LES HARPIES

Vol au dessus d'un nid de Harpies

  • Le 22/10/2019

Groupe : Les Harpies, ou Chiennes de Zeus
Genre   : Folk Hybride
Album   : L'envol (EP - 2019)
Origine : Paris


Le trio parisien de Folk hybride vient de présenter L'Envol, son premier EP.
Les voix de Julie, Manon et Alaïa sont servies par des instruments aussi divers qu'un violoncelle, un djembé ou un banjo.
Voici quelques secrets de fabrication d'un vol au dessus d'un nid de Harpies.
Bienvenue chez celles qu'on nomme aussi les Chiennes de Zeus.

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De gauche à droite Manon, Alaia et Julie. Photo : DARKGOTHIQUE

Bonjour Les Harpies. Vous venez de sortir "L'Envol". Combien de temps a-t-il fallu pour réaliser cet EP ?
Julie : En soi ça n’a pris que quelques jours d’enregistrement mais tout le processus (avant et après) a été beaucoup plus long ; Pierre, notre premier violoncelliste ayant déménagé à Copenhague, il a fallu s’organiser pour qu’il puisse revenir enregistrer. Et puis c’était notre première expérience d’enregistrement pour le groupe, on ne savait pas trop dans quel sens prendre les choses…Donc ça été un peu laborieux, maladroit… mais on a appris beaucoup !

Qui a écrit les cinq compositions qui figurent sur cet opus ?
Manon : Yule et L'envol sont le fruit d'un travail basé sur de l'improvisation à trois. Julie a écrit Burn, j'ai écrit Aphrodite et Mélopée, et Alaia a ajouté le basque.

Yule, illustré par Sol'N Barbier.

"N'ayant pas de percussionniste au moment de sa création,
nous avons utilisé un pouf de rangement en guise de percussion !"



Comment vous répartissez-vous les lignes de chant ?
Julie :  Au début on mettait souvent Manon dans les graves, Alaia dans les médiums et moi dans les aigus. Puis à force de chanter ensemble on s’est rendues compte qu’en ayant des voix différentes, on avait des capacités similaires au niveau de l’étendue vocale. Donc depuis on s’amuse plus à interchanger, parfois au sein d’un même morceau ;
Alaia : Soit on a déjà les voix en tête et on les apprend aux autres, soit ensemble on improvise, on voit, on se fait plaisir et surtout on s’amuse.
Manon : Sur Yule et L'envol, c'était du ressenti, de l'improvisation. Sur les trois autres, cela varie en fonction de qui la chanson parle, la protagoniste chantant la lead. Ainsi, Lily est la protagoniste de Burn, chanté par Julie ; Alaia est celle d'Aphrodite, et je suis celle de Mélopée. Une fois que cela est établi, les harmonies sont écrites comme des réponses ou des réactions des deux autres personnages à la protagoniste.

Quels sont les instruments et les musiciens qui accompagnent votre trio sur ce disque ?
Alaia :
Elliot, Pierre et Gaël, et on les aime.
Julie : Pour L’envol et Yule ce sont surtout nos voix avec de multiples superpositions agrémentées de différents petits bruitages ainsi qu’un baton de pluie (pour l’Envol) ou un djembé (pour Yule) joué par Gael Payet. Pour Aphrodite et Mélopée c’est du banjo (Elliott Stoltz) et du violoncelle (Pierre Laffitte) et du djembé (toujours Gael). Pour Burn, même équipe sauf qu’Elliott troque son banjo contre une guitare acoustique.
Manon : Fun fact pour l'Envol : n'ayant pas de percussionniste au moment de sa création, nous avons utilisé un pouf de rangement en guise de percussion !

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Les Harpies et leurs Harpos - Photo Baptiste Joet.

L'Envol me conduit aux Balkans, à l'exception de "Burn", seul titre en anglais qui m'évoque l'univers de Noa (la chanteuse, pas le tennisman !)...
Julie :
C’est drôle que tu dises ça, ça ne me serait jamais venu à l’esprit ; Ma mère écoutait beaucoup Noa quand j’étais petite, et j’aime beaucoup… inconsciemment cela s’est peut être infiltré dans mon identité musicale ? Pour le reste c’est vrai que les musiques traditionnelles en général (dont celle des Balkans) nous parlent beaucoup. On aime leur aura mystique. C’est de la musique qui a une âme, de la profondeur, de la chaleur, de la viscéralité et une grande esthétique… quelque chose qui nous touche et qu’on a envie de reproduire avec notre musique.
Alaia : Rigolo, Julie et moi avons grandi en écoutant Noa et je n'ai jamais fait le rapprochement avec Burn, mais maintenant que j’y pense...
 

