PROGRESSIVE

Black Sites (Prog, USA), "Untrue" (2021)

  • Le 10/10/2021

Groupe : Black Sites
Album : « Untrue » (08/10/2021)
Genre : Prog Mélodique
Origine : Chicago (USA)

Par Ahasverus

Formé en 2016 à Chicago, Black Sites est un groupe de métal qui fait quelques emprunts au progressif et au mélodique et qui s'inspire d'éléments old school ainsi que d'un large éventail d'artistes tels que Voivod, Thin Lizzy et Black Sabbath.
Dans la suite de ses albums « In Monochrome » (2017) et « Exile » (2019), Black Sites revient avec un long format huit pistes intitulé « Untrue ».

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Black Sites a traversé la pandémie qui nous frappait l'année dernière en s'attelant à ce nouvel album avec le producteur Sanford Parker, (Eyehategod, Voivod, Darkthrone). Dans cette circonstance, à l'exception d'une piste, tous les membres ont enregistré leurs parties séparément.

« Untrue » offre des lignes de guitare complexes qui raviront les amateurs de prog', tout en parvenant à garder de la fluidité dans ses compositions. Le mélodique est un maître mot, même si c'est le prog' qui sert à tisser  un album qui sait se parer de choeurs épiques.
Le chant est assez haut. On pensera par comparaison au timbre d'un Paul Stanley.


« Untrue » garde l'équilibre entre le sophistiqué et l'abordable. Naviguant sur de larges courants, il pourra attirer dans ses filets les amateurs de prog' tout autant que les fans de hard ou de mélodique.
On vous recommande l'écoute de cet album vivifiant et bien calibré.

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Line-Up:

Mark Sugar – Chant, guitare
Ryan Bruchert – Guitare, chant
Garry Naples – Batterie

Les Liens :

Chronique d'album : BlackBeard (Résolument Rock aux multiples influences), "New Horizon" (08/10/2021)

  • Le 06/10/2021

Groupe : BlackBeard
Album : New Horizon (08/10/2021 - M&O Music)
Genre : Rock / Stoner / Alternatif / Groove / Metal / Progressif / Punk / Electro
Origine : Alpes françaises ( Annemasse, 74)
par Dam'Aël

 

Attention, le retour de Barbe Noire s'annonce en grande pompe, chaussé de ses bottes de sept lieues sur un nouvel horizon ! Après avoir ouvert pour Jinjer en décembre 2019 à Annemasse, il continue son périple et n'hésite pas à gravir les montagnes françaises du Metal très diversifié. On aime les changements de paysage chez ce quartette : la voie du Stoner, le chemin du Progressif, la route du Metal, la piste de l'Electro, l'itinéraire du Groove, le sentier du Punk, toute randonnée sonore est explorée pour créer le paysage du Metal alternatif blackbeardien.

Groupe blackbeard

 

LE GROUPE ET SON ANTERIORITE:

BlackBeard est actif depuis le 26 mai 2018 et se forme grâce à l'association des 3 J et du A. Non il ne s'agit pas d'une devinette, encore que. Voici pourquoi : Jérémie Vailloud à la guitare et au chant (Zval), Julien Doucin à la guitare et au chant (Ex-Deer Blood / Ex-Red Mourning), Jeremy "Ziggy" Bochart  à la basse (Ex Krawl) et Antoine Marmoux derrière la batterie (Ex-Victori4). Imaginez si Antoine s'était appelé Jason ( non pas Bittner...), on aurait eu le groupe des 4 J, genre la semaine des 4 jeudis. Difficile d'avancer à grands pas dans ces conditions. Bon sortons de ce n'importe quoi, je vous l'accorde. Tout a commencé sur l'initiative des deux guitaristes vocalistes et amis. Bien évidemment le duo ne se suffit pas et c'est Ziggy qui les rejoint suivi d' Antoine. Si la formation est récente, il n'en découle pas moins une certaine expérience pour chacun d'entre eux ; et je vous garantis que nous allons pouvoir le confirmer en écoutant leurs compositions. Je suppose que le nom du groupe n'est pas lié à l'histoire de ce pirate anglais Edward Teach alias Blackbeard né en 1680 et mort le 22 novembre 1718, qui a opéré dans les Antilles et sur la côte Est des colonnies britaniques en Amérique, mais plus sans doute au fait de la présence de leurs deux frontmen barbus et étonnamment très ressemblants, genre Dupont et Dupond.

Sept mois après, la formation décide de se faire entendre avec une première vidéo officielle "Silence, Please", dont une animation vidéo sera relayée le 2 septembre 2020. Ouvrons donc nos oreilles et surtout évitons de trop la ramener ! S'en suivront une vidéo live "Unknown" enregistrée lors de leur premier concert à La Microbrasserie (AMANCY) le 30/08/18, postée le 07 septembre suivant, puis "The Rope" en mai 2019". C'est le 1er septembre 2019 que la formation dévoile son tout premier EP 6 titres de 25'47 pour être précise, EP #1,  disponible en Vinyle, Cd et sur les plateformes de téléchargement, en rouge et noir.

Il faut dire que Julien et Jérémie avaient déjà, avant la version définitive de leur line-up, suffisamment de matériel pour coucher sur sillons et autres supports quelques compositions, impatientes de pouvoir prendre l'air au grand jour.

La musique de BlackBeard est fortement inspirée des années 90's, de celle de la côte ouest américaine, du Grunge de Seattle, du Postcore, du post Hardcore, du Proto Metal Indus... et sait donner un côté déshumanisé inquiétant, très sombre voire malsain. Une noirceur aux 101 "Touch" de noir obscur annemassien, largement relayée par les voix sombres, rageuses des deux frontmen. D'ailleurs, en live, nous découvrons deux schizophrènes surprenants qui se considèrent chacun comme le leader du power-trio. Un bicéphale Dupondt émergent sur la scène Metal savoyarde, ça promet!

Une nouvelle version, officielle, de "The Unknown" paraît en octobre 2019 sur les plateformes de téléchargement et une très belle première partie est proposée aux Alpins, celle de Jinjer au Château Rouge le 07 septembre de la même année à Annemasse. Un tremplin de taille, évidemment, pour ce groupe BlackBeard qui décide de continuer à dévaler les pistes de Savoie comme des fondus (elle est facile...) et essayer de s'attirer l'intérêt de quelqu'uns dont celui du label M&O Music. Jolie grimpette dans l'escalade de la formation qui s'adresse à ses fans en ces termes : "Nous sommes fiers de vous annoncer notre signature avec le label M&O Music et l'agence de promotion M&O Office qui s’occupent à présent de la promotion du groupe ainsi que la distribution en partenariat avec Season of Mist !" (https://www.facebook.com/BlackBeardMusic/)

 

L'ALBUM: NEW HORIZON

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"NEW HORIZON" s'ouvre à nous tous, le 8 octobre prochain sur toutes les plateformes et dans les bacs. Il s'agit d'un huit pistes de 35'50 comprenant "Vultures", "Helpless", "Beautiful", "The Unknoun Part 2", "Addicted To", "Another Face", "Sorry" et le titre éponyme de fin de tracklist "New Horizon". Un véritable condensé de différentes influences qui joue la mélodie, la rage, l'énergie, la mélancolie et bien d'autres émotions. Si leur premier EP se voulait quelque peu "bordélique" (dixit le groupe lui-même), BlackBeard se veut plus structuré et canalise leur nouvelle galette vers un Progressif plus évident. Non pas dans la durée de ses titres car seule la piste 4 "The unknown Part II" dépasse les cinq minutes, mais plus dans la structure des morceaux. Mais attention, ne nous attendons pas à une prévisibilité : le quatuor retient les codes mais adore les renverser, et si l'alternance couplet/refrain est une référence musicale, BlackBeard l'accommode à la sauce savoyarde maison, avec nonobstant une véritable culture du refrain.

Ce qui est certain c'est que la rage s'exprime à temps plein dans cette galette parfaitement sonorisée par les voix - l'une éraillée, l'autre claire - de ses interprètes capables de chanter la variation sur une même tonalité. Duo ou duel, difficile à déterminer, en tous les cas les mélodies sont agréables à écouter, sans succomber à un certain lâcher-prise durant ces quelques trente-six minutes de Rock énervé, et même très énervé qui scande la fin du monde en musique. 

A la version un peu plus canalisée mais au son dur et brut de décoffrage, la bande de rockeurs s'attelle à un autre processus de composition : si la musique suggérait les paroles sur la précédente production, c'est l'émotion de l'instant qui construit l'instrumental sur lequel viendront se lover des paroles pas toujours très langoureuses. On veut de l'émotion au pays de la neige, de la gnôle et du vin chaud. Et cela marche très bien car ces grands gaillards de BlackBeard baignent dans une telle fluidité instinctive musicale que tout s'enchaîne de façon évidente, même si une partie du travail est au préalable initiée par Julien, le dictateur en culotte courte de la formation. La machine de guerre qu'est Antoine vient se greffer pour une rythmique et un groove des plus catchy et la basse se livre au ronronnement jouissif en symphonie râleuse. SVP, reprenons nos esprits ! Ces bourlingueurs de son aime envoyer du bois et adorent causer des dégâts sonores à faire sauter les planches des scènes hexagonales. Oui, prévoyez les clous pour réparation. L'harmonique proviendra donc des voix justes parfaites, inspirées du Nu-Metal et de la New Wave parfois : duo ou duel, toujours pas la réponse mais c'est vachem*** bien foutu.

Tout comme les vautours, BlackBeard s'accorde, pour se mettre en place, un petit tour d'horizon relativement calme et serein, puis accélère sa course à en devenir beaucoup plus agressif, avec cette attaque soudaine des guitares, sauvages, lourdes et rageuses tout autant que le duo hurleur complice de ce "Vultures". La rythmique rugissante est suffisamment énervée pour nous attirer dans un groove fédérateur qui nous embarque sans réticence vers un headbanging instinctif et irrésistible... sans espoir d'y échapper.

"Helpless" s'introduit sur de l'électro teinté d'un alternatif qui s'aventure sur quelques ambiances orientales discrètes. L'excellente ligne de basse ronde et chaude s'oppose à la richesse des guitares plus agressives de part leurs aigus caustiques. Beauté, malgré tout ce râle colérique que nous assène le quatuor de la vallée verte. 

 

"Beautiful" s'annonce en douceur sur cette troisième piste, aux notes de guitares acoustiques et une voix claire douce et chaude, sur des images reposantes tournées à Saint-Cast-le-Guildo pour illustrer le clip de ce titre diffusé le 25 décembre 2020.  Mais très vite, les vocaux jouent l'alternance screams et chant clair qui s'articulent avec aisance sur le flow des paroles exprimées et sur les ambiances du morceau très alternatif où stoner, sludge et autre se mélangent allègrement. Une dualité vocale qui se pacse à merveille dans ce New Horizon, où l'inconnu reste encore d'actualité sur le devenir du monde vu par nos musiciens si dépités. "The Unknown Part II" est sans doute une suite à "The Unknown" plaqué sur le premier EP. Cette suite plonge l'auditeur dans une atmosphère presque planante, reposante mais vite troublée par une session guitares / basse acérée et agressive, faisant grimper les watts et les tensions associées jusqu'à l'épisode salvateur d'une guitare acoustique simple, tremplin d'une séquence hypnotique que Julien et Jérémie subliment par un chant mené en choeur sur une tonalité identique et dans une unicité vocale très bien interprétée. Addicts pourrions-nous devenir à cette musique multi-facette et à ces vocaux à géométrie variable, vocaux qui sur "Addicted to" pourraient craindre une fracture des cordes vocales tant la puissance prend place dans les starting-blocks d'une course effrénée de rage, de colère, de furie et surtout de souffrance et d'exaspération, le tout sur un instrumental qui se tient les coudes, dans une syntonie exemplaire. La sixième piste nous offre un "Another Face" au faciès rouge vif très énervé, tableau dressé par de grosses guitares qui envoient les scuds explosifs, une rafale de toms furibonde, une grosse caisse qui mitraille non stop. On note une très belle démonstration de batterie qui martèle avec précision et talent."Another Face" fait péter les watts du début jusqu'à la fin, dans une dynamique qui n'épuise aucunement mais qui serait, bien au contraire, très salvatrice pour notre corps et notre âme. C'est sur des sonorités plus doom que "Sorry" s'exprime. L'électro s'y invite, tranchant de façon incisive avec le reste de l'instrumental, lui offrant ainsi une sauvagerie maximale.  La version video officielle est sortie le 11 septembre dernier. BlackBeard Music finit sa galette sur le titre éponyme "New Horizon" aux guitares plus colorées et mélodiques, une approche un peu plus pop sur lesquelles les voix claires, l'une en voix pleine et l'autre en voix de tête, traduisent l'espérance et l'ouverture sur un nouvel horizon. On entend même une basse chanter les choeurs derrière ce duo vocal magnifique.

