern0.bandcamp.com/album/moonshine-neoworld


En Novembre 2019 le premier clip du groupe (réalisé par Nicolas Fournier ) illustrant le titre Moonshine de leur EP est diffusé sur YouTube


Ils reviennent en 2022 pour leur second opus RADIATIONS. 

 

L'ALBUM :  RADIATIONS

 

L album radiations de wyvern

Présenté en version digipack le 18 mars 2022, les 7 titres de la galette Radiations délivrent près de 40 minutes de Metal Progressif qui joue l'alliance entre la musique et le 7ème art. " Notre communauté et nos auditeurs nous disent généralement que nous sonnons comme un mélange de Muse, Pink Floyd, Dream Theater et Devin Townsend. Le son Wyvern a été façonné par un large éventail d'artistes et de genres musicaux, mais surtout des groupes comme Leprous, Muse, Porcupine Tree, Devin Townsend, Haken, Avenged Sevenfold, Dream Theater.  « Nos influences viennent des différentes musiques que nous écoutons, ça peut être des groupes ou des artistes solo, de différents genres musicaux. Il peut également s'agir de films, de séries ou de jeux vidéo. " dixit le groupe.

C'est la raison pour laquelle ils ont donné vie à l'histoire narrée dans leurs chansons à travers une petite série de 4 vidéo-clips cinématographiques, 3 réalisés sous la direction de Nicolas Fournier et un, sous la collaboration  de Elisa Lecourtois pour l'animation du titre Amnesia, clips qu'ils ont diffusés du 18 février au 11 mars avant la sortie officielle de l'album. Ceci a été possible grâce à une contribution-crowdfunding largement atteinte via Helloasso.

 

Le travail de composition et d'écriture des textes est réalisé  pour une grosse partie par le claviériste Laurent, multi-instrumentiste à la productivité assez exceptionnelle. S'il fallait inventer le bouton off-humanoïde, ce serait forcément pour lui. Initiant les titres soit à partir de riffs de guitare, soit à partir de ses claviers, ou encore prenant comme support des banques de sons préexistants qu'il transforme pour leur donner une version plus identitaire, le plus gros du travail est ensuite présenté aux autres membres pour un peaufinement jusqu'aux moindres détails.

Fidèle au Studio Art Music (83), c'est Sébastien Camhi qui s'est occupé du travail d'enregistrement et du mixage des pistes. Le mastering a été confié à Kai Stahlenberg du Kohlekeller Studio (Seeheim-Jugenheim) en Allemagne. Quant à l'artwork, c'est la cinq-cordiste Aurélie qui s'est fait plaisir en réalisant le dessin de la pochette et Nicolas Fournier qui a mis la touche finale sur le design du titre de l'album. 

 

Tracklist:


01. Radiations (8:02)

"Radiations est un long morceau d'introduction qui retranscrit à travers les yeux d'une personne (Adam), l'arrivée de Radiations dans un monde paisible. Il est seul à survivre à ce cataclysme, sans comprendre pourquoi... Comme s'il était voué à survivre seul dans ce monde dévasté". 

C'est dans un univers d'arpèges électro-acoustiques que s'ouvre le parcours d'Adam et le nôtre dans Radiations. Le synthé et la batterie s'invitent à mi-distance dans la 3ème phrase musicale de cette longue introduction instrumentale, rejoints en 8 temps, 2 mesures par une basse lourde et sombre. Un duo basse / batterie qui donne une couleur inquiétante à ce tableau musical et au nouvel environnement d'Adam. Le chant clair et mélodique est supplanté par un scream soudain et violent. On note l'intervention de Alan Dufrêne pour les screams du titre, uniquement sur l'album (ce sera aussi le cas sur Amnésia et The Traveler).  Un morceau au décor changeant dont le rythme se module tout au long de ces 8:02.


02. Amnesia (5:27)

Le morceau « Amnesia » est un long rêve de notre protagoniste « Adam » qui essaie tant bien que mal de trouver un moyen d'échapper à ce nouveau monde sans espoir. Le monde réel ayant été dévasté par les radiations, Adam se réfugie dans ses rêves pour y créer son monde. Au début, tout va bien pour lui, il se découvre des pouvoirs de création qu’il n’avait pas dans le monde réel, il y découvre des paysages d’une pureté qu’il ne croyait jamais revoir. Mais plus son rêve avançait, plus il devenait instable et dangereux, jusqu’à ronger Adam de l’intérieur et ne plus lui permettre de se réveiller. "

Amnesia est plus électronique, plus moderne. Ses sonorités relèvent de ces musiques de dessin animé confirmées par l'animation-clip proposée le 18 février  par Elisa Lecourtois pour supporter cette deuxième piste. Le chant de Julien, très varié, propose des nuances très basses, parfois plutôt pop, sur fond plus délirant. Le passage screamé assuré par Alan apporte ce côté angoissant au stress rencontré par Adam, en opposition  avec les passages mélodiques chantés en voix claire par Julien. Les structures sont travaillées, recherchées et les sonorités plus électroniques contrastent avec ses passages plus classiques de l'interlude guitare/synthé  aux environs des 4 minutes.

 


03. Black Medicine (5:52)

Dans « Black Medicine », on assiste à la guérison de Adam et à l’extraction de son rêve dans lequel il est resté enfermé "

En trois pistes, on ne peut que constater la capacité qu'a Julien à nous proposer des tableaux vocaux très variés, contrastés et très différents d'un titre à l'autre ; mais aussi la capacité générale qu'a le groupe à plaquer une inventivité et une inspiration très redoutable. Top départ avec Aurélie à la basse, Black Medicine dévale la piste des sillons à un tempo plus rapide que les précédents, sans omettre d'y intégrer des plages plus modérées qui ne s'éternisent pas. Très dynamique, très Prog et tout autant inspiré que ce début d'album. Il semble évident que cet opus s'est engagé à nous proposer de la matière et de la belle matière pour nos oreilles! La technique est une base solide chez Wyvern au même titre que l'inspiration. Toujours dans le cadre de la promotion de Radiations, un clip a été mis en ligne le 25 février, réalisé par Nicolas Fournier.

 


04. The Race (5:14)

Dans « The Race », Adam tombe sur une civilisation d’un nouveau peuple vivant sous les radiations. Ils perçoivent Adam comme un étranger ou même comme un monstre, différent de par son apparence et ses vêtements. Nous avons vraiment voulu marquer et illustrer cette différence en habillant tous les habitants de cette même civilisation exactement de la même manière. "

Morceau très syncopé, jouant la magie d'un duo basse/batterie efficace, batterie qui se lâche en proposant des patterns énergiques aux débits galopants et aux sonorités particulières. Introduit par le clavier, ne ratez pas à 2:32 ce passage épique de percussions dont je vous précise l'anecdote. Sébastien tenait à ajouter des percussions supplémentaires dans ce titre ; l'idée était de faire intervenir en guest Les Tambours du Bronx. Malheureusement, la formation de Varennes-Vauzelles (58) n'a pas donné suite à cette demande. Vraiment dommage car ils auraient apporté une touche supplémentaire à la sculpture musicale des Toulonnais. Sébastien et Wyvern ont su réagir en réalisant un simulacre fait-maison qu'on pourrait nommer " Les Tabourets du Bronx de la rade de Toulon"... on apprécie aussi le jeu sur le Sharley, le piano énigmatique et ce solo de guitare magnifique et très technique.

Sortie du clip le 4 mars :


05. Acceptance (1:49)

Arpèges et bruits étranges constituent cet intermède qui signe une certaine résignation que les plages de synthé très atmosphériques complètent magnifiquement. Mais un rebondissement n'est-il pas possible? Acceptance pourrait être l'intro de Fading Fear.


06. Fading Fear (4:44)

Après avoir compris qu’il n’avait aucune chance de s’intégrer dans ce monde, Adam se résigne alors à le quitter. C’est ainsi que commence « Fading Fear », où on voit Adam seul avec ses pensées suicidaires. Au moment de passer à l’acte, il fait un étrange rencontre. Sa femme de sa vie d’antan l’a retrouvée. Tous les souvenirs d’Adam revenaient à lui. "

Morceau plus jazzy et dansant sur base de ternaire me semble t'il, où la basse prend les sonorités d'une contre-basse jazz. Chagrin, amour, mélancolie, beaucoup  d'émotions.. On nous invite dans un doux tourbillon à valser en mid-tempo sur un dénouement plus positif et joyeux. Tout est splendide musicalement : claviers, basse, batterie, guitare, chant. Nicolas Fournier nous délivre des craquements de vieux vinyls et ceux de vieilles bandes de film. Fading Fear sera le quatrième et dernier video-clip avant la sortie de Radiations. 

 


07. The Traveler (9:10)

"The Traveler" désigne Adam. C'est une sorte de rétrospective sur tout son parcours, il regrette la vie d'avant les Radiations (il se raccroche à tous les souvenirs de cette vie paisible) et maudit son destin tragique. On aime à penser qu'il se juge lui-même, comme s'il se voyait à la 3ème personne. Ce point de vue à la 3eme personne marque son impuissance dans toute cette histoire, c'est le destin qui l'a amené ici, tel un scénario de film déjà écrit. "

A l'instar du titre qui ouvre l'opus, The Traveler s'annonce sur des notes de guitare électro-acoustique sur lesquelles Julien pose un chant mélodique qui monte en hauteur et en puissance. Le relai est pris par Alan pour un chant plus musclé et screamé porté par une session rythmique plus agressive. Le voyage est changeant, passant d'une rive douce et calme à l'autre plus énervée et puissante : un Progressif moderne qui suit l'imagination du groupe, son émotion, fidèle à la veine de Radiations tout au long de ses 40 minutes.

 

Notre avis:

"Radiations" est un véritable projet artistique comme on aimerait en avoir plus souvent. Très intense par la qualité de ses compositions, léger crossover des genres mais surtout grand mélange des styles sur trame de pur Progressif moderne, voila comment on pourrait décrire l'univers musical du quartet dont l'originalité est l'introduction plus massive de sons électroniques divers et très variés. La guitare, les claviers,les synthé apportent les couleurs à ce tableau qui couvre un spectre très large de variations sonores, parfois lyriques, parfois symphoniques ou encore jazzy. "Radiations" présente le génie de ce jeune groupe rempli de talent. Leur travail est sculpté jusqu'au détail le plus microscopique, alliant émotion et inspiration. "Radiations" joue l'explosion des nuances, des énergies, de la diversité. L'inspiration irradie ses 7 titres et le talent rayonne tout au long de ses 40 minutes. Contamination totale et absolue avec un pronostic des plus sains et vivifiants. Le traitement aux résultats garantis est assuré. Quant aux effets secondaires, ils sont imparables et irréductibles: l'achat instantané de l'objet et la course folle aux lives proposés par le groupe. La dose de rappel est quotidienne et acceptée à une très large majorité.

A noter que si sur l'album les screams sont exécutés par Alan Dufrêne, Julien a travaillé et continue son travail vocal. Pour avoir vu le groupe en concert, Julien assure avec panache les envolées vocales, les tessitures de basse sans support technique annexe et les quelques screams qui jonchent cette fresque vocale. 

La structure des morceaux est complexe, parfois réalisée en 7/8, 5/4, en contre-temps et aux débits différents sur des tempi qui peuvent fluctuer au gré des émotions dégagées. Alexandre a mis en évidence un excellent travail d'interprétation et d'exécution sur les toms, la grosse caisse et ses deux caisses claires. Aurélie manie les 5 cordes de sa basse avec beaucoup de talent, excellant dans le slapping sur certains des titres. En plus du chant, on reconnaît la technique sur les 7 cordes de Julien qui sait donner l'intensité et les émotions aux soli de chaque morceau. Et pour finir, on constate une énorme capacité de la part de Laurent à composer, à imaginer, à transcrire, à créer avec aisance et beaucoup de subtilité du Prog de grande qualité ; l'étoffe d'un grand compositeur. 

Le talent de Wyvern est un véritable Talent qui mérite une exposition médiatique de plus grande envergure, qui devrait les amener jusqu'aux scènes internationales du Progressif, tant le niveau de ces jeunes est incontestable. En plus d'une grande générosité doublée d'une certaine humilité, une maturité grandissante ressort de ce nouvel opus, maturité qui est très loin d'avoir atteint le high level car "les petits étalons" en ont encore beaucoup sous leurs sabots.

Ceci n'engage que moi mais j'imaginerais très volontiers un concert de belle envergure proposant Wyvern et LAG I RUN: vague de talent dans la rade de Toulon.

 

 

Les liens :

https://www.facebook.com/20wyvern14/

https://www.youtube.com/channel/UCzDdXr-Lz_KAqjcaraFnP_w

https://0wyvern0.bandcamp.com/

 

Logo wyvern

 

 

MASACRITIKA distribué en France

Le 04/05/2022

Le label français Bitume nous informe qu'il a pris en charge la distribution dans l'hexagone de « Raza De Kain », le nouvel EP de la formation chilienne de Heavy Rock / Stoner MasaCritika.
Masacritika
La version européenne de cet EP est agrémentée des titres du EP « Homónimo » que MasaCritika produisait en 2017.