"Depuis qu’on a fondé ce groupe, on continue de se découvrir vocalement."
 

A l'écoute de la dernière piste (L'Envol) j'ai aussi pensé au chant mongol. Y a-t-il des univers vocaux que Les Harpies ont envie d'explorer ?
Alaia :
J’ai grandi avec des parents musiciens touche-a-tout, j’ai écouté des styles complètement différents toute mon enfance, et j’ai développé une obsession pour le chant mongol étant petite.
Julie : Depuis qu’on a fondé ce groupe, on continue de se découvrir vocalement, on teste des choses, on se surprend… on aime les associations atypiques donc qui sait ce qui viendra par la suite ?
Manon : Nous avons chacune une technique similaire mais des timbres distincts, marqués par nos origines. Nous voulons nous servir de ces bagages pour faire voyager le public. D'ailleurs en concert, on peut entendre du Maloya qui est un genre musical de l'île de la Réunion, un chant né de l'esclavage, chanté en malgache ou en créole.

Vous avez choisi Mélopée pour illustrer cet EP. Quelques secrets de tournage pour Ahasverus ?
Julie :
C’était un tournage maison, en petit comité, qui s’est fait de manière plutôt efficace. Pour les plans où nous sommes peinturlurées, il nous a fallu plus d’une heure et demi pour nous tartiner mutuellement. Mon appareil photo a d’ailleurs été baptisé ce jour là, il reste des paillettes…et pour les plans en tenue de concert… comment dire… c’était le matin, il faisait  froid, et on était un peu un objet de curiosité pour les coureurs du weekend…
Alaia : Alors c’est un certain furet nommé Baptiste Joët qui a filmé les plans où nous sommes à trois, donc merci à lui. Merci à tous les joggeurs présents à huit heures du matin dans le parc de s’être arrêtés pour nous regarder courir dans nos robes, et s’allonger sur des statues. C’était… une expérience !



Où peut-on découvrir et se procurer L'Envol et existe-t-il en version physique ?
Julie :
Nous avons diffusé l’Envol via Distrokid qui le diffuse ensuite sur Spotify, iTunes, Apple Music, Pandora, Amazon, Google Play, Tidal, iHeartRadio, YouTube, Deezer et de nombreuses autres plateformes de streaming. Pour le moment pas de version physique non.

Vous serez le 31/10/2019 à 20 heures au Salon du Fantastique à Paris XVII. D'autres projets dans votre futur proche ?
Manon :
Il se pourrait que nous travaillions au prochain EP…
Julie : On n'est pas encore tout à fait sorties de notre spirale infernale du violoncelliste disparu. On s’en sort pour les interventions dans des évènements tels que Cidre et Dragon ou le Salon du Fantastique, mais pour ce qui est des vrais concerts narratifs comme on a pu en faire, on préférerait être en version complète. Donc il faut qu’on trouve enfin chaussure à notre pied. Notre percussionniste principal Gaël est également en tournée à la Réunion jusqu’à la fin d’année; en son absence nous avons JP pour le remplacer… On a adapté la plupart des morceaux pour pouvoir les jouer sans violoncelle, et ça fonctionne, la magie est toujours là ! Donc en attendant notre “formation idéale”, on va continuer de jouer un peu partout, on vous tiendra au courant sur la page facebook !

Je sais que le temps vous est précieux car, d'un point de vue artistique, vous faites chacune mille choses. Merci Les Harpies d'avoir pris le temps de répondre à mes questions
Julie :
Merci à toi de promouvoir notre travail ! A bientôt !
Manon : Merci pour l'intérêt porté à notre projet, cela nous touche immensément, nous avons hâte de présenter la suite !

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Les Harpies selon Sol'n Barbier.


