CARTAGENA

CARTAGENA : Inarrêtables !

Après Nesrine Mahbouli, c’est au tour de Fedor Fedor Kovalevsky de rejoindre les rangs de Cartagena, l’un des meilleurs groupes du Metal tunisien actuel, et probablement l’une des plus grandes formations du Metal Orchestral international en devenir. Retour sur leur parcours et perspectives sur un groupe inarrêtable dont les Alpes ne suffiront plus à vous protéger.
           
 

 

“Nous ne sommes pas un groupe
qui se réunit juste pour le boulot,
nous sommes une Famille,
pour le meilleur et pour le pire.”

 

Bonjour Cartagena. Pouvez-vous en quelques mots décrire votre univers à des lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ? Cartagena : Cartagena est un groupe de Metal Progressif Orchestral situé en Tunisie sur la côte sud de la mer Méditerranéenne, anciennement Carthage, d'où son nom et son inspiration. Le groupe a été créé en 2006 et depuis, nous expérimentons et recherchons de la musique folklorique, du métal et de la musique de films. Au fil des années, nous avons eu envie de créer un type de musique inhabituel, en fusionnant un contenu folklorique varié du monde entier dans un contexte modernisé et unifié. Cartagena est plus qu'un groupe, nous sommes une Famille.
 

 

En janvier 2018 sortait votre deuxième album, l'ambitieux Roma Delenda Est. Quel en était le concept ?
Cartagena :
Roma Delenda Est évolue à travers les chapitres du voyage d’un seigneur de guerre, racontant à ses petits-enfants une version alternative de la vérité sur ses combats aux côtés de Hannibal contre l’empire romain, la gloire, la renommée et les retombées. Nous trouvons l’histoire de Carthage particulièrement fascinante, les réalisations de héros comme Hannibal Barca ont fait écho pendant des siècles. Monter des éléphants, traverser les Alpes et conquérir les mers avec des navires ingénieusement conçus... Roma Delenda Est a été l’occasion pour nous de tirer parti de l’expansion de Carthage pour visiter, dans chaque morceau, une terre, une culture et un thème spécifiques. Pour les ajouter à notre collection, nous avons exploré une grande variété de saveurs musicales tirées d'anciens sons et paroles exotiques berbères, à travers des mélodies galliques et des rythmes orientaux, jusqu’à des thèmes asiatiques colorés ... Nous avons plongé avec soin dans la vie de notre personnage principal pour ajouter de la profondeur à l’histoire, des émotions et une épopée, donner plus d’empathie, comme une expérience cinématographique. Nous avons produit (composé, enregistré, mixé et masterisé) l'album dans notre studio personnel, avec nos propres moyens, et nous le jouons actuellement en direct.
 
Il y a eu des mouvements dans votre formation depuis la sortie de Roma Delenda Est. Pouvez-vous nous présenter votre nouveau line-up ?

Nesrine Mahbouli
Cartagena : Effectivement, lors de la création de Roma Delenda Est, le groupe était composé de Seif Kechrid, Bessadok Mourad, Chams Kouki, Ahmed Mkaouar et Sherazade Ammous au chant. Sherazade a laissé place à la fameuse Nesrine Mahbouli, la chanteuse d'opéra et ex bassiste de Persona. Puis, à son tour, notre guitariste soliste à laissé place à Fedor Kovalevsky pour des raisons personnelles : notre cher Ahmed s'est installé définitivement à Berlin, accompagné de sa femme à qui on souhaite tout le Bonheur du monde.
 
On connaît Fedor pour Vielikan, Omination ou Severe Agony, projets plutôt orientés Death Metal. Comment est-il arrivé dans Cartagena ?

Fedor Kovalevsy
Cartagena : Fedor a été très soigneusement sélectionné par les membres du groupe Cartagena. Nous avons des conditions un peu strictes vis-à-vis des nouveaux membres. Ils doivent impérativement convenir au groupe et à nos attentes, qui ne s'arrêtent pas qu'au coté technique, mais s’intéressent également au coté humain. Être un excellent musicien qui maitrise son instrument ne nous suffit pas, nous ne sommes pas un groupe qui se réunit juste pour le boulot, nous sommes une Famille, pour le meilleur et pour le pire. Il se trouve que Fédor est l'élu Parfait qui répond à toutes nos attentes. Fedor est quelqu'un de très aimable, sérieux, et qui comprend Parfaitement et profondément la fraternité extraordinaire entre les membres de Cartagena. Cerise sur le gâteau : Fedor à annoncé qu'il a toujours été fasciné par le groupe, et l'approche entre lui et Cartagena s'est faite en toute douceur, et nous l'avons accueilli avec plaisir.
 
