METAL

White Crone, "Stargazer" (cover, single)

  • Le 12/07/2021


Ce 10/07/2021, Ronnie James Dio aurait eu soixante-dix-neuf ans.
Lisa Mann, la tête pensante de White Crone, lui rend hommage  au travers d'une cover du classique de Rainbow, « Stargazer ». Cinquième morceau de l'album « Rising » (1976), cette chanson épique raconte, au travers des yeux d'un esclave, l'histoire d'un sorcier dont la tentative de voler depuis une tour élevée vers les étoiles échoue.


White crown

Basé à Portland, dans l'Oregon, White Crone naît sous l'impulsion de Lisa Mann, bassiste/chanteuse déjà récompensée par deux Blues Music Award.
Ayant grandi dans les fosses des salles de concerts des 80's, Lisa n'a pas perdu son amour du Metal. Elle reste inspirée par des groupes tels que Black Sabbath, Iron Maiden, Mercyful Fate, Manowar, ou encore Dio. White Crone est sa lettre d'amour et son hommage lyrique aux grands du genre.

Ne perdant jamais le témoin du blues, White Crone livre un heavy metal traditionnel, avec des traces de prog, complété par une voix féminine puissante, dickinsonienne et classique. Tout cela transpire dans le premier album de White Crown, « The Poisoner ». (lien Bandcamp in fine)

Lisa Mann commente : « J'ai eu envie d'écrire des chansons métal il y a quelques années, après avoir entendu le groupe Ghost pendant le processus de vote aux Grammy. J'ai appris à jouer de la guitare et de la batterie afin d'enregistrer à la maison. Après avoir mis en boite plusieurs chansons pendant mon temps libre, il m'est venu à l'esprit que d'autres personnes pourraient également vouloir entendre cette musique. J'ai donc engagé un batteur professionnel (Larry London) pour enregistrer dans un vrai studio (Opal Studio, Portland OR), accompagnée par Mehdi Farjami et Vinny Appice sur certains morceaux, j'ai soigneusement enregistré mes propres parties de guitare, et voilà, White Crone est né.
En tant qu'artiste de blues contemporain bien identifiée, je savais qu'il était risqué de plonger dans le domaine du métal, mais j'ai ressenti le besoin de poursuivre ce rêve. Je voulais vraiment faire l'album que j'aurais écouté quand j'avais seize ans ! »

Cette reprise  du classique de Rainbow a été mixée et masterisée à Opal Studio par Kevin Hahn.
Lisa Mann  chante et tient la basse. Les pistes de basse et de clavier ont été enregistrées à la maison par Lisa et son mari Allen (Bass Salad Studio). L'artiste blues rock Alastair Greene (Santa Barbara, CA)  joue de la guitare. Aux claviers, Eric Lawrence. Le légendaire Vinny Appice complète la formation à la batterie.

La cover est encore plus longue que l'originale, avec près de neuf minutes ! Elle est sortie au format numérique le 09/07/2021, soit la veille de l'anniversaire de Ronnie James Dio, et en son honneur. Elle est disponible en streaming sur certaines plateformes ainsi qu'en téléchargement sur le site Web de White Crone et sur Youtube.

Les Liens :

HOT HELL ROOM : UNE TONNE DE TALENT

  • Le 07/07/2021

Un chanteur baryton au phrasé unique, un véritable don pour écrire des mid-tempi et des ballades mémorables, voici deux des qualités indéniables de la formation heavy rock Hot Hell RooM.

Hot hell room 2021HOT HELL ROOM par  Valérie Pavlovic (2021)
Tandis qu'ils sont en phase d'enregistrement de leur quatrième album, ces Franciliens ont mis en ligne en ce mois de juillet une "lyric video" de leur titre « One Ton Of Lies ».
Ce mid-tempo - sixième piste de l'album « Stasis » sorti en 2020 - vous donne l'occasion d'entrer dans l'univers du groupe si vous ne le connaissez pas encore.


A propos de sa voix si particulière, on se souvient de ce que nous expliquait Loïc Malassagne (chant/guitare) dans une interview :
“Ma tessiture naturelle est baryton basse. Elle peut aussi aller, dans un autre registre musical et technique, jusqu’au contre-ténor. Pour Hot Hell RooM, certaines parties sont dans ma tessiture grave en effet, à l’instar de mon autre projet Invading Chapel. Pour le reste, je chante plus dans un registre Rock et Heavy se rapprochant de la couleur des ténors et barytons, comme beaucoup de chanteurs. Mais n’étant pas dans ces tessitures-là, j’ai des graves et une rondeur qui donnent surement cette identité.”

Hot Hell Room est un groupe à la signature unique qui enchaîne les albums de qualité. On vous recommande instamment de vous pencher sur l'ensemble de leur discographie, disponible sur Bandcamp et dont voici le lien :
https://hothellroom.bandcamp.com/

Discographie :

  • Lies Box (EP - 2005)
  • Hot Hell RooM (demo – 2009)
  • Kali Yuga Bonfire (2013)
  • Morrison (Arranged Version - EP - 2015)
  • Architect Of Chaos (2016)
  • Stasis (2020)

Chronique d'album : KVÅRK (Instrumental), "Here Comes Trouble" (EP - 2021)

  • Le 04/06/2021

Groupe : KVÅRK
Album : Here Comes Trouble (30/11/2020 - •• Tentacles Industries •• )
Genre : Rock Electro Instrumental Progressif
Origine : Marseille
On aime : L'énergie, la technique, l'inspiration

Par Dam'Aël

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                                           ... In memory of Franck Nguyen...

Le groupe :

Kvark

Formé en 2017 à Marseille mais véritablement actif depuis le 23/04/2020, le projet se forge sur une envie de s'amuser, de composer, uniquement dans le but de se faire plaisir. Ce délire est celui de deux amis qui se connaissent depuis l'âge de dix-sept ans ; ils ont fait partie, ensemble ou séparément, de plusieurs groupes, à savoir ensemble, on citera La Brokante et Not a Br(a)in (Grind), pour Eric, Sarcopt en 1990, Catacomb (basse), Ibogaïne, et pour Christophe,  Malthüs 1990 ,From beyond, Arthrosis
Alors tenez -vous bien, ces deux compères sont guitaristes mais ils déposent leur six cordes sur ces deux poufs ratatinés et s'attelent à maîtriser au mieux Cubase pour la composition des riffs de base. On vous glisse dans l'oreille que Eric et Christophe ont tout fait à l'envers, et vous allez comprendre pourquoi en lisant la suite. Après avoir joué pendant des heures, des jours et des mois sur le logiciel presque magique, un squelette instrumental prend forme et désormais, l'enregistrement devient une évidence, et surtout il leur faut savoir comment sont perçus ces instrumentaux. Rien de tel qu'un tour d'horizon auprès des proches et des musiciens de leur entourage. Et ça plaît ! Les retours sont plutôt positifs, alors ils s'attaquent aux patterns de batterie ; ce n'est pas une mince affaire car pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ! Vous l'aurez compris, ils aiment la musique très technique, alors elle le sera jusqu'au bout des baguettes aussi...

Oui mais, me direz-vous, il manque le chant. Et ! Et ! Piètre capacité vocale, alors ils décident d'exclure le chant et de rester sur de l'instrumental par charité pour nos esgourdes fines et exigentes. Le choix est bien vu car cet EP purement instrumental est de haute volée d'un point de vue technique et propose une musique mélodieuse et surtout très inspirée, moderne dans un genre Metal Progressif voire cinématographique, catchy, puissante, aux ambiances recherchées et très tavaillées.
L'EP cinq titres est prévu pour le 24 avril 2020, autoproduit par ces deux guys et Eric ira jusqu'à s'aventurer sur un autre logiciel afin de réaliser le premier vidéo-clip de cet ouvrage "Here Comes Trouble". On ne recule devant rien chez... et oui du coup ! chez qui ? Je vous l'avais bien précisé, ils font tout à l'envers. il faut trouver un nom ! Bon optons pour QUARK. Signal d'alarme, c'est pris. Oups, on revoit la copie... Et si on donnait une version plus suèdoise. Arrêtons de faire tourner le lait, il va finir par se transformer en fromage :  KVÅRK  est parfait ( et signifie en suédois : fromage blanc. La formation l'apprend bien après. Oui bah Meshuggah veut bien dire fou en yiddish).
Le clip "Here Comes Trouble", fait à la maison, aux images psychédéliques et virtuelles sort le 26 juin 2020 et les vues sur les plate-formes sont très encourageantes jusqu'à attirer l'attention, entre autres, d'un certain Virgil Palazzolo de •• Tentacles Industries ••.


Une seconde édition de l'EP est prévue pour décembre sur le nouveau label toulonnais. Eric se consacre à l'artwork en misant sur une approche très graphique, à l'inspiration TOOL et Mastodonte. Un visuel très cosmique et spatial très réussi.
Cinq cents exemplaires sont à se procurer sur le bandcamp du groupe, le site du label •• Tentacles Industries ••   et le site Season Of Mist.
le 28 février 2021, un second vidéo-clip "Red Giant Star" est mis en ligne avec toujours de nombreux retours positifs, ce qui déclenchent une envie soudaine et irrépressible de jouer en live. Il faut donc trouver un bassiste et un batteur. A l'envers, vous vous rappelez!


Bruno est le premier intégré au duo et viendra assez vite Fanny pour prendre place derrière les fûts et les cymbales. KVÅRK  n'a aucune intention malicieuse de la mettre en plus, à la faisselle ; ils l'ont juré...
Ces deux nouveaux membres reçoivent alors les pistes afin de travailler leur partition et leur rythmique, bien décidés à fouler les planches des scènes au plus vite, et de sortir tout le monde cette léthargie délétère.

Kvark cd


Notre avis sur l'EP: "Here Comes Trouble"


Une entrée sur la première piste qui fait mouche et qui nous embarque avec énergie dans le monde musical de KVÅRK. "Deafening Mind Process" s'annonce dans  une rythmique assez déstructurée qui signe une recherche de technique évidente et travaillée. Magnifiquement audible et loin  d'être assourdissant, quand bien même les watts grimpent sur certains passages, ce premier titre nous offre de magnifiques ambiances variées . On enchaîne avec "Here Comes Trouble", plus tranchant par ses guitares acérées qui déchirent tout sur leur passage et une batterie, en duo avec la basse, qui enfonce le clou. On note une excellente transition de la six cordes qui confirme ces ambiances variées. L'uniformité n'est pas de mise dans cet opus et l'énergie est bien au rendez-vous. Véritable machine de guerre, KVÅRK glisse, sur les dernières mesures, quelques  samples de Frank Zappa glanés ici et là, qui sont du meilleur effet. A star is born, possible! En tout cas je me laisse entraîner  pour la poursuite de ce voyage avec "Red Giant Star" . Et c'est avec des étoiles dans les yeux que je prends les watts dans les oreilles, les sens ouverts à 100 % sur ces compositions d'enfer et chics, qui attaque au son de cloche, ce 3ème morceau plus progressif et assez cinématographique ;   ça joue et bien, ça joue et fort. . Une sacrée bataille de notes dans cette guerre des étoiles. C'est avec une synergie décoiffante entre guitares, basse et batterie que s'annonce "Era (of non existence)", qui a toute sa place dans cet opus. KVÅRK déborde d'énergie et d'inspiration et sait nous la transmettre. On pourra se poser sur un passage d'arpèges, délicat, le temps de laisser resurgir la dynamique avec "180G41N3". Petit jeu, vous avez trente secondes, montre en main, pour deviner la signification qui se cache sous ce titre... Allez petit indice, il fait référence au passé d'un des musiciens.
Dong! Trop tard, je vous donne la réponse : vous remplacez le 1 par i, le 8 par b, le 4 par a et le 3 par e, et vous obtiendrez l'un des premiers groupes dans lequel le guitariste Eric a fait partie. Il s'agit de "Ibogaïne" qui propose une belle entrée en matière avec un duo basse/ guitare de formule 1. Cet opus est un concentré d'énergie, de technique qui n'oublie pas la mélodie.
La production est excellente laissant sa place à chacun des instruments au jeu osmotique très équilibré. Nul doute que ce petit opus est d'une grande cohérence, sans doute un peu court car on en  redemande, surtout les amateurs d'instrumentaux. Puissance, mélodie,recherche, ambiances, tout s'accorde à donner une richesse incontestable à cette galette.

Demande à être vécu en live évidemment.

 

On en parle :

" Le duo français se spécialise dans une interprétation musclée mais cinématographique du métal instrumental, rappelant Irata et Ministry, mais avec une tendance expansive du rock progressif".  https://joyofviolentmovement.com/new-audio-marseille-frances-kvark-releases-a-muscular-and-cinematic-new-single/
"Duo instrumental avantgardiste Marseillais, KVARK balance son album comme on jette un pavé de la taille d'un immeuble au beau milieu d'une flaque d'eau! C'est simple, ça déchire tout sur son passage, que ce soit par la puissance déployée ou encore par la recherche de mélodies particulières ou encore d'ambiances très travaillées et hétéroclites mais parfaitement en osmose avec le déroulé de l'opus tout entier. Imaginez que MESHUGGAH croise la route de GORGUTS ou encore DEATH, le tout sans vocaux pour ternir l'expérience qui se révèle d'une richesse incroyable écoute après écoutes. On serait même tenté de trouver par ci par là des influences TOOL qui montrent à quel point ces gars là sont érudits! Oui, c'est le terme. Magistral!"
Pour fans de MESHUGGAH, GORGUTS, TEXTURE, ION DISSONANCE. http://https://shop.season-of-mist.com/fr/kvark-here-comes-trouble-cd

Recorded @ Maurice's Sound Studio
Mixed by Loran Saulus @ Rec West / http://www.rec-west.com
Mastered by Loran Saulus @ Pure Mastering / http://www.pure-mastering.com
Facebook / https://www.facebook.com/kvark13
Instagram / https://www.instagram.com/kvark_band
Bancamp / https://kvark.bandcamp.com/
Spotify / https://open.spotify.com/artist/3fMjA...

