PROGRESSIVE

MOBIUS EN STUDIO

  • Le 27/07/2021

Le groupe de métal progressif Mobius s'enfermait ce week-end à quelques kilomètres de Saint-Etienne, au studio La Forme Du Son , pour y enregistrer trois titres live.

Mobius logoPhoto design : Above Chaos


C'était la première fois que la formation au complet se réunissait dans un même studio et au même moment pour y enregistrer.

Ce "Live in studio" contiendra trois titres, qu'ils soient de Mobius ou traités à la sauce Mobius.

L'enregistrement des trois morceaux est signé Franck Defour (créateur du studio), qui mixera deux des trois chansons. Raphaël James, qui collabore avec le groupe depuis sa première démo, se chargera du mixage du troisième titre.

On attend les images de Jolyon Perret (https://www.j-prod.fr) qui a filmé la prestation.

Mobius band 2 compressee scaled


Discographie Mobius :

  • Demo (2013)
  • The Line (2016)
  • Kala (2020)

« Abinivesha », extrait de l'album « Kala » (2020)


Les Liens :

NOUVEAU CLIP POUR DEAD VENUS

  • Le 26/07/2021

LES SUISSES POURSUIVENT L'ANNONCE DE LEUR DEUXIEME ALBUM AVEC UN SECOND CLIP TOURNE SANS COUPURE ET PARTICULIEREMENT REUSSI.

Dead venus clip photo

Dead Venus a présenté le 23/07/2021 un single-clip réalisé en une seule prise (n'est-ce pas ce qu'on appelle la précision suisse ?), très astucieux dans sa mise en images. Ce nouveau titre, écrit par Seraina Telli (chant) s'intitule « Lily of the Valley ».

Ce morceau s'inscrit dans une série de quatre single que Seraina et ses camarades ont mis en place pour faire patienter leurs fans en attendant la sortie de leur second album, Ces titres font l'objet de quatre EP dont chacun contient des inédits, des live, ou des reprises. Cette série était initiée le 02/04/2021 par le clip « Flowers And Pain ».

Ce lot de CD collectors est proposé par correspondance par l'intermédiaire de la page Facebook du groupe. Chaque envoi est agrémenté de goodies. Un patch Dead Venus, puis une photographie dédicacée du groupe avec une petite clochette de muguet accompagnaient les deux premières expéditions.

Chronique d'album : NINE SKIES (Rock Progressif), «5​.​20» (2021)

  • Le 16/07/2021

Groupe : Nine Skies
Album : « 5​.​20 » (04/06/2021)
Genre : Rock Progressif
Origine : Nice
On aime : L'artwork, le son, l'homogénéité.

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • Nine Skies est un groupe niçois formé en 2012 par les guitaristes Eric Bouillette et Alexandre Lamia.
  • Nine Skies trouve sa source dans le rock, la pop, le jazz et la musique progressive.
  • A propos de l'univers musical du groupe, Eric Bouillette (guitare) déclare au webzine Lady Obscure :
    « On nous appelle souvent groupe "Progressif", mais je ne suis pas sûr que nous ayons choisi un genre spécifique. Bien sûr, nous aimons tous la musique progressive et beaucoup de nos influences sont classées comme prog, mais nous avons tous des influences diverses et écoutons beaucoup de genres différents : classique, métal, jazz… Peut-être que la signature progressive de notre musique tient dans la richesse de sa diversité ! »
    (https://ladyobscure.com)
  • Nine Skies sort « Return Home », son premier album, en 2017. Il est suivi par « Sweetheart Grips » en 2019.
  • En 2021, Nine Skies revient avec un nouvel album :

« 5​.​20 »

Nine skies artworkNINE SKIES, « 5​.​20 » (2021)

L'Album :

  • « 5​.​20 » est un onze pistes acoustique d'environ cinquante-et-une minutes.

  • Dans sa chronique, Le Deblocnot' rapporte la signification du titre de l'album qu'il tient de la claviériste Anne-Claire Rallo  :

  • « Le bassiste du groupe, Bernard Hery, n’a pas été baptisé avec des aiguilles de montres, pour dire plus simplement, il est toujours en retard que ce soit au niveau des horaires ou des démarches administratives. Le jour du concert du "Prog en Beauce", sachant qu’il ne serait pas à l’heure et qu’il y avait le trajet à faire dans la journée, le groupe lui mit la pression de façon si importante qu’il arriva le premier à… 5h20 du matin. "C’était tellement miraculeux que voila… on lui a promis d’appeler l’album ainsi." (dixit Anne-Claire). »
    (retrouvez cette chronique en intégralité sur http://ledeblocnot.blogspot.com/2021/06/nine-skies-520-2021-par-pat-slade.html)

  • La pochette de l'album est une reproduction partielle de « Call The Doctor », un tableau que le  peintre de l'absurde Michael Cheval a réalisé en 2020.

Nine skies call the doctor

  • A propos du format acoustique de « 5​.​20 », Alexandre Lamia expliquait à Rock'N Force :
    « Nous avons toujours été touchés par les instruments, les vrais. Et nous voulions le concrétiser dans cet album purement acoustique, et expérimenter ce qu'il est possible de faire avec les instruments que l’on utilise tous les jours, sans artifice, et sans alternative. »
  • (Retrouvez l'interview complète sur https://rocknforce.com/nine-skies-des-paradoxes-qui-prennent-sens-interview/)
  • Les textes sont signés Anne-Claire Rallo (piano), qui poursuit parallèlement une carrière d'écrivain (Anne-Claire Rallo - Ecrivain).
  • Steve Hackett (Genesis), son frère John, et Damian Wilson (Treshold, Headspace) ont contribué à l'album.

  • Nine Skies a sorti le même jour deux albums : « 5​.​20 » et « Live @ Prog en Beauce », ce qui a été rendu possible par le succès de la campagne de financement de l'album « 5​.​20 ».
  • Enregistré par le groupe, « 5​.​20 » est mixé et masterisé par Alexandre Lamia, l'un des guitaristes de la formation.

Les Critiques :

  • « Définitivement une mine d’or ! »
    https://progcritique.com
  • « L'élégance et la beauté pure de ce disque appellent de nouvelles écoutes et, à chaque fois, de nouvelles subtilités apparaissent. »
    https://www.dragonjazz.com
  • « 5.20 est aussi beau qu'audacieux. »
    http://homecookingshare.com
  • « En quelques notes, vous avez devant vous un disque frais et sombre, élaboré et complexe, idéal en fait. »
    https://www.profilprog.com
  • « Tient-on là "The" disque de rock progressif français de l’année 2021 ? Encore trop tôt pour le dire mais l’œuvre est d’envergure, il faut bien l’admettre. »
    Prog censor

Notre Avis :

Immédiatement captivant, « 5​.​20 » est servi par une production qui met en valeur son format acoustique. Cette notion s'avère pourtant vite anecdotique tant on n'est pas en face d'un exercice de style. Certaines compositions peuvent d'ailleurs développer beaucoup d'intensité (« Above The Tide », « Smiling Stars »).


Les cordes sont pour l'oreille un véritable bonbon dont on peut abuser (« Golden Drops »).
Les guests, comme les trois pièces instrumentales, s'insèrent très naturellement dans un opus où règne l'harmonie.
Les lignes de chant à deux voix sont très belles.
On a pensé à Jethro Tull, à Marillion, mais ce n'est qu'une question d'ambiances, car cette  hydre à neuf têtes qu'est Nine Skies possède bien d'autres richesses.
En conclusion, « 5​.​20 » est un must, un album de prog' acoustique de toute beauté. A son écoute, le mordu du genre ne pourra que se laisser captiver comme le naja devant son charmeur de serpent. D'une belle musicalité,  « 5​.​20 » conviendra à toutes les oreilles, et on le recommande instamment. Il est disponible à partir de sept euros sur Bandcamp (lien in fine).

La Tracklist :

  1. Colourblind (6 :02)
  2. Wilderness (feat Steve Hackett 6 :04)
  3. Beauty Of Decay (instrumental 2:14)
  4. Golden drops (4:39)
  5. Above The Tide (4:16)
  6. Dear Mind (instrumental 6:26)
  7. The Old Man In The Snow (feat John Hackett 5:37)
  8. Godless Land (3:31)
  9. Porcelain Hill (Feat Damian Wilson 4:01)
  10. Achristas (instrumental 4:51)
  11. Smiling Stars (6:19)

Le Line-up de l'album :

  • Eric Bouillette (guitares, mandoline, violon)
  • Alexandre Lamia (guitares, piano)
  • Anne Claire Rallo (piano)
  • Aliénor Favier (chant)
  • Achraf El Asraoui (chant, guitares)
  • David Darnaud (guitares)
  • Bernard Hery (basse)
  • Fabien Galia (percussions)
  • Laurent Benhamou (saxophone)

Les invités :

  • John Hackett : Flûte
  • Steve Hackett : Guitares
  • Damian Wilson : Chant

Les Liens :

Chronique d'album : EKPHRASIS (Prog Jazz Metal), "Weird Interbreeding" (White Edition)" (2021)

  • Le 29/06/2021

Groupe : EKPHRASIS
Album : « Weird Interbreeding (White Edition) » (28/05/2021 - Unicorn Digital)
Genre : Prog Jazz Metal
Origine : Avignon
On aime : la virtuosité

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • L'univers musical d'Ekprhasis est un métal progressif mâtiné de larges influences, notamment tirées du jazz.
  • Ekphrasis est un projet de Benjamin Savariau (*) conçu initialement comme un one-man-band.
    (*) Endorsé par un grand nombre de marques de musique, Benjamin Savariau a notamment été, à l'âge de vingt-et-un ans, le plus jeune Français professeur de conservatoire. Il a  accompagné de très grands artistes de la chanson française.
  • En 2020, c'est donc seul qu'il écrit et interprète « Weird Interbreeding (Black Edition) », son premier album.

Ekphrasis1EKPHRASIS, « Weird Interbreeding (Black Edition) » (2020)

  • Encouragé par des critiques élogieuses, Benjamin Savariau décide de réenregistrer totalement « Weird Interbreeding », avec cette fois-ci Franck Hermanny (Adagio, Shawn Lane, Stephan Forté) à la basse, et Clément Pernet (Rio Mandingue, bESS) à la batterie. Samuel Diouf (Poulpe Friction) complètera le line-up en tant que clavieriste pour le live.
  • Cette nouvelle version sort le 28/05/2021. Elle s'appelle :

« Weird Interbreeding (White Edition) »

EkphrasisEKPHRASIS, « Weird Interbreeding (White Edition) » (2021)

L'Album :

  • « Weird Interbreeding (White Edition) » est un dix pistes d'environ une heure et sept minutes.

Notre Avis :

« Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage »...
Le perfectionniste Benjamin Savariau redonne vie à « Weird Interbreeding » dans une nouvelle édition totalement remaniée. On ne va pas vous refaire la chronique de cet album dont nous vous parlions l'année dernière. Nous le jugions « musicalement énorme et aussi périlleux que la course d'une caisse à savon lancée à pleine vitesse dans une descente bordée d'un côté par un mur et de l'autre par un ravin », et nous le classions « parmi les révélations les plus significatives de cette année 2020 ».
La nouvelle version de « Weird Interbreeding », qui marque la signature du groupe sur le label Unicorn Digital, est sans doute possible encore meilleure que sa soeur aînée. Sa production s'en trouve nettement améliorée. C'et donc vers elle que vous vous dirigerez sans hésiter pour découvrir ce groupe de prog virtuose qui met du jazz dans son métal.  Quant à ceux qui ont déjà la première mouture de « Weird Interbreeding », nous leur recommandons quand même de se pencher sur cette version revisitée, la différence justifie l'écoute.

Les Liens :

Chronique d'album : HELIUM STATION (Prog), "Sanctuary" (2021)

  • Le 17/06/2021

Groupe : Helium Station
Album : « Sanctuary » (21/05/2021)
Genre : Prog/AOR
Origine :Toulouse
On aime : Le songwriting, le chant, la guitare.

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • Helium Station est un projet conçu par Fabrice Lacourt, guitariste qui officiait dans le groupe de metal progressif Veda, formation qui rencontra un beau succès au milieu des années 2000.
  • En 2019, ce Toulousain fonde Helium Station, dans lequel il joue de tous les instruments à l'exception de la batterie, confiée à Ben Marmier.
  • Le chant est tenu par plusieurs interprètes.

Revenge Is Mine, avec Alexis Dimitriou au chant.

  • Au cours de cette même année 2019, Helium Station sort l'album « Flesh And Bone ».
  • En 2021 Helium Station revient avec un nouvel album :

« Sanctuary »

Helium stationHELIUM STATION, "Sanctuary" (2021)

L'Album :

  • « Sanctuary » est un onze pistes d'environ soixante-huit minutes.
  • Le mixage et le mastering sont de David Bergère.

  • Cinq chanteurs se relaient sur l'album : Marjorie Alias (Marge Covers), Natacha Kanga (NAYME), Yann Fabié, Alexis Dimitriou (Alexis D Music) et Yann Rousseau.

Praying For Me, avec Marjorie Alias au chant.

Les Critiques :

  • "Cet album, de par son irrégularité, perdra la plupart des auditeurs frileux face à tant de changements musicaux, les autres comme votre serviteur se régaleront d'un album de plus bourré de surprise et de pugnacité."
    https://www.pavillon666.fr
  • "Captivant, presque de bout en bout, Fabrice Lacourt et ses complices déclenchent un bel emballement."
    https://progcritique.com
  • "Un album riche d’influences rock, metal progressif, blues, funk et rock alternatif ponctué de solides pièces de bravoure instrumentale."
    https://leblogrock.fr

Moon Shine, avec au chant Yann Rousseau.

Notre Avis :

Fabrice Lacourt est sans conteste un guitariste talentueux - on n'a pas fait partie de Veda par hasard. Mais à l'écoute de ce nouvel album, il est clair qu'il est tout autant un excellent compositeur, doué d'une oreille sûre pour choisir ses partenaires.
Côté songwriting, il fait fi des genres et part les visiter comme s'il était chez lui. Prog, AOR, blues, soul, funk, néo-classique... tout y passe. On pense à Glenn Hugues, à Malmsteem, à Rush, à Toto... Et puis à Frédéric Slama, qui sait si bien choisir ses vocalistes dans un genre AOR, car les chanteurs présents sont tous parfaits dans l'exercice..
 La guitare, actrice principale de l'album, sait se mettre au service des compositions, mais peut aussi délivrer des soli chaleureux à tendance néo-classique, dont le son  fait  parfois penser à celui de Brian May.
Vous l'aurez compris en quelques lignes : « Sanctuary » est un disque très agréable, gorgé de bonnes mélodies. Il est à neuf euros sur Bandcamp (lien in fine) et vous veillerez à envoyer la facture à votre mutuelle complémentaire santé car « Sanctuary » est un album qui fait du bien, il n'est pas exclu qu'il vous soit remboursé
.

Heaven's In Your Eyes, avec Natacha Kanga au chant.

Les Liens :

 

 

Cling To Your Dream, avec Yann Fabie au chant.

