interview

HOT HELL ROOM (Heavy Rock) : L'interview

Le 07/03/2020

Après les très réussis “Kali Yuga Bonfire” et “Architect of Chaos”, la voix de baryton des Heavy-Rockers d’Hot Hell RooM s'impose à l'année 2020 avec un troisième album.
Loïc Malassagne et Alan Raoul, respectivement chanteur/guitariste et bassiste de la formation parisienne, ont bien voulu revenir sur leur discographie et nous en dire plus sur la génèse de ce nouvel opus au titre d'actualité : "Stasis".

(interview réalisée pour Hard French Metal le 7/03/2020)
 
       

Bonjour Hot Hell Room. Avant d'aborder votre nouvel opus j'aimerais revisiter votre discographie. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre premier LP “Kali Yuga Bonfire” (2013) ?
Loïc (Chant/Guitare) :
Salut. Quand on revient dans le temps sur son propre travail artistique, il y a toujours des choses qu’on ferait différemment. Mais il faut apprendre de cela et aussi respecter le fait que c’est le ressenti du moment, avec ses qualités et défauts. Et encore, cela reste subjectif sur certains points, alors bon... Je pense que certains titres auraient mérité plus d’attention, mais ça c’était la situation du moment, donc on ne peut rien faire. D’autant plus que les recherches de Nikola Tesla sur la machine à remonter le temps n’ont pas abouti ! (Rires)
Artistiquement parlant et globalement on est quand même assez contents du résultat et on a toujours le plaisir de jouer certains de ces titres en concert, c’est cela le principal !
Alan (Basse) : Salut. “Kali Yuga Bonfire” est l’aboutissement de plusieurs années de travail et la suite réarrangée de certaines compositions de notre première démo parue en 2010. A l’époque le groupe évoluait sous forme la forme d’un Power-Trio composé de Loïc, Ludo et moi. Pour ma part, je pense que c’est par cet album que les hostilités ont vraiment commencé. Je reste assez fier de cet opus même s’il n’a pas beaucoup été médiatisé. Et comme le dit Loïc, je pense aussi que certaines choses auraient pu être faites de manière différente à l’époque. Ceci dit il reste notre premier album, je l’affectionne toujours autant. Il y a pas mal de titres que nous jouons encore avec plaisir en concert, comme “Humanity Will Never Change” (qui est aussi notre premier clip), “World Of Kali", "Hell City”… et parfois d’autres morceaux qui réapparaissent au gré des envies... Ce fut une belle première expérience avec ce line-up !
Architect of Chaos (2016) ?
Loïc :
Déjà Le line-up est différent. Sur le premier on était en trio et sur ce second album il y a deux nouveaux membres à la guitare, deux nouvelles sensibilités apportant des choses différentes à la composition de l’album qu’on avait «démocratiquement» répartie. On a eu de bons retours sur cet opus, avec les premiers articles à l’étranger du groupe et aussi grâce au travail d’Elodie de Ellie Promotion sur la France, ainsi que de ceux qui ont bien voulu parler de nous ! (Rires)
Alan :Architect of Chaos” est je pense une autre forme d’aboutissement en matière de composition. Il est plus mature, plus sombre, plus varié, et encore plus travaillé au niveau du songwriting que “Kali yuga”. L’arrivée de Shazybob et de Seb a permis d’étoffer la mise en forme globale des titres de cet album.
Quatre ans après Architect of Chaos, votre nouvel opus, “Stasis”, vient de sortir. De quand datent les compositions ?
Alan :
Excepté le titre “Fatality”, qui datait des sessions de l’album précédent, nous avons commencé à travailler sur “Stasis” à la fin de l’été 2016. Les deux premières compositions à avoir été étudiées en répétition à l’époque sont “Human Game” et “Stasis”. La plupart des autres morceaux ont été écrits entre la fin de cette année-là et le mois d’avril 2017. De mémoire c’est à cette période que nous sommes allés au Roots Note studio pour enregistrer les parties de batterie. Comme pour nos deux précédentes réalisations nous enregistrons les batteries au Roots Notes Studio avant d’aller au Hybreed Studios pour finaliser le reste : Instrumentations, Voix, Mixes, etc.

 

Un mot sur l'artwork ?
Alan :
C’est Rui Abel Rodrigues, un ami de longue date, qui a réalisé l’artwork de “Stasis”. Il nous a fait une proposition de cover qui collait tout à fait avec le thème et les ambiances relatés sur ce nouveau disque.

 

Ce nouvel album s'appelle donc “Stasis”. C'est un titre inspiré par la situation politique de la France ?
Loïc : Le morceau « Stasis » qui donne aussi le nom à l’album traite de la situation de L’Europe donc aussi de la France… Ce texte date de plusieurs années maintenant, et comme c’est dans le cadre d’une chanson on ne peut pas faire de grandes analyses ou constats. Mais certaines phrases et mots en disent beaucoup et peuvent avoir aussi plusieurs lectures selon sa sensibilité… Ce qui est plus intéressant à mon avis, car cela restera toujours un avis parmi tant d’autres, même si certaines choses sont bien actées et visibles aux yeux de tous, (quoique des fois les évidences…).

HOT HELL ROOM - Stasis (2020)
Les titres qui figurent sur Stasis ne semblent pas avoir été enregistrés par le line-up actuel. Pourquoi avoir attendu 2020 pour sortir l'album ?
Alan : Ce n’est pas vraiment la réalisation du disque qui nous a pris le plus de temps, mais toute la partie démarchage de l’album qui a été la plus longue Ca a duré plusieurs mois pour trouver une distribution correcte, et on a parfois besoin d’un peu d’aide pour y arriver. C’est grâce à l’appui de Gilson et de l’équipe d’Imperative Music que nous sommes arrivés à nos fins pour trouver un label et pouvoir sortir ce disque. Cet album a été enregistré par les mêmes membres que pour “Architect Of Chaos”, mais à la fin de l’enregistrement, Ludo (Batterie) et Sébastien (Guitare) ont décidé de quitter le groupe pour des raisons personnelles. Il y a aucune animosité entre nous, on est toujours de bons potes ! Alexis (Batteur d’ Hatred DUSK et ex-Overtone) est arrivé dans le groupe à la fin de l’année 2018. C’est par l’intermédiaire d’un ami, «Nico», qui joue aussi dans Hatred Dusk comme guitariste - le monde est vraiment petit (Rires) - que nous avons été mis en relation. Alexis joue avec nous maintenant depuis bientôt un an et demi. Hot Hell RooM et Hatred Dusk forment une grande famille dorénavant !

 

Être signé sur un label allemand ça ouvre des opportunités ?
Loïc :
C’est un grand pays de la métallurgie ainsi que de la musique ! (Rires) L’avantage par rapport aux autres albums est qu’on va être plus écoutés et diffusés un peu partout dans le monde, et évidemment pas mal axés sur l’Allemagne grâce au label, à notre échelle bien entendu, mais ça sera toujours mieux qu’avant. Un moment donné il le faut bien pour faire vivre la musique et la partager, d’autant plus qu’on ne fait pas trop un style et mélange «connecté» à la France, qui n’est déjà pas un pays de culture Rock à la base, et dont la qualité première n’est pas non plus d’être curieux en général et d’avoir la vraie solidarité patriotique ! C’est ainsi, chaque pays à son caractère avec ses qualités et défauts, mais il faut bien évoluer et on ne peut pas non plus se confronter inlassablement à ce mur car cela devient fatiguant et frustrant à la longue…

 HOT HELL ROOM par Sébastien Bouysse.

Quelles sont les thématiques que vous avez eu envie d'aborder dans l'écriture de cet album ?
Loïc :
Déjà entre les trois albums on a gardé la thématique de la fin de cycle, du chaos et du déclin, ne serait-ce que dans les titres : le premier album est “Kali Yuga Bonfire”, le second “Architect Of Chaos”, avec la pochette d’une peinture de John Martin «Le Pandemonium», et notre troisième et nouvel album est “Stasis”, terme grec signifiant une crise politique, etc. Je ne vais pas rentrer dans le détail des dix chansons mais effectivement certaines sont dans cette thématique très large où l’on peut trouver un titre qui parle de la situation de l’Europe, un autre sur la condition de l’homme moderne ou les sempiternels conflits pour certains intérêts, etc. D’autres morceaux sont plus personnels et n’ont rien à voir avec cette thématique, ce n’est pas un concept-album, non plus.

 

Vous avez la faculté d'écrire des morceaux qui se gravent durablement dans les esprits et qu'on se surprend à fredonner dans la journée...
Loïc :
Et bien merci, on prend cela comme un compliment car pour nous le plus important c’est la mélodie et l’écriture de chanson. C’est évident, mais pas pour tout le monde… Dans le Metal, par exemple, beaucoup confondent puissance et agressivité en oubliant la mélodie qui est un peu la base de la musique ! (Rires) Ou ils sont dans la course au «gros son», ce qui est futile et de l’esbroufe, car ton morceau devrait même sonner en acoustique... La puissance d’un morceau qui touche l’âme et ton cœur passe par la mélodie, après il y aura toujours des insensibles c’est sûr… dans ce cas autant écouter une machine à laver à l’essorage ou l’ambiance d’une usine métallurgique ! Remarque c’est un autre style de Metal ! (Rires)
Loïc, ta voix de basse, cumulée à ton phrasé, donne une signature très caractéristique à Hot Hell Room...
Loïc :
Ma tessiture naturelle est baryton basse. Elle peut aussi aller, dans un autre registre musical et technique, jusqu’au contre-ténor. Pour Hot Hell RooM, certaines parties sont dans ma tessiture grave en effet, à l’instar de mon autre projet Invading Chapel. Pour le reste, je chante plus dans un registre Rock et Heavy se rapprochant de la couleur des ténors et barytons, comme beaucoup de chanteurs, mais n’étant pas dans ces tessitures-là j’ai des graves et une rondeur qui donnent surement cette identité. Et puis ce n’est pas plus mal d’avoir sa propre «empreinte génétique» et son feeling, car sinon tout le monde sonnerait pareil dans chaque style, et quand on arrive plus à discerner tel ou tel groupe dans un genre de musique, ce style meurt ou il ne reste plus que les principaux. On utilise tous «mathématiquement» les mêmes notes, alors il faut bien y mettre son ADN ! (Rires)

 

C'est à nouveau Andrew G qui s'est occupé de l'album au Hybreed Studio. Qu'est-ce qu'il vous apporte ?
Loïc :
Sans oublier pour commencer l’enregistrement de la batterie qui est fait chez un ami au Roots Notes Studio, tous ensemble en situation live pour le feeling et l’énergie. Ensuite nous enregistrons le reste chez Andrew. Il nous apporte une continuité dans le son, d’un album à l’autre, même si certaines choses sont différentes à chaque fois, et tout cela dans une ambiance amicale et humaine, sans le stress d’un compteur de taxi «le temps c’est de l’argent» ! (Rires) Mais rassurez-vous, on ne traine pas pour autant, et on ne compose pas sur place nos titres ! Il y a quand même un calendrier à respecter et tout est prêt en amont, même si il y a toujours des petites choses et des idées qui viennent avec le feeling de l’instant, un arrangement, l’amélioration d’une partie etc. Et pour finir il fait aussi le mixage et le mastering, donc que demande le peuple ?
Alan : C’est toujours un plaisir pour nous de travailler avec Andrew, car en plus d’être un ami, c’est un excellent ingénieur son qui est à l’écoute des musiciens avec lesquels il collabore. Il connait très bien notre musique et notre univers musical, et il est souvent de bon conseil. C’est un peu notre George Martin (NDLR : le producteur des Beatles) en quelque sorte !
 
HOT HELL ROOM par Sébastien Bouysse.
Où peut-on trouver “Stasis” ?
Alan : L’album est disponible un peu partout, mais il est déjà facilement trouvable sur le E-Shop du label :
https://www.stf-records.de/shop/index.php?manufacturers_id=154&fbclid=IwAR1AHun8zlfOf3fQ0NFBrJv-85OBZMsd-9quzr9XbcARDh66fskzNiak_iQ

 

Votre actualité dans les mois qui viennent ?
Loïc :
On part en tournée avec Metallica. Ah non, avec Ghost ! Aussi, rien que pour emmerder certains qui les critiquent alors qu’il y a quelques années… Remarque c’est même pire avec Metallica enfin bon… (Rires) Évidemment il y a les goûts de chacun mais quand ce sont des critiques pour descendre bêtement et sans respecter la carrière de ces gars et de ce qu’ils ont apporté, un moment donné, faut aller voir son miroir…
Non, plus sérieusement et banalement, des concerts. Et travailler sur l’étranger pour certaines choses. Et puis franchement nos vies personnelles ont été tellement sombres ces derniers temps, pour certains d’entre nous, par superstition peut-être, j’ai dû mal à me projeter très loin dans le futur... Je préfère dire sincèrement les choses plutôt que faire le discours de façade promo habituelle, avec un plan, etc.
Alan : On a quelques dates de concerts en prévision, et nous sommes à l’écoute pour diverses propositions partout en France, à l’étranger, ou alors dans une autre galaxie lointaine, très lointaine !

 

Merci Hot Hell Room d'avoir répondu à mes questions.
Loïc :
De rien, c’est nous qui te remercions. On ne le répétera jamais assez, c’est grâce aussi à des gens passionnés et curieux comme toi que les groupes peuvent exister, chacun à son échelle, et partager leur art.
Alan : Merci pour ton soutien, depuis le début, et aussi surtout pour le travail et la passion dont tu fais preuve pour soutenir la scène locale.
 
         
Les infos utiles :
Hot Hell Room sur Facebook :
https://www.facebook.com/hothellroom/
Ecouter Stasis :

https://open.spotify.com/album/4bxDa8Cku2KIg87lqCLUl5

Discographie : Lies Box (EP - 2005) Hot Hell RooM (demo – 2009) Kali Yuga Bonfire  (2013) Architect Of Chaos (2016) Stasis (2020)

Le plat du jour : RED BEANS & PEPPER SAUCE (Interview de Jessyka Aké)

Le 24/02/2020

Valeur sûre du Rock français, RED BEANS AND PEPPER SAUCE enchaîne les bons albums, avec un Mechanic Marmalade (2019) qui se pose en brillant successeur de Red (2017).
En attendant la tournée de printemps et au sortir d’un concert parisien, après l’interview de son camarade Laurent Galichon (guitare) réalisée en octobre 2019, Jessyka Aké (chant) a accepté de répondre à nos questions. Les Red Beans seront donc au menu chez Ahasverus...

 
          
Bonjour Jessyka Aké. Vous vous souvenez du tout premier album que vous avez acheté ?
Jessyka Aké : Off The Wall”, de de Michael Jackson.

Et du premier concert auquel vous avez assisté ?
C'était sur le tard, et c'était Madonna : “Confessions On The Dance Floor” à Bercy en août 2006.

Premier souvenir d'enfance qui vous rattache à une musique ?
Chopin nocturne No.9, Op 2 ! De quatre ans jusqu'à mes quinze ans environ toute ma jeunesse tournait autour de la danse classique que j'ai beaucoup pratiquée.

 
Beans denis 3

Jessyka Aké par Denis Charmot

Qui vous a inoculé le virus de la musique ?
Peut-être mon père, certainement par ses gènes . Mais les meilleurs souvenirs sont avec ma mère, à nous balader dans une Coccinelle rouge et à écouter plein de musique sur son autoradio. C'était génial ! On chantait à tue-tête sur du Tina Turner, du James Brown... On comprenait rien mais on rigolait beaucoup ! Et aussi du classique : Beethoven , Chopin... Bref, de chouettes souvenirs ! (Rires)

 

Le chant, c'est quoi pour vous ? Un métier, une passion, un terrain de jeux, votre oxygène ?
C'est un peu tout ça ! Mon oxygène, mon sang ,mon cœur, ma vie ce qui me fait vibrer ! Une passion qui m'anime depuis mon enfance, un terrain de jeux que l'on arrive à transformer en métier. Que du bonheur !
 
Le chant  représente combien de temps dans une journée de Jessyka Aké ?
J'ai la chance d'avoir une super oreille, ce qui facilite beaucoup de choses pour la justesse. Mais à côté de ça, ce qui est intéressant, c’est de travailler la technique vocale. Le chant représente environ quatre heures par semaine. Je travaille avec Fanny Llado (Lady Fanny), qui est clairement l'une des meilleurs profs de technique vocale sur Paris et qui a le don d'aller puiser dans des ressources insoupçonnables et de te faire sortir des notes avec une puissance d'un autre monde sans te faire mal . Puis après il y a le travail perso, environ trente minutes d'échauffements par jour, sans compter la tonne de musiques diverses et variées que j'écoute et sur laquelle je ne m'empêche pas de chanter et de décortiquer. (Rires)
 
Etta James c’est qui pour vous ?
C'est La très grande dame du Rock et Rythm N’ Blues, Soul, Jazz, qui a inspiré et influencé bon nombre d'entre nous, et je rajouterais aussi Tina Turner qui est également pour moi une grande dame, pour qui j'ai le plus grand respect tant pour sa carrière que pour sa voix, son énergie de lionne sur scène, son vécu... Ce sont des femmes qui me donnent beaucoup d'énergie quand je les écoute.
 
ETTA JAMES, At Last (1960).

Vous arrivez dans les Red Beans & Pepper Sauce en 2011/2012, je crois...
J'ai rencontré Laurent il y a huit ans. Après une brève audition j'ai intégré le groupe en reprenant les premières compos dans les débuts, puis par la suite c'est devenu une collaboration musicale me laissant créer les Line-up sur les derniers albums et pour certains titres. Parallèlement, j'étais dans différents groupes de musique amateurs de la région et je travaillais dans le milieu de l'enfance avec diverses écoles. Quand les choses se sont professionnalisées avec Red Beans, j'ai décidé de m'investir totalement dans le projet. Depuis, cinq albums sont nés, et en aucun cas je ne regrette ce choix, même si des fois ce n'est pas évident...

La musique des Red Beans, initialement Bluesy, se teinte de plus en plus de Rock...

Je pense que c'est ce parce que nous avons en chacun de nous, ancré au plus profond, ce côté Rock, même si nous sommes issus de différentes écoles. Nous avons tous cette rage, cette colère, l'envie de partager, de donner, de nous rencontrer à travers les différents groupes qui nous insufflent cette énergie aussi. Mais en France il faut toujours être dans l’actualité et ne rien lâcher .

 

 


Les critiques sont unanimes pour vanter les qualités de Mechanic Marmalade, votre nouvel album... 2020 serait-elle l'année du Haricot ?
I hope !

 

L'album RED BEANS AND PEPPER SAUCE, Mechanic Marmalade (2019)
Parallèlement il semble assez difficile pour les groupes indépendants d'atteindre le public et de percer en France. Laurent Galichon disait quelque part qu'il fallait, en somme, aller chercher les auditeurs un par un, notamment à l'occasion des concerts...
Effectivement, il faut aller au cœur des gens, leur présenter notre projet, les embarquer avec nous dans notre énergie, de village en ville, de département en région et, en Europe, de cafés-concerts en festivals ou en clubs. C’est pour ça que j'aime le Live : tout prend son sens sur scène et dans les yeux du public !

D'ordinaire le chanteur porte la parole du groupe, cependant on vous voit assez peu en interview... La “volcanique” Jessyka Aké est-elle en fait l'archétype de la frontwoman discrète ?
Je suis plutôt d'une nature discrète, surtout en évoluant dans un milieu très masculin, ce qui des fois n'est pas évident. Mais, pour le coup, tout mon pouvoir prend plutôt effet en live ! Puis, ne vivant plus dans le Sud, il est compliqué de pouvoir être toujours disponible pour les interviews... Mais j'aime beaucoup cet exercice, et pour le prochain album je serai plus présente si on me le demande !

Le titre du répertoire des Red Beans que vous préférez ?
Sur le dernier album c’est difficile à dire : je les aime tous ! Mais si je devais en choisir un, ça serait “Holy Guest”.

 
Un souvenir de tournée particulièrement vivace ?
Je n'ai pas particulièrement de souvenir vivace... plutôt de belles rencontres et des découvertes musicales que j'ai pu faire au fil des tournées. Je pense à Manu Lanvin, Fred Chapelier, Ben Poole, Johnny Gallagher, Laura Cox , Dumbstaphunk , Earth Wind And Fire , Sarah Fish, Roy Hargrove, Martha High, etc. Chaque lieu, chaque découverte, chaque première sont une expérience unique qui m'apporte un shoot de bonheur et d'énergie.

 

 
Beans denis 1
RED BEANS AND PEPPER SAUCE par Denis Charmot

La chanson inavouable que vous écoutez quand vous êtes certaine qu'on vous verra pas ?
“When the rain begins to fall”, de Germaine Jackson et Pia Zadora ! (Rries)

Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru par les Red Beans ?
Un beau parcours avec de belles rencontres, de chouettes moments de partage, de jolis articles, du soutien, de l'amour, de la bienveillance, des rigolades, des kilomètres de bitume, peu d'heures de sommeil, des tonnes de sandwiches triangle (beurk !), des expériences, des leçons, des sourires, des encouragements... et que cela continue le plus longtemps possible !

 
Votre actualité dans les prochains mois ?
On se prépare pour les tournées de printemps et d'été.

Vos bonnes résolutions pour 2020 ?

Continuer à donner de la good énergie, continuer à kiffer et prendre de bonnes vibes. Bref : positive attitude !
 
   
Nous remercions Denis Charmot pour ses photographies et son aimable autorisation.
Retrouvez-le sur https://www.facebook.com/DenisCharmotPhotos/
Retrouvez ses chroniques et ses conseils photo sur https://www.facebook.com/DenisCharmotLiveShootemission/
 
 

Les mondes de Karoline Rose

Le 26/12/2019

Télévision, théâtre contemporain, comédies musicales, festivals... Karoline Rose garde le vent en poupe depuis plusieurs années.
En 2017 l’infatigable artiste franco-allemande  revient à ses premières amours (elle qui montait son premier groupe de Death à quinze ans) avec
SUN, projet Metal avec lequel elle présente en 2019 l’un des EP les plus réussis de l’année, "Brutal Pop".
Nous avons eu le plaisir de lui soumettre quelques questions.
En route vers les mondes de Karoline Rose...
            
Karoline Rose Bonjour. Je vous propose d'abord un petit retour en arrière : Premier album acheté ?
Bonjour Ahasverus ! Off The Wall - Michael Jackson.

 
Premier concert ?
Michael Jackson - History Tour en Allemagne (Hockenheimring) 1997.
Michael jackson history tour live in munich 0 230 0 345 cropJ'ai lu que votre mère était une chanteuse renommée en Allemagne. C'est elle qui vous a insufflée le goût de la musique ?
Françoise Colson, ma maman, a été chanteuse de variétés en Allemagne dans les années quatre-vingt. Je l’ai vue se préparer dans ses loges, mettre du Coca-Cola sous ses talons pour ne pas glisser sur scène, j’assistais anxieusement aux concerts, j’avais peur qu’elle oublie ses paroles ! A huit mois je chantais “Volare” (alors que je ne savais pas encore vraiment parler). Je l’imitais. Elle m’a définitivement donné envie de m’y mettre aussi !

Karoline Rose avec un “K”, c'est la Caroline Rose de la maturité ?

C’est le “K” de mes origines et c’est aussi le “K” de Google ! (Rires)
J’ai fait tout mon début de carrière sous “Caroline Rose”. Il y a une tonne d’homonymes et j’ai fait autant “The Voice”ou “1789, les amants de la bastille” que des EP’s Pop Rock en solo sous ce nom. Puis Babx m’a découverte dans “Mimi, scènes de la vie de bohême”, une pièce de théâtre contemporaine mise en scène par Guillaume Vincent. On a commencé a faire de la musique Lofi expérimentale et on voulait rompre avec le passé, avoir une recherche Google plus “neutre”.
Il y avait beaucoup d’informations différentes à mon sujet. A l’époque on pensait que c’était un problème, alors je suis revenue au “K”. Aujourd’hui je trouve ce début de parcours hyper cool, rempli d’aventures improbables, mais je reste heureuse du K...

Karoline maxence

Photo © Maxence & Jonas
On dit de vous dans ​http://www.iogazette.fr​ : « Passer du chant clair à la voix criée » tout comme « passer du théâtre à la musique ». S’ouvrir donc, à tout prix : l’artiste franco-allemande décloisonne deux mondes qui s’entre-découvrent par-delà leurs scènes respectives.
"Artiste qui décloisonne deux mondes", c'est une définition qui vous convient ?

Ça me va. Je crois que c’est même la substance de mon travail et de qui je suis : Franco-Allemande (rien que ça !), Metal/Pop, Chanteuse/Screameuse, Musicienne/Comédienne, Palais des Sports/Bouffes du nord, TF1/France Culture, comédie musicale/death metal...
Je ne cherche pas spécialement à être dans ces situations là, je m’y retrouve naturellement et j’y suis bien. L’image que j’ai en tête est celle d’une personne qui met la création d’art et de musique au service des émotions, des histoires racontées, des effets que ça procure.

Dans le même esprit, j’imagine que si je vous propose de n'emporter que deux opus sur une île déserte où il vous faudrait séjourner plusieurs mois, vous choisissez ABBA et Morbid Angel ?
Ça me parait pas mal, je prendrais “Gateways to Annihilation” et “Abba Gold”. Ça couvre pas mal de terrain déjà ! Peut être ajouter un petit Hole, “Live through this”, pour la touche Indie Rock, et je serais bien pour une éternité sur l’île déserte...

Karoline gateway

MORBID ANGEL - Gateways to Annihilation (2000)
“Brutal Pop”, le concept germait en vous depuis longtemps ?
Lorsque j’avais treize ans je notais ce mot partout dans mes petit carnets de lyrics : “Brutal Pop, I wanna make Brutal Pop”.
J’aimais l’idée qu’on pourrait écrire une superbe Popsong avec de belles harmonies, une rythmique catchy (comme par exemple “Don’t stop til you get enough” ou “Can you feel it” des Jacksons) et la brutaliser. Ajouter des stayrations, des syncopes guitare/kick, du scream ou du growl quand l’émotion du texte nous submerge... J’ai toujours vu ça comme UNE matière et non pas la coexistence de deux genres.
 

Si on en avait discuté en amont avec nos partenaires, tout le monde nous aurait déconseillé de faire ça !


La rencontre avec Dan Levy ( The Dø ) à un concert de Jeanne Added a cependant été déterminante dans l'impulsion et la conduite du projet, y compris dans le nom de votre groupe, SUN...

En effet, Dan m’a vue sur scène en première partie de Jeanne à la Cigale. A l’époque j’étais un peu perdue artistiquement. Il est venu me voir après le concert et a proposé qu’on bosse ensemble. J’ai mis du temps à revenir vers lui, car j’avais encore des engagements. Puis, un mois avant Rock en Seine, on s’est lancés. A ce moment, en Allemagne, la tombe de mon père avait été enlevée sans que je sois au courant. J’aurais aimé récupérer la gravure de tournesol que j’avais choisie pour sa pierre lorsque j’étais petite. Mais la pierre a été détruite... Comment est-ce qu’on rend hommage à une personne qu’on aime lorsqu’il n’y a plus aucune trace physique ? J’en ai parlé à Dan. Je lui racontais comme mon père n’emmenait sur l’autoroute dans sa Mercedes et qu’il allait a plus de deux-cents à l’heure (c’est illimité en Allemagne !). Clope au bec, musique “à donf”, j’avais le droit de sauter partout. Ça m’a marqué pour toujours ! Je cherchais alors par rapport au Tournesol (Sunflower), puis au Soleil tout court, To The Sun/SunSurfer/SunRider, puis Dan me dit : “Pourquoi pas juste SUN ?” Et nous voila...

En 2017 vous débarquez à "Rock En Seine" avec votre nouveau projet batterie /guitare-chant et des compos survitaminées alors que rien de cela n'était au programme de votre attaché de presse un mois plus tôt. C'était gonflé !
C’est vrai que c’était gonflé... Si on en avait discuté en amont avec nos partenaires, tout le monde nous aurait déconseillé de faire ça ! On est frileux, la moindre prise de risques fait peur. Pour le coup mon attaché de presse m’avait plutôt encouragée a y aller comme j’avais envie, et puis finalement ça s’est tellement bien passé (Pogo de fou !) que tout le monde a commencé à comprendre que j’avais trouvé ma voi(x)e...

Vous aimez décidément les challenges puisque vous avez réussi à insérer un titre de SUN à l'affiche de “Nous, l'Europe, banquet des peuples”, la pièce de Roland Auzet, d'après le livre de Laurent Gaudé. Comment ce passage musical est-il accueilli par le public venu voir la pièce ?

Il y en a même deux ! “I killed my man” et “Higher Fire” figurent dans “Nous l’Europe, banquet des peuples”. Je venais de faire une autre pièce (“Hedda Gabler”) avec le metteur en scène Roland Auzet, dans laquelle je jouais Théa. Roland, comme tous les metteurs en scène avec lesquels j’ai bossé, m’utilisait en tant que comédienne et musicienne. On a réfléchi ensemble et il a mis “I killed my man” réarrangé avec les filles de L.E.J (elles aussi dans la pièce) pour “Hedda Gabler”. Ensuite j’ai eu ce rôle beaucoup plus conséquent sur “Nous l’Europe”, avec ce monologue très fort qui mène à l’explosion de “Higher Fire”. Le public de la cour du lycée St Joseph applaudissait chaque soir après le morceau. En théâtre (et surtout au In d’Avignon) on applaudit qu’à la toute fin du spectacle. Je suis heureuse de provoquer ces réactions spontanées chez les gens.


Vous êtes une songwriter. Vous souvenez-vous de votre première composition ?

Oui, je m’en souviens ! J’avais onze ou douze ans et j’avais écrit une chanson qui s’appelait “Strawberries”. C’était vraiment nul et j’essayais de recruter des gens de ma classe pour m’accompagner dessus mais ils ne comprenaient pas l’harmonie que j’avais choisie ! (Rires)

Qu'est-ce qui inspire votre écriture ?
La Vie m’inspire ! Je fais partie des gens qui ont connu beaucoup de choses difficiles et horribles très tôt dans leur vie. Je m’appuie beaucoup sur mon vécu, sur les profondeurs que j’ai dû traverser et la force que j’ai trouvé en moi pour survivre et me battre chaque jour. Je m’inspire aussi beaucoup de l’amour ! C’est la force la plus puissante de l’univers.

Quel est le morceau d'un autre que vous auriez adoré écrire ?

J’aurais aimé écrire “Violet” de Hole ou “Dancing Queen” de Abba...

Sur la naissance de SUN, j'ai lu ceci dans ​https://litzic.fr/​ :
"Et puis, elle fait la rencontre de Dan Levy (producteur de The Dø entre autres). Celui-ci lui demande de lui faire écouter ce qu’elle a en stock. Après une écoute, il insiste (il a du flair le bonhomme) : tu n’as rien d’autre ? Et Karoline Rose de répondre que « si, mais tu vas te marrer. »"
Ce "tu vas te marrer", c'était la pudeur, ou vous n'étiez-pas encore convaincue de la force de ces compositions ?

Quand Dan m’a proposé un rendez-vous pour écouter ma musique je m’étais conditionnée à lui faire écouter des choses dont je pensais qu’elles lui plairaient... Pour moi un producteur de Pop et d’électro-pop, n’allait pas être sensible au rock/metal et encore moins à ma brutal pop. A cette époque j’étais fragile, j’avais trop écouté d’avis sur ma musique et je n’avais plus aucune certitude. J’aimais toujours ma brutal pop mais je ne pensais pas que ça le toucherait et qu’il prendrait ça au sérieux. Souvent, dès qu’une femme crie on s’arrête la-dessus et on fait deux remarques genre “Ah ben elle est en colère celle-la !”, puis on passe totalement à côté des chansons... Je suis sortie de ce rendez-vous sidérée ! LE producteur de pop en France avait capté ma musique !

Pochette ep 22brutal pop22 de sun

SUN - Brutal Pop (EP - 2019)
Avez-vous déjà une idée de ce à quoi ressemblera le prochain opus de SUN ?
Il est déjà dans la boite. (sourire)
Ce sera un deuxième EP, il est dans la suite logique de “Brutal Pop”, puis le premier album suivra (avec d’autres titres encore !).

On a vu SUN sur une vidéo jouer avec une violoncelliste et deux choristes (Il s'agit du trio LEJ, cité plus haut). Êtes-vous particulièrement attachée à la formule duo parce qu'elle vous laisse beaucoup d'espace, ou SUN est-il un concept à géométrie variable ?

J’aime que la base soit un Duo. Ça laisse de l’espace à l’imaginaire, on peut projeter tellement de choses sur ce couple. Ça peut évoquer mon histoire personnelle, illustrer les histoires que je raconte dans les chansons, créer un équilibre visuel et scénique... Cependant je ne suis pas fermée à faire évoluer la formule, comme on l’a fait avec les filles des LEJ par exemple... Je ferai toujours ce qui sera le mieux pour la musique et le show, s’il faut ajouter du monde, on le fera !

Où pourra-t-on vous applaudir dans les prochains mois ?
La tournée de “Nous L’Europe” continue durant tout le premier trimestre 2020. Nous allons sillonner l’Europe pour défendre la pièce. Au milieu de tout ça nous avons une jolie date avec BETRAYING THE MARTYRS au Réacteur ( Espace Icare Issy les Moulineaux) le samedi 25 Janvier. Puis je tourne dans mon premier grand film en février... et je vous laisse imaginer ce que j’y amène en plus de ma performance de comédienne ! (sourire)
Des dates pour SUN seront annoncées sur notre Page Facebook...

 
Merci Karoline Rose d'avoir accepté de répondre à mes questions.
Merci pour cette interview ! A très vite !

 

SUN sera en concert le 25/01/2019 à Issy-Les-Moulineaux (Espace Icare)

 

 

Les projets d'Anthon Norwell

Le 25/12/2019

Memory of Silence, Synesthesia, The Norwell Project... S’il en est un qui ne manque pas de projets en cette fin d’année 2019, c’est bien le guitariste/compositeur Anthon Norwell !
Avec Anthon-Norwell Experiment il a sorti en 2019 deux albums, “Under my Dream... Or my Skin”, ainsi que son prolongement instrumental “The Final Trip of my Destiny”.
Il était temps d’aller faire un tour dans sa discographie.
Voici l’interview d’ Anthon Norwell.
       

Bonjour Anthon Norwell. Pour commencer je te propose un petit voyage dans le temps. Premier album acheté ?
Salut. Le premier album que j'ai eu la possibilité de ma payer a été Iron Maiden, “Killers” (en vinyle), c’était également mon premier album Heavy Metal ! A partir de ce moment je me suis axé sur sur ce type de musique en suivant non seulement Maiden mais aussi en découvrant les premiers Metallica et tous les groupes de cette période.
A ce moment là j'ai treize ans, et c'est à quinze ans que je comprends réellement qu'il va me falloir passer derrière une guitare pour vivre cette musique pleinement !
IRON MAIDEN - Killers (1981)
 
Premier concert ?
C’était Helloween, après la sortie de "Keepers of the seven keys Part. 1", donc à l'arrivée de Michael Kiske au chant !
C’était absolument énorme et s'en est suivi pas mal de concerts pour revivre cette même impression du Live , avec les "Monsters of Rock" très souvent a Bercy , Metallica , Manowar, Kiss, David Lee Roth avec Steve Vai, mais Steve Vai également en solo, et tant d'autres...
 
Premiers émois qui ont conduit le petit Anthon à devenir musicien plutôt que pompier, vétérinaire ou chasseur de primes comme Joss Randall ?
Plus jeune je m'endormais avec mon Walkman et je m'imaginais être sur scène avec mes idoles, donc l'envie de devenir musicien est arrivée rapidement ! A seize ans j'ai formé mon premier groupe et je n'ai plus arrêté...
Mais vivre de sa propre musique est aussi très souvent du domaine du rêve, surtout en France, et encore plus quand tu es dans le Rock ! J'ai donc également eu un parcours dans la restauration afin de pouvoir vivre (à côté) ma passion a fond. Aujourd'hui je ne fais plus que de la musique, en donnant des cours de guitare et en sortant quelques albums...

 

J'ai lu qu'avant de commencer à faire de la musique tu t'étais intéressé à l'écriture ? Premiers émois littéraires ?
Je dirais plutôt que la passion de l’écriture va avec celle de la musique. Je suis un fan de poésie et tout jeune déjà il m'arrivait de m'éloigner avec un cahier pour y poser quelques mots maladroits. J'avais très souvent un exemplaire de Baudelaire avec moi et, assis face a un beau paysage, j'en lisais quelques lignes . Je pourrais aussi parler de Rimbaud, Verlaine ou Apollinaire... J'ai toujours eu un goût pour l’écriture, le dessin ou la musique. Je vivais par l'art, au grand désespoir de mon père.

 

Revenons à la musique. A quoi ressemblait ta première composition ?
C’était un truc complètement déstructuré ! (Rires)
J'ai composé le jour où j'ai eu une guitare dans la main , donc il est très facile de comprendre qu'il n'y avait rien de bon et surtout aucun bagage technique me permettant appréhender une quelconque mélodie. J'ai pourtant monté un groupe rapidement, avec mon meilleur ami a la batterie. Le premier morceau de ce groupe était "L’Enchanteresse" , un morceau inspiré de la scène française du type ADX , Sortilege ou encore Satan Jokers...

 

Anthon Norwell
J'ai lu que pour composer Dream Theater installait parfois une ambiance en écoutant en boucle certains albums. Y a-t-il des conditions idéales qui suscitent ton inspiration ?
Il est certain que les groupes que tu écoutes finissent par t'influencer mais cela doit rester inconscient. Perso, je prends ma guitare et je joue sans même réfléchir, et s'il y a une mélodie ou un riff accrocheur je le retiens afin de lui donner le rythme et la structure qui lui conviennent le mieux. Ensuite je travaille sur le reste du morceau.
Donc, en général, je pars d'un plan. L'ambiance du morceau doit d’être assez claire dans le plan trouvé afin de pouvoir approfondir les choses ensuite. Très souvent, après l'écoute de certaines de mes compos, on m'a prêté des influences que je n'avais pas ou des groupes que je n'écoute pas, donc c'est assez drôle pour moi...

 

Tu as joué dans des groupes avant 2011 ?
Mon premier groupe s'appelait "Geesenstacks", c’était vraiment mes débuts. Ensuite il y a eu "Desperado", puis "Insomny" , c'est a partir de là que les concerts sont arrivés avec un registre Metal Electro Prog assez novateur pour l'époque, car là nous sommes en 1999...
Insomny est un bon souvenir pour moi, et surtout un virage progressif qui ne m'a plus jamais quitté ! Ensuite, en 2009, j'ai formé "Endless Sea" avec une chanteuse, c’était un groupe de Metal Symphonique à tendance progressive. L'aventure a duré jusqu'en 2011 car la chanteuse est partie vivre a l’étranger...

 

Je parlais de 2011 parce que tu crées cette année-là "Memory of Silence" avec Thomas Sommer.
Votre premier album sort en 2014. Il s'agit d'un opus de Prog' ambitieux sur lequel on trouve Michael Zurita ou Renaud Hantson...

Effectivement, des cendres de Endless Sea est né Memory Of Silence avec Thomas, mon claviériste depuis 1999 (Insomny, Endless Sea et Memory Of Silence). Cette fois c'est un groupe de Metal Progressif affirmé avec un premier album, “Hypnotic Silence”, très remarqué. Pour ce projet j'ai eu la chance de voir participer Renaud Hantson, Michael Zurita entre autres, mais disons que j'ai eu le plaisir de voir la crème du Metal français répondre favorablement à une participation.
MEMORY OF SILENCE - Hypnotic Silence (2014)
Toujours en 2015 tu montes le projet "Anthon Norwell Experiment", dont le second opus, en 2017, est un ambitieux concept-album...
Exact, et vers la même période naît "The Norwell Project", avec Anck Veynaris...
The Norwell Project s’éloigne des territoires Metal puisqu’à la base la musique est plus acoustique et presque Pop Rock. Anck est un chanteur fabuleux ! Il est capable de plein de choses et il a également participé au premier Memory of Silence... Suite a une discussion nous avons décidé de partir a l'encontre de Memory en faisant un album plus abordable, et surtout où nous posions les armes ! J'ai également enregistré pour cet album quelques chanteurs/euses autres que Anck pour avoir un album au sonorité différentes !

 
En 2015, Memory of Silence commence à parler de la sortie de son second opus, un opéra Prog' sur la Rome antique...
Je travaille depuis quelques années sur le deuxième album, un projet très ambitieux qui regroupe bon nombre de musiciens dispersés dans la France. Cela prend du temps... Pour ce futur album tous les instrumentaux sont déjà enregistrés et nous sommes actuellement sur les voix. Si tout ce passe bien, l'album "Ex Tenebris Lux" sera terminé à la mi-2020 et pourra sortir en fin d’année 2020 !
Anthon-Norwell Experiment est devenu mon projet principal . Le premier album "Esoteric Fall" a vraiment été très bien accepté et a reçu les faveurs des chroniqueurs . Le deuxième album "The Dark Parts Side Of Heaven" a pris presque un an et demi à être enregistré, et cette fois je me suis entouré de Pascal Louvigny (narration et basse) et de Jemina Robineau pour le chant feminin. C'est une grosse pression que de sortir des albums avec ce contenu, mais il a été très bien accepté et une nouvelle fois les chroniqueurs nous ont félicité pour l'approche musicale qui se veut différente de ce que l'on peut entendre en général.
Jemina Robineau
Ta carrière est décidément jalonnée de concept-albums puisqu'en 2018, sous le nom de Synesthesia, toi et Martial Prevel sortez The Battle for Montsegur...
La musique progressive est très souvent assimilée au concept-album donc ça part très souvent dans ce sens ! (Rires)
Avec Martial nous avions discuté et prévu de faire un truc ensemble mais a cette époque j'étais déjà occupé par d'autres projets que je devais terminer avant de passer à autre chose. Lorsque j'ai eu le temps nous avons commencé a composer ensemble. Il s'est donc occupé des textes et des mélodies de voix. Il a créé ce concept sur Montsegur... Pour ma part, j'ai construit les musiques en fonction de la direction des textes. Un vrai travail de groupe ! C'est un très bon album, avec de bonnes mélodies de voix et un coté plus Rock grâce a la voix de Martial, très inspiré par les anciens comme Led Zep ou encore Aerosmith...
 
Synesthesia
SYNESTHESIA - Battle For Monstegur (2018)

 

Aujourd'hui tu reviens avec deux albums d'Anthon Norwell Experiment : "Under My Dream... or My Skin", avec à nouveau Martial Prevel au chant, et "Final Trip Of My Destiny", qui est un peu le prolongement instrumental d'Under My Dream...
"Under My Dream... Or My Skin" est le premier album d'Anthon-Norwell Experiment réellement chanté ! Je me suis entouré de trois personnes niveau chant pour rendre hommage à mes autres projets (et puis entre nous j'adore les entendre chanter ! - Rires). Il y a donc Sam Guerrier (Memory Of Silence) sur le titre "Divergent Mind", Jemina Robineau (Memory Of Silence et Anthon-Norwell Experiment) sur "Broken Star" et Martial Prevel (Synesthesia) sur Number III. Ils interprètent chacun un titre qui, à mon sens, leur correspond. Pour le reste des morceaux c'est moi qui chante. Le fait d'avoir ces changements de voix donne de la dynamique à l'album et fait vivre le concept qui l'entoure.
Quant à "The Final Trip Of My Destiny", c’est un album collector qui sort en digipack et surtout qui prolonge le voyage établi par "Under My Dream". Quarante-cinq minutes de musique, mais c'est surtout un morceau a tiroirs découpé en dix phases ! Aucun temps mort, tout s’enchaîne , aucun moyen d'en réchapper...

 

ANTHON NORWELL EXPERIMENT - The Final Trip of my Destiny (2019)
Dans ton parcours, on trouve aussi Artgotika... Ais-je oublié quelque chose à ta discographie ?
J'ai composé un album de treize morceaux pour Artgotika. C’était une aventure différente de créer pour d'autres.
Pour ce qui est de mes différents projets actifs, il en reste encore quelques uns, oui, comme BlackSun Tears (Indus Metal) Blue Snake Gun (Blues Rock), mais je ne peux pas encore dire s’il va en sortir un album ou non... Quelques titres sont dispo sur Youtube avec Martial Prevel au chant . Pour le moment c'est une cour de recré pour moi , seul l'avenir nous dira si ce sont des projets viables ...

Toi qui as énormément composé, quelle chanson d'un autre aurais-tu aimé écrire ?
"Beautiful" de Marillion , "No Part Of Me" de Steven Wilson , "The Call Of Kutlu" de Metallica... J’écoute énormément de musique et je reste un fan avant d être un musicien, quoi qu'il arrive .

 

Tu n'as de place que pour sauver deux albums de l'histoire du Rock. Lesquels choisis-tu ?
Sans hésitation Steven Wilson "Grace for Drowning" et Metallica "Ride The Lightning" !

 

Merci Anthon Norwell de m'avoir accordé cette interview.
Merci a toi d'avoir pris le temps de travailler tes questions. Je vois que tu connais ton sujet et à la lecture des questions je me suis dis "Oh la ! Il y a de la matière !" (Rires)
C’était un plaisir, et n'oubliez pas que l'album "Under My Dream... Or My Skin" est actuellement disponible en CD chez Soman Records !
ANTHON NORWELL EXPERIMENT - Under my Dream... Or my Skin (2019)
     
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JUNIOR RODRIGUEZ (Rock Psychédélique) - The Stellar Child

Le 09/12/2019

Multi-instrumentiste, Junior Rodriguez a joué avec des artistes aussi divers que LoudBlast (“Disquieting Beliefs” sur l’album “III decades live ceremony”) ou Dick Rivers (“Mister D”). Il a côtoyé Dave Grohl et les Queens Of The Stone Age. On l’a également vu en Islande dans le road-trip “Starting Form Nowhere” à la recherche d’inspiration et de sons inédits.Junior 1
Junior Rodriguez - Photographie © Albéric Jouzeau
En 2019, il s’impose avec “Stellar Dream”, une incartade solo qui trouve ses origines dans les 70’s et agrémente son Rock Psychédélique de touches modernes et subtiles.
La tête dans les étoiles, les pieds ancrés sur terre par de profondes racines... c'est une belle définition de Junior Rodriguez.
Voici son interview.
        
 
"Je voulais revenir à ce qui me fait
le plus vibrer dans la musique."
 

Bonjour Junior Rodriguez. Je vous propose de faire un bond dans le passé. A qui doit-on votre goût pour la musique ? Vos parents ou Thierry Guerrero ?
Junior Rodriguez :
Je dois le goût de la musique à mes parents, mais surtout mon grand Frère Duff. Quant à ma passion pour la batterie, elle me vient de Thierry Guerrero, un ami qui m’a vu naître et qui a mis la première fois mes petites fesses de trois ans et demi sur sa batterie, instrument que je n’ai plus jamais lâché.

 

Vous vous souvenez du premier album que vous avez acheté ?
C’était une compilation de la Motown ! Avec dedans les jackson Five que j’écoutais en boucle. J’analysais tout ce qu’il se passait dans leur musique au casque...
Premier concert auquel vous avez assisté ?
Je crois que le tout premier concert que j’ai vu c’était Linda de Suza au Cirque d’hiver avec mes parents quand j’étais tout petit. Mais sinon celui qui m’a le plus marqué quand j’étais plus jeune c’était définitivement Pantera au Zenith pour la tournée Great Southern Trandkill. Un concert comme on n’en reverra très certainement plus…

 

Après avoir joué avec votre frère, vous montez votre premier groupe, «Inhatred». Ca reste apparemment un excellent souvenir…
Des souvenirs impérissables ! Mon frère jouait également dans ce groupe. On était jeunes, en pleine ébullition de la fin des 90’s et de tout ce qui sortait à l’époque. C’était vraiment une période de dingues : on osait tout, on n’avait peur de rien.
Junior loudblast
LOUDBLAST - III decades live ceremony (2017)
Loudblast, Inhatred, Sublime Cadaveric Decomposition, Betraying the Martyrs... On ne compte plus vos contributions comme musicien ou technicien. Faites-vous partie de ces hommes qui ne dorment jamais ?
Bien au contraire, j’essaye de dormir mes huit heures par nuit. C’est justement important d’être en forme pour tenir la cadence. Donc j’essaye d’avoir de bonnes nuits de sommeil, par contre la journée je suis très actif et je m’organise au mieux pour avancer tout ce que j’ai sur le feu…

 

Vous avez été amené à travailler pendant six ans avec Dick Rivers. Un mot ou une anecdote sur ce pionnier du Rock en France ?
Un mec sincère, entier et une bible du rock n’ roll…
Il m’a accueilli à bras ouverts autant sur scène que chez lui lors de ces délicieux repas concoctés par sa femme Babette, que j’adore. Des fois il me faisait écouter ses disques préférés dans sa Cadillac… j’ai re-découvert bon nombre de classiques comme ça grâce à lui ! Ses coups de fils intempestifs me manquent beaucoup…
 
Junior mister d
DICK RIVERS - Mister D (2011)
Vous participez à l'album "Mister D" et partez en tournée américaine. Les rencontres et les expériences de cette tournée ont-elles eu une influence sur vos choix discographiques postérieurs ?
Bien évidement. C’est pendant cette période - et surtout en travaillant avec Oli Le Baron - que mon idée de me lancer en solo à germé. J’ai également re-découvert un paquet de disques grâce à eux..

 

Dans le road-trip "Starting From Nowhere" vous partez en Islande - accompagné seulement du réalisateur Albéric Jouzeau et de Benjamin Loriou (drone) - chercher sons et inspiration dans votre environnement. Êtes-vous aussi à l'affut de sons dans notre quotidien surexposé ?
Oui je suis toujours aux aguets…

 


Starting From Nowhere” est une expérience humaine et musicale. Ce road-trip est-il une richesse pour l'avenir ?

Absolument, cela m’a d’autant plus donné envie de continuer à vivre de nouvelles expériences…

 

Stellar Dream” est votre nouvel album, le premier sous votre nom propre. J'ai pensé aux 70's en l'écoutant, et particulièrement à Black Sabbath, Alice Cooper, The Doors... Je sais que c'est une filiation que vous ne rejetterez pas. Mais si j'ajoute que j'ai aussi songé par petites touches à Sébastien Tellier, à Daft Punk et à Strapping Youn Lad, qu'en pensez-vous ?
Strapping Young Lad totalement ! Daft Punk pourquoi pas. Sebastien Tellier je ne connais pas ce qu’il fait…

 
Le clip Just LIke You a été tourné en Namibie, avec une équipe locale qui travaillait déjà sur “Rendez-vous en terre inconnue”. Souvenirs de tournages ?
Une aventure incroyable ! Une très forte rencontre avec le peuple Himba mais surtout avec Yepua, cette petite fille qui joue avec moi dans ce clip et avec qui nous avons passé une semaine ensemble, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Nous nous sommes liés d’un lien très fort ainsi qu’avec son père. Pendant le tournage, sa maman a mis au monde une petite sœur dont ils m’ont fait parrain et demandé de lui donner son prénom. C’était un moment très fort…
Junior stellar

Junior Rodriguez - Stallar Dream (2019)

“Dali was a liar”...Une envie de mettre de la peinture dans votre musique ?Junior dali
Salvador Dali (1904 - 1989) - John Peter Moore, ancien secrétaire particulier de Salvador Dali, avait révélé avoir eu l'idée de faire signer au maître des feuilles en blanc qui seraient imprimées ultérieurement. Dali en aurait ainsi signé quelque 350 000, pour le prix de 40 dollars l'unité.
(Source La Croix)
Tout à fait ! Mais surtout de rendre hommage à mon peintre préféré. Je viens de l’art à la base, ayant eu la chance de pouvoir faire des études d’arts au lycée. Je me suis passionné pour Dali et Magritte…
Cette chanson fait référence à un documentaire très rare sur la collection de «Faux» de Dali. Ce texte est une discussion entre Dali, ses disciples et ses détracteurs qui tenaient des débats très endiablés le concernant…

 
Avec le road Trip "Starting From Nowhere" et votre album "Stellar Dream", on a l'impression qu'ayant commencé par la musique extrême vous aviez envie d'un retour aux sources déjà initié par les albums "Welcome Home"...
C’est exactement ça… Je voulais revenir à ce qui me fait le plus vibrer dans la musique.Junior welcome
JUNIOR RODRIGUEZ, Welcome Home (2014)
En musique être autodidacte est une liberté ?
C’en est une, c’est vrai. Même si par moments je me dis que j’aimerais bien savoir lire la musique pour pouvoir communiquer plus facilement avec certains musiciens. Mais je m’y mets doucement ! J’arrive maintenant à mettre des noms sur la majorité des accords que je joue…

Vous vous êtes mis au piano et vous aimez jouer du violoncelle... Que de perspectives pour de futures compositions !
C’est exact ! On va voir ce que ça va donner pour la suite... mais j’ai envie d’aller plus loin, de me dépasser.

 

Qu'allez-vous faire dans les mois à venir ?
Les mois à venir vont être focalisés sur le live. On espère tourner le plus possible en 2020 pour défendre ce disque. Et en parallèle de belles choses se précisent avec mon frérot Waxx également… Disons que 2020 s’annonce comme une belle année si ça continue comme ça...

Merci Junior Rodriguez de m'avoir accordé cette interview.
Merci à toi
      
Junior glace
Junior Rodriguez - Photographie © Albéric Jouzeau

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Suivre Junior Rodriguez :
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Ecouter Junior Rodriguez :
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https://www.instagram.com/juniorrodriguez/
Les photographies de Junior Rodriguez présentées sur cette page sont d’Albéric Jouzeau :
http://www.albericjouzeau.com/
Junior Rodriguez sera en concert le 24/01/2019 à Issy-Les-Moulineaux ( Espace Icare ) avec The Psychotic Monks.

 

 

 

RED BEANS AND PEPPER SAUCE (Rock) : L'année du Haricot

Le 30/10/2019

Groupe : RED BEANS AND PEPPER SAUCE
Genre   : Rock
Origine : France

Dix ans d’existence et cinq albums.
Red Beans And Pepper Sauce est l’un des groupes de Rock les plus intéressants de la scène française. Son nouvel opus, “Mechanic Marmalade” est une réussite de plus dans sa discographie, et 2019 pourrait bien s'avérer l’année du Haricot.
Mais Qu'est-ce qui distingue les Red Beans d'un haricot à la sauce ordinaire ? Nous sommes allés poser la question à son flamboyant guitariste, Laurent Galichon.
(Interview réalisée pour Hard French Metal le 30/10/2019)

Bonjour Laurent Galichon. Premier album acheté ?
Bonjour. Je pense que c’était Thriller, de Mickael Jackson, en k7.

Ton premier concert ?
Je crois que c’était FFF à Béziers en centre ville, un concert gratuit.

 
"Pour réussir un tout petit peu
il faut rater beaucoup."
 

Premiers émois qui ont conduit le petit Galichon à être musicien plutôt que pompier, vétérinaire ou chasseur de primes comme Joss Randall ?

Mes parents m’ont acheté une platine vinyle pour mes dix ans, avec le 45 tours Beat It, toujours de Mickael Jackson. Je me rappelle encore avoir écouté ce solo de Van Halen en boucle. J'ai même probablement dû faire quelques solos de raquette devant la glace (Rires). Et puis je suis allé fouiller dans la collection de mes parents où je suis tombé directement sur le 45 tours quatre titres de Hey Joe de Jimi Hendrix puis sur le 33 tours Led Zeppelin II. Les jeux étaient faits…
Jackson

Michael Jackson - Beat It (1983). A la demande du producteur Quincy Jones et à titre gracieux, Eddie Van Halen marque ce morceau de l'album Thriller par un solo de guitare.

La vie d'artiste est-elle conforme à ce que tu imaginais alors ?
Pas vraiment (Rires) ! Quand on est spectateur on n’a pas idée de l’envers du décor ni de la somme de travail que ça représente. Cela dit c’est passionnant, les bons moments valent sans problème les mauvais.

A quoi ressemblait ta toute première compo ?
Très exactement à Come Together des Beatles (Rires). J’avais seize ans, seulement quelques mois de guitare dans les mains et pas encore beaucoup de vocabulaire. Du coup je ne me suis pas rendu compte tout de suite de ce très beau plagiat (Rires). Je m’en rappelle encore car pendant quelques minutes j’étais vraiment persuadé de tenir un riff en or massif. C’était trop drôle, je me revois  traverser en courant la maison du pote chez qui on répétait pour dire aux autres : putain les mecs j’ai un riff qui déchire tout ! Je le jouais à la guitare, plutôt qu’à la basse comme sur l’original, mais l’un d’entre nous a dû finir par se rendre compte que le riff existait déjà...

 

Quelle chanson d'un autre aurais-tu adoré écrire ?
Eleanor Rigby, Voodoo child, Since I've Been Loving you, The Weight, I Shall Be Released, Little Wing, A Change is Gonna Come, I’ve Been Loving You Too Long, Child in time... Il y en a trop ! (Rires)

 

Dans une période pré-Red Beans, tu composes des maquettes pour toi tout seul dans ton studio. Quel regard portes-tu sur ces débuts ?
Le premier album qu’on écrit on met toute sa vie jusque-là pour l écrire. C’est donc des années d apprentissage, de réussites, d’échecs. On tente des choses. Des fois ça marche des fois non. Il y a un coté créature de Frankenstein dans certains trucs que j’ai écrit au début. Mais c’est un passage obligé. Pour réussir un tout petit peu il faut rater beaucoup.

 

La discographie des Red Beans est-elle encore disponible dans son intégralité ? Par exemple “Le Gardien”, votre premier album ?
Non, on a épuisé les stocks et comme il y a eu un changement de chanteuse on a décidé de ne plus le commercialiser.
Beans le gardien

  RED BEANS AND PEPPER SAUCE - Le Gardien (2010)

Tu joues aussi de la batterie. Pratiquer cet instrument a-t-il influencé ton processus de composition ?
Carrément ! Ça arrive même que je parte d’un pattern en particulier. C’est pratique aussi pour communiquer avec Niko qui produit les albums et joue la batterie. Il est très impliqué dans l’arrangement des morceaux et du coup on parle la même langue même si lui la maîtrise beaucoup mieux que moi.
Redbeanspeppersauce whomade

RED BEANS AND PEPPER SAUCE - Who Made The Sauce ? (2012)

Des groupes comme Dream Theater se passaient en boucle certains albums dont ils s'inspiraient pour orienter leur processus de composition. Apprécies-tu d'installer une ambiance particulière quand tu composes ?
Non pas vraiment, je ne sais pas si cela me conviendrait. En fait dès que j’ai une idée je la joue et j’enregistre avec mon smartphone. Si je suis en voiture je chante le truc. J'archive tout ça sur mon PC et je m’en sers comme boite à idée quand je fais une session d écriture.
RED BEANS AND PEPPER SAUCE - L'EP "Eat Me" (2013)
A quoi doit-on la formule Guitare/Clavier des Red Beans ?
A mon ego surdimensionné qui ne supporte pas la présence d’un deuxième guitariste sur scène. (Rires)
Plus sérieusement le truc à deux guitares ça rend l’histoire très très rock. J’adore ça chez AC/DC mais je voulais faire quelque chose de plus nuancé, avec des touches funky, ou parfois même pop. Je voulais aussi que mes racines blues soient bien présentes et à deux grattes j’aurais une tendance à imaginer des arrangements beaucoup plus hard. Ça ne nous empêche pas de jouer heavy quand c’est nécessaire mais ça nous donne la possibilité de faire autre chose si on en a envie. Il n’y a pas de formule parfaite mais celle-ci me convient le mieux.
Pochette hot n spicy
RED BEANS AND PEPPER SAUCE - Hot & Spicy (2015)
Depuis quand évoluez vous avec le line-up actuel ?
C’est le troisième album avec la même équipe, soit depuis 2014.