« Raza De Kain » est disponible dès maintenant sur Bandcamp et en CD digipack via la boutique en ligne du label Bitume :

Line-Up MasaCritika :

  • Mauro “Yaghan” Bastías - chant
  • Boris “Boro” Riquelme - guitare
  • Vicente “Vincent” Ruiz - basse, backing vocals
  • Leonardo Hurtado - batterie

Masacritika band
Les Liens :

KRAV BOCA, « Pirate Party » (2022)

Le 18/04/2022

A LA FUSION DU RAP ET DU PUNK

Par Apolline

Moins d’un an après la sortie de leur album « Barrikade », les Toulousains de Krav Boca nous ont présenté ce 20 mars 2022 leur nouvel opus appelé...

« Pirate Party »
Krav boca 3

Cet album « fait écho à l'ambiance paranoïaque dans laquelle Krav Boca a évolué lors de ses vadrouilles en tournée, le plus souvent lors de concerts illégaux. Entre rap et punk, l'album rend hommage au milieu de la free party, et à toutes les initiatives Do It Yourself qui s'affranchissent des règles quand celles-ci n'ont plus de sens ! ("C'est le son de l'oppressé contre la répression" cf « Pirate Party », le dernier titre éponyme de l’album ) »
Ce disque mixe donc des influences rap, punk, et métal sur les dix titres qui le composent. Le mélange est détonnant, et pas moins de huit feats sont à compter sur l’album, dont le feat avec Lee Reed ( rappeur canadien ), ou Rationalistas, un groupe de rap grec avec qui le groupe entretient des relations depuis ses débuts en 2015, sur le titre ACAB ( Athens Calling Athens Burning ), single de l’album.

Cette formation a la particularité d’avoir une mandoline parmi ses instruments, rendant le tout curieusement intéressant. Et les textes sont en français s’il vous plaît !
L’album a été entièrement mixé par David Castel ( ex-Psykup).
Bref, vous l’aurez compris, Krav Boca est fait pour tous les curieux fans de rap, de punk, et de leurs messages révolutionnaires !
Comme à son habitude, le groupe a mis l'album à prix libre, voire en téléchargement gratuit.
Krav Boca sera en tournée entre avril et juillet 2022 un peu partout en France, et on vous conseille d’aller les voir, ils valent le détour !
Krav boca tour

Retrouvez toutes les infos sur Krav Boca ici :

Le Lien :

Nos précédentes chroniques :

 

ANTECHAOS "APOCALYPSE" (Album 2022)

Le 14/04/2022

Groupe : Antechaos
Origine: Lorraine (FR)
Album: APOCALYPSE (15/04/2022) - Chronique d'album
Genre: Hard Rock Mélodique
Label :  M & O Music      Distribution : Season of Mist
Par Dam'Aël

ANTECHAOS : LE GROUPE

Groupe antechaos et logo

Antechaos est bien loin de fêter ses vingts printemps, et pour cause la formation voit le jour au printemps 2020. Mais rassurez-vous, leurs membres fondateurs sont loin d'être les jeunes perdreaux de l'année! Ce sont deux anciens musiciens de feu SEYMINHOL  qui mettent le projet sur la table :Nico Pelissier (guitare, claviers) et Chris Billon Laroute  (basse), avec en plus de leur talent et de leurs instruments, la ferme intention d'en découdre avec le Hard Rock chanté dans la langue de Molière , de Voltaire ou de votre voisin Pierre... et d'aborder avec hargne les sujets d'actualité qui titillent fortement leurs émotions. Et comme "Il est libre Max, il est libre Max, Y'en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler" tout droit vers le duo en quête d'acolytes pour ce futur projet ; Maxime Boriolo (FOURTH CIRCLE) débarque avec sa guitare et forme le troisième de cordée. Suivront les cymbales, les toms et Dom Calastretti pour la batterie et enfin Laurent Fabisz (ex-KRYZEES,  Iron Killers et remplacement dans ex-SEYMINHOL) pour tenir le micro et poser sa voix sur des textes très inspirés.

Alerte info! Ah, on me précise à l'oreillette qu'un Telex est tombé! Je vous le livre tel que :  "Notre batteur Dom Calas range ses baguettes... Thorgis Supercake (alias Julien) reprend donc le flambeau pour nos concerts à venir et la promotion du nouvel album." Chez ahasverus.fr, l'information c'est du direct.

Bien la voilà la belle équipée lorraine!!! avec ses sabots de métalleux prête à fouler toutes les scènes de Hard Rock et autres festivals. Au niveau des influences du combo, il est évident que nombre de formations majeures ont formaté la sensibilité de chacun d'entre eux ; on citera globalement TRUST, MÖTLEY CRÜE, SIXX AM,SORTILEGE, TAGADA JONES... Entre influences, expériences et volonté, voilà de quoi donner matière à diriger Antechaos vers Clisson, Wacken, Donington Park, Helsinki ...même si leur objectif princeps n'est pas celui-ci.

Alerte info! Une dépêche de France Info m'informe que "le chanteur Laurent fabisz a connu cinq minutes de gloire en interprétant Swedish Pagans avec Sabaton sur la mainstage au Hellfest 2017https://www.francetvinfo.fr/culture/musique/rock/hellfest-2017-laurent-fabisz-un-quot-metalleuxquot-lorrain-leader-vocal-de-sabaton-le-temps-d-039-une-chanson_3328923.html

Antechaos cover

L'ALBUM :  APOCALYPSE

L'Apocalypse se décline en douze pistes chez Antechaos dont 1 bonus track qui nous amène au Bord Du Monde. Tout un programme qui pourrait nous faire froid dans le dos. Que nenni, si vous voulez prendre un bon bol d'énergie à pas cher et sans taxe, et dégraisser vos esgourdes sans risque de finir chez l'ORL, vous avez pris la bonne route. Prévoyez tout de même un bon ostéopathe ou votre kiné habituel comme copilote dans cette embardée Rock car vos cervicales sont appelées à être menées à rude épreuve durant ces 55 minutes de gymkhana entre Modern Rock, Heavy et Hard Rock. Ceinture verrouillée, semelles de métalleuse bien harnachées, c'est en guide passionnée que je vous entraîne dans le sillage d'Antechaos.

1. Alpha :

Le décor est planté dès l'introduction avec des sonorités étranges, presque inquiétantes générant une certaine crainte sur ce qui va suivre... Ce sont des guitares lourdes, acérées genre rouleau compresseur qui s'annoncent pour décrier l'attitude de ces hommes alpha aux détriments de la gente féminine et plus largement au détriment de l'humanité. Les paroles sont subtiles: "L'âge des pères" qui rappellent sans contexte "L'âge de pierre"... ou celles qui font échos à l'année 1981" marche ou crève"... En un peu plus d'une vingtaine de secondes l'auditeur se fait prendre par une rythmique carrée, entrainante, marquée par des changements de bpm entre couplet et refrain qui donnent une excellente dynamique à ce titre, couronnée par un solo travaillé excluant toute démonstration excessive. On note une belle envolée mélodique aux environs des 4 minutes qui dessine une musique capable même de s'afficher sur de très bons dessins animés. 

En précision, Laurent Gisonna (Deficiency) est l'invité sur Alpha (Laurent Gsnn-Deficiency).

2. Exode :

Pas de sortie de route et encore moins l'envie de claquer la porte après ce premier jet. Cette deuxième piste est un peu plus épique frôlant la voie du symphonique dont la rythmique est sans conteste vigoureuse et rigoureuse. Les guitares encore parfaitement proposées font support à un tableau vocal de belle qualité dans lequel Laurent n'hésite pas à prendre quelques risques en voix de tête, avec des notes très hautes et très bien tenues,  sublimée par des choeurs pour le moins judicieux. On note un très bon jeu de la batterie avec des descentes de toms qui nous ravissent, et une référence aux classiques du cinéma "...mon nom est personne...".

3. Gangster :

C'est à l'image d'une bande annonce sur guitare acoustique que s'annoncent les Gangsters d'Apocalypse ; titre qui d'ailleurs a fait l'objet d'un clip diffusé le 3 juillet 2021 et filmé par le fils du bassiste Chris. Nico nous en dit plus: " le clip s'adresse à la fois aux adultes et aux enfants avec donc l'absence de  scènes choquantes". Très cinématographique donc, très vivant, aux changements de décors musicaux toujours bien recherchés et aux sonorités riches avec une basse majestueuse mise en avant dont le ronronnement renforce la déroute des gangsters. Laurent dans son songwriting et son interprétation  nous rappelle un  certain Renaud Hantson. Jocker, si vous n'êtes pas tout à fait d'accord! Satan m'a peut-être investie! Et encore une excellente prestation guitaristique des jumelles complices.

On appréciera, dans cette vidéo, le rôle de papa non alpha, faisant la lecture  aux enfants avides de belles histoires de pirates ou de gangsters...

4. Enfance 2.0 :

Rythmique syncopée pour trancher dans le vif d'un sujet des plus graves, la maltraitance de l'enfance sous toutes ses formes. Puissance, dynamisme, Antechaos sait garder la recette pour nous maintenir dans cette fureur Hard Rock tout en abordant des sujets difficiles. Le songwriting martèle nos neurones pour une meilleure prise de conscience alternant avec des plages mélodiques, et rendant l'ensemble parfaitement digeste. Un véritable équilibre entre tornade et douceur, un savoir faire intelligent qui convainc sous couvert de technique évidente. J'apprécie tout particulièrement le passage dès les 1'49 où un "gimmick" de guitare rythmique offre un support éclatant au solo Old School qui ne l'est pas moins, évoluant vers un passage plus tranchant à 2'13.

5. Veuve Noire :

Welcome To Antechaos's Nighmare! Ce n'est certainement pas Alice Cooper qui leur fera le reproche de traiter le sujet. A Black Widow et son cocktail neurotoxique à l'alpha-latrotoxine en guise d'invitation au plaisir ; "Rester en vie ou bien périr" Laurent aura su nous mettre en garde avec ses paroles bien choisies, son timbre grave ou son chant d'alerte de haute volée, appuyées par la sirène guitaristique en arrière plan sonore qui traduit le danger certain d'un mauvais choix. Puissant, efficace, aux sonorités en symbiose avec un thème de risque potentiel. Les contractures musculaires seront de toute façon notre lot après l'écoute de ce track 5, notamment avec ce léger crossover et cette séquence punk de tout début de notes qui nous invitent à secouer la tête sans demi-mesure. 

6. Le Bord Du Monde :

Séance de zenitude bien venue avec ce mid-tempo très fédérateur qui, très rapidement, nous invite à reprendre la rythmique et à chanter ce refrain accrocheur. Peu de répit donc malgré ce" titre mélancolique, intimiste et son refrain entêtant...Le bord du monde...où la frontière entre les vivants et les ombres...". Le single sorti le 10 janvier dernier s'accompagne depuis le 30 mars d'un clip filmé à Sierck en Moselle (57)

On s'attendrit, avant le solo, de ces rires d'enfants innocents encore naïfs et purs, non entachés par les rudes épreuves de la vie et surtout celles de la mort.

7. Lucifer :

Lucifer rime avec Gangster, "regard perdu sur la grève, c'est la fin de la trêve". Mais pas de trêve pour cette rythmique endiablée dont le groove dévore le timing à la vitesse de la lumière. Les patterns de batterie jouent un rôle majeur dans ce titre pour une dynamique galopante. Les guitares assènent des riffs de forcenés enfonçant le clou de la puissance ; ça galope fort et vite. Un enfer oui pour le rythme cardiaque mais pas pour le plaisir que nous procure encore ce morceau d'Apocalypse. Si vous êtes un tantinet observateur, vous pourrez lire Coagula sur le bras de Lucifer dans le livret de l'album : serait-ce un clin d'œil habile à un logiciel qui transforme les images en sons?

Petit délire personnel qui n'engage que moi : j'ai superposé le visuel du générique de Goldorak avec la bande son de Lucifer. Pour toutes les âmes d'enfants restées intactes, le résultat est loin d'être idiot... Bon, je prends RV chez mon médecin pour avis...

Vous pouvez toujours courir pour connaître son diagnostic ! Car...

8. Secret Médical :

Comment appréhender les avis et les recherches des scientifiques? Sincérité et Lobbying! Entre perfusion d'informations médiatiques et infiltration chimique protectrice! Comment faire la part des choses? Ce titre a la particularité de faire intervenir deux chants différents: celui de Laurent et sa voix claire, puissante et assez haute avec celui d'un guest Tarek de 3F qui propose un flow de rap. L'ensemble enrichit ce titre déjà bien coloré par sa thématique et son instrumental. Le clip qui supporte Secret Médical, diffusé le 23 mars 2021, a été tourné dans un endroit plutôt glauque que constituent d'anciennes douches de la mine de la région. 

