L'interview de REMEMBER THE LIGHT

Groupe : Remember The Light
Genre   : Metal Symphonique
Origine  : Paris

Julien Harboulot par Steph Pictures.

Bonjour Remember The Light. Intéressons-nous tout d’abord à ce qui vous a guidé vers la musique. Vous souvenez-vous du tout premier album que vous avez acheté ?
Cécile Delpoïo (Chant) : La bande originale de “Gladiator”, composée par Hans Zimmer et Lisa Gerrard.
Stayn (Guitare) : Linkin Park, “Meteora”.
Julien Harbulot (Basse/Chant) : Un Best-Of de Led Zeppelin.
Olivier Reucher (Claviers/Programmations) : Muse, “Absolution”.
Léo Godart (Batterie) : Rammstein, “Sehnsucht”.

"Notre musique est faite pour raconter une histoire."
(Olivier Reucher)


Qu'est-ce qui vous guidé vers vos arts respectifs ?
Julien :
L'adolescence et ma découverte du Hard Rock.
Cécile : J'ai commencé à pianoter vers sept ans mais sans m'y mettre jamais sérieusement... Comme Stayn, c'est vers quinze ans que j'ai commencé sérieusement à pratiquer la musique ! D'abord le piano, ensuite la guitare... Si j'apprenais le piano seule, j'ai eu un prof pour la guitare et c'est lui qui m'a poussée au chant, en me disant que c'est cool, quand on joue de la guitare, de pouvoir chanter en même temps... Au début je ne chantais pas sérieusement, le faisant uniquement pour les concerts qu'organisait mon prof de guitare, mais vers vingt ans, quand je me suis mise à composer des morceaux pour les films de mon école de cinéma, je m'y suis mise aussi plus sérieusement, afin d'avoir des voix sur ceux-ci ! Et c'est là que j'ai commencé à apprécier de chanter.
Stayn : Depuis tout petit j'ai toujours écouté de la musique. Je ne l'ai jamais vraiment analysée mais j'adorais écouter les musiques orchestrales de films ou de jeux vidéos. A tel point qu'assez jeune, je dirais vers dix ans, je mettais de la musique pour m'endormir. Plus tard, peut-être trop tard, vers seize ans. Je me suis rendu compte - du moins j'ai réalisé - à quel point cela prenait de la place dans ma vie. A l'époque je dessinais beaucoup, c'était sur fond de musique. Le sport aussi... Tout était sur fond de musique ! J'ai découvert le Rock Metal avec AC/DC, Metallica, Extremoduro, et d'autres encore qui m'ont pousser à jouer de la guitare et concrétiser cette passion.
Olivier : J'ai la chance de venir d'une famille où la musique est très présente, autant professionnellement que par passion, et j'ai toujours été bercé par elle. Je fais de la musique depuis mes cinq ans, violoncelle, batterie et piano principalement. Mais je n'ai réellement commencé à la travailler de manière sérieuse qu'à mes dix-neuf ans. J'ai pu faire la rencontre, d'ailleurs, de pratiquement tous mes collègues formant actuellement le groupe lors de mes années de formation à l'IMEP. Certains des éléments déclencheurs pour moi ont été, d'une part, l'écoute de beaucoup de compositeurs de musique à l'image : Hans Zimmer en tête, James Newton Howard, Danny Elfman, John Williams… Et d'autre part, plus jeune, la découverte du Metal Symphonique avec des groupes comme Nightwish (Once) ou Within Temptation (Silent Force), qui m'ont très fortement marqué et ont très largement contribué à m'entrainer vers la musique.
Léo : J'ai commencé la musique à l'âge de six ans en tant que pianiste. Bercé par la musique classique principalement, je n'ai jamais arrêté d'en écouter. J'ai ensuite essayé plus tard, à l'adolescence, le piano jazz... qui m'a moins plu - trop jeune, et sûrement trop peu cultivé a l'époque dans ce domaine - ce qui a failli me dégouter de l'instrument ! J'avais envie d'autre chose... J'ai découvert entre temps les musiques saturées, en commençant avec la vague de Neo-Metal des années 90 : Korn, Rammstein, Slipknot, etc. J'ai toujours eu énormément de respect pour les batteurs, que cela soit en vidéo ou directement en live. J'ai essayé, je n ai pas arrêté. Je garde maintenant le piano pour la composition.

 

Stayn par Mily Clic.