Chronique d'album : Æthĕrĭa Conscĭentĭa (Black Prog'), Corrupted Pillars of Vanity (2021)

  • Le 17/04/2021

Groupe : Æthĕrĭa Conscĭentĭa
Album : Corrupted Pillars of Vanity (09/04/2021)
Genre : Black Metal Progressif
Origine : Nantes

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • Formé en 2016, Ætheria Conscientia est un quartet de black métal progressif.
  • Il regroupe des ex-membres de Edikara et Cosmic Storm.
  • Le groupe  joue du black metal,auquel il dit vouloir incorporer des éléments de rock progressif, de doom metal, de jazz et d'ambient. 
  • En 2018 sort son premier album, "Tales From Hydhradh".
    TalesÆtheria Conscientia, "Tales From Hydhradh" (2018)
  • Il plonge l'auditeur dans un univers de science-fiction tissé autour de la planète imaginaire  Hydhradh, sur laquelle l'humanité tente de survivre.
  • A propos de son nom, Ætheria Conscientia confiait à https://occultblackmetalzine qu'il est la traduction latine de «Conscience éthérée», "divinité adorée par les habitants d'Hydhradh et qui peut être interprétée sous de nombreuses formes différentes. La religion et la spiritualité sont donc assez centrales dans les thèmes évoqués dans nos histoires."
  • En 2021, Ætheria Conscientia revient avec un deuxième album :

"Corrupted Pillars of Vanity"

Artwork th r a consc ent a

Ætheria Conscientia, "Corrupted Pillars of Vanity" (2021)

L'Album :

  • Avec plusieurs pistes dépassant les dix minutes, "Corrupted Pillars of Vanity"  court sur une durée d'environ cinquante-six minutes en seulement cinq titres.
  • Il est mixé et enregistré par Frederic Gervais au Studio Henosis (Mysanthrope, ACYL).
  • Le récit développé initialement sur "Tales From Hydhradh" trouve sa suite avec "Corrupted Pillars of Vanity".
  • Comme pour "Tales From Hydhradh", l'artwork est signé par l'illustrateur Amaury Pottier.
    "Il se rapporte le plus aux chansons finales de l'album, formant le diptyque «Absurd Crusade», dépeignant l'arrivée des croisés dans les profondeurs d'Hydhradh, à la recherche de ce qu'ils croient être la réponse à toutes leurs questions, pour affronter les Kholoss, les gardiens aînés consacrés à l'Ætheria." (interview réalisée par https://occultblackmetalzine)
  • Chaque titre de l'album est ainsi illustré par un visuel.

Artwork aetheria 2

  • Deux membres du groupe ukrainien de black jazz metal White Ward sont invités sur les pistes 1 et 4.
  • "Corrupted Pillars of Vanity" existe en double LP coloré et en CD. Sa version numérique est à prix libre sur Bandcamp.

Lp colore

  • Si l'on en juge par le nombre de commentaires et de collections dans lesquels il figure sur Bandcamp, "Corrupted Pillars of Vanity" retient l'attention d'un public international.

Les Critiques :

  • "Une œuvre complexe et déroutante mais totalement hypnotique."
    https://www.eklektik-rock.com
  • "Une autre grande sortie de France, agressive et mélodique à parts égales. C’est atmosphérique et intrigant."
    https://theprogspace.com
  • "Un album très diversifié et très riche, qui propose une suite à ce fantastique récit créé de toutes pièces par un groupe en pleine ascension."
    https://actainfernalis.com

Notre Avis :

Et de deux pour Ætheria Conscientia qui, après une très belle intro de trois minutes, violente nos papilles auditives à coups de black, tempéré il est vrai par des passages de saxo jazz ou ambients ("The Corrupted Sacrament"). L'ensemble donne un opus très intéressant sur lequel le prog' prend le pas. Parvenant à garder ses morceaux à rallonge parfaitement digestes, jouant parfois de la dissonnance ("Asporhos’ Altering Odyssey"), "Corrupted Pillars of Vanity" est servi par un son exempt de reproches, alignant de belles phases de guitares et de percussions. "Corrupted Pillars of Vanity" est donc un bel ouvrage, dont la qualité et l'orientation méritent d'être saluées. Il est capable d'emporter un public prog' exigeant. On souligne que sa version numérique est à prix libre sur Bandcamp, alors lâchez-vous !

Le Line-Up :

  • Alexis Pascal : Basse
  • Paul Breheret : Batterie, percussions, chant 
  • P.A. Cantat : Guitare
  • Tristan Brachi : Guitare, chant

Invités :

  • Simon Chatteleyn : Saxophone, chant, percussions
  • Andrii Pechatkin (White Ward) : chant sur "Asporhos’ Altering Odyssey"
  • Dima Dudko (White Ward) : Alto Saxophone sur "Elevation in Arrogance"

La Tracklist :

01. Asporhos’ Altering Odyssey
02. The Corrupted Sacrament
03. Liturgy For The Ekzunreh
04. Absurd Crusade Part I : Elevation In Arrogance
05. Absurd Crusade Part II : Collapse In Penance

Les Liens :

Chronique d'album : GRORR (Metal Prog), Ddulden’s Last Flight (2021)

  • Le 15/04/2021

Groupe : Grorr
Album : Ddulden’s Last Flight (26/03/2021)
Genre : Prog Metal
Origine : Pau

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • Grorr est un groupe palois formé en 2005.
  • Affectionnant les concept-albums, il mixe dans sa musique des éléments progressifs, math rock et métal avec des instruments traditionnels.
  • Après une démo cinq titres (2008), Grorr présente son premier album en 2011. Il s'appelle "Pravda".
  • L'année suivante sort "Anthill", un concept-album racontant la vie d'une fourmilière, de l'éveil du printemps à la révolution.
  • En 2014, Grorr présente l'album tripartite "The Unknow Citizens", d'après un poême de W. H. Auden écrit en 1939.
  • Pour mettre en images ces deux derniers albums, Grorr fait appel au très créatif Médéric Grandet, musicien/vidéaste qui s'est notamment illustré par des concerts donnés sous structure à 360° baptisée "organodrome". Deux clips d'animation naissent de leur collaboration : "We-Legion" et "The Worker - You Know You're Trapped".
  • En 2017, avec Laniakea, Psygnosis, Igorrr et Empyrium,  Grorr est à l'affiche du Metal Oper’Art donné à l'opéra de Strasbourg et retransmis sur Arte Concert.
  • En 2020, Grorr présente un single de deux titres, "II". Ces morceaux seront repris en bonus sur le quatrième album du groupe...

"Ddulden’s Last Flight"

L'Album :

  • Ddulden’s Last Flight est un huit titres d'environ trente-six minutes.
  • Comme "Anthill" et "The Unknow Citizens", il sort sous label suédois ViciSolum Productions.
  • L'artwork est l'oeuvre de la dessinatrice Emilie Tarascou  (http://www.emilietarascou.com). La musique n'est pas étrangère à cette illustratrice qui s'était notamment produite avec Simon Kansara dans un concert dessiné à Oloron en 2020.

GrorrGRORR - "Ddulden’s Last Flight" (2021)

  • Ddulden’s Last Flight reçoit un très bon accueil critique. Il a notamment été chroniqué en Grande-Bretagne, en Norvège, en Allemagne et en Espagne, démontrant le potentiel international de Grorr.

Les Critiques :

  • "Une œuvre captivante qui nous entraîne sans jamais nous lâcher."
    http://www.radiometal.com
  • "Nous sommes face à un chef-d'œuvre du métal progressif."
    https://www.untilthelighttakesyou.com
  • "Un disque intrigant sur lequel Grorr a savamment mélangé métal / rock progressif avec une scénographie symphonique."
    https://www.metalutopia.com
  • "Grorr a le talent non seulement de mettre des émotions en musique, mais aussi de peindre des images vives dans l'esprit."
    https://www.soundmagnet.eu
  • "Quand le générique de fin défile sur l’écran, le cœur est encore serré et les flots d’endorphine encore bouillonnants dans nos veines."
    https://www.coreandco.fr
  • "Une excursion merveilleuse, stimulante et divertissante pleine de créativité et de grandes émotions."
    http://powermetal.de

Notre Avis :

Après deux albums de très haut niveau, Grorr revient et installe à nouveau ses ambiances particulières dans un album qui rassurera ses aficionados dès le premier morceau.
Le son est d'une belle amplitude, et les structures peu prévisibles affichent une grande richesse sans cesse renouvelée. L'énergie rejoint le foisonnement, et le son métallique s'affirme parfois plus  particulièrement ("Sirens Call"). Le chant singulier de Franck Michel fait merveille et captive ("Sirens Call", "Last Flight"). Avec "Anthill" et "The Unknow Citizens", Grorr avait placé la barre très haut, et l'on pouvait légitimement se demander si la suite serait à la hauteur.  La réponse est oui, et on passe large. L'univers de Grorr se fait même plus perméable. Force est de reconnaître que la formation n'a rien perdu de sa verve et qu'elle réussit à nouveau à nous délivrer un album d'une qualité confondante, un de plus dans la panoplie d'un groupe qui fait partie des porte-étendards du prog' français.

Le Line Up :

Franck Michel – chant
Yoann Estingoy – guitare
Sylvain Kansara – samples, claviers, instruments traditionnels
Christine Lanusse – basse
Jeremy Chabanaux – batterie

Grorr line up

La Tracklist :

01. Ddulden Dreams Beyond The Peak
02. Sky High Streaming
03. Hit The Ground Streaming
04. Sirens Call Streaming
05. Ddulden Flies To His Fate Streaming
06. Blackened Rain Streaming
07. Newborn Whirlwind Streaming
08. Last Flight Streaming
09. Orang Lao (bonus)
09. The Painter (bonus)


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Chronique d'album : NAWATHER (Métal Oriental), "Kenz Illusion" (2021)

  • Le 26/02/2021

Groupe : Nawather
Album : Kenz Illusion (27/02/2021)
Genre : Métal, Prog, Oriental, Death...

Origine : Tunisie

par Dam'Aël 

 

Nawather - le groupe

LE GROUPE :

Nawather est un groupe de Metal oriental tunisien fondé en 2013 par Hichem Ben Amara à la basse ( Melmoth, ex-Out Body Experience), Saif Ouhibi à la batterie (Xtazy, Myrath), Yazid Bouafif (Guitare), Nidhal Jaoua (Qanûn), Raouf J Occulta (Chant) et Ryma Nakkach (Chant), fortement influencé par des formations telles que  Orphaned Land, Opeth ou My Dying Bride. Outail Maaoui et Riadh Sioma rejoignent le groupe avec leur violon pour l'enregistrement de ce nouvel opus, suivi par Nabil Garsi aux percussions.
La chanteuse Ryma foule les planches dès l'âge de cinq ans posant déjà son talent de vocaliste sur des chansons folkloriques tunisiennes. Cet instant marquera à jamais son esprit, imprimera au plus profond de son être cette passion pour la musique et orientera desormais sa vie. Elle fréquente le conservatoire jusqu'à l'âge de douze ans et sera au passage, un an plus tôt, hâpée par la découverte du Metal. Quelques pièces du puzzle sont déjà en place pour la suite. A noter que de surcroît, la jeune Tunisienne joue un peu de violon, une corde supplémentaire à son arc... (https://www.metalmadtv.com/post/nawather-l-interview-avec-saif-ryma)
Saif découvre Sepultura en 1995. Un véritable safari (nooon pas dans le désert !) s'offre à lui et il y adhère au tempo qu'il mène à la baguette comme tout bon drummer metalleux qui se découvre. Nirvana, Metallica (qu'il considère comme une véritable "ère Metallica"  dans l'histoire de la musique Metal), le Black Metal... "...toutes ces sections rythmiques nous ont aidés à créer notre musique..." dixit Saif  (https://www.metalmadtv.com/post/nawather-l-interview-avec-saif-ryma). Le batteur du groupe se défend de faire du Myrath ( Middle Eastern Folk/Progressive Metal - Tunisie) dont il est membre, pas plus que du Orphaned Land (groupe israélien - Doom/Death/Middle Eastern Folk Metal (au début); Middle Eastern Folk/Progressive Metal plus tard). Nous pourrions aussi les rapprocher de Sand Aura (Egypte - Progressive Metal with Middle-Eastern Folk influences), voire  Acyl  (France - Progressive/Middle Eastern Folk Metal).
Le nom Nawather vous intrigue... il s'agit d'une gamme en musique orientale dont s'est inspiré le groupe pour choisir son patronyme.

 

LEUR MUSIQUE : 
La formation tunisienne a cette idée un peu originale issue de ses racines,  d'introduire un instrument à cordes pincées faisant partie de la famille des cythares sur table, le Qanûn. Et cet instrument  joue un rôle à part entière dans leur musique, lui donnant ainsi la saveur orientale d'un métal très identitaire. Aucun doute que cet héritage culturel investit leurs compositions, n'en faisant pas uniquement une toile de fond mais bien une part incontestable dans la construction instrumentale et tout autant vocale ; une fusion culturelle et musicale sur des plages souvent alternées, ne noyant ni l'une, ni l'autre.
On notera que le qanûn est considéré comme l'instrument-roi  des instruments arabes utilisés dans la musique classique tunisienne et que l'on nomme  «malouf».
 Nawather offre ainsi une musique qui se caractérise par une alternance de musique orientale authentique et de Metal  prennent racine dans le Death, le Doom et autres. C’est une sorte de rencontre culturelle  qui pourrait se décrire comme une sublime recette alliant avec beaucoup d'intelligence chant lyrique féminin à la voix claire et au chant lourd d’une voix masculine. Une double dualité donc : l'une musicale, l'autre vocale du plus bel effet,  soigneusement combinées et dressées, tel un plat proposé par un grand restaurant,  grâce au mixage et au mastering de Fredrik Nordström (Dimmu Borgir, Arch Enemy) qui subliment cette galette très exotique. Un voyage réussi sans quitter son sofa largement écrasé depuis des mois par cette sédentarité obligée...

A partir de là, chacun des membres apporte sa touche pour initier les nouvelles compositions puis sous la patte experte du bassiste, l'instrumental émerge pour être ensuite complété par les lignes de chant de Ryma. Les textes sont écrits par Raouf Jelassi, Souhir Jadli et Wajdi Manai

 

 

                                                                                   Kenz Illusion

Nawather - Kenz Illusion - 26/02/2021

L'ALBUM :

  L'album dix titres "Kenz Illusion" nous offre plus de quarante-sept minutes de ce subtile mélange de folklore venu tout droit du Maghreb qui se téléscope avec l'univers du Metal provoquant une véritable magie dont les effets collatéraux  sont une osmose musicale parfaite. Une drôle de révolution qui a sans doute pris ses racines et s'inspire des évènements liés au "Printemps arabe", mouvement inédit de contestation rapidement propagé durant le printemps de 2011 au Maghreb et au Moyen-Orient : les populations protestant à la fois contre la pauvreté et le chômage, contre la tyrannie et la corruption des gouvernements autoritaires installés au pouvoir depuis des décennies. Nawather ayant vécu ces évènements s'engage à travers ses textes  et devient comme un porte-parole de cette jeunesse qui ne veut plus à avoir à lutter contre  une réalité très amère, opressante et tyranique. Ayant gagné en liberté, la formation en profite pour décider de l'orientation de sa musique clamant des paroles d'espoir, exprimant avec douceur ou rage cette liberté conquise sur fond de sang et de hurlements, lâchant chevaux et watts sans chaines aux pieds ni mains, ne conservant que celles qui les lient à ce Metal salvateur. Et si nous voyagions dans ces terres devenues plus calmes... je vous invite à nous engager sur une piste tunisienne, genre tourisme musical.


1. "Treasure Chest"


Une introduction à la flûte de pan invite au voyage sur les mille et un sillons de cette galette nawatherienne, devrais-je plutôt dire sur la mtabga folklométalleuse tunisienne, faisant surgir comme un mirage cette voix claire, douce, ensorcelante. Sors de cette léthargie ! batterie martelante et rythmiques énervées se chargent de ce réveil, bien complétées par le growlement du chanteur. Vous l'avez compris, le ton est donné et ce titre aiguise notre curiosité. On note, en plus de cette alternance voix claire et chant guttural, une alternance de textes chantés en arabe et en anglais.

