SLUDGE

ALTA ROSSA " VOID OF AN ERA" (Album 2022)

Le 19/05/2022

Groupe : ALTA ROSSA
Origine: Besançon (FR)
Album: VOID OF AN ERA (18/02/2022) - Chronique d'album
Genre: Post-Metal, Sludge, Noise
Label :   Source  Atone Records(Fr)
Par Dam'Aël

 

Alta rossa

 

ALTA ROSSA: LE GROUPE

 

Jeune groupe originaire du Doubt formé en 2020, ces cinq potes n'en sont pas à leur premier exercice. Tous issus de formations précédentes comme HORSKH (Metal, Transe, Electro), ou ASIDEFROMADAY  (Harcore, Noise), mais aussi The Erkonauts ou Slaughters, Prison Life, Flesh et Khynn, ils mettent un point d'honneur à allier leur amitié à leur passion. Si leurs influences sont un peu différentes, elles se retrouvent dans une parfaite osmose de créativité, réglée non pas comme du papier à musique mais plutôt à l'instar du mécanisme d'horlogerie bien connu de cette ville de Franche-Comté qu'est Besançon. Et pas question pour ALTA ROSSA de rester dans sa coquille ou d'avancer à l'allure  d'un escargot de Bourgogne malgré cette pandémie. Jordan Daverio et Thomas Dubois aux guitares, Mathieu Martinazzo à la batterie, David "Dess" Demesmay à la basse et Antoine Lauzel qui tient le micro, entendent bien délivrer leur Post-Metal qu'ils allient au rageux Punk-Hardcore, au ténébreux Sludge s'appuyant sans concession sur de grosses sonorités Noise et Black Metal. Et leur objectif n'est pas uniquement d'investir les scènes de cette première ville verte de France mais bien d'aller clamer haut et fort, et de toute urgence, la ligne rouge que l'humanité est en train d'atteindre, au son des watts poussés dans le rouge vif. Vous aurez dès lors compris la raison de leur patronyme. « C’est dans les moments d’urgence et de violence que le groupe exprime le mieux son talent », et il faut reconnaître que les Bisontins ont de la matière première en excédent au regard de la déroute générale qui s'est mise en place depuis quelques décennies... 

Je vous signifiais un peu plus haut, l'importance de l'amitié dans la vie du combo ; et bien il confirme l'essai en signant sur le label français Source Atone Records lequel devient une référence dans le domaine du Post-Metal, en accordant leur confiance à Christophe Denhez et Arnaud Gillard qui ont "la passion commune pour les aspérités les plus sombres de la musique Metal" ; pour rappel Christophe est le chanteur du groupe français Demande à la poussière  (vous trouverez une chronique de leur album en cliquant sur ce lien: http:// http://www.ahasverus.fr/blog/chronique-d-album-demande-a-la-poussiere-blackened-post-hardcore-quietude-hostile-26-03-2021.html ). Et si le quintet connait déjà une belle visibilité sur la scène locale, cette signature devrait pouvoir hisser le groupe à des niveaux de fréquentation scénique encore plus opportune. Alta Rossa a été amené à donner de beaux concerts notamment au Festival Détonation à Besançon même, à la Rodia, et en première partie de Hangman's Chair au Moloco à Audincourt.  Je vous signifiais aussi le parallèle avec la passion. Et force est de constater que les cinq membres Bisontins sont "jusqu'au boutistes" en faisant appel à d'autres personnes fortement passionnées, Elodie Salicz et Romain Richez de l'agence Singularités ( http://https://agencesingularites.fr/ ).   