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Chronique d'album : THE RADIOACTIVE (Metal alternatif), "Last Generation" (2021)

  • Le 25/05/2021

Groupe : The Radioactive
Album : "Last Generation" (21/03/2021)
Genre : Metal alternatif
Origine : Paris

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • The Radioactive prend naissance à Paris en 2011.
  • Il s'agit initialement d'un groupe de punk-rock et c'est dans cette catégorie que le groupe classe ses premiers opus, "Self Control" en 2014 et "A Matter Of Time" en 2019.
  • Leur rock se teinte désormais d'éléments issus du blues, de la musique classique et du swing.
  • En 2021 The Radioactive revient avec un second album :

"LAST GENERATION"

The radioactive artwork 1THE RADIOACTIVE, "Last Generation", (2021)

L'Album :

  • "Last Generation" est un dix pistes d'une durée d'environ trente-cinq minutes.
  • A propos de l'artwork, Oscar (chant/guitare) explique :
    "Nous nous sommes inspirés de Banksy qui en plus d'être un artiste novateur se veut militant. J’ai eu l'occasion de visiter différentes expositions et elles m’ont toutes coupé le souffle ! Un parfait mélange entre actualité, messages chocs, mélancolie et espoir. Ce qui colle parfaitement à l’univers de notre album. Une jeunesse insouciante, pouvant être frustrée de ne pas être libre de ses mouvements et un univers futuriste, apocalyptique, semblant submergé par la radioactivité ambiante. Les fleurs colorées au premier plan, elles, rappellent que la beauté peut toujours émerger où que ce soit."
  • Augustin Post, pianiste, et Marie Phenglamphanh, chanteuse lyrique, sont invités sur l'album.
  • Réalisé par des membres du groupe "Release Your Rage" est le premier clip réalisé pour défendre le nouvel opus.

Les Critiques :

  • "The Radioactive, avec cet album Last Generation, vont faire parler d’eux, c’est plus qu’acquis !"
    https://www.sensationrock.net
  • "Last generation est un souffle de vie, un cri de révolte contre la morosité ambiante."
    https://litzic.fr

Notre Avis :

Nougaro popularisait un duel entre le jazz et la java ; The Radioactive ouvre les hostilités entre le swing et le métal. Un swing délicieusement porté par le touché de piano d'Augustin Post et la section rythmique, et qui singularise une musique qu'on peut très justement qualifier d'alternative.
Ces jeunes musiciens grandissants ont du chien, ils mettent de l'imagination dans leur rock. L'énergie du punk n'est pas écartée, on la retrouve dans des morceaux comme "Radioactive Lands" et "Get Stoned", un brûlot, sur lequel Oscar livre toute sa verve, et qui doit envoyer sévère  sur scène.
Diversité, inventivité, talent, invités judicieusement disposés, font de ce "Last Generation" un  album séduisant, une danse conduite avec brio, parfaitement servis par une production équilibrée. C'est ingénieux et d'une grande variété, aussi conviendra-t-il d'écouter l'album dans son entièreté et de ne pas essayer de se faire une idée sur la base d'un morceau. On applaudit et on suivra avec intérêt.

Les Liens :

Chronique d'album : NO TERROR IN THE BANG (Métal Cinématographique), "Eclosion" (2021)

  • Le 04/03/2021

Groupe : No Terror In The Bang
Album : Eclosion (05/03/2021)
Genre : Métal Cinématographique
Origine : Rouen (France)
Label : M&O Music
(distribué par Season Of Mist)

Par Dam'Aël

 

No Terror In The Bang


LE GROUPE :


No Terror In The Bang est un sextet rouennais formé en mars 2019, dont les membres sont loin d'être des novices. Je vous laisse en juger par vous-mêmes.

  • Alexis Damien (Composition, Batterie & Orchestration) a commencé la batterie à l'âge de dix ans et a fait partie de plusieurs groupes : "Pour Carnival in coal, j’étais uniquement batteur live sur une courte période, Void paradigm est un projet studio, Pin-up went down était quasiment un projet studio aussi. Je me suis produit dans de multiples autres contextes jazz.  Mais No Terror in the bang est un groupe très personnel, à vocation scénique, ça c’est sûr."   Alexis  a aussi collaboré avec Asphodel. En cherchant un peu plus on peut y rajouter les groupes WORMFOOD, SUPERSCREAM et les années  à  composer pour la musique à l'image.

  • Sofia Bortoluzzi (chant, composition),  jeune femme de 21 ans, née au Havre et  vivant actuellement à Rouen pour ses études,  joue en parallèle dans un projet hip-hop-jazz au sein du collectif La Charbonnerie avec son acolyte Mine Sale. Toute petite, la demoiselle chantait pour s'endormir... déjà tombée dans la potion magique ! Elle prend des cours de piano à l'âge de huit ans, et remarquée par Baptiste Famery à l'âge de treize ans, elle plonge dans l'univers de la chanson et enchaine des études musicales au Conservatoire du Havre Arthur Honegger, puis intégre un Cycle d’Orientation Professionnelle (COP) au Conservatoire Max Pinchard de Grand-Couronne et Petit-Couronne en chant et Musiques Actuelles, en vue de l’obtention du Diplôme d’Etudes Musicales (DEM), tout en poursuivant également une formation complémentaire au Conservatoire de Rouen. Ah, petit détail,  depuis peu Sofia donne des cours de technique vocale à l’école de musiques de Quicampoix.  Heu... Oyez, oyez ! Si quelqu'un a quelque chose d'autre à lui proposer à la p'tite dame...

  • Romain Greffe (claviers) a composé la musique de "Au Fond d'un Trou Vivait un Hobbit", lecture musicale créée avec Olivier Saladin. Il a sorti plusieurs albums avec son ex-groupe JOAD et a co-remporté le César de la meilleure musique de film en 2019 pour "Guy" d'Alex Lutz.

  • Brice Bouchard (basse) a joué dans un groupe de rock de Rouen NO RECORDS et il joue régulièrement en orchestre classique.

  • Etienne Cochin (guitare) joue dans un groupe electro-rock revival des années 80 AELESYA.

  • Clément Bernard (guitare)a joué dans plusieurs groupes normands de rock et blues comme MBB CREW, STO KO WE, CGM et le RED MOON ORCHESTRA...

LEUR MUSIQUE :

Le groupe aurait dû s'appeler Domovoï (origine russe, il s'agit d'un esprit protecteur pour la famille). S'il m'avait posé la question sur un nom evocateur pour leur formation ( oui bah j'suis dans mon trip...),  il aurait été de bon aloi de lui suggérer Oxymoron. Watt ? What ? Elle a disjoncté la chroniqueuse...  vu leur musique "bicéphale" alliant  les opposés, le sextet pousse le concept jusqu'à son paroxysme, jusqu'au potentiel oxymore qui interpelle. Vous pigez ?... 
Leur musique se forge sur les contraires, reprennant en quelque sorte la technique du  clair obscur en peinture : jouer sur les constrastes, et je vous garantis que toutes leurs compositions en usent, donnant ainsi un évantail de nuances, d'ambiances, d'orages parfois très tempétueux et de scènes vénères et de véritable terreur.  En d'autres termes, NTITB crée la bipolarité musicale. Sofia s'explique : "C’est un genre alternatif combinant à la fois métal et ambiances de musiques de film. On cherche à plonger l’auditeur dans un univers clair-obscur avec ce contraste entre un monde sombre, violent et un autre onirique qui touche au rêve."  https://lh.boulevarddesartistes.com/entretien-sofia-bortoluzzi/
Influencés par des compositeurs de musiques de films : Hildur Gudnadottir, Johann Jóhannsson, Danny Elfmann, Bernard Hermann, Hans Zimmer mais aussi par des compositeurs classiques : Saint Saëns, Ravel, Stravinsky, Satie, et  pour le côté rock par  PAIN OF SALVATION, SYSTEM OF A DOWN, FAITH NO MORE, DEFTONES, MUSE, KORN, Devin Townsend, METALLICA... ou encore de la musique urbaine, du  witch-house comme Ghostmane, Ic3peak, Jazmin Bean, Poppy... Vous imaginez la palette musicale en toile fond que propose les Rouennais... alors y rajouter la capacité vocale de Sofia par dessus laisse présager du jamais vu. En effet la vocaliste  s'inspire du monde du hip hop, metal mais aussi du jazz :  "Amy Whinehouse et Lana Del Ray ont fait partie de mon éducation musicale, je les écoute depuis très jeune. Bien avant que je ne commence à prendre des cours de technique vocale, j'étais autodidacte.  je dispose d'un ambitus assez large" dixit Sofia. https://www.musicwaves.fr/frmArticle.aspx?ID=2560
Alors si je vous apprends qu'elle s'expérimente au chant saturé, la môme nous prépare quelques futures lignes de chant des plus épiques, infusant une décoction à géometrie variable, voire même très variable. 
Pour conclure sur la musique de NTITB, vous prenez un shaker, vous y mettez quelques dl de rock, de rap, de hip hop, de musique cinématographique, du jazz, du witch-house, de l'urbain, vous émulsionnez à la fois par le chant clair et un chant quelque peu saturé, vous secouez, vous aurez tout sauf ce subtil mélange à couches variables et nuancées que seul NTITB est capable de vous servir sur un plateau des plus brillants.
A noter que la formation sortira deux singles dès 2019, "Saule Pleureur" qui sera la première piste de leur futur album dont la sortie est prévue le 5 mars 2021, et "Imagination" qui n'y figure pas.


 

                       ECLOSION

 

L'ALBUM :


Lorsque vous ouvrirez l'écrin de ce petit bijou, vous découvrirez un treize titres d'environ quarante-sept minutes présenté sur une soyeuse production de haute couture. Yeux éblouis, ouvrez au maximum votre esprit tant Eclosion vous amène dans des dimensions différentes, étonnantes, surprenantes, bouleversantes. Votre émotion du jour risque d'être secouée dans ce tout-terrain musical. Allez let's go, on s'engage illico presto sur la piste hexagonale NTITB2021.

1. "Saule-pleureur" 1er single sorti en octobre 2019
Introduction sur  douce musique cinématique presque enfantine, "Saule Pleureur" prend ses racines dans une ambiance mid tempo  très éthérée, sombre et cinématographique à la Tim Burton, privilégiant le  piano et la contre-basse, avant l'explosion Metal  insufflant un blast vocal qui éraille un tantinet la voix de Sofia sur certains de ces passages, et un très spécifique aux arrangements de game-music très électronique. Ce titre alterne ses tempi et ses styles de musique sur plages à durée tout aussi variable. La bipolarité a déjà pris sa place  sur courant plutôt alternatif.

 

2. "Another Kind Of Violence"
Très hip hop, ce titre allie de nouveau la musique électronique à l'estampe très urbaine même si le piano classique lui fait un pied de nez de temps en temps, au risque de provoquer... la ligne de chant est rageuse, nourrit par la dynamique d'une colère très clairement exprimée par ce chant saturée livrant quelques growls furieux sur riffs puissants. Trip sous drogue a des effets illusoires...
3. "No More Helpful Peace Part I" 
Place aux guitares saturées qui ouvrent sur une mélodie très colérique teintée de nuances exotiques vite converties en  atmosphère électrique haut voltage. Certaines parties me renvoient au Nu-Metal des années 90, du temps de Watcha. Sofia excelle dans ces accords saturés.                                                                                                                                                                                  
4. "No More Helpful Peace Part II"                                                                                                                                                                            Après la précédente tempête orageuse, place au calme, mais pour combien de temps ? On aura au moins profité d'un petit moment de répit de 2'47 pour reprendre son soufle et se poser de nouvelles questions sur des thèmes sensibles.

5. "Micromégas"
Retour à une construction très urbaine avec ce phrasé "rap" parfaitement maîtrisé qui n'est autre qu'une entrée en matière slamée. Je souligne au passage, et il s'agit d'un élément essentiel  dans cette galette, la capacité d'éxécution vocale de la chanteuse qui manie à la perfection la ponctuation de ces lignes mélodiques quelqu'en soit le style, jusqu'à même exceller dans sa déclamation en anglais. Les plages guitaristiques sont très belles - créant chez moi une connotation musicale très forte sans avoir réussi à savoir à quoi ces riffs me connectaient -. Les 6 cordes soutiennent avec panache cette rythmique  entêtante à la résonnance shamanique dont les flashs sont martérialisés par des spots électroniques très saccadés. 

6. "21 Grams"
Il s'agit d'une transition purement instrumentale, un joli duo synthé (jouant des violons) / piano.

7. "Poison"
"Poison" est un titre entre witch house et art-rock, aux sonorités classiques, électroniques, contemporaines.  Il offre ce côté étrange, perdu, occulte et désorienté ; une ambiance très troublée. On peut juger du panel vocal dont Sofia fait preuve, avec ces quelques notes très basses parfaitement exécutées (32''). Incontestablement très visuel via l'imagination. Hitchcock aurait su y associer de superbes séquences de "Sueurs Froides"  y intégrant des caméos de Sofia sans "l'Ombre d'Un Doute". 
   
8. "Insight"
Parlons aussi du piano joué par  Romain Greffe, ce multi-touches blanc-noir qui, à son insu, symbolise à merveille l'univers de NTITB et sa dualité. Les plages classiques proposées dans "Eclosion" sont distillées avec talent, maîtrise, à la manière d'un orfèvre qui dose sur chacune des notes la pression exercée afin de générer l'émotion qu'il désire insispirer. La voix sensuelle de Sofia est, sans être excessive dans mon approche, comme habitée ... On assiste aussi à un très bon duo batterie/guitares dont la synergie martèle la rythmique de "Insight".

9. "Uncanny"                                                                                                                                                                                                               "Uncanny" nous plonge directement dans un court métrage horrifique et de terreur de 3'57 qui peut donner certains frissons d'angoisse.  Beaucoup d'émotions s'entrechoquent, s'entremêlent avec les passages de guitares tranchantes et percuttantes ou en présence d'orchestrations mélodiques qui donnent cette puissance au titre. 

10. "Preacher Of Steel"
Non rassurez-vous, votre téléphone ne s'en mêle pas ; il s'agit bien d'une effet voulu dans cette orchestration moderne qui monte en puissance tout au long de ces 4'07 très melodieuses.

11. "In Memory Of Waif Part I"
Morceau très cinématographique qui est l'estampillage de NTITB.

12."In Memory Of Waif PartII"
Cette douzième piste est très Metal teinté de Hip Hop et colorée par des guitares lourdes que le synthé et la basse soutiennent. L'atmosphère est sombre, la folie pas très loin....
 

13. "Broken Mind"
Morceau très sombre, déstructuré dans sa composition. Nulle doute qu'il puisse surprendre.  Une outro des plus étonnantes, déconcertantes, mais d'une qualité qui ne quitte à aucun moment cette galette.
 