                                         

2. "Breath Of Jasmin"

Je n'ai pas les paroles mais j'imagine aisément l'allusion qui doit être faite à cet évènement  de 2010/2011 et cette bouffée d'oxygène ainsi générée, saupoudrée du doux parfum du jasmin emblématique. Ce titre est très mélodieux d'autant que les violons (à la Orphaned Land) apportent une note de douceur et une pointe épique et très folklorique.  Cette imbrication metal et folk tunisien est une gourmandise à consommer sans modération.  Un véritable oasis instrumental purement arabe ponctue (1'57) le titre avec un solo des plus judicieux et se plaît à en faire  aussi son outro. Les guitares font monter la température avec intelligence sans passer par la case Guitar Hero.  Poursuivons notre voyage...

3. "Money Slave"

 Money Slave est encore un parfait exemple d'une belle combinaison entre deux voix, une claire et une saturée,  entre les instruments traditionnaux et plus métalleux, entre des techniques de la musique brutale et de celles qui inspirent la tradition tunisienne. Les mélodies sont harmonieuses, les guitares efficaces sans en faire trop s'articulent tantôt en duo, tantôt en dialogue se répondant mutuellement ;  le tout laisse une part belle au folklore, très bien suppléé par le duo basse / une batterie. 

J'aimerais  savoir qui a fait les choeurs gutturaux en support au chant saturé et sombre de Raouf : Lui-même ou Ryma ?

4. "Falleg"

Falleg est le premier titre qui a fait l'oblet d'un video-clip dirigé par Ahmed Khanfir, sorti le 27 janvier dernier et qui, en quatre semaines a généré plus de 21.300 vues sur la seule plateforme YouTube. L'ambiance "arabesque" de départ est completée sur les trente premières secondes par de subtiles percussions en soutien à la rythmique et qui mettent en évidence un souci de recherche dans la composition des morceaux et plus particulièrement dans celui-ci. Je suppose que ces percussions additives ont été jouées par Nabil Garsi, percussions que l'on retrouve dans les toutes dernières secondes de Falleg.  Excellent titre qui vous entraine dans un headbanging dès l'entrée de Raouf, dans lequel la basse vrombissante joue une belle part dans l'instrumental, bien secondée par l'ensemble des percussions dont la batterie qui martèle fort avec sa tonitruante double pédale. Belle prouesse.

 

5. "The Winter Serenade"

Autre très belle prouesse, cette sérénade d'hiver entrainante et dynamique dont le groove vous embarque illico presto, passeport vaccinal ou pas en poche. La voix de Ryma est superbement travaillée et vous embarque, tel le vent du sahara, au-dessus et loin de ces terres nourricières. L'instrumental est une pure merveille résultant d'une imbrication au micron près de ces différents instruments pouvant être si diamétralement opposés. Le Qânum reste l'ami fidèle de cette orchestration des plus réussies. 

6. "Yamira"

ça court, ça groove, tout en ne lâchant rien de son côté folkorique et traditionnel, Yamira (sous la pression du parrain) est très largement plus Metal, associant tel une orfèvrerie suisse les instruments de la pure tradition arabe avec ceux de l'univers incisif du Metal et un clavier très présent : la parfaite alchimie qui aurait pu paraître improbable. Un envol long courrier proposé par la compagnie Nawather .

7. "Khatwa"

Au même titre que les six titres précédents, vous le constaterez, ainsi que les les deux suivants, Khatwa s'introduit avec un instrumental folk vite rattrapé par son acolyte de scène, le metal et ses riffs heavy, ciselés, incisifs, treillis solide pour soutenir la force et la lourdeur des grondements du roi Raouf. Quand l'alchimie investit les murs du studio de Nawather, c'est du solide.

8. "Kings Cards"

J'ai sans doute trop peu parlé des guitares, aussi Kings Cards m'en donne l'occasion. Nawather a voulu ce parfait mélange qui relève d'une mixologie musicale de haut niveau. Les guitares l'ont bien compris ; leurs présences sautent à nos écoutilles plutôt averties en apportant la, disons plutôt, les jolies couleurs musicales des deux six cordes au tableau Kenz Illusion. Elles ont su garder la place optimale nécessaire à l'harmonie de cette fresque musicale qui allie, on le rappelle, le traditionnel folk tunisien et la sévérité du Metal lourd et vénère. Le Metal peut s'exprimer dans la langue germanique, on le sait tous, langue que Rammstein manie évidemment avec perfection. Et bien tenez-vous bien Ryma, qui alterne depuis le début de cet opus, l'arabe et l'anglais, nous envoie un message court ( deux phrases) dans ce langage d'outre-rhin. Nawather est décidé à en découdre avec l'internationnal, vous l'aurez compris. Et pour ceux qui ont envie de faire travailler leur imagination, Kings Cards propose des passages construits façon valse, oui écoutez bien... imaginez une valse à quatre temps sur le sable chaud saharien à la nuit tombante....

9. "The Wind Of Death"

Une petite brise mid-tempo sur délicieuse basse/batterie vient nous lécher... Le Qânum ne s'en prive pas. 

10. "Immortal Greed"

Immortal Greed est le seul morceau de cette galette qui attaque direct dans l'énergie d'un metal.  Les ambiances y sont assez variées, frôlant presque le symphonique si les violons s'étaient invités. La batterie ne lâche rien et sait  marquer la frappe quand il le faut tout en reprenant une rythmique binaire qui laisse l'espace libre aux instruments plus traditionnels.

 

L'album est enregistré par Hichem Ben Amara aux Hawala Studios (Tunisie), "Kenz Illusion" a été mixé et masterisé par Fredrik Nordstrom (Dream Evil) au Studio Fredman (Suède). L'artwork   a été confié à Giannis Stergiou de dtopgraphics. 
Le disque est disponible sur  Believe pour la version numérique, ainsi que sur Season of Mist pour l'édition physique (CD) dès le 27 février 2021 en France et le 28 février dans les pays du Maghreb. Des diffusions à l'internationale sont déjà prévues.

 

Discographie

8 janvier 2016 : "Wasted Years" 9 titres   M & O Music

 

 

LA PRESSE EN PARLE :


"Le metal oriental est bien trop méconnu en France et c’est bien dommage, certaines pépites valant le détour. Nawather en fait partie et la sortie de leur nouvel album, Kenz Illusion, ne devrait pas rester inaperçue bien longtemps..." https://www.emaginarock.fr/2021/chroniques/musique/kenz-illusion-nawather/


"男性デス・ボイス、女性クリーン・ボイスのツイン編成かつ、アラブ音楽で伝統的に使われる撥弦楽器カーヌーン奏者擁するチュニジア産プログレッシブ・デス/オリエンタル・メタル・バンドの21年作2ndアルバム。カーヌーンをメインとしたアラブ音楽独特の音階やメロディ、モダン・テイストあるプログレ・メタル・サウンドなど様々な要素がクロスオーバーをしている。スタイルは違うがTHE HUみたく国有の音楽をこれでもかっというくらい詰め込んだ中毒性ある1枚に仕上がっている。" pour nos amis Japonais, l'album étant diffusé au Japon. https://diskunion.net/metal/ct/detail/HMHR210114-301


"Avec Kenz Illusion Nawather propose un second album surprenant mais qui possède de grandes qualités tant dans la composition que dans sa réalisation. Le metal oriental a de beaux jours devant lui si des groupes comme celui-ci continuent à émerger dans nos contrées !"
 https://www.emaginarock.fr/2021/chroniques/musique/kenz-illusion-nawather/


 "... là ou Myrath ne faisait qu’effleurer les sonorités arabisantes, Nawather, lui, fonce tête baissée, créant un mélange détonnant et inédit, comme si la world music se mettait soudainement à copuler frénétiquement avec le heavy metal..." https://www.soilchronicles.fr/chroniques/nawather-wasted-years

 

NOTRE AVIS :

Avec ce second opus "Kenz Illusion", Nawather a fait un  pari surprenant pour beaucoup d'entre nous en mêlant une musique moderne testostéronée et sonorités traditionnelles du nord de l'Afrique. Un mélange couillu du plus bel effet qui sait aussi y intégrer charme et douceurs grâce aux ambiances exotiques et à la voix ensorcelante de Ryma. La construction des compositions sait faire la part belle aux ambiances alternant des plages plus calmes qui invitent au voyage et des passages beaucoup plus énervés qui participent à tout un chacun à s'engager dans un éventuel headbanging. Nawather sait allier ses deux mondes très différents sans laisser l'un prendre le dessus sur l'autre. Aucun effet belliqueux qui viendrait écraser la tradition ou la modernité. D'ailleurs leur musique est un excellent rendu instrumental moderne et ouvert d'esprit. La production réalisée par Fredrick Nordstrom (Studio Fredman) est un vrai travail d'orfèvrerie suisse, enfin en l'occurence plutôt suédoise d'ailleurs, qui a su maintenir une texture à la fois rugueuse et cotonneuse, sans noyer le tout dans une compression qui rend malheureusement quelquefois les galettes insipides. La qualité du mixage et du mastering s'allie à celle de l'orchestration que nous offre Nawather. Des breaks subtilement placés pour tenir en haleine sans aucune difficulté l'auditeur durant ses quarante-sept minutes. Les mélodies et les lignes de chant sont très agréables à écouter ; elles ne vous perdent pas en cours de route mais vous accompagnent sans aucun ennui jusqu'à la fin de cette Mtabga. D'ailleurs on aurait plutôt envie de se resservir... accompagné de houblon ou de thé à le menthe, ou pourquoi pas les deux dans un cocktail détonnant à la mode de Nawather...

Avec Carthagods, Myrath et Cartagena, Nawather font partie de ces groupes susceptibles d'exporter avec panache le métal tunisien jusqu'au fin fond d'îles qui restent à découvrir car ce folklore oriental se conjugue à merveille avec le Metal. L'alternance de passages chantés en arabe apporte la preuve irréfutable que le métal ne connaît aucune limite.

Nawather

 

LES LIENS :  

https://www.facebook.com/nawather.official
http://nawather.com/
https://nawatherofficial.bandcamp.com/album/kenz-illusion
https://twitter.com/nawatherband
https://shop.season-of-mist.com/nawather-kenz-illusion-cd

 

 


 

Chronique d'album : NaKhArA (Prog/Death), The Procession (2021)

  • Le 17/02/2021

Groupe : NaKhArA
Album : The Procession (07/02/2021)
Genre : Prog/Death
Origine : Rambouillet

Par Ahasverus


"The Procession" est à placer aux côtés des nouveaux Psykup et Loudblast, en se disant que le métal français est en forme et qu'il a de beaux jours devant lui.


Nakhara artwork


Le Groupe :

  • NaKhArA est le nouveau projet de Simon "Saïmon" Thevenet, l'un des fondateurs de Pitbull In The Nursery.
  • "NaKharA défend un métal frais, brut et franc brassant divers ingrédients empruntés aux classiques, tels que le Doom, le Black Metal ou le Tech Death", dit la bio. Il combine également des éléments progressifs et éthniques, n'hésitant pas à truffer son métal de sitar, de guitare classique ou d'accordéon.
  • A propos du nom du groupe, Simon explique :
    "Je cherchais un nom, mais tout était souvent déjà pris ou manquait d’originalité. Je suis donc parti sur le mot « Nacarat », une couleur entre le rouge et le orange. J'ai changé l’orthographe, pour le rendre plus abordable, en  « Nakara » et j'ai dû ajouter un "h" au milieu car le nom était déjà utilisé par un groupe de punk brésilien. Du coup, le final est « NaKhArA », qui est aussi une ville russe. Mais ça n’a aucun rapport avec celle-ci !"

L'Album :

  • "The Procession" est un huit titres d'un peu moins de trente-huit minutes.
  • Son artwork est signé Michal Piotr Wowczuk Augustynowicz (https://www.instagram.com/mwmotion/).
  • Guitare, basse, sitar, tous les instruments présents sur l'album, ainsi que le chant, sont tenus par Simon "Saïmon" Thevenet. "Il y a juste la drum que j’ai programmée car je n’ai pas le niveau", précise-t-il.
  • Djahal et Baloo apportent également leur contribution à l'opus. Simon explique : "Ce sont deux amis de longue dates qui jouent dans un groupe de rock nommé Dirty Species. Je leur avais demandé de poser sur une musique chacun (du moins un passage) en leur laissant carte blanche."
  • La sortie de l'album a été précédée par le clip "Commination" :

  • Enregistré au NaKharA Studio à Rambouillet (78) et masterisé au Dark Wizard Studio par François Ugarte, "The Procession" est une autoproduction.

Notre Avis :

Voici une sortie dont la faible couverture médiatique prouve que médiatisation et talent sont deux choses différentes, bien qu'il serait souhaitable que l'une accompagne l'autre.
Publié en toute discrétion, ce premier
NaKhArA propose un métal prog/death mêlé de sonorités orientales, extrême-orientales ou espagnoles (le côté flamenco de 7th "Sense - Creative Destruction"). Sombre, il laisse pourtant entrevoir le ciel, mais un soleil noir le baigne. Et si "The Procession" est incontestablement cohérent et homogène, il réussit à vous faire lever le sourcil, comme si votre chauffeur n'empruntait pas le chemin habituel pour rentrer à la maison. Au hasard d'une piste, un carousel à la Tim Burton se dévoile au son d'un accordéon qui n'était pas là avant ("All These Voices"). "The Procession"  maintient vos sens en éveil. Il réussit le tour de force de conjuguer diversité et unité à l'intérieur d'une galette à la maturité évidente. Considérons enfin l'étrange pochette. Elle vous plaît ? Elle reflète parfaitement l'album : moderne, inspiré, abouti, sombre, mystérieux et  éthnique, "The Procession" est à placer aux côtés des nouveaux Psykup et Loudblast, en se disant que le métal français est en forme et qu'il a de beaux jours devant lui.


"The Procession" piste par piste, expliqué par Simon "Saïmon" Thevenet :


Chaque piste défend un thème original, s’inscrivant résolument en rupture totale avec les poncifs du genre, partant d’un constat pessimiste sur l’état de notre monde (Commination), pour aller explorer les horreurs du génocide Rwandais (Grey Sky) en passant par les abîmes de la schizophrénie (All these Voices) et la peur viscérale des éléments (Submerged ).

  1. Commination : c’est plutôt le constat d’échec de l’évolution de l’humanité et la manifestation naturelle ou sociétale d’une communauté qui dégénère.
  2. The Procession : une sorte de métaphore du passage de la vie vers la mort en imaginant un individu contemplant une sorte de cortège funeste passant par son chemin.
  3. Until The End : raconte que la tune prévaudra tristement jusqu’à la fin malgré le fait que plein de gens défendent d’autres valeurs.
  4. All These Voices : la schizophrénie à travers un personnage qui raconte ses voix.
  5. 7th sense - Creative Destruction :  met en gloire Shiva, le dieu de la destruction créatrice.
  6. Grey Sky : aborde le génocide rwandais.
  7. No Justice No Peace : traite des injustices en fonction que l’on soit riches ou pauvres.
  8. Submerged : l’histoire d’un gardien de phare en pleine tempête.

Les Liens :

 

Exanimis : Le maître des marionnettes (interview)

  • Le 16/02/2021

Exanimis. Formation du grand-est qui doit autant à la scène death et au prog' qu'aux musiques de films.
En attendant de découvrir "Marionnettiste", un premier album très ambitieux qui sortira en mars 2021, nous vous proposons de faire un peu mieux connaissance avec ses géniteurs, Alexandre Dervieux (chant, guitare), Julien Marzano (Guitare) et Julien Prost (Basse), au travers de cette interview.

Groupe 1


"Nous souhaitons que les gens nous découvrent avec le concept le plus abouti possible, et laisser derrière nous un album qu'on pourra ré-écouter dans quelques années et en être toujours fiers."


