Vol au dessus d'un nid de Harpies

  • Le 22/10/2019

Groupe : Les Harpies, ou Chiennes de Zeus
Genre   : Folk Hybride
Album   : L'envol (EP - 2019)
Origine : Paris


Le trio parisien de Folk hybride vient de présenter L'Envol, son premier EP.
Les voix de Julie, Manon et Alaïa sont servies par des instruments aussi divers qu'un violoncelle, un djembé ou un banjo.
Voici quelques secrets de fabrication d'un vol au dessus d'un nid de Harpies.
Bienvenue chez celles qu'on nomme aussi les Chiennes de Zeus.

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De gauche à droite Manon, Alaia et Julie. Photo : DARKGOTHIQUE

Bonjour Les Harpies. Vous venez de sortir "L'Envol". Combien de temps a-t-il fallu pour réaliser cet EP ?
Julie : En soi ça n’a pris que quelques jours d’enregistrement mais tout le processus (avant et après) a été beaucoup plus long ; Pierre, notre premier violoncelliste ayant déménagé à Copenhague, il a fallu s’organiser pour qu’il puisse revenir enregistrer. Et puis c’était notre première expérience d’enregistrement pour le groupe, on ne savait pas trop dans quel sens prendre les choses…Donc ça été un peu laborieux, maladroit… mais on a appris beaucoup !

Qui a écrit les cinq compositions qui figurent sur cet opus ?
Manon : Yule et L'envol sont le fruit d'un travail basé sur de l'improvisation à trois. Julie a écrit Burn, j'ai écrit Aphrodite et Mélopée, et Alaia a ajouté le basque.

Yule, illustré par Sol'N Barbier.

"N'ayant pas de percussionniste au moment de sa création,
nous avons utilisé un pouf de rangement en guise de percussion !"



Comment vous répartissez-vous les lignes de chant ?
Julie :  Au début on mettait souvent Manon dans les graves, Alaia dans les médiums et moi dans les aigus. Puis à force de chanter ensemble on s’est rendues compte qu’en ayant des voix différentes, on avait des capacités similaires au niveau de l’étendue vocale. Donc depuis on s’amuse plus à interchanger, parfois au sein d’un même morceau ;
Alaia : Soit on a déjà les voix en tête et on les apprend aux autres, soit ensemble on improvise, on voit, on se fait plaisir et surtout on s’amuse.
Manon : Sur Yule et L'envol, c'était du ressenti, de l'improvisation. Sur les trois autres, cela varie en fonction de qui la chanson parle, la protagoniste chantant la lead. Ainsi, Lily est la protagoniste de Burn, chanté par Julie ; Alaia est celle d'Aphrodite, et je suis celle de Mélopée. Une fois que cela est établi, les harmonies sont écrites comme des réponses ou des réactions des deux autres personnages à la protagoniste.

Quels sont les instruments et les musiciens qui accompagnent votre trio sur ce disque ?
Alaia :
Elliot, Pierre et Gaël, et on les aime.
Julie : Pour L’envol et Yule ce sont surtout nos voix avec de multiples superpositions agrémentées de différents petits bruitages ainsi qu’un baton de pluie (pour l’Envol) ou un djembé (pour Yule) joué par Gael Payet. Pour Aphrodite et Mélopée c’est du banjo (Elliott Stoltz) et du violoncelle (Pierre Laffitte) et du djembé (toujours Gael). Pour Burn, même équipe sauf qu’Elliott troque son banjo contre une guitare acoustique.
Manon : Fun fact pour l'Envol : n'ayant pas de percussionniste au moment de sa création, nous avons utilisé un pouf de rangement en guise de percussion !

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Les Harpies et leurs Harpos - Photo Baptiste Joet.

L'Envol me conduit aux Balkans, à l'exception de "Burn", seul titre en anglais qui m'évoque l'univers de Noa (la chanteuse, pas le tennisman !)...
Julie :
C’est drôle que tu dises ça, ça ne me serait jamais venu à l’esprit ; Ma mère écoutait beaucoup Noa quand j’étais petite, et j’aime beaucoup… inconsciemment cela s’est peut être infiltré dans mon identité musicale ? Pour le reste c’est vrai que les musiques traditionnelles en général (dont celle des Balkans) nous parlent beaucoup. On aime leur aura mystique. C’est de la musique qui a une âme, de la profondeur, de la chaleur, de la viscéralité et une grande esthétique… quelque chose qui nous touche et qu’on a envie de reproduire avec notre musique.
Alaia : Rigolo, Julie et moi avons grandi en écoutant Noa et je n'ai jamais fait le rapprochement avec Burn, mais maintenant que j’y pense...
 

