interview

HOT HELL ROOM (Heavy Rock) : L'interview

  • Le 07/03/2020
Après les très réussis “Kali Yuga Bonfire” et “Architect of Chaos”, la voix de baryton des Heavy-Rockers d’Hot Hell RooM s'impose à l'année 2020 avec un troisième album.
Loïc Malassagne et Alan Raoul, respectivement chanteur/guitariste et bassiste de la formation parisienne, ont bien voulu revenir sur leur discographie et nous en dire plus sur la génèse de ce nouvel opus au titre d'actualité : "Stasis".

(interview réalisée pour Hard French Metal le 7/03/2020)
 
       

Bonjour Hot Hell Room. Avant d'aborder votre nouvel opus j'aimerais revisiter votre discographie. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre premier LP “Kali Yuga Bonfire” (2013) ?
Loïc (Chant/Guitare) :
Salut. Quand on revient dans le temps sur son propre travail artistique, il y a toujours des choses qu’on ferait différemment. Mais il faut apprendre de cela et aussi respecter le fait que c’est le ressenti du moment, avec ses qualités et défauts. Et encore, cela reste subjectif sur certains points, alors bon... Je pense que certains titres auraient mérité plus d’attention, mais ça c’était la situation du moment, donc on ne peut rien faire. D’autant plus que les recherches de Nikola Tesla sur la machine à remonter le temps n’ont pas abouti ! (Rires)
Artistiquement parlant et globalement on est quand même assez contents du résultat et on a toujours le plaisir de jouer certains de ces titres en concert, c’est cela le principal !
Alan (Basse) : Salut. “Kali Yuga Bonfire” est l’aboutissement de plusieurs années de travail et la suite réarrangée de certaines compositions de notre première démo parue en 2010. A l’époque le groupe évoluait sous forme la forme d’un Power-Trio composé de Loïc, Ludo et moi. Pour ma part, je pense que c’est par cet album que les hostilités ont vraiment commencé. Je reste assez fier de cet opus même s’il n’a pas beaucoup été médiatisé. Et comme le dit Loïc, je pense aussi que certaines choses auraient pu être faites de manière différente à l’époque. Ceci dit il reste notre premier album, je l’affectionne toujours autant. Il y a pas mal de titres que nous jouons encore avec plaisir en concert, comme “Humanity Will Never Change” (qui est aussi notre premier clip), “World Of Kali", "Hell City”… et parfois d’autres morceaux qui réapparaissent au gré des envies... Ce fut une belle première expérience avec ce line-up !
Architect of Chaos (2016) ?
Loïc :
Déjà Le line-up est différent. Sur le premier on était en trio et sur ce second album il y a deux nouveaux membres à la guitare, deux nouvelles sensibilités apportant des choses différentes à la composition de l’album qu’on avait «démocratiquement» répartie. On a eu de bons retours sur cet opus, avec les premiers articles à l’étranger du groupe et aussi grâce au travail d’Elodie de Ellie Promotion sur la France, ainsi que de ceux qui ont bien voulu parler de nous ! (Rires)
Alan :Architect of Chaos” est je pense une autre forme d’aboutissement en matière de composition. Il est plus mature, plus sombre, plus varié, et encore plus travaillé au niveau du songwriting que “Kali yuga”. L’arrivée de Shazybob et de Seb a permis d’étoffer la mise en forme globale des titres de cet album.
Quatre ans après Architect of Chaos, votre nouvel opus, “Stasis”, vient de sortir. De quand datent les compositions ?
Alan :
Excepté le titre “Fatality”, qui datait des sessions de l’album précédent, nous avons commencé à travailler sur “Stasis” à la fin de l’été 2016. Les deux premières compositions à avoir été étudiées en répétition à l’époque sont “Human Game” et “Stasis”. La plupart des autres morceaux ont été écrits entre la fin de cette année-là et le mois d’avril 2017. De mémoire c’est à cette période que nous sommes allés au Roots Note studio pour enregistrer les parties de batterie. Comme pour nos deux précédentes réalisations nous enregistrons les batteries au Roots Notes Studio avant d’aller au Hybreed Studios pour finaliser le reste : Instrumentations, Voix, Mixes, etc.

 

Un mot sur l'artwork ?
Alan :
C’est Rui Abel Rodrigues, un ami de longue date, qui a réalisé l’artwork de “Stasis”. Il nous a fait une proposition de cover qui collait tout à fait avec le thème et les ambiances relatés sur ce nouveau disque.

 

Ce nouvel album s'appelle donc “Stasis”. C'est un titre inspiré par la situation politique de la France ?
Loïc : Le morceau « Stasis » qui donne aussi le nom à l’album traite de la situation de L’Europe donc aussi de la France… Ce texte date de plusieurs années maintenant, et comme c’est dans le cadre d’une chanson on ne peut pas faire de grandes analyses ou constats. Mais certaines phrases et mots en disent beaucoup et peuvent avoir aussi plusieurs lectures selon sa sensibilité… Ce qui est plus intéressant à mon avis, car cela restera toujours un avis parmi tant d’autres, même si certaines choses sont bien actées et visibles aux yeux de tous, (quoique des fois les évidences…).

HOT HELL ROOM - Stasis (2020)
Les titres qui figurent sur Stasis ne semblent pas avoir été enregistrés par le line-up actuel. Pourquoi avoir attendu 2020 pour sortir l'album ?
Alan : Ce n’est pas vraiment la réalisation du disque qui nous a pris le plus de temps, mais toute la partie démarchage de l’album qui a été la plus longue Ca a duré plusieurs mois pour trouver une distribution correcte, et on a parfois besoin d’un peu d’aide pour y arriver. C’est grâce à l’appui de Gilson et de l’équipe d’Imperative Music que nous sommes arrivés à nos fins pour trouver un label et pouvoir sortir ce disque. Cet album a été enregistré par les mêmes membres que pour “Architect Of Chaos”, mais à la fin de l’enregistrement, Ludo (Batterie) et Sébastien (Guitare) ont décidé de quitter le groupe pour des raisons personnelles. Il y a aucune animosité entre nous, on est toujours de bons potes ! Alexis (Batteur d’ Hatred DUSK et ex-Overtone) est arrivé dans le groupe à la fin de l’année 2018. C’est par l’intermédiaire d’un ami, «Nico», qui joue aussi dans Hatred Dusk comme guitariste - le monde est vraiment petit (Rires) - que nous avons été mis en relation. Alexis joue avec nous maintenant depuis bientôt un an et demi. Hot Hell RooM et Hatred Dusk forment une grande famille dorénavant !

 

Être signé sur un label allemand ça ouvre des opportunités ?
Loïc :
C’est un grand pays de la métallurgie ainsi que de la musique ! (Rires) L’avantage par rapport aux autres albums est qu’on va être plus écoutés et diffusés un peu partout dans le monde, et évidemment pas mal axés sur l’Allemagne grâce au label, à notre échelle bien entendu, mais ça sera toujours mieux qu’avant. Un moment donné il le faut bien pour faire vivre la musique et la partager, d’autant plus qu’on ne fait pas trop un style et mélange «connecté» à la France, qui n’est déjà pas un pays de culture Rock à la base, et dont la qualité première n’est pas non plus d’être curieux en général et d’avoir la vraie solidarité patriotique ! C’est ainsi, chaque pays à son caractère avec ses qualités et défauts, mais il faut bien évoluer et on ne peut pas non plus se confronter inlassablement à ce mur car cela devient fatiguant et frustrant à la longue…

 HOT HELL ROOM par Sébastien Bouysse.

Quelles sont les thématiques que vous avez eu envie d'aborder dans l'écriture de cet album ?
Loïc :
Déjà entre les trois albums on a gardé la thématique de la fin de cycle, du chaos et du déclin, ne serait-ce que dans les titres : le premier album est “Kali Yuga Bonfire”, le second “Architect Of Chaos”, avec la pochette d’une peinture de John Martin «Le Pandemonium», et notre troisième et nouvel album est “Stasis”, terme grec signifiant une crise politique, etc. Je ne vais pas rentrer dans le détail des dix chansons mais effectivement certaines sont dans cette thématique très large où l’on peut trouver un titre qui parle de la situation de l’Europe, un autre sur la condition de l’homme moderne ou les sempiternels conflits pour certains intérêts, etc. D’autres morceaux sont plus personnels et n’ont rien à voir avec cette thématique, ce n’est pas un concept-album, non plus.

 

Vous avez la faculté d'écrire des morceaux qui se gravent durablement dans les esprits et qu'on se surprend à fredonner dans la journée...
Loïc :
Et bien merci, on prend cela comme un compliment car pour nous le plus important c’est la mélodie et l’écriture de chanson. C’est évident, mais pas pour tout le monde… Dans le Metal, par exemple, beaucoup confondent puissance et agressivité en oubliant la mélodie qui est un peu la base de la musique ! (Rires) Ou ils sont dans la course au «gros son», ce qui est futile et de l’esbroufe, car ton morceau devrait même sonner en acoustique... La puissance d’un morceau qui touche l’âme et ton cœur passe par la mélodie, après il y aura toujours des insensibles c’est sûr… dans ce cas autant écouter une machine à laver à l’essorage ou l’ambiance d’une usine métallurgique ! Remarque c’est un autre style de Metal ! (Rires)
Loïc, ta voix de basse, cumulée à ton phrasé, donne une signature très caractéristique à Hot Hell Room...
Loïc :
Ma tessiture naturelle est baryton basse. Elle peut aussi aller, dans un autre registre musical et technique, jusqu’au contre-ténor. Pour Hot Hell RooM, certaines parties sont dans ma tessiture grave en effet, à l’instar de mon autre projet Invading Chapel. Pour le reste, je chante plus dans un registre Rock et Heavy se rapprochant de la couleur des ténors et barytons, comme beaucoup de chanteurs, mais n’étant pas dans ces tessitures-là j’ai des graves et une rondeur qui donnent surement cette identité. Et puis ce n’est pas plus mal d’avoir sa propre «empreinte génétique» et son feeling, car sinon tout le monde sonnerait pareil dans chaque style, et quand on arrive plus à discerner tel ou tel groupe dans un genre de musique, ce style meurt ou il ne reste plus que les principaux. On utilise tous «mathématiquement» les mêmes notes, alors il faut bien y mettre son ADN ! (Rires)

 

C'est à nouveau Andrew G qui s'est occupé de l'album au Hybreed Studio. Qu'est-ce qu'il vous apporte ?
Loïc :
Sans oublier pour commencer l’enregistrement de la batterie qui est fait chez un ami au Roots Notes Studio, tous ensemble en situation live pour le feeling et l’énergie. Ensuite nous enregistrons le reste chez Andrew. Il nous apporte une continuité dans le son, d’un album à l’autre, même si certaines choses sont différentes à chaque fois, et tout cela dans une ambiance amicale et humaine, sans le stress d’un compteur de taxi «le temps c’est de l’argent» ! (Rires) Mais rassurez-vous, on ne traine pas pour autant, et on ne compose pas sur place nos titres ! Il y a quand même un calendrier à respecter et tout est prêt en amont, même si il y a toujours des petites choses et des idées qui viennent avec le feeling de l’instant, un arrangement, l’amélioration d’une partie etc. Et pour finir il fait aussi le mixage et le mastering, donc que demande le peuple ?
Alan : C’est toujours un plaisir pour nous de travailler avec Andrew, car en plus d’être un ami, c’est un excellent ingénieur son qui est à l’écoute des musiciens avec lesquels il collabore. Il connait très bien notre musique et notre univers musical, et il est souvent de bon conseil. C’est un peu notre George Martin (NDLR : le producteur des Beatles) en quelque sorte !
 
HOT HELL ROOM par Sébastien Bouysse.
Où peut-on trouver “Stasis” ?
Alan : L’album est disponible un peu partout, mais il est déjà facilement trouvable sur le E-Shop du label :
https://www.stf-records.de/shop/index.php?manufacturers_id=154&fbclid=IwAR1AHun8zlfOf3fQ0NFBrJv-85OBZMsd-9quzr9XbcARDh66fskzNiak_iQ

 

Votre actualité dans les mois qui viennent ?
Loïc :
On part en tournée avec Metallica. Ah non, avec Ghost ! Aussi, rien que pour emmerder certains qui les critiquent alors qu’il y a quelques années… Remarque c’est même pire avec Metallica enfin bon… (Rires) Évidemment il y a les goûts de chacun mais quand ce sont des critiques pour descendre bêtement et sans respecter la carrière de ces gars et de ce qu’ils ont apporté, un moment donné, faut aller voir son miroir…
Non, plus sérieusement et banalement, des concerts. Et travailler sur l’étranger pour certaines choses. Et puis franchement nos vies personnelles ont été tellement sombres ces derniers temps, pour certains d’entre nous, par superstition peut-être, j’ai dû mal à me projeter très loin dans le futur... Je préfère dire sincèrement les choses plutôt que faire le discours de façade promo habituelle, avec un plan, etc.
Alan : On a quelques dates de concerts en prévision, et nous sommes à l’écoute pour diverses propositions partout en France, à l’étranger, ou alors dans une autre galaxie lointaine, très lointaine !

 

Merci Hot Hell Room d'avoir répondu à mes questions.
Loïc :
De rien, c’est nous qui te remercions. On ne le répétera jamais assez, c’est grâce aussi à des gens passionnés et curieux comme toi que les groupes peuvent exister, chacun à son échelle, et partager leur art.
Alan : Merci pour ton soutien, depuis le début, et aussi surtout pour le travail et la passion dont tu fais preuve pour soutenir la scène locale.
 
         
Les infos utiles :
Hot Hell Room sur Facebook :
https://www.facebook.com/hothellroom/
Ecouter Stasis :

https://open.spotify.com/album/4bxDa8Cku2KIg87lqCLUl5

Discographie : Lies Box (EP - 2005) Hot Hell RooM (demo – 2009) Kali Yuga Bonfire  (2013) Architect Of Chaos (2016) Stasis (2020)

Le plat du jour : RED BEANS & PEPPER SAUCE (Interview de Jessyka Aké)

  • Le 24/02/2020
Valeur sûre du Rock français, RED BEANS AND PEPPER SAUCE enchaîne les bons albums, avec un Mechanic Marmalade (2019) qui se pose en brillant successeur de Red (2017).
En attendant la tournée de printemps et au sortir d’un concert parisien, après l’interview de son camarade Laurent Galichon (guitare) réalisée en octobre 2019, Jessyka Aké (chant) a accepté de répondre à nos questions. Les Red Beans seront donc au menu chez Ahasverus...

 
          
Bonjour Jessyka Aké. Vous vous souvenez du tout premier album que vous avez acheté ?
Jessyka Aké : Off The Wall”, de de Michael Jackson.

Et du premier concert auquel vous avez assisté ?
C'était sur le tard, et c'était Madonna : “Confessions On The Dance Floor” à Bercy en août 2006.

Premier souvenir d'enfance qui vous rattache à une musique ?
Chopin nocturne No.9, Op 2 ! De quatre ans jusqu'à mes quinze ans environ toute ma jeunesse tournait autour de la danse classique que j'ai beaucoup pratiquée.

 
Beans denis 3

Jessyka Aké par Denis Charmot

Qui vous a inoculé le virus de la musique ?
Peut-être mon père, certainement par ses gènes . Mais les meilleurs souvenirs sont avec ma mère, à nous balader dans une Coccinelle rouge et à écouter plein de musique sur son autoradio. C'était génial ! On chantait à tue-tête sur du Tina Turner, du James Brown... On comprenait rien mais on rigolait beaucoup ! Et aussi du classique : Beethoven , Chopin... Bref, de chouettes souvenirs ! (Rires)

 

Le chant, c'est quoi pour vous ? Un métier, une passion, un terrain de jeux, votre oxygène ?
C'est un peu tout ça ! Mon oxygène, mon sang ,mon cœur, ma vie ce qui me fait vibrer ! Une passion qui m'anime depuis mon enfance, un terrain de jeux que l'on arrive à transformer en métier. Que du bonheur !
 
Le chant  représente combien de temps dans une journée de Jessyka Aké ?
J'ai la chance d'avoir une super oreille, ce qui facilite beaucoup de choses pour la justesse. Mais à côté de ça, ce qui est intéressant, c’est de travailler la technique vocale. Le chant représente environ quatre heures par semaine. Je travaille avec Fanny Llado (Lady Fanny), qui est clairement l'une des meilleurs profs de technique vocale sur Paris et qui a le don d'aller puiser dans des ressources insoupçonnables et de te faire sortir des notes avec une puissance d'un autre monde sans te faire mal . Puis après il y a le travail perso, environ trente minutes d'échauffements par jour, sans compter la tonne de musiques diverses et variées que j'écoute et sur laquelle je ne m'empêche pas de chanter et de décortiquer. (Rires)
 
Etta James c’est qui pour vous ?
C'est La très grande dame du Rock et Rythm N’ Blues, Soul, Jazz, qui a inspiré et influencé bon nombre d'entre nous, et je rajouterais aussi Tina Turner qui est également pour moi une grande dame, pour qui j'ai le plus grand respect tant pour sa carrière que pour sa voix, son énergie de lionne sur scène, son vécu... Ce sont des femmes qui me donnent beaucoup d'énergie quand je les écoute.
 
ETTA JAMES, At Last (1960).

Vous arrivez dans les Red Beans & Pepper Sauce en 2011/2012, je crois...
J'ai rencontré Laurent il y a huit ans. Après une brève audition j'ai intégré le groupe en reprenant les premières compos dans les débuts, puis par la suite c'est devenu une collaboration musicale me laissant créer les Line-up sur les derniers albums et pour certains titres. Parallèlement, j'étais dans différents groupes de musique amateurs de la région et je travaillais dans le milieu de l'enfance avec diverses écoles. Quand les choses se sont professionnalisées avec Red Beans, j'ai décidé de m'investir totalement dans le projet. Depuis, cinq albums sont nés, et en aucun cas je ne regrette ce choix, même si des fois ce n'est pas évident...

La musique des Red Beans, initialement Bluesy, se teinte de plus en plus de Rock...

Je pense que c'est ce parce que nous avons en chacun de nous, ancré au plus profond, ce côté Rock, même si nous sommes issus de différentes écoles. Nous avons tous cette rage, cette colère, l'envie de partager, de donner, de nous rencontrer à travers les différents groupes qui nous insufflent cette énergie aussi. Mais en France il faut toujours être dans l’actualité et ne rien lâcher .

 

 


Les critiques sont unanimes pour vanter les qualités de Mechanic Marmalade, votre nouvel album... 2020 serait-elle l'année du Haricot ?
I hope !

 

L'album RED BEANS AND PEPPER SAUCE, Mechanic Marmalade (2019)
Parallèlement il semble assez difficile pour les groupes indépendants d'atteindre le public et de percer en France. Laurent Galichon disait quelque part qu'il fallait, en somme, aller chercher les auditeurs un par un, notamment à l'occasion des concerts...
Effectivement, il faut aller au cœur des gens, leur présenter notre projet, les embarquer avec nous dans notre énergie, de village en ville, de département en région et, en Europe, de cafés-concerts en festivals ou en clubs. C’est pour ça que j'aime le Live : tout prend son sens sur scène et dans les yeux du public !

D'ordinaire le chanteur porte la parole du groupe, cependant on vous voit assez peu en interview... La “volcanique” Jessyka Aké est-elle en fait l'archétype de la frontwoman discrète ?
Je suis plutôt d'une nature discrète, surtout en évoluant dans un milieu très masculin, ce qui des fois n'est pas évident. Mais, pour le coup, tout mon pouvoir prend plutôt effet en live ! Puis, ne vivant plus dans le Sud, il est compliqué de pouvoir être toujours disponible pour les interviews... Mais j'aime beaucoup cet exercice, et pour le prochain album je serai plus présente si on me le demande !

Le titre du répertoire des Red Beans que vous préférez ?
Sur le dernier album c’est difficile à dire : je les aime tous ! Mais si je devais en choisir un, ça serait “Holy Guest”.

 
Un souvenir de tournée particulièrement vivace ?
Je n'ai pas particulièrement de souvenir vivace... plutôt de belles rencontres et des découvertes musicales que j'ai pu faire au fil des tournées. Je pense à Manu Lanvin, Fred Chapelier, Ben Poole, Johnny Gallagher, Laura Cox , Dumbstaphunk , Earth Wind And Fire , Sarah Fish, Roy Hargrove, Martha High, etc. Chaque lieu, chaque découverte, chaque première sont une expérience unique qui m'apporte un shoot de bonheur et d'énergie.

 

 
Beans denis 1
RED BEANS AND PEPPER SAUCE par Denis Charmot

La chanson inavouable que vous écoutez quand vous êtes certaine qu'on vous verra pas ?
“When the rain begins to fall”, de Germaine Jackson et Pia Zadora ! (Rries)

Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru par les Red Beans ?
Un beau parcours avec de belles rencontres, de chouettes moments de partage, de jolis articles, du soutien, de l'amour, de la bienveillance, des rigolades, des kilomètres de bitume, peu d'heures de sommeil, des tonnes de sandwiches triangle (beurk !), des expériences, des leçons, des sourires, des encouragements... et que cela continue le plus longtemps possible !

 
Votre actualité dans les prochains mois ?
On se prépare pour les tournées de printemps et d'été.

Vos bonnes résolutions pour 2020 ?

Continuer à donner de la good énergie, continuer à kiffer et prendre de bonnes vibes. Bref : positive attitude !
 
   
Nous remercions Denis Charmot pour ses photographies et son aimable autorisation.
Retrouvez-le sur https://www.facebook.com/DenisCharmotPhotos/
Retrouvez ses chroniques et ses conseils photo sur https://www.facebook.com/DenisCharmotLiveShootemission/
 
 

CARTHAGODS : L'Arrivée du Tour (Interview)

Groupe : CARTHAGODS
Genre : Power Metal
Origine : Tunisie

Ils ont joué avec Slayer, Judas Priest, Napalm Death, Blind Gardian, Max Cavalera, Death Angel ou Dark tranquillity. “The Monster In Me” (2019), leur nouvel album, allie un Power Metal mélodique et progressif à un chant à la Jorn Lande.

Toulouse, Lyon, Tours et Nantes sont au menu de leur première tournée française qui commence le 07/02/2020 par le Monster'S Art - WMC de Fréjus.
CARTHAGODS en France, c’est un évènement. Alors ne ratez pas l’arrivée du Tour !

Leur guitariste Tarak a accepté de répondre à nos questions.  

 
         

“NOUS SOMMES UN GROUPE QUI OSE RÊVER.”

Bonjour Tarak. Je vous propose pour commencer un petit saut dans le passé. Premier album acheté ?
Tarak :
Bonjour. Mon premier album était Nativity In Black, une compile ou des groupes comme Megadeth, Sepultura, Faith No More font des reprises de Black Sabbath.

 

La compilation NATIVITY IN BLACK (1994).
Premier Concert ?
Le premier concert avec un groupe international était Epica en 2006 , un concert ou les Carthagods étaient impliqués dans l’organisation

 

Vous, Tarak (Guitare) et Zack (Basse/Batterie) formez Carthagods en 1996. Comment était la scène Metal à cette époque en Tunisie ?
C’était communautaire mais ça avait son charme... Certes il n’y avait pas de locaux de répètes, de magasins spécialisés pour les instruments, et même internet était difficile d’accès... Mais avec peu de moyens on réussissait a faire des concerts et à rassembler du monde !

 

Qu'auriez-vous répondu à l'époque au type qui serait venu vous prédire qu'un jour vous partageriez l'affiche avec Slayer et Judas Priest ?
C’est vrai que ça aurait fait bizarre d’imaginer jouer avec ces géants... mais le truc c’est que nous sommes un groupe qui ose rêver, et les pessimistes en général sont ceux qui nous entourent, pas nous.

 

Cinq ans après sa création, Carthagods splitte sans avoir donné naissance à un album . Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ?
La mort du guitariste a engendré un remise en question chez certains membres... mais l’idée d’arrêter complètement n’est jamais venue.

 

Il s'ensuit une reformation, puis un nouveau split en 2011. Un effet de la révolution de jasmin ?
La révolution a en effet joué un rôle dans le départ de deux membres, qui ont préféré faire autre chose... La politique rend les gens fous, parfois...

 

Photographie Florin Matinca.
Quand le line-up actuel s'est-il constitué ?
Depuis 2013 c’est devenu assez stable car nous avons réussis à créer un concept avec Khaled Trabelsi, le proprio d’un Rock Bar, «Le Plug», qui consistait surtout a faire jouer mensuellement Carthagods avec une star internationale qui avait influencé le groupe ou une génération de métalleux tunisiens. Nous avons ainsi eu des artistes comme Max Cavalera, Paul Di Anno, Tim Ripper Owens sur scène avec nous. On a aussi connu Timo Somers grâce à ce concept, il était invité pour un soirée de jam avec Fabio Lione... et depuis il compte une quarantaine de concerts avec le groupe en plus de son implication dans la prod et le jeu de l’album The Monster in Me ! Grâce à cette dynamique, on a retrouvé une line-up stable.

 

Carthagods revient à nouveau et enregistre en 2015 un premier album éponyme qui accueille des guests prestigieux tels que Tim “Ripper” Owens et Ron Bumblefoot Thal... "Ce qui ne te tue pas te rend plus fort" ?
Durant toutes les années qui ont précédé 2015 , on a quand même réussit à écrire plein de titres, et l’idée d’enregistrer un album était toujours présente dans nous esprits. Ça a pris du temps car il n’était pas du tout évident de le faire en Tunisie . Concernant les guests , on a toujours gardé de bonne relations avec les artistes qu’on invite et ils ont donc directement adhéré à l’idée de participer à l’album.

 

CARTHAGODS, "Carthagods" (2015)
 
2019, nouvel album : The Monster In Me... Titre inspiré d'un tableau de Picasso ?
Oui ! C’est un rideau de scène plutôt , La dépouille du Minotaure en costume d’Harlequin, qui peut être vu à Toulouse d’ailleurs !
Les paroles et le thème de l’album traitent de la manipulation mentale. On voulait que ça inspire le dégoût, la souffrance et l’aspiration à un monde idéal. Pour y arriver on utilise des images suggestives en procédant souvent à des associations inédites, comme pour la vidéo de la Chanson «The Monster In Me» où l’on a fait allusion au Dieu Faucon et au Minotaure. Video et concept créés par une équipe tunisienne talentueuse guidée par Fouis Djemal .