Qu'est-ce qui distingue les Red Beans d'un haricot à la sauce ordinaire ?

Le piment ! Les haricots rouges si tu veux ça représente nos racines blues, ça représente notre héritage. La sauce au poivre c’est ce qu’on y apporte, c’est notre façon de le cuisiner. Le blues est une musique de tradition. Nos glorieux aînés l'ont façonné à leur image au fil du temps.
Ce qui est intéressant désormais c’est de voir ce que nous allons en faire. Et puis ce qu’en fera la génération d’après et ainsi de suite. Chacun le fait à sa façon. Sinon c’est comme manger tous les jours la même chose.
RED BEANS AND PEPPER SAUCE - Red (2017)
Vous avez sorti des Live, (DVD, Bluray...). On vous découvre au Crest Jazz Vocal ou plus récemment sur The Red Tour. Faire un Live, c'est assez rare pour un groupe. Cela nécessite des moyens et un public réactif. J'ai pourtant lu que vous aimeriez répéter l'exercice régulièrement ?
Notre musique prend vraiment une autre dimension sur scène, c’est en tout cas ce qu’on nous dit régulièrement après nos concerts, du coup il y a un vrai intérêt à essayer de capter ça régulièrement. Mais effectivement ça demande beaucoup de moyens et aussi un peu de chance pour faire les bonnes rencontres. On réfléchit actuellement au prochain live qu’on va réaliser. On étudie plusieurs possibilités. Ce qui est sûr c’est qu’on veut faire autre chose et ne pas simplement sortir un Blu-ray qui ressemblerait au précédent avec seulement les titres qui changent. La technologie nous offre sans cesse de nouvelles possibilités donc on va essayer de faire quelque chose d’original.

RED BEANS AND PEPPER SAUCE - The Red Tour (Blu-Ray - 2018)

On ne trouve The Red Tour qu'en blu-ray, voire en audio à votre stand de merch en concert... A quand une distribution plus accessible de cet excellent album Live ?
Il devrait bientôt être disponible sur le site en version CD et MP3.
 
 
"C’est une vraie grande fierté
d’avoir créé quelque chose

qui plaise à ce point
à des gens que je ne connais pas."

 


Tu disais à propos de "Red" (2017) dans une interview : "Dans ce nouvel album, nous sommes clairement allés chercher du côté de nos influences classic rock." Mechanic Marmalade, votre nouvel album, suit-il la même ligne ?

Oui tout à fait. Depuis RED on s’est fixés musicalement. On assume clairement ce côté Classic Rock mais on fait attention à respecter nos racines Blues et notre attirance parfois pour la Soul. Ce n’était pas quelque chose de si étonnant que ça dans les 70’s de mélanger les genres. Nous avons un gout prononcé pour la fusion. Cela dit il est impossible de savoir ce qui se passera par la suite, on se donne un cadre histoire d’être cohérent mais un cadre ça peut s’élargir.
RED BEANS AND PEPPER SAUCE - Mechanic Marmalade (2019)
“Une pépite qu’il me tarde de voir sur scène” (Among the Living), “Un groupe qui se bonifie avec le temps, c’est du lourd” (La Grosse Radio) “Jessyka Aké, fait des miracles et tient tête aux guitares impétueuses de Laurent Galichon qui, en pyromane avisé, insuffle cette étincelle qui fait la différence” (Vinylestimes)... Les critiques que j'ai pu découvrir à propos de Mechanic Marmalade sont excellentes. Étais-tu confiant avant de présenter l'album, ou tu as la nature bileuse ?
Il y a maintenant pas mal de gens qui nous suivent, il y a une certaine attente à la sortie de l’album. Du coup même si je n’ai pas la peur de mal faire, parce qu’après tout un artiste doit se laisser porter par son inspiration, je ressens surtout la peur de décevoir. C’est une vraie grande fierté d’avoir créé quelque chose qui plaise à ce point à des gens que je ne connais pas, qui font des bornes pour venir nous écouter, qui dépensent de l’argent pour un disque. Bien sûr nous n’avons pas autant de public que des rock stars, mais peu importe le nombre, je serais malheureux s’ils ne trouvaient plus ce qu’ils viennent chercher dans nos albums ou à nos concerts.

 

Le titre de votre répertoire que tu préfères ?
Arf, c’est difficile. J’ai adoré jouer “Son” sur scène parce que j’ai écrit ce titre, paroles et musique, pour mon petit garçon et que ça me donnait des ailes sur scène. Même les mauvais soirs ça me faisait penser à lui et ça me permettait de me remettre dans la musique. C’était une belle expérience. Il en existe une belle version, une de mes préférées, sur le Blu-Ray live. Je suis vraiment très heureux qu’elle ait pu être enregistrée. Mais maintenant on l’a sortie du set pour éviter de saturer. Et puis il a grandi, il va falloir que je lui en écrive une autre. (Rires)
J’en aime beaucoup d’autres mais j’ai souvent eu des frissons sur celle-là sur scène.


La chanson que tu écoutes en cachette ?
(Rires) Je dis à tout le monde que je déteste Phil Collins pour faire genre, mais en fait je kiffe le morceau “Mama”, de Genesis.

 

Tu donnes énormément d'interviews pour les Red Beans. Quelle est la question la plus incongrue qu'on t'a posé ?
Ben en fait ça fait cinq albums qu’on sort et on ne m’a encore jamais dit “Alors, c’est l’album de la maturité ?” et je suis très déçu. (Rires)
Aussi, j’aurais adoré être interviewé par Nelson Montfort mais je suis une quiche en patin à glace…

 

Merci à Laurent Galichon d'avoir bien voulu répondre à mes questions.
       
Liens et informations utiles :
L’actualité des Red Band And Pepper Sauce :
https://www.redbeansandpeppersauce.com/

Red Beans And Pepper Sauce sur Facebook :

https://www.facebook.com/redbeansandpeppersauce/

Red Beans And Pepper Sauce est en concert :
. Le 06/11/2019 à Levallois Perret (
Salle Ravel - Levallois )
. Le 29/11/2019 à Dijon (
LE POP ART )
. Le 30/11/2019 à Chessy ( Billy Bob’s)
. Le 06/12/2019 à Lattes ( The O’liver)

 


 

Vol au dessus d'un nid de Harpies

Le 22/10/2019

Groupe : Les Harpies, ou Chiennes de Zeus
Genre   : Folk Hybride
Album   : L'envol (EP - 2019)
Origine : Paris


Le trio parisien de Folk hybride vient de présenter L'Envol, son premier EP.
Les voix de Julie, Manon et Alaïa sont servies par des instruments aussi divers qu'un violoncelle, un djembé ou un banjo.
Voici quelques secrets de fabrication d'un vol au dessus d'un nid de Harpies.
Bienvenue chez celles qu'on nomme aussi les Chiennes de Zeus.

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De gauche à droite Manon, Alaia et Julie. Photo : DARKGOTHIQUE

Bonjour Les Harpies. Vous venez de sortir "L'Envol". Combien de temps a-t-il fallu pour réaliser cet EP ?
Julie : En soi ça n’a pris que quelques jours d’enregistrement mais tout le processus (avant et après) a été beaucoup plus long ; Pierre, notre premier violoncelliste ayant déménagé à Copenhague, il a fallu s’organiser pour qu’il puisse revenir enregistrer. Et puis c’était notre première expérience d’enregistrement pour le groupe, on ne savait pas trop dans quel sens prendre les choses…Donc ça été un peu laborieux, maladroit… mais on a appris beaucoup !

Qui a écrit les cinq compositions qui figurent sur cet opus ?
Manon : Yule et L'envol sont le fruit d'un travail basé sur de l'improvisation à trois. Julie a écrit Burn, j'ai écrit Aphrodite et Mélopée, et Alaia a ajouté le basque.

Yule, illustré par Sol'N Barbier.

"N'ayant pas de percussionniste au moment de sa création,
nous avons utilisé un pouf de rangement en guise de percussion !"



Comment vous répartissez-vous les lignes de chant ?
Julie :  Au début on mettait souvent Manon dans les graves, Alaia dans les médiums et moi dans les aigus. Puis à force de chanter ensemble on s’est rendues compte qu’en ayant des voix différentes, on avait des capacités similaires au niveau de l’étendue vocale. Donc depuis on s’amuse plus à interchanger, parfois au sein d’un même morceau ;
Alaia : Soit on a déjà les voix en tête et on les apprend aux autres, soit ensemble on improvise, on voit, on se fait plaisir et surtout on s’amuse.
Manon : Sur Yule et L'envol, c'était du ressenti, de l'improvisation. Sur les trois autres, cela varie en fonction de qui la chanson parle, la protagoniste chantant la lead. Ainsi, Lily est la protagoniste de Burn, chanté par Julie ; Alaia est celle d'Aphrodite, et je suis celle de Mélopée. Une fois que cela est établi, les harmonies sont écrites comme des réponses ou des réactions des deux autres personnages à la protagoniste.

Quels sont les instruments et les musiciens qui accompagnent votre trio sur ce disque ?
Alaia :
Elliot, Pierre et Gaël, et on les aime.
Julie : Pour L’envol et Yule ce sont surtout nos voix avec de multiples superpositions agrémentées de différents petits bruitages ainsi qu’un baton de pluie (pour l’Envol) ou un djembé (pour Yule) joué par Gael Payet. Pour Aphrodite et Mélopée c’est du banjo (Elliott Stoltz) et du violoncelle (Pierre Laffitte) et du djembé (toujours Gael). Pour Burn, même équipe sauf qu’Elliott troque son banjo contre une guitare acoustique.
Manon : Fun fact pour l'Envol : n'ayant pas de percussionniste au moment de sa création, nous avons utilisé un pouf de rangement en guise de percussion !

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Les Harpies et leurs Harpos - Photo Baptiste Joet.

L'Envol me conduit aux Balkans, à l'exception de "Burn", seul titre en anglais qui m'évoque l'univers de Noa (la chanteuse, pas le tennisman !)...
Julie :
C’est drôle que tu dises ça, ça ne me serait jamais venu à l’esprit ; Ma mère écoutait beaucoup Noa quand j’étais petite, et j’aime beaucoup… inconsciemment cela s’est peut être infiltré dans mon identité musicale ? Pour le reste c’est vrai que les musiques traditionnelles en général (dont celle des Balkans) nous parlent beaucoup. On aime leur aura mystique. C’est de la musique qui a une âme, de la profondeur, de la chaleur, de la viscéralité et une grande esthétique… quelque chose qui nous touche et qu’on a envie de reproduire avec notre musique.
Alaia : Rigolo, Julie et moi avons grandi en écoutant Noa et je n'ai jamais fait le rapprochement avec Burn, mais maintenant que j’y pense...
 

"Depuis qu’on a fondé ce groupe, on continue de se découvrir vocalement."
 

A l'écoute de la dernière piste (L'Envol) j'ai aussi pensé au chant mongol. Y a-t-il des univers vocaux que Les Harpies ont envie d'explorer ?
Alaia :
J’ai grandi avec des parents musiciens touche-a-tout, j’ai écouté des styles complètement différents toute mon enfance, et j’ai développé une obsession pour le chant mongol étant petite.
Julie : Depuis qu’on a fondé ce groupe, on continue de se découvrir vocalement, on teste des choses, on se surprend… on aime les associations atypiques donc qui sait ce qui viendra par la suite ?
Manon : Nous avons chacune une technique similaire mais des timbres distincts, marqués par nos origines. Nous voulons nous servir de ces bagages pour faire voyager le public. D'ailleurs en concert, on peut entendre du Maloya qui est un genre musical de l'île de la Réunion, un chant né de l'esclavage, chanté en malgache ou en créole.

Vous avez choisi Mélopée pour illustrer cet EP. Quelques secrets de tournage pour Ahasverus ?
Julie :
C’était un tournage maison, en petit comité, qui s’est fait de manière plutôt efficace. Pour les plans où nous sommes peinturlurées, il nous a fallu plus d’une heure et demi pour nous tartiner mutuellement. Mon appareil photo a d’ailleurs été baptisé ce jour là, il reste des paillettes…et pour les plans en tenue de concert… comment dire… c’était le matin, il faisait  froid, et on était un peu un objet de curiosité pour les coureurs du weekend…
Alaia : Alors c’est un certain furet nommé Baptiste Joët qui a filmé les plans où nous sommes à trois, donc merci à lui. Merci à tous les joggeurs présents à huit heures du matin dans le parc de s’être arrêtés pour nous regarder courir dans nos robes, et s’allonger sur des statues. C’était… une expérience !



Où peut-on découvrir et se procurer L'Envol et existe-t-il en version physique ?
Julie :
Nous avons diffusé l’Envol via Distrokid qui le diffuse ensuite sur Spotify, iTunes, Apple Music, Pandora, Amazon, Google Play, Tidal, iHeartRadio, YouTube, Deezer et de nombreuses autres plateformes de streaming. Pour le moment pas de version physique non.

Vous serez le 31/10/2019 à 20 heures au Salon du Fantastique à Paris XVII. D'autres projets dans votre futur proche ?
Manon :
Il se pourrait que nous travaillions au prochain EP…
Julie : On n'est pas encore tout à fait sorties de notre spirale infernale du violoncelliste disparu. On s’en sort pour les interventions dans des évènements tels que Cidre et Dragon ou le Salon du Fantastique, mais pour ce qui est des vrais concerts narratifs comme on a pu en faire, on préférerait être en version complète. Donc il faut qu’on trouve enfin chaussure à notre pied. Notre percussionniste principal Gaël est également en tournée à la Réunion jusqu’à la fin d’année; en son absence nous avons JP pour le remplacer… On a adapté la plupart des morceaux pour pouvoir les jouer sans violoncelle, et ça fonctionne, la magie est toujours là ! Donc en attendant notre “formation idéale”, on va continuer de jouer un peu partout, on vous tiendra au courant sur la page facebook !

Je sais que le temps vous est précieux car, d'un point de vue artistique, vous faites chacune mille choses. Merci Les Harpies d'avoir pris le temps de répondre à mes questions
Julie :
Merci à toi de promouvoir notre travail ! A bientôt !
Manon : Merci pour l'intérêt porté à notre projet, cela nous touche immensément, nous avons hâte de présenter la suite !

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Les Harpies selon Sol'n Barbier.


Les Harpies, ou Chiennes de Zeus, seront en concert au Salon du Fantastique, Espace Champerret, 6 Rue Jean Oestreicher, 75017 Paris, le jeudi 31 octobre 2019  sur la Grande Scène à partir de 20h pour un set de 45 min.

Les Harpies sur Spotify :
https://open.spotify.com/album/43MMDvIJbjICIWqE3Jbvf7

Retrouvez les illustrations de Sol'n Barbier ici :
https://solemntempo.tumblr.com
Et les photos de Darkgothique là :
Darkgothique photo

 

NOCTILUS : Immersion dans les eaux du Prog'

Le 23/06/2019

Groupe : Noctilus
Genre : Metal Progressif
Origine : PACA
Line-Up : Fabien : Guitariste ; Gab (alias Gab Meadknight) : Chanteur ; Stélian : Clavieriste ; Yoan : Batteur ; Poste à pourvoir : Bassiste.

 

Noctilus est un groupe de Metal Progressif originaire du Sud-Est qui avait fait une très forte impression notamment lors de son passage au Monster'S Art - WMC de Fréjus en ce premier semestre 2019. Nous avons tenu à vous présenter ces impressionnants musiciens sans même attendre leur première production discographique.

Noctilus, par Léa.
 
                        
Bonjour Noctilus. Pourriez-vous présenter votre groupe aux lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ?

Noctilus par Léa.
Stélian : Bonjour, et bonjour les lecteurs d'Ahasverus -Métaux en tous genres. Nous sommes un groupe de Metal Prog’ aux diverses influences, allant du Metal progressif aux origines du Rock, en passant par le Metal Symphonique. Le groupe rassemble des musiciens venus d'univers différents mais unis par un même souci de la qualité musicale ainsi que par le plaisir de faire partager notre musique.

Quels sont vos parcours artistiques respectifs et comment s’est formé le groupe ?
Fab :
J'ai démarré la guitare à dix-sept ans avec quelques notions de solfège, mais j'ai progressé en tant qu'autodidacte très influencé par Steve Vai.
Stélian : Après avoir commencé la musique à cinq ans, de la clarinette à l'orgue ainsi qu'au piano, mais aussi diplômé de monocorde et de kazou, c'est au lycée que j'ai découvert le Metal Prog’ avec un ami batteur. Depuis je n'ai jamais arrêté.
Gab : J'ai toujours chanté, en chorale au départ, puis dans des groupes. L'exigence du chant Metal m'a contraint à approfondir ma technique vocale, basée sur le lyrique.
Yoan : J'ai appris les bases du rythme et du solfège vers 7/8 ans (un premier signe de mesures impaires ...) en prenant des cours de piano. Puis j'ai débuté la guitare en autodidacte pendant quelques années avant de commencer la batterie au collège en intégrant un atelier dirigé par des professeurs de musique. Je me suis très rapidement intéressé au courant progressif au sens large, notamment grâce à Mireille Matthieu, Zappa, Magma, Return To Forever, King Crimson, Dream Theater et plein d'autres.
Fab : Concernant la formation du groupe, nous jouions ensemble avec Yoan depuis plusieurs années sur divers projets (Prog et Funk notamment). Puis nous avons rencontré Stélian au hasard d'un détour au Conservatoire de Toulon et le chanteur sur Internet via le site easyZic.


Noctilus fait évidemment penser au Nautilus de Jules Verne. L'idée maîtresse est-elle une plongée en mers inconnues ?

Noctilus par Léa.
Fab : C'est presque ça... le Nautilus fait référence à un moyen de transport, et le préfixe "Noct" - la nuit - suggère l'univers du rêve, de l'aventure.
Gab : Nous sommes avant tout des conteurs d'histoires, et le Noctilus est le véhicule imaginaire qui nous permet de migrer d'un univers à l'autre.


Comment vous répartissez-vous les rôles au sein de Noctilus ?
Stélian :
Fabien est le compositeur principal, mais le résultat final est une fusion des idées et des envies de l'ensemble du groupe.

Quelle est la partie de votre activité artistique qui vous plaît le plus ?
Yoan :
Naturellement les concerts, le live et l'échange avec le public.
Fab : La recherche d'un bassiste...

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Noctilus par Léa

De quel côté trouvez-vous votre inspiration, musicalement parlant ?
Fab :
Du côté obscure de la force ... Mais pas seulement.
Principalement l'univers de Tim Burton et de Dany Elfman, mais aussi toute la littérature fantastique ainsi que différents univers musicaux, comme par exemple Franck Zappa.

 

Côté textes, quelles thématiques aimez-vous aborder ?
Gab :
Nous alternons entre l'histoire du concept Noctilus et des relais satellites. Cela nous permet de mettre en avant notre vision de la société et certaines choses que les gens ne remarquent plus.

On peut découvrir sur Soundcloud "The Mirror", une de vos compositions. D’autres titres seront-ils bientôt disponibles à l’écoute ?
Yoan :
The Mirror” n'est pas une de nos compositions mais une reprise de Dream Theater. Nous l'avions enregistrée afin d'avoir une démo à présenter pour notre tribute à ce groupe. Depuis avons publié sur notre soundCloud (https://soundcloud.com/noctilusband) les enregistrements live de deux compos : "Night of The Sabbat" et "Time Clock".
Noctilus par Léa.
Où peut-on vous applaudir et de quoi se compose votre set ?
Gab :
Actuellement nous rodons notre set de compos sur les scènes locales de la région PACA. Le tribute Dream Theater nous permet d'attirer du monde et de toucher un plus large public.

Quels sont vos projets pour les mois à venir et quelles sont les ambitions de Noctilus ?
Stélian :
Enregistrer un EP et trouver un bassiste permanent, investi comme tous les autres membres du groupe.

 

Merci Noctilus d’avoir répondu à mes questions.
Noctilus :
Merci Josy !

 
         
 
Noctilus par Léa.
Liens utiles :
Page Facebook :
https://www.facebook.com/noctilusband/
(N’oubliez pas de liker !)
Soundcloud : https://soundcloud.com/noctilusband/

Merci à Léa pour ses photographies et son aimable autorisation.
Retrouvez là sur
https://www.facebook.com/lesphotosduharicot/


 

THE HORNSTONE - Thrash in Madagascar

Le 21/06/2019

Groupe : The Hornstone
Genre   : Thrash Metal
Origine  : Madagascar

(article publié sur Hard French Mteal le 22/06/2019)
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The Hornstone est une formation de Thrash Metal originaire de Madagascar.
Le hasard des réseaux sociaux fait que nous avons découvert récemment Mitady Ni Ampy, un clip de ce groupe qui prépare actuellement son premier album.
A l’évidence, si les morceaux du futur opus sont tirés du même tonneau que ce titre-ci, nous tenons une galette de Thrash originale et intéressante.
Le moment est venu d’en savoir plus sur The Hornstone !


 

      
Bonjour Carlo. Tu es guitariste de The Horstone. Pourrais-tu nous présenter votre line-up pour le public français qui ne vous connaît pas ?
Carlo :
Certainement. Je suis Carlo, compositeur, arrangeur et lead guitar du groupe, Hajatina est notre bassiste et lead vocal, Dominique est à la guitare rythmique et Rindra a la batterie.
Du gauche a droite rindra le batteur moi dominique le deuxieme guitare et hajatina le chanteur
THE HORNSTONE. De gauche a droite Rindra, Carlo, Dominique et Hajatina.
Comment est né The Hornstone ?
Carlo :
Je jouais à l'époque avec Rindra, notre batteur - c’était en 2015, je crois - dans un groupe appelé Apost. Hajatina nous a vus et s'est montré intéressé par ma façon de jouer. Il m'a proposé de former un groupe avec lui. Ça a commencé comme ça.

 

Il était évident pour vous dès le départ que votre style serait le Thrash Metal ?
Carlo :
Oui. Depuis longtemps je souhaitais rencontrer un chanteur comme le notre pour exprimer mes compos. C'est enfin réalisé !

On a pu voir quelques vidéos, et j'ai cru comprendre qu'un album était en préparation. Peux-tu nous en dire plus ?
Carlo :
Nous sommes un groupe autoproduit, et en tant que tel il nous est parfois difficile de réunir la somme nécessaire pour faire un enregistrement. Mais nous avons enfin réussi ! Et si on trouve un producteur ou un sponsor du genre, je peux vous dire que ce ne sera pas notre unique projet !
L'album contiendra dix titres. Nous pensons pouvoir le présenter ce mois d'août.
 
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Pourra-t-on l'écouter ou se le procurer en Europe, et notamment en France , par le biais des plateformes d'écoute ou de téléchargement ? (Spotify, bandcamp, deezer, amazon, etc)
Carlo :
Notre but est de le faire entendre au monde entier, alors toutes les propositions, tous soutiens, conseils, etc, seront les bienvenus !

 

Quel type de musique écoutes-tu en ce moment ?
Carlo :
Du classique !

Merci Carlo d’avoir répondu à nos questions.
Carlo :
Je t'en prie.
 
   The Hornstone sur Facebook (N’oubliez pas de liker leur page !) :
   https://www.facebook.com/hornstoneofficial/

 

 

DREAMSLAVE : La Résurgence du Rêve

Le 16/06/2019

Groupe : Dreamslave
Genre : Metal orchestral
Origine : Lyon


La sortie le 21/06/2019 chez MASSACRE RECORDS (Anvil, King Diamond, Liv Kristine, pour ne citer qu’eux) de leur album Rest In Phantasy, initialement paru en autoproduction en 2015, remet Dreamslave sous les feux d’une actualité pleinement méritée. Elle permettra aux talentueux lyonnais d’atteindre un public international plus large.
Elle nous donne enfin le prétexte de finaliser un projet qui nous tenait à cœur depuis longtemps : réaliser l’interview d’une trop rare frontwoman : Elegy Emma.
(article publié sur HARD FRENCH METAL le 17/06/2019)

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Elegy Emma par Philippe Creusot.

"J'ai beaucoup d'émotion
à chaque fois que j'écoute «RIP». 
Il fut une expérience formidable, 
autant humaine que musicale."
Hard French Metal : Bonjour Elegy Emma. D'abord un retour en arrière, si tu le permets. Te souviens-tu du premier album que tu as acheté ?
Elegy Emma : Bonjour Hard French Metal. Allez... Repartons dans les limbes de mon passé de musicienne... Mon tout premier album ? Et bien je crois que c'était «The Freddie Mercury Album», son premier en solo, en 1992, où figurait le fameux «Barcelona», dédié aux jeux olympiques de la même année, en duo avec une grande soprano : Montserra Caballe.
Je n'ai pas eu la chance de connaître Freddie avec Queen... C'est bien dommage, il aurait fallu que je naisse dix ans plus tôt !


Et ton premier concert en tant que spectatrice, tu t’en souviens ?
Elegy Emma :
Oui, très bien. C'était un été à Perpignan, lorsque qu'un ami de ma famille a proposé de m'emmener voir Jean-Jacques Goldman à l'époque Fredericks Goldman Jones et de «Rouge», un concert avec les chœurs de l'Armée Rouge. Une vraie découverte de la scène pour moi, et de l'acoustique des concerts de musiques actuelles. C'est vrai qu'on était alors loin des premiers concerts de Metal, mais j'avais à peine quatorze ans. Peu après, la même année, je faisais partie des milliers de spectateurs du Parc des Prince pour les cinquante ans de Johnny Hallyday... Un public transcendé par un show à couper le souffle ! Même pour moi qui n'était absolument pas fan.

 

Elegy Emma par Philippe Creusot.
Qu'est-ce qui t'a conduit sur les chemins de la musique ?

Elegy Emma : Ah ah... Ça... Je me le demande encore ! Je crois que j'ai toujours eu cela en moi. Née d'une famille où seul mon grand-père avait touché à un violon étant plus jeune, j'ai toujours aimé chanter. A chaque fois qu'il y avait un événement musical, en classe ou ailleurs, on s'arrangeait toujours pour me mettre au premier rang ou en soliste. Vers six ans, j'ai reçu en cadeau de Noël mon premier enregistreur cassette... C'était formidable ! Je pouvais m'enregistrer en chantant et saouler toute ma famille pour écouter la bande ensuite ! A douze ans, un ami de mon grand-père, qui jouait de l'orgue, a décelé chez moi une oreille musicale après m'avoir laissée jouer sur l'instrument. J'ai donc réellement commencé mon cursus musical avec le piano, pendant huit ans, entre cours privés et école de musique. Je suis allée jusqu'au bac avec une option musique et piano. C'est d'ailleurs peut-être grâce à ces points supplémentaires que j'ai eu mon diplôme du premier coup ! Ensuite, c'est la vie et ses chemins de traverses qui m'ont ramenée à mes premières amours : le chant.

En parlant du chant, j'imagine que tu n'as pas commencé avec Dreamslave... Quels styles avaient tes groupes, auparavant ?
Elegy Emma :
Oui, bien sûr, tu t'en doutes... J'ai écumé les mers du Rock et du Metal avant d'arriver chez Dreamslave.
Dans ma période parisienne - Et oui, je ne suis pas lyonnaise d'origine ! - ma toute première expérience de groupe s'appelait Leethiom... D'ailleurs, l'histoire raconte qu'une jeune femme de vingt ans, écoutant principalement Muse et les Cranberries, débarqua un jour en tenue pas tout à fait appropriée, dans un grenier où répétaient de jeunes métalleux. Elle devait s'essayer au chant sur du Metal, après avoir rencontré l'un de ses camarades de fac qui lui avait demandé si elle serait intéressée pour chanter dans son groupe. Et voilà ma première expérience qui démarre : des reprises, de Deftones à Mass Hysteria... Puis quelques temps après, des compos Metal-Electro-Fusion déjantées, nées d'influences diverses, et quelques mémorables concerts pour débuter, où je chantais en duo avec un chanteur «énervé».
Ensuite, je suis retournée vers le Rock avec Arden, groupe avec lequel j'ai pu jouer deux fois au Hard Rock Café Paris, et participer à la réalisation d'un album enregistré dans un studio parisien, en tant que chanteuse principale. (NDLR : il s’agit de l’album “Nocturnes”, aujourd’hui introuvable). Puis, retour au Metal, dans une veine symphonique avec le groupe Arvens, entre 2007 et 2009, avec lequel j'ai eu le privilège de jouer au Trabendo, salle mythique de Paris qui a vu par exemple passer Muse à ses débuts français. Enfin, entre 2009 et 2011, à Paris puis à Lyon, j'ai fait partie de différents projets Metal non aboutis, qui m'ont permis de lier des amitiés durables et m'ont menée jusqu'à Dreamslave.

Ta voix est exceptionnelle, et ton chant particulièrement réjouissant et inspiré. Est-il vrai que tu détestais le lyrique avant de découvrir Nightwish ?
Elegy Emma : Je te remercie pour ce magnifique compliment.
J'ai presque honte de te répondre... Mais oui, c'est vrai que je n'ai pas du tout aimé Nightwish la première fois que je les ai entendus en 96 ! D'abord, je n'étais pas familière du son lourd que j'entendais, même s'il ne me déplaisait pas à l'époque. Mais le chant... Oh ! My God ! Je n'ai pas trouvé ce mélange écoutable... Je n'étais tout simplement pas prête pour l'apprécier. Il faut dire que j'écoutais du Rock et de la Pop anglaise, à l'époque. Et un jour de 2000, j'ai découvert Within Temptation, et ça a été une révélation pour moi. La voix si cristalline de Sharon Del Aden, la sensibilité et la fragilité de sa voix... Je suis tombée amoureuse de cette musique et elle a beaucoup inspiré mon chant dans mes groupes de l'époque.

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WITHIN TEMPTATION - Mother Earth (2001).
J'ai découvert au même moment The Gathering, Lacuna Coil, Rammstein, Type O Negative, pour ne citer qu'eux. Un monde que j'ai exploré à chaque instant et que j'aime toujours autant. Et c'est en 2007, qu'un proche me reparle de Nightwish comme un groupe extraordinaire dans le style Metal Symphonique. Je décide alors de prêter à nouveau une oreille attentive à cette musique qui ne m'avait pas séduite à l'époque. Et là, c'est une deuxième révélation : le chant lyrique ! Je décide alors d'écouter toute leur discographie avec Tarja, dont le chant me transcende cette fois. Quelle tristesse de ne jamais avoir eu ce tilt avant, il m'aurait permis d'assister à l’un de leurs concerts !
D'ailleurs, ce qui est drôle, c'est que plusieurs fois après les concerts de Dreamslave, des chanteuses lyriques diplômées du conservatoire sont venues vers moi pour me féliciter et me demander dans quel conservatoire j'avais fait mes études, puis elles ouvraient de grands yeux étonnés quand je leur répondais que je le pratiquais en autodidacte.

En parlant de cours, j'ai lu que tu avais pris plus tard des cours avec l'étonnante Asphodel ( MVM - Ma Voix et Moi / Penumbra / öOoOoOoOoOo). Quels souvenirs en gardes-tu ?
Elegy Emma :
Effectivement. C'est seulement en 2012 que j'ai décidé de prendre mes premiers cours avec Asphodel pour apprendre surtout à épargner ma voix lors des concerts avec Dreamslave, car le niveau avait grimpé d'un échelon par rapport à mes autres groupes et je ne devais pas forcer sur mes cordes vocales. J'en garde un souvenir chaleureux, ce fut une expérience qui m'a amené beaucoup de bien-être et de confiance en moi et en mes capacités vocales.
Lors de ma première rencontre avec Asphodel, je m’en souviens très bien, elle m'a dit après m'avoir faite chanter quelques instants sur «Somewhere» de Within Temptation : «Alors des fois j'ai des doutes sur la tessiture de mes élèves... Mais toi non ! C'est clair que tu es soprano et que tu as une sacrée voix !». Ma chère Aspho, je t'adresse un grand merci. Merci pour ces heures passées avec toi, ton humour et ton monde intérieur débordant d'idées farfelues. Merci d'avoir cru en moi.


Dreamslave naît en 2011, notamment à l'initiative de Peter, votre keyboardiste. Tu te souviens de votre première rencontre ?
Elegy Emma :
Oh la la oui ! Et j'ai même une anecdote à ce sujet qui te fera certainement sourire. Après avoir répondu à l'annonce internet d'un groupe nommé Dreamslave qui recherchait sa chanteuse, j'ai rencontré Peter et Mike autour d'un verre de jus de fruit dans un café lyonnais, et ils m'ont retenue pour une audition. Cette dernière s'est déroulée chez Peter, dans son appartement une pièce. Les gars jouaient sur des petits amplis, avec basse, guitare et clavier. Comme aucun micro n'était prévu pour moi, ils ont réglé les amplis au minimum de leur volume, en espérant qu'ils allaient réussir à m'entendre quand même. Au programme, deux morceaux d'Epica : une reprise de «Memories», de la comédie musicale Cats, et le morceau «Never Enough».

Dès le premier titre, je voyais les gars échanger des regards comme pour se dire : «Mais en fait, on ne s'entend pas !». Ma voix couvrait tout le reste ! Ils ont alors dû remonter leurs amplis pour que l'instrumental soit audible en me disant : «Ah bah toi, tu en as de la voix ! On ne s'attendait pas à ça... J'espère qu'on ne va pas trop déranger les voisins.»

Elegy Emma par Laurent Moulin.
Ton chant et les compositions de Peter se marient parfaitement. Avez-vous senti tout de suite que ça fonctionnait ?
Elegy Emma :
La première fois que Peter m'a fait écouter ses compositions en devenir, c'était sur un logiciel qui ne traduisait pas forcément au mieux le potentiel qu'elles allaient acquérir. Il fallait beaucoup d'imagination pour entendre les chœurs, les orchestres et les chants de «The Vinland Saga» ou de «The Dark Crusade»... Mais j'ai réussi ! Et je me suis dit en premier lieu que c'était très rapide comme tempi, qu'il me faudrait du travail et de la persévérance pour relever le défi du chant sur ses compos.
Peter a tout de suite pensé que mon chant donnerait vie à ses œuvres, que ce serait une belle harmonie. Il a témoigné, et témoigne aujourd'hui encore, d'une grande confiance en moi et en mes capacités vocales.

"C'est comme une nouvelle ère 
qui commence  pour nous aujourd'hui ! 
RIP n'a pu recevoir l'accueil 
que nous lui souhaitions à l'époque, 
et il en a désormais l'opportunité."
"Rest In Phantasy", votre premier album autoproduit, parait en 2015. Il ressort aujourd’hui sur le label allemand MASSACRE RECORDS. Quel regard portes-tu aujourd'hui sur cet opus ?
Elegy Emma :
J'ai beaucoup d'émotion à chaque fois que j'écoute «RIP». Il fut une expérience formidable, autant humaine que musicale. En premier lieu, ma participation au choeur que l'on peut entendre sur tous les titres. Des moments magiques de partage, des répétitions jusqu'à l'enregistrement. Ensuite, le temps passé en studio pour enregistrer le chant lead. A cette époque, je commençais seulement à maîtriser mon chant lyrique et je me laissais souvent embarquer par mes émotions. Finalement, les morceaux que je pensais être les plus difficiles pour moi - Pirate's Anthem, et surtout Angel Requiem - sont passés comme une lettre à la poste. Le plus difficile a plutôt été de faire ressortir un chant «Rock», plutôt dans les médiums, qui garde une cohérence avec mon chant lyrique.
Quant aux défauts et aux qualités de ce premier opus, je laisse les auditeurs libres de penser ce qu'il veulent de la production, des chants ou bien des paroles. Je n'ai aucun regret sur cet album, je pense que nous avons tous donné le meilleur à l'époque. Si aujourd'hui encore, un label s'y intéresse, c'est bien qu'il a un fort potentiel.


Que s'est-il passé pour Dreamslave après RIP ?
Elegy Emma :
Après la sortie de RIP, nous avons tourné en Europe avec Lyriel, un groupe allemand, en 2016. Une expérience mémorable de plus de deux mille cinq-cents kilomètres en quinze jours, en camping-car. De belles scènes en Belgique et aux Pays-Bas, où l'accueil des organisateurs et du public a été des plus chaleureux. Puis le line-up de Dreamslave a évolué : le départ de notre ancien bassiste JR en 2015, et l'arrivée de Sajih ainsi que le passage de Louis à la guitare en 2016, qui reste une personne que nous affectionnons. 2016 a aussi été marquée par le départ de notre batteur Quent', ce qui n'a pas stoppé Dreamslave dans ses projets. Nous avons alors tourné le clip «Torments», en 2017, avec la collaboration d'une équipe de tournage très sympa et de Martial, que nous avions rencontré lors de notre tournée européenne et qui a accepté d'être notre batteur guest. Et l'année dernière, Mich' est arrivé au manche de la seconde guitare pour soutenir Nils, alors que Massacre Records signait notre premier album. C'est comme une nouvelle ère qui commence pour nous aujourd'hui ! RIP n'a pu recevoir l'accueil que nous lui souhaitions à l'époque, et il en a désormais l'opportunité. Avec le soutien de notre agence Aeon Music Management et la ressortie de RIP cette année, nous envisageons de reparcourir l'Europe - Et pourquoi pas plus ? - sur de belles scènes, pour le promouvoir à sa juste valeur, avec quelques années d'expérience supplémentaires.
DREAMSLAVE - Rest In Phantasy dans sa version 2015.
Le packaging et le livret du RIP version 2019 ont été repensés. A découvrir le 21/006/2019 !
On sait qu'un nouveau DREAMSLAVE est en préparation. Peux-tu en dire un peu plus ?
Elegy Emma :
Ah là... On est dans le secret professionnel... Voilà ce que je peux te dire pour le moment : il va être fidèle à Dreamslave, tant dans la diversité de ses influences musicales que dans l'émotion que dégageront les chants, les orchestres, les chœurs... Il se trouvera quelque part entre le fantasme et la réalité, dans notre monde... Ou plutôt dans celui de notre compositeur Peter. Un album que nos fans trouveront, j'espère, haut en couleurs ! Nous prenons notre temps pour le réaliser, il est vrai... Nous l'avons.
En ce qui concerne mon chant sur cet album, j'espère qu'il en surprendra plus d'un... Il a évolué en cinq ans, heureusement d'ailleurs ! Il faut avancer dans la vie et ne pas rester sur ses acquis. Depuis RIP, j'ai intégré le conservatoire de musique pour travailler mon chant lyrique. J'ai aussi rencontré des personnes exceptionnelles qui m'ont épaulée dans mon développement musical. Je pense notamment à ma chère Annie, que je remercie sincèrement. Je m'égare un peu, mais le nouvel opus de Dreamslave, c'est aussi tout ça ! Un gain en maturité, en réflexion sur soi et sur les autres, des sentiments jusqu'alors inexplorés, qui naissent et transparaissent dans certains titres, un passé révolu et un avenir positif qui se profile.
Comme tu l'as compris, la date de sortie n'est pas encore fixée. Nous voulons présenter à notre public un album dont nous serons aussi fiers que RIP car nous y aurons tous œuvré avec le cœur.

Il y avait de belles collaborations sur RIP, je pense bien sûr au savoureux duo avec Najib, de Stolen Memory, sur Angel Requiem, mais aussi au violon de Thibaut Noizet sur le très réussi Pirate's Anthem. Des contributions sont-elles au menu du futur opus ?
Elegy Emma :
Allez... en exclusivité pour toi, oui ! Il y aura des collaborations, avec des personnes que nous estimons. Et je peux même te dire que l'on va retrouver des gens là où on ne les attend pas...

 

Question toute personnelle du fan que je suis : la vidéo Live de ton duo avec Najib Maftah au Le Blogg de Lyon fonctionne très bien, y compris dans le jeu de scène. On peut le trouver dans une vidéo sur Youtube, mais la qualité sonore n'y est pas. Vous n'avez jamais envisagé de faire de ce titre, très porteur, un clip ?
Elegy Emma :
La vidéo de «Angel Requiem» avec Najib qui est sur Youtube est une vidéo de fan et retranscrit un son de qualité sonore approximative. Nous avons réfléchi à présenter d'autres titres que «Torments» pour un clip, mais il a été jugé comme le plus porteur et représentatif de RIP. Par sa structure aussi, il était plus simple d'en réaliser une version éditée, plus courte que l'original, adaptée à un premier clip.

 
Un artiste que tu aimerais ou aurais aimé rencontrer ?
Elegy Emma :
Difficile comme question... Je dirais que pour sa voix, son charisme et l'état d'esprit que dégagent les titres de QUEEN, j'aurais rêvé de pouvoir rencontrer et pourquoi pas - soyons folle ! - chanter avec Freddie Mercury.

Deux albums à placer sur l'Arche de Noé pour tout reconstruire ?
Elegy Emma :
Deux ça fait bien peu... Mais si je dois me prêter au jeu, je dirais que deux des albums les plus importants de ma vie sont «Showbiz» de Muse et «Mother Earth» de Within Temptation. Ce n'est certainement pas avec ceux là que je reconstruirais le monde, mais ils ont marqué une période de ma vie et représentent bien ma passion pour le chant, les mélodies mélancoliques et sombres, le Rock et le Metal... Mon monde quoi !

Que fait DREAMSLAVE dans les prochains mois ?
Elegy Emma :
Nous préparons l'avenir... Entre la promotion de RIP qui ressort, les interviews et le travail sur le deuxième opus, nous avons de quoi faire ! Nous sommes aussi en réflexion sur un deuxième clip et sur d'autres projets tout aussi ambitieux... Avec une touche acoustique. Nous devrions reprendre la route des concerts à partir de la fin 2019, après une pause estivale bien méritée.

Merci Elegy Emma d'avoir bien voulu répondre à nos questions. On souhaite une longue nouvelle vie à Rest In Phantasy, et on attend le nouveau Dreamslave avec beaucoup de curiosité.
Elegy Emma :
Merci de nous soutenir comme tu le fais, ainsi que toute la scène française du Metal. Cela a été un réel plaisir de répondre à tes questions. Je te dis à bientôt pour la suite de nos aventures !

 
        
 
Elegy Emma par Philippe Creusot.

 

 

Les Harpies ou Chiennes de Zeus (Trio hybride)

Le 04/06/2019

Groupe : Les Harpies ou Chiennes de Zeus
Genre : Trio hybride
Origine : Paris

Les Harpies, ou Chiennes de Zeus est un trio féminin de musique hybride que vous avez peut-être déjà croisé sur une scène parisienne ou au détour d’une contribution artistique.
A force de les voir partout, et à l’approche d’un nouveau concert parisien et d’un featuring dans le prochain Loki Lonestar, nous avons eu envie d’en savoir plus.
Voici l’interview des Harpies.

Alaia, Manon et Julie : Les Harpies ou Chiennes de Zeus par Pierrick C. Rocher.

 

"Nos chansons, écrites en français, anglais, basque et créole réunionnais, racontent nos diverses péripéties, nos joies et nos tourments. Le style de musique pourrait être qualifié de Pagan/Folk ? C’est assez difficile de classifier ce qu’on fait, disons… Hybride, oui..."
Julie.

 
Bonjour Les Harpies. D'abord un saut dans le passé : Premier album acheté ?
Manon :
Alors... c'était pour mon premier voyage scolaire (assez tard donc, j'avais quinze ans), en Australie, et en fait j'ai acheté mes trois premiers albums : Linkin Park A thousand suns, Lady Gaga Born this way, et Daft Punk Alive.
Julie : C’est pas facile, ça remonte ! Je ne sais plus trop… Le premier album acheté avec mes petits sous à moi était sûrement une bande originale de film. Peut être celle de Tigre et Dragon d’Ang Lee ? Musique de Tan Dun & Yo-Yo Ma.
Alaia : Lest We Forget de Marilyn Manson, en tous cas le premier que j’ai acheté avec mon argent de poche, je devais avoir... onze ans ?

Manon par Pauline Royo.
Premier concert ?
Julie :
Hahaha ! Alors c’est très différent de ce que j’écoute et de ce que je fais, mais c’est cohérent pour une petite fille de dix ans de ma génération, c’était Lorie !
Alaia : Un concert de chant de gorge mongol avec mes parents, sinon directement mes parents en concert... Et mon premier show entre potes c’était Gojira à l’ Atabal Biarritz.
Manon : Fut un temps à la Réunion y avait pas grand monde qui passait, ou en tout cas aucun des artistes que j'écoutais ! Donc si par “premier concert vu” on entend “premier concert d'un artiste que j'ai décidé d'aller voir de plein gré et pas juste parce qu'il était présent et que je l'ai vu par hasard”, alors c'est un concert de Carmen Maria Vega à Paris en 2015 ou 2016...

 

Qu'est-ce qui vous a amené à la musique ?
Alaia :
Mes parents sont musiciens, ils ont même un groupe. J’ai grandi entourée de musiciens et d’artistes... Donc ça s’est un peu fait tout seul !
Manon : La musique, dans ma famille, c'est vital. D'un côté j'ai des oncles et des tantes qui, à côté de leur travail, sont chefs de chœurs, des cousins et cousines musiciens... Et de l'autre il y a ma famille proche. A défaut de jouer d'un instrument, un samedi à la maison c'était : ma mère qui allumait une radio à l'arrière de la maison, une à l'avant ; mon frère aîné qui mettait les chaînes de musiques à la télé ; mon autre frère qui se déplace avec la musique de son téléphone SANS LES ECOUTEURS ; et moi qui mettait la musique assez fort pour couvrir tout l'étage de la maison. Tout ça en même temps, oui. Et c'était le bonheur ! Mais plus personnellement, j'ai commencé la danse très jeune (bien entendu, je voulais être danseuse étoile !), et vers l'âge de sept ans j'ai souhaité arrêter parce que ma nouvelle prof me faisait constamment remarquer que j'étais ronde. A cette période, avec ma classe (CE1 ?), on a rencontré la directrice du Petit Conservatoire de Champ-Borne qui nous a charmées avec son piano et, de là, j'ai commencé les cours de guitare. Pendant un temps j'ai voulu remplacer la danse par la musique uniquement.

Julie par Yves Tassy.
Julie : Personne dans ma famille n’a fait de la musique son métier mais la musique a toujours été très importante à la maison. Ma mère m’a bercée depuis bébé sur les musiques de Pavarotti. Je dansais dans le salon tandis que ma sœur travaillait son piano, et j’allais voir mon frère bassiste qui répétait dans le garage avec son groupe de Rock. J’ai toujours chanté (même bébé apparemment) toute seule dans ma chambre, dans le jardin, avec ma mère et ma sœur quand on se baladait dans la montagne… Ce sont surtout les films, les vieilles comédies musicales (West Side Story, My Fair Lady) et les Disney (Le Bossu de Notre Dame) qui m’ont transmis cet amour des histoires, de la musique et du spectacle en général. J’ai commencé à danser dès cinq ans, j’ai pris mes premiers cours de chant à neuf ans et débuté le théâtre à treize... Tout cela s’est fait très naturellement, et curieusement sans volonté ultime d’en faire absolument mon métier. Ça a toujours fait partie de moi, et manifestement c’est devenu le chemin logique à prendre.

 

Artistiquement, que faites-vous à part Les Harpies ?
Alaia :
J’ai un groupe de reprises Heavy Metal, un groupe Punk récemment formé, un projet Jazz et un autre projet Metal qui sont en attente, et je fais quelques collaborations, comme sur l’EP de mon ami Kloahk .

Alaia par Pierre Nguyen.
Julie : J’ai fait partie d’un groupe de musique Swing type années quarante The Andrews Sisters Revival , un trio féminin aussi mais qui est en suspens pour le moment. J’ai fait diverses collaborations en tant que chanteuse avec un DJ, un label de Hip Hop et dernièrement avec Loki Lonestar sur différents projets. J’écris et je compose pour moi mais je n’ai pas encore pu prendre le temps de lancer un projet perso. J’essaie aussi de développer ma carrière de comédienne, que ce soit sur scène ou à l’écran. Par exemple j’ai participé à un merveilleux projet qui est une adaptation de la pièce Oncle Vania de Tchekhov en comédie musicale, joué en anglais. A l’écran j’ai tourné récemment dans une websérie médievale-fantastique aux côtés d’Alaia. Et puis sinon, eh bien écoutez... J’essaie de passer des castings !
Manon : À côté des Harpies, principalement j'écris mes chansons, slams et autres. En Juillet 2017 Alaia nous a présenté à Loki Lonestar, et depuis on chante régulièrement avec lui et ses Tricksters. L'année dernière j'étais sur le spectacle Erotidia ou Comment Eros fut blasphémé, écrit par mon ami Alexandre Vanier , avec la compagnie In Sisyphe au Théâtre Clavel pendant un mois, en tant qu'actrice, chanteuse, parolière et compositrice. Pendant un temps avec Julie et Nicolas Gracovetsky (pianiste et photographe, aussi membre des Tricksters) on a créé un groupe de reprises (avec quelques compositions), Les Groupies du Pianiste. En Novembre dernier, j'ai sorti ma première composition en créole. Aujourd'hui je me suis retirée de mes projets théâtre pour me concentrer sur mes projets de musique personnels, dont Les Harpies ou Chiennes de Zeus. J'ai récemment travaillé sur une reprise pour un court métrage, et une composition commandée pour une BD animée.

 

Comment vous êtes-vous rencontrées ?
Julie :
Nous nous sommes rencontrées au Cours Florent où nous avons étudié toutes les trois pendant trois ans. Nous étions dans la même classe de Comédie Musicale. Nous avons joué plusieurs spectacles ensemble, nous sommes devenues petit à petit amies, puis s’est posée la question de l’après-Florent. Un curieux point commun (parmi d’autres à venir) nous a réuni : notre amour pour la musique du groupe System of A Down. Une idée saugrenue nous est venue de faire des reprises de ce groupe toutes les trois… Cette petite idée s’est ensuite métamorphosée en un projet étrange, hybride et inattendu qui s’appelle « Les Harpies ou Chiennes de Zeus ».
Manon : Au cours Florent, en première année, on se voyait sans s'approcher. En deuxième année, Julie et moi nous avons atterri dans la même classe de comédie musicale. Nos itinéraires de fins de journées et nos problèmes de cœur nous ont rapprochées (Faut pas non plus oublier Harry Potter !). Avec Alaia, c'était comique ! On était pas dans la même classe, mais on avait un ami commun qui nous disait à l'une et l'autre (parce qu'on s'admirait apparemment de loin) “Faut absolument que vous passiez une soirée ensemble, vous avez les mêmes goûts, les mêmes délires, les mêmes vêtements, je suis sûre que vous vous entendrez super bien!” Il n’avait pas tort ! L'année d'après on a enfin atterri dans la même classe, et là on a découvert qu'on aimait, que dis-je, qu'on adorait toutes les trois System of a Down !
Alaia : On n’était pas dans la même classe jusqu’en dernière année. La première fois que j’ai passé du temps avec Julie, c’était au spectacle (absolument extraordinaire) Les Chatouilles, expérience intense du coup, si vous connaissez un peu l’histoire. Pour Manon, cela faisait au moins un an qu’un ami n’arrêtait pas de me dire qu’on devait se rencontrer. Ca s’est fait à une sortie pour la fête de la musique, et on s’est un peu adoptées depuis ! Je les aime follement toutes les deux, je n’aurais pas pu espérer mieux comme partenaires pour un groupe aussi éclectique que celui-ci.

 

Pouvez-vous expliquer ce que sont Les Harpies ou Chiennes de Zeus aux lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ?
Alaia :
C’est.... UNIQUE ! Franchement c’est très difficile à expliquer comme style musical. Dans une chanson je peux autant me retrouver à faire des chants tribaux ou traditionnels, du lyrique et du scream. C’est vraiment un mélange de toutes nos influences, une musique hybride.
Manon : Accompagnées d'un percussionniste, d'un violoncelliste, d'un guitariste/banjo, les Harpies ou Chiennes de Zeus, c'est le rêve de trois jeunes femmes, mis en musique. Les aventures que vous racontent nos Harpies sont globalement nos histoires, saupoudrées de poussière de fée. Ainsi, les Harpies sont trois jeunes femmes, Lily (Julie), Fianara (Manon) et Alaia (elle-même) qui se rencontrent à Lutèce (Paris). Elles évoluent dans une société moderne mais côtoient des dieux et créatures magiques issus de diverses mythologies, principalement du panthéon grec pour le moment. Les Harpies ou Chiennes de Zeus, ce sont des aventures épiques en musique.
Julie : Cela part de nous trois, de ce que nous sommes individuellement, de nos origines, de notre vécu, nos sensibilités musicales et ce que nous formons ensemble, ce que notre union peut créer. On est parties de qui nous sommes pour construire toute une histoire. Trois jeunes filles aux voix et pouvoirs puissants et singuliers qui deviennent des femmes, qui cherchent leur place dans le monde et qui trouvent en leur amitié le moyen de se transcender. Nos chansons, écrites en français, anglais, basque et créole réunionnais, racontent nos diverses péripéties, nos joies et nos tourments. Le style de musique pourrait être qualifié de Pagan/Folk ? C’est assez difficile de classifier ce qu’on fait, disons… Hybride, oui...

 

Vous mélangez beaucoup d'influences dans vos compositions. J'avais effectivement noté que vous revendiquiez pour références System of the Down. D’autres artistes pour chacune d'entre vous ?
Julie :
On en a plusieurs en communs à part System of A Down, mais certaines influences prédominent pour chacune d’entre nous. En ce qui me concerne je citerai Loreena McKennitt, les musiques de films historiques/fantasy (Game of Thrones, Gladiator, Harry Potter, le Seigneur des Anneaux, Outlander, Hunger Games, Braveheart, le Prince d’Egypte), un petit brin d’influence Folk voir Country (First Aid Kit, Civil Wars, Johnny Cash, Joan Baez) et bien sûr des groupes de style Pagan (Dead Can Dance, Faun, Trobar de Morte, La Lugh…).
Manon : Ma référence ultime : The Legend of Zelda (tous jeux confondus) ! Je vibre aussi avec les musiques de X-Men First Class (le thème de Magneto s'il vous plaît ! D'ailleurs, du même compositeur y a une des musiques de Detective Pikachu qui me rend folle), des Avengers, Ant-Man, Pirates des Caraïbes, Outlander, Dragons, Game of Thrones... J'écoute aussi énormément Two Steps from Hell, Kalafina, Gackt, Kanon Wakeshima, Luc Arbogast, Karliene, Faun, Eivor, les reprises de Peter Hollens... et bien sûr, System of a Down. Et les bavards francophones tels que Fauves, Carmen Maria Vega, Nougaro... C'est très varié...
Alaia : Wow, alors c’est difficile, il y en a tellement ! Déjà mes parents et mes racines m’inspirent énormément, mes parents étant complètement dans la musique traditionnelle basque et mélangeant avec des musiques du monde. Je berce dans le Rock, le Jazz, le Funk depuis toute jeune, et j’adore le Metal (non je ne préciserai pas quels styles, il y en a trop que j’aime). Certains de mes musiciens ou groupes préférés sont Frank Zappa, Tower Of Power, Igorrr, Dream Theater, Ghost, Placebo, et par dessus tout Queen. Je serai toujours amoureuse d’un très bon chanteur, d’une très bonne chanteuse, quelqu’un qui exprime une émotion rien qu’avec sa voix... C’est ce qui me fait voyager le plus dans la musique. L’émotion mise, le voyage.
 
"Il y a une histoire, un destin qui attendent nos Harpies. Pour en savoir plus, suivez-nous !"
Manon

 
Je crois savoir que vous participez au prochain album solo de Loki Lonestar ?
Manon :
Yup !
Alaia : Mhmmmm peut-êeeetre. On peut déjà nous y entendre sur Deezer. Haha !
Julie : Oui ! On a rencontré Loki quand on venait de lancer le projet des Harpies, et il nous a très rapidement invité à collaborer avec lui sur scène dans son groupe de reprises VS-feat, devenu Les Tricksters. Avec lui nous ne sommes plus vraiment dans notre arc narratif des Harpies, et le style musical diffère de ce qu’on fait avec notre groupe. Mais cela reste nos trois voix, qui se connaissent et se suivent en harmonies. C’est un mélange intéressant… Et, à l’image de Loki, un peu loufoque. On s’est bien amusées à enregistrer pour son album !

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Justement Julie, tu avais déjà chanté Frozen (Madonna) avec Loki. Tu peux dire quelques mots à propos du tournage du clip qui l'accompagnait ?
Julie :
On a tourné sur la Côte d’Opale dans le Pas de Calais. C’est un lieu que je connais bien : je suis originaire de Lille et on y va souvent avec mes parents depuis que je suis petite. Les plages sont vraiment très belles et pas très fréquentées, c’était donc idéal pour tourner. Ce n’était pas difficile du tout, il a fait très beau ! On était juste tous les deux, on a fait les choses à notre rythme, on a eu des idées au fur et à mesure, on a testé des choses, Loki a fait peur à des enfants… C’était drôle. On s’entend très bien dans le travail et ce qui est bien c’est que grâce à nos différences on arrive à mettre au jour des aspects de l’autre qui ne sont pas forcément évidents, mais qui sont là. Pour le clip et le projet Frozen en général, on voulait quelque chose de beau, doux et poétique, mais aussi un peu étrange et décalé. A notre image... Je pense qu’on a réussi ! Bref on s’est bien amusés ! Très bon souvenir !

 

 

Comment se passe l'élaboration des compositions chez les Harpies ?
Alaia :
Euuuh, bha... Tout le monde écrit sauf moi, parce que je ne suis qu’une QUICHE musicale. Non, j’adore écrire des textes. Mais j’ai beaucoup de mal à composer la musique ou les mélodies qui l’entourent, donc les filles écrivent et composent énormément, et moi je guide, coache, traduit en basque parfois, j’aide avec les harmonies et les moments de composition musicale au niveau de la structure, etc. Mon temps viendra plus tard.
Julie : C’est surtout Manon et moi qui écrivons, après le processus varie en fonction des chansons. Moi j’écris surtout en anglais pour le moment (à part le morceau Ris), sans doute une conséquence de mes influences musicales et de mon goût pour la langue anglaise. Et quand j’écris il n’y a pas vraiment de méthode… J’ai une idée globale de ce dont j’ai envie de parler. Je teste des trucs à la guitare jusqu’à ce que je trouve quelque chose qui résonne en moi, je baragouine des trucs, puis d’un coup je trouve le début du texte, puis la suite de la musique, puis le texte…parfois je change tout. Certains morceaux vont très vite, d’autres peuvent prendre plusieurs semaines. Ensuite, quand j’ai la structure de la chanson, je crée des harmonies que les filles apprendront par la suite, ou bien l’on se retrouve et on teste des choses ensemble. Ce n’est qu’après avoir établi nos bases vocales que nous présentons les chansons aux musiciens qui, à l’aide d’une grille (ou non), improvisent en répète. C’est comme ça que, petit à petit, on se met d’accord sur une structure finale.
Manon : Dans mon cas, le plus souvent, le texte et la mélodie viennent ensemble, j'écris principalement en français, mais aussi en créole réunionnais. Etape 2, soit j'écris toutes les voix et les filles les apprennent, soit on trouve les harmonies ensemble. Etape 3, les musiciens font de la magie !

Les Harpies ou Chiennes de Zeus par Simon-Michel Moore.

"On voulait un symbole fort, un trio de femmes, on avait pensé Valkyries, les Furies... Plein de choses... Mais les Harpies, c’est ce qui nous est resté !"
Alaia

 

Avez-vous, pour l'écriture de vos textes, des préférences thématiques ?
Manon :
Oui! On parle de nous, avec moult moult références mythologiques. Par exemple "nous sommes insomniaques" devient "Je rêve de Morphée". Et toutes ces chansons suivent un fil conducteur : il y a une histoire, un destin qui attendent nos Harpies. Pour en savoir plus, suivez-nous !
Alaia : La Grèeeeece antiiiique ! Mais en vrai on utilise énormément de métaphores pour des événements qui arrivent dans nos vies personnelles.
Julie : On pourrait dire qu’il y a des chansons d’états d’âme et des chansons plus narratives. Mais globalement nos chansons parlent de résilience, d’amitié, d’amour, de force combative. On parle de femmes d’aujourd’hui (ici de nous, mais le but est que cela puisse parler à d’autres). On veut se connecter un maximum à notre humanité, avec ses qualités et ses défauts mais aussi à la Nature (nous sommes toutes les trois rattachées aux divers éléments).
 