9. Effet Papillon :

Antechaos nous sert une introduction très forte, entre déplacement sur les toms de Julien, voix qui revient du passé presque tyrannique passée au vocodeur ou similaire, et des arpèges de guitare stridentes, saturées qui finissent en pleurant à en donner la chair de poule en mode goosebumps'style ; le sujet promet d'être rude et ce ne sont pas les premières paroles synthétiques qui vont venir démentir la gravité des propos traités dans ce morceau. Scotchons-nous efficacement dans nos fauteuils car l'émotion risque de happer ou même frapper un certain nombre d'entre nous. C'est la guerre! Oui c'est devenu une mode...(x² ème degré, évidemment). L'instrumental secoue fortement, sombre, doté d'une résonnance qui martèle notre mémoire et surtout notre affect. Basse, batterie, guitares s'associent en une tornade de réminiscence bouleversante : une véritable battue de rappels émotionnels qui headbanguent dans la tête et se cognent contre les murs de cette prison crânienne. Ca martèle haut et fort tant au  niveau de la composition qu'au niveau des paroles magistralement choisies, très souvent métaphoriques : "chaque battement d'aile pour terrasser les grands empires". L'alternance vocale de Laurent et Wrath (3F) sur la fin, rend incandescent ce morceau et m'a rappelé des passages de Sam II de Watcha sans en faire un parallèle serré.

10. Obsolète :

C'est l'électro-acoustique qui nous fait la courbette de bienvenue et d'au-revoir, tout en douceur, en opposition complète avec la fureur des guitares à venir, rugueuses, incisives et fortement catchy. La production du morceau la joue en mode annonce commerciale de méga centre de surconsommation, de plaisirs volatiles et souvent éphémères. On peut féliciter Laurent pour sa capacité à envoyer du bois de grande densité et celle d'offrir une douceur presque enfantine. Le tout créant un alliage vocal digne de l'orfèvrerie française de renom quand le savoir-faire s'allie à celui de Tarek et Wrath (3F), au registre très différent. Belle alchimie des voix pour le trio et grande énergie globale qui n'est pas obsolète ni sur ce titre, ni sur l'album Apocalypse.

11. Apocalypse :

Douce entrée au piano sur fond d'océan au gré de la brise et des marées... Détrompez-vous, les paroles qui s'introduisent sont bien moins bucoliques que ce tableau d'ouverture vers l'Apocalypse. Ce sont des guitares tranchantes aussi cinglantes que les vagues déferlantes par temps de tempête, des riffs incisifs sur rythmique lourde, sombre et explosive qui estampe ce nouveau monde post-apocalyptique. Antechaos sait jouer encore une fois la couleur de l'alternance dans ses rythmes et ses sonorités  qui pleurent, qui couinent, le tout donnant corps et émotion au titre. Aïe, l'apocalypse, ça fait mal, ça pique!

12. Le Bord Du Monde (Radio Edit)

Bonus track

 

Toutes les compositions sont réalisées par Nico Pelissier, les paroles écrites par Laurent Fabisz et les arrangements assurés par l'ensemble du quintet. C'est encore Nico qui prend en main les enregistrements et le mixage de l'opus au Studio Diabolus in Musica, laissant la charge du mastering à Brett Caldos-Lima du Tower Studio. Au niveau du visuel, le dessin du groupe est une œuvre de William Aubert et les photos sont prises par David Kreb. Et on travaille en famille chez Antechaos car c'est le fiston de Chris, Axel Billon-Laroute qui a réalisé l'ensemble des clips de l'album pour 3F Production. On note au passage la qualité de l'ensemble qui aboutit à un objet dont il lui faut garder une place stratégique dans sa Cdthèque personnelle. Je vous conseille de prendre le temps de découvrir ce livret magnifique, aux détails fournis et aux idées très inspirées (notamment la tétine d'enfant avec une grenade : wouah explosif).

Alerte info!  Rock Hard France  nous confirme la publication d'un article sur l'album Apocalypse de Antechaos dans l'édition du 6 avril. Rendons-nous très vite dans notre kiosque habituel!!!

 

Notre avis :

Certes, Antechaos s'est doté de membres aguerris de par leurs expériences passées. Nonobstant, ils n'ont pas fait le choix de rester sur leurs acquis et ont pris le risque de faire un Hard Rock chanté en français, se mettant potentiellement en danger si la qualité des textes n'était pas aboutie. Défi relevé car les paroles sont recherchées, directes ou métaphoriques, cohérentes et cinglantes à point, originales avec un fil directeur qui conduit à ces textes remplis d'émotions, de vérités, de connotations et dans lesquels la rime s'invite avec subtilité. Apocalypse est un Hard rock solide, puissant, varié et non redondant où les tableaux sonores remplissent la galerie de cet album avec goût et classe. Du clair/obscur, du mélodique au plus agressif, l'ensemble est une douceur aux milles saveurs qui remplit notre âme après nos oreilles, laissant très peu notre imaginaire anticiper la suite de certains passages (surprise assurée) corroborant un effort de composition incontestable. Inspiration se couplant avec composition. Il est impératif de mettre en avant l'excellent travail des guitares jouant sur les sonorités, la saturation et autres, travail qui ne saurait être celui décrit si la rythmique d'ensemble basse/batterie n'était pas tout aussi excellente. Les changements de rythme se jouent sur les débits proposés mais aussi sur des changements de Bpm qui permettent ce panel musical très diversifié dans Apocalypse. On maîtrise les éléments chez Antechaos. Si une grande maturité ressort de cet opus, il s'en dégage pas moins les effluves d'une âme d'enfant que les 12 titres distillent ouvertement en parallèle d'une musique puissante, parfois violente, surtout efficace et très mélodique.

Alerte info! Médiapart divulgue : "On note la participation du groupe Antechaos à RagnaRok Star, un jeu de stratégie combinant programmation, collecte et objectifs dans lequel chaque joueur remplit sa salle de concert et signe des contrats pour gagner le plus de points de gloire possible". 

les liens :

https://m.facebook.com/Antechaos/

 https://youtube.com/c/ANTECHAOS

https://antechaos.bandcamp.com/

http://www.m-o-music.com

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WRATH OF THE NEBULAH, The Ruthless Leviathan

Le 08/04/2022

Wrath of the Nebula est un groupe de metal extrême français fondé par Hokuto No Dov.
Wrath of the nebula band
Il compte dans son sein notamment des musiciens de Benighted et de NO RETURN.
Il sort un premier EP trois titres en 2021.
Il revient le 03/02/2022 via M&O Music avec un album :

THE RUTHLESS LEVIATHAN

Wrath of the nebula cover
Il s'agit d'un douze pistes d'environ cinquante-cinq minutes.
Son artwork est de Mickey Mythrid Art. (NIGHTMARE, Secret Sphere). La pochette représente le dieu Enki.
L'album est produit par HK Krauss au Vamacara Studio (Loudblast, Les Tambours du Bronx).
Tous les titres ont été composés par Hokuto No Dov qui s'est notamment inspiré des écrits de Zecharia Sitchin qui attribuait l'origine de l'humanité aux Annunaki.


Notre avis :
Après une introduction jolie et bien orchestrée, « The Ruthless Leviathan » va vous coller direct contre la paroi du fond pour vous filer une bonne raclée. Le morceau s'appelle « D.N.A of the Gods ». Il confirme que le métal de la prochaine décennie est déjà là : bienvenue chez Wrath Of The Nebula !

Passé ce premier choc arrive une deuxième vague. Toute aussi agressive. Et l'on se prend, sans même avoir pu remonter ses bas de pantalon, un second tsunami de plein fouet tandis que la batterie continue à vous dérouiller façon marteau-pilon. La brutalité peut ainsi aller jusqu'aux limites du noise. Premier bilan : noise+death = 0 chance de vous en tirer !
Mais soudain les claviers libérateurs donnent de l'air. Enfin, des nappes de guitares viennent vous enrober (« When Galaxies Collide »). Ainsi vous surprendrez parfois, sous le feu ou après le choc d'une phase violente, une mélodie dans un solo de guitare, quelques notes de piano ou une guitare claire. C'est le syndrome de Stockholm qui vous guette.
Sur l'ensemble, Wrath Of The Nebula est très technique et vous envoie beaucoup d'informations en même temps au sein d'une production - l'une des meilleures du genre - qui autorise détails et subtilités. Les pièces réservent de très belles surprises (la fin de « Sideral Portals » est d'enfer !), mais globalement il est clair que votre grand-mère ne va pas du tout apprécier cet album. Il réussit pourtant la gageure de marier une certaine finesse à une puissance de feu peu commune. Ce métal extrême est inventif, toujours en mouvement, il injecte du raffinement dans sa brutalité. Il réveillera et ravira, c'est gagné d'avance, ceux d'entre-vous dont l'oreille aiguisée baillait d'ennui au son de la grande masse des productions au déroulement connu d'avance. Alors à vos gilets pare-balles, et bonne écoute !

Les Critiques :

  • Un album aussi complet que massif, à la croisée des genres et qui satisfera assurément tous les puristes de la musique complexe.
    Among The Living

Wrath Of The Nebula participera à la tournée européenne de Nile et de Krisiun  du 29/11/22 au 11/12/22.
Line-up live du groupe in fine.Wrath of the nebula tour.Tracklist : 

    1.- Intro 1:28
    2.- D.N.A of the Gods 3:48
    3.- Origin of Creation 3:58
    4.- When Galaxies Collide 7:05
    5.- Serpo Planet 1964 4:50
    6.- Wrath of the Nebula 4:38
    7.- Space Time Vortex 5:28
    8.- Fractal Dimensions 4:21
    9.- Big Bang in Reverse 4:32
    10.- Sideral Portals 3:34
    11.- Ancient Gods Annunakis 5:34
    12.- Mother Ereshkigal 5:47
    Durée totale : env. 55mn

Line-up de l’album :

  • Hokuto No Dov : guitare, basse, chant
  • Geoffroy Lebon : guitare
  • Kevin Paradis : batterie
  • Deha : clavier, orchestrations

Discographie :

  • Mother Ereshkigal (EP 3 titres - 2021)
  • The Ruthless Leviathan (2022)

Line-up live :

  • Hokuto No Dov : basse, chant
  • Geoffroy Lebon : guitare
  • Florian Lagoutte : guitare
  • Kevin Paradis : batterie

Les Liens :

 

DISCONNECTED, We Are Disconnected (2022)

Le 04/04/2022

Disconnected est un groupe de métal moderne et technique initié par le guitariste et compositeur Adrian Martinot, qui fit notamment ses armes au sein de Melted Space.
Pour son projet, il contacte (line-up complet in fine) le chanteur/hurleur Ivan Pavlakovic (Heavy DUTY). La rencontre est déterminante et Ivan prend en compte les textes de « White Colossus » (2018), un premier album dont le concept tourne autour des différentes manières d'être déconnecté de la réalité (drogue, monde virtuel, etc).
Nourrissant de belles ambitions, Disconnected décroche rapidement une place sur la tournée européenne de Tremonti. Il assure également la première partie du concert de Judas Priest au Zénith de Paris en 2019.
Disconnected zenith
En 2020, il sort « The Downtime », un EP composé de versions acoustiques ou orchestrales de titres de son répertoire. Son single, « Unstoppable », y est décliné en plusieurs versions.

Le 01/04/2022, Disconnected revient avec un nouvel album intitulé :

« We are disconnected »

Disconnected artwork
« We Are Disconnected » est un huit pistes de quarante-deux minutes.
L'artwork est signé Chromatorium Music (ACOD, HEART ATTACK), qui réalisait déjà ceux de « We Are Disconnected » et de « The Downtime ».
Symheris et Jelly Cardarelli, batteur de la formation, ont pris en compte le mixage et le mastering de l'album.
Il s'ouvre sur « Life Will Always Find Its Way », premier morceau dévoilé par le groupe.

Notre avis :
Si son propos reste très technique, Disconnected insuffle néanmoins aux structures complexes de « We Are Disconnected » de la mélodie en plus grande quantité que sur le précédent album.
Toujours aussi impressionnant, Ivan Pavlakovic passe abruptement de la caresse à la mandale (« Primal rage / It's always been a part of me », assure-t-il). C'est sa marque de fabrique tandis que l'orchestration révèle un travail de folie. Les revirements dans l'échafaudage des morceaux font pousser des « oh ! »  et des « ah ! » qu'on renouvelle au gré des lâcher de guitares. La puissance reste l'un des atouts majeurs de la formation. Latente, elle explose autant dans des rythmiques énormes que dans la gorge d'Ivan. Tout cela est moderne, métallique, brillant, inspiré, en place, et confirme que Disconnected est un groupe affûté,  baraqué, subtil, et qu'Adrian Martinot, s'il n'avait pas été le musicien brillant qu'il est, aurait pu faire un directeur de casting redoutable.
En conclusion, Disconnected installe des chaises pour des auditeurs supplémentaires en perfectionnant sa recette par ajout de mélodie dans ce qui nous semble son meilleur album. Après avoir fait ses preuves avec un « White Colossus » virtuose mais complexe, il tire son univers à notre portée (« Your Way To Kill  », « That's How I'll Face the End  ») sans rien lâcher de sa modernité ni de ses tripes monstrueuses (« Primal Rage  »).
Pour appeler son album « We Are Disconnected », il fallait que le groupe soit sûr de son coup. Impressionnant par la dextérité de ses musiciens, par son songwriting inventif, par sa puissance qui met les poings sur les I, mais aussi porté par de très jolies respirations,  « We Are Disconnected » est un album chargé de superlatifs qu'on ne peut en conséquence que recommander hautement à un très large  public Metal.