 

La dépouille du Minotaure en costume d’Harlequin, rideau de scène de Pablo Picasso réalisé en 1936 pour Le Quatorze Juillet, de Romain Rolland, pièce créée en 1902 et montée au Théâtre du Peuple pour célébrer symboliquement le premier 14 juillet du Front Populaire.

 

Cette fois c'est Mark Jansen (Epica) qui est votre invité pour partager le chant avec Mehdi Khema sur un titre...
Mark est un ami avec qui nous avons gardé contact depuis 2006. D’ailleurs il nous a invité à jouer avec eux lors du Release show de MaYan à Utrecht et on totalise sept concerts avec Epica en Europe... donc c’est venu naturellement, en plus du fait qu’il a aussi joué en live avec nous comme guest.

 

Huit titres pour "Carthagods", huit pour "The Monster In Me". C'est un format qui vous convient ?
E
n effet , c’est un format qui nous convient car nos titres sont assez longs . Mais lors du prochain album ça peut changer...

 

"Memories of Never Ending Pain" figurait en deux versions sur votre premier album. Pourquoi l'avoir enregistré une troisième fois sur The Monster In Me ?
Nous jouions «Memories of Never Ending Pains» des années avant l’apparition du premier album et ça procurait toujours un effet étonnant sur l’audience. Le choix de la refaire c’est surtout afin qu’elle soit disponible avec une meilleure production.



 

Le guitariste Marcel Coenen (Stormrider, Ayreon) est crédité sur ce titre...

Marcel Coenen a joué sur le titre en sa version de 2015, et c’est un excellent guitariste. D’ailleurs, il a aussi pas mal joué avec nous . Mais le titre, je le disais, existait bien avant cela.

 

J'ai un goût particulier pour les voix, et celle de Mahdi est remarquable ! Je la trouve très proche d'un Jorn Lande ou d'un David Coverdale...
En effet, Jorn et David Coverdale font partie des influences de Mahdi. Tu as vu tout juste.

 
 
La France est un peu en retard en accueillant votre première tournée en 2020. Dans d'autres pays vous partagez déjà de très grosses affiches : j'ai cité Slayer et Judas Priest, il y a aussi Napalm Death, Death Angel, Blind Gardian !
J’espere que cette tournée va bien se passer et qu’il y en aura d’autres en France. Nous pensons que la scène Metal française est l’une des plus importantes... Ça vient peut-être en retard mais on est très contents de la faire !

 
Vous avez également une histoire particulière avec Dark Tranquillity. Niklas Sundin (guitariste de Dark Tranquillity) a signé l'artwork du nouvel album, sur lequel Mikael Stanne vous prête sa voix Death pour un titre...
Tout à fait , nous avons invité Dark Tranquillity pour la première fois en Tunisie en 2009, et ce fut un concert mémorable ! Depuis on est devenus proches et plein de collaborations ont vu le jour. Niklas a signé l’artwork des deux albums, T-shirts et Backdrop aussi... Mikael Stanne a enregistré «Whispers from the wicked» mais aussi il a joué en live avec nous… Même que Martin ( ex membre fondateur ) est venu en vacance en Tunisie !

CARTHAGODS, The Monster In Me (2019)

Le Metal aurait-il la capacité d'abolir les frontières ?

Absolument ! Il n’y a plus de frontières ! Entre artistes, bien sûr... cependant on se fait toujours chier à faire les visas !

 

Changeriez-vous quelque chose à l'histoire de Carthagods si c'était à refaire ?
Forcément , mais on apprend de nos erreurs . Alors pas de regrets, car je pense qu’il ne faut jamais regretter mais faire avec !

 

MYRATH, Cartagena, Persona, Carthagods... La scène tunisienne est désormais présente au plus haut niveau international. Quelle évolution depuis 1996 !
Il y a eu plein de groupes talentueux qui malheureusement ont été forcés d’arrêter. Certains s’internationalisent ces dernières années et ça fait vraiment plaisir ! A part les groupes que tu as cité je te rajoute Ymyrgar (un groupe de Folk Metal), VIELIKAN (Death Metal), Nawather (Metal Oriental), Arnost (Heavy Metal) et plein d’autres !

 

Merci Tarak, d'avoir accepté de répondre à mes questions alors que vous êtes affairés à préparer votre tournée française. Il ne  me reste plus qu'à vous donner rendez-vous à partir du sept février...
Merci à toi et aux lecteurs. On espère vous voir nombreux lors de cette tournée !

 

Photographie Francesco Lucia.
 
       


Les Infos Utiles :

 

Les mondes de Karoline Rose

  • Le 26/12/2019

Télévision, théâtre contemporain, comédies musicales, festivals... Karoline Rose garde le vent en poupe depuis plusieurs années.
En 2017 l’infatigable artiste franco-allemande  revient à ses premières amours (elle qui montait son premier groupe de Death à quinze ans) avec
SUN, projet Metal avec lequel elle présente en 2019 l’un des EP les plus réussis de l’année, "Brutal Pop".
Nous avons eu le plaisir de lui soumettre quelques questions.
En route vers les mondes de Karoline Rose...
            
Karoline Rose Bonjour. Je vous propose d'abord un petit retour en arrière : Premier album acheté ?
Bonjour Ahasverus ! Off The Wall - Michael Jackson.

 
Premier concert ?
Michael Jackson - History Tour en Allemagne (Hockenheimring) 1997.
Michael jackson history tour live in munich 0 230 0 345 cropJ'ai lu que votre mère était une chanteuse renommée en Allemagne. C'est elle qui vous a insufflée le goût de la musique ?
Françoise Colson, ma maman, a été chanteuse de variétés en Allemagne dans les années quatre-vingt. Je l’ai vue se préparer dans ses loges, mettre du Coca-Cola sous ses talons pour ne pas glisser sur scène, j’assistais anxieusement aux concerts, j’avais peur qu’elle oublie ses paroles ! A huit mois je chantais “Volare” (alors que je ne savais pas encore vraiment parler). Je l’imitais. Elle m’a définitivement donné envie de m’y mettre aussi !

Karoline Rose avec un “K”, c'est la Caroline Rose de la maturité ?

C’est le “K” de mes origines et c’est aussi le “K” de Google ! (Rires)
J’ai fait tout mon début de carrière sous “Caroline Rose”. Il y a une tonne d’homonymes et j’ai fait autant “The Voice”ou “1789, les amants de la bastille” que des EP’s Pop Rock en solo sous ce nom. Puis Babx m’a découverte dans “Mimi, scènes de la vie de bohême”, une pièce de théâtre contemporaine mise en scène par Guillaume Vincent. On a commencé a faire de la musique Lofi expérimentale et on voulait rompre avec le passé, avoir une recherche Google plus “neutre”.
Il y avait beaucoup d’informations différentes à mon sujet. A l’époque on pensait que c’était un problème, alors je suis revenue au “K”. Aujourd’hui je trouve ce début de parcours hyper cool, rempli d’aventures improbables, mais je reste heureuse du K...

Karoline maxence

Photo © Maxence & Jonas
On dit de vous dans ​http://www.iogazette.fr​ : « Passer du chant clair à la voix criée » tout comme « passer du théâtre à la musique ». S’ouvrir donc, à tout prix : l’artiste franco-allemande décloisonne deux mondes qui s’entre-découvrent par-delà leurs scènes respectives.
"Artiste qui décloisonne deux mondes", c'est une définition qui vous convient ?

Ça me va. Je crois que c’est même la substance de mon travail et de qui je suis : Franco-Allemande (rien que ça !), Metal/Pop, Chanteuse/Screameuse, Musicienne/Comédienne, Palais des Sports/Bouffes du nord, TF1/France Culture, comédie musicale/death metal...
Je ne cherche pas spécialement à être dans ces situations là, je m’y retrouve naturellement et j’y suis bien. L’image que j’ai en tête est celle d’une personne qui met la création d’art et de musique au service des émotions, des histoires racontées, des effets que ça procure.

Dans le même esprit, j’imagine que si je vous propose de n'emporter que deux opus sur une île déserte où il vous faudrait séjourner plusieurs mois, vous choisissez ABBA et Morbid Angel ?
Ça me parait pas mal, je prendrais “Gateways to Annihilation” et “Abba Gold”. Ça couvre pas mal de terrain déjà ! Peut être ajouter un petit Hole, “Live through this”, pour la touche Indie Rock, et je serais bien pour une éternité sur l’île déserte...

Karoline gateway

MORBID ANGEL - Gateways to Annihilation (2000)
“Brutal Pop”, le concept germait en vous depuis longtemps ?
Lorsque j’avais treize ans je notais ce mot partout dans mes petit carnets de lyrics : “Brutal Pop, I wanna make Brutal Pop”.
J’aimais l’idée qu’on pourrait écrire une superbe Popsong avec de belles harmonies, une rythmique catchy (comme par exemple “Don’t stop til you get enough” ou “Can you feel it” des Jacksons) et la brutaliser. Ajouter des stayrations, des syncopes guitare/kick, du scream ou du growl quand l’émotion du texte nous submerge... J’ai toujours vu ça comme UNE matière et non pas la coexistence de deux genres.
 

Si on en avait discuté en amont avec nos partenaires, tout le monde nous aurait déconseillé de faire ça !


La rencontre avec Dan Levy ( The Dø ) à un concert de Jeanne Added a cependant été déterminante dans l'impulsion et la conduite du projet, y compris dans le nom de votre groupe, SUN...

En effet, Dan m’a vue sur scène en première partie de Jeanne à la Cigale. A l’époque j’étais un peu perdue artistiquement. Il est venu me voir après le concert et a proposé qu’on bosse ensemble. J’ai mis du temps à revenir vers lui, car j’avais encore des engagements. Puis, un mois avant Rock en Seine, on s’est lancés. A ce moment, en Allemagne, la tombe de mon père avait été enlevée sans que je sois au courant. J’aurais aimé récupérer la gravure de tournesol que j’avais choisie pour sa pierre lorsque j’étais petite. Mais la pierre a été détruite... Comment est-ce qu’on rend hommage à une personne qu’on aime lorsqu’il n’y a plus aucune trace physique ? J’en ai parlé à Dan. Je lui racontais comme mon père n’emmenait sur l’autoroute dans sa Mercedes et qu’il allait a plus de deux-cents à l’heure (c’est illimité en Allemagne !). Clope au bec, musique “à donf”, j’avais le droit de sauter partout. Ça m’a marqué pour toujours ! Je cherchais alors par rapport au Tournesol (Sunflower), puis au Soleil tout court, To The Sun/SunSurfer/SunRider, puis Dan me dit : “Pourquoi pas juste SUN ?” Et nous voila...

En 2017 vous débarquez à "Rock En Seine" avec votre nouveau projet batterie /guitare-chant et des compos survitaminées alors que rien de cela n'était au programme de votre attaché de presse un mois plus tôt. C'était gonflé !
C’est vrai que c’était gonflé... Si on en avait discuté en amont avec nos partenaires, tout le monde nous aurait déconseillé de faire ça ! On est frileux, la moindre prise de risques fait peur. Pour le coup mon attaché de presse m’avait plutôt encouragée a y aller comme j’avais envie, et puis finalement ça s’est tellement bien passé (Pogo de fou !) que tout le monde a commencé à comprendre que j’avais trouvé ma voi(x)e...

Vous aimez décidément les challenges puisque vous avez réussi à insérer un titre de SUN à l'affiche de “Nous, l'Europe, banquet des peuples”, la pièce de Roland Auzet, d'après le livre de Laurent Gaudé. Comment ce passage musical est-il accueilli par le public venu voir la pièce ?

Il y en a même deux ! “I killed my man” et “Higher Fire” figurent dans “Nous l’Europe, banquet des peuples”. Je venais de faire une autre pièce (“Hedda Gabler”) avec le metteur en scène Roland Auzet, dans laquelle je jouais Théa. Roland, comme tous les metteurs en scène avec lesquels j’ai bossé, m’utilisait en tant que comédienne et musicienne. On a réfléchi ensemble et il a mis “I killed my man” réarrangé avec les filles de L.E.J (elles aussi dans la pièce) pour “Hedda Gabler”. Ensuite j’ai eu ce rôle beaucoup plus conséquent sur “Nous l’Europe”, avec ce monologue très fort qui mène à l’explosion de “Higher Fire”. Le public de la cour du lycée St Joseph applaudissait chaque soir après le morceau. En théâtre (et surtout au In d’Avignon) on applaudit qu’à la toute fin du spectacle. Je suis heureuse de provoquer ces réactions spontanées chez les gens.


Vous êtes une songwriter. Vous souvenez-vous de votre première composition ?

Oui, je m’en souviens ! J’avais onze ou douze ans et j’avais écrit une chanson qui s’appelait “Strawberries”. C’était vraiment nul et j’essayais de recruter des gens de ma classe pour m’accompagner dessus mais ils ne comprenaient pas l’harmonie que j’avais choisie ! (Rires)

Qu'est-ce qui inspire votre écriture ?
La Vie m’inspire ! Je fais partie des gens qui ont connu beaucoup de choses difficiles et horribles très tôt dans leur vie. Je m’appuie beaucoup sur mon vécu, sur les profondeurs que j’ai dû traverser et la force que j’ai trouvé en moi pour survivre et me battre chaque jour. Je m’inspire aussi beaucoup de l’amour ! C’est la force la plus puissante de l’univers.

Quel est le morceau d'un autre que vous auriez adoré écrire ?

J’aurais aimé écrire “Violet” de Hole ou “Dancing Queen” de Abba...

Sur la naissance de SUN, j'ai lu ceci dans ​https://litzic.fr/​ :
"Et puis, elle fait la rencontre de Dan Levy (producteur de The Dø entre autres). Celui-ci lui demande de lui faire écouter ce qu’elle a en stock. Après une écoute, il insiste (il a du flair le bonhomme) : tu n’as rien d’autre ? Et Karoline Rose de répondre que « si, mais tu vas te marrer. »"
Ce "tu vas te marrer", c'était la pudeur, ou vous n'étiez-pas encore convaincue de la force de ces compositions ?

Quand Dan m’a proposé un rendez-vous pour écouter ma musique je m’étais conditionnée à lui faire écouter des choses dont je pensais qu’elles lui plairaient... Pour moi un producteur de Pop et d’électro-pop, n’allait pas être sensible au rock/metal et encore moins à ma brutal pop. A cette époque j’étais fragile, j’avais trop écouté d’avis sur ma musique et je n’avais plus aucune certitude. J’aimais toujours ma brutal pop mais je ne pensais pas que ça le toucherait et qu’il prendrait ça au sérieux. Souvent, dès qu’une femme crie on s’arrête la-dessus et on fait deux remarques genre “Ah ben elle est en colère celle-la !”, puis on passe totalement à côté des chansons... Je suis sortie de ce rendez-vous sidérée ! LE producteur de pop en France avait capté ma musique !

Pochette ep 22brutal pop22 de sun

SUN - Brutal Pop (EP - 2019)
Avez-vous déjà une idée de ce à quoi ressemblera le prochain opus de SUN ?
Il est déjà dans la boite. (sourire)
Ce sera un deuxième EP, il est dans la suite logique de “Brutal Pop”, puis le premier album suivra (avec d’autres titres encore !).

On a vu SUN sur une vidéo jouer avec une violoncelliste et deux choristes (Il s'agit du trio LEJ, cité plus haut). Êtes-vous particulièrement attachée à la formule duo parce qu'elle vous laisse beaucoup d'espace, ou SUN est-il un concept à géométrie variable ?

J’aime que la base soit un Duo. Ça laisse de l’espace à l’imaginaire, on peut projeter tellement de choses sur ce couple. Ça peut évoquer mon histoire personnelle, illustrer les histoires que je raconte dans les chansons, créer un équilibre visuel et scénique... Cependant je ne suis pas fermée à faire évoluer la formule, comme on l’a fait avec les filles des LEJ par exemple... Je ferai toujours ce qui sera le mieux pour la musique et le show, s’il faut ajouter du monde, on le fera !

Où pourra-t-on vous applaudir dans les prochains mois ?
La tournée de “Nous L’Europe” continue durant tout le premier trimestre 2020. Nous allons sillonner l’Europe pour défendre la pièce. Au milieu de tout ça nous avons une jolie date avec BETRAYING THE MARTYRS au Réacteur ( Espace Icare Issy les Moulineaux) le samedi 25 Janvier. Puis je tourne dans mon premier grand film en février... et je vous laisse imaginer ce que j’y amène en plus de ma performance de comédienne ! (sourire)
Des dates pour SUN seront annoncées sur notre Page Facebook...

 
Merci Karoline Rose d'avoir accepté de répondre à mes questions.
Merci pour cette interview ! A très vite !

 

SUN sera en concert le 25/01/2019 à Issy-Les-Moulineaux (Espace Icare)

 

 

Les projets d'Anthon Norwell

  • Le 25/12/2019
Memory of Silence, Synesthesia, The Norwell Project... S’il en est un qui ne manque pas de projets en cette fin d’année 2019, c’est bien le guitariste/compositeur Anthon Norwell !
Avec Anthon-Norwell Experiment il a sorti en 2019 deux albums, “Under my Dream... Or my Skin”, ainsi que son prolongement instrumental “The Final Trip of my Destiny”.
Il était temps d’aller faire un tour dans sa discographie.
Voici l’interview d’ Anthon Norwell.
       

Bonjour Anthon Norwell. Pour commencer je te propose un petit voyage dans le temps. Premier album acheté ?
Salut. Le premier album que j'ai eu la possibilité de ma payer a été Iron Maiden, “Killers” (en vinyle), c’était également mon premier album Heavy Metal ! A partir de ce moment je me suis axé sur sur ce type de musique en suivant non seulement Maiden mais aussi en découvrant les premiers Metallica et tous les groupes de cette période.
A ce moment là j'ai treize ans, et c'est à quinze ans que je comprends réellement qu'il va me falloir passer derrière une guitare pour vivre cette musique pleinement !
IRON MAIDEN - Killers (1981)
 
Premier concert ?
C’était Helloween, après la sortie de "Keepers of the seven keys Part. 1", donc à l'arrivée de Michael Kiske au chant !
C’était absolument énorme et s'en est suivi pas mal de concerts pour revivre cette même impression du Live , avec les "Monsters of Rock" très souvent a Bercy , Metallica , Manowar, Kiss, David Lee Roth avec Steve Vai, mais Steve Vai également en solo, et tant d'autres...
 
Premiers émois qui ont conduit le petit Anthon à devenir musicien plutôt que pompier, vétérinaire ou chasseur de primes comme Joss Randall ?
Plus jeune je m'endormais avec mon Walkman et je m'imaginais être sur scène avec mes idoles, donc l'envie de devenir musicien est arrivée rapidement ! A seize ans j'ai formé mon premier groupe et je n'ai plus arrêté...
Mais vivre de sa propre musique est aussi très souvent du domaine du rêve, surtout en France, et encore plus quand tu es dans le Rock ! J'ai donc également eu un parcours dans la restauration afin de pouvoir vivre (à côté) ma passion a fond. Aujourd'hui je ne fais plus que de la musique, en donnant des cours de guitare et en sortant quelques albums...

 

J'ai lu qu'avant de commencer à faire de la musique tu t'étais intéressé à l'écriture ? Premiers émois littéraires ?
Je dirais plutôt que la passion de l’écriture va avec celle de la musique. Je suis un fan de poésie et tout jeune déjà il m'arrivait de m'éloigner avec un cahier pour y poser quelques mots maladroits. J'avais très souvent un exemplaire de Baudelaire avec moi et, assis face a un beau paysage, j'en lisais quelques lignes . Je pourrais aussi parler de Rimbaud, Verlaine ou Apollinaire... J'ai toujours eu un goût pour l’écriture, le dessin ou la musique. Je vivais par l'art, au grand désespoir de mon père.

 

Revenons à la musique. A quoi ressemblait ta première composition ?
C’était un truc complètement déstructuré ! (Rires)
J'ai composé le jour où j'ai eu une guitare dans la main , donc il est très facile de comprendre qu'il n'y avait rien de bon et surtout aucun bagage technique me permettant appréhender une quelconque mélodie. J'ai pourtant monté un groupe rapidement, avec mon meilleur ami a la batterie. Le premier morceau de ce groupe était "L’Enchanteresse" , un morceau inspiré de la scène française du type ADX , Sortilege ou encore Satan Jokers...

 

Anthon Norwell
J'ai lu que pour composer Dream Theater installait parfois une ambiance en écoutant en boucle certains albums. Y a-t-il des conditions idéales qui suscitent ton inspiration ?
Il est certain que les groupes que tu écoutes finissent par t'influencer mais cela doit rester inconscient. Perso, je prends ma guitare et je joue sans même réfléchir, et s'il y a une mélodie ou un riff accrocheur je le retiens afin de lui donner le rythme et la structure qui lui conviennent le mieux. Ensuite je travaille sur le reste du morceau.
Donc, en général, je pars d'un plan. L'ambiance du morceau doit d’être assez claire dans le plan trouvé afin de pouvoir approfondir les choses ensuite. Très souvent, après l'écoute de certaines de mes compos, on m'a prêté des influences que je n'avais pas ou des groupes que je n'écoute pas, donc c'est assez drôle pour moi...

 

Tu as joué dans des groupes avant 2011 ?
Mon premier groupe s'appelait "Geesenstacks", c’était vraiment mes débuts. Ensuite il y a eu "Desperado", puis "Insomny" , c'est a partir de là que les concerts sont arrivés avec un registre Metal Electro Prog assez novateur pour l'époque, car là nous sommes en 1999...
Insomny est un bon souvenir pour moi, et surtout un virage progressif qui ne m'a plus jamais quitté ! Ensuite, en 2009, j'ai formé "Endless Sea" avec une chanteuse, c’était un groupe de Metal Symphonique à tendance progressive. L'aventure a duré jusqu'en 2011 car la chanteuse est partie vivre a l’étranger...

 

Je parlais de 2011 parce que tu crées cette année-là "Memory of Silence" avec Thomas Sommer.
Votre premier album sort en 2014. Il s'agit d'un opus de Prog' ambitieux sur lequel on trouve Michael Zurita ou Renaud Hantson...

Effectivement, des cendres de Endless Sea est né Memory Of Silence avec Thomas, mon claviériste depuis 1999 (Insomny, Endless Sea et Memory Of Silence). Cette fois c'est un groupe de Metal Progressif affirmé avec un premier album, “Hypnotic Silence”, très remarqué. Pour ce projet j'ai eu la chance de voir participer Renaud Hantson, Michael Zurita entre autres, mais disons que j'ai eu le plaisir de voir la crème du Metal français répondre favorablement à une participation.
MEMORY OF SILENCE - Hypnotic Silence (2014)
Toujours en 2015 tu montes le projet "Anthon Norwell Experiment", dont le second opus, en 2017, est un ambitieux concept-album...
Exact, et vers la même période naît "The Norwell Project", avec Anck Veynaris...
The Norwell Project s’éloigne des territoires Metal puisqu’à la base la musique est plus acoustique et presque Pop Rock. Anck est un chanteur fabuleux ! Il est capable de plein de choses et il a également participé au premier Memory of Silence... Suite a une discussion nous avons décidé de partir a l'encontre de Memory en faisant un album plus abordable, et surtout où nous posions les armes ! J'ai également enregistré pour cet album quelques chanteurs/euses autres que Anck pour avoir un album au sonorité différentes !

 
En 2015, Memory of Silence commence à parler de la sortie de son second opus, un opéra Prog' sur la Rome antique...
Je travaille depuis quelques années sur le deuxième album, un projet très ambitieux qui regroupe bon nombre de musiciens dispersés dans la France. Cela prend du temps... Pour ce futur album tous les instrumentaux sont déjà enregistrés et nous sommes actuellement sur les voix. Si tout ce passe bien, l'album "Ex Tenebris Lux" sera terminé à la mi-2020 et pourra sortir en fin d’année 2020 !
Anthon-Norwell Experiment est devenu mon projet principal . Le premier album "Esoteric Fall" a vraiment été très bien accepté et a reçu les faveurs des chroniqueurs . Le deuxième album "The Dark Parts Side Of Heaven" a pris presque un an et demi à être enregistré, et cette fois je me suis entouré de Pascal Louvigny (narration et basse) et de Jemina Robineau pour le chant feminin. C'est une grosse pression que de sortir des albums avec ce contenu, mais il a été très bien accepté et une nouvelle fois les chroniqueurs nous ont félicité pour l'approche musicale qui se veut différente de ce que l'on peut entendre en général.
Jemina Robineau
Ta carrière est décidément jalonnée de concept-albums puisqu'en 2018, sous le nom de Synesthesia, toi et Martial Prevel sortez The Battle for Montsegur...
La musique progressive est très souvent assimilée au concept-album donc ça part très souvent dans ce sens ! (Rires)
Avec Martial nous avions discuté et prévu de faire un truc ensemble mais a cette époque j'étais déjà occupé par d'autres projets que je devais terminer avant de passer à autre chose. Lorsque j'ai eu le temps nous avons commencé a composer ensemble. Il s'est donc occupé des textes et des mélodies de voix. Il a créé ce concept sur Montsegur... Pour ma part, j'ai construit les musiques en fonction de la direction des textes. Un vrai travail de groupe ! C'est un très bon album, avec de bonnes mélodies de voix et un coté plus Rock grâce a la voix de Martial, très inspiré par les anciens comme Led Zep ou encore Aerosmith...
 
Synesthesia
SYNESTHESIA - Battle For Monstegur (2018)

 

Aujourd'hui tu reviens avec deux albums d'Anthon Norwell Experiment : "Under My Dream... or My Skin", avec à nouveau Martial Prevel au chant, et "Final Trip Of My Destiny", qui est un peu le prolongement instrumental d'Under My Dream...
"Under My Dream... Or My Skin" est le premier album d'Anthon-Norwell Experiment réellement chanté ! Je me suis entouré de trois personnes niveau chant pour rendre hommage à mes autres projets (et puis entre nous j'adore les entendre chanter ! - Rires). Il y a donc Sam Guerrier (Memory Of Silence) sur le titre "Divergent Mind", Jemina Robineau (Memory Of Silence et Anthon-Norwell Experiment) sur "Broken Star" et Martial Prevel (Synesthesia) sur Number III. Ils interprètent chacun un titre qui, à mon sens, leur correspond. Pour le reste des morceaux c'est moi qui chante. Le fait d'avoir ces changements de voix donne de la dynamique à l'album et fait vivre le concept qui l'entoure.
Quant à "The Final Trip Of My Destiny", c’est un album collector qui sort en digipack et surtout qui prolonge le voyage établi par "Under My Dream". Quarante-cinq minutes de musique, mais c'est surtout un morceau a tiroirs découpé en dix phases ! Aucun temps mort, tout s’enchaîne , aucun moyen d'en réchapper...