Les harpies sont des êtres mythologiques en principe peu engageants. Une intention derrière ce patronyme ?
Julie :
Qu’il ne faut pas nous chercher des noises !
Manon : Je cite une de nos chansons "Nous sommes des femmes comme les Amazones, Valkyries, Chasseresses, Harpies."
Alaia : pas tellement en vérité. On voulait un symbole fort, un trio de femmes, on avait pensé Valkyries, les Furies... Plein de choses... Mais les Harpies, c’est ce qui nous est resté ! Le nom sonnait bien et, pour le coup, dans les autres appellations, Les Chiennes de Zeus, on trouvait que ça claquait. C’est un peu parti en private joke aussi, mais c’est ça qu’est bon !

 

Quelle personnalité du monde des arts auriez-vous aimé rencontrer ?
Alaia : Leonardo Da Vinci, Toulouse Lautrec, Van Gogh dans les artistes qui ont énormément influé ma vie... Judy Garland et Gene Kelly aussi, Freddie Mercury, évidemment. Beaucoup de gens morts, mais que j’aime plus que tout. Aujourd’hui si je devais rencontrer quelqu’un de vivant, ce serait Demi Lovato (oui oui je suis très fan, je ne m’en cache pas), Frank Zappa... Je n’ai pas besoin de commenter dessus, et j’ai déjà rencontré Cardinal Coppia de Ghost, mais je rêve de m’asseoir avec lui et de discuter musique, vraiment.
Julie : J’aimerais bien rencontrer Tim Burton et travailler avec lui. Les trois Harpies en sœurs ailées étranges dans un Burton ça serait stylé, non ?
Manon : Je n'en ai aucune idée...Les artistes que j'admire ont si bien travaillé que ce sont les personnages et univers qu'ils ont créés que j'aimerais rencontrer. Sinon, j'aimerais bien un jour chanter avec Peter Hollens, le groupe System of Down, et être chanteuse pour la compositrice japonnaise Yuki Kajiura.

 

En cas d'avis de tempête, deux albums à sauver sur l'arche de Noé ?
Alaia :
Mais c’est affreux comme question ! Euh, Strictly Commercial de Frank Zappa, comme ça on rigolera toujours, et Nomadak TX de Oreka TX, comme ça on voyagera toujours, et on gardera des traces d’une multitude de peuples. Mais c’est vraiment horrible de n’en choisir que deux, quand même !
Julie : Depuis quelques mois, l’album que je mets pour me donner la pêche, me faire chanter, danser (et rapper, oui oui), c’est la comédie musicale Hamilton. Je n’écoute pas de Hip-Hop de manière générale, mais là je trouve ça juste extraordinaire ! Lin Manuel Miranda (l’auteur-compositeur) est un poète moderne d’une justesse et précision incroyable, avec beaucoup d’humour, et cette alliance entre modernité et tradition classique de comédie musicale est vraiment magique. Et sinon pour être zen je prendrais un Best-of des Pink Floyd. Tu les écoutes, allongée, tranquille, et t’es BIEN.

 

Manon : Dur ! J'ai souvent des coup de cœur par-ci par-là d'artistes, sans adhérer à tout l'album. Pour sûr je dirai l'OST de X-Men First class... et ensuite, grande hésitation, mais comme Julie, je partirai sur la comédie musicale Hamilton !

 

Pour soutenir vos projets, vous avez lancé un financement participatif qui restera ouvert toute l'année sur Leetchi.com . Quels sont ces projets ?
Julie :
Déjà l’enregistrement d’un premier EP (au moins trois morceaux) qui pourra être disponible sur toutes les plateformes, pour que les gens qui ne nous connaissent pas puissent découvrir ce qu’on fait !
Manon : Des futurs clips, d'autres enregistrements, des vidéos sur les histoires de personnages, une BD...
Julie : On travaille avec une illustratrice Sol'n Barbier (https://solemntempo.tumblr.com) qui a fait les illustrations de l’Envol et de Yule. L’idée est de faire des Harpies un projet vraiment multimédia pour produire des contenus exclusifs et permettre aux gens de rentrer dans notre univers.
Alaia : Et on ne va pas s’arrêter là, il nous reste au moins une vingtaine de compos à enregistrer dans le futur !

Que vont faire Les Harpies dans les prochains mois ?
Julie :
Déjà ce qu’on répondu dans la précédente question ; ensuite on va essayer de dégoter des concerts par-ci par-là, sur Paris et ailleurs. On aimerait bien jouer au Pays Basque, chez Alaia, et même à la Réunion, chez Manon.
Manon : On part à l'aventure avec une bande de Pirates, pour Cidre & Dragon - Le festival Médiéval Fantasy, les 21 et 22 septembre en Normandie, puis ce sera le Salon Fantastique, à Paris le 31 octobre.
Alaia : Mais surtout un concert très bientôt sur la péniche Grande Fantaisie (Paris 19) le mardi 25 juin ! Venez nombreux !

 

Merci Les Harpies ou Chiennes de Zeus d'avoir répondu à mes questions.
Alaia :
De rien...
Julie : C’était un plaisir de répondre à ces questions, merci beaucoup !
Manon : Un immense merci pour l'intérêt porté à ce projet.

 
           

Les infos pratiques :

Les Harpies ou Chiennes de Zeus sur Facebook (n’oubliez pas de liker leur page) :
https://www.facebook.com/Les.Harpies.ou.Chiennes.de.Zeus/

La cagnotte des Harpies :
https://www.leetchi.com/c/les-harpies-ou-chiennes-de-zeus?fbclid=IwAR2orwIj72D-c6n3I2oIuPLll13WjenATxAcsj3a10fQ7dz7f9ytC1ps_jM

Les Harpies ou Chiennes de Zeus, par Sol'n Barbier.
 

 

THE WISDOM - L'interview

Le 29/05/2019

Né en 2018, The Wisdom est un jeune trio lyonnais dont le look vous ramènera immanquablement à Hendrix, Zappa, et autres virtuoses des florissantes 70’s.
Leur premier EP disponible sur Soundcloud confirme l’impression : la guitare est omniprésente, elle s’anime, virevolte, se fait le personnage central de l’opus.
“La guitare électrique n’est plus branchée”, titrait récemment un article du Monde. Et si The Wisdom était la solution ?

 

 


Bonjour The Wisdom. Votre groupe existe depuis 2018 semble-t-il. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Jo : Max et Florian sont voisins depuis toujours. J’ai rencontré Maxime au skateboard il y a treize ans, et l’année dernière Maxime nous a réunis avec Flo pour un remplacement sur son ancien projet, ce qui a abouti à la création de The Wisdom.

Comment présenteriez-vous The Wisdom à quelqu'un qui ne vous connaîtrait pas ?
The Wisdom :
C’est l’idéal de vie vers lequel les humains tendent : penser sa vie et vivre sa pensée. The Wisdom signifie la Sagesse, au sens philosophique du terme, à savoir une bataille spirituelle contre soi-même pour atteindre l’accomplissement personnel. C’est notre mentalité et c’est ce qu’on veut transmettre à travers notre musique.

Votre Rock Psychédélique rappelle Jimmy Hendrix et les 70's. Ce n'est pas vraiment votre génération... Qu'est-ce qui vous a conduit à ce style ?
The Jimi Hendrix Experience, Are You Experienced (1967).
The Wisdom : Pour Jo et Max, ce qui les a conduits à cette musique ce sont les goûts de leurs parents, et Flo a découvert ce style à travers eux sans pour autant que son jeu en soit imprégné. Mais il faut être prudent avec le terme « psychédélique », car il est aujourd’hui un peu galvaudé. Tout le monde l’utilise sans savoir ce que ça veut dire. Le psychédélisme est un mouvement de contre-culture né à travers les hippies qui étaient convaincus que l’amour, les fleurs et la musique pouvaient transcender les gens si ce n’est le monde. C’est à travers cet état d’esprit qu’on peut considérer la musique de The Wisdom comme psychédélique.
En ce qui concerne Hendrix, c’est une influence indéniable de Maxime à la guitare, cependant le but n’est pas faire du neuf avec du vieux mais d’être actuel, en utilisant un son moderne, car il est aujourd’hui quasiment impossible de sonner comme les groupes d’il y a quarante ou cinquante ans. Nous ne sommes donc pas dans l’optique de faire un “Revival”, mais d’ouvrir une porte.

Et à part Hendrix, quelles sont les influences des membres de The Wisdom ?
The Wisdom :
Il y a Cream, Radio Moscow, Chic, Vulfpeck, Bob Dylan, The Doors, Nirvana, Led Zeppelin, Rage Against The Machine, Black Sabbath, The Who, The Rolling Stones, Greta Van Fleet...

Je vous propose un retour en arrière. Quel est le premier album que vous avez acheté ?
Florian :
J’ai toujours écouté la musique sur des plateformes de streaming donc je n’ai jamais vraiment acheté d’album.
Jo : Je crois que c’est Dr Dre, l’album 2001.
Maxime : C’était une compilation de The Sugarhill Gang et Grandmaster Flash. À la base, je voulais juste pouvoir écouter le titre Rapper’s Delight, c’est pour ça que je l’ai acheté...

Et le premier concert auquel vous avez assisté ?
Maxime :
Alors pas le premier concert auquel j’ai assisté (car je ne m’en rappelle plus) mais celui auquel j’ai décidé d’aller : Chic au Jazz à Vienne en 2013.
Flo : Gojira à la Belle Electrique en 2016.
Jo : Method Man et Redman en 2008 au Transbordeur.


Qu'est-ce qui vous a conduits à la musique ?
CHIC, C'est Chic (1978), groupe de Bernard Edwards.
Jo : Mes parents ont toujours écouté beaucoup de musique à la maison, notamment Toto, Michael Jackson, Chic. C’est ce qui a façonné ma culture musicale. Par la suite, j’ai écouté Bernard Edwards et c’est lui qui m’a donné envie de jouer de la basse.
Flo : Mon attirance pour la musique a commencé par un intérêt pour la batterie, qui m’a été communiqué par un ami de mon frère que j’avais vu jouer à un concert dans mon collège. Ayant pris conscience de mon intérêt pour l’instrument, il m’a poussé à m’y essayer, et c’est à partir de là que je me suis intéressé à la musique au sens large.
Maxime : Quand j’étais petit, j’ai beaucoup de souvenirs des trajets en voiture pour partir en vacances où mes parents mettaient des cassettes de Genesis. C’est ce qui m’a transporté en premier. Ils écoutaient pas mal de Rock, ça a construit mes influences et ma culture.
Pour ce qui est d’Hendrix, j’en entendais parfois étant petit, mais ça ne m’a pas marqué à ce moment-là. Mon père étant guitariste, il regardait beaucoup de DVD avec des guitaristes en train de jouer, c’est ce qui m’a donnée envie de jouer d’un instrument.
Un jour, Alex (le frère de Flo) s’est mis à la guitare, et j’ai fait pareil...

Quelle est votre conception d'une "bonne" chanson ?
The Wisdom :
En ce qui nous concerne, une « bonne » chanson (même s’il n’y a pas de vérité) est une chanson qui nous fera ressentir des choses, des émotions, de manière positive, car tout est à propos d’énergie et de vibrations.
Une chanson qui résonne dans la poitrine, le cœur de l’âme, et provoque des frissons inévitables est une « bonne » chanson.

Qui fait quoi dans le groupe ?
The Wisdom :
Maxime est guitariste/chanteur, il écrit tous les textes et s’occupe de la com’ sur Facebook, et Flo de celle d’Instagram.
Pour ce qui est de l’organisation générale, on essaye d’en faire le plus par nous-mêmes mais, par exemple, sur le booking, nous avons l’aide précieuse d’ Annabelle Chevallier. Généralement, les idées de riffs et de morceaux proviennent aussi bien d’un riff de guitare ou de basse que d’un rythme de batterie. Nous participons tous les trois aux arrangements musicaux, ce qui fait que chaque chanson est vraiment le fruit d’un travail de groupe dans lequel chacun sait mettre ses compétences au service de The Wisdom.
THE WISDOM par Edouard Paul Tritant Vasilić.
Si je vous demande quelle personnalité du monde des arts auriez-vous aimé rencontrer, j'imagine qu'au moins l'un d'entre-vous va répondre "Jimmy Hendrix" ?
Jo :
Pierre Desproges.
Flo : Mario Duplantier.
Maxime : Rowan Atkinson. Et non, pas forcément Jimi Hendrix ! Certes c’est l’influence qui m’a le plus marqué, et j’aurais sans doute aimé le voir jouer, mais il n’est pas au centre de tout ce qui m’anime artistiquement.

 

En cas d'avis de tempête, deux albums à sauver sur l'arche de Noé pour remettre le Rock dans la bonne direction ?
Jo :
Dark Side Of The Moon de Pink Floyd, et Bankrupt de Phoenix.
Maxime : Disraeli Gears de Cream et Are You Experienced de The Jimi Hendrix Experience.
Flo : Le premier album de Rage Against The Machine et The Way Of All Flesh de Gojira.

Votre premier EP est à l'écoute sur Soundcloud. Envisagez-vous de le distribuer ailleurs ?
The Wisdom :
Tout à fait ! Nous prévoyons de trouver un label numérique qui pourra le diffuser sur toutes les plateformes de musique en streaming (Deezer, Spotify, etc).

Qu'allez vous faire dans les prochains mois et quelles sont vos ambitions à long terme ?
The Wisdom :
Notre ambition est de partir ailleurs dans le monde exporter notre musique pour en faire notre métier et en vivre pleinement.

Merci The Wisdom d'avoir répondu à mes questions.
The Wisdom :
Avec plaisir et merci à toi pour l’interview.

 
    
 
Ecoutez The Wisdom sur Soundcloud :
https://soundcloud.com/user-621067279/sets/midnight-escape-ep?fbclid=IwAR1ZlcXAGl-Tva1Kko8dlx34iT-t4t_897sdAlpV9enumDc-Ibq_KHUWBIQ

Likez leur page Facebook :

https://www.facebook.com/thewisdomofficial/

The Wisdom en concert :
- le 07/06/2019 au
Trokson de Lyon.
- le 09/06/2019 au
Hard Rock Cafe Lyon.

Merci à
Edouard Paul Tritant Vasilić pour sa photographie de The Wisdom et son aimable autorisation. Retrouvez-le sur Edenn Photographie et https://www.instagram.com/edouard.photo/?hl=fr.

 

 

Le monde de MÛ

Le 15/05/2019

Groupe : MÛ
Genre   : Rock / Trip Hop
Origine  : Saint-Etienne

Du soleil, une piscine, des croissants et du miel sur fond de musique du dernier pourrait être l’une des définitions du bonheur selon Ahasverus.
Ce duo stéphanois mélange des éléments Rock et Trip Hop avec, parfois, un zeste de Rap.
En 2014, il nous emmenait en Guyane avec
Emerillon.
En 2018, il nous proposait de le suivre dans l’océan Indien avec
Kergelen un EP délicat et racé, servi par de magnifiques harmonies vocales et par une suite de clips ambitieux.
Le 24 mai 2019, Mû se produira à Oytier, pour le huitième
Festival Du Tonton.
C’est le moment idéal pour faire leur connaissance.
Voici le monde de Mû.

Clement gaumont

Mû, par Clément Gaumon.
"J’ai l’impression d’une évolution douce. 
Progressivement, Ep après Ep, 
on a élaboré un son particulier."
Bonjour Mû. Revenons aux origines : premier album acheté ?
Cécile Maître (Claviers) :
Je ne me souviens plus vraiment si c’était Homogenic de Björk ou un album de Daniel Balavoine.
David Honegger (Beatbox) : Le premier album acheté en pleine conscience doit être Around the Fur des Deftones à mon adolescence. Plus tôt dans l’enfance, ma mère m’a acheté toutes les cassettes de Francis Cabrel ! Entre ces deux périodes, c’est pas intéressant...

 

Qu'est-ce qui vous a amené à la musique ?
Cécile :
J’ai commencé la musique par des cours de piano quand j’étais enfant. Depuis, chaque arrêt me crée un manque. J’y retourne toujours, c’est un besoin.
David  : Les émotions et les plaisirs physiques que le chant procure.

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Mû, par Valeria Pacella.
Comment vous êtes-vous rencontrés, et comment s'est formé Mû ?
David :
On s’est rencontrés sur une péniche à Lyon pour une soirée bœuf. On a ensuite décidé de monter un projet ensemble, la première forme de Mû : nous deux, un bassiste et un guitariste. On est passés par de multiple configurations, à trois ou quatre musiciens pour se retrouver à deux en 2011. Mû est alors né sous sa forme actuelle.

 

C'est pour vous distinguer des groupes lambda que vous avez choisi de vous appeler Mû ? (Nota : Mû est la douzième lettre de l'alphabet grec, Lambda est la onzième)
Cécile :
Le nom Mû est un tiré d’une légende un peu semblable à celle de l’Atlantide. Mû serait un continent mythique désormais englouti sous les flots. La Bande dessinée de Corto Maltese du même nom à aidé à conceptualiser le nom du groupe.

Comment décririez-vous l'évolution de votre univers depuis sa création ?
David : j’ai l’impression d’une évolution douce. Progressivement, Ep après Ep, on a élaboré un son particulier.
Les débuts du duo étaient très simples dans l’approche du son : un piano, un Beatbox classic, et des voix, et doucement la synthèse s’est greffée aux mélodies, donc plus de timbres et de couleurs dans les sons de claviers. Le Beatbox a, pour sa part, été trituré, distordu par différentes technique d’enregistrements. Des chansons sont devenues plus sombres et d’autres plus lumineuses.
 
"L’inspiration pour ces îles est partie 
de la découverte de bobines de films."  

Comment s'élaborent vos compositions ?
Cécile :
Pour la composition dans Mû il n’y a pas de règle. Soit on arrive chacun avec une chanson toute faite et l’autre rajoute un peu sa touche, soit, le plus souvent, l’un de nous dispose d’un bout de mélodie, David avec des textes (c’est lui qui s’en charge le plus souvent), et moi avec des idées de sons ou de mélodies aux claviers. On compose ensuite ensemble, à partir de ces bribes d’idées.

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Mû, Emerillon (2014)
Votre EP Emerillon (2014) s'attachait tribus amazoniennes guyanaises ?
David :
C’est un peu par hasard... Les chansons parlaient de besoin de liberté et rendaient hommage à toutes formes de vie en harmonie avec la nature, pour ne pas dire sauvages. En recherchant des noms d’oiseaux, le mot Emerillon est tombé comme une évidence. C’est à la fois le nom d’un rapace et d’un peuple amérindien.
La musique, pour sa part, n’a pas été influencée par quelque musique guyanaise que ce soit.

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Mû, Kergelen (2018)
Votre dernier EP s'intitule Kerguelen (2018). Quelle est l'atmosphère de cet opus, et qu'est-ce qui l'a conduit aux “Îles de la Désolation” ?
Cécile :
L’inspiration pour ces îles est partie de la découverte de bobines de films Super 8 dans le grenier du grand-père de Clément Gaumon, (le réalisateur du Film Kerguelen qui accompagne l’EP). Ces films ont été tournés sur les îles dans les années 70. Nous les avons numérisés, et nous en avons fait un premier clip : Dead Reckoning. Vous pouvez le retrouver sur notre chaine Youtube. Ce premier titre a inspiré notre envie de parler des Kerguelen et de raconter l’histoire de son naufragé, John Nunn.


 

Pour illustrer l'album, vous avez tourné Primitive II, un très beau clip, très ambitieux. Pouvez-vous nous en parler ?
David :
Primitive II a été tourné dans la Loire, vers Saint-Étienne, dans une combe plutôt fournie en végétation, notamment en fougères. Le choix du cadre a été décidé pour faire écho à l’état du personnage à ce moment là, c’est à dire, foisonnant, débordant, presque saturé. Tous les clips de Kerguelen sont réalisé par Clément Gaumon et son équipe. Pour ce clip en particulier, on n’était souvent que quatre sur le tournage : le réalisateur, un cadreur, l’acteur ( David Cartier, également sondier du groupe depuis le premier concert, il a enregistré et mixé l’album.), et moi même pour aider à faire le café et garder un œil sur le script car nous avions vite tendance à sortir du cadre.  

Que va faire Mû dans les mois à venir ?
David :
Quelques dates de concerts, en festivals, et surtout finir la série des sept clips pour les présenter dans des festivals de courts métrages.

 

Deux albums absolus à placer sur l'Arche de Noé pour réinventer la musique si la terre venait à disparaître ?
Cécile Maître :
An Awesome Wave de Alt J et Kid A de Radiohead.
David Honegger : Purple Rain de Prince, pour ne pas perdre notre sensualité, et l’album I_Con de De Staat, pour se motiver à rebâtir le monde.

 

Merci Mû d'avoir accepté notre interview.
David et Cécile :
Merci à toi
 
      Les infos utiles :

 

LYNN - Acte II

Le 13/05/2019

Interview réalisée le 11/03/2019
Groupe : LYNN
Genre   : Dark Nu Metal
Origine  : Paris

Fondé en 2017 à Paris, le Metal hurlant de LYNN se démarque par un univers gravitant autour des sorcières de Salem ainsi que par les interprétations habitées de sa chanteuse Anna.
Un premier EP remarqué, un étonnant clip acoustique et quelques concerts plus tard, Lynn revient en force avec “Saint”, un album qui verra le jour en avril 2019.
A un mois de cette sortie, Anna (chant) et Ray (basse) ont bien voulu nous en dire plus sur leur parcours et nous parler de ce second opus.
Anna Lynn au Klub par Pics' N ' Heavy.
"9 était une esquisse, 
on tâtonnait, stylistiquement parlant. 
Saint va creuser dans ce qu'on a préféré."
Ray Lynn
Bonjour Lynn, pourriez-vous présenter aux lecteurs qui ne vous connaitraient pas ?
Ray : Nous sommes Lynn, un groupe de cinq membres : Léa (ingé-son), Guime (guitare), Anna (Chant), Dim (batterie), Ray (basse).
Anna : Lynn, c’est également quatre ingrédients : la folie, la noirceur, la mélodie et la force.
Guillaume est le cérébral de l’équipe, toute la partie technique qui me fait saigner du nez, c’est lui (Rires). Il est très pro.
Dimitri incarne le mystère, la force tranquille, il est celui qui calme et défonce tout a la fois.
Ray se rapproche de moi par la noirceur, les riffs lourds, l’envie de hurler. C’est lui qui décortique le mieux ma tête.
Quant à moi, je porte la parole de tout ça, mais la rage est commune... Je donne voix à la colère et aux envies de meurtre que l’on peut avoir. (Rires)

Quels sont vos parcours artistiques respectifs et comment s’est formé Lynn ?
Ray :
On a tous pas mal de bouteille, on a beaucoup “voyagé” avant de former Lynn. Pour ma part, je suis autodidacte. J’ai joué dans plusieurs petites formations, allant de la cover Pop-Rock au Metal en passant par le Grunge, en France et au Cambodge.
Anna : Je suis autodidacte également, je fonctionne au ressenti. J’ai débuté a l’âge de seize ans, au lycée. A l’époque, je faisais du théâtre, et j’aimais ça parce que je pouvais y devenir celle que je ne suis pas. Puis j’ai conjugué mon goût de la scène et ma passion pour la musique, avec un petit groupe, par intermittence. En 2015, j’ai tout arrêté pour des raisons personnelles, et j’ai quitté Chambéry pour m’installer à Paris. J’y ai rencontré celui qui m’a donnée l’envie de recommencer - car j’avais lâché - ainsi que trois furieux avec lesquels nous avons formé Lynn.
Ray : Le groupe est né d'un projet commun de Guime et Dim.
J’ai rejoint le trio formé à l'époque avec Céline. L'intention était alors de suivre la voie (voix ?) d’ In This Moment.
Pour des raisons personnelles, Céline n'a pu poursuivre.
Après de longs mois d'incertitude, Anna est arrivée. Elle a insufflé la quasi-totalité de l'univers de Lynn.

Comment se répartissent les rôles au sein de Lynn ?
Ray :
Lynn est une “entreprise” compartimentée. Chacun y tient un rôle même s'il y a quelques porosités dans ceux-ci. Guime est principalement à la manœuvre pour la composition, Dim est “l'oreille technique” du groupe, Anna est notre chargée de communication, et je traite la plupart des questions administratives.

En 2017 sortait “9”, votre premier opus. Quelles ont été les étapes importantes depuis la parution de cet EP ?

LYNN, 9 (2017)
Ray : La première de toutes a été notre première date au Le Klub en juin 2018 à Paris. Ambiance “fête entre potes”, mais préparée avec sérieux et rigueur. La première impression doit être marquante, et on avait tout sauf envie de “se griller”. Et vous savez quoi ? La deuxième impression doit aussi être marquante ! Et la suivante, et la suivante... On s'attache à mettre énormément de travail dans tout ce qu'on fait, on veut produire de la qualité, avant tout pour notre plaisir, par fierté.
Anna : Pour le live, je rejoins Ray.
La résidence accompagnée de Faustine (Faust Do) a également beaucoup compté. Ça été ma rencontre-révélation (Rires). Elle a su nous guider, non pas dans le technique, mais dans le “Pourquoi es-tu là ? Pourquoi fais-tu ça ?” J’ai pris une claque monumentale sur mon envie d’être la petite frontgirl-power “Regardez moi aussi j’ai des couilles !” aux multiples facettes sûrement déjà utilisées. (Rires) Bref, elle m’a défoncée toute une journée et j’en suis sortie vraie ! J’ai compris que la scène c’est d’abord le lieu d’une guerre, celle que je ne peux pas faire dans mon quotidien, un lieu de libre-expression qui donne envie aux gens de lâcher prise et de vivre ce moment avec nous. Cette étape fut très importante, je pense que les garçons me rejoignent sur ce point, ma voix a changé, s’est chargée d’émotion, et la musique a suivi.

Vous annoncez la sortie d'un album en 2019, illustré par un court extrait d'un morceau intitulé “Cannibale”. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le futur opus ?
Anna :
Cet album arrive le 13/04/2019, soutenu par l’asso MusikÖ_Eye.
Jusqu’à présent tout est fait maison : enregistrement, artwork et mix, sauf le master pris en charge par L'Autre Studio et Jean-Pierre Bouquet.
Pour l’artwork, on voit une petite fille (notre modèle s’appelle Maylie) enfermée qui regarde vers l’extérieur, vers la liberté, sans savoir si c’est bien ou si c’est mal. Elle est en colère, mais on ne sait pas contre quoi, contre qui... Elle ressent des sentiments inconnus, l’impression d’entrer en mutation... Je n’en dis pas plus.
L’extrait “Cannibal” décrit sa folie et sa manière de se nourrir mais, dans le texte, on ignore si c’est acté ou rêvé. 
 
Comment décririez-vous “Saint” par rapport à “9”, son prédécesseur ?
Anna :
“9” est vraiment la gestation de ce que nous sommes aujourd’hui, d’ailleurs deux morceaux seront dans l’album. C’était un élan : cinq morceaux importants qui nous ont permis d’y croire et de proposer notre identité pas totalement assumée. L’album sera vraiment différent, et j’espère que l’auditeur pourra trouver ce qu’il recherche après l’EP.
Ray : “9” était une esquisse, on tâtonnait, stylistiquement parlant. “Saint” va creuser dans ce qu'on a préféré. Sans trop en dévoiler, on retrouvera plus de “Lord.S” que de “Enemy”. On y développe un peu plus notre “patte”, on y fixe notre son.

Ce nouvel opus explorera donc toujours la thématique des sorcières de Salem ?
Ray :
C'est l'ADN du projet, ce sera toujours au moins en filigrane.
Anna :
Ray a raison, les sorcières de Salem sont la ligne directrice de Lynn, et nous sommes toujours dans l’expression de cette “sorcière”, mais surtout de sa folie et de ce qu’elle peut raconter. L’album est composé de dix titres, et il se nomme “Saint”. C’est la naissance de la sorcière, et le morceau sera accompagné d’un clip pour démarrer le chapitre.
Anna Lynn au Klub par Pics' N ' Heavy.
Anna, ta manière de chanter est spectaculaire et demande beaucoup d'investissement émotionnel. Comment gères-tu ta voix et comment te sens-tu à l'issue d'un concert ?
Anna :
C’est fort agréable à entendre, même si je n’arrive pas à partager cet avis et que je pense avoir encore beaucoup de travail. Je gère grâce aux précieux conseils de Guillaume (guitare) pour la technique. Après c’est du feeling : ça passe, c’est cool ; ça ne passe pas, on trouve une alternative. Je dois ajouter qu’a l’issue d’un live ou d’une répète, c’est une tisane et au lit (Rires). Non, je plaisante ! Mais c’est comme une bonne séance de sport qui vide le trop-plein, et je compare ça a un combat ! J’ai une multitude de personnes qui m’inspirent : Kurt Cobain, pour ma génération, a été celui qui m’a marquée émotionnellement... Il y en a d’autres, mais j’ai commencé à pencher de ce côté grâce a lui.

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?
Anna : Tout d’abord la sortie de l’album et son clip. Nous voulons pouvoir le partager et faire des concerts, on en a quelques-uns a venir... On espère que notre projet vous donnera l’envie de nous suivre. On remercie grandement l’équipe de Musikoeye de nous faire confiance et de nous accompagner pour cette sortie. Il est rare et difficile de trouver des gens comme eux. C’était ma parenthèse “love-love”. (Rires)
Ray : Dans les semaines à venir, nous devrions publier notre premier clip, tourné récemment. On nous retrouvera le 13/04/2019 au MusikÖ_Eye FEST #2 à Crosne. On profitera de cette occasion pour effectuer la Release de notre LP. Ensuite nous nous emploierons a jouer en province.
 
Merci Lynn d'avoir répondu à mes questions.
Anna :
Merci beaucoup pour ton attention
       
Pour suivre Lynn sur Facebook :
https://www.facebook.com/lynnofficielband/
Merci à Anna et Ray pour leur accueil.
Merci à Pics 'N' Heavy pour ses photographies, son accueil, son aimable autorisation.
D’autres photos sur : https://www.facebook.com/PicsNHeavy/

 


 

K-Léidoscope : un entretien avec Jean-Lou K

Le 14/04/2019

Jean-Lou K rock comme il respire...
Quand il ne martèle pas ses fûts, le batteur historique de Shakin’ Street écrit des chansons pour sa muse.
Sous le nom d’
AC22, il a produit, en à peine un an, trois albums savoureux qu’on ne saurait trop vous conseiller, entouré de deux chanteurs d’exception et de quelques amis musiciens au CV bien garni.
Alors qu’il s’apprête à sortir un Best-Of, Jean-Lou K a accepté de répondre à nos questions.
Il nous parle de Shakin’ Street, d’AC22 et, bien entendu, d’une certaine Isabelle...

 
Jean-Lou K.
Bonjour Jean-Lou K. Commençons par un bond dans le passé. Te souviens-tu de l'achat de ton premier vinyle ?
Jean-Lou K :
Oui, très bien. Mon premier disque était un single de Black Sabbath, "Paranoid" acheté au Prisunic de la rue Lepic, dans le quartier ou je suis né .
 
Qu'est-ce qui t'a conduit vers la musique, et notamment à la batterie ?
Jean-Lou K :
Les Who et Keith Moon ! Je me souviens, tous les jours j'allais voir "Who's Next" dans la vitrine du disquaire à coté de chez moi... Je suis tombé amoureux de ce disque avant de l'écouter, en fait, à cause de la pochette. Par contre je dois avouer que je n'ai jamais rien compris au jeu de batterie de Keith Moon ! Je ne dois pas être le seul...
 
Vers 1975, Louis Bertignac, Corinne Marienneau et toi rejoignez Fabienne Shine et Eric Lewy dans ce qui deviendra Shakin' Street. En Grande-Bretagne, Led Zeppelin sort Physical graffiti, Black Sabbath Sabotage, et Ron Wood rejoint les Stones. Aux Etats-Unis, Aerosmith crée Toys In The Attic, et Alice Cooper dévoile Welcome To My Nightmare. Te souviens-tu de cette France où Trust et Téléphone n'existaient pas encore ?
SHAKIN'STREET, Shakin' Street (1980).
Jean-Lou K : Oui, quelle belle période ! Les disques étaient fantastiques ! Avec Shakin’ Street, on visait le niveau d'Aerosmith , c’était eux nos maîtres. C’était bien parti d'ailleurs !
Je vais te raconter une histoire que le public ne connait pas : en 79/80, Shakin’ Street est managé et produit par Sandy Pearlman. On joue dans des stades quasiment tout les jours. CBS dépense un million de francs pour le deuxième album. Tout va plutôt bien. Seulement voila, deux membres du groupe trouvent que Roy Thomas Baker ça serait mieux que Sandy. Roy Thomas Baker les reçoit et en parle a Sandy... Fin du groupe jusqu'en 2004 !
 
Les 80's ?
Jean-Lou K :
Quelle merdasse les 80’s ! Mes pires années !

 

Dans les 90's, Smell Like Teen Spirit, de Nirvana, puis tout le Grunge à sa suite, envahissent les ondes. Page et Plant se retrouvent au Maroc pour enregistrer l'album No Quarter. Guns'N Roses produit Use Your Illusion. Et toi, que faisais-tu à l'époque ?
Jean-Lou K :
J'allais voir Page/Plant et les Guns, par exemple. Je commençais aussi a enregistrer des trucs. Les morceaux du premier album solo de Fabienne.
J'ai eu un fils en 95, Marlon. Son grand père était Freddy Hausser.

 

Après l'an 2000, tu reprends du service avec Shakin' Street, pour deux albums Live et un studio. Aujourd'hui, te voici de retour avec AC22. Comment est né ce projet et que signifie ce nom ?
Jean-Lou K :
AC22 se prononce "Assez de deux". Moi et Vitha ou Flora, sommes assez de deux pour faire une chanson. Voila !
AC22 est né en 1999 et, a l'époque, je bossais avec des samplers de voix, entre autres. J'ai eu un mini-hit avec un morceau. J'ai fait un album qui n'est jamais sorti, et c'est tant mieux ! Il n’était pas très bon .
 
Flora Roland, Jean-Lou K et Vitha Sai.

Début 2018 paraît le premier album d'AC22, The Trianon Sessions. Quelques invités prestigieux t'accompagnent, tels Fred Guillemet et Georges Bodossian. Tu confies le micro en alternance à Flora Roland et
Vitha Sai. Comment as-tu connu ces deux chanteurs aux registres très différents ?
Jean-Lou K :
Fred, c'est un génie ! Il est parti vivre dans le Sud. Il me manque ! Georges, je le croisais souvent. Il a accepté de jouer sur trois morceaux du premier album. Super boulot !
Vitha, je l'ai rencontré au Trianon Hall, un studio de répétition/enregistrement pas loin de chez moi. Il répétait avec son groupe "The Exist", et moi j'enregistrais le dernier album de Shakin' Street. On a vite sympathisé, et aujourd'hui nous sommes les meilleurs amis du monde. Il a une voix unique, et surtout il n'a peur de rien ! On se marre bien tous les deux quand on enregistre...
Flora a répondu a une annonce sur le net, puis elle est passée au studio après avoir écouté une démo. Elle a chanté "My Loss" sur le premier album. Elle a une voix fantastique ! C'est sur le troisième album qu'elle se lâche, finalement.
 
 
AC22, The Trianon Sessions, (2018).

2018 toujours, tu sors "12 songs inspired by the love of Isabelle De La Chaynée plus 3 other tales". Qui est cette fameuse Isabelle, et n'était-il pas plus simple de l'inviter au restaurant pour lui faire ta déclaration ?
Jean-Lou K :
Ce serait plus simple, oui. Isabelle est plutôt discrète, et je vais essayer de respecter ça.
Un jour, il y a six ans je crois, en me baladant sur Facebook, je vois une photo . Une brune tellement belle ! Je te passe les détails...
En 2018, je pensais toujours a elle, et je lui ai écrit un morceau, "Isabelle", puis je le lui ai envoyé... Depuis, on ne se "quitte" plus !
Depuis Juin 2018, j'ai sorti deux albums. Isabelle, c'est ma muse et mon amour. Sans elle, pas d'inspiration, en tout cas pas de quoi faire deux albums ! Les textes en disent beaucoup sur elle.

 

 

"12 Songs..." m'a fait fortement penser à Led Zeppelin. La voix de Vitha Sai n'y est pas pour rien, et on a l'impression que tu t'amuses avec cette ressemblance sur le titre "Sweet Isabella"...
Jean-Lou K :
"Sweet Isabella" c'est un hommage a Zeppelin, bien sûr. Ça a été très amusant a enregistrer. Perso, je ne trouve pas que la voix de Vitha ressemble a celle de Plant, mais chacun a un avis différent au sujet de Vitha, et c'est plutôt bien.

 

"Chocolate, Love and Vodka" (2019), troisième opus d'AC22, se fait parfois plus jazz/soul (Meet Me At The River) mais sait aussi revenir en force dans un registre Rock et acéré (Stay With Me). Le fait de disposer de deux chanteurs aussi différents est-il un atout pour le compositeur que tu es ?
Jean-Lou K :
Oui, bien sûr. Ils peuvent tout chanter, donc je peux faire du Funk comme dans "I Want To Touch You", de la Soul avec "Meet Me At The River", et du Rock, évidemment. Sans eux, pas d'AC22.
 
AC22, Chocolate​,​love and vodka (2019).

Qui t'accompagne aujourd'hui sur AC22, et qui fait quoi sur le projet ?
Jean-Lou K :
Je fais tout sauf le chant. Je compose , j’écris les textes , j'enregistre et je mixe. Je bosse trop vite pour des invités maintenant ! Le temps qu'ils enregistrent leur pistes, je suis passé a l'album suivant !

 

Des projets dans les mois à venir ? J'ai cru comprendre qu'un nouvel album est en préparation ?
Jean-Lou K :
Je viens de quitter la région parisienne pour Saint Nazaire. Du coup, je ne vois plus Vitha et Flora.
Vitha va sortir son premier album, alors je vais faire un album solo. Solo dans le sens où je vais chanter pour la première fois sur un disque. Ça devrait s'appeler "AC21", ou "Jean-Lou K", et le titre "Amused". Mais ça peut changer...
Un jeu de mot avec le mot "muse", puisqu’Isabelle reste le sujet unique des textes. Grâce a elle, j'ai surmonté ma timidité.
J'ai également commencé un album avec un chanteur en 2018 : Clint Slate. C'est très Metal, façon Alice In Chains. Je voudrais bien le finir...
En fait, j'enregistre tout le temps ! Je voudrais faire un quatrième album avec Vitha. Flora a quitté AC22 pour des raisons personnelles. Je cherche des gens a produire mais je ne trouve personne d’intéressant pour l'instant...

 

Merci, Jean-Lou K, d'avoir accepté de répondre à mes questions.
Jean-Lou K :
Merci a toi.
 
AC22, 12 songs inspired by the love of Isabelle de la Chaynée plus 3 other tales (2018).
Retrouvez AC22 sur Facebook (et n’oubliez pas de liker sa page) :
https://www.facebook.com/ACdedeux/
Et sur Bandcamp :

https://ac22.bandcamp.com
 

 

SCHULTZ (Electro Metal Indus) - L'interview

Le 03/04/2019

Interview réalisée pour Hard French Metal et publiée le 3/04/2019

En janvier 2019, ils attiraient l’attention sur leur Electro Metal Indus avec “I Hate You”, un clip dans lequel jouait la superstar du catch Tom La Ruffa.
Pour “Shot Of Pain”, leur opus en préparation, ils invitaient pour un feat le chanteur de Ludwig Von 88 ainsi que le fondateur de Grayssoker.
Nous les avons rencontrés dans un pub proche de l’opéra de Nice.
Leur parcours, leur passé, leurs projets, les secrets des featuring, vous allez tout savoir sur SCHULTZ dont le premier album sera disponible dès le 6/05/2019.
 

VDrey - Sessions d'enregistrement de Shot Of Pain.

 

      
 

      "On a eu envie de proposer quelque chose, d’aller où l’on ne nous attendrait pas du tout.
C’est ainsi qu’on a démarré dans la formation actuelle."
Franz Schultz

 

Bonjour Schultz. Pourriez-vous présenter votre formation aux lecteurs qui ne vous connaissent pas ?
Franz Schultz :
A l’origine, Schultz était un projet solo purement électronique et instrumental. Je voulais quelque chose qui sorte de ce qu’on pouvait voir habituellement, pas un mec tout seul derrière des machines. C’est donc très vite devenu un duo, avec VDrey, la performeuse. On a tourné ainsi à deux durant une dizaine d’années, en honorant un grand nombre de dates. Puis on a fait un break ; on avait besoin d’une pause pour diverses raisons. En 2017, on a eu envie de recommencer. On a d’abord sorti un maxi sur un label américain. On ignorait encore si on continuerait ou si c’était un coup comme ça... En 2018, nous avons eu l’opportunité de faire le festival indus de Cannes. On a voulu alors proposer un gros truc. On en a parlé à GuitarfOx et Sandy, qu’on connaissait depuis un petit moment, à force de se croiser sur des scènes. Ensemble, on a eu envie de proposer quelque chose, d’aller où l’on ne nous attendrait pas du tout. C’est ainsi qu’on a démarré dans la formation actuelle. Une date à Cannes, une autre à Montpellier, et on s’est lancés, voici dix ou onze mois, dans l’enregistrement d’un album.
GuitarfOx : Un an ! Ca fait un an qu’on est dessus !
Franz Schultz : C’est ça, ça fait un an qu’on a vraiment commencé à bosser dessus en prenant soin de marquer la différence avec ce qu’on faisait avant. Et c’est vraiment un groupe ! Il y a de la guitare, on chante tous sur l’album... Il y a des guests, aussi. C’est d’ailleurs pour ça que ça a pris un peu de temps côté planning : il fallait avoir tout le monde...
Voilà, il s’agissait donc au départ d’un projet Electro-Indus, devenu plus Metal, plus Rock, avec plein de choses différentes que tu découvriras sur l’album, car nous venons tous d’univers différents.
 

Schultz et le catcheur Tom la Ruffa - Photo VDrey.
 
Qui compose le Schultz millésime 2019 ?
Franz Schultz :
Sandy Dynamite est à la danse, à la performance et au chant. GuitarfOx est à la guitare et au chant. Il fait également plein de choses à côté, comme la réalisation de nos vidéos, des arrangements. Quant à moi, je m’occupe de la partie électronique et je chante.
Trois sur scène et à la composition, mais sans oublier ARTSOUNDMIX, qui fait toute la partie studio / arrangements / production, car c’est vraiment un boulot collectif auquel on associe le travail du studio. On est également soutenus par plein de gens, notamment dans le domaine de la com’...
 
Comment êtes-vous arrivés à la musique ?
GuitarfOx :
Moi c’est grâce à Eddie ! C’est le look des pochettes d’Iron Maiden qui a retenu mon attention ! J’étais en cinquième, je devais avoir onze ans, et ces pochettes m’ont tout de suite intrigué. Alors j’ai acheté le vinyle. Puis, de magazines en albums, j’ai eu envie de faire de la musique, et mes parents, plutôt que de m’acheter un scooter, m’ont offert ma première guitare électrique quand j’ai eu le brevet des collèges. De là, j’ai monté un groupe. Et de fil en aiguille, de groupe en groupe, on en arrive à Schultz, quand Franz nous a proposé de rejoindre son projet.
 
Et quel est le premier album que tu as acheté ?
GuitarfOx :
Avant d’acheter mon premier album, je fouillais déjà dans les disques de mon père. Il y avait AC/DC, The Who, Led Zep... Puis j’ai commencé à acheter mes propres disques, des trucs encore plus barrés que ceux qu’écoutaient mes parents. Ensuite est arrivée la vague Grunge, avec Nirvana. J’étais au lycée à l’époque... Enfin voilà, on peut le dire : “Métalleux un jour, Métalleux toujours !”
 

GuitarfOx et Sandy Dynamite - Sessions d'enregistrement de Shot Of Pain.
 

"Franz nous a proposé de rejoindre son projet pour un concert.
Au départ, c’était juste cette date.
Mais comme ça s’est bien passé,
on s’est dit "Pourquoi ne pas pérenniser ?"”
GuitarfOx



Sandy Dynamite :
Moi, le premier album que j’ai acheté, c’était Madonna ! (Rires) Mais c’est la danse qui m’a conduite à la musique. Danse classique, au départ, puis Modern Jazz. J’écoutais la musique durant les cours de danse, puis j’ai commencé à apprécier des styles différents, la New-Wave, le Rock, le Gothique... J’ai continué la danse, et j’ai rencontré GuitarfOx, qui faisait de la musique. C’est lui qui m’a proposé de chanter, et on a monté un groupe, LATEX, du Punk Electro...
Franz Schultz : Pour ma part, ce qui m’a amené à toucher mon premier instrument, c’est un copain de collège. Il voulait faire un groupe. Un petit job d’été m’a permis de me payer une guitare. J’ai vite renoncé à en jouer parce que je me suis rapidement aperçu que j’étais très mauvais à la guitare ! (Rires). Mais le même copain m’a traîné dans les concerts, me donnant le goût de la scène. Le premier show, c’était Faith No More, en 1992. La grosse claque ! Le sentiment de liberté ! Je me suis dit “C’est ça la scène !”, et je n’ai plus quitté ce milieu-là.
Alors évidemment, le premier album que j’ai acheté, c’était du Faith No More... Une cassette je crois.

Franz Schultz - Sessions d'enregistrement de Shot Of Pain.
Comment vous êtes vous rencontrés ?
GuitarfOx : Ça, tu vois, c’est la scène niçoise !
Franz avait déjà son projet, Sandy et moi le croisions avec Latex, notre groupe. On a partagé quelques dates, on avait aussi des amis communs, on s’est donc rencontrés à plusieurs reprises, et on s’entendait bien.
Franz nous a proposé de rejoindre son projet pour un concert. Au départ, c’était juste cette date. Mais comme ça s’est bien passé, on s’est dit “Pourquoi ne pas pérenniser ?”
Et voilà, je me retrouve sur le nouvel album, enregistrant les pistes de guitares, faisant des arrangements, des voix... Et d’un projet solo, Schultz prend une dimension collective !



Quels souvenirs gardez-vous de votre premier clip, “I Hate You” ?
GuitarfOx :
Vraiment excellent ! Ça fait tellement plaisir de travailler avec de vrais professionnels ! Et la superstar du catch Tom La Ruffa est un grand professionnel !
Je suis vidéaste. Pour ce clip, j’avais écrit un storyboard. Tom a fait un véritable travail d’acteur : en une journée, on avait tous les plans ! C’est vraiment un bon souvenir, à part qu’il faisait un peu froid dans ce hangar !
 

Retrouvez Tom La Ruffa à l'Acropolis deNice le 13/04/2019 pour la deuxième édition de la Nuit du Catch.
A propos, comment est née l’idée de ce clip avec Tom La Ruffa ?
Franz Schultz :
Je l’ai rencontré sur un événement sportif. C’était un gala de boxe où il y avait une démonstration de catch. Tom, qui est niçois, voulait faire revenir le catch à Nice, ce qu’on n’avait plus vu depuis une vingtaine d’années. A cette occasion, on a échangé quelques mots. J’ai eu ensuite l’occasion de le recroiser, on a parlé et sympathisé un peu plus. Sa façon de voir les choses, sa ténacité, le fait qu’il se soit donné les moyens de devenir ce qu’il voulait... Je pense qu’on partage la même philosophie : ne pas baisser les bras, affronter les épreuves. J’ai donc apprécié d’abord le personnage. Ensuite est venue l’idée...
GuitarfOx : Dès qu’il a accepté le principe du clip, on a commencé à délirer sur des idées : le mettre face à face avec VDrey, qu’ils se hurlent dessus, que Sandy danse autour de lui... Dès le feu vert, le processus créatif s’est enclenché, on a imaginé des plans, j’ai dessiné le storyboard. Il ne restait plus qu’à réaliser la partie technique.

Et GRAYSSOKER ? Comment arrive-t-il sur l’album ?
Franz Schultz :
Encore une histoire de rencontres ! Je connaissais ses parents, et j’ai bien aimé son album, à contre-courant, genre “Je fais de l’accordéon, mais pas de la musette !” Je suis allé le voir en concert, on a beaucoup échangé, et voila...

Clément Grayssoker - Photo Schultz.

 

Karim, de Ludwig von 88, fait également un feat sur votre album ?
Franz Schultz : Une fois de plus, cette collaboration ne naît pas d’une volonté de featuring. En fait je connaissais Karim depuis des années sans savoir qu’il était le chanteur de Ludwig ! Quand je l’ai appris, on a commencé à en parler, mais ça a été très long à concrétiser par manque de temps. Je lui proposais de faire quelque chose chez lui et de me l’envoyer, mais il préférait qu’on le fasse ensemble, qu’on en parle ensemble...
Je l’ai pris au réveil, un matin, trente minutes d’enregistrement, et ça l’a fait ! Trente minutes d’impro totale ! Du boulot derrière pour monter tout ça

LUDWIG VON 88 - Houla La ! (1986)
.
“Shot Of Pain”, votre premier album, sort le 6/05/2019. Qui a fait quoi sur cet album ?
Franz Schultz :
Il y a des squelettes de morceaux que j’avais déjà, des titres créés pour l’occasion, d’autres qui existaient depuis quelques années mais qui n’étaient jamais sortis, qu’on a totalement remodelés et retravaillés ensemble. Je suis arrivé avec mes squelettes et on a fait un réel travail collectif dessus. Chacun était libre de donner son avis, on re-travaillait ou on réarrangeait ce qu’on n’aimait pas.
Pour la plupart des titres, la partie électronique était crée à 80%. Mais certains, comme Shot Of Pain, n’existaient pas du tout. Shot Of Pain, on l’a créé a trois. C’est le titre de l’album et le premier morceau qu’on a fait tous ensemble.
GuitarfOx : Oui, tous les autres morceaux préexistaient et ont été arrangés. Mais “Shot Of Pain” est notre première compo en tant que groupe.

 

Quelle est la place des textes chez Schultz ?
Franz Schultz :
Sur la plupart des morceaux les textes se résument à trois ou quatre phrases. Les textes servent surtout la musique. A part sur Shot Of Pain, écrit par GuitarfOx.
GuitarfOx : C’était la chanson-titre, il fallait expliquer un peu le concept. C’est pourquoi les paroles sont plus étoffées. Mais ce morceau reste quand même homogène dans la tracklist.
Sandy Dynamite : C’est principalement moi qui chante sur ce morceau...

Comment l’album sera-t-il distribué ?
Franz Schultz :
Notre label est américain, et ça va se passer en deux étapes : en mai, première sortie sur les plateformes, Bandcamp, etc. On trouvera bien sûr l’album aux concerts. La deuxième vague arrive dès septembre, avec une distribution dans les magasins. L’album devrait donc être disponible partout après l’été 2019.
Sandy Dynamite : On présentera l’album avec un premier concert le 7/05/2019 à l’Altherax Music de Nice.
Franz Schultz : On espère faire une belle soirée à cette occasion, avec deux autres groupes qu’on apprécie, et quelques surprises. Attendez-vous à quelque chose de différent et d’unique !
 

D’autres projets sur les mois qui viennent ?
Franz Schultz :
Avec tout ça, ils sont déjà bien remplis ! Mais on réfléchit au projet d’une nouvelle vidéo. On aimerait aussi faire des concerts après la sortie de l’album. On souhaite développer et faire connaître notre projet.
 
Dernière question : Deux albums à placer sur l’arche de Noé pour sauver le Rock ?
Franz Schultz :
“Angel Dust”, de Faith No More, premier album que j’ai acheté et qui m’a collé une grosse claque ! Et puis “Mutter”, de Rammstein.
GuitarfOx : “Psalm 69”, de Ministry, est vraiment l’album qui m’a fait découvrir ce style. Enfin, “The Wall”, de Pink Floyd, parce qu’il est très bien produit.
Sandy Dynamite : Je n’en donnerai qu’un : “Holy Wood”, de Marilyn Manson.
 
      
Merci à Schultz pour son accueil.
Retrouvez Schultz sur Facebook : Schultz Music
Et rendez-vous à Nice le 7/05/2019 à l’Altherax pour la release-party !

Schultz SHOT of PAIN Release Party /Lecks Inc/DJ High Hells
 
 
 
 


 
 
 

LA PIETA - La moyenne ?

Le 25/03/2019

Qui est La Pietà ? Quelqu’un comme vous, comme moi ? La moyenne, au motif que chacun se retrouve à un moment donné dans les paroles de ses chansons ? Mon oeil ! Sa musique n’était pas à priori dans la zone de confort de notre fanzine, mais qu’importe : cette lumière inhabituelle était irrésistible, il fallait qu’on la voie de plus près. Voici une interview de La Pietà.

 

       
“Un projet artistique ce n’est pas 
une autobiographie permanente.”


Bonjour La Pietà. C'est Courtney Love qui vous a donné l'envie de faire de la musique ?
La Pietà :
Entre autres, oui. J’écrivais depuis gamine. Mon frère a commencé a écouter du Rock, et s’est acheté une guitare. il écoutait notamment Nirvana. Le décès de Cobain en 1994 m’a fait un choc, j’étais gamine, mais j’ai voulu comprendre pourquoi les cris de ce mec me touchaient autant. Et je me suis mise à avoir envie de faire, moi aussi, des cris. Mais je ne me sentais pas légitime. Je chantais mal, j’étais une fille, j’étais grosse et moche. Une Courtney love, avec ses discours battants, m’a donné la force de le faire. Elle m’a donné envie de prendre une guitare, et de faire de ma douleur quelque chose.

Votre mère était prof de lettres et vous avez lu dès l'enfance. Quels émois littéraires vous ont donné le goût de l'écriture ?
La Pietà :
C’est vrai, mes deux parents lisaient beaucoup, mais ça m’a plutôt dégoûtée de la littérature à une époque, parce que, comme tous les enfants, j’avais besoin de me rebeller et de me sentir en opposition avec ce qu’on m’avait proposé toute mon enfance. Je me suis remise à lire plutôt adulte, du coup. J’ai adoré Françoise Sagan. Avant de s’appeler La Pietà, ce projet s’est appelé « Bonjour Tristesse » pendant quelques mois. J’aime beaucoup Virginie Despentes, Bukowski, Olivier Adam...
 
La Pietà, pour le public, c'est vous . Pourtant vous l'avez définie comme un “laboratoire créatif personnel”, un “projet pluridisciplinaire”, et vous employez souvent pour en parler la troisième personne du singulier. C'était important de mettre La Pietà à distance ?
La Pietà :
Oui, c’est important de mettre une distance. Non, La Pietà ce n’est pas moi. C’est une partie de moi. C’est un projet artistique. Ce n’est pas une personne, c’est une de mes facettes, mais c’est loin d’être toute ma personnalité. C’est malsain de confondre les artistes et leurs projets, de confondre l’humain et l’artistique, de confondre une image et une personne, des mots et un cœur. Je ne mens pas dans ce que je fais, je suis sincère, toujours, mais un projet artistique ce n’est pas une autobiographie permanente. J’ai envie et le droit de faire mourir La Pietà si j’ai envie de passer à autre chose. J’ai envie et le droit d’exprimer d’autres choses dans ma vie que ce projet là, ou de le faire évoluer. Je suis La Pietà, mais La Pietà n’est pas moi. C’est aussi pour cela que j’ai commencé tout ce projet de manière complètement anonyme, sans que l’on voit mon visage. Je ne voulais pas qu’on confonde le narrateur et l’auteur.
 
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La Pietà par Christophe Beaussart.
Des sacs, des préservatifs, des clés USB avec vos clips dessus, des calepins, des mouchoirs... Votre merchandising démontre que La Pietà est plus qu'un simple projet musical et que des gens s'identifient à votre univers. Je crois que La Piétà est l'exutoire des gens normaux, et que “La Moyenne” est leur manifeste. Mais pour vous qui le connaissez, qui est votre public ?
La Pietà :
Il n’y a pas « MON » public. Il y a des gens. Je n’ai jamais aimé les généralités, je ne vais pas commencer ici. Il y a tout un tas de gens différents. Tout simplement. La plupart des gens qui écoutent ou aiment La Pietà à un moment donné ont pu être touché par mes mots, souvent parce qu’ils ont eu l’impression que ces mots leur ressemblaient, parce que ça exprimait aussi une partie d’eux, une souffrance vécue à un moment donné, une envie d’y survivre pourtant, le mal être parfois, la sensibilité souvent. Ce qui est sûr, c’est que la plupart de ces gens sont profondément humains, touchés, touchants, engagés dans leur vie de tous les jours pour faire de ce monde un bel endroit, des gens qui se battent au quotidien, des profs, des infirmiers, des artistes, des humanistes, des artisans, des gens qui pleurent, des gens qui rient, des gens qui aiment.
 
 “Être artiste, c'est interroger le monde."


“La hargne” est-elle un élément constitutif de La Pietà, ou rien n'est fixé ?

La Pietà : La hargne, la rage, la colère, font partie de ce projet, comme elles font partie de la vie. Comme la violence, mais aussi comme l’amour, la tendresse, l’envie.

Pour éviter que La Pietà ne devienne votre cage, vous avez choisi récemment de tomber les masques, que vous portiez y compris lors des interviews. La liberté passe-t-elle par une remise en question permanente ?
La Pietà :
Oui, parce que peut être que les prisons que l’on rencontre, souvent, on se les fabrique soi-même. On a la chance d’avoir un libre arbitre et une certaine liberté, autant en jouir. Il faut comprendre qu’il y a un vrai paradoxe qui rend les musiciens schizophrènes : être artiste, c’est interroger le monde, s’interroger soi-même, questionner, déranger, changer, faire violence. Et pourtant, faire de la musique, à l’heure actuelle, c’est aussi un métier, dans une « industrie du disque » où, pour vendre, il faut au contraire calibrer, divertir, aller dans le consensus, créer une « marque », choisir sa cible, se vendre. Alors que fait-on ? J’ai choisi d’être libre avec ce projet, parce que, quand j’ai commencé à le faire, je n’envisageais pas de réussir quoi que ce soit avec, et sûrement pas d’en vivre ! Pourtant, ça a plu, et j’ai commencé à en vivre... Mais je ne veux pas pour autant oublier d’où vient La Pietà. Donc oui, je questionnerai en permanence ce projet, et j’essaierai de continuer à m’autoriser à aller là où je veux, là où il me semble intéressant de dire ou faire quelque chose, avec un objectif artistique, et non de rentabilité. Je n’avais pas envie de tourner en rond dans une case que je me serais créée. La Pietà ne sera jamais là où on l’attend, ce serait trop facile.

 

      "Les mots avant tout."

 

La Pietà, les mots, vous les collez partout : sur votre corps, sur votre visage... Sont-ils un également un masque ou une manière de crier que vous avez des choses à dire ?
La Pietà :
C’est plutôt une manière de mettre en image l’identité de ce projet, les mots avant tout. Les masques avaient pour but de démystifier l’apparence, l’image dans la musique, une manière de dire : “Ecoutez ce que je dis, avant de regarder si je suis bonne ou pas !” Une espèce de pied de nez à notre époque hyper-conceptualisée autour de l’image, du corps, de la perfection, de la réussite. J’ai retiré les masques pour ne pas m’enfermer au contraire dans ce concept-là. J’ai continué à foutre des mots sur ma peau, comme j’en mets sur des dessins depuis toujours. Mais peut-être que ça non plus, ça ne durera pas...

