TUNISIE

CARTHAGODS : L'Arrivée du Tour (Interview)

Groupe : CARTHAGODS
Genre : Power Metal
Origine : Tunisie

Ils ont joué avec Slayer, Judas Priest, Napalm Death, Blind Gardian, Max Cavalera, Death Angel ou Dark tranquillity. “The Monster In Me” (2019), leur nouvel album, allie un Power Metal mélodique et progressif à un chant à la Jorn Lande.

Toulouse, Lyon, Tours et Nantes sont au menu de leur première tournée française qui commence le 07/02/2020 par le Monster'S Art - WMC de Fréjus.
CARTHAGODS en France, c’est un évènement. Alors ne ratez pas l’arrivée du Tour !

Leur guitariste Tarak a accepté de répondre à nos questions.  

 
         

“NOUS SOMMES UN GROUPE QUI OSE RÊVER.”

Bonjour Tarak. Je vous propose pour commencer un petit saut dans le passé. Premier album acheté ?
Tarak :
Bonjour. Mon premier album était Nativity In Black, une compile ou des groupes comme Megadeth, Sepultura, Faith No More font des reprises de Black Sabbath.

 

La compilation NATIVITY IN BLACK (1994).
Premier Concert ?
Le premier concert avec un groupe international était Epica en 2006 , un concert ou les Carthagods étaient impliqués dans l’organisation

 

Vous, Tarak (Guitare) et Zack (Basse/Batterie) formez Carthagods en 1996. Comment était la scène Metal à cette époque en Tunisie ?
C’était communautaire mais ça avait son charme... Certes il n’y avait pas de locaux de répètes, de magasins spécialisés pour les instruments, et même internet était difficile d’accès... Mais avec peu de moyens on réussissait a faire des concerts et à rassembler du monde !

 

Qu'auriez-vous répondu à l'époque au type qui serait venu vous prédire qu'un jour vous partageriez l'affiche avec Slayer et Judas Priest ?
C’est vrai que ça aurait fait bizarre d’imaginer jouer avec ces géants... mais le truc c’est que nous sommes un groupe qui ose rêver, et les pessimistes en général sont ceux qui nous entourent, pas nous.

 

Cinq ans après sa création, Carthagods splitte sans avoir donné naissance à un album . Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ?
La mort du guitariste a engendré un remise en question chez certains membres... mais l’idée d’arrêter complètement n’est jamais venue.

 

Il s'ensuit une reformation, puis un nouveau split en 2011. Un effet de la révolution de jasmin ?
La révolution a en effet joué un rôle dans le départ de deux membres, qui ont préféré faire autre chose... La politique rend les gens fous, parfois...

 

Photographie Florin Matinca.
Quand le line-up actuel s'est-il constitué ?
Depuis 2013 c’est devenu assez stable car nous avons réussis à créer un concept avec Khaled Trabelsi, le proprio d’un Rock Bar, «Le Plug», qui consistait surtout a faire jouer mensuellement Carthagods avec une star internationale qui avait influencé le groupe ou une génération de métalleux tunisiens. Nous avons ainsi eu des artistes comme Max Cavalera, Paul Di Anno, Tim Ripper Owens sur scène avec nous. On a aussi connu Timo Somers grâce à ce concept, il était invité pour un soirée de jam avec Fabio Lione... et depuis il compte une quarantaine de concerts avec le groupe en plus de son implication dans la prod et le jeu de l’album The Monster in Me ! Grâce à cette dynamique, on a retrouvé une line-up stable.

 

Carthagods revient à nouveau et enregistre en 2015 un premier album éponyme qui accueille des guests prestigieux tels que Tim “Ripper” Owens et Ron Bumblefoot Thal... "Ce qui ne te tue pas te rend plus fort" ?
Durant toutes les années qui ont précédé 2015 , on a quand même réussit à écrire plein de titres, et l’idée d’enregistrer un album était toujours présente dans nous esprits. Ça a pris du temps car il n’était pas du tout évident de le faire en Tunisie . Concernant les guests , on a toujours gardé de bonne relations avec les artistes qu’on invite et ils ont donc directement adhéré à l’idée de participer à l’album.

 

CARTHAGODS, "Carthagods" (2015)
 
2019, nouvel album : The Monster In Me... Titre inspiré d'un tableau de Picasso ?
Oui ! C’est un rideau de scène plutôt , La dépouille du Minotaure en costume d’Harlequin, qui peut être vu à Toulouse d’ailleurs !
Les paroles et le thème de l’album traitent de la manipulation mentale. On voulait que ça inspire le dégoût, la souffrance et l’aspiration à un monde idéal. Pour y arriver on utilise des images suggestives en procédant souvent à des associations inédites, comme pour la vidéo de la Chanson «The Monster In Me» où l’on a fait allusion au Dieu Faucon et au Minotaure. Video et concept créés par une équipe tunisienne talentueuse guidée par Fouis Djemal .