 

ANTHON NORWELL EXPERIMENT - The Final Trip of my Destiny (2019)
Dans ton parcours, on trouve aussi Artgotika... Ais-je oublié quelque chose à ta discographie ?
J'ai composé un album de treize morceaux pour Artgotika. C’était une aventure différente de créer pour d'autres.
Pour ce qui est de mes différents projets actifs, il en reste encore quelques uns, oui, comme BlackSun Tears (Indus Metal) Blue Snake Gun (Blues Rock), mais je ne peux pas encore dire s’il va en sortir un album ou non... Quelques titres sont dispo sur Youtube avec Martial Prevel au chant . Pour le moment c'est une cour de recré pour moi , seul l'avenir nous dira si ce sont des projets viables ...

Toi qui as énormément composé, quelle chanson d'un autre aurais-tu aimé écrire ?
"Beautiful" de Marillion , "No Part Of Me" de Steven Wilson , "The Call Of Kutlu" de Metallica... J’écoute énormément de musique et je reste un fan avant d être un musicien, quoi qu'il arrive .

 

Tu n'as de place que pour sauver deux albums de l'histoire du Rock. Lesquels choisis-tu ?
Sans hésitation Steven Wilson "Grace for Drowning" et Metallica "Ride The Lightning" !

 

Merci Anthon Norwell de m'avoir accordé cette interview.
Merci a toi d'avoir pris le temps de travailler tes questions. Je vois que tu connais ton sujet et à la lecture des questions je me suis dis "Oh la ! Il y a de la matière !" (Rires)
C’était un plaisir, et n'oubliez pas que l'album "Under My Dream... Or My Skin" est actuellement disponible en CD chez Soman Records !
ANTHON NORWELL EXPERIMENT - Under my Dream... Or my Skin (2019)
     
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JUNIOR RODRIGUEZ (Rock Psychédélique) - The Stellar Child

  • Le 09/12/2019
Multi-instrumentiste, Junior Rodriguez a joué avec des artistes aussi divers que LoudBlast (“Disquieting Beliefs” sur l’album “III decades live ceremony”) ou Dick Rivers (“Mister D”). Il a côtoyé Dave Grohl et les Queens Of The Stone Age. On l’a également vu en Islande dans le road-trip “Starting Form Nowhere” à la recherche d’inspiration et de sons inédits.Junior 1
Junior Rodriguez - Photographie © Albéric Jouzeau
En 2019, il s’impose avec “Stellar Dream”, une incartade solo qui trouve ses origines dans les 70’s et agrémente son Rock Psychédélique de touches modernes et subtiles.
La tête dans les étoiles, les pieds ancrés sur terre par de profondes racines... c'est une belle définition de Junior Rodriguez.
Voici son interview.
        
 
"Je voulais revenir à ce qui me fait
le plus vibrer dans la musique."
 

Bonjour Junior Rodriguez. Je vous propose de faire un bond dans le passé. A qui doit-on votre goût pour la musique ? Vos parents ou Thierry Guerrero ?
Junior Rodriguez :
Je dois le goût de la musique à mes parents, mais surtout mon grand Frère Duff. Quant à ma passion pour la batterie, elle me vient de Thierry Guerrero, un ami qui m’a vu naître et qui a mis la première fois mes petites fesses de trois ans et demi sur sa batterie, instrument que je n’ai plus jamais lâché.

 

Vous vous souvenez du premier album que vous avez acheté ?
C’était une compilation de la Motown ! Avec dedans les jackson Five que j’écoutais en boucle. J’analysais tout ce qu’il se passait dans leur musique au casque...
Premier concert auquel vous avez assisté ?
Je crois que le tout premier concert que j’ai vu c’était Linda de Suza au Cirque d’hiver avec mes parents quand j’étais tout petit. Mais sinon celui qui m’a le plus marqué quand j’étais plus jeune c’était définitivement Pantera au Zenith pour la tournée Great Southern Trandkill. Un concert comme on n’en reverra très certainement plus…

 

Après avoir joué avec votre frère, vous montez votre premier groupe, «Inhatred». Ca reste apparemment un excellent souvenir…
Des souvenirs impérissables ! Mon frère jouait également dans ce groupe. On était jeunes, en pleine ébullition de la fin des 90’s et de tout ce qui sortait à l’époque. C’était vraiment une période de dingues : on osait tout, on n’avait peur de rien.
Junior loudblast
LOUDBLAST - III decades live ceremony (2017)
Loudblast, Inhatred, Sublime Cadaveric Decomposition, Betraying the Martyrs... On ne compte plus vos contributions comme musicien ou technicien. Faites-vous partie de ces hommes qui ne dorment jamais ?
Bien au contraire, j’essaye de dormir mes huit heures par nuit. C’est justement important d’être en forme pour tenir la cadence. Donc j’essaye d’avoir de bonnes nuits de sommeil, par contre la journée je suis très actif et je m’organise au mieux pour avancer tout ce que j’ai sur le feu…

 

Vous avez été amené à travailler pendant six ans avec Dick Rivers. Un mot ou une anecdote sur ce pionnier du Rock en France ?
Un mec sincère, entier et une bible du rock n’ roll…
Il m’a accueilli à bras ouverts autant sur scène que chez lui lors de ces délicieux repas concoctés par sa femme Babette, que j’adore. Des fois il me faisait écouter ses disques préférés dans sa Cadillac… j’ai re-découvert bon nombre de classiques comme ça grâce à lui ! Ses coups de fils intempestifs me manquent beaucoup…
 
Junior mister d
DICK RIVERS - Mister D (2011)
Vous participez à l'album "Mister D" et partez en tournée américaine. Les rencontres et les expériences de cette tournée ont-elles eu une influence sur vos choix discographiques postérieurs ?
Bien évidement. C’est pendant cette période - et surtout en travaillant avec Oli Le Baron - que mon idée de me lancer en solo à germé. J’ai également re-découvert un paquet de disques grâce à eux..

 

Dans le road-trip "Starting From Nowhere" vous partez en Islande - accompagné seulement du réalisateur Albéric Jouzeau et de Benjamin Loriou (drone) - chercher sons et inspiration dans votre environnement. Êtes-vous aussi à l'affut de sons dans notre quotidien surexposé ?
Oui je suis toujours aux aguets…

 


Starting From Nowhere” est une expérience humaine et musicale. Ce road-trip est-il une richesse pour l'avenir ?

Absolument, cela m’a d’autant plus donné envie de continuer à vivre de nouvelles expériences…

 

Stellar Dream” est votre nouvel album, le premier sous votre nom propre. J'ai pensé aux 70's en l'écoutant, et particulièrement à Black Sabbath, Alice Cooper, The Doors... Je sais que c'est une filiation que vous ne rejetterez pas. Mais si j'ajoute que j'ai aussi songé par petites touches à Sébastien Tellier, à Daft Punk et à Strapping Youn Lad, qu'en pensez-vous ?
Strapping Young Lad totalement ! Daft Punk pourquoi pas. Sebastien Tellier je ne connais pas ce qu’il fait…

 
Le clip Just LIke You a été tourné en Namibie, avec une équipe locale qui travaillait déjà sur “Rendez-vous en terre inconnue”. Souvenirs de tournages ?
Une aventure incroyable ! Une très forte rencontre avec le peuple Himba mais surtout avec Yepua, cette petite fille qui joue avec moi dans ce clip et avec qui nous avons passé une semaine ensemble, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Nous nous sommes liés d’un lien très fort ainsi qu’avec son père. Pendant le tournage, sa maman a mis au monde une petite sœur dont ils m’ont fait parrain et demandé de lui donner son prénom. C’était un moment très fort…
Junior stellar

Junior Rodriguez - Stallar Dream (2019)

“Dali was a liar”...Une envie de mettre de la peinture dans votre musique ?Junior dali
Salvador Dali (1904 - 1989) - John Peter Moore, ancien secrétaire particulier de Salvador Dali, avait révélé avoir eu l'idée de faire signer au maître des feuilles en blanc qui seraient imprimées ultérieurement. Dali en aurait ainsi signé quelque 350 000, pour le prix de 40 dollars l'unité.
(Source La Croix)
Tout à fait ! Mais surtout de rendre hommage à mon peintre préféré. Je viens de l’art à la base, ayant eu la chance de pouvoir faire des études d’arts au lycée. Je me suis passionné pour Dali et Magritte…
Cette chanson fait référence à un documentaire très rare sur la collection de «Faux» de Dali. Ce texte est une discussion entre Dali, ses disciples et ses détracteurs qui tenaient des débats très endiablés le concernant…

 
Avec le road Trip "Starting From Nowhere" et votre album "Stellar Dream", on a l'impression qu'ayant commencé par la musique extrême vous aviez envie d'un retour aux sources déjà initié par les albums "Welcome Home"...
C’est exactement ça… Je voulais revenir à ce qui me fait le plus vibrer dans la musique.Junior welcome
JUNIOR RODRIGUEZ, Welcome Home (2014)
En musique être autodidacte est une liberté ?
C’en est une, c’est vrai. Même si par moments je me dis que j’aimerais bien savoir lire la musique pour pouvoir communiquer plus facilement avec certains musiciens. Mais je m’y mets doucement ! J’arrive maintenant à mettre des noms sur la majorité des accords que je joue…

Vous vous êtes mis au piano et vous aimez jouer du violoncelle... Que de perspectives pour de futures compositions !
C’est exact ! On va voir ce que ça va donner pour la suite... mais j’ai envie d’aller plus loin, de me dépasser.

 

Qu'allez-vous faire dans les mois à venir ?
Les mois à venir vont être focalisés sur le live. On espère tourner le plus possible en 2020 pour défendre ce disque. Et en parallèle de belles choses se précisent avec mon frérot Waxx également… Disons que 2020 s’annonce comme une belle année si ça continue comme ça...

Merci Junior Rodriguez de m'avoir accordé cette interview.
Merci à toi
      
Junior glace
Junior Rodriguez - Photographie © Albéric Jouzeau

Informations utiles :


Suivre Junior Rodriguez :
https://www.juniorrodriguez.com/
Ecouter Junior Rodriguez :
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Junior Rodriguez sur Instagram :
https://www.instagram.com/juniorrodriguez/
Les photographies de Junior Rodriguez présentées sur cette page sont d’Albéric Jouzeau :
http://www.albericjouzeau.com/
Junior Rodriguez sera en concert le 24/01/2019 à Issy-Les-Moulineaux ( Espace Icare ) avec The Psychotic Monks.

 

 

 

RED BEANS AND PEPPER SAUCE (Rock) : L'année du Haricot

  • Le 30/10/2019

Groupe : RED BEANS AND PEPPER SAUCE
Genre   : Rock
Origine : France

Dix ans d’existence et cinq albums.
Red Beans And Pepper Sauce est l’un des groupes de Rock les plus intéressants de la scène française. Son nouvel opus, “Mechanic Marmalade” est une réussite de plus dans sa discographie, et 2019 pourrait bien s'avérer l’année du Haricot.
Mais Qu'est-ce qui distingue les Red Beans d'un haricot à la sauce ordinaire ? Nous sommes allés poser la question à son flamboyant guitariste, Laurent Galichon.
(Interview réalisée pour Hard French Metal le 30/10/2019)

Bonjour Laurent Galichon. Premier album acheté ?
Bonjour. Je pense que c’était Thriller, de Mickael Jackson, en k7.

Ton premier concert ?
Je crois que c’était FFF à Béziers en centre ville, un concert gratuit.

 
"Pour réussir un tout petit peu
il faut rater beaucoup."
 

Premiers émois qui ont conduit le petit Galichon à être musicien plutôt que pompier, vétérinaire ou chasseur de primes comme Joss Randall ?

Mes parents m’ont acheté une platine vinyle pour mes dix ans, avec le 45 tours Beat It, toujours de Mickael Jackson. Je me rappelle encore avoir écouté ce solo de Van Halen en boucle. J'ai même probablement dû faire quelques solos de raquette devant la glace (Rires). Et puis je suis allé fouiller dans la collection de mes parents où je suis tombé directement sur le 45 tours quatre titres de Hey Joe de Jimi Hendrix puis sur le 33 tours Led Zeppelin II. Les jeux étaient faits…
Jackson

Michael Jackson - Beat It (1983). A la demande du producteur Quincy Jones et à titre gracieux, Eddie Van Halen marque ce morceau de l'album Thriller par un solo de guitare.

La vie d'artiste est-elle conforme à ce que tu imaginais alors ?
Pas vraiment (Rires) ! Quand on est spectateur on n’a pas idée de l’envers du décor ni de la somme de travail que ça représente. Cela dit c’est passionnant, les bons moments valent sans problème les mauvais.

A quoi ressemblait ta toute première compo ?
Très exactement à Come Together des Beatles (Rires). J’avais seize ans, seulement quelques mois de guitare dans les mains et pas encore beaucoup de vocabulaire. Du coup je ne me suis pas rendu compte tout de suite de ce très beau plagiat (Rires). Je m’en rappelle encore car pendant quelques minutes j’étais vraiment persuadé de tenir un riff en or massif. C’était trop drôle, je me revois  traverser en courant la maison du pote chez qui on répétait pour dire aux autres : putain les mecs j’ai un riff qui déchire tout ! Je le jouais à la guitare, plutôt qu’à la basse comme sur l’original, mais l’un d’entre nous a dû finir par se rendre compte que le riff existait déjà...

 

Quelle chanson d'un autre aurais-tu adoré écrire ?
Eleanor Rigby, Voodoo child, Since I've Been Loving you, The Weight, I Shall Be Released, Little Wing, A Change is Gonna Come, I’ve Been Loving You Too Long, Child in time... Il y en a trop ! (Rires)

 

Dans une période pré-Red Beans, tu composes des maquettes pour toi tout seul dans ton studio. Quel regard portes-tu sur ces débuts ?
Le premier album qu’on écrit on met toute sa vie jusque-là pour l écrire. C’est donc des années d apprentissage, de réussites, d’échecs. On tente des choses. Des fois ça marche des fois non. Il y a un coté créature de Frankenstein dans certains trucs que j’ai écrit au début. Mais c’est un passage obligé. Pour réussir un tout petit peu il faut rater beaucoup.

 

La discographie des Red Beans est-elle encore disponible dans son intégralité ? Par exemple “Le Gardien”, votre premier album ?
Non, on a épuisé les stocks et comme il y a eu un changement de chanteuse on a décidé de ne plus le commercialiser.
Beans le gardien

  RED BEANS AND PEPPER SAUCE - Le Gardien (2010)

Tu joues aussi de la batterie. Pratiquer cet instrument a-t-il influencé ton processus de composition ?
Carrément ! Ça arrive même que je parte d’un pattern en particulier. C’est pratique aussi pour communiquer avec Niko qui produit les albums et joue la batterie. Il est très impliqué dans l’arrangement des morceaux et du coup on parle la même langue même si lui la maîtrise beaucoup mieux que moi.
Redbeanspeppersauce whomade

RED BEANS AND PEPPER SAUCE - Who Made The Sauce ? (2012)

Des groupes comme Dream Theater se passaient en boucle certains albums dont ils s'inspiraient pour orienter leur processus de composition. Apprécies-tu d'installer une ambiance particulière quand tu composes ?
Non pas vraiment, je ne sais pas si cela me conviendrait. En fait dès que j’ai une idée je la joue et j’enregistre avec mon smartphone. Si je suis en voiture je chante le truc. J'archive tout ça sur mon PC et je m’en sers comme boite à idée quand je fais une session d écriture.
RED BEANS AND PEPPER SAUCE - L'EP "Eat Me" (2013)
A quoi doit-on la formule Guitare/Clavier des Red Beans ?
A mon ego surdimensionné qui ne supporte pas la présence d’un deuxième guitariste sur scène. (Rires)
Plus sérieusement le truc à deux guitares ça rend l’histoire très très rock. J’adore ça chez AC/DC mais je voulais faire quelque chose de plus nuancé, avec des touches funky, ou parfois même pop. Je voulais aussi que mes racines blues soient bien présentes et à deux grattes j’aurais une tendance à imaginer des arrangements beaucoup plus hard. Ça ne nous empêche pas de jouer heavy quand c’est nécessaire mais ça nous donne la possibilité de faire autre chose si on en a envie. Il n’y a pas de formule parfaite mais celle-ci me convient le mieux.
Pochette hot n spicy
RED BEANS AND PEPPER SAUCE - Hot & Spicy (2015)
Depuis quand évoluez vous avec le line-up actuel ?
C’est le troisième album avec la même équipe, soit depuis 2014.

Qu'est-ce qui distingue les Red Beans d'un haricot à la sauce ordinaire ?

Le piment ! Les haricots rouges si tu veux ça représente nos racines blues, ça représente notre héritage. La sauce au poivre c’est ce qu’on y apporte, c’est notre façon de le cuisiner. Le blues est une musique de tradition. Nos glorieux aînés l'ont façonné à leur image au fil du temps.
Ce qui est intéressant désormais c’est de voir ce que nous allons en faire. Et puis ce qu’en fera la génération d’après et ainsi de suite. Chacun le fait à sa façon. Sinon c’est comme manger tous les jours la même chose.
RED BEANS AND PEPPER SAUCE - Red (2017)
Vous avez sorti des Live, (DVD, Bluray...). On vous découvre au Crest Jazz Vocal ou plus récemment sur The Red Tour. Faire un Live, c'est assez rare pour un groupe. Cela nécessite des moyens et un public réactif. J'ai pourtant lu que vous aimeriez répéter l'exercice régulièrement ?
Notre musique prend vraiment une autre dimension sur scène, c’est en tout cas ce qu’on nous dit régulièrement après nos concerts, du coup il y a un vrai intérêt à essayer de capter ça régulièrement. Mais effectivement ça demande beaucoup de moyens et aussi un peu de chance pour faire les bonnes rencontres. On réfléchit actuellement au prochain live qu’on va réaliser. On étudie plusieurs possibilités. Ce qui est sûr c’est qu’on veut faire autre chose et ne pas simplement sortir un Blu-ray qui ressemblerait au précédent avec seulement les titres qui changent. La technologie nous offre sans cesse de nouvelles possibilités donc on va essayer de faire quelque chose d’original.

RED BEANS AND PEPPER SAUCE - The Red Tour (Blu-Ray - 2018)

On ne trouve The Red Tour qu'en blu-ray, voire en audio à votre stand de merch en concert... A quand une distribution plus accessible de cet excellent album Live ?
Il devrait bientôt être disponible sur le site en version CD et MP3.
 
 
"C’est une vraie grande fierté
d’avoir créé quelque chose

qui plaise à ce point
à des gens que je ne connais pas."

 


Tu disais à propos de "Red" (2017) dans une interview : "Dans ce nouvel album, nous sommes clairement allés chercher du côté de nos influences classic rock." Mechanic Marmalade, votre nouvel album, suit-il la même ligne ?

Oui tout à fait. Depuis RED on s’est fixés musicalement. On assume clairement ce côté Classic Rock mais on fait attention à respecter nos racines Blues et notre attirance parfois pour la Soul. Ce n’était pas quelque chose de si étonnant que ça dans les 70’s de mélanger les genres. Nous avons un gout prononcé pour la fusion. Cela dit il est impossible de savoir ce qui se passera par la suite, on se donne un cadre histoire d’être cohérent mais un cadre ça peut s’élargir.
RED BEANS AND PEPPER SAUCE - Mechanic Marmalade (2019)
“Une pépite qu’il me tarde de voir sur scène” (Among the Living), “Un groupe qui se bonifie avec le temps, c’est du lourd” (La Grosse Radio) “Jessyka Aké, fait des miracles et tient tête aux guitares impétueuses de Laurent Galichon qui, en pyromane avisé, insuffle cette étincelle qui fait la différence” (Vinylestimes)... Les critiques que j'ai pu découvrir à propos de Mechanic Marmalade sont excellentes. Étais-tu confiant avant de présenter l'album, ou tu as la nature bileuse ?
Il y a maintenant pas mal de gens qui nous suivent, il y a une certaine attente à la sortie de l’album. Du coup même si je n’ai pas la peur de mal faire, parce qu’après tout un artiste doit se laisser porter par son inspiration, je ressens surtout la peur de décevoir. C’est une vraie grande fierté d’avoir créé quelque chose qui plaise à ce point à des gens que je ne connais pas, qui font des bornes pour venir nous écouter, qui dépensent de l’argent pour un disque. Bien sûr nous n’avons pas autant de public que des rock stars, mais peu importe le nombre, je serais malheureux s’ils ne trouvaient plus ce qu’ils viennent chercher dans nos albums ou à nos concerts.

 

Le titre de votre répertoire que tu préfères ?
Arf, c’est difficile. J’ai adoré jouer “Son” sur scène parce que j’ai écrit ce titre, paroles et musique, pour mon petit garçon et que ça me donnait des ailes sur scène. Même les mauvais soirs ça me faisait penser à lui et ça me permettait de me remettre dans la musique. C’était une belle expérience. Il en existe une belle version, une de mes préférées, sur le Blu-Ray live. Je suis vraiment très heureux qu’elle ait pu être enregistrée. Mais maintenant on l’a sortie du set pour éviter de saturer. Et puis il a grandi, il va falloir que je lui en écrive une autre. (Rires)
J’en aime beaucoup d’autres mais j’ai souvent eu des frissons sur celle-là sur scène.


La chanson que tu écoutes en cachette ?
(Rires) Je dis à tout le monde que je déteste Phil Collins pour faire genre, mais en fait je kiffe le morceau “Mama”, de Genesis.

 

Tu donnes énormément d'interviews pour les Red Beans. Quelle est la question la plus incongrue qu'on t'a posé ?
Ben en fait ça fait cinq albums qu’on sort et on ne m’a encore jamais dit “Alors, c’est l’album de la maturité ?” et je suis très déçu. (Rires)
Aussi, j’aurais adoré être interviewé par Nelson Montfort mais je suis une quiche en patin à glace…

 

Merci à Laurent Galichon d'avoir bien voulu répondre à mes questions.
       
Liens et informations utiles :
L’actualité des Red Band And Pepper Sauce :
https://www.redbeansandpeppersauce.com/

Red Beans And Pepper Sauce sur Facebook :

https://www.facebook.com/redbeansandpeppersauce/

Red Beans And Pepper Sauce est en concert :
. Le 06/11/2019 à Levallois Perret (
Salle Ravel - Levallois )
. Le 29/11/2019 à Dijon (
LE POP ART )
. Le 30/11/2019 à Chessy ( Billy Bob’s)
. Le 06/12/2019 à Lattes ( The O’liver)

 


 

Vol au dessus d'un nid de Harpies

  • Le 22/10/2019

Groupe : Les Harpies, ou Chiennes de Zeus
Genre   : Folk Hybride
Album   : L'envol (EP - 2019)
Origine : Paris


Le trio parisien de Folk hybride vient de présenter L'Envol, son premier EP.
Les voix de Julie, Manon et Alaïa sont servies par des instruments aussi divers qu'un violoncelle, un djembé ou un banjo.
Voici quelques secrets de fabrication d'un vol au dessus d'un nid de Harpies.
Bienvenue chez celles qu'on nomme aussi les Chiennes de Zeus.

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De gauche à droite Manon, Alaia et Julie. Photo : DARKGOTHIQUE

Bonjour Les Harpies. Vous venez de sortir "L'Envol". Combien de temps a-t-il fallu pour réaliser cet EP ?
Julie : En soi ça n’a pris que quelques jours d’enregistrement mais tout le processus (avant et après) a été beaucoup plus long ; Pierre, notre premier violoncelliste ayant déménagé à Copenhague, il a fallu s’organiser pour qu’il puisse revenir enregistrer. Et puis c’était notre première expérience d’enregistrement pour le groupe, on ne savait pas trop dans quel sens prendre les choses…Donc ça été un peu laborieux, maladroit… mais on a appris beaucoup !

Qui a écrit les cinq compositions qui figurent sur cet opus ?
Manon : Yule et L'envol sont le fruit d'un travail basé sur de l'improvisation à trois. Julie a écrit Burn, j'ai écrit Aphrodite et Mélopée, et Alaia a ajouté le basque.

Yule, illustré par Sol'N Barbier.

"N'ayant pas de percussionniste au moment de sa création,
nous avons utilisé un pouf de rangement en guise de percussion !"



Comment vous répartissez-vous les lignes de chant ?
Julie :  Au début on mettait souvent Manon dans les graves, Alaia dans les médiums et moi dans les aigus. Puis à force de chanter ensemble on s’est rendues compte qu’en ayant des voix différentes, on avait des capacités similaires au niveau de l’étendue vocale. Donc depuis on s’amuse plus à interchanger, parfois au sein d’un même morceau ;
Alaia : Soit on a déjà les voix en tête et on les apprend aux autres, soit ensemble on improvise, on voit, on se fait plaisir et surtout on s’amuse.
Manon : Sur Yule et L'envol, c'était du ressenti, de l'improvisation. Sur les trois autres, cela varie en fonction de qui la chanson parle, la protagoniste chantant la lead. Ainsi, Lily est la protagoniste de Burn, chanté par Julie ; Alaia est celle d'Aphrodite, et je suis celle de Mélopée. Une fois que cela est établi, les harmonies sont écrites comme des réponses ou des réactions des deux autres personnages à la protagoniste.

Quels sont les instruments et les musiciens qui accompagnent votre trio sur ce disque ?
Alaia :
Elliot, Pierre et Gaël, et on les aime.
Julie : Pour L’envol et Yule ce sont surtout nos voix avec de multiples superpositions agrémentées de différents petits bruitages ainsi qu’un baton de pluie (pour l’Envol) ou un djembé (pour Yule) joué par Gael Payet. Pour Aphrodite et Mélopée c’est du banjo (Elliott Stoltz) et du violoncelle (Pierre Laffitte) et du djembé (toujours Gael). Pour Burn, même équipe sauf qu’Elliott troque son banjo contre une guitare acoustique.
Manon : Fun fact pour l'Envol : n'ayant pas de percussionniste au moment de sa création, nous avons utilisé un pouf de rangement en guise de percussion !

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Les Harpies et leurs Harpos - Photo Baptiste Joet.