 

"New Horizon est  enregistré par Jérémie Vailloud et Julien Doucin à  122 Productions, par Jérôme Acquier et Clément Champigny  au Studio 123. Le mastering est réalisé par Jérémie Vailloud.

NOTRE AVIS :

Cet album "New Horizon" est une excellente sortie en ce début d'automne. Difficile de lui coller une étiquette tant la fusion des genres est évidente ; le groupe se targue d'ailleurs de cette singularité. Chacun y taguera la couleur musicale qu'il sentira à l'écoute de ce huit pistes. Une chose est certaine est que nous avons affaire à une formation qui s'applique à composer avec originalité et précision. Leur musique est recherchée, travaillée, inspirée. Les voix sont, dans chacun de leur registre, en opposition ou en harmonie mais offrent tout au long de cet album des mélodies cohérentes et agréables à écouter malgré la rage et la colère exprimées. Un très bon compromis d'émotions, émotions  qui oscillent sur le rhéostat de l'ire à intensité variable. Personnellement, j'ai pris énormément de plaisir à écouter et ré-écouter plusieurs fois cet album, avec parfois a contrario quelques difficultés à coucher les mots pour raconter leur musique. Nonobstant, il s'agit bien d'un Rock alternatif aux influences stoner tentaculaire, genre octopus à la barbe noire, au bon gros son à décoiffer les permanentes et à faire vire-volter les perruques et casquettes des auditeurs. Du groove, du peps, un véritable cocktail détonnant. 

 

NOUS ALLONS PLUS LOIN CHEZ AHASVERUS :

 BlackBeard Music faite partie du Label & Le Mouton qui est une association du genre collectif, regroupant trois groupes dans des styles différents, où l'idée est de mutualiser les compétences afin de créer différents projets. Le sens de cette initiative est de partager scènes, technique, clips, et autres... dans un but d'entraide ( les barbecues font aussi partie de ces objectifs!!!). 

 

PETITE INDISCRETION :

il ne serait pas exclu que BlackBeard Music invite un guest sur une prochaine galette. Si on vous pose la question, vous pouvez suggérer : Lazareffmusic 

 

les liens :

https://www.facebook.com/BlackBeardMusic/

http://71https://www.youtube.com/channel/UCwfsVTvQAhbqzf7t-Kn1ylw

http://spotify:album:0LH9dMkOENIp7Rua36rb4P

http://www.m-o-music.com

https://www.facebook.com/LabelEtLeMouton/

https://www.digitalnativeassociated.fr/2019/03/09/decouvrez-blackbeard-en-10-questions-interview/

https://rockenfolie.com/artist/blackbeard/

 

BlackBeard Music

Logo blackbeart

 

 

 

 

ALTESIA : Tournée d'automne, clip et album

  • Le 02/10/2021

Le groupe de Metal progressif présentait en ce mois de septembre le single-clip « Mouth Of The Sky ».

Il annonce le second album de la formation bordelaise, prochainement accessible à la précommande, qui sortira le 16/10/2021 sous le nom de « Embryo ».

Altesia embryoL'artwork de ce futur opus est signé Ani artworks.

Pour promouvoir ce nouvel album, Altesia sera en tournée à travers la France durant tout le mois d'octobre. Des dates sont annoncées à Le Haillan, Toulouse, Saint-Jean de Vedas, Lyon, Barberaz, La Penne-Sur-Huveaune, Clermont-Ferrand et Bordeaux.

Altesia tour

Line-up :

  • Clément Darrieu – chant, guitare rythmique
  • Alexis "Idler" Casanova – guitare rythmique et lead, chant
  • Hugo Bernart – Basse
  • Yann Ménage – Batterie
  • Henri Bordillon – Clavier

Les Liens :

 

OSCIL (Prog), First Step On My Moon (2021)

  • Le 19/09/2021

Groupe : OSCIL
Album : « First Step On My Moon » (03/09/2021)
Genre : Rock/Metal progressif
Origine : Paris
On aime : le chant, le songwriting, la diversité, le son

Par Ahasverus

Oscil existe depuis 2013 et son principal compositeur, Vincent Mouge, nous décrivait ainsi son univers dans une interview en 2019 :
« La base de notre musique est Rock-Metal tout simplement ! Ingrid apporte ses influences indés à la PJ Harvey, Aubry celles du Rock authentique comme les Beatles, Florent et moi le côté Rock Metal Prog... Le but est simplement de faire des compositions qui nous ressemblent, le son vient après. »

Cinq ans presque jour pour jour après l'EP « Never Ending Road​(​s) » qui leur avait servi de carte de visite, les Parisiens reviennent avec une formation inchangée pour un huit titres d'environ quarante-huit minutes...

« First Step On My Moon »

OscilSon artwork est l'oeuvre du talentueux Above Chaos (www.abovechaos.org), l'un des meilleurs illustrateurs français, qui habille notamment les opus de Mobius.

Si la musique est signée Vincent Mouge, les textes sont de Vincent Mouge et Ingrid Denis, dont la voix est l'un des atouts de cette formation progressive. 

Le chant est donc assuré par Ingrid Denis, rejointe sur un titre par le Champenois Ludo Desa (« The Heart Of A Woman »), pièce déjà sortie sous la forme d'un single-clip.

S'ouvrant par sa composition la plus courte à la manière d'un classic rock, « First Step On My Moon » emprunte rapidement un pont progressif pour nous emmener dans un florilège de compositions où sa liberté de ton donne à son pas quelque chose de jazzy.
Il se peut qu'il vous impose  quelques écoutes pour se laisser apprivoiser, car l'étendue de son territoire est trop vaste pour être embrassée en un seul regard. Mais alors sa production impeccable vous permettra de vous glisser dans ses mélodies comme dans du velours et d'apprécier jusqu'aux détails les plus subtils de son jeu (les cymbales sur « Romance »).


Parfois métallique (« A Shropshire Lad »), d'une richesse sonore assez jubilatoire (« First Step On My Moon »), à laquelle s'ajoute encore un saxophone et une belle partie de clavier (« Romance »), Oscil nous promet la lune avec un opus d'un niveau supérieur à un prédécesseur déjà fort estimable. On est admiratif devant la finesse du songwriting, et on s'incline devant cette voix qu'on savait délicieuse, et qui parvient à se  faufiler à la suite d'un compositeur qui adore les alambics ! Et c'est orchestré avec une telle fluidité qu'on entreprend ce voyage sur la lune dans une atmosphère des plus agréables. Oscil a réalisé un opus d'une sacrée qualité, et non convenu, qui ne ressemble qu'à lui-même. On vous le recommande bien vivement.

Les Critiques :

  • « Chaque pièce possède une identité propre et développe son propre climat. »
    Plus PROG de Vous

Line-up :

  • Ingrid Denis - chant
  • Florent Jeannel - batterie
  • Aubry German - basse
  • Vincent Mouge - guitares, claviers

Oscil bandOscil par Lourdes Eiras Photographie.

Invités :

  • Bastien Brenot - saxophone sur «  Romance »
  • Jean-Philippe Massicot - piano et clavier sur  «  Romance »
  • Ludo Desa - chant sur  «  The Heart Of A Woman »

Technique :

  • Musique : Vincent Mouge
  • Textes : VincentMouge / Ingrid Denis
  • Arrangements: Oscil
  • Mixage: Andrew Guillotin - Hybreed Studios (Fontenay-Sous-Bois).

Tracklist :

1. Harlem Shadows (3'43)
2. The Pact (7'28)
3. A Shropshire Lad (5'08)
4. You (5'41)
5. Romance (7'05)
6. The Heart Of A Woman (6'41)
7. First Step On My Moon (6'59)
8. Enter The Haze (6'03)

Le Lien :

 

Les bio d'Apo : ETRANGE

  • Le 13/09/2021

Chaque semaine Apolline potasse ses bio.
Aujourd'hui elle nous présente un groupe de metal progressif cinématique instrumental. Il s'appelle
ETRANGE et il sortait en 2019 un premier album éponyme.


Bonjour bonjour !

Cette semaine, je vous parle d'Etrange.
J'aime beaucoup leur son, ça me fait penser à Visenya ( un autre groupe de la playlist ), mais je pourrais pas vous en dire beaucoup plus sur leur style musical, parce que je connais rien au progressif.
J'adore aussi l'univers visuel du groupe, plein de contrastes, dans un style un peu spatial, je trouve ça grave joli !
Un petit entretien avec eux ici, en commençant par une petite présentation rapide du groupe :

Etrange est un projet studio créé fin 2017. Le groupe, composé de deux membres, évolue dans un genre « prog cinematic metal » (du metal instrumental avec une imagerie SF) :

  •  Velhon (Bordeaux): claviers et programmations.
  • Deadale (Paris) : Guitares et basse.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique, et pourquoi ce style en particulier ?
Nous avons commencé la musique quand nous étions gamins, chacun dans notre coin ou dans diverses formations. On se connaît surtout par contacts interposés et, en 2017, nous étions arrivés à un moment de notre vie où nous avions envie de mettre en musique nos idées respectives, plus personnelles. Ce projet est le fruit du hasard, d’une discussion sur Facebook entre deux contacts de longue date. Nous avons évoqué l’idée de composer de la musique pour le plaisir. Ça a collé tout de suite. Puis nous sommes naturellement dirigés vers la musique instrumentale que nous adorons. La thématique SF s’est rapidement imposée d’elle-même et ça s’est transformé par un album auto-produit sorti en 2019.

Etrange artworkETRANGE, « Etrange » (2019)

Vos influences, et ce qui vous inspire en général ?
Le prog, bien évidemment, mais nous n’en écoutons que très peu à l’heure actuelle. C’est surtout une réminiscence d’écoutes passées, une sorte de madeleine de Proust, avec le spectre planant des vieux Dream Theater, Symphony X, LTE, Planet X, etc. Paradoxalement, nous écoutons beaucoup plus de musiques extrêmes (death, thrash, black, etc) et du heavy/speed. Et puis, il y a les BO de films et de jeux vidéo d’antan, la musique classique,qui apportent la touche ambiante à nos compo. Notre musique est un mélange de tout ça. Parallèlement, il y a toute la thématique sci-fi rétro - héritée des vieux films de science-fiction, jeux-vidéo, roman, BD et illustrations - qui accompagne notre musique. Nous avons d’ailleurs fait appel à un illustrateur pour mettre en image notre musique, qui est un concept-album de quarante-sept minutes, sorti en CD.

Une chose que vous aimez dans le milieu du metal, et une chose qui vous déplaît ?
On n’attache que peu d’importance au « milieu » du metal. Pour nous, ce qui compte, c’est écouter de la musique, accessoirement en faire, acheter des albums et assister à des concerts. Et c’est déjà pas mal, haha !


Je vous souhaite à tous une bonne semaine et une bonne écoute  !

Lien de la playlist Spotify :

https://open.spotify.com/playlist/0bTigPgUjUbhoUeCh2Cv77...

Les bio d'Apo : CONTRAST

  • Le 23/08/2021

Chaque semaine Apolline potasse ses bio.
Aujourd'hui elle nous présente un groupe de prog' originaire de Boulogne-Sur-Mer. Il s'appelle Contrast


Cette semaine, c'est le groupe Contrast qui est à l'honneur, un groupe de métal progressif qui nous vient de Boulogne sur Mer.
J'aime bien ce qu'ils font, mais après bon, je suis pas une grande amatrice de progressif, donc je serais pas vraiment capable de développer sur les influences. Je vais vous laisser découvrir par vous-même. Je vous laisse le petit entretien que j'ai eu avec eux :

Contrast est un groupe de longue date éparpillé sur la Côte d'Opale mais il a réellement débuté en 2017 avec la composition de l'album Leaving Stasis, qui a été un processus plutôt long d'écriture car chacun des membres possède son propre univers musical.

Contrast artworkCONSTRAST, « Leaving Stasis » (2019)

Quelles sont vos influences, et ce qui vous inspire en général ?
Il a fallu faire coïncider toutes nos influences et rendre l'album le plus cohérent possible. Ce que tu peux entendre dans cet album est un métal hybride, mélodique, atmosphérique, lumineux et sombre. Nous avons tenu à dérouler les morceaux du plus lumineux vers le plus sombre. Nous nous sommes inspirés du monde connu, de ses facettes les plus belles comme les plus sombres mais aussi de mondes inconnus que nous cotoyons en rêve. Nous avons fait "pause" un long moment pour saisir le maximum de perspectives nous aidant à mieux comprendre ces mondes connus et inconnus mais aussi à mieux nous comprendre nous-même puis nous avons quitté cette "stase" pour revenir sur notre plan de façon plus aguerrie, l'âme grandie en quelque sorte, portant un regard nouveau sur ce qui nous entoure. Comme expliqué plus haut on ne peut pas parler de style en particulier pour Contrast, et surtout pour notre album car nos influences et nos mondes sont très vastes. Nous sommes tous des passionnés de musiques et de sons et nous sommes tous très à l'écoute de ce qui nous entoure. Nous écrivons beaucoup également et ce trop plein à un moment donné il a fallut le transcrire et lui donner vie. On peut très bien expérimenter sur quelques notes entendues fortuitement de ci de là ou traduire en musique une sensation, une image, des mots... C'est très large...