Les Harpies, ou Chiennes de Zeus, seront en concert au Salon du Fantastique, Espace Champerret, 6 Rue Jean Oestreicher, 75017 Paris, le jeudi 31 octobre 2019  sur la Grande Scène à partir de 20h pour un set de 45 min.

Les Harpies sur Spotify :
https://open.spotify.com/album/43MMDvIJbjICIWqE3Jbvf7

Retrouvez les illustrations de Sol'n Barbier ici :
https://solemntempo.tumblr.com
Et les photos de Darkgothique là :
Darkgothique photo

 

Les Harpies ou Chiennes de Zeus (Trio hybride)

  • Le 04/06/2019

Groupe : Les Harpies ou Chiennes de Zeus
Genre : Trio hybride
Origine : Paris

Les Harpies, ou Chiennes de Zeus est un trio féminin de musique hybride que vous avez peut-être déjà croisé sur une scène parisienne ou au détour d’une contribution artistique.
A force de les voir partout, et à l’approche d’un nouveau concert parisien et d’un featuring dans le prochain Loki Lonestar, nous avons eu envie d’en savoir plus.
Voici l’interview des Harpies.

Alaia, Manon et Julie : Les Harpies ou Chiennes de Zeus par Pierrick C. Rocher.

 

"Nos chansons, écrites en français, anglais, basque et créole réunionnais, racontent nos diverses péripéties, nos joies et nos tourments. Le style de musique pourrait être qualifié de Pagan/Folk ? C’est assez difficile de classifier ce qu’on fait, disons… Hybride, oui..."
Julie.

 
Bonjour Les Harpies. D'abord un saut dans le passé : Premier album acheté ?
Manon :
Alors... c'était pour mon premier voyage scolaire (assez tard donc, j'avais quinze ans), en Australie, et en fait j'ai acheté mes trois premiers albums : Linkin Park A thousand suns, Lady Gaga Born this way, et Daft Punk Alive.
Julie : C’est pas facile, ça remonte ! Je ne sais plus trop… Le premier album acheté avec mes petits sous à moi était sûrement une bande originale de film. Peut être celle de Tigre et Dragon d’Ang Lee ? Musique de Tan Dun & Yo-Yo Ma.
Alaia : Lest We Forget de Marilyn Manson, en tous cas le premier que j’ai acheté avec mon argent de poche, je devais avoir... onze ans ?

Manon par Pauline Royo.
Premier concert ?
Julie :
Hahaha ! Alors c’est très différent de ce que j’écoute et de ce que je fais, mais c’est cohérent pour une petite fille de dix ans de ma génération, c’était Lorie !
Alaia : Un concert de chant de gorge mongol avec mes parents, sinon directement mes parents en concert... Et mon premier show entre potes c’était Gojira à l’ Atabal Biarritz.
Manon : Fut un temps à la Réunion y avait pas grand monde qui passait, ou en tout cas aucun des artistes que j'écoutais ! Donc si par “premier concert vu” on entend “premier concert d'un artiste que j'ai décidé d'aller voir de plein gré et pas juste parce qu'il était présent et que je l'ai vu par hasard”, alors c'est un concert de Carmen Maria Vega à Paris en 2015 ou 2016...

 

Qu'est-ce qui vous a amené à la musique ?
Alaia :
Mes parents sont musiciens, ils ont même un groupe. J’ai grandi entourée de musiciens et d’artistes... Donc ça s’est un peu fait tout seul !
Manon : La musique, dans ma famille, c'est vital. D'un côté j'ai des oncles et des tantes qui, à côté de leur travail, sont chefs de chœurs, des cousins et cousines musiciens... Et de l'autre il y a ma famille proche. A défaut de jouer d'un instrument, un samedi à la maison c'était : ma mère qui allumait une radio à l'arrière de la maison, une à l'avant ; mon frère aîné qui mettait les chaînes de musiques à la télé ; mon autre frère qui se déplace avec la musique de son téléphone SANS LES ECOUTEURS ; et moi qui mettait la musique assez fort pour couvrir tout l'étage de la maison. Tout ça en même temps, oui. Et c'était le bonheur ! Mais plus personnellement, j'ai commencé la danse très jeune (bien entendu, je voulais être danseuse étoile !), et vers l'âge de sept ans j'ai souhaité arrêter parce que ma nouvelle prof me faisait constamment remarquer que j'étais ronde. A cette période, avec ma classe (CE1 ?), on a rencontré la directrice du Petit Conservatoire de Champ-Borne qui nous a charmées avec son piano et, de là, j'ai commencé les cours de guitare. Pendant un temps j'ai voulu remplacer la danse par la musique uniquement.

