COLD WAVE

Chronique d'album : MIY (Metal Indus/Darkwave), "Work" (2021)

  • Le 02/03/2021

Groupe : MIY
Album : "Work" (21/02/2021)
Genre : Metal Indus/Darkwave
Origine : Luxembourg

Par Ahasverus

Le Groupe :

MIY (la signification de ces capitales est pour l'heure tenue secrète) est le projet de Gábor Bándi (chant, guitares, claviers), artiste établi au Luxembourg.
Initié en 2018, il est rejoint en 2020 par le batteur Mattia D'Agostino, notamment pour les prestations live.

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Gábor Bándi - MIY
Il revendique pour influences Deathstars, The Birthday Massacre, VNV Nation, Covenant, Perturbator, Rammstein et la scène dark/goth des années 2000.

L'Album :

"Work" est un treize pistes d'environ soixante-huit minutes.
Il a été enregistré comme un one-man band.

Son artwork est signé  Erzsébet Schlett, artiste hongroise dessinatrice de la BD "Tales of Midgard". ( https://talesofmidgard.com/ ).
Gábor Bándi explique :
" Comme l'album lui-même, il met en scène la crainte existentielle de l'individu, en quête de grandeur tout en naviguant sur les mers des ténèbres profondes du subconscient. Doté d'un clocher d'église en ruine, il résonne également avec le thème de certaines chansons sur la recherche de la foi et du sens de la vie."

Miy coverDIY, "Work" (2021)

La chanteuse estonnienne Remeya Kingston intervient sur deux titres.

Notre Avis :

Voici un album proche de ses racines, et qui n'est pas sans rappeler l'émergence de la new wave des 80's et sa succession de courants coldwave/darwave.
Maniant parfaitement indus et darkwave, l'un respectant l'autre et  servant surtout à lui apporter sa modernité, MIY cultive une dominante mélancolique soulignée par un chant masculin plutôt monocorde. Il est aéré par les interventions lumineuses de Remeya Kingston, dont les notes aériennes secouent les frimas. Ces respirations parfaitement placées apportent l'équilibre à un album froid et  industriel qui sait se parer de paysages beaux et tristes comme l'automne. A découvrir.

Discographie :

  • Albums studio : The Seeking (2018), Work (2021)
  • Singles: Hallowed (2020), Beat (2020)
  • Cover albums: The Goddess (2020) - Katy Perry covers

Les Liens :

Chronique d'album : TRANK (Rock), "The Ropes" (2020)

  • Le 04/12/2020

Chronique d'album de Dam'Aël pour Ahasverus

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Michel, Julien, Johann et Max décident de former un groupe dans une country délimitée par Genève et la Haute Savoie, entre les chocolats suisses et la fondue savoyarde... entre le Rivella et le vin chaud... Et en 2016, la basse décide de changer de main, s'attribuant une place douillette entre les mains de David.

 Quartet à l'origine, quartet toujours en cette année divine !,!,!, 2020... pendant laquelle Michel André Jouveaux, natif de la Camargue (chant, claviers, samples), Julien Boucq (guitares, originaire de Grenoble), Johann Evanno (batterie, de Bourgogne) et David Spatola (basse, venant du sud-est) ne lâchent rien et décident de mettre les bouchées quadruples en s'attellant à la réalisation d'un album. Et comme les cordes ne manquent pas à chacun de leur arc, s'en suit un très bel ouvrage "The Ropes", mis sur la toile le 15 septembre dernier,  tissé de douze titres travaillés, fouillés, énergiques, où le contraste est au rendez-vous, où l'émotion est bien présente, ornant la galette de couleurs variées où l harmonie s'articule avec le punchy, le plus calme et modéré, le heavy bien envoyé ou la Cold Wave bien glacée, le tout bien assis et bien placé. Douze titres qui font un sacré pied de nez à un éventuel ennui qui aurait voulu pointer son pif.
Les influences de chacun sont très variées, très contrastées, voire même presque opposées, ce qui donnent ce riche panel de nuances dans "The Ropes" : Depêche Mode, The Cure, Soundgarden, Audioslave, Pearl Jam, Deftones, Muse, Royal Blood, Placebo... car cette diversité s'articule parfaitement dans une complémentarité créative et cohérente créant cette symbiose finale.