Disconnected poursuit son ascension. Il sera cet été sur les affiches du Hellfest (France - 24/06/2022), du Rock Fest (Barcelone - 02/07/2022), et du Wacken (Allemagne - 04/08/2022), trois festivals européens majeurs. Vous pourrez l'applaudir auparavant dans vos salles de proximité à Troyes le 20/05/2022, à Montpellier le 27/05/2022 et à Bagnols-Sur-Cèze le 28/05/2022.

Les Critiques :

  • Extrêmement bien exécuté, cet album fait résonner le metal dans ses formes les plus nobles.
    La Grosse Radio
  • « We Are Disconnected » présente un visage plus mature pour Disconnected, qui a sacrément évolué en seulement deux albums.
    HARD FORCE

Disconnected bandLe Line-Up :

  • Adrian Martinot (guitare)
  • Florian Merindol (guitare)
  • Ivan Pavlakovic (chant)
  • Romain Laure (basse)
  • Jelly Cardarelli (batterie)

La Tracklist :

1. Life Will Always Find Its Way (05:02)
2. King of the World (05:09)
3. Your Way to Kill (05:09)
4. The Only Truth (03:56)
5. I Fall Again (05:15)
6. That's How I'll Face the End (05:20)
7. Primal Rage (04:57)
8. A World of Futile Pains (07:42)
Durée totale : env. 42mn

Discographie : 

  • « White Colossus » (2018)
  • « The Downtime » (EP - 2021)
  • « We Are Disconnected » (2022)

Le Lien :

COBRA THE IMPALER, Colossal Gods (2022)

Le 16/03/2022

Cobra The Impaler est un groupe de métal teinté de progressif. Il est originaire de Gand.
Il compte dans ses rangs les guitaristes Tace DC (Horses on Fire, ex-Aborted) et James Falck (Bear), le bassiste et chanteur Michélé De Feudis (Horses On Fire, Almighty Mighty) et le chanteur Manuel Remmerie (Von Detta, Majestic Sun). Le batteur Dirk Verbeuren (Megadeth, Scarve, Disaster) complète la formation belge pour la partie discographique.  Compte-tenu de son emploi du temps, ce dernier est aujourd'hui remplacé par Ace Zec (Customs, Death Before Disco, Spoil Engine).
Cobra The Impaler a sorti son premier album le 25 février 2022 via Listenable records. L'opus est produit par Ace Zec (le nouveau batteur de la formation), il se nomme :

« Colossal Gods »

Cobra the impaler artwork
Musicalement et vocalement en place, Cobra The Impaler propose quarante deux minutes d'un metal utilisant le prog' par touches tout en restant catchy, accessible et heavy. Tendant au mid-tempo, s'appuyant sur des riffs carrés (« Colossal Gods », « Scorched Earthriffs »), la formation belge sait donner de l'intensité à ses compositions et les orienter vers des accélérations ravageuses (« Tempest Rising », « Spawn Of The Forgotten »). Les guitares pratiquent le balayage en règle (« Spirit Of Lyssa », « Mountains ») et le chant partagé est particulièrement harmonieux. L'expérience des musiciens rayonne sur un premier opus souvent comparé à Mastodon par les magazines spécialisés. C'est en tous cas du haut niveau, impeccablement produit, et on recommande « Colossal Gods » à votre attention. 

Les Critiques :

  • Cette dualité entre riffs ou accélérations percutantes et la technique vocale accrocheuse fonctionne très bien.
    Shoot Me Again webzine
  • Le son harmonieux du groupe, ses vocaux incroyables et ses chansons accrocheuses, accompagnés d’une production de premier ordre, rendent l’expérience d’écoute immensément agréable du début à la fin.
    Traduc Songs
  • Les Belges impressionnent grâce à un jeu racé, des mélodies accrocheuses et des breaks aussi lumineux qu’aériens.
    Rock'n Force
  • Rien n’a été laissé hasard par nos chers voisins sur ce disque vraiment bluffant et catchy, à la musicalité colossale.
    Metal Obs' Magazine


Tracklist :

01. Colossal Gods
02. Blood Eye
03. Tempest Rising
04. Spirit Of Lyssa
05. Scorched Earth
06. Spawn Of The Forgotten
07. Demigods
08. Mountains
Durée : env. 42mn

Le Lien :

Pour aller plus loin : Interview de Tace DC par Metal Obs' Magazine

WORKING KLASS HEROES, No Excuses, No Remorses (2022)

Le 20/02/2022

Groupe : Working Klass Heroes
Album : No Excuses, No Remorses (19/02/2022)
Origine : Perpignan
Genre : Metal moderne
On aime : le son, le jeu de batterie, la puissance

Par Ahasverus

Un peu plus de trois ans après un premier album éponyme, Working Klass Heroes revient avec un nouveau line-up (les changements concernent le chant et la basse) et un album flambant neuf sorti le 19/02/2022.
L'opus est un onze titres, tous signés Working Klass Heroes, produits et enregistrés par WKHRecords, mixés et enregistrés par HK Krauss au Vamacara Studio (Loudblast, Black Bomb A, Bukowski, Les Tambours du Bronx, etc).
Livré dans un artwork signé Martial "Mars" Pujol, ce nouveau produit s'appelle :

« No Excuses, No Remorses »

Working klass heroes

Quelques impressions à l'écoute des pistes :

1. On note dès « Left for Dead Too »  une orientation électro prononcée. Elle est aussitôt contrastée par la puissance métallique du chant et des guitares . Le son a beaucoup de profondeur, la batterie est  très active.
2. « Collapse » s'ouvre sur un couplet qui rappelle Sepultura tandis que le refrain est plus mélodique. Les enchaînements métal/électro sont parfaits. La basse sonne remarquablement.
Ce morceau a donné lieu au premier single-clip du groupe. Le Double (chant, ex-Smatch the silence), chanteur de la formation, explique :
« Dans collapse, j'ai voulu m'interroger sur les nouveaux chevaliers blancs d'Internet. Possibles anciennes victimes qui deviennent bourreaux a leur tour, en meute et détruisant la vie sociale et/ou professionnelle d'un parfait inconnu. Déployant une énergie incroyable en ce sens et laissant les choses vraiment importantes s'effondrer autour d'eux.  »

3. « Hurt Me Plenty » est nerveux et voit la batterie se déchaîner.
4. « The End Is Nigh » envoie sur une mélodie carrée un chant varié. Ils sont traversés par un pont électro.
5. Les choeurs soulignent « Holy Diva » qui voit l'apparition de variations hip hop.
6. D'une grande puissance, « The Queen Of The Dancefloor »  balance une rythmique impeccable sur un parfait dosage machines/guitares.
7. Hardcore, électro, métal alternatif... « Hollywood Holocaust » ne choisit pas.
8. Le carré « Vanguard Bandits »  malmène une jolie mélodie dont on profitera depuis le pont.
9. L'intro de « Children Of The Porn »   est inattendue. Quant à la suite... Surprise !
10. Malgré une touche hardcore, « Unity » est mélodique. Un clavier finit même par calmer le jeu.
11. Sous des allures de titre-bonus, « Working Klass Ego » clot l'album en proposant du hip hop et un texte en Français.

Working Klass Heroes accomplit un bond spectaculaire en jetant avec aplomb sur le tamis métallique de son second album une grande variété d'influences modernes (électro, hip hop, hardcore). Sa maîtrise des registres convoités - qu'il accoste à l'évidence comme on monte à l'abordage - est évidente. Le résultat donne un album puissant, dynamique, très agressif mais aéré. « No Excuses, No Remorses » est à la hauteur des ambitions d'un groupe qui ne doit rien au hasard et qui n'a pas négligé les moyens. En faisant appel à l'un des grands maîtres d'oeuvre de la production hexagonale, il montre le meilleur de ses tripes. « No Excuses, No Remorses » sonne remarquablement, il fait feu de tous ses bois. Si vous cherchez un exemple de la manière dont peut sonner le métal actuel, en voici un tout à fait recommandable.

Working klass heroes band

Line-Up :

  • Le Double : chant

  • Fabien : guitare

  • Hugues : guitare

  • Chris : basse

  • Jo : batterie

  • Mars : machines

Tracklist :

1. Left for Dead Too (03:41)
2. Collapse (04:10)
3. Hurt Me Plenty (04:07)
4. The End Is Nigh (04:46)
5. Holy Diva (03:33)
6. The Queen Of The Dancefloor (04:12)
7. Hollywood Holocaust (03:36)
8. Vanguard Bandits (03:31)
9. Children Of The Porn (03:16)
10. Unity (03:42)
11. Working Klass Ego (05:25)
Durée : env. 43mn

Discographie :

  • Working Klass Heroes (2018)
  • No Excuses, No Remorses (2022)

Le Lien :

OCTO CRURA, le groupe aux deux frontwomen, arrive

Le 20/02/2022

Ni tout à fait humains, ni tout à fait créatures, guidés par leurs reines Katlin et Van (chant), les membres d'Octo Crura ont présenté en ce début d'année 2022 leur premier single-clip, « Sangre De Dios ».

Il précède l'arrivée de l'album « Tagmata », fusion de métal industriel et de death mélodique, pouvant s'aventurer en terre gothique (« Domina Tenerbis ») et se colorer de chants chamaniques et de percussions hypnotiques (« Spirit Whole »).
Octo crura band
Les points de repères cités par le groupe italien pour décrire son huit pistes sont Jinjer, Arch Enemy, Butcher Babies et Infected Rain.
« Tagmata » sera disponible le 29/04/2022 chez Darktunes.
Les précommandes sont ouvertes ICI.
Octo crura tagmata
Katlin, l'une des frontwomen d'Octo Crura, a par ailleurs été choisie par darkTunes pour illustrer The Battle Of Metal Compilation Vol. 7, une compilation pour laquelle le label Allemand recherche (sans contrepartie financière à verser) des groupes de Metal de tous styles. Pour postuler, il convient d'adresser à darktunessampler@gmail.com  votre meilleur titre MP3 ou WAV. Les conditions complètes sont consultable ICI (sous l'article concernant Cernunnos) et la précédente compilation de cinquante groupes peut être écoutée ICI.
Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 28/02/2022.
Octo crura battle of metal

UNDERGROUND THERAPY : Let there be light !

Le 19/02/2022

Deux ans après son EP « Neurosis »,  Underground Therapy revient avec un nouveau single-clip intitulé « Lighter ».

« Lighter, c'est un titre écrit il y a plus d'un an et demi avec l'envie de tout brûler pour tout recommencer. Lighter, c'est un cri de rage. Lighter, c'est un message pour toutes celles à qui on a dit qu'elles n'étaient pas capables, qu'elles n'étaient pas assez, qu'elles étaient faibles », commente le groupe toulousain.
Underground therapy artwork
Sarah (chant) poursuit : « On a été principalement accompagné.e.s par des femmes dans ce projet : autant dans la réalisation du clip que dans la confection de la pochette. Romane Garcia a crée un artwork qui met en avant le féminin et la rage intérieure, ce feu qui brûle en nous et qui nous pousse à faire bouger les choses. C'est également ce qu'a fait Manon Flebus qui était aux commandes de la réalisation du clip. Elle voulait que le propos de la chanson transpire dans les images. On a aussi eu la chance d'être soutenu.e.s par Mathilde Collet pendant le tournage, qui a pris en charge le making of qui devrait sortir courant février. »
Underground therapy live
« Lighter » est disponible sur vos plateformes. Retrouvez-le ici :

Underground therapy band

DAGOBA, By Night (2022)

Le 18/02/2022

Voici une chronique bien intéressante à préparer, sinon à lire ! Car il y en a à dire, et il s'en dit, des choses, sur cet album !
Vingt-cinq ans de carrière, huit albums, un tous les trois ans. Joli palmarès pour Dagoba, l'un des piliers du rock français.
Voici son petit dernier :

« By Night »

Dagoba the hunt

« By Night » étrenne une collaboration signée pour trois albums avec le géant Napalm Records. Le deal avec le label autrichien devrait ouvrir à nos Frenchies les portes de l'international.