 

Avec "La Fille la Moins Féministe de la Terre", vous invitiez les gens à vous envoyer des vidéos d'eux-mêmes, masqués puis démasqués, avec un panneau disant "Je veux avoir le droit de..." On retrouve ces vidéos montées dans votre clip. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience et de tous ces messages que vous avez reçus ?
La Pietà :
Oui, c’était un beau projet, que je voulais participatif. C’était bien de faire ça avec des fans, des amis, et même l’homme qui partageait ma vie à l’époque. Ça restera gravé. J’aime que ces gens soient une partie de La Pietà aussi.
 

 

Quel artiste, tous arts ou périodes confondues, aimeriez-vous ou auriez-vous aimé rencontrer ?
La Pietà :
Je ne sais pas. L’expérience m’a plutôt montrée qu’il vaut mieux garder une distance avec les artistes qu’on aime. Pas besoin de les rencontrer pour les écouter et les aimer. Ça revient à la réponse plus haut sur la différence entre une personne et ce qu’elle fait. On peut adorer ses œuvres et ne pas aimer la personne. C’est d’ailleurs souvent le cas. Alors, évidemment, j’aurais aimé partager une scène avec un Cobain, un Cantat, un Ferré, un Brel, une PJ Harvey, et bien d’autres...

 

Vous venez de terminer votre roman, commencé voici quatre ans. Il est l'origine du projet La Pietà. Avez-vous envie de nous en dire plus sur ce livre, ou faudra-t-il attendre sa sortie ?
La Pietà :
En fait, c’est le journal de La Pietà. C’est le livre que j’ai commencé il y a quatre ans et que j’ai eu envie de mettre en musique. C’est ainsi qu’est né le projet. Du coup, chaque texte de La Pietà est tiré de ce livre. C’est un mélange de journal autobiographique et romancé, de chroniques sur la vie en général ; notre monde, mon monde, le monde de la musique tel que je l’ai vécu depuis vingt ans maintenant, de mon enfance chaotique à mon rêve de Rockstar, de ma signature en major à ma descente aux enfers, de la drogue à la scène, l’amour, la dépression, et le combat continuel pour se dire que « du chaos naissent les étoiles »… Voilà ce que j’ai voulu faire avec La Pietà. Créer de la lumière à partir de ma nuit noire.
 
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               La Pietà par Brice Bourgois

 

     "Mon seul et unique critère : 
Faire tout cela dans le plaisir."
 
Vous avez déjà un long parcours musical. Avec La Pietà, avez-vous enfin rencontré le public dont vous aviez envie ?
La Pietà :
Je n’ai pas envie d’un public en particulier. J’ai envie de toucher des gens. De leur apporter un sourire, une larme, un truc qui fait se sentir vivant, comme d’autres artistes l’ont fait pour moi. Je suis heureuse de tous les regards que j’ai eus dans ma carrière, de chaque fan, chaque rencontre, chaque voix qui chantent mes paroles, chaque bout d’humanité, dans chaque café concert, chaque fête du village, chaque scène, chaque endroit où j’ai dit ou chanté un texte.

 

 


Votre manque de superficialité est-il un frein pour les radios et les télévisions commerciales aseptisées qui ne doivent délivrer aux spectateurs que des messages de bonheur entre deux spots de pub ? En résumé, La Pietà est-elle un poil à gratter dans une société dystopique ?
La Pietà :
Je suis pas sûre de manquer de superficialité en fait ! Je manque sûrement de filtres par contre. Mais je suis arrivée à l’âge où je m’en fous. Où je trouve la vie plus belle en vrai que derrière les filtres Instagram. Où je préfère la terrasse d’un café qu’un débat sur Facebook. Et où je jouis d’écrire des chansons avec des collégiens, plus que de rêver de remplir des Zéniths. Préférer kiffer mes concerts dans tous les bleds génialissimes de France, que d’aller raconter de la merde sur une actualité de merde dans des émissions à la TV. Peut être que rien que cela, c’est être un poil à gratter.
 
Vous qui êtes la fille la moins féministe de la terre, un mot sur la place des femmes dans la musique ?
La Pietà :
On a la place qu’on se donne. A nous de la prendre, la place. On n’est pas des femmes ou des hommes, on est juste des êtres humains. J’ai pas envie de devoir mettre en avant des femmes juste parce que ce sont des femmes. Qu’elles soient traités à égalité, pour talent et travail égal, point.

 

Votre premier album aura douze titres. Quand sera-t-il disponible ?
La Pietà :
On est en train de l’enregistrer, il devrait sortir début 2020, en même temps que le roman. Mais avant ça, on sortira des singles, des clips, et on continue pour l’instant de défendre le précédent EP sur les routes avec une tournée tout le printemps.

 

Cet album marque vos premières collaborations avec d'autres personnes pour les compositions ?
La Pietà :
Oui, je travaille avec Anthony Bellevrat, un de mes meilleurs amis, avec qui je co-compose tout l’album. C’est un fabuleux pianiste, un super guitariste, et un super humain. Je l’aime, et je suis très heureuse de faire cet album avec lui. C’est essentiel dans ce projet, le plaisir, la joie, l’amour. C’est mon seul et unique critère : faire tout cela dans le plaisir.
 
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La Pietà - Chapitres 5 & 6 (2018)
Que fait La Pietà dans les mois à venir ?
La Pietà :
Programme chargé à vrai dire. D’abord la tournée de printemps pour continuer à présenter l’EP sorti en novembre dernier, « Chapitres 5&6 ». En parallèle, j’enregistre donc l’album. A côté de ça, on va commencer des résidences pour transposer les nouveaux titres en live et préparer le spectacle qui se fera avec l’album, et où il y aura plus de show : lights, décors, un peu de vidéos. Et puis je prépare également la sortie du premier roman... Nous allons aussi faire des projets d’action culturelle : des ateliers d’écriture et de traduction en langue des signes en avril et mai sur Montpellier, des ateliers dans un collège à Nîmes. Et puis je commence à réfléchir, doucement mais sûrement, à mon prochain projet : un spectacle pour enfant.

 

Merci La Pietà d'avoir bien voulu répondre à nos questions.
La Pietà :
Merci à vous, et rendez-vous dans les concerts, c’est là où ça se passe vraiment !
 
 
              
La Pietà sur Facebook (n’oubliez pas de “liker” sa page !) :
https://www.facebook.com/Lapietamusic/

La Pietà sur Spotify :
https://open.spotify.com/artist/5P0atd21WQems5FDKnBysF

La Pietà sur son site (textes, merchandising, etc) :

http://www.jesuislapieta.com/textes/

La Pietà est en concert, toutes les infos utiles sur sa page Facebook :

29/03/2019 Cahors
30/03/2019 Toulouse
05/04/2019 Marciac (La Peñac)
06/04/2019 Bagnères de Bigorre (L'AlamZic)
11/04/2019 Lyon (au ROCK N EAT official(by céd & mike) avec UltraMoule et Bandit Bandit.
13/04/2019 Chambéry (Le Brin de Zinc)

 

Nous remercions :

. Christophe Beaussart pour sa photographie en couleurs de La Pietà
(http://scenesdunord.fr/recherche/_index.php#.XLGmx9jgooA)


. Brice BOURGOIS pour sa photographie en noir et blanc de La Pietà
(
https://www.facebook.com/PhotographerLivePictureUnderground/)
 

 

HANIBAL DEATH MACHINE : Troisième souffle

Le 23/03/2019

Alliant Metal Indus et Doom, Hanibal Death Machine a sorti en février 2019 “A Bout de Souffle”, un six titres fortement inspiré par le contexte social, aux riffs lourds et tranchants.
Jean-Luc Loret, chanteur de la formation de Montauban, a bien voulu nous en dire plus sur le groupe et son nouvel opus.
 
HANNIBAL DEATH MACHINE
 
Bonjour Jean-Luc. Pourrais-tu présenter Hanibal Death Machine aux lecteurs qui ne le connaîtraient pas encore ?
Jean-Luc :
J'ai crée Hanibal Death Machine en 2014 avec le guitariste de l'époque, Thibault Beyney. Depuis juin 2018, il a quitté le navire pour raisons personnelles. Le line-up actuel est composé à la batterie de Dorian Loret, à la guitare de Corentin Altar Di Alter, et à la basse de Yann Gerbaud. J’assure le chant. Nous avons a notre actif deux EP, Birth et Sombre Vision. Notre nouvel album, A Bout de Souffle, est sorti le 22/02/2019 chez M & O Music. Nous avons pas mal tourné en Russie, en Espagne, en Suisse et en France.

 

Comment s'est formé le groupe ?
Jean-Luc :
Le groupe Aloïs, dont j'étais chanteur et Thibault guitariste, devait s'arrêter. Nous avons pris la décision tous les deux de former Hanibal Death Machine et de lui donner cette couleur Metal Indus.
 
VOTRE SEIGNEURIE, Vicié (1993)
Quel a été ton parcours artistique ?
Jean-Luc :
J'ai un parcours très long, avec plusieurs formations. Le groupe qui a le plus marché était Votre Seigneurie, avec l’album Vicié, sorti en 1993. Ensuite, ensuite j'ai fait l'Ost, Aloïs, pour arriver à Hanibal Death Machine.
 
HANIBAL DEATH MACHINE, Birth (2015)
En 2015 Hanibal Death Machine sortait l’EP “Birth” et partait en tournée douze jours en Russie. Quels souvenirs gardes-tu de cette période ?
Jean-Luc :
J'en garde de supers souvenirs ! Tout était imprévu, on a commencé la promo de Birth et une proposition de tourner en Russie nous est arrivée. Un très grand moment ! Le public russe est tellement généreux... Ça nous à conforté dans l'envie de continuer à bosser avec notre producteur fétiche, David Castel, qui nous fait sonner comme on l'espère !

Comment se passe l'élaboration des compositions au sein du groupe ?
Jean-Luc :
Jusqu'à présent je composais les séquences sur mon PC et je structurais la mélodie et le texte. Depuis l'arrivé de Corentin dans le groupe, on part de plus en plus sur la base de ses riffs, puis je compose les séquences, le texte et le chant.

Tu composes les textes en français. Quelles thématiques aimes-tu aborder ?
Jean-Luc :
Cela dépend de l'album, car ça représente des parties de vie... Sur A bout de souffle, qui est un album plutôt révolutionnaire, j'ai vraiment été inspiré par le contexte social moribond, les élections de Trump et de Macron, la succession d'attentats, etc, je t'en passe et des meilleures... Je ne pouvais écrire que ce type de textes !
 
HANIBAL DEATH MACINE, A Bout De Souffle (2019)
Après Birth et Sombres Visions (2016), nous vous retrouvons donc avec un nouvel opus. Peux-tu nous en dire un mot ?
Jean-Luc :
A Bout De Souffle est un album de six titres, et l'évolution, par rapport à Sombre vision, c'est que nous imposons un style bien plus “Metal” que par le passé, plus lourd, plus sombre et plus abouti.

Pourquoi avoir intitulé ce nouvel album A bout de Souffle ?

Jean-Luc :
Ah, super question ! En fait j'ai écrit cet album il y a plus d'un an, et je sentais cette colère qui montait et qui allait exploser. Pour moi, ce sont les prémices de la fin d’une civilisation, la fin du capitalisme, du libéralisme, et l'orientation vers un monde où les préoccupations seront tournées vers l'humain. Enfin je l’espère, rien n'est sûr, malheureusement !
 

En février sortait votre clip, “I had a dream”. Peux-tu nous en parler ?
Jean-Luc :
Sur notre précédent clip, Le Temps de l'Absence, on ne s'était pas investis, laissant carte blanche au réalisateur de l'époque. Suite à la promo, Didou, le chanteur de Sidilarsen, qui est un pote, m'a dit “Jean-Luc, je ne comprends pas bien où vous voulez en venir, quels messages vous véhiculez dans ce clip ? On ne voit pas trop ce que vous souhaitez dire.” Il m'a conseillé de penser le clip bien plus en amont. Nous avons fait ça, avec plusieurs réunions de création, et le jour du tournage, on avait tout prévu. Le jeune réalisateur Mika Henselmann a fait des merveilles, on est vraiment fiers du résultat, et les retours sont excellents !
HANIBAL DEATH MACHINE
Quelle sera votre actualité dans les mois à venir ?
Jean-Luc :
Tourner, bien sûr. Mais maintenant on a décidé d'essayer de passer un cap, de produire des concerts de meilleure qualité. Disant cela, je pense à tout ce qui est autour du groupe, la sono, la salle, tout ce qui ne dépend pas directement de nous. On va être un peu plus exigeants, quitte à jouer moins. On veut vraiment passer ce cap !
 
    

Merci à
Jean-Luc Loret pour son accueil.
Retrouvez Hanibal Death Machine sur Facebook :
https://www.facebook.com/hanibaldeathmachine
En concert : . Le 26/04/2018 en acoustique à Montauban (L'acoustic bar) . Le 27/06/2019 à La Penne-Sur-Huveaune (Cherrydon)
Ecouter l’album :
https://open.spotify.com/album/4TwxUm3yGp60ma0X7TUOqs

KILL THE MOOSE - Les Enfants du Shoegaze

Le 20/03/2019

Formé en 2015, Kill The Moose, auteur de plusieurs EP caractérisés par l’opposition d’un mur de guitares et d’une voix légère, a réussi à imposer son style bien reconnaissable dans le paysage du Rock Alternatif niçois Influencé par la vague Shoegaze des 90’s, le quatuor, prochainement en concert à Nice et à Grasse, a bien voulu répondre à quelques questions.

KILL THE MOOSE par F. Le Court.
       

Bonjour Kill The Moose. Situons d'abord d'où vous venez : premier album acheté ?
Nico (batterie) : Oh P***, ça pique ça ! Un live de Queen, oublions la période sombre de la Dance Music.
Elisabeth
(chant) : Ouf ! Oh la la ! Pfff ! C’était dans les années quatre-vingt. J’en sais rien moi ! Sans doute un truc des charts britanniques ! Probablement un Duran Duran...(honteuse)
Fédu
(basse) : Je crois que c’est Back in Black d’ACDC, pour faire dans l’originalité !
Alex
(guitare) : Je ne me rappelle pas si c’est In Utero ou Nevermind de Nirvana

 

Qu'est-ce qui a déclenché votre vocation artistique ?
Elisabeth :
Mes années de chorale à l’église anglicane m’ont fait découvrir le chant et Bruno Massena m’a fait monter sur scène pour monter notre premier groupe Merry Mayhem.
Fédu : Pfffff euuuh mmm... C’est un pote qui jouait de la guitare qui m’a amené à faire de la musique.
Nico :
Ça a commencé au collège avec un délire entre potes qui cherchaient un truc à faire ensemble.
Alex : J’ai toujours aimé la musique. Gamin, j’ai appris à me servir d’une platine vinyle pour mettre du Devo... Ça doit être l’envie de faire du bruit qui a déclenché tout ça.

 

Quels sont vos parcours ?
Elisabeth :
J’ai commencé avec Merry Mayhem dans les années 90, My Elastic Eye dans les années 2000 et aujourd’hui Kill The Moose et DullBoy.
Fédu : J’ai d’abord joué dans Sherikah, un groupe de Rock Alternatif / Metal au lycée, puis j’ai accompagné Mark Ashton durant toute sa tournée.
Nico :
J’ai débuté au collège dans le Grunge et s’en est suivi un enchainement de groupes dont Princess Cum, Tapenga et Stéréogram, et aujourd’hui Kill The Moose.
Alex :
Tout a commencé au lycée avec Hymen Splash, c’était sacrément mauvais... S’en est suivi Stone Dogs, groupe de Grunge, le Sylvester Staline Baboushka Band, Yumi And The Naughty KoKeshi, Sobel et aujourd’hui Kill The Moose et Swivel Circle.

 

Nous en arrivons donc à Kill The Moose. Pourriez-vous présenter le groupe aux lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ?
Alex :
Kill The Moose est un groupe de Rock Alternatif fortement influencé par la scène britannique des années quatre-vingt-dix, et plus particulièrement du Shoegaze. On a créé le groupe avec Babeth au chant en 2015, et nous jouons depuis un an avec Nicolas à la Batterie et Alexis (Fédu) à la basse. Pour tenter de résumer notre musique, il y a une voix pleine de mélodies très pop qui se pose sur des nappes de guitares réverbérées, le tout rythmé par un couple basse / batterie qui envoie !

 

Comment s'est formé Kill The Moose ?
Alex :
Kill The Moose était à l’origine un projet que nous avions Babeth et moi en dehors d’un groupe (Yumi And The Naughty Kokeshi). Après quelques chouettes années de compo, on a quitté le premier groupe qui battait de l’aile pour ne se consacrer qu’à Kill The Moose. On s’est d’abord cherchés musicalement parlant, entre Pop et Rock Alternatif, jusqu'à l’arrivée de notre troisième EP “To The Moon And Back”, puis de Nico et Fédu dans la foulée !

 

Je pensais que le nom “Kill The Moose” était un hommage au groupe Britannique de Shoegaze “The Moose”, mais j'ai lu que c'était un clin d'oeil au Monty Python ?
Alex : “A Møøse once bit my sister... No really ! She was Karving her initials on the møøse with the sharpened end of an interspace tøøthbrush given her by Svenge - her brother-in-law - an Oslo dentist and star of many Norwegian møvies: "The Høt Hands of an Oslo Dentist", "Fillings of Passion", "The Huge Mølars of Horst Nordfink"... (Ndlr : sous-titre décalés du générique de fin du film “Sacré Graal !”)
 
Comment naissent et s'élaborent vos compositions ?
Elisabeth :
Généralement, les chansons partent des plans de gratte d’Alex sur lesquels je pose une mélodie et des paroles. Nous présentons ensuite une version aux Mooses en répète, sur laquelle Fédu trouve des lignes de basses efficaces et où Nico nous expose son incroyable auto-exigence !

 

Home Sweet Home et The World Is My Oyster traitent des réfugiés ; From Here To Now du Terrorisme. Quelles thématiques aimez-vous aborder ?
Elisabeth :
From Here To now ne parle pas de terrorisme mais d’une amie qui a connu de la violence conjugale… Les chansons que j’écris sont inspirées de l’actualité, d’histoires que j’entends à droite à gauche et qui me touchent. En Général la mélodie m’évoque un mot, mot auquel je fais des associations d’idées et l’écriture suit.

 

Dieu est-il un type perturbé ? (God is a messed-up guy)
Fédu :
Ouais un peu quand même et même beaucoup !
Nico :
En tout cas, s’il existe, vu le bordel de la vie, il est sacrément atteint !
Alex :
Et pas que lui…
Elisabeth :
Pour moi Dieu n’existe pas, ce qui devrait uniquement subsister, ce sont des valeurs de respect, de tolérance, bonté et entraide, tout le reste c’est du blabla.

A propos de Dieu, Deux albums à sauver du déluge pour reconstruire le Rock dans la bonne direction ?

Elisabeth :
Dry de Pj Harvey pour la force brute, et un album des Cocteau Twins !
Fédu :
Downward spiral de Nine Inch Nails et j’ai découvert récemment, Flying Microtonal Banana… de King Gizzard & The Lizard Wizard.
Nico :
Je dirais le sixième album de Eels, Blinking lights and other revelations (ou tout autre album de Eels), et pour du plus nerveux je dirais Song for the Deaf de Queens Of The Stone Age.
Alex :
Déjà pour commencer Loveless de My Bloody Valentine parce que My Bloody Valentine, ça c’est fait ! Je dirais ensuite Second Album de My Diet Pill.
 

KILL THE MOOSE
Quelle partie de votre activité artistique préférez-vous ?
Elisabeth :
Tout est complémentaire ; ne faire que de la scène me fatiguerait, que de la composition me frustrerait. La créativité et le partage sont à mon sens indissociables.
Fédu : Sans hésitation la scène.
Nico :
Malgré la pétoche que ça me fout des fois, je dirais la scène.
Alex :
J’hésite entre la composition, ce moment où tu tombes sur le morceau et que tu te dis “ouais, on touche plus !”, même si ce moment est rare ; ou alors le studio, qui est le moment où tu peux réaliser tout ce que tu as en tête pour le morceau, ce que tu ne peux pas faire en live, comme être quatre guitaristes ou inverser des pistes de batterie...

 

La chanson que vous préférez dans votre discographie ?
Elisabeth :
Je suis incapable de répondre à cette question, ça dépend tellement des jours et des moments...
Fédu :
“Fall From Space” ! Nico : “From Here To Now” car elle me challenge et elle commence par de la batterie.
Alex :
Je pense instinctivement à “Ordinary Extras”, une vieille chanson, probablement la première écrite avec Babs . Elle n’est jamais sortie sur aucun CD et n’est plus jouée en live depuis trois ans. Elle a ce gros côté Shoegaze qu’on a aujourd’hui.

 

Quelle est votre actualité dans les prochains mois ?
Alex :
Actuellement nous sommes en phase de composition et de préparation d’une tournée, et on vient de sortir d’un enregistrement d’une reprise de Nick Cave. Question scène nous jouerons le 6 avril à l’ Altherax Music pour la Release de Press Gang Metropol, puis également avec eux le 4 mai à l’ Eca500 (Altitude 500) à Grasse. Enfin le 11 mai à La Zonmé de Nice avec Two Eyes, un super groupe de Nancy.

 

Merci Kill The Moose d'avoir accepté de répondre à mes questions.
Elisabeth :
Merci à toi et à la promotion que tu fais pour la scène locale….. Thanks !
 
 
Kill The Moose sur Facebook (N’oubliez pas de Liker leur page !) :
https://www.facebook.com/killthemoose/
Kill The Moose sur Bandcamp :
https://killthemoose.bandcamp.com/
Kill The Moose en concert :
Kill The Moose sera à l’ Altherax Music de Nice le 6/04/2019, à l’ Eca500 (Altitude 500) à Grasse le 4/05/2019 et à La Zonmé de Nice le 11/05/2019.

 

Photographies de Kill The Moose par F. Le Court et Nao Ilk.
 
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KILL THE MOOSE par Nao Ilk.

 

Dans interview

MANIAC : IMPITOYABLES !

Le 13/03/2019

En ce début d’année, Maniac est enfin sorti d’un silence de cinq ans pour offrir un successeur à “From Suffering... Pleasure Was Born” et “The Art Of Cainam”. “Ruthless”, le dernier né des Toulonnais, ravira les amateurs de brutalité. Les autres profiteront du subtil “Modus Operandi”, la troisième piste du EP, pour reprendre un peu de souffle avant qu’on leur replonge la tête dans le chaudron.
Tandis que nous venons d’apprendre que les Toulonnais partageront la scène l’été prochain avec NAPALM DEATH, nous vous dévoilons leur interview, réalisée début mars 2019.

MANIAC par Freddy Gheorghe.
"Ce disque est un mélange des choses
que l'on a pas pu tenter par le passé.
Il est plus violent, mais aussi plus subtil
que ses deux prédécesseurs."
Ludo (guitare)

Bonjour Maniac, pourriez-vous présenter votre groupe aux lecteurs qui ne vous connaitraient pas ?

Ludo (guitare) :
Salut et merci de nous accorder cette interview. Maniac existe depuis 2004, je suis a l'origine du projet et j'ai toujours été a la guitare. Les autres membres sont Alex (batteur) depuis 2010, Nathan (chant) et Laurent (basse), arrivés en 2017. Nous avons sorti deux demos et deux albums. “Ruthless”, notre nouveau maxi, est sorti le 19 janvier dernier.

 

Quels sont vos parcours artistiques respectifs et comment s’est formé Maniac ?
Nathan :
J'ai commencé en tant que chanteur de Brain Melting (Death Old School) de 2007 a 2010, puis j'ai rejoint Aposthem (Brutal Death). Nous avons sorti une démo et un album. J'ai arrêté la musique en 2014 pour reprendre, avec Maniac, en 2017.
Ludo :
Avant de monter Maniac, j'etais bassiste d'Indust (Metal Hardcore) de 1999 a 2006, puis leur guitariste de 2012 a 2014. On a sorti trois albums. J'ai aussi été guitariste d'Among Dead Dogs (Doom Stoner) de 2012 a 2015, on a sorti un seul album. A l'heure actuelle je suis aussi bassiste de La Corde, nouveau projet Doom/Dark monté avec deux autres potes.
Alex :
J'ai rejoint Maniac en 2010. J’étais en même temps dans Never Give Up (Hardcore Beatdown), groupe que j'ai monté en 2008 et avec lequel on a sorti deux albums. J'ai aussi joué avec Ludo dans Indust de 2012 a 2014. A l'heure actuelle je suis également bassiste de The Spitters (garage punk), qui va sortir son quatrième album.
Laurent : J'ai commencé début 1999 avec mon groupe de Metal Hardcore, Oppress. J'ai connu Ludo a cette époque, nos deux groupes jouaient régulièrement ensemble. En 2004, on a changé de line-up et de nom pour Tetsuo. Le style a évolué vers du Post-Hardcore Emo Violence. On a sorti un maxi en 2006, puis en 2008 le groupe a splitté en 2008. J’ai arrêté la musique pendant quasiment dix ans avant de reprendre avec Maniac en 2017.

MANIAC par Freddy Gheorghe.
Comment vous répartissez-vous les rôles au sein du groupe ?
Laurent :
En fait nous composons en groupe. Ludo arrive avec des riffs et on met ça en place ensemble pendant les répétitions. Après, Nathan nous propose des lignes de chants et écrit les paroles.
Ludo : Pour toute la partie promo/booking, c'est Laurent et moi qui gérons. On est aidés par Phil de Mithra Diffusion, notre manager. Alex : On est a la recherche d'une véritable structure de booking, ou d'un tourneur. Avis aux intéressés...

 

“Ruthless” est sorti en janvier 2019 après cinq ans de silence discographique. Quelles ont été les étapes marquantes pour Maniac entre “The Art Of Cainam”(2014) et la sortie de ce nouvel opus ?
Ludo : Le plus marquant pour moi et Alex est surement d'avoir enfin pu trouver des musiciens compétents et sérieux, ce qui nous faisait défaut par le passé et a failli nous décourager dans la poursuite du projet. Le reste s'est fait très naturellement vu le feeling et les objectifs communs qu'on avait : composition des titres, enregistrement d'une pré-prod histoire d'avoir du recul sur les morceaux, puis logiquement la session définitive en studio.
Nathan :
On avait bien préparé le terrain et on s’était mis en confiance en effectuant une vingtaine de concerts durant l'année précédente.

Quand les cinq titres de “Ruthless” ont-ils été composés ?
Ludo : Nous avons à nouveau composé a partir de la reprise d'activité du groupe, en juin 2017. Les titres ont été créés l'un après l'autre, d'abord en puisant dans quelques idées laissées en suspens quatre ans auparavant, puis en cherchant de nouveaux riffs, ce qui donne cette palette d’influences que nous avons sur ces cinq titres.

Qu'est-ce qui distingue “Ruthless” de ses prédécesseurs ?

Ludo : Ce disque est un mélange des choses que l'on a pas pu tenter par le passé pour diverses raisons, ainsi que des influences nouvelles apportées par Nathan et Laurent. Je pense qu'il est plus violent, mais aussi plus subtil que ses deux prédécesseurs. Il dégage une maturité que l'on avait pas sur le deuxième opus “The art of Cainam”, tandis que le premier, “From suffering...”, était juste brutal et “gore”.

MANIAC - Ruthless (2019)
Votre artwork a été réalisé par Béton Cité. Quelles orientations lui aviez-vous donné ?
Laurent :
J’ai connu cet artiste par l’intermédiaire d'un ami marseillais. On lui a d'abord commandé quelques affiches de concert et les avis ont été unanimes : il a tout de suite compris notre délire ! Du coup on a voulu lui confier notre artwork.
Nathan :
Son style colle vraiment avec notre musique ; on ne lui pas vraiment donné d'indication. Il a rapidement capté “l'ambiance” Maniac.

 

Où peut-on se procurer “Ruthless” ?
Alex :
“Ruthless” est disponible en CD et vinyle chez beaucoup de disquaires indépendants comme HIT IMPORT (Nice) , La Cellule Records (Toulon), MUSICFEARSATAN (Paris), SABRE-TOOTH (Marseille), mais aussi sur plus de deux cent plateformes d’écoute et de téléchargement comme Deezer, Spotify, Fnac, Bandcamp, Tidal...

Quelle sera votre actualité dans les mois à venir ?

Ludo : Nous sommes en pleine promo du nouvel album, donc pas mal de dates prévues un peu partout en France et sûrement bientôt a l’étranger. On continue aussi a composer, mais sans vraiment savoir sous quelle forme pourra sortir notre prochain disque (maxi, album ou même split). Sinon, aucune vidéo n'est prévue. On est moyennement fans de ce genre de support, à moins de trouver un idée originale... Un mot sur la scène toulonnaise ?
Alex :
La scène toulonnaise est très variée, et nous apprécions plutôt des groupes de différents styles comme Child Meadow, La Corde, The Spitters, Brother James ou encore Bender, des formations plutôt éloignées de la scène “Metal” locale.

Quel album tourne en boucle actuellement dans votre lecteur MP3 ?

Ludo :
Le dernier Marduk, “Viktoria”.
Nathan :
Behemoth, “The Satanist”.
Alex :
Cannibal Corpse, “Eviseration Plague”.
Laurent :
Jane Doe” de Converge.

 

Merci Maniac d'avoir bien voulu répondre à mes questions.
Maniac :
Merci de nous avoir accordé cette interview qui, on l’espère, intéressera un max de monde... A bientôt et bonne continuation !

MANIAC par Freddy Gheorghe.
       
Merci à Freddy Gheorghe pour ses photographies et son aimable autorisation. Retrouvez d’autres photos sur sa page : https://www.yooying.com/freddygheorghe
Suivre Maniac sur Facebook : https://www.facebook.com/cainam/ Ecouter Maniac : https://maniacofficial.bandcamp.com/
Merci à Mithra Diffusion pour leur concours.
Dernière minute : MANIAC sera en concert le 4/07/2019 à Montpellier avec 
NAPALM DEATH et ACOD.
Dans interview

ULTRAMOULE - Game Ovaire

Le 02/03/2019

Sorte de Devo féminin des temps modernes, UltraMoule semble décidé à n’imposer aucune limite à un univers débridé que les Lyonnaises ont la bonne idée de décliner en français.
Si l’ambiance est à la déconne, vous le constaterez dans les deux clips présentés dans cette publication, Ultramoule n’en profite pas moins pour ruer dans les brancards des inégalités.
Mise au point sur un groupe de Punk à chatte qui a du chien.

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"Après dix-neuf ans de conservatoire et de bienséance, 
j’ai eu besoin de gueuler un peu." 
Konda
Bonjour UltraMoule. Tout d'abord, les origines : quel est le premier album que vous avez acheté ?
Butch (Chant lead, Electribe) :
"Pure" de Lara Fabian.
Bobe (Violon Électrique, Chœurs) :
“Zimmer 483”, de Tokio Hotel.
Konda (Violoncelle Électrique, Chœurs) : Un album de chants grégoriens, mais il ne m’a pas marquée plus que ça.

 

Vos instruments sont inhabituels au regard du genre que vous pratiquez. Qu'est-ce qui vous a amené à la musique et quel est votre parcours ?
Bobe :
J’ai commencé le violon vers sept ans, je ne sais pas trop pourquoi d’ailleurs parce que je n’aimais pas spécialement, mais bon, j’ai eu la flemme de changer alors j’ai gardé ça. Alors c’est vrai qu’on apprend le classique en premier au violon, parce que c’est comme ça dans les écoles. J’aime bien, hein, mais je ne pouvais pas garder mon bob pendant les concerts. J’ai donc regardé où est-ce que les gens avaient le droit de garder leur couvre-chef, et j’ai jeté mon dévolu sur les musiques actuelles amplifiées. Entre autres parce que je pouvais mettre de la disto, j’aime bien quand ça crounch.
Konda :
J’ai débuté le violoncelle à six ans parce que mon père en faisait et que je trouvais ça beau, parcours classique pour une musicienne classique. Je suis quand même allée voir du côté des musiques actuelles au moment de l’adolescence, mais sur des trucs soft, genre pop et folk la plupart du temps. A ce moment-là je pensais encore que pour être une fille il fallait rester glam et jolie. La blague ! Alors après dix-neuf ans de conservatoire et de bienséance, j’ai eu besoin de gueuler un peu.
Butch :
J’ai commencé à brailler dès que je suis sortie du ventre de ma mère, même peut-être dedans aussi. En grandissant on m’a dit qu’il fallait que je me calme, alors j’ai fait des petites chansons douces avec du piano, et puis quand j’ai eu fini ma crise d’ado je suis revenue à mes racines : la braille et le verbe fleuri. L’Electribe c’est parce qu’elle est bleue, ma couleur préférée.

 
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Comment est né l'idée d'UltraMoule ?
Bobe :
Elle est née en même temps que nous, il fallait juste que l’on se rencontre pour faire éclore la fleur de nos pensées.
Konda :
Butch et Bobe sont dans un groupe ensemble, Nikopol-band avec trois mecs. Un jour qu’ils se charriaient, Butch a émis l’idée d’un groupe de filles, qui s’appellerait UltraMoule et qui ferait du Punk à chatte. Elle m’a raconté ça la semaine suivante, comme une blague. J’ai tout de suite voulu en être. Alors bah… On l’a fait !

 

“Bouge ton boule”, le premier titre d’UltraMoule que j'ai pu écouter, m’a fait penser à de l'Electro Rap dans une attitude Punk. Comment définiriez-vous votre musique ?
Butch :
C'est plutôt bien résumé. On aime bien dire que l'on fait du Gangsista Rap, Punk à chatte !

 

Vous écrivez "Chaque petit bout de poitrine est un crime d'atteinte à la pudeur". Ca vous parle qu'en 2019 le regard porté sur le corps de la femme diffère de celui porté sur le corps de l'homme ?
Bobe :
Bien sûr que ça nous parle, couillosti ! C’est l’un de nos désirs les plus chers : que les femmes disposent de leur corps comme elles l’entendent. Ça fait des siècles qu’on subit des souffrances pour être plus belles, paraître plus jeunes, être plus minces, plus grosses, plus blanches, plus bronzées, considérées comme pures, vulnérables. Donc ouais, pouvoir montrer ses nichons sans risquer de se faire censurer, être considérée comme une salope, ou être persécutée, c’est pour nous un combat quotidien.
Butch :
VOILÀ ! #freethenipple !
 
Quels sont les signes du sexisme qui vous énervent le plus ?
Konda :
Les petits trucs qu’on ne remarque même pas tellement c’est ancré. Pour moi, ce qui m’agresse le plus, c’est les pubs pour les cocktails minceur vendus en pharmacie. Je passe devant tous les jours, ça me rend dingue. Les injonctions permanentes sur ce que tu dois bouffer et comment tu dois être, ce que tu dois faire pour être une vraie fille. Cette pression insidieuse c’est super difficile à faire taire.
Bobe :
C’est tous les conditionnements au quotidien (jouets, réflexions sur les vêtements, sur le comportement, etc) qui entraînent des drames, des violences et qui peuvent détruire des vies. Le sexisme ordinaire est incroyablement sournois et dévastateur, je me suis rendue compte que je pouvais moi-même avoir des comportements misogynes par le passé… Et je ne suis pas un cas isolé, des gens pensent ne pas être sexiste alors que leurs dires le sont profondément.
Butch :
Pour ajouter encore un petit point à toute la tartinade des copines, je dirais aussi la sursexualisation du corps féminin et la survalorisation des pulsions sexuelles masculines dites “incontrôlables”. Et avec tout ce qui en découle : les réflexions sur les tenues, l’attitude ou encore la justification d’agression.
 
L'humour est-il le véhicule qui permet d'aller le plus loin ?
Bobe :
Non c'est la fusée !
L’humour est un outil puissant mais qui doit être manié avec prudence. On peut vite nous faire dire ce qu’on n’a pas dit, mais ça peut servir à faire passer la pilule, ou à amorcer des discussions. On peut aussi casser les tabous dans lesquels on peut être enfermées. Konda : C’est aussi beaucoup d’auto-dérision. A force de réflexions sur le féminisme, on se rend compte qu’on a nous-mêmes plein de réflexes sexistes. Ça nous permet de dédramatiser, tout en faisant passer les idées qui nous sont chères.
 

 

Pourriez-vous nous dire quelques mots à propos de votre clip “Bouge ton Boule” ?
Butch :
On l’a fait avec un super copain talentueux, Victor (Monkey Wink Productions), qui nous a aidées à réaliser nos rêves les plus chers : conduire un tracteur, voler dans le ciel, donner un cours d'aérobic...
Bobe :
On a tourné à Bourg-en-Bresse, en plein mois de juillet. Du coup, pour la choré de la fin, on avait beaucoup trop chaud et on transpirait beaucoup, on l’a fait huit fois en tout, alors moi j’ai eu plein de courbatures après.
Konda : Les scènes sur l’aire de jeux étaient vraiment super drôles à tourner. On était en plein milieu des barres d’immeubles, le son résonnait, il y avait des gens aux fenêtres qui regardaient, un peu perplexes. Et une maman sur un banc juste à côté, morte de rire, avec ses gamins qui ne comprenaient pas ce qu’on foutait sur leurs balançoires… C’était un peu surréaliste comme scène (Rires).

Quels sont vos projets et l'actualité d'UltraMoule, et où peut-on vous écouter ?
Bobe :
UltraMoule évolue, on s’entoure avec attention de femmes pour nous aider à porter le projet. On souhaite constituer une équipe exclusivement féminine, pas parce qu’on n’aime pas les hommes hein, mais pour montrer que même si tu as des boobs et une teuch, tu peux faire aussi bien que quand t’as un zizi, et que ça ne fait aucune différence dans le milieu professionnel. Pour le moment on n’a sorti qu’un titre, car on veut tout démonter pour la sortie de notre premier EP, et forcément ça prend du temps.
Butch :
Par contre on a quelques concerts qui arrivent : le 6/04/2019 à Bourg-en-Bresse(La Tannerie), le 11/04/2019 à Lyon (ROCK N EAT official(by céd & mike) , le 18/05/2019 à Lyon (Festival Sortons Paquet), le 8/026/2019 à Villeperdrix, dans la Drôme (Festival Villipendrix), et le 29/06/2019 à Grenoble (La Bobine).

 

Merci Ultramoule de nous avoir accordé cette interview.
Bobe :
On revient quand tu veux !
Butch :
Merci bisous !
Konda :
Oh oui, des bisous...
 
            
Les photographies sont de Fabrice Buffart. Nous le remercions pour son aimable autorisation.
 

 

Dans interview

Le cas QUINTANA

Le 25/02/2019

Piero Quintana arpente les scènes françaises et espagnoles depuis les années quatre-vingt-dix. Il multiplie et renouvelle les expériences scéniques, accumulant les opus et un public fidèle. Convaincus par la sortie de son nouvel album “Older” (2018), publié sous le nom de Quintana Dead Blues eXperience, nous avons sollicité une interview à laquelle, malgré les dates qui s’enchaînent actuellement, le maestro a accepté de se prêter.
Voici “Le cas Quintana”, l’interview d’un artiste atypique.

(interview réalisée par Ahasverus pour Hard French Metal le 22/02/2019)

 
Bonjour Piero Quintana. Tout d'abord te souviens-tu de ton premier émoi musical et du premier album acheté ?
Piero Quintana :
Comme beaucoup de personnes de ma génération, je pense, mon premier disque et premier choc musical a été le fameux “Thriller” de Michael Jackson, en 1982. J'avais alors 13 ans. Bien avant, mon enfance à été baignée dans du Serge Reggiani, Paco Ibañez, Georges Moustaki et même Claude François et Joe Dassin !

Comment est née ta vocation de musicien, comment as-tu découvert ta première guitare et quel est ton parcours artistique ?
Ma grand mère, qui fut premier violon à l'orchestre de Chambéry, m'a “mis” au conservatoire dés l'âge de sept ans, pour étudier le solfège et la flûte traversière. Puis, vers l'âge de dix-huit ans, un peu dégoûté par le côté rigide du classique, et plus intéressé par la musique du moment, comme Duran Duran, INXS et pas mal de groupes de Rock espagnol, je me suis mis à la basse, pensant (à tort) que c’était l'instrument le plus facile pour faire du rock et avoir un groupe rapidement. Je n’ai commencé la guitare, en autodidacte, que bien plus tard, à l'âge de trente-deux ans. Au départ, cet instrument ne me servait qu'à m'accompagner, puis le temps est passé, et avec les progrès j'ai commencé à lui donner une plus grande place, comme dans Quintana Dead Blues eXperience. Dans plusieurs de mes projets, j'ai mis aussi un peu de flûte traversière et de l'harmonica, mais mon instrument principal reste le chant.
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               Piero Quintana par  Jessica Calvo.

Dans une interview à Virgin Radio en 2014, tu disais faire “le grand écart entre Dépêche Mode et Nirvana”. Aujourd'hui comment définirais-tu ton univers ?
Ce n'est pas original ce que je vais dire, mais c'est toujours difficile de définir son univers et d'y mettre une étiquette. C'est pour ça que j'aime dire que je fais le “grand écart” entre Dépêche Mode et Nirvana. Je suis fan de Dave Gahan et de tout ces rythmes Electro mélangés à ces riffs de Blues, comme dans Personal Jesus ou I Feel You, et j'ai aussi toujours aimé cette folie dans Nirvana, ce côté crade, sauvage et imprévisible.
S'il faut donner d'autres noms d'artistes, je suis très certainement influencé par ce que j'écoute : Black Rebel Motorcycle Club, Iggy Pop, The Rolling Stones, The Kills, Triggerfinger...


"Chaque période de ma vie à eu son univers, tout en gardant une identité forte. Mais je recommande aux gens de venir aux concerts, c'est là que ça se passe !"


Où trouves-tu ton inspiration musicale, et quelles thématiques aimes-tu aborder ?
Dernièrement, j'essaye d'écouter plus de Blues, des choses plus près des racines, plutôt que des musiques déjà digérées et transformées, afin de m’imprégner de l'essence et d'y mettre ma propre personnalité. Depuis l'album “Older”, de Quintana Dead Blues eXperience, je travaille des titres avec Rémi Guirao (Arabella), qui me permet d'avoir un autre angle de vue sur ma musique. Il me propose des morceaux “sur mesure” que l'on travaille ensemble. Je cherche quelque chose de plus direct et de moins produit. Pour cela j'épure le plus possible les morceaux et j'y mets l'essentiel, pour que ça soit plus lisible et émotionnel. Au niveau des textes, les thèmes abordés sont souvent des ressentis personnels sur mon histoire, des états d'âmes que j'essaye de retranscrire le plus sincèrement possible.
 
Les textes de tes derniers opus sont en Anglais. Cette langue correspond-elle mieux à la musique que tu crées désormais, ou tu n'exclus pas de revenir aux textes en français ou en espagnol dans des productions postérieures ?
J'écris en anglais, car effectivement j'ai la sensation que ça se prête mieux à cette période musicale. Auparavant, j'ai toujours chanté en espagnol et défendu cette langue, car le Rock “en” espagnol à le droit à sa place. Beaucoup s'imaginent que le “Rock espagnol” c'est forcément avec de la guitare flamenca ou des mélodies andalouses, que c’est soit du Ska-P, soit style Gypsy Kings, (qui sont français soit dit en passant). En France, c’était à la fois pas facile d'être un groupe de Rock espagnol dans ce milieu fermé, et en même temps une force et une originalité ; on jouait partout, on était différents et on laissait une trace.
En 2014, je me suis mis à chanter en Anglais, après avoir fait une première tentative en français avec un nouveau titre qui n'aboutissait vraiment pas. Après plusieurs jours de recherches, j'ai tenté le même morceau avec un bout de texte en anglais, et j'ai eu une révélation ! c’était These Mornings (De Novo 2014), et j'avais l'impression d'être Dave Gahan ! (Rires) Mais aujourd'hui je ne me pose plus de question ; si je dois revenir à l'Espagnol, sur certains titres, ça se fera naturellement, et peut être même un jour en français. Je n'ai plus aucune règle.

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Quintana artiste "underground"  ?  Photo Jessica Calvo.
Depuis Quintana Roo , voici treize albums au compteur de ta discographie. Quatuor, duo, tu as aussi exploré plusieurs types de formations. Pourrais-tu nous brosser l'histoire et les caractéristiques de tes divers projets ?
J'ai commencé la musique en groupe sérieusement avec Quintana Roo (nom d'un état du Mexique), en 1991, après plusieurs autres formations éphémères. C'était du Rock espagnol, fortement influencé par les groupes espagnols de la “movida”, des années 80/90. On était quatre : deux guitaristes (Greg et Chris), un batteur (jean H), et j'étais à la basse et au chant. C'est là qu'on a fait nos armes, c'est là qu'on a su qu'on serait musiciens avant tout ! Pendant sept ans, on a joué dans toute la France, et même quelques dates en Espagne. Puis, le groupe s'est arrêté en 1998 après trois disques.
C'est ainsi que je me suis retrouvé seul, comme un con avec ma basse, et que j'ai dû me mettre à la guitare pour m'accompagner, puis remonter un projet quelques années plus tard, en 2001, avec Liga Quintana. Le nom Liga à été choisi pour sa signification (Ligue), car après la séparation douloureuse de Quintana Roo, je voulais un groupe modulable, avec des musiciens qui entrent dans le projet, puis partent quand ils le veulent, sans que le groupe ne meure. Ce n'était plus "à la vie-à la mort" : c'était Liga Quintana, un collectif Quintana... Même si finalement l'histoire s'est répétée, nous avons vécu des moments énormes et sommes devenus comme des frères.


 

Liga Quintana c'est des centaines de dates entre la France et l'Espagne, c'est quatre disques dont deux enregistrés en Espagne, c'est aussi “StarDiscount”, un film. C'est quatre mecs (Les frères Tarricone, Benjamin et Simon, David Litavicki et moi) sans concessions qui font une sorte de Rock Electro-Grunge, chanté en espagnol, sauvage et classe à la fois. L'histoire s'est arrêtée elle aussi, dix ans après en 2011.
Faire de la musique, tourner, c'est un peu maladif chez moi, et j'ai toujours la flamme, donc je décide immédiatement de continuer, mais seul cette fois-ci, avec différents projets, sous le nom de Quintana et sous forme de duos. Je compose l'album “El Mayor Enemigo”, avec Tom Lopez en 2012. Un truc très perso et acoustique, basé sur les textes et des mélodies assez noires ; ma voix, une grosse caisse au pied, une guitare acoustique, une petite boite à rythme minimaliste, et Tom avec son vieux clavier Farfisa et une guitare électrique. Puis j'ai eu à nouveau envie de pression acoustique, d'un truc lourd, Electro-rock, puissant et dansant, tout en restant en formule légère. J'ai donc réintroduit une groove box, comme on le faisait dans Liga, et j'ai composé “De Novo” (2014) et “69” (2016), avec ma guitare électrique et accompagné par Spike à la basse.
Ces projets on été joués aussi partout entre la France et l'Espagne, c'est là que j'ai vu que je pouvais pousser le délire plus loin et être plus radical ; “être seul sur scène avec une guitare a fond et une vieille groove box Roland MC909”.
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Quintana Dead Blues eXperience - Older (2018)
On y arrive,
tu te produis donc aujourd'hui, sous le nom de Quintana Dead Blues eXperience, un "One Man Rock'N Roll Electro Heavy Blues" Est-ce à proprement parler une "expérience", ou se produire seul sur disque comme sur scène est-il choix durable du futur Quintana ?
Oui, en 2017 j'ai fait mes premières dates tout seul sous le nom de Quintana Dead Blues eXperience, pour différencier ce projet du précédent. J'ai choisi un nom à rallonge, pour noyer le poisson ! “Vu que je suis seul, je vais trouver un nom super long !” J'avais déjà joué seul auparavant, notamment en première partie de Christine & The Queen et Gaëtan Roussel, et sur quelques festivals, et l'idée, même si c'est flippant, me plaisait. C'est effectivement une expérience artistique et de vie, car je suis ouvert à tout, je suis prêt à tenter tout ce dont j'ai envie tout en gardant ma personnalité. Être seul, c'est vraiment être libre, même si la musique est un échange et que la vie de groupe et de partage me manque parfois.
Mais en réalité je ne suis vraiment pas seul, je suis très entouré, il y a Chris Martin ( KNT Editions), mon éditeur, qui m'accompagne dans le développement du projet, ma compagne Jessica Calvo Photographe , qui apporte énormément à mon image à l'heure où le visuel est primordial, et beaucoup d'autres personnes. Je partage bien évidemment avec le public et les gens que l'on rencontre lors des tournées. Je sais aussi qu'un jour je remonterai un groupe, mais encore une fois, je ne me pose pas de question, quand, où, pourquoi...

Où peut-on écouter et se procurer tes albums ?

Les albums sont sur internet (Spotify, Deezer, etc.), mais aussi en vente par correspondance, on peut les commander sur www.pieroquintana.com Et sinon, il y a pas mal de vidéos de tous ces groupes sur Youtube.

Outre “Older” (2018), ton nouvel album sous le nom de Quintana Dead Blues eXperience, quel opus recommanderais-tu à un lecteur qui voudrait découvrir ton univers ?

“Older” se rapproche le plus de ce que je recherche, des chansons avec une énergie Rock, un son un peu Stoner, un côté intense et sauvage, avec juste une voix, une guitare et une machine. Chaque période de ma vie à eu son univers, tout en gardant une identité forte. Mais je recommande aux gens de venir aux concerts, c'est là que ça se passe ! Je fais des nouveaux morceaux et des nouveaux disques juste pour pouvoir tourner et monter sur scène, ces “opus” ne sont que des prétextes en fait ! Au pire, trouvez des vidéos live sur Youtube !
(Note du rédacteur : Qualifier son dernier opus de “prétexte” est révélateur de l’envie de l’artiste d’en découdre en Live, mais je vous recommande néanmoins de jeter une oreille sur “Older”, le “prétexte” en question, qui est un album totalement convaincant !)


Après l'Espagne, tu es actuellement sur les scènes françaises. Un mot sur la tournée du Quintana Dead Blues eXperience ?
J'ai fait près de soixante-dix dates en 2018, j’espère en faire autant cette année. J'essaye de jouer dans de meilleures conditions d'années en années, je joue partout, du petit bar à la grosse scène de festival, venez aux concerts, je passe peut être près de chez vous, surveillez les dates sur Facebook ou sur le site officiel !

Merci Piero Quintana de nous avoir accordé cette interview.

Merci à vous et à très vite sur un concert !

 
         
 
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Piero Quintana par Jessica Calvo.
Piero Quintana sur Facebook (N’oubliez pas de liker sa page !) : Quintana Dead Blues Experience
Retrouvez le Quintana Dead Blues eXperience en concert :

- le 03/03/2019 à Saint-Sorlin d’Arves ( Avalanche Café St So)
- le 7/03/2019 à Bourg Saint Maurice ( Giovanni’s pub arc 1800)
- le 12/03/2019 à Valfréjus ( Rock N Beer - Valfréjus)
 
Plus sur Piero Quintana : www.pieroquintana.com

Merci à Jessica Calvo pour ses photographies de Piero Quintana. Retrouvez toutes ses photos de concerts (Avatar en autres !) sur :
https://www.facebook.com/JessicaCalvophotographe/

 

 

Dans interview

BLC MIRROR CLB - De l'autre côté du miroir

Le 20/02/2019

Les duos auraient-ils le vent en poupe ? Après Yuzu, voici un nouveau tandem niçois. Il revendique pour influences aussi bien The Cure que les Smashing Pumpkins, et pour avoir écouté leur EP éponyme qui sortira ce mois-ci, on vous confirme qu’il n’y a pas forcément besoin d’être quatre ou six pour faire un bon opus de Rock ! Nous vous proposons de passer de l’autre côté du miroir. Suivez le guide, il s'appelle BLC Mirror CLB.

 

 
Bonjour BLC Mirror CLB. Votre formation est née en 2017, mais à l'écoute de votre EP il est évident que vous êtes des musiciens et compositeurs expérimentés. Quels sont vos parcours respectifs ?
Salut Ahasverus ! Cela fait quelques temps en effet que nous faisons de la musique. Nous avons tous les deux tourné dans le passé avec des groupes en développement. Pour résumer rapidement,Marz a joué dans Curl et Khundalini entre autres, et j’ai pour ma part été dans Lazare (UK) et Ya OK Yeah.

 
Quelle est l'origine de ce nom, BLC MIRROR CLB ?
Le nom BLC MIRROR CLB est lié à une expérience personnelle douloureuse symbolisée par le Black Mirror, nom que j’avais donné à l’appareil médical permettant d’afficher les radiographies. Et club parce qu’il y avait du monde dans la salle d’attente… Son orthographe définitive a été trouvée par Alisson, la femme de Marc, qui avait remarqué un effet miroir entre les mot BLaCk et CLuB.
 
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BLC MIRROR, BLC Mirror (2019) - Artwork : Tim Gengler.

Quelles sont vos références musicales ?

Elles sont nombreuses et essentiellement Rock, avec des groupes comme les Smashing Pumpkins, Dead Weather, Sonic Youth, David Bowie, ou New Wave avec The Cure, The Sound, ainsi que Pop / Britpop avec Blur ou Suede. En bref, c’est vaste. Tant que cela nous plait, cela peut nous influencer.
 
Quelles sont les thématiques qui inspirent l'écriture de vos morceaux ?
Les chansons ont une base très personnelle et intimement liées à l’origine du nom du groupe. Le thème principal est la croyance. Elle n’est pas forcement religieuse, mais la religion intervient régulièrement, surtout dans le domaine de la tentation. Croire en soi, avoir un but, échouer, recommencer, s’écraser et recommencer encore et encore... Ça résume bien la base des textes.

 

Votre premier EP comprend sept morceaux. Quand sera-t-il disponible, et comment se le procurer ?
Il sera disponible à partir du 25 Février 2019 en précommande via notre Bandcamp (
http://blcmirrorclb.bandcamp.com ), ou lors de nos concerts.
 
Quels sont vos projets dans les mois à venir ?
Des concerts ! On va essayer de faire entendre au maximum notre LP ! Cela reste cependant une entreprise complexe à réaliser. Il est difficile de se faire entendre des programmateurs de salles de concerts. Donc s’il y en a, parmi vos lecteurs, et que notre musique leur plait, qu’ils n’hésitent pas !
 
Retrouvez BLC MIRROR sur Facebook : https://www.facebook.com/BlcMirrorClb/
 
Dans interview

OBSZÖN GESCHÖPF : Interview de Remzi Kelleci

Le 19/02/2019

  • “Un album aussi génial que dingue.” (United Rock Nations)
  • “Le plus ambitieux de la carrière de Obszön Geschöpf.” (Verdammnis.com)
  • “L’un des plus beaux doubles hommages qu’un homme peut rendre au Metal des années 80.” (Metal News)
  • “Une synthèse du savoir-faire de Remzi Kelleci et une preuve qu’Obszön Geschöpf peut marquer les esprits au niveau international, à grande échelle.”(Albacore Over-blog)
Pour son vingtième anniversaire, Obszön Geschöpf est à la fête avec un huitième album, “Master of Giallo”, qui fleure bon le Metal trad’ et présente un casting particulièrement enviable qu’on vous a collé in fine. Son mentor, Remzi Kelleci, a accepté de répondre à nos questions tandis que les bougies étaient encore chaudes. Bon anniversaire, OBSZÖN GESCHOPF !
Remzi Kelleci
"Je me suis dit qu'il serait énorme de faire un album 
avec plein de guests issus des formations 
que j'aimais depuis les années 90, 
surtout que c'est l'album des vingt ans de production d'OG !"

 

Bonjour Remzi Kelleci, pourrais-tu présenter Obszön Geschöpf aux gens qui ne le connaitraient pas ?
Remzi Kelleci :
Obszön Geschöpf est un projet (mon bébé) musical que j'ai créé en 1997 a Boulogne sur Mer, mais ça fait quinze ans que je suis sur Lille, ce qui est plus facile pour travailler, notamment dans la musique car la scène Metal y est bien plus grande . Master Of Giallo est ton huitième album. Il est sorti fin 2018, célébrant les vingt ans d'Obszön Geschöpf.

Comment décrirais-tu l'évolution musicale d'OG au fil de ces huit opus ?

Il été au départ très orienté "Dark Electro" ou "EBM Metal", très violent et ultra sombre. Maintenant il est plus Groove Metal 90's, ou Metal Indus 90's, avec toujours le coté film d'horreur vintage .

 


 
Master Of Giallo est l'album le plus "Metallique" de ta carrière, une sorte d'hommage que tu souhaitais rendre à la scène qui t'a fait aimer ce genre depuis le début des 90's. Mais au fait, Remzi Kelleci, quel est l'album par lequel tu as découvert le Metal et à qui dois-tu cette découverte ?

 Je pense que j'aime ce style depuis tout petit (sans le savoir) . En fait, je suis fan de films d'horreur des années 80 depuis que l'age de quatre ans, avec le tout premier "Vendredi 13" et "Le retour des morts vivants " vu en 1984... Je ne sais pas si toi aussi tu es fan de ce type de films, mais dans les films d'horreur des années 80 , la plupart des B.O. étaient du Hard Rock / Heavy Metal : Alice Cooper, Dokken, Laaz rockit, Autograph, etc. Et j'aimais déjà beaucoup ces morceaux. En ce qui concerne le Metal assez violent - sans compter le Grunge que j'aimais déjà en 1991/1992 - j'ai vraiment commencé a écouter ce style de musique a partir de 1993, avec des groupes comme Kreator "Extreme agression", Sarcofago "Rotting", Sadus "A vision of misery", Unleashed "Shadow in the deep", Morbid angel "Blessed are the sick", etc. Et quelques mois plus tard du Pantera, Slayer, Biohazard, Clawfinger, Body Count, Suicidal Tendencies... J'écoutais énormément de choses : du Death, Thrash, Hardcore Metal, Metal Indus, EVM Metal, Grunge, Black Metal, etc. J'étais passionné a mort par cette musique, elle me rendait dingue ! (Rires) Mais je suis au départ un fan de Hip Hop / Soul Music / New Jack, etc. Des années 80 et début 90. D'ailleurs, je suis en train d'en écouter en répondant à cette interview !

En 2013 sortait l'album Highway of Horrors, sur lequel tu invitais une trentaine de contributeurs issus de la scène française, (Dagoba, Eths, L’esprit du Clan, Ultra vomit, Carnival in Coal, etc). Aujourd'hui ce ne sont pas moins de 46 invités issus de la scène internationale, (membres ou ex-membres de Pro Pain, Black Label Society, Kreator, Cradle of Filth, Accept, Megadeth, Sodom...) qui participent à Master Of Giallo. Qu'est-ce que tu apprécies dans ces assemblages titanesques ?
J'aime bien cette idée d'inviter des musiciens sur mes albums, surtout que je ne suis pas guitariste ou bassiste . Je compose tout de A a Z, mais j'ai besoin de zicos pour les enregistrements. Sur cet album, l'idée est venue un peu au hasard car j'avais juste besoin d'un bassiste pour enregistrer des lignes de basses. J'ai demandé a un bassiste issu d'un groupe très très connu de Black Metal, il a tout de suite accepté . Du coup, je me suis dit qu'il serait énorme de faire un album avec plein de guests issus des formations que j'aimais depuis les années 90, surtout que c'est l'album des vingt ans de production d'OG ! Réaliser ce type d'album était le meilleur des cadeaux d'anniversaire ! Si on m'avait dit ça a l'époque....

Comment parviens-tu à garder cette homogénéité sur l'album malgré tous ces intervenants ?
Comme je disais plus haut, je compose tout de A a Z, donc c'est plutôt normal . Ce qui a été très dur, c'est l'assemblage du puzzle . Il y avait parfois plus de soixante pistes par morceau ! En plus, on ( Ben et moi ) faisait tout le mix chez mon guitariste Ben, et il venait de déménager a cinquante kilomètres de chez moi, donc on ne pouvait se capter que le weekend pour le mix . Ça a été un travail titanesque ! Plus d'un an d'enregistrement et de mix ! On a faillit devenir dingues (Rires) mais je suis très content du résultat.