Nesrine a remplacé Shérazade Amous au micro après la sortie de l'album, et on a pu admirer ses prestations live dans des vidéos postées sur votre page Facebook. Peut-elle nous parler de son parcours artistique ?
Nesrine Mahbouli :
Mon parcours musical a commencé avec la guitare basse. Depuis 2010, j'ai rejoint plusieurs groupes locaux et joué de différents sous-genres de Metal : Metalcore/Deathcore, Death Metal, Black Metal, Metal Symphonique et Metal Alternatif. Je n'ai découvert cette passion de chant en moi que lorsque j'avais presque vingt ans, c’est-à-dire il y a environ cinq ans. Au début, j'ai commencé avec la musique celtique/nordique, la musique de films, de séries télévisées et de jeux vidéos. Je ne suis pas gamer? non, (Rires), mais je suis tombée amoureuse de la musique de jeux grâce à mes cousins gamers avec qui je passais beaucoup de temps. J'ai commencé par créer un compte Soundcloud pour poster des reprises de bandes originales de films ou de jeux vidéos, et puis j'ai travaillé quelques vidéos home-made, a capella ou avec une guitare acoustique pour enfin les partager sur Facebook, Instagram et Youtube. Petit à petit, je me suis intéressée au chant lyrique, et plus précisément à l'opéra. J'ai commencé à apprendre seule avec des cours et des exercices en ligne, et puis, après deux ans, j'ai rejoint un atelier de chant lyrique dirigé par la brillante soprano bulgare, Mme Hristina Hadjieva, à l'Institut Supérieur de Musique de Tunis, et depuis je travaille avec elle pour différents projets de concerts lyriques. Concernant mes études, je n'ai commencé le conservatoire qu'à la fin de l'année 2016, mais avant ça j'ai quand même terminé mes études en art visuel et en publicité graphique. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles je suis très contente d'avoir rejoint Cartagena, puisque je peux employer non seulement mes capacités musicales, mais aussi mon savoir en design image.
 
Nesrine est sprinto soprano, je crois ? Elle officiait auparavant en tant que bassiste dans Persona ou, étonnamment, ses extraordinaires capacités vocales n'étaient pas sollicitées. Comment vous est venue l'idée de lui confier le poste de chanteuse ?
Cartagena :
Comme pour Fedor, nous avons des exigences et des conditions. Nous avons établi une liste très étudiée des voix Tunisiennes qui s'offraient à nous. En effet, il ne suffit pas d'avoir une voix magnifique : nous avons un timbre très spécifique. N'importe quelle voix magnifique ne peut pas se marier avec notre style et nos gammes, donc nous avons sélectionné Nesrine parmi d'autres noms, et il s'est avéré qu’elle était un choix Parfait. Nous l'avons invitée au studio, elle était aux anges, et nous nous sommes rendus compte que Nesrine ne pouvait que faire partie de la Famille, vu sa nature souriante, son amour pour la musique, sa disponibilité, son expérience, sa voix et son timbre magnifiques, et son admiration pour notre groupe.
 

 

Le chant tel que le pratique Nesrine dans Cartagena nécessite-t-il une technique différente de celui qu'elle met en place dans ses concerts lyriques ?
Nesrine Mahbouli :
Pour moi, la technique de chant lyrique sera toujours la base à laquelle je reviendrai toujours. Avec Cartagena, par contre, j'ai choisi de diversifier les techniques et d'expérimenter encore plus avec ma voix en employant différentes couleurs comme le scream, le falsetto et surtout la voix de poitrine, puisqu'avec Roma Delenda Est je me suis trouvée face à une immense diversité d'ambiances et de gammes de différentes origines, ce qui m'a encouragé à improviser à ma propre façon, en utilisant le plus possible de mon registre vocal, que ce soit en bas ou en haut.

CARTAGENA avec son nouveau line-up : Chamseddine Kouki, Seif Kechrid, Nesrine Mahbouli, Fedor Kovalevsky et Mourad Bessadok.
Cartagena est formé de musiciens virtuoses et expérimentés, et on a hâte d'entendre le nouveau line-up sur le futur album. Où en êtes-vous de son élaboration ?
Cartagena :
En ce moment nous sommes sur trois projets : l'un consiste a composer deux ou trois singles d'ici la fin 2019 ; des covers (modifiées à la sauce Cartagena) ; enfin le troisième album qui sera prêt fin 2019 début 2020 si tout va bien.

 

Quel souvenir gardez-vous du Female Metal Event d'Eindhoven auquel vous participiez en octobre 2018 ?
Cartagena :
Nous gardons à l'unanimité un souvenir extraordinaire du Female Metal Event 2018. C'était une expérience exceptionnelle, avec des gens qui le sont autant ! Une équipe professionnelle que nous remercions pour cette extraordinaire aventure. Nous avons été très chaleureusement accueillis. Le public était “choqué” de notre prestation et a beaucoup parlé de nous, au point que les organisateurs nous invitent pour une deuxième participation au Female Metal Event 2019, au Main Stage, et pour une tournée de cinq dates environ qui se déroulera aux Pays-Bas et en Allemagne.
 