L'Envol me conduit aux Balkans, à l'exception de "Burn", seul titre en anglais qui m'évoque l'univers de Noa (la chanteuse, pas le tennisman !)...
Julie :
C’est drôle que tu dises ça, ça ne me serait jamais venu à l’esprit ; Ma mère écoutait beaucoup Noa quand j’étais petite, et j’aime beaucoup… inconsciemment cela s’est peut être infiltré dans mon identité musicale ? Pour le reste c’est vrai que les musiques traditionnelles en général (dont celle des Balkans) nous parlent beaucoup. On aime leur aura mystique. C’est de la musique qui a une âme, de la profondeur, de la chaleur, de la viscéralité et une grande esthétique… quelque chose qui nous touche et qu’on a envie de reproduire avec notre musique.
Alaia : Rigolo, Julie et moi avons grandi en écoutant Noa et je n'ai jamais fait le rapprochement avec Burn, mais maintenant que j’y pense...
 

"Depuis qu’on a fondé ce groupe, on continue de se découvrir vocalement."
 

A l'écoute de la dernière piste (L'Envol) j'ai aussi pensé au chant mongol. Y a-t-il des univers vocaux que Les Harpies ont envie d'explorer ?
Alaia :
J’ai grandi avec des parents musiciens touche-a-tout, j’ai écouté des styles complètement différents toute mon enfance, et j’ai développé une obsession pour le chant mongol étant petite.
Julie : Depuis qu’on a fondé ce groupe, on continue de se découvrir vocalement, on teste des choses, on se surprend… on aime les associations atypiques donc qui sait ce qui viendra par la suite ?
Manon : Nous avons chacune une technique similaire mais des timbres distincts, marqués par nos origines. Nous voulons nous servir de ces bagages pour faire voyager le public. D'ailleurs en concert, on peut entendre du Maloya qui est un genre musical de l'île de la Réunion, un chant né de l'esclavage, chanté en malgache ou en créole.

Vous avez choisi Mélopée pour illustrer cet EP. Quelques secrets de tournage pour Ahasverus ?
Julie :
C’était un tournage maison, en petit comité, qui s’est fait de manière plutôt efficace. Pour les plans où nous sommes peinturlurées, il nous a fallu plus d’une heure et demi pour nous tartiner mutuellement. Mon appareil photo a d’ailleurs été baptisé ce jour là, il reste des paillettes…et pour les plans en tenue de concert… comment dire… c’était le matin, il faisait  froid, et on était un peu un objet de curiosité pour les coureurs du weekend…
Alaia : Alors c’est un certain furet nommé Baptiste Joët qui a filmé les plans où nous sommes à trois, donc merci à lui. Merci à tous les joggeurs présents à huit heures du matin dans le parc de s’être arrêtés pour nous regarder courir dans nos robes, et s’allonger sur des statues. C’était… une expérience !



Où peut-on découvrir et se procurer L'Envol et existe-t-il en version physique ?
Julie :
Nous avons diffusé l’Envol via Distrokid qui le diffuse ensuite sur Spotify, iTunes, Apple Music, Pandora, Amazon, Google Play, Tidal, iHeartRadio, YouTube, Deezer et de nombreuses autres plateformes de streaming. Pour le moment pas de version physique non.

Vous serez le 31/10/2019 à 20 heures au Salon du Fantastique à Paris XVII. D'autres projets dans votre futur proche ?
Manon :
Il se pourrait que nous travaillions au prochain EP…
Julie : On n'est pas encore tout à fait sorties de notre spirale infernale du violoncelliste disparu. On s’en sort pour les interventions dans des évènements tels que Cidre et Dragon ou le Salon du Fantastique, mais pour ce qui est des vrais concerts narratifs comme on a pu en faire, on préférerait être en version complète. Donc il faut qu’on trouve enfin chaussure à notre pied. Notre percussionniste principal Gaël est également en tournée à la Réunion jusqu’à la fin d’année; en son absence nous avons JP pour le remplacer… On a adapté la plupart des morceaux pour pouvoir les jouer sans violoncelle, et ça fonctionne, la magie est toujours là ! Donc en attendant notre “formation idéale”, on va continuer de jouer un peu partout, on vous tiendra au courant sur la page facebook !

Je sais que le temps vous est précieux car, d'un point de vue artistique, vous faites chacune mille choses. Merci Les Harpies d'avoir pris le temps de répondre à mes questions
Julie :
Merci à toi de promouvoir notre travail ! A bientôt !
Manon : Merci pour l'intérêt porté à notre projet, cela nous touche immensément, nous avons hâte de présenter la suite !

Logo sol n

 

Les Harpies selon Sol'n Barbier.


Les Harpies, ou Chiennes de Zeus, seront en concert au Salon du Fantastique, Espace Champerret, 6 Rue Jean Oestreicher, 75017 Paris, le jeudi 31 octobre 2019  sur la Grande Scène à partir de 20h pour un set de 45 min.

Les Harpies sur Spotify :
https://open.spotify.com/album/43MMDvIJbjICIWqE3Jbvf7

Retrouvez les illustrations de Sol'n Barbier ici :
https://solemntempo.tumblr.com
Et les photos de Darkgothique là :
Darkgothique photo

 

NOCTILUS : Immersion dans les eaux du Prog'

  • Le 23/06/2019
Groupe : Noctilus
Genre : Metal Progressif
Origine : PACA
Line-Up : Fabien : Guitariste ; Gab (alias Gab Meadknight) : Chanteur ; Stélian : Clavieriste ; Yoan : Batteur ; Poste à pourvoir : Bassiste.

 

Noctilus est un groupe de Metal Progressif originaire du Sud-Est qui avait fait une très forte impression notamment lors de son passage au Monster'S Art - WMC de Fréjus en ce premier semestre 2019. Nous avons tenu à vous présenter ces impressionnants musiciens sans même attendre leur première production discographique.

Noctilus, par Léa.
 
                        
Bonjour Noctilus. Pourriez-vous présenter votre groupe aux lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ?

Noctilus par Léa.
Stélian : Bonjour, et bonjour les lecteurs d'Ahasverus -Métaux en tous genres. Nous sommes un groupe de Metal Prog’ aux diverses influences, allant du Metal progressif aux origines du Rock, en passant par le Metal Symphonique. Le groupe rassemble des musiciens venus d'univers différents mais unis par un même souci de la qualité musicale ainsi que par le plaisir de faire partager notre musique.

Quels sont vos parcours artistiques respectifs et comment s’est formé le groupe ?
Fab :
J'ai démarré la guitare à dix-sept ans avec quelques notions de solfège, mais j'ai progressé en tant qu'autodidacte très influencé par Steve Vai.
Stélian : Après avoir commencé la musique à cinq ans, de la clarinette à l'orgue ainsi qu'au piano, mais aussi diplômé de monocorde et de kazou, c'est au lycée que j'ai découvert le Metal Prog’ avec un ami batteur. Depuis je n'ai jamais arrêté.
Gab : J'ai toujours chanté, en chorale au départ, puis dans des groupes. L'exigence du chant Metal m'a contraint à approfondir ma technique vocale, basée sur le lyrique.
Yoan : J'ai appris les bases du rythme et du solfège vers 7/8 ans (un premier signe de mesures impaires ...) en prenant des cours de piano. Puis j'ai débuté la guitare en autodidacte pendant quelques années avant de commencer la batterie au collège en intégrant un atelier dirigé par des professeurs de musique. Je me suis très rapidement intéressé au courant progressif au sens large, notamment grâce à Mireille Matthieu, Zappa, Magma, Return To Forever, King Crimson, Dream Theater et plein d'autres.
Fab : Concernant la formation du groupe, nous jouions ensemble avec Yoan depuis plusieurs années sur divers projets (Prog et Funk notamment). Puis nous avons rencontré Stélian au hasard d'un détour au Conservatoire de Toulon et le chanteur sur Internet via le site easyZic.


Noctilus fait évidemment penser au Nautilus de Jules Verne. L'idée maîtresse est-elle une plongée en mers inconnues ?

Noctilus par Léa.
Fab : C'est presque ça... le Nautilus fait référence à un moyen de transport, et le préfixe "Noct" - la nuit - suggère l'univers du rêve, de l'aventure.
Gab : Nous sommes avant tout des conteurs d'histoires, et le Noctilus est le véhicule imaginaire qui nous permet de migrer d'un univers à l'autre.


Comment vous répartissez-vous les rôles au sein de Noctilus ?
Stélian :
Fabien est le compositeur principal, mais le résultat final est une fusion des idées et des envies de l'ensemble du groupe.

Quelle est la partie de votre activité artistique qui vous plaît le plus ?
Yoan :
Naturellement les concerts, le live et l'échange avec le public.
Fab : La recherche d'un bassiste...

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Noctilus par Léa

De quel côté trouvez-vous votre inspiration, musicalement parlant ?
Fab :
Du côté obscure de la force ... Mais pas seulement.
Principalement l'univers de Tim Burton et de Dany Elfman, mais aussi toute la littérature fantastique ainsi que différents univers musicaux, comme par exemple Franck Zappa.

 

Côté textes, quelles thématiques aimez-vous aborder ?
Gab :
Nous alternons entre l'histoire du concept Noctilus et des relais satellites. Cela nous permet de mettre en avant notre vision de la société et certaines choses que les gens ne remarquent plus.

On peut découvrir sur Soundcloud "The Mirror", une de vos compositions. D’autres titres seront-ils bientôt disponibles à l’écoute ?
Yoan :
The Mirror” n'est pas une de nos compositions mais une reprise de Dream Theater. Nous l'avions enregistrée afin d'avoir une démo à présenter pour notre tribute à ce groupe. Depuis avons publié sur notre soundCloud (https://soundcloud.com/noctilusband) les enregistrements live de deux compos : "Night of The Sabbat" et "Time Clock".
Noctilus par Léa.
Où peut-on vous applaudir et de quoi se compose votre set ?
Gab :
Actuellement nous rodons notre set de compos sur les scènes locales de la région PACA. Le tribute Dream Theater nous permet d'attirer du monde et de toucher un plus large public.

Quels sont vos projets pour les mois à venir et quelles sont les ambitions de Noctilus ?
Stélian :
Enregistrer un EP et trouver un bassiste permanent, investi comme tous les autres membres du groupe.

 

Merci Noctilus d’avoir répondu à mes questions.
Noctilus :
Merci Josy !

 
         
 
Noctilus par Léa.
Liens utiles :
Page Facebook :
https://www.facebook.com/noctilusband/
(N’oubliez pas de liker !)
Soundcloud : https://soundcloud.com/noctilusband/

Merci à Léa pour ses photographies et son aimable autorisation.
Retrouvez là sur
https://www.facebook.com/lesphotosduharicot/


 

THE HORNSTONE - Thrash in Madagascar

  • Le 21/06/2019

Groupe : The Hornstone
Genre   : Thrash Metal
Origine  : Madagascar

(article publié sur Hard French Mteal le 22/06/2019)
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The Hornstone est une formation de Thrash Metal originaire de Madagascar.
Le hasard des réseaux sociaux fait que nous avons découvert récemment Mitady Ni Ampy, un clip de ce groupe qui prépare actuellement son premier album.
A l’évidence, si les morceaux du futur opus sont tirés du même tonneau que ce titre-ci, nous tenons une galette de Thrash originale et intéressante.
Le moment est venu d’en savoir plus sur The Hornstone !


 

      
Bonjour Carlo. Tu es guitariste de The Horstone. Pourrais-tu nous présenter votre line-up pour le public français qui ne vous connaît pas ?
Carlo :
Certainement. Je suis Carlo, compositeur, arrangeur et lead guitar du groupe, Hajatina est notre bassiste et lead vocal, Dominique est à la guitare rythmique et Rindra a la batterie.
Du gauche a droite rindra le batteur moi dominique le deuxieme guitare et hajatina le chanteur
THE HORNSTONE. De gauche a droite Rindra, Carlo, Dominique et Hajatina.
Comment est né The Hornstone ?
Carlo :
Je jouais à l'époque avec Rindra, notre batteur - c’était en 2015, je crois - dans un groupe appelé Apost. Hajatina nous a vus et s'est montré intéressé par ma façon de jouer. Il m'a proposé de former un groupe avec lui. Ça a commencé comme ça.

 

Il était évident pour vous dès le départ que votre style serait le Thrash Metal ?
Carlo :
Oui. Depuis longtemps je souhaitais rencontrer un chanteur comme le notre pour exprimer mes compos. C'est enfin réalisé !

On a pu voir quelques vidéos, et j'ai cru comprendre qu'un album était en préparation. Peux-tu nous en dire plus ?
Carlo :
Nous sommes un groupe autoproduit, et en tant que tel il nous est parfois difficile de réunir la somme nécessaire pour faire un enregistrement. Mais nous avons enfin réussi ! Et si on trouve un producteur ou un sponsor du genre, je peux vous dire que ce ne sera pas notre unique projet !
L'album contiendra dix titres. Nous pensons pouvoir le présenter ce mois d'août.
 
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Pourra-t-on l'écouter ou se le procurer en Europe, et notamment en France , par le biais des plateformes d'écoute ou de téléchargement ? (Spotify, bandcamp, deezer, amazon, etc)
Carlo :
Notre but est de le faire entendre au monde entier, alors toutes les propositions, tous soutiens, conseils, etc, seront les bienvenus !

 

Quel type de musique écoutes-tu en ce moment ?
Carlo :
Du classique !

Merci Carlo d’avoir répondu à nos questions.
Carlo :
Je t'en prie.
 
   The Hornstone sur Facebook (N’oubliez pas de liker leur page !) :
   https://www.facebook.com/hornstoneofficial/

 

 

DREAMSLAVE : La Résurgence du Rêve

  • Le 16/06/2019
Groupe : Dreamslave
Genre : Metal orchestral
Origine : Lyon


La sortie le 21/06/2019 chez MASSACRE RECORDS (Anvil, King Diamond, Liv Kristine, pour ne citer qu’eux) de leur album Rest In Phantasy, initialement paru en autoproduction en 2015, remet Dreamslave sous les feux d’une actualité pleinement méritée. Elle permettra aux talentueux lyonnais d’atteindre un public international plus large.
Elle nous donne enfin le prétexte de finaliser un projet qui nous tenait à cœur depuis longtemps : réaliser l’interview d’une trop rare frontwoman : Elegy Emma.
(article publié sur HARD FRENCH METAL le 17/06/2019)

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Elegy Emma par Philippe Creusot.

"J'ai beaucoup d'émotion
à chaque fois que j'écoute «RIP». 
Il fut une expérience formidable, 
autant humaine que musicale."
Hard French Metal : Bonjour Elegy Emma. D'abord un retour en arrière, si tu le permets. Te souviens-tu du premier album que tu as acheté ?
Elegy Emma : Bonjour Hard French Metal. Allez... Repartons dans les limbes de mon passé de musicienne... Mon tout premier album ? Et bien je crois que c'était «The Freddie Mercury Album», son premier en solo, en 1992, où figurait le fameux «Barcelona», dédié aux jeux olympiques de la même année, en duo avec une grande soprano : Montserra Caballe.
Je n'ai pas eu la chance de connaître Freddie avec Queen... C'est bien dommage, il aurait fallu que je naisse dix ans plus tôt !


Et ton premier concert en tant que spectatrice, tu t’en souviens ?
Elegy Emma :
Oui, très bien. C'était un été à Perpignan, lorsque qu'un ami de ma famille a proposé de m'emmener voir Jean-Jacques Goldman à l'époque Fredericks Goldman Jones et de «Rouge», un concert avec les chœurs de l'Armée Rouge. Une vraie découverte de la scène pour moi, et de l'acoustique des concerts de musiques actuelles. C'est vrai qu'on était alors loin des premiers concerts de Metal, mais j'avais à peine quatorze ans. Peu après, la même année, je faisais partie des milliers de spectateurs du Parc des Prince pour les cinquante ans de Johnny Hallyday... Un public transcendé par un show à couper le souffle ! Même pour moi qui n'était absolument pas fan.

 

Elegy Emma par Philippe Creusot.
Qu'est-ce qui t'a conduit sur les chemins de la musique ?

Elegy Emma : Ah ah... Ça... Je me le demande encore ! Je crois que j'ai toujours eu cela en moi. Née d'une famille où seul mon grand-père avait touché à un violon étant plus jeune, j'ai toujours aimé chanter. A chaque fois qu'il y avait un événement musical, en classe ou ailleurs, on s'arrangeait toujours pour me mettre au premier rang ou en soliste. Vers six ans, j'ai reçu en cadeau de Noël mon premier enregistreur cassette... C'était formidable ! Je pouvais m'enregistrer en chantant et saouler toute ma famille pour écouter la bande ensuite ! A douze ans, un ami de mon grand-père, qui jouait de l'orgue, a décelé chez moi une oreille musicale après m'avoir laissée jouer sur l'instrument. J'ai donc réellement commencé mon cursus musical avec le piano, pendant huit ans, entre cours privés et école de musique. Je suis allée jusqu'au bac avec une option musique et piano. C'est d'ailleurs peut-être grâce à ces points supplémentaires que j'ai eu mon diplôme du premier coup ! Ensuite, c'est la vie et ses chemins de traverses qui m'ont ramenée à mes premières amours : le chant.

En parlant du chant, j'imagine que tu n'as pas commencé avec Dreamslave... Quels styles avaient tes groupes, auparavant ?
Elegy Emma :
Oui, bien sûr, tu t'en doutes... J'ai écumé les mers du Rock et du Metal avant d'arriver chez Dreamslave.
Dans ma période parisienne - Et oui, je ne suis pas lyonnaise d'origine ! - ma toute première expérience de groupe s'appelait Leethiom... D'ailleurs, l'histoire raconte qu'une jeune femme de vingt ans, écoutant principalement Muse et les Cranberries, débarqua un jour en tenue pas tout à fait appropriée, dans un grenier où répétaient de jeunes métalleux. Elle devait s'essayer au chant sur du Metal, après avoir rencontré l'un de ses camarades de fac qui lui avait demandé si elle serait intéressée pour chanter dans son groupe. Et voilà ma première expérience qui démarre : des reprises, de Deftones à Mass Hysteria... Puis quelques temps après, des compos Metal-Electro-Fusion déjantées, nées d'influences diverses, et quelques mémorables concerts pour débuter, où je chantais en duo avec un chanteur «énervé».
Ensuite, je suis retournée vers le Rock avec Arden, groupe avec lequel j'ai pu jouer deux fois au Hard Rock Café Paris, et participer à la réalisation d'un album enregistré dans un studio parisien, en tant que chanteuse principale. (NDLR : il s’agit de l’album “Nocturnes”, aujourd’hui introuvable). Puis, retour au Metal, dans une veine symphonique avec le groupe Arvens, entre 2007 et 2009, avec lequel j'ai eu le privilège de jouer au Trabendo, salle mythique de Paris qui a vu par exemple passer Muse à ses débuts français. Enfin, entre 2009 et 2011, à Paris puis à Lyon, j'ai fait partie de différents projets Metal non aboutis, qui m'ont permis de lier des amitiés durables et m'ont menée jusqu'à Dreamslave.

Ta voix est exceptionnelle, et ton chant particulièrement réjouissant et inspiré. Est-il vrai que tu détestais le lyrique avant de découvrir Nightwish ?
Elegy Emma : Je te remercie pour ce magnifique compliment.
J'ai presque honte de te répondre... Mais oui, c'est vrai que je n'ai pas du tout aimé Nightwish la première fois que je les ai entendus en 96 ! D'abord, je n'étais pas familière du son lourd que j'entendais, même s'il ne me déplaisait pas à l'époque. Mais le chant... Oh ! My God ! Je n'ai pas trouvé ce mélange écoutable... Je n'étais tout simplement pas prête pour l'apprécier. Il faut dire que j'écoutais du Rock et de la Pop anglaise, à l'époque. Et un jour de 2000, j'ai découvert Within Temptation, et ça a été une révélation pour moi. La voix si cristalline de Sharon Del Aden, la sensibilité et la fragilité de sa voix... Je suis tombée amoureuse de cette musique et elle a beaucoup inspiré mon chant dans mes groupes de l'époque.

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WITHIN TEMPTATION - Mother Earth (2001).
J'ai découvert au même moment The Gathering, Lacuna Coil, Rammstein, Type O Negative, pour ne citer qu'eux. Un monde que j'ai exploré à chaque instant et que j'aime toujours autant. Et c'est en 2007, qu'un proche me reparle de Nightwish comme un groupe extraordinaire dans le style Metal Symphonique. Je décide alors de prêter à nouveau une oreille attentive à cette musique qui ne m'avait pas séduite à l'époque. Et là, c'est une deuxième révélation : le chant lyrique ! Je décide alors d'écouter toute leur discographie avec Tarja, dont le chant me transcende cette fois. Quelle tristesse de ne jamais avoir eu ce tilt avant, il m'aurait permis d'assister à l’un de leurs concerts !
D'ailleurs, ce qui est drôle, c'est que plusieurs fois après les concerts de Dreamslave, des chanteuses lyriques diplômées du conservatoire sont venues vers moi pour me féliciter et me demander dans quel conservatoire j'avais fait mes études, puis elles ouvraient de grands yeux étonnés quand je leur répondais que je le pratiquais en autodidacte.

En parlant de cours, j'ai lu que tu avais pris plus tard des cours avec l'étonnante Asphodel ( MVM - Ma Voix et Moi / Penumbra / öOoOoOoOoOo). Quels souvenirs en gardes-tu ?
Elegy Emma :
Effectivement. C'est seulement en 2012 que j'ai décidé de prendre mes premiers cours avec Asphodel pour apprendre surtout à épargner ma voix lors des concerts avec Dreamslave, car le niveau avait grimpé d'un échelon par rapport à mes autres groupes et je ne devais pas forcer sur mes cordes vocales. J'en garde un souvenir chaleureux, ce fut une expérience qui m'a amené beaucoup de bien-être et de confiance en moi et en mes capacités vocales.
Lors de ma première rencontre avec Asphodel, je m’en souviens très bien, elle m'a dit après m'avoir faite chanter quelques instants sur «Somewhere» de Within Temptation : «Alors des fois j'ai des doutes sur la tessiture de mes élèves... Mais toi non ! C'est clair que tu es soprano et que tu as une sacrée voix !». Ma chère Aspho, je t'adresse un grand merci. Merci pour ces heures passées avec toi, ton humour et ton monde intérieur débordant d'idées farfelues. Merci d'avoir cru en moi.


Dreamslave naît en 2011, notamment à l'initiative de Peter, votre keyboardiste. Tu te souviens de votre première rencontre ?
Elegy Emma :
Oh la la oui ! Et j'ai même une anecdote à ce sujet qui te fera certainement sourire. Après avoir répondu à l'annonce internet d'un groupe nommé Dreamslave qui recherchait sa chanteuse, j'ai rencontré Peter et Mike autour d'un verre de jus de fruit dans un café lyonnais, et ils m'ont retenue pour une audition. Cette dernière s'est déroulée chez Peter, dans son appartement une pièce. Les gars jouaient sur des petits amplis, avec basse, guitare et clavier. Comme aucun micro n'était prévu pour moi, ils ont réglé les amplis au minimum de leur volume, en espérant qu'ils allaient réussir à m'entendre quand même. Au programme, deux morceaux d'Epica : une reprise de «Memories», de la comédie musicale Cats, et le morceau «Never Enough».

Dès le premier titre, je voyais les gars échanger des regards comme pour se dire : «Mais en fait, on ne s'entend pas !». Ma voix couvrait tout le reste ! Ils ont alors dû remonter leurs amplis pour que l'instrumental soit audible en me disant : «Ah bah toi, tu en as de la voix ! On ne s'attendait pas à ça... J'espère qu'on ne va pas trop déranger les voisins.»

Elegy Emma par Laurent Moulin.
Ton chant et les compositions de Peter se marient parfaitement. Avez-vous senti tout de suite que ça fonctionnait ?
Elegy Emma :
La première fois que Peter m'a fait écouter ses compositions en devenir, c'était sur un logiciel qui ne traduisait pas forcément au mieux le potentiel qu'elles allaient acquérir. Il fallait beaucoup d'imagination pour entendre les chœurs, les orchestres et les chants de «The Vinland Saga» ou de «The Dark Crusade»... Mais j'ai réussi ! Et je me suis dit en premier lieu que c'était très rapide comme tempi, qu'il me faudrait du travail et de la persévérance pour relever le défi du chant sur ses compos.
Peter a tout de suite pensé que mon chant donnerait vie à ses œuvres, que ce serait une belle harmonie. Il a témoigné, et témoigne aujourd'hui encore, d'une grande confiance en moi et en mes capacités vocales.

"C'est comme une nouvelle ère 
qui commence  pour nous aujourd'hui ! 
RIP n'a pu recevoir l'accueil 
que nous lui souhaitions à l'époque, 
et il en a désormais l'opportunité."
"Rest In Phantasy", votre premier album autoproduit, parait en 2015. Il ressort aujourd’hui sur le label allemand MASSACRE RECORDS. Quel regard portes-tu aujourd'hui sur cet opus ?
Elegy Emma :
J'ai beaucoup d'émotion à chaque fois que j'écoute «RIP». Il fut une expérience formidable, autant humaine que musicale. En premier lieu, ma participation au choeur que l'on peut entendre sur tous les titres. Des moments magiques de partage, des répétitions jusqu'à l'enregistrement. Ensuite, le temps passé en studio pour enregistrer le chant lead. A cette époque, je commençais seulement à maîtriser mon chant lyrique et je me laissais souvent embarquer par mes émotions. Finalement, les morceaux que je pensais être les plus difficiles pour moi - Pirate's Anthem, et surtout Angel Requiem - sont passés comme une lettre à la poste. Le plus difficile a plutôt été de faire ressortir un chant «Rock», plutôt dans les médiums, qui garde une cohérence avec mon chant lyrique.
Quant aux défauts et aux qualités de ce premier opus, je laisse les auditeurs libres de penser ce qu'il veulent de la production, des chants ou bien des paroles. Je n'ai aucun regret sur cet album, je pense que nous avons tous donné le meilleur à l'époque. Si aujourd'hui encore, un label s'y intéresse, c'est bien qu'il a un fort potentiel.