 

L'artwork est signé par l'artiste guatémaltèque Mario Lopez. J'ai lu sur son site que la pochette est réalisée depuis 2016. Quelles orientations lui avais-tu donné et le résultat a-t-il été celui que tu imaginais ?
En fait je le connaissais et j'adorais son travail. Je l'ai contacté et il a tout de suite aimé l'idée. Je lui ai envoyé quelques photos de VHS de films d'horreur giallo des années 70/80, lui expliquant ce que je voulais dessus, et un an plus tard je recevais cet artwork de folie. C'est encore mieux de ce que j'avais en tête ! Bon, oui, il est assez long, un an d'attente... Mais le résultat est la ! En plus, il est énormément demandé, il fallait donc être un peu patient...

OBSZÖN GESCHÖP - Master Of Giallo (2019)
C'est Zeuss (Iced Earth, Dee Snider, Queensrÿche, Six Feet Under, Rob Zombie) qui a masterisé Master Of Giallo. Etait-ce la cerise sur le gâteau d'annniversaire pour les vingt ans d'OG ?
Exactement ! En fait je n'imaginais pas faire un album de furieux avec plein de guests de fou, un putain d'artwork, etc, et avoir un mastering JouéClub, et du coup un son de merde. J'avais quelques noms de producteurs en tête, et mon choix s'est porté sur Zeuss . Je ne regrette vraiment pas car non seulement il a été très patient avec nous, mais en plus il a fait un super travail ! Je suis tellement content que je compte bien retravailler avec lui dans le futur. Il m'a même proposé de faire le mix pour le prochain OG, à voir si budget il y a ...

 

As tu déjà des dates de concerts que tu peux nous annoncer, une idée des régions où tu iras, et veux-tu dire un mot à propos des membres d'OG qui t'accompagneront en Live ?
Pas de date pour le moment. Nous reprendrons les concerts pour septembre ou octobre 2019 (j'espère !). Il y aura un tout nouveau live line-up avec Frank Tox (guitare), Yohann le Maguer (guitare), Mike Pogionne (bassiste) issu du gros groupe de Death Metal Américain MONSTROSITY. Aux machines, ça sera comme d’hab’ Mydryase ou Adrien, selon les dispos . Une chose est sûre : attendez vous a un changement radical niveau son ; je n'en dis pas plus, mais énorme surprise garantie !

 

S'il n'y avait de place sur l'arche de Noé que pour deux albums à sauver pour reconstruire le Rock dans la bonne direction, lesquels choisirais-tu ?
Pantera, "Vulgar display of power", et Sepultura "Chaos A. D.". Bon, OK, le Rock du futur risque d'être assez violent du coup ...

Tu proposais récemment sur la page d'Obszön Geschöpf des albums physiques de la discographie d'OG dont il ne restait plus que quelques copies. Il te reste encore quelques pièces sur lesquelles on peut se jeter où c'est déjà trop tard ?

OBSZÖN GESCHÖPF - The Vault of Nightmares (2015).
Les cinq premiers albums ( Yell of fright , Son of evil , Tomb of the dead , Erection body mutiltated , Symphony of decay ) sont définitivement épuisés. Ils ne ressortiront pas dans le futur . Il me reste :
- sept exemplaires du sixième album, " Highway of horror" ( 2013 ).
- vingt-cinq exemplaires du coffret anniversaire 4CDS avec le septième album " The vault of nightmares " en EXCLU dans le coffret .
- deux exemplaires du nouvel album " Master of giallo " ( 2019 ). Mais vous pouvez le commander aux USA chez mon label Dark Star Records . Il doit me rester un ou deux tee-shirts en taille L ou XL je crois...
 
Merci beaucoup Remzi Kelleci pour ton accueil et ta disponibilité. A toi le mot de la fin.
Merci a toi pour cette interview . Pour les lecteurs, continuez a soutenir les artistes et groupes indépendants. Nous vivons pour vous, et surtout grâce a vous. C'est le seul moyen pour ne pas se retrouver qu'avec la musique qu'on nous balance a la TV (pas la peine de vous faire un dessin...). La balle est dans votre camp.

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Retrouvez Obszön Geschöp sur Facebook :
https://www.facebook.com/ObszonGeschopfOfficial/
Ecouter Master of Giallo :

https://open.spotify.com/album/1juBj6ymLJH4hEFgNpSVgA
 
        

Tracklisting / guests Master of Giallo :

1) THE NEW YORK RIPPER : Christian Olde Wolber ( ex FEAR FACTORY / POWERFLO ) , Giacomo Anselmi ( GOBLIN REBIRTH ) , Flint ( WARPATH / RAZORHEADS ) , Matth Merklen ( MERCYLESS / ex OBSZÖN GESCHÖPF ), Lenny ( DUST BOLT ) , Glen Drover ( ex MEGADETH / ex TESTAMENT / ex KING DIAMOND / ex QUEENSRYCHE ) ,Franky Costanza ( ex DAGOBA / BLAZING WAR MACHINE ).
2) APRIL FOOL MASSACRE :
Rusty Bear ( STONER TRAIN ) , V.O Pulver ( GURD / ex DESTRUCTION , PANZER , POLTERGEIST ) ,Rafal ( ex BEHEMOTH / PIGFACE BEAUTY ) , Mike Pogionne ( MONSTROSITY ) ,Franky Costanza ( ex DAGOBA / BLAZING WAR MACHINE ).
3) BODY PIECES : Fabien Desjardin ( BENIGHTED ) , Adam Philipps ( PRO PAIN ) , Eric Forrest ( ex VOIVOD / E-FORCE ) , Kevin Wood ( MALFUNKSHUN ), Dave Sherman ( ex THE OBSESSED / SPIRIT CARAVAN / EARTHRIDE ),Franky Costanza ( ex DAGOBA / BLAZING WAR MACHINE )
4) MURDEROCK :
Chris McCarvill ( DOKKEN / HOUSE OF LORDS / MAXX EXPLOSION ) , Uwe Lulis ( ACCEPT / GRAVE DIGGER ) , Pete Geltat ( HOLY MOSES ) ,Franky Costanza ( ex DAGOBA / BLAZING WAR MACHINE )
5) THE MOON WATCHES ME WHEN I KILL : James Lomenzo ( ex MEGADETH / BLACK LABEL SOCIETY / SLASH SNAKEPIT / ZAKK WYLDE ) , Matt Merklen ( MERCYLESS / ex OG ) , Rupert Keplinger ( EISBRECHER / DARKHAUS ) Rune Stigart ( ex MNEMIC ) , JOEY ADLER ( THINK ABOUT MUTATION ) , Peter Espinoza ( NASTY IDOLS ) , Jimi Bell ( HOUSE OF LORDS / WAYNE / MAXX EXPLOSION ) ,Franky Costanza ( ex DAGOBA / BLAZING WAR MACHINE )
6) THE BLACK GLOVE OF TERROR :
Sotirios Kelekidis ( MORGOTH ) , Billy Morris ( QUIET RIOT / WARRANT ) , Beelzeebubth ( MYSTIFIER ) , Franky Costanza ( ex DAGOBA / BLAZING WAR MACHINE )
7) MY SCALPEL DANCE AT MIDNIGHT :
Franky Costanza ( ex DAGOBA / BLAZING WAR MACHINE ), Daniel Firth ( CRADLE OF FILTH ) , Fredrik Folkare ( UNLEASHED / FIRESPAWN ) , Fabio Jhasko ( SARCOFAGO )
8) THE DEATH KISS :
Franky Costanza ( ex DAGOBA / BLAZING WAR MACHINE ) , Chuck Sherwood ( INCANTATION ) ,Paul Kostabi ( ex WHITE ZOMBIE / PSYCHOTICA ) , Tracy G ( DIO / TRACY G GROUP ) , Drew Fortier ( CHUCK MOSLEY / BANG TANGO ) , Stacey Blades ( RATT / L.A GUNS / ROXX GANG ) , Rajko Gohlke ( KNORKATOR / THINK ABOUT MUTATION / RUMMELSNUFF ... )
9) SHADOW KNIFE OF THE HAT KILLER :
Rich Hink ( ANNIHILATOR ),Franky Costanza ( ex DAGOBA / BLAZING WAR MACHINE ) , Kim Mathiesen ( KONKHRA ) , Alex Colin Tocquaine ( AGRESSOR ) , Marc Brautigam ( EXUMER ) , Andrea Vacchiotti ( ULTRAVIOLENCE ) , Micke Carlsson ( PROTECTOR )
10) GIALLO FOREVER :
Frank Blackfire ( ex KREATOR / SODOM ) , Joachim Kremer ( ASSASSIN ) , Max Otero ( MERCYLESS )
 
 

THE SOAPGIRLS - L'interview Underground

Le 17/02/2019

Interview réalisée par Vanessa et Ahasverus pour https://www.lalegionunderground.com - Mis en ligne le 14/02/2019.
 

"Nous étions signées sur une major dès notre plus jeune âge.
Quand on regarde en arrière, on peut être fières de la réussite,
mais nous étions bridées dans notre créativité et,
même si la route peut sembler plus facile,
elle ne l'était pas à bien des égards.
C'était comme voler avec des ailes de plomb."

 

       

Avant la sortie du nouvel album (dont le titre de travail était Chain) et en attendant que le Girl Next Door Tour ne frappe la France, voici une interview de The SoapGirls, le groupe de Shock-Rock sud-africain.
Les soeurs Debray nous racontent  leur parcours, parlent de leurs convictions, de leur actualité et de la future tournée.
Il se passe toujours quelque chose avec The SoapGirls, alors bonne lecture...

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The SoapGirls par Denis Charmot lors du Stinks Like Punk Tour 2018.

Bonjour The SoapGirls. Tout d'abord pourriez-vous présenter votre groupe pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore ?
Bonjour à tous, nous sommes  The SoapGirls, Camille (basse) et Noemie (guitare). Nous sommes deux sœurs nées à Paris et nous avons grandi en Afrique du Sud. A l'âge de huit ou neuf ans, nous avons commencé à nous produire dans la rue, d'abord en vendant des savons pour récolter des fonds pour des enfants hospitalisés, ou pour d'autres causes en Afrique du Sud. Nous avons commencé la musique  de manière professionnelle quand nous avons atteint douze ou treize ans. C'était une longue route, un peu folle, mais nous aimons ce que nous faisons. Nous sommes des artistes indépendantes, et nous ne donnons aucune limite à notre liberté d'expression. 

L'attitude semble chez vous aussi importante que la musique. Avez-vous des idéaux que vous défendez au quotidien ?
Notre attitude se reflète dans notre musique, et au travers de chaque chose que nous faisons et que nous défendons.
Ce n’est pas facile, dans cette société hypocrite qui raconte aux gens qu’ils sont libres mais qui met en place toutes les limites pour stopper cette même liberté.  Nous pensons qu'il est important - et peu importe ce que les autres en disent - de rester fidèle à ce en quoi l'on croit et de dénoncer les injustices et la censure.  
Nous venons d'Afrique du Sud, un pays très conservateur, où des femmes se font violer chaque jour. Nous entendons parfois à ce propos des réflexions stupides de personnes qui prétendent que c'est la manière dont s'habillent ces femmes qui est le déclencheur de leur agression. Nous aimons nous confronter aux gens et les sensibiliser à ce sujet, quitte à récolter beaucoup d'emmerdes et à être jugées rien que pour la manière dont nous nous habillons.


Vous sentez-vous féministes ? Quelle en est pour vous la définition et quelle femme incarne le mieux ce mouvement ?
Nos opinions sont partagées en ce qui concerne le mot "féministe". Il représente l’égalité des sexes, mais il semble réservé uniquement aux personnes qui s’habillent et voient les choses d’une certaine manière. Certaines personnes se trompent sur la signification de ce mot, et croient qu'il est un permis qui leur donnerait une légitimité pour attaquer une autre femme sur ses choix. Les hommes semblent ne pas comprendre que le féminisme a été créé afin que nous puissions tous disposer d'un droit égal de vivre sans crainte et d'être comme nous l'entendons. Donc, pour répondre à votre question, nous croyons en l’égalité de tous.
Camille : Me concernant, Madonna personnifie mon idée du féminisme. Elle est forte, elle n'a peur de rien, et elle ose sans jamais remettre en question sa féminité. 
Noemie : Pour moi, toute personne de sexe masculin ou féminin qui s'est battu pour ses convictions dans la lutte pour l’égalité est l’épitome  d’un "féministe". Il semble qu'il y ait une idée confuse - et j'y vois une manœuvre politique - à propos de ce que doit être une féministe, de la manière dont elle doit agir, vivre, s’habiller ou se comporter. Tout ceci ne correspond absolument pas au féminisme.


Après une tournée européenne de près de cent-trente dates, vous êtes rentrées en Afrique du Sud voici environ deux mois. Vacances ou travail ?
Travail ! On adore ce qu'on fait, et on n'arrête jamais d'écrire, de composer, ou de bricoler des vidéos. Nous sommes toujours sur la route, alors nous aimons aussi profiter de la plage et du soleil quand on n'est plus en tournée. 

Vous préparez actuellement le futur album. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Ce sera notre troisième album en tant que musiciennes indépendantes. Nous sommes très enthousiastes et nous venons juste de terminer son écriture.  Nous l'enregistrerons bientôt puis nous partirons en tournée à partir d'avril avec quinze nouvelles chansons. Chaque album est différent, et celui-ci le sera également car notre son est en constante évolution. Nous avons hâte de délivrer nos titres en live. 

"One Way Street", le nouveau single de The SoapGirls, sera sur leur prochain album.

Vous signez vos chansons  "Camille Debray/ Noemie Debray" ou "The SoapGirls". Concrètement, comment se passe le processus de composition ?
Chaque chanson est écrite par nous deux, donc signée en tant que The SoapGirls. Quand  nous écrivons un morceau, c’est un équilibre. Parfois un refrain vient en premier, parfois un couplet. Nous écrivons toujours à propos de la vie telle que nous la vivons. Chacune de nous apporte un élément différent et une nouvelle dimension aux compositions, et chaque titre que nous écrivons et composons surgit à partir d'une histoire ou d'une expérience personnelle.  

Quelle est la part de votre activité artistique que vous préférez ?
Nous aimons toutes les deux aller en studio, enregistrer et donner vie aux chansons qui ont jailli durant la phase de composition, mais rien n'est comparable à l’énergie et à la satisfaction de  voir un public réagir et se bouger sur la musique et la performance.
Rencontrer nos fans, c'est un véritable privilège pour nous. Nous aimons voir comment la musique peut rassembler les gens, quels que soient leur âge, leur origine ou leurs croyances. 


En 2011, The SoapGirls était un duo de Pop Music qui vendait très bien. En 2015, vous renversez les tables et commettez "Calls For Rebellion", avec son virage revolt rock, que vous confirmerez en 2017 avec l'album suivant, "Society's Reject". Vous n'avez pas choisi la voie de la facilité ! Que s'est-il passé ?
Nous étions signées sur une major dès notre plus jeune âge. Quand on regarde en arrière, on peut être fières de la réussite, mais nous étions bridées dans notre créativité et, même si la route peut sembler plus facile, elle ne l'était pas à bien des égards. C'était comme voler avec des ailes de plomb. Le label ne souhaitait nous voir que d'une seule manière, et c'était une lutte permanente entre ce qu'ils voulaient qu'on fasse et ce qui nous correspondait vraiment. Finalement, après des années de combat pour nous libérer du contrat qui nous liait à eux, on leur a dit d'aller se faire foutre. Peu de temps après, tout ce que nous avions nous a été volé, tout, y compris nos guitares. On n'avait plus rien, sauf qu'on était maintenant devenues indépendantes. Alors on a monté un plan pour partir à New-York afin d'enregistrer les chansons que nous avions envie de faire.
Malheureusement, des gens cupides avaient les mêmes idées que le label, et bien qu’ils nous aient proposé une énorme somme d’argent pour un contrat, nous ne voulions plus perdre notre liberté artistique. Ils ont pris nos chansons et les ont transformées en quelque chose de complètement différent de ce que nous avions enregistré, et nous ne nous reconnaissions pas dans ce que nous entendions. Alors on a quitté New-York. A partir de là, on a bossé très dur, économisé, tout donné pour notre musique, et on a enregistré "Calls For Rebellion". Puis on est parties en Angleterre et on a embarqué pour notre première tournée internationale. Le soutien des fans a été fantastique, et on leur en est grandement reconnaissantes. 


Quels sont vos souvenirs scéniques les plus marquants ?
Noemie : L'un des moments les plus drôles que j'ai connus sur scène : je portais un body tout blanc, je jouais, je chantais, je m'éclatais, quand j'ai senti un liquide chaud qui coulait le long de mes cuisses. Je me souviens que le public en face de moi paraissait surpris et choqué. J'ai regardé en bas et j'ai vu du rouge partout. J'avais mes règles, mais certaines personnes dans le public ont cru qu'il s'agissait d'un effet de scène, avec du faux sang. Alors elles prenaient ce sang pour s'en faire comme des peintures de guerre sur le visage... Je n'ai pas eu le cœur à leur dire que c'était vraiment du sang !
Camille : Au cours d'un show au Pays de Galles, une vieille femme de quatre-vingt ans est montée sur scène pour la chanson "Bad Bitch". Elle a enlevé son soutien-gorge et elle a commencé à le faire tourner en l'air. C'était épique de voir quelqu'un d'aussi libre manifester autant de plaisir durant notre show ! 

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The SoapGirls - Calls For Rebellion (2015)

Camille, quel est le plus gros défaut de Noémie ?
Le plus gros défaut de Noemie est qu'elle peut se montrer très impatiente et s'énerver quand tout n'es pas parfait. 

Noémie, quel est le plus gros défaut de Camille ?
Elle peut être trop sensible parfois, et prendre les choses trop à cœur. Elle est aussi très dure au travail, où elle peut se montrer autoritaire.  

La tournée 2019 démarrera dans quelques mois.  Elle passera par les USA et l'Europe, selon mes informations. Avez-vous des précisions quant aux dates françaises ?
The Girl Next Door Tour inclura également les USA pour la première fois.
Nous sommes toujours en phase de réservation des salles, nous n’avons donc pas encore toutes les dates, mais nous avons hâte d’être de retour en France !


Le batteur Sam Ogden, qui vous accompagnait sur le Stinks Like Punk Tour, sera-t-il présent sur la nouvelle tournée ?
Non, on l'a tué lors de la dernière tournée. On plaisante !  Bien sûr, il sera là.

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The SoapGirls avec Sam Ogden sur le Stinks Like Punk Tour 2019. Photo Luca Viola.

       

Crédits photograhiques :
La photo de The SoapGirls est de Denis Charmot https://www.facebook.com/DenisCharmotPhotos/.)

La photo de The SoapGirls avec Sam Ogden est de Luca Viola.

Liker la page Facebook de The SoapGirls, c'est ici :
https://www.facebook.com/thesoapgirls/

Visiter leur site, c'est là :
https://thesoapgirls.com/

Ecouter leurs albums, c'est là :
https://thesoapgirls.bandcamp.com/

 

Dans interview

TUNGS10 : Steampunk Not Dead !

Le 14/02/2019

(publié sur Hard French Metal le 14/02/2019)
Après “Season One” (2017), Tungs10 a annoncé la venue prochaine de “The Lost Manuscript”, un nouvel album pour lequel les Morlaisiens ont lancé un financement participatif qui a déjà atteint 45% de ses objectifs.
Ce crowdfunding, qui devrait crever allègrement son plafond, est évidemment le moment idéal pour essayer d’en savoir plus sur ce groupe breton et son futur opus.
Cédric, guitariste et chanteur du combo, a bien voulu répondre à nos questions.

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Tungs10

 

"Ce second album va être très différent du premier.
Il sera plus puissant, plus moderne, beaucoup plus technique .
Il y aura aussi un coté épique, avec des chœurs d'opéra
que nous n'avions pas sur le premier album.
Nous avons vraiment hâte de le présenter
et de le défendre !"


 

Cédric, peux-tu présenter Tungs10 aux lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ?
Cédric (guitare/chant) : Tungs10 est un groupe de Metal Mélodique moderne évoluant dans l'univers Steampunk. On joue un Metal assez lourd, contrasté par le chant principalement mélodique de notre chanteuse Madeleine. Nous avons commencé fin 2015, sorti un premier clip en 2016, et notre premier album, Season One, est arrivé en 2017. D'autres clips sur la route, et nous voilà prêts à sortir notre second album. Nous avons joué pas mal en Bretagne lors de la promotion de notre premier album, de Brest à Rennes en passant par St Brieuc, Quimper, etc. Nous sommes cinq : une chanteuse, un chanteur/guitariste, un second guitariste, un bassiste et un batteur.

Quels sont vos parcours artistiques respectifs et comment s’est formé le groupe ?
Tungs10 est la première expérience de Madeleine en tant que chanteuse, mais elle a fait de la musique pendant de nombreuses années. Pierre-Yves et moi (guitares), Sébastien (basse) et Charles (batterie), nous avons tous joué dans plusieurs groupes avant de rejoindre Tungs10. Le groupe s'est formé en juillet 2015, quand nous avons commencé à répéter. En mai 2015, j'avais passé une annonce sur un site de musiciens. Notre premier bassiste avait répondu. Nous cherchions une chanteuse, il connaissait Madeleine, et c'est comme ça que nous avons commencé à répéter. Ils avaient aussi un ami batteur en commun, puis Pierre-Yves (guitares) nous a rejoints peu de temps après. En septembre nous avions un premier line-up, et nous commencions les concerts en octobre. On voulait faire des concerts assez vite parce qu'on aime tous ça ! Et le premier concert en a amené d'autres, etc.

Comment vous répartissez-vous les rôles dans Tungs10 ?

Je compose les morceaux et ensuite on les arrange tous ensemble. On a un process qui est bien rodé maintenant. On passe énormément de temps sur les arrangements. Environ six mois sur ce second album ! On fait tout par nous même : les enregistrements, le mixage, le mastering, les clips, les visuels... Ça demande de toucher à tout. Il faut également un peu d'équipement, et savoir s'en servir mais, au final, ça vaut vraiment le coup : on est libres de faire ce qu'on veut, sans concession ! C'est aussi à double tranchant, parce qu'on n’a pas forcément un regard extérieur. Il y a également tout le démarchage, qui prend beaucoup de temps...

Comment trouvez-vous votre inspiration, musicalement parlant ?
C'est assez difficile de répondre... Il faut certains critères à nos morceaux, la mélodie doit être présente et rester en tête. Il faut aussi de la puissance. On aime bien alterner le guttural et le chant clair. C'est la violence des voix criées qui fait ressortir la mélodie.

Côté textes, quelles thématiques aimez-vous aborder ?

Pour ce nouvel album, la réponse va être assez simple : nous racontons une histoire inspirée du monstre de Frankenstein. L'album évoque l'histoire d'un jeune couple qui vit une belle histoire, mais la femme va tomber malade et mourir. Son mari va essayer de la ramener à la vie en récupérant un manuscrit maudit. Il va se mettre a découper des animaux, et même des humains, pour remplacer les parties malades de sa femme. C'est un peu glauque, mais ça nous inspirait bien, et ça colle bien à l'ambiance Steampunk. On ne vous raconte pas la fin, il va falloir commander l'album (Rires).

Deux ans se sont écoulés depuis la sortie de Season One, votre premier album. Quelles ont été les étapes importantes qui ont jalonné ces deux années ?

Il y en a eu plusieurs ! La sortie du premier clip nous a fait gagner une certaine crédibilité et nous a ouvert quelques portes pour des concerts intéressants. Puis est venu le premier album. C’était beaucoup de travail, mais on était contents de ce qu'on avait produit. Maintenant il y a ce second album, qui va être très différent du premier. Nous avons aussi beaucoup travaillé sur l'aspect scénique et visuel, nous venons avec nos jeux de lumières, automatisés sur ce qu'on joue. Nous allons également investir dans des décors de scène. On veut vraiment faire un truc cool.

Pour en revenir à votre nouvel album, « The Lost Manuscript », il sortira en mai 2019. Sera-t-il dans la lignée de « Season One » ?

Il sera plus puissant, plus moderne, avec des synthés mieux assumés, des rythmes très syncopés, des arrangements plus travaillés. D'un point de vue musique, il est aussi beaucoup plus technique que le premier, ce qui va avec la volonté d'avoir des arrangements plus aboutis. On espère vous surprendre, tant par la musique que par les vidéos ou par la production. Il y aura aussi un coté épique, avec des chœurs d'opéra que nous n'avions pas sur le premier album. Nous avons vraiment hâte de le présenter et de le défendre !


Quels sont vos projets pour les mois à venir ?
Finir l'enregistrement, le mixage et le mastering. Finir de tourner le clip pour la sortie, démarcher les médias, labels, etc. On ne va pas s'ennuyer ! Il y a encore un boulot de fou... On doit aussi finaliser tout le merchandising pour envoyer ça à l'impression. Nous venons de lancer notre financement participatif sur ulule qui semble déjà bien marcher. Il faut aussi qu'on répète les morceaux pour préparer notre set. On les a déjà répétés, mais c'était pour l'enregistrement. Maintenant il nous faut les assimiler suffisamment pour ne plus y penser en live, pour pouvoir nous en détacher et bouger. Autant dire que jusqu'à fin mai, on ne va pas arrêter !

 

Merci Cédric d’avoir accepté de répondre à mes questions.
C'était un plaisir. Merci à toi de nous proposer cet interview.
 
           
Tungs10 en concert :
24/05/2019 à Brest (Cabaret Vauban)
12/10/2019 à Morlaix (Brasserie Brewpub Bleizi Du)


 

Retrouvez Tungs10 dans cette intéressante interview de Metal Breton  :

 

Dans interview

KARV DU - Loin des sentiers battus

Le 13/02/2019

KARV DU est un groupe originaire de Vannes formé en 2012.
Il s’est particulièrement fait remarquer en octobre 2018 avec un excellent EP cinq titres intitulé “Animus : Delirium and Reason”.
On aime beaucoup cet EP catalogué Weird Black Metal et, à l’approche de leur concert au Mondo Bizarro de Rennes, on a eu envie d’en savoir un peu plus sur cette formation. Erèbe, batteur, a bien voulu répondre à nos questions.
            


“Les maitres mots de Karv Du sont
Emotion, Mysticisme et Dynamique.”

 

Bonjour Erèbe. Pour commencer pourrais-tu m'expliquer ce qu'est le Weird Black metal, genre auquel on vous rattache, et me dire quelles sont les particularités de Karv Du ?
Erèbe : Karv Du est un groupe un peu sans étiquette, mais il est vrai que le fil conducteur depuis nos débuts s'apparente au Black Metal , que se soit Weird (bizarre), Avant-Garde, Prog, etc. Cela correspond à une volonté de sortir des sentiers battus et des codes récurrents dans le style suscité. Lorsque nous composons, nous sommes totalement libres, avec juste pour leitmotiv la musique sombre dans tous les sens du terme. Dans le groupe, nous venons tous d'horizons différents, ce qui fait notre force et notre faiblesse. Les maitres mots de Karv Du sont émotion, mysticisme et dynamique, globalement nous mixons le Black, le Doom, le Prog, etc, de façon totalement inconsciente. Nous voulons nous faire plaisir avant tout, sans nous préoccuper de qui pourrait apprécier notre musique. Pour revenir sur ta question, chacun donne l'étiquette qu'il veut à Karv Du …

 

Comment votre groupe s'est-il formé ?
Pour ma part je jouais auparavant dans C.Y.T, un groupe de Black Metal. Suite au split de ce dernier, j'ai décidé de reformer aussitôt un groupe avec l'aide de Banshee et de Stygian, puis nous avons réalisé une démo, The Missing Face In A Bruised Flesh, en 2013, sans aucun moyen financier.

 

Qui s'occupe de quoi dans le groupe ?
Stygian s'occupe du chant sur notre dernier EP. Pour diverses raisons, c'est moi qui occupait ce poste sur la démo ainsi que sur notre précédent EP, Duality Of Spirit And Matter. Banshee est à la guitare et aux arrangements. Khàrôn est à la basse et aux arrangements, et je m’occupe de la batterie et du chant, ainsi que des lyrics et du visuel du groupe. La composition est collective.

KARV DU - Duality Of Spirit And Matter (2016)
Le nom "Karv Du" a-t-il une signification particulière ?
Karv Du est un nom breton, le cerf noir en Français. Il provient de mon tout premier groupe, Cythrawl, qui a sorti une unique démo. Cela correspond à mes premiers émois dans le mysticisme et dans le Black Metal des années 90, ceci dit une époque chargée de sens. Comme tout est cyclique, et peut-être par nostalgie, j'ai jugé bon de faire resurgir ce nom. Pour la signification, on peut y voir une métaphore sur la bestialité qu'on trouve en chacun de nous , l'instinct animal que personne ne peut nier, un peu à la manière du groupe norvégien Ulver, mais avec le loup . Pour le clin d'œil, je conseille la lecture des quatre premiers tomes de Slaine une bande dessinée des années 90 fort excellente….

 

Après Duality of spirit and matter" (2016), KARV DU revient avec Animus : Delirium and Reason, un EP 5 titres paru en octobre 2018. J'ai trouvé que ce nouvel opus avait un meilleur son que son prédécesseur. Quel est ton sentiment sur votre évolution entre les deux EP ?
Suite à Duality Of Spirit And Matter, nous nous sommes séparés de Digasted, le bassiste de l'époque. Pour diverses raisons, nous avons réintégré Stygian au chant et remplacé Digasted par Khàrôn à la basse. Pour ce qui est du son, nous avons fait appel à Ty Yann et à son studio L'Interzone pour la deuxième fois . Curieusement, le modus operandi est sensiblement le même, mais il y a eu des choix , des recommandations, et une manière de faire qui font la différence. Ty Yann y est pour beaucoup, ainsi que, pour le mastering, Axel Taillandier, ce qui explique ce changement.

KARV DU : Animus : Delirium and Reason (2018)
Comme sur l'EP précédent, on trouve un titre en français au milieu des morceaux en anglais. Hasard ou volonté ?

Pierre Molinier, photographe, peintre et poête français (1900-1976).
C'est assez paradoxal car les textes sont en anglais, mais comme tu te doutes ça sonne beaucoup mieux chanté comme tel . Sur Duality, tu fais référence à Mon Âme Renie Dieu, et sur Animus à Le Maudit, qui sont des poèmes de Pierre Molinier, un artiste bordelais. J'ai conservé les noms en français par hommage, voire par respect …

 

Une grosse soirée se prépare au Mondo Bizarro de Rennes en mars 2019. Peux-tu nous en dire plus ?
Oui, nous avons assez hâte de jouer avec Lord Shades, SideBurn et Man'n Sin. Ça c'est fait de façon très simple, par le biais de Facebook. Le guitariste de Lord Shades m'a abordé pour savoir si nous étions dispo le huit mars prochain, et c'est avec un grand oui que nous lui avons répondu. C'est encore une très belle opportunité pour se faire connaitre d'avantage du côté de Rennes pour la troisième fois .

L'affiche du Mondo Bizarro le 8/03/2019
Votre actualité dans les mois à venir ?
Actuellement nous travaillons sur notre album et, pour le moment, nous avons une autre date de prévue pour le festival Rock'N Fest" à Fégréac le 08/06/2019.

 

Merci Erèbe d'avoir répondu à mes questions.
Merci à toi pour ton intérêt ! Pour les curieux il nous reste un peu de merch sur notre Bandcamp ! Et toujours sur Facebook. Kenavo ar wech all !
       
Dans interview

CARTAGENA : Inarrêtables !

Le 09/02/2019

Après Nesrine Mahbouli, c’est au tour de Fedor Fedor Kovalevsky de rejoindre les rangs de Cartagena, l’un des meilleurs groupes du Metal tunisien actuel, et probablement l’une des plus grandes formations du Metal Orchestral international en devenir. Retour sur leur parcours et perspectives sur un groupe inarrêtable dont les Alpes ne suffiront plus à vous protéger.
           
 

 

“Nous ne sommes pas un groupe
qui se réunit juste pour le boulot,
nous sommes une Famille,
pour le meilleur et pour le pire.”

 

Bonjour Cartagena. Pouvez-vous en quelques mots décrire votre univers à des lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ? Cartagena : Cartagena est un groupe de Metal Progressif Orchestral situé en Tunisie sur la côte sud de la mer Méditerranéenne, anciennement Carthage, d'où son nom et son inspiration. Le groupe a été créé en 2006 et depuis, nous expérimentons et recherchons de la musique folklorique, du métal et de la musique de films. Au fil des années, nous avons eu envie de créer un type de musique inhabituel, en fusionnant un contenu folklorique varié du monde entier dans un contexte modernisé et unifié. Cartagena est plus qu'un groupe, nous sommes une Famille.
 

 

En janvier 2018 sortait votre deuxième album, l'ambitieux Roma Delenda Est. Quel en était le concept ?
Cartagena :
Roma Delenda Est évolue à travers les chapitres du voyage d’un seigneur de guerre, racontant à ses petits-enfants une version alternative de la vérité sur ses combats aux côtés de Hannibal contre l’empire romain, la gloire, la renommée et les retombées. Nous trouvons l’histoire de Carthage particulièrement fascinante, les réalisations de héros comme Hannibal Barca ont fait écho pendant des siècles. Monter des éléphants, traverser les Alpes et conquérir les mers avec des navires ingénieusement conçus... Roma Delenda Est a été l’occasion pour nous de tirer parti de l’expansion de Carthage pour visiter, dans chaque morceau, une terre, une culture et un thème spécifiques. Pour les ajouter à notre collection, nous avons exploré une grande variété de saveurs musicales tirées d'anciens sons et paroles exotiques berbères, à travers des mélodies galliques et des rythmes orientaux, jusqu’à des thèmes asiatiques colorés ... Nous avons plongé avec soin dans la vie de notre personnage principal pour ajouter de la profondeur à l’histoire, des émotions et une épopée, donner plus d’empathie, comme une expérience cinématographique. Nous avons produit (composé, enregistré, mixé et masterisé) l'album dans notre studio personnel, avec nos propres moyens, et nous le jouons actuellement en direct.
 
Il y a eu des mouvements dans votre formation depuis la sortie de Roma Delenda Est. Pouvez-vous nous présenter votre nouveau line-up ?

Nesrine Mahbouli
Cartagena : Effectivement, lors de la création de Roma Delenda Est, le groupe était composé de Seif Kechrid, Bessadok Mourad, Chams Kouki, Ahmed Mkaouar et Sherazade Ammous au chant. Sherazade a laissé place à la fameuse Nesrine Mahbouli, la chanteuse d'opéra et ex bassiste de Persona. Puis, à son tour, notre guitariste soliste à laissé place à Fedor Kovalevsky pour des raisons personnelles : notre cher Ahmed s'est installé définitivement à Berlin, accompagné de sa femme à qui on souhaite tout le Bonheur du monde.
 
On connaît Fedor pour Vielikan, Omination ou Severe Agony, projets plutôt orientés Death Metal. Comment est-il arrivé dans Cartagena ?

Fedor Kovalevsy
Cartagena : Fedor a été très soigneusement sélectionné par les membres du groupe Cartagena. Nous avons des conditions un peu strictes vis-à-vis des nouveaux membres. Ils doivent impérativement convenir au groupe et à nos attentes, qui ne s'arrêtent pas qu'au coté technique, mais s’intéressent également au coté humain. Être un excellent musicien qui maitrise son instrument ne nous suffit pas, nous ne sommes pas un groupe qui se réunit juste pour le boulot, nous sommes une Famille, pour le meilleur et pour le pire. Il se trouve que Fédor est l'élu Parfait qui répond à toutes nos attentes. Fedor est quelqu'un de très aimable, sérieux, et qui comprend Parfaitement et profondément la fraternité extraordinaire entre les membres de Cartagena. Cerise sur le gâteau : Fedor à annoncé qu'il a toujours été fasciné par le groupe, et l'approche entre lui et Cartagena s'est faite en toute douceur, et nous l'avons accueilli avec plaisir.
 
Nesrine a remplacé Shérazade Amous au micro après la sortie de l'album, et on a pu admirer ses prestations live dans des vidéos postées sur votre page Facebook. Peut-elle nous parler de son parcours artistique ?
Nesrine Mahbouli :
Mon parcours musical a commencé avec la guitare basse. Depuis 2010, j'ai rejoint plusieurs groupes locaux et joué de différents sous-genres de Metal : Metalcore/Deathcore, Death Metal, Black Metal, Metal Symphonique et Metal Alternatif. Je n'ai découvert cette passion de chant en moi que lorsque j'avais presque vingt ans, c’est-à-dire il y a environ cinq ans. Au début, j'ai commencé avec la musique celtique/nordique, la musique de films, de séries télévisées et de jeux vidéos. Je ne suis pas gamer? non, (Rires), mais je suis tombée amoureuse de la musique de jeux grâce à mes cousins gamers avec qui je passais beaucoup de temps. J'ai commencé par créer un compte Soundcloud pour poster des reprises de bandes originales de films ou de jeux vidéos, et puis j'ai travaillé quelques vidéos home-made, a capella ou avec une guitare acoustique pour enfin les partager sur Facebook, Instagram et Youtube. Petit à petit, je me suis intéressée au chant lyrique, et plus précisément à l'opéra. J'ai commencé à apprendre seule avec des cours et des exercices en ligne, et puis, après deux ans, j'ai rejoint un atelier de chant lyrique dirigé par la brillante soprano bulgare, Mme Hristina Hadjieva, à l'Institut Supérieur de Musique de Tunis, et depuis je travaille avec elle pour différents projets de concerts lyriques. Concernant mes études, je n'ai commencé le conservatoire qu'à la fin de l'année 2016, mais avant ça j'ai quand même terminé mes études en art visuel et en publicité graphique. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles je suis très contente d'avoir rejoint Cartagena, puisque je peux employer non seulement mes capacités musicales, mais aussi mon savoir en design image.
 
Nesrine est sprinto soprano, je crois ? Elle officiait auparavant en tant que bassiste dans Persona ou, étonnamment, ses extraordinaires capacités vocales n'étaient pas sollicitées. Comment vous est venue l'idée de lui confier le poste de chanteuse ?
Cartagena :
Comme pour Fedor, nous avons des exigences et des conditions. Nous avons établi une liste très étudiée des voix Tunisiennes qui s'offraient à nous. En effet, il ne suffit pas d'avoir une voix magnifique : nous avons un timbre très spécifique. N'importe quelle voix magnifique ne peut pas se marier avec notre style et nos gammes, donc nous avons sélectionné Nesrine parmi d'autres noms, et il s'est avéré qu’elle était un choix Parfait. Nous l'avons invitée au studio, elle était aux anges, et nous nous sommes rendus compte que Nesrine ne pouvait que faire partie de la Famille, vu sa nature souriante, son amour pour la musique, sa disponibilité, son expérience, sa voix et son timbre magnifiques, et son admiration pour notre groupe.
 

 

Le chant tel que le pratique Nesrine dans Cartagena nécessite-t-il une technique différente de celui qu'elle met en place dans ses concerts lyriques ?
Nesrine Mahbouli :
Pour moi, la technique de chant lyrique sera toujours la base à laquelle je reviendrai toujours. Avec Cartagena, par contre, j'ai choisi de diversifier les techniques et d'expérimenter encore plus avec ma voix en employant différentes couleurs comme le scream, le falsetto et surtout la voix de poitrine, puisqu'avec Roma Delenda Est je me suis trouvée face à une immense diversité d'ambiances et de gammes de différentes origines, ce qui m'a encouragé à improviser à ma propre façon, en utilisant le plus possible de mon registre vocal, que ce soit en bas ou en haut.

CARTAGENA avec son nouveau line-up : Chamseddine Kouki, Seif Kechrid, Nesrine Mahbouli, Fedor Kovalevsky et Mourad Bessadok.
Cartagena est formé de musiciens virtuoses et expérimentés, et on a hâte d'entendre le nouveau line-up sur le futur album. Où en êtes-vous de son élaboration ?
Cartagena :
En ce moment nous sommes sur trois projets : l'un consiste a composer deux ou trois singles d'ici la fin 2019 ; des covers (modifiées à la sauce Cartagena) ; enfin le troisième album qui sera prêt fin 2019 début 2020 si tout va bien.

 

Quel souvenir gardez-vous du Female Metal Event d'Eindhoven auquel vous participiez en octobre 2018 ?
Cartagena :
Nous gardons à l'unanimité un souvenir extraordinaire du Female Metal Event 2018. C'était une expérience exceptionnelle, avec des gens qui le sont autant ! Une équipe professionnelle que nous remercions pour cette extraordinaire aventure. Nous avons été très chaleureusement accueillis. Le public était “choqué” de notre prestation et a beaucoup parlé de nous, au point que les organisateurs nous invitent pour une deuxième participation au Female Metal Event 2019, au Main Stage, et pour une tournée de cinq dates environ qui se déroulera aux Pays-Bas et en Allemagne.
 
Quelles sont les bonnes résolutions de Cartagena pour 2019 ?
Cartagena :
2019 sera l'année des nouveautés pour Cartagena. Effectivement les singles et les cover vont nous plonger dans un horizon plus élargi. Nous allons essayer de signer le plus de tournées possible, des clips, et des sponsorings qui vont suivre comme la multinationale "Smok" qui nous a fait confiance et qui a fait de nous le sponsor officiel. Nous allons passer à la vitesse supérieure !
 
Merci Cartagena de nous avoir accordé cette interview.
Cartagena :
Merci à vous aussi cher Ahasverus Cornelius pour l'attention que vous nous portez, vous êtes un fidèle partenaire du groupe.
 
        
Retrouvez Cartagena sur Bandcamp : https://cartagenaband.bandcamp.com/
Et suivez-les sur Facebook : https://www.facebook.com/CartagenaBand/

 

 
Dans interview

K-LIZEÜM : Belges et Bizarres !

Le 08/02/2019


“ - Je vous assure mon cher cousin que vous avez dit bizarre.
- Moi j’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre...”
A l’instar de Louis Jouvet, vous pourriez bien, à l’écoute du nouvel opus de K-Lizeüm, répéter en boucle ce “Bizarre, bizarre...” qui inquiétait tant Michel Simon dans Drôle de Drame au temps où le cinéma était en noir et blanc.
Mais il n’est plus l’heure de se faire des films. On vous invite à le découvrir, ce groupe de Metal Wallifornien qui n’a pas encore atteint la reconnaissance que mérite à l’évidence son premier album “Libère Le Bizarre”.
Alors suivez-nous, on prend la doudoune, et on part en Belgique !
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K-LIZEÜM - Libère Le Bizarre (2018)
            


“J'ai appris sur le tas,
dans la crasse
des arrière-salles des bars,
parfois - mais pas toujours - déserts,
au milieu des poivrots et des oracles.”

Bonjour Jean-Marc. Peux-tu présenter K-Lizeüm aux lecteurs qui ne le connaîtraient pas ?
Jean-Marc Ernes (chant/clavier) :
Bonjour. Et bien K-Lizeüm est un groupe de Metal EN français (et pas un groupe de Metal français, parce qu'on n'est pas français en fait...) épique et fun ! K-Lizeüm est une déformation de Coliseum. Le cirque, le pain, les jeux, etc. On a bougé le C, on a mis un K à la place parce que le K est une lettre remplie de symboles, super graphique et que ça fait penser aux Men in Black, et on a enlevé le O parce que c'était nul et non avenu.
 
De quoi t'occupes-tu dans le groupe et pourrais-tu nous parler de ton parcours artistique ? Je m'occupe de la cantine. Je fais super bien à manger et mes comparses ont déjà tous pris dix kilos depuis qu'on a commencé à jouer ensemble. Accessoirement, je suis le chanteur (et donc l'auteur des textes). Je fais ça depuis plus de vingt ans, toujours avec la même passion qu'à mes débuts, si ce n’est plus. J'ai quelques groupes à mon actif, dont le plus connu et le plus proche de K-Lizeüm est D.Majiria. Du coup, j'ai fait beaucoup de live. J'ai appris sur le tas, dans la crasse des arrière-salles des bars parfois - mais pas toujours - déserts, au milieu des poivrots et des oracles, et aussi sur d'autres scènes plus vastes de notre plat pays.

Quel est le premier album de Metal qui a retenu ton attention ? Il y en a eu deux en même temps : Pornograffiti, d'Extreme, et The Real Thing de Faith No More. Mais c'était il y a des années, je n'écoute plus la même chose aujourd'hui.


“Il est plus que temps que l'on fasse
la révolution des poissons rouges.”

 
Après l'EP Premier Combat (2016), K-Lizeüm sort fin décembre 2018 son premier album, Libère Le Bizarre. Comment le dépeindrais-tu ?
Libère le bizarre
est une ode à la folie douce, à la différence... Nous vivons dans une époque où tout est codifié, structuré, organisé, réglementé... Même (et surtout) ce qui devrait être spontané comme l'art, de façon générale... Et c'est forcément le cas dans tout ce qui est mainstream, mais ça l'est aussi dans ce qui est moins conventionnel... Tout ça manque un peu de poésie et de lâcher prise... Il est plus que temps qu'on parte tous en vrille, chevauchant des armoires à glaces sur les pentes savonneuses pour distancer nos illusions perdues d'humains trop parfaits et pas assez fragiles... Il est plus que temps que l'on fasse la révolution des poissons rouges, que l'on dise non définitivement à cette société occidentale suborbitale qui tourne en rond, toujours axée sur l’ego d'un petit nombre qui peine encore à nous faire croire qu'ils ne sont pas aussi minables que ceux qui leur tournent autour !

“Notre premier public est francophone.
On veut l'impliquer dans nos chansons
également par les textes.”

J'ai aimé cet album dès la première écoute. J'ai été surpris par la sixième piste, "Déconnecté" : elle commence comme une chanson à la Stromaë et retrouve soudain un terrain Nu-Metal. Quelles sont les limites que s'autorise K-Lizeüm et quelles sont vos influences ?
En fonction de la réponse à la question précédente, on pourrait penser facilement que je te réponde “aucune”, et c'est le cas en ce qui me concerne : aucune limite ! On est très fans de System of a Down. Ce groupe se permet de partir en vrille quand ça lui chante. Ça reste cohérent car ils jouent sur leurs fortes personnalités et leur ancrage culturel. Je pense que c'est un exemple à suivre. Mais il y en a d'autres. Je parlais plus haut de Faith No More ; Mike Patton est un sublime exemple de "Rien à foutre des limites". Je pense aussi aux japonais de Maximum The Hormones.... Certes, notre style est pour l'instant plus sage mais c'est le début... C'est amusant cette comparaison avec Stromae. Ce qui est sûr, c'est que Déconnecté est un bon exemple de ce qu'on cherche à faire... Et l'importance du Français ici est primordial ! Notre premier public est francophone. On veut l'impliquer dans nos chansons également par les textes. Ce morceau, par exemple, parle des accros à Internet, dont je fais partie. On s'amuse à faire des références à Candy Crush, Facebook, aux bagarres sur les forums, aux adeptes des médecines parallèles... Avec humour et fun. Il y a un côté faussement tragique dans cette chanson, presque “opérette”... Ce que j'essaye de dire, c'est que derrière toutes cette folies qu'on cherche à provoquer chez l'auditeur, il y a un - voire des - message(s). On cherche à communiquer des idées, semer des graines de doute, en plus des grains de folie...
K lizeum
K-LIZEÜM
Quelle serait ton titre préféré sur l'album, et qu'est-ce qui motive ton choix ?
Mon titre préféré est Oracle, parce qu’à chaque fois que je l'écoute, j'oublie que c'est nous ! Pas que j'aime pas ce qu'on fait, bien au contraire... En fait, c'est la première que j'ai écrite... Ces chansons ont une drôle d'histoire... J'ai connu Thomas il y a trois ans. Il avait rejoint Arcus, un de mes projets Rock. Il n'y est resté que quelques mois, mais assez longtemps pour qu'on s'échange nos "vieilles compos" - moi quelques chansons de D.Majiria ou de Rorcha et lui un album sans chant qu'il avait fait avec son frère quelques années auparavant. De mon côté, je voulais réanimer des anciennes chansons en lui proposant de créer de nouvelles maquettes à partir de ces dernières. Il m'a lancé le même défi : “si tu as des idées de chants : lâche-toi sur mon album”.
Comme à l'époque, on ne composait plus grand chose dans Arcus, je me suis lancé. J'avais plein de trucs à exprimer... J'ai d'abord fait du "yaourt" comme on dit, puis j'ai commencé à écrire des textes. En fait, j'ai même fait l'album d'une traite, sur une journée en totale impro, chez moi dans mon home studio. Les textes, ça a pris plus de temps. Ainsi tout ce qu'on entend de moi dans K-Lizeüm - ou presque tout car d'autres titres ont été écrits plus tard - a été fait dans une spontanéité quasi-totale... Et Oracle, c'était la première de cet album...

On sait que vous serez en concert le 27 avril au Rock Hody Festival à Marche-en-Famenne. D'autres dates sont elles confirmées ? Confirmées, non, mais on y travaille. L'album est sorti en décembre. On l'attendait pour démarcher.On est fin janvier. Ça va venir !
 

“Limiter le Rock au format
d'un album, même deux...
Ce serait se limiter.
On n'aime pas les limites !”

 

Vous tournez en France comme en Belgique. Le Metal vous semble-t-il bénéficier du même accueil et de la même exposition de part et d'autre de la frontière ?
Notre expérience française reste limitée, mais quelque soient les lieux où l’on joue, l'accueil est semblable... Un certain engouement. Notre enthousiasme semble communicatif, et c'est un des trucs qu'on cherche ! Par contre, ce style de musique est sous-exposé selon moi, voir snobé dans les médias traditionnels, sauf quelques rares exceptions comme le Hellfest. Mais bon... On sait que les médias traditionnels ne sont pas une démocratie culturelle.... Loin de là... (Très loin).
K lizeum 2
Il ne reste de place sur l'arche de Noé que pour deux albums pour sauver le Rock et pour tout reconstruire dans la bonne direction. Lesquels choisis-tu ?
Aucun. Je prends des bons zikos et on réinterprète, on réinvente avec les animaux présents. S'ils veulent participer, c 'est encore mieux. On peut pas limiter le Rock au format d'un album, même deux... Ce serait se limiter. On n'aime pas les limites ! Et puis, c'est quoi “la bonne direction” ? Il y aurait “une direction”, sérieusement ? Il en faut plein : Un truc qui ne plaît qu'au couple de serpents et à leurs potes alligators, un truc qui va faire rugir les lions et les panthères, un truc qui va apaiser les vaches et les cochons, un truc qui fédère tout le monde et qu'on pourrait tous chanter ensemble... Avec seulement deux albums, on ne va faire que des malheureux et nous les premiers... On ne pourra plus les écouter après deux semaines. C'est long le déluge en plus... Et il pleut beaucoup... On se lasse de tout, même de ce qu'on vénère... Enfin... Moi, c'est mon cas...

Un titre du répertoire Rock qui pourrait être ta devise ? Contraddiction de Mass Hysteria. Ça dit "Provoquer la contradiction pour gagner la raison" ou encore "Ne cherche pas de limite ou de continuité dans mes pensées". Vive les hymnes à la liberté !

Merci beaucoup de m'avoir accordé cet entretien.​ Un mot pour clore l'interview ?

Cow-boy.
Et si j'ai droit à un deuxième : merci.
 
      
Ecouter K-Lizeüm sur Bandcamp : https://k-lizem.bandcamp.com/ Liker la page Facebook : https://www.facebook.com/klizeum/
Dans interview

L'interview de REMEMBER THE LIGHT

Le 07/02/2019

Groupe : Remember The Light
Genre   : Metal Symphonique
Origine  : Paris

Julien Harboulot par Steph Pictures.

Bonjour Remember The Light. Intéressons-nous tout d’abord à ce qui vous a guidé vers la musique. Vous souvenez-vous du tout premier album que vous avez acheté ?
Cécile Delpoïo (Chant) : La bande originale de “Gladiator”, composée par Hans Zimmer et Lisa Gerrard.
Stayn (Guitare) : Linkin Park, “Meteora”.
Julien Harbulot (Basse/Chant) : Un Best-Of de Led Zeppelin.
Olivier Reucher (Claviers/Programmations) : Muse, “Absolution”.
Léo Godart (Batterie) : Rammstein, “Sehnsucht”.

"Notre musique est faite pour raconter une histoire."
(Olivier Reucher)


Qu'est-ce qui vous guidé vers vos arts respectifs ?
Julien :
L'adolescence et ma découverte du Hard Rock.
Cécile : J'ai commencé à pianoter vers sept ans mais sans m'y mettre jamais sérieusement... Comme Stayn, c'est vers quinze ans que j'ai commencé sérieusement à pratiquer la musique ! D'abord le piano, ensuite la guitare... Si j'apprenais le piano seule, j'ai eu un prof pour la guitare et c'est lui qui m'a poussée au chant, en me disant que c'est cool, quand on joue de la guitare, de pouvoir chanter en même temps... Au début je ne chantais pas sérieusement, le faisant uniquement pour les concerts qu'organisait mon prof de guitare, mais vers vingt ans, quand je me suis mise à composer des morceaux pour les films de mon école de cinéma, je m'y suis mise aussi plus sérieusement, afin d'avoir des voix sur ceux-ci ! Et c'est là que j'ai commencé à apprécier de chanter.
Stayn : Depuis tout petit j'ai toujours écouté de la musique. Je ne l'ai jamais vraiment analysée mais j'adorais écouter les musiques orchestrales de films ou de jeux vidéos. A tel point qu'assez jeune, je dirais vers dix ans, je mettais de la musique pour m'endormir. Plus tard, peut-être trop tard, vers seize ans. Je me suis rendu compte - du moins j'ai réalisé - à quel point cela prenait de la place dans ma vie. A l'époque je dessinais beaucoup, c'était sur fond de musique. Le sport aussi... Tout était sur fond de musique ! J'ai découvert le Rock Metal avec AC/DC, Metallica, Extremoduro, et d'autres encore qui m'ont pousser à jouer de la guitare et concrétiser cette passion.
Olivier : J'ai la chance de venir d'une famille où la musique est très présente, autant professionnellement que par passion, et j'ai toujours été bercé par elle. Je fais de la musique depuis mes cinq ans, violoncelle, batterie et piano principalement. Mais je n'ai réellement commencé à la travailler de manière sérieuse qu'à mes dix-neuf ans. J'ai pu faire la rencontre, d'ailleurs, de pratiquement tous mes collègues formant actuellement le groupe lors de mes années de formation à l'IMEP. Certains des éléments déclencheurs pour moi ont été, d'une part, l'écoute de beaucoup de compositeurs de musique à l'image : Hans Zimmer en tête, James Newton Howard, Danny Elfman, John Williams… Et d'autre part, plus jeune, la découverte du Metal Symphonique avec des groupes comme Nightwish (Once) ou Within Temptation (Silent Force), qui m'ont très fortement marqué et ont très largement contribué à m'entrainer vers la musique.
Léo : J'ai commencé la musique à l'âge de six ans en tant que pianiste. Bercé par la musique classique principalement, je n'ai jamais arrêté d'en écouter. J'ai ensuite essayé plus tard, à l'adolescence, le piano jazz... qui m'a moins plu - trop jeune, et sûrement trop peu cultivé a l'époque dans ce domaine - ce qui a failli me dégouter de l'instrument ! J'avais envie d'autre chose... J'ai découvert entre temps les musiques saturées, en commençant avec la vague de Neo-Metal des années 90 : Korn, Rammstein, Slipknot, etc. J'ai toujours eu énormément de respect pour les batteurs, que cela soit en vidéo ou directement en live. J'ai essayé, je n ai pas arrêté. Je garde maintenant le piano pour la composition.

 

Stayn par Mily Clic.

Début 2015 vous formez Remember The Light. Au fait, Ce nom a-t-il une signification particulière ?
Cécile :
La signification de base était un peu mystique... Elle faisait référence à une lumière douce et chaleureuse qu'on connaîtrait avant notre naissance et qu'on retrouverait après notre passage sur Terre... Alors quand les choses ne se passeraient pas au mieux ici, on pourrait se souvenir de cette Lumière qui serait toujours là pour qu'à la fin, tout aille mieux. Je ne dis pas que j'y crois dur comme fer, mais c'est une idée qui me plaît pas mal ! De plus ce nom porte à tout un tas d'autres interprétations possibles et on aime cette idée que chacun puisse s'imaginer quelle est cette lumière dont ils auraient envie de se souvenir.
Julien : C'est un nom qui laisse libre court à l'imagination de chacun. La Lumière est une symbolique très forte et facile à s'approprier. Qu'elle soit mystique, surnaturelle ou encore introspective elle rayonne toujours de sens. Le fait qu'on ait à s'en souvenir offre plusieurs angles d’interprétation.
Olivier : Ce nom est aussi venu de la volonté de prendre à contre pied les clichés du style et du Metal en règle général. Nous ne souhaitions pas du tout reproduire le côté “violent”, “morbide” ou juste simplement “sombre”. Notre musique est faite pour raconter une histoire, vous emmener dans notre monde, et nous souhaitions la présenter avec une lueur d'espoir et non l'inverse.

Comment vos morceaux prennent-ils corps ?
Olivier :
C'est assez variable. Certaines fois un morceau découle d'une idée de thème, d'autres fois c'est un riff ou une rythmique qui nous embarque, ou encore une ligne de chant. “Blooming”, par exemple, sur notre dernier opus, a été totalement tiré du thème de guitare ouvrant les hostilités. Une idée de thème et d'harmonie, et tout était en route. Une fois le morceau bien avancé et la structure totalement finie, je pose une idée de chant et Cécile et/ou Julien se mettent aux paroles. En revanche pour un morceau comme The Inescapable Cycle, c'est totalement l'inverse : Cécile m'a envoyé sa ligne de chant finie à 99%, et tout le reste à été construit autour.
Léo : Ce n'est jamais vraiment le même schéma, le seul point similaire est le concept d'idée. Cela peut être un rythme, un riff de guitare et/ou de basse, une suite d'accords qui nous parle. Peut être même trois notes pour faire un thème... Tout peut découler très naturellement d'une seule et même idée en composition.

Vieillissement, défenestration, maltraitance... Les thématiques abordées dans vos chansons s'éloignent des sentiers habituellement battus par les groupes de Metal Symphonique...

Cécile Delpoïo par Thomas Riquet.

 

"Je pense avoir
pas mal de choses à dire
et je voudrais partager tout ça...

Si en plus ça parle au public,
c'est encore mieux !"

Cécile Delpoïo

 

Cécile : Sur les deux premiers opus, c'est moi qui ai écrit la plupart des paroles. Et oui... J'ai envie que les paroles soient profondes et racontent de vraies choses. Je pense avoir pas mal de choses à dire et je voudrais partager tout ça... Si en plus ça parle au public, c'est encore mieux ! On prend un groupe comme Epica, leurs compositions sont déjà génialissimes, mais en plus ils ont des paroles vraiment intéressantes... Et ça je trouve que c'est un vrai plus, je voudrais qu'il en soit de même chez nous.
Julien : Avec des textes comme celui d'Inescapable Cycle on veut prendre à contre-pied le milieu musical dans lequel nous évoluons. Le Rock a toujours sublimé la jeunesse et aujourd'hui on nous conditionne sans arrêt à voir et idéaliser des corps parfaits, irréels et retouchés. Cette vanité mute en crainte et c'est ce qu'on essaye d'exorciser. Je le vois comme un memento mori au milieu des paillettes. Nous comptons aussi écrire plus en français à l'avenir.

