FAITH IN AGONY

Eva Riché (FAITH IN AGONY)

Faith In Agony est un jeune quatuor grenoblois de Metal Alternatif que vous avez pu applaudir tout récemment à L'Ampérage Ex-Adaep où il partageait la scène avec Seeds of Mary et September Again (ça fait baver, une affiche pareille, hein?). En août 2018, nous réalisions une première interview avec Quentin Riché, le batteur du groupe. Aujourd’hui, c’est sa soeur, bassiste de la formation, qui a bien voulu répondre à nos questions, nous raconter son parcours et sa vision de la musique. Voici l’interview d’Eva Riché.

Eva Riché par Christophe Clamaron


 

Premier album acheté ? Mon premier album, c’est un Best Of de Michael Jackson. À l’époque, je commençais à peine la basse et je me souviens avoir été subjuguée par la ligne de basse de Thriller et de Bad.

Comment as-tu commencé la musique et quel est ton parcours avant Faith In Agony ? À l’époque, Quentin était dans un groupe de Rock qui s’appelait Bingo Crépuscule, et ils cherchaient un(e) bassiste. Quelques mois avant, mon père m’avait demandé si je voulais prendre des cours de musique. C’était donc avec l’arrière-pensée de rentrer dans ce groupe - parce que c’était trop la classe - que j’ai commencé la basse. (Rires) Finalement j’ai continué la basse alors que je n’ai pas fait partie de Bingo Crépuscule. (Rires) Je suis rentrée dans mon premier groupe à douze ans. On faisait de la Pop/Rock qui s’est orientée beaucoup plus Jazz trois ans après. J’ai vraiment énormément appris avec eux : mes premiers concerts, mes premières sessions de composition, premiers enregistrements, première résidence... La musique n’était alors qu’un loisir, et je pensais que ça le resterait à l’époque. J’ai aussi eu un groupe de Reggae/Ska pendant un an, grâce à Quentin encore une fois. Et j’ai eu un groupe de Jazz pendant très peu de temps avec des copains du lycée, avant de me consacrer entièrement à Faith in Agony.

Pourquoi la basse ? Pour me différencier je suppose... Tout le monde autour de moi faisait de la guitare ou du piano, alors quand j’ai entendu mon frère parler de leur recherche de bassiste, je suis allée me renseigner. Quatre cordes, ça avait l’air plus facile que la guitare. (Rires)

Faith In Agony par Christophe Clamaron

Ton sens artistique s'exprime-t-il par d'autres canaux que la musique ? Artiste dans l’âme, il m’arrive effectivement de construire des châteaux en carton pour mon chat. (Rires) Sans plaisanter, j’adore la photo et j’en fais très régulièrement, mais sans prétention aucune.

Bon Scott l'Australien chantait "It's a long way to the top (if you wanna rock'n roll)". Et en France, un jeune groupe arrive-t-il facilement à faire connaître sa musique ? Je dirais qu’aujourd’hui, on a beaucoup plus de moyens pour se faire connaitre à petite échelle sans passer par une boîte de production ou ce genre de choses. Avec l’Internet ça reste faisable. Cependant, ça n’en reste pas moins très difficile et la concurrence est rude. Il faut réussir à se faire des contacts.

Ton frère tient la batterie au sein de Faith In Agony. Le fait de se connaître si bien est-il un plus pour une section rythmique ? C’est vrai qu’il y a une espèce de connexion musicale entre nous. Ça nous arrive de faire les mêmes placements rythmiques au même moment sans s’être concertés. On se connaît bien musicalement, mais c’est aussi dû au fait qu’on joue ensemble dans des groupes différents depuis maintenant cinq ans.

Ils ont dit quoi vos parents quand vous leur avez annoncé que vous vouliez faire partie d'un groupe de Rock ? Ils étaient déjà très heureux pour Quentin qu’il soit dans un nouveau groupe, donc lorsque j’ai rejoint Faith in Agony, ils l’étaient encore plus ! Ils sont toujours derrière nous dans tous nos projets musicaux.

Tu assures aussi les chœurs dans Faith In Agony. Quel est ton rapport au chant ? J’étais soliste dans une chorale en primaire, mais seule je n’étais qu’une chanteuse de salle de bain. Ce n’est que depuis Faith In Agony que j’assume plus ma voix et que je prends du plaisir à trouver des secondes ou troisièmes voix. Mais c’est à travers le chant que je ressens le plus d’émotions dans la musique.