Donnez-moi une chose que vous aimez dans le milieu du metal, et une chose qui vous déplaît...
Ce qu'on apprécie plus que tout dans le métal c'est sa richesse. Sa force, son caractère changeant rapidement. Un style parfois très dur à saisir, complexe, inlassable et immortel. Il y a toujours autant de plaisir à écouter un morceau des 80's ou 90's comme Celtic Frost, Slayer ou Morbid Angel qu'un Periphery, Jinjer ou Meshuggah. Un style intemporel.
Ce qui peut paraître déplaisant pour certains c'est que c'est un style encore trop méconnu et trop sous-estimé par la grande majorité voir dévalorisé. Mais ces dernières années le métal a pris une nouvelle ampleur grâce à certains médias et aux réseaux sociaux plus que jamais florissants. Il faut que ça continue.


Pour les réseaux sociaux, ça se passe ici :

Et bien-sûr le lien de la playlist, que je vous invite comme chaque semaine à faire tourner :
https://open.spotify.com/playlist/0bTigPgUjUbhoUeCh2Cv77...

Bonne semaine à tous !

Les N'importe-Quoi d'Ahasverus : HARMONIUM, Harmonium (1974)

  • Le 22/08/2021

HarmoniumUn jour de printemps, dans le 190B qui me ramenait chez ma mère, j'ai vu la queue de la comète. Il s'appelait Daniel. Il portait un tee shirt sans manches et une paire de petites lunettes rondes. C'était le plus perché des potes à Mimile, mon frère, et ça faisait des années qu'il était sorti des radars. Je savais qu'il était parti à Katmandou lors de la grande migration des Babas Cool. Il avait dû rentrer par la dernière navette, parce qu'on arrivait bientôt à 1990. Pour moi qui avais décroché un job, pour ne pas dire une carrière, voir Daniel scotché comme ça à la décennie précédente, c'était un peu comme aller au zoo pour regarder des espèces menacées. Ça nous ramenait quelques années en arrière, à la fin des 70's , quand le monde était encore presque entièrement recouvert de Babas Cool.

Le Baba Cool ça leur dit plus grand chose, aux jeunes. Le nom fait même un peu couillon, maintenant. Il fleurissait pourtant sur le globe des années 70 aux années 80. Aujourd'hui, le Baba Cool est à l'homme de la fin du XXème siècle un peu ce que Néandartal était à Sapiens. Il a mystérieusement disparu, sans qu'on sache bien où il est parti ni comment ils s'est éteint. On retrouve encore des éléments de sa musique chez les progueux, et un peu de son look chez les Rastas, tout ça a du copuler. Mais pour le reste, du balai...

Le Baba Cool - ou Baba - parlait très doucement, d'une voix atone. Il ponctuait chaque phrase par « tu vois ? ». Le point d'interrogation, dans « tu vois ? », n'était pas très appuyé. C'était une question fermée qui appelait en principe une réponse affirmative.

Quelques exemples pour amener votre compréhension :

  • « - Genesis, sans Peter Gabriel, c'est plus Genesis, tu vois ? »
  • « Crosby, Still, Nash & Young, sans Young, c'est plus Crosby, Still, Nash & Young, tu vois ? »
  • « Barclay James Harvest, s'ils étaient produits par Barclay, ça ferait Barclay-Barclay James Harvest, c'est too much, tu vois ? ».

BjhBARCLAY JAMES HARVEST et l'album live « Berlin » (1978)

J'ai eu des bons amis Babas, Claude et Jackie (aucun lien avec Michel).

Ils écoutaient Genesis avec Peter Gabriel, Neil Young tout seul et BJH au complet, tandis que mon cœur balançait déjà pour Scorpions, dont certaines compositions planantes parvenaient à trouver grâce auprès de leurs oreilles.

Scorpions fly« Fly To The Rainbow » (1974), second album du groupe allemand Scorpions.

Quand ses parents n'étaient pas là, Claude nous invitait pour la soirée. Chacun amenait ses trente-trois tours, que nous écoutions en voyageant parmi les volutes enfumées.

Dans la discothèque de Claude se trouvait le disque d'un groupe de Montreal au chant français : « Harmonium ». Ce groupe est resté fameux dans l'univers du prog'.

Harmonium a fait ses premières armes en Anglais, et c'est leur manager qui a la bonne idée de suggérer au groupe d'écrire en Français. Ainsi naît cet album, refusé en 1973 par plusieurs majors en raison de la longueur de ses morceaux.

C'est finalement Quality Records, un label plutôt positionné dans le disco, qui signe et qui permet à Harmonium de trouver son public.

« Harmonium » l'album est mis en boîte en moins d'une semaine. La légende raconte que le dernier jour les musiciens sortirent recruter une dizaine de passants parmi la foule du samedi sur la rue St-Catherine (la plus grande rue commerçante de Montreal) afin de tenir les chœurs sur « Un musicien parmi tant d'autres », la dernière piste :

 « Où est allé tout ce monde /
Qui avait que'qu' chose à raconter (di li do da la da) /
On a mis quelqu'un au monde /
On devrait peut-être l'écouter. »

Les harmonies vocales d'Harmonium sont d'une douceur hypnotique. La pochette est une reproduction de l'Habit De Musicien, extrait des « Costumes grotesques » du graveur Nicolas de Larmessin (1632-1694). Elle sera régulièrement utilisée par le groupe.

« Harmonium » a fait l'objet de deux rééditions, l'une en 1992 - avec un titre bonus - l'autre en 2019. C'est cette seconde version, totalement révisée à partir des bandes originales, rebaptisée « Harmonium XLV », que  vous choisirez.

Harmonium wSorti à l'occasion du quarante-cinquième anniversaire de l'album « Harmonium », « Harmonium XLV» revisite le son à partir des bandes originales.

Aujourd'hui mon ami Claude vit au Québec. Il doit écouter Harmonium plus que jamais. Je n'ai plus de nouvelles de Jackie. Non, n'y revenez pas, elle n'a pas fait carrière dans la vidéo. Quand à Daniel, vous le reconnaîtrez facilement, tabarnak ! Il est encore accroché à la barre d'un bus dont il n'a jamais pu descendre.

HALF A BAND (Prog) : Tales from claustrophobic horizons (2021)

  • Le 19/08/2021

Progressif, Half a Band, le projet du multi-instrumentiste Olivier Bonneau l'est assurément.
Il revendique haut ses couleurs par le titre de son nouvel opus : « Tales from Claustrophobic Horizons ».

Half a band tales from claustrophobic horizonsLe clin d'oeil à « Tales from Topographic Oceans », l'album le plus difficile d'accès du groupe Yes, n'aura pas échappé aux progueux et ne manquera pas d'éveiller leur curiosité. Half A Band en reprend jusqu'à la structure à rallonge : quatre titres pour soixante--dix minutes. Il fallait oser !

Musicalement les quatre pièces s'étirent grosso modo de neuf à vingt-cinq minutes.
Le rock progressif atmosphérique de Half A Band a un côté 70's/80's qui se teinte de psychédélisme.
Le chant se pose par effleurements.
D'ailleurs, chant, guitares, claviers, il y a partout cette légèreté qui sait trouver là-haut sa respiration. Si claustrophobie il y a, elle reste dans le titre de l'opus et n'affectera jamais les sillons.
Aucune saturation non plus dans le déroulé de l'album.
Etrangement, plus les morceaux sont longs, plus ils trouvent leur rythme.  « The Future Looks Bright », dernière piste de l'opus, surprend même par ses incartades tel le bouquet final qui convenait.

« Tales from Claustrophobic Horizons » a été réalisé en mode DIY.

Il est annoncé pour le 10/09/2021 et dès maintenant accessible à a précommande chez Vallis Lupi :

https://vallislupi.bandcamp.com/album/tales-from-claustrophobic-horizons

Tracklist :

  1. The Great Collapse – part one 20:12
  2. The Game Is Over 8:49
  3. The Great Collapse – part two 16:12
  4. The Future Looks Bright 25:28

Durée totale : 70:41

Discographie Olivier Bonneau :

Avec Half A Band :

  • Tales from Claustrophobic Horizons, CD & digital, 2021
  • Failure Stories, digital, 2019
  • Spare Ones, CD & digital, 2019
  • Shortcuts Towards the End of the World, digital, 2018
  • Industrial Towns, digital, 2018
  • Cosmic Radiation, digital, 2017
  • Roraring Forties, digital, 2016

Autres :

  • Grandval, Descendu sur Terre, CD & digital, 2020
  • Cargobelly, Cargobelly, CD & digital, 2018
  • Birkenhead, Out of Control, digital, 2014
  • Sundayer, Might, CD & digital, 2012

Les dossiers d'Ahasverus : Le PROG' (deuxième partie)

  • Le 08/08/2021

Loin des Dream Theater, Marillion et autres Rush, nous vous invitons à découvrir ou à réécouter quelques groupes pour l'instant un peu moins notoires, mais tout aussi passionnants.
L'univers du Prog' est infini... Voici la seconde partie de nos propositions...

Dossier prog 2


GRANDVAL : LE POETE

Formé en 2015, Grandval propose son prog' en français, et il serait dommage qu'il en soit autrement tant la poésie donne à ce groupe lunaire une part non négligeable de personnalité.


Musicalement, la formation saupoudre ses compositions de pop, d'AOR, de psychédélique et de post-rock.
« Descendu Sur Terre », sorti en 2020 dans un artwork de Stan W Decker, est son nouvel album.

Prog grandval


NI : LE DEROUTANT

Hébergé par l'intéressante écurie rock in opposition Dur et Doux, Ni est un quatuor expérimental dont la musique reste très abordable si vous aimez la face sombre d'un Dream Theater ou le côté prog' de Devin Townsend.


Le dernier opus de ces Burgiens , « Pantophobie »,  est un album quasi-instrumental qui vous permettra pourtant d'enrichir votre vocabulaire de mots savants.
L'arwork est signé Davor Vrankić.

Prog ni


LAG I RUN : LE VIRTUOSE

Pour les avoir vus sur scène, je peux vous garantir que lorsque ces quatre-là se mettent à jouer les mouches s'arrêtent de voler . Leur musique est virevoltante et son inventivité donne le tournis ; les harmonies vocales, soignées à l'extrême, rappellent la maestria d'un Queen.


« Vagrant Sleepers », le dernier album de ces Sudistes, date de 2019.

Pour l'artwork, LAG I RUN a fait confiance au frère de Nay Windhead, le chanteur/guitariste.

Prog lag i run


PSYCHANOIA : L'ENVOUTANT

Vous connaissez peut-être Ivan Jacquin pour son ambitieux Foreign Rock Opera, auxquels ont notamment contribué Andy Kuntz, Mike Lepond ou Amanda Lehmann ? Le voici dans son groupe de prog', Psychanoia.


Un album à l'actif de Psychanoia, « Unreal Seas »,  belle réussite au songwriting remarquable. Des titres comme « My Hope » ou « The Shadows In Me » ne peuvent que retenir votre attention.

Prog carducci


FRANCK CARDUCCI : LE FACETIEUX

Depuis 2010, album après album, Franck Carducci construit un univers où la technique se dissimule derrière une certaine extravagance entre prog'rock et psychédélique.

Prog carducci2Sorti en 2019,  « The Answer » détourne avec humour, sur certains morceaux dont ce clip au rythme plutôt orienté rock, l’histoire de Arion de Méthymne, poète et musicien grec victime de sa notoriété.


SEYMINHOL : LE PERFECTIONNISTE

SEYMINHOL a mis  en sommeil (mais en la matière il ne faut jamais dire jamais !) son admirable carrière assez récemment, après plusieurs décennies au service du Metal et quelques albums et clips aussi ambitieux qu'ils étaient soignés.


Le prog' qu'il propose est à la fois métallique et symphonique . Leur dernier opus « Ophelian Fields », s'inspirait d'une tragédie shakespearienne. On avait noté la présence de Marion Lamita, qui prêtait sa voix remarquable au personnage d'Ophélie.

Prog seyminholAujourd'hui, Nico Pelissier, guitariste et principal compositeur de Seyminhol, prépare son retour au sein d'un nouveau groupe, Antechaos.


HELIUM STATION : LE REVENANT

Vous souvenez-vous  de Veda, qui obtint un beau succès dans les années 2000 ? Revoici son guitariste, le Toulousain Fabrice Lacourt, dans un projet où il s'occupe de tous les instruments, sauf de la batterie, confiée à Ben Marmier. Il s'agit de Helium Station.