 

 

Alta rossa artwork 1

 

ALTA ROSSA: L'ALBUM  "VOID OF AN ERA"

 

Evidemment on connait tous la conjoncture générale dont on nous a fait cadeau à grands coups de virus, de piquouses, de bourrage de crâne et de masques... de quoi énerver le plus grand nombre d'entre nous générant une colère sismique qui a tout intérêt à fuser hors de nos cellules. Alta Rossa fait forcément partie du lot et il y a une véritable urgence à plaquer sur les sillons tout le venin accumulé. Mais ne vous méprisez pas, il ne s'agit pas que d'un exutoire, bien au contraire. Cela reste en priorité une démarche artistique réelle où la sensibilité reste reine, même si celle du groupe se colore de teintes sombres voire très sombres. Et ce seront plus particulièrement les textes qui vont prendre chers écrits pendant cette période, a contrario des compositions musicales déjà largement avancées.  Le groupe s'exprime: « La terre est condamnée à être détruite si aucune action des plus riches et des plus puissants n’est entreprise dans un principe collectif. À contre courant des libéraux type colibris qui prônent des actions individuelles et remettent la responsabilité sur chacun alors que les plus riches polluent le plus ou de ceux qui, au lieu de s’occuper de la terre et des êtres humains, ont comme unique préoccupation d’aller faire du tourisme dans l’espace en toute impunité comme Jeff Bezos ou Elon Musk. »

VOID OF AN ERA est un opus qui livre depuis le 18 février dernier 31 minutes de colère, d'interrogations, de puissance sombre et violente assises sur un socle metal qui se veut noir. Et quand Alta Rossa voit rouge, noir c'est noir et certainement pas dans le registre des 50 nuances de gris. Vous l'avez compris, ça chauffe, ça rugit, ça rougit, ça détonne et ça charbone. Pas de demi-mesure chez ces burineurs car ces metallos de Besac poussent le potard du défi jusqu'à faire appel pour le artwork de la galette, à un artiste au travail surprenant de sinistrose: du Gore en barre que le Bitcoin aurait du mal à détrôner. Alors j'vous l'dis de suite, le travail est stupéfiant de talent et d'une certaine beauté. Sombre, angoissant, voire et même...glauque, l'univers de cet artiste russe Kirill Semenov est torturé mais expressif au possible dans son domaine de noirceur; il tire non pas un trait sur l'aspect sordide de l'humanité mais quantité de lignes superposées pour imager et sublimer l'expression d'une sensibilité à fleur de peau. Alta rossa rentre justement dans ce registre et l'affaire leur sied à merveille. Je vous conseille d'aller jeter un oeil sur le site de cet artiste ( http://Kirill Semenov Art ). Quant au niveau du son! Oh! Oh! Poto est arrivé-é-é! Je le rappelle l'amitié s'allie à la passion mais aussi... à la proximité. En effet, si les voix sont enregistrées chez Jordan dans son studio, toutes les prises sont capturées et travaillées chez un ami de la région Steph Lawansch au Divar studio (Blockheads, Whoresnation, Abyssal ascendant...). En piste!!! 

 

 

ALTA ROSSA : piste par piste

 

 

1. Binary Cell:

introduit les 7 pistes dans un mid-tempo de guitares dissonnantes, oppressantes et inquiétantes, qui donnent un premier aperçu dosé bien gentiment. La suite aura une couleur beaucoup plus ténébreuse et violente. Le chant hurlé reste à un niveau rageux saisissant mais pas encore fracassant. Alta Rossa nous met en condition ; considérez Binary Cell comme un simple échauffement.

2. The Stardrainer:

Les 4 premières mesures de la batterie annonce une toute autre couleur; ça va dépoter sévère. La dynamique monte en puissance au même titre que cette dissonance qui mitraille l'ambiance : la fureur s'installe et le chant devient plus agressif. Fusion de hardcore, de noise sur section ryhtmique bien solide, et des guitares qui proposent un son qui saisit et prend aux tripes. La virulence de Alta Rossa installe une profondeur sonore abyssale, pesante et intense. Ce morceau fait l'objet d'un clip présenté en février dernier, qui met en scène de façon très furtive le personnage symbolique et générique présenté sur le artwork de l'album.

3. Cycle:

On aime les batos de la batterie pour ouvrir les morceaux chez les Bisontins, et personnellemnt j'adore. Les guitares se veulent encore plus dissonantes et saturées, folles et furieuses mais surtout de plus en plus pesantes et angoissantes. Cet univers fait flipper et nous éloigne de plus en plus d'une éventuelle sortie de secours en nous amènant avec lourdeur et fracas vers une sortie de route. En tout cas, ce n'est pas celle du combo qui proposent des compositions travaillées, cohérentes, évoluant jusqu'à présent dans leur logique post-métal bien verrouillée.

