Back to the roots : HOT HELL ROOM, "Kali Yuga Bonfire" (2013)

  • Le 25/12/2020

Roots, bloody roots... Après Mobius et The SoapGirls, c'est au tour des Franciliens d'Hot Hell Room de revenir sur l'opus dans lequel ils posaient les fondations de leur Heavy Rock. Nous avons choisi leur premier album : "Kali Yuga Bonfire".

Hot hell room kali yuga bonfireMais remettons les choses dans leur contexte : nous sommes en 2013. C'est l'année folle où l'on trouve de la viande de cheval dans des plats "100% pur bœuf" et où l'on découvre qu’un ministre du budget planque ses sous en Suisse. C'est aussi le mariage pour tous, et Léonarda qui interpelle François Hollande, président de la République.
Côté musique ça marche plutôt bien : Deep Purple sort "Now What ?!", Daft Punk "Random Access Memories". Stromae triomphe avec "Racine Carrée". Où se situe Hot Hell Room dans tout ça ?

Ludo Rouix (batterie) :
Salut Ahasverus. En effet l’actualité a été, comme tu la citais, un peu folle cette année-là !  Concernant Hot Hell Room, en 2013, nous présentions et défendions sur quelques scènes notre premier album «Kali Yuga Bonfire». Il est sorti au début de l’année 2013, de mémoire (Alan a une meilleure mémoire que moi). C’est également l’arrivée de Sébastien (guitariste), ce qui nous a permis de renforcer la présence des guitares au sein des morceaux. Donc le groupe était composé de Loïc Malassagne (Chant), Alan Raoul (basse), ShazyBob (Guitare), Sébastien Luccioni (guitare) et moi-même (batterie).
Alan Raoul (basse) : Salut Ahasverus ! On a lancé la machine à remonter le temps, le convecteur temporel est en marche, direction 2013 (rires). Mais pour commencer, et si on veut parler de cet album, il faut revenir à l’année 2011, car il a été composé au début et enregistré à la fin de cette même année. Ensuite, la finalisation et le mixage ont été réalisés au début de l’année 2012. A cette époque on évoluait sous la forme d’un trio composé de Loïc, Ludo et de moi. C’est à l’automne 2012 que ShazyBob nous a rejoints comme second guitariste. La suite, Ludo l’a bien résumée : c’est en 2013, que nous avons donné les quelques premiers concerts pour défendre l’album sur scène et que Sébastien est arrivé. Ces années représentent vraiment les débuts de l’aventure Hot Hell Room sous sa forme actuelle. C’est aussi l’année de notre première vidéo, avec le titre «Humanity Will Never Change», réalisée par Eddy Norman.

Après une démo sortie en 2005, quand vous décidez d'écrire un album, vous parlez de la direction à prendre, des thématiques à aborder ?
Alan :
  Il y a eu deux démos avant la sortie de «Kali Yuga Bonfire» : «Lies Box» en 2005, une démo de trois titres enregistrée à la maison avec les moyens du bord, ainsi qu’un album démo «Hot Hell Room» en 2009(*) .Pour l’écriture de  «Kali Yuga Bonfire»,  on ne s’est pas trop posé de questions, cet album a été le fruit d’un vrai travail de groupe, car la plus part des titres ont été écrits en répétition et certains autres étaient issus de l’album démo réarrangé et réadapté avec le jeu de batterie de Ludo.