Prog heliumLe chant est laissé à cinq vocalistes aussi différents qu'intéressants, et Helium Station propose pour son premier opus un album de prog' d'une grande diversité qui vous entraînera aussi bien vers le blues que le funk, l'AOR ou le néoclassique. Soyez curieux !


SCARLEAN : L'AMBITIEUX

Côté perfectionnisme, Scarlean pourrait le disputer à Seyminhol, lui qui choisissait en 2018 de retravailler et de rééditer « Ghost », son premier album sorti en 2016.


Magnifiquement servis par une imagerie à l'esthétique raffinée, ces Avignonnais ont sorti en 2019 leur deuxième album, « Soulmates », invitant à participer à leur prog' metal à forte personnalité la sublime Anneke Van Giersbergen (The Gathering) pour une cover ennivrante d'un titre de new-wave..

Prog scarleanUn groupe à pédigrée, c'est l'évidence.


HUIS : LE DELICAT

Huis est présent sur les scènes québecoises depuis 2009, et il sort dix ans plus tard un troisième album intitulé « Abandonned ».

Prog huisPourtant, aucun risque qu'on aille le perdre dans la forêt, celui-là ! Ses compositions légères et mélodieuses vous colleront à la semelle pendant un bon moment. L'harmonie niche dans tous les détails de ce nouvel album, dans les choeurs comme dans les lignes de flute...


GALAAD : LE SOLAIRE

Après avoir marqué l'histoire du prog d'un album culte en 1996, Galaad revenait en 2019 avec le conceptuel « Frat3r ». L'écriture est particulièrement riche et  quasiment inépuisable chez Galaad qui, après des années d'abstinence progressive, est en verve.


Livré en 2021 dans un artwork de Stan W Decker, « Paradis Posthumes » est le nouvel album de ces Suisses volubiles qui aiment jouer avec les mots dans leurs textes en français.

Prog galaad


Si vous avez manqué le début :

Les dossiers d'Ahasverus : Le PROG' (première partie)

Les dossiers d'Ahasverus : Le PROG' (première partie)

  • Le 05/08/2021

Loin des Dream Theater, Marillion et autres Rush, nous vous invitons à découvrir ou à réécouter quelques groupes pour l'instant un peu moins notoires, mais tout aussi passionnants.
L'univers du Prog' est infini... En voici une partie.

Dossier prog


MOBIUS : L'INCONTOURNABLE

L'embryon de Mobius est né sur l'île de La Réunion, mais c'est en arrivant à Lyon que le quintette consolide son line-up et trouve sa formule idéale qui mélange prog' et musiques du monde.
Quatre musiciens très techniques et une chanteuse fort intéressante, adepte du crash-test, passionnée par son art, toujours à la recherche de nouveaux territoires.


Mobius, c'est la bande son d'un « Voyage en terre inconnue » : ces cinq-là peuvent vous emmener n'importe, suivez-les yeux fermés car la destination est belle.
En 2020 son « Kala » (traduisez « Temps ») nous entraînait en Inde, avec quelques textes en sanskrit, sur un artwork signé par Vincent Fouquet, (Above Chaos), l'un des maîtres français du genre. Nous sommes impatients de connaître notre prochaine destination.

Mobius kala


DEAD VENUS : LA SCINTILLANTE

En juin 2019, la Venus suisse Seraina Telli choisissait de quitter le confort du groupe de power metal Burning Witches pour fonder son propre band nommé Dead Venus. Cela nous semble significatif de son envie de jouer la musique qu'elle aime : un prog' ouvert et très métallique.


Le trio sortait dans la foulée l'excellent « Bird In Paradise », et pour un coup d'essai, c'était un coup de maître.

VenusDead Venus prépare son deuxième album. Le potentiel du groupe est énorme et devrait le placer parmi les incontournables. On y croit à fond !


GRORR : LE FASCINANT

Incroyable Grorr ! Concept-album après concept-album, ces Palois nous donnent leur version humaniste du monde, nous entraînant à chaque pas plus loin dans un imaginaire puissant. C'est extrêmement brillant. Les instruments ethniques sont à l'honneur. L'univers est attachant.

En 2021, le groupe revient avec un line-up chamboulé et un nouvel album, « Ddulden’s Last Flight ». C'est à nouveau une réussite.
Morin khuur (instrument à cordes mongol), sitar, tabla (petit tambour d'Inde), diverses percussions et guimbardes ainsi que chants diphoniques sont à l'honneur sur l'album.

1 grorrL'artwork est signé par la dessinatrice Emilie Tarascou.


NEPHILA : LA PSYCHEDELIQUE

Maniant joliment les harmonies vocales, ce septette Suédois s'inspire des scènes psychédéliques des années 70. Il soigne son expression visuelle et veut faire de sa musique un voyage théâtral - tous les musiciens, à l'exception des deux chanteuses, sont masqués.

Après « Growing Down » (2018), un premier single, NEPHILA , encore peu connu, revient en 2021 avec un premier album éponyme à l'artwork coloré.

NephilaIl nous a convaincu.


JPL : LA VALEUR SÛRE

Jean-Pierre Louveton, alias JPL, guitariste et chanteur du vétéran Nemo, continue d'enchaîner sous son nom propre des concepts-albums d'un rock prog' d'exception.

« Sapiens », sa dernière oeuvre, est une invitation au voyage depuis les origines de l'humanité. « Deus ex Machina » , dont la très belle pochette est signée Stan W Decker est le second volet de cette trilogie.

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ALTESIA : LE PRODIGE

Avec « Paragon Circus » (2019), un concept-album à propos de la face sombre de l’homme et d’un monde arrivé à son terme, Altesia, groupe bordelais, s'impose sur la scène prog' française en un album.
Six pistes pour une durée d’environ cinquante-six minutes !


Le très bel artwork est signé Nihil, (https://www.nihil.fr/).

Altesia paragon circusLe second opus est en route ; il pourrait faire très mal.


DID : LE PRESTIGIEUX

Sorti en 2017, DID traite du syndrome de l'identité dissociative.Le projet est initié par des routiers de la scène prog' française. Le chant est tenu par des cadors du Metal, tels que la redoutable Maggy Luyten ou le funambule Michaël Sadler (Saga).


Le casting est heureux, les guests se sont déchirés et le résultat est réjouissant.

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ANTHON NORWELL : LE PROLIFIQUE

Inépuisable Anthon Norwell ! Il enchaîne les projets et les albums, tantôt instrumentaux, tantôt concept, toujours progressifs, au rythme de trois à quatre par an, sous les noms de Anthon-Norwell Experiment, de , Synesthesia, et de quelques autres patronymes...
Anthon norwellEntouré d'une équipe de fidèles (Martial Prevel, Sam Guerrier, Jemina Robineau) Anthon continue à tisser son univers d'exploration perpetuelle. Son nouveau projet s'appelle C-Of-C.


NINE SKIES : L'EXQUIS

Formé en 2021, Nine Skies sort deux albums, en 2017 et 2019. il revient en 2021 avec « 5​.​20 », un album extrêmement léché dont l'enregistrement a nécessité pas moins de douze musiciens, parmi lesquels figurent Steve Hackett (Genesis), son frère John, et Damian Wilson (Treshold, Headspace).

« 5​.​20 » tire son titre d'une anecdote concernant le manque de ponctualité chronique du bassiste du groupe niçois.

Nine skies artworkLa pochette de l'album est une reproduction partielle de « Call The Doctor », un tableau que le  peintre de l'absurde Michael Cheval a réalisé en 2020.


PINIOL : L'AVANT-GARDE

PinioL est une hydre à sept têtes : deux batteurs, deux bassistes, deux guitaristes et un clavier, conjugaison de deux groupes bien déjantés : Poil et Ni.

Fréquentant les mêmes scènes de la région lyonnaise, les deux formations unissent leur noise avant-gardiste pour enregistrer « Bran Coucou », un album étonnant présenté dans un artwork signé Willy Ténia.Piniol Piniol est un poulain de l'écurie Dur et Doux, petit collectif très inventif spécialisé dans le rock in opposition.


La suite tout de suite :

MOBIUS EN STUDIO

  • Le 27/07/2021

Le groupe de métal progressif Mobius s'enfermait ce week-end à quelques kilomètres de Saint-Etienne, au studio La Forme Du Son , pour y enregistrer trois titres live.

Mobius logoPhoto design : Above Chaos


C'était la première fois que la formation au complet se réunissait dans un même studio et au même moment pour y enregistrer.

Ce "Live in studio" contiendra trois titres, qu'ils soient de Mobius ou traités à la sauce Mobius.

L'enregistrement des trois morceaux est signé Franck Defour (créateur du studio), qui mixera deux des trois chansons. Raphaël James, qui collabore avec le groupe depuis sa première démo, se chargera du mixage du troisième titre.

On attend les images de Jolyon Perret (https://www.j-prod.fr) qui a filmé la prestation.

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Discographie Mobius :

  • Demo (2013)
  • The Line (2016)
  • Kala (2020)

« Abinivesha », extrait de l'album « Kala » (2020)


Les Liens :

NOUVEAU CLIP POUR DEAD VENUS

  • Le 26/07/2021

LES SUISSES POURSUIVENT L'ANNONCE DE LEUR DEUXIEME ALBUM AVEC UN SECOND CLIP TOURNE SANS COUPURE ET PARTICULIEREMENT REUSSI.

Dead venus clip photo

Dead Venus a présenté le 23/07/2021 un single-clip réalisé en une seule prise (n'est-ce pas ce qu'on appelle la précision suisse ?), très astucieux dans sa mise en images. Ce nouveau titre, écrit par Seraina Telli (chant) s'intitule « Lily of the Valley ».

Ce morceau s'inscrit dans une série de quatre single que Seraina et ses camarades ont mis en place pour faire patienter leurs fans en attendant la sortie de leur second album, Ces titres font l'objet de quatre EP dont chacun contient des inédits, des live, ou des reprises. Cette série était initiée le 02/04/2021 par le clip « Flowers And Pain ».

Ce lot de CD collectors est proposé par correspondance par l'intermédiaire de la page Facebook du groupe. Chaque envoi est agrémenté de goodies. Un patch Dead Venus, puis une photographie dédicacée du groupe avec une petite clochette de muguet accompagnaient les deux premières expéditions.

Chronique d'album : NINE SKIES (Rock Progressif), «5​.​20» (2021)

  • Le 16/07/2021

Groupe : Nine Skies
Album : « 5​.​20 » (04/06/2021)
Genre : Rock Progressif
Origine : Nice
On aime : L'artwork, le son, l'homogénéité.

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • Nine Skies est un groupe niçois formé en 2012 par les guitaristes Eric Bouillette et Alexandre Lamia.
  • Nine Skies trouve sa source dans le rock, la pop, le jazz et la musique progressive.
  • A propos de l'univers musical du groupe, Eric Bouillette (guitare) déclare au webzine Lady Obscure :
    « On nous appelle souvent groupe "Progressif", mais je ne suis pas sûr que nous ayons choisi un genre spécifique. Bien sûr, nous aimons tous la musique progressive et beaucoup de nos influences sont classées comme prog, mais nous avons tous des influences diverses et écoutons beaucoup de genres différents : classique, métal, jazz… Peut-être que la signature progressive de notre musique tient dans la richesse de sa diversité ! »
    (https://ladyobscure.com)
  • Nine Skies sort « Return Home », son premier album, en 2017. Il est suivi par « Sweetheart Grips » en 2019.
  • En 2021, Nine Skies revient avec un nouvel album :

« 5​.​20 »

Nine skies artworkNINE SKIES, « 5​.​20 » (2021)

L'Album :

  • « 5​.​20 » est un onze pistes acoustique d'environ cinquante-et-une minutes.

  • Dans sa chronique, Le Deblocnot' rapporte la signification du titre de l'album qu'il tient de la claviériste Anne-Claire Rallo  :

  • « Le bassiste du groupe, Bernard Hery, n’a pas été baptisé avec des aiguilles de montres, pour dire plus simplement, il est toujours en retard que ce soit au niveau des horaires ou des démarches administratives. Le jour du concert du "Prog en Beauce", sachant qu’il ne serait pas à l’heure et qu’il y avait le trajet à faire dans la journée, le groupe lui mit la pression de façon si importante qu’il arriva le premier à… 5h20 du matin. "C’était tellement miraculeux que voila… on lui a promis d’appeler l’album ainsi." (dixit Anne-Claire). »
    (retrouvez cette chronique en intégralité sur http://ledeblocnot.blogspot.com/2021/06/nine-skies-520-2021-par-pat-slade.html)

  • La pochette de l'album est une reproduction partielle de « Call The Doctor », un tableau que le  peintre de l'absurde Michael Cheval a réalisé en 2020.