D'opus en opus, Dagoba fait évoluer son style, un métal puissant désormais saupoudré d'électro.
Shawter (chant, songwriting) explique à United Rock Nations l'était d'esprit dans lequel il a initié son écriture :
« Avant de proposer un album, je commence par me retourner sur ce que j'ai fait auparavant. Je sais au moins ainsi ce que je ne veux plus refaire. Je n'aime pas trop la répétition, et même je déteste ça ! » Il poursuit : « Je ne sais pas où je veux aller, mais je sais où je ne veux pas aller. La suite est au gré des inspirations du moment et de la maturation de certaines choses. Pour By Night, cela fait une dizaine d'années que je suis vraiment tourné vers la scène électro, donc il a fallu le temps de l'assimiler et de savoir le retranscrire. C'était le moment idoine pour le faire... C'est ainsi que j'envisage la conception d'un album : ne pas nous répéter tout en conservant l'âme de Dagoba. »
(Retrouvez l'interview intégrale de United Rock Nations ICI)
Dagoba par morgane khouni
DAGOBA photographie Morgane Khouni photographies
Plus de quatre ans séparent « By Night » de « Black Nova », un prédécesseur, selon Shawter, annonciateur de la suite. C'est le plus long silence discographique du groupe, qui l'a mis à profit pour ciseler sa production :
«  Nous avons eu tellement de temps pour nous concentrer sur la production de l'album au cours des semaines et des mois de confinement. Nous avons pu examiner chaque détail de chaque morceau et By Night est ainsi devenu notre album le plus abouti à ce jour. Nous sommes vraiment satisfaits de ce nouvel album et nous avons hâte de le partager avec nos fans et tout le monde. »

« By Night », le titre de l'album, résulte d'une écoute collective des pré-productions. La musique projetait au groupe les images d'un voyage au sein d'une mégapole futuriste... de nuit.

La vie, la mort, et surtout l'amour et ses inépuisables déclinaisons, sont les thématiques abordées au long de ce voyage musical.

« By Night » commence par une introduction instrumentale telle que la formation marseillaise aime en poser - Dagoba sait structurer ses albums (intro/interlude/outro) pour mieux conduire ses auditeurs.
Puis la machine se lance avec  « The Hunt ».

Les riffs sont puissants, modulés par quelques touches électro, avec une voix essentiellement growlée. Le titre est servi par un clip énorme, le plus ambitieux jamais conçu par groupe, à l'univers proche de « Blade Runner », incluant de la 3D et de multiples effets spéciaux. Suivent « Sunfall » et des titres qui cognent bien, mettant en avant la touche métallique du combo (« Bellflower Drive », « Nightclub ») qui ne craint toujours pas de monter au baston (« The Last Crossing »).
La surprise de l'album - elle est de taille ! - vous saisit en cinquième piste. Sur « On The Run », le chant masculin rugueux fait de la place à une voix féminine aux intonations très éloignées de la scène métal (une amie anglaise du groupe qui restera anonyme pour l'instant).

Le titre est clivant, on l'a bien perçu lors de la sortie du single sur les réseaux sociaux, en janvier dernier.
Shawter confie à Long Live Metal : « On savait pertinemment qu’on prenait un risque parce que c’est un format de chanson qu’on n’avait jamais proposé. Malgré tout, on a toujours eu ce penchant pour l’exploration et proposé des chansons calmes avec des refrains clairs… Ça faisait des années que j’avais envie de proposer un piano-voix pour Dagoba, et ça fait quelques albums que j’avais envie de refaire un featuring. Être un artiste c’est aussi prendre des risques. »
(Retrouvez l'interview intégrale de Long Live Metal ICI)

Les touches électro, très présentes sur l'ensemble de l'album, plus prégnantes sur certains morceaux (« City Light », l'intro de « Summer's  Gone»), enfoncent le clou de l'évolution.

A ce propos, Shawter rectifie sur MUSinc : « Ce n'est pas le ratio de touches synthétiques ou électro qui a augmenté sur cet album. C'est l'épuration des riffs du groupe, basse/batterie/guitare/voix, qui a un peu baissé. Ce nivellement a fait que les touches électro prennent un peu plus d'importance. C'est un peu compliqué de tout mettre - des instruments classiques, un synthétiseur, un groupe de métal avec un chanteur qui gueule - et de réussir à en faire quelque chose d'ordonné. Il a donc fallu revoir un peu les curseurs.  »
(Retrouvez l'intégralité de l'interview de MUSinc ICI)

Ainsi avec des qualités évidentes et une puissance de feu inaltérée, Dagoba  continue à travailler son métal pour le faire évoluer, assumant une prise de risque mise en évidence par la présence de quelques titres clivants qui dérouteront peut-être certains fans. Il a ce faisant le mérite de ne pas s'endormir sur ses positions, de ne jamais refaire le même album, de partir à la conquête de nouveaux territoires (l'étranger ? On le souhaite !). Les fondamentaux n'en sont pas pour autant oubliés : « By Night » est foisonnant, percutant, pas aussi instantané qu'il n'y paraît, et il mérite d'être digéré pour être pleinement savouré.
De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace ! N'est-ce pas là que réside la véritable  force de l'artiste ?


Les Critiques :

  • Dagoba a très clairement évolué. Le son est beaucoup plus moderne, beaucoup plus accessible, mais toujours très efficace.
    Acta infernalis - Deathliger's Reviews
  • Un album cohérent et contrasté : les néons fluos illuminent la noirceur, l’émotion atténue la violence.
    Long Live Metal
  • Dagoba ne s’éloigne pas du son musclé qui a fait son identité, mais tente dans By Night des explorations et des jeux d’influences résolument modernes.
    La Grosse Radio
  • Globalement puissant et parfois très clairement mainstream, l'univers des Marseillais coche de nombreuses cases et c'est peut-être cela qui, au bout du compte, explique quelques froncements de sourcils un brin dubitatifs.
    United Rock Nations
  • Dagoba n’a pas fait fi de sa brutalité, il cherche simplement à l’accorder avec ce qu’il considère comme une écriture mémorable, en puisant notamment dans l’EDM et la pop.
    Radio Metal
  • Presque vingt-cinq ans de carrière pour ce groupe originaire du Sud de la France qui parvient encore à surprendre son public et à évoluer.
    eMaginarock

Dagoba
DAGOBA photographie Morgane Khouni photographies

Line-up :

  • Shawter : chant, samples (produit et composé)
  • Théo Gendron : batterie
  • Kawa Koshigero : basse
  • Richard De Mello : guitare

Tracklist :

1. Neons
2. The Hunt
3. Sunfall
4. Bellflower Drive
5. On the Run
6. Break
7. City Lights
8. Nightclub
9. Summer’s Gone
10. The Last Crossing
11. Stellar
Durée : env. 40mn

Discographie :

  • Dagoba (2003)
  • What Hell Is About (2006)
  • Face The Colossus (2008)
  • Poseidon (2010)
  • Post Mortem Nihil Est (2013)
  • Tales of the Black Dawn (2015)
  • Black Nova (2017)
  • By Night (2022)

Les Liens :

Chronique d'album : BLOODYWOOD (Folk Metal Indien), "Rakshak" (18/02/2022)

Le 17/02/2022

Groupe: BLOODYWOOD 

Origine: New Delhi (INDE)

Album: RAKSHAK (18/02/2022) - Chronique d'album

Genre: Folk Metal Indien

Par Dam'Aël

 

LE GROUPE:

Sept ans depuis leur formation et déjà une belle expérience à leur actif. Mais avant de vous en délivrer plus, un petit rappel de l'avant-Bloodywood s'impose: Karan Katiyar (guitares, flûte) mettait régulièrement sur YouTube des titres parodiques de reprises populaires de Bollywood (nom donné à l'industrie du cinéma musical indien basée à Mumbai - anciennement Bombay -, dont les films sont réalisés en hindi ) ; mais trouver LE chanteur pour son projet se révèle périlleux. Katiyar rencontre alors Jayant Bhadula lors d'un concert local, très impressionné par sa gamme vocale et sa polyvalence. La rencontre initie l'aventure du duo pour des prestations de reprises parodiques teintées de Nu Metal. En 2018, le rappeur Raoul Kerr est invité à participer ponctuellement sur leur projet, notamment sur  « Ari Ari », basé sur la chanson folklorique punjabi "Baari Barsi". L'expérience est telle qu'en 2019 une décision débouche sur l'intégration de ce troisième membre à part entière au sein du groupe. Le noyau dur de Bloodywood éclot. En parallèle, largement soutenu par une fan-base de plus en plus importante, Bloodywood s'exerce dans l'écriture de compositions propres et le combo de Folk Metal de New Delhi se voit embarqué, sans jamais avoir fait de scènes, dans une tournée "Raj Against The machine" (https://youtu.be/HIvzfULOJ70), quinze dates qui les emmènent en Allemagne, en France (Paris au Gibus Live), en Grande-Bretagne et en Russie, dont deux festivals: celui du Taman Festival (Russie) et le Wacken Open Air en Allemagne qui sera sold out parmi tant d'autres (un documentaire a été tiré de cette tournée 2019). Bloodywood a été complété an cours de cette période de grande évolution par Sarthak Pahwa (dhol), Roshan Roy (basse) et Vishesh Singh (batterie).

Bloodywood

MUSIQUE ET DISCOGRAPHIE:

Bloodywood est un groupe de Folk Metal indien qui se caractérise par la fusion d'un son Metal pouvant aller du Heavy au Nu Metal, avec une musique folklorique indienne. Et pour cause, des instruments folkloriques indiens très spécifiques viennent compléter les instruments traditionnels de la musique Metal. La batterie, les guitares et la basse seront en étroite harmonie avec le dhol, instrument de percussion qui se joue sur ses deux faces, la flûte très mélancolique et le tumbi, instrument à une seule corde ; un ensemble instrumental qui délivre une musique puissante avec des plages plus aériennes et des sons peu communs pour la majorité d'entre nous. Viennent se greffer sur ce tableau instrumental très identitaire deux voix, celle du rappeur Raoul Kerr et son flow spécifique et celle de Jayant Bhadula, naviguant du chant Indien au chant guttural, passant d'une berge à l'autre avec une fluidité qui signe un certain talent.

Après un premier album de reprises "Anti-Pop Vol. 1", sorti en 2017 (album de reprises en version métal de titres pop), et un travail acharné sur la couleur et l'identité de leur musique, Bloodywood n'a cessé de travailler ces quelques dernières années, mettant en ligne plusieurs clips pour supporter leurs compositions. On notera:

  • https://youtu.be/6uJoN_I9ebQ  "Jee Veerey" ft Raoul Kerr (2018) qui traite de la maladie mentale et du suicide (le groupe a d'ailleurs mis en place un partenariat avec une plate-forme pour répondre aux mal-êtres de certaines personnes.
  • https://youtu.be/XfjTbY2NzsM  "Endurant" (2019) qui aborde la nécessité de ne pas se laisser détruire par autrui et d'avoir confiance en soi et sa capacité de réagir.
  • https://youtu.be/Gsy5sJy5_34   "Machi Bhasad (Expect a Riot)" (2019) qui vise à remettre en question un système injuste qui sert quelques-uns au détriment du plus grand nombre.
  • https://youtu.be/2bldupcptbE  "Yaad" (2020) qui aborde la condition animale.

Rakshak

L'ALBUM: RAKSHAK

Si le diable Covid a pris le devant de la scène ces deux dernières années, Bloodywood a pris d'assaut le genre avec sa fusion de Metal, de Rap et de musique Folk indienne avec une motivation qui fait un joli pied de nez à cette pandémie. Armant leur musique instrumentale unique de paroles puissantes aux messages forts de sens, les 10 titres de cet album qui sort le 18 février 2022, s'articulent autour de la délicatesse de la flûte, du flow impitoyable du songwritting "rappé", de la violence du chant guttural, de la douceur poétique des mélodies hindoues, sur fond d'instrumental varié, marqué de transitions inattendues, de fureur réveillant la rage enfouie en chacun de nous. Un véritable tableau musical aux nuances extrêmes. Les textes sont chantés en hindi/punjabi et en anglais, et délivrent des messages d'espoir, d'entraide, mais aussi de colère, d'opposition totale aux valeurs bafouées, aux attitudes insupportables de certains qui gouvernent. Ils évoquent la nécessité de surmonter les divisions politiques, de lutter contre la crise de la pauvreté, d'écraser la corruption, d'éliminer les agressions sexuelles, d'espérer, de croire ; une détermination sans faille... Bloodywood se veut positif et impacter ce positivisme chez son public; il est aussi sensible au devenir de notre planète qu'au bien être des gens. D'ailleurs le titre de l'album est très symbolique car "Rakshak" en hindi exprime le gardien, le protecteur. Passionnés par la musique, les membres du combo de New Delhi s'exprime et explique: "Musicalement, nous avons pris plus que quelques risques et repoussé les limites de notre son à la fois vocalement et instrumentalement. En plus d'avoir notre son signature, nous avons beaucoup expérimenté en écrivant une musique encore plus rapide, plus lourde et plus colérique, tout en incorporant des éléments et des instruments de genres qui se trouvent à l'autre extrémité du spectre musical". 