Sa musique :
C'est un Rock alternatif inflencé par les années 90's, mélangé à de la Cold Wave, le tout soupoudré d'électro. De 2016 à 2019, Trank  sort un premier EP "Midlife Noises" (6 titres de plus de 24 minutes), enregistré au Studio des Forces Motrices avec Yvan Baronne et David Weber (Lolofora, Sexypop),  et les singles "Take the Money and Run" (2016), "In Troubled Times" (2018), "Bend or Break" (2018) et "Undress to Kill" (2018).

https://open.spotify.com/album/503Hd21MePEcCND0pK7REj

Midlife noises
 Et leur musique plaît et plaît si bien que, malgré l'absence de label, et armés d'un culot magistral, les quatre  gaillards font appel à des tourneurs de taille et se proposent de faire la première partie de grande salle. Jackpot puisqu'ils sont remarqués par les managers de DEEP PURPLE et d'ANTHRAX... et finiront par faire l'ouverture de ces deux monstres, ainsi que celle de PAPA ROACH et de Disturbed.

L'album

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"The Ropes" est un douze titres à la frontière des genres avec une identité musicale incontestable ; le son TRANK a évolué depuis le premier EP, y ajoutant un peu plus d'arrangements et des nappes de clavier savamment distillées et le résultat est une évidence. Les sujets abordés dans les textes jettent un regard sur les perversions de notre existence, et notamment sur les phénomènes de domination, quelle qu'en soit la forme :  relations dominant, dominé, des relations inconscientes, des relations de frustrations, de soumissions.. Le chant est interprété dans un anglais parfait dont la voix glisse du légèrement rauque à des passages plus doux.
 "The Ropes" explore le thème des liens qui nous lient les uns aux autres, conscients ou non - et pose un univers sonore à la croisée d'un rock alternatif incendiaire et d'un post-punk atmosphérique, pour un résultat à la fois intense et accrocheur." (TRANK)

1. Shining
Un heavy Rock au refrain catchy, entraînant, aux riffs efficaces où chaque instrument prend et garde sa place sans investir celle de son voisin. La basse complète parfaitement cette rythmique et forme un excellent duo avec les claviers pour accueillir une transition à la dépêche Mode. L'électronique apporte texture et relief au titre comme sur l'ensemble de l'album d'ailleurs.
Les quatre titres qui suivent débutent par des arpèges en son clair qui font retomber l'énergie de chaque morceau, mais ce, pour quelques secondes car les watts sont très très vite relancées pour repartir de plus belle. La sieste, vous pouvez l'oublier....


2. Illustrated Girl
Est un titre presque épique qui propose une mélodie superbe, où la basse vrombissante s'articule autour d'une batterie qui martèle à tout va avec qualité et efficacité pour laisser place à une voix qui lâche les watts dans un dosage parfait.


3. The Ropes
Le titre éponyme envoie un rock rempli d'émotion dont l'instrumental s'accorde à promouvoir une belle place au chant, enfonçant le clou.  Le clip est réalisé par le directeur visuel du groupe, Alban Verneret, qui emploie les talents incroyables de trois artistes shibari (l'art du bondage japonais) qui est une façon de se faire attacher pour générer des pressions qui doivent donner des émotions précises.


https://youtu.be/ZDs8DK6khws


4. Undress the Kill
Ce morceau est un mélange puissant de rock alternatif, de métal et d'électronique, voire post-punk, les nappes de claviers ne sont pas sans rappeler un certain groupe Deep Purple. Une basse bien lourde, des accords répétitifs presque hypnotiques continuent à nous enflammer.


https://youtu.be/IHNyDOru4w4


5. Forever and a Day
Les guitares invitent à s'engager dans cette ballade à la mélodie douce et délicate et dont les violons magnifiques font une belle incursion dans un tel morceau. La voix de Michel est magnifiquement douce et bien tenue, rappelant  U2 mais gardant la signature TRANK.