Faith in Agony par Christophe Clamaron

Vous citez Led Zeppelin ou Alice In Chains pour références. Quelles sont tes influences personnelles ? A vrai dire, je ne connaissais pas Alice In Chains, et très peu Led Zeppelin, avant de rejoindre Faith in Agony. Je m’intéresse aussi beaucoup aux nouveautés. Mes influences vont de la Pop (Nothing But Thieves, Foals) au R’n’B (Jorja Smith) en passant par le Rock, le Funk et le Métal, et même un peu de Rap : Red Hot Chili Peppers, Rage Against the Machine, Royal Blood, Jamiroquai, The Police, Deftones… Étant encore jeune, je suis en train de construire mes influences, alors pour l’instant je fais l’éponge. (Rires)

 

Il ne reste de place que pour un album sur l'arche de Noé du Rock. Lequel faut-il sauver pour tout reconstruire dans la bonne direction ? Je vais tricher un peu et prendre un double album : Stadium Arcadium de Red Hot Chili Peppers. Parce que le monde ne peut pas vivre sans les lignes de Flea, et puis parce que Wet Sand, que je place dans mon top personnel et complètement subjectif des plus belles chansons de l’univers.

 

La fée Rockette te propose de passer la journée de ton choix avec l'artiste ultime, celui que tu admires le plus, toutes époques ou catégories confondues. Qui sera l'heureux élu ? Je triche encore une fois, mais je prendrais le duo Mike Kerr et Ben Tchatcher, de Royal Blood. Quelle section rythmique ! Je trouve leur identité musicale et visuelle très juste et travaillée, j’adore vraiment ce qu’ils font. Il faudrait déjà deux jours de discussion pour que Mike Kerr m’explique comment il fait ce son si particulier. Ils ne se prennent pas la tête, et doivent avoir une pelletée d’anecdotes croustillantes à raconter. (Rires)

Un titre du répertoire Rock qui pourrait être ta devise ? Rosemary de Deftones. Elle retranscrit tout ce que je d’adore dans la musique aujourd’hui : c’est lourd, pas extrêmement technique, juste avec quelques mises en places bien sympas, et ça me transporte.

Merci beaucoup, Eva Riché, pour ton accueil et ta disponibilité. Merci à toi pour ton intérêt porté à notre projet, c’est très important pour nous.

Retrouvez Faith in Agony en concert à Lyon le 9/11/2018 à La Marquise et le 28/11/2018 au ROCK N EAT official(by céd & mike) .

 


 

Liens utiles :

Retrouvez la discographie de Faith in Agony : https://faithinagony.bandcamp.com/ Et n’oubliez pas de “liker” leur page : https://www.facebook.com/faithinagony/ Les photographies de Faith in Agony sont de Christophe Clamaron.

Quentin Riché (Faith In Agony)

Bien qu’il revendique pour influences Led Zeppelin, Guns’N Roses ou Alice In Chains, bien qu’il mélange le Rock 70’s, le Blues et le Grunge, Faith In Agony est loin d’être une resucée des groupes précités. Le jeune et puissant quatuor grenoblois compte déjà deux EP addictifs, disponibles à prix libres sur Bandcamp. Dès la première écoute, ils nous ont donné une irrépressible envie d’aller taper à leur page Facebook pour en savoir plus. Voici ce que nous a raconté le batteur du groupe, Quentin Riché , pour notre interview de la première Foi avec Faith In Agony.


 

Premier album acheté ? Le tout premier que j'ai acheté est “300 Lésions”, du groupe KYO. Le premier morceau de l'album, “Contact”, est d'ailleurs pour l'époque le morceau le plus Rock que j'écoutais ! On peut dire que c'est ce titre qui m'a fait basculer du côté Obscur !

Quentin Riché par Christophe Clamaron.

Tu es batteur, tandis qu'Eva, ta sœur, est la bassiste du groupe. Lequel des deux a corrompu l'autre ? Ha ha ha !!! On va dire, vu que c'est moi l’aîné, que je suis le Seigneur Sith. Non, plus sérieusement, je pense qu'elle était surtout intéressée par la musique, et elle a tracé sa propre voie. Bon, après, c'est vrai que je lui ai refilé deux ou trois Gigs !

Le fait de se connaître si bien est-il un plus pour une section rythmique ? En vrai, je sais pas… Après un concert on reçoit souvent des compliments sur la section rythmique (mais pas que !), mais on n’a jamais vraiment travaillé ensemble nos instruments. Les rares fois où on a juste joué tout les deux ensemble, hors répet’, se comptent sur les doigts de la main. Sans doute il y a là une sorte de connexion fraternelle et d'éducation musicale qui fait que ça le fait. Mais le plus gros avantage, pour le coup, c'est le relationnel ! Parce que c’est ma sœur, quoi ! (Rires)