"Eclosion" a été enregistré avec l'ingé-son et producteur Sébastien Langle qui a non seulement fait un travail remarquable, mais qui a aussi laissé sa pâte dans plusieurs morceaux. Nous avons enregistré dans plusieurs lieux : la batterie à la Gare aux musiques de Louviers, le chant, guitares et claviers dans nos studios personnels et la basse dans le studio de Sébastien. Le mastering a été réalisé par Pierrick Noel de l'atelier mastering (Kadinja, Hypno5e, Kloneetc…)".
La photographie de la pochette est réalisée par Louise Dumont,qui n'est autre que l' autoportrait de l'artiste, doublée, repliée sur elle-même. On y voit une longue chevelure bleue. "Cela m'a immédiatement fait penser à un œuf – à Alien d'ailleurs, de Ridley Scott, dans une version plus humaine, féminine, avec des os et beaucoup de froideur. Cela correspondait à notre style." (Alexis - https://mad-breizh.com/index.php/editorial-madbreizh/news/no-terror-in-the-bang).

La photographe du groupe est Marie Guillemette.

 

NOTRE AVIS :

 
"Eclosion » est riche, particulièrement fouillé et bien construit. Il sait tenir son auditoire en émoi et en haleine tant les émotions sont nombreuses et en perpétuel mouvement doté d'une cohérence parfaite qui résulte d'un enchainement réalisé avec minutie titre après titre.  L'alternance brutale ne crée cependant pas la fracture chez l'auditeur qui pourrait lâcher l'affaire. Il semblerait que ce soit la  voix qui crée le liant entre ses mouvements diamétralement opposés et qui façonne cette cohérence par la récurrence de certains schémas ; des schémas presque codés qui générent une fluidité parmi les fractures de rythme et de styles . "Eclosion" est un livre musical qui évolue tout au long de sa narration allant du plus doux, calme, ensoleillé au plus rugueux, agressif, sombre, en passant par tous les états émotionnels possibles qui donnent la vibration à cet opus transgenre. 
Le chant de Sofia tout au long de cet opus met en évidence (sans l'ombre d'un doute) sa qualité et sa capacité vocale à partir dans différents registres. Il est à penser que d'autres surprises sont à envisager dans l'avenir quant à la production vocale de la chanteuse, et qu'il lui en reste encore beaucoup sous le pied pour venir avec aisance et fermeté, piétiner les scènes locales, nationales et internationales. A préciser que le phrasé et l'accent exprimé dans la langue de Shakespeare est de haut niveau aussi.
Les compositions instrumentales ne sont pas en reste non plus. Tout est parfaitement écrit, joué avec finesse et beaucoup d'émotion. Le niveau des musiciens est sans contexte excellent  et laisse s'exprimer toutes leurs influences qu'elles soient tirées du classique, du jazz, du métal, du blues, du hip hop ou autres.
La production est réalisée avec beaucoup de talent donnant volume, rugosité, éclat aux compositions déjà excellentes. En d'autres termes, elle offre l'écrin au joyau que nous a façonné NTITB.
A s'offrir ou à offrir les yeux fermés mais en gardant les écoutilles bien ouvertes... pour se laiser aller à la bipolarité musicale...
Ah, au fait... la formation aimerait réaliser la bande originale d'un film... A bon entendeur, salut!

 

LA PRESSE EN PARLE :


"No Terror In The Bang a su créer une musicalité semblable à un champ de roses : aussi magnifique que piquante. Une part égale d’ombre et de lumière". http://www.shootmeagain.com/chroniques/7668_noterrorinthebang_eclosion
"No Terror In The Bang signe ici un premier opus d'une qualité impressionnante (sans compter qu'il s'agit de leur premier album). Le groupe entame 2021 de la plus belle des façons..." https://mad-breizh.com/index.php/editorial-madbreizh/news/no-terror-in-the-bang
"Tic-tac, tic-tac : de temps en temps, une personnalité musicale fait exploser les règles et les conventions avec bonheur." https://www.paris-normandie.fr/id156498/article/2021-01-15/
" La normande sera très certainement une valeur sûre de la scène musicale normande." https://lh.boulevarddesartistes.com/entretien-sofia-bortoluzzi/
". Cette mise en lumière de la musique expérimentale devrait combler les plus grands adorateurs de heavy metal et de rythmiques rap." http://www.loudtv.net/2021/01/chronique-du-nouveau-single-de-no-terror-in-the-bang-uncanny.html
"No Terror in the Bang est sans aucun doute l'un des groupes les plus authentiques que j'ai entendus depuis un certain temps." https://metalheadcommunity.com/no-terror-in-the-bang-poison-song-review/
"No Terror In The Bang... démontre sa richesse musicale et conceptuelle en attendant dans l'année un album plein de promesses qui sera porté notamment par la voix exceptionnelle de sa chanteuse." https://www.musicwaves.fr/frmReview.aspx?ID=18697&REF=NO-TERROR-IN-THE-BANG_Sublimation
" Comme une araignée, le groupe tisse sa dentelle autour de l'auditeur, entre fragilité et fureur. Cette dualité se retrouve dans nombre de ses morceaux..."  https://hardforce.com/actu/33536/no-terror-in-the-bang-poison-single-nouvel-album

 

LES LIENS :

Site web officiel: https://www.noterrorinthebang.com/
Youtube: https://www.youtube.com/channel/UCE8hbyo91XH-SMaue-RlPCg
Bandcamp: https://noterrorinthebang.bandcamp.com/
Facebook: https: // www.facebook.com/noterrorinthebang/
Instagram: https://www.instagram.com/noterrorinthebang/

Music Publishing: https://www.auraskymusic.com

Ntitb eclosion cd

Chronique d'album : NAWATHER (Métal Oriental), "Kenz Illusion" (2021)

  • Le 26/02/2021

Groupe : Nawather
Album : Kenz Illusion (27/02/2021)
Genre : Métal, Prog, Oriental, Death...

Origine : Tunisie

par Dam'Aël 

 

Nawather - le groupe

LE GROUPE :

Nawather est un groupe de Metal oriental tunisien fondé en 2013 par Hichem Ben Amara à la basse ( Melmoth, ex-Out Body Experience), Saif Ouhibi à la batterie (Xtazy, Myrath), Yazid Bouafif (Guitare), Nidhal Jaoua (Qanûn), Raouf J Occulta (Chant) et Ryma Nakkach (Chant), fortement influencé par des formations telles que  Orphaned Land, Opeth ou My Dying Bride. Outail Maaoui et Riadh Sioma rejoignent le groupe avec leur violon pour l'enregistrement de ce nouvel opus, suivi par Nabil Garsi aux percussions.
La chanteuse Ryma foule les planches dès l'âge de cinq ans posant déjà son talent de vocaliste sur des chansons folkloriques tunisiennes. Cet instant marquera à jamais son esprit, imprimera au plus profond de son être cette passion pour la musique et orientera desormais sa vie. Elle fréquente le conservatoire jusqu'à l'âge de douze ans et sera au passage, un an plus tôt, hâpée par la découverte du Metal. Quelques pièces du puzzle sont déjà en place pour la suite. A noter que de surcroît, la jeune Tunisienne joue un peu de violon, une corde supplémentaire à son arc... (https://www.metalmadtv.com/post/nawather-l-interview-avec-saif-ryma)
Saif découvre Sepultura en 1995. Un véritable safari (nooon pas dans le désert !) s'offre à lui et il y adhère au tempo qu'il mène à la baguette comme tout bon drummer metalleux qui se découvre. Nirvana, Metallica (qu'il considère comme une véritable "ère Metallica"  dans l'histoire de la musique Metal), le Black Metal... "...toutes ces sections rythmiques nous ont aidés à créer notre musique..." dixit Saif  (https://www.metalmadtv.com/post/nawather-l-interview-avec-saif-ryma). Le batteur du groupe se défend de faire du Myrath ( Middle Eastern Folk/Progressive Metal - Tunisie) dont il est membre, pas plus que du Orphaned Land (groupe israélien - Doom/Death/Middle Eastern Folk Metal (au début); Middle Eastern Folk/Progressive Metal plus tard). Nous pourrions aussi les rapprocher de Sand Aura (Egypte - Progressive Metal with Middle-Eastern Folk influences), voire  Acyl  (France - Progressive/Middle Eastern Folk Metal).
Le nom Nawather vous intrigue... il s'agit d'une gamme en musique orientale dont s'est inspiré le groupe pour choisir son patronyme.

 

LEUR MUSIQUE : 
La formation tunisienne a cette idée un peu originale issue de ses racines,  d'introduire un instrument à cordes pincées faisant partie de la famille des cythares sur table, le Qanûn. Et cet instrument  joue un rôle à part entière dans leur musique, lui donnant ainsi la saveur orientale d'un métal très identitaire. Aucun doute que cet héritage culturel investit leurs compositions, n'en faisant pas uniquement une toile de fond mais bien une part incontestable dans la construction instrumentale et tout autant vocale ; une fusion culturelle et musicale sur des plages souvent alternées, ne noyant ni l'une, ni l'autre.
On notera que le qanûn est considéré comme l'instrument-roi  des instruments arabes utilisés dans la musique classique tunisienne et que l'on nomme  «malouf».
 Nawather offre ainsi une musique qui se caractérise par une alternance de musique orientale authentique et de Metal  prennent racine dans le Death, le Doom et autres. C’est une sorte de rencontre culturelle  qui pourrait se décrire comme une sublime recette alliant avec beaucoup d'intelligence chant lyrique féminin à la voix claire et au chant lourd d’une voix masculine. Une double dualité donc : l'une musicale, l'autre vocale du plus bel effet,  soigneusement combinées et dressées, tel un plat proposé par un grand restaurant,  grâce au mixage et au mastering de Fredrik Nordström (Dimmu Borgir, Arch Enemy) qui subliment cette galette très exotique. Un voyage réussi sans quitter son sofa largement écrasé depuis des mois par cette sédentarité obligée...

A partir de là, chacun des membres apporte sa touche pour initier les nouvelles compositions puis sous la patte experte du bassiste, l'instrumental émerge pour être ensuite complété par les lignes de chant de Ryma. Les textes sont écrits par Raouf Jelassi, Souhir Jadli et Wajdi Manai

 

 

                                                                                   Kenz Illusion

Nawather - Kenz Illusion - 26/02/2021

L'ALBUM :

  L'album dix titres "Kenz Illusion" nous offre plus de quarante-sept minutes de ce subtile mélange de folklore venu tout droit du Maghreb qui se téléscope avec l'univers du Metal provoquant une véritable magie dont les effets collatéraux  sont une osmose musicale parfaite. Une drôle de révolution qui a sans doute pris ses racines et s'inspire des évènements liés au "Printemps arabe", mouvement inédit de contestation rapidement propagé durant le printemps de 2011 au Maghreb et au Moyen-Orient : les populations protestant à la fois contre la pauvreté et le chômage, contre la tyrannie et la corruption des gouvernements autoritaires installés au pouvoir depuis des décennies. Nawather ayant vécu ces évènements s'engage à travers ses textes  et devient comme un porte-parole de cette jeunesse qui ne veut plus à avoir à lutter contre  une réalité très amère, opressante et tyranique. Ayant gagné en liberté, la formation en profite pour décider de l'orientation de sa musique clamant des paroles d'espoir, exprimant avec douceur ou rage cette liberté conquise sur fond de sang et de hurlements, lâchant chevaux et watts sans chaines aux pieds ni mains, ne conservant que celles qui les lient à ce Metal salvateur. Et si nous voyagions dans ces terres devenues plus calmes... je vous invite à nous engager sur une piste tunisienne, genre tourisme musical.


1. "Treasure Chest"


Une introduction à la flûte de pan invite au voyage sur les mille et un sillons de cette galette nawatherienne, devrais-je plutôt dire sur la mtabga folklométalleuse tunisienne, faisant surgir comme un mirage cette voix claire, douce, ensorcelante. Sors de cette léthargie ! batterie martelante et rythmiques énervées se chargent de ce réveil, bien complétées par le growlement du chanteur. Vous l'avez compris, le ton est donné et ce titre aiguise notre curiosité. On note, en plus de cette alternance voix claire et chant guttural, une alternance de textes chantés en arabe et en anglais.

                                         

2. "Breath Of Jasmin"

Je n'ai pas les paroles mais j'imagine aisément l'allusion qui doit être faite à cet évènement  de 2010/2011 et cette bouffée d'oxygène ainsi générée, saupoudrée du doux parfum du jasmin emblématique. Ce titre est très mélodieux d'autant que les violons (à la Orphaned Land) apportent une note de douceur et une pointe épique et très folklorique.  Cette imbrication metal et folk tunisien est une gourmandise à consommer sans modération.  Un véritable oasis instrumental purement arabe ponctue (1'57) le titre avec un solo des plus judicieux et se plaît à en faire  aussi son outro. Les guitares font monter la température avec intelligence sans passer par la case Guitar Hero.  Poursuivons notre voyage...

3. "Money Slave"

 Money Slave est encore un parfait exemple d'une belle combinaison entre deux voix, une claire et une saturée,  entre les instruments traditionnaux et plus métalleux, entre des techniques de la musique brutale et de celles qui inspirent la tradition tunisienne. Les mélodies sont harmonieuses, les guitares efficaces sans en faire trop s'articulent tantôt en duo, tantôt en dialogue se répondant mutuellement ;  le tout laisse une part belle au folklore, très bien suppléé par le duo basse / une batterie. 

J'aimerais  savoir qui a fait les choeurs gutturaux en support au chant saturé et sombre de Raouf : Lui-même ou Ryma ?

4. "Falleg"

Falleg est le premier titre qui a fait l'oblet d'un video-clip dirigé par Ahmed Khanfir, sorti le 27 janvier dernier et qui, en quatre semaines a généré plus de 21.300 vues sur la seule plateforme YouTube. L'ambiance "arabesque" de départ est completée sur les trente premières secondes par de subtiles percussions en soutien à la rythmique et qui mettent en évidence un souci de recherche dans la composition des morceaux et plus particulièrement dans celui-ci. Je suppose que ces percussions additives ont été jouées par Nabil Garsi, percussions que l'on retrouve dans les toutes dernières secondes de Falleg.  Excellent titre qui vous entraine dans un headbanging dès l'entrée de Raouf, dans lequel la basse vrombissante joue une belle part dans l'instrumental, bien secondée par l'ensemble des percussions dont la batterie qui martèle fort avec sa tonitruante double pédale. Belle prouesse.

 

5. "The Winter Serenade"

Autre très belle prouesse, cette sérénade d'hiver entrainante et dynamique dont le groove vous embarque illico presto, passeport vaccinal ou pas en poche. La voix de Ryma est superbement travaillée et vous embarque, tel le vent du sahara, au-dessus et loin de ces terres nourricières. L'instrumental est une pure merveille résultant d'une imbrication au micron près de ces différents instruments pouvant être si diamétralement opposés. Le Qânum reste l'ami fidèle de cette orchestration des plus réussies. 