6. In Troubled Times
Songwriting toujours aussi excellent dans une rythmique qui tourbillonne. Michel alterne chant parfaitement interprêté avec quelques passages parlés.
https://youtu.be/ZdCngYe-aOM


7. Again
Un côté plus électro indus, ou  cold wave / électro, est à la fois très dansant  et sinistre, avec  un gros riff qui conserve son ancrage dans le territoire sonore de TRANK et une batterie qui martèle, proposant une descente de toms qui ravira tous les batteurs et une double pédale qui mitraille, enfonçant le clou tout au long de cet album. Yohann a eu cette idée lumineuse de jouer le Charley à contre temps, pour lui donner un coté un petit peu plus intrigant. Et David a joué la basse en alternant rondeurs et jeu plus agressif afin d'insister sur le versant menaçant. Michel nous fournit un peu plus d'explications un peu plus loin...


8. Chrome
Un bon heavy bien burné en intro qui break pour laisser place au chant vite rattrapé par cette rythmique heavy Nickel Chrome. Impossible de ne pas bouger sa tête sur ce titre qui a tout pour générer un headbanging général que nos amis bikers ne seraient pas les derniers à initier. Chrome est du pur David, avec ce riff imitant un gros moteur de Harley qui tantôt tourne au ralenti, tantôt tourne à plein régime. Les arrangements ont permis d'accentuer l'effet gros son industriel des moteurs de ces cylindrées prêtes à parcourir la route 66, dont les nappes de clavier expriment parfaitement la route qui défile.


https://youtu.be/rTVUDL2Mf9A


9. The Road
Ce 12 titres est très varié tout en restant cohérent. "The Road" en est la preuve, s'engageant dans un esprit plus tranquille à la mode Simple Mind, U2 ou autres, où douceur remplit les mesures du titre sans nous égarer. Juste un petit moment plus doucereux.


10. Take the Money and Run
Pas question de zapper ce morceau qui renforce l'idée que cet album est très travaillé, recherché et varié. Pas d'ennui possible, et toujours un équilibre parfait entre l'instrumental et le chant, et une énergie savamment canalisée.


11. Bend or Break
Non, on ne tourne pas en rond avec TRANK. On ne peut que se plier volontiers à l'unisson de leur musique, toujours aussi énergique, entraînante et même surprenante.
https://youtu.be/HoJrmEtZJGs


12. Refugee
Le dernier titre est un instrumental qui invite à un voyage très aérien, planant voire mélancolique. Pas de chant pour Michel qui s'est donc consacré au sampling du morceau : Les samples de radio utilisés sont, sur le canal gauche , des reportages sur les Boat People des années 70 et sur le canal droit, ceux  de réfugiés en méditerranée en 2015 ou 2016.

