MOBIUS (Metal Prog') : "KALA" dans le texte

  • Le 08/02/2020

Interview réalisée pour Hard French Metal le 08/02/2020

En 2016, “The Line”, premier album d’une jeune formation de Prog’ Metal française, laissait entrevoir le potentiel d’un groupe encore en devenir : Mobius.
En 2020, les Lyonnais présentent un second opus ambitieux, finement sculpté, intelligent,
raffiné, qui tire son Metal technique et puissant vers les musiques du monde, à coups de sanskrit, de chant mongol, de duduk.
Imposant Mobius
comme une valeur montante de la nouvelle scène Metal française, “Kala” enfonce le clou du talent planté par son prédécesseur et nous entraîne en Inde où il s'interroge sur la condition humaine... A propos, le XXIème siècle serait-il spirituel comme le supposait Malraux ? Ce n'est pas Mobius qui vous dira le contraire. En tous cas pas dans cette interview...


Mobius band1 Photo Quentin Thomas / Heli Andrea

 
"Je ne suis même pas sûr que nous puissions affirmer que la musique indienne est une partie de Mobius. C'est certainement une partie de Kala, mais c'est 
tout ce que nous pouvons dire aujourd'hui..."
Guillaume (claviers)

Bonjour Mobius. Vous voici avec un nouvel album... Fiers de votre bébé ?
Héli (chant) :
C'est le premier opus qu'on a fait avec Xavier (guitare) et Alex (basse), qui sont arrivés dans le groupe après notre premier album (“The Line” -2016). On a construit "Kala" tous ensemble du début à la fin. Neuf pistes riches dans leurs influences, sincères dans leurs concepts, et qui m'ont permis de découvrir des cultures, des artistes, et de passer pas mal d'étapes personnelles. Donc pour ma part, je suis super fière de "Kala" et de ce qu'il montre de Mobius aujourd'hui.
Adrien (batterie) : Très fier de cet album oui, il représente vraiment la musique que nous aimons faire aujourd'hui, et quand je remonte les années et que je me revois avec Guillaume faire des reprises de Nightwish au lycée pour au final en arriver là, je me dis que ça valait le coup de persévérer.

 

“Kala” est un mot sanskrit qui signifie “Temps”. Pourquoi ce nom ?
Héli :
A l'époque où nous avons commencé à composer l'album, le père de ma sœur est décédé. Il se savait condamné à court terme et il s'est rapproché de la religion. Il faisait le point sur sa vie, sur ce qu'il avait réalisé. Il était très solitaire et est mort seul dans son appartement. J'ai souvent imaginé ce moment où il est mort, lorsqu'il a senti son cœur arrêter de battre. J'ai imaginé cet instant précis du passage de la vie à la mort, la fraction de temps où la conscience cesse d'être attachée au corps. La chanson Abhinivesha est un arrêt sur image. C'est un instant imaginé, teinté d’une atmosphère mystique.
Cette première chanson que nous avons écrite et mise en clip est le point de départ de l'album. Chaque piste se passe dans un instant précis : entre la vie et la mort, entre la mort et la vie, pendant la décomposition du corps, après son incinération, ou dans un instant de vie intense.
Le temps est donc un élément essentiel de l'album. En discutant avec Guillaume (claviers) du concept des chansons, il a trouvé ce nom.
 

 