6. "Yamira"

ça court, ça groove, tout en ne lâchant rien de son côté folkorique et traditionnel, Yamira (sous la pression du parrain) est très largement plus Metal, associant tel une orfèvrerie suisse les instruments de la pure tradition arabe avec ceux de l'univers incisif du Metal et un clavier très présent : la parfaite alchimie qui aurait pu paraître improbable. Un envol long courrier proposé par la compagnie Nawather .

7. "Khatwa"

Au même titre que les six titres précédents, vous le constaterez, ainsi que les les deux suivants, Khatwa s'introduit avec un instrumental folk vite rattrapé par son acolyte de scène, le metal et ses riffs heavy, ciselés, incisifs, treillis solide pour soutenir la force et la lourdeur des grondements du roi Raouf. Quand l'alchimie investit les murs du studio de Nawather, c'est du solide.

8. "Kings Cards"

J'ai sans doute trop peu parlé des guitares, aussi Kings Cards m'en donne l'occasion. Nawather a voulu ce parfait mélange qui relève d'une mixologie musicale de haut niveau. Les guitares l'ont bien compris ; leurs présences sautent à nos écoutilles plutôt averties en apportant la, disons plutôt, les jolies couleurs musicales des deux six cordes au tableau Kenz Illusion. Elles ont su garder la place optimale nécessaire à l'harmonie de cette fresque musicale qui allie, on le rappelle, le traditionnel folk tunisien et la sévérité du Metal lourd et vénère. Le Metal peut s'exprimer dans la langue germanique, on le sait tous, langue que Rammstein manie évidemment avec perfection. Et bien tenez-vous bien Ryma, qui alterne depuis le début de cet opus, l'arabe et l'anglais, nous envoie un message court ( deux phrases) dans ce langage d'outre-rhin. Nawather est décidé à en découdre avec l'internationnal, vous l'aurez compris. Et pour ceux qui ont envie de faire travailler leur imagination, Kings Cards propose des passages construits façon valse, oui écoutez bien... imaginez une valse à quatre temps sur le sable chaud saharien à la nuit tombante....

9. "The Wind Of Death"

Une petite brise mid-tempo sur délicieuse basse/batterie vient nous lécher... Le Qânum ne s'en prive pas. 

10. "Immortal Greed"

Immortal Greed est le seul morceau de cette galette qui attaque direct dans l'énergie d'un metal.  Les ambiances y sont assez variées, frôlant presque le symphonique si les violons s'étaient invités. La batterie ne lâche rien et sait  marquer la frappe quand il le faut tout en reprenant une rythmique binaire qui laisse l'espace libre aux instruments plus traditionnels.

 

L'album est enregistré par Hichem Ben Amara aux Hawala Studios (Tunisie), "Kenz Illusion" a été mixé et masterisé par Fredrik Nordstrom (Dream Evil) au Studio Fredman (Suède). L'artwork   a été confié à Giannis Stergiou de dtopgraphics. 
Le disque est disponible sur  Believe pour la version numérique, ainsi que sur Season of Mist pour l'édition physique (CD) dès le 27 février 2021 en France et le 28 février dans les pays du Maghreb. Des diffusions à l'internationale sont déjà prévues.

 

Discographie

8 janvier 2016 : "Wasted Years" 9 titres   M & O Music

 

 

LA PRESSE EN PARLE :


"Le metal oriental est bien trop méconnu en France et c’est bien dommage, certaines pépites valant le détour. Nawather en fait partie et la sortie de leur nouvel album, Kenz Illusion, ne devrait pas rester inaperçue bien longtemps..." https://www.emaginarock.fr/2021/chroniques/musique/kenz-illusion-nawather/


"男性デス・ボイス、女性クリーン・ボイスのツイン編成かつ、アラブ音楽で伝統的に使われる撥弦楽器カーヌーン奏者擁するチュニジア産プログレッシブ・デス/オリエンタル・メタル・バンドの21年作2ndアルバム。カーヌーンをメインとしたアラブ音楽独特の音階やメロディ、モダン・テイストあるプログレ・メタル・サウンドなど様々な要素がクロスオーバーをしている。スタイルは違うがTHE HUみたく国有の音楽をこれでもかっというくらい詰め込んだ中毒性ある1枚に仕上がっている。" pour nos amis Japonais, l'album étant diffusé au Japon. https://diskunion.net/metal/ct/detail/HMHR210114-301


"Avec Kenz Illusion Nawather propose un second album surprenant mais qui possède de grandes qualités tant dans la composition que dans sa réalisation. Le metal oriental a de beaux jours devant lui si des groupes comme celui-ci continuent à émerger dans nos contrées !"
 https://www.emaginarock.fr/2021/chroniques/musique/kenz-illusion-nawather/


 "... là ou Myrath ne faisait qu’effleurer les sonorités arabisantes, Nawather, lui, fonce tête baissée, créant un mélange détonnant et inédit, comme si la world music se mettait soudainement à copuler frénétiquement avec le heavy metal..." https://www.soilchronicles.fr/chroniques/nawather-wasted-years

 

NOTRE AVIS :

Avec ce second opus "Kenz Illusion", Nawather a fait un  pari surprenant pour beaucoup d'entre nous en mêlant une musique moderne testostéronée et sonorités traditionnelles du nord de l'Afrique. Un mélange couillu du plus bel effet qui sait aussi y intégrer charme et douceurs grâce aux ambiances exotiques et à la voix ensorcelante de Ryma. La construction des compositions sait faire la part belle aux ambiances alternant des plages plus calmes qui invitent au voyage et des passages beaucoup plus énervés qui participent à tout un chacun à s'engager dans un éventuel headbanging. Nawather sait allier ses deux mondes très différents sans laisser l'un prendre le dessus sur l'autre. Aucun effet belliqueux qui viendrait écraser la tradition ou la modernité. D'ailleurs leur musique est un excellent rendu instrumental moderne et ouvert d'esprit. La production réalisée par Fredrick Nordstrom (Studio Fredman) est un vrai travail d'orfèvrerie suisse, enfin en l'occurence plutôt suédoise d'ailleurs, qui a su maintenir une texture à la fois rugueuse et cotonneuse, sans noyer le tout dans une compression qui rend malheureusement quelquefois les galettes insipides. La qualité du mixage et du mastering s'allie à celle de l'orchestration que nous offre Nawather. Des breaks subtilement placés pour tenir en haleine sans aucune difficulté l'auditeur durant ses quarante-sept minutes. Les mélodies et les lignes de chant sont très agréables à écouter ; elles ne vous perdent pas en cours de route mais vous accompagnent sans aucun ennui jusqu'à la fin de cette Mtabga. D'ailleurs on aurait plutôt envie de se resservir... accompagné de houblon ou de thé à le menthe, ou pourquoi pas les deux dans un cocktail détonnant à la mode de Nawather...

Avec Carthagods, Myrath et Cartagena, Nawather font partie de ces groupes susceptibles d'exporter avec panache le métal tunisien jusqu'au fin fond d'îles qui restent à découvrir car ce folklore oriental se conjugue à merveille avec le Metal. L'alternance de passages chantés en arabe apporte la preuve irréfutable que le métal ne connaît aucune limite.

Nawather

 

LES LIENS :  

https://www.facebook.com/nawather.official
http://nawather.com/
https://nawatherofficial.bandcamp.com/album/kenz-illusion
https://twitter.com/nawatherband
https://shop.season-of-mist.com/nawather-kenz-illusion-cd

 

 


 

Chronique d'album : PSYKUP (métal moderne), "Hello Karma!" (2021)

  • Le 25/02/2021

Groupe : PSYKUP
Album : "Hello Karma!" (05/02/2021)
Genre : Metal Moderne
Origine : Toulouse

Par Ahasverus

Le Groupe :

Psykup est un groupe de métal formé à Toulouse en 1995.
Il se compose de Julien Cassarino (chant, guitare), Matthieu Miegeville (chant), Brice Sansonetto (batterie), Julian Gretz (basse) et Victor Minois (guitare).

Psykup pierre wetzel

Psykup par Pierre Wetzel
Julien Cassarino définit ainsi l'univers de sa formation :
"Psykup est un mélange de mille influences diverses et variées, allant du jazz au death metal, et il faut être avant tout ouvert d’esprit et curieux pour apprécier notre musique."
https://chairyoursound.com
Psykup a notamment partagé la scène de Soulfly, des Eurockéennes de Belfort, du Hellfest, et de la plupart des grands du métal français (Loudblast, SUP, Sidilarsen, etc).
En 2021, Psykup sort son cinquième album (discographie in fine) :

"HELLO KARMA!"

L'Album :

"Hello Karma!" est un douze pistes pour environ quarante-quatres minutes.

Mixé par Fred Duquesne (Mass Hysteria, Watcha, No One Is Innocent) il a été masterisé par Thibault Chaumont (Trepalium, Klone)

Planifiée sur huit jours, la durée de l'enregistrement a été ramenée à trois jours seulement en raison du contexte sanitaire, obligeant le groupe à s'adapter coûte que coûte.

Il est servi par le clip d'animation "Lucifer Is Sleeping", réalisé par Nicolas Leroy, qui a notamment travaillé avec Ultra Vomit pour le clip animé "Le Train Fantôme".

L'artwork, signé Jouch, graphiste et guitariste/chanteur du groupe de prog' toulousain Naïve, (https://www.jouch.com/), représente deux personnes allongées dans des rocking chair devant un champignon atomique. Au verso, la photo au filtre tout aussi orangé  d'un couple faisant un selfie tandis qu'il se baigne en masque et tuba sur fond de centrale nucléaire.
Julien Cassarino en explique ainsi l'intention à https://chairyoursound.com :
« Le monde est en crise sanitaire, écologique et humanitaire. Il nous paraissait essentiel d’en parler, toujours avec un certain décalage. "Hello Karma!" est un lanceur d’alerte pour nous tous, Psykup y compris : à nous de regarder plus loin que notre nombril.  »

Psykup 2021 hellokarma cover

PSYKUP, "Hello Karma!" (2021)

Sur le travail de composition, le groupe explique :
« Pour l’album "We Love You All", on était partis très loin, trop loin, dans les expérimentations. Et avec le recul, on s’est rendu compte que ça rendait l’album un peu indigeste. Donc, quand on a recommencé à jouer ensemble, on s’est mis d’accord sur l’idée qu’il fallait composer une musique plus épurée, plus efficace. »
http://www.heretik-magazine.fr

Julien Truchan (Benighted) apparait sur le titre "Nice To The Bone".

Le titre "Letter To Greta" est une lettre ouverte à Greta Thunberg.

Les Critiques :

  • "Un tourbillon de riffs qui donneraient la jaunisse à Billie Joe Armstrong."
    https://www.coreandco.fr
  • "Franchement, Psykup, c’est des barjots…"
    http://metal-eyes.com
  • "Si la masturbation a échoué, que tu t’es encore endormi devant Attrapes-moi si tu peux, et que ta lettre à Greta n’a rien donnée, ouvres Hello Karma, mets cet album dans ton mangedisques (oui même si il est cassé) et laisses-toi emporter par cet exutoire totalement jubilatoire."
    https://www.auxportesdumetal.com
  • "Leur travail de déconstruction des codes du genre est d’une précision diabolique."
    https://www.musicwaves.fr
  • "Des morceaux déjantés et déroutants, mais le tout avec une sacrée maîtrise et tout cela s'enchaîne presque naturellement."
    https://mad-breizh.com
  • "Douze titres, passionnant de noirceur, douze trips bien barrés, qui forment un tout à l’efficacité inattendue. Une grosse baffe…"
    https://lust4live.fr
  • "Moins jusqu’au-boutiste, toujours hors de sentiers battus. Mission accomplie."
    https://www.guitarpart.fr
  • "Les titres, les textes, les thèmes, les idées d’arrangement ponctuelles, la présence d’un accordéon et une introduction à l’influence klezmer, des chœurs angéliques sur des textes salaces ou encore certaines mélodies absurdes sont autant d’éléments à la fois grotesques et captivants qui nous prouvent qu’en dépit des années et d’un style exigeant, Psykup n’a rien perdu de son mordant, de son cœur, ni de son humour à la gaieté communicative."
    http://www.radiometal.com

Notre Avis :

S'il fallait résumer notre point de vue sur "Hello Karma!" par une image, ce serait celle du loup de Tex Avery dont la mâchoire  se décroche face à Betty Boop. Car tout est impressionnant dans cet album, barré certes, mais barré de main de maître. Sa virtuosité laisse pantois et ses douze pièces foisonnantes mises en boîte en seulement trois jours échafaudent une fantasia permanente. Déjanté et accrocheur, "Hello Karma!" est une leçon de métal bondissant, brillant à l'extrême sous ses allures badines.  A classer dans le  "Big Four" de la scène moderne : vous n'êtes pas prêts de venir à bout des détails cachés dans son métal-cartoon.

Discographie : 

  •    Sors La Tête (EP – 2001)
  •    Le Temps De La Réflexion (2002)
  •    Acoustiques & Remixes (EP – 2004)
  •    L’Ombre Et La Proie (2005)
  •    We Love You All (2008)
  •    Ctrl+Alt+Fuck (2017)
  •    Live In Bikini (Live – 2018)
  •    Hello Karma! (2021)

Les Liens :

Chronique d'album : AS A NEW REVOLT (Rap Metal), Fares (2021)

  • Le 15/02/2021

Groupe : AS A NEW REVOLT
Album : Fares (EP - 29/01/2021)
Genre : Rap Metal
Origine : Grenoble

Par Ahasverus

Le Groupe :

As A New Revolt est un duo de rap métal originaire de Grenoble.
Il est formé par Manu Barrero (chant sampler, sound system) et Julien Lhuillier (batterie).

As a new revolt groupeAS A NEW REVOLT - Photographie © Sofiane Houir Alami
Le groupe sort un EP éponyme en 2015, suivi par un autre EP, "Speechless", en 2016. Son premier album, "TxRx", est présenté en 2018.
A 2020, As A New Revolt revient avec un nouvel EP :

"F A R E S"

As a new revolt artwork

L'Album :

"Fares" est un cinq titres d'une durée de vingt-et-une minutes.
A propos de son titre, le groupe explique :
"Une de nos connaissances s’appelle Fares. C’est une personne aux multiples facettes qu’on croisait souvent lors de l’enregistrement du disque. Et on trouvait que le nom sonnait bien, alors on a donné ce nom à notre album." (http://www.loudtv.net)
Son artwork est signé Pascale Cholette.Le duo raconte à https://lust4live.fr :
"Cette photo est comme une synthèse visuelle de ce disque. Ce visage se faisant prendre, comme si on essayait de lui couper les sens, d’empêcher toutes ses expressions, cette personne sur cette photo : c’est simplement chacun d’entre nous."
L'EP est illustré en décembre 2020 par le clip "Kanuni", le Kanun étant un code coutimier médiéval auquel se réfèrent encore certains clans des territoires albanais du nord. Il prescrit les pratiques de la vie quotidienne, dont celles qui régissent... la vendetta !