(*) voir https://www.metal-archives.com/albums/Hot_Hell_Room/Hot_Hell_RooM/250359

Justement, d'où sortent les treize titres qui composent "Kali Yuga Bonfire" ?
Ludo :
Ouh la la ! Je dirai de nos esprits abyssaux tordus (rire) ! Plus sérieusement, certains titres sont issus de la démo «Hot Hell Room» composée par Loïc et Alan avant mon arrivée, fin 2009. Au départ nous avons travaillé ces morceaux et j’ai réécrit les parties batterie avec mon jeu.  Cette démo comportait à mon sens de très bons titres, que j’aimais beaucoup écouter. Nous avons commencé à composer d’autres titres, avec des mélanges d’idées, d’influences, en répétition, parfois en jammant. La plupart du temps, l’un de nous amenait des riffs ou des titres écrits en partie, que nous avons mixé comme une bonne soupe.
J’ai un souvenir de répétion qui me revient, pour la composition du titre «Undergo», disant aux deux gars brassant des manches, en partant sur l’idée d’une ligne de basse groovy d’Alan : «Hey les gars, ne vous affolez pas, j’ai une idée ! Ce pattern de batterie, là, genre disco, il serait cool de le placer au milieu du morceau, genre couplet ou autre mais en version Rock/Heavy !»

Alors on teste, et Bingo ! Ce titre a été finalisé comme cela ! Super moment d’osmose, de communication. Et de bonnes barres de rires aussi !
Alan : A cette époque, (début 2011), on s’est donnés le pari fou d’enregistrer ce premier album à la fin de l’année, et donc en six mois. On a composé pas mal de titres, il me semble que les trois premiers morceaux écrits ont été «World of Kali», suivi de près par «Humanity Will Never change» et «Berlin Girl». Comme l'a précisé Ludo, ce premier album comporte aussi quelques titres réarrangés de l’album démo de 2009, comme par exemple : «Love Kills», «At The Junkies bedside», «Hell City», ou encore « You Don’t belong to them» qui, pour la petite anecdote, est le plus vieux morceau du groupe, la toute première chanson que nous ayons écrite, Loïc et moi, en 2002, pour ce groupe qui ne s’appelait pas encore Hot Hell Room...

Hot hel room eddy norman
HOT HELL ROOM en 2013 - Photographie Eddy Norman
Vous appelez l'opus "Kali Yuga Bonfire". C'est un constat sur l'état du monde ?
Alan :
Le Kali Yuga, appelé aussi l’Age sombre, est un concept hindou. Il repose sur une conception cyclique du temps qui se manifeste par plusieurs segments dans le domaine du développement de l’esprit humain, du plus élevé de sa spiritualité jusqu’à sa dégénérescence vers une phase destructrice et chaotique qui se régénère par une renaissance, d’où l’effet de cycles. Dans la mythologie hindouiste elle est amorcée par la déesse Kali, déesse du temps, de la mort, de la délivrance, mère destructrice et du chaos, mais aussi mère de la création et de la renaissance. Ce constat est bien un état de l’humanité actuelle, mais ce monde est constitué de cycles qui se répètent à l’infini depuis les premiers siècles, allant de la création vers la destruction la plus totale.  C’est un des domaines (parmi tant d’autres) que Loïc aime développer dans ces textes. Sur l’album, les textes de «World Of Kali» et de «Humanity will never change» y font écho.    
 


On n’était pas vraiment aguerris dans les choix et les envois promotionnels. Être Musicien est un métier ; être attaché de presse en est un autre.


"Rejection" est l'un des titres les plus rapides que vous ayez enregistré !
Alan :
«Rejection» est une très vieille composition de Loïc. Il l’a écrite quand il était ado et nous l’a proposée lors d’un jam en répétition. On a trouvé que ça fonctionnait bien et on l’a adaptée avec nos jeux et mise tout de suite dans la setlist de l’album.  C’est un titre assez rapide, court et direct.  

Je peux écouter "Love Kills" dix fois par jour ! Il me fait penser à "Starway to Heaven", et à "November Rain". Pour vous c'est un standard ou une chanson parmi les autres ?
Ludo :
Ahhh «Love kills» ! Merci pour cette comparaison ! Personnellement c’est une power balade que j’affectionne beaucoup, elle est à la fois calme et puissante, avec beaucoup d’émotion.  Sans vouloir nous jeter de fleurs je pense qu’on l’a bien travaillée et qu'on a bien retranscrit le feeling du moment. Cette chanson est aussi tirée de la démo 2009 dont je parlais tout à l’heure, «Hot Hell Room». Je dirais que pour nous c’est un standard !


