MUNDILFARI : Premier acte (interview)

  • Le 29/05/2021

Nouveau venu sur la scène française, Mundilfari  mêle à ses instruments électriques un violoncelle et une flûte. Son premier album, « The Last Soul Standing », raconte l'histoire d'un clan danois égaré sur les terres islandaises.
Pour autant n'entendez pas faire de Mundilfari un combo de métal viking. Opeth, Solstafir, Iron Maiden, Devin Townsend, Apocalyptica, Dream Theater, Nightwish sont les références citées par une formation qui n'entend pas nous laisser coller une étiquette à son métal.
Nous avons questionné le quintette pour en savoir un peu plus...

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Vous voyez aujourd’hui un « Mundilfari » noir et blanc, c’est un tableau qui n’est volontairement pas figé, on s’est inscrits là-dedans pour cet opus, mais il ne faut pas considérer cela comme quelque chose d’inaltérable.


Bonjour Mundilfari. Comment présenteriez-vous votre groupe à ceux qui vous découvrent ? 
Mundilfari :
De prime abord, en référence au nom du groupe, d’aucuns pourraient penser qu’il s’agit d’un projet à coloration celtique, nordique ou autre. Ceci étant, il ne s’agit pas de réduire pour autant les inspirations et projets de la collégiale mixte à ce contexte. Nous sommes avant tout des passionnés de musique, motivés plutôt par le respect d’une cohérence d’ensemble que par l’adhésion à tel ou tel courant. Vous voyez aujourd’hui un « Mundilfari » noir et blanc, c’est un tableau qui n’est volontairement pas figé, on s’est inscrits là-dedans pour cet opus, mais il ne faut pas considérer cela comme quelque chose d’inaltérable.

Comment le concept de l’album a-t-il pris forme ?
Il faut savoir qu’avant même d’envisager de concevoir un album nous étions partis sur la création d’un EP qui devait contenir quatre ou cinq morceaux. Ces premiers titres avaient ce lien entre eux que nous avons conservé a posteriori lorsque nous avons pris la décision de pousser le développement du projet initial jusqu’à la conception de l’album tel que vous pouvez le découvrir aujourd’hui. La première ligne directrice dépeinte fut celle du voyage d’une horde viking à travers l’Europe. Les compositions instrumentales installèrent l’ambiance générale, la voix est venue faire le liant entre tout ceci, permettant de respecter l’idée du « conceptuel ». Même si le sujet « vikings » et mythologie nordique nous plaît, l’album aurait pu aussi bien suivre l’errance d’un Ronin (Samouraï médiéval sans maître).

Un mot sur l’écriture et les langues utilisées dans vos textes ?
Les textes sont majoritairement écrits par Leina, notre chanteuse. Dans certains morceaux elle rajouta des interventions en langues scandinaves (Islandais ou Norvégien). D’ailleurs l’appropriation de ces phonétiques particulières nécessaires pour restituer une prononciation correcte, notamment lors de l’enregistrement, ne fut pas une mince affaire. Dans l’ensemble le texte suit la même logique que la mélodie ou le rythme : une totale liberté d’inspiration et d’interprétation.

Il y a beaucoup d’éléments dans votre musique, j'ai même trouvé au titre « Aras » un côté psychédélique...
Concernant « Aras » il s’agissait en effet d’une volonté de notre part lors de sa conception. Julien, pour le coup, avait en tête quelque chose d’assez « électro », qui, après que nous nous soyons exprimés dessus, est devenu ainsi avec ce « ressenti » un peu décalé. Concernant le reste de l’album, c’était également un choix d’éviter de faire quelque chose de trop redondant. C’est ainsi que, comme tu l’as remarqué, chaque partie de cet album offre une ambiance différente, avec pour toile de fond le concept autour des vikings.

Qui a réalisé l’artwork et le logo et que souhaitiez-vous véhiculer ?
Comme tu t’en doutes déjà, tout est issu d’un travail de groupe. Chaque élément important est décidé suite à des « brainstorming », ou réunions, appelles-ça comme tu veux, après lesquels nous décidons de prendre une orientation ou de valider une décision. Nous concevons les choses nous-mêmes, et même la musique, vois-tu. (Rires)

PhotoUne violoncelliste, une flûtiste... Comment est née l’idée de la configuration du groupe ?
Le violoncelle était déjà présent à la genèse du groupe puisque jouant avec notre batteur dans leur groupe précédent. Concernant la flûte, ce n’était pas une recherche primordiale, mais un plus amené par Leina, que nous avons découvert au fil du temps. Son intégration sur deux titres amène une légèreté et une fraîcheur dont nous avons décidé de ne pas nous priver. Il s’agit donc à la base d’une configuration plutôt standard - batterie, guitare, basse, chant - un peu enrichie par l’ajout du violoncelle. Les constructions effectuées ensuite entre tout ce petit monde permirent de produire ceci, en accord avec tous, mais c’est aussi une question de conjonctions.

Comment intégrez-vous ces instruments entre eux dans le processus de composition ?
Comme nous venons d’en parler, en fait nous fonctionnons dans l’autre sens. Le violoncelle était là à l’origine, ce n’est pas une pièce rapportée avec les obligations que cela impose, notamment s’agissant de l’apprivoisement d’une « bête curieuse ». De qui que provienne telle ou telle idée, tout est intégré à l’origine, tout le travail restant à faire bien entendu, l’idée seule ne suffisant pas... hélas !

« Down to Helheim » est le premier morceau que vous avez choisi pour représenter l'album. Pourquoi ce choix ?
Question pas forcément évidente... On va t’avouer qu’il ne fut pas simple de trouver un titre qui mette tout le monde d’accord de prime abord. Rappelons que nous sommes cinq avec chacun, malgré tout, des sensibilités différentes. Donc même si nous aimons tous chacun des morceaux dans leur finalité, il ne fallait en garder qu’un seul. Alors comment te dire... Chacun essayant de convaincre l’autre autour d’une bière... ou à coup de dessous de table... ou d’autres techniques plus basses les unes que les autres... Quelqu’un (et il y a forcément un gagnant) a réussi à corrompre les autres (humour !). Ce que nous retenons c’est surtout qu’aujourd’hui nous validons tous ce choix qui, si nous l’avions su avant, aurait fait l’unanimité sans nul doute. Ce ne fut pas chose aisée mais nous en sommes satisfaits.

Sous quels supports sortira l’album ?
Version digitale, en attente des CD, et très certainement sur support vynile.

Votre activité dans les mois à venir ?
Rosé, plage et monoï... Plus sérieusement... Planifier quelques dates, les préparer avec le plus grand enthousiasme, et comme quelques idées se sont glissées par là... Commencer à préparer le petit frère !

Merci Mundilfari de nous avoir consacré du temps.
Un grand merci pour l’intérêt, en espérant que l’album vous ait plu !


Line-Up :

  • Jibi (basse), Ju La Bûche (batterie), Gaëlle (violoncelle), Jeep (guitare) et Leina (chant).

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