Les Critiques :

  • "Vache ! ça fait du bien par où ça passe."
    http://satanowesusmoney.blogspot.com
  • "un EP surprenant mais vraiment intelligemment conçu."
    http://www.emaginarock.fr
  • "Vingt-et-une minutes qui vont te choper la tête et te remuer le cerveau."
    https://www.soilchronicles.fr
  • "Rien de moins qu’une petite bombe."
    https://lust4live.fr
  • "L’énergie développée est telle qu’on ne peut qu’approuver."
    http://metal-eyes.com/as-a-new-revolt-fares
  • "Une des valeurs sûres de la musique amplifiée, avec un mélange détonnant de musique traditionnelle, de rap et de rock !"
    https://allrock.fr


Notre Avis :

Voici cinq titres qui déboitent et un EP si pro qu'on en oublierait presque qu'il s'agit d'un petit format. Servi par un son précis comme un coup de faux, As A New Revolt saupoudre "Fares" de soupçons de musique éthnique qui particularisent son crédo. Côté musicalité, on est loin du service minimum. L'opus conjugue puissance et énergie avec un certain souci du détail et des arrangements. Vindicatif, carré des quatre côtés, "Fares" est une oeuvre subtile de haut niveau, dans laquelle il est impossible de ne pas trouver son compte. Un rap métal irréprochable et crédible, un EP totalement recommandable.

Les Liens :

https://asanewrevolt.com/
https://www.facebook.com/asanewrevolt
https://www.instagram.com/stories/asanewrevolt/

Chronique d'album : NIGHTMARE (Metal), "Aeternam" (2020)

  • Le 08/12/2020

Le Groupe : NIGHTMARE
L'Album : Aeternam (2020)
Genre : Metal
Origine : Grenoble

Par Ahasverus


Le Groupe :

Nightmare est un groupe de métal formé à Grenoble en 1979.
Il connaît une première période d'activité jusqu'en 1987, durant laquelle il enregistre deux  albums et fait la première partie de Def Leppard.

Il se reforme en 1999. Jo Amore, batteur du Nightmare première période, passe au chant, cèdant  ses fûts à son frère David Amore. Ils garderont ces postes  jusqu'en 2015, et Nightmare enregistrera sept albums dans cette configuration.
En 2015, Jo et David quittent Nightmare pour former le groupe de power metal KingCrown. La puissante  Maggy Luyten (Ayreon, Virus IV, The Prize) est recrutée pour le poste de chanteuse. Nightmare aborde avec elle un virage plus agressif, illustré par l'album "Dead Sun". Il sera l'unique témoignage discographique de leur collaboration.
En 2019, Nightmare choisit Madie, vocaliste de Faith In Agony,  jeune groupe grenoblois ne comptant que deux EP, pour remplacer Maggy Luyten.

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Nightmare, par Denis Charmot.
Madie se souvient :
"Un soir en rentrant du travail, Niels (Batteur) m’appelle et m’expose la situation complexe que traverse Nightmare : Maggy Luyten ne continue pas l’aventure, une date est prévue en juillet (nous sommes début mars…), il leur faut absolument quelqu’un pour la remplacer au pied levé. Je m’interroge, je questionne mon entourage, tout le monde me pousse et m’encourage, je valide donc mon choix." (ahasverus.fr)
Le Nightmare 2020 se compose donc de Madie (chant), Franck Milleliri (guitare), Matt Asselberghs (guitare/chant), Yves Campion (basse - seul membre fondateur du groupe encore présent) et  Niels Quiais (batterie).
En 2020, Nightmare revient avec un nouvel album :


"A E T E R N A M"


L'Album :

"Aeternam" compte dix pistes pour près de quarante-neuf minutes.

L'artwork est signé Mickey Mythrid Art, qui a notamment collaboré avec Benighted et Asylum Pyre.

Nightmare artwork
"Aeternam" s'est constitué à partir  d'idées ébauchées avant le départ de Maggy Luyten. Il a été finalisé  pendant le premier confinement de 2020.

Sur l'écriture des textes, Madie nous confiait :
"Beaucoup de riffs étaient déjà posés pour «Aeternam» mais aucun texte ou concept d’album n’avait encore été proposé. Nous avons donc longuement  échangé sur le sens de l’album,  des sujets que nous voulions aborder au cours des morceaux, de la manière d’écrire et d’interpréter ce qui allait en découler. Disons que j’ai proposé la trame générale des textes , quelques-uns ont été validés, d’autres ont été remaniés ensuite, «à la sauce heavy», des lignes mélodiques ont elles aussi été prises en compte ou gardées à l’identique afin d’apporter de l’exclusivité à Nightmare."
"Aeternam"  est mixé et masterisé à San Marino, au Domination Studio  (Michael Romeo, Eldritch, Vision Divine, Furies), studio du guitariste italien  Simone Mularoni (DGM, EmpYrios).
Matt Asselberghs  assure les voix masculines sur Anneliese, dernière piste de l'album.

Sur son travail des voix, Madie précise :
"Je débarque au milieu d’une histoire que je n’ai pas créée, d’un style qui contient des codes bien rodés, presque stricts. Il a fallu tirer un peu sur les rênes dans les premiers temps. Une fois la frustration tamisée, j’ai su m’adapter et apprécier ces codes, en faire ma petite sauce et proposer quelque chose. La plus grande problématique que j’ai pu rencontrer dans la concrétisation de cet album fut la préparation. Nous étions hélas très pressés par le temps mais refusions catégoriquement de bâcler la sortie de ce nouveau line up. Il a donc fallu s’adapter vite, très vite... J’ai la chance d’avoir une assez bonne amplitude vocale, ce qui a permis de nous balader un peu partout sur les mélodies."

Les Critiques :

  • "Aeternam prouve qu’après plus de quarante ans de carrière, le plus bel avenir de Nightmare est peut-être devant lui."
    https://www.lagrosseradio.com
  • "Un très bon album aux accents Thrash, avec une très bonne chanteuse et des titres très bien composés qui installent définitivement le groupe parmi les chefs de file du Heavy Metal national."
    http://lordsofchaoswebzine.com
  • "Clairement un retour en grande forme de nos Français."
    https://www.auxportesdumetal.com
  • "Nightmare fait son retour de la plus belle des manières."
    https://powermetalfrance.fr
  • "On peut clairement parler de retour en force et en forme pour Nightmare."
    https://www.musicwaves.fr
  • "L’un des meilleurs albums du groupe à ce jour !"
    http://rockmeeting.com
  • "Aeternam donne naissance au meilleur album du groupe à ce jour."
    http://www.loudtv.net
  • "Même si vous n'êtes habituellement pas fans de NIGHTMARE, laissez-vous tenter, vous pourriez avoir une très belle surprise avec "Aeternam"."
    http://metal.nightfall.fr/
  • "D’excellentes compositions servies par un travail d’écriture irréprochable et interprétées par des artistes dont le talent n’est plus à prouver."
    https://hardrock80fr.wordpress.com
  • "Nightmare nous colle mandales sur mandales avec une malice qui frôle le sadisme… ou le Madisme… C’est comme on veut, au point où on en est !"
    http://www.soilchronicles.fr

Notre Avis :

Meilleur skeud de Nightmare, "Aeternam" ? Je l'ignore.
Nightmare, c'est quand même onze  albums, une histoire musicale qui balaie quarante ans de musique rock , un registre qui est allé du hard-rock jusqu'à bien au-delà du power métal.
N'empêche, il en faut un toupet pour aller recruter une quasi-inconnue ! Brillante certes, mais officiant dans un registre totalement  différent. Il en fallait de la confiance en soi  pour remplacer une  pointure comme Maggy Luyten et un ténor comme Jo Amore. Il fallait avoir l'oreille sûre et le nez drôlement fin,  pour arriver à emballer certains zines spécialisés désormais convaincus que  "Aeternam" est le meilleur album  des quarante ans d'histoire de Nightmare...


C'est qu'avec "Aeternam", les pionniers continuent à faire la trace, passant du mélodique à l'agressif, ouvrant le chemin à coups de riffs, à coups de blasts, parfois jusqu'aux limites du death, reprenant  souffle dans les espaces dégagés  par de légers claviers ("The Passenger"), s'accordant une courte respiration (la superbe intro de Crystal Lake) avant de repartir en rafales, innovant avec un chant masculin / féminin bien séduisant  ("Anneliese").
Quand à Madie, la nouvelle recrue, qu'on croyait éloignée de ses bases, elle  virevolte, elle est partout chez elle. Alors elle touche à tout,  agressive (Black September, Downfall Of A Tyrant), délicate (Crystal Lake), aérienne sur les secondes voix (Lights On). Et on prend les paris - écrire au zine - qu'elle n'a pas encore dévoilé toutes ses facettes.
Loin de capitaliser sur des lauriers accumulés du haut de ses quarante ans, Nightmare en remontre donc à nombre de jeunes loups, construisant un mur du son de niaque et de modernité (l'énorme "Aeternam" qui donne son nom à l'album). Ils feraient bien de prendre leur mal en patience, les jeunes loups, parce que les vétérans en ont sous la semelle,   ils ne semblent pas pressés de céder la place.
Nightmare est aujourd'hui un paquebot d'envergure internationale. Il est conduit de main de maître malgré les écueils qui jalonnent  sa route. Il a bâti "Aeternam" sur un triptyque de puissance, de technique et d'agressivité. Et l'édifice est impressionnant.

Les Liens :

Facebook : https://www.facebook.com/nightmare.france
Spotify : https://open.spotify.com/artist/3gSYde7QNAYJhvZnRtSCG5

La photographie de Nightmare en live est de Denis Charmot, que nous remercions cette fois encore.
https://www.facebook.com/DenisCharmotPhotos

NIGHTMARE : L’interview de Madie

  • Le 08/09/2020
Tandis que NIGHTMARE est dans les starting-blocks pour le lancement de son nouvel album (“Aeternam”, qu’il présentera le 11/09/2020 à Paris puis le 18/09/2020 à Grenoble) nous avons questionné Madie, sa jeune vocaliste.
Elle nous parle de son parcours, de son intégration au sein de la formation grenobloise, du nouvel opus, et de
Faith In Agony où elle exerce également ses talents.

(interview réalisée par Ahasverus pour Hard French Metal)
 
         

“Un soir en rentrant du travail, Niels (Batteur) m’appelle et m’expose la situation complexe que traverse Nightmare : Maggy Luyten ne continue pas l’aventure, une date est prévue en juillet (nous sommes début mars…), il leur faut absolument quelqu’un pour la remplacer au pied levé.”

Bonjour Madie. Pour commencer cette interview j'aimerais te proposer un saut dans le passé : premier souvenir d'enfance lié à la musique ?
Bonjour Ahasverus, et merci de ton intérêt ! Oula oui ! ça ne nous rajeunit pas tout ça ! Mon premier souvenir lié à la musique c’est déjà de voir ma mère, sa guitare folk et mon père qui chantonnent sur des tapis indiens entourés d’amis. De mon côté, aussi loin que je m’en souvienne, j’étais fascinée par la bande originale de la petite sirène de Disney que je tentais de maîtriser d’une traite sans respirer.

 

Premier album acheté avec ton argent de poche ?
“Dangerous” de Mickael Jackson, sans aucun doute. Le disquaire m’avait même gentiment offert le drapeau de l’artwork de l’album, aussitôt affiché dans ma petite chambre. Je me perdais dans ses innombrables détails en écoutant l’album.

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Michael Jackson, "Dangerous" (1991)
Premier concert ?
Je te passe les détails embarrassants d’Henri Des et Dorothée parce que ça la fout mal, mais mon premier véritable concert fut celui du groupe français Ange, formation que mon deuxième papa de cœur m’a fait découvrir très jeune. J’ai rapidement apprécié leurs textes alambiqués et leur prestance scénique théâtrale.

 

Comment le chant entre-t-il dans ta vie ?
Grâce à un vieux magnétophone que j’avais récupéré chez mes grands- parents. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours chantonné. Le spectacle et le chant ont toujours été mes moyens d’expression privilégiés. Vingt ans plus tard, je rencontre Bruno Jeanmart, mon premier mentor, un ami de ma mère, qui me propose de monter un groupe de reprises Jazz. C’est le début de Smoky Eyes…

 

Le chant représente combien de temps dans une journée de Madie ?
Je n’ai hélas pas de grande discipline en ce qui concerne le chant, je suis quasiment autodidacte dans ce domaine et n’ai aucune formation académique. Ça n’est que depuis très récemment que je tente de découvrir et perfectionner une technique. Je prends aujourd’hui quelques cours et repères afin d’aller plus loin dans mes possibilités vocales. Concernant le facteur temps, je ne chante pas du matin au soir car je me serais fait mettre à la porte de beaucoup de maisons (rire), mais je fredonne assez régulièrement au cours de la journée.

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Madie par Megaloprod
Tu évoquais Smokey Eyes... C’était ton premier groupe ?
Smoky Eyes est ma première formation à proprement parler. Comme je le disais plus haut, ma rencontre avec Bruno a été décisive pour plein de raisons, personnelles, professionnelles et musicales. Nous avons rapidement troqué les reprises jazz pour le rock. J’avais envie de reprendre des classiques puis de commencer à composer et créer. Il nous fallait donc un guitariste en conséquence. Nous avons alors fait la connaissance de Grey et nous ne nous sommes plus lâchés. Nous avons parcouru beaucoup de routes, monté sur plein de scènes diverses et variées, vécu nos premières expériences de live, de studio, appris la rigueur que tous ces domaines représentent. Je suis plus que reconnaissante et fière d’avoir eu la chance de me produire avec Smoky Eyes !