 

La dépouille du Minotaure en costume d’Harlequin, rideau de scène de Pablo Picasso réalisé en 1936 pour Le Quatorze Juillet, de Romain Rolland, pièce créée en 1902 et montée au Théâtre du Peuple pour célébrer symboliquement le premier 14 juillet du Front Populaire.

 

Cette fois c'est Mark Jansen (Epica) qui est votre invité pour partager le chant avec Mehdi Khema sur un titre...
Mark est un ami avec qui nous avons gardé contact depuis 2006. D’ailleurs il nous a invité à jouer avec eux lors du Release show de MaYan à Utrecht et on totalise sept concerts avec Epica en Europe... donc c’est venu naturellement, en plus du fait qu’il a aussi joué en live avec nous comme guest.

 

Huit titres pour "Carthagods", huit pour "The Monster In Me". C'est un format qui vous convient ?
E
n effet , c’est un format qui nous convient car nos titres sont assez longs . Mais lors du prochain album ça peut changer...

 

"Memories of Never Ending Pain" figurait en deux versions sur votre premier album. Pourquoi l'avoir enregistré une troisième fois sur The Monster In Me ?
Nous jouions «Memories of Never Ending Pains» des années avant l’apparition du premier album et ça procurait toujours un effet étonnant sur l’audience. Le choix de la refaire c’est surtout afin qu’elle soit disponible avec une meilleure production.



 

Le guitariste Marcel Coenen (Stormrider, Ayreon) est crédité sur ce titre...

Marcel Coenen a joué sur le titre en sa version de 2015, et c’est un excellent guitariste. D’ailleurs, il a aussi pas mal joué avec nous . Mais le titre, je le disais, existait bien avant cela.

 

J'ai un goût particulier pour les voix, et celle de Mahdi est remarquable ! Je la trouve très proche d'un Jorn Lande ou d'un David Coverdale...
En effet, Jorn et David Coverdale font partie des influences de Mahdi. Tu as vu tout juste.

 
 
La France est un peu en retard en accueillant votre première tournée en 2020. Dans d'autres pays vous partagez déjà de très grosses affiches : j'ai cité Slayer et Judas Priest, il y a aussi Napalm Death, Death Angel, Blind Gardian !
J’espere que cette tournée va bien se passer et qu’il y en aura d’autres en France. Nous pensons que la scène Metal française est l’une des plus importantes... Ça vient peut-être en retard mais on est très contents de la faire !

 
Vous avez également une histoire particulière avec Dark Tranquillity. Niklas Sundin (guitariste de Dark Tranquillity) a signé l'artwork du nouvel album, sur lequel Mikael Stanne vous prête sa voix Death pour un titre...
Tout à fait , nous avons invité Dark Tranquillity pour la première fois en Tunisie en 2009, et ce fut un concert mémorable ! Depuis on est devenus proches et plein de collaborations ont vu le jour. Niklas a signé l’artwork des deux albums, T-shirts et Backdrop aussi... Mikael Stanne a enregistré «Whispers from the wicked» mais aussi il a joué en live avec nous… Même que Martin ( ex membre fondateur ) est venu en vacance en Tunisie !

CARTHAGODS, The Monster In Me (2019)

Le Metal aurait-il la capacité d'abolir les frontières ?

Absolument ! Il n’y a plus de frontières ! Entre artistes, bien sûr... cependant on se fait toujours chier à faire les visas !

 

Changeriez-vous quelque chose à l'histoire de Carthagods si c'était à refaire ?
Forcément , mais on apprend de nos erreurs . Alors pas de regrets, car je pense qu’il ne faut jamais regretter mais faire avec !

 

MYRATH, Cartagena, Persona, Carthagods... La scène tunisienne est désormais présente au plus haut niveau international. Quelle évolution depuis 1996 !
Il y a eu plein de groupes talentueux qui malheureusement ont été forcés d’arrêter. Certains s’internationalisent ces dernières années et ça fait vraiment plaisir ! A part les groupes que tu as cité je te rajoute Ymyrgar (un groupe de Folk Metal), VIELIKAN (Death Metal), Nawather (Metal Oriental), Arnost (Heavy Metal) et plein d’autres !

 

Merci Tarak, d'avoir accepté de répondre à mes questions alors que vous êtes affairés à préparer votre tournée française. Il ne  me reste plus qu'à vous donner rendez-vous à partir du sept février...
Merci à toi et aux lecteurs. On espère vous voir nombreux lors de cette tournée !

 

Photographie Francesco Lucia.
 
       


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