Bonjour Exanimis. Ce nom vient du latin. Qu'est-ce qui vous a intéressé dans sa représentation ?
Alexandre (chant / guitare) :
Bonjour Ahasverus et merci de nous consacrer cette petite interview ! Notre nom vient en effet du latin et signifie littéralement "sans vie"... Le but était de trouver un nom qui incarne l'idée d'un être dépourvu de vie ou d'âme, comme peuvent l'être les marionnettes (ce qui rejoint le concept de l'album) et comme le sont les personnages que nous incarnons dans notre premier clip ainsi que lors de nos futurs concerts.

Logo exanimis texture

Le 05/03/2021 sortira "Marionnettiste", votre premier album. Quel public peut-il toucher ?
Alexandre : La plupart des fans de Death Metal ou de musiques extrêmes en général peuvent y trouver leur compte. Bien évidemment, notre musique parlera d'avantage aux fans de groupes comme Fleshgod Apocalypse ou SepticFlesh. Elle pourrait également intéresser les amateurs de musique progressive.
Julien P (Basse) : Je dirais, globalement, les fans de musiques extrêmes, musiques de films et jeux vidéos. Mais il ne faut pas oublier que nous venons du prog et c'est quelque chose qui, je pense, se ressent aussi dans notre musique.

"Notre influence cinématographique vient des films avec lesquels nous avons grandi."


Vous êtes issus de la Music Academy International de Nancy, qui laisse dans son enseignement musical beaucoup d'espace  au cinéma. L'influence de cet établissement a-t-elle été prépondérante sur l'univers d'Exanimis  ?
Julien P :
Sincèrement je ne pense pas, en ce qui me concerne tout du moins. Dans le cursus que nous avons suivi il était surtout question de musiques actuelles ; la musique de film au sens où on l'entend n'y était pas enseignée, ce qui ne nous a pas empêché d'étudier les partitions de compositeurs célèbres comme Elfman ou Shore, qui sont des sources d'inspiration quasiment illimitées. Mes influences dans ce domaine viennent surtout des films, dessins animés et jeux vidéos qui m'ont énormément marqué.
Alexandre : Étant tous les trois sortis diplomés du cursus "musiques actuelles" de l'école, nous n'avons pas eu la chance d'assister aux cours réservés au cursus "musique de film/musique à l'image". Notre influence cinématographique vient plus des films avec lesquels nous avons grandi, les BO de John Williams, Danny Elfman ou Howard Shore.
Julien M (Guitare) : La MAI nous a surtout apporté les clés pour comprendre l'harmonie et nous a inculqué une rigueur technique pour composer et jouer notre musique.

exanimis

Les compositions sont d'une grande richesse, j'ai d'ailleurs imaginé qu'elles étaient le fruit d'un travail collectif et que leur squelette s'était  étoffé avec  le temps. Pouvez-vous revenir sur  votre processus de création ?

Alexandre : Nos morceaux partent en général d'une idée, d'un concept ou d'une histoire à illustrer. Julien Prost et moi-même nous partageons ensuite la majeure partie de la composition, en commençant toujours par la section Metal (Guitare/Basse/Batterie), puis l'arrangement orchestral vient se greffer dessus, même si avec le temps et l'expérience, les deux sections finissent par progresser de concert pendant le processus d'écriture. Vient pour finir l'écriture des paroles et des lignes de chant.
Julien P : Effectivement c'est un travail partagé, Alexandre et moi avons une manière très différente de travailler mais finalement on se complète . Il préfère partir d'un thème, d'une ambiance ou d'un concept alors que moi je préfère démarrer sur quelque chose de plus concret comme par exemple un riff de guitare, une mélodie ou un gimmick orchestral. Une fois que j'ai une vision globale de ce que je veux, j'y associe un concept.

"Les morceaux s'enchaînent comme une série de visions cauchemardesques."


Un mot justement sur le concept de l'album et sur votre état d'esprit lors de son écriture ?
Alexandre : Le concept global de l'album est l'idée de manipulation, de se faire contrôler par quelque chose de plus grand/puissant que soi, telles des marionnettes ! L'idée est que les morceaux s'enchaînent comme une série de visions cauchemardesques où l'on suit des personnages subissant cette idée. 
Dans "Cogs, Gears & Clockworks" par exemple, c'est le temps qui passe, incarnant la mort qui nous guette à chaque instant, et la peur manipulatrice que cela peut entraîner, qui sont mis à l'honneur. 
 
"Cogs, Gears & Clockworks", le clip, est un vrai mini-métrage autour d'une comptine macabre...
Alexandre : C'était exactement l'idée que nous avions en tête pour notre premier clip ! Nous sommes vraiment très fiers du résultat et du travail qu'ont accompli Tom Capron (le réalisateur) et son équipe. Nous n'avons eu pour l'instant que des retours extrêmement positifs, ce qui n'était pas forcément gagné avec un clip de plus de neuf minutes... 


Le sablier de "Cogs, Gears & Clockworks" a tourné aussi pour vous : "Marionnettiste" représente cinq ans de votre vie !
Alexandre :
Et oui, déjà... C'était sûrement le temps nécessaire pour trouver la ligne directrice du groupe et recruter/rencontrer toutes les personnes qui ont contribué au projet !
Julien P : Cinq ans déjà... J'ai l'impression que c'était hier. Le fait est que trouver le bon équilibre et les bonnes personnes ne fut pas un long fleuve tranquille. Il y a eu quelques périodes d'intenses réflexions, ce qui n'a rien arrangé ! (Rires)  Aujourd'hui nous avons trouvé notre vitesse de croisière et nous sommes très motivés.


"Sur des projets passés il y avait toujours un inconfort à l'écoute de l'album qui m'obligeait à justifier les imperfections comme «alors oui, mais tu verras le mix n'est pas dingue» ou «oui mais on  a du faire vite...». Il était absolument hors de question de réitérer cette erreur avec Exanimis."


L'artwork et les illustrations du livret sont de Loïc Muzy. Quelles orientations lui avez-vous donné ?
Julien P :
Honnêtement pas grand chose, nous lui avons juste fait écouter l'album avec une petite liste de mots clefs pour chaque titre et...c'est tout. Ensuite chaque illustration a été un one shot qui était en parfaite adéquation avec les thématiques des morceaux. Très sincèrement je ne pense pas que d'autres illustrations auraient pu fonctionner aussi bien. On le remercie  mille fois pour le travail accompli.
Alexandre :
Etant plus qu'à l'aise dans le domaine de l'horrifique et du surnaturel, il nous a soumis l'idée de lui donner juste des mots clés pour chaque morceau à illustrer, son imagination faisant le reste !

Pochette 1

Vingt mille euros c'est un budget extrêmement ambitieux pour un  premier opus. Il était impératif de ne renoncer à rien ?
Julien M :
C'est exact ! Nous n'avons fait aucun compromis sur la qualité du mixage et du mastering, ni pour les photos, les costumes ou notre premier clip... Même si toutes ces dépenses ont été réparties sur des années, cela représente un sacré coût... Nous souhaitons que les gens nous découvrent avec le concept le plus abouti possible, et laisser derrière nous un album qu'on pourra ré-écouter dans quelques années et en être toujours fiers.
Julien P :
Sur des projets passés il y avait toujours un inconfort à l'écoute de l'album qui m'obligeait à justifier les imperfections comme "alors oui, mais tu verras le mix n'est pas dingue" ou "oui mais on  a du faire vite...". Il était absolument hors de question de réitérer cette erreur avec Exanimis. Ce que je voulais avec ce projet c'était pouvoir faire écouter un album abouti dont je serais fier sans devoir lire la déclaration des droits de l'Homme avant  ! (Rires) C'est pour cela que rien n'a été laissé au hasard.

exanimis2Un mot sur la place des voix dans l'album : outre le chant death et un chant clair, on compte trois narrateurs et un travail quasi-lyrique des chœurs .
Alexandre : Vous l'aurez peut être remarqué, nous sommes très influencés par Opeth pour l'écriture et le traitement des lignes de chant principales. Je pense que les éléments narratifs viennent en grande partie de la scène "Prog" qui nous inspire énormément et qui est très marquée par ce côté "cinématique" ! Quant aux chœurs, le travail d'Elfman ainsi que les BO orchestrales de jeux-vidéos y sont sûrement pour quelque chose.

"Dans nos lives nous voulons aussi intégrer une certaine mise en scène inspirée du théâtre."


Vous transposerez Exanimis sur scène. A quoi faudra-t-il s'attendre ?
Julien M : 
Alors déjà, nous, avec nos costumes et nos masques sur scène, on s'attend à avoir très chaud ! (Rires)
Nous espérons mettre en avant le côté théâtral autant que possible, et faire ressortir toutes les ambiances que présente notre musique à travers les personnages que nous incarnons. Ca sera donc parfois violent, mélancolique, épique, effrayant, fou... On a vraiment hâte de défendre Marionnettiste sur scène, maintenant !
Julien P : L'idée derrière ça est que nous voulons que les personnes qui viendront nous voir sur scène, n'assistent pas simplement à un concert mais  à un vrai spectacle. Dans nos lives nous voulons aussi intégrer une certaine mise en scène inspirée du théâtre.
exanimis3Merci  Exanimis de m'avoir accordé cet entretien.
Merci à vous et à bientôt.

Back to the roots : SEYMINHOL II, Nothern Recital (2002) - L'album, son accueil, sa place

  • Le 10/02/2021

Dans une première partie d'interview, Seyminhol nous expliquait le contexte de la réalisation de l'album "Nothern Recital" (2002). Dans cette suite, le groupe d'Algrange s'attache à l'album proprement dit et à son impact.

Seyminhol meilleur def


"Un volume sonore à ressusciter les Guerriers du Valhalla..."


Passionné d'histoire, Kevin s'est intéressé à l'expansion et à l'évangélisation du futur empire franc. Parce que c'est une thématique qui colle bien au Metal ?
Julien (batterie) :
La thématique des Vikings et de la guerre païens/chrétiens colle bien au métal. Kevin est aussi croyant et c'est sans doute tout cela qui l'a fait écrire sur ce sujet.
Nico (guitares, claviers) : Je pense surtout que cette thématique lui a toujours été propre. Je l'ai toujours entendu disserter de la civilisation Scandinave, de l'amalgame «sanguinaire» souvent propagé à tort à propos d'une culture avant tout marchande. Sa culture a fait le reste, surtout que, comme je le disais précédemment, peu de groupes mélangeaient à cette époque l'histoire (la culture) et la musique.

Kevin fait les textes, Nico la musique. Lequel s'adaptait à l'autre ?
Julien :
C'était vraiment un travail d'équipe. Kevin donnait le thème général et le contexte pour que Nico puisse commencer à composer. On affinait ensemble une fois les textes terminés.
Nico : Tout à fait. Kévin posait les bases écrites en détaillant le concept :  temps forts,  calmes, narrations... et je composais en conséquence. Ensuite tout était décortiqué et retravaillé en répétition, de façon à ce que chacun apporte sa contribution et surtout son avis.

Vous utilisez des instruments particuliers pour renforcer le côté "nordique" de cet opus...
Nico :
Pas mal d'instruments ont été martyrisés durant cet album (mais encore plus sur le suivant), des percussions, des instruments à cordes médiévaux...
Julien : Et nous avons fait jouer deux cornemuses sur certains titres. Un meilleur souvenir pour nous que pour l'ingé son…
Nico :  C'est clair ! Un volume sonore à ressusciter les Guerriers du Valhalla...

Instruments medievauxPhoto d'archive fournie par Seyminhol

Le perfectionnisme dont est empreint Nothern Recital (cf. les bruitages ou le livret avec l'histoire en Anglais et en Français...) deviendra une marque de fabrique de Seyminhol. Le mieux n'est-il pas l'ennemi du bien ?
Kévin (chant) :
Non, il fallait montrer qu'un groupe français pouvait se hisser au niveau des grosses productions européennes et était en mesure d'aller taquiner les Allemands, les Italiens et les groupes anglo-saxons sur ce style. Nous voulions être estampillés groupe historique qui fait du travail sérieux. Et pour ça des cartes, une histoire, des faits explicités nous paraissaient essentiels.

Greg carte2 copieLa carte de Nothern Recital.
Julien : Tout ceci faisait intégralement partie du processus de création. Nous voulions aller au bout de notre idée. Le seul coté négatif était le coût d'un tel objet. Tant pour la création que pour l'impression.
Nico :  Par la suite, on a suscité une réelle attente, musicale, mais également artistique. Celle-ci nous a mené au superbe Digipack proposé sur «Septentrion's Walk».

L'artwork est réalisé sur vos indications ?
Kévin :
Bien entendu. C'est Greg Lé, un ami graphiste, qui réalisait toutes nos pochettes de l'époque. Il avait lui aussi cet amour de l'heroic fantasy, des films épiques comme Conan le Barbare, Braveheart ou le Seigneur des Anneaux (nous étions en plein dedans) et il a largement contribué à façonner l'imagerie du groupe. Nous avions des backdrops dessinés par lui sur scène, des boucliers vikings en décoration près des amplis et un style bien adapté à notre musique. Nous ne laissions vraiment rien au hasard.
Julien : C'est surtout Kevin qui a veillé à ce que tout colle bien aux légendes Nordiques. Pour le rendu général nous sommes vite tombés d'accord tant le travail de Greg était bon.


"Il y a une fougue, une envie et beaucoup de potentiel d'une manière générale sur cet opus."


Quelles sont les qualités et quels sont les défauts de Nordic Tales ?
Kévin :
A mon sens, il y a très peu de défauts sur ce disque, excepté peut-être le son. Il y a une différence entre les deux premiers chapitres et la dernière partie issue de "Nordic Tales". Cela est dû au style des différents guitaristes qui ont interprétés les titres et aux orchestrations plus poussées lors de la composition des nouvelles parties de "Northern".
Julien :  Difficile d'être objectif… mais je pense qu'une des qualités est l'ambiance générale, on peut vraiment s'immerger dans l'album. La production aurait mérité plus de moyens pour être aux standards internationaux de l'époque, bien qu'il s'agisse d'un sacré tour de main pour un si petit studio !
Kévin : Pourtant il y a une fougue, une envie et beaucoup de potentiel d'une manière générale sur cet opus. Mon chant est très différent de tout ce que j'avais pu faire par le passé. Je fais des chœurs, des narrations et j'utilise vraiment pour la première fois toute la tessiture de ma voix.
D'un point de vue de l'histoire également, on est vraiment sur un concept très novateur. Ce sera la marque de fabrique de Seyminhol.
Nico : Peu de défauts, c'est un album frais, original avec de superbes moments. Effectivement, le son aurait pu être meilleur avec un budget bien plus conséquent...


"Je croyais dur comme fer que cette fois-ci c'était la bonne."


Il vous permet d'ouvrir pour Royal Hunt, Blaze Bailey, Virgin Steel, Clawfinger... Seyminhol entre dans une nouvelle dimension ?
Kévin :
Mon rêve devenait réalité. On côtoyait certains de nos groupes favoris, les gros magazines et les fans étaient au rendez-vous et très nombreux à nous suivre. On participait à des festivals et des contacts sérieux nous laissaient présager le meilleur pour la suite. Je croyais dur comme fer que cette fois-ci c'était la bonne et que nous allions y arriver.  Pourtant, des arnaques, des promesses non tenues (contrat avec NTS qui n'a pas abouti et qui aurait permis au groupe d'être mieux diffusé en Europe) et un manque d'argent ont contribué à nous faire redescendre rapidement de notre nuage. Le retour à la réalité a été très difficile.  Ce qui explique la durée de réalisation entre "Northern Recital" et "Septentrion's Walk", là où nous aurions dû sortir un nouvel album dans la foulée pour profiter des exceptionnels retours reçus sur "Northern".
Julien : Toutes ces opportunités nous ont appris énormément. On se «professionnalise» en jouant sur de belles scènes. C'est ici qu'on voit la limite de notre label. Nous avons dû le plus souvent trouver les dates nous mêmes grâce à un réseau local.
Nico :  On voit nos tronches dans des mag nationaux, voire internationaux, sur des samplers, dans la rubrique des meilleurs espoirs. Là tu te dis vraiment que tu as bossé dur pour quelque chose.