Quelles sont les bonnes résolutions de Cartagena pour 2019 ?
Cartagena :
2019 sera l'année des nouveautés pour Cartagena. Effectivement les singles et les cover vont nous plonger dans un horizon plus élargi. Nous allons essayer de signer le plus de tournées possible, des clips, et des sponsorings qui vont suivre comme la multinationale "Smok" qui nous a fait confiance et qui a fait de nous le sponsor officiel. Nous allons passer à la vitesse supérieure !
 
Merci Cartagena de nous avoir accordé cette interview.
Cartagena :
Merci à vous aussi cher Ahasverus Cornelius pour l'attention que vous nous portez, vous êtes un fidèle partenaire du groupe.
 
        
Retrouvez Cartagena sur Bandcamp : https://cartagenaband.bandcamp.com/
Et suivez-les sur Facebook : https://www.facebook.com/CartagenaBand/

 

 

Les Francophonies d'Ahasverus : CARTAGENA

Des envies de voyage à l’approche de l’été ? Vous êtes sur la bonne page ! “Hard French Metal - le Zine qui vous régale” a décidé de vous emmener à la rencontre de nos voisins francophones. Prenez une petite valise, quelques vêtements chauds, puis installez-vous dans votre fauteuil. Attachez votre ceinture, et attention au décollage !


 

L’escapade commence par la Tunisie. Le pays du jasmin serait-il en passe de devenir la nation du Metal ? Voilà qu’il s’est trouvé, avec Myrath, Persona et Cartagena, d'extraordinaires ambassadeurs qui le hissent au meilleur niveau de la scène internationale ! Allons voir ça ! Il est 19 heures 24, heure locale. La température extérieure est de 16°, il pleut légèrement. Nous amorçons notre descente sur Tunis. Silensium Tear nous accueille, avec la grande amabilité qui le caractérise.
Petit état des lieux : après “Eternal Variation”, son premier album, Cartagena s’était octroyé une pause de près de dix ans, dont notre hôte nous contera les raisons. Le groupe revient en janvier 2018 avec “Roma Delenda Est”, un séduisant disque de Metal symphonique mêlant chevauchées épiques, gros riffs métalliques, et ambiances orientales saupoudrées d’instruments exotiques (harpe, duduk, bansuri, et autres sarangi).
 

Cerise sur le gâteau : l’extraordinaire Nesrine Mahbouli (oui, il s’agit bien de l’ex-Persona !) a intégré Cartagena depuis peu, et c’est elle qui défend désormais “Roma Delenda Est” sur scène. Mais il est temps de laisser la parole à Silensium Tear : il vous racontera tout ça mieux que moi !


"La Scène Tunisienne est en mode pause actuellement.
Nous avons eu une phase de vide après la révolution,
pendant quelques années, mais ça commence à revenir petit à petit..."
Silensium Tear
 

“Je m’appelle Silensium Tear, et je suis bassiste dans Cartagena depuis 2009.”

 

Quel est le premier album que tu as acheté ?
“Mon premier album acheté ? C'était celui de Dark Tranquility, je crois... Mais je ne me rappelle plus lequel !”

Quel a été l'élément déclencheur de ta vocation ?
“Je pense avoir la musique dans le sang, puisque j'étais pianiste et luthiste dès mon plus jeune âge, (6ans !). Vers mes 11 ans, j'étais en “tête d'affiche” pour un spectacle de deux mille personnes, avec mon luth, une chorale de 20 personnes derrière moi, et un piano - tenu par mon prof de piano . C'était mon premier “Live”. Disons qu’il s'est passé à merveille... J'étais sélectionné pour ce concert parmi trente autres musiciens, largement plus anciens que moi en musique, vu leur âge par rapport au mien ! Je n'ai même pas eu d’élément déclencheur : ça s'est passé très spontanément, comme si c'était ma route, c'était mon destin...”

On trouve sur internet une vidéo "démo" d'Eternal Variation (2010). Cet album est-il toujours disponible ? “Eternal variation” était le premier album de Cartagena. Nous l'avons joué une quarantaine de fois, en “live”, un peu partout. Nous avons gagné plusieurs prix grâce à cet album ! Il est disponible facilement sur internet, à télécharger gratuitement. Entre temps, nous avons investi dans notre studio d'enregistrement. Puisque nous avions gagné une petite notoriété grâce à cet album, nous nous sommes vus dans l'obligation d'améliorer la qualité audio de nos prochains disques, notamment “Roma Delenda Est”, pour atteindre un niveau respectable à l'échelle internationale.”