Que s'est-il passé pour Dreamslave après RIP ?
Elegy Emma :
Après la sortie de RIP, nous avons tourné en Europe avec Lyriel, un groupe allemand, en 2016. Une expérience mémorable de plus de deux mille cinq-cents kilomètres en quinze jours, en camping-car. De belles scènes en Belgique et aux Pays-Bas, où l'accueil des organisateurs et du public a été des plus chaleureux. Puis le line-up de Dreamslave a évolué : le départ de notre ancien bassiste JR en 2015, et l'arrivée de Sajih ainsi que le passage de Louis à la guitare en 2016, qui reste une personne que nous affectionnons. 2016 a aussi été marquée par le départ de notre batteur Quent', ce qui n'a pas stoppé Dreamslave dans ses projets. Nous avons alors tourné le clip «Torments», en 2017, avec la collaboration d'une équipe de tournage très sympa et de Martial, que nous avions rencontré lors de notre tournée européenne et qui a accepté d'être notre batteur guest. Et l'année dernière, Mich' est arrivé au manche de la seconde guitare pour soutenir Nils, alors que Massacre Records signait notre premier album. C'est comme une nouvelle ère qui commence pour nous aujourd'hui ! RIP n'a pu recevoir l'accueil que nous lui souhaitions à l'époque, et il en a désormais l'opportunité. Avec le soutien de notre agence Aeon Music Management et la ressortie de RIP cette année, nous envisageons de reparcourir l'Europe - Et pourquoi pas plus ? - sur de belles scènes, pour le promouvoir à sa juste valeur, avec quelques années d'expérience supplémentaires.
DREAMSLAVE - Rest In Phantasy dans sa version 2015.
Le packaging et le livret du RIP version 2019 ont été repensés. A découvrir le 21/006/2019 !
On sait qu'un nouveau DREAMSLAVE est en préparation. Peux-tu en dire un peu plus ?
Elegy Emma :
Ah là... On est dans le secret professionnel... Voilà ce que je peux te dire pour le moment : il va être fidèle à Dreamslave, tant dans la diversité de ses influences musicales que dans l'émotion que dégageront les chants, les orchestres, les chœurs... Il se trouvera quelque part entre le fantasme et la réalité, dans notre monde... Ou plutôt dans celui de notre compositeur Peter. Un album que nos fans trouveront, j'espère, haut en couleurs ! Nous prenons notre temps pour le réaliser, il est vrai... Nous l'avons.
En ce qui concerne mon chant sur cet album, j'espère qu'il en surprendra plus d'un... Il a évolué en cinq ans, heureusement d'ailleurs ! Il faut avancer dans la vie et ne pas rester sur ses acquis. Depuis RIP, j'ai intégré le conservatoire de musique pour travailler mon chant lyrique. J'ai aussi rencontré des personnes exceptionnelles qui m'ont épaulée dans mon développement musical. Je pense notamment à ma chère Annie, que je remercie sincèrement. Je m'égare un peu, mais le nouvel opus de Dreamslave, c'est aussi tout ça ! Un gain en maturité, en réflexion sur soi et sur les autres, des sentiments jusqu'alors inexplorés, qui naissent et transparaissent dans certains titres, un passé révolu et un avenir positif qui se profile.
Comme tu l'as compris, la date de sortie n'est pas encore fixée. Nous voulons présenter à notre public un album dont nous serons aussi fiers que RIP car nous y aurons tous œuvré avec le cœur.

Il y avait de belles collaborations sur RIP, je pense bien sûr au savoureux duo avec Najib, de Stolen Memory, sur Angel Requiem, mais aussi au violon de Thibaut Noizet sur le très réussi Pirate's Anthem. Des contributions sont-elles au menu du futur opus ?
Elegy Emma :
Allez... en exclusivité pour toi, oui ! Il y aura des collaborations, avec des personnes que nous estimons. Et je peux même te dire que l'on va retrouver des gens là où on ne les attend pas...

 

Question toute personnelle du fan que je suis : la vidéo Live de ton duo avec Najib Maftah au Le Blogg de Lyon fonctionne très bien, y compris dans le jeu de scène. On peut le trouver dans une vidéo sur Youtube, mais la qualité sonore n'y est pas. Vous n'avez jamais envisagé de faire de ce titre, très porteur, un clip ?
Elegy Emma :
La vidéo de «Angel Requiem» avec Najib qui est sur Youtube est une vidéo de fan et retranscrit un son de qualité sonore approximative. Nous avons réfléchi à présenter d'autres titres que «Torments» pour un clip, mais il a été jugé comme le plus porteur et représentatif de RIP. Par sa structure aussi, il était plus simple d'en réaliser une version éditée, plus courte que l'original, adaptée à un premier clip.

 
Un artiste que tu aimerais ou aurais aimé rencontrer ?
Elegy Emma :
Difficile comme question... Je dirais que pour sa voix, son charisme et l'état d'esprit que dégagent les titres de QUEEN, j'aurais rêvé de pouvoir rencontrer et pourquoi pas - soyons folle ! - chanter avec Freddie Mercury.

Deux albums à placer sur l'Arche de Noé pour tout reconstruire ?
Elegy Emma :
Deux ça fait bien peu... Mais si je dois me prêter au jeu, je dirais que deux des albums les plus importants de ma vie sont «Showbiz» de Muse et «Mother Earth» de Within Temptation. Ce n'est certainement pas avec ceux là que je reconstruirais le monde, mais ils ont marqué une période de ma vie et représentent bien ma passion pour le chant, les mélodies mélancoliques et sombres, le Rock et le Metal... Mon monde quoi !

Que fait DREAMSLAVE dans les prochains mois ?
Elegy Emma :
Nous préparons l'avenir... Entre la promotion de RIP qui ressort, les interviews et le travail sur le deuxième opus, nous avons de quoi faire ! Nous sommes aussi en réflexion sur un deuxième clip et sur d'autres projets tout aussi ambitieux... Avec une touche acoustique. Nous devrions reprendre la route des concerts à partir de la fin 2019, après une pause estivale bien méritée.

Merci Elegy Emma d'avoir bien voulu répondre à nos questions. On souhaite une longue nouvelle vie à Rest In Phantasy, et on attend le nouveau Dreamslave avec beaucoup de curiosité.
Elegy Emma :
Merci de nous soutenir comme tu le fais, ainsi que toute la scène française du Metal. Cela a été un réel plaisir de répondre à tes questions. Je te dis à bientôt pour la suite de nos aventures !

 
        
 
Elegy Emma par Philippe Creusot.

 

 

Les Harpies ou Chiennes de Zeus (Trio hybride)

  • Le 04/06/2019

Groupe : Les Harpies ou Chiennes de Zeus
Genre : Trio hybride
Origine : Paris

Les Harpies, ou Chiennes de Zeus est un trio féminin de musique hybride que vous avez peut-être déjà croisé sur une scène parisienne ou au détour d’une contribution artistique.
A force de les voir partout, et à l’approche d’un nouveau concert parisien et d’un featuring dans le prochain Loki Lonestar, nous avons eu envie d’en savoir plus.
Voici l’interview des Harpies.

Alaia, Manon et Julie : Les Harpies ou Chiennes de Zeus par Pierrick C. Rocher.

 

"Nos chansons, écrites en français, anglais, basque et créole réunionnais, racontent nos diverses péripéties, nos joies et nos tourments. Le style de musique pourrait être qualifié de Pagan/Folk ? C’est assez difficile de classifier ce qu’on fait, disons… Hybride, oui..."
Julie.

 
Bonjour Les Harpies. D'abord un saut dans le passé : Premier album acheté ?
Manon :
Alors... c'était pour mon premier voyage scolaire (assez tard donc, j'avais quinze ans), en Australie, et en fait j'ai acheté mes trois premiers albums : Linkin Park A thousand suns, Lady Gaga Born this way, et Daft Punk Alive.
Julie : C’est pas facile, ça remonte ! Je ne sais plus trop… Le premier album acheté avec mes petits sous à moi était sûrement une bande originale de film. Peut être celle de Tigre et Dragon d’Ang Lee ? Musique de Tan Dun & Yo-Yo Ma.
Alaia : Lest We Forget de Marilyn Manson, en tous cas le premier que j’ai acheté avec mon argent de poche, je devais avoir... onze ans ?

Manon par Pauline Royo.
Premier concert ?
Julie :
Hahaha ! Alors c’est très différent de ce que j’écoute et de ce que je fais, mais c’est cohérent pour une petite fille de dix ans de ma génération, c’était Lorie !
Alaia : Un concert de chant de gorge mongol avec mes parents, sinon directement mes parents en concert... Et mon premier show entre potes c’était Gojira à l’ Atabal Biarritz.
Manon : Fut un temps à la Réunion y avait pas grand monde qui passait, ou en tout cas aucun des artistes que j'écoutais ! Donc si par “premier concert vu” on entend “premier concert d'un artiste que j'ai décidé d'aller voir de plein gré et pas juste parce qu'il était présent et que je l'ai vu par hasard”, alors c'est un concert de Carmen Maria Vega à Paris en 2015 ou 2016...

 

Qu'est-ce qui vous a amené à la musique ?
Alaia :
Mes parents sont musiciens, ils ont même un groupe. J’ai grandi entourée de musiciens et d’artistes... Donc ça s’est un peu fait tout seul !
Manon : La musique, dans ma famille, c'est vital. D'un côté j'ai des oncles et des tantes qui, à côté de leur travail, sont chefs de chœurs, des cousins et cousines musiciens... Et de l'autre il y a ma famille proche. A défaut de jouer d'un instrument, un samedi à la maison c'était : ma mère qui allumait une radio à l'arrière de la maison, une à l'avant ; mon frère aîné qui mettait les chaînes de musiques à la télé ; mon autre frère qui se déplace avec la musique de son téléphone SANS LES ECOUTEURS ; et moi qui mettait la musique assez fort pour couvrir tout l'étage de la maison. Tout ça en même temps, oui. Et c'était le bonheur ! Mais plus personnellement, j'ai commencé la danse très jeune (bien entendu, je voulais être danseuse étoile !), et vers l'âge de sept ans j'ai souhaité arrêter parce que ma nouvelle prof me faisait constamment remarquer que j'étais ronde. A cette période, avec ma classe (CE1 ?), on a rencontré la directrice du Petit Conservatoire de Champ-Borne qui nous a charmées avec son piano et, de là, j'ai commencé les cours de guitare. Pendant un temps j'ai voulu remplacer la danse par la musique uniquement.

Julie par Yves Tassy.
Julie : Personne dans ma famille n’a fait de la musique son métier mais la musique a toujours été très importante à la maison. Ma mère m’a bercée depuis bébé sur les musiques de Pavarotti. Je dansais dans le salon tandis que ma sœur travaillait son piano, et j’allais voir mon frère bassiste qui répétait dans le garage avec son groupe de Rock. J’ai toujours chanté (même bébé apparemment) toute seule dans ma chambre, dans le jardin, avec ma mère et ma sœur quand on se baladait dans la montagne… Ce sont surtout les films, les vieilles comédies musicales (West Side Story, My Fair Lady) et les Disney (Le Bossu de Notre Dame) qui m’ont transmis cet amour des histoires, de la musique et du spectacle en général. J’ai commencé à danser dès cinq ans, j’ai pris mes premiers cours de chant à neuf ans et débuté le théâtre à treize... Tout cela s’est fait très naturellement, et curieusement sans volonté ultime d’en faire absolument mon métier. Ça a toujours fait partie de moi, et manifestement c’est devenu le chemin logique à prendre.

 

Artistiquement, que faites-vous à part Les Harpies ?
Alaia :
J’ai un groupe de reprises Heavy Metal, un groupe Punk récemment formé, un projet Jazz et un autre projet Metal qui sont en attente, et je fais quelques collaborations, comme sur l’EP de mon ami Kloahk .

Alaia par Pierre Nguyen.
Julie : J’ai fait partie d’un groupe de musique Swing type années quarante The Andrews Sisters Revival , un trio féminin aussi mais qui est en suspens pour le moment. J’ai fait diverses collaborations en tant que chanteuse avec un DJ, un label de Hip Hop et dernièrement avec Loki Lonestar sur différents projets. J’écris et je compose pour moi mais je n’ai pas encore pu prendre le temps de lancer un projet perso. J’essaie aussi de développer ma carrière de comédienne, que ce soit sur scène ou à l’écran. Par exemple j’ai participé à un merveilleux projet qui est une adaptation de la pièce Oncle Vania de Tchekhov en comédie musicale, joué en anglais. A l’écran j’ai tourné récemment dans une websérie médievale-fantastique aux côtés d’Alaia. Et puis sinon, eh bien écoutez... J’essaie de passer des castings !
Manon : À côté des Harpies, principalement j'écris mes chansons, slams et autres. En Juillet 2017 Alaia nous a présenté à Loki Lonestar, et depuis on chante régulièrement avec lui et ses Tricksters. L'année dernière j'étais sur le spectacle Erotidia ou Comment Eros fut blasphémé, écrit par mon ami Alexandre Vanier , avec la compagnie In Sisyphe au Théâtre Clavel pendant un mois, en tant qu'actrice, chanteuse, parolière et compositrice. Pendant un temps avec Julie et Nicolas Gracovetsky (pianiste et photographe, aussi membre des Tricksters) on a créé un groupe de reprises (avec quelques compositions), Les Groupies du Pianiste. En Novembre dernier, j'ai sorti ma première composition en créole. Aujourd'hui je me suis retirée de mes projets théâtre pour me concentrer sur mes projets de musique personnels, dont Les Harpies ou Chiennes de Zeus. J'ai récemment travaillé sur une reprise pour un court métrage, et une composition commandée pour une BD animée.

 

Comment vous êtes-vous rencontrées ?
Julie :
Nous nous sommes rencontrées au Cours Florent où nous avons étudié toutes les trois pendant trois ans. Nous étions dans la même classe de Comédie Musicale. Nous avons joué plusieurs spectacles ensemble, nous sommes devenues petit à petit amies, puis s’est posée la question de l’après-Florent. Un curieux point commun (parmi d’autres à venir) nous a réuni : notre amour pour la musique du groupe System of A Down. Une idée saugrenue nous est venue de faire des reprises de ce groupe toutes les trois… Cette petite idée s’est ensuite métamorphosée en un projet étrange, hybride et inattendu qui s’appelle « Les Harpies ou Chiennes de Zeus ».
Manon : Au cours Florent, en première année, on se voyait sans s'approcher. En deuxième année, Julie et moi nous avons atterri dans la même classe de comédie musicale. Nos itinéraires de fins de journées et nos problèmes de cœur nous ont rapprochées (Faut pas non plus oublier Harry Potter !). Avec Alaia, c'était comique ! On était pas dans la même classe, mais on avait un ami commun qui nous disait à l'une et l'autre (parce qu'on s'admirait apparemment de loin) “Faut absolument que vous passiez une soirée ensemble, vous avez les mêmes goûts, les mêmes délires, les mêmes vêtements, je suis sûre que vous vous entendrez super bien!” Il n’avait pas tort ! L'année d'après on a enfin atterri dans la même classe, et là on a découvert qu'on aimait, que dis-je, qu'on adorait toutes les trois System of a Down !
Alaia : On n’était pas dans la même classe jusqu’en dernière année. La première fois que j’ai passé du temps avec Julie, c’était au spectacle (absolument extraordinaire) Les Chatouilles, expérience intense du coup, si vous connaissez un peu l’histoire. Pour Manon, cela faisait au moins un an qu’un ami n’arrêtait pas de me dire qu’on devait se rencontrer. Ca s’est fait à une sortie pour la fête de la musique, et on s’est un peu adoptées depuis ! Je les aime follement toutes les deux, je n’aurais pas pu espérer mieux comme partenaires pour un groupe aussi éclectique que celui-ci.

 

Pouvez-vous expliquer ce que sont Les Harpies ou Chiennes de Zeus aux lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ?
Alaia :
C’est.... UNIQUE ! Franchement c’est très difficile à expliquer comme style musical. Dans une chanson je peux autant me retrouver à faire des chants tribaux ou traditionnels, du lyrique et du scream. C’est vraiment un mélange de toutes nos influences, une musique hybride.
Manon : Accompagnées d'un percussionniste, d'un violoncelliste, d'un guitariste/banjo, les Harpies ou Chiennes de Zeus, c'est le rêve de trois jeunes femmes, mis en musique. Les aventures que vous racontent nos Harpies sont globalement nos histoires, saupoudrées de poussière de fée. Ainsi, les Harpies sont trois jeunes femmes, Lily (Julie), Fianara (Manon) et Alaia (elle-même) qui se rencontrent à Lutèce (Paris). Elles évoluent dans une société moderne mais côtoient des dieux et créatures magiques issus de diverses mythologies, principalement du panthéon grec pour le moment. Les Harpies ou Chiennes de Zeus, ce sont des aventures épiques en musique.
Julie : Cela part de nous trois, de ce que nous sommes individuellement, de nos origines, de notre vécu, nos sensibilités musicales et ce que nous formons ensemble, ce que notre union peut créer. On est parties de qui nous sommes pour construire toute une histoire. Trois jeunes filles aux voix et pouvoirs puissants et singuliers qui deviennent des femmes, qui cherchent leur place dans le monde et qui trouvent en leur amitié le moyen de se transcender. Nos chansons, écrites en français, anglais, basque et créole réunionnais, racontent nos diverses péripéties, nos joies et nos tourments. Le style de musique pourrait être qualifié de Pagan/Folk ? C’est assez difficile de classifier ce qu’on fait, disons… Hybride, oui...

 

Vous mélangez beaucoup d'influences dans vos compositions. J'avais effectivement noté que vous revendiquiez pour références System of the Down. D’autres artistes pour chacune d'entre vous ?
Julie :
On en a plusieurs en communs à part System of A Down, mais certaines influences prédominent pour chacune d’entre nous. En ce qui me concerne je citerai Loreena McKennitt, les musiques de films historiques/fantasy (Game of Thrones, Gladiator, Harry Potter, le Seigneur des Anneaux, Outlander, Hunger Games, Braveheart, le Prince d’Egypte), un petit brin d’influence Folk voir Country (First Aid Kit, Civil Wars, Johnny Cash, Joan Baez) et bien sûr des groupes de style Pagan (Dead Can Dance, Faun, Trobar de Morte, La Lugh…).
Manon : Ma référence ultime : The Legend of Zelda (tous jeux confondus) ! Je vibre aussi avec les musiques de X-Men First Class (le thème de Magneto s'il vous plaît ! D'ailleurs, du même compositeur y a une des musiques de Detective Pikachu qui me rend folle), des Avengers, Ant-Man, Pirates des Caraïbes, Outlander, Dragons, Game of Thrones... J'écoute aussi énormément Two Steps from Hell, Kalafina, Gackt, Kanon Wakeshima, Luc Arbogast, Karliene, Faun, Eivor, les reprises de Peter Hollens... et bien sûr, System of a Down. Et les bavards francophones tels que Fauves, Carmen Maria Vega, Nougaro... C'est très varié...
Alaia : Wow, alors c’est difficile, il y en a tellement ! Déjà mes parents et mes racines m’inspirent énormément, mes parents étant complètement dans la musique traditionnelle basque et mélangeant avec des musiques du monde. Je berce dans le Rock, le Jazz, le Funk depuis toute jeune, et j’adore le Metal (non je ne préciserai pas quels styles, il y en a trop que j’aime). Certains de mes musiciens ou groupes préférés sont Frank Zappa, Tower Of Power, Igorrr, Dream Theater, Ghost, Placebo, et par dessus tout Queen. Je serai toujours amoureuse d’un très bon chanteur, d’une très bonne chanteuse, quelqu’un qui exprime une émotion rien qu’avec sa voix... C’est ce qui me fait voyager le plus dans la musique. L’émotion mise, le voyage.
 
"Il y a une histoire, un destin qui attendent nos Harpies. Pour en savoir plus, suivez-nous !"
Manon

 
Je crois savoir que vous participez au prochain album solo de Loki Lonestar ?
Manon :
Yup !
Alaia : Mhmmmm peut-êeeetre. On peut déjà nous y entendre sur Deezer. Haha !
Julie : Oui ! On a rencontré Loki quand on venait de lancer le projet des Harpies, et il nous a très rapidement invité à collaborer avec lui sur scène dans son groupe de reprises VS-feat, devenu Les Tricksters. Avec lui nous ne sommes plus vraiment dans notre arc narratif des Harpies, et le style musical diffère de ce qu’on fait avec notre groupe. Mais cela reste nos trois voix, qui se connaissent et se suivent en harmonies. C’est un mélange intéressant… Et, à l’image de Loki, un peu loufoque. On s’est bien amusées à enregistrer pour son album !

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Justement Julie, tu avais déjà chanté Frozen (Madonna) avec Loki. Tu peux dire quelques mots à propos du tournage du clip qui l'accompagnait ?
Julie :
On a tourné sur la Côte d’Opale dans le Pas de Calais. C’est un lieu que je connais bien : je suis originaire de Lille et on y va souvent avec mes parents depuis que je suis petite. Les plages sont vraiment très belles et pas très fréquentées, c’était donc idéal pour tourner. Ce n’était pas difficile du tout, il a fait très beau ! On était juste tous les deux, on a fait les choses à notre rythme, on a eu des idées au fur et à mesure, on a testé des choses, Loki a fait peur à des enfants… C’était drôle. On s’entend très bien dans le travail et ce qui est bien c’est que grâce à nos différences on arrive à mettre au jour des aspects de l’autre qui ne sont pas forcément évidents, mais qui sont là. Pour le clip et le projet Frozen en général, on voulait quelque chose de beau, doux et poétique, mais aussi un peu étrange et décalé. A notre image... Je pense qu’on a réussi ! Bref on s’est bien amusés ! Très bon souvenir !

 

 

Comment se passe l'élaboration des compositions chez les Harpies ?
Alaia :
Euuuh, bha... Tout le monde écrit sauf moi, parce que je ne suis qu’une QUICHE musicale. Non, j’adore écrire des textes. Mais j’ai beaucoup de mal à composer la musique ou les mélodies qui l’entourent, donc les filles écrivent et composent énormément, et moi je guide, coache, traduit en basque parfois, j’aide avec les harmonies et les moments de composition musicale au niveau de la structure, etc. Mon temps viendra plus tard.
Julie : C’est surtout Manon et moi qui écrivons, après le processus varie en fonction des chansons. Moi j’écris surtout en anglais pour le moment (à part le morceau Ris), sans doute une conséquence de mes influences musicales et de mon goût pour la langue anglaise. Et quand j’écris il n’y a pas vraiment de méthode… J’ai une idée globale de ce dont j’ai envie de parler. Je teste des trucs à la guitare jusqu’à ce que je trouve quelque chose qui résonne en moi, je baragouine des trucs, puis d’un coup je trouve le début du texte, puis la suite de la musique, puis le texte…parfois je change tout. Certains morceaux vont très vite, d’autres peuvent prendre plusieurs semaines. Ensuite, quand j’ai la structure de la chanson, je crée des harmonies que les filles apprendront par la suite, ou bien l’on se retrouve et on teste des choses ensemble. Ce n’est qu’après avoir établi nos bases vocales que nous présentons les chansons aux musiciens qui, à l’aide d’une grille (ou non), improvisent en répète. C’est comme ça que, petit à petit, on se met d’accord sur une structure finale.
Manon : Dans mon cas, le plus souvent, le texte et la mélodie viennent ensemble, j'écris principalement en français, mais aussi en créole réunionnais. Etape 2, soit j'écris toutes les voix et les filles les apprennent, soit on trouve les harmonies ensemble. Etape 3, les musiciens font de la magie !

Les Harpies ou Chiennes de Zeus par Simon-Michel Moore.

"On voulait un symbole fort, un trio de femmes, on avait pensé Valkyries, les Furies... Plein de choses... Mais les Harpies, c’est ce qui nous est resté !"
Alaia

 

Avez-vous, pour l'écriture de vos textes, des préférences thématiques ?
Manon :
Oui! On parle de nous, avec moult moult références mythologiques. Par exemple "nous sommes insomniaques" devient "Je rêve de Morphée". Et toutes ces chansons suivent un fil conducteur : il y a une histoire, un destin qui attendent nos Harpies. Pour en savoir plus, suivez-nous !
Alaia : La Grèeeeece antiiiique ! Mais en vrai on utilise énormément de métaphores pour des événements qui arrivent dans nos vies personnelles.
Julie : On pourrait dire qu’il y a des chansons d’états d’âme et des chansons plus narratives. Mais globalement nos chansons parlent de résilience, d’amitié, d’amour, de force combative. On parle de femmes d’aujourd’hui (ici de nous, mais le but est que cela puisse parler à d’autres). On veut se connecter un maximum à notre humanité, avec ses qualités et ses défauts mais aussi à la Nature (nous sommes toutes les trois rattachées aux divers éléments).
 
Les harpies sont des êtres mythologiques en principe peu engageants. Une intention derrière ce patronyme ?
Julie :
Qu’il ne faut pas nous chercher des noises !
Manon : Je cite une de nos chansons "Nous sommes des femmes comme les Amazones, Valkyries, Chasseresses, Harpies."
Alaia : pas tellement en vérité. On voulait un symbole fort, un trio de femmes, on avait pensé Valkyries, les Furies... Plein de choses... Mais les Harpies, c’est ce qui nous est resté ! Le nom sonnait bien et, pour le coup, dans les autres appellations, Les Chiennes de Zeus, on trouvait que ça claquait. C’est un peu parti en private joke aussi, mais c’est ça qu’est bon !

 

Quelle personnalité du monde des arts auriez-vous aimé rencontrer ?
Alaia : Leonardo Da Vinci, Toulouse Lautrec, Van Gogh dans les artistes qui ont énormément influé ma vie... Judy Garland et Gene Kelly aussi, Freddie Mercury, évidemment. Beaucoup de gens morts, mais que j’aime plus que tout. Aujourd’hui si je devais rencontrer quelqu’un de vivant, ce serait Demi Lovato (oui oui je suis très fan, je ne m’en cache pas), Frank Zappa... Je n’ai pas besoin de commenter dessus, et j’ai déjà rencontré Cardinal Coppia de Ghost, mais je rêve de m’asseoir avec lui et de discuter musique, vraiment.
Julie : J’aimerais bien rencontrer Tim Burton et travailler avec lui. Les trois Harpies en sœurs ailées étranges dans un Burton ça serait stylé, non ?
Manon : Je n'en ai aucune idée...Les artistes que j'admire ont si bien travaillé que ce sont les personnages et univers qu'ils ont créés que j'aimerais rencontrer. Sinon, j'aimerais bien un jour chanter avec Peter Hollens, le groupe System of Down, et être chanteuse pour la compositrice japonnaise Yuki Kajiura.

