AVANT-GARDE

KARV DU, Aos Si : Balance of Harmony and Chaos (02/12/2022)

Le 11/12/2022

Un album à la beauté sauvage dont on recommande l'écoute intégrale à 200%.

Karv Du (Cerf Noir en langue bretonne), à l'évidence, ne fait pas dans le racolage. Cherchez-le sur les plateformes, et vous comprendrez ce qu'on veut dire...
Le groupe existe depuis 2012. Son univers s'inspire essentiellement de l'occultisme, du mysticisme de la nature, du folklore celtique ainsi que d'écrivains tels que George Bataille, Antonin Artaud, Pierre Molinier et Lord Byron.
Première démo en 2013, puis deux EP. Enfin l'album, livré le 02/12/2022 :

« Aos Si : Balance of Harmony and Chaos »

Karv du
Métal avant-gardiste. Plus accueillant ici que sur la discographie qui précède.
Le son est clair. C'est ce qu'il fallait pour profiter des percussions, de la basse qui cingle, des effets slide, des sonorités étranges qui se transforment en désaccords dissonants.
Dans ses alternances atmosphériques et emportées, le groupe, qui cite Celtic Frost ou Voivod, nous rappelle The Old Dead Three pour sa sensibilité extrême. Karv Du a quelque chose comme ça, séduisant et vénéneux. Il enchaîne les  pièces captivantes, renforce le sentiment d'étrangeté au son du saxophone et du sarangui, magnifique sur « Criminal Immensity ».
L'album se lit dans son ensemble, on n'a d'ailleurs aucune envie de le lâcher avant la dernière plage.
Les voix sont doublées.  Le chant est travaillé. Les enchaînements ne cessent de surprendre.
Mystérieux, élégant, inquiétant, envoutant, magistral « Aos Si : Balance of Harmony and Chaos » est un album à la beauté sauvage dont on recommande l'écoute intégrale à 200%.
A écouter au casque, fort.

DRAMANDUHR, Tramohr (sortie le 11/10/2022 - chronique)

Le 15/09/2022

Dramanduhr fait défiler sous nos yeux un paysage inhabituel qui se suit comme une messe jusqu'à sa dernière piste.

On sait peu de choses à propos de Dramanduhr, si ce n'est qu'il s'agit d'un projet italien qui sort chez BloodRock Records le 11/10/2022 un premier album intitulé « Tramohr ».

Tramhor artwork

De sa génèse, on apprend qu'il s'impose à son créateur dans une langue qui lui est inconnue à la faveur d'un accident domestique sans conséquence.
Le processus de création est conforté par une vision dans les jours suivants : « A l'intérieur d'un temple à ciel ouvert qui se trouve sur les pentes d'un volcan en éruption, des groupes d'adeptes se rassemblent pour participer au Rite. Le prophète dirige la cérémonie pour invoquer le Dramanduhr, un dieu d'un panthéon d'un autre monde qui vient envahir le corps des adeptes, dans le but d'éteindre leur esprit rationnel, les mettant ainsi en contact avec leur part sacrée - la folie ; faisant émerger de l'inconscient l'énergie sexuelle pure et la violence inexprimée, éveillant les instincts naturels de ceux qui participent au rituel. »
Univers musical et imaginaire inspirés par le Pagan Metal et le Black Metal (sans jamais en franchir la ligne), mais surtout par la Sicile, île natale de son géniteur, dominée par l'Etna,  « Tramohr » dénote surtout par l'utilisation d'une langue imaginaire qui rappelle - et c'est la seule comparaison que nous oserons avec le groupe de Christian Vander - Magma.
L'utilisation des guitares est uniquement rythmique et quelques apports instrumentaux orientent nos rêveries vers les pays de la Méditerranée ou des Balkans.

Malgré une certaine intention avant-gardiste,  « Tramohr » reste accessible, il interroge plus qu'il ne désarçonne, son esprit singulier se faisant plus folk qu'élitiste.
Dramanduhr propose donc de faire défiler sous nos yeux, au rythme de ses incantations, un paysage inédit qui se suit comme une messe jusqu'à son dernier prêche.
Vous n'y verrez pas une raison pour le réserver aux dimanches.