 

Grey te rejoint donc dans Smokey Eyes puis en 2016 vous rencontrez Eva (basse) et Quentin (batterie). C'est le début de Faith In Agony... Comment présenterais-tu l'univers de ce groupe ?
Faith In Agony nait suite à un désir commun entre Grey et moi-même de professionnaliser notre créativité et de pousser plus loin nos propos musicaux. Nous avions envie d’une formation plus incisive, avec des riffs et des influences plus fortes frôlant le métal et le grunge. Quentin et Eva faisaient la paire concernant la motivation et le niveau musical énorme qu’ils proposaient. Une grande complicité se crée dans notre quatuor et le groupe était lancé.
L’univers de Faith in Agony est d’abord assez brut, nous voulions rentrer dedans, être efficaces et reconnaissables. Nos premiers morceaux sont très grunge, presque punk. Deux nanas dans un groupe de grunge, on avait bien sûr envie et besoin de se faire entendre, de trouver notre place tout en créant cette osmose en live avec nos deux complices. Les textes du premier EP éponyme sont très agressifs, si on y prête l’oreille, on peut entendre ce désir presque pulsionnel d’aller plus loin dans la concrétisation de nos idées.
Notre univers s’est un peu maturé avec «Do Not Repeat», nous avons travaillé d’arrache-pieds, plié nos étendards et nous nous sommes concentrés plus profondément sur nos sons et les ambiances plus précises à atteindre. Ce dernier EP nous a lentement guidé vers l’écriture de notre premier album «Drowned & Exalted» qui sortira tout prochainement.

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Faith In Agony, "Do Not Repeat" (2017)
C'est toi qui écris les textes de Faith In Agony. Quentin disait à ce propos “ je vous conseille de vous pencher dessus car ils sont plutôt chiadés !” Comment aimes-tu travailler l'écriture, et quelles sont les thématiques qui t'inspirent ?
Quentin a toujours été le premier curieux de mes textes et c’est très appréciable. Mon écriture n’est pas très académique non plus et je n’ai pas la prétention d’être bilingue. Écrire en anglais a toujours été une envie de ma part, ma langue natale, je la réserve pour des écrits plus personnels et poétiques. L’écriture des textes notamment pour «Drowned & Exalted» est on ne peut plus intimiste, très introspective. J’aime évoquer un sujet en particulier dans chaque morceau, j’essaie d’éviter les phrases bateaux et je fonctionne par tableaux mentaux. J’imagine, je retrouve une scène, je formalise une pensée et je tente de la concrétiser, de la traduire en écriture. Mon désir est d’être au plus proche de mes questionnements, de mes ressentis, sans pudeur, parfois même de manière très brute. Les thématiques que j’aborde sont universelles et peuvent toucher tout le monde, chacun se questionne à son échelle sur son rapport à l’autre, sa place en tant qu’individu, sa marginalité, sa finitude…

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Madie par Megaloprod

“Nous ne nous sommes pas assagis pour autant mais disons qu’on accepte de ne plus mettre les coudes sur la table sans pour autant se tenir correctement !”

Quel regard portes-tu aujourd'hui sur vos deux EP ?
J’aime réécouter ces deux EP et retracer le chemin parcouru. Comme je le disais plus haut, le premier EP de Faith In Agony est très incisif, brutal rentre dedans, sans concessions, presque adolescent, on est dans le tout et tout de suite. «Do Not Repeat» est en recherche de maturation, nous ne nous sommes pas assagis pour autant mais disons qu’on accepte de ne plus mettre les coudes sur la table sans pour autant se tenir correctement ! «Drowned & Exalted», si on reste dans la métaphore du bon sens commun va questionner le «pourquoi», le «comment», le «d’où ça vient» et ce qu’on choisit d’en faire.
De ton côté tu rejoins l'aventure Nightmare... Comment se passe la rencontre ?
J’ai fait la rencontre de Yves Campion au 69 à Grenoble…
Je laisse un temps pour les blagues salaces…
...Voilà (Rire).
Je me produisais avec Smoky Eyes et il m’a apparemment repérée à cette époque-là, patient le mec ! Il nous a ensuite fait confiance avec Faith In Agony en nous offrant la première partie d’Ultra Vomit à L’Ilyade de Grenoble. Très grand moment pour nous quatre !
Un soir en rentrant du travail, Niels (Batteur) m’appelle et m’expose la situation complexe que traverse Nightmare : Maggy Luyten ne continue pas l’aventure, une date est prévue en juillet (nous sommes début mars…), il leur faut absolument quelqu’un pour la remplacer au pied levé. Je m’interroge, je questionne mon entourage, tout le monde me pousse et m’encourage, je valide donc mon choix. Je suis à la fois terrifiée et impatiente, je mesure la charge de travail, tous m’attendent au tournant mais croient malgré tout en moi.
Yves me teste sur quelques anciens titres, je découvre le groupe, son univers, le heavy métal qui m’est presque inconnu et je commence à travailler dur. J’apprends l’album entier en moins de trois mois, nous répétons quelques fois, je rencontre tous les membres et le staff affilié au groupe, tous sont très accueillants et confiants, cela me rassure beaucoup. C’est grand pour moi, très grand et mon impatience s’intensifie. Le concert au Panicfest se déroule plutôt bien, je suis accueillie avec le sourire par les fans présents ce jour. Je suis ravie. La complicité avec tous les membres du groupe ne fait que grandir depuis cette date et nous sommes tous très heureux et trépignants de vous faire découvrir «Aeternam».

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Nightmare, par Denis Charmot.

 

“Je suis toute petite dans un monde de grands.”

Tu succèdes donc à Jo Amore et à Maggy Luyten... Tu as vécu ça comment ?
Je suis toute petite dans un monde de grands, ça a été mon premier ressenti. Jo Amore et Maggy Luyten sont des monstres de talents tant vocalement que scéniquement. Ils ont tous deux marqué l’identité du groupe, de temps forts, à leur manière. Je les remercie tous les deux d’avoir fait naître et perdurer la grande histoire Nightmare. Je suis honorée d’en faire partie aujourd’hui et compte bien donner le meilleur.

 

Les fans ont parfois la dent dure lors des changements de line-up, surtout quand il s'agit du poste de chanteur. Tu t'es sentie bien accueillie ou tu as dû faire tes preuves ?
Comme dans tout changement de la vie, il y a plusieurs formes de ressentis, certains restent attachés aux premières valeurs, d’autres constatent un changement, certains une belle évolution… Les retours sont bons, les gens apprécient la nouvelle identité de Nightmare, commentent que la nouvelle voix apporte de nouvelles couleurs originales dans le monde du heavy métal, hors du chant uniquement growl ou lyrique. Je suis heureuse que les gens apprécient le changement malgré tout car je serais tout à fait incapable de véhiculer un seul et même code musical. J’ai hâte de monter sur scène, défendre «Aeternam» et partir à la rencontre de notre public récent et ancien.

 

“Aeternam” et “Lights On”, les clips présentés par Nightmare avant la sortie de l'album “Aeternam” (02/10/2020) sont solides et prometteurs. Les titres étaient-ils finalisés avant ton arrivée ou tu as pu apposer la Madie's touch ?
Merci pour ces mots. Nous avons beaucoup travaillé pour ces clips, j’en ai géré toute la trame scénaristique et artistique. Je ne conçois pas l’intégration d’un projet quel qu’il soit sans y apporter quelque chose. Beaucoup de riffs étaient déjà posés pour «Aeternam» mais aucun texte ou concept d’album n’avait encore été proposé. Nous avons donc longuement échangé sur le sens de l’album, des sujets que nous voulions aborder au cours des morceaux, de la manière d’écrire et d’interpréter ce qui allait en découler. Disons que j’ai proposé la trame générale des textes de ce bel album à venir, quelques-uns ont été validés, d’autres ont été remaniés ensuite «à la sauce heavy», des lignes mélodiques ont elles aussi été prises en compte ou gardées à l’identique afin d’apporter de l’exclusivité à Nightmare.

 

 

Je t'avoue que quand tu es partie dans Nightmare j'ai eu des craintes pour la suite de Faith In Agony. La question ne s'est pas posée ?
La question ne s’est absolument pas posée pour moi. Faith In Agony est et restera l’un de mes projets. J’ai pour habitude de mener tous mes objectifs à terme. Il n’est pas envisageable de quitter une formation pour une autre. Il faudra simplement travailler différemment avec ces deux projets qui demandent beaucoup de temps et d’investissement, je ne pourrais pas m’engager dans de nouvelles formations musicales mais une chose est sûre, «Drowned & Exalted» et «Aeternam» seront défendus de manière équitable et de tout cœur.

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Madie par Megaloprod

 

“Je débarque au milieu d’une histoire que je n’ai pas créée, d’un style qui contient des codes bien rodés, presque stricts. Il a fallu tirer un peu sur les rênes dans les premiers temps.”

Faith In Agony/Nightmare, ce n'est pas le même registre. Comment as-tu adapté ton chant pour Nightmare ?
Le registre est en effet très différent. J’ai la chance de jouir d’une une parfaite liberté au sein de Faith In Agony. Nightmare c’est différent, je débarque au milieu d’une histoire que je n’ai pas créée, d’un style qui contient des codes bien rodés, presque stricts. Il a fallu tirer un peu sur les rênes dans les premiers temps. Une fois la frustration tamisée, j’ai su m’adapter et apprécier ces codes, en faire ma petite sauce et proposer quelque chose. La plus grande problématique que j’ai pu rencontrer dans la concrétisation de cet album fut la préparation. Nous étions hélas très pressés par le temps mais refusions catégoriquement de bâcler la sortie de ce nouveau line up. Il a donc fallu s’adapter vite, très vite... J’ai la chance d’avoir une assez bonne amplitude vocale, ce qui a permis de nous balader un peu partout sur les mélodies.

 

Revenons à Faith In Agony. Où en êtes-vous de l'album “Drowned & Exalted” ?
«Drowned & Exalted» est dans la boîte, tout est prêt pour le pressage à l’heure où j’écris ces lignes. Ce foutu virus a foutu une merde noire dans la culture en général et retarde le monde de la création. Cet album est très attendu et nous rongeons notre frein pour le moment. Nous voulons faire naitre cet album en anticipant toutes les possibles embuches. Nous ne sommes pour le moment pas protégés par un label qui pourrait être notre garantie de sécurité alors nous voulons faire les choses correctement.
Comme je le disais plus haut, «Drowned & Exalted» est le résultat de nos introspections respectives, tous les instruments ainsi que la voix transpirent une forme de lourdeur. Nous voulions faire un album très intimiste et au plus proche des émotions qui nous ont traversés ces dernières années.

 

Ton emploi du temps dans les prochains mois ?
Un emploi du quoi ? Ici on parle plutôt de tornade (Rire).
Il y a énormément de choses en préparation qui demandent beaucoup de temps et de réactivité. Ces deux albums enregistrés en moins d’un an, un troisième clip pour Nightmare, surement aussi pour Faith In Agony, beaucoup de répétitions, des contributeurs à remercier, des billets d’avions à réserver, des résidences, des release party et si on a encore du temps, peut-être pourrons nous dormir un peu ! Nous vivons dans la hâte de vous présenter tout ça !
Durant l'été 2021, Nightmare sera au Russian Metal Open Air puis au Rock Äm Stuck (Allemagne), sur la même scène que Skid Row, Stratovarius, Therion, Rose Tattoo, Testament, Bonfire et bien d'autres géants qui ont façonné l'histoire du Rock Metal international. Ca t'inspire quoi ?
Ça m’inspire déjà pas mal de tachycardie (Rire), mêlée à de l’impatience, un peu de stress mais surtout beaucoup de plaisir. Je n’aurai jamais pensé, ou oser rêver de telles possibilité musicales et artistiques, c’est tellement nourrissant ! Une nouvelle fois, je me sens toute petite dans ce monde de grands et j’ai hâte de faire des rencontres, d’échanger avec de tels artistes, de refouler enfin le sol d’une scène et de plonger dans l’arène !

 

L'album que tu écoutes, en ce moment ?
Et bien très curieusement, je m’attarde en ce moment sur des registres très pop. Je n’ai pas un album en particulier à proposer mais je suis à la découverte de mes possibilités vocales, je m’amuse à reprendre certains titres à la maison, je découvre d’autres types de chants plus actuels. Peut-être quelques covers en prévision d’ici quelques mois si vous êtes sages...
S’il faut citer un album en particulier, ce sera celui qui m’apporte le plus de calme et de sérénité en ces temps bien studieux et agités. Je ne me lasse pas de la transe dans laquelle me plonge Loreena McKennitt, en particulier sur “Mask and Mirror” ou “Book of secrets”.

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Loreena McKennitt, "The Mask And Mirror" (1994)
Un grand merci pour le temps que tu as bien voulu consacrer à cette interview, Madie, et au plaisir d'écouter ces deux nouveaux albums et de t'applaudir sur scène.
Un grand merci à toi pour ton intérêt, la pertinence de tes questions et ta réactivité ! Au grand plaisir de te voir également !
 
      
Les Informations Utiles :
Nightmare :
Facebook : https://www.facebook.com/nightmare.france
Spotify : https://open.spotify.com/artist/3gSYde7QNAYJhvZnRtSCG5
Prochains concerts : Paris, Grenoble, Seyssinet-Pariset, Nantes, Les Pennes-Mirabeau, Russian Metal Open Air, Rock Am Stück Open Air Festival.

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Madie par No Tsrd
Les photographies de Madie illustrant la présente publication sont de Megaloprod et de Noémie Tisserand (No Tsrd) et Denis Charmot.
 

Chronique d'Album : CROAK (Metal), “Unclean Animals” (2020)

  • Le 05/08/2020
Groupe : Croak
Album : Unclean Animals (2020)
Genre : Metal
Origine : France/Canada

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • Croak est un projet créé par le chanteur/guitariste Mathieu Madani, (anasazi) et par le chroniqueur/reporter/chanteur montréalais Pite Gaillard, (Somdravz). Le guitariste Bruno Saget ( Blackdust /Anasazi), le bassiste Christophe Blanc-Tailleur (Anasazi) et le batteur Alex D. (batterie) complètent le line-up.
  • Croak revendique pour influences Pantera, Anthrax, Metallica, Alice In Chains et Megadeth et Sepultura.
  • Formé en 2011, le groupe compte deux EP : en 2013 “Croak” et en 2016... “Croak II” !
  • En 2020, il revient avec un premier album :

"Unclean Animals"

L'Album :

  • "Unclean Animals" est un neuf pistes pour environ trente-huit minutes.
  • Il est mixé et masterisé par Tristan Klein à Rennes. (A noter que Tristan Klein serait également aux manettes pour le mixage du prochain Anasazi, qui s'appellerait "Cause & Consequences".)
  • Le même Tristan Klein gratte ses cordes sur la dernière piste de l'album, "People Passing By", seul morceau chanté par Mathieu Madani (le micro est laissé pour le reste à la charge de Pite Gaillard).
  • L'artwork d'Unclean Animals est signé Grégory Migeon, qu'on connait notamment pour les superbes pochettes réalisées pour Anasazi.