 

En cas d'avis de tempête, deux albums à sauver sur l'arche de Noé ?
Alaia :
Mais c’est affreux comme question ! Euh, Strictly Commercial de Frank Zappa, comme ça on rigolera toujours, et Nomadak TX de Oreka TX, comme ça on voyagera toujours, et on gardera des traces d’une multitude de peuples. Mais c’est vraiment horrible de n’en choisir que deux, quand même !
Julie : Depuis quelques mois, l’album que je mets pour me donner la pêche, me faire chanter, danser (et rapper, oui oui), c’est la comédie musicale Hamilton. Je n’écoute pas de Hip-Hop de manière générale, mais là je trouve ça juste extraordinaire ! Lin Manuel Miranda (l’auteur-compositeur) est un poète moderne d’une justesse et précision incroyable, avec beaucoup d’humour, et cette alliance entre modernité et tradition classique de comédie musicale est vraiment magique. Et sinon pour être zen je prendrais un Best-of des Pink Floyd. Tu les écoutes, allongée, tranquille, et t’es BIEN.

 

Manon : Dur ! J'ai souvent des coup de cœur par-ci par-là d'artistes, sans adhérer à tout l'album. Pour sûr je dirai l'OST de X-Men First class... et ensuite, grande hésitation, mais comme Julie, je partirai sur la comédie musicale Hamilton !

 

Pour soutenir vos projets, vous avez lancé un financement participatif qui restera ouvert toute l'année sur Leetchi.com . Quels sont ces projets ?
Julie :
Déjà l’enregistrement d’un premier EP (au moins trois morceaux) qui pourra être disponible sur toutes les plateformes, pour que les gens qui ne nous connaissent pas puissent découvrir ce qu’on fait !
Manon : Des futurs clips, d'autres enregistrements, des vidéos sur les histoires de personnages, une BD...
Julie : On travaille avec une illustratrice Sol'n Barbier (https://solemntempo.tumblr.com) qui a fait les illustrations de l’Envol et de Yule. L’idée est de faire des Harpies un projet vraiment multimédia pour produire des contenus exclusifs et permettre aux gens de rentrer dans notre univers.
Alaia : Et on ne va pas s’arrêter là, il nous reste au moins une vingtaine de compos à enregistrer dans le futur !

Que vont faire Les Harpies dans les prochains mois ?
Julie :
Déjà ce qu’on répondu dans la précédente question ; ensuite on va essayer de dégoter des concerts par-ci par-là, sur Paris et ailleurs. On aimerait bien jouer au Pays Basque, chez Alaia, et même à la Réunion, chez Manon.
Manon : On part à l'aventure avec une bande de Pirates, pour Cidre & Dragon - Le festival Médiéval Fantasy, les 21 et 22 septembre en Normandie, puis ce sera le Salon Fantastique, à Paris le 31 octobre.
Alaia : Mais surtout un concert très bientôt sur la péniche Grande Fantaisie (Paris 19) le mardi 25 juin ! Venez nombreux !

 

Merci Les Harpies ou Chiennes de Zeus d'avoir répondu à mes questions.
Alaia :
De rien...
Julie : C’était un plaisir de répondre à ces questions, merci beaucoup !
Manon : Un immense merci pour l'intérêt porté à ce projet.

 
           

Les infos pratiques :

Les Harpies ou Chiennes de Zeus sur Facebook (n’oubliez pas de liker leur page) :
https://www.facebook.com/Les.Harpies.ou.Chiennes.de.Zeus/

La cagnotte des Harpies :
https://www.leetchi.com/c/les-harpies-ou-chiennes-de-zeus?fbclid=IwAR2orwIj72D-c6n3I2oIuPLll13WjenATxAcsj3a10fQ7dz7f9ytC1ps_jM

Les Harpies ou Chiennes de Zeus, par Sol'n Barbier.
 

 

THE WISDOM - L'interview

  • Le 29/05/2019
Né en 2018, The Wisdom est un jeune trio lyonnais dont le look vous ramènera immanquablement à Hendrix, Zappa, et autres virtuoses des florissantes 70’s.
Leur premier EP disponible sur Soundcloud confirme l’impression : la guitare est omniprésente, elle s’anime, virevolte, se fait le personnage central de l’opus.
“La guitare électrique n’est plus branchée”, titrait récemment un article du Monde. Et si The Wisdom était la solution ?

 

 


Bonjour The Wisdom. Votre groupe existe depuis 2018 semble-t-il. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Jo : Max et Florian sont voisins depuis toujours. J’ai rencontré Maxime au skateboard il y a treize ans, et l’année dernière Maxime nous a réunis avec Flo pour un remplacement sur son ancien projet, ce qui a abouti à la création de The Wisdom.

Comment présenteriez-vous The Wisdom à quelqu'un qui ne vous connaîtrait pas ?
The Wisdom :
C’est l’idéal de vie vers lequel les humains tendent : penser sa vie et vivre sa pensée. The Wisdom signifie la Sagesse, au sens philosophique du terme, à savoir une bataille spirituelle contre soi-même pour atteindre l’accomplissement personnel. C’est notre mentalité et c’est ce qu’on veut transmettre à travers notre musique.

Votre Rock Psychédélique rappelle Jimmy Hendrix et les 70's. Ce n'est pas vraiment votre génération... Qu'est-ce qui vous a conduit à ce style ?
The Jimi Hendrix Experience, Are You Experienced (1967).
The Wisdom : Pour Jo et Max, ce qui les a conduits à cette musique ce sont les goûts de leurs parents, et Flo a découvert ce style à travers eux sans pour autant que son jeu en soit imprégné. Mais il faut être prudent avec le terme « psychédélique », car il est aujourd’hui un peu galvaudé. Tout le monde l’utilise sans savoir ce que ça veut dire. Le psychédélisme est un mouvement de contre-culture né à travers les hippies qui étaient convaincus que l’amour, les fleurs et la musique pouvaient transcender les gens si ce n’est le monde. C’est à travers cet état d’esprit qu’on peut considérer la musique de The Wisdom comme psychédélique.
En ce qui concerne Hendrix, c’est une influence indéniable de Maxime à la guitare, cependant le but n’est pas faire du neuf avec du vieux mais d’être actuel, en utilisant un son moderne, car il est aujourd’hui quasiment impossible de sonner comme les groupes d’il y a quarante ou cinquante ans. Nous ne sommes donc pas dans l’optique de faire un “Revival”, mais d’ouvrir une porte.

Et à part Hendrix, quelles sont les influences des membres de The Wisdom ?
The Wisdom :
Il y a Cream, Radio Moscow, Chic, Vulfpeck, Bob Dylan, The Doors, Nirvana, Led Zeppelin, Rage Against The Machine, Black Sabbath, The Who, The Rolling Stones, Greta Van Fleet...

Je vous propose un retour en arrière. Quel est le premier album que vous avez acheté ?
Florian :
J’ai toujours écouté la musique sur des plateformes de streaming donc je n’ai jamais vraiment acheté d’album.
Jo : Je crois que c’est Dr Dre, l’album 2001.
Maxime : C’était une compilation de The Sugarhill Gang et Grandmaster Flash. À la base, je voulais juste pouvoir écouter le titre Rapper’s Delight, c’est pour ça que je l’ai acheté...

Et le premier concert auquel vous avez assisté ?
Maxime :
Alors pas le premier concert auquel j’ai assisté (car je ne m’en rappelle plus) mais celui auquel j’ai décidé d’aller : Chic au Jazz à Vienne en 2013.
Flo : Gojira à la Belle Electrique en 2016.
Jo : Method Man et Redman en 2008 au Transbordeur.


Qu'est-ce qui vous a conduits à la musique ?
CHIC, C'est Chic (1978), groupe de Bernard Edwards.
Jo : Mes parents ont toujours écouté beaucoup de musique à la maison, notamment Toto, Michael Jackson, Chic. C’est ce qui a façonné ma culture musicale. Par la suite, j’ai écouté Bernard Edwards et c’est lui qui m’a donné envie de jouer de la basse.
Flo : Mon attirance pour la musique a commencé par un intérêt pour la batterie, qui m’a été communiqué par un ami de mon frère que j’avais vu jouer à un concert dans mon collège. Ayant pris conscience de mon intérêt pour l’instrument, il m’a poussé à m’y essayer, et c’est à partir de là que je me suis intéressé à la musique au sens large.
Maxime : Quand j’étais petit, j’ai beaucoup de souvenirs des trajets en voiture pour partir en vacances où mes parents mettaient des cassettes de Genesis. C’est ce qui m’a transporté en premier. Ils écoutaient pas mal de Rock, ça a construit mes influences et ma culture.
Pour ce qui est d’Hendrix, j’en entendais parfois étant petit, mais ça ne m’a pas marqué à ce moment-là. Mon père étant guitariste, il regardait beaucoup de DVD avec des guitaristes en train de jouer, c’est ce qui m’a donnée envie de jouer d’un instrument.
Un jour, Alex (le frère de Flo) s’est mis à la guitare, et j’ai fait pareil...

Quelle est votre conception d'une "bonne" chanson ?
The Wisdom :
En ce qui nous concerne, une « bonne » chanson (même s’il n’y a pas de vérité) est une chanson qui nous fera ressentir des choses, des émotions, de manière positive, car tout est à propos d’énergie et de vibrations.
Une chanson qui résonne dans la poitrine, le cœur de l’âme, et provoque des frissons inévitables est une « bonne » chanson.

Qui fait quoi dans le groupe ?
The Wisdom :
Maxime est guitariste/chanteur, il écrit tous les textes et s’occupe de la com’ sur Facebook, et Flo de celle d’Instagram.
Pour ce qui est de l’organisation générale, on essaye d’en faire le plus par nous-mêmes mais, par exemple, sur le booking, nous avons l’aide précieuse d’ Annabelle Chevallier. Généralement, les idées de riffs et de morceaux proviennent aussi bien d’un riff de guitare ou de basse que d’un rythme de batterie. Nous participons tous les trois aux arrangements musicaux, ce qui fait que chaque chanson est vraiment le fruit d’un travail de groupe dans lequel chacun sait mettre ses compétences au service de The Wisdom.
THE WISDOM par Edouard Paul Tritant Vasilić.
Si je vous demande quelle personnalité du monde des arts auriez-vous aimé rencontrer, j'imagine qu'au moins l'un d'entre-vous va répondre "Jimmy Hendrix" ?
Jo :
Pierre Desproges.
Flo : Mario Duplantier.
Maxime : Rowan Atkinson. Et non, pas forcément Jimi Hendrix ! Certes c’est l’influence qui m’a le plus marqué, et j’aurais sans doute aimé le voir jouer, mais il n’est pas au centre de tout ce qui m’anime artistiquement.

 

En cas d'avis de tempête, deux albums à sauver sur l'arche de Noé pour remettre le Rock dans la bonne direction ?
Jo :
Dark Side Of The Moon de Pink Floyd, et Bankrupt de Phoenix.
Maxime : Disraeli Gears de Cream et Are You Experienced de The Jimi Hendrix Experience.
Flo : Le premier album de Rage Against The Machine et The Way Of All Flesh de Gojira.

Votre premier EP est à l'écoute sur Soundcloud. Envisagez-vous de le distribuer ailleurs ?
The Wisdom :
Tout à fait ! Nous prévoyons de trouver un label numérique qui pourra le diffuser sur toutes les plateformes de musique en streaming (Deezer, Spotify, etc).

Qu'allez vous faire dans les prochains mois et quelles sont vos ambitions à long terme ?
The Wisdom :
Notre ambition est de partir ailleurs dans le monde exporter notre musique pour en faire notre métier et en vivre pleinement.

Merci The Wisdom d'avoir répondu à mes questions.
The Wisdom :
Avec plaisir et merci à toi pour l’interview.

 
    
 
Ecoutez The Wisdom sur Soundcloud :
https://soundcloud.com/user-621067279/sets/midnight-escape-ep?fbclid=IwAR1ZlcXAGl-Tva1Kko8dlx34iT-t4t_897sdAlpV9enumDc-Ibq_KHUWBIQ

Likez leur page Facebook :

https://www.facebook.com/thewisdomofficial/

The Wisdom en concert :
- le 07/06/2019 au
Trokson de Lyon.
- le 09/06/2019 au
Hard Rock Cafe Lyon.

Merci à
Edouard Paul Tritant Vasilić pour sa photographie de The Wisdom et son aimable autorisation. Retrouvez-le sur Edenn Photographie et https://www.instagram.com/edouard.photo/?hl=fr.

 

 

Le monde de MÛ

  • Le 15/05/2019

Groupe : MÛ
Genre   : Rock / Trip Hop
Origine  : Saint-Etienne

Du soleil, une piscine, des croissants et du miel sur fond de musique du dernier pourrait être l’une des définitions du bonheur selon Ahasverus.
Ce duo stéphanois mélange des éléments Rock et Trip Hop avec, parfois, un zeste de Rap.
En 2014, il nous emmenait en Guyane avec
Emerillon.
En 2018, il nous proposait de le suivre dans l’océan Indien avec
Kergelen un EP délicat et racé, servi par de magnifiques harmonies vocales et par une suite de clips ambitieux.
Le 24 mai 2019, Mû se produira à Oytier, pour le huitième
Festival Du Tonton.
C’est le moment idéal pour faire leur connaissance.
Voici le monde de Mû.

Clement gaumont

Mû, par Clément Gaumon.
"J’ai l’impression d’une évolution douce. 
Progressivement, Ep après Ep, 
on a élaboré un son particulier."
Bonjour Mû. Revenons aux origines : premier album acheté ?
Cécile Maître (Claviers) :
Je ne me souviens plus vraiment si c’était Homogenic de Björk ou un album de Daniel Balavoine.
David Honegger (Beatbox) : Le premier album acheté en pleine conscience doit être Around the Fur des Deftones à mon adolescence. Plus tôt dans l’enfance, ma mère m’a acheté toutes les cassettes de Francis Cabrel ! Entre ces deux périodes, c’est pas intéressant...

 

Qu'est-ce qui vous a amené à la musique ?
Cécile :
J’ai commencé la musique par des cours de piano quand j’étais enfant. Depuis, chaque arrêt me crée un manque. J’y retourne toujours, c’est un besoin.
David  : Les émotions et les plaisirs physiques que le chant procure.

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Mû, par Valeria Pacella.
Comment vous êtes-vous rencontrés, et comment s'est formé Mû ?
David :
On s’est rencontrés sur une péniche à Lyon pour une soirée bœuf. On a ensuite décidé de monter un projet ensemble, la première forme de Mû : nous deux, un bassiste et un guitariste. On est passés par de multiple configurations, à trois ou quatre musiciens pour se retrouver à deux en 2011. Mû est alors né sous sa forme actuelle.

 

C'est pour vous distinguer des groupes lambda que vous avez choisi de vous appeler Mû ? (Nota : Mû est la douzième lettre de l'alphabet grec, Lambda est la onzième)
Cécile :
Le nom Mû est un tiré d’une légende un peu semblable à celle de l’Atlantide. Mû serait un continent mythique désormais englouti sous les flots. La Bande dessinée de Corto Maltese du même nom à aidé à conceptualiser le nom du groupe.

Comment décririez-vous l'évolution de votre univers depuis sa création ?
David : j’ai l’impression d’une évolution douce. Progressivement, Ep après Ep, on a élaboré un son particulier.
Les débuts du duo étaient très simples dans l’approche du son : un piano, un Beatbox classic, et des voix, et doucement la synthèse s’est greffée aux mélodies, donc plus de timbres et de couleurs dans les sons de claviers. Le Beatbox a, pour sa part, été trituré, distordu par différentes technique d’enregistrements. Des chansons sont devenues plus sombres et d’autres plus lumineuses.
 
"L’inspiration pour ces îles est partie 
de la découverte de bobines de films."  

Comment s'élaborent vos compositions ?
Cécile :
Pour la composition dans Mû il n’y a pas de règle. Soit on arrive chacun avec une chanson toute faite et l’autre rajoute un peu sa touche, soit, le plus souvent, l’un de nous dispose d’un bout de mélodie, David avec des textes (c’est lui qui s’en charge le plus souvent), et moi avec des idées de sons ou de mélodies aux claviers. On compose ensuite ensemble, à partir de ces bribes d’idées.

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Mû, Emerillon (2014)
Votre EP Emerillon (2014) s'attachait tribus amazoniennes guyanaises ?
David :
C’est un peu par hasard... Les chansons parlaient de besoin de liberté et rendaient hommage à toutes formes de vie en harmonie avec la nature, pour ne pas dire sauvages. En recherchant des noms d’oiseaux, le mot Emerillon est tombé comme une évidence. C’est à la fois le nom d’un rapace et d’un peuple amérindien.
La musique, pour sa part, n’a pas été influencée par quelque musique guyanaise que ce soit.

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Mû, Kergelen (2018)
Votre dernier EP s'intitule Kerguelen (2018). Quelle est l'atmosphère de cet opus, et qu'est-ce qui l'a conduit aux “Îles de la Désolation” ?
Cécile :
L’inspiration pour ces îles est partie de la découverte de bobines de films Super 8 dans le grenier du grand-père de Clément Gaumon, (le réalisateur du Film Kerguelen qui accompagne l’EP). Ces films ont été tournés sur les îles dans les années 70. Nous les avons numérisés, et nous en avons fait un premier clip : Dead Reckoning. Vous pouvez le retrouver sur notre chaine Youtube. Ce premier titre a inspiré notre envie de parler des Kerguelen et de raconter l’histoire de son naufragé, John Nunn.


 

Pour illustrer l'album, vous avez tourné Primitive II, un très beau clip, très ambitieux. Pouvez-vous nous en parler ?
David :
Primitive II a été tourné dans la Loire, vers Saint-Étienne, dans une combe plutôt fournie en végétation, notamment en fougères. Le choix du cadre a été décidé pour faire écho à l’état du personnage à ce moment là, c’est à dire, foisonnant, débordant, presque saturé. Tous les clips de Kerguelen sont réalisé par Clément Gaumon et son équipe. Pour ce clip en particulier, on n’était souvent que quatre sur le tournage : le réalisateur, un cadreur, l’acteur ( David Cartier, également sondier du groupe depuis le premier concert, il a enregistré et mixé l’album.), et moi même pour aider à faire le café et garder un œil sur le script car nous avions vite tendance à sortir du cadre.  

Que va faire Mû dans les mois à venir ?
David :
Quelques dates de concerts, en festivals, et surtout finir la série des sept clips pour les présenter dans des festivals de courts métrages.

 

Deux albums absolus à placer sur l'Arche de Noé pour réinventer la musique si la terre venait à disparaître ?
Cécile Maître :
An Awesome Wave de Alt J et Kid A de Radiohead.
David Honegger : Purple Rain de Prince, pour ne pas perdre notre sensualité, et l’album I_Con de De Staat, pour se motiver à rebâtir le monde.

 

Merci Mû d'avoir accepté notre interview.
David et Cécile :
Merci à toi
 
      Les infos utiles :

 

LYNN - Acte II

  • Le 13/05/2019
Interview réalisée le 11/03/2019
Groupe : LYNN
Genre   : Dark Nu Metal
Origine  : Paris

Fondé en 2017 à Paris, le Metal hurlant de LYNN se démarque par un univers gravitant autour des sorcières de Salem ainsi que par les interprétations habitées de sa chanteuse Anna.
Un premier EP remarqué, un étonnant clip acoustique et quelques concerts plus tard, Lynn revient en force avec “Saint”, un album qui verra le jour en avril 2019.
A un mois de cette sortie, Anna (chant) et Ray (basse) ont bien voulu nous en dire plus sur leur parcours et nous parler de ce second opus.
Anna Lynn au Klub par Pics' N ' Heavy.
"9 était une esquisse, 
on tâtonnait, stylistiquement parlant. 
Saint va creuser dans ce qu'on a préféré."
Ray Lynn
Bonjour Lynn, pourriez-vous présenter aux lecteurs qui ne vous connaitraient pas ?
Ray : Nous sommes Lynn, un groupe de cinq membres : Léa (ingé-son), Guime (guitare), Anna (Chant), Dim (batterie), Ray (basse).
Anna : Lynn, c’est également quatre ingrédients : la folie, la noirceur, la mélodie et la force.
Guillaume est le cérébral de l’équipe, toute la partie technique qui me fait saigner du nez, c’est lui (Rires). Il est très pro.
Dimitri incarne le mystère, la force tranquille, il est celui qui calme et défonce tout a la fois.
Ray se rapproche de moi par la noirceur, les riffs lourds, l’envie de hurler. C’est lui qui décortique le mieux ma tête.
Quant à moi, je porte la parole de tout ça, mais la rage est commune... Je donne voix à la colère et aux envies de meurtre que l’on peut avoir. (Rires)

Quels sont vos parcours artistiques respectifs et comment s’est formé Lynn ?
Ray :
On a tous pas mal de bouteille, on a beaucoup “voyagé” avant de former Lynn. Pour ma part, je suis autodidacte. J’ai joué dans plusieurs petites formations, allant de la cover Pop-Rock au Metal en passant par le Grunge, en France et au Cambodge.
Anna : Je suis autodidacte également, je fonctionne au ressenti. J’ai débuté a l’âge de seize ans, au lycée. A l’époque, je faisais du théâtre, et j’aimais ça parce que je pouvais y devenir celle que je ne suis pas. Puis j’ai conjugué mon goût de la scène et ma passion pour la musique, avec un petit groupe, par intermittence. En 2015, j’ai tout arrêté pour des raisons personnelles, et j’ai quitté Chambéry pour m’installer à Paris. J’y ai rencontré celui qui m’a donnée l’envie de recommencer - car j’avais lâché - ainsi que trois furieux avec lesquels nous avons formé Lynn.
Ray : Le groupe est né d'un projet commun de Guime et Dim.
J’ai rejoint le trio formé à l'époque avec Céline. L'intention était alors de suivre la voie (voix ?) d’ In This Moment.
Pour des raisons personnelles, Céline n'a pu poursuivre.
Après de longs mois d'incertitude, Anna est arrivée. Elle a insufflé la quasi-totalité de l'univers de Lynn.

Comment se répartissent les rôles au sein de Lynn ?
Ray :
Lynn est une “entreprise” compartimentée. Chacun y tient un rôle même s'il y a quelques porosités dans ceux-ci. Guime est principalement à la manœuvre pour la composition, Dim est “l'oreille technique” du groupe, Anna est notre chargée de communication, et je traite la plupart des questions administratives.

En 2017 sortait “9”, votre premier opus. Quelles ont été les étapes importantes depuis la parution de cet EP ?

LYNN, 9 (2017)
Ray : La première de toutes a été notre première date au Le Klub en juin 2018 à Paris. Ambiance “fête entre potes”, mais préparée avec sérieux et rigueur. La première impression doit être marquante, et on avait tout sauf envie de “se griller”. Et vous savez quoi ? La deuxième impression doit aussi être marquante ! Et la suivante, et la suivante... On s'attache à mettre énormément de travail dans tout ce qu'on fait, on veut produire de la qualité, avant tout pour notre plaisir, par fierté.
Anna : Pour le live, je rejoins Ray.
La résidence accompagnée de Faustine (Faust Do) a également beaucoup compté. Ça été ma rencontre-révélation (Rires). Elle a su nous guider, non pas dans le technique, mais dans le “Pourquoi es-tu là ? Pourquoi fais-tu ça ?” J’ai pris une claque monumentale sur mon envie d’être la petite frontgirl-power “Regardez moi aussi j’ai des couilles !” aux multiples facettes sûrement déjà utilisées. (Rires) Bref, elle m’a défoncée toute une journée et j’en suis sortie vraie ! J’ai compris que la scène c’est d’abord le lieu d’une guerre, celle que je ne peux pas faire dans mon quotidien, un lieu de libre-expression qui donne envie aux gens de lâcher prise et de vivre ce moment avec nous. Cette étape fut très importante, je pense que les garçons me rejoignent sur ce point, ma voix a changé, s’est chargée d’émotion, et la musique a suivi.

Vous annoncez la sortie d'un album en 2019, illustré par un court extrait d'un morceau intitulé “Cannibale”. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le futur opus ?
Anna :
Cet album arrive le 13/04/2019, soutenu par l’asso MusikÖ_Eye.
Jusqu’à présent tout est fait maison : enregistrement, artwork et mix, sauf le master pris en charge par L'Autre Studio et Jean-Pierre Bouquet.
Pour l’artwork, on voit une petite fille (notre modèle s’appelle Maylie) enfermée qui regarde vers l’extérieur, vers la liberté, sans savoir si c’est bien ou si c’est mal. Elle est en colère, mais on ne sait pas contre quoi, contre qui... Elle ressent des sentiments inconnus, l’impression d’entrer en mutation... Je n’en dis pas plus.
L’extrait “Cannibal” décrit sa folie et sa manière de se nourrir mais, dans le texte, on ignore si c’est acté ou rêvé. 
 
Comment décririez-vous “Saint” par rapport à “9”, son prédécesseur ?
Anna :
“9” est vraiment la gestation de ce que nous sommes aujourd’hui, d’ailleurs deux morceaux seront dans l’album. C’était un élan : cinq morceaux importants qui nous ont permis d’y croire et de proposer notre identité pas totalement assumée. L’album sera vraiment différent, et j’espère que l’auditeur pourra trouver ce qu’il recherche après l’EP.
Ray : “9” était une esquisse, on tâtonnait, stylistiquement parlant. “Saint” va creuser dans ce qu'on a préféré. Sans trop en dévoiler, on retrouvera plus de “Lord.S” que de “Enemy”. On y développe un peu plus notre “patte”, on y fixe notre son.

Ce nouvel opus explorera donc toujours la thématique des sorcières de Salem ?
Ray :
C'est l'ADN du projet, ce sera toujours au moins en filigrane.
Anna :
Ray a raison, les sorcières de Salem sont la ligne directrice de Lynn, et nous sommes toujours dans l’expression de cette “sorcière”, mais surtout de sa folie et de ce qu’elle peut raconter. L’album est composé de dix titres, et il se nomme “Saint”. C’est la naissance de la sorcière, et le morceau sera accompagné d’un clip pour démarrer le chapitre.
Anna Lynn au Klub par Pics' N ' Heavy.
Anna, ta manière de chanter est spectaculaire et demande beaucoup d'investissement émotionnel. Comment gères-tu ta voix et comment te sens-tu à l'issue d'un concert ?
Anna :
C’est fort agréable à entendre, même si je n’arrive pas à partager cet avis et que je pense avoir encore beaucoup de travail. Je gère grâce aux précieux conseils de Guillaume (guitare) pour la technique. Après c’est du feeling : ça passe, c’est cool ; ça ne passe pas, on trouve une alternative. Je dois ajouter qu’a l’issue d’un live ou d’une répète, c’est une tisane et au lit (Rires). Non, je plaisante ! Mais c’est comme une bonne séance de sport qui vide le trop-plein, et je compare ça a un combat ! J’ai une multitude de personnes qui m’inspirent : Kurt Cobain, pour ma génération, a été celui qui m’a marquée émotionnellement... Il y en a d’autres, mais j’ai commencé à pencher de ce côté grâce a lui.