4. Dawn With Never rise:

Signant un accord diabolique avec dame la noirceur profonde, il convient de bien comprendre qu'il est nulle question de voir ne serait qu'une once de pénombre et encore moins d'éclaircie; Aube, jour, aude ou nuit, Black is Black et pas question de revenir la-dessus. Les guitares continuent leur trip sauvage, rageur et troublant et la batterie est une véritable merveille de "je te démonte tout, dégage de là, je mouline et tabasse à tom-larigot ( je sais! tire-larigot, mais c'est beaucoup moins drums-style). Si le jour a peu de chance de se lever, l'humanité elle, a encore moins de chance de se relever si nous ne bougeons pas nos popotins au plus vite. Alta Rossa (AR) vous le crie haut et fort et il est loin d'être le seul à vociférer cette urgence. Nos esgourdes saignent tant les gueulantes jouent un rôle de peeling et d'épilateur en mode rouleau compresseur. Continuons à jouer les sourds dingues, qui d'ailleurs ont bien des chances de recouvrir l'audition tant ces cinq loulous font bouillonner les vibrations ( Respect à tous les mal-entendants, il s'agit d'un 3ème degré au minimum).

5. Orbiting:

P*** de B*** qu'elle est bonne cette intro de batterie et ça suit en mode avalanche par la basse, les guitares et la colère hystérique du chant. Les mecs de AR sont loin de l'AOR et ils évitent toutes carabistouilles en mode yoyo: leur véhémence et leur nervosité sont des étalons Or mis sur orbite et pas question de freiner des 2 fers! Noise, Sludge, Black, Hardcore et autres, tout se retrouve sur ce titre que je trouve démentiel. Bravo les gars!

6. The Fall:

Près de 20 minutes de musique portée avec rage et cataclysme mais toujours en vie. Qui parle de vie introduit inévitablement la notion corrélative de mort. Certes on peut s'enfouir la tête dans le sable chaud de l'été ou encore plus approprié dans notre propos, dans l'eau saumâtre et boueuse des riffs et percussions des Bisontins,  la descente vers cette échéance est incontournable. Le quintet aborde le sujet “Humain, oublie tes putains de rêves, la chute est inévitable.” Les guitares savent produire cette résonnance folle et furieuse qui ébranle nos consciences et ce n'est pas le chant d'Antoine qui a la moindre chance de nous rassurer tant l'ulcération est palpante. Un duo basse/batterie toujours au taquet et dans l'excellence.

7. Void Of An Era:

Etrangeté, sonorités inquiétantes, opressantes, sombres, lourdes, voix torturée, basse et batterie qui sonnent le glât, toujours aussi solides, voici le tableau de ce dernier titre qui donne le coup de grâce final et nous engloutit dans les ténèbres de la musique Metal de ces 5 garçons qui ont su faire évoluer leur galette du début jusqu'à la fin dans une cohérence incontestable et une identité bien propre sur sonorités bien sales. 

 

Notre avis:

Je ne connaissais pas ALTA ROSSA; il est fort à parier que désormais, à l'écoute de quelques lignes musicales à l'aveugle, je serais capable d'affirmer l'origine de ces plages sonores tant l'identité du groupe est évidente. Notamment au vu de la nature du son lourd, sombre et particulier des guitares maintenues très organiques par une production qui leur est restée fidèle. Addicte à la batterie et adepte des duo basse/batterie efficaces et très bien construits, je salue Alta rossa qui sait véritablement miser sur des sections rythmiques magistrales, recherchées, travaillées et variées. L'énergie dégagée dans son cet opus, bien que sombre, lourde et rageuse, sur saturation et dissonance à gogo, aboutit à un album dont les 31 minutes s'aborbent d'un coup, d'un seul, y compris quand, et c'est mon cas, on n'est pas forcément fan du genre. C'est révéler l'ingéniosité de ce quintet qui devrait inévitablement faire parler de lui dans ce milieu à part, dit de niche moins suivi par la majorité. Challenge énorme et réussite totale sur Void Of an Era qui place Alta Rossa dans la lignée des groupes à suivre d'assez près.