Fait In Agony est ton premier groupe ? Non, pas du tout. J'ai commencé à jouer dans des groupes il y a dix ans maintenant, la bonne moitié avec Eva à la basse d'ailleurs. Quand et comment est né Faith In Agony ? Grey, le guitariste, et moi même étions membres d'un groupe de Grunge nommé Deinmas. Grey jouait aussi dans Smokey Eyes, une formation dont Madie était la chanteuse. J'ai pu les voir quelque fois, et j'ai tout de suite été subjugué par la voix de Madie. J'avais comme idée, à l'époque, de former un groupe avec ma sœur et des amis, et c'est à ce moment là, en 2016, que Deinmas s'est arrêté. Grey, quant à lui, avait trois ou quatre morceaux déjà écrits de son côté et qui correspondaient à ce que je voulais faire. Il m’a proposé de faire partie d’un projet, sachant que Madie en était aussi. Le nom du groupe était déjà tout trouvé : il venait d'un des morceaux qu'a composé Smokey Eyes, qui s'appelle “Faith In Agony”, justement. On a donc commencé les premières répet’ à trois, et déjà à ce moment là je me suis dit “Houla ! Mon gars, il se passe un truc !” Il ne nous manquait plus qu’un bassiste. On a fait différents essais qui se sont tous avérés décevants. Et lorsque Grey m'a décrit ce qu'il attendait de la basse dans ce projet, je lui ai dit “Mec, je pense qu'avec Eva, ma sœur, ça va le faire !” Une fois qu'elle a rejoint le groupe, mi-juillet, on a tous senti un truc... Le projet était lancé !

Faith In Agony, par Voldn

 

Qui a dessiné votre logo ? Notre logo a été dessiné par Voldn, qui fait partie du même collectif d'artistes que notre groupe (F.I.A), ou moi même. Je vous invite d'ailleurs à aller y jeter un coup d'œil, (sur http://www.collectif-eptagon.com/), il y a plein de choses, et pas que du Rock ou du Metal, mais de la photographie, de la vidéo, d'autres groupes, etc.

 

Comment se passe l'élaboration des compositions ? Le premier E.P., “Faith In Agony [EP]”, a été composé entièrement par Grey. Il s'agit en fait des quatre morceaux dont j’ai parlé plus haut. Mais ce sont les seuls : depuis que nous jouons tous les quatre, on compose les morceaux tous ensemble. Généralement, Grey a un riff de guitare et on fait une Jam dessus. Très vite on se retrouve avec un morceau qui ressemble à quelque chose, avec des couplets et des refrains bien distincts. Une fois la structure finie, Madie pose son chant et le travail d'arrangement et d'écriture des textes commence. La totalité des textes sont écrits par Madie pour le moment, et je vous conseille de vous pencher dessus d'ailleurs, car ils sont plutôt chiadés !

Vous citez Led Zep et Alice In Chains pour références, mais vous ne ressemblez à personne. Vous utilisez un sitar sur certains titres. Comment présenterais-tu votre univers à quelqu'un qui ne vous connaît pas ? Généralement, quand je parle de Faith In Agony à des gens, je dis la phrase suivante : “On joue du Hard-Rock/Métal Alternatif/Grunge/Blues. Hard-Rock penchant Métal Alternatif parce qu'on fait de la musique violente, un peu bipolaire sur les bords... Et Grunge/Blues pour les paroles, très Grunge dans l'esprit, avec un chant plutôt Bluesy... En gros, on fait un gros mélange de Led Zep, Alice in Chains, Royal Blood et Janis Joplin, quoi...” Mais bon... Je préfère dire “On fait du Fait In Agony !” (Rires)

 

Qu'allez vous faire dans les mois à venir et quel est votre prochain objectif discographique ? Dans les prochains mois on va essayer de trouver un label et une boîte de com’, pour être un peu moins en “Do It Yourself”. En parallèle, on continue de composer pour notre premier album qui devrait voir le jour fin 2019. On veut aussi faire des concerts, si on en trouve. Avec tout ça, on risque de bien être occupés !

Pour te remercier de ta contribution à la cause, la fée Rockette te propose de passer une journée avec le batteur ultime, celui que tu places au sommet de la hiérarchie des batteurs. Qui choisis-tu ? Sans aucune hésitation Gavin Harrison, le batteur de Porcupine Tree, de Pinaple Thief et de King Crimson. C'est juste sans appel !

Il ne reste qu'une place sur l'Arche de Noé du Rock. Quel album prends-tu pour tout reconstruire dans la bonne direction ? C'est terrible comme question ça ! Si je ne pensais qu'a ma petite personne je prendrais un album de Shaka Ponk, parce que je suis totalement fada de leur musique ! Mais pour le Monde, et pour tout reconstruire sur des bases solides, alors je prendrais l'album-compilation “Mothership” de Led Zeppelin... Avec ça on est bien !

 

Un titre Rock qui pourrait être ta devise ? Là, pour le coup, c'est aussi sans appel ! Je nomme “Sound Of Muzak”, de Porcupine Tree, pour la musique, bien sûr, mais surtout pour les paroles !

Merci beaucoup Quentin Riché, pour ton accueil et ta disponibilité ! Merci à toi pour le temps accordé, ça fait chaud au cœur ! Et merci à tous les lecteurs ! Keep Faith !

Faith In Agony par Christophe Clamaron.

Les photos de Faith In Agony et de Quentin Riché ont été réalisées par Christophe Clamaron.

Faith In Agony : https://faithinagony.bandcamp.com/