Gaddaar: est le premier single qui annonce le 10 novembre 2021 sur les plate-formes leur futur album Rakshak. Dès les premières notes, nous sommes embarqués dans un voyage pour l'Inde. Nul ne pourra émettre de quelconques doutes. Mais très vite l'ambiance folk traditionnelle indienne est rattrapée par un gros son Metal tonitruant qui s'invite dans une énergie de Rap énervé annonçant dors et déjà la couleur quant à l'évolution musicale de Bloodywood. L'instrumental est fortement renforcé par le son particulier du dhol joué par Sarthak Pahwa. " La chanson vise à une séparation complète de la religion et de la politique à travers le monde" préconisant des droits égaux et un traitement égal quelle que soit ses orientations religieuses. Le video clip a été tourné dans les rues de New Dheli.

Aaj: Même façon d'introduire le morceau sur des notes folk traditionnelles, ici ce sera une flûte douce invitant à s'assoir et prendre le thé sur des paysages magnifiques comme nous le propose la video supportant ce second single inédit (22/01/2022). Aaj qui signifie "aujourd'hui", évoque la nécessité d'être soi-même, de s'accomplir entièrement en tant qu'être unique, et d'aller puiser sa propre essence au plus profond de soi.  La flûte indienne est omniprésente et accompagnée d'éléments électroniques sur ce titre, le tout sur la trame habituelle de chant guttural hindie alterné de rap chanté en anglais, de riffs costaux, d'un Metal lourd et puissant, assez symphonique. A noter un passage chanté en duo et en anglais par Jayant Bhadula et Raoul Kerr:

"Kiaoken! I will be better than I was back then, Never say never, I was trapped in, Put it all together as I fought, Now I'm smashin' fate in the shredder man, I'm all about the passion", repris à 3'28 avec une petite variante. Ces deux passages renforcent l'énergie et la puissance de la musique de Bloodywood et viennent contraster avec les choeurs de fin de titre, interprétés par The Snake Charmer (Archy J).

Zanjeero Se: Claviers, dhol et choeurs énigmatiques sont suivis par une section rythmique énergique teintée d'éléments symphoniques puis un chant chaud, rond, indien qui passe le relai au rap de Raoul assez furieux. Le flow percutant est d'ailleurs surprenant de rapidité et de densité constrastant avec la chaleur vocale de Jayant, qui nous laisse découvrir un spectre vocal très large sur tout cet album. Le passage guitaristique de fin est particulièrement travaillé doublé de choeurs délicats féminins.

Machi Bhasad: Nous avons eu le temps de reprendre notre souffle sur Zanjeero Se et bien nous en a pris car Machi Bhasad nous emmène dans une rythme effrénée combinant guitares acérées, dhol énervé, basse vrombissante, batterie rageuse et deux chanteurs qui ne s'épargnent rien. Je nous garantis le headbanging dans la fosse sur leurs prochains concerts et une fureur de vivre les lives. Et !!! Bloodywood sait aussi nous surprendre par des transitions étonnantes et très bien venues ; attention toute particulière aux 2'48 où tumbi, dhol et guitare électro-acoustique (me semble-t'il) délivre un bijou folk indien de 8 secondes: un constraste Signature Bloodywood. Délicieux maillage de Metal haut en couleurs et de musique traditionnelle indienne.

Dana-Dan: Colère, violence, puissance s'articulent dans ce morceau sur lequel des gimmicks de guitare mercenaires et belliqueuses s'expriment avec force, au même titre que le rap vociféré avec fureur sur tempo plus qu'excité. La saturation des guitares et le guttural amplifient cette rage et cette puissance de rouleau compresseur qu'est Dana-Dan. Présence d'un passage qui  pourrait donner envie à Ravel de sortir de sa tombe et reconvertir quelques unes de ses compositions en Metal incisif,  à la manière des guitares de Karan Katiyar et la basse de Roshan Roy.

Jee Veerey: Titre diffusé le 19 juillet 2018 sur lequel intervenait pour la première fois en guest Raoul Kerr. Les paroles évoquent la maladie mentale, le mal-être, les envies suicidaires. Bloodywood qui oeuvre pour améliorer les conditions compliquées dans certains domaines, a même financé une soixantaine de séances de soutien avec des professionnels via une plate-forme dédiée, dont l'accès reste anonyme pour tous ceux qui souhaitent y recourir. Au niveau musical, Jee Veerey garde comme fil conducteur cette flûte indienne douce et calme, mélodique, magnifiquement joué par Karan Katiyar. Karan assure aussi toutes les compositions et la production de l'album.

Endurant: Endurant mêle un peu d'électro à ce déferlement de Metal sur infusion de flûte. Ce titre confirme la dynamique de l'album avec une section rythmique puissante et solide qui sait jouer l'alternance avec intelligence. L'écriture s'accorde d'une ponctuation parfaite par ces moments d'accalmie qui renforcent l'ensemble de l'instrumental assez démentiel, provoquant et brutal, crossover de musique indienne, de Trash, de Metal, de groove des années 90's et de Hardcore toujours mélodique. Le texte traite d'un sujet délicat : l'intimidation sous toute ses formes. Il s'agit d'un des singles délivré par la groupe, clipé et diffusé en janvier 2019. Bloodywood nous propose la version album 2022.

Yaad: Un coup de coeur en ce qui me concerne avec cette version Rap au flow slamé doublée d'une voix chaude et légèrement éraillée, parfaite et très hindoue. On note quelques sons très particuliers qui complètent subtilement ce mélange folk et Metal et des guitares acérées qui tranchent dans le vif. 

BSDK.exe: Bloodywood SDit Koi? Bloodywood Soft Development Kit, ou un F**ck au poisseux système... Blodywood nous en dit plus dans les lyrics de son texte. BSDK.exe est aussi un excellent mélange cossu de Metal inquisiteur, de doux folk indien et de sons électroniques plus ou moins expérimentaux. Une belle application made in Inde.

Chakh Le: Section rythmique basse/batterie et guitares, militante, sauvage, frontale rentre en force sur Chakh Le avec son complice de début de galette, l'instrumental folk indien. Une recette qui invite illico presto les deux chanteurs à s'offrir une belle part de partage Metal charnu Bloodywoodien. 

 

NOTRE AVIS:

Cet album ne peut laisser indifférent ! C'est une évidence. Il interpelle et nous aspire dans sa spirale Metal, véritable crossover de folk ethnique indien, de Nu Metal, de hip-hop et rap impitoyables, de chants gutturaux explosifs et de mélodies hindies chaleureuses et bouleversantes. Un cocktail qui mélange des opposés et qui forme un magistral et subtil cocktail de groove mélodieux et cinglant ; une mixologie musicale des plus réussie, d'excellente qualité mais aussi des plus corrosives. Nous voulons de la nuance ! Nous sommes servis. Nous voulons de l'émotion ! Nous sommes repus. Nous voulons être surpris, nous le sommes tant le travail de composition et d'interprétation de Bloodywood excelle en la matière. Il ne faut évidemment pas s'étonner de l'invasion musicale de ce combo sur la scène internationale. Une énergie d'une telle envergure qui sait associer le folk ethnique de l'Inde, le rap menaçant et le Metal, en fait un alliage particulier d'une grande technologie comprenez d'une grande technicité guidée par beaucoup d'inspiration.

Information de dernières minutes :

Le Rakshak Tour prévu du 5 au 31 mars prochain en Europe est reporté à des dates ultérieures. La tournée aux USA pour la fin d'année, est toujours en négociation.

Line-Up :

  • Karan Katiyar : guitares, flûte, production, composition
  • Jayant Bhadula : chant Indien / chant guttural
  • Raoul Kerr : rap
  • (Sarthak Pahwa : dhol)
  • (Roshan Roy :  basse)
  • (Vishesh Singh  : batterie)

Les Liens :

 

ORKHYS, A Way (2021)

Le 16/02/2022

 Orkhys est un groupe de métal parisien. Sa construction s'est échelonnée entre 2017 et 2019. Son premier EP sortait en 2020.
Il incorpore à son univers des éléments symphoniques, mélodiques et celtiques et a pour particularité de compter dans ses rangs une harpiste/chanteuse soprano légère colorature.
Orkhys revenait le 16/092021 avec un album via M&O Music :

« A Way »

L'artwork est signé Calvaire Drach, qui s'occupait déjà de la pochette du EP.
Orkhys
Voyons la musique :

1- « A Way » est une courte intro qui donne un aperçu de la voix haute de Laurène Telennaria.
2- « A Brand New World » propose des cavalcades à la Maiden dans un morceau très symphonique. La voix est aussi très belle dans les médiums. Des cornemuses font leur apparition.
3- « Annwvyn » est joliment introduit par une harpe que rejoignent les cornemuses. Laurenn Telennaria expliquait sur le site du groupe : « Ce morceau hommage parle du monde des morts des Celtes, il évoque les valeurs et l'héritage transmis par nos aïeux. »

4- « The Devil & The Impudent » est l'un des titres les plus heavy de l'album. Outre une excellente prestation vocale, il met en évidence les qualités de composition.

5- « Blood Ties », une pièce de dix minutes, marque le retour de la cornemuse. Les lignes mélodiques sont belles et la voix va chercher les notes très haut. Les parties instrumentales épiques sont joliment assemblées.

6- « Home » connaît une introduction plus légère et un joli pont sur la fin. Le chant se fait plus médium.

7- « The Clansman » s'intègre parfaitement à l'ambiance de l'opus. Une adaptation vocale et musicale réussie de ce titre de Iron Maiden qui appuie sur le côté celtique. Laurène Telennaria expliquait à Shooting Idols : « Nous sommes allés les voir à Bercy Arena. J'ai vraiment eu un coup de cœur pour ce titre et en discutant avec Brice il m'a dit qu'il adorait ce morceau. Ce titre collait avec le groupe. On l'a fait, on l’a posté sur la chaine YouTube et on a eu de tels retours. Cette reprise a énormément plu. On a eu beaucoup de demandes en disant si la reprise figurerait sur l'album. On n'y avait pas pensé mais il y a eu tellement de demandes qu'on a voulu y répondre. On a retravaillé le titre et mis sur l'album. On a intégré une cornemuse écossaise, on a rajouté des petites mélodies à la flute et on a retravaillé tout le socle musical pour coller au style musical et à la façon d'écrire de notre nouvel album pour qu'il n'y ait pas de cassure sur le rendu sonore. » (retrouvez l'interview ici)

8 - « The Devil from a Brand New World » est une outro instrumentale symphonique assez cinématographique qui reprend les orchestrations des titres « The Devil & The Impudent » et « A Brand New World ». 

Malgré son jeune âge, Orkhys a forgé son identité en un tour de main. L'apport d'une harpe dans son métal est loin d'être superfétatoire et le timbre haut de sa chanteuse est suffisamment original pour qu'on le remarque. Ce n'est pas tout bien sûr, car si forts soient les interprètes, ils ne sont rien sans de bonnes compositions. Là, les qualités d'écriture sont évidentes. Heavy, sympho et tonalités celtiques se mélangent plaisamment dans des titres inspirés. Malgré un son qui nous semble pouvoir mieux faire dans les aigus, « A Way »  se pose ainsi en bon premier album, celui dont un groupe n'a jamais à rougir. Au contraire, « A Way » confirme sur la durée LP les qualités d'une formation qui mérite de voir s'étoffer son auditoire de manière significative : elle a les atouts pour convaincre un large public, qu'il s'agisse des adeptes du métal sympho ou des inconditionnels d'Iron Maiden.

Les Critiques :

  • Une véritable bouffée d’air frais dans l’univers du métal symphonique.
    Metal'Art
  • Un album cohérent et bien fait qui ravira les fans de métal symphonique et lyrique.
    Among The Living
  • Orkhys teste, ose et réussit à surprendre avec des titres variés.
    Metal Eyes
  • Un des points fort d’Orkhys est quand même le chant de Laurène, très doux et qui monte dans de nombreuses tonalités.
    Soil Chronicles
  • Le métal d'Orkhys est effectivement inclassable et porte une signature musicale désormais clairement affirmée.
    Music Waves

Line-Up :

  • Brice Druhet: Guitares
  • Henri Genty : Guitares
  • Jean-yves Chateaux: Batterie
  • Julien Lancelot: Basse
  • Laurène Telennaria: Chant / Harpe

Musiciens additionnels :

  • Joanne McIver (cornemuse)
  • Gabriel Chiapello (cornemuse)

Discographie :

  • Awakening (EP - 2020)
  • A Way (2021)

Tracklist :

1- A Way
2- A Brand New World
3- Annwvyn
4- The Devil & the Impudent
5- Blood Ties
6- Home
7- The Clansman
8 - The Devil from a Brand New World (Bonus Track)
durée : env. 43 mn

Les Liens :

 

STALKER, Stalker (2022)

Le 15/02/2022

Stalker est un projet né en Suède au coeur de la pandémie.
Il sort le 11/02/2022 chez Wormholedeath son premier album éponyme.
Stalker album artwork
Le groupe explique :
« Notre musique est un mélange de ce que avec quoi nous avons grandi, Black Sabbath, Deep Purple, Uriah Heep, Van Halen, Kiss et Pantera, pour ne citer que quelques groupes qui ont eu un impact sur nous. Nous écrivons et enregistrons simplement ce qui sort, sans autre objectif que de nous amuser. »

Les jeux sont-ils productifs ? Voyons sans attendre ce qu'il en est...