Alan : Merci beaucoup pour les comparaisons avec ces deux grandes ballades mythiques de ces deux grands groupes. «Love kills» est une chanson que j’aime beaucoup et que l’on continue à jouer en live. Les ballades et les titres acoustiques font aussi partie intégrante de notre marque de fabrique.

«Love kills», c’est l’un des morceaux que Loïc choisira de réorchestrer sur le Ep Morrison. Au fait, pourquoi cette réorchestration de certains titres en 2015 ? vous étiez frustrés par le son de l'album original ?
Ludo :
C’est Loïc qui a eu cette idée. Il a ajouté des parties d’orgue, de clavier et de piano sur ces trois titres de l’album, et en effet cela a son charme sur les morceaux. Le EP «Morrison» est en écoute et téléchargeable en numérique sur le Bandcamp officiel du groupe. (voir lien in fine)
Alan : Nous sommes très satisfaits de la production globale de «Kali Yuga Bonfire», qui marque aussi notre première collaboration avec Andrew G du Hybreed Studio. L’idée de base de réorchestrations était juste de redonner plus d’ampleur aux couleurs musicales de ces trois titres. Pour le titre Morrison, qui fait, comme son nom l’indique, référence directe à Mr James Douglas Morrison (Jim Morrison), il était logique que l’orgue y fasse une apparition plus que succincte. C’est aussi en quelque sorte aussi un hommage à Ray Manzarek, l’éminent organiste des Doors décédé en 2013.

Hot hell room morrison
HOT HELL ROOM - "Morrison" (EP - 2015)
Comment se passe la mise en boîte de "Kali Yuga Bonfire" ? Vous aviez déjà une expérience du studio.
Alan :
L’enregistrement de «Kali Yuga Bonfire» s’est fait en plusieurs étapes, comme pour chacune de nos productions depuis celle-ci. La première phase commence par l’enregistrement des Batteries au «Roots Note Studio» par Pierre Houllier, un ami avec qui nous collaborons sur chacun de nos albums. En l’occurrence, pour  «Kali Yuga Bonfire», ce fut en septembre 2011. Ludo a enregistré les parties de batteries en une journée.
Ludo : Nous décidons de rentrer en studio de façon générale quand tous on se sent prêts et quand les morceaux tournent bien. Comme on commence par les batteries, j’ai besoin au maximum d’être à l’aise au niveau des structures des morceaux. J’aime bien pourvoir développer mon jeu en essayant et en testant des breaks, parfois en improvisant et en enregistrant direct avec le groupe pour trouver le bon truc. On n’est pas un groupe axé sur la technique. Pour ma part, je compose mes parties pour me faire plaisir et servir la musique en y apportant une touche musicale. Et oui c’est possible même à la batterie !
Alan : Pour la deuxième phase, en octobre 2011, nous sommes allés enregistrer  le reste au «Hybreed Studio». Tout le reste : Les guitares, la basse, le chant, etc. Dans joie et la bonne humeur avec Andrew G. C’était la première fois que nous enregistrions là-bas, et tout a été bouclé en une semaine.
En Guest sur cet album nous avons invité Jessie Lee Houllier (NDLR : Jessie Lee & The Alchemists). Elle fait deux solos de guitare, sur le titre «Wistful Sunset » ainsi que sur «Morrison».