Trank grpe

L'album "The Ropes" est riche, classieux, harmonieux aux couleurs variées et au travail bien achevé. Le son TRANK est un gros son (grosson comme ils se plaisent à dire) à l'identité bien définie qui deviendra une madeleine de Proust dans les années à venir, on l'espère pour eux. Accrocheur à bras ouverts par des rythmes étoffés par l'électronique qui magnifie la texture sonore sur laquelle la voix assène un chant expressif capable de s'adapter à l'ambiance de chaque morceau en toute aisance, le tout s'en jamais lasser l'auditeur.
Les compositions, indéniablement de qualité, sont souvent initiées par Julien (guitare) ou David (basse), puis l'instrumental est finalisé par l'ensemble du groupe et laisse la place à Michel qui couche le texte sur chacun des morceaux. A contrario du titre "Again" :
Michel : "La plupart des morceaux partent d’un riff et d’une suite d’accords créés par Julien (la moitié des chansons), David (un peu plus du quart) ou moi (le reste). Je prends ça avec Johann et on crée une structure et une dynamique ensemble. On polit en salle de répétition, puis une fois basse / guitare / batterie /structure finalisées je rajoute les machines, on polit encore un coup, je laisse dormir et je rajoute le texte et la voix plus tard, pour avoir assez de recul".
Michel : " Again a été composée par moi avec le son des autres en tête. L’idée était de créer un morceau très marqué post punk / darkwave, quelque part entre Killing Joke, The Cure et Depeche Mode, donc sombre et répétitif mais accrocheur et entraînant - mais avec le son de TRANK. Contrairement aux autres morceaux, elle est donc née comme une démo assez aboutie programmée chez moi - puis on a remplacé les guitares et basses virtuelles de la démo par des vraies (Avec des aménagements et raffinements apportés par Julien et David), gardé et étoffé les lignes de synthés - et voilà. En revanche Johann a créé la partie de batterie de A jusqu'à Z - il n’y avait qu’un métronome dans la démo. L’idée de créer une rythmique tour à tour limite dance et tribale est venue entièrement de lui."
Vous serez peut-être étonnés de remarquer un pad sur la guitare de Julien ; jouant sur une Manson (même marque qu'utilise Matt Bellamy de MUSE) équipée d'un écran tactile midi, Julien peut gérer les effets ou d'éventuels synthés externes, ce qui rajoute une couleur sonore supplémentaire. Et Julien adooore et s'amuse beaucoup.
"En fonction de comment tu le touches, ça module un son auquel tu es branché (dans mon cas un K-oscillator de chez Korg). Ca me permet en plein solo d’envoyer des sons en plus et de les moduler, je m’éclate avec ça ! Sur "In Troubled Times" je fais une sorte de scratching , et en le branchant à une pédale wahmy, j’arrive à varier le pitch de mon son de manière beaucoup plus précise qu’au pied,  en plus de ça, tu peux utiliser des effets intégrés comme un phaser ou un sustainer qui fait vibrer la guitare et te permet de faire tenir la note indéfiniment, c’est rigolo. "
 "Julien et David ont des pédaliers qui font penser au tableau de bord de la navette spatiale et les maîtrisent à mort". Mais ils ne sont pas les seuls fanatiques du genre pour obtenir le fameux son TRANK, Michel "collectionne" les synthés et il s'est même offert le luxe de racheter à Martin Gore de Dépêche Mode, un des siens (a vintage Oberheim Matrix 6R from 1986) ! Nous aurons la joie de l'entendre sur le prochain album de ces 4 gaillards qui ne cessent de peaufiner encore et encore leur son. Sachez que vous perdriez votre temps  à compter le nombre de cymbales et de caisses claires que possèdent Johann...
Et la toute dernière touche est la suivante :"Le texte et la voix sont au service de la musique. Chaque morceau est construit autour d’une idée musicale centrale qui inspire l’idée et le feeling du texte.
Le mixage a été réalisé outre-atlantique, à New-York, par Brian Robbins ainsi que le mixage,  confié lui à Andy Van Dette, le tout après un excellent travail d'ingé-son cuisiné aux petits oignons (via des enregistrements analogiques) par Yvan Baronne (Suisse). Yvan est aussi le producteur -et néanmoins ami- du groupe.      
 Le Artwork, très épuré, s'inspire fortement du Shibari dans un blanc immaculé rappelant une certaine spiritualité en opposition à cet art de bondage japonnais, effet réhaussé par le violet des cordes utilisées pour les visuels et clips de l'album dont la réalisation a été confiée à Alban Verneret.
La release prévue à l'origine ce mois-ci, en compagnie de Perséide et Stéréotypical Working Class, est reportée au 15 mai 2021 (en espérant que...) à :
OCC de Villeurbanne
39 rue Georges Courteline

La presse en parle :

  • "Si nous avions commencé au 21ème siècle, notre musique sonnerait sans doute comme celle de TRANK."
    (Deep Purple, après avoir choisi TRANK comme première partie)
  • "On adore leur musique - pas exactement du métal, mais les fans de métal adoreront comme nous."
    (Le management d'Anthrax, après avoir choisi TRANK comme première partie)
  • "La musique de TRANK est absolument fantastique"
    (musique-alliance.fr)
  • "Rock énervé et émotionnel [qui] se distingue par son écriture et son interprétation, tour à tour atmosphérique, rentre-dedans, mélancolique [...] Excellente formation made in France !"
    (Batteur Magazine)

Liens :


https://www.facebook.com/trankmusic
http://www.trankmusic.com/

Trank band

WIRE EDGE - Et pour quelques parcelles de plus (interview)