1. « Black Room » nous accueille à grands coups de riffs, avec un son terrible dans les basses. Cette mise en bouche file comme un train en marche.

2. « Dance » démarre tout aussi bas et vous accroche par le refrain. Moderne dans son approche à la Soto, il confirme la première impression laissée par son prédécesseur.
3. « Alone » sort les violons et un joli solo de guitare.
4. « Shred » est un instrumental assez enlevé.
5. « Liar » donne des choeurs. On pense une première fois à Bon Jovi - mais porté par un son beaucoup plus moderne.
6. « Lost not found » est étonnamment construit, capable de servir des ambiances orientales pour vous bousculer dans la seconde qui suit dans la plus grande vélocité.
7. « My mind » voit la basse rouler avant que ne déboulent riffs et soli assassins.
8. « Pain » déroute mais passe bien, s'offrant une petite incursion reggae sur la fin.

9. « Missing the point » sert des riffs agressifs et  une lead très active.
10. L'album se termine sur un « Instrumental jam »

S'inspirant du hard classique mais sans nostalgie, Stalker est à l'aise dans les basses et dans son époque. Il propose un album moderne, enchaînant les titres et les moments sans qu'ils se ressemblent. Les compositions sont inspirées, solides, interprétées avec dextérité. C'est plus qu'il n'en faut pour vous suggérer de découvrir cet album et pour souhaiter à ce groupe - qui a incontestablement des choses à chanter - une longue carrière.

Line up :

  • Michael Storck - Chant (Rising Force, Neon Rose, Creozoth, Masque of Art)
  • Nalle Påhlsson - Basse/chant (Easy Action, Therion, Treat, Zan Clan, Brian Robertsson)
  • Dragan Stankovic - Guitare
  • Björn Höglund - Batterie (Easy Action, Therion)

Tracklist :

1.Black Room
2.Dance
3.Alone
4.Shred
5.Liar
6.Lost not found
7.My mind
8.Pain
9.Missing the point
10.Instrumental jam
durée totale : env. 36mn

Découvrir l'album :

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PAT O MAY (Metal celtique), Welcome to a New World (2021)

Le 11/01/2022

Groupe : Pat O May
Album : « Welcome to a New World » (17/09/2021 - Artdisto)
Genre : Métal celtique
Origine : Bretagne

Par Ahasverus

« — Aah ! Cette guitare ! Comme elle t'entraîne dès le premier morceau ! Comme elle te charme, comme elle te fait tourner...
— C'est pour mieux te botter le cul, fada que tu es ! »

Pat O May était de retour le 17/09/2021, suivant les traces de Mr No Face au long du premier concept-album de sa carrière, prétexte à s'intéresser au  libre arbitre et aux libertés individuelles.
Le bébé s'appelle :

« Welcome to a New World »

Pat o may cover

« J’ai voulu faire une histoire qui durerait une heure, un concept album. C’était excitant d’écrire de cette façon, plus cinégraphique que d’habitude en ayant toutes les images de ce personnage, No Face , qui est arrivé en milieu d’écriture », expliquait le musicien breton à actu.fr dans une interview.

Il poursuit chez Rock Metal Mag : « No Face, c’est toi, c’est moi, c’est nous, c’est  le paysan du coin, le chinois qui habite à Guangdong. C’est pour cela qu’il y a plein d’interventions avec des langues différentes sur l’album. Voila, cela peut être n’importe qui. » (retrouvez cette interview ici)

L'album a été composé à Plouagat, entre décembre 2019 et janvier 2020.

Le mixage a été pris en charge par Bryan Rondeau au studio Carla Gébain, tandis que pour le mastering Pat O May a fait confiance (et comment non !) pour la quatrième fois à Alex Wharton (Björk, Paul Mc Cartney) aux studios d’Abbey Road.

Appuyant peu sur ses influences celtiques - cependant prégnantes surtout sur le titre d'ouverture - Pat O May délivre douze titres d'une telle richesse qu'il vous faudra plusieurs écoutes pour la mesurer, même si elle vous accrochera dès les premières mesures.

La fluidité et le sens mélodique de Pat O May sont en évidence, on guette les apparitions de la guitare lead, véritable héroïne de ce concept-album.

Les Critiques :

  • « L’alchimie du trio est sans conteste et le résultat est dantesque. »
    Rock Metal Mag
  • « Une franche réussite du début à la fin. »
    Music Waves
  • « Welcome To A New World s’écoute comme on lit un livre passionnant, de ceux dont on ne peut pas décrocher de la première à la dernière page. »
    Among The Living

Tracklist :

  1. I Shall Never Surrender
  2. Grinch
  3. Anything I Want
  4. Please Tell Me Why
  5. Here to Be
  6. The Warrior
  7. I Belong
  8. The Day Before
  9. We Can Here Your Calling
  10. Simple Mind
  11. Friend
  12. In This Town
    Durée : env. 63mn

Line-Up :

  • Pat O’May – Guitare, Violentax, chant
  • Christophe Babin – Basse
  • John Helfy- Batterie
  • James Wood- Chant

Ecouter l'album :

Le Lien :

 

VOICE OF BACEPROT (VoB) - Le phénomène Metal 100 % féminin - hijab-wearing

Le 12/12/2021

Groupe : Voice of Baceprot
Singles : "Schol Revolution" et "God, Allow me (Please) To Play Music"
Genre : METAL
Origine : INDONESIE (JAVA OCCIDENTAL)

par Dam'Aël

Vob le groupe

 LE GROUPE :

Originaires d’un petit village à l’Ouest de Java (ville natale de Singajaya, un petit village à deux heures de Garut, Java occidentale), Marsya, Siti et Widi ont fait connaissance sur les bancs d’une école coranique traditionnelle. Elles ont un mal fou à se discipliner et c'est un de  leurs professeurs, le professeur de musique  Eerza Abah, guitariste et fan de Metal, qui décide de canaliser à sa manière. Il leur fait découvrir des groupes anglo-saxons comme Rage Against The Machine, Slipknot et autre System of A Down et les invite à jouer dans une comédie musicale. Il leur suggère ensuite de créer leur propre groupe. Voice of Baceprot ( traduisez Voix Bruyantes) voit le jour en 2014 et se fait invité à jouer pour la cérémonie de remise des diplômes de leur école. C'est de façon autodidacte et motivée par leur nouvelle passion qu'elles s'essaient à jouer de plus en plus vite, en reprenant les titres des groupes cités précédemment et décident de les poster sur les réseaux sociaux. Elles se font ainsi connaître grâce à leur reprise du titre "Testify" de Rage Against The Machine sur YouTube, en 2015.

De confession mulsumane, elles jouent habillées en métalleuses coiffées du hajib. Malgré ce respect, elles reçoivent des menaces de mort et des mails agressifs. Mais tout cela a plus pour effet de les motiver à continuer à porter haut et fort leurs convictions qu'à jeter l"éponge :

 " Grâce au métal, j'ai le courage de donner mon opinion et j'ai gagné assez en confiance pour être différente", souligne Widi, la bassiste.

Les gens qui nous écoutent se sentent pousser des ailes, ils se disent qu'ils peuvent aussi repousser les murs, même s'ils viennent d'un petit village", ajoute Siti, la batteuse.

https://www.lci.fr/culture/video-elles-jouent-du-metal-en-hijab-qui-sont-les-musiciennes-de-voice-of-baceprot-2204184.html

Vob logo

LA DISCOGRAPHIE :

Après s'être fait les armes sur des covers, la formation décide de créer ses propres compositions.
La première "School Revolution" verra le jour en 2018 et fera l'objet d'un enregistrement en live session le premier mai de la même année. A ce jour, la video a généré plus de 1 500 000 vues. Les paroles sont écrites dans la langue maternelle de Voice of Baceprot à l'exception du refrain qui lui est en anglais :

" Sekolah pagi pasti ragaku ini berlari, Paksa mimpi yang tak satupun ku mengerti, Terlempar kepala dipaksa pintar, terdampar moral digoda bingar,

Don’t try to judge us now, Don’t try to judge us now, Don’t try to judge us now, Don’t try to judge us now... "

Le 17 août 2021, le trio sort un nouveau single "  supportée par une vidéo officielle qui génère plus de 1 600 000 vues. Un message fort pour ces trois jeunes filles âgées d'une vingtaine d'années, un message de liberté et une réponse aux attaques violentes dont elles sont victimes sur les réseaux sociaux. " Certains disent que si nous enregistrons un album, ils le brûleront. D’autres menacent de nous décapiter ", raconte la chanteuse.

Du 6 juillet au 3 août 2021, Voice of Baceprot  propose un live différent chaque jour, reprenant l'EP "The Other Side Of Metalism".
Leur producteur indonésien Stephan Santoso ne les lâche plus et affirme qu'elles ont eu les félicitations de Tom Morello, le guitariste de RATM.
Les trois artistes ont effectué leur première tournée en Europe cette année malgré les conditions pandémiques.

Fight dream believe tour 2021

NOTRE AVIS :

Ces demoiselles nous offrent avec talent et témérité, un Metal indonésien efficace et énergique qui devrait faire encore parler de lui...

LINE-UP :

  • Firdda Kurnia " Marsya " : chant, guitare
  • Eusi Siti Aisyah " Siti " : basse
  • Widi Rahmawati " Widi " : batterie

LES LIENS :

 

TRUMBITEN, "Out" (2021)

Le 12/10/2021

Groupe : Trumbiten
Album : « Out » (EP - 09/2021)
Genre : Heavy Metal
Origine : Suède
On aime : Le chant, le songwriting

Par Ahasverus

Quelques mois seulement après son premier EP, « Emotions », Trumbiten remet le couvert avec un quatre titres sobrement intitulé « Out ».

917747Trumbiten, c'est la famille Arngren, originaire de Luleå, dans le nord de la Suède.Tommy, le père, tient la batterie, la basse et les claviers. Adam, le fils, joue de la guitare et de la basse.

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En 2018, ils commencent à produire des reprises de métal instrumental, avant d'entreprendre l'écriture de compositions originales. Ils tirent leurs substance d'influences heavy rock et métal, et elles sont drôlement bien régurgitées. En mai 2021, ils présentent trois titres sur un EP nommé « Emotions », avec au chant l'Américaine Leanne LeeLoo Greenman. En septembre, ils reviennent avec quatre nouveaux morceaux.

Pour la rentrée, exit LeeLoo, malgré son taf remarquable sur  « Emotions » : pour défendre ses nouvelles compos, le gang Arngren fait appel à la voix testosteronée de Léonel Silva (Mindfeeder). Côté guitares, c'est João Miguel, de Enblood, que les Suédois sont allés débaucher au Portugal...

Tout classique qu'il soit, le heavy de Trumbiten fait son effet. Une pincée de Dee Snider ici (« Break Out »),  un petit côté Maiden là (« Loner »),  et l'entreprise familiale devient une multinationale tout à fait crédible.

S'il n'en est encore qu'au début du chemin, Trumbiten a néanmoins présenté deux EP d'une grande qualité, avançant avec un goût sûr sur un parcours jalonné par un songwriting efficace. On ne peut que vous recommander ce groupe au potentiel heavy certain. Il pourrait s'inscrire durablement dans notre horizon métallique s'il continue à faire les bons choix et s'il parvient à trouver sa stabilité. A découvrir et, plus encore, à suivre !

Line-up :

  • Tommy Arngren - batterie, basse, claviers
  • Adam Arngren - guitare, basse
  • João Miguel - guitare
  • Leonel Silva - chant

Chronique d'album : BlackBeard (Résolument Rock aux multiples influences), "New Horizon" (08/10/2021)

Le 06/10/2021

Groupe : BlackBeard
Album : New Horizon (08/10/2021 - M&O Music)
Genre : Rock / Stoner / Alternatif / Groove / Metal / Progressif / Punk / Electro
Origine : Alpes françaises ( Annemasse, 74)
par Dam'Aël

 

Attention, le retour de Barbe Noire s'annonce en grande pompe, chaussé de ses bottes de sept lieues sur un nouvel horizon ! Après avoir ouvert pour Jinjer en décembre 2019 à Annemasse, il continue son périple et n'hésite pas à gravir les montagnes françaises du Metal très diversifié. On aime les changements de paysage chez ce quartette : la voie du Stoner, le chemin du Progressif, la route du Metal, la piste de l'Electro, l'itinéraire du Groove, le sentier du Punk, toute randonnée sonore est explorée pour créer le paysage du Metal alternatif blackbeardien.