La troisième phase débute au tout début 2012, avec le mixage ainsi que le mastering de l’album, toujours avec Andrew. Elle marque le début d’une longue collaboration pour les deux albums suivants.
La quatrième phase, un peu plus tard, a été la conception de la pochette et du livret avec notre ami Jean-Paul Ferrer, qui nous a malheureusement quittés en cette année 2020, et à qui nous rendons hommage.
Ludo : Niveau expérience studio, Alan et moi avions déjà joué et enregistré ensemble au sein du groupe Evolvent, en 2010.  J’ai pas mal d’expérience de studio depuis de nombreuses années, et j’ai beaucoup appris avec le groupe de Doom/metal Progressif Anthemon, vers les années 2005. Et comme quoi le monde est petit :  Loïc en était le chanteur, à cette époque ! 
Alan : Pour les expériences de studio, nous avions tous les trois déjà eu l’opportunité d’enregistrer avec nos anciens groupes. Loïc y était accoutumé depuis de nombreuses années avec ses multiples projets musicaux, comme par exemple Invading Chapel.  Pour ma part, j’avais déjà enregistré avec mes précédents groupes et fait des sessions, notamment pour les deux premiers albums d’Evolvent dont parlait Ludo. C’est à cette époque qu’on s’est connus...


«Kali Yuga Bonfire» représente une sorte de fusion, de rencontre avec les membres de ce groupe. Pour moi ce fut le début d’une belle aventure, concrète et pleine d’énergie à la fois.


Avez-vous été satisfaits de l'accueil critique de "Kali Yuga Bonfire" ? Vous êtes arrivés à le faire chroniquer ?
Alan :
Je dois bien avouer qu’à cette époque on était complètement novices pour tout ce qui était promotion. On s’est occupés de tout Loïc, Ludo et Moi, mais on n’était pas vraiment aguerris dans les choix et les envois promotionnels. Être Musicien est un métier ; être attaché de presse en est un autre (Rire) ! L’album est sorti via le E-shop de Dooweet record - pour la partie physique en CD - et chez Zimbalam pour la partie numérique. On a régulé le tout sur notre Bandcamp par la suite : nos trois albums y sont disponibles.
On a eu des retours favorables à l’époque. D’ailleurs la plupart des CD de «Kali Yuga Bonfire» ont été vendus !  Par la suite, nous avons travaillé avec des attachés de presse qualifiés. Elodie, de «Ellie Promotion», a fait du très bon travail pour l’album suivant, « Architect Of Chaos (2016), et Gilson, de «Impérative Music», nous a permis d’obtenir pour «Stasis» (2020) une signature chez  STF Record, en Allemagne.

Hot hell room architect
HOT HELL ROOM - "Architect Of Chaos" (2016)

Êtes-vous parvenus à le diffuser convenablement et êtes-vous contents des retours du public ?
Ludo :
Disons que, depuis plusieurs années, les supports physiques ne sont plus à la mode… Nous sommes dans l’ère numérique. Par ailleurs, la discographie est disponible sur les plateformes tel que Deezer, Spotify, Amazon… et beaucoup d’autres. Les supports CD partent le plus souvent pendant les concerts et via les labels.
Mais je suppose que les gens qui achètent nos albums apprécient notre musique ! Enfin, je fonctionne comme cela, moi (rire). Parmi ces personnes, nous avons d’excellents retours, et nous les remercions pour leur soutien !


Quel est votre titre préféré sur "Kali Yuga Bonfire" et pourquoi ?
Ludo :
Sans surprise «Love Kills» ! De l’émotion, de la douceur, et puissante à la fois ! et puis «Morrison» !
Alan : C’est difficile de n’en choisir qu’un, alors j’en donnerais trois (Rires) : «Humanity Will Never Change », «Undergo» et «World Of Kali». Tout simplement parce que ce sont des titres qui sont agréables à jouer. Mais je pense que je pourrais en citer d’autres, comme «Wistful Sunset». Bon... Ca fait quatre, j’arrête là !  Promis !  (Rires)  

S'il était à refaire, que changeriez-vous à cet album ?
Alan :
«Kali Yuga Bonfire» est l’aboutissement de plusieurs années de travail. Je reste assez fier de cet album, mais il y a certaines choses qu’on aurait fait différemment si on avait dû l’enregistrer actuellement. Quand on fait une rétrospective sur son travail artistique, avec les années de pratique, on obtient plus de réflexion et plus de maturité dans son jugement sur le travail effectué. A mon avis, certains titres auraient mérité un peu plus d’attentions et d’arrangements. Mais cela n’empêche pas qu’on reste très contents du résultat, de la cohésion globale de l’album et de la production d’Andrew. On a toujours plaisir à jouer en concert la plupart de ces titres. Je garde une grande fierté de «Kali Yuga Bonfire».