  • Le 10/10/2020
Groupe : Wire Edge
Genre : Cold Wave
Origine : Paris

Par Ahasverus

En juillet 2020 sortait “Workhorse Empire”, le premier album d’un groupe de cold wave totalement inconnu. On ne trouvait à son propos que des informations parcellaires, malgré les excellentes chroniques qu’il suscitait (voir in fine - c’est l’un des cinq meilleurs albums de l’année selon l’excellent zine Satan bouche un coin).
On a évidemment eu envie d’en savoir plus. Alors on a pris notre plus belle plume et on est allé leur poser les questions qui brûlaient nos lèvres de petits curieux, histoire de compléter la carte et le territoire.
Franck (batterie) et Yann (guitare) nous ont accueilli. Voici notre interview de Wire Edge, pour quelques parcelles de plus...
 
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“Une façon de convoquer l'art.

Bonjour Wire Edge. Difficile de faire rentrer la musique d'un groupe dans une petite case. Comment aimez -vous décrire la votre ?
Des tonnes de guitares sous des tonnes de batterie ! Des structures qui ne se privent d’aucune liberté dans un esprit très prog’, tout en restant fondamentalement métal. Le tout surplombé par un chant clair et sombre... Pour nous décrire, on aime parler de «Cold Metal» : au-delà de la signature vocale de Nico, ça évoque bien notre façon assez introspective et perfectionniste d’aborder la musique.

 

On lit effectivement souvent “cold wave” à votre propos. C'est quoi la “cold wave” ?
Ça renvoie pour nous à beaucoup de choses. En Europe, dans les années 80 c’est un mouvement post-punk très dark, souvent minimaliste. Joy division, sisters of mercy… mais aussi Depeche Mode qui glisse vers un son plus indus. Aujourd’hui pour nous c’est surtout une façon de convoquer l’art, de faire sonner une voix contenue, mesurée, distinguée… quelque soit le tumulte de l’instrumental derrière : c’est un spectre très large qui peut aller de David Eugene Edwards (16 horse power, Wovenhand), à Trent Reznor de Nine inch Nails. On est quelque part sur le chemin de cette vague…

 

Sludge, Death Metal, Rock Progressif, Electro ... Vous arrivez tous d'univers différents. Qu'est-ce que le parcours de chacun apporte au collectif Wire Edge ?
Au départ des morceaux, il y a toujours de solides bases à deux guitares. Mais une fois les riffs posés, chacun amène sa propre vision, ses idées, ses propositions de structures ou d’arrangements… la discussion est très ouverte. Le fait d’avoir des expériences, des parcours différents tout en se retrouvant absolument sur certaines références communes, c’est évidemment une grande richesse. En studio, très vite on fourmille d’idées différentes, alors on essaie tout, on se laisse le temps de comprendre où chacun veut en venir, puis on consolide chacun chez soi ce qui tient la route avant de le rejouer. Un gros boulot d’aller-retours pour ne garder que le meilleur, selon nous.

 

L'écoute de “Workhorse Empire”, votre album, me renvoie à Paradise Lost pour l'ambiance et la voix, et à Metallica pour les guitares...
C’est assez naturel avec nos influences respectives. On aligne deux guitaristes qui ont la même culture du riff, et on est tous amateurs de prog’. D’autres entendront du Tool, du NiN ou du Mastodon… Ambiance sombre, clair obscur musical, riffs accrocheurs… Dans tous les cas ça nous va comme références. On développe notre son sans chercher à mettre en avant nos influences, mais sans les mettre sous les tapis non plus : on n’a pas de complexe avec ça !

WIRE EDGE, Workhorse Empire (2020)

 

D'autres morceaux, comme “Comedian”, m'ont plutôt rappelé la musique progressive, notamment sur le refrain...
Tout l’album s’est construit sur des principes résolument prog : pas de limite, pas de format, pas de recette. Comedian fait partie des morceaux où on trouve le plus d’ingrédients différents : hyper riche et variée, oscillant entre moments calmes et planants, groovy, voire speed metal, avec un bon solo final… Elle est un peu à part c’est vrai.