Cartagena revient en 2018 avec “Roma Delenda Est”. Pourquoi autant de temps entre les deux albums ?
“La raison de notre pause entre “Eternal Variation” et “Roma Delenda Est”, c’est que nous avons transformé notre studio en quelque chose de vraiment pro. Cela nous a pris beaucoup de temps pour réaliser enfin ce projet. Il y'avait également d'anciens chanteurs et chanteuses qui sont partis vivre à l'étranger, du coup c'était pas vraiment facile de chercher des remplaçants avec le timbre "Parfait" pour l'album en cours, etc... Nous avons eu plusieurs soucis, qu'on a surmonté sans la moindre difficulté grâce à notre amour, vu que nous sommes une Famille, mais sans oublier aussi nos études en parallèle : Seif Kechrid, le Batteur du groupe, passait son doctorat en pharmacie ; le mien était en Marketing etc.”

Bon Scott chantait "It's a Long Way To the Top If You Wanna Rock'N Roll. Les groupes de Metal français, même les très bons, rament pour émerger, trouver des salles, rameuter du public, et je ne parle même pas des ventes d'albums. Qu'en est-il de la scène tunisienne ?
La Scène Tunisienne est en mode pause actuellement. Nous avons eu une phase de vide après la révolution, pendant quelques années, mais ça commence à revenir petit à petit... Nous avons vu quelques concerts importants, pas aussi importants qu'avant, puisqu’auparavant nous avons invité pas mal de groupes internationaux, notamment Symphony X, Haggard, Dark Tranquility, etc. Pour la vente d'albums, le seul moyen, (à mon avis, je ne suis pas un expert), est de vendre les albums pendant le concert, c’est à dire sur un stand. Pour les salles de concerts, ici, contrairement à la France, nous avons moins de choix. Je dirais cinq à six salles pour le Metal à Tunis, et quelques autres éparpillées un peu partout, notamment Tabarka avec ses concerts de jazz, etc. Les Métalleux, comme dans le monde entier, enfin en général, sont toujours une minorité, mais ici on voit de nouvelles têtes, de nouvelles générations, ça commence à s'élargir de plus en plus. Il faut noter que cette communauté est assoiffée de concerts, puisque, depuis 2011, ils n'ont pu assister qu'à quelques “Live” ! Depuis une année, on remarque que la scène en Tunisie commence à bouger. C’est loin de ce que c'était avant, mais c'est pas mal non plus !

La scène tunisienne s'impose en France avec des groupes de stature internationale tels que Myrath ou Persona. Cartage arrive en renfort. A l'inverse, certains groupes français parviennent-ils à percer en Tunisie ?
Pour les groupes Français, il y a certainement ceux qui sont très respectés en Tunisie, mais des Live s'imposent ! La scène Metal en Tunisie est une scène vierge qui ne demande qu'à être exploitée, surtout que cette scène, spécialement, est d'une importance capitale pour les groupes qui veulent se faire connaitre dans le monde ! Plein de groupes maintenant reconnus à l'échelle internationale sont passés par la Tunisie ! Les témoignages de ces groupes existent encore sur internet. Les Métalleux Tunisiens sont en général des gens très instruits, qui ont l'oreille musicale, et qui savent apprécier de la bonne musique, quelque soit son origine !

Cartagena compte désormais parmi ses membres la sublime Nesrine Mahbouli. Mais qui chantait sur “Roma Delenda Est” ?
L'album “Roma Delenda Est” à été enregistré avec la voix de notre ancienne chanteuse, Sherazade (NDLR : Sherazade Amous).
Nesrine Mahbouli a rejoint le groupe en 2017. C'est elle qui chantera “Roma Delenda Est” en “live” et créera la surprise avec une voix plus puissante, vu son parcours "Opéra". Avec elle, nous composons également notre troisième album, en ce moment. Il sortira en 2019.

Nesrine Mahbouli

On se propose d'envoyer un vaisseau à travers l'espace pour présenter notre culture aux autres formes de vie, s'il en est. Tu as le choix de l'album qui représentera le Metal. Lequel choisis-tu ?
Je vais sûrement être tenté de placer mon album à l'échelle cosmique, mais ça serait ÉNORMÉMENT égoïste de ma part ! (Rires) Du coup, je vais penser à un “medley” de plusieurs groupes. Si c'est de la triche, alors j'envoie un des albums de Rammstein...

Cartagena

Un titre Rock dont tu pourrais faire ta devise ?
“Nice To Know You”, (Incubus).

Un énorme merci, Silensium Tear, pour ton accueil chaleureux et ta disponibilité.
"Je vous remercie chaleureusement en mon nom et celui de Cartagena pour l'intérêt que vous nous portez."

https://www.facebook.com/CartagenaBand/
https://cartagenaband.bandcamp.com/album/roma-delenda-est-2