Quel était l'accueil critique de l'album ?
Kévin :
Colossal dans de nombreux pays européens. Certains magazines pensaient que nous étions signés par un gros label et que nous vivions de notre musique. Or, nous étions tous étudiants, salariés ou en passe de le devenir. Des discussions avec des groupes étrangers ont aussi contribué à nous ouvrir les yeux sur le monde du business et de la musique. Certains groupes que nous pensions pro ne gagnaient pas assez d'argent pour vivre. Ils étaient obligés de donner des cours de musique, de travailler à côté dans des bars ou sur des projets qui étaient à des années lumières de leur quotidien musical. Bref, il y a peu d'élus et encore moins lorsque l'on est français. Mais en 2002-2005, il y a avait malgré tout encore des possibilités et de l'espoir.
Julien : A l'époque l'essentiel se faisait dans la presse papier, et c'était dingue de voir l'album dans des magazines internationaux.
Nico :  Si on compare à l'époque actuelle, on peut vraiment se dire que l'album a bien circulé et voyagé (et surtout sans mettre la main à la poche, chose ultra courante aujourd'hui...). Hormis les quelques défauts de «jeunesse» les médias ont reconnu cette originalité et ce mélange heureux entre histoire et musique.


"Après cet album, notre vision de la musique a complètement changé."


Quid de l'accueil public ? On dit qu'il s'écoulera à plus de 12500 exemplaires mais que vous abandonnez les droits pour la Russie pour un cachet de... cinq cents dollars !
Kévin :
Le public était présent à tous nos concerts. Je me souviens de soirées mémorables, avec des séances d'autographes à n'en plus finir. Des séances photos, des demandes d'interviews en rafale. Bref… Une autre époque.  Pour les arnaques dont je parlais, le plan avec un label russe a été la cerise sur le gâteau. On a cédé nos droits pour cinq cents dollars, en effet, et l'album s'est écoulé dans les Pays Baltes, en Russie et jusqu'en Finlande, à plus de 12500 exemplaires. Une anecdote réelle à ce sujet m'a été comptée par notre ancien guitariste, Éric, qui n'était plus dans le groupe en 2003. Il travaillait pour Goodyear au Luxembourg et se trouvait régulièrement en déplacement en Europe dans le cadre de ses activités. Un jour, alors qu'il travaillait en Finlande, autant dire dans le trou ….. du monde, il s'est trouvé dans un bar dont le jukebox passait notre album. Un pur délire…
Julien : Les gens étaient très enthousiastes aux concerts. Pour le reste, à l'époque, j'étais une jeune recrue et je ne m'occupais pas de cela.
Nico : On a conclu ce deal afin de propager au maximum notre musique, afin de pouvoir plaire à un label étranger. L'argent de nous semblait pas (à l'époque) si dérisoire que ça. En fait , le souci est que l'on ne savait pas avec exactitude combien de CDs se vendraient en Russie. On était loin de la vérité.

"Nothern Recital" me semble la pierre angulaire de la carrière de Seyminhol. Il orientera toute la suite de son parcours. Et pour vous, quelle est sa place dans la carrière de Seyminhol ?
Kévin :
Sa place est fondamentale dans l'histoire de Seyminhol. Il nous a fait grandir musicalement et, après cet album, notre vision de la musique a complètement changé. C'est l'album dont je suis le plus fier avec "The Wayward Son" paru en 2015.  Deux disques épiques, très symphoniques, avec une histoire forte. J'en suis fier parce qu'ils sont très originaux et un peu expérimentaux finalement dans leur forme. "Ophelians fields" est aussi un très bon album mais il est plus progressif, plus difficile d'accès. Susceptible de diviser.
Julien : Cet album est très important dans ma vie de musicien. C'est mon premier enregistrement, mes premières vraies scènes. Dans la carrière du groupe il marquera le passage du heavy metal au metal symphonique.
Chris (basse) : Tout à fait : la naissance du «nouveau» Seyminhol.
Nico :  A titre personnel, c'est l'album qui m'a permis de prendre conscience que j'étais capable de composer un album complet et varié et d'y mettre mes tripes.


"Je ne sais pas s'il y aura un jour un nouvel album. Est-ce d'ailleurs attendu ? "


Conseilleriez-vous cet album pour découvrir l'univers de Seyminhol ?
Chris : 
Comme bande son d'une série à succès sur les Vikings par exemple...
Kévin : Absolument, bien que je conseillerais davantage "The Wayward Son" parce qu'il est plus homogène, plus abouti, et qu'il réunit tout ce que nous savons faire de plus dramatique dans le symphonique. "Wayward" est plus gothique, symphonique, là ou "Northern Recital" incarne le power metal epique fortement empreint de rythmiques heavy metal traditionnelles.
Pour moi "The Wayward Son" est plus moderne, alors que " Northern Recital " est à la fois moderne pour son époque et pleinement enraciné dans une tradition inspirée par la NWOBHM. Le travail énorme fait sur les orchestrations et l'ajout de synthétiseurs ont donné à "Northern Recital" les caractéristiques d'un album novateur, par rapport au heavy traditionnel, mais il reste malgré tout ancré dans un style déjà pratiqué par Manowar ou Virgin Steele à la fin des eighties.
Julien : J'adore cet album mais je conseillerais peut-être le suivant, "Septentrion's Walk". La production  est meilleure et l'album plus homogène grâce à un line-up stable.
Nico :  Pour découvrir notre univers tout à fait. Après, je rejoins Kévin quant à la maturité et l'homogénéité de «The Wayward Son», album produit à 100% par le groupe contre vents et marées...

Seyminhol waywardSeyminhol, "The Wayward Son" (2015)

Seyminhol a mis un terme à sa carrière l'année dernière. Que faites-vous maintenant ?
Kévin :
Personnellement, je ne fais plus grand chose. J'ai un projet en sommeil avec Symakya mais il sera difficile d'enregistrer cet album rapidement bien qu'il soit terminé (concept et compositions). J'ai arrêté Seyminhol par manque de temps mais aussi par lassitude. Je ne me reconnais plus dans la société actuelle. Elle est éphémère, inintéressante, quasi millénariste. Et donc je n'accroche pas non plus à la scène musicale émergeante. Il n'y a plus de groupes capables de me faire vibrer. J'écoute donc d'autres styles de musique. Pour Seyminhol, je ne sais pas. Je ne souhaite plus faire de concerts et Nico aime la scène, donc c'est très compliqué. Un véritable dilemme. Je ne sais pas s'il y aura un jour un nouvel album. Est-ce d'ailleurs attendu ? Je n'en suis pas sûr… Vanité tout est vanité… Peut-être la conclusion à toute cette aventure humaine.
Julien : J'avais déjà quitté Seyminhol avant la fin du groupe. J'ai monté un nouveau projet, We Are Electric,  et nous venons de sortir notre premier album «Nipples Erection».
Nico : Une nouvelle aventure est en route avec Chris. Un groupe de Hard Rock chanté en Français,  Antechaos,  dont nous espérons sortir un album courant 2021,  avec beaucoup d'ambition.
Merci en tout cas pour cette interview et pour l'intérêt que tu portes à cet album et à l'histoire de notre groupe. On espère te croiser bientôt et sortir de ce merdier  au plus vite !
Merci Seyminhol d'avoir bien voulu m'accorder cette interview.


Retrouvez nos interviews "Back To The Roots" :

 

Back to the roots : SEYMINHOL I, Nothern Recital (2002) - Le contexte

  • Le 31/01/2021

Seyminhol, 1989-2019. Trente ans de métal,  cinq albums, quelques EP, une marque de fabrique, signe d'ambition et de qualité.
Le groupe d'Algrange, qui ne connaît pas la langue de bois, a accepté de revenir sur l'album "Nothern Recital", (2002), qui devait influencer la suite de sa carrière.
Cette interview "Back to the roots" est réalisée en deux parties : dans la première, nous verrons le contexte dans lequel "Nothern Recital" est sorti ; dans la seconde, Seyminhol nous parlera de La réalisation et de l'accueil de cet opus, ainsi que de sa place dans leur discographie.

Seyminhol 2003Seyminhol 2002 - de gauche à droite Chris, Julien, Nico et Kevin.


"Nous avons réalisé que le groupe prenait un nouveau virage."


Ahasverus : Pour commencer j'aimerais situer "Nothern Recital" dans son contexte : il sort en 2002. C'est le quatrième opus de Seyminhol, mais le premier au format "album". 2002, c'est l'année de sortie du "Rock In Rio" de Maiden, du "Reroute to Remains" d'In Flames et de "Six Degrees of Inner Turbulence" de Dream Theater. La France adopte l'Euro, le Front National accède pour la première fois de son histoire au deuxième tour des élections présidentielles contre Jacques Chirac. Comment se porte la scène française et où situe Seyminhol, en cette période ?
Kévin (chant) :
L'origine de "Northern Recital" est réellement à rechercher en 1998 lorsque nous préparions notre MCD "Indian Spirit". Sur cet album, le titre "Fury of the North" annonçait vraiment notre virage heavy metal alors que le reste du mini album était très orienté hard rock FM voire rock français (seuls quelques titres ont été conservés à l'époque alors que nous avions composé un véritable album). Mais ce virage il fallait l'amorcer et, surtout, il fallait pouvoir le faire. En 2000, après une énième séparation du groupe (déjà à l'époque), et le flop du MCD précité, il était temps d'évoluer. Je rêvais de faire du power metal symphonique à la Rhapsody qui était le groupe du moment et les anciens membres étaient plutôt ouverts à cette idée. En France, il n'y avait rien dans le style à l'exception de Dyslesia ou d'Heavenly.
Seyminhol indian spirit

Seyminhol, "Indian Spirit", (1998)


"Le thème développé, les Vikings, était très novateur en ce temps-là. Nous étions sûrement les premiers à proposer cette thématique dans le style avec un concept historique aussi fouillé."


En tous cas ces deux formations avaient une forte visibilité. Il fallait donc oser parce qu'il y avait encore de la place pour ce genre de métal et qu'il y avait des labels prêts à nous suivre. Le seul problème était les musiciens. Marco (guitariste) était un excellent soliste très inspiré par Malmsteen, Éric (second guitariste) avait un superbe jeu bluesy et savait s'adapter à tout mais ils n'étaient pas du tout prêts à trop évoluer. Nous n'avions pas de clavier, ni même un batteur capable d'assurer sur un style si particulier qui demandait beaucoup de double grosse caisse. C'est donc le moment où Julien Truttman nous a rejoints - un jeune très talentueux qui écoutait Dream Theater en boucle – et où j'ai proposé à Nicolas Pélissier - avec lequel je jouais dans Heresy (projet prog metal trop ambitieux…) - de nous rejoindre dans Seyminhol comme claviériste.
Il avait un très bon niveau, les idées pour modifier complètement notre son et les mêmes envies que moi. C'est donc lui qui a donné cette première couleur symphonique à nos morceaux, cette impulsion salvatrice. Le MCD dont je parle a ouvert la porte à "Northern Recital" et c'est sur ce premier album que l'alchimie entre Nico et moi a commencé à fonctionner. Il a composé une grande partie du disque et a donné un son plus moderne et une identité différente au groupe. Ce qui a engendré des tensions avec nos deux guitaristes de toujours (Nico était lui-même guitariste et il avait des idées bien arrêtées sur le style à développer).
Bref, nous étions malgré tout gonflés à bloc, sûrs de bouger les lignes avec ce disque qui, avec le recul, a fait l'effet d'une bombe à sa sortie. Il faut dire que le thème développé, les Vikings, était très novateur en ce temps-là. Nous étions sûrement les premiers à proposer cette thématique dans le style avec un concept historique aussi fouillé.
Julien (batterie) : Tout cela est vieux, j'étais encore un jeune étudiant à l'époque. Il me semble que cela bougeait plus que maintenant. Il y avait encore plein de cafés-concerts où voir jouer des groupes régulièrement.

Seyminhol album


"Je savais qu'il fallait tout changer : visuel, logo, style vestimentaire, son, ambiance. Bref, entrer dans les années 2000."


Seyminhol affiche donc de nouvelles ambitions et s'ouvre de nouvelles perspectives ?
Kévin : Comme je te le disais plus haut les ambitions étaient fortes pour ce qui me concerne. Je savais qu'il fallait tout changer : visuel, logo, style vestimentaire, son, ambiance. Bref, entrer dans les années 2000. J'avais depuis longtemps des contacts avec Brennus, Musea et d'autres labels. Je sortais beaucoup en concert, je travaillais ma voix comme un dingue, j'avais calmé mon mode de vie déjanté pour donner le meilleur de moi-même mais les freins venaient des anciens membres du groupe. L'arrivée du synthétiseur et des orchestrations posaient problème même si avec le recul tout le monde s'accordait à dire que cela était extrêmement bénéfique pour l'avenir du groupe. Je pense que Seyminhol a connu une renaissance en 2002 grâce à "Northern Recital".
Julien : Pour moi, à seize ans, aller en studio pour enregistrer était incroyable. Une fois le disque fini, il était évident qu'il fallait achever l'histoire. Nous avions, de plus, fait la connaissance de Nicolas pour quelques nappes de synthé. Ces nouvelles possibilités d'orchestrations enthousiasmaient tout le monde.
Chris (Basse) : C'est à ce moment que nous avons réalisé que le groupe prenait un nouveau virage, nos ambitions ainsi que l'apport d'une maison de disque devaient nous y aider.
Kévin : Et, hormis une escapade risquée en terre "electro-trash" en 2009 (cf. Ov Asylum), Seyminhol a depuis ce disque toujours produit des morceaux épiques à tendance progressive et symphonique.
Nico (guitares, claviers) :  Moi je débarquais dans le groupe, au début pour faire les claviers, mais j'ai de suite entraperçu le potentiel et la belle ambiance qui régnait entre nous.


"On n'a même pas essayé de s'inscrire à la Sacem parce qu'on souhaitait éviter de sortir trop d'argent."


La nouvelle orientation musicale de Seyminhol génère du rififi au sein du groupe et même des départs...
Kévin :
Et donc voilà la suite "logique" du groupe, les nouveaux départs. Mais nous avions l'habitude de cela puisque, le groupe ayant été officiellement fondé en 1989 sous le nom de Spirith, il y a eu beaucoup de musiciens dans nos rangs dès les origines. En 2002, au départ  de Marco et d'Éric nous en étions par exemple à notre sixième batteur… Bref, je savais que la période qui allait s'ouvrir serait très compliquée.
Julien : En effet… Les vrais problèmes sont arrivés vers la moitié de la composition. Nous décidions d'inclure Nico dans la formation comme clavieriste. Ce dernier étant également un talentueux guitariste, il apportait de bonnes idées. Les guitaristes ne virent pas cela d'un bon œil et leurs égos non plus. Seules la qualité et la musicalité nous importaient mais la jalousie a terni le tableau.
Chris :  La nouvelle orientation musicale sugérée par Nico a généré des tensions avec les membres originels. Il a pris les rennes des compositions avec notre approbation à Kévin et à moi-même.  

Ces désacords entraînent un retard dans la sortie de l'album...
Kévin :
Alain Ricard m'a téléphoné en mars 2002 pour me dire que Marco et Éric nous attaquaient en justice. On s'est rencontrés au tribunal et nous avons dû établir un document officiel qui évoquait les droits des uns et des autres. C'était davantage pour la forme que pour le fond parce nous n'envisagions absolument rien en terme de vente. Les royalties que nous percevions à cette date étaient dérisoires. Pour tout dire, on n'a même pas essayé de s'inscrire à la Sacem parce qu'on souhaitait éviter de sortir trop d'argent au moment du pressage de nos disques. En effet, depuis le début de nos enregistrements tous nos albums avaient été payés par nos soins à l'exception de "Septentrion's Walk" (pris en charge par Brennus en coffret collector).
Nico :   Je pense avec le recul que ce retard nous a été très préjudiciable compte tenu du succès underground de «Nordic Tales» et des concerts que l'on a donnés sans pouvoir rien proposer. De plus les chroniques commençaient à sortir sans que nous ayons de quoi contenter nos auditeurs.