Vous dites que vos racines sont autant musicales que cinématographiques. Quel cinéma vous inspire ?
Olivier : Me concernant (mais je pense pouvoir dire que pour la plupart d'entre nous, c'est pareil), je suis un gros fan de compositeurs tels que Dvorak, Tchaïkovski, Mahler, Ravel … Enfin pour faire simple, la période de 1800 à 1930 me fascine. Logiquement, la musique de film, qui s'en inspire grandement, ne pouvait me laisser indifférent. Certains compositeurs de cinéma ont clairement inspiré notre musique : Howard Shore, James Newton Howard et Hans Zimmer en tête de liste je dois avouer… Des films comme “Gladiator”, “Le Seigneur des Anneaux”, “La liste de Schindler” ou encore, dans le domaine du jeu vidéo cette fois, “The Witcher” ou la saga “Uncharted”... L'énergie de la musique d'un film d'action, ainsi que la poésie et l'ambiance de celle du Fantastique retranscrites dans le monde réel. Voilà comment je définirais ce que nous essayons de faire et d'où vient notre inspiration cinématographique.

 

Et vous avez un film préféré ?

Gladiator, de Ridley Scott (2000)

Cécile : Difficile de n'en donner qu'un... J'aurais envie de citer par-dessus tout “Gladiator”, “La Neige Tombait sur les Cèdres”, “Le Tombeau des Lucioles”, “Memento Mori”, “Requiem for a Dream”...
Stayn : J'en ai beaucoup trop ! Le premier qui me vient à l'esprit, “La Ligne Verte”. Mais j'ai beaucoup trop de films préférés...
Julien : “Old Boy”, “Cyrano de Bergerac”...
Olivier : Comme Stayn, je dirais qu'il y en a beaucoup … Mais dans ceux que j'ai le plus regardés et adorés, je citerais le premier film de la trilogie “Matrix”. Je ne pourrais pas dire combien de fois j'ai pu le voir…
Léo : J'hésite terriblement entre “Seven” et “Alien, Le Huitième Passager”...

“The Inescapable Cycle” est un titre de votre EP The Outcome (2018). C’est également, je crois, le premier clip réalisé par Cécile. Pouvez-vous nous parler de sa conception et de son tournage ?
Cécile : C’est le premier clip que j'ai réalisé pour Remember the Light, en revanche j'en ai réalisé quelques autres pour d'autres groupes avant : c'est mon métier. Nous l'avons imaginé tous ensemble lors d'un brainstorming. Les idées fusaient, ça a été assez rapide du coup de construire le scénario ! Ensuite s'en sont suivis presque deux mois de préparation, repérage des décors, story boarding, trouver nos deux techniciennes Éloïse (à la caméra) et Coraline (au maquillage), etc, avant le tournage lui-même qui a été très intense. Deux jours où nous n'avons pas arrêté, en équipe très réduite, à devoir chacun porter plusieurs casquettes pour que tout se déroule au mieux ! Mais je vous invite à visionner le making-of, je pense qu'il raconte très bien tout ça, avec les images prises lors du tournage entre autres...
Stayn : Ça a été assez étrange pour moi : il a fallu apprendre pas mal de choses sur le tas ! Le maître mot était “Adaptation”. Par exemple ne pas exploser le maquillage qu'on avait sur le visage en jouant les scènes ! Pour les parties plus techniques, comme la lumière, Cécile et Olivier ont tout drivé, et heureusement !

Vous comptez maintenant deux EP : Exilés, et The Outcome. Quelle sera votre actualité dans les prochains mois ?
Cécile : A vrai dire, nous considérons Exilés comme une démo et non comme un EP, mais sinon c'est ça. Dans les prochains mois, nous avons, pour commencer pas mal de concerts : le 07/02/2019 à Lyon (ROCK N EAT official(by céd & mike) , le 09/02/2019 à Lille (Le Midland) , puis nous jouons le 19/05/2019 à Paris au 4e ladies rock métal fest (Le Klub)... Une ou deux dates supplémentaires devraient s'ajouter à ce calendrier, on vous en parlera très vite !
Olivier : Outre les dates données par Cécile, une vidéo, avec un morceau assez spécial, devrait sortir dans les semaines à venir !

La fée Métaline aime beaucoup ce que vous faites. Pour vous récompenser, elle vous propose de passer la journée avec l'artiste de votre choix. Qui choisissez-vous ?
Cécile :
C'est difficile comme question parce que, s'il y a beaucoup de personnes que j'admire, étant timide, je n'aurais rien à leur dire en passant une journée avec eux. (Rires) Peut-être Maria Brinks, la chanteuse d'In This Moment... Je la trouve très inspirante ! Pour commencer, elle chante incroyablement bien, ensuite elle réalise les clips de son groupe et donc moi, forcément, ça m'inspire, car j'aimerais aussi être toujours la réalisatrice des clips de mon groupe. Elle a un super style vestimentaire. J'aime les paroles qu'elle écrit, elle est végétarienne comme moi... Bref, peut-être qu'avec elle j'arriverais un peu mieux à parler ! (Rires)
Stayn : Un choix trop difficile pour être fait... Je dirais, Leonard De Vinci. J'ai des questions à lui poser.
Olivier : Antonín Dvořák. Comme j'ai dis plus haut, je suis un gros fan de sa musique. J'aurais, comme pour Stayn et Leonard de Vinci, un million de questions à lui poser… Julien : Dave Mustaine. Léo : Devin Townsend. Sans aucune hésitation.

 

Merci Remembert The Light pour votre accueil, et bravo pour vos excellents EP et pour ce très joli clip.
Stayn : Merci à vous pour vos attentions !
Cécile : Merci à vous, ça fait très plaisir !
Olivier : Merci beaucoup !


 

Crédits photographiques : Nous remercions Thomas Riquet, Vincent Zafra (Studio Illusion Story), Mily Clic et Stef Pictures (pour le webzine United Rock Nations) pour leurs photographies et leurs aimables autorisations.

Remember The Light par Vincent Zafra.

Ecouter Remember The Light : https://rememberthelight.bandcamp.com/
Liker leur page : https://www.facebook.com/Rememberthelightmusic/


 

 

 

Dans interview

L'interview d'IVAN JACQUIN - FOREIGN ROCK OPERA

Le 01/02/2019

C’est l’un des projets les plus fous de cette année 2019 : Andy Kuntz (Vanden Plas), Amanda Lehmann (Steve Hackett), Leo Margarit (Pain of Salvation), Zak Stevens (Circle II Circle), Mike Lepond (Symphony X) et bien d’autres participent au second volet de la trilogie du Foreign Rock Opera. Avec sa distribution à s’en lécher les babines, la deuxième partie de cette histoire du Juif Errant comptera parmi les sorties les plus marquantes de l’année 2019. Impatients d’en savoir un peu plus, on est allés poser nos questions à Ivan Jacquin. Voici la génèse, et bien plus, de Foreign, racontée par son créateur. (Interview publiée sur HARD FRENCH METAL le 1/02/2019)

 

 

Ivan jacquin

 

Bonjour Ivan Jacquin. Pourrais-tu rappeler ton parcours artistique à nos lecteurs qui ne te connaîtraient pas encore ?
Hello à toutes et tous ! On va faire court (sourire) : j’ai étudié la musique classique au conservatoire comme pianiste pendant huit ans, et le jazz et l’improvisation pendant sept ans ensuite. Malgré cette orientation plutôt classique, je me suis passionné très tôt pour le Metal, le Hard-Rock et les musiques progressives de toutes époques. J’ai été batteur dans mon premier groupe, Horrified (Death-Metal), et j’ai vite dérivé sur le chant et les claviers pour développer toutes les sonorités mélodiques que je voulais transmettre. J’ai été dans plusieurs groupes, les plus importants ont été Lifeseeker (Rock Progressif), Acid Rain (reprises de Deep Purple, Led Zep, Toto, Steve Vai...), Projekt One (Rock Celtique), Project Rage (Electro-Metal), et je suis actuellement chanteur-claviériste dans Psychanoïa (Rock-Metal Prog), Amonya (Acoustic Rock Cabaret) et Foreign bien sûr... Quelques demos, CD et DVD sont sortis de ces moments de ma vie musicale et certains projets sont encore en suspens...

 
"Depuis mon adolescence, j’avais en tête de composer un truc énorme, comme un Opéra-Rock justement,
sauf que ça ne s’appelait pas comme ça à l’époque, on était plus axé «comédie musicale» dans les termes..."

 

En 2014, tu créais "FOREIGN - The symphony of the Wandering Jew part. I", première partie d'une trilogie d'opéra Rock/Metal à laquelle participait une trentaine de musiciens. Comment cette ambitieuse idée s'est-elle imposée ?

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FOREIGN - The Symphony Of The Wandering Jew (2014)

Depuis mon adolescence, j’avais en tête de composer un truc énorme, comme un Opéra-Rock justement, sauf que ça ne s’appelait pas comme ça à l’époque, on était plus axé «comédie musicale» dans les termes.. C’était une idée floue, mais qui a commencé à vraiment germer lorsque j’ai lu Histoire du Juif Errant de Jean d’Ormesson. Le livre m’a captivé et je l’ai lu deux fois de suite, pourtant c’est un pavé... Puis, quelques années plus tard, j’ai composé trois morceaux totalement instrumentaux mais qui comportaient déjà des styles mélangés. Symphonique, Rock, Progressif... Les morceaux sont restés dans une disquette d’un de mes synthés pendant quelques années, presque perdus jusqu’en 2012, où, las de mes nombreux groupes de musique instables, j’ai décidé de reprendre quelques morceaux inutilisés. Le reste est venu un peu par hasard et très vite... Les fameux trois morceaux ont pris vie avec entre autres un chœur de seize vocalistes, ce sont The Running et The Quest, de ce premier album, et ce qui deviendra Secrets of Art dans le deuxième album à venir. Au départ, je désirais faire jouer les principaux musiciens que j’avais rencontrés depuis que je joue en groupe, et j’ai complété le staff grâce à internet et Facebook (et Myspace à l’époque..) ce qui m’a permis de connaître de si bons musiciens et chanteurs/chanteuses. En résumé, cela s’est déroulé ainsi...

FOREIGN est basé sur le mythe du Juif Errant, éternel étranger condamné à marcher sans cesse pour avoir refusé de donner de l'eau au Christ sur son chemin de croix. Ton concept-album sert-il un message particulier ?
Vraiment aucun. Etant agnostique mais intéressé par toute sorte de religion et de mythologie, je me suis pris à imaginer ce que cela pouvait être d’exister éternellement, à traverser les siècles, seul, à faire le mal, ou le bien, aimer ou haïr des personnes qui ne vous survivront jamais, sentir la souffrance des êtres chers perdus, participer à des faits historiques, sentir l’ennui, participer à la vie du monde sans accéder à rien d’autre que la vision du temps qui passe, inlassablement... Ce n’est pas un concept sur la religion, mais bien une réflexion sur l’immortalité.

Quelles ont été tes influences, pour cet album particulièrement ?
Justement, ce projet reflète mes différents goûts musicaux. Ainsi, beaucoup d’influences sont présentes, du Rock Prog au Metal Mélodique, en passant par la musique médiévale, l’Electro, la Pop, et bien sûr la musique classique et orchestrale. Il y a même du flamenco et de la musique chinoise... J’ai pris plusieurs claques musicales dans ma vie, le jazz orchestral de Magma, le Rock Symphonique de Kansas, le Metal Prog de Dream Theater et Symphony X, le Metal Symphonique de Rhapsody puis Nightwish, le Prog de Yes, Genesis et ensuite Marillion... Je désirais créer une musique qui rende les gens dans l’état où j’avais été pendant toutes ces découvertes, voyager grâce à la musique, fermer les yeux pendant une bonne heure et laisser son esprit et son imagination divaguer librement...

Tu avais accompagné Foreign I d'un livre, "La Symphonie du Juif Errant - Livre I". Peux-tu nous en dire un mot ?
Cette nouvelle est l’histoire détaillée de ce que relate l’album. J’ai voulu accompagner ma musique de l’histoire de mon Juif Errant personnalisé, et comme cela, les personnes qui ne font pas attention aux textes des chansons ou qui ne comprennent pas l’anglais, peuvent suivre la trame et comprendre le sujet. Il est toujours disponible via le site d’Edilivre.com, où par ma page auteur sur Facebook. Le deuxième volet est en cours d’écriture et détaillera l’histoire du deuxième album.

 

"Imaginer des chanteurs dont on chante les mélodies depuis des années poser leur voix sur sa propre musique est un rêve éveillé."

 

Aujourd'hui tu finalises le second volet de la trilogie Foreign. Où retrouvons-nous le personnage d'Ahasverus, et où va-t-il nous conduire ?
Le premier album se terminait en Perse. Après le décès de sa bien-aimée Medeïvel, il repart inconsolable pour Jérusalem pour retrouver ses origines, mais c’est l’époque des croisades et il va se trouver mêlé à la guerre sainte d’une étrange façon, en s’associant avec Saladin puis en s’éloignant de lui. Il rencontrera certains Vikings et naviguera avec eux lorsqu’il découvriront les côtes de l’Amérique du Nord, bien avant Christophe Colomb. On apprendra qu’il a en fait incarné quelques-uns des personnages historiques que nous connaissons tous, croisera François Ier, de Vinci, Nostradamus, Shakespeare, Mozart, la soeur de Napoleon... et bien sûr les personnages de son esprit qui le suivent depuis le début de sa malédiction (incarnés par les mêmes vocalistes que sur le permier album) : Ahasver sa conscience, Lady Jane vision fantasmagorique, Ar’brionn l’elfe qui soi-disant écrit ses exploits, et Jésus bien sûr, du moins il l’entendra tout le long de son périple éternel... L’histoire se terminera aux prémices de la révolution industrielle.

Tu as annoncé la participation d'Andy Kuntz (Vanden Plas), Amanda Lehmann (Steve Hackett), Leo Margarit (Pain of Salvation), Zak Stevens (Circle II Circle), Mike Lepond (Symphony X). Avais-tu imaginé ces prestigieuses contributions dès la naissance de Foreign, ou l'idée s'est-elle imposée par la suite ?
Elle s’est imposée grâce au travail de l’excellent Arjen Lucassen et son projet Ayreon. L’idée d’inviter des personnes connues dans le milieu de la musique qu’on apprécie au plus haut point est incroyablement gratifiante, imaginer des chanteurs dont on chante les mélodies depuis des années poser leur voix sur sa propre musique est un rêve éveillé. J’avoue ne pas y avoir cru au début car je n’ai pas la renommée mondiale de Lucassen, mais j’ai tenté. J’ai simplement envoyé des mails au management des groupes que j’aime en expliquant le projet et en glissant des liens musicaux du permier album. Le premier à avoir répondu deux jours après ma demande fut Zak Stevens, dont je suis fan depuis son arrivée dans Savatage. Il s’est tellement investi dans les deux morceaux où il intervient que lorsque j’ai reçu ses pistes, j’ai pleuré, car il avait fait exactement ce que j’avais en tête... en mieux ! Je ne désirais inviter que des vocalistes au départ mais j’ai parlé un peu avec Leo Margarit sur Facebook, et je lui ai demandé s’il voulait participer au deuxième album. Du coup il m’a posé quatre morceaux d’une maîtrise et d’un feeling hallucinants. Et tout s’est enchaîné, Amanda Lehmann, Mike Lepond, Tom Englund, et Andy Kuntz qui lui aussi, plus que tous, a su s’accaparer les textes en les modifiant pour sa façon de chanter. Le résultat est bluffant et aussi bon que ses meilleurs moment vocaux dans Vanden Plas... Si, si, vous verrez... (sourire)

Peux-tu nous parler du processus créatif de Foreign ?
Les compositions ont-elles toutes été conçues avant la sortie du premier volume, ou la trilogie est-elle en constante évolution ? C’est en effet une constante évolution, comme je l’ai dit plus haut. Certains morceaux ont été composés il y a une quinzaine d’année et arrangés pour coller à l’esprit de Foreign, mais la plupart sont composés au fur et à mesure, avec mes influences passées et présentes. Je ne sais donc pas de quoi sera fait le troisième volet, vu que je suis en pleine période Post Rock et Post Metal, peut-être y aura-t-il du gros Metal bien lourd sous-accordé... (rires) J’espère en tout cas que d’autres de mes idoles accepteront de rejoindre cette folle aventure. J’ai tant de rêves... Deux chanteuses ont d’ailleurs déjà accepté, sous réserve qu’elle aiment les morceaux proposés bien sûr...

Comment as-tu procédé pour enregistrer ce nouvel album ?
Tous les morceaux étaient pratiquement composés de A à Z quand je les ai proposés aux musiciens. Et chacun a eu la liberté d’y mettre sa patte, surtout les batteurs, c’est ce qui rend intéressant la progression de la musique justement, les différentes personnalités et le jeu de chacun. Les batteurs, guitaristes et bassistes ont fait leurs prises de leur côté et tous les «people» invités aussi. Je me suis occupé d’enregistrer chez moi, au Wandering Studio, les violons, violoncelles, flûtes, chants, percussions, et bien sûr mes chants et mes claviers. Les derniers à venir enregistrer seront le chœur mixte, la harpe et le narrateur, en début d’année.

Qu'est-ce qui a été le plus compliqué à réaliser ?
Heu... Tout, du début à la fin... La composition, l’emploi du temps de chacun pour les enregistrements, la motivation générale et la mienne, l’argent à débourser pour payer les professionnels... Très compliqué de réaliser un tel projet aussi énorme en étant tout seul... Et sans aucune structure pro ni sponsor derrière soi...

Quand "Foreign II" sera-t-il disponible et comment sera-t-il distribué ?
Le mixage et mastering est prévu au printemps, normalement dans un studio prestigieux en Allemagne. L’album sortira donc en septembre de cette année, c’est à dire cinq ans tout pile après le Part I. En auto-distribution tout comme le premier, à moins que d’ici là, nous intéressions un label. La présence des quelques «stars» fera peut-être pencher la balance en notre faveur...

PSYCHANOÏA - Unreal Seas (2017)

Outre Foreign, tu es membre du groupe de Prog' Psychanoïa, dont le dernier album, Unreal Seas, est sorti en 2017. Vous jouerez le 3/08/2019 avec The Flower Kings lors du festival Rock Au Chateau de Villersexel. Une occasion pour recruter Roine Stolt sur Foreign III ?
Ah, je n’y avais même pas pensé, je vais tenter de le persuader alors... (sourire) C’est un honneur de jouer dans ce festival cette année, même en ouverture. Cela fait tellement longtemps que je démarche pour ce genre de scène, j’espère seulement que c’est le début d’une exposition du groupe à plus long terme, plus de notoriété et plus de scènes...

Merci Ivan Jacquin de nous avoir accordé cette interview. Le mot de la fin ?
J’espère que vous serez nombreux à apprécier ce deuxième album de Foreign qui m’aura pris cinq ans de ma vie et dont la musique se montrera encore plus intense que le premier. Parlez-en autour de vous, inondez la page Facebook du projet de vos commentaires, écoutez ou achetez le premier album toujours disponible sur bandcamp.com. Et merci à toi et à tes lecteurs d’avoir eu le courage d’aller jusqu’au bout de cette interview... Une de mes autres passions est l’écriture, vous l’aurez remarqué... (sourire)


 
 
  • Psychanoïa sera en concert : . Le 12/07/2019 à Bletterans (Le jardin du son Ba'rtracien) . Le 03/08/2019 à Villersexel ( Festival Rock au Château)
  • Amonya sera en concert : . Le 19/05/2019 à Ecuelle . Le 07/06/2019 à Bletterans (Le jardin du son Ba’rtracien) . Le 27/07/2019 à Nommay (Le Pinky Bar café-concert depuis 1992)

Les photographies d’Ivan Jacquin présentées sur cette publication sont de Daniel Martin.

Dans interview

L'interview de Scars Summer (PORNO GRAPHIC MESSIAH)

Le 13/01/2019

Son groupe a sorti en février 2018 “Terrorize Me”, un puissant mais subtil album de Metal Indus. Leur machine de guerre, bien huilée, taillée pour la scène, s’envole dans quelques jours pour une tournée américaine. C’était vraiment le moment idéal pour pécho l’interview qui allait faire baver de jalousie ma copine Alex ! Ni une ni deux, j’ai appelé l’aéroport de Nice : “Salut, c’est Ahas’. Ils sont arrivés les Porno Graphic Messiah ? Ça vous poserait problème, juste avant le décollage, si on lui posait vite fait mes dix questions, à Scars Summer ? (interview réalisée le 09/05/2018)

Scars Summer - Photo Frédéric Le Lay (Fred ShootàDonf )
 

 

"Le fait de partir avec Porno Graphic Messiah
aux Etats-Unis et au Canada fait aussi partie du “truc”.

Je sais pertinemment qu’en plus de réaliser un rêve,
nous allons beaucoup apprendre
sur le fonctionnement du Rock’N Roll
à l’autre bout du monde."

Scars Summer


 

1.- Nom, prénom, instruments pratiqués : Je m’appelle ScarS, et je suis le Chanteur - Guitariste (et fondateur…!) de Porno Graphic Messiah.

2.- Certains ont eu la révélation de leur vocation en voyant Freddy Mercury sur scène ou en découvrant Rammstein. Quelle a été le déclencheur de ta vocation ?
Je risque de ne pas être très original, mais j’ai eu un immense coup de cœur sur les Marilyn Manson de l’époque “Smells Like Children” et “Antichrist Superstar”. J’ai baigné dans cet univers (Merci à ma famille), et j’ai toujours écouté des groupes comme Nine Inch Nails, Christian Death, Skinny Puppy, mais aussi des groupes plus typés « Metal » comme Slayer, les anciens Metallica, Sodom, Kreator, Marduk, Sepultura, etc. Pour autant, j’ai toujours été super fan de New Wave à la Cure, Depeche Mode, Yazoo, Dead Or Alive ou encore Indochine… Et de Rap français comme IAM, NTM, Solaar, Arsenik ou US comme Xzibit, Dre, etc ! Bref, un gros mélange, mais au final avec des groupes puissants d’un point de vue identité visuelle. C’est ce qui m’a toujours plu ! Et à force de m’identifier à ces Artistes, j’ai très vite compris que la musique était faite pour moi. J’ai aussi mon papa, qui était Guitariste de Jazz et qui m’a, je pense, transmis cette passion. Comme tu le vois, j’aime bien répondre en quelques lignes seulement… (Oops !)

Scars Summer - Photo Frédéric Le Lay (Fred ShootàDonf)

3.- Dans quel état d'esprit abordes-tu la tournée de Porno Graphic Messiah en Amérique ? En fait, honnêtement, je crois que je n’arrive pas encore à réaliser. C’est un rêve de toujours de pouvoir aller jouer hors d’Europe… Alors là, aux Etats Unis et au Canada, c’est tout juste incroyable ! Avant même d’être parti, je sens déjà l’impact que cela a sur certaines personnes ou sur certains médias ! Je pense qu’en rentrant en France, on aura certainement encore plus d’expérience, et surtout l’envie d’aller beaucoup plus loin dans notre propre pays.

4.- Le nouvel album de Porno Graphic Messiah, “Terrorize Me” est sorti en février 2018. Développe-t'il une thématique particulière ? Oui tout à fait ! Porno Graphic Messiah déjà, comme son nom assez fort l’indique, développe toujours une thématique en fonction des albums et des différentes ères. L’univers de “Terrorize Me” décrit ce que l’on ressent, pour beaucoup : la peur de l’être humain ! De nos jours, en France, dans un Pays considéré comme “riche”, il est possible de mourir dans un concert de Rock (Le Bataclan), tout comme à la terrasse d’un café (Saint Denis). Je vais avoir du mal à laisser mon fils aller à l’école tout seul quand il sera grand, si le monde n’évolue pas dans le bon sens. A travers “Terrorize Me”, je parle donc de mon ressenti, de la vie sociale, et de cette peur au ventre que nous avons sans cesse depuis quelques années, sans être hypocrite comme beaucoup de groupes qui tentent de faire de la politique sans trop se risquer. D’ailleurs, faire de la politique quand tu es musicien, c’est quelque chose qui a le don de me gonfler aussi...

Terrorize Me (février 2018)

5.- Ton groupe dispose, avec “Til Death Or Nothing” (2015) et “Terrorize Me” (2018) d'une belle palette de hits. Comment ça se passe l'élaboration des compos, et as-tu déjà des idées de morceaux pour un futur album ? Tout d’abord, merci beaucoup pour tes compliments ! Il est vrai que même si nous sommes en train de parcourir les routes pour promouvoir ce dernier album, “Terrorize Me”, je cogite déjà beaucoup aux sonorités des prochaines chansons. J’ai toujours aimé les synthés très « festifs », et à la fois mélancoliques à la Dépeche Mode et The Cure. Je me penche beaucoup dessus, du coup. Pour la composition, “Terrorize Me” a été, par exemple, composé - enregistré - masterisé entièrement avant même qu’on ait joué une seule note en répétition. Cela faisait un long moment que je souhaitais casser le processus traditionnel du « On travaille des chansons en répétition et ensuite on enregistre ».

6.- Ils ont dit quoi tes parents quand tu leur as dit que tu fondais un groupe qui allait s'appeler "PORNO GRAPHIC MESSIAH" ? Je sortais d’un groupe qui s’appelait Undercover Slut, (NDLR : groupe de Metal Indus qui s’est notamment fait remarquer en 2005 grâce à son album “Communism is Fascism”) dans lequel j’ai joué en 2005, 2006 et quelques semaines de 2007. Donc si tu veux, ils commençaient à prendre l’habitude ! (Rires)

7.- Ton fils veut faire ce métier plus tard. Quel conseil lui donneras-tu ? D’en faire un vrai ! (Rires) Je le dis très souvent par le biais d’Another Management, mais si tu souhaites en vivre, tu ferais mieux de changer de passion, car la musique coûte beaucoup plus d’argent que ce qu’elle rapporte … Du moins les premières années ! Il faut savoir ensuite mettre un roulement qui t’apportera une sérénité financière. Il faut tout de même beaucoup investir pour te faire une réputation et ensuite espérer continuer ce qu’on pourrait appeler vulgairement « une petite entreprise avec laquelle ton objectif principal n’est pas de gagner de l’argent ».

8.- It's a long way to the top, if you wanna Rock'N Roll, chantait l'Australien Bon Scott. Tu es très investi dans le milieu du Metal, quel est ton regard sur la scène française ? La scène française est très mal représentée, alors que beaucoup de Français écoutent ce genre musical. Je pense qu’il y a plusieurs aspects qui font que nous sommes obligés aujourd’hui de repartir de zéro, en gagnant la confiance des gros festivals ou de grosses maisons de disques, voire de groupes qui ont cartonné à une époque et qui pourraient nous apporter quelques conseils. Le fait de partir avec Porno Graphic Messiah aux Etats-Unis et au Canada fait aussi partie du “truc”. Je sais pertinemment qu’en plus de réaliser un rêve, nous allons beaucoup apprendre sur le fonctionnement du Rock’N Roll à l’autre bout du monde.

Valentin Jaskot - Photo Frédéric Le Lay (Fred ShootàDonf )

9.- Il ne reste de place sur l'Arche de Noé du Rock que pour un album. Lequel y placeras-tu pour tout reconstruire ? Terrorize Me, sans aucune prétention (enfin, si un peu quand même). Cet album est typiquement un album “Nouvelle génération”. J’en ai plein le cul d’écouter les mêmes albums de ces grands groupes qui commencent malheureusement à dater. Aujourd’hui, je n’arrive pas à trouver de groupes à la Kiss ou Nine Inch Nails, Manson ou Metallica, ou même KORN, qui pourraient mettre de nouveau tout le monde d’accord et nous permettre d’être, nous groupes de Metal, de nouveau diffusés sur les grands médias. “Terrorize Me”, de Porno Graphic Messiah, c’est aussi un album aux mille influences, mais avec quelque chose que l’on a pas vraiment entendu, du moins depuis des années et des années, et avec une touche très actuelle, autant au niveau des textes que des sonorités et des visuels.

10.- Quel titre du répertoire Rock pourrait être ta devise ? “It's a long way to the top, if you wanna Rock'N Roll” !

Merci, Scars Summer pour ton accueil et ta disponibilité. Un gros merci à toi pour tes questions.

Liens utiles : Suivre Porno Graphic Messiah : https://www.facebook.com/PNMBand/ Ecouter Porno Graphic Messiah : https://open.spotify.com/album/4sKF6uE1HiRhutsPEjwXYN Trouver “Terrorize Me” : chez The Bloody Rock Shop à Mandelieu https://www.facebook.com/thebloodyrockshop/ auprès du groupe durant les concerts. Commander “Terrorize Me” : Konklav Records https://www.facebook.com/konklavrds/ ou sur la page Facebook du groupe : https://www.facebook.com/PNMBand/

Les magnifiques photos de Porno Graphic Messiah sont de Frédéric Le Lay, merci à lui pour son aimable autorisation. https://www.facebook.com/Fred-Shoot%C3%A0Donf-Live-Photography-616496405135327/

Dans interview

L'interview de Manu Froelicher (HEADLESS CROWN)

Le 08/01/2019

Les Francophonies d’HFM : HEADLESS CROWN (SUISSE)

HARD FRENCH METAL·LUNDI 21 MAI 201858 lectures

Des envies de voyage à l’approche de l’été ? Vous êtes sur la bonne page ! Hard French Metal a décidé de vous emmener à la rencontre de nos voisins francophones. Alors attachez votre ceinture, et attention au décollage ! Après la Tunisie, c’est en Suisse qu’HFM vous transporte aujourd’hui. Actif depuis 2011, Headless Crown a sorti le 31 mars 2018 son deuxième LP, “Century Of Decay”, un excellent album de Heavy dont nous vous présentons ici une vidéo qui vous accrochera très efficacement dès les trente premières secondes. La couronne sans tête a également inauguré les planches lyonnaises de la première édition du festival Metal Thunder Jackets en compagnie de Tygers Of Pan Tang, et vient de recruter Chris Richards (Rated X, Motherockers, Krokus) à la batterie. Ceci dit, il est temps de faire connaissance avec notre hôte...

C’est à 11 heures 27 que nous amorçons notre descente sur Genève ce 21 mai 2018. La température est de 22°, le ciel est légèrement couvert. Manu Froelicher, le guitariste rythmique de Headless Crown, nous accueille. Nous espérons, que dis-je, nous sommes certains, que vous allez passer un agréable voyage en notre compagnie !

Hard French Metal : Quel est le premier album que tu as acheté ? Manu Froelicher : On ne rigole pas : “Dynasty”, de KISS, en 1980 ! Mais je me suis rattrapé droit derrière avec le “Destroyer”, également de KISS.

Hard French Metal : Comment est née ta vocation pour la guitare ? Dans les années 80, avec les copains de l’époque, on voulait monter un groupe comme KISS. On a fait quelques concerts de KISS en playback, avec maquillage et costumes, et on s’est dit que ce serait sympa si on jouait vraiment et qu’on faisait nos propres compos… Ainsi est né Horn Rock…

Hard French Metal : Avant de fonder Headless Crown en 2011, tu fais donc tes armes dans Horn Rock et Triple X. Quel souvenir en conserves-tu ?  J’en garde de très bons souvenirs. On était loin d’être parfaits musicalement et techniquement, mais il y avait un truc de fou qui se passait avec le public, qu’on ne peut pas oublier !

Hard French Metal : Après “Time for Revolution” en 2015, Headless Crown vient de sortir, en mars 2018, “Century of Decay”. Comment s'est passée l'élaboration des compositions ? Je suis le compositeur principal. Je propose à Steff, le chanteur, mes morceaux, avec les riffs de base, et selon son inspiration et son écoute extérieure, il me demande de modifier certains passages. Une fois ses lignes vocales posées, on donne les morceaux aux autres membres du groupe, qui amènent leurs parties et leurs idées qu’on intègre aux compos.

Hard French Metal : J'ai lu que “Century of Decay” s'inspire d'auteurs comme Philip K. Dick (Blade Runner, Total Recall). De quoi l'album traite-t'il ?  En très gros, ça raconte l’histoire d’un travailleur esclave dans une société dictatoriale qui contrôle tout et tout le monde. Le personnage principal essaye d’élaborer un plan pour s’échapper du système via les rêves. Y arrivera-t’il ?

Hard French Metal : Tu fréquentes aussi bien les scènes suisses que les scènes françaises. Le sort d'un musicien de Metal est-il le même des deux côtés de la frontière ?  Headless Crown a toujours été très bien accueilli partout où nous avons joué. En même temps, on n’a pas joué des millions de concerts hors Suisse…

Hard French Metal : Headless Crown bénéficie d'un beau succès et d'un following enviable (plus de 4000 abonnés sur Facebook). Cette situation permet-elle de vivre de sa musique ?  Malheureusement le monde de la musique à beaucoup évolué depuis les années 80/90, et pas forcement pour le mieux. Il est très difficile de vivre de la musique actuellement. On a tous un job à côté, qui nous permet de financer le studio, les concerts, la promo etc. Rien n’est gratuit… Sauf certains de nos concerts !

Hard French Metal : Quel est ton musicien préféré ?  Je n’en ai pas, je les aime tous ! Et cela tous styles confondus, car chacun, avec sa personnalité, va me toucher différemment, l’un avec sa technique, l’autre par son feeling, et celui-là avec son sens de la mélodie, etc. Et ça, c’est quelque chose de magique…

Hard French Metal : Tout métalleux français connaît des groupes helvétiques à stature internationale, tels GOTTHARD ou KROKUS pour n'en citer que deux. A l'inverse, des groupes français ont-ils réussi à percer en Suisse ?  Personnellement, je ne sais pas. Je ne m’arrête pas à la nationalité des groupes, et je ne pourrais pas te dire si tel groupe est anglais, américain, français, allemand, portugais… Ce qui compte pour moi, c’est que la musique me touche aux tripes quelque soit sa nationalité…

Hard French Metal : Y a t'il des concerts en vue pour applaudir Headless Crown prochainement ?   Suite au changement de batteur, on a dû se mettre quelque peu en stand-by en attendant d’avoir quelqu’un de fixe, pour être sûr de pouvoir assurer les prochains concerts. C’est chose faite ! On attend encore des réponses et des confirmations. Nous avons tout récemment signé avec l’agence “Red Lion”, ça devrait nous permettre de trouver plus de dates, mais pour le moment, nous n’avons que le 1er décembre à Zürich, en Suisse.

Hard French Metal : De toute la discographie métallique, ne gardons qu'un album, le meilleur de tous. C'est lequel ?  Pas évident, car chaque album, chaque morceau, a son histoire et son importance dans l’évolution du monde musical ou dans la vie d’une personne… Je dirais que l’album qui me fait vibrer maintenant c’est le premier album de Rawhead Rexx, et demain le Methods Of Madness de Obsession, et encore le jour suivant le Digital Dictator de Vicious Rumors, et le jour suivant du suivant, Francis Cabrel… Ha ! Merde ! On a dit «Metal» ?

Hard French Metal : Quel titre du répertoire Rock pourrait être ta devise ?  You can’t stop Rock and Roll !

Hard French Metal : Merci beaucoup, Manu Froelicher, pour ton accueil et ta disponibilité.  Mais avec plaisir ! Et merci à toi pour l’intérêt que tu nous portes, et pour ton soutien.

Headless Crow, album "Century of Decay" (2018)

Pour prolonger le séjour avec Headless Crown : https://www.facebook.com/headlesscrown.official/ http://www.headlesscrown.com/Home.htm https://open.spotify.com/album/0fr3qEzm0QxQQ07tcOBLkk

Dans interview

L'interview de Grégory Leprêtre (HAJIRO)

Le 08/01/2019

Fondé en 1999, Hajiro a sorti en 2000 un premier album éponyme particulièrement bien accueilli par la critique. Le groupe récidivait 16 ans plus tard avec un nouveau LP, “Black Satori”. En 2018, Hajiro est devenu un trio qui semble décidé à passer la vitesse supérieure : un EP, “Dance With My Shadow, est déjà disponible et s’apprête même à envahir vos plateformes. Des clips, des concerts sont également en projet... C’était le moment d’aller poser quelques questions à Grégory Leprêtre, compositeur, guitariste et chanteur de la formation. Et ça tombait bien : il rentrait juste de vacances ! (Interview réalisée le 7/06/2018 pour HARD FRENCH METAL)

HAJIRO


 

Grégory, quel est le premier album que tu as acheté ? Cela est bien loin, vu mon âge avancé, mais je dirais “Physical Graffiti”, de Led Zep, “Outlandos d'amour” de The Police, ou “Powerage”, d’AC/DC. Je ne sais plus vraiment...

Tu es guitariste et compositeur, quelles sont tes influences et à quelles sources t'abreuves-tu quand tu composes ?
A l'origine, je suis batteur ! Les compos peuvent venir d'une ligne de basse, d'un rythme, d'un riff de guitare ou d'une mélodie de chant. Je vais te citer les personnes que j'admire et qui m'influencent : Chris Cornell, Georges Lynch, Eddie Van Halen, John Bonham, Jimmy Page, Dug Pinnick, Jerry Cantrell, Ray Luzier, Paul Mac Cartney, Nuno Bettencourt, et Angus Young.

 

Comment définis tu l'univers d'Hajiro ? Un Rock Pop, Metal et Progressif (et parfois Soul et Funk). Un univers varié, difficile à classer...

Que trouve t-on dans “Dance With My Shadow”, le nouvel EP d'Hajiro ? Est il dans la lignée de “Black Satori” (2016) ? On peut dire qu'il est dans la lignée de “Black Satori”, à la différence que c’est désormais moi qui chante, ainsi qu’Isa Dias pour un titre. Le dernier titre, “El Gringo”, est instrumental, ce qui est nouveau aussi.

Hajiro est aujourd'hui un trio. Allez vous conserver cette configuration ? Pour le moment, on reste en trio. La porte n'est cependant pas fermée à d'autres configurations.

 

HAJIRO, "Dance With My Shadow"

Où peut-on se procurer le disque ? Lors des concerts, bien entendu, mais également par le biais de la page Facebook du groupe. Hajiro sera aussi prochainement disponible sur plus de 250 Plate-formes de téléchargement et de streaming, y compris Spotify, Deezer, Itunes, Youtube... Et beaucoup d'autres !

 

Tu es de Fécamp, comment se porte la scène Rock/Métal en Seine-Maritime ? Soyons honnête... Avec tous les catégories et les sous-genres dans le Métal, le vieux con que je suis a depuis longtemps un peu décroché, sachant que les uns et les autres ne se font pas trop de cadeaux.. et c'est bien dommage (mais rien de très original...). Je cite quand même quelques groupes de la région que je connais : Les excellents Ricky Dozen, Hopes of freedom, et Sekmet.

Tu tournes dans le milieu depuis près de 20 ans avec Hajiro, as tu noté des changements dans les conditions de la scène métallique française ? Honnêtement je ne la suis pas d'assez près pour pouvoir répondre précisément à ta question.

HAJIRO

Est ce que AK-Hajiro existe toujours et peux tu en dire un mot ? Pour ne pas que les fans fassent la confusion, ce groupe, qui fait uniquement des reprises, s'appelle désormais AK/H.

LED ZEPPELIN IV (1971)

Quel titre du répertoire Rock pourrait être ta devise ? “We Will Rock You”, de Queen, ou “The Groove Machine”, de King’s X. (Rires) Ça fait déjà deux titres !

Quel est l'album absolu à sauver du déluge ? Led Zeppelin IV. Mais tu sais bien que c'est difficile de choisir...

 

Quels sont les prochains concerts d’Hajiro ? Cinq à six dates sont déjà prévues pour le mois de juin dans la région, notamment le 16 juin 2018 à Yvetot au Plein Air Pub, et le 21 à Caudebec-en-Caux pour la fête de la musique. Le 22 juin, nous faisons un concert privé pour la Société des Régates de Fécamp.

Le mot de la fin ? Nous sommes déjà prêts pour un prochain album ou un bon EP ! Cela sera précédé d'un single, accompagné d'une vidéo après la rentrée de septembre. D'ores et déjà, nous allons tourner un ou deux clips dans les prochaines semaines, pour l'EP “Dance with my shadow”.


 

Merci à Grégory Leprêtre pour son accueil. Retrouvez Hajiro sur sa page Facebook, et n’hésitez pas à “liker” : https://www.facebook.com/Hajiro-107313565974821/

Dans interview

Légendes d'Automne : SEPTEMBER AGAIN

Le 08/01/2019

Né en 2015, September Again est une combinaison d’univers, notamment Rock et Metal, capable de vous caresser avec la plus grande des douceurs pour, la seconde qui suit, exploser et marteler la scène avec rage. Son album, “Insomniac”, sorti en mars 2017, a recueilli des critiques dithyrambiques, et le groupe d’Annecy a foulé depuis des scènes aussi réputées que le Gibus de Paris ou le Rock’N Eat de Lyon. A la veille de son concert à Bogève, nous avons juste eu le temps d’interroger Pierre-Marie, l’un des guitaristes, pour en savoir un peu plus sur September Again, cette valeur montante de la scène française. C’est une interview toute fraîche, et c’est sur exactement ici, sur HFM !
(interview réalisée en juin 2018 pour Hard French Metal)

 


 

 


"On est complémentaires, même sur scène,
je pense que ça se voit."
Pierre-Marie, September Again



Pierre-Marie, quel est le premier album que tu as acheté ? Allez, pour commencer dans le “je veux faire court, mais je n’y arrive pas”, je t’en mets trois : “OK Computer” de Radiohead, “666 667 Club” de Noir Désir, et “Surrender” des Chemical Brothers.

 

Qu'est-ce qui a déclenché ta vocation de musicien ? Je pense que c’est les poils qui se dressent à l’écoute de certaines musiques, quel que soit le genre, de ne pas comprendre ce qui se passe quand on est môme, et ensuite de se dire qu’un jour on pourrait ressentir cette sensation à partir de sa propre musique, en la jouant, et en la faisant partager. Plus tard, trop tard même, j’ai découvert la gratte, et ce qu’on pouvait transmettre avec : du stratosphérique à la Gilmour, du jouissif à la Queens of the Stone Age, en passant par la Rage contre la Machine. Bref, toute la palette ! De la beauté d’un putain de son cristallin Vox à la puissance d’une disto bien compressée... Je crois que j’ai passé des heures à décortiquer ce qui faisait qu’un morceau déclenchait une décharge émotionnelle, à quel moment, pourquoi… Et à essayer de le reproduire.

Ton groupe s'appelle "September Again". C'est parce que vous n'aviez pas envie de reprendre le boulot après les vacances d'été ? (Rires) Oui un peu… En fait il y plusieurs raisons à cela : on a mis un moment à se mettre d’accord sur un nom qui fasse sens pour tous les quatre. Je crois que c’est Loïc qui l’a trouvé, et ça a été une évidence pour tout le monde. C’était le titre de travail d’un morceau à la base, qui au passage a déterminé l’identité du groupe. On retrouve d’ailleurs les mots “september again” dans les paroles de cette chanson, “Falls”, qui est la dernière piste d’Insmoniac : “September again has hold so much kind of pain, has hold my darkest ghosts”. C’est un nom qui évoque une certaine couleur, de la nostalgie, mais également des moments d’éclaircie. Ça rappelle également le cycle, la redondance des choses, de nos vies... Nos évolutions, nos défaites, nos victoires. Les prochaines étapes aussi…

Tu joues de la guitare, des claviers, tu assures choeurs et samples. Mais qui fait quoi dans l'élaboration de vos morceaux ? Je ne vais pas te la jouer en mode “C’est quasi chamanique, on allume des bougies, de l’encens et il se passe un truc…”, mais, je crois qu’on a l’obsession de travailler l’ambiance, ce qui se dégage d’une zik, ce que l’on veut faire ressentir… Souvent un bout de riff, de basse, une intro de batterie, ou un pattern électro, va déclencher un truc, qui va normalement aboutir très vite sur les mélodies finales, un enchaînement de plans, un joyeux bordel à mettre en place… On voit assez vite où le morceau doit aller mélodiquement… Ensuite, la clef, pour nous, qui a évité beaucoup de prises de têtes, c’est que chacun se met au service du morceau et oublie la notion de démonstration technique pour que le titre ait la structure et l’efficacité qu’on imagine…

Pierre-Marie par Michaël Ferrand

Après, c’est des discussions à n’en plus finir, à quatre, sur la structure, ou la déstructuration justement… Le vide voulu, l’absence de vide, et enfin, la texture du son. Si c’est trop “smooth”, il y en a toujours un qui se charge de le reconduire sur quelque chose de moins lancinant à écouter, si c’est trop bourrin, un des quatre se chargera de le ramener vers quelque chose de mélodique… Bref, vers ce qu’on considère comme du “September Again”. On trouve un équilibre comme ça, qui fait que l’alchimie prend malgré des sacrées différences d’influences. L’avantage que je peux avoir, c’est qu’effectivement, entre la gratte, les chœurs, les samples, je peux varier les approches, sentir qu’un gimmick peut passer sur de l’électro, ou serait plus sympa à jouer avec un son de Rhodes, et là je m’éclate réellement. On a la chance aussi de s’être tout de suite compris avec John, ce qui a eu l’avantage non négligeable d’éviter les sessions de mesurage de … Il n’y a pas de “lead”, ce qui peut perturber les ingés-son en concert. Suivant les parties qu’on a composé, chacun joue une rythmique, une envolée… Peu de solos à proprement parler, mais des montées progressives. Ça mise beaucoup sur la complicité et dans le pied qu’on prend à jouer sur les ambiances, les variations d’intensité. On est complémentaires, même sur scène, je pense que ça se voit.

J’ajouterai, avant de perdre tout le monde, que le fait d’avoir un bassiste/chanteur comme Loic (ouais ouais, comme Sting ouais ! ) qui a une approche instrumentale de sa voix, et pas un guitariste chanteur qui peut potentiellement imposer sa façon de traiter les guitares, apporte beaucoup à la liberté de chacun lors des phases de composition.

 

"Un disque fascinant de bout en bout" (Indie Music) ; "Volonté du groupe à proposer quelque chose de qualité sur toute la longueur de l’album" (Vacarme) ; "Un disque complet et abouti (Lords Of Rock)... Le premier LP de September Again a reçu un très bon accueil, puis vous avez tourné dans des salles réputées, notamment Le Gibus et Le Rock'N Eat... Quels étaient vos objectifs lorsqu'est sorti Insomniac (2017) ?

Insomniac (2017)

L’objectif principal était surtout de poser enfin tous ces morceaux, avant de passer à autre chose. Car à l’arrivée de Spoox dans la formation, nous avions déjà de la matière, et nous nous sommes dit “figeons ça avant de passer la seconde et de recomposer.” Nous n’avions pas forcément en tête d’aboutir à un album, du moins d’aller si loin dans ce travail. Et puis au final, on a peut-être un peu grillé les étapes… On a composé, composé, arrangé, arrangé. On s’est perdu un peu là-dedans. Spoox nous a mis un monstrueux coup de pied au cul et a lancé la machine sur les bons rails. Il est arrivé dans le groupe et, avec tout son naturel, a dit : “Bon... On fait un album les gars ?” Seb Camhi (NDLR : du Studio Artmusic, de Nice) s’est chargé de sublimer tout ça.

Par quoi commence le soutien d'un fan ? Un "Like" sur la page Facebook du groupe, ça compte ? Franchement, je crois que ce qui nous a donné envie de continuer, de sortir de notre trou (Bellegarde sur Valserine ça te parle ? Nan ? Surprenant !), c’est les retours des gens en direct… Je pense que vu la difficulté de concilier les vies de chacun, si on n’avait pas eu cela, on aurait arrêté depuis un moment… Les gens que tu ne connais pas et qui viennent te voir après un concert grand smile, pas juste de la politesse, pour te dire que tu les as transportés…Que ça ressemble à untel ou untel, mais que finalement, ça ressemble à rien d’autre, qu’il y a une patte… Perso je marche à cela ! On a eu tellement de retours hyper précieux depuis l’album qu’on a fait le plein pour dix ans de gens inconnus qui, via Facebook justement, te remercient…Ça restera toujours gravé ! Facebook, c’est un outil super pour faire connaitre notre musique au-delà des frontières de nos montagnes, où le Rock Indé… Bein… Entre le reblochon et le saucisson… C’est pas gagné ! Et effectivement, du “like”, ça fait forcément du bien au groupe, puisque parfois, aujourd’hui, on a l’impression que la visibilité et le matraquage l’emportent sur le temps passé à découvrir… Manque de bol pour nous, avec des morceaux de six minutes, et des intros à tout bout de champs… Faut se donner un peu de mal pour rentrer dans l’album, dans nos musiques, ça coupe aussi des gens qui cherche l’instantané... C’est un parti pris qu’on assume.

September Again par K's Photography

Trois mots qui caractérisent la vie en tournée ? “Rêve de gosse” (merde ça fait trois ! Mais ça compte pour un on disait...), “Complicité”, “Connerie”.

Si tu pouvais placer un album sur l'Arche de Noé du Rock, pour tout reconstruire dans la bonne direction, lequel sauverais-tu ? Un seul ? “Blow”, de Ghinzu.

Avez-vous déjà commencé à plancher sur un nouvel album ? Là on touche au cœur du problème. L’après-album… Qu’est qu’on fait les copains ? On refait la même ? En moins bien ? Autre chose, au risque d’être moins “Insomniac” ? Est-ce que l’on a encore des choses à dire ? Comment ? Bref… Je pensais être sec, avoir tout craché ce que j’avais de mieux pour “Insomniac”… Et pourtant… En laissant du temps, sans pression, des petits enchantements arrivent au détour d’une répet’ tardive... Pour être plus clair, je te dirais que oui, on retouche de la compo et on retrouve une dynamique de création. C’est super chouette, on savoure, même si parfois l’évolution artistique nous échappe individuellement, et que ça peut être déroutant. On aura bientôt de nouvelles choses à faire écouter !

Un titre Rock qui pourrait être ta devise ? Pas un titre, une parole : “But Together We’ll Fight The Long Defeat” (NDLR : extrait de “The Long Defeat”, du groupe Thrice).


 

Merci à Pierre-Marie pour son accueil et sa disponibilité. September Again sera en concert le 9 juin 2018 à Bogève, et le 21 juin à Chambéry. Pour continuer avec September Again, c’est ici : https://www.facebook.com/SeptemberAgain/ Pour les écouter, c’est là : https://septemberagain.bandcamp.com/releases Merci à Michaël Ferrand et à K's photography pour leurs jolies photos et leur aimable autorisation. K’S Photography c’est ici : https://www.ksphotography.fr/ et là https://www.facebook.com/ks.photography74/ Michaël Ferrand c’est ici : https://www.facebook.com/micky.way.1

Dans interview

L'interview de Kevin Kazek (SEYMINHOL)

Le 08/01/2019

SEYMINHOL existe depuis vingt-six ans. Il a produit cinq LP, plusieurs EP, et son clip “Behind The Mask”, extrait de son dernier album “Ophelian Fields”, explose les compteurs de Youtube avec plus de 86.000 vues. Seyminhol c’est aussi le goût du travail bien fait : des concept-albums ambitieux, des pochettes magnifiques, des vidéos qui sont de vrais courts-métrages... Alors quand nous sommes allés poser nos petites questions à Kevin Kazek, le chanteur, vous pensez bien qu’il n’a pas répondu sur un coin de table... Et vous allez voir, ça valait le coup d’attendre !


"La trilogie "filles, motos et bières" n'est plus ma came. Dans ce que je veux faire et transmettre en musique en tous cas !"


Nom, prénom, instruments pratiqués ?
Kevin Kazek : Je ne pratique aucun instrument.

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Kevin Kazek, par Christian Brémont

Ton chant est puissant et varié, et j'ai lu que tu avais pris des cours au conservatoire de Metz. Comment est née ta vocation et comment entretiens-tu ta voix ?
J’ai eu la chance de prendre six mois de cours particuliers en 2001 avec une chanteuse soprano, Christina Dietsch-Carvin, qui, aujourd’hui, fait une belle carrière internationale. Elle m’a apporté la technique qui me manquait, le placement du corps, la méthode respiratoire, et m’a indiqué quelques exercices particuliers qui me servent bien pour chauffer ma voix. J’avoue ne pas vraiment entretenir mes cordes vocales. J’ai simplement un rituel avant chaque concert : boire beaucoup d’eau, ne pas manger, ne pas fumer et faire des exercices. J’aime la musique depuis tout jeune. Je chantais chez mes grands-parents sur ce qui passait à la radio ou à la télé. En 1986, j’ai découvert Europe et Scorpions, et j’ai trouvé ça très cool. Les chanteurs assuraient, les mélodies étaient superbes. Ça m’a donné envie de faire pareil. Elvis Presley a eu également une grande influence sur moi. C’est un excellent « entertainer » et une vraie voix. Et puis il y a eu Bruce Dickinson, sur “Powerslave” et “Seventh son of a seventh son”. Là, je me suis dit…Whaou ! Quelle puissance ! J’étais un grand fan à l’époque. Après l’album “Fear of the dark”, je suis passé à autre chose, et les dernières réalisations du groupe ne m’ont pas transcendé.

Le Métal, c'est les Vikings, les gonzesses, les motos et la bière. Shakespeare ? C'est quoi ce bordel ? Vous connaissez plus les codes chez Seyminhol ?
Là, tu résumes le métal à un poncif ! Une image véhiculée habituellement par les médias et par certains groupes qui sont dans ce créneau et qui en jouent.
Shakespeare, comme les grandes œuvres littéraires, ne sont pas des sujets incompatibles avec la musique que nous pratiquons, bien au contraire. Pour créer nos albums, nous recherchons des sujets dramatiques, noirs, avec de forts rebondissements, et il y a tout cela dans Hamlet ! Bref, le Hard-Rock et le Metal (le terme Metal me gêne vraiment car il est trop restrictif) ne se résument pas à une seule étiquette, une seule imagerie, et je crois que c’est sûrement le style, avec la musique gothique, qui traite des sujets les plus intelligents. Qu’il s’agisse de thématiques artistiques, historiques ou littéraires ! L’image du « métalleux » débile a vécu. La musique progressive, le Viking Metal , le Metal Atmosphérique ou le Black Metal traitent souvent de sujets très sérieux : religions, traditions, faits historiques, problèmes de société, métaphysique, etc. Il y a de superbes paroliers dans ce style de musique. Personnellement, j’étais – et je suis toujours d’ailleurs ! – un grand fan de Mötley Crüe et de la scène californienne des années 1980-1990. Les textes de ces groupes étaient à chier, mais ils étaient très drôles et subversifs. Ils reflétaient une autre époque, une autre envie. Aujourd’hui, tu ne peux plus retrouver cette ambiance. Le monde a changé, il est sans doute plus dur, moins insouciant. La musique et les artistes reflètent aussi leur époque et ils donnent, à travers leur sens artistique, leur vision du monde. Après, qu’il y ait encore des gars pour faire du rock gras et branché cul c’est super ! Et tant mieux… Mais clairement, à mon âge, je ne me vois plus chanter des trucs que je faisais il y a encore une dizaine d’années dans mes autres projets musicaux. La trilogie “filles, motos et bières” n’est plus ma came. Dans ce que je veux faire et transmettre en musique en tout cas !

Seyminhol meilleur def

SEYMINHOL, Nothern Recital (2001)

Ça fait bien longtemps que nous traitons de choses sérieuses dans Seyminhol, depuis notre premier album “Northern Recital”, paru en 2001. Être sérieux ne veux pas dire être un saint ou être chiant. C’est même tout le contraire, à la lecture de certains de nos textes. L’usage de symboles, que j’apprécie beaucoup pour dérouler la trame de nos concepts, permet de tout dire avec un peu plus de finesse. S’il y avait une caractéristique dans notre musique, ce serait cette volonté d’élever un peu le débat, le niveau. Nous avons choisi de nous orienter davantage vers le style progressif pour toutes ces raisons. Et je crois que le public apprécie aussi des textes à sens, des concepts ambitieux et des artistes qui leur content de vraies aventures. Dickinson a été l’un des premiers à le faire dans ses paroles où ils traitent événements historiques, de faits d’hivers et de géopolitique.

Quel est le premier album que tu as acheté ?
Le premier vinyle que j’ai eu entre les mains, je crois que c’était Voivod, l’album “Nothingface”. Mon premier album acheté devait être “No Prayer for the Dying”, ou “Hooked”, de Great White.

Nico et toi défendez votre album avec passion, et on sent que la culture et l'histoire tiennent une place importante, sinon passionnelle, voire un tantinet obsessionnelle, dans vos esprits. D'ailleurs tu travailles, me semble-t'il, dans un musée. En dehors des grands dramaturges, si tu devais cette fois adapter pour Seyminhol un romancier français, qui choisirais-tu ?
Ce n’est pas plus obsessionnel que d’écouter AC/DC ou Motörhead qui font toujours le même style de musique, avec des textes très répétitifs qui parlent de filles, de bières ou de motos justement ! Deux groupes, qu’au demeurant, j’adore, mais qui ne se sont pas renouvelés depuis leur origine. Pour répondre à ta question, je dois dire que c’est très compliqué, parce que je ne suis pas un grand amateur de littérature française. Je préfère les auteurs anglais ou russes, les « Gothic novels » et le romantisme noir. En France, il y a toutefois un géant du roman historique que tout le monde connait, c’est Alexandre Dumas. Pour cette raison, “Le Château d’Eppstein” aurait pu être revisité par Seyminhol. Sinon, Cioran me plaît, parce qu’il emmerde son monde et que c’est un pur nihiliste. Mais c’est surtout un gars qui a saisi le pathétique de l’existence et la futilité des choses du quotidien.

L’album Ophelian Fields laisse toute leur place à chaque musicien, notamment grâce à un son particulièrement soigné. Je pense par exemple au morceau Hidden Desire, dans lequel le jeu de batterie occupe l'espace avec une savoureuse richesse. Comment se fait la composition des morceaux chez Seyminhol ?
Nico et moi-même créons l’ensemble de l’œuvre. Je rédige le concept puis les textes. Nico s’imprègne du sujet et retranscrit cela musicalement : c’est lui qui compose toutes les parties musicales (piano, batterie, guitare et basse). Je lui propose parfois de modifier des passages, d’ajouter des mélodies, je travaille également avec lui sur les arrangements. J’imagine ensuite les phrasés, les chœurs, les doublages de voix et les bruitages.

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Kevin Kazek par Alexandre Maeder

It's A Long Way to the Top If You Wanna Rock 'n’ Roll, chantait Bon Scott. J'ai l'impression que la route est encore plus sinueuse pour un groupe français, quel que soit son talent. Tu tournes depuis près de vingt ans avec Seyminhol, quel est ton regard sur la scène hexagonale ?
Je joue dans Seyminhol depuis 1992. Cela fait 26 ans que je fais de la musique et que je sors des disques. J’ai l’impression que c’était plus simple avant. L’industrie du disque a évolué dans le mauvais sens, à mon avis. On gagne très peu d’argent, le téléchargement tue toutes les ambitions. Les concerts deviennent de plus en plus compliqués à trouver parce qu’il y a des restrictions budgétaires, des normes anti-bruit, du clientélisme parfois... Il y a aussi deux mondes que tout oppose : Paris et la province. C’est valable dans notre style. Et puis en France, on préfère regarder ce qui existe à l’étranger plutôt que de soutenir ses propres groupes. Heureusement, tout le monde ne raisonne pas comme ça. Nous jouons avec Trust le 08 juin. Le management a refusé que notre nom apparaisse sur l’affiche... Tout est dit ! Comment veux-tu que ça tourne rond dans ce pays. Nous n’avons pas eu la carrière de Trust mais nous existons depuis longtemps et avons fait de bons albums qui se sont vendus et qui ont été diffusés à l’étranger. Si les fers de lance du style réagissent ainsi, la scène hexagonale continuera longtemps d’être moribonde. C’est typiquement français, et c’est pathétique.

Quelle question aurais-tu aimé que je te pose ?
“Le fait de ne pas avoir les cheveux longs est-il un problème lorsqu’on fait du Metal ?”

Franchement, Kevin, le fait de ne pas avoir les cheveux longs n’est-il pas un problème majeur lorsqu’on fait du Metal ?
Non, il existe de très belles perruques.