 

On va plus loin chez Ahasverus.fr:

Revenons sur le label https://sourceatonerecords.bigcartel.com/# qui n'a pas encore fêter ses 2 ans d'existence et qui s'affaire à développer des genres obscurs que sont le post-Rock, le Sludge, le Black Metal et autres assimilés. Ils ont pour devise la fougue de vrais passionnés et l'efficacité de vrais professionnels. Il en résulte déjà de belles signatures avec :

 http://Nature Morte

http://Néfastes

http://JUNON

http://Demande à la poussière

http://PARLOR,

 http://SaaR

http://Korsakov.

 http://PARLOR

http://SaaR,

 http://SunStare,

Membrane, Tassi, Sauvage...

 

 

Chronique d'album : Demande à la Poussière (Blackened Post-Hardcore), "Quiétude Hostile" (26/03/2021)

Le 10/04/2021

Groupe : Demande à la Poussière
Album : Quiétude Hostile (26/03/2021)
Genre : Métal Blackened Post-Hardcore, Doom, Sludge
Origine : Paris (France)
Label : My Kingdom Music

Par Dam'Aël

 

 

LE GROUPE :

 

Demande à la Poussière - Paris

Créé en 2017 à Paris par des membres de The Great Old Ones, Spectrale, Omrade et Würm, Demande à la Poussière (DALP) se compose alors de  Jeff (chant et guitare - THE GREAT OLD ONES / SPECTRALE), Edgard Chevallier (machine - ex WÜRM / GLOOMY HELLIUM BATH), Vincent Baglin (batterie - MOSHI-MOSHI), Krys (chant - NERFV / OMRADE) et Jiu (Bass -ex NO RETURN), des musiciens dotés d'une certaine expérience, aguerris dans divers genres musicaux. 
Mais d'où tiennent-ils leur nom, me direz-vous ? Force est de constater que la formation n'a pas été obligée de dépoussiérer la liste des noms déjà emprûntés par les groupes de notre hexagone, mais de confirmer qu'elle s'est inspirée de sa culture littéraire en prenant  référence à l'oeuvre de John Fante, Demande à la poussière ("Ask The Dust", titre originel  publié en 1939) qui fait partie d'une quadrilogie narrant les aventures d'Arturo Bandini  ( un roman semi-autobiographique de John Fante) dont un  film  en a été tiré, réalisé par Robert Towne (2006) avec la divine Salma Hayek dans le rôle de Camilla Lopez et Colin Farrell dans le rôle d'Arturo Bandini. Et comme la logique est aussi une qualité chez DALP, un nom français implique de toute évidence un phrasé dans la langue de Beaudelaire ( oui Molière en a assez d'être réveillé sans cesse, tout comme son copain Shakespeare d'ailleurs). Et cette langue natale est plus apte à exprimer avec précision les émotions que le chanteur désire livrer dans sa prestation.
"La formation parisienne traîne l'oreille vers des émotions ternes aux notes acides complétées de quelques accents mélodiques. Des sonorités primitives et terreuses au détour desquelles, l'oreille peut, parfois, entrevoir quelques rares éclairs de lumière surgissant de l'obscurité" (DALP)


DISCOGRAPHIE :


28/09/2018 : "Demande à La Poussière"


 Le groupe enregistre rapidement un premier album éponyme "Demande à La Poussière" au Lower Tones Place Studio pour une sortie le 28 septembre 2018 chez Argonauto Recods. Un huit titres  composés et enregistrés en sept jours seulement, aux influences diverses pour offrir un style unique alliant  la lourdeur du Sludge et du doom, l' intensité de l'ambiance post-rock, la noirceur du black metal, le tout teinté de post hardcore. Cette musique est percutante, envoutante et intense. Elle a permis au groupe d'assurer quelques concerts en France, et d' Italie jusqu'à Doubaï.