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?
Anna : Tout d’abord la sortie de l’album et son clip. Nous voulons pouvoir le partager et faire des concerts, on en a quelques-uns a venir... On espère que notre projet vous donnera l’envie de nous suivre. On remercie grandement l’équipe de Musikoeye de nous faire confiance et de nous accompagner pour cette sortie. Il est rare et difficile de trouver des gens comme eux. C’était ma parenthèse “love-love”. (Rires)
Ray : Dans les semaines à venir, nous devrions publier notre premier clip, tourné récemment. On nous retrouvera le 13/04/2019 au MusikÖ_Eye FEST #2 à Crosne. On profitera de cette occasion pour effectuer la Release de notre LP. Ensuite nous nous emploierons a jouer en province.
 
Merci Lynn d'avoir répondu à mes questions.
Anna :
Merci beaucoup pour ton attention
       
Pour suivre Lynn sur Facebook :
https://www.facebook.com/lynnofficielband/
Merci à Anna et Ray pour leur accueil.
Merci à Pics 'N' Heavy pour ses photographies, son accueil, son aimable autorisation.
D’autres photos sur : https://www.facebook.com/PicsNHeavy/

 


 

K-Léidoscope : un entretien avec Jean-Lou K

  • Le 14/04/2019
Jean-Lou K rock comme il respire...
Quand il ne martèle pas ses fûts, le batteur historique de Shakin’ Street écrit des chansons pour sa muse.
Sous le nom d’
AC22, il a produit, en à peine un an, trois albums savoureux qu’on ne saurait trop vous conseiller, entouré de deux chanteurs d’exception et de quelques amis musiciens au CV bien garni.
Alors qu’il s’apprête à sortir un Best-Of, Jean-Lou K a accepté de répondre à nos questions.
Il nous parle de Shakin’ Street, d’AC22 et, bien entendu, d’une certaine Isabelle...

 
Jean-Lou K.
Bonjour Jean-Lou K. Commençons par un bond dans le passé. Te souviens-tu de l'achat de ton premier vinyle ?
Jean-Lou K :
Oui, très bien. Mon premier disque était un single de Black Sabbath, "Paranoid" acheté au Prisunic de la rue Lepic, dans le quartier ou je suis né .
 
Qu'est-ce qui t'a conduit vers la musique, et notamment à la batterie ?
Jean-Lou K :
Les Who et Keith Moon ! Je me souviens, tous les jours j'allais voir "Who's Next" dans la vitrine du disquaire à coté de chez moi... Je suis tombé amoureux de ce disque avant de l'écouter, en fait, à cause de la pochette. Par contre je dois avouer que je n'ai jamais rien compris au jeu de batterie de Keith Moon ! Je ne dois pas être le seul...
 
Vers 1975, Louis Bertignac, Corinne Marienneau et toi rejoignez Fabienne Shine et Eric Lewy dans ce qui deviendra Shakin' Street. En Grande-Bretagne, Led Zeppelin sort Physical graffiti, Black Sabbath Sabotage, et Ron Wood rejoint les Stones. Aux Etats-Unis, Aerosmith crée Toys In The Attic, et Alice Cooper dévoile Welcome To My Nightmare. Te souviens-tu de cette France où Trust et Téléphone n'existaient pas encore ?
SHAKIN'STREET, Shakin' Street (1980).
Jean-Lou K : Oui, quelle belle période ! Les disques étaient fantastiques ! Avec Shakin’ Street, on visait le niveau d'Aerosmith , c’était eux nos maîtres. C’était bien parti d'ailleurs !
Je vais te raconter une histoire que le public ne connait pas : en 79/80, Shakin’ Street est managé et produit par Sandy Pearlman. On joue dans des stades quasiment tout les jours. CBS dépense un million de francs pour le deuxième album. Tout va plutôt bien. Seulement voila, deux membres du groupe trouvent que Roy Thomas Baker ça serait mieux que Sandy. Roy Thomas Baker les reçoit et en parle a Sandy... Fin du groupe jusqu'en 2004 !
 
Les 80's ?
Jean-Lou K :
Quelle merdasse les 80’s ! Mes pires années !

 

Dans les 90's, Smell Like Teen Spirit, de Nirvana, puis tout le Grunge à sa suite, envahissent les ondes. Page et Plant se retrouvent au Maroc pour enregistrer l'album No Quarter. Guns'N Roses produit Use Your Illusion. Et toi, que faisais-tu à l'époque ?
Jean-Lou K :
J'allais voir Page/Plant et les Guns, par exemple. Je commençais aussi a enregistrer des trucs. Les morceaux du premier album solo de Fabienne.
J'ai eu un fils en 95, Marlon. Son grand père était Freddy Hausser.

 

Après l'an 2000, tu reprends du service avec Shakin' Street, pour deux albums Live et un studio. Aujourd'hui, te voici de retour avec AC22. Comment est né ce projet et que signifie ce nom ?
Jean-Lou K :
AC22 se prononce "Assez de deux". Moi et Vitha ou Flora, sommes assez de deux pour faire une chanson. Voila !
AC22 est né en 1999 et, a l'époque, je bossais avec des samplers de voix, entre autres. J'ai eu un mini-hit avec un morceau. J'ai fait un album qui n'est jamais sorti, et c'est tant mieux ! Il n’était pas très bon .
 
Flora Roland, Jean-Lou K et Vitha Sai.

Début 2018 paraît le premier album d'AC22, The Trianon Sessions. Quelques invités prestigieux t'accompagnent, tels Fred Guillemet et Georges Bodossian. Tu confies le micro en alternance à Flora Roland et
Vitha Sai. Comment as-tu connu ces deux chanteurs aux registres très différents ?
Jean-Lou K :
Fred, c'est un génie ! Il est parti vivre dans le Sud. Il me manque ! Georges, je le croisais souvent. Il a accepté de jouer sur trois morceaux du premier album. Super boulot !
Vitha, je l'ai rencontré au Trianon Hall, un studio de répétition/enregistrement pas loin de chez moi. Il répétait avec son groupe "The Exist", et moi j'enregistrais le dernier album de Shakin' Street. On a vite sympathisé, et aujourd'hui nous sommes les meilleurs amis du monde. Il a une voix unique, et surtout il n'a peur de rien ! On se marre bien tous les deux quand on enregistre...
Flora a répondu a une annonce sur le net, puis elle est passée au studio après avoir écouté une démo. Elle a chanté "My Loss" sur le premier album. Elle a une voix fantastique ! C'est sur le troisième album qu'elle se lâche, finalement.
 
 
AC22, The Trianon Sessions, (2018).

2018 toujours, tu sors "12 songs inspired by the love of Isabelle De La Chaynée plus 3 other tales". Qui est cette fameuse Isabelle, et n'était-il pas plus simple de l'inviter au restaurant pour lui faire ta déclaration ?
Jean-Lou K :
Ce serait plus simple, oui. Isabelle est plutôt discrète, et je vais essayer de respecter ça.
Un jour, il y a six ans je crois, en me baladant sur Facebook, je vois une photo . Une brune tellement belle ! Je te passe les détails...
En 2018, je pensais toujours a elle, et je lui ai écrit un morceau, "Isabelle", puis je le lui ai envoyé... Depuis, on ne se "quitte" plus !
Depuis Juin 2018, j'ai sorti deux albums. Isabelle, c'est ma muse et mon amour. Sans elle, pas d'inspiration, en tout cas pas de quoi faire deux albums ! Les textes en disent beaucoup sur elle.

 

 

"12 Songs..." m'a fait fortement penser à Led Zeppelin. La voix de Vitha Sai n'y est pas pour rien, et on a l'impression que tu t'amuses avec cette ressemblance sur le titre "Sweet Isabella"...
Jean-Lou K :
"Sweet Isabella" c'est un hommage a Zeppelin, bien sûr. Ça a été très amusant a enregistrer. Perso, je ne trouve pas que la voix de Vitha ressemble a celle de Plant, mais chacun a un avis différent au sujet de Vitha, et c'est plutôt bien.

 

"Chocolate, Love and Vodka" (2019), troisième opus d'AC22, se fait parfois plus jazz/soul (Meet Me At The River) mais sait aussi revenir en force dans un registre Rock et acéré (Stay With Me). Le fait de disposer de deux chanteurs aussi différents est-il un atout pour le compositeur que tu es ?
Jean-Lou K :
Oui, bien sûr. Ils peuvent tout chanter, donc je peux faire du Funk comme dans "I Want To Touch You", de la Soul avec "Meet Me At The River", et du Rock, évidemment. Sans eux, pas d'AC22.
 
AC22, Chocolate​,​love and vodka (2019).

Qui t'accompagne aujourd'hui sur AC22, et qui fait quoi sur le projet ?
Jean-Lou K :
Je fais tout sauf le chant. Je compose , j’écris les textes , j'enregistre et je mixe. Je bosse trop vite pour des invités maintenant ! Le temps qu'ils enregistrent leur pistes, je suis passé a l'album suivant !

 

Des projets dans les mois à venir ? J'ai cru comprendre qu'un nouvel album est en préparation ?
Jean-Lou K :
Je viens de quitter la région parisienne pour Saint Nazaire. Du coup, je ne vois plus Vitha et Flora.
Vitha va sortir son premier album, alors je vais faire un album solo. Solo dans le sens où je vais chanter pour la première fois sur un disque. Ça devrait s'appeler "AC21", ou "Jean-Lou K", et le titre "Amused". Mais ça peut changer...
Un jeu de mot avec le mot "muse", puisqu’Isabelle reste le sujet unique des textes. Grâce a elle, j'ai surmonté ma timidité.
J'ai également commencé un album avec un chanteur en 2018 : Clint Slate. C'est très Metal, façon Alice In Chains. Je voudrais bien le finir...
En fait, j'enregistre tout le temps ! Je voudrais faire un quatrième album avec Vitha. Flora a quitté AC22 pour des raisons personnelles. Je cherche des gens a produire mais je ne trouve personne d’intéressant pour l'instant...

 

Merci, Jean-Lou K, d'avoir accepté de répondre à mes questions.
Jean-Lou K :
Merci a toi.
 
AC22, 12 songs inspired by the love of Isabelle de la Chaynée plus 3 other tales (2018).
Retrouvez AC22 sur Facebook (et n’oubliez pas de liker sa page) :
https://www.facebook.com/ACdedeux/
Et sur Bandcamp :

https://ac22.bandcamp.com
 

 

SCHULTZ (Electro Metal Indus) - L'interview

  • Le 03/04/2019

Interview réalisée pour Hard French Metal et publiée le 3/04/2019

En janvier 2019, ils attiraient l’attention sur leur Electro Metal Indus avec “I Hate You”, un clip dans lequel jouait la superstar du catch Tom La Ruffa.
Pour “Shot Of Pain”, leur opus en préparation, ils invitaient pour un feat le chanteur de Ludwig Von 88 ainsi que le fondateur de Grayssoker.
Nous les avons rencontrés dans un pub proche de l’opéra de Nice.
Leur parcours, leur passé, leurs projets, les secrets des featuring, vous allez tout savoir sur SCHULTZ dont le premier album sera disponible dès le 6/05/2019.
 

VDrey - Sessions d'enregistrement de Shot Of Pain.

 

      
 

      "On a eu envie de proposer quelque chose, d’aller où l’on ne nous attendrait pas du tout.
C’est ainsi qu’on a démarré dans la formation actuelle."
Franz Schultz

 

Bonjour Schultz. Pourriez-vous présenter votre formation aux lecteurs qui ne vous connaissent pas ?
Franz Schultz :
A l’origine, Schultz était un projet solo purement électronique et instrumental. Je voulais quelque chose qui sorte de ce qu’on pouvait voir habituellement, pas un mec tout seul derrière des machines. C’est donc très vite devenu un duo, avec VDrey, la performeuse. On a tourné ainsi à deux durant une dizaine d’années, en honorant un grand nombre de dates. Puis on a fait un break ; on avait besoin d’une pause pour diverses raisons. En 2017, on a eu envie de recommencer. On a d’abord sorti un maxi sur un label américain. On ignorait encore si on continuerait ou si c’était un coup comme ça... En 2018, nous avons eu l’opportunité de faire le festival indus de Cannes. On a voulu alors proposer un gros truc. On en a parlé à GuitarfOx et Sandy, qu’on connaissait depuis un petit moment, à force de se croiser sur des scènes. Ensemble, on a eu envie de proposer quelque chose, d’aller où l’on ne nous attendrait pas du tout. C’est ainsi qu’on a démarré dans la formation actuelle. Une date à Cannes, une autre à Montpellier, et on s’est lancés, voici dix ou onze mois, dans l’enregistrement d’un album.
GuitarfOx : Un an ! Ca fait un an qu’on est dessus !
Franz Schultz : C’est ça, ça fait un an qu’on a vraiment commencé à bosser dessus en prenant soin de marquer la différence avec ce qu’on faisait avant. Et c’est vraiment un groupe ! Il y a de la guitare, on chante tous sur l’album... Il y a des guests, aussi. C’est d’ailleurs pour ça que ça a pris un peu de temps côté planning : il fallait avoir tout le monde...
Voilà, il s’agissait donc au départ d’un projet Electro-Indus, devenu plus Metal, plus Rock, avec plein de choses différentes que tu découvriras sur l’album, car nous venons tous d’univers différents.
 

Schultz et le catcheur Tom la Ruffa - Photo VDrey.
 
Qui compose le Schultz millésime 2019 ?
Franz Schultz :
Sandy Dynamite est à la danse, à la performance et au chant. GuitarfOx est à la guitare et au chant. Il fait également plein de choses à côté, comme la réalisation de nos vidéos, des arrangements. Quant à moi, je m’occupe de la partie électronique et je chante.
Trois sur scène et à la composition, mais sans oublier ARTSOUNDMIX, qui fait toute la partie studio / arrangements / production, car c’est vraiment un boulot collectif auquel on associe le travail du studio. On est également soutenus par plein de gens, notamment dans le domaine de la com’...
 
Comment êtes-vous arrivés à la musique ?
GuitarfOx :
Moi c’est grâce à Eddie ! C’est le look des pochettes d’Iron Maiden qui a retenu mon attention ! J’étais en cinquième, je devais avoir onze ans, et ces pochettes m’ont tout de suite intrigué. Alors j’ai acheté le vinyle. Puis, de magazines en albums, j’ai eu envie de faire de la musique, et mes parents, plutôt que de m’acheter un scooter, m’ont offert ma première guitare électrique quand j’ai eu le brevet des collèges. De là, j’ai monté un groupe. Et de fil en aiguille, de groupe en groupe, on en arrive à Schultz, quand Franz nous a proposé de rejoindre son projet.
 
Et quel est le premier album que tu as acheté ?
GuitarfOx :
Avant d’acheter mon premier album, je fouillais déjà dans les disques de mon père. Il y avait AC/DC, The Who, Led Zep... Puis j’ai commencé à acheter mes propres disques, des trucs encore plus barrés que ceux qu’écoutaient mes parents. Ensuite est arrivée la vague Grunge, avec Nirvana. J’étais au lycée à l’époque... Enfin voilà, on peut le dire : “Métalleux un jour, Métalleux toujours !”
 

GuitarfOx et Sandy Dynamite - Sessions d'enregistrement de Shot Of Pain.
 

"Franz nous a proposé de rejoindre son projet pour un concert.
Au départ, c’était juste cette date.
Mais comme ça s’est bien passé,
on s’est dit "Pourquoi ne pas pérenniser ?"”
GuitarfOx



Sandy Dynamite :
Moi, le premier album que j’ai acheté, c’était Madonna ! (Rires) Mais c’est la danse qui m’a conduite à la musique. Danse classique, au départ, puis Modern Jazz. J’écoutais la musique durant les cours de danse, puis j’ai commencé à apprécier des styles différents, la New-Wave, le Rock, le Gothique... J’ai continué la danse, et j’ai rencontré GuitarfOx, qui faisait de la musique. C’est lui qui m’a proposé de chanter, et on a monté un groupe, LATEX, du Punk Electro...
Franz Schultz : Pour ma part, ce qui m’a amené à toucher mon premier instrument, c’est un copain de collège. Il voulait faire un groupe. Un petit job d’été m’a permis de me payer une guitare. J’ai vite renoncé à en jouer parce que je me suis rapidement aperçu que j’étais très mauvais à la guitare ! (Rires). Mais le même copain m’a traîné dans les concerts, me donnant le goût de la scène. Le premier show, c’était Faith No More, en 1992. La grosse claque ! Le sentiment de liberté ! Je me suis dit “C’est ça la scène !”, et je n’ai plus quitté ce milieu-là.
Alors évidemment, le premier album que j’ai acheté, c’était du Faith No More... Une cassette je crois.

Franz Schultz - Sessions d'enregistrement de Shot Of Pain.
Comment vous êtes vous rencontrés ?
GuitarfOx : Ça, tu vois, c’est la scène niçoise !
Franz avait déjà son projet, Sandy et moi le croisions avec Latex, notre groupe. On a partagé quelques dates, on avait aussi des amis communs, on s’est donc rencontrés à plusieurs reprises, et on s’entendait bien.
Franz nous a proposé de rejoindre son projet pour un concert. Au départ, c’était juste cette date. Mais comme ça s’est bien passé, on s’est dit “Pourquoi ne pas pérenniser ?”
Et voilà, je me retrouve sur le nouvel album, enregistrant les pistes de guitares, faisant des arrangements, des voix... Et d’un projet solo, Schultz prend une dimension collective !



Quels souvenirs gardez-vous de votre premier clip, “I Hate You” ?
GuitarfOx :
Vraiment excellent ! Ça fait tellement plaisir de travailler avec de vrais professionnels ! Et la superstar du catch Tom La Ruffa est un grand professionnel !
Je suis vidéaste. Pour ce clip, j’avais écrit un storyboard. Tom a fait un véritable travail d’acteur : en une journée, on avait tous les plans ! C’est vraiment un bon souvenir, à part qu’il faisait un peu froid dans ce hangar !
 

Retrouvez Tom La Ruffa à l'Acropolis deNice le 13/04/2019 pour la deuxième édition de la Nuit du Catch.
A propos, comment est née l’idée de ce clip avec Tom La Ruffa ?
Franz Schultz :
Je l’ai rencontré sur un événement sportif. C’était un gala de boxe où il y avait une démonstration de catch. Tom, qui est niçois, voulait faire revenir le catch à Nice, ce qu’on n’avait plus vu depuis une vingtaine d’années. A cette occasion, on a échangé quelques mots. J’ai eu ensuite l’occasion de le recroiser, on a parlé et sympathisé un peu plus. Sa façon de voir les choses, sa ténacité, le fait qu’il se soit donné les moyens de devenir ce qu’il voulait... Je pense qu’on partage la même philosophie : ne pas baisser les bras, affronter les épreuves. J’ai donc apprécié d’abord le personnage. Ensuite est venue l’idée...
GuitarfOx : Dès qu’il a accepté le principe du clip, on a commencé à délirer sur des idées : le mettre face à face avec VDrey, qu’ils se hurlent dessus, que Sandy danse autour de lui... Dès le feu vert, le processus créatif s’est enclenché, on a imaginé des plans, j’ai dessiné le storyboard. Il ne restait plus qu’à réaliser la partie technique.

Et GRAYSSOKER ? Comment arrive-t-il sur l’album ?
Franz Schultz :
Encore une histoire de rencontres ! Je connaissais ses parents, et j’ai bien aimé son album, à contre-courant, genre “Je fais de l’accordéon, mais pas de la musette !” Je suis allé le voir en concert, on a beaucoup échangé, et voila...

Clément Grayssoker - Photo Schultz.

 

Karim, de Ludwig von 88, fait également un feat sur votre album ?
Franz Schultz : Une fois de plus, cette collaboration ne naît pas d’une volonté de featuring. En fait je connaissais Karim depuis des années sans savoir qu’il était le chanteur de Ludwig ! Quand je l’ai appris, on a commencé à en parler, mais ça a été très long à concrétiser par manque de temps. Je lui proposais de faire quelque chose chez lui et de me l’envoyer, mais il préférait qu’on le fasse ensemble, qu’on en parle ensemble...
Je l’ai pris au réveil, un matin, trente minutes d’enregistrement, et ça l’a fait ! Trente minutes d’impro totale ! Du boulot derrière pour monter tout ça

LUDWIG VON 88 - Houla La ! (1986)
.
“Shot Of Pain”, votre premier album, sort le 6/05/2019. Qui a fait quoi sur cet album ?
Franz Schultz :
Il y a des squelettes de morceaux que j’avais déjà, des titres créés pour l’occasion, d’autres qui existaient depuis quelques années mais qui n’étaient jamais sortis, qu’on a totalement remodelés et retravaillés ensemble. Je suis arrivé avec mes squelettes et on a fait un réel travail collectif dessus. Chacun était libre de donner son avis, on re-travaillait ou on réarrangeait ce qu’on n’aimait pas.
Pour la plupart des titres, la partie électronique était crée à 80%. Mais certains, comme Shot Of Pain, n’existaient pas du tout. Shot Of Pain, on l’a créé a trois. C’est le titre de l’album et le premier morceau qu’on a fait tous ensemble.
GuitarfOx : Oui, tous les autres morceaux préexistaient et ont été arrangés. Mais “Shot Of Pain” est notre première compo en tant que groupe.

 

Quelle est la place des textes chez Schultz ?
Franz Schultz :
Sur la plupart des morceaux les textes se résument à trois ou quatre phrases. Les textes servent surtout la musique. A part sur Shot Of Pain, écrit par GuitarfOx.
GuitarfOx : C’était la chanson-titre, il fallait expliquer un peu le concept. C’est pourquoi les paroles sont plus étoffées. Mais ce morceau reste quand même homogène dans la tracklist.
Sandy Dynamite : C’est principalement moi qui chante sur ce morceau...

Comment l’album sera-t-il distribué ?
Franz Schultz :
Notre label est américain, et ça va se passer en deux étapes : en mai, première sortie sur les plateformes, Bandcamp, etc. On trouvera bien sûr l’album aux concerts. La deuxième vague arrive dès septembre, avec une distribution dans les magasins. L’album devrait donc être disponible partout après l’été 2019.
Sandy Dynamite : On présentera l’album avec un premier concert le 7/05/2019 à l’Altherax Music de Nice.
Franz Schultz : On espère faire une belle soirée à cette occasion, avec deux autres groupes qu’on apprécie, et quelques surprises. Attendez-vous à quelque chose de différent et d’unique !
 

D’autres projets sur les mois qui viennent ?
Franz Schultz :
Avec tout ça, ils sont déjà bien remplis ! Mais on réfléchit au projet d’une nouvelle vidéo. On aimerait aussi faire des concerts après la sortie de l’album. On souhaite développer et faire connaître notre projet.
 
Dernière question : Deux albums à placer sur l’arche de Noé pour sauver le Rock ?
Franz Schultz :
“Angel Dust”, de Faith No More, premier album que j’ai acheté et qui m’a collé une grosse claque ! Et puis “Mutter”, de Rammstein.
GuitarfOx : “Psalm 69”, de Ministry, est vraiment l’album qui m’a fait découvrir ce style. Enfin, “The Wall”, de Pink Floyd, parce qu’il est très bien produit.
Sandy Dynamite : Je n’en donnerai qu’un : “Holy Wood”, de Marilyn Manson.
 
      
Merci à Schultz pour son accueil.
Retrouvez Schultz sur Facebook : Schultz Music
Et rendez-vous à Nice le 7/05/2019 à l’Altherax pour la release-party !

Schultz SHOT of PAIN Release Party /Lecks Inc/DJ High Hells
 
 
 
 


 
 
 

LA PIETA - La moyenne ?

  • Le 25/03/2019

Qui est La Pietà ? Quelqu’un comme vous, comme moi ? La moyenne, au motif que chacun se retrouve à un moment donné dans les paroles de ses chansons ? Mon oeil ! Sa musique n’était pas à priori dans la zone de confort de notre fanzine, mais qu’importe : cette lumière inhabituelle était irrésistible, il fallait qu’on la voie de plus près. Voici une interview de La Pietà.

 

       
“Un projet artistique ce n’est pas 
une autobiographie permanente.”


Bonjour La Pietà. C'est Courtney Love qui vous a donné l'envie de faire de la musique ?
La Pietà :
Entre autres, oui. J’écrivais depuis gamine. Mon frère a commencé a écouter du Rock, et s’est acheté une guitare. il écoutait notamment Nirvana. Le décès de Cobain en 1994 m’a fait un choc, j’étais gamine, mais j’ai voulu comprendre pourquoi les cris de ce mec me touchaient autant. Et je me suis mise à avoir envie de faire, moi aussi, des cris. Mais je ne me sentais pas légitime. Je chantais mal, j’étais une fille, j’étais grosse et moche. Une Courtney love, avec ses discours battants, m’a donné la force de le faire. Elle m’a donné envie de prendre une guitare, et de faire de ma douleur quelque chose.

Votre mère était prof de lettres et vous avez lu dès l'enfance. Quels émois littéraires vous ont donné le goût de l'écriture ?
La Pietà :
C’est vrai, mes deux parents lisaient beaucoup, mais ça m’a plutôt dégoûtée de la littérature à une époque, parce que, comme tous les enfants, j’avais besoin de me rebeller et de me sentir en opposition avec ce qu’on m’avait proposé toute mon enfance. Je me suis remise à lire plutôt adulte, du coup. J’ai adoré Françoise Sagan. Avant de s’appeler La Pietà, ce projet s’est appelé « Bonjour Tristesse » pendant quelques mois. J’aime beaucoup Virginie Despentes, Bukowski, Olivier Adam...
 
La Pietà, pour le public, c'est vous . Pourtant vous l'avez définie comme un “laboratoire créatif personnel”, un “projet pluridisciplinaire”, et vous employez souvent pour en parler la troisième personne du singulier. C'était important de mettre La Pietà à distance ?
La Pietà :
Oui, c’est important de mettre une distance. Non, La Pietà ce n’est pas moi. C’est une partie de moi. C’est un projet artistique. Ce n’est pas une personne, c’est une de mes facettes, mais c’est loin d’être toute ma personnalité. C’est malsain de confondre les artistes et leurs projets, de confondre l’humain et l’artistique, de confondre une image et une personne, des mots et un cœur. Je ne mens pas dans ce que je fais, je suis sincère, toujours, mais un projet artistique ce n’est pas une autobiographie permanente. J’ai envie et le droit de faire mourir La Pietà si j’ai envie de passer à autre chose. J’ai envie et le droit d’exprimer d’autres choses dans ma vie que ce projet là, ou de le faire évoluer. Je suis La Pietà, mais La Pietà n’est pas moi. C’est aussi pour cela que j’ai commencé tout ce projet de manière complètement anonyme, sans que l’on voit mon visage. Je ne voulais pas qu’on confonde le narrateur et l’auteur.
 