Un titre de rock qui pourrait être ta devise ?
“School’s out”, d’Alice Cooper, parce que même si nous ne sommes plus à l’école, il y a toujours des cons pour essayer de t’apprendre à vivre, pour vouloir t’éduquer, te dicter une théorie. On t’emmerde avec les apprentissages, les stages de spécialisation, de professionnalisation ou de management toute ton existence. On va bientôt faire chier les vieux pour qu’il repasse une aptitude au permis de conduire. Bref, l’éducation et l’instruction sont fondamentales, mais les méthodes sont mauvaises comme le prosélytisme et les quotas.

 


 

Merci à Christian Brémont et Technical Spirit pour leurs jolies photos et leur aimable autorisation. Technical Spirit - Productions Audiovisuelles Grand Est a également réalisé les magnifiques vidéos de Seyminhol.

https://www.facebook.com/TechnicalSpirit/

 

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Seyminhol - Ophelian Fields (2018)

Merci à Alexandre Maeder pour sa jolie photo et son aimable autorisation.
https://www.facebook.com/alex.rcmad


Merci à Kevin pour sa confiance, à Nico pour sa bienveillance.

Seyminhol, c’est aussi :
http://www.seyminhol.net/ https://fr.wikipedia.org/wiki/Seyminhol
https://open.spotify.com/search/results/seyminhol

Dans interview

L'interview de Fabien Solere (WORKING KLASS HEROES)

Le 08/01/2019

Working Klass Heroes se définit comme un groupe de “Rock Us / Métal / Electro”. Ce sextet a fait sa rentrée en mars 2018 : après avoir présenté un clip, “The One”, il a sorti son premier album éponyme, original, puissant et varié. Ses textes, aux allures de critique sociale, sont portés par un chanteur qui ne craint pas d’aller défier parfois la performance en équilibre sur les sommets, à la manière d’un Serj Tankian. Bon travail, certes. Mais ces Perpignanais n’ont pas l’intention de se reposer sur leurs lauriers : un deuxième album est déjà en cours de composition ; ils envisagent même de produire un EP acoustique. Il était temps d’aller questionner l’un des guitaristes de ce groupe fougueux pour tenter d’en apprendre un peu plus.


 

Nom, prénom, instruments pratiqués ? SOLERE, Fabien, Guitare.

 

Quel est le premier disque que tu as acheté ? Ce n’était pas un disque, mais une K7. C’était Metallica, “Ride the lightning”.

Qu'est-ce qui a déclenché ta vocation pour la musique ? J’ai l’impression qu’elle a toujours été en moi, pas de vocation mais une évidence. J’ai commencé la musique quand j’avais douze ans.

Comment est né Working Klass Heroes ? En 2010, j’ai décidé de monter un groupe et Hugues m’a rejoint. En 2015, après un premier line-up, on a voulu repartir à zéro et faire de la musique pour s’amuser, sans prise de tête. Joël, Martial, Galdric et Aurélien, sont arrivés, puis tout s’est enchaîné : un premier album, le début des concerts... Enfin, en 2017, Pierre a remplacé Aurélien à la basse. Faut dire qu’on se connaît tous depuis des années : nous avons pour la plupart déjà joué ensemble dans d’autres groupes... Working Klass Heroes est une famille !

WORKING KLASS HEROES par Algoby Graf

Tu t'occupes avec Hugues de la composition, tandis que votre chanteur Galdric écrit les textes. Comment travaillez vous tous les trois pour en arriver à une compo aboutie ? La compo part d’un riff de guitare, puis chacun pose son instrument et met sa petite touche. Une fois la musique terminée, Galdric crée les paroles et le chant en fonction de la rythmique. Après, on l’enferme au placard pour l’enregistrer. (Rires) (NDLR : cf à propos de ce placard : https://www.facebook.com/notes/ahasverus-m%C3%A9taux-en-tous-genres/le-chanteur-de-working-klass-heroes-mis-au-placard-/241923759689548/)

Quelles sont tes influences personnelles ? Tous les rocks, aux musiques amplifiées, en passant par le blues... En vérité, c’est assez éclectique. Mais au niveau Metal, les groupes qui m’inspirent sont Metallica, Filter, Machine Head, Pantera, Biohazard et Helmet.

 

Working Klass Heroes (album disponible depuis mars 2018)

“Working Klass Heroes”, “Economic Slavery” ou “Work Suicide” sont des titres de votre album, sorti le 31 mars 2018. Les rapports de l'homme à son environnement professionnel font-ils partie des préoccupations du groupe, ou est-ce uniquement le regard que Galdric porte sur la société ? Chaque membre est confronté à ce genre de situation quotidiennement. Working Klass Heroes est concerné par la société et ses problèmes, et la vision de Gald sur la vie représente bien ce que nous sommes.

 

Working Klass Heroes est né en 2010. Bon Scott chantait "It's a Long Way To The Top If You Wanna Rock'N Roll". Est-il facile de trouver des dates et des médias pour un jeune groupe qui sort son premier album ? Je me suis occupé du booking pendant un long moment, mais par manque de temps depuis le début de l’année nous avons délégué tout ce qui est promo et booking a Julie (Julie WKH). Maintenant on se concentre à fond sur la musique. Nous sommes un groupe autoproduit, et malheureusement, comme pour tout artiste, il est difficile de trouver des dates. Il y a énormément de salles qui ferment, mais on en profite pour vous créer de nouvelles surprises...

Vous envisagiez de faire un EP acoustique. Avez-vous retravaillé les compos en ce sens ? Certains titres du premier album seront retravaillés en ce sens. Il sera également précédé d’un EP, afin de varier les ambiances et de créer un album encore plus personnel.

Un titre rock qui pourrait être ta devise ? “Take my scars”, de Machine Head, de l’album “The More Things Change”.

Working Klass Heroes par Algoby Graf


 

Merci à Algoby Graf pour ses jolies photos et son aimable autorisation. https://www.facebook.com/profile.php?id=100009033234480 Merci à Fabien et Julie pour leur accueil.

Pour retrouver Working Klass Heroes : Bandcamp : https://workingklassheroes.bandcamp.com/releases Facebook : https://www.facebook.com/workingklassheroes/ Spotify : https://goo.gl/Rxnsxz Deezer : https://goo.gl/5HH8RV Google Play : https://goo.gl/5cLKz7 Amazon Music : https://goo.gl/sWYn29

Dans interview

DELOREAN'S

Le 08/01/2019

Fondé en 2009, Delorean's Rockband est un groupe de Heavy Rock résolument orienté vers les 80’s. Décidé à embarquer un maximum de monde dans sa machine métallique à remonter le temps, ce quintette possède une fanbase si motivée qu’elle lui a permis de dépasser le budget escompté pour l’enregistrement de “Just Rock” (2018), son premier EP. Cerise sur le gâteau : Delorean’s a sorti en avril 2018 un clip jubilatoire réalisé par Alexandre Moyse - Réalisation. Le bolide parisien semble donc décidé à enclencher la vitesse supérieure nécessaire au voyage temporel, mais vers quel avenir nous conduit-il ? On se devait de poser la question à Emmy et Pépito, respectivement chanteuse et guitariste de la drôle de machine.


 

 

HFM : Delorean's, c'est une référence à “Retour vers le Futur” ?
Pépito : Tout a fait ! On est des grands fans de la trilogie, l'idée du nom m'est venue pendant un banal trajet de bus, ça traduisait bien ce qu'on cherche avec le groupe : embarquer le public pour un voyage dans le temps avec nos chansons et une nostalgie des 80's. L'univers de la saga est carrément cool, et la DeLorean est le symbole par excellence de la machine à remonter le temps, donc on a voté pour !

HFM : Comment est né le groupe ?
Delorean’s : Pour ça il faut remonter au lycée ! A l’époque, Bacchus et Vall avaient un groupe nommé “Apple Wine”, avec un chanteur qui faisait du “yaourt”. Ce groupe a fini par splitter en 2009. C'est là que Pépito les a rejoints pour un nouveau projet hard-rock, accompagné d'un pianiste qui jouait avec lui dans un cover-band à l'époque. Après quelques années de galères et de changements de line-up, on a fini par recruter Paul et Emmy fin 2012, par annonce, pour obtenir le line-up définitif et actuel.

HFM : Pépito met des supers solos de guitare partout dans l'EP. Quelles sont ses influences en la matière ?

Vall, par Alain Boucly.

Delorean’s : Dans le line-up actuel, les deux guitares se partagent la lead. Il y a donc des solos de Vall et de Pépito ! Sur les chansons choisies pour l'EP, Vall fait la majorité des solos. Pépito a posé la deuxième partie du solo d'All Night Long et le solo au milieu de Just Rock, juste après le break “Retour Vers le Futur”. Si on écoute attentivement, on reconnaît assez bien les deux styles. Pépito a des influences plutôt “shred” : Paul Gilbert, Steve Vai, Kirk Hammett, Steve Morse, Zakk Wylde et des groupes comme Whitesnake, Scorpions, Mötley Crüe, Steelheart, Mr Big, Van Halen, Autograph... Vall est sur un style plus Rock’N Roll, avec des influences comme Slash, Mark Knopfler, Joe Perry (et donc les Guns, Aerosmith, etc).

HFM : Quel est le premier album que vous ayez acheté ?
Emmy : Ex aequo les Spice Girls et Michael Jackson, “Blood on the dancefloor”...
Pépito : Si je me souviens bien, ça devait être “Meteora”, de Linkin Park. Rien à voir avec ce qu'on fait, mais un ça reste un album culte de mes années collège !

 

"Cet EP, c'est un peu un test et un tremplin
avant de rentrer dans le dur pour l'album,
donc les prochains mois vont être décisifs !"
Pepito


 

HFM : Comment élaborez-vous les compositions ?

Pépito, par Alain Boucly.

Pépito : En général les compos partent de chez moi. En bossant, je fini par tomber sur un riff, que je vais travailler, et petit à petit je vais broder un morceau autour. Je maquette tout ça dans mon home-studio et je partage avec le reste du groupe. Parfois je vais envoyer un seul morceau, parfois une fournée de quatre ou cinq, selon l'inspiration ! Si un morceau fait l'unanimité, on le bosse à la répète suivante, puis on lui apporte des modifications si nécessaire. Bacchus va retravailler les parties batterie, et Emmy va écrire les paroles et trouver la mélodie en parallèle. A l'exception d'Island of Desire, qui part d'un riff de Vall et de Burning Bright, présente sur l'EP, qui vient d'Emmy, je suis le principal compositeur du groupe.

HFM : Emmy, tu es également comédienne, et tu étais à l'affiche de deux pièces de théâtre en juin à Paris. Est-ce que cette expérience t'a aidée pour le clip "Night by Night", et d'une manière générale le fait qu'Emmeline soit comédienne profite-t-il à Emmy, la frontwoman de Delorean's ?

Emmeline Naert était récemment à l'affiche de "Pieds Nus dans le Parc" au théâtre Le Guichet Montparnasse.

Emmy : Bien-sûr, le fait d'être comédienne est un véritable atout en tant que "frontgirl". Étant habituée des tournages, j'étais d'office à l'aise devant la caméra et j’ai proposé pas mal d'idées de mise en scène. En live, j'ai pu créer un véritable personnage scénique qui porte les musiciens. Il faut savoir s'imposer face à ces quatre colosses plein de testostérone ! Autant dans le Glam Rock les mecs se “féminisent” (Vall qui met autant de temps que moi à se préparer avant un concert et qui m'emprunte de l'eye liner !), autant j'ai dû me faire pousser des c****** pour pouvoir créer ma place et la rendre indispensable. L'identité de notre groupe est là. La cohésion sur scène, l'équilibre, je les porte, je les encourage, je les soutiens, je les mets tous en lumière, et le fait que je sois comédienne renforce notre différence : je sais être complice du public, je suis toujours à improviser des blagues, et souvent, après avoir joué, on me demande : “Vous faites du théâtre, non ?”

 

Emmy, par Alain Boucly.

HFM : Emmy, tu chantais dans une vidéo “Somebody to Love”, de Queen, dans un registre qui m'a semblé plus bas que celui que tu utilises dans Delorean's. Est-ce un territoire vocal que tu as envie d'explorer ?
Emmy : Tout à fait, il y a toujours à apprendre et à élargir sa tessiture. Pour l'audition de "We Will Rock You" j'ai travaillé uniquement Queen pendant un mois. La tessiture de Mercury pour une femme est parfois basse, mais ça m'a permis de gagner et solidifier les graves et les techniques puissantes de mixte et de “belt” très souvent utilisée en Hard-Rock. Et l'enregistrement de l'EP, quelque mois plus tôt, m'a beaucoup fait progresser et asseoir la technique, ce qui m'a permis d'en arriver là. Ça profitera certainement au groupe sur les prochaines compos !

HFM : Votre devise est “Where we're going we don't need roads”. Mais vous allez où exactement, et est-ce qu'on peut venir avec vous ?
Delorean’s : Ha ha ! Justement, on ne sait pas où on va ! On se laisse porter où le vent nous mène et nous verrons... Le plus loin possible et avec le plus de monde possible ! On sait que percer dans la musique, et encore plus dans le milieu Hard-Rock, et d'avantage en France, est très difficile. Mais ça ne va pas nous empêcher de faire ce qu'on aime, et de faire des concerts ! On a mis du temps à enregistrer notre premier EP. La plupart des groupes l'enregistrent au bout d'un an, on a mit presque cinq ans ! On a voulu peaufiner au maximum nos morceaux et être sûrs de ceux qui allaient figurer sur le CD. Cet EP, c'est une première étape vers les choses sérieuses. On aspire tous à vivre de notre passion, et on va pousser le projet jusqu'au bout ! On espère qu'il nous ouvrira les portes de festivals pour nous propulser plus haut , et pour ça on a besoin de vous ! Et vous êtes tous les bienvenus à bord de la Delorean !

HFM : Quel album écoutez-vous en ce moment ?
Emmy :
Je suis très fan de la chanteuse LP, qui a vraiment une voix atypique ! Avec elle, j'apprends et j’explore de nouvelles étendues ! Pépito : En ce moment je suis en pleine exploration “post-Hellfest” (Rires), donc ça part dans tous les sens ! À l'heure actuelle je suis focus sur In This Moment, et leur album “Blood” me plaît pas mal. Depuis sa sortie je ponce aussi le dernier d'Avatar, “Avatar Country”. Mais s’il y en a bien deux qui ne me quittent jamais, c'est “Steelheart” et “Tangled in Reins”, de Steelheart, la référence 80's pour moi !

HFM : Votre appel au financement participatif pour l'EP “Just Rock”, sorti en avril 2018, a atteint 117 % du budget nécessaire. Vous attendiez-vous à un tel succès ? Et du coup, la conception d'un LP est-elle à l'étude ?

DELOREAN'S - Just Rock (avril 2018)

Pépito : Sincèrement j'étais assez sceptique sur ce financement, là où les autres étaient plus confiants, mais atteindre les 117% c'était inespéré ! On a une base de fans assez intéressante, certains attendaient un CD depuis longtemps, mais la conversion n'est pas si simple pour tous. On a beaucoup communiqué et poussé l'info pour que ce soit visible, et ça a payé ! On pense effectivement déjà à un album, on a les chansons pour depuis quelques temps, mais on veut d'abord voir où cet EP nous mène, et les prochains mois vont nous aider à le financer. Cet EP, c'est un peu un test et un tremplin avant de rentrer dans le dur pour l'album, donc les prochains mois vont être décisifs !
Emmy : Je suis tellement reconnaissante de tout le soutien que nous avons pu recevoir ! Obtenir plus que notre objectif, je ne m'y attendais pas ! Mais ceux qui nous suivent savent combien cet EP a été un véritable parcours du combattant semé d'embûches depuis l'enregistrement de la première maquette en 2013. Quand la machine s'est officiellement lancée, ils ont répondu présents et j'en suis très touchée.

HFM : On vous revoit quand sur scène ?
Delorean’s : Nous sommes en démarchage pour de nouvelles dates, à suivre à la rentrée...

 

HFM : A qui doit-on "vider les truites" qui conclut l'album ?
Emmy : “Vider les truites” est un délire à l'enregistrement où on déconnait beaucoup avec l'ingé son Marius Beirieu, qui est un grand ami. Je ne sais plus de quel contexte c'est sorti, en tout cas à la fin de la prise je me suis amusée à dire ça avec le beau son du micro et... ça enregistrait encore. Ils ont tous décidé de le garder pour conclure en beauté “Psycho Trouble”. Je dois dire que cette phrase est assez cohérente avec ce morceau ! Un petit hommage à Valérie Lemercier dans le sketch de Les Nuls “L'école du fan”.

DELOREAN'S, par Alain Boucly.


 

Merci à Delorean’s pour son accueil. Quelques liens : https://www.facebook.com/deloreansfr/ https://deloreansrockband.wixsite.com/official https://deloreansrockband.bandcamp.com/releases Merci à Alain Boucly pour ses jolies photos. Alain Boucly Rock Live Photos : https://www.facebook.com/rocklivephotos/

Dans interview

Hikiko Mori : BAD TRIPES A LA PROVENCALE

Le 08/01/2019

Avec « Les Contes de la Tripe » le groupe BAD TRIPES a réalisé en 2017 un album qui le place au sommet du Shock Rock hexagonal.
Rythmiques implacables, textes bien léchés écrits et délivrés par une Hikiko Mori dont le chant n’a jamais été aussi varié, Bad Tripes est incontestablement à son meilleur niveau.
Sans équivalent sur la scène actuelle, il met les petits plats dans les grands en nous narrant ses Contes dans un digipack rappelant les plus belles affiches de comédies horrifiques. Ses clips, véritables joyaux d'esthétisme déjanté,  réalisés sous la houlette de Bat'Art Productions ou de Hibou Prod, illustrent leurs opus façon Delicatessen.
Elle reste inénarable. Voici pourtant l'interview d'Hikiko Mori,  sémillante chanteuse du combo marseillais.

 

   Interview d'Hikiko Mori (Bad Tripes) réalisée le 08/08/2018 par Facebook pour HARD FRENCH METAL.

 

Premier album acheté ?
Hikiko Mori : Ce doit être “Issues”, de KoRn, quand j'avais douze ou treize ans. Ce doit faire une grosse dizaine d'années que je ne l'ai pas écouté, étant passée à d'autres styles de musique depuis, mais cet album – les quatre premiers KoRn en vérité, que j'ai poncés jusqu'à plus soif – a été très important pour moi. J'aimais beaucoup sa noirceur, son côté poisseux. Il y a aussi eu “Fauvisme et pense-bête”, des Tétines Noires, dans un registre très différent, qui a eu une importance capitale pour moi. Et que je continue de vénérer.

Bad Tripes est à l'origine un groupe de copines. C'était ton premier groupe ?
Oui, je n'ai jamais eu d'autre projet que celui-ci. À la base c'était un délire de deux copines de lycée, la première bassiste et moi. On était – sans exagération aucune – le truc le plus pourri de l'univers, haut la main (Sourire). Mais c'était chouette, cette période insouciante de créativité et de joie. On a eu plein d'autres noms plus ou moins « sérieux » - des noms de plantes vénéneuses, ce genre de conneries - pour au final balancer “Bad Tripes” pour rire à une répèt’, et c'est resté.
 

"J'étais un peu fascinée par la folie furieuse de GG Allin,
le mec qui tabassait les gens de son public,
qui exhibait sa mini-bite et qui chiait sur scène.
Bon, après, j'en suis pas encore là :
pour le moment, j'ai juste vomi sur scène !"
(Hikiko Mori) 

 

Elle a dit quoi la famille Mori quand la petite Hikiko lui a annoncé qu'elle voulait devenir chanteuse dans un groupe de Shock-Rock ?
Alors, c'est un peu spécial... J'ai une famille un peu étrange (rien de très dramatique, juste étrange) et j’ai développé le groupe dans un contexte un peu particulier, ayant perdu mon père à dix-neuf ans, quelques mois avant notre premier concert. Et pendant que le projet prenait forme, il était très malade... C'est affreux à dire, mais je pense que si mon père avait survécu, je n'aurais même pas fait ledit concert, ni quoi que ce soit... Ce n'était pas une mauvaise personne, mais il a pu se montrer très dur et intransigeant avec moi. Je n'ose pas imaginer ce qu'il dirait s'il voyait ce que je fais sur scène ou ce que j'écris... Mon esprit refuse même de former cette image !

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Bad Tripes par Romain Barielle Photos

Tu t'appelles Hikiko Mori parce que ça fait joli, ou c'est le côté "retiré du monde" de sa signification japonaise qui t'a plu ?
Les deux, mon général ! Tu vois, depuis que je suis gamine, on me traite de “Chinoise” (bien que ça n'ait rien d'insultant !) malgré que je sois à moitié algérienne, à moitié-espagnole. Enfant, les gamins m'emmerdaient, et une fois adulte, les mecs se sont mis à fantasmer sur mes prétendues origines. J'ai voulu en jouer avec le mot “hikikomori” qui, s'il sonne bien à l'oreille, cache une réalité bien triste. Bien que je ne vive pas coupée du monde, j'ai longtemps été une meuf moche et solitaire, trop sensible, complètement à l'ouest par rapport à ses semblables.

Tu es une fan ultime des Tétines Noires que tu as vu récemment en concert, mais en matière de Shock Rock, quelles sont tes références ?
Sans surprise, j'aimais beaucoup le vieux Manson quand j'étais gamine, même si j'en suis revenue depuis. En soi, mon inspiration côté scène vient surtout du cinéma – j'ai regardé Pink Floyd, “The Wall”, jusqu'à l'obsession quand j'étais ado, avant de basculer sur le “Rocky Horror Picture Show” - puis par le milieu de la performance. J'ai beaucoup côtoyé Jean-Louis Costes, une figure phare de l'underground français. J'ai été frappée par l'aspect pas sexuel, pas bandant pour un sou de la nudité dans ses spectacles, et par la sauvagerie qui s'en dégage. De même, mais dans une moindre mesure, j'étais un peu fascinée par la folie furieuse de GG Allin, le mec qui tabassait les gens de son public, qui exhibait sa mini-bite et qui chiait sur scène. Bon, après, j'en suis pas encore là : pour le moment, j'ai juste vomi sur scène ! (Rires)

 

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GG Allin, 1956-1993

Votre dernier album est “cinématographique”. Chaque membre du groupe a une parodie d'affiche de film à son effigie dans le CD, et certains de vos clips sont de véritables superproductions. Si Bad Tripes était un film, ce serait... ?
Un Jesus Franco avec des dialogues signés Tarantino, des effets spéciaux estampillés Troma, des chansons style Hedwig and the Angry Inch, avec Anthony Wong et des freaks recalés du film de Tod Browning... Du grand n'importe quoi, en somme ! Et si quelqu'un se sent de me ressusciter Lina Romay, au passage, c'est avec grand plaisir...

 

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Female Vampire (1975) de Jesús Franco, avec Lina Romay.

Le tournage de “La Bouchère de Hanovre”, avec des jumelles à l'allure aussi engageante que les sœurs Papin, s'est terminé il y a plus d'un an. Quel souvenir en gardes-tu ?
La meilleure expérience artistique et humaine de ma vie, tout simplement ! De l'équipe de Bat'Art Productions aux acteurs, en passant par les figurants qui ont été d'une patience d'ange, tout a été parfait ! J'ai chialé comme une grosse babtou fragile en leur disant au revoir. Pluie de cœurs au caramel au beurre salé sur eux.

On croise dans "Les Contes de la Tripe" (2017), Madame Haarman, bouchère à Hanovre qui ne manque jamais de viande fraîche, et une Dame Éléphant qui s'exhibe dans un cirque entre deux femmes à barbes... Qu'est-ce qui t'a inspiré ces personnages ? 
Madame Haarman vient, d'une part, du film “La Tendresse des loups”, d'Uli Lommel et, d'autre part, de mon désir pour Béatrice Dalle, qui arrive à être bandante même dans la crasse. Sa scène dans “Trouble Every Day” est ahurissante, répugnante et excitante à la fois. Il y a eu un mélange bizarre dans ma tête. Le mélange sexe et cannibalisme, le goût de la chair... c'est un thème récurrent chez Bad Tripes. On aime la chair et la bonne chère, de vrais hédonistes ! Pour Dame Éléphant, le texte est venu plus ou moins tout seul en écoutant la compo très “cirque” de Seth, sans doute influencé par les nombreuses photos de modèles burlesques pulpeuses que je vois sur Facebook. Mon fil d'actu, c'est moitié chats, moitié filles à poil. Le lieu le plus fréquentable du monde, donc.

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Hikiko Mori, par Romain Barielle Photos

Sous le masque satirique du Shock-Rock, ton écriture, au travers de vos différents albums, peut se faire grave, traiter de l'hypocrisie, du sexisme ou du viol. Y a-t-il un texte de Bad Tripes que tu aimes particulièrement ?
Comme je suis une connasse pleine d'autosatisfaction, je suis contente de tout ce que j'écris (Rires). Plus sérieusement, je suis plutôt fière de tout ce que j'ai pu écrire pour Les Contes de la Tripe et je pense que je continuerai à les assumer dans quelques années, ce qui n'était pas forcément le cas des textes des précédents albums. Sans aller jusqu'à dire que je regrette certains trucs que j'ai pu écrire, il y a pas mal de trucs que je trouve couillons et maladroits.

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Hikiko Mori, "Vague à l'Âme".

Tu dessines et tu peins (https://www.etsy.com/fr/shop/HikikoShop) . De quoi part ton inspiration ?
Sensiblement la même chose que pour Bad Tripes, le cinéma, la littérature, la bande dessinée et, plus généralement, les travaux d'autres artistes : Trevor Brown, Gea Philes, les productions du Dernier Cri, Anne Van Der Linden, Suehiro Maruo, Toshio Saeki et Junji Ito. Je suis très fan des dessinatrices Sophie Laronde et Sarah Fisthole, qui ont des univers à la fois sexy et barrés, dégueulasses et délicats. J'ai le plus grand respect pour tous ces gens.

"Tu vois, depuis que je suis gamine,
on me traite de “Chinoise”
(bien que ça n'ait rien d'insultant !)
malgré que je sois à moitié algérienne,
à moitié-espagnole.
Enfant, les gamins m'emmerdaient,
et une fois adulte,
les mecs se sont mis à fantasmer
sur mes prétendues origines."
(Hikiko Mori)

 

En dehors des textes pour Bad Tripes, tu trouves le temps d'écrire ?
Oui, il vaut mieux : c'est mon taf ! Je suis « journaliste », avec des guillemets (je travaille pour la presse quotidienne régionale), donc bon... c'est pas le “must” en terme de prestige (Sourire). Mais c'est rigolo, et je peux parler de trucs qui me plaisent parfois, côté cinéma et événements artistiques. J'écris aussi, de temps à autres, un mélange de prose et de poésie assez frénétique, avec des allitérations en pagaille, des coups de gueule, de nerfs ou de sang, quand j'en ressens le besoin. De manière plus légère, j'ai un blog de cinéma à la con sur Facebook, appelé Carnage Menu , dans lequel je parle de films plus ou moins improbables.

Un écrivain préféré ?
Dur de choisir ! J'aime beaucoup Angela Carter, qui avait une plume remarquablement poétique, une imagination assez débordante, pleine de fantaisie et de cruauté. Depuis quelques années, je dévore pas mal de Joyce Carol Oates, même si c'est un peu inégal, tant elle est productive. J'apprécie beaucoup le lyrisme et l'humour surréaliste de Vladimir Nabokov.

Que va faire Bad Tripes dans les mois à venir ?
Survivre, tout d'abord. Tourner de nouveaux clips, enregistrer quelques reprises un peu marrantes, faire des concerts, et me muscler le cul parce que je me suis empâtée.

Un titre Rock qui pourrait être ta devise ?
Je ne vois pas, pour être honnête. Tout est bien trop embrouillé-mélangé-kamoulox dans ma tête pour être résumé à une maxime !

Un grand merci, Hikiko Mori, d'avoir accepté cette interview.
Merci à toi, cœur avec les doigts.


 
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BAD TRIPES - pochette de l'album Les Contes de la Tripe (2017)

Les albums : Profitez-en, ils sont à petits prix ! https://badtripes.bandcamp.com/album/les-contes-de-la-tripe http://www.badtripes.fr/

Les interviews : Nous vous recommandons cette interview d’Hikiko Mori réalisée par Chez Audrey et moi : https://www.youtube.com/watch?v=rw0gHG03dlU

Les photos : Enfin nous remercions pour ses jolies photos et son aimable autorisation Romain Barrielle Photos. https://www.facebook.com/Romain-Barrielle-Photos-443668979097997/

Le caramel : Sans oublier un cœur avec les doigts et une pluie de cœurs au caramel au beurre salé pour Hikiko Mori !

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BAD TRIPES

Dans interview

PSYCHANOIA

Le 08/01/2019

Vous ne connaissez peut-être pas Psychanoïa, groupe de Rock/Metal Prog’ formé en 2002 et originaire de Bourgogne. Son dernier opus, “Unreal Seas” (2017), est un trésor caché, preuve supplémentaire que la scène française manque non pas de talents, mais d’une rampe d’accès à des médias monopolisés par les grosses productions et leurs réseaux. L’écoute d’Unreal Seas devrait suffire à vous convaincre de la qualité de Psychanoïa. Son lien est en bas de page. Il est temps de combler vos lacunes sans plus de bla-bla : voici un entretien avec les membres du groupe. N’hésitez pas à partager leur musique autour de vous, ils le valent bien !
(interview réalisée en septembre 2018 pour HARD FRENCH METAL)

 

"Dès que l’on prononce le terme de « progressif », 
la plupart des auditeurs prennent peur, 
s’attendent à des morceaux interminables et incompréhensibles, 
à de la virtuosité permanente voire fatigante, 
à de la musique “élitiste”." 
(Olivier Gaudet)
 

Premier album acheté ?
Olivier Gaudet (guitare) :
Iron Maiden, “A Real Live One”.
Thierry Charlet (batterie) : Le même jour, je me suis procuré mes deux premiers CD : un disque de Genesis (pas de la meilleure période...) et Meat Loaf - Bat Out Of Hell (je trouvais la pochette sympa, désolé pour le reste...).
Jean-Philippe Ciman (basse) : AC/DC, “Live at Donnington”.
Ivan Jacquin (chant/claviers) : Iron Maiden, “Killers” ; Metallica, “Ride the lightning” et Accept, “Restless and wild” le même jour !

Comment est né Psychanoïa ?
Oliver Gaudet :
Hou là ! Vaste sujet et aventure chaotique… Autour d’un “noyau dur” composé de Thierry, de Jean-Philippe et moi-même. Nous avons écrit et enregistré le premier album avec Pierre Laplaca aux claviers. Il s’agit d’un concept album entièrement instrumental. Le second album s’est vu doté de Thomas Joufflineau au chant. Mais entre les accidents et les choix de chemins différents, ça ne “prenait pas”. Il a fallu l’arrivée magique d’Ivan pour réaliser la fusion ultime. L’équilibre était trouvé.

 

PSYCHANOÏA, "Unreal Seas" - 2017

Vous sortez un album instrumental en 2004, puis un LP en 2008, suivi du départ de votre chanteur comme vous l’indiquiez. Le “Psychanoïa Mark III” naît grâce à votre rencontre avec Ivan Jacquin en 2010. En 2017 sort votre troisième album, "UnrealSeas" dont la conception vous a pris quatre années. Comment s'est passé le travail de composition et qui fait quoi chez Psychanoïa ?
Oliver Gaudet : Il s’agit d’un travail collectif d’écriture. Les bases ou quelques riffs sont amenés par l’un d’entre nous et nous les mettons en forme ensemble. Une fois le “socle” posé, les arrangements sont élaborés ensemble également, puis Ivan pose ses textes dessus. A quelques exceptions près (certaines compos sont du “pur Ivan ”), Ivan rédige les textes une fois la composition posée et rodée.
Ivan Jacquin : Il faut dire que j’ai un petit stock de morceaux inutilisés depuis pas mal d’années...

Quelles sont les thèmes abordés par votre dernier album Unreal Seas ?
Ivan Jacquin : Les thèmes sont des pensées, des émotions vécues ou rêvées, en rapport avec des souvenirs, la nature, la violence, la mort, l’espoir, l’amour impossible, les désillusions entre êtres humains... “My hope” est un peu à part : c’est le dernier texte que j’ai écrit pour l’album. Cette “Power Ballad” parle de survivants humains terrés sous la surface après une décimation quelconque, et qui ont l’espoir de refaire surface un jour...

Que faisiez-vous avant Psychanoïa ?
Olivier Gaudet : Euh... Du piano, de l’orgue d’église, du headbang à fond sur une guitare…
Thierry Charlet : Psychanoïa est un groupe de longue date, puisque le projet a démarré lorsque nous étions étudiants. Il a évolué à son rythme et à sa sauce, en parallèle d'autres projets menés par les uns et les autres. Donc avant... J'apprenais à me raser (j'ai échoué) et je faisais encore du sport !
Jean-Philippe Ciman : J’étudiais la contrebasse dans une école de musique. Puis j’ai découvert naturellement la basse ce qui m’a amené à rencontrer Thierry et Olivier dans mes années lycée – avant même que le groupe ne s’appelle Psychanoïa.
Ivan Jacquin : Je faisais partie de plusieurs groupes Rock, Prog’ et Metal (Projekt One, Project Rage, Amonya, Hommage symphonique à Pink Floyd...) jusqu’à ce que je sois invité à une fête d’anniversaire et que je partage la scène avec ces hurluberlus à chanter du Maiden, Dream Theater, Metallica, Queen... Hélas, nous nous sommes instantanément très bien entendus...

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre activité artistique ?
Olivier Gaudet : La composition, l’écriture, le live et… la liberté de jouer et d’écrire ce que l’on veut vraiment et profondément !
Thierry Charlet : J'apprécie le moment fugace où, que ce soit en jouant avec les autres ou en travaillant sur les morceaux, les concepts, etc, les éléments semblent tout à coup s'imbriquer de façon naturelle, évidente, et où l'on oublie la théorie, la technique, le corps, pour se laisser totalement porter par les émotions. Quand on passe d'une somme d'éléments discrets à un ensemble continu et fluide... C'est ce moment "d'extase" (pour ne pas le qualifier autrement...) qui me fascine et que je recherche dans la musique et l'art en général.
Jean-Philippe Ciman : Le plaisir de jouer de la musique est une sensation de liberté, on se sent hors du temps. Il nous arrive souvent de jouer en impro pendant près d’une heure en ayant le sentiment d’avoir joué 5 minutes ! La composition est une partie très intéressante et motivante, elle permet d’exprimer des choses qui ne pourraient pas sortir par un autre moyen.
Ivan Jacquin : Je préfère nettement la scène, le partage avec le public et cette sensation d’être toujours sur la brèche (en temps que chanteur), mi-stressé mi-en transe, oubliant le temps et le reste du monde, ne vivant que pour l’instant présent. La composition par contre est un processus douloureux pour moi car je suis un ultra-perfectionniste et un éternel insatisfait (surtout avec moi-même). Répéter ensemble est très salvateur mais pour toujours avoir à l’esprit le but ultime qui est de diffuser sa musique par la suite... Ne pas s’enterrer et se renouveler... heu, je crois que j’ai perdu le fil de la question... Désolé !

Le Prog' Metal bénéficie-t-il de la même exposition que le reste de la scène Metal ?
Olivier Gaudet :
Malheureusement non. Dès que l’on prononce le terme de « progressif », la plupart des auditeurs prennent peur, s’attendent à des morceaux interminables et incompréhensibles, à de la virtuosité permanente voire fatigante, à de la musique “élitiste”, bref, aujourd’hui, ce terme semble presque péjoratif.
Thierry Charlet : Je ne pense pas non plus. Effectivement les préjugés sont tenaces, car le terme « progressif » englobe tout et n'importe quoi, et pas seulement de la musique pour initiés. Selon moi, cela devrait juste être une invitation au voyage, et ce sans forcément respecter certains codes, pour la plupart issus des formats radio. Aujourd'hui, tout ceci n'a plus trop de sens... Je ne vois pas en quoi des groupes comme Radiohead ou The Mars Volta seraient moins "progressifs" que Porcupine Tree sur certains disques. A croire qu'il faut refuser cette étiquette au profit d'alternatif, indépendant ou “post-machin je ne sais quoi” pour ne pas brusquer...
Ivan Jacquin : Mes acolytes ont tout dit, je ne préfère pas m’étendre sur le sujet car je suis tellement déçu et en colère de la diffusion de cette musique, et d’ailleurs de tout style de musique en France, que je vais devenir cynique et déprimé...

Quel est votre regard sur la scène Prog' française ?
Olivier Gaudet :
Comme dans tout “genre” musical, il y a fort heureusement des pépites en France (comme ailleurs), des groupes comme Nemo ou Lazuli sont tout juste exceptionnels. Mais cette scène est sous-exposée et quasiment absente des festivals “généralistes” pour faire découvrir cette musique à plus de monde.
Thierry Charlet : J’adore Klone également, mais demandez à votre voisin s'il connait...

Il ne reste qu'une place sur l'arche de Noé du Rock pour tout reconstruire dans la bonne direction. Quel album faut-il sauver ?
Olivier Gaudet :
“OK Computer”, de Radiohead.
Thierry Charlet : Meat Loaf , “Bat Out Of Hell” ? Sans blague, il y a tellement de classiques, c'est juste impossible de choisir et j'espère que les autres en citeront... J'opterai donc pour l'originalité avec A Perfect Circle, “Thirteenth Step”. C'est le genre de disque que j'apprécie tout autant en me laissant porter qu'en l'analysant de plus près. Le genre de disque où tout te correspond, où tu te dis “Merde, si j'avais été talentueux, c'est moi qui aurai dû l'écrire et jouer dessus !”
Jean-Philippe Ciman : Si on parle de rock, j’hésite entre “Themata” de Karnivool et “Sonic Highways” des Foo Fighters. Ce sont des albums assez récents mais qui me correspondent bien.
Ivan Jacquin : Juste un album à sauver ? C’est une torture ! Impossible ! “Seventh son of a Seventh Son” de Maiden, “Master of Puppets” de Metallica, “Brave” de Marillion, “Monolith” de Kansas, “Selling England by the Pound” de Genesis, “Operation Mindcrime” de Queensryche, “The Wall” de Pink Floyd, “Keeper of the seven keys” I & II d’Helloween, “Human Equation” d’Ayreon... Je ne peux choisir...

Pour te remercier de ta contribution à la cause, la fée Proguette te propose de passer une journée avec l'artiste de ton choix, toutes catégories et époques confondues. Qui choisis-tu ?
Olivier Gaudet : Peter Gabriel pour les vivants, Jean-Sébastien Bach pour les morts.
Jean-Philippe Ciman : Marcus Miller bien sûr, j’aurais tellement de choses à apprendre à lui !
Thierry Charlet : Sting, sans hésitation. Et si l'un de ses excellents batteurs traine à ses côtés pour me donner quelques tuyaux, je suis preneur également...
​Ivan Jacquin : Mozart si je pouvais le faire renaître... Il aurait eu tant d’autres choses à composer s’il avait vécu plus longtemps... Et Sting... !!! C’est un artiste si talentueux, un génie et un homme très bon, à ce que j’ai entendu.

Quelle est votre actualité dans les mois à venir ?
Thierry Charlet : Malheureusement, elle est bien calme, faute de dates. On réfléchit à d'autres façons d'aborder les choses pour accrocher davantage les organisateurs et le public. Sur le plan créatif, pas de souci, on a toujours des trucs dans les tuyaux et l’envie d'explorer, mais encore faut-il qu'on puisse les jouer... Ceci est un appel désespéré !
Ivan Jacquin : En effet, nous cherchons des dates pour nous exprimer et nous faire connaître par le plus de monde possible. Des premières parties, des café-concerts, des bars. Nous allons enregistrer d’ailleurs quelques reprises assez incongrues mais assez connues pour pouvoir démarcher autrement, plus facilement j’espère, et nous travaillons bien sûr sur le quatrième album à venir.

Un titre du répertoire Rock qui pourrait être la devise de Psychanoïa ?
Olivier Gaudet :
“Thin Roads to Nowhere”(NDLR : de Psychanoïa)
Thierry Charlet : “Arriving Somewhere But Not Here”, de Porcupine Tree.
Ivan Jacquin : “Keep The Faith”, de Bon Jovi.

 

 

Merci à Psychanoïa pour son accueil et sa disponibilité. Merci à Tony Erzebeth qui m’a permis de découvrir ce groupe.
Les photographies sont de François Laurent et Bénédicte Bigot. Je les remercie pour leur aimable autorisation.

Découvrez Psychanoïa sur Bandcamp. L’album y est à tout petit prix : https://psychanoia.bandcamp.com/releases
Pensez à liker leur page : https://www.facebook.com/psychanoia/

Psychanoïa cherche des dates. Contactez-les en MP sur la page du groupe.
A découvrir également : “FOREIGN - The symphony of the wandering jew Part I”, l’opéra Rock Metal d’ Ivan Jacquin, le claviers/voix de Psychanoïa. Vous le trouverez sur toutes les plateformes : http://www.upmystore.com/album-3103-The_symphony_of_the_wandering_jew_Part_I.html

Dans interview

THE SOAPGIRLS - La première interview française

Le 08/01/2019

Si vous résumez Camille et Noemie Debray à leur plastique et à leurs tenues provocantes, alors vous êtes sourd et vous n’avez rien compris. Parfois le Rock est un cri, et quand elles hurlent, les soeurs Debray, c’est bien pour qu’on écoute ce qu’elles ont à dire. Voici la toute première interview française des ces étonnantes Sud-Africaines nées à Paris. Please welcome back The SoapGirls ! (interview réalisée le 25/09/2018)

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The SoapGirls par le photographe Denis Charmot 

 

"Dans une société où les gens sont déjà réduits
au silence et à l’esclavage sans s’en rendre compte,
le fait de les déranger
est un moyen de se faire entendre."

(Camille Debray)

 

Bonjour The SoapGirls. Quel est le premier album que vous avez acheté ?
Camille : Mylene Farmer, “L'Autre”.
Noemie : La bande originale du film “Wedding Singer : Demain, on se marie !”

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de devenir musiciennes et de jouer ensemble ?
Camille : Nous avons grandi ensemble et nous faisions tout ensemble. La musique a toujours occupé une place importante dans nos vies. C’était naturel pour nous d’avoir les mêmes centres d’intérêts, et le jour où nous avons entendu pour la première fois Steve Stevens jouer la chanson “White Wedding”, nous avons su que nous voulions faire de la guitare !
Noemie : Oui, et quand on regardait VH1 (NDLR : une chaîne de TV américaine diffusant des vidéoclips à destination d’un public plus âgé que MTV), on voulait devenir des Rock Stars, comme les artistes qu’on voyait à l’écran !

Vous êtes nées à Paris. Pourquoi avez vous quitté la France pour l’Afrique du Sud ?
Camille : Nous avons fui une situation très difficile. Notre mère a vécu une relation violente. Elle s’était mariée très tôt. Elle a rencontré notre père lors de son adolescence, alors qu’il était en vacances en Afrique du Sud, et ils se sont mariés quatre jours plus tard. Elle était très jeune, naïve et vulnérable. Nous avons de très bons souvenirs de notre enfance, mais également des souvenirs traumatisants et violents... Un jour, notre mère s’est enfuie en nous emmenant très loin de ce pays, et elle a rompu tout contact avec notre famille en France. Elle a pris un énorme risque, et nous sommes partis avec seulement les vêtements qu’on avait sur le dos... Mon souvenir de cette période est vraiment vif, et je ne puis oublier cette expérience, même si j’étais gamine ! Quand nous sommes revenues en France, pour la première fois après environ dix-sept ans, j’étais effrayée, et je pense que si nous avons différé ce retour si longtemps, c’est parce que nous avions peur d’être submergées par ces souvenirs. Nous avons essayé de contacter des membres de notre famille à Paris, mais nous n’avons pas réussi à les retrouver. Alors on a décidé de rouler vers le Sud de la France, jusqu’à un village où on avait grandi. Par pure coïncidence, notre grand-mère et nos tantes s’y trouvaient. Ça semblait irréel, c’était très émouvant de retrouver cette famille que nous n’avions pas vue depuis des années. Les souvenirs revenaient... C’était vraiment spécial... Gênant aussi parfois... Mais nous sommes soulagées de l’avoir fait ! Revoir notre grand-mère, c’était très émouvant. Cette partie de nos vies reste une sombre et déplaisante histoire à raconter. Notre mère n'avait alors pas d'autre choix que de fuir pour nous mettre en sécurité !

 
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Camille Debray par Denis Charmot

Êtes-vous retournées voir les lieux où vous aviez grandi ?
Camille : Nous avons donc essayé en vain de retrouver notre famille à Paris . Alors un jour, nous avons pris la voiture et roulé quatorze heures à travers la France, jusqu’au village où la petite fille que j’étais avait appris à marcher et commencé l’école. Arrivées dans ce village, mon cœur s’est arrêté, et j’ai commencé à pleurer. On retrouvait la maison de notre enfance. Même les odeurs ravivaient des souvenirs. Ça semblait tellement irréel d’être à nouveau dans ce jardin où l’on jouait étant gosses, de retrouver des parfums qu’on sentait étant petites... On a appelé notre oncle, que nous n’avions pas vu depuis que nous avions quitté la France. Difficile de décrire ces retrouvailles avec des mots... Nous l'avons accompagné jusqu'à la Bastide où nous avons eu la joie de retrouver notre grand-mère, qui était descendue de Paris pour les vacances. Ils étaient surpris de nous voir surgir ainsi du passé, mais nous pensons qu’ils étaient heureux. J’ai retrouvé avec bonheur les bras de ma grand-mère. Nous avons même fini par lui donner un petit concert privé, même si nous pensions peu probable qu'elle ait déjà entendu ce genre de musique !
Noemie : C’est absolument vrai lorsqu’on dit que vous respirez plus facilement quand vous retournez à l'endroit d'où vous venez... C’était un peu éprouvant de voir des membres de notre famille que nous n'avions pas vus depuis des années, et j’ai été très émue pendant des semaines. Nous avions l'impression d'êtres rentrées à la maison, en France... Même aujourd’hui, quand je réponds à ta question, c’est presque difficile... Je me sens encore dépassée par mes émotions.

Quelle partie de votre activité artistique préférez vous ?
Camille : Ecrire et jouer Live ! C'est incroyable de voir la réponse du public à quelque chose qui sort de votre âme. Peu importe la barrière de la langue, le public comprend ! La musique est vraiment un langage universel.
Noemie : Rencontrer et jouer pour des gens de toutes les régions du monde, écouter les gens et voir le bonheur et la liberté que la musique leur donne. C’est très touchant et inspirant. Nos fans sont les meilleurs, ils sont comme notre famille.

La première fois que j’ai entendu votre chanson "Johnny Rotten", je croyais que c’était à propos de John Joseph Lydon, le chanteur du groupe Punk "Sex Pistols". J’ai compris mon erreur en écoutant plus attentivement les paroles. De quoi parle-t-elle en fait ?
Camille : Nous sommes d'énormes fans de John Lydon, mais non, cette chanson ne parle pas de lui ! Nous l'avons écrite à propos d’un garçon, en Afrique du Sud, Henri Van Breda, qui décimé toute sa famille. La chanson est écrite du seul point de vue de sa sœur. Nous avons été choquées par cette affaire, et nous nous en sommes inspirées.

 

"Nous devrions toujours essayer d'incarner
le changement que nous voulons voir dans le monde."
(Noemie Debray)

 


Quels sujets aimez-vous aborder dans vos chansons ?
Camille : Tout ce qui se passe dans le monde affecte notre écriture : la politique, la guerre, la maltraitance des animaux, l'injustice, la censure et les expériences personnelles... Tout ce que nous vivons s’exprime à travers notre musique. Nous voyons trop d'injustices dans le monde et cela nous donne beaucoup de sujets. Notre musique, c’est notre moyen d’expression, notre voix, notre manière de protester. Chaque mot que nous écrivons porte notre reflet.
Noemie : Nos chansons sont la bande-son de tout ce que nous sommes en tant que personnes et de ce que nous représentons. Nous avons un message fort dans chacune de nos chansons, notre musique est vraiment très personnelle. Nous avons composé “Bloody” à propos du gouvernement d’Afrique du Sud et de sa politique meurtrière qui lui tâche les mains d’un sang que même l'acétone ne peut pas laver ! (NDLR : “Digging graves and sitting upon golden thrones / Wash your hands the taint comes off with acetone” ; trad. :Creuser des tombes et vous asseoir sur des trônes dorés / Lavez-vous les mains avec de l'acétone” - extrait du titre Bloody sur l’Album Calls Of Rebellion, 2015) . “Bury Me” a été écrite pour un ami qui a tiré sa révérence après un cancer. Il craignait qu’un jour on puisse l’oublier... Camille a écrit “Break you” à propos d’un homme marié qui me poursuivait de ses assiduités. Et elle était furieuse !

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Noemie Debray par Denis Charmot

Quels retours avez-vous sur votre Revolt-Rock en Afrique du Sud ?
Camille: L’Afrique du Sud est un pays extrêmement conservateur. Il n’y existe pas de musique comme la notre et les gens qui se lèvent et parlent des politiciens n’y sont pas les bienvenus. Bien sûr il y a des gens qui téléchargent notre musique, et qui veulent nous voir jouer là bas, mais il est difficile pour nous ne serait-ce que d’y enregistrer.
Noemie : Ouais, l’Afrique du Sud a encore beaucoup de chemin à faire en termes de droits artistiques et de liberté, notamment pour les femmes. Nous sommes particulièrement stigmatisées car nous dénonçons très fortement le président et les politiciens , et nous encourageons les gens à se lever et à protester. Nous ne croyons pas du tout au “PC”, le politiquement correct, que nous concevons comme une forme de contrôle par le gouvernement. Heureusement, grâce à la technologie et à l’accès à l’information, les gens ne sont plus obligés de suivre aveuglément une religion.

Votre look provocateur est-il un moyen de capter l’attention en vue de délivrer un message ?
Camille : Définitivement, j'adore bousculer la perception des gens. Ils assimilent le vêtement à la morale et au corps, et ils réservent le corps des femmes en particulier presque exclusivement au sexe et à la pornographie. Le fait d'être presque nue mais non “sexuelle” bouscule leurs idées sur la manière dont une femme doit s’habiller. Bien sûr, à la première minute du spectacle, c'est un choc. Mais après, les gens se rendent compte qu'en fin de compte la peau peut être un espace de liberté. La manière dont je choisis de m’habiller est ma plus grande liberté ! Je veux apprendre aux gens à ne pas juger sur les apparences. Nos tenues suscitent beaucoup de commentaires d’ignorants, des gens qui voient nos photos mais qui ne sont jamais venus à nos concerts. C’est presque comique comme ils deviennent idiots dans leur précipitation à juger... Nous sommes pures, mais par nos vêtements, nous sommes jugées...
Noemie : Moi je dirais oui et non... Nous ne nous habillons pas comme nous le faisons pour impressionner quiconque. Nos vêtements, en particulier sur scène, sont une extension de notre liberté. Certaines personnes peuvent voir ça comme une recherche d'attention mais pour nous c’est de l’art. La société a une vision déformée de la mode, et elle voit la liberté créative comme un signe d’affaiblissement de la morale , ce qui est drôle, parce que si tu regardes à travers l’histoire, ce sont plutôt des gens habillés «normalement» qui commettent les meurtres, les viols, etc.

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Camille Debray - An arrière plan à l a batterie, Sam Ogden.

“I scream, the only way to be heard”, dites vous dans Society’s Reject. Hurler est-il le meilleur moyen pour être entendu ?
Camille : Oui, je pense que oui, dans une société où les gens sont déjà réduits au silence et à l’esclavage sans s’en rendre compte. Le fait de les déranger est un moyen de se faire entendre.
Noemie : Oui, il vaut mieux crier. Le silence est un crime contre l’humanité ! Lorsque vous voyez des actes répréhensibles, par exemple des mauvais traitements infligés à des animaux, et que vous êtes silencieux, vous êtes pire que l’agresseur.

Sur scène, Camille dit “Si tu crois que le mal n’arrivera jamais, alors tu es stupide. C’est quoi le “Mal” selon The SoapGirls ?
Camille : Le Mal, c'est quand tous vos droits vous sont retirés. C’est un système qui opprime les gens pour le profit d'une minorité consciente et qui ferme les yeux ! À propos de la société, voyez à quel point le monde est censuré : les gens ont peur de parler et d’exprimer une opinion différente.
Noemie : Oui. Et le Mal, c'est de ne pas pouvoir être ce que vous voulez être de peur de se voir jugés et intimidés . En Tanzanie et dans de nombreuses régions d'Afrique, si vous êtes albinos, vous êtes jugé et tué. Le Mal niche dans cette société où il semble acceptable que les gens soient sans abri et contraints de fouiller les poubelles pour se nourrir. Le Mal, ce sont les gouvernements qui adoptent des politiques qui empêchent le travailleur de prendre soin de sa famille, avec des politiciens financés par des entreprises et qui signent des accords commerciaux qui les maintiennent au pouvoir, des accords commerciaux qui privent la société de son humanité. Le Mal, c’ est le travailleur qui paie des impôts élevés et des taxes sur la santé, mais qui ne peut toujours pas accéder à de bons soins de santé. Et la liste n’est pas terminée !

C’est important de garder les yeux grands-ouverts ?
Camille : Bien sûr ! Si vous ne regardez pas autour de vous, vous ne remarquerez jamais que la cage se construit lentement tout autour, et avant que vous ne songiez à vous échapper vous serez pris au piège ! De nos jours l'ignorance pourrait être assimilée à boire tout ce qui vous est donné sans même lire l'étiquette. Vous pourriez tout aussi bien boire de l'eau de Javel !
Noemie : Certainement ! Il importe non seulement garder grands-ouverts les yeux de nos visages, mais aussi les yeux de l'âme ! Si vous pouvez voir les yeux fermés, alors vous pouvez sentir la situation dans son ensemble. Nous devrions toujours essayer d'incarner le changement que nous voulons voir dans le monde.

La fée Pinkie-Rockett est l’une de vos fans ! Elle vous propose de passer une journée avec l’artiste de votre choix, toutes époques confondues. Qui choisissez-vous ?
Camille : Je dirais Lemmy de Motorhead. Il était exceptionnel et a défendu de nombreux artistes qu’on jugeait indésirables. Il a aussi fait beaucoup pour les femmes musiciennes dans le Rock, et je le respecte profondément. Il avait les deux pieds sur terre, et c’était un putain de bassiste !
Noemie : Michael Jackson. C’était une personne merveilleuse ! Je souhaiterais que plus de gens aient sa vision de la vie, je pense que même passer quelques minutes avec lui serait une leçon d’humilité.

Vous êtes sur la route depuis avril 2018 et jusqu’à décembre 2018 pour 127 dates. C’est énorme ! The SoapGirls sont-elles toujours affamées ?
Camille : Éternellement affamées ! Et reconnaissantes de vivre leur rêve et de faire ce qu’elles aiment le plus ! Peu importe à quel point ça devient fou en tournée : on vit pour ça !
Noemie : Oui, c’est sûr ! Nous avons travaillé trop dur et sommes venues de trop loin pour nous contenter de ça. Nous avons encore beaucoup à dire et à faire, et on a toujours faim !

Un seul mot pour résumer The SoapGirls ?
Camille : “Liberté” !
Noemie : “Rocking” !

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THE SOAPGIRLS - Society's Reject (2017)

"Calls Of Rebellion" 2015 / "Society's Reject" 2017/ Prochain album en ... ?
Camille : Nous allons sortir notre prochain album au début de l’année prochaine. Son titre de travail est “Chains”.

Un dernier mot pour vos fans français ?
Camille : Merci Beaucoup pour votre soutien. Nous sommes honorées d’être originaires d'un aussi beau pays et nous espérons que vous garderez toujours le feu dans vos âmes et la passion de la Liberté !
Noemie : Merci pour votre soutien et votre amour. Et souvenez-vous : quand un gouvernement ne se soucie pas de nous, nous devons prendre soin les uns des autres !

DISCOGRAPHIE et liens utiles :

  • Calls For Rebellion (2015)
  • Society’s Reject (2017)

Ecouter The Soapgirls : https://thesoapgirls.bandcamp.com/
N’oubliez pas de liker leur page : https://www.facebook.com/thesoapgirls/

Les photographies de The SoapGirls ont été réalisées par Denis Charmot. Nous le remercions pour son aimable autorisation. https://www.facebook.com/DenisCharmotPhotos/

 

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The SoapGirls par Denis Charmot

Dans interview

BALLS OUT - La tournée chinoise

Le 08/01/2019

Voila longtemps qu’on n’avait pas eu de nouvelles des Balls Out et pour cause : ils faisaient la tournée des restaurants chinois. Comme on aime bien ce qu’ils font, on est allés les rappeler à leur devoir et interrogeant Pat Gioan. On a parlé chemises, Saint-Graal, Pancake, et aussi de ses notes à l’école. Et de musique... Un peu.

 


"L'EP a été “album du mois” 
sur United Rock Nations !
Il a été chroniqué dans plusieurs pays
et très bien accueilli...
Sauf une chronique qui nous a attribué un 01/20. 
(En même temps, 
ça nous rappelle nos notes à l'école, 
donc nous n'étions pas surpris !)"
(Pat GIOAN)
 

Bonjour Pat Gioan. Comment ça va ?
Salut à toi, à vous ! Ça va plutôt bien, je profite de quelques semaines de vacances, on se fait plein de chinois à volonté avec Yann donc ça va ! Tu es bassiste et chanteur de Balls Out. Quel matériel utililses-tu ? Alors je joue sur une Fender Précision de 1992, une petite merveille que j'ai reliqué moi même. Les micros sont des SPB-3 de chez Seymour Duncan. Question effets, j'utilise une Morley Power Wah Boost, le modèle Cliff Burton, couplée à une Ibanez TS9 ce qui fait mon son si particulier. Et je joue sur Hartke.

Quels retours avez-vous eu sur votre EP "Too Big To Handle" ?
Nous avons eu de très bon retours et d'excellentes chroniques ! L'EP a même été “album du mois” sur United Rock Nations ! Il à été chroniqué dans plusieurs pays et très bien accueilli... Sauf une chronique qui nous a attribué un 01/20 (En même temps, ça nous rappelle nos notes à l'école donc nous n'étions pas surpris !)

Balls Out - Too Big To Handle (2018)

Sur le morceau “Balls Out”, tu criais “Pancake” juste avant le solo de Sonny. Tu peux nous expliquer pourquoi ?
Ah, le fameux Pancake ! Tout remonte à la tournée “Master Of Puppets” de Metallica avec Anthrax en première partie. Charlie Benante, le batteur d'Anthrax, demande un matin au petit dej’ à Cliff Burton quels étaient les mots que disait James juste avant le solo de Master of Puppets. Cliff, dans un état encore brumeux, regarde son assiette et lui dit “Pancake !” Et depuis ce jour, sur la tournée, James a prononcé “Pancake” à la place de “Fix Me babe” juste avant le solo. Etant fan de Cliff Burton, je me suis dit "tiens, ça ferait un petit hommage...", et je me suis même fait tatouer “Pancake” sur le genou gauche !

Le 21 juin 2018, vous ouvriez les Hell Sessions à Clissons, et Norbert Krief (TRUST) vous rejoignait sur scène pour jammer. Quel souvenir gardes-tu de cette expérience ?
C'était un moment exceptionnel et irréel en même temps. Il est arrivé pendant que nous jouions “Balls Out”, et je me suis retourné et je l'ai vu ! “LE” guitariste de Trust ! “LE” créateur d’ Antisocial, quoi !!! Nous avons jammé sur une de nos chansons (“Moaning Hard”), puis sur des reprises des Ramones, d’AC/DC et de Led Zeppelin. A un moment, je me suis vu gamin à nouveau, écoutant les vinyles de Trust sur le tourne disque de mon père, et me voici plus de 25 ans après jouant avec Nono...