 

Vous avez choisi “Plans Within Plans” pour en faire un premier clip. C'est justement l'un des morceaux qui m'a amené cette comparaison avec Metallica, avec ses guitares qui prennent le pouvoir sur le dernier tiers et qui m'ont rappelé la fin de “The Day That Never Comes”...
Quel morceau ! Enorme titre de Metallica bien sûr. Plans Within Plans, c’est un peu l’exutoire de l’album. Le titre sur lequel on a choisi justement de resserrer les arrangements au minimum pour laisser toute leur place aux riffs. Dans le même temps les textes sont parmi les plus symboliques de l’album. Donc le combo parfait pour un clip : grosse envie de jouer un morceau très énergique et dans le même temps, possibilité d’amener du sens avec les images, avec le choix de ce film sorti de nulle part, Carnival Of Souls… Le clip qu’a réalisé Matthieu, ça devait être une vignette de trois minutes, au départ, avec que des images empruntées. Quand on a commencé à voir où ça nous emmenait, on s’est dit que c’était trop dommage de s’en tenir là, alors on a tourné le reste… et nous voilà avec sept minutes de film : à regarder jusqu’au bout !

 

J'ai osé des comparaisons et c'est très réducteur. Mais Wire Edge est loin d'être un ersatz de tel ou tel groupe et votre signature est déjà extrêmement forte. Votre style semble avoir trouvé tous ses repères dès le premier album, notamment grâce à la voix de Nicolas...
On a choisi très tôt de placer Nico au chant, à un moment où on ne savait pas forcément où on irait. Immédiatement sa voix a transformé les premières maquettes. Elle est tellement identifiable, c’est une réelle force pour notre son. On aime ou pas, mais elle semble ne laisser personne indifférent… Pour le reste, on a travaillé en artisans : chacun amenant ses intentions, sa façon de faire. Yohann, notre ingé son, s’est sûrement arraché les cheveux mais il a réussi à tout faire passer dans le mix… une prouesse vu les quantités de matériau qu’il a reçu : cet album aurait pu sonner de mille autre manières !

“Les retours dépassent de loin nos prétentions de départ.”

Le registre exploré par “Workhorse Empire” est vaste et pourtant l'album est d'une homogénéité qui le rend particulièrement plaisant à écouter d'une traite... Un mot sur les compositions ?
Merci beaucoup ! En réalité la question de tout sortir sur un seul album ou de le faire en deux EP s’est longuement posée... On a fini par accepter que cette époque de notre histoire (des années, littéralement) méritait d’être regroupée sur un seul opus. Peut-être parce que tout a été fait à la suite, dans le même mouvement, sans jamais de break ou autre. On a tenu le coup sans se lasser et l’esprit est resté le même tout du long. Évidemment, on a beaucoup appris au fil du temps : à se connaître en tant que musiciens, et donc à ouvrir des possibilités qu’on n’aurait pas imaginées au début du processus. Le risque, c’était que certains morceaux paraissent d’une autre époque, décalés… Mais comme on les a tous remaniés à toutes les étapes de la composition puis de l’enregistrement, ils se sont conformés les uns aux autres. Ils ont trouvé leur place.

 

Pas de sortie physique pour cet album, même en édition limitée... Quel dommage !
Elle aura lieu, quoiqu’il arrive. Même si on n’a pas une grosse exposition médiatique, les retours dépassent de loin nos prétentions de départ. Ça nous a à tous donné l’envie de conclure cette époque par un bel objet. Manifestement, on n’est pas du genre à nous précipiter, donc on va prendre le temps de faire les choses bien. Et on va tout faire pour donner une chance à ce premier album de trouver son public.

 

Un grand merci pour avoir accepté de répondre à mes questions, Wire Edge...
Avec plaisir ! Merci surtout à toi pour ton intérêt pour Wire Edge, ainsi qu’envers toute la scène émergente et underground ! On se fera un plaisir de remettre ça bientôt… avec du son neuf !

Les critiques en disent :

  • "Wire Edge s'autorise des moments instrumentaux, quelques envolées apaisées, pour mieux nous scotcher au mur du son."
    http://www.dubucsblog.com
  • " Un bel équilibre et un son remarquable."
    Rock'n Force
  • "La musique de Wire Edge capte nos moindres émotions et nous enveloppe de sa trame aux effluves Toolienne."
    https://rockmetalmag.fr
  • "Je me rallie à l’avis général, je le classe volontiers dans le top 5 des meilleurs albums que j’ai pu écouter cette année et lui souhaite un succès mérité."
    https://satanboucheuncoin.com
  • "Les Parisiens nous impressionnent par leur palette technique et une empreinte mélodique marquante."
    https://www.lagrosseradio.com

Liens et Informations Utiles :

Line up : Nicolas (guitares chant), Yann (guitare voix), Franck (batterie) et Jeremy (basse).
Photographies et clip : Matthieu Desport et Sami Adjali.
 