Les Critiques :

Notre Avis :

Croak privilégie les mid-tempos lourds, même s’il est capable de vous laisser sur place à l'accélération (Damned, Burned Inside). Agressif et inquiétant, il lorgne plutôt vers l'héritage de Pantera que sur celui de Dream Theater. Madani et les siens nous entraînent ici à mille lieues des passes aériennes d'Anasazi, avec un son très bas et des guitares agressives (Cold Blood Ashes, For Those Who Live Into The Void). Le chant est vindicatif et rugueux, au diapason avec les guitares/basse ; Il ressort de tout ça une sensation de puissance et d'agressivité.

 

 

“Unclean Animals” est donc un album carré des épaules, bien assez pour imposer à votre CDthèque son Metal lourd et moderne . C’est du bel ouvrage, très crédible, on ne peut qu’applaudir et vous conseiller d'aller l'écouter.

Les Liens :

 

Chronique d’Album : HOT HELL ROOM (HEAVY ROCK), STASIS (14/02/2020)

  • Le 27/03/2020
Groupe : Hot Hell RooM
Album : Stasis (2020)
Genre : Hard / Heavy
Origine : Paris

 

Le Groupe :
  • Hot Hell Room est un quatuor originaire de la région parisienne fondé en 2003 par Alan Raoul (basse) et Loïc Malassagne (guitare/voix).
  • En 2005, le groupe sort une première démo trois titres, “Lies Box”. Une démo douze titres suit la même année.
  • En 2013 il présente son premier album, “Kali Yuga Bonfire”, qui révèle un talent pour la composition. Je vous invite à le vérifier sur ce “Love Kills”, qui en est extrait :
  • En 2015 il édite “Morrison (Arranged Version)”, un EP qui remanie trois titres de “Kali Yuga Bonfire”.
  • La voix de Loïc Malassagne donne une identité forte au groupe. Il expliquait dans une récente interview :
    “Ma tessiture naturelle est baryton basse. Elle peut aussi aller, dans un autre registre musical et technique, jusqu’au contre-ténor. Pour Hot Hell RooM, certaines parties sont dans ma tessiture grave en effet, à l’instar de mon autre projet Invading Chapel. Pour le reste, je chante plus dans un registre Rock et Heavy se rapprochant de la couleur des ténors et barytons, comme beaucoup de chanteurs. Mais n’étant pas dans ces tessitures-là, j’ai des graves et une rondeur qui donnent surement cette identité.”
  • En 2016 Hot Hell Room produit “Architect of Chaos”, illustré par le clip “Chameleon”
  • Fin 2019 Hot Hell Room signe sur le label allemand STF-Records, (qui a notamment sur son catalogue l’ex-AC/DC Dave Evans).
En 2020 il présente son troisième album...

“S T A S I S”

 

L’Album :
  • Sorti en février 2020, Stasis est un dix pistes d’environ quarante trois minutes.
  • Son artwork est signé Rui Abel Rodrigues.

HOT HELL ROOM, "Stasis", (2020)
  • Sur le processus de composition, Alan Raoul expliquait à Hard French Metal :
    “Excepté le titre “Fatality”, qui datait des sessions de l’album précédent, nous avons commencé à travailler sur “Stasis” à la fin de l’été 2016. Les deux premières compositions à avoir été étudiées en répétition à l’époque sont “Human Game” et “Stasis”. La plupart des autres morceaux ont été écrits entre la fin de cette année-là et le mois d’avril 2017.”
  • Cet album a été enregistré par le même line-up que son prédecesseur “Architect Of Chaos”. Ludovic Rouix (Batterie) et Sébastien Luccioni (Guitare) ont, depuis, quitté le groupe.
  • “Stasis” est représenté par le clip “Bleeding Land”.
Ces données énoncées, voyons maintenant...

 

Notre Avis :
Après deux albums d’une indéniable qualité, Hot Hell Room livre avec “Stasis” une nouvelle palette de morceaux mémorables. Privilégiant toujours la mélodie, les Franciliens excellent à nous bricoler des trucs capables de nous trotter dans la tête toute une journée puis de revenir nous voir régulièrement dans la semaine. Quant à Loïc Malassagne il confirme, par la qualité de son interprétation, qu’il est un grand chanteur dont la tessiture et le phrasé remarquables singularisent la signature du groupe.
Mid tempo, Ballade, Heavy... Hot Hell Room excelle sur tous les fronts du songwriting. Ecoutez “Stasis” et profitez-en pour découvrir “Kali Yuga Bonfire” et “Architect of Chaos”, ses deux prédécesseurs. Ils vous mèneront loin ; Hot Hell Room s’est fait une spécialité dans le Heavy Rock français : nous délivrer des albums définitivement increvables.

 

Les Infos Utiles :
Hot Hell Room sur Facebook :
https://www.facebook.com/hothellroom/
Ecouter Stasis :

https://open.spotify.com/album/4bxDa8Cku2KIg87lqCLUl5
Acheter Stasis :

http://www.stf-records.de/shop/product_info.php?products_id=372&XTCsid=8bdedad1cf6fc4d16342e130258ff41d
Hot Hell Room sur Bandcamp :
https://hothellroom.bandcamp.com/


Discographie HOT HELL ROOM :
Lies Box (EP - 2005)
Hot Hell RooM (demo – 2009)
Kali Yuga Bonfire (2013)
Morrison (Arranged Version - EP - 2015)
Architect Of Chaos (2016)
Stasis (2020)

HOT HELL ROOM (Heavy Rock) : L'interview

  • Le 07/03/2020
Après les très réussis “Kali Yuga Bonfire” et “Architect of Chaos”, la voix de baryton des Heavy-Rockers d’Hot Hell RooM s'impose à l'année 2020 avec un troisième album.
Loïc Malassagne et Alan Raoul, respectivement chanteur/guitariste et bassiste de la formation parisienne, ont bien voulu revenir sur leur discographie et nous en dire plus sur la génèse de ce nouvel opus au titre d'actualité : "Stasis".

(interview réalisée pour Hard French Metal le 7/03/2020)
 
       

Bonjour Hot Hell Room. Avant d'aborder votre nouvel opus j'aimerais revisiter votre discographie. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre premier LP “Kali Yuga Bonfire” (2013) ?
Loïc (Chant/Guitare) :
Salut. Quand on revient dans le temps sur son propre travail artistique, il y a toujours des choses qu’on ferait différemment. Mais il faut apprendre de cela et aussi respecter le fait que c’est le ressenti du moment, avec ses qualités et défauts. Et encore, cela reste subjectif sur certains points, alors bon... Je pense que certains titres auraient mérité plus d’attention, mais ça c’était la situation du moment, donc on ne peut rien faire. D’autant plus que les recherches de Nikola Tesla sur la machine à remonter le temps n’ont pas abouti ! (Rires)
Artistiquement parlant et globalement on est quand même assez contents du résultat et on a toujours le plaisir de jouer certains de ces titres en concert, c’est cela le principal !
Alan (Basse) : Salut. “Kali Yuga Bonfire” est l’aboutissement de plusieurs années de travail et la suite réarrangée de certaines compositions de notre première démo parue en 2010. A l’époque le groupe évoluait sous forme la forme d’un Power-Trio composé de Loïc, Ludo et moi. Pour ma part, je pense que c’est par cet album que les hostilités ont vraiment commencé. Je reste assez fier de cet opus même s’il n’a pas beaucoup été médiatisé. Et comme le dit Loïc, je pense aussi que certaines choses auraient pu être faites de manière différente à l’époque. Ceci dit il reste notre premier album, je l’affectionne toujours autant. Il y a pas mal de titres que nous jouons encore avec plaisir en concert, comme “Humanity Will Never Change” (qui est aussi notre premier clip), “World Of Kali", "Hell City”… et parfois d’autres morceaux qui réapparaissent au gré des envies... Ce fut une belle première expérience avec ce line-up !
Architect of Chaos (2016) ?
Loïc :
Déjà Le line-up est différent. Sur le premier on était en trio et sur ce second album il y a deux nouveaux membres à la guitare, deux nouvelles sensibilités apportant des choses différentes à la composition de l’album qu’on avait «démocratiquement» répartie. On a eu de bons retours sur cet opus, avec les premiers articles à l’étranger du groupe et aussi grâce au travail d’Elodie de Ellie Promotion sur la France, ainsi que de ceux qui ont bien voulu parler de nous ! (Rires)
Alan :Architect of Chaos” est je pense une autre forme d’aboutissement en matière de composition. Il est plus mature, plus sombre, plus varié, et encore plus travaillé au niveau du songwriting que “Kali yuga”. L’arrivée de Shazybob et de Seb a permis d’étoffer la mise en forme globale des titres de cet album.
Quatre ans après Architect of Chaos, votre nouvel opus, “Stasis”, vient de sortir. De quand datent les compositions ?
Alan :
Excepté le titre “Fatality”, qui datait des sessions de l’album précédent, nous avons commencé à travailler sur “Stasis” à la fin de l’été 2016. Les deux premières compositions à avoir été étudiées en répétition à l’époque sont “Human Game” et “Stasis”. La plupart des autres morceaux ont été écrits entre la fin de cette année-là et le mois d’avril 2017. De mémoire c’est à cette période que nous sommes allés au Roots Note studio pour enregistrer les parties de batterie. Comme pour nos deux précédentes réalisations nous enregistrons les batteries au Roots Notes Studio avant d’aller au Hybreed Studios pour finaliser le reste : Instrumentations, Voix, Mixes, etc.

 

Un mot sur l'artwork ?
Alan :
C’est Rui Abel Rodrigues, un ami de longue date, qui a réalisé l’artwork de “Stasis”. Il nous a fait une proposition de cover qui collait tout à fait avec le thème et les ambiances relatés sur ce nouveau disque.

 

Ce nouvel album s'appelle donc “Stasis”. C'est un titre inspiré par la situation politique de la France ?
Loïc : Le morceau « Stasis » qui donne aussi le nom à l’album traite de la situation de L’Europe donc aussi de la France… Ce texte date de plusieurs années maintenant, et comme c’est dans le cadre d’une chanson on ne peut pas faire de grandes analyses ou constats. Mais certaines phrases et mots en disent beaucoup et peuvent avoir aussi plusieurs lectures selon sa sensibilité… Ce qui est plus intéressant à mon avis, car cela restera toujours un avis parmi tant d’autres, même si certaines choses sont bien actées et visibles aux yeux de tous, (quoique des fois les évidences…).

HOT HELL ROOM - Stasis (2020)
Les titres qui figurent sur Stasis ne semblent pas avoir été enregistrés par le line-up actuel. Pourquoi avoir attendu 2020 pour sortir l'album ?
Alan : Ce n’est pas vraiment la réalisation du disque qui nous a pris le plus de temps, mais toute la partie démarchage de l’album qui a été la plus longue Ca a duré plusieurs mois pour trouver une distribution correcte, et on a parfois besoin d’un peu d’aide pour y arriver. C’est grâce à l’appui de Gilson et de l’équipe d’Imperative Music que nous sommes arrivés à nos fins pour trouver un label et pouvoir sortir ce disque. Cet album a été enregistré par les mêmes membres que pour “Architect Of Chaos”, mais à la fin de l’enregistrement, Ludo (Batterie) et Sébastien (Guitare) ont décidé de quitter le groupe pour des raisons personnelles. Il y a aucune animosité entre nous, on est toujours de bons potes ! Alexis (Batteur d’ Hatred DUSK et ex-Overtone) est arrivé dans le groupe à la fin de l’année 2018. C’est par l’intermédiaire d’un ami, «Nico», qui joue aussi dans Hatred Dusk comme guitariste - le monde est vraiment petit (Rires) - que nous avons été mis en relation. Alexis joue avec nous maintenant depuis bientôt un an et demi. Hot Hell RooM et Hatred Dusk forment une grande famille dorénavant !

 

Être signé sur un label allemand ça ouvre des opportunités ?
Loïc :
C’est un grand pays de la métallurgie ainsi que de la musique ! (Rires) L’avantage par rapport aux autres albums est qu’on va être plus écoutés et diffusés un peu partout dans le monde, et évidemment pas mal axés sur l’Allemagne grâce au label, à notre échelle bien entendu, mais ça sera toujours mieux qu’avant. Un moment donné il le faut bien pour faire vivre la musique et la partager, d’autant plus qu’on ne fait pas trop un style et mélange «connecté» à la France, qui n’est déjà pas un pays de culture Rock à la base, et dont la qualité première n’est pas non plus d’être curieux en général et d’avoir la vraie solidarité patriotique ! C’est ainsi, chaque pays à son caractère avec ses qualités et défauts, mais il faut bien évoluer et on ne peut pas non plus se confronter inlassablement à ce mur car cela devient fatiguant et frustrant à la longue…

 HOT HELL ROOM par Sébastien Bouysse.

Quelles sont les thématiques que vous avez eu envie d'aborder dans l'écriture de cet album ?
Loïc :
Déjà entre les trois albums on a gardé la thématique de la fin de cycle, du chaos et du déclin, ne serait-ce que dans les titres : le premier album est “Kali Yuga Bonfire”, le second “Architect Of Chaos”, avec la pochette d’une peinture de John Martin «Le Pandemonium», et notre troisième et nouvel album est “Stasis”, terme grec signifiant une crise politique, etc. Je ne vais pas rentrer dans le détail des dix chansons mais effectivement certaines sont dans cette thématique très large où l’on peut trouver un titre qui parle de la situation de l’Europe, un autre sur la condition de l’homme moderne ou les sempiternels conflits pour certains intérêts, etc. D’autres morceaux sont plus personnels et n’ont rien à voir avec cette thématique, ce n’est pas un concept-album, non plus.