Balls Out et Norbert Krief par Annabelle Chevallier.

Où en est le futur album de Balls Out ?
On y travaille bien. Nous avons déjà sélectionné les morceaux retenus sur l'album et je peux vous assurer que pas mal d'auditrices vont tomber enceinte rien qu'à l'écoute des morceaux !

De combien de titres disposez-vous ?
Un seul, et on va le jouer en boucle et dans plusieurs tonalités différentes et dans des dialectes oubliés...

Où Sonny achète-t-il ses chemises ?
C'est un secret aussi bien gardé que celui du vrai métier de Pierre ou celui du Graal. D'ailleurs le Graal, c'est une vraie saloperie : un coup c'est une pierre incandescente, un coup c'est un vase !

Balls Out travaillant ses futures compositions. De gauche à droite sur le canapé : Sonny Micucci, Yann Vautrin, Pat Gioan. En haut : Pierre Pizana.

Quelle est l'actualité de Balls Out sur les prochains mois ?
Des chinois à volonté à 12€80 le midi ainsi que l'écriture d'un recueil de poèmes d'amour ! Plus sérieusement, quelques gros concerts à venir dont le seul que nous pouvons vous annoncer pour l'instant est la première partie de Clutch à Paris à l’Élysée Montmartre le 15 décembre 2018 .

Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?
Pas mal de Thin Lizzy. D'ailleurs, petite anecdote : Phil Lynott est décédé le lendemain de ma naissance ! Et oui, un bassiste chanteur en chasse un autre ! Et surtout énormément de Balls Out pour préparer l'album !

Merci Pat Gioan d'avoir répondu à nos questions.
Merci à vous et à très vite pour des news. A vous les studios !

BALLS OUT sera en concert à La Hacienda rocks à Antibes le 06/10/2018.


 

Nous remercions Annabelle Chevallier pour son accueil, sa jolie photographie et son aimable autorisation. Retrouvez Lofofora, Punish Yourself, Havok et plein d’autres artistes sur sa page Kaïzoku Photography - Annabelle Chevallier.

Dans interview

MARION LAMITA PEUBEY - L'interview

Le 08/01/2019

Vous connaissez peut-être Marion-Lamita Peubey grâce à son ancien groupe de Doom-Gothic Metal Darkonelly, ou pour ses contributions à “Ophelian Fields” (2018) le dernier SEYMINHOL, ou au projet Giotopia (2018) de Gio Smet. La voici avec Lux In Tenebris - Metal Band, un projet de Metal Symphonique qu’elle mûrit depuis 2016. Pour son premier EP, “To A New Eternity”, la chanteuse Liv Kristine a été invitée comme « special guest » sur un morceau. Tout ça méritait quelques explications. Malgré un timing chargé et des délais à tenir, Marion a bien voulu nous accorder un entretien. Vous allez tout savoir sur “To A New Eternity” ! (Interview réalisée pour Hard French Metal le 7/10/2018)

Marion-Lamita Peubey par Vanadis Lilja.


 

Bonjour Marion-Lamita Peubey, comment ça va depuis notre entretien du 29 mai ?
Depuis la dernière entrevue pour Hard French Metal, je me sens vraiment très bien : que de bonnes nouvelles en ce moment pour la musique et le domaine artistique ! C’est vraiment très agréable car ma vie a été ponctuée de beaucoup de difficultés dernièrement, surtout d’un point de vue santé. Donc quand la musique va, je me sens revivre et cela me donne de l’énergie pour avancer même si ma santé n'est pas toujours au beau fixe !

Le projet Lux In Tenebris accouche donc dans la joie et non dans la douleur ?
Oui, dans la joie, et surtout dans la paix de l’âme. C’est important pour moi de me sentir sereine et que mon âme soit en paix, malgré les aléas de la vie. Quand est née l'idée de Lux In Tenebris ? Il me semble que c’était en 2016... Mais l’idée a dû mûrir petit à petit car c’était assez flou au départ. Je savais juste que j’avais envie de renouer avec le Metal Symphonique et d’intégrer des éléments d’opéra dans ma musique, du fait de mes études de chanteuse classique. Au début le projet portait mon nom (Marion-Lamita) car je tenais à ce que ce soit un projet solo, ayant vu plusieurs groupes de Metal Symphonique renvoyer leurs propres chanteuses (Theatre of Tragedy, Nightwish, Leaves’ Eyes, Sirenia, Xandria...). Le fait que ce soit un projet solo me protégeait, me donnait le pouvoir, sachant que je compose la plupart de la musique, les paroles... Et ainsi, j'étais la seule maîtresse à bord ! Cependant, petit à petit, ce projet studio a pris un nom de groupe (Lux In Tenebris) car cela me gênait d’avoir un groupe de Metal, qui potentiellement jouerait sur scène en portant mon nom. Je trouve que les projets solo sont souvent d'un autre style, pop ou rock, à l'image du projet solo d'Anneke Van Giersbergen, ou celui de Sharon Den Adel. J’ai donc changé pour “Lux In Tenebris”, formule qui correspond de plus parfaitement aux idées que véhicule l’Ancien Mystique Ordre de la Rose Croix (AMORC) , thème central du premier EP à venir : la lumière en l’humain, son côté divin car il est capable de faire de belles actions et de choisir de faire le bien malgré son côté sombre et sa nature imparfaite. Tu avais déjà sorti un projet où avait joué Pete Johansen (Tristania, Sirenia...). Pourquoi n'avoir pas repris le même nom ? C’est vrai, Pete Johansen a participé à mon morceau “Mortal Seduction”. Ce projet s’appelait Darkonelly. Il n’était pas possible de reprendre ce nom car il faisait référence à une histoire spécifique que j’ai créée. Je termine d’ailleurs en ce moment le roman du même nom, dont l’intitulé complet est “DARKONELLY - Le chemin des Eldènes” ! A défaut d'avoir continué le groupe, je compte bien sortir en livre toute la saga “Darkonelly”, en espérant que cela plaise aux fans de littérature fantastique, ponctuée d'intrigue policière et de romantisme, de symbolisme.

DARKONELLY, l'EP "Stories From Beyond" (2015)

Effectivement tu m'avais parlé du livre. Oui, d'ailleurs ce livre sera terminé pour fin 2018, il sera édité en 2019 si je trouve un éditeur intéressant...
En tout cas, c'est un projet de longue haleine car cela fait environ dix ans que j'ai commencé à l'écrire ! Je suis très longue à écrire et finir mes projets, je vous présente toutes mes excuses si ça traîne à ce point ! Mais à ma décharge, il m'a fallu du temps pour construire le monde de Darkonelly...

J'imagine que c'est dû aussi à tes nombreuses activités. Ça ne doit pas être facile de tout concilier.
Alors je ne sais pas si c’est vraiment dû à toutes mes activités... Je dirais plutôt que ça tient à ma personnalité (Rires) car j’ai toujours un million d’idées, une stimulation cérébrale assez intense... Difficile de me mettre sur “Off” ! Et donc il est compliqué pour moi de terminer mes créations avec tant de projets et de possibilités dans ma tête... Je mets beaucoup de temps car je ressens parfois un frein du fait que je suis sur tous les fronts avec une multitude de nouvelles idées. C’est compliqué pour faire des choix et parfois je ne sais que faire : je vois toujours toutes les possibilités quand je crée quelque chose, il n'y a jamais une seule facette ou une seule façon de voir les choses.

Lux In Tenebris sort le 31/10. Que reste-t'il à faire dessus ?
L’EP “To A New Eternity” de Lux In Tenebris sort le 31/10/2018 sur toutes les plateformes telles que ITunes, Spotify, Deezer, Tindal, YouTube... Il reste à mixer la voix de Liv Kristine (ex-Theatre of Tragedy, ex-Leaves’Eyes, Midnattsol, Savn...), qui apparaît sur le morceau “The Grand Design”, composé par le talentueux artiste Bulgare Krastyo Jordanov. Liv est entré en studio le 5/10/2018, en Allemagne. Pour ma part, je serai en studio à Dijon le 9/10/2018, afin de mixer les pistes de Liv Kristine, et de ré-enregistrer certaines voix, en fonction de ce qu’elle aura chanté, car sur certains passages elle a eu carte blanche ! J’ai aussi quelques voix à poser sur un titre orchestral de ma composition, “The Imperator’s Arrival”.

Ce titre orchestral est pour cet album également ?
Oui, il sera sur l’EP “To A New Eternity”.

Où l’EP est-il enregistré ?
Certains morceaux ont été enregistrés en France, dans les studios d’ Alexandre Warot , guitariste qui apparaît sur deux morceaux, et d’ Alexandre Boise. Deux titres ont été enregistrés en Bulgarie, dans le studio Krastyo Jordanov qui est compositeur de deux morceaux dans le projet. Et une bonne partie des voix (les miennes) ont été enregistrées au Robin StudioTriphon à Dijon, géré par Robin Mory. Robin est un très bon ingénieur du son, et enregistrer dans les conditions de son studio, c’est royal ! C’est également là-bas qu’on mixe certains éléments de la musique. Il y aura combien de titres sur cet EP ? Le tracklisting sera le suivant : 01 - Divine Mankind 02 - Chaos in Beauty 03 - Mystic Euphonia 04 - Temple of the Soul (Interlude I) 05 - Triangle of Light 06 - The Imperator’s Arrival (Interlude II) 07 - The Grand Design feat. Liv Kristine. Soit sept titres ! En durée, nous sommes pratiquement sur la longueur d’un album !

Après Pete Johansen (Tristania, Sirenia, The sins of thy beloved...), Ralf Scheepers (Primal Fear, Giotopia), voici Liv Kristin... Tu ne te refuses rien dis donc !

Liv Kristin, ici avec l'album Symphonies of the Night de Leaves' Eyes en 2013.

Oui, j’ai beaucoup de chance de travailler avec des personnes aussi talentueuses, et de renom ! Pour Pete Johansen, il avait trouvé que la musique de Darkonelly était proche de ses anciens groupes (surtout The Sins of Thy Beloved). J’étais aux anges car pour moi c’est le plus virtuose des violonistes que je connaisse, je n’ai jamais entendu mieux que lui ! Pour Ralf Scheepers, c’était surtout de la chance, car Gio Smet , le concepteur de Giotopia, m’a fait chanter sur le titre sur lequel il apparaissait ! Et pour Liv Kristine, ça a été une belle rencontre humaine. Nous nous sommes “comprises” tout de suite. Il faut dire que nous avons vécu des choses similaires: à ma petite échelle, j'ai été renvoyée de mon premier groupe (Khaelys), et j'ai vécu des choses difficiles d'un point de vue personnel (adoption, violence psychologique, santé fragile...). Nos deux personnalités et notre vécu sont donc très similaires, et je suis particulièrement heureuse que ma musique lui ait plu, qu’elle ait aimé l’univers dans lequel j’évolue. J'avais besoin d'elle à un moment de ma vie, et elle aussi avait besoin de moi. Cette collaboration a quelque chose de magique, car il fallait qu'elle se produise, qu'elle arrive ! En plus, ce titre est vraiment taillé pour elle, car il ressemble un peu à ce que Leaves’ Eyes faisait sur les premiers albums. Je suis très heureuse de l’avoir comme invitée car elle a toujours été une chanteuse que j’admire et respecte, sa voix est plus que magique !
Au départ, pour la petite histoire, je voulais demander à Chiara Malvestiti de Therion, car nos univers sont très proches - nous sommes toutes les deux des chanteuses d’opéra “hors normes”. Mais les circonstances ont fait que la collaboration n’a pas pu se concrétiser (tournée de Therion en Chine, soucis pour enregistrer des orchestrations qui coïncident avec son planning...). J’avais contacté au préalable Liv Kristine sans trop y croire, en pensant qu’elle ne verrait même jamais le message. Et puis un soir, après plusieurs mois, je reçois une réponse de sa part. Elle se disait intéressée par la collaboration, et j’étais invitée à discuter par mail avec elle. C’est ainsi que tout a commencé, et qu’elle a dit oui ! Je suis tellement heureuse de l’avoir sur mon EP ! Car en plus d’être une excellente vocaliste, c’est une bonne personne, elle a du cœur, ce qui me touche vu que j'ai tendance à être hypersensible. De plus, notre collaboration est arrivée en plein milieu d'une épreuve très difficile dans sa vie, la perte de l'homme de sa vie... Et à l'heure qu'il est, je peux vous dire qu'elle a beaucoup de force et qu'elle a eu des idées merveilleuses pour le morceau malgré tout ce qu'elle a vécu ! Liv est un modèle de force pour nous tous!

Et Krastyo Jordanov , (Dracovallis, Metalwings) qui a composé la musique du morceau sur lequel chante Liv Kristine ? Pourquoi et comment l'as tu contacté ?

Dracovallis, Legend of the Frostlands (2013)

Krastyo et moi, nous nous sommes croisés sur internet un peu par hasard. J’étais tombée sur sa musique sur YouTube, et je l’avais félicité car j’aimais beaucoup. Ensuite, il m’a proposé un de ses titres (The Grand Design) sur lequel je devais chanter. A la base, ce n’était pas un duo. Après avoir travaillé sur The Grand Design, j’ai su qu’il avait un titre sans chant, et je lui ai proposé de chanter dessus, ce qu’il a accepté immédiatement (Chaos in Beauty). Les titres de Krastyo sont de pures œuvres de Metal Symphonique, et je suis ravie de travailler avec lui ! C’est un musicien hors pair, qui joue et enregistre tout lui même. J’admire beaucoup son travail, et ses morceaux seront bien sûr joués sur scène, lors du set de Lux In Tenebris !

A part ce titre, côté compositions, qui a fait quoi sur cet EP ?
Au niveau de la composition musicale, j’ai tenu à relever le challenge de composer la plupart des morceaux. J'ai donc écris la musique de Divine Mankind, Mystic Euphonia, Triangle of Light, Temple of the Soul et The Imperator’s Arrival. Certains arrangements ont été faits sur le titre Triangle of Light par Matthieu Vermorel Compositeur et Alexandre Warot. Jean-Philippe Ouamer a arrangé quelques passages orchestraux sur Divine Mankind. Pour le reste de la composition musicale (Chaos in Beauty, The Grand Design), c’est Krastyo Jordanov qui a composé les morceaux. En ce qui concerne les textes, ils sont tous de moi, mais Liv Kristine a rajouté quelques lignes elle-même sur “The Grand Design”!

D'autres personnes (musiciens notamment) t'ont accompagné sur ce projet ?
Il y a bien sûr Tony Erzebeth , mon fiancé, qui me soutient comme jamais, et qui apparaît sur Divine Mankind en faisant des “grunts” ! Il y a aussi Alexandre Boise qui s’est occupé de l’enregistrement de Divine Mankind.

Marion-Lamita Peubey par Vanadis Lilja.

Tu as publié une annonce pour dire que tu cherches des musiciens capables de se déplacer sur Dijon pour transposer le projet sur scène. Quelles qualités devraient avoir ces musiciens pour t'accompagner ?
Oui, je recherche actuellement des musiciens de scène, car les personnes avec qui j’ai travaillé sont des musiciens de session, uniquement pour le studio, les enregistrements. C’est important pour moi d’avoir un vrai groupe avec lequel je puisse jouer sur scène, mais aussi pour enregistrer un nouvel album par la suite. Krastyo aurait été parfait pour la guitare, mais la Bulgarie est beaucoup trop loin... Je recherche donc : -un batteur, capable de jouer au clic et maîtrisant la double-pédale. - un guitariste à l’aise en rythmique mais aussi capable de jouer des solos, car il y a beaucoup de rythmiques dans les morceaux du set, mais également des solos un peu techniques. Humainement, il faut que ces personnes soient dans le même univers, sérieuses, motivées, et surtout avec un petit brin de folie car c’est important ! Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à me contacter sur Facebook ou par e-mail : peubey.m@gmail.com !

Dans l'idéal, tu envisages de tourner partout où l'occasion se présentera ?
Oui, j’ai très envie de chanter sur scène ! Ces dernières années, mes concerts étaient plutôt classiques. J’ai chanté par exemple des airs d’opéra, l'air de la Reine de la Nuit avec orchestre (le Brass band du Grand Chalon ), du Puccini, du Gounod (l'air des bijoux, qui me donnait des allures de Castafiore !), mais niveau Metal, je ne faisais plus que du studio depuis mes anciens groupes... Je suis donc très motivée pour tourner avec Lux In Tenebris, en France dans un premier temps et puis peut être à l’étranger si l’occasion se présente !

 

Marion-Lamita Peubey par Vanadis Lilja.

Enfin tu parlais déjà d'un futur album. Lux In Tenebris n'est donc pas un projet "one-shot". Tu as déjà des idées pour un album suivant ?
Oui, je ne cache pas que j’ai déjà plein d’idées pour le prochain album : passionnée par l’histoire de France, et particulièrement par le XVIIIème siècle, je voudrais consacrer un album à Marie-Antoinette, la dernière reine de France. Cette femme était très cultivée et chantait (elle était soprano !) pour certains privilégiés de la Cour de Versailles. Musicalement, cela permettrait d’envisager une foule de choses : utilisation d’instruments d’époque, costumes, chant plus baroque, mais aussi d’apporter une touche néo-classique au niveau de la guitare ! En tout cas, cela me permettrait de rendre hommage à cette Reine qui porte encore les marques des pamphlets ridicules de l'époque. L'Histoire est bien souvent trop détournée, au détriment de la Réalité...

Ah oui, intéressant, ça fourmille d’idées !
Merci ! J’ai tellement appris de choses sur Marie Antoinette que je me sens capable de faire un album concept sur cette figure historique, en essayant de respecter le plus possible les faits bien sûr. Alors après l'Egypte, Marie-Antoinette ? “Lux In Tenebris” c'est en somme un voyage dans l'Histoire... L'Histoire doit éclairer le présent ? Totalement ! L’EP peut être vu comme un voyage spirituel, et le côté historique est surtout mis en lumière par l’Égypte ancienne, qui est le berceau des écoles mystiques telles que l’AMORC et la franc-maçonnerie. Je suis consciente que l’univers de “To A New Eternity” est un peu opaque pour la plupart des gens, car les thèmes sont basés sur le mouvement philosophique et spiritualiste de l’Ordre de la Rose-Croix. En tout cas, les valeurs que j’ai voulu développer dans mes textes sont les suivantes : - bienveillance, - tolérance, - don de soi, notion de dépassement de soi, - humanisme et confiance en l’humain et ses forces, tout en ayant conscience de ses faiblesses - prendre soin de la terre, écologie et aussi être conscient des merveilles que nous offre le monde, sa beauté... Voilà en résumé de quoi traite l’EP, d'un point de vue des valeurs... Comme l’a dit Malraux (enfin, cette phrase n’est pas réellement de lui mais lui a été attribuée) : “Le XXIème siècle sera spirituel, ou ne sera pas !” Je pense que n’importe quelle personne peut se retrouver dans ces valeurs, qui doivent être mises en avant au XXIème siècle, car nous avons besoin de spiritualité, tout en gardant tout de même un pied dans le monde matériel. Pour l’album avec Marie Antoinette, je pense que je partirai dans une direction vraiment plus historique au sens premier du terme. Mais avant ça, il me tenait à cœur de parler des valeurs que j’ai citées tout à l’heure.

Qu’est-ce que tu écoutes actuellement ?
En ce moment, j’écoute beaucoup de musique avec Liv Kristine ! La collaboration que nous faisons m’a donnée envie de réécouter certains de ses albums : Velvet Darkness They Fear, Aegis, Assembly, Symphonies of the Night, l’EP Mélusine, mais aussi Libertine, un de ses albums solos et Enter my Religion. J’écoute aussi quelques airs lyriques que je prévois de travailler sous peu, en particulier l’Air des Clochettes de Lakmé, l’opéra de Léo Delibes...


 

Merci à Marion-Lamita Peubey d’avoir pris le temps de nous accorder cet entretien en pleine préparation de “To A New Eternity”.

Merci à Vanadis Lilja pour ses photographies et son aimable autorisation. https://www.facebook.com/Lillavanadis

Dans interview

LOKI LONESTAR - L'insaisissable

Le 08/01/2019

HeYs, Micropoint, Lady La Fée, VS-feat, Les Screwdrivers... Loki Lonestar est un artiste à facettes. Tout à la fois chanteur, performeur et acteur, il est parfois difficile d’appréhender l’intégralité de son univers. En septembre 2018, il donnait au Poste à Galène à Marseille le concert d’adieu de Tricksterland en compagnie de deux complices bienveillants, Bad Tripes et La Compagnie Kta. C’était le moment pour convenir d’un point avec cet aimable hyperactif afin de tout savoir - ou presque - de son actualité polymorphe. Voici notre interview de Loki Lonestar . (Réalisée pour Hard French Metal le 13/10/2018)


 

Loki Lonestar par Nicolas Gracovetsky.

 

"J'ai beaucoup de choses à dire, je les exprime de différentes manières :
avec de la colère, de la tristesse, de la joie, et parfois une bonne dose de folie..."
Loki Lonestar


Bonjour Loki Lonestar. Comment ça va ? Mes hommages Hard French Metal, ravi de pouvoir répondre à tes questions en ne répondant pas à la première. Ça commence bien !

Le 07/09/2018 se tenait le dernier concert de Tricksterland au Poste à Galène, avec Bad Tripes et La Compagnie Kta. Quel souvenir gardes-tu de cet événement ?

Hikiko Mori (Bad Tripes) et Loki Lonestar (Tricksterland) au Poste à Galène le 7/09/2018.

Un souvenir impérissable. Une belle date avec plein d'Amour, de surprises et de rebondissements. J'en profite pour remercier ici Anne et Hikiko sans qui on aurait tout simplement abandonné avec Tricksterland. Grace à Bad Tripes et Cie Kta on a pu mettre un point final à l'aventure de fort belle manière.

“Le Voyage” était un grand album, et l'idée des “passeports Tricksterland” était ingénieuse. Des titres comme “Uzi Dance”, “Not Me”, ou encore “Sex, Drugs & Fame” ne sont pas près d'être oubliés. En somme, c'était bien, Tricksterland, pourquoi avez-vous mis fin à son activité ? Tellement de raisons différentes... Une seule à te dire ici ? “A la fin de chaque chose, il y a quelque chose d'autre qui commence”.

On refera quand même la Uzi Dance ? J'imagine que de tels morceaux continueront à vivre à travers tes shows... Effectivement, beaucoup de chansons de Tricksterland continueront à être passés dans des mix, à faire bouger des dancefloors, et je continuerai à en jouer dans mes futurs spectacles.

En 2013 tu passais dans l'émission “Popstar”, sur M6. Quelles ont été pour toi les retombées de cette expérience ? RIEN ! Tu veux que je développe ? (Rires) Je suis passé dans le zapping et beaucoup de personnes m'ont découvert comme ça, croyant que je suis un être flippant qui dit "NON" tout le temps. Il n'en est rien !

Quel souvenir gardes-tu de cette émission ? Un souvenir périssable, il s'efface peu à peu de la mémoire collective jusqu'à en disparaître complètement. Important le pouvoir d'oublier ! Dans notre monde surchargé c'est un pouvoir magique.

Il est parfois difficile de suivre tes multiples activités. Dans quels projets musicaux es-tu impliqué actuellement et où peut-on les retrouver ? Il est vrai qu'il est difficile de me suivre. Je suis un défi. Un artiste prolixe. J'ai beaucoup de choses à dire, je les exprime de différentes manières : avec de la colère, de la tristesse, de la joie, et parfois une bonne dose de folie... Bon, souvent même. Pour mieux me comprendre et appréhender mon travail, je vous invite à visiter mon site http://lokilonestar.com/ .

Pour illustrer l'album “Loki Lonestar (Un)official feat”, tu a sorti un clip de ta reprise du “Frozen” de Madonna. Qui est Du(t)chess Lily qui t’accompagne et comment s'est passé le tournage de cette magnifique vidéo ? Superbe vidéo en effet, dont nous avons assuré le tournage, le montage et la réalisation ensemble avec Du(t)chess Lily alias Julie Denn. C'est une talentueuse chanteuse (voir Les Harpies, ou Chiennes de Zeus) avec qui j'ai joué dans VS-feat (And Versus Feat) mon ex-groupe/collectif de covers. Nous voulions faire un clip à l'image de notre reprise: quelque chose de beau, de décalé, de poétique et de “totally crazy”. A toi de nous dire si c'est réussi !

C’est particulièrement brillant, et cet album de cover est excellent. Tu y reprends David Bowie, HeYs, et plein d'autres artistes. Où peut-on le trouver ? Vous pouvez trouver mon album Loki Lonestar (Un)official feat partout sur toutes les plateformes. (https://open.spotify.com/album/3iC99oAhFv8rGG3IWjnOo1) .

Tu reprends également Nine Inch Nails. Quelle est l’artiste qui chante “Hurt” avec toi ? Elles sont deux superbes voix pour cette reprise: il y a Virginia de Skinsitive et Alaia de Les Harpies, ou Chiennes de Zeus. L’adaptation est de Carrie Circus (ex-TRICKSTERLAND). Que du beau monde !

 

Loki Lonestar (Un)official feat.

Peut-on espérer un “(Un)official feat 2” ? Non, clairement ! Il y a bien quelque chose en gestation actuellement mais ce sera différent de mon album précédent. En mode post-Tricksterland, j’avais envie faire des compos, j’avais quelques idées digérées et l’envie de restituer quelque chose de nouveau.

Dans un registre bien plus métallique, tu chantes dans HeYs , groupe formé en 2017 à la croisée de System of a Down et de Rage Against The Machine. Je découvre à peine votre EP, "Tribal Metal". Quand est-il sorti et où peut-on l'écouter et se le procurer ? Pour la version CD vous pouvez visiter notre site http://heystribalmetal.com/. Sinon, trois titres sont sur toutes les plateformes.

Le titre “ParaDIGma” de HeYs est écrit en partie en Allemand. De quoi parle-t'il, et quels sont les thèmes que Loki Lonestar aime aborder dans ses chansons ? Paradigma est un texte de Friedrich Nietzsche que j'ai adapté à la fois en français et en allemand. J'ai fais un EDIT pour montrer l'immense respect que j'ai pour ce génie. J'aime écrire, même si c'est une partie de mon travail qui est restée dans l'ombre jusqu'à présent. Sur mon site vous pourrez accéder aux paroles pour vous faire une idée.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton métier d’artiste ? Les rencontres. Voir des étoiles dans les yeux des gens et les enlever pour y mettre de nouvelles étoiles.

Quelle est ton actualité ? Un nouvel album de Micropoint, un premier album de HeYs, et un nouvel EP Loki Lonestar. Enfin nous participerons avec Micropoint le 3/11/2018 au 03/11/18 - Rave ● Resist ● Revolt | Strasbourg à La Laiterie Artefact. Au fait, Loki Lonestar, y a-t-il de la vie sur Mars ? C'est pour bientôt, et elle est humaine !

 

              

 

Nous remercions Nicolas Gracovetsky pour sa jolie photographie et son aimable autorisation. Retrouvez-le sur son site : https://www.facebook.com/GracovetskyPhotographie/

Dans interview

ORENDA : Au suivant !

Le 08/01/2019

Le premier album, malgré la densité extrême dont il fait preuve, reflète notre état d'esprit du moment, la fougue, et l'envie d'être les Dream Theater français...  Aujourd'hui je dirais que c'est plutôt l'inverse : essayer de s'échapper de nos références.
​(Anthony Lefebvre) 



Orenda est un groupe de Metal Prog’ né des cendres de Dream, un tribute-band à Dream Theater à la fin des années quatre-vingt dix . Fort d’un EP et de deux LP - dont l’un qu’on peut qualifier de double avec ses vingt-sept pistes- cette formation est parfois comparée à ses modèles, Dream Theater et Queen. Préparant son troisième opus, sobrement intitulé Next, Orenda vient de publier un clip et de se lancer une opération de crowdfunding. C’était donc le moment d’essayer d’en savoir un peu plus sur ce quintette de Rouen. Nous avons posé nos questions à Stéphane Coubray et à Anthony Lefebvre, respectivement claviériste et chanteur du groupe.
(interview réalisée pour Hard French Metal le 09/11/2018)

Anthony Lefebvre (photo Jeff Lescene)         

 

Vous avez deux albums à votre actif : A Tale of a Tortured Soul (2008), et A New Day for Heaven (2013). Quel regard portez-vous aujourd'hui sur chacun d'entre eux ?
Stephane Coubray (clavier) : Une certaine fierté, du plaisir à les écouter, à les re-découvrir, même si il y a certains défauts... Des défauts de réalisation, d'arrangements ou de mixage. Mais c'est comme ça qu'on progresse et qu'on évolue.
Anthony Lefebvre (chant) : Le premier album, malgré la densité extrême dont il fait preuve, reflète notre état d'esprit du moment, la fougue, et l'envie d'être les Dream Theater français...(Rires). Aujourd'hui je dirais que c'est plutôt l'inverse : essayer de s'échapper de nos références.

Stéphane Coubray (photo Jeff Lescene)

Vous vous préparez à sortir Next, un cinq titres dont vous avez tiré le clip "Minimalism". Cet EP est quasiment bouclé, que reste-t-il à faire ?
Orenda : Ce n'est pas un EP, mais un album ! Il n'y a que 5 titres mais l'ensemble dure près de soixante minutes. Le dernier titres, Bridges of life, fait plus de vingt minutes à lui seul. Pour les passages radio, on oublie ! L'album est fini au niveau de l'enregistrement, mixage, mastering, conception de la pochette. Brett a déjà masterisé l'album, et son boulot est remarquable. Il ne reste plus qu'à fabriquer les CD, les vendre, et les envoyer. Trouver en même temps des labels pour le distribuer, lui donner une certaine visibilité.

On pense à Queen pour les choeurs, ou au Dream Theater de Train of Thought pour son côté agressif, en écoutant votre discographie. Quelles étaient vos références en composant "Next" ?
Stephane Coubray : Dream Theater et Queen sont toujours présents. Au côté de Pink Floyd, Pain of Salvation et d'autres... Pour ma part, de nouvelles influences sont apparues durant l'écriture de l'album : Essentiellement Frost et Steven Wilson, puis aussi la re-découverte de l'ère progressive des années 70 avec les anciens albums de Genesis, Yes ou bien ELP.
Anthony Lefebvre : Evidemment Dream Theater reste une influence majeure, mais plutôt leurs premiers albums. Pain of Salvation est quant à moi, l'influence la plus présente sur l'album. Queen est aussi très perceptible, tellement nous sommes fans.

Quand cet album sera-t-il disponible ? J’ai noté que vous faisiez appel au crowdfunding et que vous aviez déjà atteint 60% de votre objectif ?
Orenda : C’est exact, et le crowdfunding prend fin le 16 novembre 2018 à minuit. Si nous atteignons la somme désirée, l’album sortira un mois après. En revanche, j’ai bien peur que si le crowdfunding ne fonctionne pas nous ne puissions pas sortir cet album physiquement.

Orenda (photo Jeff Lescene)

Plus d’infos sur le groupe et le futur album sur la publication d’appel au crowdfunding : HTTPS://fr.ulule.com/orendanext/ Vous pouvez aussi liker la page d’Orenda : https://www.facebook.com/ProgOrenda/ Et retrouver leur discographie : https://orenda-music.bandcamp.com/


 

Groupe : Orenda
Genre : Prog’ Metal
Origine : Rouen (76)
Line-Up : Stephane Coubray (clavier), Anthony Lefebvre (chant), Julien Esteve (basse), Stephane Vaillant (guitare), et Guillaume Lefebvre (batterie).
Discographie : Tortured Soul, (EP - 2000) A Tale of a Tortured Soul (LP - 2008) A New Day for Heaven (LP - 2013) Next (LP - A paraître)


 

Les photographies présentées dans cette publication sont l’oeuvre de Jeff Lescene.

Dans interview

MARIE-ANTOINETTE - La nouvelle tête

Le 08/01/2019

Marie Antoinette est une groupe de Heavy Rock Niçois qui brûle les planches azuréennes depuis 2012. Après les EP Lose Your Head (2013) et The Second Wave (2017), il postait en septembre 2018 un premier et très beau clip signé Benjamin Bachelard (Disclosure Productions). En octobre 2018, surprise : Marie Antoinette présentait sa nouvelle frontwoman. Sol, le bassiste, et la nouvelle voix de la Reine, Loy, ont bien voulu nous en dire plus.


 

Hard French Metal : Bonjour Marie Antoinette. J'ai eu la surprise de constater en assistant à l’un de vos concerts que vous aviez changé de chanteur. Il est indiscret de vous demander ce qu'il s'est passé ?
Sol : Bonjour Hard French Metal. Effectivement, nous avons changé de chanteur, nous l’avions annoncé sur notre page mais il semble que l’information ne se soit pas diffusée correctement. Ce qui s’est passé ? Rien de bien original. Yann est un excellent chanteur, malheureusement les visions musicales et la vision du groupe ont, au fil des années divergé sur de nombreux points, nous entraînant à ne plus pouvoir collaborer ensemble.

 

Loy a intégré le groupe depuis près d'un mois et demi. Comment l'avez-vous rencontrée ?
Sol : Loy à intégré le groupe effectivement très récemment. Nous avions un concert prévu à l'Altherax de longue date que nous avons envisagé d'annuler après la séparation d'avec Yann, mais à son arrivée, Loy nous à convaincu de le maintenir. Elle s'est donnée les moyens et a pu apprendre plus de trente minutes de set très rapidement, en deux répètes seulement ! Ce concert s'est extrêmement bien passé, ce qui est très prometteur sur l'avenir de ce line-up. C'est moi qui l'ai contactée. Nous avions un groupe ensemble il y a quelques années (The Way I Breathe). Je savais qu'elle assurait scéniquement et qu'elle était sérieuse.

Marie-Antoinette à l'Altherax de Nice le 8/11/2018.

On a déjà eu l'occasion de vous interviewer, mais je ne connais pas Loy. Peut-elle nous parler de son parcours et de ses influences ?
Loy : J’ai la chance d’avoir été élevée par des parents qui ont de très bons goûts. Des Rolling Stones aux Red Hot Chili Peppers, en passant par David Bowie et Tears for Fears, j’ai toujours baigné dans le Rock. D’autant plus que mon père est guitariste dans un groupe et excellent compositeur. Ado, je me suis prise d’amour pour le Metal. A quinze ans, première tentative de groupe, Tearsmile, mais ce n’est jamais allé plus loin que quelques répètes chaotiques ! Mon premier vrai groupe était My Own Funeral, de 2008 à 2010. C’était du Rock/Metal. C’était l’époque de Myspace, c’était cool. C’est là que j’ai découvert le plaisir de la scène ! Ensuite j’ai rejoint The Way I Breathe, un son Rock/Metal aussi, mais plus alternatif, avec une pointe d’Electro et d’ambiances un peu underground. Je chantais aux côtés de Sol, notre bassiste dans Marie-Antoinette, mais qui officiait alors à la guitare. On s’éclatait bien, mais en 2012 j’ai dû quitter le groupe à cause de ma trop grande mobilité liée à mes études de biologie marine… Ça m’a vraiment fait mal au cœur ! La musique et la scène m’ont terriblement manqué par la suite, et ma récente entrée dans Marie-Antoinette est vraiment une libération pour moi ! Concernant mes influences, la principale sans hésitation c’est Candice de Eths. Cette nana a complètement forgé ma personnalité musicale ! J’ai appris à screamer en m’égosillant des heures par-dessus leurs chansons. La chanteuse de Flyleaf m’a beaucoup inspiré aussi, ainsi que Dolores des Cranberries - à force de chanter Zombie en boucle (cette chanson me poursuit vraiment, il m’arrive encore de la chanter en pub pour la millième fois…). Sinon niveau goûts musicaux j’ai commencé par des classiques (System Of A Down, Marilyn Manson, Korn etc.), puis je suis tombée dans le Pop Punk (Blink-182, à jamais !). Maintenant j’écoute beaucoup de Metalcore/Post-Hardcore. Je pense à Bring Me The Horizon, Asking Alexandria, A Day To Remember, Escape The Fate, mais aussi des trucs plus smooth comme Sleeping With Sirens, Our Last Night, All Time Low.

 

Marie-Antoinette à l'Altherax de Nice le 8/11/2018

Loy, ton prédecesseur Yann, est un excellent chanteur. C'était un challenge de reprendre le flambeau et des morceaux composés pour lui ?
Loy : Un challenge, clairement, pour plusieurs raisons ! Déjà parce que oui, il a une bonne voix et que celle-ci se mariait parfaitement avec le côté Hard-Rock de Marie Antoinette. Ensuite, le passage d’une voix masculine à une voix féminine change beaucoup la sonorité et l’intention d’une musique dans son ensemble. En général ça adoucit le son, ça pue moins la testostérone, ça peut même faire “gnian-gnian” si on va dans les clichés… Mais sur ça je suis plutôt sereine, je suis dans la team “chanteuse-un-poil-garçon-manqué-qui-envoie-du-lourd”. En vrai le plus gros défi, c’est de reprendre des chansons composées pour un mec. Sans surprise, quasiment toutes sont trop graves pour moi ! On a pensé à les transposer à ma hauteur, puis on a très vite abandonné l’idée car au final j’arrive à m’en sortir, à les personnaliser un peu. Pour les prochaines compos, j’écrirai bien sûr mes lignes de chant et mes paroles, ça sera donc à ma sauce et beaucoup plus confortable !

Je vous ai découvert sous cette nouvelle configuration en concert le 8/11/2018 à l' Altherax Music de Nice, et j'ai trouvé votre prestation plus "métallique" que lors de deux sets antérieurs vus avec l'ancienne formation. C’est une impression où vous avez durci le ton avec l'arrivée de Loy ?
Sol : Les morceaux n'ont pas été modifiés pour l'arrivée de Loy, nous n'en avons pas eu le temps, elle a pris le train en marche ! Effectivement, le changement de chant peut altérer de manière significative la perception de la musique jouée derrière, même si celle-ci reste identique. Loy, de par ses influences plus modernes, apporte effectivement une autre manière d'aborder le chant et également la scène. En ce qui concerne les musiciens, nous avons aussi ressenti cette énergie du renouveau, et l'avons très probablement intégrée malgré nous à l'interprétation de nos titres. Alors plus métallique, ça n'était pas une volonté, mais soit. Chaque changement de line-up apporte un renouveau, la musique embrasse les personnalités des nouveaux membres, c’est la grande force de Marie Antoinette.
Loy : Ça c’est peut-être la faute à mes trois gros screams qui clôturent une des chansons que l’on a joué (rires) ! D’ailleurs je risque d’en placer encore quelques uns dans nos nouvelles compos, affaire à suivre....

Un EP deux-titres devrait voir le jour prochainement. A-t-il été écrit à l'intention de Loy, où les titres ont été conçus du temps de Yann ?
Sol : Les morceaux du deux-titres en cours sont des "anciens" titres, qui datent d'avant Yann. Nous n'avions pas pu les intégrer dans notre dernier E.P "The Second Wave", mais voulions absolument les enregistrer, afin de pouvoir passer sereinement à l'écriture de nouveaux morceaux.

Quand pourra-t-on écouter ces nouveaux morceaux ?
Sol : Le processus d'enregistrement est bien entamé, nous en sommes aux prises de chant. C'est toujours délicat de donner une date précise, mais je ne pense pas trop prendre de risques et l'annoncer pour le premier trimestre 2019.

Sol, je crois que tu accompagnais la tournée Nord-Américaine de Porno Graphic Messiah en 2018. Quel souvenir en gardes-tu ?
Sol : Effectivement, j'ai eu le privilège d'accompagner Porno Graphic Messiah sur la tournée Nord Américaine. C'est la première fois que je partais en tournée aussi loin. J'en garde des souvenirs impérissables. Le groupe canadien avec qui nous avons partagé l'affiche plusieurs soirées, DOAN, était extraordinaire de gentillesse et de professionnalisme. Nous avons passé de grands moments humains et musicaux. Je vous invite à visionner le petit montage de notre périple qui se trouve sur la chaîne Youtube de Porno Graphic Messiah "Amerika Tour 2018".

Quelles sont les ambitions de Marie Antoinette ?
Sol : En ce qui concerne nos ambitions, et bien nous allons nous enfermer dans notre local, finaliser les enregistrements en cours, composer de nouveaux titres, peaufiner notre son et notre univers scénique, et également travailler en profondeur notre show lumières. Nous reviendrons sur la scène en 2019 avec de nouveaux titres et un projet encore plus abouti !!!

Marie-Antoinette à l'Altherax de Nice le 8/11/2018

Merci Marie Antoinette de nous avoir accordé cet entretien. On attend les nouveaux morceaux avec impatience. On vous confie le mot de la fin ? Sol : Le mot de la fin ? Longue vie à la Reine !!!

Retrouvez Marie Antoinette sur scène le 23/11/2018 à Antibes ( La Hacienda rocks ).


 

Renseignements et liens utiles :

Groupe : Marie Antoinette Genre : Heavy Rock Origine : Nice (06) Line-Up : Loy : Lead vocals / Zuul : Guitars /Sol Hellfire : Bass & backing vocals / Alex Hangmen : Drums. Discographie : Lose Your Head (EP - 2013) et The Second Wave (EP - 2017) Facebook : Marie Antoinette the band Bandcamp : https://marieantoinette666.bandcamp.com/

Dans interview

HALLEY : L'interview

Le 08/01/2019

Ils se produisent régulièrement sur les scènes franciliennes et sont les auteurs d’un somptueux double EP intitulé “In Moon We Trust / Run For My Sun” (2018). Inclassables, ils sont inspirés tant par Led Zeppelin que par David Bowie ou Pink Floyd. Ils sont si prometteurs qu’on n’a pas résisté à tirer des plans sur la comète : voici l’interview d’ Hālley's Road.

Halley par Arthur Demeure (Polygon)


 

Premier album acheté ?
Clara Chardon (chant) : Mon père à une pièce consacrée aux CD, je n’ai pas ressenti le besoin d'en acheter de mon côté.
Baptiste Mottais (guitare) : J'aurais bien aimé dire que c'était un Led Zep ou un Guns, mais mes souvenirs m'ont rappelé que c'était une compilation Hit électro.
Gaël Audinay-Bawiec (claviers) : Black Eyed Peas - “Elephunk”
Loïc Brom (basse) : Avec mon argent, Muse, Live “Haarp”.
Jules Darmon (batterie) : J'me souviens plus du premier acheté, mais mon père m'a offert mon premier CD pour mes 6 ans, c'était Cam'ron – "Come Home With Me"

Qu'est-ce qui a déclenché votre vocation artistique ?
Clara :
Suite au départ d'une amie, j'ai eu besoin de remplir un vide dans ma vie et j'ai commencé à m'intéresser au chant.
Baptiste : Ça m'est tombé dessus par hasard : Mon père m'avait confisqué ma PS2 quand j’étais petit, et en fouillant dans les affaires de ma maison j'ai trouvé une guitare. Je me suis mis à jouer, et mes parents me voyant aimer ça ont décidé de m'inscrire à des cours.
Gaël : Je faisais beaucoup de sport quand j'étais adolescent, et suite à une très grosse blessure j'ai dû arrêter pendant six mois. En voulant m'occuper j'ai découvert l'univers de Pink Floyd, et j'ai tout de suite été attiré par leur son.
Loïc : J'ai fait du conservatoire étant petit, et après une période scolaire inintéressante, la musique m'a rappelé tout naturellement.
Jules : J'ai toujours bercé dans une famille très axée sur la musique, et à dix ans j’ai commencé la batterie. Ça m'a tout de suite plu !

Le champ musical de Halley est très vaste. Cette richesse tient-elle au fait que vous arrivez d'univers musicaux différents ?
Loïc : C'est exactement ça ! L'originalité de notre son vient justement de nos univers musicaux différents, sans oublier qu'on a évidemment des points communs qui a fait qu'on a pu très vite être complémentaires.

HALLEY par Vincent Le Gallic.

Comment s'est formé le groupe ?
Clara : On s'est tous rencontrés dans notre école de musique, l' Ecole ATLA . Au départ on jouait simplement pour les jams de l'école et puis j'ai demandé à être accompagnée pour le concert de fin d'année sur une de mes compositions, et c'est là qu'ils ont découvert mon univers musical.

Comment décririez-vous votre musique ?
Jules : Disons qu'on fait du Rock Alternatif aux empreints psychédéliques et progressifs.

Qui fait quoi dans le groupe, côté compositions ?
Clara :
Soit j'arrive avec un piano/voix où il y a déjà les accords et les paroles, soit Baptiste et moi travaillons ensemble au préalable en arrivant avec un guitare/voix en répète. On arrange le morceau avec le reste du groupe ensuite.

Les textes du double EP sont plutôt sombres. Qui en est responsable et quelles thématiques vous inspirent ?
Clara :
Je me charge exclusivement des paroles dans le groupe, et j'aborde énormément le thème du voyage, que ça soit un voyage en introspection ou un voyage explorateur dans l'univers...

Comment vous est venue l'idée de faire le très beau double EP Run For My Sun / In Moon We Trust ?
Gaël :
Après plus d'un an de compositions, on est arrivés à une douzaine de morceaux : c'était trop pour un seul EP ! On a du coup décidé de faire un double EP de quatre morceaux chacun pour mettre en avant la dualité de notre univers.

HALLEY - In Moon We Trust / Run For My Sun (double EP - 2018)

J’aime beaucoup l'artwork. Qui s'en est occupé ?
Clara :
C'est l'excellent travail d'une graphiste qui s'appelle Charlotte Josenhans, qui a vraiment su capturer notre univers et le mettre en image, vous pouvez faire un tour sur son insta https://www.instagram.com/charlowj.

Quel est le morceau de votre répertoire que vous préférez et pourquoi ?
Clara :
Je dirais Wonder de notre EP Run For My Sun pour le coté arabisant musicalement.
Baptiste : Rosa Rossa, un morceau qui n'est pas dans l'EP mais qu'on joue à tous nos concerts.
Gaël : Sans réflechir , Wonder, pour moi c'est le désert qui mène au soleil. 
Loïc : Run For My Sun sans hésiter.
Jules : De mon côté, je dirais aussi Run For My Sun, pour son côté progressif et son évolution constante.

Halley est un jeune groupe. Bon Scott chantait "It's Long Way To The Top (If You Wanna Rock'N Roll)". Et vous, comment trouvez vous le chemin ?
Baptiste :
C'est sûr qu'il y a énormément de défis en tant que groupe de Rock qui chante en anglais en France, c'est un long processus afin de trouver son public en indépendant, mais il faut avoir foi en notre potentiel et persévérer.

HALLEY par Vincent Le Gallic.

Quelle est la partie de votre activité artistique que vous préférez ?
Clara :
Les concerts en premier lieu, car c'est pour moi l'endroit parfait pour s'exprimer.
Baptiste : Le processus d'arrangement.
Gaël : La recherche sonore, et le fait de jouer de la musique sur scène.
Loïc : Pour moi c'est typiquement la sculpture du son : les effets, les rapports entre les fréquences dans l'arrangement...
Jules : Le fait de vouloir constamment progresser, autant sur le niveau technique que sur l'arrangement et la musicalité, trouver les parties justes et la bonne intention.

On a pu écouter récemment sur votre page Facebook un nouveau titre, "Sleepy Head". Augure-t-il d'un nouvel album ?
Loïc :
Pas encore, il faut prendre son temps pour faire ça bien, et rencontrer des personnes extérieures qui vont pouvoir exploiter notre potentiel.

La fée Rockette est particulièrement satisfaite de votre contribution à la cause et propose à chacun d'entre vous de passer une journée avec l'artiste de son choix. Profitez-en : avec les fées tout est possible ! Qui choisissez-vous ?

Carlos Santana à Woodstock le 16/08/1969.

Clara : David Bowie, c'est vraiment une inspiration énorme pour moi !
Baptiste : Dave Grohl, pour expliquer son parcours et passer du temps avec la personne, que je trouve très inspirante.
Gaël : Ah ah ! Santana le 16 aout 1969 !
Loïc : Matthew Bellamy, le leader de Muse.
Jules : Chad Smith, le batteur des Red Hot Chili Peppers, parce que c'est une de mes plus grandes inspirations battéristiques et l’un des mecs les plus cools du Rock !

Il ne reste plus, sur l'arche de Noé, qu'une place pour un album qui pourrait sauver le Rock. Lequel choisissez-vous pour tout reconstruire dans la bonne direction ?
Clara : Wish You Were Here des Pink Floyd
Baptiste : L'album blanc des Beatles.
Gaël : Highway to Hell AC DC
Loïc : Nevermind de Nirvana.
Jules : Led Zeppelin IV, le classique ultime, avec quand même une mention spéciale pour Appetite For Destruction des Guns.

Un titre du répertoire Rock qui pourrait être votre devise ?
Clara :
“Show must go on” de Queen..
Baptiste : “Rock And Roll” de Led Zep.
Gaël : “Purple Haze” de Jimmy Hendrix.
Loïc : “Piece of My Heart” de Janis Joplin.
Jules : “Welcome To The Jungle” des Guns.


 

Merci à Halley pour leur accueil et leur disponibilité.
Merci à Vincent Le Gallic et à Arthur Demeure pour leurs jolies photos et leur aimable autorisation. Plus de photographies sur leurs sites : Vincent Le Gallic : Le Gallic.Net - Photographies Arthur Demeure : www.instagram.com/polygon1993


 

Renseignements et liens utiles : Groupe : HALLEY Origine : Paris Discographie : In Moon We Trust / Run For My Sun (double EP) Lien Bandcamp : https://halleyband.bandcamp.com/album/in-moon-we-trust-run-for-my-sun Lien Facebook : https://www.facebook.com/halley.road.52 N’oubliez pas de liker leur page !

Dans interview

BLACKBIRDS : L'oiseau des sommets

Le 08/01/2019

(interview réalisée pour HARD FRENCH METAL)

BlackBirds est un groupe originaire de Gap qui pratique un Classic Rock métallisé d’excellente facture. Après l’EP Hero en 2015, la formation, qui évolue désormais en quintette après avoir commencé en trio, a sorti en 2018 l’album New Birds. L’occasion pour nous d’aller interroger ce drôle d’oiseau qui permet au Rock de résonner aussi dans les montagnes.

BlackBirds par Djaevan


 

Premier album acheté ?
Melline - Lead Vocals : Pour moi c'était un pack de cinq CD (à dix francs ! Rooo les dinosaures^^) vendu d'occasion par le grand frère d'une copine. J'avais dix ans, et dedans il y avait : No need to argue des Cranberries, Master of puppets et Reload de Metallica, Nervermind de Nirvana et Tostaky de Noir Désir. J'ai tout de suite adoré les Cranberries, je connais l'album plus que par cœur… Ensuite j'ai été plus attirée par Nirvana (qui reflétait bien mon état intérieur) et Noir Désir (dont je comprenais les paroles). Une fois tout ça bien écumé, je suis passée à Metallica, et là il m'a fallu plusieurs écoutes pour réaliser que c'était une musique qui me touchait.
Sébastien Slive - Lead and Rythm Guitars : C’était le Real Live One» d’Iron Maiden. En cassette ! Ça devait être en 1994 ou 1995 ! Ça remonte un peu… J’ai été complètement soufflé par l’énergie de ce groupe et les compos. Ça m’a beaucoup marqué.
Cyril Vidal - Rythm and Lead Guitars : C'était l'album Brave New World, qui marquait le grand retour d'Iron Maiden. Je venais de voir la publicité à la télé ( et oui, à l'époque c'était possible !) et j'ai eu un énorme coup de cœur pour le groupe, et pour la musique par la suite.
Maxime Mangeant - Drums : Nevermind, de Nirvana. Acheté trois fois : une fois pour remplacer celui que j'avais tiré à mon père ; un pour la voiture ; un pour la maison.
Sébastien Arrais Mendonça - Bass : Homework des Daft Punk. Ultra fan de ce style, à l'époque. Et les paroles étaient facile à retenir.

 

Qu'est ce qui a déclenché votre vocation artistique ?
Melline : La famille. La musique a toujours été très présente. Mes oncles avaient eu un groupe de Rock, plus jeunes. Ma mère est chanteuse / guitariste / pianiste et chef de chœurs, ce qui fait que j'ai baigné dedans depuis mon enfance. A la maison nous avions un piano, plusieurs guitares, et surtout on chantait des chansons à plusieurs voix avant même que je sache lire et écrire. A l’âge de quatorze ans, j’ai eu mon premier groupe. C'était une expérience inoubliable. L'ambiance, les concerts, les répètes, et cette appartenance à une team avec laquelle tu partages ta passion, m'ont vraiment donné envie de continuer dans cette voie.
Sébastien Slive : Cela remonte au début des années quatre-vingt dix, lorsque je voyais des Lives sur Canal+ (Dire Straits, Genesis etc). J’étais totalement fasciné du haut de mes six ans! Je me suis mis à la batterie et mon frère jouait de la guitare. Je me souviens qu’on reprenait exclusivement des morceaux de Dire Straits, dont mon frère était un fan absolu ! Plus tard, à l’âge de quatorze ans, je suis allé rendre visite à un de mes cousins qui est bassiste sur Paris. Il m’a emmené là où il jouait à peu près tous les soirs avec son groupe de reprises, et c’est véritablement là que j’ai compris que c’était le métier que je voulais faire !
Cyril : J'ai emprunté un jour, l'année de mes douze ans, la vieille guitare classique de ma mère, simplement pour tester. J'ai adoré la sensation. Par la suite mes parents m'ont offert ma première guitare électrique, et je me suis mis à prendre des cours, à écouter de plus en plus de musique, du Rock et du Metal essentiellement, au début. J'étais même abonné à certains magazines qui me permettaient de lire des interviews, chroniques, anecdotes, de découvrir des groupes. J'étais très friand de cet "univers", et grâce à l’école de musique de mon établissement scolaire, j'ai pu former mon premier groupe avec mes potes et composer mes premières chansons. C'est là que j'ai su que c'était plus qu'un simple amusement. Bien plus tard, j'ai carrément décidé d’abandonner mes études pour vivre de ma passion !
Maxime : A sept ans, mon père m'a proposé de me mettre à la musique, et comme il avait été batteur étant plus jeune et qu'il voulait s'y remettre, on est allés tous les deux s'inscrire à des cours de batterie. Je crois que c'est aux alentours de treize ou quatorze ans, quand j'ai commencé à beaucoup jouer en groupe, que j'ai vraiment réalisé à quel point la musique était importante pour moi, et que ce n'était plus une simple passion. J'étais vraiment de plus en plus curieux, je piquais les disques de mon père pour les écouter. Je me revois même passer des longues nuits à repiquer et écrire les parties batterie des albums de Dream Theater, à la lampe frontale sous ma couette pour ne pas que mes parents voient que je n'étais pas couché ! Ça a certainement dû déclencher un truc. (Rires)
Sébastien Arrais Mendonça : J'ai démarré très tard, à la fin du lycée plus précisément. Un ami m'a fait essayer sa guitare sèche et j'ai passé l'après midi à apprendre... Come As You Are. Original, hein ? La période de la Fac m'a permis de jouer plus régulièrement. J'ai surtout joué en picking / arpèges, le médiator étant l'accessoire du Diable ( je n'arrivais pas à jouer avec ). Vint le temps des premiers groupes et un constat : mais où sont les bassistes ? Je me suis donc naturellement tourné vers la basse, et au bout d'un jour je jouais déjà dans plus de trente-six groupes sans savoir en placer une dedans ! (Rires) Blague à part, ce fût un coup de foudre, et cela m'a permis de conserver mon jeu en picking dans les projets ! La musique, c'est avant tout une histoire d'amitié, de bière et de rencontre ! Ce n'est pas (encore ?) mon métier, mais je ne saurai pas vivre sans...

 

BlackBird, par Djaevan

Comment s'est formé BlackBirds ?
Maxime : Avec Sébastien Slive, on se connaissait depuis un moment avant de monter le groupe, mais sans avoir jamais eu l'occasion de jouer ensemble. Puis un beau jour, il m'a proposé de venir boire un coup chez lui pour discuter, et on s'est vite aperçus qu'on avait pas mal d'influences en commun (Alter Bridge, Nirvana, Foo Fighters,...). Très vite, l'idée de monter un groupe a fait surface. On s'est mis à composer des morceaux à partir d'idées qu’il avait en stock depuis quelques temps, et on est vite arrivés avec suffisamment de matière à présenter à nos futur(e)s acolytes ! A l'époque, Mell venait d'arriver dans l'école de musique où nous travaillions tous les deux à Gap, et quand on l'a entendue chanter, on s'est dit : "C'est bon, c'est elle". On n'a pas eu beaucoup de mal à la convaincre puisqu'elle écoutait les mêmes groupes que nous, et la musique lui a tout de suite parlé ! Voilà comment est né le noyau dur du groupe. On a vite enregistré un premier EP à trois, suite à quoi Cyril, qui s'installait à Gap aussi, nous a rejoints à la guitare. On a perdu notre ancien bassiste pendant l'enregistrement de NewBirds, et c'est là que Seb, qui jouait avec Cyril dans Pryde, est arrivé à la rescousse! On a mis un petit moment à trouver un line-up stable, mais aujourd'hui on a la potion magique ! Je pense qu'aucun de nous désormais n'envisage le groupe sans un de ses membres actuels ! Amour, quand tu nous tiens…
Sébastien Slive : Max a tout dit, ou presque ! Personnellement, j’avais fait partie de pas mal de groupes de Metal ou de Prog, et je me suis rendu compte que j’aimais des choses beaucoup plus consensuelles comme la Pop en général. Mais j’avais tellement de difficultés à l’assumer ! Souvent dans le milieu du Metal, on n’aime pas trop tout ce qui est mainstream ! BlackBirds est venu comme une réaction personnelle à tout ça, et une envie d’assumer que j’aimais aussi bien Metallica que Phil Collins! (Rires)
Melline : Je me rappelle que Max et Seb m'avaient envoyé un morceau intitulé Say Yes. Et quand j'ai écouté, j'ai adoré! J'étais trop heureuse qu'ils me proposent de faire partie de cette aventure !

Comment définiriez-vous votre musique ?
Maxime : Je pense que l'étiquette "Rock US" est assez appropriée. L'énergie est résolument Rock, voire Metal sur certains morceaux à l'instar de All Is Not Lost, mais l'auditeur trouvera facilement des pointes de Pop, notamment dans les lignes de chant et les arrangements, et même des clins d'oeil à la country ! Pour ne citer qu'eux, je pense qu'on pourrait situer BlackBirds quelque part entre Alter Bridge, Paramore, Black Stone Cherry et Foo Fighters.

Qui s'occupe de quoi dans le groupe (à part de ses instruments) ?
Maxime : On n'a jamais vraiment défini de rôle propre à chacun, mais disons que les compétences des uns et des autres dans certains domaines en ont naturellement attribué. Par exemple Seb Arrais Mendonça, qui travaille dans l'informatique, se charge de tout ce qui est visuels et graphisme. C'est d'ailleurs lui qui a réalisé tout l'artwork de New Birds ! Sébastien Slive et Mell s'occupent de la comm’ et des réseaux sociaux. Bien évidemment, chacun est libre d'apporter ses idées, et les décisions sont en général prises d'un commun accord entre nous cinq. On voudrait aussi rajouter qu'on a la chance d'être entourés par des très bons amis, notamment la photographe Djaevan, qui est l'auteure (entre autre) de toutes les jolies photos que vous pouvez voir sur le livret du CD, et qui a aussi réalisé notre premier clip sur le morceau Too Bad. Il y a aussi Jérémy Fach, notre ingénieur du son, qui a enregistré et mixé New Birds, épaulé par Slive. Leur soutien nous est vraiment très précieux, et on n'en serait certainement pas là sans eux aujourd'hui ! On les considère vraiment comme les deux membres additionnels du groupe ! Merci à vous deux, on vous aime !

BlackBirds par Djaevan

Quelle est la partie de votre activité artistique que vous préfé