Pochette nordic talesSeyminhol, "Nordic Tales" (2001)

Du coup, quel line-up jouera sur Nothern Recital ?
Kévin :
En live, ce sera la formation avec Chris Billon-Laroute à la basse, il était avec moi dans le groupe depuis les débuts (même depuis la création en 1989 pour ce qui le concerne) ; Julien Truttmann, le petit nouveau à la batterie, qui a très vite trouvé sa place au sein de l'équipe ; Nicolas Pélissier au synthétiseur (il est devenu le compositeur attitré) ; moi au chant ; Régis Reinert (un ancien Seyminhol et le compositeur principal d'Indian Spirit) à la guitare. Il y avait aussi des potes sur scène, avec nous pour les chœurs, les voix rauques, etc. Bref, l'aventure pouvait commencer. Nos problèmes juridiques se réglaient progressivement, les dates de concerts se multipliaient et nous gagnions en notoriété à chaque nouvelle prestation.
Nico :  Voir ce fameux concert à Woippy (57) dans un très gros festival de metal plutôt typé «extrême» où je me suis senti obligé de quitter mes synthés pour densifier les guitares (bon, jouer «The final Countdown» était un pari osé ! ).


"Cet album nous a différencié du métal français de l'époque."


Vous décrochez un contrat chez Brennus. Nouveaux espoirs, nouvelles contraintes ?
Julien :
Nouveaux espoirs… trop peut être. Des contraintes pas vraiment. C'est un label très petit.
Kévin : Nouveaux espoirs, oui. Et puis je connaissais Alain Ricard depuis 1995 et notre premier MCD "Thunder in the Dark". Il avait trouvé cet essai très chouette et m'avait juré que si nous pondions un disque complet avec la même qualité il nous signerait. Et c'est donc ce qu'il a fait en 2001. Mais bien sûr, malgré des ventes conséquentes en France (plus de 3000 albums vendus), les retombées financières se sont avérées bien maigres. On touchait seulement quelques euros par album et, si tu fais le calcul, cela représentait moins de dix mille euros à partager en cinq. Avec l'investissement pour les enregistrements, les décors de scène et tout le reste, autant dire que cela était beaucoup trop peu pour s'offrir les services d'un producteur. Nous avons toujours payé pour faire avancer la machine.
Chris :  Surement plus d'espoirs que de contraintes...

Le contrat en poche, vous vous attelez à l'album. Passer de quelques EP à un concept-album historique c'est gonflé et totalement différent du Seyminhol de la décennie précédente...
Chris :
  Cet album nous a différencié du métal français de l'époque, nous donnant accès à de belles scènes et festivals. Il pose les fondations du «nouveau» Seyminhol.
Kévin : Oui, et en plus les morceaux du MCD ont été repris sur "Northern Recital" pour constituer le dernier chapitre de notre "œuvre". Ils avaient été composés par Éric et Marco en grande partie. Avec l'arrivée de Nico, le synthétiseur a boosté les premiers enregistrements mais l'évolution lors de l'écriture des deux autres chapitres du disque a été tellement phénoménale qu'il y avait un sérieux décalage. À tel point qu'il  a fallu réenregistrer les morceaux du  MCD pour qu'ils collent davantage à l'album complet, rechanter des parties, refaire des chœurs, des orchestrations, etc. Un boulot de titan avec un très petit budget. Heureusement, notre ami de toujours, Gilles Kauffmann, - un ingénieur du son rencontré au studio Linster à Luxembourg - était là pour nous aider. Et il n'a pas compté ses heures tout au long des phases d'enregistrement, de pré-mixage et de mastering. Il appréciait notre musique et donnait vraiment tout ce qu'il pouvait pour que nous puissions avoir un super résultat et le meilleur son possible. J'ai dû aussi m'atteler à la création d'une histoire plausible mais largement romancée, qui devait intervenir juste avant le fameux MCD "Nordic Tales". Je suis donc parti de l'attaque Viking sur le couvent de Lindisfarne en 793 et j'ai imaginé l'épopée d'un danois, Thorgis, cherchant à venger ses frères Saxons défaits par Charlemagne à Verden en 785. La suite de l'histoire a été un véritable casse-tête.
Julien : Je n'étais pas là pour le Seyminhol d'avant, mais pour en avoir écouté tous les albums c'est vrai que l'évolution est grande ! Pour l'anecdote : à mon arrivée dans le groupe, Chris m'a donné tous les vieux albums sauf un, "Thunder in the dark", plus disponible. Je l'ai trouvé au Cash Converter quelques années plus tard pour compléter ma collection.
Nico : En contextualisant cet album et surtout sa thématique, tu peux te rendre compte que seuls des groupes mondialement connus comme Amon Amarth (et souvent Scandinaves) traitaient du sujet, et encore de façon plus extrême que nous. Les ambiances, cette richesse historique était remarquable car elle a été produite sans gros moyens, à l'aide d'amis et de passionnés comme nous.


La suite sur Back to the roots : SEYMINHOL II, Nothern Recital (2002) - L'album, son accueil, sa place
Retrouvez nos interviews "Back To The Roots" :

LEWIS L'INCLASSABLE (interview)

  • Le 14/01/2021

Le 19/03/2021 sortira "Inside", le premier album solo de Lewis.
Un opus personnel et osé, qui saura séduire les amateurs de prog' ou de psyché, les fans de rock, de baroque, ou tout simplement ceux qui aiment les albums de chansons réussies.
Deux mois avant de dévoiler "Inside" dans son intégralité, Lewis l'insaisissable a bien voulu lever un coin du voile. Voici son interview.

Inside artwork web


C'est un album finalement très spontané, un peu à la manière de l’écriture automatique surréaliste.


Bonjour Lewis. Vous jouez déjà dans Tense Of Fools et dans Bachir Al Acid. Qu'est-ce qui nous vaut cette escapade en solo ?
J'ai eu le sentiment de devoir exprimer quelque chose de plus personnel, de me détacher de toute esthétique et d'écrire librement, comme si je n'avais pas le choix, comme un ado dans sa chambre !

Votre album est proprement inclassable. A quel public le destinez-vous ?
Et pourquoi pas aux inclassables ?

D'où sortent ces compositions ?
Je suis toujours en train de me demander comment elles sont sorties, car c'est un album finalement très spontané, un peu à la manière de l’écriture automatique surréaliste. En fait j'ai une piste,je pense que le nom de l'album y répond, elles sortent de l'intérieur, le mien «Inside», je me questionne donc d'avantage sur la manière dont elles sont sorties que d’où elles viennent !

Appeler cet album «Inside» relevait de l'évidence ?
L'évidence est apparue avec le temps, au début j'avais projeté un autre nom. Mais au fur et à mesure de l'album ce titre a pris sens et je ne pouvais plus reculer.

Je découvre grâce à votre biographie qu'il existe une psychologie de la musique, un domaine qui vous est familier (*) Ce paramètre a-t-il influencé le compositeur que vous êtes ?
J'ai eu a chance de découvrir cette matière «Psychologie de la musique» au Canada. C'était une matière drôlement fascinante qui m'a permis de développer un autre regard sur la musique, une autre approche, par exemple, j'y ai découvert les influences de la musique sur notre cerveau et l'usage de la musique comme thérapie. Concernant «Inside», je dirais que l'écriture de cet album a été pour moi une profonde thérapie, mes connaissances en psychologie n'ont pas vraiment de rapport avec l'écriture à proprement parler, mais elles étaient certains propos et me permettent de développer et de rentrer en profondeur dans des thèmes sortis bruts, sur le tas. Un peu à la manière d'une psychanalyse en fait. Une extériorisation d'affects intérieurs par la musique, Voila le concept !


Peut-être qu'à force de tout mélanger, j'obtiens une recette originale ?


Outre vos camarades de Tense Of Fools qui vous accompagnent sur l'album, il y a de nombreux invités, chanteurs et musiciens. On entend du trombone, de la flûte traversière, du violoncelle, du saxophone... (voir in fine) Le multi-instrumentiste que vous êtes est arrivé avec ses partitions ou vous leur avez laissé l'initiative ?
J'aime travailler avec spontanéité. C'est un ressenti brut, parfois sans directives. La liberté que j'ai prise dans la composition de l'album se devait d'être partagée par les musiciens qui m'entourent.

Photo promo lewis 3

Vous citez pour influences Steven Wilson , Rover, Pink Floyd , Kigayaku moyo, Queen of the Stone age , Radiohead ,Jeff Buckley. D'accord. Mais même s'ils sont éloignés de votre univers, la liberté de votre ton et votre côté imprévisible m'ont fait penser à des artistes tels que Julien Doré ou Sébastien Tellier.
Je vois où vous voulez en venir ! Ces deux artistes proposent une recette très personnelle de leur manière de concevoir la musique et effectivement, j'aime aussi ce côté imprévisible, c'est l'improvisation qui je pense contribue à amener cette liberté de ton sur mon album qui caractérise les artistes que vous citez, même si oui, nos univers sont très éloignés ! Peut-être qu'à force de tout mélanger, j'obtiens une recette originale ?


Je fonctionne beaucoup à l'improvisation et je discerne dans un second temps, je réécoute et j'essaye d'organiser ce qui me plaît le plus.


Vocalement je vous trouve un côté funambule : vous êtes capable de sortir de votre zone de confort pour aller chercher des notes très haut. On dirait presque que vous jouez avec l'auditeur.
C'est marrant je n'avais jamais entendu ça, jouer avec l'auditeur, c'est un beau concept je trouve. Vous avez peut-être raison, je vais le chercher là où il s'y attend le moins et je me surprends d'abord moi même ! Je vous avoue que je ne maîtrise pas grand chose en fait, je fonctionne beaucoup à l'improvisation et je discerne dans un second temps, je réécoute et j'essaye d'organiser ce qui me plaît le plus. Des fois, il m'est impossible de reproduire ce qu'il s'est passé pendant une impro ou un moment magique avec les copains.

Certains titres ont un côté cinématographique. Est-ce un domaine qui vous intéresse ?
Je rêverais de composer sur mesure pour un réalisateur ! Il m'est déjà arrivé de le faire pour une pièce de théâtre et c'était une riche expérience car j'ai dû bosser avec la contrainte. Devoir servir un univers, se mettre à disposition de la pensée du réalisateur et participer à l'action et au climat du film, c'est vraiment quelque chose qui me branche. J'aime les réalisateurs qui se donnent, ceux qui m'ont amené à regarder les films autrement, je pense à Andrei Tarkovski, Andrei Zviaguintsev, Emir Kusturica, Michelangelo Antonioni, Dario d'Argento, etc.

Dans quelles conditions «Inside» a-t-il été enregistré ? 
«Inside» a été enregistré chez Sebastien Caviggia à son studio  «Le cri de la tarente», avec vue sur la mer depuis le studio, face aux calanques du Mugel à la Ciotat. J'ai apprécié prendre mes pauses dans ce paysage. Seb est l'ingé son de l'album et aussi le directeur artistique, il a aussi participé à l'enregistrement en faisant notamment l'ensemble des parties batteries. Celles-ci ont été faites pendant le premier confinement sur l'envoi des pré-maquettes. Les pré-maquettes ont elles étées effectuées dans les Alpes. Après le confinement, tout à été fait au studio, toujours avec la mer à coté, ah oui aussi en compagnie des deux beaux chiens gourmands de Seb !

Hormis la frustration de ne pouvoir soumettre ses titres au verdict du live, sortir un album dans cette période troublée présente-t-il un risque ?
Je ne sais pas, je dirais qu'en dépit de concert peut-être que l'on apprécie écouter plus de musique et plonger plus intensément dans un album. Mais oui, je pense que le risque est bien présent, je ne sais pas quand la situation se débloquera et quand il sera possible de faire des lives, tout cela demande de l'organisation et beaucoup d'anticipation (prévoir une tournée, démarcher des salles, lieux, festivals). Pour l'instant, aujourd'hui, c'est impossible. On garde espoir et la renaissance n'en sera que plus grande !

Vous êtes déjà en train de travailler sur un second opus ? On ne vous arrête plus !
Rien de concret pour le moment mais oui je commence déjà à travailler sur le deuxième opus, je pense que j'aimerais cette fois ci aborder une thématique bien précise et construire quelque chose autour. J'explore avant de poser quoi ce soit de définitif, je conçois ça comme du travail mais aussi comme une grâce !

C'était un vif plaisir de découvrir puis d'écouter votre album, Lewis. Merci de m'avoir consacré du temps.
C'est moi qui vous remercie, A bientôt !

(*) Lewis est détenteur d'un diplôme en psychologie clinique et spécialisé en psychologie de la musique.

Lewis photo promo 1

«Inside» c'est :

Line-up :

  • Lewis Feraud (Guitare, chant, Basse, Claviers, Batterie)
  • Sebastien Caviggia (Basse, guitare, Batterie, Percussion, Chant Choeur, Claviers)
  • Alex Leboeuf (Basse)
  • Gabriel Mas (Claviers, Chant Choeur)

Invités :

  • Anais Clément Arribi (Chant sur Cruel World, Choeur sur TIME I et, Again et The End)
  • Julien Pignol (Trombone sur Entrance, King of the Falls et I just)
  • Romain Redon (Flûte traversière sur Entrance et Time Money and Fear part II)
  • Christopher Dudois (Choeur sur Time Money and Fear part II)
  • Alexis noël (Saxophone sur King of the Falls et Time Money and Fear part II)
  • Loic Aymerick (Violoncelle et Choeur sur Again)

Technique :

  • Directeur artistique, Ingénieur son et mixage : Sebastien Caviggia au studio "Le cri de la Tarente"
  • Mastering : Oliver Planchard
  • Production : Lewis Feraud et Alex Leboeuf
  • Crédit Photos : Antoine Dalibard

Tracklist :

  1. Entrance
  2. Time Money and Fear Part 1
  3. Inside the day
  4. Fox
  5. Cruel Word
  6. I just
  7. Again
  8. Cry a man
  9. King of Falls
  10. Time Money and Fear part 2
  11. The End

Liens : 

https://www.facebook.com/lewismusicofficial

Les 100% Bio de Pépé St@kaTTo : ITOIZ

  • Le 14/12/2020

Groupe : Itoiz
Genre   : Rock Progressif / Pop Rock
Influences : Doors / Fleetwood Mac / Jethro Tull / Police / Clash / Mike Oldfield / Santana / Pat Metheny
Origine       : Mutriku (Euskal Herri / Pays Basque, Espagnol et Français)
Années actives : 1978 – 1988   

Par Pépé St@kaTTo
 Itoiz 1
 

Line-up :

  • Juan-Carlos Perez (guitare, chant)
  • Jose «Foisis » Garate (basse)
  • Jose A. Fernandez (piano, claviers  jusqu'en 1985)
  • Estanis Osinalde  (batterie  jusqu'en 1979)
  • Joseba Erkiaga   (flûte jusqu'en 1982)
  • German Ors (guitare de 1981 à 1983)
  • Jimmi Arrabit (Batterie à partir de 1982 également dans le groupe Sustraia)
  • Jean-Marie Ecay (guitare de 1983 à 1985 il a aussi joué pour Nougaro)
  • Xabi Pery (guitare) 1987-1988)
  • Mario Vilas (piano  de 1985 à 1986 également dans le groupe Gazteok)
  • Andrej Olejniczak  (saxo)
  • Nando De La Casa & Didier Real (claviers et percussions)
  • Yassa Taldea  (backing vocals)

La petite histoire …

C’est sous l’impulsion de deux jeunes lycéens basques espagnols de Mutriku que commence l’histoire d’Itoiz en 1973. Juan-Carlos Pérez (chant/guitare) et José « Foisis » Garate (basse) débutent sur scène sous forme de duo, ils choisiront le nom d’Akelarre (qui signifie « pâturage pour les boucs », c’est également le lieu dans la mythologie basque où les sorcières célèbrent leur Sabbath).
Ils seront très vite rejoints en 1974 par Estanis Osinalde (batterie), Antton Fernandez (claviers) et Joseba Mendizabal (guitare). Ils changeront alors leur nom de scène en « Indar Trabes » (poutres de force, nom choisi pour « bien cimenter » le groupe). Ils jouent d’abord du rock progressif légèrement teinté de jazz, puis pour essayer de vivre de leur musique,  font comme tous les jeunes groupes de l’époque des « baloches », alternant en concert les tubes des autres et leurs propres compo (La plupart des titres sont composés par Juan Carlos Pérez et les paroles écrites par de jeunes poètes Joseba Alkalde et Joseba Garcia). Leur popularité naissante leur permettra également de participer aux festivals rock de la région.
En 1978, ils feront partis des premiers artistes à enregistrer dans le nouveau studio de la maison de production « XoXoa » (le merle) leur tout premier album « Itoiz ». Ils en profiteront pour changer une nouvelle fois de nom, cette fois-ci définitivement… en Itoiz (qui est le nom « topographique » qui désigne un endroit marécageux, généralement une mare, près d’une ferme ou pataugent les volailles).
La revue « Ozono » (la référence de la culture underground basque) leur rédige une très bonne critique et classe l’album « disque du mois de janvier 1979 », un cran au-dessus des sorties anglo-saxonnes de l’époque !
Cet album faillit être le seul et unique d’Itoiz. Lors de sa sortie, deux de ses membres étaient en effet appelés sous les drapeaux et les autres, prêts à jeter l’éponge.