"Pour un premier album ensemble, le trio fait preuve d'une très grande cohésion, et ce malgré un grand écart stylistique, en se montrant sûr de ses choix et de sa vision artistique. Il n'est pas surprenant, connaissant la carrière de peintre de Jeff Grimal, que Demande à la Poussière nous propose une musique très visuelle. Et cet aspect ne fait que renforcer ces atmosphères poisseuses de la descente crescendo dans la folie de ses créateurs."   https://www.coreandco.fr/chroniques/demande-a-la-poussiere-demande-a-la-poussiere-7096.html

A noter que Jeff Grimal a, à son actif, une carrière de peintre.


26/03/2021 : "Quiétude Hostile"

                         "Quiétude Hostile"


Nouveau line-up pour ce second opus qui allie clarté et noirceur à la manière d'un oxymore "Quiétude Hostile" qui sort sous le label italien My Kingdom Music. Jeff range son micro et sa guitare et Jiu sa basse, pour partir vers d'autres horizons, laissant le jeu de la 4 cordes à  Neil Leveugle. Le quintet devient donc quartet et cela convient parfaitement à la formation.
Adepte du 8 titres semble-t'il, DALP rempile dans cette configuration avec 51'35 de Blackened Post-Hardcore francilien, encore plus sombre que le temps qui fait sur la capitale et bien plus obscur que leur premier jet. "Un opus ...narrant la dichotomie constante entre l'apparence du quotidien et ce soi profond, celui qui est toujours attiré par l'abîme. Une introspection musicale violente, à la fois pour les sens et les émotions". (DALP)
Comprenez "qu'avant d'être hostile, il faut d'abord se poser, être dans la réflexion, un peu béat, avant de réagir" : dixit Krys, à l'origine des textes et métaphores présents sur l'album, textes tirés  ou inspirés par "Le Bréviaire du Chaos" d'Albert Caraco, et du concept du Nihilisme.
La composition se fait de façon collégiale, souvent autour d'un bon repas... Ce qui a été primordial dans cette nouvelle production, c'est la recherche du son, d'Un son. Edgard et Vincent ont énormément misé sur la qualité  des micro afin d'enregistrer la batterie et lui donner un côté organique à souhait. La production s'est dotée de drônes qui restituent des sons en continu afin de créer une ambiance en toile de fond et le rajout d'un certain nombre d'effets a permis de sublimer et de teinter musicalement cette ambiance de base. Et quand on dit geek, on ne plaisante pas! Krys est aussi un "fada" (pardon) du son. Oui vous allez comprendre. Un synthétiseur de contact ( en période de distanciation... c'est à mourir de rire! bon revenons sérieux), c'est exactement ce que propose Krys pour obtenir des sons fantomatiques, des sonorités envoûtées, complètement aléatoires. C'est Surprise, Surprise. Touchez la bête plus haut nommée (le synthé)  avec vos mains, mais si l'envie vous en prend, vous pouvez tenter aussi avec les pieds, le nez ou autres, et vous obtenez des sons totalement inattendus et aléatoires en fonction de l'électricité traversée dans le corps. Rassurez-vous, Krys n'a pas mis la chaise électrique au goût du jour dans l'hexagone. http://youtu.be/lpOl-jeuhcg

Titre par titre :


"Léger Goût de Soufre" nous envoie en pleine face la couleur de l'album. Choc frontal inévitable dont les hurlements viscéraux du vocaliste passés à l'abrasif ne font que faire monter la sauce sombre. Chaque note exprime de ce tissu rugueux et lourd, les fibres du désespoir. Ambiance oppressante, très peu rassurante. Nous avons encore le temps de sortir la galette de la platine avant d'être fauchés par l'aimant DALP revu et corrigé qui ne se permettra pas de lâcher un quelconque électron libre hors de  son univers rageur et dépressif. Nous n'aurons plus mot à dire quant...


"Morphème" lachera ses phonèmes déchirants. Morphèmes, lexèmes, grammèmes... de quoi y perdre son latin avec un cerveau qui perd ses marques. Dans quelle antre dépressive nous sommes-nous perdus? La douleur est violente. Krys alterne des cris rageurs bien lourds et d'autres plus aigus qui expriment un panel plus large d'émotions douloureuses. Les guitares sont aussi très lourdes et tourmentées.