L'écriture de Kala a-t-elle été pour toi un voyage personnel qui t'a permis de concevoir le deuil d'une manière différente, plus apaisée ?
Héli :
Les concepts et les images que j'ai développés dans Kala sont mes pensées à propos de la mort. Je suis une personne très cartésienne mais réfléchir à la façon dont nous sommes liés à la nature et à l'univers m'a fait penser à de nombreuses belles images spirituelles. Maintenant, je pense vraiment que nous sommes plus connectés à la nature que nous le pensons, et nous avons tous une place sur terre. Je pense qu'après la mort, notre corps (au moins) retourne à la nature, ou à l'univers, d'une manière ou d'une autre. Soit il est enterré et nourrit les plantes et les animaux, soit brûlé et l'eau et les cendres vont dans l'atmosphère... D'une manière ou d'une autre, nous nourrissons l'environnement qui nous entoure et nous transformons en biodiversité. Cette idée de recyclage est une belle idée. “Rien ne se perd, tout se transforme”. Et j'ai moins peur de ce qui va se passer après ma mort. Écrire KALA m'a fait avancer sur cette réflexion. Une de mes phrases préférées dans l'album est celle-ci, d'Abhinivesha : “We're stars in Universe’s soul”, (Nous sommes des étoiles dans l'âme de l'univers). Je crois que nous sommes bien plus que ce que nous pouvons penser. Nous n'avons aucune idée de l'impact que nous avons sur les autres et sur la nature. Et si parfois nous pouvons nous sentir mal, coupables, tristes, nous sommes aussi incroyables ! Nous faisons partie du cycle et nous sommes capables de belles choses. Nous faisons partie de la nature, de l'humanité, de l'univers.

Tous les morceaux portent un titre en sanskrit, y compris le triptyque
A-U-M (Om̐) des pistes 1, 4 et 7 . “Kala” est-il un concept album ?
Héli :
Il y a un concept qui lie les chansons entre elles. Les thématiques se répondent et les chansons baignent toutes dans un même univers. Mais il n'y a pas d'histoire d'un personnage qu'on suit chanson après chanson. Donc il y a bien un univers cohérent dans l'album, mais je ne sais pas si on peut parler de “concept album”.

 

Ce qui est sûr, c’est que “Kala” est ambitieux, homogène et abouti. J'imagine qu'il a nécessité énormément de travail, peut-être même de documentation avant l'écriture et la composition. Combien de temps y avez vous consacré et vous est-il arrivé d'avoir peur de l'ampleur de la tâche ?
Héli :
Pour le chant, j'ai pris le temps de plonger dans des écrits divers allant de la recherche de langues que je voulais utiliser (j'hésitais entre Tamil, Hindi, Sanskrit et d'autres), à la découverte de la musique carnatique du Sud de l'Inde et ses symboliques, à des livres et sites web sur la société indienne. Je ne savais pas du tout où chercher, alors j'ai ratissé large pour me mettre dans l'ambiance et trouver un décor. Puis j'ai gardé ce qui m'importait le plus : des histoires de création du monde, le rapport au temps et au corps, l'aspect cyclique et interconnecté de toute chose, des images inspirantes. Au final, il n'est pas question de divinités hindoues, ni de l'Inde. Mais cela a créé un décor pour l'album, et teinté les paroles et les visuels, clips, photos, pochette. C'était un travail libre et passionnant, sans pression, donc je n'avais pas peur de la tâche mais j'avais à cœur de bien prononcer et bien comprendre les concepts des mots Sanskrit que je voulais utiliser.
Adrien : Au niveau du travail de composition instrumentale on avait déjà trois compos bien avancées, notamment sur la structure des morceaux, et c'est plus dans le travail d'arrangement et de recherche de son que nous allons prendre du temps et prendre les infos nécessaires pour rendre le tout cohérent. Après on évolue dans un style où il n'y a pas vraiment de limites et c'est ce qui nous plaît.

 

Qui a réalisé l'artwork et quelle en était l'idée ?
Héli :
C'est Vincent Fouquet (alias Above Chaos ) qui a réalisé l'artwork de KALA. Il avait déjà réalisé la pochette de notre premier album. Nous avons beaucoup discuté des thématiques, et avions défini une charte graphique. Il a réalisé une pochette en accord avec les images que j'avais en tête quand j'écrivais les paroles. Je visualisais quelque chose de circulaire, de dynamique (comme la vitesse à laquelle passe la vie), des cendres et de la poussière (après crémation d'un corps), des étoiles (parce que nous rejoignons l'univers), des cellules qui s'agglomèrent pour former la vie (centre de la pochette), et un cycle incessant entre ces étapes. On peut trouver tous ces éléments sur la pochette.
Nous voulions un univers visuel brillant, lumineux et obscur, mystérieux et moderne. Et surtout pas quelque chose de sombre et de déprimant ! Nous lui avons fourni tous ces éléments, et il les a traduits d'une façon abstraite. C'est une pochette magnifique dans laquelle on peut se perdre.
 