Juan Carlos Pérez, seul rescapé travaille sur un concept d’album symphonique et pop-rock « Ezekiel » (prophète de l'Ancien Testament), l’histoire d’un jeune qui se révolte contre la violence d’un monde opprimant. Enregistré avec des musiciens de studio, on retrouve également dans cet album des chanteuses qui font de superbes choeurs, du saxo et même du violon. Celui-ci sortira en 1980 sous le label « Xoxoa » et sera la plus forte vente au Pays Basque cette année-là. Les lecteurs de « Musika » élisent alors Itoiz comme le meilleur groupe basque.
En 1982, le groupe est composé de Juan Carlos Pérez, Foisis, Antton Fernandez, et leurs deux nouveaux membres, Germán Ors à la guitare et le génial batteur Jimmy Arrabit (qui restera à son poste jusqu’à la dissolution du groupe). Ils seront approchés par Polydor et CBS mais refuseront toutes leurs propositions au profit du label basque Elkar pour la sortie de leur 3ème album « Alkolea » (Alcool).
Pour son disque suivant « Musika blai » (musique mouillée) Germán Ors est remplacé par le guitariste de Saint-Jean de Luz Jean-Marie Ecay. Cet opus est résolument plus mélodique, pop-rock, très influencé par Fleetwood Mac que Jean-Marie a fait connaitre au groupe. Le public sera conquis et les éloges unanimement positives en cette année 1983.
 Itoiz 2
Après de nombreux concerts, Itoiz sort en 1985 son cinquième album qui sera peut-être le plus intimiste, « Espaloian » (sur le trottoir) dans un style toujours aussi rock, mais également reggae et pop. C’est un nouveau carton pour le groupe dont la renommée dépasse alors les frontières du pays basque. Ils joueront ainsi à Madrid (en 1ère partie du groupe Psychedelic Furs) puis en France.

Les nombreux concerts donnés dans l’Hexagone et leur popularité toujours plus importante poussent Itoiz à venir enregistrer en cette année 1987 leur 6ème galette, « Ambulance », au studio Damiens à Paris (avec Xabi Pery leur nouveau guitariste). Ce disque donnera l’occasion au groupe d’affirmer leur étiquette de « rock basque de qualité internationale » !
C’est la fin …
Cette même année, Itoiz enregistre son double album live au Palais des Sports de Getxo de Bilbao devant plus de douze mille spectateurs, l’excellent « …eremuko dunen atzetik dabil » (Chasse les dunes de la région). L’ambiance est chaleureuse sur scène, et même si personne ne laisse rien paraitre, tous savent que se joue là le dernier chapitre de la carrière d’Itoiz, comme un dernier baroud d’honneur ! La pression, la fatigue, la routine des différentes tournées, l’impression d’avoir tout donné, et de ne plus rien avoir de nouveau à dire après dix années d’existence auront raison du groupe. C’est usé mais déterminé à arrêter l’aventure qu’ils donnent leur dernier concert à Eysines (33) en avril 1988.
 Itoiz 3
 

Une légende basque …

Itoiz avec son héritage unique fait partie du patrimoine basque avec Minxoriak, Errobi, Oskorri, ces groupes qui ont tous à leur niveau modernisé la culture traditionnelle en lui offrant ses plus belles lettres de noblesse, sans en oublier ni renier ses racines. Le groupe avec ses paroles en basque en plein "post franquisme", a ainsi relevé un sacré challenge, car Itoiz n’a jamais cherché à profiter des mouvements ou pensées politiques de l’époque. A travers ses différents albums intemporels, le groupe a su véhiculer des messages d’espoir, d’amour et de joie en concentrant ses efforts sur la poésie de ses textes et la qualité de ses compositions.

Ce groupe mythique aura ainsi marqué au pays basque toute une génération de 1974 jusqu'en 1988, date de sa dissolution, et même au-delà puisque sa chanson "Lau Teilatu" véritable hymne basque est apprise dans toutes les écoles…

Les Liens :

https://youtu.be/BUQNvWpIqTE

Itoiz Youtube :
https://www.youtube.com/channel/UCaWPuxh_acnvS2-zL15R2lQ/featured
Liens Facebook :

https://www.facebook.com/Itoiz-156746901008461

https://www.facebook.com/ItoizBand

Groupe de cover d’Itoiz :

https://www.facebook.com/foisisjaunak

Discographie

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Chronique d'album : PAST AND SECRETS (Metal Progressif), "Memories" (EP - 2020)

  • Le 29/10/2020

Groupe          :   Past and Secrets
Album            :    “Memories”
Genre            :    Métal Progressif / Atmosphérique / Djent (*)
Influences    :    Periphery / Meshuggah / Pink Floyd (?)
Origine          :    Lille (2019)
Sortie            :    07/10/2020

Par Pépé St@kaTTo

Line-up :

  •  Yohan Delasalle : multi-instruments (Ex-guitariste de Misery)
  •  Guitaristes invités : Ludovic Dinh, Pat Mulot, Tiem et Oscar Salas

(Mixed and Mastered by Vyrah Studio)

Après «Baby M», paru le 25 septembre 2019, mixé et masterisé par Mickael Streckleg (Kickace Productions) et featuring Mika Dienstun, premier morceau annonçant la naissance du projet,  puis «Born», paru le 14 décembre 2019 avec en invité Pat Mulot, le mini EP 5 titres «Memories» sort enfin le 07/10/2020.

Past and secrets
Past and Secrets est avant tout le projet solo de Yohan Delasalle, compositeur et guitariste de génie comme nous le découvrirons en explorant cet album instrumental.


L’album 

1. Heaven For Them
2. Strange Mystery (feat.Ludovic Dinh)
3. BoRn (feat.Pat Mulot)
4. Dancin' Together (feat.Tiem)
5. The Day You Turnaround (Feat.Oscar Salas)

  • Après avoir jeté un oeil sur la pochette pastel et sobre de «Memories» qui nous annonce d’emblée un plongeon dans un hyper-espace Progressif et futuriste, l’EP démarre avec «Heaven for them». Avec une intro d’éléments déchainés (pluie et orage) vite rejoints par une nappe de clavier très ambient, les parties guitares aériennes font à leur tour une entrée fulgurante comme un rayon de soleil pour réchauffer l’auditeur. La mélodie apportée par le piano est belle et apaisante, chaque instrument se fondant en une douce alchimie. Une très bonne entrée en matière.
  • «Strange mystery» avec son intro langoureuse guitare/synthé laisse place ensuite à un tempo plus endiablé, rythmique lourde et plombée, pour retomber sur un passage plus calme où la basse et le clavier vont amorcer l’arrivée du solo flamboyant de Ludovic Dinh.
  • «Born». On retrouve ici le tout premier morceau de Past and Secrets, véritable genèse du projet. Mon morceau préféré de l’album, le plus abouti à mon sens et le plus Métal Prog’. Un battement de cœur lance le morceau dans un bouillonnement de claviers très atmosphériques appuyés par une rythmique implacable. On retrouve au milieu du morceau le pont au synthé très lent qui va relancer avec plus de puissance la machine et permettre à Patrick Mulot de conclure par une salve de tapping très envolée !

  • «Dancin' Together» avec son intro en son clair, ses passages atmosphériques et très dissonants, limite fusion, est également un morceau très aérien, ponctué par des passages alternés de riffs de guitares calmes ou tranchants. Le solo de fin de Diem sur sa guitare headless sept  cordes est particulièrement fluide, intéressant et technique (sweeping / speedpicking).

  • «The Day You Turnaround» va clore le chapitre de cet EP sur une note de mélancolie. Appuyé par une intro clavier très solennelle et cérémonieuse, la «communion néo-progressive» trouve ici son apothéose : envolées de guitares, fusion magique des parties claviers, chaque instrument s’imbrique parfaitement. Le gimmick récurrent accroche l’auditeur tout au long du morceau et le guide jusqu’au bouquet final du solo de Oscar Salas.


«Memories» laisse place à l’imagination et à la rêverie, une bouffée d’oxygène pour égayer notre époque funeste.
Le niveau de technicité de cet album est hallucinant et ravira autant les amateurs de Métal Progressif que les guitaristes avides de passages techniques !
Très mélodiques par la richesse de ses compositions, Yohan Delasalle livre ici cinq pépites dont il est le seul orfèvre et que je vous laisse découvrir et apprécier :   


https://pastandsecrets.bandcamp.com

https://www.facebook.com/Past-and-Secrets-106930977363305

Matoscope

  • Yohan Delasalle : Endorsé Laboga (Pologne) tête ampli + cabs, endorsé Skull Strings (7 cordes, tirant 011/072)
  • Ludovic Dinh : Endorsé Guitares Ibanez
  • Tiem : Guitare Strandberg Boden Original Serie (headless)
  • Oscar Salas : Guitare Strandberg Boden Fusion 10th Anniversary Edition
  • Pat Mulot : Guitare Jackson 7 cordes

(*) : Le djent est un sous-genre musical de Heavy Métal, dérivé plus précisément du Métal Progressif. Le mot «djent» est tiré de l'onomatopée produite par le son d'une guitare accordée basse, à haut gain et forte distorsion, utilisant la technique du palm mute. La technique fondatrice du djent consiste en l'application d'une distorsion et d'un gain particulièrement élevé, le tout en restant très propre et précis (notamment grâce à l'utilisation de Noise Gates), associé à un sous-accordage conséquent (allant du Drop A au drop E à l'octave), sur une guitare électrique à sept  cordes ou plus (souvent huit). Cela entraîne au jeu un son mat, particulièrement saturé, aux sonorités agressives, mais néanmoins très propre et tranchant. (Source : Wikipedia)

 

Chronique d'album : EQUALS INFINITY (Metal Prog) Living Gods (2020)

  • Le 13/06/2020

Par Dam'Aël

Groupe : Equals Infinity
Album : Living Gods (2020)
Genre : Prog Moderne
Origine : Montpellier

Equals Infinity est un groupe de Montpellier au Rock Progressif mélodique et moderne influencé par le djent, le Math Rock saupoudré d'une technique évidente. Le combo constitué de Maxime au chant et à la guitare, Kévin à la guitare et aux chœurs, Benoît à la basse et à la batterie Alexis, vient de sortit son premier album "Living Gods" (15 mai), un onze titres d'environ cinquante-huit minutes d'une musique riche, inspirée, à l'atmosphère de dingue, où l'harmonie très pointue évolue avec des couleurs différentes tout au long de l'album et garantit une progression guitaristique remarquable. Le quartet n'hésite pas à fureter vers des horizons nouveaux pour toujours progresser et se lancer des challenges qu'il relève, non sans travail, mais avec succès, osant le cocktail détonant polyrythmie/vitesse. Leurs influences : Trivium, Animals, System, Monuments...

L’album

Equals

 

Leur musique est très écrite mais n’exclut pas certaines improvisations souvent en lien avec une influence artistique extérieure. Au niveau technique, la formation n’hésite pas à changer sa façon de travailler pour passer des caps et dépasser ses limites afin de réaliser les compositions déterminées théoriquement par certains logiciels comme guitarPro.
Chacun s’exerce à jouer les partitions et à les rendre les plus vivantes possibles, ce qui peut être un véritable challenge pour dépasser son cadre de référence technique. Les guitaristes se sont armés de guitares huit cordes dropées au mi qui correspond alors à la quatrième corde de la basse, elle-même une cinq cordes. Vous l’avez compris, on ne fait pas dans la simplicité chez Equals Infinity... Cet accordage particulier des guitares et de la basse permet de donner du corps aux compositions, de surcroît affiné par le mixage, et son côté plus lourd au final.
L’album “Living Gods” est un opus de Prog de qualité, varié voguant du mélodique au plus lourd avec plus ou moins de lyrics selon les morceaux. C’est Mathieu qui sévit au chant. Formé plus particulièrement au chant clair de par sa formation au Conservatoire et son activité en tant que choriste - la polyphonie, il connait donc - il a dû travailler énormément pour acquérir les techniques de screams.
 
“The Right Code” est un bon échantillon, un bon condensé de ce qu’est l’album. Il va droit au but, c’est le plus lyrique des titres de l’album “Living Gods”, avec un côté très mélodique.

 

“Coma” est une véritable bombe du début jusqu’à la fin, surtout pour la batterie qui ne décélère pas et qui en est presque le maître d’oeuvre de ce titre. Le solo de guitare est très recherché au niveau de sa construction sans démonstration délirante, toute en légèreté.
 
 
“Ricin” est un extrait à la lourdeur bien évidente, des blasts de batterie réguliers, des screams qui déménagent et des riffs de guitare qui s’amusent à faire vibrer ces huit cordres sans ménagement. Le refrain est épique et peut rappeler le Power Metal. Les paroles font référence à une sommité de l’aide inconditionnelle auprès de l’Homme, un grand humanitaire...


 

Je vous laisse le soin d’aller découvrir plus en détails cet album de très bonne facture, une très balle carte de visite pour ce combo originaire de Montpellier.
 
Equals2
 
A leur actif :
  • Le single ”COMA” (premier extrait de Livings Gods)
  • 1 EP “Research-Discovery-Deception”
  • 4 clips dont 2 covers réinterprétées (Paradis (cover), Purification
  • 1 single “Hills of Perdition”
Mixing : Maxime Gaze
Mastering : Bruno Varea of Upload Studio
Artwork : Rodolphe Lalle

 

 

Chronique d'album : HARPOCRATE (Prog Metal) Harpocrate (2020)

  • Le 13/06/2020

Par Dam'Aël

Groupe :  Harpocrate
Album : “Harpocrate” (mars 2020)
Genre : Progressif
Origine : Corse/Bouches-du-Rhône

Quand la musique et la réflexion philosophique font très bon ménage, ce n’est pas seulement un homme et une femme qui se rallient à cette jolie cause, dans le 1.3. (Bouches du Rhône) du côté d’Aix, mais vous verrez une union sacrément étonnante entre trois étudiants corses en philosophie disais-je, et un étudiant du Conservatoire de Strasbourg, bien éloignée du cliché des Hards Rockeurs décérébrés... Tiens donc ! On peut réfléchir et jouer les notes Métal pour s’y forger une personnalité bien trempée et des moins insipide... Évidemment !  Et la lumière fut ! Et ce n’est pas HORUS, le dieu égyptien en pleine interrogation qui vous lâchera le contraire, doigt sur la bouche en signe de “laissons le silence envahir notre conscience pour une bien meilleure réflexion”; ce patronyme un peu surprenant n’aurait-il pas un lien direct avec ce dieu enfant ? Le suspens est levé, bien sûr que oui...
 