Groupe blackbeard

 

LE GROUPE ET SON ANTERIORITE:

BlackBeard est actif depuis le 26 mai 2018 et se forme grâce à l'association des 3 J et du A. Non il ne s'agit pas d'une devinette, encore que. Voici pourquoi : Jérémie Vailloud à la guitare et au chant (Zval), Julien Doucin à la guitare et au chant (Ex-Deer Blood / Ex-Red Mourning), Jeremy "Ziggy" Bochart  à la basse (Ex Krawl) et Antoine Marmoux derrière la batterie (Ex-Victori4). Imaginez si Antoine s'était appelé Jason ( non pas Bittner...), on aurait eu le groupe des 4 J, genre la semaine des 4 jeudis. Difficile d'avancer à grands pas dans ces conditions. Bon sortons de ce n'importe quoi, je vous l'accorde. Tout a commencé sur l'initiative des deux guitaristes vocalistes et amis. Bien évidemment le duo ne se suffit pas et c'est Ziggy qui les rejoint suivi d' Antoine. Si la formation est récente, il n'en découle pas moins une certaine expérience pour chacun d'entre eux ; et je vous garantis que nous allons pouvoir le confirmer en écoutant leurs compositions. Je suppose que le nom du groupe n'est pas lié à l'histoire de ce pirate anglais Edward Teach alias Blackbeard né en 1680 et mort le 22 novembre 1718, qui a opéré dans les Antilles et sur la côte Est des colonnies britaniques en Amérique, mais plus sans doute au fait de la présence de leurs deux frontmen barbus et étonnamment très ressemblants, genre Dupont et Dupond.

Sept mois après, la formation décide de se faire entendre avec une première vidéo officielle "Silence, Please", dont une animation vidéo sera relayée le 2 septembre 2020. Ouvrons donc nos oreilles et surtout évitons de trop la ramener ! S'en suivront une vidéo live "Unknown" enregistrée lors de leur premier concert à La Microbrasserie (AMANCY) le 30/08/18, postée le 07 septembre suivant, puis "The Rope" en mai 2019". C'est le 1er septembre 2019 que la formation dévoile son tout premier EP 6 titres de 25'47 pour être précise, EP #1,  disponible en Vinyle, Cd et sur les plateformes de téléchargement, en rouge et noir.

Il faut dire que Julien et Jérémie avaient déjà, avant la version définitive de leur line-up, suffisamment de matériel pour coucher sur sillons et autres supports quelques compositions, impatientes de pouvoir prendre l'air au grand jour.

La musique de BlackBeard est fortement inspirée des années 90's, de celle de la côte ouest américaine, du Grunge de Seattle, du Postcore, du post Hardcore, du Proto Metal Indus... et sait donner un côté déshumanisé inquiétant, très sombre voire malsain. Une noirceur aux 101 "Touch" de noir obscur annemassien, largement relayée par les voix sombres, rageuses des deux frontmen. D'ailleurs, en live, nous découvrons deux schizophrènes surprenants qui se considèrent chacun comme le leader du power-trio. Un bicéphale Dupondt émergent sur la scène Metal savoyarde, ça promet!

Une nouvelle version, officielle, de "The Unknown" paraît en octobre 2019 sur les plateformes de téléchargement et une très belle première partie est proposée aux Alpins, celle de Jinjer au Château Rouge le 07 septembre de la même année à Annemasse. Un tremplin de taille, évidemment, pour ce groupe BlackBeard qui décide de continuer à dévaler les pistes de Savoie comme des fondus (elle est facile...) et essayer de s'attirer l'intérêt de quelqu'uns dont celui du label M&O Music. Jolie grimpette dans l'escalade de la formation qui s'adresse à ses fans en ces termes : "Nous sommes fiers de vous annoncer notre signature avec le label M&O Music et l'agence de promotion M&O Office qui s’occupent à présent de la promotion du groupe ainsi que la distribution en partenariat avec Season of Mist !" (https://www.facebook.com/BlackBeardMusic/)

 

L'ALBUM: NEW HORIZON

Pochette new horizon blackbeard 1

"NEW HORIZON" s'ouvre à nous tous, le 8 octobre prochain sur toutes les plateformes et dans les bacs. Il s'agit d'un huit pistes de 35'50 comprenant "Vultures", "Helpless", "Beautiful", "The Unknoun Part 2", "Addicted To", "Another Face", "Sorry" et le titre éponyme de fin de tracklist "New Horizon". Un véritable condensé de différentes influences qui joue la mélodie, la rage, l'énergie, la mélancolie et bien d'autres émotions. Si leur premier EP se voulait quelque peu "bordélique" (dixit le groupe lui-même), BlackBeard se veut plus structuré et canalise leur nouvelle galette vers un Progressif plus évident. Non pas dans la durée de ses titres car seule la piste 4 "The unknown Part II" dépasse les cinq minutes, mais plus dans la structure des morceaux. Mais attention, ne nous attendons pas à une prévisibilité : le quatuor retient les codes mais adore les renverser, et si l'alternance couplet/refrain est une référence musicale, BlackBeard l'accommode à la sauce savoyarde maison, avec nonobstant une véritable culture du refrain.

Ce qui est certain c'est que la rage s'exprime à temps plein dans cette galette parfaitement sonorisée par les voix - l'une éraillée, l'autre claire - de ses interprètes capables de chanter la variation sur une même tonalité. Duo ou duel, difficile à déterminer, en tous les cas les mélodies sont agréables à écouter, sans succomber à un certain lâcher-prise durant ces quelques trente-six minutes de Rock énervé, et même très énervé qui scande la fin du monde en musique. 

A la version un peu plus canalisée mais au son dur et brut de décoffrage, la bande de rockeurs s'attelle à un autre processus de composition : si la musique suggérait les paroles sur la précédente production, c'est l'émotion de l'instant qui construit l'instrumental sur lequel viendront se lover des paroles pas toujours très langoureuses. On veut de l'émotion au pays de la neige, de la gnôle et du vin chaud. Et cela marche très bien car ces grands gaillards de BlackBeard baignent dans une telle fluidité instinctive musicale que tout s'enchaîne de façon évidente, même si une partie du travail est au préalable initiée par Julien, le dictateur en culotte courte de la formation. La machine de guerre qu'est Antoine vient se greffer pour une rythmique et un groove des plus catchy et la basse se livre au ronronnement jouissif en symphonie râleuse. SVP, reprenons nos esprits ! Ces bourlingueurs de son aime envoyer du bois et adorent causer des dégâts sonores à faire sauter les planches des scènes hexagonales. Oui, prévoyez les clous pour réparation. L'harmonique proviendra donc des voix justes parfaites, inspirées du Nu-Metal et de la New Wave parfois : duo ou duel, toujours pas la réponse mais c'est vachem*** bien foutu.

Tout comme les vautours, BlackBeard s'accorde, pour se mettre en place, un petit tour d'horizon relativement calme et serein, puis accélère sa course à en devenir beaucoup plus agressif, avec cette attaque soudaine des guitares, sauvages, lourdes et rageuses tout autant que le duo hurleur complice de ce "Vultures". La rythmique rugissante est suffisamment énervée pour nous attirer dans un groove fédérateur qui nous embarque sans réticence vers un headbanging instinctif et irrésistible... sans espoir d'y échapper.

"Helpless" s'introduit sur de l'électro teinté d'un alternatif qui s'aventure sur quelques ambiances orientales discrètes. L'excellente ligne de basse ronde et chaude s'oppose à la richesse des guitares plus agressives de part leurs aigus caustiques. Beauté, malgré tout ce râle colérique que nous assène le quatuor de la vallée verte. 

 

"Beautiful" s'annonce en douceur sur cette troisième piste, aux notes de guitares acoustiques et une voix claire douce et chaude, sur des images reposantes tournées à Saint-Cast-le-Guildo pour illustrer le clip de ce titre diffusé le 25 décembre 2020.  Mais très vite, les vocaux jouent l'alternance screams et chant clair qui s'articulent avec aisance sur le flow des paroles exprimées et sur les ambiances du morceau très alternatif où stoner, sludge et autre se mélangent allègrement. Une dualité vocale qui se pacse à merveille dans ce New Horizon, où l'inconnu reste encore d'actualité sur le devenir du monde vu par nos musiciens si dépités. "The Unknown Part II" est sans doute une suite à "The Unknown" plaqué sur le premier EP. Cette suite plonge l'auditeur dans une atmosphère presque planante, reposante mais vite troublée par une session guitares / basse acérée et agressive, faisant grimper les watts et les tensions associées jusqu'à l'épisode salvateur d'une guitare acoustique simple, tremplin d'une séquence hypnotique que Julien et Jérémie subliment par un chant mené en choeur sur une tonalité identique et dans une unicité vocale très bien interprétée. Addicts pourrions-nous devenir à cette musique multi-facette et à ces vocaux à géométrie variable, vocaux qui sur "Addicted to" pourraient craindre une fracture des cordes vocales tant la puissance prend place dans les starting-blocks d'une course effrénée de rage, de colère, de furie et surtout de souffrance et d'exaspération, le tout sur un instrumental qui se tient les coudes, dans une syntonie exemplaire. La sixième piste nous offre un "Another Face" au faciès rouge vif très énervé, tableau dressé par de grosses guitares qui envoient les scuds explosifs, une rafale de toms furibonde, une grosse caisse qui mitraille non stop. On note une très belle démonstration de batterie qui martèle avec précision et talent."Another Face" fait péter les watts du début jusqu'à la fin, dans une dynamique qui n'épuise aucunement mais qui serait, bien au contraire, très salvatrice pour notre corps et notre âme. C'est sur des sonorités plus doom que "Sorry" s'exprime. L'électro s'y invite, tranchant de façon incisive avec le reste de l'instrumental, lui offrant ainsi une sauvagerie maximale.  La version video officielle est sortie le 11 septembre dernier. BlackBeard Music finit sa galette sur le titre éponyme "New Horizon" aux guitares plus colorées et mélodiques, une approche un peu plus pop sur lesquelles les voix claires, l'une en voix pleine et l'autre en voix de tête, traduisent l'espérance et l'ouverture sur un nouvel horizon. On entend même une basse chanter les choeurs derrière ce duo vocal magnifique.

 

"New Horizon est  enregistré par Jérémie Vailloud et Julien Doucin à  122 Productions, par Jérôme Acquier et Clément Champigny  au Studio 123. Le mastering est réalisé par Jérémie Vailloud.

NOTRE AVIS :

Cet album "New Horizon" est une excellente sortie en ce début d'automne. Difficile de lui coller une étiquette tant la fusion des genres est évidente ; le groupe se targue d'ailleurs de cette singularité. Chacun y taguera la couleur musicale qu'il sentira à l'écoute de ce huit pistes. Une chose est certaine est que nous avons affaire à une formation qui s'applique à composer avec originalité et précision. Leur musique est recherchée, travaillée, inspirée. Les voix sont, dans chacun de leur registre, en opposition ou en harmonie mais offrent tout au long de cet album des mélodies cohérentes et agréables à écouter malgré la rage et la colère exprimées. Un très bon compromis d'émotions, émotions  qui oscillent sur le rhéostat de l'ire à intensité variable. Personnellement, j'ai pris énormément de plaisir à écouter et ré-écouter plusieurs fois cet album, avec parfois a contrario quelques difficultés à coucher les mots pour raconter leur musique. Nonobstant, il s'agit bien d'un Rock alternatif aux influences stoner tentaculaire, genre octopus à la barbe noire, au bon gros son à décoiffer les permanentes et à faire vire-volter les perruques et casquettes des auditeurs. Du groove, du peps, un véritable cocktail détonnant. 

 

NOUS ALLONS PLUS LOIN CHEZ AHASVERUS :

 BlackBeard Music faite partie du Label & Le Mouton qui est une association du genre collectif, regroupant trois groupes dans des styles différents, où l'idée est de mutualiser les compétences afin de créer différents projets. Le sens de cette initiative est de partager scènes, technique, clips, et autres... dans un but d'entraide ( les barbecues font aussi partie de ces objectifs!!!). 

 

PETITE INDISCRETION :

il ne serait pas exclu que BlackBeard Music invite un guest sur une prochaine galette. Si on vous pose la question, vous pouvez suggérer : Lazareffmusic 

 

les liens :

https://www.facebook.com/BlackBeardMusic/

http://71https://www.youtube.com/channel/UCwfsVTvQAhbqzf7t-Kn1ylw

http://spotify:album:0LH9dMkOENIp7Rua36rb4P

http://www.m-o-music.com

https://www.facebook.com/LabelEtLeMouton/

https://www.digitalnativeassociated.fr/2019/03/09/decouvrez-blackbeard-en-10-questions-interview/

https://rockenfolie.com/artist/blackbeard/

 

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