"Eréthisme" un mid-tempo inquisiteur très doom aux guitares stridentes et une basse lourde qui pèsent sur le mental comme une croix écrasante qui va faire exploser tous nos muscles sollicités dans cette phase éréthique insupportable. Nous pouvons tenter de nous sauver, toutes les stations parcourues pour trouver l'issue, sont des épreuves écrasantes qui nous renvoie dans notre dépression abyssale. La rythmique du morceau est une armée inquisitrice qui martèle en se serrant les coudes. L'apocalypse vient de l'intérieur, tant physique que mentale. Une marche funéraire pour notre moi intérieur qui se délite par implosion. Les vibrations finales ne laissent que peu d'espoir si ce n'est l'interrogation sur l'issue de secours...


Video realisator: Chariot Of Black Moth, video-clip sorti le 3 février 2021. http://facebook.com/chariotoftheblac . http://youtube.com/ChariotOfBlackMoth .

"Quiétude Hostile" : La basse est majestueuse dans ce morceau. Ambiance très représentative de l'album avec une alternance de mouvements plus calmes et d'autres plus terrorisants et pesants. Les sonorités finales réalisées aux synthéthiseur de contact complètent ce tableau fantomatique et apocalyptique.
Le clip est sorti le 11 mars 2021, a été réalisé avec la permission de la compagnie Ultima Necat et Gaël Leveugle - le frère du bassiste Neil Leveugle - pour l'utilisation d'extraits de Loretta fort (Copi) http://www.untm.net

 

"Perdu" : Egarés nous sommes et l'ambiance nous le martèle avec ces visions sonores aériennes certes, mais qui nous aspire dans ce lymbo tragique et desespéré, avec une grande intensité. Cette voix qui donne une sentence, nous, au fin fond de l'abyme, et elle qui, avec calme et sûreté, en pleine lumière juge sans remise en question. Excellent intermède dans ce morceau qui pose une variation au milieu de l'album. Après la sentence... L'exécution s'impose...
On note la présence d'une magnifique contre-basse jouée par Jiu Gebenholtz.


"Bois de Justice" : autre nom donné à l'échafaud, cette guillotine qui tranche dans le vif. Intro en mode "procession" avant l'exécution d'une âme errante, hagarde, torturée qui vit ces derniers instants avant la sentence suprême et son rituel. Une note particulière pour l'efficacité instrumentale basse/batterie et aux guitares qui redonnent de façon magistrale l'intensité de l'horreur, les hurlements de Krys évidemment complètent l'ambiance avec perfection, à la manière d'une insupportable frénésie sauvage et terrifiante.


 "L’Oubli du Contrasté" : Dissipation de l'horreur avec une introduction acoustique qui pourrait appaisée... Ne rêvons pas. Un vol de frelons bourdonnent dans nos oreilles comme un capharnaüm dévastatreur et déroutant. Ce titre s'amuse à jouer les contrastes d'ambiance, à jongler avec les variations sonores qui rappellent les hauts et les bas de notre mental lors d'introspection moribonde. Le panel des gris sonores est bien exploré.


"Expiravit" : 
"Pour interagir d'ailleurs, sur un présent déjà passé. Une éternité n'est rien, si l'inchiffrable destin, conduit à errer tel un spectre, tout en influant sur d'autres êtres..." Expiravit. Sortie des ténèbres ou pas, aliens ou fantômes, hantés encore ou sortis de l'antre de notre  "Soi", qu'en est-il en cet instant, après ce long parcours, face au sol, baignée dans la poussière de nos interrogations et d'interpellations intérieures. La basse gronde, sans doute sur nos attitudes, les guitardes sévissent à coups de riffs rapides et stridents et le saxophone joue les idées noires qui volent en nous et  autour de nous, nous entraînant dans un tourbillon d'aliénation. Où se trouvent-elles ces réponses ??? Demande à la poussière de te rejouer le scénario encore une fois, et encore et encore... Les jolies notes du final démontrent une sortie possible. A nous d'empoigner les bonnes armes de la guérison intérieure.    
On précise l'intervention  surprenante mais étonnante et bienvenue du saxophone interprété par Dima de Whild Ward.