Harpocrate
 
Baptiste Andréani dit Batti (le guitariste et chanteur) avait déjà usé quelques semelles de chaussures pas forcément très métalleuses non pas sur les bancs de l’université mais sur les planches de son tout premier groupe Silvermind, dans lequel il jouait déjà avec Clément Waquet posté assidûment derrière sa batterie. Pas culotté le moins du monde, Batti flanque une jolie basse (je n’ai pas dit baffe) dans les mains de Marie qui n’avait jamais chatouillé la quatre cordes - mais rassurez-vous, dix ans de Conservatoire sont à l’origine d’une belle assise musicale - et une guitare dans celles de Joseph. Euh ! Ils l’ont fait exprès... Joseph et Marie ! HORUS me fait signe : doigt sur la bouche. Yes, message reçu. Silence... Enfin, Harpocrate est né!

 

Le style de Harpocrate, c’est du Progressif aux approches parfois Stoner, voire Doom. Donc c’est varié en soi, avec une complexité qui laisse place à une certaine virtuosité qui la distille tant sur un point structurel que technique. Pour Baptiste : “C’est une histoire racontée par tous ses mouvements, ses changements d’intensité, ses déstabilisations”. Et Marie de surenchérir : “En quelque sorte, une virtuosité au service de l’émotion et de l’histoire racontée”.

 

L’album “Harpocrate” offre sept morceaux compris entre 5’39 et 10’27, auxquels se rajoute l’épilogue plus court (1’49) et est conçu comme une sorte de fable, un peu plus philosophique. Il retrace une quête, “le parcours de l’homme qui cherche à comprendre le monde, un monde qui lui refuse toute réponse et qui en même temps lui donne la seule réponse qu’il veut lui donner : le silence”. Ce qui peut, de temps en temps, énerver. “Cynical new order” est un titre qui s’énerve vraiment...
 
 
Slow It Down” est plus raisonnable mais s’est s’exprimer par quelques coups de g***le et un son bien identifiable.
The Free Spirit” a une rythmique variée doucereuse, plus expressive qui vous envoie un petit growl court mais bien présent (7’ 56 ), et comme il aime cela, il recommence un tout petit peu plus loin. Un chant très varié calme, clean et beaucoup plus envoyé screamé ou growlé, à vous de voir.
Un album à avoir sur sa platine, dans sa voiture, sur sa table de nuit, là où vous voulez à partir du moment où vous ferez un immense plaisir à votre Moi : conscient, subconscient ou inconscient. Chut !!! Leur musique saura vous envahir en notes salvatrices et vous investir en silence de ses bienfaits, en ouvrant la porte de votre cérébral et celle de la matière qui compose votre corps. Les vibrations ne seront que positives, toute en harmonie, créant un équilibre entre votre corps et votre esprit.
 
Le magnifique Artwork est réalisé par Patrice Garcia, suppléé par Séline, qui ont tenté de faire ressortir les symboliques sous-jacentes aux textes... l’enfant, la complexité identitaire à garder son âme et sa lucidité initiale.
 
LES LIENS UTILES :
Commandez l'album sur :
harpocrate.shop@gmail.com

 

Chronique d’Album : MOBIUS (Metal Prog’), Kala (2020)

  • Le 21/02/2020
Groupe : Mobius
Album : Kala (01/2020)
Genre : Metal Prog’
Origine : Île de la Réunion/Lyon

 

Le Groupe :
Mobius est un groupe de Metal Progressif né en 2012 sur l’Île de la Réunion dont sont originaires Adrien (batterie) et Guillaume (claviers).
A propos du choix du nom de sa formation, Adrien explique dans une interview de 2016 :
«Mobius», c’est moi qui l’ai proposé. On cherchait un nom, et on voulait quelque chose d’efficace et de facile à retenir. Le ruban de Möbius est utilisé pour représenter l’infini, et c’est une forme géométrique complexe qui peut nous pousser à nous questionner sur plein de choses. On a trouvé ça classe, cool, et au final, c’est assez cohérent avec le style qu’on fait.
(source : http://www.magicfiremusic.net/2016/10/25/interview-mobius/)

Rejoignant Lyon pour leurs études, Adrien et Guillaume rencontrent Héli (chant).
Xavier (guitare) et Alexandre (base) complètent le line-up actuel.

En 2013 Mobius enregistre une démo trois titres.
En 2016, les Lyonnais sortent leur premier album, “The Line”.

 
The line 2

“The Line” est remarqué par les critiques :

 
La technique d’Héli (que vous pouvez également écouter dans son side-project OLANE) est soulignée dès ce premier album :
  • “Heli nous guide à travers les dédales de ces compositions avec cette façon incroyable de poser sa voix de manière particulière et parfois totalement inattendue.”
    https://www.lesuricate.org/mobius-the-line/

     
Côté scène, Mobius s’inscrit entre autres sur les affiches de l’ Euroblast Festival de Cologne ou au Ready For Prog? Festival de Toulouse. Il sera au Comendatio Music Fest 2020 de Tomar (Portugal) où se produiront également Haken, Monuments et Vola.
En 2020, Mobius revient avec un nouvel album...

“ KALA”


L’Album :
  • “Kala” est un neuf pistes pour 44 minutes 37.
    Son artwork est signé Above Chaos.
Mobius kala
  • “Kala” est un mot sanskrit qui signifie “Temps”.
    Empreint de spiritualité, l’album est une réflexion sur le passage de vie à trépas. Son sujet a été inspiré par le décès d’un proche de la chanteuse Héli. L’album lui est dédié.
  • Les paroles sont écrites essentiellement en Anglais. Les titres des chansons, ainsi que certains passages, sont en sanskrit. Pour une meilleure maîtrise de cette langue, Mobius a sollicité Kathir Aryaputra, chanteur et bassiste de la formation singapourienne Rudra. Il partage avec Héli le chant sur la septième piste de l’album.
  • Mobius a mis en ligne plusieurs publications dans lesquelles Héli explique, en Anglais et en Français, la naissance et l’intention des chansons du nouvel album. Shahira, Bhati, Abhinivesha et Akasha sont ainsi décortiquées dans la rubrique Articles de la page Facebook du groupe :
    https://www.facebook.com/pg/mobiusofficialband/notes/?ref=page_internal
  • Sur cet opus, Héli s’est notamment essayée au Konokol, un chant rythmique traditionnel originaire d’Inde. On y entend aussi du chant long mongol, ou des touches de chant diphonique.
  • A propos des influences orientales de l’album, le claviériste Guillaume expliquait à Hard French Metal : “Quand Adrien a proposé les trois premières chansons inspirées de l'hindouisme et de la musique indienne, tout le monde a accepté de suivre cette direction car c'était un territoire inconnu et inspirant pour nous tous (en termes de voix, de techniques de composition, et d'instruments).
  • C’est Guillaume et son clavier qui se sont chargés de donner une coloration indienne à l’album en utilisant les sons du sitar, des tablas,du ghatam et du mrindangam (notamment sur Mukti), de la vînâ (notamment sur Agni), du santour et du dulcimer. Le duduk, déjà présent sur The Line, fait son retour sur Kala.
  • Kala est représenté par trois clips : Abhinivesha, Bhati et Akasha.
Ces données objectives précisées, voyons maintenant...

 

Les Critiques :

 

Notre Avis :
Trouvant son inspiration dans l’exploration des musiques du monde, Mobius franchit un cap et bâtit avec “Kala” un phare qui impose son style, éclairant une certaine direction du paysage progressif français. Créativité, Talent, Technique, Audace, les Lyonnais cumulent des qualités qui forcent l’admiration. Leur intelligence musicale leur fait ciseler en orfèvres un album original, intense et homogène ; “Kala”, manifeste d’un groupe en plein essor, est la confirmation puissance dix des espoirs placés dans son prédécesseur “The Line”. La scène Prog’ française compte donc désormais un ténor de plus et un ambassadeur sérieux à l’international.
Quant à nous, on adhère, on adore, notre seule incertitude restant sur le continent vers lequel les Mobius s’ingénieront à nous entraîner dans leur prochain opus. On s'en réjouit d'avance. En attendant, découvrez “Kala” : il est magistral et donc indispensable !

 

Les Infos Utiles :

 

Chronique d’Album : ALTESIA (Metal Prog’), Paragon Circus (11/12/2019)

  • Le 10/02/2020
Groupe : Altesia
Album : Paragon Circus (2019)
Genre : Prog’ Metal
Origine : Bordeaux

 

Le Groupe :
Né en 2017, Altesia est un groupe bordelais de Metal Progressif.
Il s’agit à l’origine du projet de Clément Darrieu, acteur de la scène Metal bordelaise, bénévole chez Eclipse Association (asso qui organise des concerts Rock - Metal - Metal Progressif sur Bordeaux et sa région) et chroniqueur chez Music Waves.
Pour le mener à bien, Clément Darrieu (chant/guitare) fait appel à ses camarades de la scène Prog’ bordelaise : Alexis Casanova (ParadoxyCall - guitare lead/chant), Yann Ménage (Unicorn Blaster - batterie), Henri Bordillon, ( WattSpirit - clavier) et Hugo Bernart ( The Omega Stream - basse).
Leur premier album sort en décembre 2019. Il se nomme...

“Paragon Circus”

L’Album :
  • Paragon Circus comporte six pistes pour une durée d’environ cinquante-six minutes, la sixième piste couvrant à elle seule plus de dix-sept minutes.
  • L’artwork est signé Nihil, dont vous trouverez les oeuvres ici : https://www.nihil.fr/. Choisi par Clément Darrieu parmi les oeuvres existantes, il n’a pas été créé pour l’occasion.

ALTESIA - Paragon Circus (2019)
  • Il s’agit d’un concept-album à propos de la face sombre de l’homme et d’un monde qu’il a conduit à son terme. La guerre, le fossé qui sépare les diverses classes sociales, l’aliénation au travail, ou encore l’absence réelle de bonheur font partie des sujets abordés.
  • Altesia a fait appel au crowdfunding pour finaliser cet album.
  • Trois “invités” participent à l’album :
    Julien Deforges, saxophoniste du groupe de Funk’N Roll Snawt intervient sur “Reminiscence”.
    Thibault Malon, violoniste chez Unicorn Blaster – l’autre groupe de Yann Ménage, si vous avez bien suivi – donne de l’archet sur “The prison child” et “Cassandra’s prophecy” .
    Esteban Sainz, de Decoherence, pose ses growls sur “Hex reverse” et “Cassandra's prophecy
  • Aucun clip n’est disponible à ce jour, mais plusieurs vidéos ont été postées sur Youtube.
  • Une suite à Paragon Circus est déjà envisagée. Elle s’attacherait à des aspects plus positifs de l’homme.
Ces données objectives précisées voyons maintenant ce qu’en pensent...

 

Les Critiques :

 

Notre Avis :
En voilà un groupe gonflé : il saute dans le grand bain dès son premier album ! Et s’il peut vous rappeler les aînés - Haken, Opeth, Dream Theater ou les Polonais de Riverside sont cités par les chroniqueurs - Altesia sait néanmoins déjà s’éloigner du bord en brassant dans son Prog’ quelques incartades, tel ce saxo jazz/funk qui s'approprie tout un pan de "Reminiscence". Incartades qui pourraient bien devenir une marque de fabrique, car les Bordelais semblent décidés à ne rien s’interdire - ou à tout se permettre, choisissez la formule qui vous chante.
Il en ressort un opus assez catchy, très séduisant, et d’une qualité remarquable à ce niveau de carrière. Il est évident qu’Altesia n’aura pas à rougir de ses débuts, et si les premiers albums réussis sont la marque des grands groupes, on tient peut-être là quelque chose.
A suivre dès aujourd’hui.

 

Les Infos Utiles :
Altesia sur Facebook :
https://www.facebook.com/altesiamusic/
Altesia sur Bandcamp :
https://altesia.bandcamp.com/releases
Altesia sur Spotify :
https://open.spotify.com/album/18oCad9BYyiw4UUtWvuPwT?si=dAGSFAqNQNWFFgwZe4ZGcw

Altesia est en concert :
. Le 19/02/2020 à Angoulème (Le Point CaRré)
. Le 22/02/2020 à Bordeaux (L'Antidote Bordeaux)

Chronique d’album : HUIS (Prog’) - Abandoned (07/05/2019)

  • Le 24/01/2020
Groupe : Huis
Album : Abandoned (2019)
Genre : Rock Progressif
Origine : Montreal

 

Le Groupe :
Huis est une formation de Rock Progressif québecoise formée en 2009 par Pascal Lapierre et Michel Joncas.
Elle se compose aujourd’hui de Sylvain Descoteaux (chant), William Régnier (batterie), Michel St-Père (guitare), Johnny Maz (claviers) et du fondateur Michel Joncas (basse).
En 2013, Michel St-Pere, rejoint le groupe à la guitare.
L’ensemble des musiciens participe au songwriting.
En 2014, les Montréalais sortent un premier album, “Despite Guardian Angels”. “Neither in Heaven” suit en 2016.
En 2019 le quintette présente son troisième opus...

“ABANDONNED”

HUIS - Abandonned (2019)
Parlons maintenant de ...

 

L’Album :
  • Abandonned est un neuf titres qui couvre plus de soixante-douze minutes.
  • Pour le mener à bien, le groupe s’est adjoint les services de quelques musiciens additionnels :
    . Jean Pageau, qui officie - comme Michel St-Père - au sein de Mystery, pose les notes de sa flute sur l’ensemble des compositions.
    . Gabby Vessoni du groupe Fleesh, prête sa voix sur Abandonned, en ouverture de l’album,
    . Serge Locat, qui officiait dans l’inoubliable Harmonium, est au piano sur We Are Not Alone, huitième piste,
    . C’est enfin la première participation “vinylique” d’Eloïse Joncas qui chante sur l’introduction de Oude Kerk III, dernier morceau de l'album.
  • Abandoned a été mixé par Michel St-Pere au Studio Illusion 4. Il est masterisé par Richard Addison au Trillium Sound de Saint-Hippolyte.

Intéressons-nous un peu à ce qu’on écrit...

 

Les Critiques :

 Il reste à vous donner...

 

Notre Avis :
Pas besoin d’être un accro du Prog’ pour saisir la beauté et la grande harmonie qui se dégagent d’Abandoned. Elles nichent avec délicatesse jusque dans les détails, les choeurs ou les lignes de flute... Huis confirme ainsi le talent de la scène québecoise dans un album somptueux et équilibré. Cet opus est un plaisant voyage qu’il conviendra de ne pas réserver aux seuls dingos de la technique, même si ces derniers y trouveront leur compte.

 

Les Infos Utiles :
Le site de Huis :
https://www.huisband.com/
Huis sur Facebook :

https://www.facebook.com/huisband/
Ecouter Abandoned sur Spotify

https://open.spotify.com/album/0hCbVkuHmzf8m0YQpirZXC#_=_
HUIS est en concert à Gatineau le 28/03/2020. Il sera aussi en Allemagne, à l’ Artrock - Festival Reichenbach en avril.