Julie par Yves Tassy.
Julie : Personne dans ma famille n’a fait de la musique son métier mais la musique a toujours été très importante à la maison. Ma mère m’a bercée depuis bébé sur les musiques de Pavarotti. Je dansais dans le salon tandis que ma sœur travaillait son piano, et j’allais voir mon frère bassiste qui répétait dans le garage avec son groupe de Rock. J’ai toujours chanté (même bébé apparemment) toute seule dans ma chambre, dans le jardin, avec ma mère et ma sœur quand on se baladait dans la montagne… Ce sont surtout les films, les vieilles comédies musicales (West Side Story, My Fair Lady) et les Disney (Le Bossu de Notre Dame) qui m’ont transmis cet amour des histoires, de la musique et du spectacle en général. J’ai commencé à danser dès cinq ans, j’ai pris mes premiers cours de chant à neuf ans et débuté le théâtre à treize... Tout cela s’est fait très naturellement, et curieusement sans volonté ultime d’en faire absolument mon métier. Ça a toujours fait partie de moi, et manifestement c’est devenu le chemin logique à prendre.

 

Artistiquement, que faites-vous à part Les Harpies ?
Alaia :
J’ai un groupe de reprises Heavy Metal, un groupe Punk récemment formé, un projet Jazz et un autre projet Metal qui sont en attente, et je fais quelques collaborations, comme sur l’EP de mon ami Kloahk .

Alaia par Pierre Nguyen.
Julie : J’ai fait partie d’un groupe de musique Swing type années quarante The Andrews Sisters Revival , un trio féminin aussi mais qui est en suspens pour le moment. J’ai fait diverses collaborations en tant que chanteuse avec un DJ, un label de Hip Hop et dernièrement avec Loki Lonestar sur différents projets. J’écris et je compose pour moi mais je n’ai pas encore pu prendre le temps de lancer un projet perso. J’essaie aussi de développer ma carrière de comédienne, que ce soit sur scène ou à l’écran. Par exemple j’ai participé à un merveilleux projet qui est une adaptation de la pièce Oncle Vania de Tchekhov en comédie musicale, joué en anglais. A l’écran j’ai tourné récemment dans une websérie médievale-fantastique aux côtés d’Alaia. Et puis sinon, eh bien écoutez... J’essaie de passer des castings !
Manon : À côté des Harpies, principalement j'écris mes chansons, slams et autres. En Juillet 2017 Alaia nous a présenté à Loki Lonestar, et depuis on chante régulièrement avec lui et ses Tricksters. L'année dernière j'étais sur le spectacle Erotidia ou Comment Eros fut blasphémé, écrit par mon ami Alexandre Vanier , avec la compagnie In Sisyphe au Théâtre Clavel pendant un mois, en tant qu'actrice, chanteuse, parolière et compositrice. Pendant un temps avec Julie et Nicolas Gracovetsky (pianiste et photographe, aussi membre des Tricksters) on a créé un groupe de reprises (avec quelques compositions), Les Groupies du Pianiste. En Novembre dernier, j'ai sorti ma première composition en créole. Aujourd'hui je me suis retirée de mes projets théâtre pour me concentrer sur mes projets de musique personnels, dont Les Harpies ou Chiennes de Zeus. J'ai récemment travaillé sur une reprise pour un court métrage, et une composition commandée pour une BD animée.