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La Pietà par Christophe Beaussart.
Des sacs, des préservatifs, des clés USB avec vos clips dessus, des calepins, des mouchoirs... Votre merchandising démontre que La Pietà est plus qu'un simple projet musical et que des gens s'identifient à votre univers. Je crois que La Piétà est l'exutoire des gens normaux, et que “La Moyenne” est leur manifeste. Mais pour vous qui le connaissez, qui est votre public ?
La Pietà :
Il n’y a pas « MON » public. Il y a des gens. Je n’ai jamais aimé les généralités, je ne vais pas commencer ici. Il y a tout un tas de gens différents. Tout simplement. La plupart des gens qui écoutent ou aiment La Pietà à un moment donné ont pu être touché par mes mots, souvent parce qu’ils ont eu l’impression que ces mots leur ressemblaient, parce que ça exprimait aussi une partie d’eux, une souffrance vécue à un moment donné, une envie d’y survivre pourtant, le mal être parfois, la sensibilité souvent. Ce qui est sûr, c’est que la plupart de ces gens sont profondément humains, touchés, touchants, engagés dans leur vie de tous les jours pour faire de ce monde un bel endroit, des gens qui se battent au quotidien, des profs, des infirmiers, des artistes, des humanistes, des artisans, des gens qui pleurent, des gens qui rient, des gens qui aiment.
 
 “Être artiste, c'est interroger le monde."


“La hargne” est-elle un élément constitutif de La Pietà, ou rien n'est fixé ?

La Pietà : La hargne, la rage, la colère, font partie de ce projet, comme elles font partie de la vie. Comme la violence, mais aussi comme l’amour, la tendresse, l’envie.

Pour éviter que La Pietà ne devienne votre cage, vous avez choisi récemment de tomber les masques, que vous portiez y compris lors des interviews. La liberté passe-t-elle par une remise en question permanente ?
La Pietà :
Oui, parce que peut être que les prisons que l’on rencontre, souvent, on se les fabrique soi-même. On a la chance d’avoir un libre arbitre et une certaine liberté, autant en jouir. Il faut comprendre qu’il y a un vrai paradoxe qui rend les musiciens schizophrènes : être artiste, c’est interroger le monde, s’interroger soi-même, questionner, déranger, changer, faire violence. Et pourtant, faire de la musique, à l’heure actuelle, c’est aussi un métier, dans une « industrie du disque » où, pour vendre, il faut au contraire calibrer, divertir, aller dans le consensus, créer une « marque », choisir sa cible, se vendre. Alors que fait-on ? J’ai choisi d’être libre avec ce projet, parce que, quand j’ai commencé à le faire, je n’envisageais pas de réussir quoi que ce soit avec, et sûrement pas d’en vivre ! Pourtant, ça a plu, et j’ai commencé à en vivre... Mais je ne veux pas pour autant oublier d’où vient La Pietà. Donc oui, je questionnerai en permanence ce projet, et j’essaierai de continuer à m’autoriser à aller là où je veux, là où il me semble intéressant de dire ou faire quelque chose, avec un objectif artistique, et non de rentabilité. Je n’avais pas envie de tourner en rond dans une case que je me serais créée. La Pietà ne sera jamais là où on l’attend, ce serait trop facile.

 

      "Les mots avant tout."

 

La Pietà, les mots, vous les collez partout : sur votre corps, sur votre visage... Sont-ils un également un masque ou une manière de crier que vous avez des choses à dire ?
La Pietà :
C’est plutôt une manière de mettre en image l’identité de ce projet, les mots avant tout. Les masques avaient pour but de démystifier l’apparence, l’image dans la musique, une manière de dire : “Ecoutez ce que je dis, avant de regarder si je suis bonne ou pas !” Une espèce de pied de nez à notre époque hyper-conceptualisée autour de l’image, du corps, de la perfection, de la réussite. J’ai retiré les masques pour ne pas m’enfermer au contraire dans ce concept-là. J’ai continué à foutre des mots sur ma peau, comme j’en mets sur des dessins depuis toujours. Mais peut-être que ça non plus, ça ne durera pas...

 

Avec "La Fille la Moins Féministe de la Terre", vous invitiez les gens à vous envoyer des vidéos d'eux-mêmes, masqués puis démasqués, avec un panneau disant "Je veux avoir le droit de..." On retrouve ces vidéos montées dans votre clip. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience et de tous ces messages que vous avez reçus ?
La Pietà :
Oui, c’était un beau projet, que je voulais participatif. C’était bien de faire ça avec des fans, des amis, et même l’homme qui partageait ma vie à l’époque. Ça restera gravé. J’aime que ces gens soient une partie de La Pietà aussi.
 

 

Quel artiste, tous arts ou périodes confondues, aimeriez-vous ou auriez-vous aimé rencontrer ?
La Pietà :
Je ne sais pas. L’expérience m’a plutôt montrée qu’il vaut mieux garder une distance avec les artistes qu’on aime. Pas besoin de les rencontrer pour les écouter et les aimer. Ça revient à la réponse plus haut sur la différence entre une personne et ce qu’elle fait. On peut adorer ses œuvres et ne pas aimer la personne. C’est d’ailleurs souvent le cas. Alors, évidemment, j’aurais aimé partager une scène avec un Cobain, un Cantat, un Ferré, un Brel, une PJ Harvey, et bien d’autres...

 

Vous venez de terminer votre roman, commencé voici quatre ans. Il est l'origine du projet La Pietà. Avez-vous envie de nous en dire plus sur ce livre, ou faudra-t-il attendre sa sortie ?
La Pietà :
En fait, c’est le journal de La Pietà. C’est le livre que j’ai commencé il y a quatre ans et que j’ai eu envie de mettre en musique. C’est ainsi qu’est né le projet. Du coup, chaque texte de La Pietà est tiré de ce livre. C’est un mélange de journal autobiographique et romancé, de chroniques sur la vie en général ; notre monde, mon monde, le monde de la musique tel que je l’ai vécu depuis vingt ans maintenant, de mon enfance chaotique à mon rêve de Rockstar, de ma signature en major à ma descente aux enfers, de la drogue à la scène, l’amour, la dépression, et le combat continuel pour se dire que « du chaos naissent les étoiles »… Voilà ce que j’ai voulu faire avec La Pietà. Créer de la lumière à partir de ma nuit noire.
 
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               La Pietà par Brice Bourgois

 

     "Mon seul et unique critère : 
Faire tout cela dans le plaisir."
 
Vous avez déjà un long parcours musical. Avec La Pietà, avez-vous enfin rencontré le public dont vous aviez envie ?
La Pietà :
Je n’ai pas envie d’un public en particulier. J’ai envie de toucher des gens. De leur apporter un sourire, une larme, un truc qui fait se sentir vivant, comme d’autres artistes l’ont fait pour moi. Je suis heureuse de tous les regards que j’ai eus dans ma carrière, de chaque fan, chaque rencontre, chaque voix qui chantent mes paroles, chaque bout d’humanité, dans chaque café concert, chaque fête du village, chaque scène, chaque endroit où j’ai dit ou chanté un texte.

 

 


Votre manque de superficialité est-il un frein pour les radios et les télévisions commerciales aseptisées qui ne doivent délivrer aux spectateurs que des messages de bonheur entre deux spots de pub ? En résumé, La Pietà est-elle un poil à gratter dans une société dystopique ?
La Pietà :
Je suis pas sûre de manquer de superficialité en fait ! Je manque sûrement de filtres par contre. Mais je suis arrivée à l’âge où je m’en fous. Où je trouve la vie plus belle en vrai que derrière les filtres Instagram. Où je préfère la terrasse d’un café qu’un débat sur Facebook. Et où je jouis d’écrire des chansons avec des collégiens, plus que de rêver de remplir des Zéniths. Préférer kiffer mes concerts dans tous les bleds génialissimes de France, que d’aller raconter de la merde sur une actualité de merde dans des émissions à la TV. Peut être que rien que cela, c’est être un poil à gratter.
 
Vous qui êtes la fille la moins féministe de la terre, un mot sur la place des femmes dans la musique ?
La Pietà :
On a la place qu’on se donne. A nous de la prendre, la place. On n’est pas des femmes ou des hommes, on est juste des êtres humains. J’ai pas envie de devoir mettre en avant des femmes juste parce que ce sont des femmes. Qu’elles soient traités à égalité, pour talent et travail égal, point.

 

Votre premier album aura douze titres. Quand sera-t-il disponible ?
La Pietà :
On est en train de l’enregistrer, il devrait sortir début 2020, en même temps que le roman. Mais avant ça, on sortira des singles, des clips, et on continue pour l’instant de défendre le précédent EP sur les routes avec une tournée tout le printemps.

 

Cet album marque vos premières collaborations avec d'autres personnes pour les compositions ?
La Pietà :
Oui, je travaille avec Anthony Bellevrat, un de mes meilleurs amis, avec qui je co-compose tout l’album. C’est un fabuleux pianiste, un super guitariste, et un super humain. Je l’aime, et je suis très heureuse de faire cet album avec lui. C’est essentiel dans ce projet, le plaisir, la joie, l’amour. C’est mon seul et unique critère : faire tout cela dans le plaisir.
 
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La Pietà - Chapitres 5 & 6 (2018)
Que fait La Pietà dans les mois à venir ?
La Pietà :
Programme chargé à vrai dire. D’abord la tournée de printemps pour continuer à présenter l’EP sorti en novembre dernier, « Chapitres 5&6 ». En parallèle, j’enregistre donc l’album. A côté de ça, on va commencer des résidences pour transposer les nouveaux titres en live et préparer le spectacle qui se fera avec l’album, et où il y aura plus de show : lights, décors, un peu de vidéos. Et puis je prépare également la sortie du premier roman... Nous allons aussi faire des projets d’action culturelle : des ateliers d’écriture et de traduction en langue des signes en avril et mai sur Montpellier, des ateliers dans un collège à Nîmes. Et puis je commence à réfléchir, doucement mais sûrement, à mon prochain projet : un spectacle pour enfant.

 

Merci La Pietà d'avoir bien voulu répondre à nos questions.
La Pietà :
Merci à vous, et rendez-vous dans les concerts, c’est là où ça se passe vraiment !
 
 
              
La Pietà sur Facebook (n’oubliez pas de “liker” sa page !) :
https://www.facebook.com/Lapietamusic/

La Pietà sur Spotify :
https://open.spotify.com/artist/5P0atd21WQems5FDKnBysF

La Pietà sur son site (textes, merchandising, etc) :

http://www.jesuislapieta.com/textes/

La Pietà est en concert, toutes les infos utiles sur sa page Facebook :

29/03/2019 Cahors
30/03/2019 Toulouse
05/04/2019 Marciac (La Peñac)
06/04/2019 Bagnères de Bigorre (L'AlamZic)
11/04/2019 Lyon (au ROCK N EAT official(by céd & mike) avec UltraMoule et Bandit Bandit.
13/04/2019 Chambéry (Le Brin de Zinc)

 

Nous remercions :

. Christophe Beaussart pour sa photographie en couleurs de La Pietà
(http://scenesdunord.fr/recherche/_index.php#.XLGmx9jgooA)


. Brice BOURGOIS pour sa photographie en noir et blanc de La Pietà
(
https://www.facebook.com/PhotographerLivePictureUnderground/)
 

 

HANIBAL DEATH MACHINE : Troisième souffle

  • Le 23/03/2019
Alliant Metal Indus et Doom, Hanibal Death Machine a sorti en février 2019 “A Bout de Souffle”, un six titres fortement inspiré par le contexte social, aux riffs lourds et tranchants.
Jean-Luc Loret, chanteur de la formation de Montauban, a bien voulu nous en dire plus sur le groupe et son nouvel opus.
 
HANNIBAL DEATH MACHINE
 
Bonjour Jean-Luc. Pourrais-tu présenter Hanibal Death Machine aux lecteurs qui ne le connaîtraient pas encore ?
Jean-Luc :
J'ai crée Hanibal Death Machine en 2014 avec le guitariste de l'époque, Thibault Beyney. Depuis juin 2018, il a quitté le navire pour raisons personnelles. Le line-up actuel est composé à la batterie de Dorian Loret, à la guitare de Corentin Altar Di Alter, et à la basse de Yann Gerbaud. J’assure le chant. Nous avons a notre actif deux EP, Birth et Sombre Vision. Notre nouvel album, A Bout de Souffle, est sorti le 22/02/2019 chez M & O Music. Nous avons pas mal tourné en Russie, en Espagne, en Suisse et en France.

 

Comment s'est formé le groupe ?
Jean-Luc :
Le groupe Aloïs, dont j'étais chanteur et Thibault guitariste, devait s'arrêter. Nous avons pris la décision tous les deux de former Hanibal Death Machine et de lui donner cette couleur Metal Indus.
 
VOTRE SEIGNEURIE, Vicié (1993)
Quel a été ton parcours artistique ?
Jean-Luc :
J'ai un parcours très long, avec plusieurs formations. Le groupe qui a le plus marché était Votre Seigneurie, avec l’album Vicié, sorti en 1993. Ensuite, ensuite j'ai fait l'Ost, Aloïs, pour arriver à Hanibal Death Machine.
 
HANIBAL DEATH MACHINE, Birth (2015)
En 2015 Hanibal Death Machine sortait l’EP “Birth” et partait en tournée douze jours en Russie. Quels souvenirs gardes-tu de cette période ?
Jean-Luc :
J'en garde de supers souvenirs ! Tout était imprévu, on a commencé la promo de Birth et une proposition de tourner en Russie nous est arrivée. Un très grand moment ! Le public russe est tellement généreux... Ça nous à conforté dans l'envie de continuer à bosser avec notre producteur fétiche, David Castel, qui nous fait sonner comme on l'espère !

Comment se passe l'élaboration des compositions au sein du groupe ?
Jean-Luc :
Jusqu'à présent je composais les séquences sur mon PC et je structurais la mélodie et le texte. Depuis l'arrivé de Corentin dans le groupe, on part de plus en plus sur la base de ses riffs, puis je compose les séquences, le texte et le chant.

Tu composes les textes en français. Quelles thématiques aimes-tu aborder ?
Jean-Luc :
Cela dépend de l'album, car ça représente des parties de vie... Sur A bout de souffle, qui est un album plutôt révolutionnaire, j'ai vraiment été inspiré par le contexte social moribond, les élections de Trump et de Macron, la succession d'attentats, etc, je t'en passe et des meilleures... Je ne pouvais écrire que ce type de textes !
 
HANIBAL DEATH MACINE, A Bout De Souffle (2019)
Après Birth et Sombres Visions (2016), nous vous retrouvons donc avec un nouvel opus. Peux-tu nous en dire un mot ?
Jean-Luc :
A Bout De Souffle est un album de six titres, et l'évolution, par rapport à Sombre vision, c'est que nous imposons un style bien plus “Metal” que par le passé, plus lourd, plus sombre et plus abouti.

Pourquoi avoir intitulé ce nouvel album A bout de Souffle ?

Jean-Luc :
Ah, super question ! En fait j'ai écrit cet album il y a plus d'un an, et je sentais cette colère qui montait et qui allait exploser. Pour moi, ce sont les prémices de la fin d’une civilisation, la fin du capitalisme, du libéralisme, et l'orientation vers un monde où les préoccupations seront tournées vers l'humain. Enfin je l’espère, rien n'est sûr, malheureusement !
 

En février sortait votre clip, “I had a dream”. Peux-tu nous en parler ?
Jean-Luc :
Sur notre précédent clip, Le Temps de l'Absence, on ne s'était pas investis, laissant carte blanche au réalisateur de l'époque. Suite à la promo, Didou, le chanteur de Sidilarsen, qui est un pote, m'a dit “Jean-Luc, je ne comprends pas bien où vous voulez en venir, quels messages vous véhiculez dans ce clip ? On ne voit pas trop ce que vous souhaitez dire.” Il m'a conseillé de penser le clip bien plus en amont. Nous avons fait ça, avec plusieurs réunions de création, et le jour du tournage, on avait tout prévu. Le jeune réalisateur Mika Henselmann a fait des merveilles, on est vraiment fiers du résultat, et les retours sont excellents !
HANIBAL DEATH MACHINE
Quelle sera votre actualité dans les mois à venir ?
Jean-Luc :
Tourner, bien sûr. Mais maintenant on a décidé d'essayer de passer un cap, de produire des concerts de meilleure qualité. Disant cela, je pense à tout ce qui est autour du groupe, la sono, la salle, tout ce qui ne dépend pas directement de nous. On va être un peu plus exigeants, quitte à jouer moins. On veut vraiment passer ce cap !
 
    

Merci à
Jean-Luc Loret pour son accueil.
Retrouvez Hanibal Death Machine sur Facebook :
https://www.facebook.com/hanibaldeathmachine
En concert : . Le 26/04/2018 en acoustique à Montauban (L'acoustic bar) . Le 27/06/2019 à La Penne-Sur-Huveaune (Cherrydon)
Ecouter l’album :
https://open.spotify.com/album/4TwxUm3yGp60ma0X7TUOqs

KILL THE MOOSE - Les Enfants du Shoegaze

  • Le 20/03/2019
Formé en 2015, Kill The Moose, auteur de plusieurs EP caractérisés par l’opposition d’un mur de guitares et d’une voix légère, a réussi à imposer son style bien reconnaissable dans le paysage du Rock Alternatif niçois Influencé par la vague Shoegaze des 90’s, le quatuor, prochainement en concert à Nice et à Grasse, a bien voulu répondre à quelques questions.

KILL THE MOOSE par F. Le Court.
       

Bonjour Kill The Moose. Situons d'abord d'où vous venez : premier album acheté ?
Nico (batterie) : Oh P***, ça pique ça ! Un live de Queen, oublions la période sombre de la Dance Music.
Elisabeth
(chant) : Ouf ! Oh la la ! Pfff ! C’était dans les années quatre-vingt. J’en sais rien moi ! Sans doute un truc des charts britanniques ! Probablement un Duran Duran...(honteuse)
Fédu
(basse) : Je crois que c’est Back in Black d’ACDC, pour faire dans l’originalité !
Alex
(guitare) : Je ne me rappelle pas si c’est In Utero ou Nevermind de Nirvana

 

Qu'est-ce qui a déclenché votre vocation artistique ?
Elisabeth :
Mes années de chorale à l’église anglicane m’ont fait découvrir le chant et Bruno Massena m’a fait monter sur scène pour monter notre premier groupe Merry Mayhem.
Fédu : Pfffff euuuh mmm... C’est un pote qui jouait de la guitare qui m’a amené à faire de la musique.
Nico :
Ça a commencé au collège avec un délire entre potes qui cherchaient un truc à faire ensemble.
Alex : J’ai toujours aimé la musique. Gamin, j’ai appris à me servir d’une platine vinyle pour mettre du Devo... Ça doit être l’envie de faire du bruit qui a déclenché tout ça.

 

Quels sont vos parcours ?
Elisabeth :
J’ai commencé avec Merry Mayhem dans les années 90, My Elastic Eye dans les années 2000 et aujourd’hui Kill The Moose et DullBoy.
Fédu : J’ai d’abord joué dans Sherikah, un groupe de Rock Alternatif / Metal au lycée, puis j’ai accompagné Mark Ashton durant toute sa tournée.
Nico :
J’ai débuté au collège dans le Grunge et s’en est suivi un enchainement de groupes dont Princess Cum, Tapenga et Stéréogram, et aujourd’hui Kill The Moose.
Alex :
Tout a commencé au lycée avec Hymen Splash, c’était sacrément mauvais... S’en est suivi Stone Dogs, groupe de Grunge, le Sylvester Staline Baboushka Band, Yumi And The Naughty KoKeshi, Sobel et aujourd’hui Kill The Moose et Swivel Circle.

 

Nous en arrivons donc à Kill The Moose. Pourriez-vous présenter le groupe aux lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ?
Alex :
Kill The Moose est un groupe de Rock Alternatif fortement influencé par la scène britannique des années quatre-vingt-dix, et plus particulièrement du Shoegaze. On a créé le groupe avec Babeth au chant en 2015, et nous jouons depuis un an avec Nicolas à la Batterie et Alexis (Fédu) à la basse. Pour tenter de résumer notre musique, il y a une voix pleine de mélodies très pop qui se pose sur des nappes de guitares réverbérées, le tout rythmé par un couple basse / batterie qui envoie !

 

Comment s'est formé Kill The Moose ?
Alex :
Kill The Moose était à l’origine un projet que nous avions Babeth et moi en dehors d’un groupe (Yumi And The Naughty Kokeshi). Après quelques chouettes années de compo, on a quitté le premier groupe qui battait de l’aile pour ne se consacrer qu’à Kill The Moose. On s’est d’abord cherchés musicalement parlant, entre Pop et Rock Alternatif, jusqu'à l’arrivée de notre troisième EP “To The Moon And Back”, puis de Nico et Fédu dans la foulée !

 

Je pensais que le nom “Kill The Moose” était un hommage au groupe Britannique de Shoegaze “The Moose”, mais j'ai lu que c'était un clin d'oeil au Monty Python ?
Alex : “A Møøse once bit my sister... No really ! She was Karving her initials on the møøse with the sharpened end of an interspace tøøthbrush given her by Svenge - her brother-in-law - an Oslo dentist and star of many Norwegian møvies: "The Høt Hands of an Oslo Dentist", "Fillings of Passion", "The Huge Mølars of Horst Nordfink"... (Ndlr : sous-titre décalés du générique de fin du film “Sacré Graal !”)
 
Comment naissent et s'élaborent vos compositions ?
Elisabeth :
Généralement, les chansons partent des plans de gratte d’Alex sur lesquels je pose une mélodie et des paroles. Nous présentons ensuite une version aux Mooses en répète, sur laquelle Fédu trouve des lignes de basses efficaces et où Nico nous expose son incroyable auto-exigence !

 

Home Sweet Home et The World Is My Oyster traitent des réfugiés ; From Here To Now du Terrorisme. Quelles thématiques aimez-vous aborder ?
Elisabeth :
From Here To now ne parle pas de terrorisme mais d’une amie qui a connu de la violence conjugale… Les chansons que j’écris sont inspirées de l’actualité, d’histoires que j’entends à droite à gauche et qui me touchent. En Général la mélodie m’évoque un mot, mot auquel je fais des associations d’idées et l’écriture suit.

 

Dieu est-il un type perturbé ? (God is a messed-up guy)
Fédu :
Ouais un peu quand même et même beaucoup !
Nico :
En tout cas, s’il existe, vu le bordel de la vie, il est sacrément atteint !
Alex :
Et pas que lui…
Elisabeth :
Pour moi Dieu n’existe pas, ce qui devrait uniquement subsister, ce sont des valeurs de respect, de tolérance, bonté et entraide, tout le reste c’est du blabla.

A propos de Dieu, Deux albums à sauver du déluge pour reconstruire le Rock dans la bonne direction ?

Elisabeth :
Dry de Pj Harvey pour la force brute, et un album des Cocteau Twins !
Fédu :
Downward spiral de Nine Inch Nails et j’ai découvert récemment, Flying Microtonal Banana… de King Gizzard & The Lizard Wizard.
Nico :
Je dirais le sixième album de Eels, Blinking lights and other revelations (ou tout autre album de Eels), et pour du plus nerveux je dirais Song for the Deaf de Queens Of The Stone Age.
Alex :
Déjà pour commencer Loveless de My Bloody Valentine parce que My Bloody Valentine, ça c’est fait ! Je dirais ensuite Second Album de My Diet Pill.
 

KILL THE MOOSE
Quelle partie de votre activité artistique préférez-vous ?
Elisabeth :
Tout est complémentaire ; ne faire que de la scène me fatiguerait, que de la composition me frustrerait. La créativité et le partage sont à mon sens indissociables.
Fédu : Sans hésitation la scène.
Nico :
Malgré la pétoche que ça me fout des fois, je dirais la scène.
Alex :
J’hésite entre la composition, ce moment où tu tombes sur le morceau et que tu te dis “ouais, on touche plus !”, même si ce moment est rare ; ou alors le studio, qui est le moment où tu peux réaliser tout ce que tu as en tête pour le morceau, ce que tu ne peux pas faire en live, comme être quatre guitaristes ou inverser des pistes de batterie...

 

La chanson que vous préférez dans votre discographie ?
Elisabeth :
Je suis incapable de répondre à cette question, ça dépend tellement des jours et des moments...
Fédu :
“Fall From Space” ! Nico : “From Here To Now” car elle me challenge et elle commence par de la batterie.
Alex :
Je pense instinctivement à “Ordinary Extras”, une vieille chanson, probablement la première écrite avec Babs . Elle n’est jamais sortie sur aucun CD et n’est plus jouée en live depuis trois ans. Elle a ce gros côté Shoegaze qu’on a aujourd’hui.

 

Quelle est votre actualité dans les prochains mois ?
Alex :
Actuellement nous sommes en phase de composition et de préparation d’une tournée, et on vient de sortir d’un enregistrement d’une reprise de Nick Cave. Question scène nous jouerons le 6 avril à l’ Altherax Music pour la Release de Press Gang Metropol, puis également avec eux le 4 mai à l’ Eca500 (Altitude 500) à Grasse. Enfin le 11 mai à La Zonmé de Nice avec Two Eyes, un super groupe de Nancy.

 

Merci Kill The Moose d'avoir accepté de répondre à mes questions.
Elisabeth :
Merci à toi et à la promotion que tu fais pour la scène locale….. Thanks !
 
 
Kill The Moose sur Facebook (N’oubliez pas de Liker leur page !) :
https://www.facebook.com/killthemoose/
Kill The Moose sur Bandcamp :
https://killthemoose.bandcamp.com/
Kill The Moose en concert :
Kill The Moose sera à l’ Altherax Music de Nice le 6/04/2019, à l’ Eca500 (Altitude 500) à Grasse le 4/05/2019 et à La Zonmé de Nice le 11/05/2019.

 

Photographies de Kill The Moose par F. Le Court et Nao Ilk.
 
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KILL THE MOOSE par Nao Ilk.