Début 2015 vous formez Remember The Light. Au fait, Ce nom a-t-il une signification particulière ?
Cécile :
La signification de base était un peu mystique... Elle faisait référence à une lumière douce et chaleureuse qu'on connaîtrait avant notre naissance et qu'on retrouverait après notre passage sur Terre... Alors quand les choses ne se passeraient pas au mieux ici, on pourrait se souvenir de cette Lumière qui serait toujours là pour qu'à la fin, tout aille mieux. Je ne dis pas que j'y crois dur comme fer, mais c'est une idée qui me plaît pas mal ! De plus ce nom porte à tout un tas d'autres interprétations possibles et on aime cette idée que chacun puisse s'imaginer quelle est cette lumière dont ils auraient envie de se souvenir.
Julien : C'est un nom qui laisse libre court à l'imagination de chacun. La Lumière est une symbolique très forte et facile à s'approprier. Qu'elle soit mystique, surnaturelle ou encore introspective elle rayonne toujours de sens. Le fait qu'on ait à s'en souvenir offre plusieurs angles d’interprétation.
Olivier : Ce nom est aussi venu de la volonté de prendre à contre pied les clichés du style et du Metal en règle général. Nous ne souhaitions pas du tout reproduire le côté “violent”, “morbide” ou juste simplement “sombre”. Notre musique est faite pour raconter une histoire, vous emmener dans notre monde, et nous souhaitions la présenter avec une lueur d'espoir et non l'inverse.

Comment vos morceaux prennent-ils corps ?
Olivier :
C'est assez variable. Certaines fois un morceau découle d'une idée de thème, d'autres fois c'est un riff ou une rythmique qui nous embarque, ou encore une ligne de chant. “Blooming”, par exemple, sur notre dernier opus, a été totalement tiré du thème de guitare ouvrant les hostilités. Une idée de thème et d'harmonie, et tout était en route. Une fois le morceau bien avancé et la structure totalement finie, je pose une idée de chant et Cécile et/ou Julien se mettent aux paroles. En revanche pour un morceau comme The Inescapable Cycle, c'est totalement l'inverse : Cécile m'a envoyé sa ligne de chant finie à 99%, et tout le reste à été construit autour.
Léo : Ce n'est jamais vraiment le même schéma, le seul point similaire est le concept d'idée. Cela peut être un rythme, un riff de guitare et/ou de basse, une suite d'accords qui nous parle. Peut être même trois notes pour faire un thème... Tout peut découler très naturellement d'une seule et même idée en composition.

Vieillissement, défenestration, maltraitance... Les thématiques abordées dans vos chansons s'éloignent des sentiers habituellement battus par les groupes de Metal Symphonique...

Cécile Delpoïo par Thomas Riquet.

 

"Je pense avoir
pas mal de choses à dire
et je voudrais partager tout ça...

Si en plus ça parle au public,
c'est encore mieux !"

Cécile Delpoïo

 

Cécile : Sur les deux premiers opus, c'est moi qui ai écrit la plupart des paroles. Et oui... J'ai envie que les paroles soient profondes et racontent de vraies choses. Je pense avoir pas mal de choses à dire et je voudrais partager tout ça... Si en plus ça parle au public, c'est encore mieux ! On prend un groupe comme Epica, leurs compositions sont déjà génialissimes, mais en plus ils ont des paroles vraiment intéressantes... Et ça je trouve que c'est un vrai plus, je voudrais qu'il en soit de même chez nous.
Julien : Avec des textes comme celui d'Inescapable Cycle on veut prendre à contre-pied le milieu musical dans lequel nous évoluons. Le Rock a toujours sublimé la jeunesse et aujourd'hui on nous conditionne sans arrêt à voir et idéaliser des corps parfaits, irréels et retouchés. Cette vanité mute en crainte et c'est ce qu'on essaye d'exorciser. Je le vois comme un memento mori au milieu des paillettes. Nous comptons aussi écrire plus en français à l'avenir.

Vous dites que vos racines sont autant musicales que cinématographiques. Quel cinéma vous inspire ?
Olivier : Me concernant (mais je pense pouvoir dire que pour la plupart d'entre nous, c'est pareil), je suis un gros fan de compositeurs tels que Dvorak, Tchaïkovski, Mahler, Ravel … Enfin pour faire simple, la période de 1800 à 1930 me fascine. Logiquement, la musique de film, qui s'en inspire grandement, ne pouvait me laisser indifférent. Certains compositeurs de cinéma ont clairement inspiré notre musique : Howard Shore, James Newton Howard et Hans Zimmer en tête de liste je dois avouer… Des films comme “Gladiator”, “Le Seigneur des Anneaux”, “La liste de Schindler” ou encore, dans le domaine du jeu vidéo cette fois, “The Witcher” ou la saga “Uncharted”... L'énergie de la musique d'un film d'action, ainsi que la poésie et l'ambiance de celle du Fantastique retranscrites dans le monde réel. Voilà comment je définirais ce que nous essayons de faire et d'où vient notre inspiration cinématographique.

 

Et vous avez un film préféré ?