 

Comment vous êtes-vous rencontrées ?
Julie :
Nous nous sommes rencontrées au Cours Florent où nous avons étudié toutes les trois pendant trois ans. Nous étions dans la même classe de Comédie Musicale. Nous avons joué plusieurs spectacles ensemble, nous sommes devenues petit à petit amies, puis s’est posée la question de l’après-Florent. Un curieux point commun (parmi d’autres à venir) nous a réuni : notre amour pour la musique du groupe System of A Down. Une idée saugrenue nous est venue de faire des reprises de ce groupe toutes les trois… Cette petite idée s’est ensuite métamorphosée en un projet étrange, hybride et inattendu qui s’appelle « Les Harpies ou Chiennes de Zeus ».
Manon : Au cours Florent, en première année, on se voyait sans s'approcher. En deuxième année, Julie et moi nous avons atterri dans la même classe de comédie musicale. Nos itinéraires de fins de journées et nos problèmes de cœur nous ont rapprochées (Faut pas non plus oublier Harry Potter !). Avec Alaia, c'était comique ! On était pas dans la même classe, mais on avait un ami commun qui nous disait à l'une et l'autre (parce qu'on s'admirait apparemment de loin) “Faut absolument que vous passiez une soirée ensemble, vous avez les mêmes goûts, les mêmes délires, les mêmes vêtements, je suis sûre que vous vous entendrez super bien!” Il n’avait pas tort ! L'année d'après on a enfin atterri dans la même classe, et là on a découvert qu'on aimait, que dis-je, qu'on adorait toutes les trois System of a Down !
Alaia : On n’était pas dans la même classe jusqu’en dernière année. La première fois que j’ai passé du temps avec Julie, c’était au spectacle (absolument extraordinaire) Les Chatouilles, expérience intense du coup, si vous connaissez un peu l’histoire. Pour Manon, cela faisait au moins un an qu’un ami n’arrêtait pas de me dire qu’on devait se rencontrer. Ca s’est fait à une sortie pour la fête de la musique, et on s’est un peu adoptées depuis ! Je les aime follement toutes les deux, je n’aurais pas pu espérer mieux comme partenaires pour un groupe aussi éclectique que celui-ci.

 

Pouvez-vous expliquer ce que sont Les Harpies ou Chiennes de Zeus aux lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ?
Alaia :
C’est.... UNIQUE ! Franchement c’est très difficile à expliquer comme style musical. Dans une chanson je peux autant me retrouver à faire des chants tribaux ou traditionnels, du lyrique et du scream. C’est vraiment un mélange de toutes nos influences, une musique hybride.
Manon : Accompagnées d'un percussionniste, d'un violoncelliste, d'un guitariste/banjo, les Harpies ou Chiennes de Zeus, c'est le rêve de trois jeunes femmes, mis en musique. Les aventures que vous racontent nos Harpies sont globalement nos histoires, saupoudrées de poussière de fée. Ainsi, les Harpies sont trois jeunes femmes, Lily (Julie), Fianara (Manon) et Alaia (elle-même) qui se rencontrent à Lutèce (Paris). Elles évoluent dans une société moderne mais côtoient des dieux et créatures magiques issus de diverses mythologies, principalement du panthéon grec pour le moment. Les Harpies ou Chiennes de Zeus, ce sont des aventures épiques en musique.
Julie : Cela part de nous trois, de ce que nous sommes individuellement, de nos origines, de notre vécu, nos sensibilités musicales et ce que nous formons ensemble, ce que notre union peut créer. On est parties de qui nous sommes pour construire toute une histoire. Trois jeunes filles aux voix et pouvoirs puissants et singuliers qui deviennent des femmes, qui cherchent leur place dans le monde et qui trouvent en leur amitié le moyen de se transcender. Nos chansons, écrites en français, anglais, basque et créole réunionnais, racontent nos diverses péripéties, nos joies et nos tourments. Le style de musique pourrait être qualifié de Pagan/Folk ? C’est assez difficile de classifier ce qu’on fait, disons… Hybride, oui...

 