Nine skies call the doctor

  • A propos du format acoustique de « 5​.​20 », Alexandre Lamia expliquait à Rock'N Force :
    « Nous avons toujours été touchés par les instruments, les vrais. Et nous voulions le concrétiser dans cet album purement acoustique, et expérimenter ce qu'il est possible de faire avec les instruments que l’on utilise tous les jours, sans artifice, et sans alternative. »
  • (Retrouvez l'interview complète sur https://rocknforce.com/nine-skies-des-paradoxes-qui-prennent-sens-interview/)
  • Les textes sont signés Anne-Claire Rallo (piano), qui poursuit parallèlement une carrière d'écrivain (Anne-Claire Rallo - Ecrivain).
  • Steve Hackett (Genesis), son frère John, et Damian Wilson (Treshold, Headspace) ont contribué à l'album.

  • Nine Skies a sorti le même jour deux albums : « 5​.​20 » et « Live @ Prog en Beauce », ce qui a été rendu possible par le succès de la campagne de financement de l'album « 5​.​20 ».
  • Enregistré par le groupe, « 5​.​20 » est mixé et masterisé par Alexandre Lamia, l'un des guitaristes de la formation.

Les Critiques :

  • « Définitivement une mine d’or ! »
    https://progcritique.com
  • « L'élégance et la beauté pure de ce disque appellent de nouvelles écoutes et, à chaque fois, de nouvelles subtilités apparaissent. »
    https://www.dragonjazz.com
  • « 5.20 est aussi beau qu'audacieux. »
    http://homecookingshare.com
  • « En quelques notes, vous avez devant vous un disque frais et sombre, élaboré et complexe, idéal en fait. »
    https://www.profilprog.com
  • « Tient-on là "The" disque de rock progressif français de l’année 2021 ? Encore trop tôt pour le dire mais l’œuvre est d’envergure, il faut bien l’admettre. »
    Prog censor

Notre Avis :

Immédiatement captivant, « 5​.​20 » est servi par une production qui met en valeur son format acoustique. Cette notion s'avère pourtant vite anecdotique tant on n'est pas en face d'un exercice de style. Certaines compositions peuvent d'ailleurs développer beaucoup d'intensité (« Above The Tide », « Smiling Stars »).


Les cordes sont pour l'oreille un véritable bonbon dont on peut abuser (« Golden Drops »).
Les guests, comme les trois pièces instrumentales, s'insèrent très naturellement dans un opus où règne l'harmonie.
Les lignes de chant à deux voix sont très belles.
On a pensé à Jethro Tull, à Marillion, mais ce n'est qu'une question d'ambiances, car cette  hydre à neuf têtes qu'est Nine Skies possède bien d'autres richesses.
En conclusion, « 5​.​20 » est un must, un album de prog' acoustique de toute beauté. A son écoute, le mordu du genre ne pourra que se laisser captiver comme le naja devant son charmeur de serpent. D'une belle musicalité,  « 5​.​20 » conviendra à toutes les oreilles, et on le recommande instamment. Il est disponible à partir de sept euros sur Bandcamp (lien in fine).

La Tracklist :

  1. Colourblind (6 :02)
  2. Wilderness (feat Steve Hackett 6 :04)
  3. Beauty Of Decay (instrumental 2:14)
  4. Golden drops (4:39)
  5. Above The Tide (4:16)
  6. Dear Mind (instrumental 6:26)
  7. The Old Man In The Snow (feat John Hackett 5:37)
  8. Godless Land (3:31)
  9. Porcelain Hill (Feat Damian Wilson 4:01)
  10. Achristas (instrumental 4:51)
  11. Smiling Stars (6:19)

Le Line-up de l'album :

  • Eric Bouillette (guitares, mandoline, violon)
  • Alexandre Lamia (guitares, piano)
  • Anne Claire Rallo (piano)
  • Aliénor Favier (chant)
  • Achraf El Asraoui (chant, guitares)
  • David Darnaud (guitares)
  • Bernard Hery (basse)
  • Fabien Galia (percussions)
  • Laurent Benhamou (saxophone)

Les invités :

  • John Hackett : Flûte
  • Steve Hackett : Guitares
  • Damian Wilson : Chant

Les Liens :

Chronique d'album : EKPHRASIS (Prog Jazz Metal), "Weird Interbreeding" (White Edition)" (2021)

  • Le 29/06/2021

Groupe : EKPHRASIS
Album : « Weird Interbreeding (White Edition) » (28/05/2021 - Unicorn Digital)
Genre : Prog Jazz Metal
Origine : Avignon
On aime : la virtuosité

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • L'univers musical d'Ekprhasis est un métal progressif mâtiné de larges influences, notamment tirées du jazz.
  • Ekphrasis est un projet de Benjamin Savariau (*) conçu initialement comme un one-man-band.
    (*) Endorsé par un grand nombre de marques de musique, Benjamin Savariau a notamment été, à l'âge de vingt-et-un ans, le plus jeune Français professeur de conservatoire. Il a  accompagné de très grands artistes de la chanson française.
  • En 2020, c'est donc seul qu'il écrit et interprète « Weird Interbreeding (Black Edition) », son premier album.

Ekphrasis1EKPHRASIS, « Weird Interbreeding (Black Edition) » (2020)

  • Encouragé par des critiques élogieuses, Benjamin Savariau décide de réenregistrer totalement « Weird Interbreeding », avec cette fois-ci Franck Hermanny (Adagio, Shawn Lane, Stephan Forté) à la basse, et Clément Pernet (Rio Mandingue, bESS) à la batterie. Samuel Diouf (Poulpe Friction) complètera le line-up en tant que clavieriste pour le live.
  • Cette nouvelle version sort le 28/05/2021. Elle s'appelle :

« Weird Interbreeding (White Edition) »

EkphrasisEKPHRASIS, « Weird Interbreeding (White Edition) » (2021)

L'Album :

  • « Weird Interbreeding (White Edition) » est un dix pistes d'environ une heure et sept minutes.

Notre Avis :

« Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage »...
Le perfectionniste Benjamin Savariau redonne vie à « Weird Interbreeding » dans une nouvelle édition totalement remaniée. On ne va pas vous refaire la chronique de cet album dont nous vous parlions l'année dernière. Nous le jugions « musicalement énorme et aussi périlleux que la course d'une caisse à savon lancée à pleine vitesse dans une descente bordée d'un côté par un mur et de l'autre par un ravin », et nous le classions « parmi les révélations les plus significatives de cette année 2020 ».
La nouvelle version de « Weird Interbreeding », qui marque la signature du groupe sur le label Unicorn Digital, est sans doute possible encore meilleure que sa soeur aînée. Sa production s'en trouve nettement améliorée. C'et donc vers elle que vous vous dirigerez sans hésiter pour découvrir ce groupe de prog virtuose qui met du jazz dans son métal.  Quant à ceux qui ont déjà la première mouture de « Weird Interbreeding », nous leur recommandons quand même de se pencher sur cette version revisitée, la différence justifie l'écoute.

Les Liens :

Chronique d'album : HELIUM STATION (Prog), "Sanctuary" (2021)

  • Le 17/06/2021

Groupe : Helium Station
Album : « Sanctuary » (21/05/2021)
Genre : Prog/AOR
Origine :Toulouse
On aime : Le songwriting, le chant, la guitare.

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • Helium Station est un projet conçu par Fabrice Lacourt, guitariste qui officiait dans le groupe de metal progressif Veda, formation qui rencontra un beau succès au milieu des années 2000.
  • En 2019, ce Toulousain fonde Helium Station, dans lequel il joue de tous les instruments à l'exception de la batterie, confiée à Ben Marmier.
  • Le chant est tenu par plusieurs interprètes.

Revenge Is Mine, avec Alexis Dimitriou au chant.

  • Au cours de cette même année 2019, Helium Station sort l'album « Flesh And Bone ».
  • En 2021 Helium Station revient avec un nouvel album :

« Sanctuary »

Helium stationHELIUM STATION, "Sanctuary" (2021)

L'Album :

  • « Sanctuary » est un onze pistes d'environ soixante-huit minutes.
  • Le mixage et le mastering sont de David Bergère.

  • Cinq chanteurs se relaient sur l'album : Marjorie Alias (Marge Covers), Natacha Kanga (NAYME), Yann Fabié, Alexis Dimitriou (Alexis D Music) et Yann Rousseau.

Praying For Me, avec Marjorie Alias au chant.

Les Critiques :

  • "Cet album, de par son irrégularité, perdra la plupart des auditeurs frileux face à tant de changements musicaux, les autres comme votre serviteur se régaleront d'un album de plus bourré de surprise et de pugnacité."
    https://www.pavillon666.fr
  • "Captivant, presque de bout en bout, Fabrice Lacourt et ses complices déclenchent un bel emballement."
    https://progcritique.com
  • "Un album riche d’influences rock, metal progressif, blues, funk et rock alternatif ponctué de solides pièces de bravoure instrumentale."
    https://leblogrock.fr

Moon Shine, avec au chant Yann Rousseau.

Notre Avis :

Fabrice Lacourt est sans conteste un guitariste talentueux - on n'a pas fait partie de Veda par hasard. Mais à l'écoute de ce nouvel album, il est clair qu'il est tout autant un excellent compositeur, doué d'une oreille sûre pour choisir ses partenaires.
Côté songwriting, il fait fi des genres et part les visiter comme s'il était chez lui. Prog, AOR, blues, soul, funk, néo-classique... tout y passe. On pense à Glenn Hugues, à Malmsteem, à Rush, à Toto... Et puis à Frédéric Slama, qui sait si bien choisir ses vocalistes dans un genre AOR, car les chanteurs présents sont tous parfaits dans l'exercice..
 La guitare, actrice principale de l'album, sait se mettre au service des compositions, mais peut aussi délivrer des soli chaleureux à tendance néo-classique, dont le son  fait  parfois penser à celui de Brian May.
Vous l'aurez compris en quelques lignes : « Sanctuary » est un disque très agréable, gorgé de bonnes mélodies. Il est à neuf euros sur Bandcamp (lien in fine) et vous veillerez à envoyer la facture à votre mutuelle complémentaire santé car « Sanctuary » est un album qui fait du bien, il n'est pas exclu qu'il vous soit remboursé
.

Heaven's In Your Eyes, avec Natacha Kanga au chant.

Les Liens :

 

 

Cling To Your Dream, avec Yann Fabie au chant.

Chronique d'album : Æthĕrĭa Conscĭentĭa (Black Prog'), Corrupted Pillars of Vanity (2021)

  • Le 17/04/2021

Groupe : Æthĕrĭa Conscĭentĭa
Album : Corrupted Pillars of Vanity (09/04/2021)
Genre : Black Metal Progressif
Origine : Nantes

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • Formé en 2016, Ætheria Conscientia est un quartet de black métal progressif.
  • Il regroupe des ex-membres de Edikara et Cosmic Storm.
  • Le groupe  joue du black metal,auquel il dit vouloir incorporer des éléments de rock progressif, de doom metal, de jazz et d'ambient. 
  • En 2018 sort son premier album, "Tales From Hydhradh".
    TalesÆtheria Conscientia, "Tales From Hydhradh" (2018)
  • Il plonge l'auditeur dans un univers de science-fiction tissé autour de la planète imaginaire  Hydhradh, sur laquelle l'humanité tente de survivre.
  • A propos de son nom, Ætheria Conscientia confiait à https://occultblackmetalzine qu'il est la traduction latine de «Conscience éthérée», "divinité adorée par les habitants d'Hydhradh et qui peut être interprétée sous de nombreuses formes différentes. La religion et la spiritualité sont donc assez centrales dans les thèmes évoqués dans nos histoires."
  • En 2021, Ætheria Conscientia revient avec un deuxième album :

"Corrupted Pillars of Vanity"

Artwork th r a consc ent a

Ætheria Conscientia, "Corrupted Pillars of Vanity" (2021)

L'Album :

  • Avec plusieurs pistes dépassant les dix minutes, "Corrupted Pillars of Vanity"  court sur une durée d'environ cinquante-six minutes en seulement cinq titres.
  • Il est mixé et enregistré par Frederic Gervais au Studio Henosis (Mysanthrope, ACYL).
  • Le récit développé initialement sur "Tales From Hydhradh" trouve sa suite avec "Corrupted Pillars of Vanity".
  • Comme pour "Tales From Hydhradh", l'artwork est signé par l'illustrateur Amaury Pottier.
    "Il se rapporte le plus aux chansons finales de l'album, formant le diptyque «Absurd Crusade», dépeignant l'arrivée des croisés dans les profondeurs d'Hydhradh, à la recherche de ce qu'ils croient être la réponse à toutes leurs questions, pour affronter les Kholoss, les gardiens aînés consacrés à l'Ætheria." (interview réalisée par https://occultblackmetalzine)
  • Chaque titre de l'album est ainsi illustré par un visuel.

Artwork aetheria 2

  • Deux membres du groupe ukrainien de black jazz metal White Ward sont invités sur les pistes 1 et 4.
  • "Corrupted Pillars of Vanity" existe en double LP coloré et en CD. Sa version numérique est à prix libre sur Bandcamp.