 

L'album a été enregistré  au Lower Toner Place Studio par Edgard Chevallier, le artwork et les photos ont été réalisés par Aurélie Raidron. Mettant un point d'honneur à n'utiliser que de vieux appareils et des pellicules périmées - en effet, son travail privilégie l'argentique - , elle crée ses visuels dans son grenier sans aucune aide informatique.


 

NOTRE AVIS :


"Quiétude Hostile" est un album qui s'adresse à des initiés du genre mais pas que. Il est nécessaire de s'y intéresser, de s'y poser et de s'introduire en harpentant tous les méandres de cet opus afin d'en ressentir toutes les vibrations que les ambiances lâchées souvent avec rage, veulent exprimer. DALP ( http://www.facebook.com/DALPdoom ) a, semble-t'il la volonté de réveiller nos âmes et nos esprits. La dichotomie qui hante chacun de nous façonne le terreau plus ou moins moribond de chacune de nos vies. 
Ces huit titres sont en quelque sorte "une introspection musicale violente, à la fois, pour les sens et les émotions".
L'instrumental est joué avec beaucoup de professionnalisme, le son qui était une recherche et une volonté du groupe est une grande réussite ( Petite information importante, la quasi-totalité du matos est française, cocorico). Le chant à la fois hurlé et clair de Krys est judicieusement mis en avant dans certaines ambiances et plus en retrait sur d'autres, une production vocale qui joue les subtilités. On note une voix assez hard-core sur certains punchlines.
DALP a su allier des genres différents avec méthode ce qui donne un résultat propre, cohérent et audible pour nos oreilles déjà sollicitées par le style.
Un excellent second jet qui laisse présager de la suite, de leur avenir et de la prestation scénique à espérer très vite. A noter qu'une date serait déjà statuée pour le 13 novembre 2021 au
New Blood Fest
à Culoz dans l'Ain http://www.facebook.com/events/869161890548955/ 

Le Quartet DALP

Crédit photo : @Alexandre Le Mouroux

Quelques mots supplémentaires...

"La société moderne ne nous permet pas d'être nous-mêmes - nous changeons pour lui plaire, protégeant notre humanité, notre Soi des autres avec une hostilité passive, que ce soit nous le voulons ou pas. Cela semble très nihiliste, mais ce ne sont pas des paroles creuses. Vous savez que c'est vrai. " John Fante

"L'avertissement doit être donné sur cet album: Le plaisir d'écouter est à vos risques et périls et vous êtes expressément mis en garde contre l'apparition de la dépression! Un album très, très intense",  http://www.metalfactory.ch/music-reviews/review/demande-a-la-poussiere-quietude-hostile

Krys : " On tente de dépeindre un bon nombre de sentiments dans nos titres et des états émotionnels parfois compliqués, teintés d’ambiguïté et de violence contenue. Ce que nous recherchons tout d’abord est d’exorciser une certaine rage et une violence qui est enfouie et tout cela est mis en musique et en mots au fur et à mesure que le processus de composition avance. On tente d’emmener au travers de notre musique et les textes, l’auditeur vers un univers propre au groupe. La noirceur est bel et bien omniprésente car elle est qu’on le veuille ou non une des données qu’il faut prendre en compte dans nos vies de tous les jours."  http://www.verdammnis.com/interviews/demande-a-la-poussiere-quietude-hostile-ou-l-allegorie-de-la-depression

LES LIENS :


- DEMANDE À LA POUSSIÈRE : http://facebook.com/DALPdoom

http://lowertonesplacestudio.com

- MY KINGDOM MUSIC : http://mykingdommusic.net

- AGENCE SINGULARITÉS: contact@agencesingularites.fr
- BLACK SPEECH BOOKING: malaurie@blackspeech.net
- METAL MUSIC MANAGEMENT: john.metal.music.management@gmail.com