Vous mélangez beaucoup d'influences dans vos compositions. J'avais effectivement noté que vous revendiquiez pour références System of the Down. D’autres artistes pour chacune d'entre vous ?
Julie :
On en a plusieurs en communs à part System of A Down, mais certaines influences prédominent pour chacune d’entre nous. En ce qui me concerne je citerai Loreena McKennitt, les musiques de films historiques/fantasy (Game of Thrones, Gladiator, Harry Potter, le Seigneur des Anneaux, Outlander, Hunger Games, Braveheart, le Prince d’Egypte), un petit brin d’influence Folk voir Country (First Aid Kit, Civil Wars, Johnny Cash, Joan Baez) et bien sûr des groupes de style Pagan (Dead Can Dance, Faun, Trobar de Morte, La Lugh…).
Manon : Ma référence ultime : The Legend of Zelda (tous jeux confondus) ! Je vibre aussi avec les musiques de X-Men First Class (le thème de Magneto s'il vous plaît ! D'ailleurs, du même compositeur y a une des musiques de Detective Pikachu qui me rend folle), des Avengers, Ant-Man, Pirates des Caraïbes, Outlander, Dragons, Game of Thrones... J'écoute aussi énormément Two Steps from Hell, Kalafina, Gackt, Kanon Wakeshima, Luc Arbogast, Karliene, Faun, Eivor, les reprises de Peter Hollens... et bien sûr, System of a Down. Et les bavards francophones tels que Fauves, Carmen Maria Vega, Nougaro... C'est très varié...
Alaia : Wow, alors c’est difficile, il y en a tellement ! Déjà mes parents et mes racines m’inspirent énormément, mes parents étant complètement dans la musique traditionnelle basque et mélangeant avec des musiques du monde. Je berce dans le Rock, le Jazz, le Funk depuis toute jeune, et j’adore le Metal (non je ne préciserai pas quels styles, il y en a trop que j’aime). Certains de mes musiciens ou groupes préférés sont Frank Zappa, Tower Of Power, Igorrr, Dream Theater, Ghost, Placebo, et par dessus tout Queen. Je serai toujours amoureuse d’un très bon chanteur, d’une très bonne chanteuse, quelqu’un qui exprime une émotion rien qu’avec sa voix... C’est ce qui me fait voyager le plus dans la musique. L’émotion mise, le voyage.
 
"Il y a une histoire, un destin qui attendent nos Harpies. Pour en savoir plus, suivez-nous !"
Manon

 
Je crois savoir que vous participez au prochain album solo de Loki Lonestar ?
Manon :
Yup !
Alaia : Mhmmmm peut-êeeetre. On peut déjà nous y entendre sur Deezer. Haha !
Julie : Oui ! On a rencontré Loki quand on venait de lancer le projet des Harpies, et il nous a très rapidement invité à collaborer avec lui sur scène dans son groupe de reprises VS-feat, devenu Les Tricksters. Avec lui nous ne sommes plus vraiment dans notre arc narratif des Harpies, et le style musical diffère de ce qu’on fait avec notre groupe. Mais cela reste nos trois voix, qui se connaissent et se suivent en harmonies. C’est un mélange intéressant… Et, à l’image de Loki, un peu loufoque. On s’est bien amusées à enregistrer pour son album !

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Justement Julie, tu avais déjà chanté Frozen (Madonna) avec Loki. Tu peux dire quelques mots à propos du tournage du clip qui l'accompagnait ?
Julie :
On a tourné sur la Côte d’Opale dans le Pas de Calais. C’est un lieu que je connais bien : je suis originaire de Lille et on y va souvent avec mes parents depuis que je suis petite. Les plages sont vraiment très belles et pas très fréquentées, c’était donc idéal pour tourner. Ce n’était pas difficile du tout, il a fait très beau ! On était juste tous les deux, on a fait les choses à notre rythme, on a eu des idées au fur et à mesure, on a testé des choses, Loki a fait peur à des enfants… C’était drôle. On s’entend très bien dans le travail et ce qui est bien c’est que grâce à nos différences on arrive à mettre au jour des aspects de l’autre qui ne sont pas forcément évidents, mais qui sont là. Pour le clip et le projet Frozen en général, on voulait quelque chose de beau, doux et poétique, mais aussi un peu étrange et décalé. A notre image... Je pense qu’on a réussi ! Bref on s’est bien amusés ! Très bon souvenir !