"Depuis qu’on a fondé ce groupe, on continue de se découvrir vocalement."
 

A l'écoute de la dernière piste (L'Envol) j'ai aussi pensé au chant mongol. Y a-t-il des univers vocaux que Les Harpies ont envie d'explorer ?
Alaia :
J’ai grandi avec des parents musiciens touche-a-tout, j’ai écouté des styles complètement différents toute mon enfance, et j’ai développé une obsession pour le chant mongol étant petite.
Julie : Depuis qu’on a fondé ce groupe, on continue de se découvrir vocalement, on teste des choses, on se surprend… on aime les associations atypiques donc qui sait ce qui viendra par la suite ?
Manon : Nous avons chacune une technique similaire mais des timbres distincts, marqués par nos origines. Nous voulons nous servir de ces bagages pour faire voyager le public. D'ailleurs en concert, on peut entendre du Maloya qui est un genre musical de l'île de la Réunion, un chant né de l'esclavage, chanté en malgache ou en créole.

Vous avez choisi Mélopée pour illustrer cet EP. Quelques secrets de tournage pour Ahasverus ?
Julie :
C’était un tournage maison, en petit comité, qui s’est fait de manière plutôt efficace. Pour les plans où nous sommes peinturlurées, il nous a fallu plus d’une heure et demi pour nous tartiner mutuellement. Mon appareil photo a d’ailleurs été baptisé ce jour là, il reste des paillettes…et pour les plans en tenue de concert… comment dire… c’était le matin, il faisait  froid, et on était un peu un objet de curiosité pour les coureurs du weekend…
Alaia : Alors c’est un certain furet nommé Baptiste Joët qui a filmé les plans où nous sommes à trois, donc merci à lui. Merci à tous les joggeurs présents à huit heures du matin dans le parc de s’être arrêtés pour nous regarder courir dans nos robes, et s’allonger sur des statues. C’était… une expérience !



Où peut-on découvrir et se procurer L'Envol et existe-t-il en version physique ?
Julie :
Nous avons diffusé l’Envol via Distrokid qui le diffuse ensuite sur Spotify, iTunes, Apple Music, Pandora, Amazon, Google Play, Tidal, iHeartRadio, YouTube, Deezer et de nombreuses autres plateformes de streaming. Pour le moment pas de version physique non.

Vous serez le 31/10/2019 à 20 heures au Salon du Fantastique à Paris XVII. D'autres projets dans votre futur proche ?
Manon :
Il se pourrait que nous travaillions au prochain EP…
Julie : On n'est pas encore tout à fait sorties de notre spirale infernale du violoncelliste disparu. On s’en sort pour les interventions dans des évènements tels que Cidre et Dragon ou le Salon du Fantastique, mais pour ce qui est des vrais concerts narratifs comme on a pu en faire, on préférerait être en version complète. Donc il faut qu’on trouve enfin chaussure à notre pied. Notre percussionniste principal Gaël est également en tournée à la Réunion jusqu’à la fin d’année; en son absence nous avons JP pour le remplacer… On a adapté la plupart des morceaux pour pouvoir les jouer sans violoncelle, et ça fonctionne, la magie est toujours là ! Donc en attendant notre “formation idéale”, on va continuer de jouer un peu partout, on vous tiendra au courant sur la page facebook !

Je sais que le temps vous est précieux car, d'un point de vue artistique, vous faites chacune mille choses. Merci Les Harpies d'avoir pris le temps de répondre à mes questions
Julie :
Merci à toi de promouvoir notre travail ! A bientôt !
Manon : Merci pour l'intérêt porté à notre projet, cela nous touche immensément, nous avons hâte de présenter la suite !

Logo sol n

 

Les Harpies selon Sol'n Barbier.


Les Harpies, ou Chiennes de Zeus, seront en concert au Salon du Fantastique, Espace Champerret, 6 Rue Jean Oestreicher, 75017 Paris, le jeudi 31 octobre 2019  sur la Grande Scène à partir de 20h pour un set de 45 min.

Les Harpies sur Spotify :
https://open.spotify.com/album/43MMDvIJbjICIWqE3Jbvf7

Retrouvez les illustrations de Sol'n Barbier ici :
https://solemntempo.tumblr.com
Et les photos de Darkgothique là :
Darkgothique photo

 

 

LES HARPIES