Gladiator, de Ridley Scott (2000)

Cécile : Difficile de n'en donner qu'un... J'aurais envie de citer par-dessus tout “Gladiator”, “La Neige Tombait sur les Cèdres”, “Le Tombeau des Lucioles”, “Memento Mori”, “Requiem for a Dream”...
Stayn : J'en ai beaucoup trop ! Le premier qui me vient à l'esprit, “La Ligne Verte”. Mais j'ai beaucoup trop de films préférés...
Julien : “Old Boy”, “Cyrano de Bergerac”...
Olivier : Comme Stayn, je dirais qu'il y en a beaucoup … Mais dans ceux que j'ai le plus regardés et adorés, je citerais le premier film de la trilogie “Matrix”. Je ne pourrais pas dire combien de fois j'ai pu le voir…
Léo : J'hésite terriblement entre “Seven” et “Alien, Le Huitième Passager”...

“The Inescapable Cycle” est un titre de votre EP The Outcome (2018). C’est également, je crois, le premier clip réalisé par Cécile. Pouvez-vous nous parler de sa conception et de son tournage ?
Cécile : C’est le premier clip que j'ai réalisé pour Remember the Light, en revanche j'en ai réalisé quelques autres pour d'autres groupes avant : c'est mon métier. Nous l'avons imaginé tous ensemble lors d'un brainstorming. Les idées fusaient, ça a été assez rapide du coup de construire le scénario ! Ensuite s'en sont suivis presque deux mois de préparation, repérage des décors, story boarding, trouver nos deux techniciennes Éloïse (à la caméra) et Coraline (au maquillage), etc, avant le tournage lui-même qui a été très intense. Deux jours où nous n'avons pas arrêté, en équipe très réduite, à devoir chacun porter plusieurs casquettes pour que tout se déroule au mieux ! Mais je vous invite à visionner le making-of, je pense qu'il raconte très bien tout ça, avec les images prises lors du tournage entre autres...
Stayn : Ça a été assez étrange pour moi : il a fallu apprendre pas mal de choses sur le tas ! Le maître mot était “Adaptation”. Par exemple ne pas exploser le maquillage qu'on avait sur le visage en jouant les scènes ! Pour les parties plus techniques, comme la lumière, Cécile et Olivier ont tout drivé, et heureusement !

Vous comptez maintenant deux EP : Exilés, et The Outcome. Quelle sera votre actualité dans les prochains mois ?
Cécile : A vrai dire, nous considérons Exilés comme une démo et non comme un EP, mais sinon c'est ça. Dans les prochains mois, nous avons, pour commencer pas mal de concerts : le 07/02/2019 à Lyon (ROCK N EAT official(by céd & mike) , le 09/02/2019 à Lille (Le Midland) , puis nous jouons le 19/05/2019 à Paris au 4e ladies rock métal fest (Le Klub)... Une ou deux dates supplémentaires devraient s'ajouter à ce calendrier, on vous en parlera très vite !
Olivier : Outre les dates données par Cécile, une vidéo, avec un morceau assez spécial, devrait sortir dans les semaines à venir !

La fée Métaline aime beaucoup ce que vous faites. Pour vous récompenser, elle vous propose de passer la journée avec l'artiste de votre choix. Qui choisissez-vous ?
Cécile :
C'est difficile comme question parce que, s'il y a beaucoup de personnes que j'admire, étant timide, je n'aurais rien à leur dire en passant une journée avec eux. (Rires) Peut-être Maria Brinks, la chanteuse d'In This Moment... Je la trouve très inspirante ! Pour commencer, elle chante incroyablement bien, ensuite elle réalise les clips de son groupe et donc moi, forcément, ça m'inspire, car j'aimerais aussi être toujours la réalisatrice des clips de mon groupe. Elle a un super style vestimentaire. J'aime les paroles qu'elle écrit, elle est végétarienne comme moi... Bref, peut-être qu'avec elle j'arriverais un peu mieux à parler ! (Rires)
Stayn : Un choix trop difficile pour être fait... Je dirais, Leonard De Vinci. J'ai des questions à lui poser.
Olivier : Antonín Dvořák. Comme j'ai dis plus haut, je suis un gros fan de sa musique. J'aurais, comme pour Stayn et Leonard de Vinci, un million de questions à lui poser… Julien : Dave Mustaine. Léo : Devin Townsend. Sans aucune hésitation.

 

Merci Remembert The Light pour votre accueil, et bravo pour vos excellents EP et pour ce très joli clip.
Stayn : Merci à vous pour vos attentions !
Cécile : Merci à vous, ça fait très plaisir !
Olivier : Merci beaucoup !


 

Crédits photographiques : Nous remercions Thomas Riquet, Vincent Zafra (Studio Illusion Story), Mily Clic et Stef Pictures (pour le webzine United Rock Nations) pour leurs photographies et leurs aimables autorisations.

Remember The Light par Vincent Zafra.

Ecouter Remember The Light : https://rememberthelight.bandcamp.com/
Liker leur page : https://www.facebook.com/Rememberthelightmusic/


 

 

 

 

ORCHESTRAL METAL REMEMBER THE LIGHT