Lp colore

  • Si l'on en juge par le nombre de commentaires et de collections dans lesquels il figure sur Bandcamp, "Corrupted Pillars of Vanity" retient l'attention d'un public international.

Les Critiques :

  • "Une œuvre complexe et déroutante mais totalement hypnotique."
    https://www.eklektik-rock.com
  • "Une autre grande sortie de France, agressive et mélodique à parts égales. C’est atmosphérique et intrigant."
    https://theprogspace.com
  • "Un album très diversifié et très riche, qui propose une suite à ce fantastique récit créé de toutes pièces par un groupe en pleine ascension."
    https://actainfernalis.com

Notre Avis :

Et de deux pour Ætheria Conscientia qui, après une très belle intro de trois minutes, violente nos papilles auditives à coups de black, tempéré il est vrai par des passages de saxo jazz ou ambients ("The Corrupted Sacrament"). L'ensemble donne un opus très intéressant sur lequel le prog' prend le pas. Parvenant à garder ses morceaux à rallonge parfaitement digestes, jouant parfois de la dissonnance ("Asporhos’ Altering Odyssey"), "Corrupted Pillars of Vanity" est servi par un son exempt de reproches, alignant de belles phases de guitares et de percussions. "Corrupted Pillars of Vanity" est donc un bel ouvrage, dont la qualité et l'orientation méritent d'être saluées. Il est capable d'emporter un public prog' exigeant. On souligne que sa version numérique est à prix libre sur Bandcamp, alors lâchez-vous !

Le Line-Up :

  • Alexis Pascal : Basse
  • Paul Breheret : Batterie, percussions, chant 
  • P.A. Cantat : Guitare
  • Tristan Brachi : Guitare, chant

Invités :

  • Simon Chatteleyn : Saxophone, chant, percussions
  • Andrii Pechatkin (White Ward) : chant sur "Asporhos’ Altering Odyssey"
  • Dima Dudko (White Ward) : Alto Saxophone sur "Elevation in Arrogance"

La Tracklist :

01. Asporhos’ Altering Odyssey
02. The Corrupted Sacrament
03. Liturgy For The Ekzunreh
04. Absurd Crusade Part I : Elevation In Arrogance
05. Absurd Crusade Part II : Collapse In Penance

Les Liens :

Chronique d'album : GRORR (Metal Prog), Ddulden’s Last Flight (2021)

  • Le 15/04/2021

Groupe : Grorr
Album : Ddulden’s Last Flight (26/03/2021)
Genre : Prog Metal
Origine : Pau

Par Ahasverus

Le Groupe :

  • Grorr est un groupe palois formé en 2005.
  • Affectionnant les concept-albums, il mixe dans sa musique des éléments progressifs, math rock et métal avec des instruments traditionnels.
  • Après une démo cinq titres (2008), Grorr présente son premier album en 2011. Il s'appelle "Pravda".
  • L'année suivante sort "Anthill", un concept-album racontant la vie d'une fourmilière, de l'éveil du printemps à la révolution.
  • En 2014, Grorr présente l'album tripartite "The Unknow Citizens", d'après un poême de W. H. Auden écrit en 1939.
  • Pour mettre en images ces deux derniers albums, Grorr fait appel au très créatif Médéric Grandet, musicien/vidéaste qui s'est notamment illustré par des concerts donnés sous structure à 360° baptisée "organodrome". Deux clips d'animation naissent de leur collaboration : "We-Legion" et "The Worker - You Know You're Trapped".
  • En 2017, avec Laniakea, Psygnosis, Igorrr et Empyrium,  Grorr est à l'affiche du Metal Oper’Art donné à l'opéra de Strasbourg et retransmis sur Arte Concert.
  • En 2020, Grorr présente un single de deux titres, "II". Ces morceaux seront repris en bonus sur le quatrième album du groupe...

"Ddulden’s Last Flight"

L'Album :

  • Ddulden’s Last Flight est un huit titres d'environ trente-six minutes.
  • Comme "Anthill" et "The Unknow Citizens", il sort sous label suédois ViciSolum Productions.
  • L'artwork est l'oeuvre de la dessinatrice Emilie Tarascou  (http://www.emilietarascou.com). La musique n'est pas étrangère à cette illustratrice qui s'était notamment produite avec Simon Kansara dans un concert dessiné à Oloron en 2020.

GrorrGRORR - "Ddulden’s Last Flight" (2021)

  • Ddulden’s Last Flight reçoit un très bon accueil critique. Il a notamment été chroniqué en Grande-Bretagne, en Norvège, en Allemagne et en Espagne, démontrant le potentiel international de Grorr.

Les Critiques :

  • "Une œuvre captivante qui nous entraîne sans jamais nous lâcher."
    http://www.radiometal.com
  • "Nous sommes face à un chef-d'œuvre du métal progressif."
    https://www.untilthelighttakesyou.com
  • "Un disque intrigant sur lequel Grorr a savamment mélangé métal / rock progressif avec une scénographie symphonique."
    https://www.metalutopia.com
  • "Grorr a le talent non seulement de mettre des émotions en musique, mais aussi de peindre des images vives dans l'esprit."
    https://www.soundmagnet.eu
  • "Quand le générique de fin défile sur l’écran, le cœur est encore serré et les flots d’endorphine encore bouillonnants dans nos veines."
    https://www.coreandco.fr
  • "Une excursion merveilleuse, stimulante et divertissante pleine de créativité et de grandes émotions."
    http://powermetal.de

Notre Avis :

Après deux albums de très haut niveau, Grorr revient et installe à nouveau ses ambiances particulières dans un album qui rassurera ses aficionados dès le premier morceau.
Le son est d'une belle amplitude, et les structures peu prévisibles affichent une grande richesse sans cesse renouvelée. L'énergie rejoint le foisonnement, et le son métallique s'affirme parfois plus  particulièrement ("Sirens Call"). Le chant singulier de Franck Michel fait merveille et captive ("Sirens Call", "Last Flight"). Avec "Anthill" et "The Unknow Citizens", Grorr avait placé la barre très haut, et l'on pouvait légitimement se demander si la suite serait à la hauteur.  La réponse est oui, et on passe large. L'univers de Grorr se fait même plus perméable. Force est de reconnaître que la formation n'a rien perdu de sa verve et qu'elle réussit à nouveau à nous délivrer un album d'une qualité confondante, un de plus dans la panoplie d'un groupe qui fait partie des porte-étendards du prog' français.

Le Line Up :

Franck Michel – chant
Yoann Estingoy – guitare
Sylvain Kansara – samples, claviers, instruments traditionnels
Christine Lanusse – basse
Jeremy Chabanaux – batterie

Grorr line up

La Tracklist :

01. Ddulden Dreams Beyond The Peak
02. Sky High Streaming
03. Hit The Ground Streaming
04. Sirens Call Streaming
05. Ddulden Flies To His Fate Streaming
06. Blackened Rain Streaming
07. Newborn Whirlwind Streaming
08. Last Flight Streaming
09. Orang Lao (bonus)
09. The Painter (bonus)


Les Liens :

Chronique d'album : NAWATHER (Métal Oriental), "Kenz Illusion" (2021)

  • Le 26/02/2021

Groupe : Nawather
Album : Kenz Illusion (27/02/2021)
Genre : Métal, Prog, Oriental, Death...

Origine : Tunisie

par Dam'Aël 

 

Nawather - le groupe

LE GROUPE :

Nawather est un groupe de Metal oriental tunisien fondé en 2013 par Hichem Ben Amara à la basse ( Melmoth, ex-Out Body Experience), Saif Ouhibi à la batterie (Xtazy, Myrath), Yazid Bouafif (Guitare), Nidhal Jaoua (Qanûn), Raouf J Occulta (Chant) et Ryma Nakkach (Chant), fortement influencé par des formations telles que  Orphaned Land, Opeth ou My Dying Bride. Outail Maaoui et Riadh Sioma rejoignent le groupe avec leur violon pour l'enregistrement de ce nouvel opus, suivi par Nabil Garsi aux percussions.
La chanteuse Ryma foule les planches dès l'âge de cinq ans posant déjà son talent de vocaliste sur des chansons folkloriques tunisiennes. Cet instant marquera à jamais son esprit, imprimera au plus profond de son être cette passion pour la musique et orientera desormais sa vie. Elle fréquente le conservatoire jusqu'à l'âge de douze ans et sera au passage, un an plus tôt, hâpée par la découverte du Metal. Quelques pièces du puzzle sont déjà en place pour la suite. A noter que de surcroît, la jeune Tunisienne joue un peu de violon, une corde supplémentaire à son arc... (https://www.metalmadtv.com/post/nawather-l-interview-avec-saif-ryma)
Saif découvre Sepultura en 1995. Un véritable safari (nooon pas dans le désert !) s'offre à lui et il y adhère au tempo qu'il mène à la baguette comme tout bon drummer metalleux qui se découvre. Nirvana, Metallica (qu'il considère comme une véritable "ère Metallica"  dans l'histoire de la musique Metal), le Black Metal... "...toutes ces sections rythmiques nous ont aidés à créer notre musique..." dixit Saif  (https://www.metalmadtv.com/post/nawather-l-interview-avec-saif-ryma). Le batteur du groupe se défend de faire du Myrath ( Middle Eastern Folk/Progressive Metal - Tunisie) dont il est membre, pas plus que du Orphaned Land (groupe israélien - Doom/Death/Middle Eastern Folk Metal (au début); Middle Eastern Folk/Progressive Metal plus tard). Nous pourrions aussi les rapprocher de Sand Aura (Egypte - Progressive Metal with Middle-Eastern Folk influences), voire  Acyl  (France - Progressive/Middle Eastern Folk Metal).
Le nom Nawather vous intrigue... il s'agit d'une gamme en musique orientale dont s'est inspiré le groupe pour choisir son patronyme.

 

LEUR MUSIQUE : 
La formation tunisienne a cette idée un peu originale issue de ses racines,  d'introduire un instrument à cordes pincées faisant partie de la famille des cythares sur table, le Qanûn. Et cet instrument  joue un rôle à part entière dans leur musique, lui donnant ainsi la saveur orientale d'un métal très identitaire. Aucun doute que cet héritage culturel investit leurs compositions, n'en faisant pas uniquement une toile de fond mais bien une part incontestable dans la construction instrumentale et tout autant vocale ; une fusion culturelle et musicale sur des plages souvent alternées, ne noyant ni l'une, ni l'autre.
On notera que le qanûn est considéré comme l'instrument-roi  des instruments arabes utilisés dans la musique classique tunisienne et que l'on nomme  «malouf».
 Nawather offre ainsi une musique qui se caractérise par une alternance de musique orientale authentique et de Metal  prennent racine dans le Death, le Doom et autres. C’est une sorte de rencontre culturelle  qui pourrait se décrire comme une sublime recette alliant avec beaucoup d'intelligence chant lyrique féminin à la voix claire et au chant lourd d’une voix masculine. Une double dualité donc : l'une musicale, l'autre vocale du plus bel effet,  soigneusement combinées et dressées, tel un plat proposé par un grand restaurant,  grâce au mixage et au mastering de Fredrik Nordström (Dimmu Borgir, Arch Enemy) qui subliment cette galette très exotique. Un voyage réussi sans quitter son sofa largement écrasé depuis des mois par cette sédentarité obligée...

A partir de là, chacun des membres apporte sa touche pour initier les nouvelles compositions puis sous la patte experte du bassiste, l'instrumental émerge pour être ensuite complété par les lignes de chant de Ryma. Les textes sont écrits par Raouf Jelassi, Souhir Jadli et Wajdi Manai

 

 

                                                                                   Kenz Illusion

Nawather - Kenz Illusion - 26/02/2021

L'ALBUM :

  L'album dix titres "Kenz Illusion" nous offre plus de quarante-sept minutes de ce subtile mélange de folklore venu tout droit du Maghreb qui se téléscope avec l'univers du Metal provoquant une véritable magie dont les effets collatéraux  sont une osmose musicale parfaite. Une drôle de révolution qui a sans doute pris ses racines et s'inspire des évènements liés au "Printemps arabe", mouvement inédit de contestation rapidement propagé durant le printemps de 2011 au Maghreb et au Moyen-Orient : les populations protestant à la fois contre la pauvreté et le chômage, contre la tyrannie et la corruption des gouvernements autoritaires installés au pouvoir depuis des décennies. Nawather ayant vécu ces évènements s'engage à travers ses textes  et devient comme un porte-parole de cette jeunesse qui ne veut plus à avoir à lutter contre  une réalité très amère, opressante et tyranique. Ayant gagné en liberté, la formation en profite pour décider de l'orientation de sa musique clamant des paroles d'espoir, exprimant avec douceur ou rage cette liberté conquise sur fond de sang et de hurlements, lâchant chevaux et watts sans chaines aux pieds ni mains, ne conservant que celles qui les lient à ce Metal salvateur. Et si nous voyagions dans ces terres devenues plus calmes... je vous invite à nous engager sur une piste tunisienne, genre tourisme musical.