Mobius

 Mobius, Kala (2020) - artwork signé Above Chaos

Et la musique ? Qu'est-ce qui a conduit Mobius en Inde ?
Adrien :
Nous sommes curieux, je pense, et nous aimons la musique dans son entièreté, pas seulement pour le Metal ou le Rock. Alors pourquoi ne pas essayer de mélanger différents styles et essayer d'avoir quelque chose d'original à proposer ? Il y a aussi beaucoup de belles sonorités, d'instruments ou de belles voix.
Guillaume (claviers) : Je ne pense pas que c'était un “choix conscient” d'incorporer des éléments de la musique indienne ou orientale à nos chansons. Je ne suis même pas sûr que nous puissions affirmer que la musique indienne est une partie de Mobius. C'est certainement une partie de Kala, mais c'est tout ce que nous pouvons dire aujourd'hui... Quand Adrien a proposé les trois premières chansons inspirées de l'hindouisme et de la musique indienne, tout le monde a accepté de suivre cette direction car c'était un territoire inconnu et inspirant pour nous tous (en termes de voix, de techniques de composition, et d'instruments). Je pense que c'est notre curiosité partagée et nos goûts musicaux éclectiques qui permettent à la musique orientale d'avoir une part importante dans notre musique aujourd'hui.

 

Héli, tu t'intéresses aux techniques vocales à travers le monde. Tu t'es essayée au konnokol sur cet opus... Au fait, c'est quoi le konnokol ?
Héli :
Le Konnokol est un chant rythmique traditionnel originaire d'Inde. C'est un chant plus percussif et rythmique que mélodique. Adrien a eu envie d'écrire une partie Konnokol sur notre première chanson “Abhinivesha अभिनिवेश”, donc c'était une découverte pour moi, et un travail très intéressant. Sur Abhinivesha, il y a donc un passage où la batterie et le chant sont exactement ensemble, avec les mêmes accents. C'est un de mes passages préférés de l'album. Pour Kala, j'ai aussi ajouté des techniques vocales que j'ai exploré ces deux dernières années, comme le chant long mongol, ou des touches de chant diphoniques. J'ai aussi des inspirations amérindiennes. Pour le reste, j'ai surtout essayé d'enrichir et de développer mon timbre, d'avoir plus d'émotions et de libérer ma voix.

 

Avez vous employé des instruments particuliers pour souligner l'inspiration indienne de cet album ?
Guillaume :
La synthèse audio aujourd'hui permet de bénéficier d'instruments du bout du monde au rendu bluffant. L'enjeu, ensuite, est de ne se pas s'éparpiller dans le choix des instruments à incorporer, et surtout d'appréhender au mieux l'articulation de chaque instrument pour obtenir le rendu le plus réaliste possible.
Sur Kala, les instruments qui donnent le plus une “couleur” proche de la musique indienne sont évidemment le sitar du côté des cordes, et les tablas du côté des percussions. C'était les deux instruments que je connaissais avant qu'on se lance dans Kala, pour le reste il a fallu fouiller et explorer. Pour enrichir les percussions, j'ai donc découvert le ghatam et mrindangam (notamment sur Mukti), et pour les cordes la vînâ (notamment sur Agni).Ensuite, il y a le son le plus récurrent des parties claviers, que j'ai introduit dès Abhinivesha. C'est en fait un mélange de deux instruments : le santour et le dulcimer. Le santour est d'origine perse/iranienne et a trouvé sa place dans tout le Moyen-Orient, en revanche le dulcimer a plutôt des racines européennes voire nord-américaines dans certaines de ses variantes. Quoi qu'il en soit, le mélange de ces deux instruments à cordes frappées m'ont donné le rendu que je souhaitais pour percer au milieu de cette avalanche de riffs !
Enfin, un instrument à vent qui ne fait pas du tout partie de la musique indienne mais que je porte dans mon cœur pour ses sonorités des plus envoûtantes : le duduk. Il avait déjà son rôle quelque part sur The Line, il est fort possible que je lui trouve un petite place à chaque album.
Adrien : Nous avons principalement utilisé des vsti (instruments virtuels) pour une question de facilité et aussi aujourd'hui nous pouvons trouver des échantillons de sons qui sont très proches du son original. Dans ces Vsti nous avons beaucoup pioché dans les sons de sitar et dulcimer pour le coté indien.