CHRONIQUE D'ALBUM : WIRE EDGE (Cold Wave / Prog' Metal) Workhorse Empire (2020)

  • Le 14/09/2020
Groupe : Wire Edge
Album : Workhorse Empire (2020)
Genre : Cold / Prog' Metal
Origine : Paris

Par Ahasverus

Le Groupe :

L’histoire de Wire Edge prend naissance en 2010 à Paris, d’abord sous la forme d’un duo, puis en quatuor à partir de 2014.
Il se compose de Nicolas (guitares chant), Yann (guitare voix), Franck (batterie) et Jeremy (basse).
Il reconnaît pour influences Mastodon, Tool et la scène alternative des 90’s.
En 2020, Wire Edge sort son premier album...

“Workhorse Empire”

Wire edge

L'Album :

“Workhorse Empire” développe dix compositions en une heure six minutes.
Disponible en digital, aucune sortie en "physique" n'est prévue à ce jour.
Il est défendu par le clip "Plans Within Plans".

Les Critiques :

  • "Wire Edge s'autorise des moments instrumentaux, quelques envolées apaisées, pour mieux nous scotcher au mur du son. "
    http://www.dubucsblog.com
  • " Un bel équilibre et un son remarquable."
    Rock'n Force
  • "La musique de Wire Edge capte nos moindres émotions et nous enveloppe de sa trame aux effluves Toolienne."
    https://rockmetalmag.fr
  • "Je me rallie à l’avis général, je le classe volontiers dans le top 5 des meilleurs albums que j’ai pu écouter cette année et lui souhaite un succès mérité."
    https://satanboucheuncoin.com
  • "Les Parisiens nous impressionnent par leur palette technique et une empreinte mélodique marquante."
    https://www.lagrosseradio.com

Notre Avis :

Wire Edge... Voila un groupe dont on ne sait presque rien, qui n'élève pas la voix, et qui fait deux interviews dont une en Anglais, dans lesquelles il parle de tout sauf de lui ou de son album qui ne sortira pas en physique... Encore un petit effort dans l'underground et Wire Edge arrivera chez les Chinois ! (D'après ma mère si tu creuses toujours plus profond, au bout d'un moment, tu ressors en Chine.)
Le lecteur : Faut-il laisser Wire Edge filer chez les Chinois en toute discrétion ?
Ahasverus : Non !
Le lecteur : C'est un peu court Ahasverus. Peux-tu développer ?
Ahasverus : S'il faut le temps d'une première piste pour rentrer dans sa cold wave, Wire Edge captive très vite et l'intérêt s'accroit tout au long de l'écoute de ce “Workhorse Empire”. Guidés par une voix tranquille et enveloppante, sa musique et son côté clinique nous portent vers le Paradise Lost (Heart Locked) du début des années 2000. Mastodon, Sisters of Mercy ou Katatonia sont cités ailleurs (à chacun sa madeleine !).
L'album se pare de développements Prog' (Comedian) et ses guitares se permettent (Moutains to defeat, Workhorse, Plans Within Plans) d'aller taquiner Metallica sur son propre terrain.
L'heure et les six minutes de “Workhorse Empire” passent agréablement. Il est si équilibré qu'on aimera l’écouter d'une traite plutôt que d'en éparpiller les chansons.
Le niveau des musiciens interpelle... Pour réussir une telle recette, pour aligner un tel songwriting sur un premier album, il faut avoir une sacrée expérience de la tambouille ! Celle de Wire Edge mérite les étoiles : “Workhorse Empire” est l'une des galettes les plus savoureuses de l'année. La grande cuisine à ce prix-là (sept euros sur Bandcamp) ne se refuse pas : écoutez, likez, achetez, savourez !

Les Liens :