 

Vous avez la faculté d'écrire des morceaux qui se gravent durablement dans les esprits et qu'on se surprend à fredonner dans la journée...
Loïc :
Et bien merci, on prend cela comme un compliment car pour nous le plus important c’est la mélodie et l’écriture de chanson. C’est évident, mais pas pour tout le monde… Dans le Metal, par exemple, beaucoup confondent puissance et agressivité en oubliant la mélodie qui est un peu la base de la musique ! (Rires) Ou ils sont dans la course au «gros son», ce qui est futile et de l’esbroufe, car ton morceau devrait même sonner en acoustique... La puissance d’un morceau qui touche l’âme et ton cœur passe par la mélodie, après il y aura toujours des insensibles c’est sûr… dans ce cas autant écouter une machine à laver à l’essorage ou l’ambiance d’une usine métallurgique ! Remarque c’est un autre style de Metal ! (Rires)
Loïc, ta voix de basse, cumulée à ton phrasé, donne une signature très caractéristique à Hot Hell Room...
Loïc :
Ma tessiture naturelle est baryton basse. Elle peut aussi aller, dans un autre registre musical et technique, jusqu’au contre-ténor. Pour Hot Hell RooM, certaines parties sont dans ma tessiture grave en effet, à l’instar de mon autre projet Invading Chapel. Pour le reste, je chante plus dans un registre Rock et Heavy se rapprochant de la couleur des ténors et barytons, comme beaucoup de chanteurs, mais n’étant pas dans ces tessitures-là j’ai des graves et une rondeur qui donnent surement cette identité. Et puis ce n’est pas plus mal d’avoir sa propre «empreinte génétique» et son feeling, car sinon tout le monde sonnerait pareil dans chaque style, et quand on arrive plus à discerner tel ou tel groupe dans un genre de musique, ce style meurt ou il ne reste plus que les principaux. On utilise tous «mathématiquement» les mêmes notes, alors il faut bien y mettre son ADN ! (Rires)

 

C'est à nouveau Andrew G qui s'est occupé de l'album au Hybreed Studio. Qu'est-ce qu'il vous apporte ?
Loïc :
Sans oublier pour commencer l’enregistrement de la batterie qui est fait chez un ami au Roots Notes Studio, tous ensemble en situation live pour le feeling et l’énergie. Ensuite nous enregistrons le reste chez Andrew. Il nous apporte une continuité dans le son, d’un album à l’autre, même si certaines choses sont différentes à chaque fois, et tout cela dans une ambiance amicale et humaine, sans le stress d’un compteur de taxi «le temps c’est de l’argent» ! (Rires) Mais rassurez-vous, on ne traine pas pour autant, et on ne compose pas sur place nos titres ! Il y a quand même un calendrier à respecter et tout est prêt en amont, même si il y a toujours des petites choses et des idées qui viennent avec le feeling de l’instant, un arrangement, l’amélioration d’une partie etc. Et pour finir il fait aussi le mixage et le mastering, donc que demande le peuple ?
Alan : C’est toujours un plaisir pour nous de travailler avec Andrew, car en plus d’être un ami, c’est un excellent ingénieur son qui est à l’écoute des musiciens avec lesquels il collabore. Il connait très bien notre musique et notre univers musical, et il est souvent de bon conseil. C’est un peu notre George Martin (NDLR : le producteur des Beatles) en quelque sorte !
 
HOT HELL ROOM par Sébastien Bouysse.
Où peut-on trouver “Stasis” ?
Alan : L’album est disponible un peu partout, mais il est déjà facilement trouvable sur le E-Shop du label :
https://www.stf-records.de/shop/index.php?manufacturers_id=154&fbclid=IwAR1AHun8zlfOf3fQ0NFBrJv-85OBZMsd-9quzr9XbcARDh66fskzNiak_iQ

 

Votre actualité dans les mois qui viennent ?
Loïc :
On part en tournée avec Metallica. Ah non, avec Ghost ! Aussi, rien que pour emmerder certains qui les critiquent alors qu’il y a quelques années… Remarque c’est même pire avec Metallica enfin bon… (Rires) Évidemment il y a les goûts de chacun mais quand ce sont des critiques pour descendre bêtement et sans respecter la carrière de ces gars et de ce qu’ils ont apporté, un moment donné, faut aller voir son miroir…
Non, plus sérieusement et banalement, des concerts. Et travailler sur l’étranger pour certaines choses. Et puis franchement nos vies personnelles ont été tellement sombres ces derniers temps, pour certains d’entre nous, par superstition peut-être, j’ai dû mal à me projeter très loin dans le futur... Je préfère dire sincèrement les choses plutôt que faire le discours de façade promo habituelle, avec un plan, etc.
Alan : On a quelques dates de concerts en prévision, et nous sommes à l’écoute pour diverses propositions partout en France, à l’étranger, ou alors dans une autre galaxie lointaine, très lointaine !

 

Merci Hot Hell Room d'avoir répondu à mes questions.
Loïc :
De rien, c’est nous qui te remercions. On ne le répétera jamais assez, c’est grâce aussi à des gens passionnés et curieux comme toi que les groupes peuvent exister, chacun à son échelle, et partager leur art.
Alan : Merci pour ton soutien, depuis le début, et aussi surtout pour le travail et la passion dont tu fais preuve pour soutenir la scène locale.
 
         
Les infos utiles :
Hot Hell Room sur Facebook :
https://www.facebook.com/hothellroom/
Ecouter Stasis :

https://open.spotify.com/album/4bxDa8Cku2KIg87lqCLUl5

Discographie : Lies Box (EP - 2005) Hot Hell RooM (demo – 2009) Kali Yuga Bonfire  (2013) Architect Of Chaos (2016) Stasis (2020)

Nouveauté : ODC (Metal) Ending the Boredom (EP - 2019)

  • Le 18/06/2019

Groupe : ODC
Album : Ending the Boredom (EP - 2019)
Genre : Metal
Origine : Paris

LE GROUPE :

ODC est un quintette parisien fondé en 2017.

Il réunit, autour de Célia, (chant), deux guitaristes à huit cordes (Yann et Yannis), un bassiste (Pierre-André) et un batteur (Theo).
ODC pratique un Metal moderne à forte identité. Si nous devions le comparer à un autre groupe, nous citerions Lacuna Coil, avec un côté moins “Pop”, pour son évident potentiel à transformer le Metal en or.

Pour son premier opus, le groupe a hésité entre les deux formules : EP ou LP.
Dans une interview accordée à Hard French Metal le 13/06/2019, Célia explique : “Comme nous réalisons tout nous-mêmes, un album aurait nécessité de se retirer plus longtemps. Nous n'en avions pas envie, bien que nous ayons plusieurs autres titres à présenter.
Voici donc “Ending the Boredom”.
 
Odc ending the boredom
ODC - Ending the Boredom (juin 2019).
 
L' ALBUM :
 
D’une durée totale de vingt-trois minutes, Ending the Boredom est un cinq titres.

Soulignons d’abord la qualité de la présentation. Il est rare que le packaging d’un premier EP soit aussi soigné. Sur la pochette blanche, une photo du groupe, vu par une sorte de hublot. La chanteuse est au centre, dans un fauteuil ; les musiciens l’entourent dans une composition pyramidale.
A l’intérieur, un livret à deux feuillets, avec les paroles des chansons, et une photo du groupe en double page centrale.
Les photographies sont signées Café Crème Paris. Le graphisme est l’œuvre de Théo, le batteur d’ODC, également à l’origine du logo du groupe.

ODC apprécie décidément le DIY (Do It Yourself) puisqu’on doit mixage et mastering à Yannis, le lead guitariste du groupe. Là encore, le son est parfait (Play it loud, et au casque !) et très bien maîtrisé !
Puisqu’on est en famille, remarquons la présence sur le livret d’un nommé Cyryl, homme de l’ombre, aussi discret qu’efficace, qui participe au processus de composition. Il dirige également le clip qui représente l’opus.

Côté musique, l’EP s’ouvre sur un titre agressif et au texte original : “Houston (We Have A Situation...)”.
Le chant de Célia est soutenu par celui de William Wouaquet (Sons Of Distortion). Cette collaboration est d’autant plus surprenante que ce titre nous semble assez éloigné de l’univers des frères Wouaquet - on vous invite à visiter leur page.
Cependant ce morceau catchy est une entrée en matière totalement efficace : votre attention est captée !
Il est illustré dans un clip qui capte parfaitement le ton de l’opus (également totalement raccord avec la pochette - tout ça est savamment pensé !)
 

 

Ending the Boredom enfonce le clou en deuxième piste. Très carré, il donne son titre à l’EP, qui ne comptera effectivement pas une seconde d’ennui.
Trust in Lust est un inédit. Des phases douces permettent à Célia de poser sa voix et de dévoiler une autre facette de son talent. Son timbre alterne la douceur et l’attaque.

Why, en quatrième piste, est une pièce métallique compacte, moderne et sombre. On peut penser à Lacuna Coil.

Bleeding fait déjà figure de classique. Il clôture magnifiquement l’EP. Il est agrémenté d’un très beau solo de guitare. Le jeu évolutif de la rythmique est tout à fait intéressant. Le morceau devient plus saccadé et agressif sur sa fin, ramenant la boucle là où Houston (We Have A Situation) l’avait initiée.


NOTRE AVIS :

Packaging, compositions, textes, interprétation, qualité de l’enregistrement, clip, tout ça est super bien fichu. Il est rare de trouver un premier EP d’un tel niveau, surtout en mode “DIY”.

Moderne, bien structuré, réfléchi, musicalement très abouti, Ending the Boredom signe peut-être la “fin de l’ennui”. Il est surtout le signal de départ d’un groupe au potentiel remarquable déjà dans les starting blocks. La locomotive ODC est lancée, elle devrait partir vite et loin. Il vous appartient de monter à bord ou de rester sur le quai.

 

LES INFOS UTILES :

Retrouvez ODC sur leur site :
https://www.odc-metalband.com/

Likez leur page sur Facebook :

ODC metalband



 

Sortie d'EP : Jirfiya (Metal) Wait for Dawn (2019)

  • Le 19/05/2019
Groupe : Jirfiya
Album    : Wait for Dawn (2019)
Genre : Metal
Origine : Île de France

Jirfyia

Jirfiya, Wait For Dawn (EP - 2019).
Le Groupe :
 
Né en 2019, Jirfiya est composé d’Ingrid Denis-Payet au chant (OSCIL , Mercibo) et de deux membres de Born from lie, Pascal Davoury (basse) et Jérôme Thellier (guitare, chant).

Wait For Dawn est leur premier opus sous le nom de Jirfiya.

 

L’album :

Wait For Dawn est un EP cinq titres d’une durée de vingt-quatre minutes.

L’artwork est signé Patrick Zoroddu, artiste autodidacte parisien inspiré par des auteurs tels que Philippe Druillet, Moebius ou Enki Bilal. Vous pouvez admirer ses œuvres ici : http://patrickzoroddu.fr/index.html.

 

Jirfiya propose un Metal technique et moderne à deux voix.
On connaissait Ingrid Denis-Payet par Oscil et Mercibo. Dans ses formations précédentes, ses jolies vocalises rappelaient parfois celles d’ Anneke van Giersbergen (The Gathering).
Le chant d’Ingrid se fait ici parfois agressif, et elle s’arrache même le gosier sur le dernier titre (Waiting For Your Fall).
Elle est soutenue  en clair et en growls par Jérôme Thellier, chanteur/guitariste de Born From Lie. Sa voix claire se marie remarquablement à celle d’Ingrid (The Report Card).

 

Musicalement, Wait For dawn est un album de Metal moderne, agressif, à tendance Prog’ et technique.
Les titres sont généralement forts, rapides et puissants. Seul The Part of Light, en piste 4, ralentit le tempo.
Les compositions sont signées Jérome Thellier (tout) et Thellier/Davoury (Waiting For Your Fall). Elles laissent du champ à Ingrid pour dérouler son registre vocal.
L’ensemble est parfaitement réussi et maîtrisé, et étonnant de précision lorsqu’on pense que le groupe n’existe que depuis quelques mois.

 

Une vidéo est déjà sortie sur Youtube pour vous permettre de découvrir un morceau :

 

 

L’album est disponible en écoute et à la vente (5€) sur Bandcamp :
https://jirfiya.bandcamp.com/releases

 

Notre avis :

On connaissait Ingrid Denis-Payet avec Oscil et Mercibo, elle revient ici dans un registre beaucoup plus métallique qui lui sied à merveille. Les compositions de ses camarades ouvrent un nouveau boulevard à sa voix.
L’EP de Jirfiya est un opus technique et intéressant, déjà fort d’une personnalité, servi par des morceaux solides et originaux (The Report Card en tête).
Une carte de visite totalement impressionnante pour un groupe qui n’a que quelques mois mais qui semble déjà à maturité.
En un mot, remarquable !
 
Les liens :

 

 

Le Metal expliqué aux profanes

  • Le 02/03/2019

Article publié par Sylvain Fuschs sur Les Fils de la Pensée (http://réfléchir.net) le 03/01/2019. Reproduit avec l'aimable autorisation de son auteur.

La musique Metal s’instaure en conjuratrice de la violence plutôt qu’elle ne s’en fait la prescriptrice, et possède vis-à-vis de celle-ci les mêmes vertus cathartiques que les tragédies grecques antiques vis-à-vis de la pitié et de la crainte. Loin de mettre en scène complaisamment une situation humaine qui tourne mal, la tragédie explorée par les grecs faisait œuvre de mimêsis et de thérapie pour le spectateur. Soigner le mal par le mal, combattre le feu par le feu, plonger dans l’obscur pour y déloger de façon paradoxale une lueur libératrice qu’aucun autre genre musical ne saurait produire… Tel est l’esprit de la musique Metal.

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Le groupe de Shock-Rock BAD TRIPES - Album Splendeurs et Viscères (2013)

S’il fallait comparer le mauvais procès fait au Metal à d’autres réquisitoires, on penserait aux rituels des morts présents dans nombre de cultures du globe avant qu’ils ne furent étouffés par l’acculturation initiée par les monothéismes et leur propension à uniformiser les sensibilités, les mœurs, les canons et les formes. Les fêtes des morts ne tirent pourtant par leur source d’une fascination pour le néant mais plutôt d’un besoin de commémoration pour les âmes des défunts.

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THE FUNDAMENTAL WISDOM OF CHAOS, Harvest Of Laments (2018).

Nous pourrions également comparer ce procès au refus des mystères de l’ombre de notre modèle actuel de civilisation basé sur l’évidence des Lumières, qui a pourtant produit ses propres dérives : principe de précaution poussé jusqu’à bannir toute forme de risque alors que vivre, c’est parfois risquer ; impératif de transparence contre-productif et générateur de malaise ; hygiénisme incitant chacun à mener une existence aseptisée sans couleur ni saveur ; expurgation de tout excès lié à la fête par nature ambivalente et dionysiaque ; négation des forces liant l’homme à la nature. Comment s’étonner dès lors de la recrudescence des extrémismes et des pratiques extrêmes en tout genre faisant office de chambres de compensation pour les névroses se développant à l’ombre d’un vitalisme étouffé ?


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BORN AGAIN, album "True Heavy Nation" (2018)

Le Metal, assigné au rôle de mauvais clown par la scène musicale officielle, n’en finit pourtant pas de remporter succès après succès auprès d’un public invisible mais fidèle et nombreux, comme un hommage du fatum à la morale toute faite, comme un rappel des profondeurs à l’aplat de la raison, comme la rançon due par la pensée à ce qui demeure impensé.