 

 
Mobius band 2

 Photo Quentin Thomas / Heli Andrea
 

Passons aux textes. Pour le Sanskrit, vous avez été aidés par Kathyr Aryaputra (du groupe singapourien Rudra), que vous découvriez grâce à son travail sur le titre “Deva Devam” de Rotting Christ...
Héli :
J'ai découvert l'album de Rotting Christ “Rituals” qui accueille quelques featuring très intéressants comme Diamanda Gallas ou Vorph (Samael). Parmi les chansons de cet album très riche se trouve “Deva Devam”, un titre dans lequel j'ai entendu la voix de Kathir Aryaputra, chanteur de Rudra (groupe de Vedic Metal originaire de Singapour). J'ai adoré son travail en sanskrit et son timbre vocal. Alors je l'ai contacté, et je lui ai parlé de notre projet d'album. J'avais envie de chanter dans une autre langue que l'anglais, et le sanskrit me semblait vraiment approprié pour servir l'atmosphère que nous voulions donner à Kala. Il a tout de suite été emballé pour me soutenir dans ce travail, corriger le sanskrit, et m'aider dans la prononciation et la compréhension des mots. En définitive, à part les titres et quelques phrases, il n'y a pas énormément de paroles en sanskrit dans cet album. Mais les mots utilisés sont forts et ils dessinent une atmosphère et un décor dans chaque chanson.
Au-delà de ce travail d'écriture, Kathir a accepté d'enregistrer sa voix sur “M”. Je suis très heureuse d'avoir fait ce featuring avec lui.

 

Abhinivesha c'est “la peur de la disparition matérielle”, Sharira correspond au “corps”, Mukti à “l'individualité humaine”, Bhati signifie “naître”... Chaque titre de Kala semble un concept plus qu'un simple mot...
Héli :
L'idée était de donner à chaque chanson une ambiance différente, mais aussi de les relier entre elles. On peut trouver des mots qui se répètent dans différentes chansons par exemple.
Abhinivesha” अभिनिवेश signifie “Peur de la mort, de la disparition matérielle”. Elle se déroule à la seconde précise entre la vie et la mort. À la fin de la chanson, nous entrons dans la mort. C'est pourquoi dans le clip, il y a une symbolique avec notre peau qui devient charbonneuse.
Sharira” शरीर (Sanskrit pour “Corps”) parle d'un corps enterré qui se décompose et nourrit la terre tandis que “Akasha” आकाश explore la crémation et l'esprit qui voyage avec les cendres. Akasha signifie “Ether”, qui constitue l'univers. Dans ma tête, j'avais cette image d'un corps brûlant, les cendres flottant dans l'air, planant dans l'atmosphère et dans l'univers, emportant l'esprit avec elles. “Mukti” मुक्ति (“Libération”) traite de ce qui fait de nous des individus. C'est la seule chanson qui se déroule dans la vie et la société. Nous devenons un individu quand nous disons «Non !». C'est de cela que parle Mukti. Elle traite de l'affirmation de soi et de la rébellion face à des codes et des carcans qui nous empêchent de vivre librement.
Et “Bhati” भाति (“début”, “naître”) se concentre sur la renaissance, la réincarnation et des explosions de vitalité. Celle-ci fait la transition entre la mort et la (re)naissance. C'est l'histoire d'un bébé qui vient au monde. Tout est en conflit : l'enfant a du mal à conserver les souvenirs d'une vie passée alors que de nouvelles sensations émergent et qu'il éprouve un amour infini de ses nouveaux parents et de sa famille.
Ensemble, “A”, “U” et “M” forment le son de la création, et “Agni” अग्नि est le feu, où tout a commencé...
Abhinivesha (première chanson de l'album) parle de la fin de la vie et de l'entrée dans la mort, et Bhati (dernière chanson) parle du début, de la renaissance. C'est une boucle.
 