1. "Treasure Chest"


Une introduction à la flûte de pan invite au voyage sur les mille et un sillons de cette galette nawatherienne, devrais-je plutôt dire sur la mtabga folklométalleuse tunisienne, faisant surgir comme un mirage cette voix claire, douce, ensorcelante. Sors de cette léthargie ! batterie martelante et rythmiques énervées se chargent de ce réveil, bien complétées par le growlement du chanteur. Vous l'avez compris, le ton est donné et ce titre aiguise notre curiosité. On note, en plus de cette alternance voix claire et chant guttural, une alternance de textes chantés en arabe et en anglais.

                                         

2. "Breath Of Jasmin"

Je n'ai pas les paroles mais j'imagine aisément l'allusion qui doit être faite à cet évènement  de 2010/2011 et cette bouffée d'oxygène ainsi générée, saupoudrée du doux parfum du jasmin emblématique. Ce titre est très mélodieux d'autant que les violons (à la Orphaned Land) apportent une note de douceur et une pointe épique et très folklorique.  Cette imbrication metal et folk tunisien est une gourmandise à consommer sans modération.  Un véritable oasis instrumental purement arabe ponctue (1'57) le titre avec un solo des plus judicieux et se plaît à en faire  aussi son outro. Les guitares font monter la température avec intelligence sans passer par la case Guitar Hero.  Poursuivons notre voyage...

3. "Money Slave"

 Money Slave est encore un parfait exemple d'une belle combinaison entre deux voix, une claire et une saturée,  entre les instruments traditionnaux et plus métalleux, entre des techniques de la musique brutale et de celles qui inspirent la tradition tunisienne. Les mélodies sont harmonieuses, les guitares efficaces sans en faire trop s'articulent tantôt en duo, tantôt en dialogue se répondant mutuellement ;  le tout laisse une part belle au folklore, très bien suppléé par le duo basse / une batterie. 

J'aimerais  savoir qui a fait les choeurs gutturaux en support au chant saturé et sombre de Raouf : Lui-même ou Ryma ?

4. "Falleg"

Falleg est le premier titre qui a fait l'oblet d'un video-clip dirigé par Ahmed Khanfir, sorti le 27 janvier dernier et qui, en quatre semaines a généré plus de 21.300 vues sur la seule plateforme YouTube. L'ambiance "arabesque" de départ est completée sur les trente premières secondes par de subtiles percussions en soutien à la rythmique et qui mettent en évidence un souci de recherche dans la composition des morceaux et plus particulièrement dans celui-ci. Je suppose que ces percussions additives ont été jouées par Nabil Garsi, percussions que l'on retrouve dans les toutes dernières secondes de Falleg.  Excellent titre qui vous entraine dans un headbanging dès l'entrée de Raouf, dans lequel la basse vrombissante joue une belle part dans l'instrumental, bien secondée par l'ensemble des percussions dont la batterie qui martèle fort avec sa tonitruante double pédale. Belle prouesse.

 

5. "The Winter Serenade"

Autre très belle prouesse, cette sérénade d'hiver entrainante et dynamique dont le groove vous embarque illico presto, passeport vaccinal ou pas en poche. La voix de Ryma est superbement travaillée et vous embarque, tel le vent du sahara, au-dessus et loin de ces terres nourricières. L'instrumental est une pure merveille résultant d'une imbrication au micron près de ces différents instruments pouvant être si diamétralement opposés. Le Qânum reste l'ami fidèle de cette orchestration des plus réussies. 

6. "Yamira"

ça court, ça groove, tout en ne lâchant rien de son côté folkorique et traditionnel, Yamira (sous la pression du parrain) est très largement plus Metal, associant tel une orfèvrerie suisse les instruments de la pure tradition arabe avec ceux de l'univers incisif du Metal et un clavier très présent : la parfaite alchimie qui aurait pu paraître improbable. Un envol long courrier proposé par la compagnie Nawather .

7. "Khatwa"

Au même titre que les six titres précédents, vous le constaterez, ainsi que les les deux suivants, Khatwa s'introduit avec un instrumental folk vite rattrapé par son acolyte de scène, le metal et ses riffs heavy, ciselés, incisifs, treillis solide pour soutenir la force et la lourdeur des grondements du roi Raouf. Quand l'alchimie investit les murs du studio de Nawather, c'est du solide.

8. "Kings Cards"

J'ai sans doute trop peu parlé des guitares, aussi Kings Cards m'en donne l'occasion. Nawather a voulu ce parfait mélange qui relève d'une mixologie musicale de haut niveau. Les guitares l'ont bien compris ; leurs présences sautent à nos écoutilles plutôt averties en apportant la, disons plutôt, les jolies couleurs musicales des deux six cordes au tableau Kenz Illusion. Elles ont su garder la place optimale nécessaire à l'harmonie de cette fresque musicale qui allie, on le rappelle, le traditionnel folk tunisien et la sévérité du Metal lourd et vénère. Le Metal peut s'exprimer dans la langue germanique, on le sait tous, langue que Rammstein manie évidemment avec perfection. Et bien tenez-vous bien Ryma, qui alterne depuis le début de cet opus, l'arabe et l'anglais, nous envoie un message court ( deux phrases) dans ce langage d'outre-rhin. Nawather est décidé à en découdre avec l'internationnal, vous l'aurez compris. Et pour ceux qui ont envie de faire travailler leur imagination, Kings Cards propose des passages construits façon valse, oui écoutez bien... imaginez une valse à quatre temps sur le sable chaud saharien à la nuit tombante....

9. "The Wind Of Death"

Une petite brise mid-tempo sur délicieuse basse/batterie vient nous lécher... Le Qânum ne s'en prive pas. 

10. "Immortal Greed"

Immortal Greed est le seul morceau de cette galette qui attaque direct dans l'énergie d'un metal.  Les ambiances y sont assez variées, frôlant presque le symphonique si les violons s'étaient invités. La batterie ne lâche rien et sait  marquer la frappe quand il le faut tout en reprenant une rythmique binaire qui laisse l'espace libre aux instruments plus traditionnels.

 

L'album est enregistré par Hichem Ben Amara aux Hawala Studios (Tunisie), "Kenz Illusion" a été mixé et masterisé par Fredrik Nordstrom (Dream Evil) au Studio Fredman (Suède). L'artwork   a été confié à Giannis Stergiou de dtopgraphics. 
Le disque est disponible sur  Believe pour la version numérique, ainsi que sur Season of Mist pour l'édition physique (CD) dès le 27 février 2021 en France et le 28 février dans les pays du Maghreb. Des diffusions à l'internationale sont déjà prévues.

 

Discographie

8 janvier 2016 : "Wasted Years" 9 titres   M & O Music

 

 

LA PRESSE EN PARLE :


"Le metal oriental est bien trop méconnu en France et c’est bien dommage, certaines pépites valant le détour. Nawather en fait partie et la sortie de leur nouvel album, Kenz Illusion, ne devrait pas rester inaperçue bien longtemps..." https://www.emaginarock.fr/2021/chroniques/musique/kenz-illusion-nawather/


"男性デス・ボイス、女性クリーン・ボイスのツイン編成かつ、アラブ音楽で伝統的に使われる撥弦楽器カーヌーン奏者擁するチュニジア産プログレッシブ・デス/オリエンタル・メタル・バンドの21年作2ndアルバム。カーヌーンをメインとしたアラブ音楽独特の音階やメロディ、モダン・テイストあるプログレ・メタル・サウンドなど様々な要素がクロスオーバーをしている。スタイルは違うがTHE HUみたく国有の音楽をこれでもかっというくらい詰め込んだ中毒性ある1枚に仕上がっている。" pour nos amis Japonais, l'album étant diffusé au Japon. https://diskunion.net/metal/ct/detail/HMHR210114-301


"Avec Kenz Illusion Nawather propose un second album surprenant mais qui possède de grandes qualités tant dans la composition que dans sa réalisation. Le metal oriental a de beaux jours devant lui si des groupes comme celui-ci continuent à émerger dans nos contrées !"
 https://www.emaginarock.fr/2021/chroniques/musique/kenz-illusion-nawather/


 "... là ou Myrath ne faisait qu’effleurer les sonorités arabisantes, Nawather, lui, fonce tête baissée, créant un mélange détonnant et inédit, comme si la world music se mettait soudainement à copuler frénétiquement avec le heavy metal..." https://www.soilchronicles.fr/chroniques/nawather-wasted-years

 

NOTRE AVIS :

Avec ce second opus "Kenz Illusion", Nawather a fait un  pari surprenant pour beaucoup d'entre nous en mêlant une musique moderne testostéronée et sonorités traditionnelles du nord de l'Afrique. Un mélange couillu du plus bel effet qui sait aussi y intégrer charme et douceurs grâce aux ambiances exotiques et à la voix ensorcelante de Ryma. La construction des compositions sait faire la part belle aux ambiances alternant des plages plus calmes qui invitent au voyage et des passages beaucoup plus énervés qui participent à tout un chacun à s'engager dans un éventuel headbanging. Nawather sait allier ses deux mondes très différents sans laisser l'un prendre le dessus sur l'autre. Aucun effet belliqueux qui viendrait écraser la tradition ou la modernité. D'ailleurs leur musique est un excellent rendu instrumental moderne et ouvert d'esprit. La production réalisée par Fredrick Nordstrom (Studio Fredman) est un vrai travail d'orfèvrerie suisse, enfin en l'occurence plutôt suédoise d'ailleurs, qui a su maintenir une texture à la fois rugueuse et cotonneuse, sans noyer le tout dans une compression qui rend malheureusement quelquefois les galettes insipides. La qualité du mixage et du mastering s'allie à celle de l'orchestration que nous offre Nawather. Des breaks subtilement placés pour tenir en haleine sans aucune difficulté l'auditeur durant ses quarante-sept minutes. Les mélodies et les lignes de chant sont très agréables à écouter ; elles ne vous perdent pas en cours de route mais vous accompagnent sans aucun ennui jusqu'à la fin de cette Mtabga. D'ailleurs on aurait plutôt envie de se resservir... accompagné de houblon ou de thé à le menthe, ou pourquoi pas les deux dans un cocktail détonnant à la mode de Nawather...

Avec Carthagods, Myrath et Cartagena, Nawather font partie de ces groupes susceptibles d'exporter avec panache le métal tunisien jusqu'au fin fond d'îles qui restent à découvrir car ce folklore oriental se conjugue à merveille avec le Metal. L'alternance de passages chantés en arabe apporte la preuve irréfutable que le métal ne connaît aucune limite.

Nawather

 

LES LIENS :  

https://www.facebook.com/nawather.official
http://nawather.com/
https://nawatherofficial.bandcamp.com/album/kenz-illusion
https://twitter.com/nawatherband
https://shop.season-of-mist.com/nawather-kenz-illusion-cd

 

 


 

Chronique d'album : NaKhArA (Prog/Death), The Procession (2021)

  • Le 17/02/2021

Groupe : NaKhArA
Album : The Procession (07/02/2021)
Genre : Prog/Death
Origine : Rambouillet

Par Ahasverus


"The Procession" est à placer aux côtés des nouveaux Psykup et Loudblast, en se disant que le métal français est en forme et qu'il a de beaux jours devant lui.


Nakhara artwork


Le Groupe :

  • NaKhArA est le nouveau projet de Simon "Saïmon" Thevenet, l'un des fondateurs de Pitbull In The Nursery.
  • "NaKharA défend un métal frais, brut et franc brassant divers ingrédients empruntés aux classiques, tels que le Doom, le Black Metal ou le Tech Death", dit la bio. Il combine également des éléments progressifs et éthniques, n'hésitant pas à truffer son métal de sitar, de guitare classique ou d'accordéon.
  • A propos du nom du groupe, Simon explique :
    "Je cherchais un nom, mais tout était souvent déjà pris ou manquait d’originalité. Je suis donc parti sur le mot « Nacarat », une couleur entre le rouge et le orange. J'ai changé l’orthographe, pour le rendre plus abordable, en  « Nakara » et j'ai dû ajouter un "h" au milieu car le nom était déjà utilisé par un groupe de punk brésilien. Du coup, le final est « NaKhArA », qui est aussi une ville russe. Mais ça n’a aucun rapport avec celle-ci !"

L'Album :

  • "The Procession" est un huit titres d'un peu moins de trente-huit minutes.
  • Son artwork est signé Michal Piotr Wowczuk Augustynowicz (https://www.instagram.com/mwmotion/).
  • Guitare, basse, sitar, tous les instruments présents sur l'album, ainsi que le chant, sont tenus par Simon "Saïmon" Thevenet. "Il y a juste la drum que j’ai programmée car je n’ai pas le niveau", précise-t-il.
  • Djahal et Baloo apportent également leur contribution à l'opus. Simon explique : "Ce sont deux amis de longue dates qui jouent dans un groupe de rock nommé Dirty Species. Je leur avais demandé de poser sur une musique chacun (du moins un passage) en leur laissant carte blanche."
  • La sortie de l'album a été précédée par le clip "Commination" :

  • Enregistré au NaKharA Studio à Rambouillet (78) et masterisé au Dark Wizard Studio par François Ugarte, "The Procession" est une autoproduction.