 

 

Comment se passe l'élaboration des compositions chez les Harpies ?
Alaia :
Euuuh, bha... Tout le monde écrit sauf moi, parce que je ne suis qu’une QUICHE musicale. Non, j’adore écrire des textes. Mais j’ai beaucoup de mal à composer la musique ou les mélodies qui l’entourent, donc les filles écrivent et composent énormément, et moi je guide, coache, traduit en basque parfois, j’aide avec les harmonies et les moments de composition musicale au niveau de la structure, etc. Mon temps viendra plus tard.
Julie : C’est surtout Manon et moi qui écrivons, après le processus varie en fonction des chansons. Moi j’écris surtout en anglais pour le moment (à part le morceau Ris), sans doute une conséquence de mes influences musicales et de mon goût pour la langue anglaise. Et quand j’écris il n’y a pas vraiment de méthode… J’ai une idée globale de ce dont j’ai envie de parler. Je teste des trucs à la guitare jusqu’à ce que je trouve quelque chose qui résonne en moi, je baragouine des trucs, puis d’un coup je trouve le début du texte, puis la suite de la musique, puis le texte…parfois je change tout. Certains morceaux vont très vite, d’autres peuvent prendre plusieurs semaines. Ensuite, quand j’ai la structure de la chanson, je crée des harmonies que les filles apprendront par la suite, ou bien l’on se retrouve et on teste des choses ensemble. Ce n’est qu’après avoir établi nos bases vocales que nous présentons les chansons aux musiciens qui, à l’aide d’une grille (ou non), improvisent en répète. C’est comme ça que, petit à petit, on se met d’accord sur une structure finale.
Manon : Dans mon cas, le plus souvent, le texte et la mélodie viennent ensemble, j'écris principalement en français, mais aussi en créole réunionnais. Etape 2, soit j'écris toutes les voix et les filles les apprennent, soit on trouve les harmonies ensemble. Etape 3, les musiciens font de la magie !

Les Harpies ou Chiennes de Zeus par Simon-Michel Moore.

"On voulait un symbole fort, un trio de femmes, on avait pensé Valkyries, les Furies... Plein de choses... Mais les Harpies, c’est ce qui nous est resté !"
Alaia

 

Avez-vous, pour l'écriture de vos textes, des préférences thématiques ?
Manon :
Oui! On parle de nous, avec moult moult références mythologiques. Par exemple "nous sommes insomniaques" devient "Je rêve de Morphée". Et toutes ces chansons suivent un fil conducteur : il y a une histoire, un destin qui attendent nos Harpies. Pour en savoir plus, suivez-nous !
Alaia : La Grèeeeece antiiiique ! Mais en vrai on utilise énormément de métaphores pour des événements qui arrivent dans nos vies personnelles.
Julie : On pourrait dire qu’il y a des chansons d’états d’âme et des chansons plus narratives. Mais globalement nos chansons parlent de résilience, d’amitié, d’amour, de force combative. On parle de femmes d’aujourd’hui (ici de nous, mais le but est que cela puisse parler à d’autres). On veut se connecter un maximum à notre humanité, avec ses qualités et ses défauts mais aussi à la Nature (nous sommes toutes les trois rattachées aux divers éléments).
 
Les harpies sont des êtres mythologiques en principe peu engageants. Une intention derrière ce patronyme ?
Julie :
Qu’il ne faut pas nous chercher des noises !
Manon : Je cite une de nos chansons "Nous sommes des femmes comme les Amazones, Valkyries, Chasseresses, Harpies."
Alaia : pas tellement en vérité. On voulait un symbole fort, un trio de femmes, on avait pensé Valkyries, les Furies... Plein de choses... Mais les Harpies, c’est ce qui nous est resté ! Le nom sonnait bien et, pour le coup, dans les autres appellations, Les Chiennes de Zeus, on trouvait que ça claquait. C’est un peu parti en private joke aussi, mais c’est ça qu’est bon !

 

Quelle personnalité du monde des arts auriez-vous aimé rencontrer ?
Alaia : Leonardo Da Vinci, Toulouse Lautrec, Van Gogh dans les artistes qui ont énormément influé ma vie... Judy Garland et Gene Kelly aussi, Freddie Mercury, évidemment. Beaucoup de gens morts, mais que j’aime plus que tout. Aujourd’hui si je devais rencontrer quelqu’un de vivant, ce serait Demi Lovato (oui oui je suis très fan, je ne m’en cache pas), Frank Zappa... Je n’ai pas besoin de commenter dessus, et j’ai déjà rencontré Cardinal Coppia de Ghost, mais je rêve de m’asseoir avec lui et de discuter musique, vraiment.
Julie : J’aimerais bien rencontrer Tim Burton et travailler avec lui. Les trois Harpies en sœurs ailées étranges dans un Burton ça serait stylé, non ?
Manon : Je n'en ai aucune idée...Les artistes que j'admire ont si bien travaillé que ce sont les personnages et univers qu'ils ont créés que j'aimerais rencontrer. Sinon, j'aimerais bien un jour chanter avec Peter Hollens, le groupe System of Down, et être chanteuse pour la compositrice japonnaise Yuki Kajiura.