 

J'aimais beaucoup The Line, votre premier album, mais je trouve que vous avez fait, avec Kala, un pas de géant qui vous donne une véritable singularité...
Adrien :
Merci et c'est peut être grâce aux “erreurs” du premier album que nous avons là quelque chose de plus “qualitatif”. On continue d'apprendre, on évolue, on découvre de nouvelles choses et surtout on apprend ensemble, en tant que groupe avec cinq individualités différentes, ce qu'on aime faire, ce qu'on aime jouer et ce que nous voulons partager à travers la musique qu'on propose.

 

On compare souvent les groupes de Prog à Dream Theater, Freak Kitchen, Marillion, ou à quelque aîné prestigieux. Je n'arrive pas à trouver la filiation de Mobius. Est-ce parce que vous puisez d'abord votre inspiration dans les musiques ethniques, traditionnelles ou folkloriques ?
Heli :
On ne sait pas nous-mêmes ce qu'on fait ! (Rires) On écoute bien sur du Prog mais très peu de groupes font l'unanimité entre nous. Ceux qui nous plaisent à tous sont surtout des groupes de Metal moderne comme Leprous, Agent Fresco, Tesseract, ou Sleep Token plus récemment. Mais on a tous des goûts très différents allant du rock à la pop, du jazz, du classique, des musiques du monde entier. Guillaume et Adrien sont très jazz et ont un bagage de la Réunion (rythmes maloya ou sega, musiques du monde), Alex est fan de pop/rock, Xavier vient d'Iron Maiden et de Pink Floyd, et j'écoute des musiques traditionnelles de Mongolie. C'est évidemment très réducteur, mais on partage beaucoup nos influences diverses, et on fait notre cuisine comme ça. Ce qui fait que nous avons du mal à nous classer nous-mêmes.

 

Le 29 février il y aura la release-party de Kala, au ROCK N EAT official(by céd & mike) de Lyon. Vos projets ensuite ?
Heli :
Profiter de la sortie de l'album, peut-être préparer un clip en live studio. En Juin, nous jouerons au Comendatio Music Fest 2020, au Portugal, avec des groupes que nous aimons beaucoup (Monuments, Voyager, Haken, Vola et d'autres). Nous aimerions beaucoup prévoir une tournée pour la fin d'année, jouer en Angleterre aussi et en France bien sur, jouer Kala en live surtout !
Adrien : Faire vivre et jouer Kala le plus possible et commencer à regrouper des idées pour la suite.
Mobius par Thierry Bouriat.

Merci Mobius de nous avoir accordé cette interview.
Heli :
Merci à toi pour cette interview ! Et merci à tous tes lecteurs curieux !
Adrien : Merci à toi et mangez du massalé.
 
     
Infos utiles :

Mobius sur Facebook :
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Mobius sur Bandcamp :

https://mobiusofficial.bandcamp.com/
Mobius sur Spotify :

https://open.spotify.com/album/3WX3hxZlc6JpXdGUr1G3P7
Mobius en concert :
. 29/02/2020 à Lyon (Rock’N Eat)
. 05/06/2020 au Comendatio Music Fest (Portugal)
 
Mobius par Thierry Bouriat.
Les photographies de Mobius en concert sont de Thierry Bouriat Photography. Nous le remercions pour ses conseils et son aimable autorisation.
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