Notre Avis :

Voici une sortie dont la faible couverture médiatique prouve que médiatisation et talent sont deux choses différentes, bien qu'il serait souhaitable que l'une accompagne l'autre.
Publié en toute discrétion, ce premier
NaKhArA propose un métal prog/death mêlé de sonorités orientales, extrême-orientales ou espagnoles (le côté flamenco de 7th "Sense - Creative Destruction"). Sombre, il laisse pourtant entrevoir le ciel, mais un soleil noir le baigne. Et si "The Procession" est incontestablement cohérent et homogène, il réussit à vous faire lever le sourcil, comme si votre chauffeur n'empruntait pas le chemin habituel pour rentrer à la maison. Au hasard d'une piste, un carousel à la Tim Burton se dévoile au son d'un accordéon qui n'était pas là avant ("All These Voices"). "The Procession"  maintient vos sens en éveil. Il réussit le tour de force de conjuguer diversité et unité à l'intérieur d'une galette à la maturité évidente. Considérons enfin l'étrange pochette. Elle vous plaît ? Elle reflète parfaitement l'album : moderne, inspiré, abouti, sombre, mystérieux et  éthnique, "The Procession" est à placer aux côtés des nouveaux Psykup et Loudblast, en se disant que le métal français est en forme et qu'il a de beaux jours devant lui.


"The Procession" piste par piste, expliqué par Simon "Saïmon" Thevenet :


Chaque piste défend un thème original, s’inscrivant résolument en rupture totale avec les poncifs du genre, partant d’un constat pessimiste sur l’état de notre monde (Commination), pour aller explorer les horreurs du génocide Rwandais (Grey Sky) en passant par les abîmes de la schizophrénie (All these Voices) et la peur viscérale des éléments (Submerged ).

  1. Commination : c’est plutôt le constat d’échec de l’évolution de l’humanité et la manifestation naturelle ou sociétale d’une communauté qui dégénère.
  2. The Procession : une sorte de métaphore du passage de la vie vers la mort en imaginant un individu contemplant une sorte de cortège funeste passant par son chemin.
  3. Until The End : raconte que la tune prévaudra tristement jusqu’à la fin malgré le fait que plein de gens défendent d’autres valeurs.
  4. All These Voices : la schizophrénie à travers un personnage qui raconte ses voix.
  5. 7th sense - Creative Destruction :  met en gloire Shiva, le dieu de la destruction créatrice.
  6. Grey Sky : aborde le génocide rwandais.
  7. No Justice No Peace : traite des injustices en fonction que l’on soit riches ou pauvres.
  8. Submerged : l’histoire d’un gardien de phare en pleine tempête.

Les Liens :

 

Exanimis : Le maître des marionnettes (interview)

  • Le 16/02/2021

Exanimis. Formation du grand-est qui doit autant à la scène death et au prog' qu'aux musiques de films.
En attendant de découvrir "Marionnettiste", un premier album très ambitieux qui sortira en mars 2021, nous vous proposons de faire un peu mieux connaissance avec ses géniteurs, Alexandre Dervieux (chant, guitare), Julien Marzano (Guitare) et Julien Prost (Basse), au travers de cette interview.

Groupe 1


"Nous souhaitons que les gens nous découvrent avec le concept le plus abouti possible, et laisser derrière nous un album qu'on pourra ré-écouter dans quelques années et en être toujours fiers."


Bonjour Exanimis. Ce nom vient du latin. Qu'est-ce qui vous a intéressé dans sa représentation ?
Alexandre (chant / guitare) :
Bonjour Ahasverus et merci de nous consacrer cette petite interview ! Notre nom vient en effet du latin et signifie littéralement "sans vie"... Le but était de trouver un nom qui incarne l'idée d'un être dépourvu de vie ou d'âme, comme peuvent l'être les marionnettes (ce qui rejoint le concept de l'album) et comme le sont les personnages que nous incarnons dans notre premier clip ainsi que lors de nos futurs concerts.

Logo exanimis texture

Le 05/03/2021 sortira "Marionnettiste", votre premier album. Quel public peut-il toucher ?
Alexandre : La plupart des fans de Death Metal ou de musiques extrêmes en général peuvent y trouver leur compte. Bien évidemment, notre musique parlera d'avantage aux fans de groupes comme Fleshgod Apocalypse ou SepticFlesh. Elle pourrait également intéresser les amateurs de musique progressive.
Julien P (Basse) : Je dirais, globalement, les fans de musiques extrêmes, musiques de films et jeux vidéos. Mais il ne faut pas oublier que nous venons du prog et c'est quelque chose qui, je pense, se ressent aussi dans notre musique.

"Notre influence cinématographique vient des films avec lesquels nous avons grandi."


Vous êtes issus de la Music Academy International de Nancy, qui laisse dans son enseignement musical beaucoup d'espace  au cinéma. L'influence de cet établissement a-t-elle été prépondérante sur l'univers d'Exanimis  ?
Julien P :
Sincèrement je ne pense pas, en ce qui me concerne tout du moins. Dans le cursus que nous avons suivi il était surtout question de musiques actuelles ; la musique de film au sens où on l'entend n'y était pas enseignée, ce qui ne nous a pas empêché d'étudier les partitions de compositeurs célèbres comme Elfman ou Shore, qui sont des sources d'inspiration quasiment illimitées. Mes influences dans ce domaine viennent surtout des films, dessins animés et jeux vidéos qui m'ont énormément marqué.
Alexandre : Étant tous les trois sortis diplomés du cursus "musiques actuelles" de l'école, nous n'avons pas eu la chance d'assister aux cours réservés au cursus "musique de film/musique à l'image". Notre influence cinématographique vient plus des films avec lesquels nous avons grandi, les BO de John Williams, Danny Elfman ou Howard Shore.
Julien M (Guitare) : La MAI nous a surtout apporté les clés pour comprendre l'harmonie et nous a inculqué une rigueur technique pour composer et jouer notre musique.

exanimis

Les compositions sont d'une grande richesse, j'ai d'ailleurs imaginé qu'elles étaient le fruit d'un travail collectif et que leur squelette s'était  étoffé avec  le temps. Pouvez-vous revenir sur  votre processus de création ?

Alexandre : Nos morceaux partent en général d'une idée, d'un concept ou d'une histoire à illustrer. Julien Prost et moi-même nous partageons ensuite la majeure partie de la composition, en commençant toujours par la section Metal (Guitare/Basse/Batterie), puis l'arrangement orchestral vient se greffer dessus, même si avec le temps et l'expérience, les deux sections finissent par progresser de concert pendant le processus d'écriture. Vient pour finir l'écriture des paroles et des lignes de chant.
Julien P : Effectivement c'est un travail partagé, Alexandre et moi avons une manière très différente de travailler mais finalement on se complète . Il préfère partir d'un thème, d'une ambiance ou d'un concept alors que moi je préfère démarrer sur quelque chose de plus concret comme par exemple un riff de guitare, une mélodie ou un gimmick orchestral. Une fois que j'ai une vision globale de ce que je veux, j'y associe un concept.

"Les morceaux s'enchaînent comme une série de visions cauchemardesques."


Un mot justement sur le concept de l'album et sur votre état d'esprit lors de son écriture ?
Alexandre : Le concept global de l'album est l'idée de manipulation, de se faire contrôler par quelque chose de plus grand/puissant que soi, telles des marionnettes ! L'idée est que les morceaux s'enchaînent comme une série de visions cauchemardesques où l'on suit des personnages subissant cette idée. 
Dans "Cogs, Gears & Clockworks" par exemple, c'est le temps qui passe, incarnant la mort qui nous guette à chaque instant, et la peur manipulatrice que cela peut entraîner, qui sont mis à l'honneur. 
 
"Cogs, Gears & Clockworks", le clip, est un vrai mini-métrage autour d'une comptine macabre...
Alexandre : C'était exactement l'idée que nous avions en tête pour notre premier clip ! Nous sommes vraiment très fiers du résultat et du travail qu'ont accompli Tom Capron (le réalisateur) et son équipe. Nous n'avons eu pour l'instant que des retours extrêmement positifs, ce qui n'était pas forcément gagné avec un clip de plus de neuf minutes... 


Le sablier de "Cogs, Gears & Clockworks" a tourné aussi pour vous : "Marionnettiste" représente cinq ans de votre vie !
Alexandre :
Et oui, déjà... C'était sûrement le temps nécessaire pour trouver la ligne directrice du groupe et recruter/rencontrer toutes les personnes qui ont contribué au projet !
Julien P : Cinq ans déjà... J'ai l'impression que c'était hier. Le fait est que trouver le bon équilibre et les bonnes personnes ne fut pas un long fleuve tranquille. Il y a eu quelques périodes d'intenses réflexions, ce qui n'a rien arrangé ! (Rires)  Aujourd'hui nous avons trouvé notre vitesse de croisière et nous sommes très motivés.


"Sur des projets passés il y avait toujours un inconfort à l'écoute de l'album qui m'obligeait à justifier les imperfections comme «alors oui, mais tu verras le mix n'est pas dingue» ou «oui mais on  a du faire vite...». Il était absolument hors de question de réitérer cette erreur avec Exanimis."


L'artwork et les illustrations du livret sont de Loïc Muzy. Quelles orientations lui avez-vous donné ?
Julien P :
Honnêtement pas grand chose, nous lui avons juste fait écouter l'album avec une petite liste de mots clefs pour chaque titre et...c'est tout. Ensuite chaque illustration a été un one shot qui était en parfaite adéquation avec les thématiques des morceaux. Très sincèrement je ne pense pas que d'autres illustrations auraient pu fonctionner aussi bien. On le remercie  mille fois pour le travail accompli.
Alexandre :
Etant plus qu'à l'aise dans le domaine de l'horrifique et du surnaturel, il nous a soumis l'idée de lui donner juste des mots clés pour chaque morceau à illustrer, son imagination faisant le reste !

Pochette 1

Vingt mille euros c'est un budget extrêmement ambitieux pour un  premier opus. Il était impératif de ne renoncer à rien ?
Julien M :
C'est exact ! Nous n'avons fait aucun compromis sur la qualité du mixage et du mastering, ni pour les photos, les costumes ou notre premier clip... Même si toutes ces dépenses ont été réparties sur des années, cela représente un sacré coût... Nous souhaitons que les gens nous découvrent avec le concept le plus abouti possible, et laisser derrière nous un album qu'on pourra ré-écouter dans quelques années et en être toujours fiers.
Julien P :
Sur des projets passés il y avait toujours un inconfort à l'écoute de l'album qui m'obligeait à justifier les imperfections comme "alors oui, mais tu verras le mix n'est pas dingue" ou "oui mais on  a du faire vite...". Il était absolument hors de question de réitérer cette erreur avec Exanimis. Ce que je voulais avec ce projet c'était pouvoir faire écouter un album abouti dont je serais fier sans devoir lire la déclaration des droits de l'Homme avant  ! (Rires) C'est pour cela que rien n'a été laissé au hasard.

exanimis2Un mot sur la place des voix dans l'album : outre le chant death et un chant clair, on compte trois narrateurs et un travail quasi-lyrique des chœurs .
Alexandre : Vous l'aurez peut être remarqué, nous sommes très influencés par Opeth pour l'écriture et le traitement des lignes de chant principales. Je pense que les éléments narratifs viennent en grande partie de la scène "Prog" qui nous inspire énormément et qui est très marquée par ce côté "cinématique" ! Quant aux chœurs, le travail d'Elfman ainsi que les BO orchestrales de jeux-vidéos y sont sûrement pour quelque chose.

"Dans nos lives nous voulons aussi intégrer une certaine mise en scène inspirée du théâtre."


Vous transposerez Exanimis sur scène. A quoi faudra-t-il s'attendre ?
Julien M : 
Alors déjà, nous, avec nos costumes et nos masques sur scène, on s'attend à avoir très chaud ! (Rires)
Nous espérons mettre en avant le côté théâtral autant que possible, et faire ressortir toutes les ambiances que présente notre musique à travers les personnages que nous incarnons. Ca sera donc parfois violent, mélancolique, épique, effrayant, fou... On a vraiment hâte de défendre Marionnettiste sur scène, maintenant !
Julien P : L'idée derrière ça est que nous voulons que les personnes qui viendront nous voir sur scène, n'assistent pas simplement à un concert mais  à un vrai spectacle. Dans nos lives nous voulons aussi intégrer une certaine mise en scène inspirée du théâtre.
exanimis3Merci  Exanimis de m'avoir accordé cet entretien.
Merci à vous et à bientôt.