 

En cas d'avis de tempête, deux albums à sauver sur l'arche de Noé ?
Alaia :
Mais c’est affreux comme question ! Euh, Strictly Commercial de Frank Zappa, comme ça on rigolera toujours, et Nomadak TX de Oreka TX, comme ça on voyagera toujours, et on gardera des traces d’une multitude de peuples. Mais c’est vraiment horrible de n’en choisir que deux, quand même !
Julie : Depuis quelques mois, l’album que je mets pour me donner la pêche, me faire chanter, danser (et rapper, oui oui), c’est la comédie musicale Hamilton. Je n’écoute pas de Hip-Hop de manière générale, mais là je trouve ça juste extraordinaire ! Lin Manuel Miranda (l’auteur-compositeur) est un poète moderne d’une justesse et précision incroyable, avec beaucoup d’humour, et cette alliance entre modernité et tradition classique de comédie musicale est vraiment magique. Et sinon pour être zen je prendrais un Best-of des Pink Floyd. Tu les écoutes, allongée, tranquille, et t’es BIEN.

 

Manon : Dur ! J'ai souvent des coup de cœur par-ci par-là d'artistes, sans adhérer à tout l'album. Pour sûr je dirai l'OST de X-Men First class... et ensuite, grande hésitation, mais comme Julie, je partirai sur la comédie musicale Hamilton !

 

Pour soutenir vos projets, vous avez lancé un financement participatif qui restera ouvert toute l'année sur Leetchi.com . Quels sont ces projets ?
Julie :
Déjà l’enregistrement d’un premier EP (au moins trois morceaux) qui pourra être disponible sur toutes les plateformes, pour que les gens qui ne nous connaissent pas puissent découvrir ce qu’on fait !
Manon : Des futurs clips, d'autres enregistrements, des vidéos sur les histoires de personnages, une BD...
Julie : On travaille avec une illustratrice Sol'n Barbier (https://solemntempo.tumblr.com) qui a fait les illustrations de l’Envol et de Yule. L’idée est de faire des Harpies un projet vraiment multimédia pour produire des contenus exclusifs et permettre aux gens de rentrer dans notre univers.
Alaia : Et on ne va pas s’arrêter là, il nous reste au moins une vingtaine de compos à enregistrer dans le futur !

Que vont faire Les Harpies dans les prochains mois ?
Julie :
Déjà ce qu’on répondu dans la précédente question ; ensuite on va essayer de dégoter des concerts par-ci par-là, sur Paris et ailleurs. On aimerait bien jouer au Pays Basque, chez Alaia, et même à la Réunion, chez Manon.
Manon : On part à l'aventure avec une bande de Pirates, pour Cidre & Dragon - Le festival Médiéval Fantasy, les 21 et 22 septembre en Normandie, puis ce sera le Salon Fantastique, à Paris le 31 octobre.
Alaia : Mais surtout un concert très bientôt sur la péniche Grande Fantaisie (Paris 19) le mardi 25 juin ! Venez nombreux !

 

Merci Les Harpies ou Chiennes de Zeus d'avoir répondu à mes questions.
Alaia :
De rien...
Julie : C’était un plaisir de répondre à ces questions, merci beaucoup !
Manon : Un immense merci pour l'intérêt porté à ce projet.

 
           

Les infos pratiques :

Les Harpies ou Chiennes de Zeus sur Facebook (n’oubliez pas de liker leur page) :
https://www.facebook.com/Les.Harpies.ou.Chiennes.de.Zeus/

La cagnotte des Harpies :
https://www.leetchi.com/c/les-harpies-ou-chiennes-de-zeus?fbclid=IwAR2orwIj72D-c6n3I2oIuPLll13WjenATxAcsj3a10fQ7dz7f9ytC1ps_jM

Les Harpies ou Chiennes de Zeus, par Sol'n Barbier.