Individuellement, qu'est-ce que "Kali Yuga Bonfire" vous a appris ?
Ludo :
Je pense qu’on a appris à se connaitre musicalement et humainement, à travailler et à prendre du plaisir à le faire ensemble. «Kali Yuga Bonfire» représente une sorte de fusion, de rencontre avec les membres de ce groupe. Pour moi ce fut le début d’une belle aventure, concrète et pleine d’énergie à la fois. Et… qu’il allait falloir les supporter les gaillards !  Je plaisante : ce sont surtout eux qui ont dû apprendre à me supporter !
Alan : Comme le souligne si bien Ludo, Hot Hell Room est avant tout une aventure humaine. Ce qui nous lie en plus du partage au niveau de la fibre artistique, c’est l’amitié, même si parfois certains sont plus difficiles que d’autres à supporter (Rires). «Kali Yuga Bonfire» a été le début d’une belle aventure qui perdure toujours.       

"Kali Yuga Bonfire" est-il l'album fondateur d'Hot Hell Room ?
Alan :
Je ne sais pas si on peut dire que «Kali Yuga Bonfire» est un album fondateur, mais je pense que c’est pour nous un album formateur, car c’est avec celui-ci que nous avons trouvé notre voie et on a beaucoup appris en le réalisant. Sans prétention je verrai plutôt «Stasis», notre troisième et dernier album, comme fondateur, car il est notre disque le plus mature à ce jour. Mais ça reste mon avis propre, et si ça se trouve, je dirai pareil pour le prochain album ! (Rires)

Stasis2
HOT HELL ROOM - "Stasis" (2020)
Vous parliez de "Stasis", votre nouvel album. Comment a évolué votre son depuis "Kali Yuga Bonfire" ?
Alan :
En premier lieu, le line-up est différent, car depuis cette fameuse année 2013, il y a eu deux nouveaux membres, deux sensibilités nouvelles. Depuis l’album «Architect Of Chaos», on essaye de répartir démocratiquement par membres les choix des compositions. Hot Hell Room à la chance d’avoir en son sein cinq compositeurs, ça aide beaucoup, et comme je le disais plus haut, je pense vraiment que nous avons acquis plus de maturité avec le temps, ainsi que plus de réflexion sur le travail du songwriting, et ça se ressent sur la totalité des dix chansons de «Stasis». 
                                                                                          
Merci Hot Hell Room d'avoir pris le temps de répondre à mes questions.
Alan :
Merci pour ton soutien. Je ne le répéterai jamais assez, mais merci à toi pour le soutien dont tu fais preuve pour la scène locale, et pour la passion qui t’anime depuis toujours.
Ludo : Un grand merci à toi ! Merci également à toutes les personnes qui nous soutiennent. Nous espérons vous revoir très bientôt !


Les Liens :

Hot Hell Room sur Facebook :
https://www.facebook.com/hothellroom/
Hot Hell Room sur Spotify :
https://open.spotify.com/album/4bxDa8Cku2KIg87lqCLUl5
Hot Hell Room sur Bandcamp :
https://hothellroom.bandcamp.com/

Discographie HOT HELL ROOM :

Lies Box (EP - 2005)
Hot Hell RooM (demo – 2009)
Kali Yuga Bonfire (2013)
Morrison (Arranged Version - EP - 2015)
Architect Of Chaos (2016)
Stasis (2020)